L'actualité de la crise : OÙ VONT-ILS CHERCHER TOUT CELA ?, par François Leclerc

Billet invité.

Dans la série, « ils peuvent encore parfois nous surprendre », ce sont deux économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) qui attirent aujourd’hui notre attention. Celle-ci a en effet publié un papier de Stephen G. Cecchetti et Enisse Kharroubi, daté de juillet 2012 et resté malencontreusement méconnu jusqu’à ce jour, dont le titre est parfaitement explicite : « Réévaluer l’impact de la finance sur le croissance ».

Une précision s’impose avant d’entrer dans le vif du sujet : comme il est de coutume, un avertissement précède le document qui prévient le lecteur que celui-ci ne reflète pas nécessairement le point de vue de la BRI (sans toutefois l’exclure !). Enfin, pour ceux qui ignoreraient encore ce qu’est cette noble et mystérieuse institution qui gagne à être connue, la BRI est généralement présentée comme « la banque centrale des banques centrales » par les journalistes qui s’estiment ainsi quitte. On en retient que c’est quelque chose de très important et d’assez inexplicable et on en reste généralement là. Erreur, nous allons voir pourquoi !

Afin de rester fidèle aux propos de leurs auteurs, étant donné leur caractère passablement iconoclaste, mieux vaut citer l’abstract qu’ils ont eux-même rédigés, traduit par mes soins : « Cet article examine comment la financiarisation affecte la croissance globale de la productivité. Nous basant sur un échantillon d’économies développées et émergentes, nous montrons d’abord que le niveau de financiarisation n’est positif que jusqu’à un certain point, après quoi il devient un frein à la croissance. Deuxièmement, l’accent étant mis sur les économies avancées, nous montrons qu’un secteur financier en forte croissance est préjudiciable à la croissance globale de la productivité. »

Si l’on saute directement à la conclusion de ce document de 21 pages, annexes sur les sources et références comprises, comme on n’hésite pas à le faire discrètement dans les milieux bien informés, on peut lire ceci : « En premier lieu, la taille du secteur financier a un effet en forme de « U » inversé sur la croissance de la productivité. Autrement dit, il arrive un moment où un nouveau grossissement du système financier peut réduire la croissance effective. Deuxièmement, on observe que la croissance du secteur financier constitue un frein à la croissance de la productivité. Notre interprétation est que, parce que le secteur financier est en concurrence avec le reste de l’économie pour des ressources rares, les booms financiers n’améliorent pas en général la croissance. Ces éléments de preuve, ainsi que l’expérience récente de la crise financière, nous permettent de conclure qu’il est urgent de réévaluer la relation entre la finance et la croissance réelle dans les systèmes économiques modernes. Davantage de finance n’est sans aucun doute pas toujours préférable. »

Au fil de leur analyse documentée, les deux chercheurs réalisent un véritable « U-turn » (tournant à 180 degrés) de la pensée économique, remettant en cause le dogme selon lequel « la finance est bonne pour la croissance », fondement de la dérégulation financière des années 80 et suivantes. Car si « à un niveau raisonnable la croissance du secteur financier apporte certes des gains de productivité, à partir d’un certain point, que les économies avancées ont dépassé depuis longtemps, plus de banque et de crédit sont associés à une croissance plus faible ». Pire, « plus le secteur financier grandit, plus la croissance ralentit ».

Le document qui apporte une « preuve scientifique » du caractère prédateur de la finance, et confirme donc ce qui est affirmé sans relâche sur Le blog de Paul Jorion depuis ses débuts, se trouve ICI.

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58 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : OÙ VONT-ILS CHERCHER TOUT CELA ?, par François Leclerc »

    1. @ Bruno
      La police grecque a annoncé samedi avoir reçu un mandat pour arrêter l’éditeur d’un hebdomadaire qui a publié le même jour une liste de plus de 2000 noms de Grecs qui auraient placé leur argent…etc

    1. Concernant l’obsolesence programmée, on prends souvent l’example des ampoules électriques classique. Le filament en tungstène d’une ampoule se sublime à l’usage et vient se déposer sur les parois de l’ampoule. Une ampoule en fin de vie éclaire donc moins qu’une neuve.
      Si les ampoules avait une trés longue durée de vie, les utilisateurs se tourneraient vers le modèle plus puissant pour nalancer cette perte de luminosité.
      Il serait interessant d’estimer la difference entre l’énergie perdue en raison du remplacement réguliers des ampoules par rapport à l’énergie perdue en raison du moindre rendement d’une ampoule à incandescence « longue durée » .

    2. Entre la finance, la publicité et l’obsolescence programmée,il y a comme un trou.
      Les mettre sur le même plan est un manque de discernement: la première est toute une floppée de dinosaures qui nous écrase – et la combattre est plutôt un travail de titan- la dernière est tout au plus une tique . Il est même possible que la tique tombera si nous triomphons de la finance.

      L’enfer est pavé de bonne intention. Il y a des priorités à établir.

  1. Trop de finance tue la croissance…

    C’est l’avis de plusieurs experts…

    La finance contribue certes à la croissance, mais son abus nuit gravement à l’économie, soudainement privée des meilleurs cerveaux et des idées les plus fortes en matière de prospérité économique, mettent en garde des experts de la Banque des règlements internationaux (BRI). Dans des conclusions qu’ils qualifient eux-mêmes de « saisissantes », ces économistes la banque centrale des banques centrales, relève que « plus le secteur financier grandit, plus la croissance de l’économie ralentit ».

    http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/774298/trop-de-finance-tue-la-croissance.html

    1. D’ici et d’ailleurs et nul par ailleurs, ça te ferait mal au paf d’aller puiser direct à la source et de lire le pdf des gonzes plutôt que jouer encore les copieurs-colleurs et télégraphistes neuneus ?

      1. remboursons notre dette et nous serons sauvés, cette grosse pomme qui enfle, nous devons souffrir pour payer ; ô vigneron, donnes-nous le sermon !

  2. Merci encore pour votre travail.

    Comme la forme exhausse le fond vous aimerez dompter les « fines » ( espaces ).

    Voici le fouet :

    Pour créer un espace insécable :

    Pour éviter qu’un groupe de mots ou qu’une série de chiffres ne soient coupés s’ils se retrouvent en fin de ligne, vous pouvez utiliser un espace insécable.
    Le groupe de mots ou la série de chiffres sera alors déplacé au début de la ligne suivante.

    Dans Word, placez le curseur à l’endroit où vous souhaitez ajouter votre espace insécable.

    Pressez alors simultanément les touches Ctrl, Maj et Espace.


    L’espace insécable est ajouté.
    Votre groupe de mots ou série de chiffres ne pourra alors pas être coupé en fin de ligne et sera déplacé au début de la ligne suivante.


    Bien à vous

    1. Vos voeux seront peut-être exaucés Claire mais votre orthographe n’exhauste guère à propos la vôtre, de forme.

      1. Et oui Vigneron, souvent en légère lévitation, l’ortho graphe m’échappe.

        Heureusement, le nez dans la glèbe, le vigneron est présent…

      1. Merci pour le coup de fouet.

        Souvent, c’est ce qui nous manque dans l’échange car, bien dosé, il nous fait bouger.

        J’espère que notre Vigneron n’aura pas compris ma réponse comme une vacherie
        car la glèbe, cette terre lourde de vers, est ce qui nous manque le plus.

        Le Vigneron,je pense l’ avoir déjà souligné sur le blog, est partageux, dru et luxuriant.

      2. Elle ne la discrédite pas si la pensée reste compréhensible , sans équivoque ( même si il y a toujours une petite lampe rouge qui s’allume et qui dit  » peut on vraiment maîtriser sa pensée, si on ne maîtrise pas son orhographe ? »).

        Il ya des péchés véniels et des péchés mortels !

        La langue française est un trésor pour la compréhension mutuelle et c’est bien à ce titre qu’elle mérite qu’on ne l’agresse pas trop .

      3. L’orthographe ,  » ça ne suffit pas » , mais c’est bien nécessaire !

        Et on ne doit pas la mépriser parce qu’elle est féminine !

  3. Héhé! Des économistes aussi peu révolutionnaires que ceux de la BRI reconnaissant que la finance devient nuisible passée un certain seuil, voilà du nouveau, en effet.
    Le plus surprenant pour moi est de voir enfin économistes et financiers se désolidariser.
    Conclusion : il faut brider la finance pour qu’elle n’atteigne jamais le seuil nuisible.
    Qui peut le faire? Certainement pas les États qui n’ont qu’une souveraineté nationale.
    Do,c soit une autorité supranationale comme le FMI ou la BRI, soit un ensemble de pays en réunion comme le G20, soit rendre leur autorité aux Etats dans ce domaine, ce qui implique une démondialisation. Ou un peu des trois.
    Comment poser la bride? En interdisant l’existence de banques too big to fail comme le propose le FMI, et en replaçant les financiers sous l’autorité des Etats chargés de les surveiller, donc en limitant leur capacité de fuite à l’étranger, du moins vers les pays qui ne jouent pas la régulation.
    Rien de plus simple : tout transfert d’argent vers ou venant de ces pays est taxé à x%.
    Y a plus qu’a.

  4. Magnifique étude. Oú l’on voit que le pays qui est aujourd’hui le plus exposé à cette perte de croissance induite par le secteur financier hypertrophié est… le Canada. Si l’on prend le critères de l’emploi dans le secteur financier comparativement à l’emploi total le Canada crève le plafond maximum selon l’étude (3,86%) à plus de 5,5% d’emplois dans la finance…
    Selon leurs calculs et leurs abaques en U, c’est un point et demi de croissance perdues…

  5. Plus le niveau de financiarisation est élevé,et plus le niveau de chômage n’est pas pris en considération

    Blaguapar
    24 octobre 2012 à 21:44
    Un coefficient de 2 en cas de récession associé à la loi d’OKun , çà fait combien en nombre de chômeurs fin 2013 ?
    Me dites pas qu’on va se retaper 1 million de chômeur en plus …
    http://www.captaineconomics.fr/theorie-economique/item/141-pourquoi-le-taux-de-chomage-augmente-lorsque-la-croissance-est-inferieure-a-2

    Et Ben si !

    http://www.dailymotion.com/user/PartiSocialiste/subscriptions/2012-10-28/1:100?mode=playlist&from=email_subscriptiondigestusers&utm_source=Email&utm_medium=Email&utm_content=SubscriptionDigestUsers&utm_campaign=Alert-SubscriptionDigestUsers#video=xuneyt

    Si rien d’éfficace n’est fait dans les mois qui viennent …

    1. Bien sûr qu’on y sera ds un an au niveau espagnol pour le chômage .
      Heureusement ya la danseuse d’Ayrault , le nouvel aéroport de nantes NDDL , qui va réduire ce taux …

  6. le barrage se fissure; le réservoir du « panzer » invincible se tarit, Dorian Grey commence à ressembler à son portrait, la lumière du jour commence à percer chez les Morlocks, la bestiole commence enfin à comprendre que ce sont les tiques qui la tuent, et que ce ne sont que des tiques. Les grands prètres sont à poil, on commence à comprendre que ce ne sont que des hommes qui parlent dans la statue-Dieu de Baal, et qu’ils le savaient tous, ou pire encore, que certains ne le savaient même pas.

  7. La dictature en marche,toujours plus..

    Draghi: « Les pays devront transférer une partie de leur souveraineté ».

    Le patron de la BCE se dit favorable à un droit de regard de l’Union européen sur les budgets nationaux. Une déclaration publiée ce dimanche dans le Spiegel, à trois semaines du sommet de Bruxelles sur les règles de l’UE.

    « Plusieurs gouvernements n’ont pas encore compris qu’ils ont perdu leur souveraineté nationale il y a longtemps. Parce qu’ils se sont lourdement endettés, ils sont maintenant dépendants du bon vouloir des marchés financiers », a argué Mario Draghi.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121028trib000727565/draghi-les-pays-devront-transferer-une-partie-de-leur-souverainete.html

    Les protestants seraient donc plus travailleurs et moins interventionnistes.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121026trib000727451/les-protestants-seraient-donc-plus-travailleurs-et-moins-interventionnistes.html

    Mise en demeure et ultimatum des patrons du CAC40 à FH:

    Les patrons se rebiffent !

    « Nous, dirigeants des plus grandes entreprises privées françaises, proposons au gouvernement un pacte pour relancer la croissance et l’emploi » allons bon ! Voila les patrons des plus grosses boites qui se prennent à leur tour pour les fondateurs des Etats-Unis !

    Ils nous sortent une tribune dans le JDD.

    Faut-il leur rappeler que leur candidat a échoué à la dernière présidentielle ? Que c’est leur politique qui est à l’origine de l’état de la France ? Qu’ils continuent à afficher des profits insolents ?

    Ce n’est pas la politique choisie par les Français et ils n’ont plus leur mot à dire. Ce n’est pas maintenant qu’il fallait faire des propositions mais quand la droite était au pouvoir…

    Baisser le coût du travail et rendre l’État plus économe

    1) Avec une dépense publique record de 56% du PIB, nous sommes arrivés au bout de ce qui est supportable. L’État doit réaliser 60 milliards d’euros d’économies (3 points de PIB) au cours des cinq prochaines années.
    2) Pour les entreprises, il faut baisser le coût du travail d’au moins 30 milliards d’euros sur deux ans, en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens (2 smic et plus). Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6% à 21% (la moyenne européenne) et l’autre moitié par une baisse des dépenses publiques.
    3) Il faut garantir aux entreprises un environnement fiscal favorable et stable en baissant notamment l’impôt sur les sociétés pour le ramener au niveau de nos voisins européens.

    http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Exclusif-JDD-L-appel-des-PDG-des-98-plus-importantes-societes-francaises-571884

    1. Exploiter les gaz de schiste

      Autre point qui serait également présent dans le rapport Gallois: les gaz de schistes. Ces grands patrons prennent position pour son exploitation. Le chef de l’Etat avait fait état de ses réticences au mois de septembre et décidé qu’en raison de risques potentiels pour l’environnement et la santé, l’exploration en vue d’une exploitation ne serait pas autorisée en France. Ces grands patrons demandent en outre de « rester pragmatique » dans la mise en oeuvre de la transition énergétique, « qu’il s’agisse de réduire nos émissions de CO2 ou notre exposition à la production d’électricité d’origine nucléaire ».

      http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20121027trib000727547/competitivite-des-patrons-du-cac-40-lancent-un-appel-a-francois-hollande.html

      1. Il se raconte que la miss ministre de l’environnement (euh y’a eu des mecs à l’environnement? ) aurait eu le privilège d’expérimenter une gueulante de la part de Gallois (connu plutôt pour son flegme et sa modération) à propos des gaz de schiste…
        Euh si, depuis Poujade jusqu’à Borloo en passant par Peyrefitte, Crépeau, d’Ornano, Lalonde ou Cochet, et même Carignon et Juppé y’en a eu plein…

      2. Etats-Unis: une ruée illusoire sur les gaz de schiste – Par Thomas Cantaloube
        qques extraits :

        Premier arrêt : un puits comme des centaines d’autres, un peu au-dessus de sa résidence. Celui-ci a l’avantage de ne pas être grillagé ou situé sur un terrain privé, on peut donc l’examiner sans risque de se faire arrêter. Un bourdonnement diffus, une odeur déplaisante dans l’air et, au bout de quelques minutes, un début de mal de tête. « N’allumez pas votre cigarette par ici », s’amuse Bob. « C’est la première chose que les ouvriers qui s’occupent de ces puits apprennent. »
        Deuxième arrêt : une maison neuve, en bordure d’une petite route de campagne, donnant sur quelques puits en contrebas. Un panneau WPX Energy est fixé sur la clôture. Frank Smith, le jeune directeur du Western Colorado Congress, l’association locale à laquelle appartient Bob, nous accompagne. Il connaît bien l’histoire de cette maison :
        « Elle appartenait à l’un de nos membres et, après que les premiers puits ont été forés, il est tombé malade : insomnies, problèmes digestifs, crampes… Il s’est plaint à WPX Energy qui exploite ces forages et les a menacés de porter plainte. Des responsables sont venus le voir et lui ont acheté la maison et tout le terrain autour. Surtout, ils lui ont fait signer un accord de confidentialité. Impossible de savoir ce qui s’est vraiment passé, aussi bien sur sa maladie que sur le rachat de sa propriété, alors qu’il existe un véritable intérêt public à connaître la vérité ! »
        Depuis la fin des années 2000, quand les forages pour extraire le gaz de schiste se sont multipliés aux quatre coins des États-Unis, de nombreux habitants ont commencé à se plaindre. Aussi bien des nuisances associées à ce développement (allant des camions défonçant les routes de campagne jusqu’à des fuites de gaz dans les robinets des maisons) que de maux plus graves (bétail mourant, maladies débilitantes). Un film documentaire a même été tourné, qui a rencontré un petit succès et une nomination aux Oscars, recensant toutes les conséquences humaines et environnementales de l’exploitation du gaz de schiste : Gasland.
        Malgré le nombre de témoignages concordants, l’industrie a toujours affirmé qu’il n’y avait aucun danger. Quant aux autorités de santé américaines, elles n’ont toujours pas rendu d’avis scientifique sur la question. « Les responsables de l’industrie gazière voient ces problèmes en termes de relations publiques et pas du tout en termes de santé publique », dénonce Frank Smith. « Leur réponse consiste à débourser de l’argent dans les médias et auprès des gens pour dire qu’il n’y a aucun problème. »

        «En 1969, le gouvernement américain a fait exploser une bombe nucléaire souterraine pour fracturer les roches contenant le gaz. Ça a marché : ils ont récupéré du gaz. Mais ils se sont rendu compte que le coût était bien plus important que les revenus, et surtout que… le gaz était radioactif ! » Le Projet Plowshare, qui visait à trouver des applications pacifiques aux explosions nucléaires, a été relégué au rayon des mauvaises idées, mais il montre bien jusqu’où certains sont disposés à aller pour exploiter de nouvelles sources d’énergie.Aujourd’hui la cavité de l’explosion nucléaire a été scellée mais, récemment, une compagnie gazière a obtenu des permis de forages à proximité du site.
        La ruée sur les gaz de schiste que les États-Unis connaissent depuis 2008 est loin d’obtenir les résultats promis. « Le gaz de schiste produit un retour sur investissement très rapide, mais les forages s’épuisent très vite », explique Michael Klare, professeur au Hamsphire College et auteur de l’ouvrage The Race for What’s Left: The Global Scramble for the World’s Last Resources. « La plupart des puits creusés il y a quelques années sont déjà à sec, et il faut les fracturer à nouveau pour qu’ils continuent de produire à la manière d’un puits de pétrole. On peut sérieusement douter du potentiel d’avenir du gaz de schiste. » Il semble également, selon une enquête du New York Times, que les compagnies aient surestimé les réserves de gaz et la productivité de leurs opérations.

        La dizaine de sociétés d’extraction qui opèrent dans la région ont beau continuer à forer, leur développement semble avoir du plomb dans l’aile. Le prix du gaz naturel a chuté de 85 % par rapport à 2008 (en dessous de 2 dollars par million de BTU) et à un niveau plancher jamais atteint depuis 2001.

      3. La dizaine de sociétés d’extraction qui opèrent dans la région ont beau continuer à forer, leur développement semble avoir du plomb dans l’aile. Le prix du gaz naturel a chuté de 85 % par rapport à 2008 (en dessous de 2 dollars par million de BTU) et à un niveau plancher jamais atteint depuis 2001.

        Ben oui mon bichon maltais c’était un peu le but du truc:, faire baisser le prix du gaz aux US…

  8. « à un niveau raisonnable la croissance du secteur financier apporte certes des gains de productivité,…

    Rajoutons:

    « à un niveau raisonnable la croissance du secteur financier apporte certes des gains de productivité pour la finance !

    C’est une vision ‘capitaliste à papa’ (qui n’existe pas d’ailleurs) de dire que la finance à un niveau raisonnable* sert ‘la productivité’, la finance n’investit éventuellement dans l’économie productive que si elle lui rapporte et pour qu’elle lui rapporte plus, d’où et quand la finance a investit pour que la productivité augmente ET bénéficie d’abord à la collectivité ?
    La finance ne sert qu’à rentabiliser le capital et elle est toujours en concurrence avec le secteur productif, dès le début et jamais elle ne le ‘sert’ autrement que pour son seul profit, c’est pas une question de taille. La production peut croître sans finance, par contre la finance ne croît pas sans production.

    * raisonnable pour qui ? et qui l’évalue et sur quels critères ? Pour moi le niveau raisonnable de la finance c’est zéro

  9. en forme de U, pourquoi pas simplement un courbe de Gauss, en ordonné la croissance croissante (c’est pas un plaidoyer à la croissance 🙂 ).

      1. Sans lire l’étude si tu mets en abscisse le niveau de financiarisation d’une économie et en ordonner la croissance permise par cette financiarisation, ça parait plus logique que la cloche du U soit vers le haut, donc que l’ordonné soit croissante et non décroissante pour faire un U.
        Après les courbes de Gauss tu les croises partout, si tu as une entré sur une plage tu auras une distribution des vacanciers en forme de cloche (le point le plus haut de la cloche ce situant vers l’entré), pareil pour une élection plus un partie est médian à la moyenne des idées d’une population plus il a de chances d’être élu (je dis pas que la pensée est libre et que les idées médianes ne sont pas lié à l’information), plus un partie est à l’extrême (d’un sens ou de l’autre) du médian moins il a d’électorat c’est pour cela qu’il y a beaucoup de parties médians (qu’on résume en UMPS dans nos contrés), c’est parce la cloche électoral fournit le plus d’électeurs (évidement je dis pas que le médian est juste, un partie extrémiste peut être le médian, c’est juste un curseur qui est dérivé de l’information disponible et du niveau de vie, ou plutôt des variations de niveaux de vies, parce qu’il y a toujours un aspect générationnel).

      2. :), j’ai lu le billet, c’est « un commentaire » au billet, le blog c’est pas la BRI, sinon les commentateurs feraient du consulting et n’aurait pas la même position sociale.
        J’aurai surement du préciser ne pas avoir lu, mais c’est tellement surréaliste (puisque tu dois bien avoir des notions de temps et d’énergie disponible de ma profession), autant interdire tout mes commentaires (je n’ai qu’un BTS et peu de lecture).
        Au fond si tu étais modérateur, ça me ferait plaisir, je consacre trop du peu d’énergie qu’il me reste à ce blog 🙂

  10. Chers PDG, nous avons bien reçu ..

    Chers PDG, nous avons bien reçu votre liste de demandes dans le JDD : Austérité, baisse de vos impôts… Afin d’examiner rapidement celle-ci, nous vous prions de bien vouloir nous retourner rapidement …

    http://politeeks.info/chers_pdg?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook&utm_campaign=chers-pdg-nous-avons-bien-recu

    Des menaces carrément à présent:

    A quand les chars d’assaut devant l’Elysée?

    La mise en garde des grands patrons à Hollande

    Après l’appel des PDG des 98 plus importantes sociétés françaises publié en exclusivité dans le JDD, le bras de fer avec François Hollande commence.

    Le bras de fer va se poursuivre. La décision du gouvernement est attendue fin janvier, après une première salve de mesures le 6 novembre. Un haut responsable patronal menace : « S’ils nous sortent un machin à l’eau tiède, les hostilités seront lourdes, les réactions excessivement violentes. Il y a des gens à cran dans nos rangs ».

    http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/La-mise-en-garde-des-grands-patrons-a-Hollande-571913

    Pour qui se prennent ces gens?

    1. Je pense que nous aurons droit, à terme, à un régime autoritaire-dirigiste et utilitariste au sens économique, la démocratie ne survivra que sur le papier.

      1. Le flicage et la répression ne fait que progresser depuis longtemps.
        Le gouvernement gôche nomenclature ne fait que continuer.
        Comme nous étions assez nombreux à le prévoir, et l’annoncer,
        le soutien des ouvriers est tombé de 64 % à 34% en 5 mois;
        Un record.
        Logique, le gouvernement défend la dictature du capital
        en faisant donner de plus en plus la répression: depuis Notre Dame des Landes
        jusqu’au Salon de l’Automobile en passant par des centaines de protestation.
        Reprise de la vieille comédie gauche caviar PC-PS (Buffet et JLM compris),
        avec alors Jospin comme metteur en scène…

  11. « Plus le secteur financier grandit, plus l’économie ralentit »
    J’ai participé en mars 2000 à un seminaire organisé par des militaires de grand calibre. Le thème central tournait autour de la question sur des conflits et guerres possibles au début du 21e siècle.
    L’un des généraux disait dans son discours, que la finance coupera les vivres à l’économie réelle, que la cupidité de la finance provoquera des asymétries et agitations sociales en Europe……..
    Si un général, certes spécialiste pour des questions stratégiques mais pas économiste de formation, a pu prédire ce qui est arrvié, pourquoi les économistes étaient-ils frappés de cécité (volontaire ou involontaire)? Peut-être faudrait-il poser cette question à la Maison Blanche.

    1. @Germanicus
      Certes, mais pas besoin d’être Général, suffit de constater la tourne prise par ‘le travail’ salarié (ou pas !), de s’être fait viré deux ou trois fois pour cause de résultats inférieurs à 10 ou 15%, bref, suffit d’ouvrir un peu les paupières (même une seule) et de désensabler un peu les portugaises, pour comprendre que tout ça va ‘cul pardessus tête’ comme disait mon oncle…
      Après, expliquer les causes et effets dans le détail, c’est autre chose, mais si des gus de la BRI ou d’ailleurs arrivent aux mêmes conclusions que le Jorion’s blog, tant mieux…!

  12. Félicitations aux auteurs de ce blog, qui se voient ainsi confirmés dans leur sérieux et leur rigueur. Et savez-vous, cher-e-s ami-e-s, qu’il se passe de drôles de trucs en ce moment ?
    Tiens, en matière d’agriculture, la mère de toutes les disciplines, celle qui nous permet à tou-te-s de vivre. Le dernier film de Marie-Monique Robin, « Les moissons du futur » – à voir toutes affaires cessantes – est une joyeuse réponse en forme de coup de pied au cul bien envoyé à tous les marchands de mort (engrais – pesticides – OGM). Elle démontre qu’avec du bon sens, on peut se passer de toutes leurs saloperies, cultiver biologiquement la terre comme un jardin, et nourrir tous les êtres humains et les animaux. C’est ce que dit aussi Gilles Clément, le jardinier planétaire.
    Et ce midi sur France Culture, une émission géniale sur la permaculture, qui est en fait le même sujet : http://www.franceculture.fr/emission-on-ne-parle-pas-la-bouche-pleine-la-ferme-permaculturelle-2012-10-28.
    Toujours sur France Culture (merci à cette radio irremplaçable) vendredi qui vient à 14h, émission Science publique « Qu’est-ce que l’agro-écologie ? ». Tremble, Monsanto !

    1. Merci Hélène. Cela fera mon dimanche!
      Cet entretien respire l’intelligence et le coeur,
      même le ton de la voix de ces agriculteurs si modernes.
      A diffuser sans modération:

      1. ‘Cet entretien respire l’intelligence et le coeur’
        Et tout près de la ferme du Bec-Hellouin, pour le ‘repos de l’esprit’ ou la méditation (et la boutique !), l’abbaye, très belle d’ailleurs…

  13. C’est un moyen d’affirmer qu’il ne peut pas y avoir de relance par le patrimoine ! Le partage plus équitable des ressources n’est pas pour demain. Donc, c’est admettre la décroissance par la violence….Cela veut dire stabilité relative des valeurs boursières ? Cela va être une vraie concentration du capital (faire de la concurrence dans un circuit fermé, c’est concentrer). La bataille par l’instrument (hft) !
    Enfin la BRI ne prend pas en analyse les quadrillons du hors bilan……
    Et pour la productivité, les comportements (motivation,…) sont un facteur de détermination.

    1. On connaissait leurs quadrilles, voilà désormais maintenant les quadrillions au répertoire incontournable des majorettes.

      1. Merci mr 10% : quadrillion….
        On pourrait croire que vous faites du lobbying pour la finance, mine de rien !
        Ne soyez pas trop gourmand, la « fine anse » (partie saillante et courbée de certains ustensiles qui sert à les saisir).
        Parlez-moi plutôt du contenu au lieu de faire toujours diversion.

  14.  » Davantage de finance n’est sans aucun doute pas toujours préférable. »
    Quarante après le début du massacre de l’humanité par les néo-liberaux et le crime organisé, deux intellectuels n’écoutent que leur courage. C’est beau. C’est beau comme du Moscovici.

  15. Merci d’avoir pointé cette étude qui semble effectivement avoir été largement ignoré du débat public.

    Cependant, il me semble que les auteurs n’établissent pas de lien de causalité entre productivité et développement financier, autre que rhétorique. L’étude est uniquement empirique et suggère une corrélation entre productivité et financiarisation telle que vous la décrivez, puis un lien négatif entre croissance et financiarisation, mais s’arrête là. Il y a des pistes de réflexion intéressantes, mais plusieurs problèmes restent à expliquer :

    1) quel est l’effet d’un faible taux de productivité sur le développement financier d’une économie ? Un taux de productivité en berne pourrait être la cause d’un excès de crédit, ce qui établirait une causalité contraire de celle suggérée dans l’étude (qui permettrait aux gouvernements d’éviter les réformes impopulaires)

    2) les auteurs reconnaissent eux-mêmes en introduction qu’une explication de la corrélation négative entre finance et croissance est que les bulles sont néfastes au potentiel de croissance. J’ajouterais qu’en plus de l’effet d’une crise sur le taux d’emploi et la capacité de production industrielle, la période de désendettement du secteur financier contribute à ralentir la croissance sur plusieurs années (croissance du crédit bancaire négative) expliquant en partie un taux moyen de croissance du PIB faible, voire négatif, dans nombre de pays observés (Irlande, Japon, Suède, etc.)

    3) les auteurs suggèrent qu’un secteur financier développé à l’excès ponctionne des ressources (physiques et humaines) aux autres secteurs, mais n’étayent pas cet argument d’un seul chiffre. L’argument paraît assez évident mais je classe cela dans la catégorie « vérité générale » — qui reste donc encore à être démontré.

    En conclusion l’étude ne fait que prouver l’idée qu’une économie trop « leveraged » (c’est à dire dont la dette brute du secteur financier en pourcentage du PIB est élevée) est mauvaise pour la croissance… pas vraiment une révolution ! Le reste est encore trop léger pour être vraiment crédible.

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