L'actualité de la crise : LA THÉORIE DU CULBUTO, par François Leclerc

Billet invité

Une première – enfin ! – les ministres des finances européens de la zone euro se réunissent aujourd’hui et les dirigeants en feront autant lors du sommet des 18 et 19 octobre prochains, mais il est déjà annoncé que rien ne sera décidé à ces deux occasions ! S’appuyant sur l’accalmie enregistrée sur le marché obligataire – les investisseurs anticipant l’intervention de la BCE – les autorités européennes prennent leur temps et font traîner les dossiers qu’elles ne parviennent pas à régler. Seule annonce attendue, le MES sera opérationnel la semaine prochaine et sera progressivement capitalisé sur trois ans afin de pouvoir au final mobiliser 500 milliards d’euros.

Il est maintenant jugé de manière arrangeante que « la situation des marchés est très loin d’imposer la nécessité d’un programme d’ajustement » pour l’Espagne. Tous les voyants y sont pourtant au rouge : la dette publique devrait atteindre 85,3 % du PIB à la fin 2012 et le déficit vient d’être révisé à la hausse à 7,4 % du PIB, loin des 6,3 % promis. Le chômage touche un actif sur quatre et un jeune sur deux. Mais le gouvernement pourrait bénéficier d’un plan de sauvetage ne disant pas son nom en entrant dans le dispositif par la porte de derrière. Le MES pourrait accorder une ligne de crédit permettant au gouvernement de financer une garantie de couverture des obligations qu’il émet à concurrence de 20 à 30 % des pertes. Il pourrait être aussi envisagé que la BCE intervienne sur le marché obligataire, forte de cette décision, afin de conforter la baisse des taux intervenue depuis l’annonce de son nouveau programme.

À propos de la Grèce, la BCE vient de déclarer qu’il n’est décidément pas question d’accepter une restructuration de la dette grecque qu’elle détient, car cela reviendrait à financer directement un État. Ce qui fait obstacle au financement du délai qui doit impérativement être accordé aux Grecs pour qu’ils puissent revenir (sur le papier) dans les clous, et au déblocage de la tranche d’aide dont le paiement est suspendu depuis juin dernier. Mais combien de temps le gouvernement grec pourra-t-il encore tenir sans faire défaut ? Jusqu’à fin novembre, pas au-delà, déclare-t-il. Ce qui tombe bien, car une réunion des ministres des finances consacrée à la Grèce est prévue le 12 novembre et il va falloir trouver à cette occasion un expédient pour attendre la décision de révision du second plan de sauvetage du pays. Au Portugal, le premier ministre remplace une hausse des cotisations sociales rejetée par les Portugais par une autre des impôts, qui pèse tout aussi lourdement sur les revenus. Des rebondissements sont inévitables.

Très lentement, on s’achemine vers l’adoption d’un paquet global d’aide financière commun à la Grèce, à l’Espagne et à Chypre, solution qui a été demandée par Angela Merkel qui préfère retirer le sparadrap d’un seul coup devant le Bundestag. Mais il faudra y passer.

Sur le front de la dette privée, on n’enregistre pas plus d’avancée immédiate. Le gouvernement espagnol continue de rechercher des investisseurs privés pour prendre au moins la moitié du capital de la Bad Bank qu’il est en train de mettre sur pieds, sans parvenir à intéresser La City à son cas. Comment, dans ces conditions, éviter que l’État n’apparaisse comme allant au final régler la facture ? Le même problème se pose avec le renflouement des banques – en Espagne comme en Irlande, où elles ont également beaucoup fauté – dont le financement européen alourdit un déficit public qu’il n’est pas parvenu à résorber comme prévu, tout financement direct des banques étant bloqué tant que le dossier de l’union bancaire n’avancera pas. Aux dernières nouvelles, toute rétroactivité serait même exclue.

L’Insee française, l’Ifo allemande et l’Istat italienne viennent de rendre publiques leurs prévisions économiques pour la zone euro. « La demande intérieure est toujours pénalisée par de fortes incertitudes économiques et par l’impact de la consolidation budgétaire », concluent-elles en annonçant un recul de l’activité économique en fin d’année, suivi d’une stagnation au début de la prochaine. La zone est globalement en récession, mais l’on parle de croissance nulle ou négative, et l’on ne sait pas pour combien de temps.

Pas de panique, les opérations se poursuivent comme prévu ! Car on en vient à comprendre que c’est l’objectif recherché : la déflation salariale fait rarement bon ménage avec la croissance ! Mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, une affaire d’une dizaine d’années, pas plus, car tout finira par se redresser comme un culbuto… Misère de la pensée économique !

Recommandez par mail Recommandez par mail

Partagez

47 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA THÉORIE DU CULBUTO, par François Leclerc »

  1. « Mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, une affaire d’une dizaine d’années, pas plus, car tout finira par se redresser comme un culbuto… Misère de la pensée économique !”

    Sommes-nous donc bien d’accord que tout cela va prendre une dizaine d’années, et que ce que nous connaissons aujourd’hui comme pouvoir d’achat ne va pas se redresser ?

    1. Ca ne va pas prendre une dizaine d’années , ca va se casser la figure avant!
      Il faudrait des siècles…

      Nixon avait annulé la convertibilité du dollar en or…
      Obama trouvera autre chose pour faire un défaut généralisé sur la dette des USA.

      Aux dépends des couillons aux T-Bonds.

      My name is James…
      James Bond.

      1. il y a bien un auteur américain de roman policier ( Gregory McDonald ) qui a bien imaginé un dollar bleu qui remplacerait le dollar vert mais tout ça sur un mode humoristique .

  2. Le chômage touche un actif sur quatre et un jeune sur deux.

    Non, un jeune actif sur deux, soit un jeune sur cinq, soit sensiblement le taux moyen de la population.

      1. Taux d’actifs sans emploi de la population espagnole des 15-65 ans : 18 %
        Taux d’actifs sans emploi de la population espagnole des 15-25 ans : 22 %

      2. Ils font çà aussi en france : ne sont pas pris en compte les scolarisés, ce qui donnent un « chômage-jeune » élevé. Sans çà le taux est proche de celui moyen.
        Pour autant prendre en compte les scolarisés ne donne pas non plus une appréciation satisfaisante.

      3. Les chiffres de François Leclerc sont corrects. Les deux outils suivants permettent d’obtenir les séries statistiques sur base de différentes tranches d’âges, statuts et répartitions géographiques. Les sélections multiples par critère sont possibles.

        Tasas de actividad, paro y empleo, por sexo y distintos grupos de edad, por comunidad autónoma
        http://www.ine.es/jaxiBD/tabla.do?per=03&type=db&divi=EPA&idtab=28#nogo

        Población de 16 y más años por relación con la actividad económica, sexo y grupo de edad
        http://www.ine.es/jaxiBD/tabla.do?per=03&type=db&divi=EPA&idtab=1

      4. C’est pas les chiffres sur le chômdu des jeunes qui sont incorrects mais leur présentation ! C’est pas « 55 % des jeunes espagnols au chômage » ou pire « plus d’un jeune sur deux au chômage en Espagne » comme écrit et dit partout, mais 55% des jeunes actifs espagnols (42% des 15-25 ans en activité contre 73% pour les 15-65) qui sont au chômage.
        Soit 22% des jeunes espagnols entre 15 et 25 ans qui sont au chômage contre 18% des espagnols entre 15 et 65 ans. Tain c’est lourd les mecs là…

      5. quel intérêt de comptabiliser ceux qui font des études par exemple dans la présentation ? Quelle est la valeur statistique ? Mr Leclerc a voulu expliquer qu’un jeune sur deux qui se présente sur le marché du travail ne trouve pas d’emplois. Enfin, la structure de l’emploi des actifs de 15 à 25 ans serait également intéressante à observer (3h/semaine ?).
        On veut les faire travailler à 15 ans si l’on ose les comparer à la population ! C’est ridicule……
        ps : merci mr Leclerc pour votre liberté d’expression. Vous ne pratiquez pas le compromis avec les chiffres. Votre présentation permet de prendre conscience de la valeur des chiffres. La relativité donne un sens. C’est ce qui manque dans les médias classiques….

      6. Oui, da, vigneron,
        Mais admet quand même que la mauvaise ‘présentation’ de ces chiffres justifie aussi des mesures d’aides ciblées (et parfois bonnes), mais avec à la clé des salaires assez ‘comprimés’…!
        je crois que Bernard Friot parle de ça…?

    1. C’est plus compliqué . Normalement ton raisonnement serait bon …sauf que nombre de jeunes potentiellement actifs ne postulent pas a un emploi restent scolarisés parce que certains de ne pas trouver d’ emploi …….il faudrait estimer ce quota pour pondérer le chiffre global …on peut estimer que parmi ceux qui restent scolarisés , le taux de chomeur potentiel est nettement superieur a celui de leurs congénères .

      1. De toutes façons ces chiffres sont trafiqués. On voit bien que sur la durée le chomage augmente et que ça empire. Dans toute l’Europe.
        Laissons aux crétins la joie d’observer que le chomage US est passé de 8,1 à 7,8…
        Laissons aux crétins la joie d’observer que la France n’est pas en recession avec une croissance de 0% depuis un an…Ha ben oui: 0,05% ça ferait de la croissance et -0,05% de la récession?
        Laissons aux crétins la joie d’etre scotché sur les variations erratiques des chiffres à trés court terme. En terme dynamique, ça empire.
        De toutes façon, l’Espagne bat des records de chomage, et ce n’est pas avec ça qu’elle va avoir de la croissance « au bout du tunnel » en essayant de payer les interets de sa dette à coup de hache sur les salaires, la santé, les retraites. Mais qui croit encore à ce con de Friedman?
        On flanque à la porte des gens pour augmenter la compétitivité, et ça ferait de la croissance?
        Non, c’est pour sauver les meubles.
        Les espagnol ont signé Pacte budgetaire et TSCG, pacte qu’ils ne pourront pas respecter.
        Pourquoi ils ont signé? Parceque le MES va taxer la France et l’Allemagne pour sauver leurs banques pourries. Pour sauver « l’Europe ». Dixit Heill Roth.
        C’est pourquoi ils restent dans l’euro…
        Sinon à quoi bon? Vaudraient mieux qu’ils en sortent et fassent défaut. Il faut une restructuration du Capital, avec mise en faillite ordonnée.
        Réformes structurelles des états=Foutaises!

      2. on fait dire aux chiffres ce qu’on veut selon le bout de la lorgnette par lequel on regarde
        et en ce moment on utilise plutôt le kaléidoscope que la lorgnette
        la désinformation règne en maitresse
        en temps normal c’est déjà pas simple de comptabiliser les actifs dans un pays où le tiers de l’activité au moins se faisait sur l’organisation du travail saisonnier et du travail au noir.
        ainsi beaucoup d’espagnol font plusieurs métiers, 5 à 6 mois dans le domaine des services touristiques 3 mois dans la cueillette du raisin olive maçonnerie etc encore un ou deux mois de travaux divers et l’année est bouclée. ils revenaient annuellement aux mêmes dates dans la même zone de travail pour les mêmes périodes d’embauche
        et là tout est en panne parce qu’en sus rien de ne vend ni s’achète

  3. Merci bc Mr. Leclerc pour votre analyse tres pertinente.

    Le redressement peut durer meme plus qu une dizaine annees, meme deux dizaines, Japon en est deja a 24 annees, sans aucune lumiere de sortie…

    Oui, quelle insoutenable misere de la pensee economique !

    1. A Izarn:

      « Il faut une restructuration du Capital, avec mise en faillite ordonnée. »
      Bien d’accord. Mieux, il faut le Glass-Steagall ou autre forme s’en approchant comme peut-être cette nouvelle règle à venir http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/03/les-banques-francaises-inquietent-pour-leur-modele_1769222_3234.html ou l’interdiction pure et simple de la spéculation, chère à Paul Jorion.

      Bien sûr cette mesure doit s’accompagner d’une Banque de France Nationale,pour un crédit productif afin de financer,à long terme, de grands projets comme l’a fait Roosvelt en son temps. D’ailleurs des projets similaires au New Deal existaient en Allemagne mais n’ont jamais été adopté; on sait où cela a mené l’Europe. Il faut abroger la loi 1973 avec caractère!

      Donc une refonte du système bancaire et un crédit productif: l’un sans l’autre provoquerait un manque de liquidité.

      Une fois le Glass-Steagall réinstauré ou (autre règle rellement efficace): on encourage les projets qui bénéficient à tous (hôpitaux, transports…) et on impose des taux exorbitants à ceux qui veulent créer un casino au bord d’un lac. Sachant qu’en plus, s’ils font faillite, ils n’ont droit à rien.

      En clair: « vous voulez spéculer? Pas de problème, vous êtes libres, on est pas des dictateurs… par contre vues les taxes et le taux que vous allez supporter, vous allez rapidement préférer investir votre argent dans le financement du Maglev européen que dans vos machines à sous! »

      Pour ce faire, il faut que chaque culture/pays décide du maillage de son territoire, en coopération avec ses voisins. Pour ce faire, il faut que l’ensemble de ces pays ait une vision claire et indicative (qui peut évoluer dans le temps) en termes de projets d’aménagement du territoire européen, voire eurasiatique, pour les 50 prochaines années.

      Pour ce faire, il faut que 2 pays puissent savoir entre-eux à combien va leur revenir leurs projets communs et à long-terme! Comment? En instaurant des taux de changes fixes : principe de Bretton Woods.

      Pour ce faire, la mission première du Parlement, d’un député, c’est pas de voter des lois, mais des grands projets. Une fois un projet voté et dont le coût est établit, il est demandé à la Banque de France de faire une avance de crédit productif au Trésor, qui sera remboursé au fur et à mesure de la réalisation du projet (et les billets sont détruits au fur et à mesure, ce qui interdit l’inflation).

      Résumé: Banqueroute organisée du système -> on s’entend entre représentants de pays sur l’avenir des peuples à 50 ans (Bretton Woods) -> Chaque pays vote ses propres projets + les projets communs (émission de crédit productif public sur la base des principes d’économie physique d’Alexandre Hamilton) -> la spéculation ne sert à rien (entreprise indépendante pour ceux qui en veulent) et les banques ne servent que le nouveau principe d’économie (Glass-Steagall).

      C’est simple!

  4. ce qui serait interessant c’est de cerner la part des activités novatrices qui sont un peu les chevaux sur lesquels on mise en ce moment pour voir se dessiner l’esquisse de la zone de reprise( éventuelle) la zone de rééquilibrage du culbuto en quelque sorte
    logiquement pendant la période de ralentissement stagnation on devrait demander aux gens de se former pour aller dans cette direction afin de se préparer.
    comme on ne dit ni ne fait rien doit on en conclure qu’on va simplement abandonner le navire qui coule et tous les passagers à bord?

    j’ai vaguement vu passer des encouragements pour valoriser la formation en mécanique
    préparerait ton une parade au tout électrique?
    le retour de la science des engrenages pour démultiplier l’énergie?

  5. Tiens ATTALI, parle…
    de l’Amérique, enfin des USA and NOW ?
    5 ans ont passé et retour à la case départ.
    Merci, on prend note du cycle : « ATTILA ».

  6. Excusez un léger hors sujet, mais comme nous parlons ici d’économie, et de manière sérieuse, j’ai voulu savoir le parcours d’un éminent spécialiste de l’économie , un autre François, qui intervient régulièrement à la télé comme un oracle:

    François Lenglet passe son enfance près de la forêt de Sénart en Île-de-France2. Sa mère est professeur de français et latin et son père dirige une entreprise dans l’industrie chimique2. Titulaire d’une maîtrise de lettres modernes et d’une maîtrise de philosophie2, il débute comme journaliste à l’agence de presse A Jour en 19833. De 1985 à 1986, il est rédacteur en chef de Minitel magazine3. De 1986 à 19894, il vit en Asie : il est professeur de littérature française à Shanghai (Chine)2 et correspondant en Asie pour la presse française, notamment L’Express5,3. De retour à Paris, il travaille au magazine Science et Vie Économie de 1989 à 19913.

    En 1991, il entre au magazine économique L’Expansion4. Il devient chef du service Économie en 1994 puis rédacteur en chef en 19973, puis directeur adjoint en 19982.

    De 2000 à 2008, il est directeur de la rédaction de Enjeux-Les Échos2, supplément mensuel au quotidien économique Les Échos.

    En 2008, il rejoint le quotidien économique La Tribune, devenant rédacteur en chef puis directeur de la rédaction2.

    1. Mon cher Lars, il existe un moyen de rectifier les imperfections qui jalonnent votre commentaire.
      C’est: « modifier ». Ensuite, vous pouvez publier.

      1. Cher(e) Cougar19,
        Le paragraphe qui suit les deux points concluant mes trois premières lignes, n’est qu’un copié/collé de Wikipedia. Je ne commente rien du tout, je partage une info . Modifier ???

      2. Cher(e) cougar19 avant de parler de modifier il faudrait parler de relire…

        (Je serais très intéressé par une discussion sur le sujet suivant: pourquoi apprend-on à l’école à écrire sur une feuille de papier avec un stylo mais pas à le faire sur un écran avec un clavier? Les réponses que j’ai trouvé sont 1) parce que les dactylos tapaient sur leur machine des textes qui avaient été écrits au préalable sur une feuille de papier   2) parce que beaucoup d’instituteurs ne savent pas écrire correctement avec un clavier et que ceux qui savent pensent ne pas avoir eu besoin d’apprendre à le faire   3) parce que le ministre du Budget s’y oppose.)

  7. tu achètes un truc auquel tu ne tiens pas parce que tu l’as payé des clopinettes pour faire un boulot à ta place que t’as pas envie de faire.
    Tu le jettes soit quand il est cassé (marche plus et personne ne sait ni ne veux le réparer) et tu le remplaces par un truc pas plus solide mais qui fait à ta place un truc de plus. Super!
    En même temps, pour que le paye des clopinettes, y’en a qui bossent comme des esclaves quelque part pour te le vendre pas cher.
    Puis y’en a qui sont payés des clopinettes pour faire disparaître ton truc antérieur parce qu’il pollue…comme ça coûte cher, ce sont « des » dans des pays sans lois et donc sans protection qui essaient de réparer, de reconstruire, de transformer ou de dissimuler ( au choix).
    Nous sommes des abrutis ridicules.

  8. À propos de la Grèce, la BCE vient de déclarer qu’il n’est décidément pas question d’accepter une restructuration de la dette grecque qu’elle détient, car cela reviendrait à financer directement un État.

    Dans ces conditions, et avec de tels arguments, la restructuration globale des dettes européennes n’est pas pour demain ! Comme le suggère la fin du billet, on dirait qu’ils ne veulent pas de solution : mais les marchés ne vont-ils pas finir par se mettre en colère ? De tous les états d’âme qu’on leur prête, celui-ci serait nouveau.

    1.  » mais les marchés ne vont-ils pas finir par se mettre en colère  »

      Ils vont se prendre une baffle de la main invisible ?

      La seule chose que je constate ici sur le marché, c’est que la tendance a la déflation continue….
      Dans la « vraie » vie , la récession se confirme de Samedi en Samedi….
      Et le « marché » a déjà triste mine, la dépression n’est pas loin….

    2. Les marches, faut pas en avoir peur. Qu ils se fâchent comme en Grèce, et on fera défaut. Général. Et qui tremblera ? Septembre 2008, le marche a pris un uppercut, il s est relevé. Faut le mettre k.o pour de bon.

    3. Ca veut dire que la BCE a plein d’obligs pourries de la Grece dans son bilan, et pour pas que la BCE fasse faillite il faudra que le contribuable paye…
      Comme l’euro n’est pas une monnaie d’échange, elle peut faire faillite, ce qui est moins le cas de la Federal Reserve.

      Bien sur si la BCE pouvait rouler la dette grecque à faible taux, la Grece ne ferait pas défaut.
      Mais c’est interdit.
      Donc la Grece va faire défaut, et nous on va payer la note.
      Merci Merkel, merci Hollande!
      Merci les abrutis.

      1. Techniquement,
        Quand la bce peut elle être déclarée en faillite ?

        Me semblais avoir compris que la notion n’avait aucun sens ds ce cadre là…

      2. Je tente une explication mais ce n’est que ce que j’en ai compris, il y aura certainement plein d’erreurs mais peut être d’autres contributeurs-ices éclaireront mon propos.
        Donc techniquement la BCE ne doit pas pouvoir faire faillite (au sens commun ne plus pouvoir payer ce qu’elle doit, des intérêts, ou des rachats de dettes à des investisseurs-euses, etc…), puisqu’au pire elle peut créer la monnaie dont elle a besoin.
        Par contre je pense qu’elle peut être en faillite de fait, si la monnaie qu’elle émet n’a plus de valeur, si plus personne n’en veut. Quand elle rachète de la dette de pays en difficulté, tant que le pays n’est pas en défaut on peut considérer que le titre qu’elle a payer 100, vaut 100. Par contre si le pays se déclare en défaut et ne payera pas, il y aura 100 qui ont été émis pour rien en échange. De mon point de vue c’est à ce moment là qu’on connaîtra de l’inflation (peut être  »hyper »), dans ce cas la BCE ne sera pas en faillite, mais elle n’aurait plus de moyens de faire quoi que ce soit (ce qui revient au même), ses moyens d’intervention (créer de la monnaie euro ou faciliter sa circulation,…) ne pouvant plus avoir d’efficacité si l’euro ne vaut rien et plus personne n’en veut, quand à sa mission de contrôle de l’inflation il serait tout aussi illusoire de la voir augmenter ses taux, ce qui aurait pour conséquences de renchérir une monnaie qui ne vaut rien (2% de rien, ça fait rien !!).
        De ce point de vue les faiblesses de la bourse (en valeur et en volume) sont peut être des signes avant coureurs.

      3. Permettez moi de douter qu’une monnaie en activité dans la zone éco la plus importante du monde puisse ne rien valoir. D’autant que l’Allemagne fera tout son possible pr juguler l’inflation.
        En toute franchise je ne vois la fin de la BCE que dans la dissolution de l’euro, et je trouve le terme « faillite » assez inapproprié pour décrire la chose.

  9. Hors sujet.
    « Un dirigeant syndicaliste sud-africain a été abattu vendredi 5 octobre, dans la soirée, dans une ville du nord-ouest du pays où de violentes grèves à la mine de platine de Lonmin ont déjà fait 46 morts, a annoncé samedi son syndicat. »

    Après l’apartheid racial, l’apartheid social.

  10. Voter LAZARD ET ROTHSCHILD, n’ayez aucune crainte.

    C’est-y pas un slogan majuscule de 40 ça ?
    Why not BNP ou DEUTSCHE BANK ?
    Prépare ta p’tite valise Jorion…

  11. je travaille pour des sociétés Catalanes …donc pas vraiment l’Espagne, je peux vous dire qu’ils ont une angoisse indescriptible tant ils sentent l’Espagne – Madrid le gouvernement central- vouloir leur faire payer très cher leur spécificité industrielle et leur besoin d’aide. pensez-bien que la Catalogne est la Ruhr de la péninsule Ibérique ! je peux vous dire que les Catalans donneraient cher pour être de l’autre côté des Pyrénées …le modèle économique Aznar est un trompe l’œil incroyable l’Espagne a été une machine à laver tout l’argent sale et pourri en provenance du Maroc et de l’Amérique Latine, dans l’immobilier tout y était coulé, déjà en 2005 je lisais des articles sur l’économie espagnole, décrivant la présence prédominante de l’argent de la drogue et ces articles précisaient , à l’époque, une explosion à terme de cette bulle immobilière et sale, ces articles étaient écrits par des journalistes espagnols, américains ou anglais, pas français …je lisais cela couramment dans Courrier International ou autres , et quant le mal est apparu je n’ai malheureusement pas été surpris ni les Catalans non plus ! à voir petite vidéo trouvée au hasard d’une recherche, instructif … http://www.youtube.com/watch?v=CFte-DuOeDM …et édifiant !

      1. La question m’a d’abord paru un exagérée, puis, à la lecture, l’on comprend vite qu’elle est malheureusement réaliste ! C’est triste à dire, mais des révoltes populaires pourraient bien conduire à des dictatures fascistes.

    1. Excellente pédagogie!
      Ils oublient quand meme, que si le crédit a si bien fonctionné, c’est parcequ’il sont dans la zone euro, avec implicitement et désormais directement deux pays qui se portent garant: La France et l’Allemagne.
      Avec la peseta, ils auraient eu du mal pour récuperer l’argent sale.
      CQFD…

    2. @ gisse

      Votre message est un ramassis simpliste et biaisé de lieux communs, raccourcis et généralisations. La substantifique moelle de ce qui se passe actuellement en catalogne se résume en 3 mots « nationalisme de riches ». Le même à l’œuvre chez pas mal de démocrates solidaires, du genre de vos interlocuteurs « catalans », en flandre, padanie, pays basque ou tripleAland.

      Puisque vous vous étiquetez grand lecteur, je vous offre une piste de réflexion qui pourrait vous mener là où vous ne semblez pas vouloir envisager d’aller, attention donc aux certitudes rassurantes qui risquent d’en prendre un coup: quelles sont les deux régions d’espagne que la dictature franquiste a favorisées sur le plan du développement économique au détriment de toutes les autres ? Un indice : voir ci-dessus. Les misérables d’andalousie et d’extremadure, aujourd’hui symboles de la fainéantise qu’ils vomissent et source de tous leurs problèmes, sont partis par centaines milliers construire ces grands pays laissant les leurs dans la misère.

      Après, s’il vous reste un peu de temps et d’esprit critique, passez faire un tour ici, cela ébranlera peut-être les lignes d’un très élémentaire les-gentils-cowboys-face-aux-méchants-indiens qui se dégage de votre exposé: http://catalunyasincorrupcion.blogspot.com

      1. @Lazarillo de Tormes
        « nationalisme de riches »
        Les revendications autonomistes sont bien antérieures à cette crise.

        « quelles sont les deux régions d’espagne que la dictature franquiste a favorisées  »
        Ces 2 régions que vous citez étaient déjà les plus industrialisées d’Espagne. Vous racontez n’importe quoi. Franco a interdit l’usage du catalan, il n’a jamais favorisé cette région et encore moins ses habitants. Le « développement » auquel vous faites référence, tient plus de l’expropriation des notables locaux pour être remplacés par des franquistes qui ont alors constitué des fermes agricoles de milliers d’hectares et autres, sous-payant les ouvriers, quand ils les payaient.

      2. @ Pignouf

        Pour que les choses soient claires, je suis en faveur du droit à l’autodétermination et d’avis qu’une indépendance de la catalogne et du pays basque serait une bonne chose pour un développement et une prospérité homogènes, non polarisés et justes du reste de la péninsule ibérique. Je vous le répète, le prix de la loyauté de 1939 à 1975 a été la remise des clés par la dictature franquiste aux grandes bourgeoisies basque et catalane ce qui a conduit au développement asymétrique de ces deux régions au détriment du reste du pays et avec les ressources humaines apportées de ce dernier. C’est vous qui êtes à côté de la plaque comme souvent lors de vos interventions.

        Les mouvements nationalistes exclusifs qui foisonnent en ces temps de crise en europe sont, à mon sens, un pas en arrière dans la danse du pas-en-avant-pas-en-arrière entamée à l’adoption du bipédisme par nos lointains ancêtres.

        Franco a interdit l’usage du catalan

        Le catalan est un langue qui se porte très bien surtout au sud du Perthus, comme le basque au sud d’Hendaye d’ailleurs, mais rassurez vous quand les adeptes du mythe des « països catalans » (http://en.wikipedia.org/wiki/Pa%C3%AFsos_Catalans) version locale et contemporaine du Großdeutschland (http://en.wikipedia.org/wiki/Pan-Germanism) de jadis pourront se concentrer sur l’étape suivante, nul doute qu’ils propulseront le pourcentage d’usagers du catalan à Perpignan vers des niveaux plus courants plus au sud. Je vous donne rendez-vous pour en reparler alors.

        Au cas ou vous auriez des doutes quant à la suite des évènements, une petite visite s’impose: http://www.catalunyanord.cat

  12. La chronique de Michel Santi, économiste

    Ceci n’est pas un cygne noir

    Oublions tout ce qui a été dit sur les 1% et sur les 99% restants! Car, de nos jours et quoi qu’on en dise, la ligne de fracture la plus choquante n’est pas entre les plus riches et les autres. Elle est plutôt entre celles et ceux qui vivent dans le déni et ceux qui ont compris l’extrême gravité de la crise que l’on traverse. Sachant que le terme de « traverser » n’est certainement pas le bon car il implique une notion de passage vers un après-crise – or rien ne permet aujourd’hui de conclure présomptueusement que la crise tire à sa fin. Elle est donc là, cette ligne de démarcation idéologique entre ceux qui sont conscients que notre monde doit radicalement changer, et ceux qui sont sûrs – et qui tentent de se persuader – que demain sera comme hier. La vraie ligne de fracture réside donc aujourd’hui entre ceux qui ont un cancer en phase terminale, qui veulent le savoir pour l’affronter et pour se préparer à l’inéluctable, et ceux qui préfèrent l’ignorer. Si ce n’est que, dans la vraie vie, celles et ceux qui vivent et qui sont aujourd’hui confortables dans leur déni ne font qu’aggraver la situation. Car cette attitude de déni freine l’ensemble de la société et l’empêche de trouver des solutions alternatives. Ces négationnistes d’un nouveau genre représentent ainsi un poids mort pour l’ensemble de la société, qui se retrouve paralysée par leur négation de la réalité.

    La suite…

    6 octobre 2012 at 9 h 17 min
    La chronique de Michel Santi, économiste

    Derrière l’austérité se dissimulent des enjeux fondamentaux

    La communauté financière internationale exige de la part de nos nations un retour aux équilibres budgétaires. Pourtant, les États ont quasiment perdu tout pouvoir sur leur politique économique car ils ont renoncé à peser sur les variables financières. La dérégulation progressive ne s’est-elle effectivement pas traduite par une détermination des cours des monnaies par le seul marché des changes, par une spéculation boursière permanente (où les actions peuvent être cotées jour et nuit) fixant minute par minute la capitalisation d’une entreprise, par un marché obligataire brassant des sommes phénoménales prêtées – ou au contraire soustraites – à des débiteurs privés, voire à des États ? C’est donc dans un environnement où les produits financiers structurés, où les dérivés et autres instruments dits « exotiques » ont confisqué aux États – même les plus puissants comme les États-Unis d’Amérique – la substance même de leur pouvoir économique et financier que la communauté financière exige de leur part une consolidation fiscale qu’ils n’ont plus les moyens de mener à bien. La puissance de nos États a ainsi été insidieusement diluée par la mondialisation libérale dans un contexte où nos entreprises sont totalement dépendantes de la globalisation.

    La suite…

    1. Paco76 connaît ses classiques dans le domaine de la misère !
      Avant-hier, nos Rois puissants avaient des Bouffons.
      Hier, nos Présidents élus avaient des Comiques, pour se moquer d’eux.
      Et Aujourd’hui,… La cible de nos fines railleries seraient les Propriétaires de la « Tour de la Finance et du Pouvoir » que peu ose finalement critiquer en affirmant certaines vérités gênantes, et plus, en dénonçant leurs inepties, avec une certaine drôlerie parfois, (voir prochainement « La survie de l’espèce »).
      Mais, peut-être décerneront-ils aussi un prix « d’Humour Économique » au livre de Paul que vous citez « La misère de la pensée économique » !
      Misère, Misère, MisèrEUX !!
      Demain, un classique ?… À « ranger » dans le rayon des Essais comiques, à côté du livre « L’histoire d’un mec »…
      Hier, le bouffon était, disait-on, le Fou du Roi ! Aujourd’hui la folie aurait-elle changé de camp ? Où est le Roi, qui est le Fou ? Des deux qui perdra la tête le premier, de quelle « case » viendra l’échec ?
      Bon Dimanche, bien que Le ciel soit tout gris mat.

Les commentaires sont fermés.