LA DÉRISOIRE HISTOIRE DES BATTERIES DE VOITURE DE FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

A quoi les choses peuvent-elles tenir, au cours d’une terrible catastrophe nucléaire que l’on cherche à maitriser ? Parfois à de simples batteries de voiture ! Partiellement rendus publics, les enregistrements des visioconférences entre la direction de la centrale de Fukushima et celle de son opérateur Tepco, à Tokyo, viennent de révéler un épisode peu à la gloire de l’industrie électronucléaire et de son haut degré de sécurisation. Mais à mettre au crédit de ceux qui faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour éviter le pire.

C’était le 13 mars 2011, à 2h44 matin, deux jours après le début des événements, le lendemain de l’explosion d’hydrogène qui avait dévasté le bâtiment du réacteur n°1. Le système d’injection d’eau de refroidissement à haute pression du réacteur n°3 s’est brusquement arrêté, la batterie de secours qui l’alimentait entièrement déchargée. Dans ces conditions, il devenait impossible de poursuivre son refroidissement, la pression interne au réacteur augmentant très rapidement et y faisant obstacle. En effet, les valves permettant la dépressurisation nécessitaient également une batterie pour être actionnées, mais celle-ci avait à son tour cessé de fournir de l’électricité à 6h39.

Aucune batterie de secours n’ayant été prévue, il a fallu de toute urgence récupérer des batteries sur les véhicules présents sur le site. Une tension de 120 volts étant nécessaire, 10 batteries délivrant 12 volts devaient être trouvées pour être branchées en série. A 7h05, un appel général était lancé aux ouvriers et techniciens présents sur le site, afin de leur emprunter leur batterie de voiture. Suivi d’un autre à 7h21 pour leur emprunter cette fois-ci… de l’argent, afin d’aller en acheter au plus vite à la ville la plus proche, car il n’y en avait pas assez ! 20 batteries finalement branchées, la dépressurisation (éventage) pouvait enfin intervenir dans les réacteurs n°2 et 3, dont la salle de contrôle est commune, permettant également à 9h20 la reprise de l’injection de l’eau de refroidissement.

Mais une nouvelle alerte était lancée à 17 heures, de la vapeur d’eau visible au-dessus du réacteur n°3, comme cela avait été précédemment le cas la veille, trente minutes avant l’explosion d’hydrogène intervenue au réacteur n°1. Comment évacuer l’hydrogène du sommet du bâtiment du réacteur au plus vite, où à son tour une vanne ne pouvait être actionnée ? La pression interne au réacteur recommençait à monter, les valves de dépressurisation se refermant automatiquement à peine ouvertes. A 11h01, le 14 mars, L’explosion d’hydrogène redoutée intervenait finalement.

Le même scénario menaçait de se répéter dans le réacteur n°2, dès le 13 mars au soir. A plat, les batteries des voitures utilisées pour faire fonctionner le système d’injection ne délivraient plus d’énergie. Mais cette fois-ci la dépressurisation fut couronnée de succès, une valve d’éventage ayant pu être actionnée après de multiples essais, permettant la reprise du refroidissement par eau du réacteur, qui s’était interrompu dès 21 heures.

Finalement, 320 batteries d’un lot de 1.000 commandées à Tokyo arrivaient le 14 mars à 21 heures, permettant désormais d’assurer l’alimentation de secours des dispositifs d’éventage et d’injection d’eau. Une explosion dévastatrice d’hydrogène n’avait pu être évitée, mais le refroidissement des réacteurs avait repris. Sans parvenir à empêcher la fusion du combustible nucléaire et la formation de coriums hautement radioactifs, à la localisation imprécise et au comportement imprévisible…

Le prétendu arrêt à froid des réacteurs est une très mauvaise plaisanterie.

FUKUSHIMA, LA FATALITÉ NUCLÉAIRE vient de paraître aux éditions « Osez la République sociale ! » [148 pages – 11 euros.] Vente en ligne ici

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75 réflexions au sujet de « LA DÉRISOIRE HISTOIRE DES BATTERIES DE VOITURE DE FUKUSHIMA, par François Leclerc »

  1. ces « criminels » seront-ils jugés et condamnés ??
    d’où l’exigence d’une re-nationalisation totale de toute la filière nucléaire, de l’extraction, l’exploitation, réintégration des sous-traitance, transparence…avant de se débarrasser de cette industrie qui devrait incorporer les coûts de démantèlement, de gestion des déchets pour estimer sa juste « contribution »…

    Ici en Bretagne : celle de « Brénilis » est toujours en cours de démantèlement….avec plus de 20 ans à l’arrêt, et le coût « réel » n’est toujours pas défini !

      1. qui parle de l’Etat ? RE-NATIONALISATION démocratique avec au Conseil d’administration les représentants des salariés, associations, élus, etc…aux pouvoirs réels et étendus….
        votre choix : c’est laisser le « privé » continuer ? je suppose que non : propositions concrètes ?

      2. à morvandiaux,

        Excusez-moi de ne pas avoir compris que par re-nationalisation, vous entendiez le pouvoir des Conseils de prolétaires.

      3. @morvandiaux
        « RE-NATIONALISATION démocratique avec au Conseil d’administration les représentants des salariés, associations, élus »

        C’est un beau projet citoyen auquel on ne peut qu’adhérer. Il suffit de s’appuyer sur les grands succès que sont DEXIA et le Crédit Lyonnais pour se convaincre que l’Etat est le meilleur gestionnaire qui soit.
        Ah, et au passage, veuillez noter que le 1er actionnaire de Société Générale est le collectif des salariés et que ceux-ci élisent 2 membres du Conseil d’Administration (soit 1/6 du conseil), donc on peut supposer que les salariés y ont un quelconque pouvoir réel et étendu.

      4. RE-NATIONALISATION démocratique et citoyenne !! avec des POUVOIRS REELS au représentant des salariés, des élus, …rien à voir avec les pseudo-nationalisation de 1983 !!
        encore une fois qui parle de l’ETAT ?
        je réclame la restitution à la NATION de biens que je considère comme public avec un effort de pensée pour répondre aux réels besoins et de nouveaux critères de gestion,
        vous êtes contre, c’est votre droit, vous préconiser le statu quo, autrement dit on laisse faire ….ne pas se plaindre alors des « excès » de dexia ou autre exemple…!!

        En direct de Mediapart: le Premier cercle et le financement de…vidéo 21
        http://www.dailymotion.com/video/xugkso_en-direct-de-mediapart-le-premier-cercle-et-le-financement-de-l-ump_news

      5. @morvandiaux

        C’est à dire qu’il est difficile de comprendre ce qu’est une nationalisation dans laquelle n’interviendrait pas l’Etat (pas une chose courante en France tout du moins).

        Il fallait dire clairement que vous souhaitez que les banques adoptent le statut de kolkhozes, ça éviterait des échanges inutiles.

      6. Marlowe parle peut-être d’une renationalisation façon Commune de Paris de 1871 , c’est-à-dire appartenant véritablement aux citoyens et où les citoyens ont VERITABLEMENT leur mot à dire et un pouvoir de décision .

      7. C’est sur que l’état, c’est pire que tout. Alors que les entreprises privées, elles, c’est bien connu, oeuvrent dans leur globalité pour l’intérêt général, et pas du tout pour faire un max de profit en un minimum de temps.
        C’est bien facile de taper sur l’Etat et de le traiter de tous les maux, mais personnellement, partout ou l’Etat, l’horrible Etat, a été remplacé par les bisounours du secteur privé, j’ai pas l’impression que ça se soit traduit à terme par une augmentation significative du bien être des populations. Sauf, bien sur, pour une certaine population, celle des plus riches.
        Mais bon, si on commence à s’intéresser à la qualité de vie de tous les pauvres, on s’en sort pas. Salauds de pauvres !
        C’est absolument fascinant, au final, de voir ce qu’on peut arriver à faire en 40 ans de lavage de cerveau.

  2. Oui, il faudrait impérativement que cette technologie potentiellement destructrice (et assurément coûteuse) ne soit pas mise entre toutes les mains. Le nucléaire est l’un des seuls secteurs ou la méthode de management technocratique a fait ses preuves. Avec tout de même une dérive : le refus de remise en question. C’est du à la toute puissance inhérente de l’organisation et à la croyance en la maîtrise technologique et scientifique. Citation de Coluche : « les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs ».
    De plus le mélange des genres, entre privé et public ne réussit pas. Voir l’ouverture du marché de l’énergie, où l’on adopte un système concurrentiel, sans accepter la concurrence. C’est malheureusement l’un des aspects inquiétants de la prise de décision au niveau Européen, sans parler de la perméabilité aux lobbyistes.
    Le secteur nucléaire comporte de grandes similitudes avec le financier, car on y vit à crédit En plus des risques, payés par la collectivité, y compris en vies humaines. Il n’y a pas beaucoup d’operateurs privés qui veulent se lancer dans la construction d’une centrale.
    C’est une espèce de boite noire (comme un CDO), où le tarif de l’électricité produite est noté AAA et où les coûts du démentiellement et du stockage des déchets ne sont pas provisionnés. De toute façon on demandera aux contribuables de payer, sauf que dans le cas du nucléaire, la dette ne peut jamais être effacée !

  3. On a du mal à y croire, des batteries et des pinces crocodiles pour résoudre le problème de refroidissement. Finalement ceux qui n’ont pas la foi ont tort, Dieu existe j’en suis sûr, après une histoire pareille. Flippant ces terriens!

  4. Plus je connais le nucléaire, plus j’admire cette technologie, et moins j’ai confiance en ceux qui en ont la responsabilité. Arrogance, déni de la réalité et des alertes, priorité aux carrières personnelles sur la dénonciation des dérives, j’en passe et des meilleures.

  5. Tiens, Ardéchoix avait évoqué cette histoire de batteries , suite à votre précédent billet sur Fukushima …
    Si ça n’était si grave, ça me ferait sourire : un robot-directeur de centrale aurait-il « pensé » à demander aux employés d’aller chercher leur batterie de voiture sur le parking , puis leur porte-monnaie au vestiaire ?…. Ah, les zhumains ..

  6. « New York City year 2022…nothing runs anymore, nothing works » (soylent green)

    La priorité c’est le châtiment….

  7. Hors sujet épistémologique

    L’éloge du savoir traite ce sujet en ce moment, et hier soir il était question entre autres de G. Vico, selon lequel on ne connait bien que ce que l’on invente. A ce titre, les mathématiques sont une science humaine… et toute connaissance est une ontologie ; et consécutivement on ne peut vraiment connaître le monde physique puisqu’on ne l’invente pas….

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Giambattista_Vico

      1. C’est vraiment pas ce genre detail, qui change grand chose a l’affaire,et pi on va pas vous demander d’etre electromecanicien en plus,vous en faites deja beaucoup donc merci.

  8. Etape suivante : des volontaires désignés d’office pédaleront pour fournir de l’électricité. En dehors du fait que cela donnera du travail à tous ceux qui en manquent – comme le drogué est en manque, voilà une manière propre de produire cette énergie si indispensable à la modernité.
    Le retour de la traction animale généralisée est annoncé.

    1. @ Marlowe 19 octobre 2012 à 12:15

      Le retour de la traction animale généralisée est annoncé.

      C’est beau de rêver, mais ça n’est même pas réalisable. En effet, au lieu d’importer du pétrole pour alimenter les moteurs à explosion, nous importerions les aliments pour alimenter les moteurs à crottin. Il faudrait peut être finir par prendre conscience de ce que nous sommes bien trop dépendants des importations en matière d’énergie, alimentaire ou autre.
      http://www.actu-environnement.com/ae/news/alimentation-animale-proteines-vegetales-importations-agriculture-ue-11373.php4

      Pire que cela. En travaillant moins que les autres et plus cher, nous sommes dans l’incapacité d’exporter pour importer. Alors, il reste l’endettement, mais nos créanciers se lassent et finissent par ne plus avoir confiance en nous.

      1. il parait qu’avec le crottin on peut faire du très bon papier pour beaucoup moins cher que la cellulose de coupe de bois
        un ministre sous Clémenceau avait regretté qu’on ne fasse pas meilleur usage du crottin des rues de paris du temps des calèches
        depuis on a oublié la recette on continue à couper la forêt amazonienne pour faire…
        du papier cul.

    2. SAlut

      Dans ken le survivant, il y a un despote qui fait tourner une immense roue qui fournit la lumière pour tout son palais. Il enlève des homme pour les faire forçat. Voilà une filière d’avenir, pour nos zimigré sans papier sous payé, avilis….

  9. Encore une vraie histoire que nous ne trouverons pas dans la « presse », ni dans les « organes du service public » comme télés et radios, surtout aux heures de grande écoute.
    Les rédactions préfèrent le pain au chocolat, le porno chic et les fausses interviews d’économistes-banquiers.

    Et toujours rien dans « l’équipe » sur les mutations au Japon, pourtant ils s’y connaissent en produits dopants !
    http://fukushima-diary.com/2012/10/more-albino-creature-large-and-white-red-king-crab-found-in-hokkaido/
    http://fukushima-diary.com/2012/10/white-sparrow-found-in-gunma/

  10. A mettre au crédit de l’opérateur… ou pas. Car Tepco aurait pu et du demander une assistance en urgence aux forces de défense japonaises, qui leur auraient apporté ces batteries en quantités par hélicoptère.

    Mais dans un accès de fierté mal placée, les dirigeants de Tepco ont préféré s’en remettre au système D en récupérant les batteries des voitures des employés qui étaient sur place, et en allant en acheter quelques autres au supermarché du coin…

    Regardez la chronologie : une première batterie s’est retrouvée à plat à 2h44 du matin. Ce n’est pas avant 7h05 qu’ils ont lancé cet appel général. Et ce n’est que le lendemain à 21 heures qu’ils ont réceptionné un lot de 300 batteries commandées à Tokyo. Commandées. Et acheminées normalement.

    Entretemps, les quelques batteries récupérées sur place ont eu le temps de se vider, sans solution de remplacement.

    1. a propos d’hélicoptere , il y a une rumeur assez tenace sur la brève longévité des pilotes et des appareils qui auraient survolé le site …peut etre que reihichido reichihchido (ou quelque chose dans le genre ? ) pourrait infirmer ou confirmer cette histoire de pilotes toastés en 3 minutes ?

      1. je pense que tu confonds avec les pilotes des hélicoptères qui ont essayé de déverser du plomb dans le coeur du réacteur de Chernobyl dans les premières heures après l’explosion…

  11. Petite question, je ne saisis pas quelque chose:

    Le même scénario menaçait de se répéter dans le réacteur n°2, dès le 13 mars au soir. A plat, les batteries des voitures utilisées pour faire fonctionner le système d’injection ne délivraient plus d’énergie. Mais cette fois-ci la dépressurisation fut couronnée de succès, une valve d’éventage ayant pu être actionnée après de multiples essais, permettant la reprise du refroidissement par eau du réacteur, qui s’était interrompu dès 21 heures.

    En quoi la dépressurisation a t-elle été un remede au fait que les batteries alimentant l’injection étaient a plat ?

    1. Ce que je comprend c’est que la première fois il a fallu changer la batterie du système d’injection d’eau, pour s’apercevoir que cela ne suffisait pas car la pression avait augmenté. on a pu remettre en marche ce système seulement après avoir dépressurisé, d’où l’épisode des 20 batteries et le retard correspondant. La deuxième fois par contre on a pu dépressuriser avant que la pression ne devienne trop importante et le système d’injection d’eau a pu repartir dès qu’on lui a changé sa batterie.

    2. Vous avez vu mon lien sur IEEE Spectrum ? Récit d’assez première main, autant qu’on pouvait. IEEE a utilisé son réseaux d’ingénieurs pas tous décervelés…

  12. Je propose encore mieux : des chevaux de trait qui tournent en rond ou des humains qui pédalent :-)))

    Dans certains pays l’électricité des prisons est fournie par des hommes volontaires qui pédalent toute la journée. Si, si ! Vu dans un reportage de la RTS je crois. En échange, leur peine est abrégée et des sorties leur sont autorisées.

    Et ils se refont des muscles d’enfer pour pouvoir s’échapper plus vite LOL

  13. Ne vous inquiétez pas dans les centrales nucléaires nouvelles générations, il y aura des manivelles pour générer du courant en cas de problème.
    Le problème avec la sécurité dans le nucléaire civil, c’est que c’est ce qu’on sacrifie en premier quand il s’agit de faire des économies ou d’améliorer la rentabilité.
    Renseignez vous sur les contrôleurs de ces centrales qui ont du taire la présence de graves défauts dès le jour de la mise en service, on leur a dit ce qu’ils devaient écrire dans leur rapport et de s’écraser, toute ressemblance avec le monde de la finance serait fortuite…

    1. @ Le chiffre
      C’était bien la première fois en effet qu’on avait rupture totale d’alimentation sur une centrale nucléaire. Zero, silence, zylch. Cf le récit dans mon lien IEEEspectrum.

  14. @François Leclerc

    Cette histoire me paraît invraisemblable ou alors il y a quelque chose qui m’échappe, ce qui est possible car je ne connais rien au nucléaire : s’il n’y a pas sur place et en permanence au minimum un groupe électrogène prêt à l’emploi, qu’est-ce-qui a empêché d’en louer un et de l’utiliser ?

    1. Les groupes électrogènes de secours étaient noyés par le tsunami et la région sans-dessus dessous en raison du séisme. Il fallait parer au plus pressé dans une situation d’urgence !

      1. Merci pour l’explication. Ca signifie qu’il y a encore beaucoup à faire en termes d’organisation pour parer aux urgences urgentes.

      2. il y a encore beaucoup à faire en termes d’organisation pour parer aux urgences urgentes.

        Non, non et non . Parer aux urgences du type de Fukushima est du rêve technocratique. On ne pare pas à l’alliance d’un tremblement de terre, d’un tsunami et de constructions hyper-sensibles au mauvais endroit.
        A supposer qu’à partir de maintenant Tepco soit capable de parer à une renouvellement à l’identique, il y aura un élément de désastre supplémentaire, encore inconnu et imprévisible.
        C’est l’ensemble de la technologie du nucléaire qui est hors des capacités humaines : prévisions, préventions et remèdes ne sont pas à la hauteur de l’enjeu quand tout dépend du système D comme le montre l’exemple des batteries.

        Le nucléaire introduit dans nos croyances – il s’agit bien d’idéologie camouflée en technologie- un élément d’éternité dont l’étendue est inhumaine.  » Faire avec » est criminel.

      3. @Daniel

        Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a encore une marge de progression pour acheminer un groupe électrogène au bon endroit au bon moment, et ce indépendamment du besoin et de la cause.

        Il est évident que l’accident de Fukushima est une tragédie sans nom jusqu’ici. Mais n’oubliez pas qu’il a été provoqué par un tremblement de terre de magnitude 9 qui a déplacé entièrement le Japon de 5 mètres. En comparaison de celui de Haïti de « seulement » 7 où l’on a dénombré des centaines de milliers de victimes, je ne suis pas certain que l’on puisse avoir un point de vue absolu sur la technologie (d’autant plus que les billets de F. Leclerc remontent presque toujours des comportements humains largement aggravants de la situation).

        Que cette technologie ne tombe pas entre n’importe quelles mains, je suis d’accord. Y’a-t-il aujourd’hui des mains compétentes, là je vous rejoins complètement.

      4. S’il y avait des mains compétentes quelque part ? Euh, au hasard en Allemagne, sans doute, pays où l’intériorisation du côté réglementaire de la culture technique est très forte ! Ah, zut raté, c’est eux qui arrêtent, et c’est nous les français qu’on continue.

      5. Certains n’ont pas compris que toute la filière nucléaire au japon est au main de la mafia
        qu’on ramasse les clodos pour éponger l’eau radioactive quand y a des fuites
        qu’on fait taire les rapports alarmants depuis la mise en service
        qu’on menace de mort tous ceux qui veulent l’ouvrir
        que la sécurité n’est qu’une variable d’ajustement qui permet de rentabiliser les centrales,
        que de profondes fissures dans le coeur de la centrale avaient été remarqué lors de contrôles et qu’on a fait taire les contrôleurs.
        vous croyez vraiment que la sécurité est une priorité , vous n’avez rien compris
        Il y a probablement des personnes compétentes dans le secteur mais si elles veulent garder leur place elles doivent la fermer c’est clair, renseignez vous un peu…(je ne dis pas ça à François Leclerc qui connait son sujet)

      6. @Allfeel
        « vous croyez vraiment que la sécurité est une priorité , vous n’avez rien compris »

        Puisque vous avez tout compris, êtes-vous capable de répondre à ma question toute simple : quel ordre de grandeur entre la catastrophe de Fukushima et les centaines de tests réalisés en plein air ?
        Je ne démens pas que certains rapports aient été falsifiés ou que les effets à long terme sont inconnus, c’est une évidence connue de tous.

  15. Je dis cela je dis rien mais j’ai une vague mémoire d’avoir visité une salle de batteries en série sur un site nucléaire belge. Vers 2005. Elles étaient un peu plus grandes que des batteries de voiture. J’ai oublié tout le reste, le pourquoi, le comment.

    1. « une salle de batteries en série sur un site nucléaire belge. »
      C’était un concert, les tambours du Bronx ?
      Enfin, comme disait Desproges: « sans piles, on perd la face… »

    2. Il y a bien sûr des batteries (et des diesels pour les charger) et au moins un onduleur pour alimenter chaque salle de commande, comme pour toute grosse installation industrielle qui ne doit jamais s’éteindre.
      Ce sont des batteries au plomb de plusieurs centaines d’Ah chacune, il y en a 180.

  16. Sans m’immiscer sur le fond dans le débat sur ce drame en cours , je témoigne pour avoir vécu et du gérer des situations d’urgences ( inondations brutales , avalanches , tempêtes de vent , éboulements et disparitions de routes ,tremblement de terre 5,2 Richter , tempête de pluies verglaçantes ( le pire ) , chute de 60 cms de neige en 2 heures ) … que les pardes sont souvent étranges et impensées .

    Quelque fois les parades improvisées sont pire que le ùal ( le nombre de foyers qui ont mis le feu à leur maison ou bousillé tout leur matériel par le bricolage d’alimenation électrique de ‘fortune  » !).

    J’en avais retenu sur un plan plus « en responsabilté » , que les improvisations marchaient d’autant mieux :

    – que les gens de métiers et « structures  » différentes se connaissaient , s’appréciaient ,et savaient où et comment se rejoindre ou interroger . C’était au moins la raison « philosophique  » des réunions et repas annuels que nous montions entre Equipement , Conseil général , Police , Gendarmerie ,Services du cabinet du préfet Samu , Sapeurs pompiers , Sociétés concessionnaires ..parfois étendus aux carabinieri et autres homologues italiens ( un des enseignements après la tragédie du tunnel du Mont Blanc ) EDF et France Telecom n’étaient d’ailleurs pas de nos « pause – café  » sauf en raccroc par le gars du coin qui se trouvait être en charge du secteur , mais j’attribue plus à leur structure organisationnelle géographique et commercial , le manque de  » point d’accroche » territorial avec  » les autres , qu’à un snobisme particulier . Mais ce point là n’a pas du évoluer dans le bon sens avec les dernières évolution dans leurs modes de management . C’est déjà loin , et même l’Equipement n’existe plus . Heureusement , de ce que j’en sais , les services tranférés aux conseils généraux essaient de faire perdurer ces liens , souvent appréciés par les préfets d’ailleurs ( qui ne sont pas allés jusqu’à payer les frais de repas cependant !) .

    – que  » en phase » de calme nominal , on ait cependant fait une place à la possibilté de l’imprévu , et réservé pour ce faire un minimum de structures fiables et de  » premier secours » 24/24 , ainsi qu’un pense bête des adresses et contacts des corps de métiers que l’on pourrait être amenés à solliciter .. Seul un service public rémunéré par le contribuable, ou un service privé qui « n’optimise » pas ses coûts par des coupes sombres dans les charges non  » statistiquement retenues » dans un régime de « concurrence libre et non faussée » , peuvent donner une chance pas trop faible aux improvisations d’être en situation rapide et réelle de  » boucher les trous » et d’éviter , au moins dès le premier temps ,que les choses empirent ou dégénèrent .

    1. Très intéressant.
      Avez-vous conscience que vous décrivez un passé révolu ?
      Les organismes cités ont en majorité disparus sous le moulinette du libéralisme…

      Vous décrivez un mode de prévention qui est hors organigramme et en dehors des procédés normaux, à la bonne franquette, pour tout dire humaniste et donc efficace, vus les moyens affectés.
      Y-a-t-il quelque part un classeur plein de poussière donnant la conduite à tenir en cas de désastre civil ?

      1. Il y a des choses intéressantes , des poussièreuses , et des « sur supports numériques », actuellement plus surement existantes dans les services ( ex  » Protection civile ) des préfectures où elles sont centralisées .

        Il est vrai aussi qu’on est d’autant plus pertinent vis à vis des situations d’urgences , que l’urgence se manifeste plus souvent , et qu’elle fait , en quelque sorte , partie de la « culture » maison . Ce qui est le cas dans certains départements plus que dans d’autres .

        Il reste que ,calepins ou DVD , c’est ce que vous avez bien repéré qui compte pour rendre les supports utiles et vivants : des gens qui se connaissent , qui s’apprécient,, réactifs sans attendre l’appel ( Responsbilité , Responsabilité ), totalement et durablement disponibles tant que dure l’alerte. Mon record personnel est de plus de 110 heures sur la brèche ( épisode avalanches généralisées lors de la catastrophe du Tour ) mesurée sur une semaine continue .

        Et hélas , deux morts parmi les agents en 1990 -91 , écrasés sous leur engin, et qui m’obligent encore . Pour eux qui étaient aux manettes à 3 heures du matin , et surtout leurs familles, je ne supporterai jamais d’entendre railler la fonction publique. Le Service n’est plus , mais je souhaite que les conseils généraux sachent faire subsister la flamme et la fierté du  » rendre service d’abord  » qui nous animait;

        Les échos que j’ ai de la plupart ,sont souvent désolants . Trop de compétences . Trop de confusion entre entreprise et service public . Trop d’emprunts toxiques ou pas ,. Trop de dettes ; Trop de pression libérale . Trop de comptes de courtes vue ; Plus d’idéal pour le personnel , transcendant l’organisation du travail , la relation personnelle dans le travail ., et même la rémunération ..

        Le service public attend lui aussi la renaissance des idéaux démocratiques , et le retour du consommateur à la citoyenneté .

      2. Triste. Un gachis de bonne volonté.
        Et remplacé par quoi :la course au pognon et à l’efficacité ( pire: compétitivité.) Comme si les anciens étaient des fainéants dépensiers !
        Le libéralisme est comme la jeunesse intrépide. Il croit qu’il a tout inventé et qu’ avant lui n’existait que l’age des caverne

        Pour les services publics, vous donnez l’impression de faire vôtre la doxa qui tendait à les délégitimer. C’est faux. La destruction a été menée sans demander l’avis des citoyens. C’était une période où tous les organes d’information nous gavaient du mot « réforme ». Il est devenu évident qu’à chaque « réforme » un pan du Service Public était démoli. Mais il semblait aussi que des fonctionnaires participaient à ce jeu de massacre.
        Mais il n’est pas trop tard. La tendance peut s’inverser.

      3. C’était une époque où ceux ,dont j’étais, qui ont tenté d’attirer l’attention des élus ( et de leurs électeurs ) de tous bords et de tous niveaux , sur les risques des directions prises , étaient inaudibles Tous nous ont regardé comme des bêtes égoïstes qui avaient bien de la chance d’avoir un travail alors que leurs permanences étaient déjà assaillies de chômeurs électeurs locaux ( ce qui était vrai d’ailleurs ). On ne peut pas être à la fois dans l’urgence sociale et comprendre ce qui se passe . Je ne suis pas sur que ça n’est pas encore le cas .

        Par ailleurs , quand on est fonctionnaire , on n’est pas à la meilleure place pour convaincre pacifiquement les médias qu’on ne dit pas forcément que des conneries .

        Alors , on a fait , jusqu’au bout , avec de moins en moins de troupes et de crédits , comme la garde napoléonienne , jusqu’à notre chant du cygne , pour garder l’honneur et le respect de nous mêmes .

        Tous et les plus talentueux , dans tous les grades , en sont sortis traumatisés . Quelques uns ont préféré « partir » plus tôt , sans que les journaux n’en fassent alors un sujet à la mode . Ils n’auront eu que la présence de leurs compagnons et compagnes de route pour salut . Tout le monde ne peut aujourd’hui avoir ce gage sincère de la joie des chemins parcourus ensemble.

        Je souhaite de tout coeur que les temps nouveaux à venir redonnent à chacune et chacun , « public  » ou « privé » , l’occasion d’envisager de telles aventures ,partages , respects mutuels , et reconnaissance, jusqu’au salut ultime .

      4. Complément :

        il m’a fallu peu de temps pour comprendre d’ailleurs que la succession des plans de modernisation à répétition ( j’ai beaucoup appris en cette occasion sur les techniques des cabinets d’audit chargés de nous dévitaliser en nous optimisant) , n’était en fait que l’habillage en douceur d’une mort programmée ,et en réalité portée et accompagnée par nos ministres eux mêmes ( tous) .

        La RGPP 1 ou 2 , est à él’chelle de l’ensemble des services publics , la poursuite de cette politique souterraine qui ne veut pas dire son nom .

        Dire que seuls subsisteront la justice , les forces de l’ordre , l’éducation ,et un peu la santé , est déjà plus honnête .

        ça le serait davantage si c’était une véritable mise à plat sur l’agora démocratique, qui en avait décidé .

        La proposition peut être cohérente : mais quelle est la vision politique , économique qui guide cette cohérence ?

        Je ne vois pour ma part , dans ce débat confisqué et réservé à quelques centaines de crânes d’oeufs , que la peur de devoir répondre à des questions indiscrètes , plus difficiles que la rédaction d’un projet de lois ou de décrets , et dont les réponses sont moins faciles à argumenter que des balances de chiffres qui n’affichent que des comparaisons de situations qui ne sont pas comparables sans précaution . Il reste entendu que se remettre en cause est bien évidemment nécessité vitale ,et que l’immobilisme est une tare qui guette aussi bien une structure privée que publique ; Nous avons pour notre compte appris( un peu tard) , que plus nous étions performants , plus nous creusions notre tombe , selon le procédé assez simple qui est : plus vous êtes bons en étant moins nombreux , plus on charge la barque .

        c’est d’ailleurs en prenant conscience de ça que j’ai compris que les dés étaient pipés et que notre sort était déjà scellé .

        Toutesces questions dérangeantes potentielles sont largement celles qui agitent ce blog .

        Et , comme vont les choses , on ne devrait pas être exempts de crainte sur la santé , l’éducation , voire en partie les forces de l’ordre .

        A quand le tour de la justice ?

  17. Il y a quelques mois, j’avais indiqué être surpris que plus personne ne parle de Fukushima. Il m’avait été répondu que le (les) problème (s) européens prenaient beaucoup de temps…..
    Je repose ma question : « quel véritable impact « a ou aura » cette catastrophe sur notre terre ??? Et, finalement, n’est-ce pas plus important que les problèmes financiers ?

    1. « Je repose ma question : « quel véritable impact « a ou aura » cette catastrophe sur notre terre ??? »

      Déjà, ce serait bien que quelqu’un nous donne un point de comparaison par rapport aux centaines d’essais nucléaires réalisés en plein air.

      1. Pour te répondre, suite aux accidents de Fukushima, certains spécialistes demandent la création d’un niveau 8 sur l’échelle INES des catastrophes nucléaires… et il faut savoir que Fukushima est en cours, et ce pour encore des dizaines d’années (centaines ?), car personne ne sait comment récupérer un corium, et qui plus est personne ne sait avec exactitude où ils se trouvent… la solution du sarcophage comme à Chernobyl réduira peut-être les émissions, et encore pas sûr vu que l’on ne sait pas où sont les coriums (270 tonnes de matière hautement radioactives au total quand même)… mais qui paiera la construction d’un tel gigantesque mausolé ? et avec les futurs tremblement de terre dans cette région, qui paiera l’entretien et la reconstruction ? (cf. Chernobyl où sans tremblement de terre il faut quand même construire un deuxième sarcophage 30ans après…)… et enfin il y a un autre problème, sans précédent, que le mausolé ne réduira pas : le rejet en mer, directement depuis les sous-bassements des réacteurs mais aussi depuis le sous-sol infiltré d’eau radioactive… les ingénieurs de Tepco ont pensé à un barrage, une digue dans l’océan, je vous laisse réfléchir au côté aléatoire de l’efficacité d’un tel truc…

  18. @ Juan Nessy et subsidiairement à Daniel
    Juan: Tiens, tiens, voilà que l’on évoque la catastrophe du Tour, à moins que ce soit celle de Montroc…..pt’et ben qu’on s’est croisé en cellule de crise, va savoir!
    Daniel: les dispositifs de réponse en sécurité civile existent toujours, bien entendu, et s’améliorent au fil des ans suite à diverses expériences pas toujours heureuses ( la Faute sur Mer…)
    du coup je vous renvoie au lien sur P. Lagadec que j’ai posé un peu plus haut ( une grosse pointure dans le domaine)

    1. Il s’agissait bien de l’avalanche de Montroc ( et de celles qui ont suivi un peu partout pendant une semaine ) , près du village du Tour .

      Etiez vous hélico bleu ou rouge ?

      1. @Juan Nessy: pour les hélicos, les deux mon général!….sauf que je ne prends jamais un hélico en orsec, je préfère, et de loin, rester les deux pieds sur terre! et puis, bon, maintenant on a spot.
        pour Montroc, si vous avez lu attentivement le jugement du Tribunal de Bonneville ( et c’est ce que j’imagine ), ce qui m’avait frappé, c’est la méthode d’analyse systémique utilisée par le tribunal que j’ai pour ma part décortiquée: ils ont utilisé les cindyniques! l’école française de la gestion des risques et des crises inventée par Georges Yves Kerven…je pense que c’est une première;
        et puis, si l’on regarde les choses un peu attentivement, la fragilité des expertises lorsqu’elle se fondent sur des documents historiques et les plaquent à l’instant T: ben ouais, les ponts ne sont pas forcément au même endroit qu’en 1850, les cotes altimétriques des carnets ONF ne sont pas forcément NGF mais correspondent à la carte Wimper ( 150 à 300 m d’écart ), et enfin les « carnets de raison d’Isidore Mugnier » donnent des noms aux avalanches qui ne sont pas forcément les mêmes qu’aujourd’hui, le glacier du Tour ayant fortement reculé, etc etc..
        pour en revenir au bricolage de Fukushima, je ne suis pas d’accord avec FL: en cas de violent franchissement de seuil ( cf Lagadec ) seules, des « ruptures créatrices » permettent parfois de s’en sortir…l’on devrait lire ou relire le retour d’expérience de Katrina et le fameux « il m’aurait fallu un vélo » et l’anecdote de la caisse de bieres…
        http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/EDF_Katrina_Rex_Faits_marquants.pdf
        Bon week end!

  19. A propos du nucléaire , France-cul , durant tout le mois d’octobre , 4 émissions de Ruth Stégassy les samedi 6 / 13 / aujourd’hui 20 et 27, de 7h.05 à 8h .

  20. faudrait pas croire que Tepco soit le seul à négliger les systèmes de secours.
    en France nous avons le même problème et nombre de service dont on pourrait s’attendre qu’ils soient doté d’un générateur de secours et pourvu du systèmeD de secours du secours
    n’en ont pas
    sur le plan nucléaire en france nos centrales sont dotée d’un générateur de secours de 3 jours d’autonomie après quoi il tombe en panne sèche
    cela peut éventuellement pallier à une panne mais pas à un cas grave qui suppose qu’il sera difficile de réapprovisionner le générateur
    si les circonstances sont difficiles à très difficile en admettant que ça marche il faudrait aussi pouvoir évacuer tout le monde en 3 jours?( dans des circonstances difficiles)

    mais si on va chercher un peu plus loin pas mal d’autres services sont dans des situations de sécurité très partielle
    il m’est arrivée de me retrouver sur une table d’opération dans un bloc en tenue d’êve sur une table métallique pour une opération abdominale et au moment de m’anesthésier profondément, oups! le noir profond sauf que j’entendais tous les commentaires
    non je n’étais pas sous l’effet des anesthésiques. le plafonnier de la salle d’op avait rendu l’âme
    ben pas de système de secours automatique, l’équipe de chirurgie a du aller à tâton ouvrir la porte et trouver un lampadaire branché sur des batteries autonomes pour m’opérer en attendant qu’on répare les circuits grillés
    c’était à LYON et pas dans la Brousse en 1998

  21. 1. Terre à terre « Après Fukushima ».
    La remarquable émission hebdo de France Culture dédiée à l’écologie nous a encore gratifiée de 3 volets édifiants sur la filière nucléaire, le dernier est particulièrement instructif et son écoute devrait être imposée à tous les fervents pro-nuc. afin que le doute et les interrogations les tenaillent.
    Merci Ruth Stégassy. Voir les livres et documents disponibles pour chaque volet.

    Nucléaire 3 : « Après Fukushima »
    « Avec Arkadi Filine, collectif des auteurs du livre « Oublier Fukushima » (Editions du bout de la ville) »

    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-nucleaire-3-apres-fukushima-2012-10-20
    Histo de Tchernobyl, Fukushima et situation actuelle, drame des enfants, nombreux témoignages
    Méthodes sophistiquées et subliminales d’enfumage pour que nous oublions les accidents, les centrales, technique « comment faire oublier » en usant du temps découpé en 5 périodes :
    la cata, liquider (pure invention bureaucratique), évacuer (pour ne pas évacuer), réhabiliter (décontaminer, gros mot), banaliser.
    On y découvre l’usage des techniques du type stratégies des chocs.
    Aperçu de ce qui est dénoncé : pirouettes en tous genres, chape de plomb, blablabla pour modifier la perception, journalistes complaisants, chiffres divers et variés, profusion technicienne sans intérêt, à ce jour simple « pschitt » (circuler, y a rien à voir), on évacue les citoyens US et les employés d’Areva alors que l’info aux citoyens japonais est cachée, manipulation des normes, cata naturelle pas technique (pas le séisme, le tsunami) !, aspect merveilleux du nucléaire (corne d’abondance) dont il faut assumer les risques ensemble (responsabilité collective), dangers incalculables liés au corium (chut, silence), procédés dérisoires de lutte (on fait comme si on savait faire), contamination de la mer, appel au prolétariat « gitans du nucléaire » ou char à canons, sous-traitance à 7 niveaux, effets des faibles doses sur les générations futures, mesures absurdes en tous genres (au sens premier du mot aussi), doctrine française mise au point en Biélorussie. négation des zones/territoires à évacuer et évacuation des plus aisés à leurs frais (risque de désertification)…..
    On fait du BRUIT pour diluer la réalité de la cata alors que la vraie cata continue et si Fuku continue ce sera bien la meilleur promo pour cette filière mortifère.
    En conclusion, au 16/12/2012 « tout est sous contrôle », tout est liquidé, ce n’était pas grave, on tourne la page.

    Les aspects les pus révoltants : le sort des enfants, la négation de la responsabilité des acteurs majeurs.

    Nucléaire 2 : tour de France des installations nucléaires
    On y découvre un géologue opiniâtre du type Irène Frachon de la contamination de notre territoire.
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-nucleaire-2-tour-de-france-des-installations-nucleaires-2012-10-13

    Nucléaire 1 : Exploitation de la mine d’uranium de Faléa au Mali
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-nucleaire-1-exploitation-de-la-mine-d%E2%80%99uranium-de-falea-au-mali-2012-10-06

    2. Les spectacles de Nicolas Lambert.
    Nicolas Lambert sait nous faire entrer dans les coulisses du nucléaire français de manière théâtrale.
    Comment « il traque cette façon bien huilée de dire au citoyen français qu’il ne peut rien comprendre ».
    J’ai eu l’opportunité ce printemps de suivre son spectacle, le second volet d’une trilogie consacrée « aux piliers de l’indépendance à la française » : pétrole, nucléaire et armement.
    J’avais alors encore appris sur cette « noble » filière et ses origines, ses acteurs clefs à l’image de Pierre Guillaumat, l’homme à la pipe.

    Article paru dans le Monde du 18/10
    L’avenir radieux de « l’a-démocratie »
    Extrait :
    « Après avoir transposé sur scène l’affaire Elf, Nicolas Lambert s’attaque au dossier du nucléaire. Quand, en quittant la salle, le public ne lui parle ni de son jeu ni de sa mise en scène, mais a mille questions à lui poser sur l’histoire de l’énergie nucléaire en France, Nicolas Lambert estime qu’alors « le boulot est fait ». Avenir radieux, une fission française relève du théâtre documentaire. Tout ce qui est dit pendant ces deux heures lestement menées a réellement été prononcé lors d’un discours, d’une interview, d’un débat. Le comédien a étudié le dossier pendant deux ans, il est allé à toutes les réunions publiques consacrées à un éventuel deuxième réacteur de type EPR à Penly. »
    Son site pour en savoir plus et connaître les dates et lieux des prochains spectacles.
    http://www.unpasdecote.org/un-pas-de-cote—la-compagn/nicolas-lambert.html

  22. Dire que cet affaire relève du bricolage serait une insulte aux bricoleurs.

    Dormez tranquille bonne gens, on s’occupe de tout …

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