L'actualité de la crise : LE PETIT BOUT FINANCIER DE LA LORGNETTE, par François Leclerc

Billet invité

Toujours à la recherche de miracles, les économistes bien-pensants ont déjà depuis quelque temps reporté leurs espoirs vers d’autres cieux. Exit l’Espagne et l’Irlande, oublié le Japon ; la Chine et la Corée du sud ont été à leur suite vénérées !

Las ! Les prévisions de croissance asiatiques ne cessent d’être revues à la baisse par les organismes internationaux. Dans son dernier rapport, c’est au tour de la Banque asiatique de développement (BAsD) d’y procéder. Elle prévoit que la croissance des 45 pays de la région sera en 2012 de 6,1 %, et non plus de 6,9 % comme estimé en avril dernier. Pour l’année prochaine, sa prévision de croissance est abaissée à 6,7 %, contre 7,3 %. Principaux responsables : la Chine et l’Inde, dont les performances continuent de se tasser. Le FMI s’apprête une nouvelle fois à baisser lui aussi ses prévisions.

La récession européenne et la faible croissance américaine affectant les deux grands débouchés commerciaux de la région sont bien entendu pointés du doigt comme étant responsables de cette situation, sans plus de réflexion sur la pérennité d’un modèle de croissance et de mondialisation, les analystes ne voulant y voir qu’un passage à vide provisoire. Pourtant, ce modèle est bien au centre des discussions actuelles au sein de la direction chinoise, qui ne sont commentées que sous l’angle restreint de son renouvellement décennal. Alors que l’accentuation des déséquilibres sociaux et l’introduction de réformes économiques libérales accompagnées d’un assouplissement au plan politique font débat à l’initiative de l’équipe sortante.

L’espoir fait cependant vivre les analystes, qui veulent croire que le cap du 18ème Congrès du parti communiste passé, fin novembre prochain, la Chine utilisera ses réserves budgétaires pour engager un nouveau grand programme d’investissement et de relance économique. Car c’est l’investissement et non la consommation qui tire la croissance chinoise, non sans conséquences comme on l’a vu. Notamment la création d’une énorme bulle de crédit, immobilière mais aussi provenant des collectivités locales, ainsi qu’une importante augmentation du taux de défaut sur les prêts dans le système bancaire, ainsi qu’une inflation affectant les produits alimentaires. Pratiquer une relance à l’identique, qui produirait les mêmes effets alors que les précédents ne sont pas résorbés, est-il vraiment pertinent ?

Dans les milieux financiers, le discours est d’exhorter à la patience, ramassé dans une formule enveloppée par la BAsD qui voit dans cette nouvelle situation : « un ajustement naturel à un rythme de croissance plus durable ». En d’autres termes, l’ère de la croissance fulgurante est révolue, le miracle est terminé. Ce qui n’empêche pas certains, comme chez HSBC, d’exprimer leur attente que la croissance reparte comme avant, à la faveur d’un « assouplissement monétaire » (lisez : la baisse des taux, l’accroissement du crédit et l’injection de liquidités dans l’économie). Même son de cloche chez Capital Economics, où l’on estime que « l’Asie possède une marge de manœuvre significative pour assouplir ses politiques monétaire et budgétaire ». Ils n’apprendront donc jamais ?

Ce qui est pourtant en cause – mais qui ne se réalise pas du jour au lendemain, tant les pesanteurs sont grandes et les intérêts installés puissants – c’est d’infléchir le modèle de développement impulsé par la mondialisation, une délicate transition accompagnée d’un recentrage de l’activité économique sur les marchés intérieurs, afin d’amorcer un rééquilibrage social indispensable. La diminution de la pauvreté (dont la mesure est particulièrement délicate à établir) et la croissance des classes moyennes ont été mises en avant, au profit du modèle de mondialisation en vigueur, tout en négligeant l’accentuation de disparités sociales qui reviennent au premier plan. « Un pays, deux systèmes », la formule clé de Deng Xiaoping, a aboutit au fil des années à « un pays, deux sociétés ».

Tant que la science économique se refusera à élargir le champ de sa réflexion et continuera à scruter l’économie par le petit bout financier de la lorgnette, ses praticiens seront condamnés à la recherche éternelle de nouveaux miracles pour justifier leurs croyances…

Recommandez par mail Recommandez par mail

Partagez

79 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LE PETIT BOUT FINANCIER DE LA LORGNETTE, par François Leclerc »

  1. En lisant ce qu’éprouvent ces pauvres financiers, j’ai l’impression de regarder la clinique de la fonction sexuelle d’un couple habituel dont l’homme a besoin d’aller regarder ailleurs pour satisfaire son désir. En plus de quoi il se shoote au sildénafil. Au point de désespoir où ils en sont les financiers de ne plus être satisfaits, Il serait largement temps pour eux, de se poser la question de l’entretien du désir dans une économie où le financier serait au service de l’économie réelle.

    Dans le dernier livre de Paul Jorion, il est dit que Moïse édicta un commandement : Tu ne financeras que l’économie réelle…

  2. Dans son dernier rapport, c’est au tour de la Banque asiatique de développement (BAsD) d’y procéder. Elle prévoit que la croissance des 45 pays de la région sera en 2012 de 6,1 %, et non plus de 6,9 % comme estimé en avril dernier. Pour l’année prochaine, sa prévision de croissance est abaissée à 6,7 %, contre 7,3 %. Principaux responsables : la Chine et l’Inde, dont les performances continuent de se tasser.

    Des prévisions de croissances qui, après ou pendant une crise exogène majeure, baissent de 6,9% à 6,1% ou de 7,3% à 6,7%, dans 45 pays peu endettés, possédant les plus grosses réserves de devises, représentant environ la moitié de la population mondiale, possédant des matières premières et un niveau d’éducation qui s’améliore rapidement jusqu’à nous dépasser parfois, est-ce vraiment un signe de faiblesse du système ?

    1. Il ne faut pas voir ces chiffres avec nos lunettes, ni ces économies et sociétés comme si elles étaient similaires aux européennes. Malgré son niveau, la diminution de la croissance chinoise a un fort impact dans le pays.

      1. Et ce d’autant plus, François, que l’inflation stagne ou augmente. De fait, le ‘spread’ entre le taux de croissance et le taux d’intérêt se réduit, réduisant d’autant les marges de manoeuvre du pouvoir chinois … Le taux directeur pour les emprunts a été baissé par deux fois déjà , en juin et juillet, à 6%.
        En tout cas, merci pour l’ouverture vers le grand large : à quand vers l’Afrique, ou l’Amérique Latine ?

      2. @zébu
        Vers le grand large, tous dans le même bateau.

        @François Leclerc
        Il ne faut surtout pas arrêter la mondialisation … de vos chroniques !

      3. d’autant que la croissance chinoise ou indienne comme ailleurs ne profite que peu à la population dans son ensemble et est entachée du même symptôme que partout ailleurs:
        la division de la société par un clivage lié à la répartition de la richesse
        le nombre de très riches chinois augmente beaucoup mais le nombre de plus pauvres augmente encore plus et la création d’une classe moyenne ne fait que masquer par l’effet de masse ( très important vu la masse) une inégalité croissante pire que celle d’avant Mao
        dans une société qui s’était élevée de façon globale au profit du plus grand nombre.
        cette notion du profit collectif est très ancrée dans la pensée de chaque chinois.

      4. à Rahanne

        A voir Adieu ma concubine, où comme j’aime l’appeler Adieu mes Chine (par les nombreux gouvernements successifs dont parle le film et que traverse les personnages).

        C’est un film qui parle de la discipline de l’art, en dénoncant ses aspects excessifs, un film qui parle de liberté, avec la réplique « je fais ce qu’il me plaît », un chef d’oeuvre qui évoque les époques succesives de la Chine, avec un esprit critique sur les événements.

        Adieu ma concubine provient d’un livre ancien très célèbre, pour rappeler l’héritage artistique et libre des Chine.

    2. C’est pas 2 ou 3 % mais une croissance à deux chiffres qu’il faut à la Chine Pisacanonic. 8% mini pour le  » plein emploi « , plus de 9% pour
 les 10
 millions
 d’emplois
 urbains 
supplémentaires
 que l’économie doit créer tous les ans. Ils vont arriver à un milliard d’actifs en 2020 Pisa, un milliard. Le modèle export/investissement c’est mort pour eux, vont devoir repenser développement.

      1. La Chine dispose de réserves de main d’œuvre bon marché dont nous ne disposons pas (sauf chez eux !), affiche un taux de chômage officiel inférieur de moitié au nôtre, détient le double ou le triple de ce que détient l’Europe en réserves de change, souffre d’un endettement total environ moitié moindre du nôtre, manufacture une grande partie des objets que nous consommons ou utilisons, est le premier producteur mondial dans de nombreux domaines, dont récemment les ordinateurs, dispose à Shanghai du système d’éducation scolaire le plus performant et le moins inégalitaire au monde d’après l’enquête PISA 2009, forme environ autant d’ingénieurs que tous les pays développés réunis, peut développer sa consommation intérieure alors que la nôtre est à saturation, peut prendre des décisions rapides sans aucune obligation de consulter sa population…

        Et ce sont eux qui auraient besoin d’une croissance à deux chiffres, et pas nous ?

      2. Hé ouais mon pitit Pisa, que veux-tu, c’est comme ça, même à 1 milliard et des prouts de centaines de millions, surtout à 1 milliard et des prouts d’ailleurs, un pays pauvre il a des problèmes de pays pauvre et des exigences de pays pauvre. C’est ballot hein ? Et sur les matières premières comme sur l’endettement de la Chine (sans parler de la « richesse en main d’oeuvre bon marché » ! comme Haïti ? ), va falloir se mettre au parfum un peu, Pisa…

      3. >Agequodagix

        Vous êtes déjà allé en Chine? Vous avez vécu au milieu des Chinois? Vous connaissez vraiment le milieu universitaire chinois autrement que par des on-dit, ou des propos des quelques étudiants chinois sortant des deux ou trois très bonnes universités chinoises?

        La réalité est moins jolie: la plupart des universités chinoises sont très mauvaises: les thèses s’y font en quelques mois, grâce à des copiers collers expéditifs, bien que la durée des contrats de thèses y soit la même qu’en occident.

        Le niveau de créativité dans ces universités est donc très faible. Et d’ailleurs ce n’est pas ce qu’y cherche le parti. Savez vous par exemple que pour passer chaque niveau des universités, vous devez valider un QCM de marxisme chaque année, quelque soit la matière que vous étudier.?Astrophysique ou Marketing, c’est pareil, vous devez chaque année avoir votre UV de marxisme, dont le QCM ne se limite pas uniquement à apprendre par coeur mais à « ressentir » la pensée formidable de Hu Jingtao, ou Deng Xiaoping… Pas étonnant que les esprits les plus originaux de la Chine fuit le pays!

        Par contre, il y a quelques pôles extrêmement élitistes comme à Beijing ou à Shanghai, dont le niveau est remarquable. Mais ces pôles irriguent peu la société, car l’accès à ces universités est extrêmement complexe: le niveau scolaire demandé, basé essentiellement sur l’apprentissage par coeur est colossal. Lorsque les étudiants arrivent à ce niveau là, ils peuvent un peu se la couler douce (quoique dans ces facs ce n’est plus tout à fait vrai…) mais aussi accéder à des enseignants occidentaux.

        Quand à la qualité des enquêtes pisa faites en Chine avec des enquêteurs chinois qui valident les statistiques qu’ils veulent, et bien elles me laissent largement sceptique!

      4. Le jour où ils seront juste capables de construire ne serait-ce qu’un tracteur agricole 100% chinois seulement présentable tes chinois Pizzagéniaux, Pizzacanonix, préviens moi…

      5. Blob, leur système éducatif est relativement jeune, mais ceux qui y ont accès ont une telle volonté d’apprendre, des capacités d’apprentissages, surtout en math, tellement évidentes par rapport à nos Pioupious, et une telle confiance dans la supériorité de leur civilisation par rapport à la nôtre, qu’il est à craindre pour notre vieille Europe que notre domination intellectuelle soit remise en question plus tôt que nous ne le pensons.

      6. >Agequodagix

        Le système éducatif chinois jeune?!!!

        C’est l’un des plus vieux au monde… Le système des concours égalitaire est certainement d’ailleurs l’une des plus grandes inventions chinoises, qui a influencé le reste du monde.

        Même s’il est quelque peu provocateur de faire remonter le système éducatif chinois à la période impériale, il faut bien avoir conscience de la relative continuité culturelle de ce système.

        Or, malgré l’influence russe, mais aussi américaine (notamment John Dewey lors de la modernisation à marche forcée de la Chine lors de la première république), ce système continue de souffrir des mêmes tares: manque d’initiative, manque d’imagination, manque d’esprit critique dont les racines remontent au système confucéen impérial. A cela s’est ajouté les tares propres au maoisme et à sa démagogie.

        Cela étant dit, les chinois en sont conscient, je ne doute pas de leur bonne volonté, mais clairement ce sont des vieux réflexes qui animent le système chinois, qui seront très difficile à combattre et qui sont très profondément enracinés dans la structure sociale chinoise.

        Le respect traditionnel pour le savoir et les maîtres de la Chine est toujours là. C’est un grand avantage pour cette culture, mais il va de pair avec un étouffement terrible des esprits originaux ou impertinents, qui sont le ferment de toutes grandes innovations. Par bien des côtés, l’élitisme chinois ressemble à celui de la France, avec ces hauts fonctionnaires brillantissimes, mais arrogants et reproduisant dans leur geste et leur politique la hiérarchie sociale et culturelle entérinée par le système éducatif.

        L’un des grands débats que j’ai pu suivre était la quantité d’encouragement à donner à la culture du « bricolage »(je traduis d’une manière un peu impropre un mot chinois, décrivant l’habitude de faire le reverse engineering d’un produit occidental et de bricoler à partir de cette base autre chose). Cela était présenté avec un amusement condescendant, parce que ce n’était que du « bricolage » fait par des « ingénieurs » autodidactes, qui ne pouvaient donc que faire des produits pas vraiment performants. Certains cependant semble concéder que cela peut constituer une base pour une culture de l’innovation originale. Mais visiblement la condescendance entourant ce mot laisse penser que cela n’était pas forcement bien pris au sérieux…

        Ce n’est évidemment pas consubstantiel à la culture chinoise: dans le passé, il a existé par exemple une académie impériale, associée à l’empereur qui subventionnait la recherche fondamentale , notamment sur l’agriculture, les ouvrages d’art, l’astronomie, etc et qui fut à la base de bien des technologies qui ont irriguées le reste du monde.

        Mais le développement progressif de la chine, et son chemin historique l’a mené vers des habitus qui lui ont fait manquer cette voie particulière qu’à emprunté l’occident, bien plus tolérante à l’originalité (quoiqu’à mon sens la Grande Bretagne soit certainement plus ouverte à l’originalité que les puissances continentales comme la France et l’Allemagne, ceci expliquant peut être l’incroyable richesse intellectuelle et scientifique de ce pays).

        Je pense que la Chine peut redevenir un grand pôle intellectuel dans 30 à 50 ans, si les choses tournent mal en Occident et si eux même arrivent à stabiliser et libérer leur système politique.
        Mais plus tôt, cela me laisse très sceptique, tant les enjeux liés à cette question de l’originalité de pensée sont liés à la liberté de pensée et donc liés directement à la question de la liberté politique.

        Le Japon a réussi sa modernisation parce que son système politique s’était libéralisé lors de la période Meiji, semant d’ailleurs une immense perplexité parmi les japonais. Mais ils avaient réussi en quelques sorte à « japoniser » ces innovations sociales sans sombrer immédiatement dans le chaos.

        Pour la Chine, il y a d’immenses compte à solder, notamment pendant le Grand Bond en Avant et la Révolution Culturelle, qui font que cette libéralisation de la pensée et de la parole sera compliquée à mettre en oeuvre. Songer par exemple qu’un ouvrage comme Stèle Funéraire de Yang Jisheng ne serait plus possible à écrire maintenant en 2012, parce que les archives consultées dans les années 90 par Yang Jisheng ont été reclassifiée ou détruites entre temps!

        Quand à la confiance des chinois à l’égard de leur civilisation, elle n’est évidente que superficiellement: beaucoup lorsque les portes étaient fermées, et donc libéré de la pression du groupe disaient leur envie de quitter ce qu’ils considéraient comme une impasse inhumaine. Les mêmes en public disaient exactement le contraire…

      7. Blob, ce que vous nous dites sur l’éducation en Chine est passionnant et convainquant.

        C’est ce qui est peut-être inquiétant ! Ne cherchons-nous pas à nous rassurer en tentant de démontrer que l’avance intellectuelle que posséderait encore notre vieille Europe est un atout qui ne sera pas remis en cause avant longtemps.

        Si le système éducatif percole dans le domaine économique de la création d’entreprises, il est relativement difficile de croire que « ce système continue de souffrir des mêmes tares: manque d’initiative, manque d’imagination, manque d’esprit critique dont les racines remontent au système confucéen impérial. »

      8. >Agequodagix

        Vous faites une erreur de perspective je pense: la capacité d’entreprendre des chinois doit bien peu à l’éducation chinoise.

        En fait, longtemps cette capacité entreprenariale était méprisée par la culture confucianiste puis par le maoisme. La libération de cette capacité provient de deux énormes réformes: la première est bien connue, c’est la réforme de Deng Xiaoping de 1979, expérimentée un peu plus tôt au Sichuan. Elle s’appuie sur ce qui restait d’habitus commerçant au sein de cette région excentrée de la Chine. Puis elle a été testé dans le Guandgong et Whenzou, et son succès reposait sur des particularités anthropologiques de ces régions, notamment l’existence de liens informels très forts au seins des clans familiaux du Sud et de Whenzou.

        La deuxième réforme qui a été faite à marche forcée et qui prends son origine dans la lutte menant au massacre de Tian anmen est la privatisation a marche forcée des conglomérats géants du nord de la Chine notamment dans les années 1990 (vers 1995 il me semble). Là, ça a été simplement de la survie pour bon nombre de gens, et la débrouille, ce qui explique le malaise croissant de la population face à l’accroissement des comportements de rapines et de compétition à outrance dans l’économie.
        Cela a d’ailleurs immensément accru la pression sur les jeunes et leur investissement dans l’éducation, qui reste l’un des rares moyens d’accéder à une vie stable soit au sein de l’administration, soit au sein d’une grande entreprise d’état. Il faut voir que la plupart des entreprises privées en Chine sont soumise à une pression colossale du fait de la compétition capitaliste mais aussi des distorsions induite sur le marché par la présence des entreprises d’état, souvent possession indirectes des » Princes et Princesses Rouges », c’est à dire de la famille élargie des dirigeants du PCC.

        Parmi les nouveaux entrepreneurs Chinois hors de la serre protégées des grands groupes chinois, on trouve un mixte de gens n’ayant fait que peu d’études et s’enrichissant plus ou moins par chance, de gens ayant un peu de Guanxi (une notion difficile à traduire en français, parce qu’elle est très subtile et ne se ramène pas à notre vulgaire « piston ». Peut être devrait on la traduire par l’habitus de cultiver des réseaux interpersonnels informel…) et beaucoup de caractère et des compradores, dont les habitus sont née au XIXeme siècles en commerçant avec les occidentaux, plus une variété d’entrepreneurs sans foi ni loi dont les habitus sont nées au XX siècles lors de la grande convulsion que fut la Révolution Culturelle.

        Tout ceci relève assez peu d’une percolation du système éducatif chinois mais beaucoup de la débrouillardise et de la rapacité commune…

    3. Ce sont effectivement des taux que l’occident n’a plus connu depuis bien longtemps. Mais ces taux sont terriblement alarmants pour le devenir de la planète : dans 10 ans, à condition que cette croissance se poursuive au même rythme, la production de ces pays aura doublé.

      Insoutenable évidement, du fait des ressources « limitées » disponibles et de la pression sur l’environnement !!!

      1. l’effet de masse à la chinoise engendre des problèmes de masse
        la chine doit résoudre le problème de l’alimentation de cette masse et pour l’instant le problème est détourné sur une sorte de pillage larvé des ressources alimentaires africaines.
        la chine est loin d’être autosuffisante en terme de couverture des besoins de base, alimentation eau énergie et cela même est un handicap pour son développement et forme le versant abrupt d’un clivage des inégalités croissantes en chine qui met en jeu son unité sociale.
        hors une rupture d’unité sociale dans un ensemble aussi vaste est un enjeu considérable.

    4. Il est possible que la crise en Occident, accelere l’hémoragie de délocalisation pour soi-disant plus de compétitivité, autrement dit pour améliorer les marges.
      Ce qui donne à la Chine un répit. Une baisse réguliere de la croissance marque bien sur une tendance récessive, au point de vue dynamique. Si ça continue comme ça la Chine sera en croissance nulle!
      De plus Olivier Delamarche, assure comme bien d’autres que ces chiffres sont faux, et que la Chine est déja en panne.

      1. des gens qui y vivent m’ont dit que les entrepots de shanghai sont effectivement pleins à ras bord compte tenu du ralentissement des exportations et de limpossibilité pour le marché intérieur d’utiliser ces produits.

    5. Patrick, izarn, si nous voulons un monde de plus de sept milliards d’humains plus juste et plus égalitaire, nous allons devoir troquer beaucoup de notre quantitatif contre du qualitatif pour être dans la moyenne du quantitatif mondial, tandis que des pays comme la Chine ont encore un petit rattrapage quantitatif à faire avant de s’aligner sur notre future sagesse qualitative.

      1. 10 000 $ par tête de pipe et par an de richesse créée sur cette planète. Très largement de quoi y vivre à 7 milliards.

    6. Une croissance à 7,5% en Chine et 6,5% dans l’ensemble des pays d’Asie en développement (donc hors Japon?) restent des performances très élevées jamais atteintes en Europe ou aux USA sur une décennie. L’explication n’est pas la « mondialisation » qui concerne par définition tous les pays mais une série de multiplicateurs ou d’accélérateurs liées à des politiques économiques et sociales actives de type keynésien dans un contexte transitionnel favorable.
      Au milieu des années 60 Gunnal Myrdal le meilleur économiste du développement de l’époque écrit « Le drame de l’Asie ». la pauvreté absolue y est concentrée à 80% ou plus; il y a peu de produits primaires exportables et la croissance démographique est rapide..Que s’est-il passé?
      Dans ces pays, à l’opposé du catéchisme spéculateur néolibéral dit du Consensus de Waschington, des Etats développementeurs se sont mis en place principalement en Asie de l’Est. Ils ont accéléré d’abord la transition sociale (réforme agraire, soins primaires, éducation de base, statut de la femme…), ensuite la transition démographique (baisse de la mortalité puis après 1965-70 de la fécondité), puis la transition économique (révolution verte, transition de la paysannerie économiquement marginale vers des activités plus productives, forte hausse des taux d’épargne et d’investissement).
      S’y est ajoutée la transition exportatrice vers des produits industriels à plus forte élasticité de la demande et à plus forte valeur ajoutée sur le modèle japonais et des quatre dragons du vol d’oies sauvages. Cette priorité à l’export a été préparée par une politique de protection des industries naissantes puis poursuivie par une politique de taux de change faible et très compétitif.
      Avant ou depuis 1998 la grande majorité de ces pays refuse la libéralisation totale des mouvements de capitaux flottants, ce qui leur permet de relativement bien résister à la crise néolibérale du Nord. Ils peuvent réorienter à tout moment ,surtout les deux pays continents Chine et Inde qui constituent plus des deux tiers de la population concernée, leur développement vers l’intérieur.
      Les problèmes de compétitivité sont bien principalement dans la zone euro hors ex zone mark.
      P.Artus analyse le cas de la France.
      http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=66200

      1. Du grand n’importe quoi Merlot Méqueue. C’est bel et bien exclusivement la mondialisation financière et commerciale qui a « autorisé » les taux de croissance astronomiques de pays géants et pauvres (toujours) comme la Chine. Figurez vous un moment les pays ouest-européens baignant à la sortie de la dernière guerre dans le même bouillon de culture mondial « OhèMCéisé » et financiarolibéralisé que celui où s’est plongée la Chine depuis 15 ans (et même avant depuis Deng) et imaginez les putains de taux à deux chiffres de l’Allemagne, de la France ou de l’Italie…
        Quant à la gueule de bois derrière cette belle murge à force taux (toasts) de Pib, voyez ce qui est en train de tomber sur la Chine, m’enfin sur les chinois surtout…

      2. Merle Moqueur, le jour où Vigneron verra les jolis tracteurs, les tgvs, les avions, les centrales nucléaires, les villes champignons, les ThinkPads, et autres bricoles, tous made in China, ainsi que la capacité des Chinois de réorienter leur développement vers l’intérieur, sa foi du charbonnier dans les capacités exclusives de la mondialisation financière et commerciale va être mis à l’épreuve.

      3. @ Vigneron La Chine est passé du statut de pays le plus pauvre du monde en 1949 à 1er exportateur mondial en 2008 et va détrôner les USA du rang de 1er PIB mondial en parité de pouvoir d’achat vers 2015 environ, peut être même avant si le « républicain  » Romney gagne et plonge les USA et une partie du monde dans une » vraie » crise: baisse du PIB sur plusieurs années et explosion du chômage.
        Une question, Vigneron: pourquoi SEULE la Chine a connu une croissance de10% par an pendant 30 ans environ si la SEULE explication est la « mondialisation »?

        Pour les pays européens c’est le keynésianisme qui a permis la croissance à 5% par an, le plein emploi et le quadruplement du pouvoir d’achat de 1945 à 1973 et c’est la financiarisation qui a produit la crise de 29, le taux de chômage à 32% en Allemagne, Hitler et la deuxième guerre mondiale.

  3. Ce qui est pourtant en cause – mais qui ne se réalise pas du jour au lendemain, tant les pesanteurs sont grandes et les intérêts installés puissants – c’est d’infléchir le modèle de développement impulsé par la mondialisation, une délicate transition accompagnée d’un recentrage de l’activité économique sur les marchés intérieurs, afin d’amorcer un rééquilibrage social indispensable.

    Et cela relève donc plutôt de l’utopie, dans le système actuel. Quelle pourrait être en effet la motivation des puissants au pouvoir qui les ferait changer de politique ?
    Peut-être va t-on à la catastrophe, mais comme en Occident et ailleurs, ils tireront sur la corde jusqu’à ce qu’elle casse…à moins que d’ici là on les abatte comme des chiens enragés.

  4. La science économique est en fait la dernière idéologie dont le credo repose sur le déni de la réalité.
    Les « économistes » sont ses prêtres et les médiatiques sa police.

    1. « Un parallèle s’impose, du coup, entre la « science » économique et les grandes religions monothéistes : dans ces dernières, l’homme est spontanément présenté comme le couronnement de la nature, et son but effectif ; dans la première, le capitalisme est présenté comme le couronnement de la culture produite par la créature parfaite qu’est l’homme, grâce à la plus admirable de ses qualités : la raison. L’ordre existant est l’ordre parfait, du moins dans son concept ; et si sa réalisation effective ne l’est pas, c’est qu’une force adverse s’exerce : Satan dans la religion, l’Etat dans l’économie.
      En ce sens, la « science » économique est bien une apologétique du capitalisme. »

      Paul Jorion. Misère de la pensée économique, page 199.

      1.  » Que la Chine ou l’Inde parviennent à se constituer pour elles-mêmes en tant que marché intérieur dépend d’une véritable révolution des campagnes (privatisation de la terre en Chine; disparition de la petite propriété et des formes de métayage en Inde) mais aussi et surtout d’une reconfiguration du cycle mondial du capital supplantant la globalisation actuelle (une renationalisation des économies conservant/dépassant la globalisation,une définanciarisation du capital productif ). C’est-à-dire que cette hypothèse est hors de notre portée conceptuelle car hors du cycle de luttes, elle suppose la révolution telle que ce cycle la porte battue et, dans cette défaite, une restructuration du mode de production capitaliste »

         » C’est au présent que nous parlons de la communisation » Théorie Communiste.
        Texte paru dans sa traduction anglaise dans le livre : Comunization and its discontents » Benjamin Noys éditeur.

  5. « Tant que la science économique se refusera à élargir le champ de sa réflexion et continuera à scruter l’économie par le petit bout financier de la lorgnette, ses praticiens seront condamnés à la recherche éternelle de nouveaux miracles pour justifier leurs croyances… »

    Je suis d’accord avec vous. La « finance » ne résoudra pas la crise, les injection de liquidités et autres assouplissements ont le pouvoir d’éviter la déflation, amis pas celui de relancer l’économie. C’est donc une demi-mesure.
    Il suffirait pourtant d’émettre des liquidités qui seront forcées à circuler et à financer des investissements pour que le problème soit résolu.
    Et cela ne s’obtient qu’avec une monnaie marquée par le temps:
    Si cette monnaie est « gardée au-delà d’une période de trois mois par exemple, il convient de la « frapper » d’une perte faciale ou d’une petite taxe de réactualisation pour que le problème soit résolu. C’est bête comme chou, il suffit de le faire!

    1. Il suffirait pourtant d’émettre des liquidités qui seront forcées à circuler et à financer des investissements pour que le problème soit résolu.

      La circulation de monnaie suffirait-elle à résoudre la crise ? On peut en douter compte tenu de ce que déverse helicopter Ben à travers – c’est le cas de le dire le déficit américain.
      Forcer qui et comment si tout bien considéré il est plus avantageux de trader et de spéculer. Et cela personne ne l’empêche, bien au contraire. C’est la dernière issue pour espérer faire quelques profits.

      1. A vérifier, mais le taux historique de rotation du dollar est de 3 fois celui d’aujourd’hui. Autrement dit si on revenait au taux historique demain, alors après demain tous les prix seraient multipliés par 3. Sauf certainement les salaires. Aucun économiste ou journaliste pour insister sur ce détail. Ils sont nuls. Ou bien, peut-être, ils ne veulent pas faire peur.

      2. Arnould, le taux de rotation historiquement haut de M2 ( billets et dêpots) pour la Fed c’est plutôt 2,1, vers 2000. En 2008 on était encore à 1,9. Aujourd’hui c’est un plus bas historique depuis 1965 à 1,6. Bref M2 représente les deux tiers du Pib contre autour de la moitié dans les années pré-crise.
        Pour la base monétaire, là oui, le bilan de la Fed ayant triplé, le rapport Pib/base monétaire a triplé lui aussi (6% du Pib pour la base monétaire de façon extrêmement « orthodoxostable » sous Greenspan et ce jusqu’en 2008 et aujourd’hui 18% du Pib… et taux d’intérêts à l’avenant… sans plus d’effet…).

    2. Qu’est ce qu’une monnaie fondante ?
      Qui acceperait , si une monnaie n’avait valeur et cours qu’ un temps donné, à l’approche
      de l’échéance ! ?
      Qui serait assez bête pour ça ?
      Et à part ça on connaît, on a connu des monnaies « fondantes » une des dernèires en date:
      le dollar zimbabwéen. Le bonheur?

  6. Car c’est l’investissement et non la consommation qui tire la croissance chinoise,

    autrement dit l’économie asiatique est inféodée à l’économie occidentale.

    1. oui elle tire sa substance de l’extérieur un peu comme l’allemagne même si ce n’est pas comparable.
      Cette baisse a 2 effets :
      obliger à rempenser le modèle cela viendra ou pas (guerre )
      Rendre l’investissement des capitaux vers ces pays moins attractive.(inde brésil chine….)

    2. la chine a effectivement un programme d’investissement structurel intense( route ponts tunnels voies de chemins de fer, télécom, réseaux de distribution) et c’est la réalisation de ces programmes qui jusqu’à présent fondait sa croissance interne le financement s’appuyant sur la croissance des exportations pour se financer
      les programmes d’infrastructures étaient prévus jusqu’en 2015 (moment de la bascule démographique induisant un problème de main d’oeuvre disponible) le ralentissement mondial des échanges pose un problème de financement de la réalisation des programmes.
      et par ailleurs le problème des ressources pour l’utilisation de ces structures ne suit pas toujours
      on crée des routes pour qu’y circulent des voitures( qui fonctionnent à l’essence)
      et dans les régions où ces infrastructures sont les plus couteuses il y a eut une série de séismes dont l’effet ralentit aussi l’ensemble des progrès.

  7. Après les pays sans usine on est en train de créer l’entreprise sans consommateurs et dont les seuls clients seraient d’autres entreprises. La valeur de l’entreprise et son bénéfice devant être idéalement seulement dû à sa plus-value en bourse. On se demande où est la place de l’homme là dedans. Par ailleurs l’Usine va complètement se modifier puisque l’on va tout imprimer comme on le fait avec un document chez soi. Boeing envisage sérieusement d’être capable d' »imprimer » des ailes d’avion d’ici 5 ans. La voiture, le mobilier et l’immense majorité des biens « manufacturés » pourront être « imprimés ». Vous pourrez acheter une voiture conçues dans n’importe quel pays mais qui sera imprimée près de chez vous. Les imprimantes 3D évolue à une telle vitesse que l’on est déjà capable d’imprimer n’importe quel objet en résine. Imprimer du métal, de la mélanine et autres plastiques est en train de suivre. Cela ne sert à rien de concevoir des voitures électriques mais bien de concevoir ces nouvelles imprimantes 3D c’est là qu’est l’avenir et la bataille économique qui va arriver. Pour les fabriquer il faut maitriser des nano-technologies, de l’informatique, des scanners etc…
    La place de l’homme va devoir évidemment être repensée. Pour ce qui est du commerce le commerce en ligne est en train de prendre la place de la plus grande majorité des magasins. Essayer un vêtement sera aussi possible de chez soi et l’est déjà dans quelques endroits. On scanne déjà le corps ou les pieds pour faire du sur-mesure industriel et l’on trouve déjà cela à Paris pour les chaussures. Tout cela est à nos portes. Faire croire au travailleurs que l’on va continuer à fabriquer les objets tel qu’on le fait maintenant est socialement très dangereux et maintient dans l’ignorance la plupart d’entre nous.

    1. Ah ! les imprimantes, et les matériaux, et le pétrole qu’on a pas, on les tireras de l’air du temps. C’est merveilleux.

      1. Ironie mal venue : ces nouvelles technologies sont aussi économiques en énergie et en matières premières, et bien adaptées au recyclage. Pour l’instant, tout cela est très embryonnaire, mais Jean-Baptiste a raison de pointer les immenses conséquences probables.

        Ca va partir dans tous les sens : dernière trouvaille des fondus de la NSA aux US : imprimer des armes automatiques !

      2. Marc Peltier,

        C’est l’extension à pratiquement tous les domaines de la production de ce qui se fait déjà avec l’Internet. Faudra inventer un nouveau mot pour qualifier ce nouveau moyen de produire. Car il ne s’agirait alors plus de produire plus diversifié avec moins d’énergie et de matières premières non renouvelables. Déjà qu’avec les moyens techniques actuels il y avait de quoi nourrir loger éduquer tous les habitants de cette planète. Là on fait encore un saut.

        La question que vous esquissez c’est donc, que va-t-on faire de tout ça ?
        Ce qui renvoie à la question, quelle société pour ces nouveaux moyens techniques ?
        Ici, sur le blog, nous le savons : une société de l’abondance et non pas de la rareté. Une société solidaire et non pas une société de compétition.

        C’est une erreur conceptuelle de considérer que la seule perspective qui s’offre à nous est de vivre dans un monde où tout devient rare. Cette rareté est seulement relative à un système économique dont le moteur est une croissance destructrice. Cette rareté est donc à placer dans le contexte du mode de développement prédateur se développant dans l’espace géographique et agressif sur le plan humain avec toutes ses implications en termes d’inégalités. C’est une rareté physique, que nous sommes capables d’appréhender mais encore faut-il ne pas la subsumer sous la catégorie de la rareté de manière absolue. La rareté physique est celle connue par une société à un moment déterminé de son histoire. Il est une rareté encore plus préoccupante, c’est celle du concept, des représentations que nous nous faisons du monde qui nous entoure et nous empêche d’aller dans la direction qui nous permettrait de dégager de nouvelles sources d’abondance.

        Le fait est que la civilisation après avoir épuisé toutes les ressources de l’agressivité se retrouve devant l’espace immense et sans doute encore largement inexploré de l’intelligence collaborative. La difficulté est que cette nouvelle frontière reste difficilement saisissable, car elle n’est pas de nature géographique, mais ressortit à l’espace des représentations sociales.
        L’enjeu de la période actuelle est donc celui qui consiste à rendre visible et palpable ce qui ne relève encore que d’une approche intellectuelle. Nous ne sommes pas complètement démunis, il y a toutes les formes de l’expression artistique, les ressources de la psychanalyse qui permettent de déplacer les anciennes frontières.
        Si l’art c’est par excellence le déplacement des frontières par voie de l’expression, de l’affectivité, de l’imagination au travers de certaines forme, la science n’est pas si éloigné de la science qu’on pourrait le penser car la science dans ses plus hautes réalisations doit puiser aux sources de l’imagination, et plus encore de l’affect, quand il s’agit d’en dénouer certains noeux — les traces mnésiques qui figent nos représentations du monde, pour former de nouvelles trames, ce qu’on nomme paradigmes.

      3. correction
        3 ème ligne :
        Car il s’agirait alors de produire plus diversifié avec moins d’énergie et de matières premières non renouvelables.

    2. Il y a surement beaucoup d’espoirs – et de désillusions à venir – sur la fabrication additive

      Il existe par exemple le frittage par laser, mais c’est encore réservé à quelques métaux (genre nikel-bronze) et des applications très spécifiques mettant en jeu des pièces de géométrie complexe (médical, micro-mécanique, aérospatial..)

      Là ou ça devient intéressant, c’est quand on croise les logiciels libres, les « imprimantes 3D » et les notions de propriété privée, de copyright, de brevets …etc
      Il va y avoir du sport si tout un chacun peut copier – via une machine et des logiciels libres et/ou piratés – des objets (ou des kalachnikovs !!) sous brevet et/ou copyright.

  8. Ce qui est pourtant en cause … c’est d’infléchir le modèle de développement impulsé par la mondialisation,

    Ne serait-ce pas plutôt la transformation du modèle de développement impulsé par la mondialisation qui est en cause?

  9. 250 ans pour rembourser les dettes de l’espagne , pensent ils pouvoir tenir les populations sans révolte jusqu’en 2262 ?
    Ah les salauds.

    1. c’est juste n’importe quoi dans un monde géré au millième de seconde

      pour l’instant ils maintiennent leur pouvoir en s’asseyant sur le couvercle du maintient dans l’ignorance des foules par le biais de la complicité des grands médias de masse

  10. Relancer la consommation intérieure des Brics et en particulier la Chine…
    Cela passe par en particulier par l’augmentation des salaires (donc augmenter le coût du travail) au risque d’obérer leur compétitivité ou/et favoriser l’accès au crédit avec les conséquences que l’on connaît dans les pays dits « riches ».
    Course à la compétitivité et endettement sont les deux mamelles du capitalisme mondialisé,le choix d’un autre paradigme non plus basé sur la croissance infinie (pour la Chine=disons 8%X10 ans=80%,imaginons le défi!!!) mais sur un protectionnisme à définir (E Todd),une planification écologique(programme du FdG),le développement d’une économie solidaire et sociale.

    1. Ne pourrait-on pas plutôt envisager :
      Cela passe en particulier par l’augmentation des salaires donc payer le travail à un plus juste prix et concomitamment empêcher l’accumulation au sommet de la pyramide, ce qui devrait équilibrer les comptes . . . de la redistribution équitable, en quelque sorte !?
      La compétitivité et l’endettement renvoient aussi au productivisme, qui n’est pas, historiquement, l’apanage du seul capitalisme.

      1. RV,

        La compétitivité et l’endettement renvoient aussi au productivisme, qui n’est pas, historiquement, l’apanage du seul capitalisme.

        Il est kamême bien inscrit dans l’ADN du capitalisme, ce productvisme, comme condition nécessaire de la persistance du capital en tous cas. Que les capitalismes d’État aient dû l’adopter eux aussi comme principe de survie, jusqu’à en faire un étalon de compétition interne et externe, jusqu’à l’absurde, ne change pas grand chose à l’affaire.

  11. « ses praticiens seront condamnés à la recherche éternelle de nouveaux miracles pour » gagner toujours autant de pognon voire plus, aux dépens des 99%

    1. l’ennui c’est que les « miracles » du moment sont des solutions qui anihilent tous leurs profits parce que réalisables pour bien moins et garantissant de bien meilleurs profits( réels)
      le seul problème est la notion de « miracle »
      les gens sont tellement habitués à ce qu’on leur vende de la pistrouille qu’ils ont du mal à croire à quelque chose de moins compliqué qui focntionne vraiment et presque gratuitement.

  12. On le sait, les efforts budgétaires indispensables de la première puissance économique mondiale, l’Europe, créent les conditions d’un ralentissement généralisé.
    Fini la croissance mondiale à 5%, il va quand même bien falloir se le mettre dans la tête.
    En zone euro, pour l’instant, les taux sur les marchés des dettes souveraines se normalisent et ça c’est fondamental. Dans le même temps, les déficits budgétaires agrégés de l’ensemble de l’Euroland sur 2012 vont être inférieur à 4% et visiblement nos créanciers achètent, non seulement les efforts douloureux réalisés depuis 3 ans sur nos comptes publiques, mais aussi les outils mis en place et à venir, FESF, MES, action BCE, intégration bancaire…. qui vont vers le « plus d’Europe », cependant il y aura encore des coups de mou, on le sait.
    Les prêteurs deviennent progressivement convaincus que l’euro perdurera (n’en déplaise à ceux qui ont opportunément hurlé le contraire sur les toits, voir à la télé…) et s’attaqueront bientôt aux finances des US qui n’auront, eux aussi, d’autres choix que de faire le ménage, avec malgré tout, une plus grande latitude sur leur devise.
    A venir donc, quelques années de croissance très molle et de chômage important, heureusement pour nous, la France reste socialement le pays le plus redistributeur de l’OCDE.

    1. La nouvelle deuche, ce sera pas en France, pas en Catalogne, pas en Chine, mais bien à Madrid qu’elle sera montée.
      21 € de l’heure.

  13. Cette civilisation (ou barbarie..) est pourtant la chose la plus précieuse que nous avons, car elle restera. La seule image qui restera de cette époque est cette civilisation, et il faudrait que les responsables politiques la regardent avec un peu plus d’amour, ou de pitié, de miséricorde. Comme Mozart, à la fin du Figaro. il avait compris

    http://www.proba.jussieu.fr/~mazliak/Mozart/Mozartra.html

    1. c’est vrai.
      pour certains elle apparaitra comme une source intarissable d’inspiration, pour d’autres elle sera la quintessence d’une absurde ignominie. son court-termisme fascinera tout particulièrement, cet état d’urgence constant du simio-humain au cerveau bicéphale donc schizoïde à peine sortie du néolithique. quasi-reptilien. maitre es ‘château de cartes’.
      la majorité elle, devrait s’en fiche royalement…

  14. peut-être que la croissance est en train de changer de forme et de consistance et c’est là qu’il se passe réellement quelque chose
    les critères d’analyse de la croissance antérieure ne permette pas de jauger de la croissance réelle qui pointe son nez et qui est simplement d’une autre nature.
    ce qui est mesurable par contre c’est le déclin de la croissance ancienne ( versus profit financier toxique)
    et finalement c’est plutot une bonne nouvelle
    donc on devrait s’interesser beaucoup plus à tout ce qui crée un buzz en terme de remise en question des paradigmes commerciaux et industriels anciens
    nous sommes dans une phase de mutation accélérée et manquons de moyens d’analyse pour quantifier les effets pas encore visibles de cette mutation
    on se contente donc de se lamenter sur les critères anciens.

    pourquoi donc étendre la couverture sociale aux états unis?
    parce que cela procurerait des bénéfices sociaux économiques?
    certes, mais aussi parce que la mise en oeuvre d’une politique anti-cancer préventive s’est avérée positive dans ses résultats et que le cout en baisse de ce type de prestation induisait la possibilité mécanique que cela soit profitable aux personnes mais aussi au système global par la mise en place d’une meilleure couverture de soins.
    politique anti cancer qu’on a choisi de ne pas mettre en place en France sous l’alibi de réaliser une marge de progrès/profits importants sur la part technique de l’amélioration des traitements
    notamment en médecine nucléaire.

  15. Aujourd’hui à 20h45 Le monde d’après FR3

    Les banques vont-elles tous nous ruiner ?

    Nouveau magazine de la chaîne, «Le Monde d’après» est un espace de réflexion et d’échange, qui se donne pour objectif de décrypter les grands problèmes d’aujourd’hui, en France et dans le monde. Pour le premier numéro, Franz-Olivier Giesbert s’interroge sur le véritable rôle des banques dans la crise économique, qui ébranle le monde depuis quelques années. Tout à commencé aux Etats-Unis, avec la crise des «subprimes» dans laquelle les banques ont tenu un rôle majeur. Depuis, se sont-elles amendées ? Les banques vont-elles ruiner le monde ? Pour répondre à cette question, ce programme à la vocation pédagogique approfondit les données. Il livre aux téléspectateurs des clefs pour mieux comprendre les enjeux internationaux et nationaux, liés à la problématique financière.

    http://www.moustique.be/television/programme-tele/programme/2259925/le-monde-dapres-les-banques-vont-elles-tous-nous-ruiner-

    1. @dissy,

      Avec Franz-Olivier Giesbert ?
      De qui se moque-t-on ?
      Voilà la nouvelle télé bien proprement social-libérale sur elle ?
      À en pleurer (de rage).
      CDT.

      N-B : Et que l’on ne nous dise pas « attendez de voir », etc… On connaît.
      Quand on pense à ce que l’AUDIOVISUEL POURRAIT VRAIMENT FAIRE (ET NOUS DIRE),
      tout cela est pitoyable. Aurélie, on dort ?

      1. J’ai vu !

        Giesbert insupportable comme d’hab, coupe la parole tout le temps. Emission bien convenue, qui n’explique rien, nul !

  16. Merci M Leclerc! Bien écrit!

    Les « miracles » économiques ne sont (tels leurs cousins religieux déjà observés par Spinoza), que des manifestations insolites dues à des conditions et des standards socio-productifs particuliers. Leur récupération désespérée est devenue une discipline à part entière chez les théologiens néo-libéraux cherchant à justifier leur croyance aveugle au capitalisme.

    La survie de ce système absurde est hélas conditionnée à la poursuite de sa croissance.
    La croissance capitaliste est elle-même basée sur trois inepties fondamentales:
    1)La publicité
    2)Le crédit
    3)L’obsolescence programmée

    L’homo-economicus est-il condamné par le capitalisme, comme jadis Sisyphe le fut par les dieux, à revivre en boucle ce cercle vicieux de croissance?

    Puissent nos frères chinois ou autre nous en faire douter!

    Quelques éléments d’économie participaliste à étudier.

    1. + 1

      Et si tous nous nous arrêtions de consommer enfin le juste et seul nécessaire
      pour accélérer le déclin car si celui vient lentement nous aurons affaire à des dérives graves.
      Alors que dans la rapidité il y a l’effet de surprise, qui pourrait nous aider à changer le cap.

      Depuis qq années je pense que échanger troquer et ne faire que le minimum pour moi
      tout en aidant ses proches soit la meilleur solution. Et trouver des organismes bancaires hors système est ce toujourspossible même
      si moins attracif : il faut savoir persdre pour gagner en avons nous concience ?

  17. L’Expansion de ce mois consacre un dossier à l’euro « Euro : stop ou encore » comportant les rubriques ci-dessous.
    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/euro-stop-ou-encore_342097.html
    . Economie-fiction : la fin de l’euro, nous l’avons imaginée…
    . L’impasse de la déflation salariale
    . Le spectre d’un complot anglo-saxon contre l’euro
    . Un sondage exclusif : L’inquiétant pronostic de 30 économistes de renom
    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/avenir-de-l-euro-l-inquietant-pronostic-de-30-economistes-de-renom_342218.html
    . Trois pistes pour sauver l’euro
    1. le salut par le grand saut fédéral
    2. le projet d’un euro coupé en deux
    Avec un interview de Alain Grandjean qui nous expose une solution que ne renierait pas PSDJ.
    « Il faudrait une monnaie commune plutôt qu’une monnaie unique ».
    3. L’idée d’une relance avec filet de protection
    . « La crédibilité de certains états est en cause, pas l’euro » une interview de Jean-Claude Trichet.

    Le volet « Réflexions Tribunes » nous gratifie de plusieurs analyses critiques concernant les Etats-Unis, dont :

    A. « L’austérité salariale cachée de l’Amérique » de Jean-Luc Gréau
    Stagnation et compression des rémunérations, chômage structurel,…..(pas rassurant du tout).
    Extraits :
    USA « (L’économie)or elle va affronter ce qu’il convient d’ores et déjà d’appeler la troisième phase de la crise mondiale, après celle de sa dette privée et celle des dettes publiques en Europe. »
    Europe « Le marasme économique qui frappe l’Europe du Sud gagne les pays de l’Europe du Nord, laissant planer un danger de dépression du Vieux Continent en 2013. »
    Chine « va s »arrêter, si ce n’est déjà le cas…. »
    « Dans ce contexte la banque centrale ne peut rien. Il faudrait …. »

    B. « Chronique d’une décadence annoncée » de Gilles Cosson
    Les Etats-Unis sont ils en récession, vont ils emboîter la voie de la Rome décadente ?

    C. « Obama n’a pas su faire plier les banques » de Georges Ugeux.

    1. « Stabilité, prospérité, solidarité, voilà la devise portée sur l’acte de naissance de l’euro, le 1er janvier 2002. Une décennie plus tard, ce triptyque en forme de promesse a volé en éclats. Non seulement la devise européenne n’a pas protégé le continent des tempêtes financières, mais la croissance s’est évaporée, et un fossé grandissant sépare désormais les bons élèves de la zone des mauvais, sévèrement punis par les marchés et secrètement tentés de quitter la classe.

      Pour sauver l’euro, il faudra aller plus loin, plus fort. »
      « Peu importe la solution, pourvu qu’on ait l’euro ! »
      Il font dans l’humour à l’expansion?

       » Cette hérésie économique, intenable à long terme, menace même sa survie. » Tiens, çà fait écho au titre du dernier billet de m Jorion : « Les civilisations ne meurent pas assassinées : elles se suicident »

Les commentaires sont fermés.