FUKUSHIMA : UN SERVICE APRÈS CATASTROPHE À L'IMAGE DU RESTE, par François Leclerc

Billet invité

D’une catastrophe nucléaire à la suivante, le scénario est immuable : la pollution radioactive est minimisée, les mesures officielles sont ensuite mises en question, la confusion s’installe et des populations entières vivent, respirent et mangent sans savoir à quoi elles sont exposées et ce qu’elles ingèrent. Au Japon, cela a contribué à ce que s’installe une profonde crise de confiance dans des autorités politiques soumises à la pression des intérêts de l’industrie électronucléaire et présumées leur complice en raison de liens étroits qui ne se sont pas démentis.

Premier sujet de préoccupation : les eaux contaminées de la centrale de Fukushima fuient dans l’océan, et l’histoire de leur parfaite dilution est une fable. Si le niveau de radioactivité des poissons pêchés sur la côte Est reste « dans la vaste majorité des cas » en dessous des normes officielles, mais néanmoins élevée, 40% des poissons pêchés au large de la centrale ne sont pas comestibles, selon les mêmes normes, d’après une étude américaine publiée par la revue Science. Selon Ken Buesseler, un chercheur de l’Institut océanographique de Woods Hole, aux États-Unis, « nous avons surtout besoin de mieux comprendre les sources de césium et d’autres radionucléides qui continuent à maintenir ces niveaux de radioactivité dans l’océan au large de Fukushima ». Car, pour le reste, la contamination ne peut qu’être constatée et ce, vingt mois après le démarrage de la catastrophe.

Deuxième sujet : c’est cette fois-ci Greenpeace qui sonne l’alarme, affirmant que des populations vivant dans la région de la centrale, notamment dans la ville de Fukushima qui se trouve à 50 km de celle-ci, sont exposées à treize fois la limite de radiations autorisée. L’organisation met en cause les mesures officielles, reprenant des constatations déjà faites : « Nous avons découvert que les appareils de mesure installés par le gouvernement sous-évaluaient systématiquement les niveaux de radiation », car ils sont protégés par des structures métalliques ou de béton et ont été placés dans des zones décontaminées.

Troisième sujet : Thorne Lay, un géophysicien américain de l’université de Californie à Santa Cruz, vient de publier un article dans la revue Nature. Il a étudié les 5 méga-séismes (magnitude 8 et au-delà) qui ont depuis 2004 ravagé la région de l’Asie où se situe le Japon, là où la plaque pacifique se glisse sous la plaque asiatique. Il en a conclu qu’aucun n’avait été prévu par les sismologues, qui « ont appris à être humble » fait-il remarquer. L’aléa sismique est particulièrement difficile à établir. De fait, faute d’avoir assez de recul dans le temps, les scientifiques ne peuvent prédire ces séismes qui ont des périodes de retour de dizaines de milliers d’années ! Les séries historiques sont impossibles à établir et n’auraient aucun sens, avec cette circonstance aggravante pour le temps présent qu’il semblerait que les méga-séismes puissent survenir « en grappes », l’un pouvant déclencher un autre dans les mois qui suivent.

Ces nouvelles études jettent un froid quand elles concernent un pays où de fortes suspicions existent déjà à propos de la qualité des études géologiques préalables à la construction des centrales nucléaires.

Toujours à la recherche de fausses bonnes raisons, les laudateurs de l’électronucléaire pourront certes affirmer que la science progresse à la suite de ce qu’ils préfèrent appeler « un incident ». Toutes les sommités de l’industrie sont penchées sur le chantier de Fukushima. Bonne nouvelle ! la connaissance du comportement des coriums va également faire des pas de géant …en attendant de connaître leurs déplacements depuis qu’ils se sont furtivement échappés de la cuve des réacteurs.

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FUKUSHIMA, LA FATALITÉ NUCLÉAIRE vient de paraître aux éditions « Osez la République sociale ! » [148 pages – 11 euros.] Vente en ligne ici

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76 réflexions au sujet de « FUKUSHIMA : UN SERVICE APRÈS CATASTROPHE À L'IMAGE DU RESTE, par François Leclerc »

  1. Impeccable synthèse , à ce jour .
    J’adhère évidemment tout-à-fait .
    Vous montrez le vrai visage du désastre en cours au Japon .
    Des gens se battent là-bas afin de stopper cette source d’énergie démentielle !
    Mais il nous faut nous battre ICI ! Nous avons de quoi agir .
    Ainsi ,en France , une lutte est engagée contre ce monstre de ligne THT qui ne se justifie que par cet EPR en construction et la SPECULATION FUTURE sur l’électricité .
    Le projet d’EPR sera abandonné si nous sommes nombreux et déterminés .
    VINCI ,grand bétonneur devant l’Eternel , est un des pilleurs de ce monde .
    Ces jours-ci , des gens s’opposent à ce projet absurde d’aéroport à Notre Dame des Landes (une heure d’émission sur France-cul ce matin sam 27 octobre de 7h05 à 8h).
    Même problématique que le nucléaire ( les grands projets inutiles ) , en moins dangereux.
    A ceux qui veulent s’opposer frontalement au désastre annoncé de la construction de l’aéroport de Nantes , un site : Zad.nadir.org .
    Quant à la lutte anti-nucléaire dans les 4 départements Manche, Calvados, Mayenne et Ile et Vilaine , le site Percy sous tension , par exemple .

  2. Faut pas trop s’en faire pour le corium,il s’amalgame gentiment avec son environnement géologique formant une sorte de grand raku du plus bel effet.Il n’y a plus qu’à laisser refroidir.
    Avis aux amateurs de pièces rares…

    1. Sur combien d’années, Piotr ? Non pas que j’ai la soif absolue des polémiques, mais il faudrait tout de même savoir de quoi l’on parle… Ici la période de radioactivité destructrice pour les humains et tout le vivant va largement dépasser votre propre existence ! Certes, le raku résultant apportera la paix des esprits. Mais quand ? Dans 10 générations ? Telle est la question, mon « vieux ».

    1. Je réagis au lien : l’article de InterEnvironnement Wallonie. Je voudrais rappeler l’évolution de la problématique ‘dioxine de la sidérurgie’. Étape 1 : des scientifiques allemands convainquent la Commission (DG Environnement) de faire une enquête sur les rejets d’air afin d’extrapoler les hypothèses en termes de dioxine. En Belgique, cette année-là, l’enquête échoit aux autorités de la Région Flamande. Ceux-ci obtiennent des chiffres pour les différentes usines belges. Mais ils avertissent l’usine flamande de Gand, Sidmar, qu’il y a un problème relevé par la science. Sidmar commence une étude et une rénovation en profondeur : sa communication portera uniquement sur les nouveaux résultats : les anciens (donnés dans l’étude européenne) sont catastrophiques. Étape 2 : une deuxième enquête européenne est faite avec la collaboration des industriels. Pour USINOR, c’est la section Cockerill (Charleroi et Liège) qui collabore et affiche des chiffres mauvais (mais moins graves que Gand jadis !). Dans cette étape, Usinor crée un groupe en interne qui recherche à améliorer la maîtrise des rejets. Étape 3 : LA Commission demande de maîtriser les particules à 10 microns (PM10) La Wallonie profite de son expérience et améliore lentement sa situation. D’autres (dont la France) sont en retard… Etape 4 : La Commission européenne veut maîtrise les PM 2,5.
      Conclusion : les stress test peuvent être le début d’un processus. (Ils partent souvent d’une catastrophe (‘éclairante’). Pour autant qu’on enfonce le clou durant 10 ou 20 ans, on peut améliorer la maîtrise. Pour le nucléaire, attendre, ne rien faire, et croiser les doigts, n’est pas une option !

  3. Václav Havel (ex-président de la République tchèque)

    « La science peut mener à la découverte de l’énergie atomique, mais elle ne peut pas nous préserver d’une catastrophe nucléaire »

    1. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

      « Nous ne prétendons pas avoir le monopole de l’intelligence, mais celui de son emploi ».

  4. SILENCE DANS LES MEDIAS !
    rappel :
    Michel Fernex : « À Fukushima, les leçons de Tchernobyl sont ignorées »
    http://www.lalsace.fr/actualite/2012/07/24/michel-fernex-a-fukushima-les-lecons-de-tchernobyl-sont-ignorees
    Mettre le nucléaire en démocratie – Jacques Testart
    http://www.france.attac.org/articles/mettre-le-nucleaire-en-democratie
    Nucléaire : et si on s’intéressait aux installations militaires secrètes ? Jean-Marie Collin
    http://www.bastamag.net/article2084.html
    La crise de la dette est là et pourtant, les députés sont appelés à voter le 7 novembre un budget de la Défense de plus de 39 Milliards d’euros. Ce choix budgétaire, morbide pour une économie moderne dans un monde globalisé, doit-il demeurer celui de la France ?
    http://www.mvtpaix.org/outils/infos-paix/2012/cybermanifBudget2013.htm

    1. merci beaucoup pour ces articles , c’est effarant . J’ai une amie japonaise , je vais les lui passer car elle ne sait ce qui se passe à Fukushima que par les médias japonais …

  5. Encore un très bon résumé de la situation à Fukushima…

    Pour ce qui est du service après catastrophe, il y a aussi un nouvel élement qui aura sans doute une influence importante dans les années à venir : jusqu’à il y a quelques mois, Tepco était une société privée, les attaques contre elle retombaient sur le dos de ses dirigeants, décideurs, ingénieurs… seulement Tepco a été privatisée, dorénavant critiquer Tepco, c’est critiquer l’état japonais, donc nous pouvons être certains que la censure sera plus forte, les informations à venir sur l’état du site seront moins nombreuses et à prendre avec de très longues pincettes…

    Espérons que certains scientifiques japonais resteront objectifs et partisans de la liberté d’expression… peut-être avec l’aide de l’ex-premier ministre Naoto Kan, placé devant une commission d’enquête parlementaire indépendante (il faut croiser les doigts maintenant que Tepco est nationalisée) pour donner sa version des choses après avoir été mis en cause dans la gestion de la crise par les nucléocrates…
    http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/fukushima-l-ex-premier-ministre-japonais-naoto-kan-devant-une-commission-d-enquete_1119458.html

    Surtout que l’état a l’intention de redémarrer les réacteurs japonais, la preuve ? ici :
    http://radioprotection.eklablog.com/special-japon-c587930
    Pourquoi achèteraient-ils ces trucs s’ils ne souhaitaient pas un redémarrage de leur parc ?
    Les affaires continuent pour Areva !

    On pourra aussi compter sur les japonais eux-mêmes, qui, armés de leur compteur, pourront mesurer avec une précision acceptable l’état sanitaire du nord du japon…

    1. Chercher le lapsus, il donne l’orientation…
      Aux USA, une entreprise émettant des actions en bourse est dite « allant public » .
      Mais comme il est suggéré plus loin, l’Etat c’est mal; il ne pense qu’à se protéger avec des moyens douteux des regards des citoyens…
      Il ne me semble pas que The Incorporated and Unlimited and Globalized Tepco avait des leçon en glasnot à donner au défunt PC(b) de l’ex URSS.
      Mais évidemment: comme on se trompe, ma bonne dame! Inimaginable et le pire: de bonne foi.

  6. Un krach économique diminue drastiquement les revenus, surtout dans le cadre d’une hyperinflation. La société actuelle dépends de l’électricité, qui est incontournable pour son bon fonctionnement, hors pour fabriquer de l’électricité, il faut obligatoirement des revenus, ce qui fait craindre une panne électrique généralisée.

    La gestion de l’après-krach pour distribuer de l’électricité, publique comme à titre privé, sera une problématique. L’approvisionnement d’électricité dépends des revenus pour le système de production. Ne pas l’envisager ou l’exclure, c’est ne pas anticiper une catastrophe économique dans la liste des problèmes futurs. Alors que les crises économiques sont à répétition depuis plusieurs années.

    1. +3
      Hors les innombrables catastrophes privées dans la vie des gens, apparaîtront probablement les manifs de masse et les grèves de masse avec leur corollaire le risque de méta bavures.
      Drames humains déclencheurs du pire.
      Le pire étant en électronucléaire la mise hors d’état de l’outil de travail.
      En France ce serait synonyme d’une fin de civilisation…
      Si EDF est paralysée, vu l’état des centrales, ce n’est pas la prise main du réseau par l’armée qui rétablira le jus…

    2. Ce n’est pas que l’orthographe soit ma tasse de thé…
      J’ai assez écrit ici qu’une phonétique adaptée serait bien suffisante avec, en plus, l’adoption du génitif saxon.
      D’un autre côté, je ne méconnais pas la séduction d’un beau texte pour l’orthographe et pour les idées exprimées. Car, il faut le savoir, maîtriser les pièges dictatoriales ( les pièges à dictée du CM2…) et maitriser les idées et leur agencement, c’est souvent tout un. Reconnaissons un privilège au français: le ramage vaut souvent le plumage.

      Ici, il ne s’agit pas d’une faute orthographique mais d’une confusion entre deux mots, aidée par leur phonétique identique.
       » Hors  » signifie « dehors » ou une exception. Par exemple: La photo est mal cadrée, le visage est hors champ.
       » or  » est plus compliqué qu’il n’y paraît. C’est une conjonction qui exprime une idée d’opposition ou d’interdiction, ou même un paradoxe, entre deux propositions.
      Par exemple: Elle voulait aller nager. Or, le lac était gelé.
      On notera la ponctuation: le point terminal de la première proposition et la virgule après la conjonction.
      « Hors » ou « or », Quand ? Si on remplace « or » par « ceci étant » et que le sens n’est pas altéré, alors « or » s’impose.
      Essayons sur l’ extrait suivant:
      « L’électricité est incontournable pour son [son: la société] bon fonctionnement, hors pour fabriquer de l’électricité, il faut obligatoirement des revenus ».
      devient:
      « L’électricité est incontournable pour son bon fonctionnement, ceci étant pour fabriquer de l’électricité, il faut obligatoirement des revenus ».
      C’est même meilleur avec la ponctuation, comme ceci:
      « L’électricité est incontournable pour son bon fonctionnement. Ceci étant, pour fabriquer de l’électricité, il faut obligatoirement des revenus ».
      A contrario que comprendre de cette phrase:
      « La photo est mal cadrée, le visage est or champ » ? . Un champ en or ? non sens.

      On admettra que communiquer par la parole ou l’écrit, c’est mettre en oeuvre un ensemble de codes largement arbitraires, mais communs aux interlocuteurs. Le français ? un code quasi indéchiffrable. Et si long. Rentabilité nulle.
      Il n’est pas impossible que par une exception internettienne « hors » prenne le sens de « or ». il suffirait qu’un « consensus » basé sur l’ignorance se crée : une partie du code aura changé.
      Mais on y perdrait probablement « or ». Déja que nos intelligents éprouvent le besoin de préciser le français par de l’anglais strictement équivalent ( l’ajout de sens est nul)…
      Inutile de les aider à croire que le français est la langue insuffisante d’un peuple déficient.

      Ceci dit, sur le fond, je ne suis pas trop d’accord. Quand les confusions ont été rétablies, ne restent que des portes ouvertes enfoncées. Peut-être que certains ont besoin de savoir qu’il faut du pognon pour produire et distribuer de l’électricité, et qu’il en faut aussi pour l’acheter et en disposer. Il ne me semble pas que le schmilblick ait fait un grand pas en avant, bien que la question ( la « problématique ») soit préoccupante.

      1. Oui, il y a des fois où je me dis que si un archéologue dans 3000 ans tombe sur certains écrits il aura bien du mal à comprendre et à donner une traduction fiable.
        Les grecs anciens faisaient-ils des fautes d’orthographe ?
        Hors et or, on l’a déjà expliqué sur ce blog mais il n’y a rien à faire « ils peuvent pas s’endurer » (expression familiale ).

      2. reste à savoir si le code anglais a évolué dans le sens d’une restriction interprétative vis à vis du voisin français et si oui, quand et comment.

      3. Inutile de les aider à croire que le français est la langue insuffisante d’un peuple déficient.

        c’est moche.

  7. Merci François…
    Grâce à ce papier, nous allons encore subir les attaques propagandistes des pro-nuke sur le site.
    De quoi alimenter la polémique, et leur donner ainsi le sentiment d’exister…
    de belles passes d’armes en perspectives pour les reichido, molflow, et rutily…
    Maigres consolation, ils ne vont pas en dormir de la nuit…

    1. Pourquoi? Moi je suis d’accord avec ce billet, je suis pour qu’on utilise le nucléaire mais pas pour qu’on le fasse n’importe comment.

      1. va nettoyer fukushima alors (et tchernobyl faut gratter encore un peu) parce que malheureusement, le n’importe comment ‘ dans le nucléaire ça peut arriver à tout moment, et avant la catastrophe de fukushima, tu aurais aussi dit que le nucléaire japonnais était géré correctement.
        Vous en voulez du nuke, ben allez nettoyer les merdes qu’il laisse quand le ‘ n’importe comment ‘ déboule sans prévenir. On a d’ailleurs du mal à s’expliquer pourquoi tout les pro nuke ne sont pas volontaire pour nettoyer les déchets produits, à droite à gauche.

      2. Rutily a le courage de s’exposer aux antinucléaires, par les temps qui courrent c’est assez rare.
        Mais la question de l’énergie électrique reste posée……………..Je connais de fervents antinucléaire qui se chauffent avec de simples radiateurs électriques, mème pas des pompes à chaleurs; et dans ma région des propriétaires sans trop de scrupules qui louent des maisons avec un appoint éléctrique dans les chambres en complément d’une cheminée à bois dans le séjour. Mais argumentent t’ils  » J’ai posé des doubles vitrages partout ou c’était possible »
        Du moment que les loyers rentrent !

        Je préfere taire leur appartenance politique !

      3. @ Rutily

        Quant on écoute les proféssionnels des sciences de la terre dire que les mouvements des plaques tectoniques (et donc les tsunamis possibles) sont imprédictibles sur une échelle de temps humaine, on peut s’intérroger sur la fiabilité des études pour se prémunir de leur conséquences.
        Les zones à risque téllurique étant connues, il ne fallait pas construire de centrale en bord de mer à Fukushima……………..que dire alors de Fessenheim, vieille centrale dans une zone à risque ? La maintenir en vie n’est ce pas précisémment du n’importe comment ?

        Force est désormais de douter des lobbys du nucléaire qu’ils s’appellent EDF, TEPCO , AREVA qui n’ont jamais fait preuve de transparence et pire encore hypnotisent les politiques de leurs expertises.

      4. @ Bernard Laget

        Merci d’essayer de me défendre.

        Pour Fessenheim je ne crois pas que le risque sismique justifie que l’on arrête la centrale. A Fukushima par exemple la centrale était calculée pour un niveau 7 et a très bien résisté à un niveau 9 et pourtant l’echelle de Richter est logarithmique. De plus il y a eu des centaines de répliques de niveau supérieur à tout ce que l’on peut imaginer pour Fessenheim. Ces répliques s’appliquaient à une centrale déteriorée par des explosions d’hydrogène, dont la fameuse piscine de l’unité 4 sans provoquer de dégats significatifs supplémentaires. C’est le Tsunami qui a été catastrophique.

        Par contre je suis pour la prise en compte immédiate de toutes les mesures qui résultent des enseignements de Tchernobyl et de Fukushima, et cela ne concerne pas seulement Fessenheim. Les centrales qui n’ont pas été mises à niveau devraient être arrêtées, le prix des travaux devrait être évalués, et la centrale devrait être remise en route après que les travaux aient été effectués. C’est EDF qui au vu de la facture devrait décider si il effectue les travaux ou si il ferme la centrale. Et c’est l’ASN qui devrait dire les conditions à remplir pour que l’exploitation de la centrale soit autorisée.

        Maintenant si on a pas confiance dans l’ASN, on vire les gens en qui on a pas confiance et on y met des gens en qui on a confiance. Mais moi j’ai assez confiance en l’ASN.

        1. La version de Tepco selon laquelle le tsunami serait seul à l’origine de la catastrophe est contestée. Certains mettent en avant, dans la séquence des événements intervenus, des ruptures de canalisations d’eau de refroidissement avant le tsunami ! Ce serait selon eux une manière d’exonérer de toute responsabilité le séisme, afin de pouvoir relancer le parc nucléaire qui reste à l’arrêt, à deux exceptions près dorénavant.

      5. @ François Leclerc

        Bien que la sécurité soit mon domaine d’expertise, je n’ai évidemment pas toutes les informations, mais de toutes façon la prise en compte de tous les enseignements de Fukushima serait de mon point de vue du domaine de l’ASN. Il y a un site que Timiota, je crois, avait mis en lien qui retrace la chronologie la plus précise possible des évènements, avec le concours de tous les experts indépendants qui ont bien voulu participer et où il n’est pas mentionné qu’il y a eu des problèmes de refroidissements entre le tremblement de terre et le Tsunami, au contraire le refroidissement se faisant trop rapidement il y a eu un arrêt manuel (malheureusement) d’un système de refroidissement autonome (qui ne nécessitait pas d’électricité pour être efficace).

    2. Jürgen Trittin (ex-ministre allemand de l’environnement et de la sûreté nucléaire)

      « Les pronucléaires font beaucoup de bruit, mais ils n’ont pas d’avenir »

      Le nucléaire civil et militaire ne font qu’un et donc aussi les problèmes liés à la prolifération des armes nucléaires. L’utilisation du nucléaire aboutira inévitablement à la destruction si nous n’arrêtons pas le plus vite possible cette machine infernale que nous ne dominons pas mais qui au contraire risque de nous dominer totalement par ses effets multiples et liberticides.

      1. la France stocke à grande peine environ 60 tonnes de plutonium.
        Et on n’a pas la quantité de têtes nucléaires correspondantes. Et de loin…

        En fait, le plutonium extrait à la Hague est d’une très mauvaise qualité militaire; beaucoup trop pollué et impossible de le nettoyer.
        Son emploi militaire est impossible. De ce côté-là, c’est plié. Un déchet pur, quoiqu’en disent les acharnés nucléo-comptables.

        En fait, les réacteurs plutinogène-utile sont finis depuis longtemps.
        Va falloir renouveler le plutonium des bombes dans quelques milliers d’année (demi-vie: 24000 ans) !

      2. « demi vie 24000 ans »
        Et il n’y a personne qui cherche comment le faire vieillir plus vite ?
        Je sais pas moi, avec ces histoires du temps qui n’est pas le même suivant que je ne sais plus quoi, on peut pas essayer ?

      3. @ Louise.
        Yeh! un rêve: un petit pshitt du produit miracle et la bombinette éternue…
        Paraît que c’est envisageable : transmutation. Peut-être de la science fiction,
        j’sais pas trop. Et puis méfiance, pour neutraliser ces monstres,on risque de se faire vendre un monstre plus grand, plus cher, plus dangereux -ça c’est possible-.

    1. le corium aussi c’est nationalisé (tout seul lui comme un grand) en sortant de l’enceinte de tepco 🙁
      Il serait même pour la mondialisation et la libre circulation des rayons qu’il produit. un vrai libéral, qui se fout du principe de précaution, des frontières, des états, etc…

  8. Pas de bonnes nouvelles pour le consommateur de poisson que je suis. Dans le pays où je vis on apprend dans le journal que les langoustes pêchées dans le coin sont bourrées de chlordécone. J’avoue que j’adore ça.Les langoustes, je veux dire. Cela devait exister depuis un bon moment mais enfin on en vient à en parler que lorsque le danger est trop visible…

  9. La question de la « courbe d’apprentissage » du nucléaire reste une bonne question de fond.
    Pourquoi n’est-elle pas dans les mêmes clous que l’aéronautique ? (pas en nombre de morts, l’aéronautique tue beaucoup plus que le nucléaire, la question est plus subtile, et va avec l’acceptabilité, la notion profonde de confiance et donc de représentation/adoption/adaptation aux techniques).

    Cette question se reposera en 2040, 2070, etc. suivant qui aura mis des réacteurs en route (on en mettra encore en route en 2030…), et si oui on non une filière genre au thorium, qui n’aurait pas les propriétés désagréables des coeurs actuels (qui ne ferait pas de corium en cas d’arrêt de refroidissement…) verrait le jour

    1. « […] cette « responsabilité »-là interdirait à l’homme d’entreprendre aucune action qui pourrait mettre en danger soit l’existence des générations futures, soit la qualité de l’existence future sur terre. C’est pourquoi, avant d’utiliser une technique, il devrait toujours « s’assurer » que toute éventualité apocalyptique soit exclue. Par cette prescription, Hans Jonas exige une connaissance préalable à l’agir. Parmi les prévisions, il faut toujours accorder la préférence à la prévision pessimiste. C’est là l’humilité de la sagesse technologique. »
      (Hans Jonas, Le Principe Responsabilité)

      Delphin (copie wikipedia)

    2. C’est vrai que les réacteurs à sels fondus ont l’air, sur le papier, plus sûrs que les réacteurs utilisant l’eau… alors pourquoi pas si cette sûreté est réellement prouvée… MAIS :

      – Que vont mettre les militaires dans leurs tête d’ogives ? (enfin les têtes de leurs missiles hein, je ne me permettrai pas de caricaturer cette brave corporation 🙂 ) Le thorium ne me semble pas être un bon client, je me trompe ? Est-ce pour cela que ces surgénérateurs n’ont pas la cote dans les milieux décideurs et que depuis des dizaines d’années ils préfèrent les réacteurs actuels ? Les militaires ont essayé, ils ont mis du thorium dans les missiles Milan… et on vite arrêté, surtout en Italie… le thorium de ces missiles ayant été mis en cause.

      – Il faut quand même de la matière fissile pour démarrer le cycle d’un réacteur au thorium… Uranium 235 (aïe) ou Plutonium 239 (ouille)

      – Le réacteur de Monju (japon) arrêté depuis 14 ans, à connu en 1995 une fuite de sodium suite à un phénomène de fatigue métallurgique, est-ce que ce ne sera pas le cas aussi avec les chaleurs et la corrosion que devront encaisser certains éléments des réacteurs de IVe génération ?

      Bref, sur le papier tout va bien…

      1. « Un missile avec de l’uranium appauvri au moment de l’impact brûle à 10.000ºC. Quand il atteint un objectif, 30 % sont fragmentés en mitraille. Les 70 % restant s’évaporent en trois oxydes hautement toxiques, dont l’oxyde d’uranium. Cette poussière noire reste suspendue dans l’air, et selon le vent et la climatologie, peut voyager sur de grandes distances. Si vous pensez que l’Irak et la Libye sont très loin, rappelez-vous que la radiation de Chernobyl est arrivée jusqu’au pays de Galles. »
        http://www.monde-diplomatique.fr/2001/02/PARSONS/14779

        Plutôt que d’enterrer les déchets de l’industrie nucléaire civile, ça coute cher, et ça rapporte rien, la solution c’est de les balancer du ciel sur la tête des gens au nom de la lutte contre les dictatures ? En plus c’est rentable car l’industrie de l’armement ne fera jamais faillite. Vive la croissance et les bons sentiments !

    3. l’aéronautique tue beaucoup plus que le nucléaire

      C’est une bêtise de votre part ou une erreur ? A vue de nez, il me semble que l’aéronautique tue infiniment moins, et de façon plus « précise » : on dénombre facilement les victimes. Avec le nucléaire, on les cache sous le tapis : ce sont des morts sournoises et différées, pas nettes et pas franches. Et puis, les séquelles sur la santé et l’environnement, les malformations à la naissance, les vies raccourcies : tout ça ne fait pas des nombres entiers…

      1. @Crapaud, c’était de mémoire, je vérifie :
        http://www.1001crash.com/index-page-statistique-lg-1-numpage-2.html

        « Si les accidents aériens sont moins probables aujourd’hui qu’il y a 20 ans, il y a aussi beaucoup plus d’avions dans le ciel, et ces avions peuvent transporter plus de personnes. Par conséquent, le nombre de victimes dans le monde ne diminuera pas forcément. »
        Bref, 1 à 2 accident million de vol, en gros, assez bien stabilisé malgré l’augmentation du trafic.

        1959-2008
        Nombres d’accidents =1 630
        Nombres de victimes à bord=27 877 +Nombres de victimes externes=1 171

        1999-2008
        Nombres d’accidents=370
        Nombres de victimes à bord=4 717 + Nombres de victimes externes (*)=253

        Donc le total est de env. 29 000 et on en rajoute 500 par an.
        (et on ne compte pas les petits coucous, les militaires, etc.)

        A part revenir sur le dénombrage Chernobyl, bouteille à l’encre, ça sera difficile de faire autant dans le nuke.

        Cela n’empêche pas le paradoxe habituel de « l’invisiblité d’un nombre de morts certain par radioactivité », de quoi laisser la porte ouverte a beaucoup de « bruit »: si vous prenez une tranche de, (disons sans prendre les vrais chiffres mais pour le principe) : 1 million de personnes qui auraient statistiquement 40 000 cancers, une mortalité de 100 cancers d’origine radioactive du nucléaire (je ne parle pas de la radioactivité des cigarettes, ni des fumées de charbon…), alors c’est quasi noyé dans le bruit, qui est de 200 (sqrt(40 000)). Pour savoir où on en est par rapport à ce genre de »paradoxe », il faut beaucoup de précautions du type épidémiologique (quels cancers, quel tranche d’âge, quelle capacité de diagnostic en cours de vie, idem au décès).
        Exemple : les leucémies en France ont davantage augmenté à Toulouse ou un autre endroit de l’Ouest (source : Kervasdoué) que dans l’Est dans la période post-Tchernobyl. Probablement des effets de dépistage se mêlent aux stats.

        Au total, je maintiens a minima « aéronautique en occident » fait plus (>>) de morts que « nucléaire en occident » pour ne pas faire de bruit inutile.

      2. Et puis si on veut être honnête, il faut compter en positif pour le nucléaire la pollution atmosphérique (aérosol du charbon, certes pas pour le gaz, mais le gaz est tard venu dans les fosssiles) qui a été évitée.
        Je répète que là-dedans, ce qui m’intéresse est la « courbe d’apprentissage », et/ou (suivant Jonas) l’impossibilité de l’avoir.
        Pas de « Crash test » volontaire et contrôlé de réacteurs de > 70 MW, en gros (vers fin des années 50 de mémoire ?), puis passage à 900 1300 1600 MW.
        Ayant compris d’ailleurs dans le livre de Basdevant pourquoi on peut contrôler la réaction en chaine malgré le vol rapide du neutron lent (mais pas si lent, donc), je reste « frais » sur l’extension du nucléaire, sur la base d’un mix d’argument (Jonas/Rifkin/ etc..), mais pas forcément sous le seul angle technique (on a la stat, c’est ce qui tue le moins pas kWh produit dans l’état actuel du savoir et face à un mix contenant le charbon à plus de X %).
        A un certain point, les interrogations d’un Bruno Latour sur le « mode d’existence des objets », sur le fait que notre outillage socio-humain soit prêt à les « recevoir », me rejoint. (Avec un zeste de « pharmakon » et de Stiegler)

      3. Enfin, une autre réponse sur la nuisance « fractionnaire ». Ca ne se met peut être pas sur le même plan, mais vivre dans le bruit d’un couloir aérien, faut compter ça comme nuisance, non ? Pour un enfant : moindre concentration, moins bon résultats scolaires, mortalité plus précoce, la chaine des conséquences globales n’est jamais simple ni univoque.
        Les batraciens disent des choses comme ça aussi, à leur façon.

      4. Merci pour votre longue réponse. Mais peu convaincante. Bien sûr, les chiffres bruts sont sans appel, mais si l’on compte aussi les plantes, les animaux, le plancton qui « s’accumule dans la chaîne alimentaire » ? Et les effets à long terme ? M’est avis que le nucléaire continuera de tuer longtemps après que l’aviation aura disparu.

      5. De quoi le nucléaire est-il le nom ?

        Etre contre le nucléaire en comparant ce mode de production d’énergie et de PIB avec des techniques concurrentes c’est passer à côté de la critique radicale de la société industrielle.
        Une autre manière de refuser de considérer la réalité est de ne pas répondre à la question : « pourquoi toute cette énergie ? » et de ne même pas accepter que la question soit posée.

        « A partir de la question spécifique de l’électricité, nous espérons avoir montré que la société industrielle qui s’en repaît ne produit efficacement que du saccage et de la servitude. Ce sont ses plus éclatantes réussites. Capitalisme, Etat, « progrès » scientifique et technologique, somnifères écologistes, tels sont les leviers de cette machine à soumettre. Tout projet d’émancipation qui viserait à donner aux individus le pouvoir de maîtriser enfin leur destin collectif serait donc nécessairement et tout à la fois anticapitaliste*, anti-industriel, anti-scientiste et anti-étatique. L’horizon « désirable » de l’autonomie individuelle et collective, dans laquelle des individus librement associés choisissent en commun, sous la forme historiquement qualifiée de démocratie directe, leur politique, leurs productions et leurs techniques, n’est pas neuf. C’est celui qui a animé les expériences révolutionnaires les plus avancées – et toujours promptement défaites – des deux siècles passés. Reprendre ce fil, ce n’est pas, comme on pourrait le croire, se préparer un avenir idyllique et chantant. C’est affronter dès à présent des difficultés sans nombre. »

        * « La pose anticapitaliste est devenue assez prisée avec la « crise économique ». Elle a d’ailleurs été adoptée, du jour au lendemain, par quasiment toute la domination, puis abandonnée tout aussi brusquement aux premiers signes de « reprise ». Quant au « nouveau » parti trotskiste – on goûtera l’oxymore -, il a fait de l’anticapitalisme pro-étatique sa déraison sociale. »
        Arnaud Michon, Le sens du vent, Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables. 2010. Editions de l’Encyclopédie des nuisances.

        Par ailleurs, n’oublions pas qu’à ce jour l’essentiel de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile.

      6. @Marlowe : excellente mais épineuse citation ! Avec le « problème du nucléaire », (comme avec bien d’autres techniques, OGM et Cie), on en arrive immanquablement à se demander si c’est bien « le problème du nucléaire » qui est le problème, ou si ça ne serait pas autre chose, un problème de « gouvernance », de capitalisme, de culture, etc.

    4. l’aéronautique tue beaucoup plus que le nucléaire

      Ah timotia,il y avait longtemps que je l’avais pas entendu ou lu celle la, le nucléaire fait moins de morts que l’aviation,pour les US,la guerre en Afghanistan,en Irak moins que les accidents de la route,conclusion: Vive la guerre vive le nucléaire,ben voyons,on prend les statistiques qu’on peut,il faut simplement pas les regarder de trop prés.

      1. Ben y’en a pas beaucoup qui lisent le paragraphe entier, ni la phrase entière.

        Ces stats là qui valent ce qu’elle valent pourront bien être vraies 100 ans puis ultra-fausse la 101ème année, c’est la question sous-jacente à l’existence plausible d’une « courbe d’apprentissage », qui donne confiance au fait qu’on peut se faire une idée des probabilités d’accident, et même d’un peu plus, une idée des ordres de grandeurs des conséquences.

        Et je dis que c’est ça qui manque au nucléaire. Et que du côté de l’expertise technique, on aura sans faire d’erreurs grossières, pendant longtemps des stats du nucléaire acceptable. Donc des technocrates prêts à emboiter le pas.

        Je me pose donc bien une question de fond, et pas juste « la technique marche comme ci et comme ça donc c’est bon »

      2. ordres de grandeurs des conséquences.
        Et je dis que c’est ça qui manque au nucléaire

        Re Timotia:
        Ah c’est donc ça! Vous étiez oû depuis le 11 Mars 2011? Une retraite Bouddhiste?Un coma?Un trou noir?
        Vous êtes enfin de retour. Dépêchez-vous de lire ce que vous avez certainement manqué: Vente en ligne ici

      3. @ Tanguy/ Timiota/ Rutily

        Sans comparer ou compter les morts, je suis frappe, par exemple des éfforts qui ont été faits pour analyser les causes du Rio-Paris. Plus exactement de comprendre l’enchainement d’érreurs qui ont suivi un givrage connu des sondes pitots d’origine Thales.
        La transparence de cette enquète, ( publications du BEA) les éfforts pour repécher et analyser les boites noires n’ont rien de comparable aux mensonges de Tepco et d’un gouvernement complice.
        Dans le millieu aéronautique, tant chez Airbus/ Boeing et les compagnies pour ce qui concerne la formation des équipages des leçons ont étés tirées. On peut déplorer, il est vrai, que des mesures préventives n’aient été prises plus tot, soit par le changement des sondes et ou la préparation des pilotes à gérer une situation de crise. Je crois devoir rappeller que le « Captain » du 330 quant il revint au poste, outre sa propre vie avait sa femme à bord; je doute que les dirigeants de Tepco se soient exposés aux radiations de leur centrale partie en vrille…….!

        Je trouve donc déplacé de comparer la sécurité aérienne voire routière , aux impasses manifestes et irresponsables prises au Japon par une technocratie d’affaire………un lobby du nucléaire.

        Rutily pour défendre le nucléaire, il faut avoir des acteurs irréprochables, ce qui n’élimine pas les conséquences d’une « fatalité » imprévue au niveau du « state of the art » ; nous en étions loin avec Tepco qui a enfumé les experts et agences de sureté, reconnaissez le sans hésitation ………….si vous voulez qu’on puisse vous écouter.

    1. [..] la science progresse à la suite de ce qu’ils préfèrent appeler un incident

      Suite à la catastrophe de Fukushima, l’ASN a été chargée de réaliser des évaluations complémentaires de sûreté. Celles-ci ont débouché sur plus de 900 prescriptions qui devront être suivies dans les prochains mois ou les prochaines années.

      (http://fukushima.over-blog.fr/)

      Comme pour toute activité nouvelle et dangereuse, c’est seulement grâce aux accidents que la sécurité des réacteurs peut progresser. Il est par exemple de plus en plus largement admis qu’une fusion du coeur d’un réacteur survenant de temps en temps il est indispensable de les prévoir dans les futures centrales (alors que cette hypothèse n’était pas prise en compte lors de la construction des réacteurs existants.)

      Problèmes:
      – combien faudra-t’il d’accidents pour faire le tour de la question ?
      – en supposant que des réacteurs surs peuvent être construits (confinement des produits radioactifs quel que soit le type d’accident et quelle que soit la compétence des opérateurs) quel en sera le coût ?
      – qui sera en mesure d’assurer que les normes correspondantes sont réellement respectées ?

      Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si un accident ayant de graves conséquences se produisait en France ou même dans un pays voisin pour mesurer le risque financier qu’implique actuellement la décision d’y construire une nouvelle centrale (même si c’est moins dangereux que de poursuivre l’exploitation des anciennes au delà de leur durée de vie prévue.)

  10. « Les séries historiques sont impossibles à établir et n’auraient aucun sens, avec cette circonstance aggravante pour le temps présent qu’il semblerait que les méga-séismes puissent survenir « en grappes », l’un pouvant déclencher un autre dans les mois qui suivent. »

    Le Japon devrait – comme toutes les autres régions du globe exposées aux risques sismiques – stopper NET tout programme électronucléaire, sécuriser les centrales qui sont encore en activité et conduire une politique de soutien aux énergies renouvelables. C’est juste une question de bon sens dans ces régions plus que partout ailleurs. La nationalisation du secteur nucléaire devrait également s’imposer. La sécurité sanitaire est un enjeu trop important pour la laisser entre les mains des intérêts privés dont les objectifs de rentabilité s’accommodent mal avec les principes de précaution.

  11. L’homme apprend de ses échecs à les rééditer en pire et à mieux les grimer en réussites. Il lui est tellement difficile d’admettre qu’il s’est fourvoyé ou, du moins, les sommes colossales dépensées le lui rendent si difficile à admettre ! L’ironie de l’histoire est qu’un autre isotope de césium que celui qui nous attaque les reins et le foie, le césium 133, sert à mesurer le temps (horloge atomique). Le césium nous tue et nous permet de connaître l’heure exacte de notre mort. Si nous parvenions à technicolorier chaque substance radioactive cancérigène dégagée lors d’une catastrophe nucléaire, comme l’imaginait Akira Kurosawa dans un de ses Rêves, nous pourrions nous glorifier d’avoir réinventé la prédestination, la mort et l’arc-en-ciel qui nous conduit de l’une à l’autre.

    Et si nous recrachions le noyau, car c’est lui qui nous suce…

    Merci François de poursuivre votre veille.

    1. Quoique dans une société qui aurait à coeur la vie bonne, les machines ne devraient être utilisées que pour faciliter la vie de tous.
      Il faudrait donc supprimer ces métiers nuisibles ou simplement inutiles : publicitaires, politiciens, banquiers, curés, etc. et bien évidemment éradiquer toutes les sortes de désinformations.

  12. J’entends bien ce que vous dites Séraphin, cependant juste une petite idée que j’ai toujours en moi quand j’ose penser que je transmets.
    Le savoir ce n’est pas de la monnaie quand j’ai 50 euros et que j’en donne 25, il ne m’en reste que 25.
    Quand « j’ai une certaine forme de connaissance » et que je la transmets, la donne, l’échange, je ne perds rien je gagne.
    Je gagne souvent car dans l’échange avec cette autre qui a bien voulu lui aussi être dans cette « transaction » j’apprends aussi et je m’enrichis encore plus.
    Je suis heureux que Paul Jorion, François Leclerc et tout ceux qui commentent, participent donnent de leur temps et de leur savoir, le fassent, car je m’enrichis de ces échanges.
    Je pense que ce blog et que tous les participants doivent bien savoir qu’ils permettent à des personnes qui n’y connaissaient vraiment rien à tout ce qui se passait dans ce monde de la finance et dans d’autres sphères des savoirs pratiques ou conceptuels qu’ils font œuvre de transmission et d’éducation populaire.
    Merci à tous, car vous me permettez d’être riche et que je n’ai pas à aller payer cette richesse.
    De plus rien ne vous empêche Séraphin d’acheter (ce que je fais) les livres de Paul ou de François et d’autres qui sont conseillés sur ce blog.
    Denis

  13. Girandole céleste, quand une pensée s’articule autour de la conjonction mais, l’important n’est pas la léchouille qui précède mais, c’est le coup de pied de l’âne qui vient après. Les jeunes sont tendanciellement des foutriquets qui veulent tout de suite ce qu’ont les vieux, sans passer par la case retroussage de manches et huile de coude. Ben voyons. C’est bizarre, n’est-ce pas, la jeunesse, puisqu’on en parle en gros, n’a jamais été aussi éduquée, aussi bien formée et pourtant, une bonne partie de cette bleusaille se casse les dents sur la vie parce qu’elle est sous-employée. Elle ose réclamer, en plus, des salaires décents. Seuls ceux qui ont été à la peine toute leur vie méritent d’être augmentés. Les autres, qu’ils en bavent comme eux-mêmes en ont bavé, non mais. Les rentiers, pardon, les accapareurs dont le capital ou le patrimoine travaille tout seul et se multiplie par parthénogenèse sont les premiers à donner des leçons de motivation et de labeur acharné. La « Bête gourmande et paresseuse et avare » est à chercher parmi ceux-là : elle s’appelle Mammon. L’animal carbure à l’impunité.

    Attention, ce blog refile la scarlatine. Vous êtes prévenu, monsieur Lampion.

    Troll : créature affublée d’un nom éclairant qui s’impatronise quelque part sous prétexte de débat et se débine à la première rumeur de subtilité.

  14. De quoi la nucléarisation est-elle le nom ?

    Un livre de Jaime Semprun (1980) aux Editions Gérard Lebovici, toujours disponible :
    La nucléarisation du monde
    présente-t-elle pour l’Economie et pour l’Etat tous les avantages que l’on peut légitimement en attendre ?
    A-t-elle sur la vie sociale et la santé des populations d’aussi néfastes effets que veulent nous le faire croire ses détracteurs ?
    Une réponse à ces question.

    « Sous la forme d’un faux pamphlet pro-nucléaire le livre déploie l’idée selon laquelle la nucléarisation du monde trouve ses justifications non pas tant sur les plans traditionellement admis de l’énergie et de l’économie mais sur celui de l’acceptation généralisée de l’organisation actuelle du monde.
    (…)
    Il est évident qu’une sortie du nucléaire dans les conditions actuelles ne signifierait en rien le recul de la domination mais bien seulement que cette dernière a trouvé d’autres méthodes, ou pire encore, elle a peut-être réusi à se faire accepter de tous sans qu’il soit désormais besoin de la justifier par de tels moyens. »

  15. @ Rutily
    La centrale a eu des problèmes dès le tremblement de terre : fissures dans le béton, déformant les murs et les portes, bousculant les kilomètres de tuyauteries, ce qui a conduit par exemple à une fuite d’eau au 4ème étage du réacteur n°1. Cet évènement a été considéré comme un accident de perte de réfrigérant primaire, bien avant que la vague n’atteigne la centrale. De plus, la détection de xénon 133 immédiatement après le séisme montre que la centrale japonaise rejetait déjà des éléments radioactifs avant que le tsunami n’arrive.

  16. Le monde des mutants est en marche depuis longtemps. Nos gènes sont déjà modifiés par tout le reste et les multipoisons dans nos assiettes. Ne manque plus que quelques modifications savantes de l’intelligence du corps qui va bien s’arranger pour sauver la vie de quelques-uns de leur donner 5 bras et 6 têtes en lieu et place de la mort.

    Finalement, les anciens auteurs de science-fiction n’étaient pas si frapadingues que cela.

    Plus qu’à se dépêcher de manger quelques huitres et de se tremper dans l’eau salée tant qu’on peut encore y mettre un pied sans devenir fluorescent avec, bien sûr, un petit Sancerre bien frais.

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