L'actualité de la crise : L'HORREUR DU VIDE, par François Leclerc

Billet invité

La récente tentative de stabilisation de la crise européenne de la dette repose comme on le sait sur deux piliers : une union bancaire destinée à surveiller et renflouer les banques, et un programme de stabilisation du marché de la dette souveraine soutenu par la BCE. Leur objectif commun est d’enfin maîtriser un désendettement chaotique menaçant de dégénérer en permanence.

Mais ces dispositifs, annoncés encore une fois à grand fracas, ont vite pris l’apparence de pétards mouillés, faute de pouvoir être appliqués dans la foulée et en raison même de leur conception. Les banques allemandes, finlandaises et hollandaises ne sont pas prêtes à se cotiser pour contribuer à aider leurs consœurs en péril, et la BCE ne peut intervenir tant que le gouvernement espagnol continuera de faire traîner les choses en longueur, soutenu en cela par un gouvernement allemand prisonnier de ses échéances politiques de l’automne prochain.

Un grand dessein, comme les dirigeants politiques les affectionnent tant – une vision disent-ils – est parallèlement en préparation. Il vise à renforcer par étapes l’intégration européenne sous ses aspects fiscaux, bancaires, économiques et politiques (écartant comme à l’accoutumée le volet social). Une longue marche est entreprise, qui va donner du grain à moudre aux dirigeants européens sur leur terrain d’excellence : celui du compromis bancal. Le tout présenté comme étant la solution à la crise et permettant de poursuivre la stratégie de déflation salariale entreprise. Tout cela tient beaucoup du discours et prétend isoler la crise de la dette européenne de celle de toute l’économie occidentale.

Deux phénomènes perturbent par avance la bonne marche de ce plan dont le lent rythme de réalisation n’est pas synchrone avec celui de la crise : l’approfondissement de la récession européenne et la crise sociale et politique combinée qui monte. Symbole du premier, l’économie française va selon l’INSEE continuer de stagner pour le cinquième trimestre consécutif, augurant mal la concrétisation des projections gouvernementales de croissance (+0,8 % en 2013) sur lesquelles le budget est bâti. La fragilité croissante des coalitions gouvernementales grecque et portugaise, ainsi que celle du gouvernement espagnol créent de leur côté une situation potentielle de vide inquiétante : il n’est plus possible de renvoyer le sortant pour promouvoir son opposant, cela a déjà été fait !

Les politologues évoquent le malaise qu’ils ressentent sans l’analyser, pour souligner le danger populiste, préférant agiter ce repoussoir plutôt que de prendre l’exacte mesure de ce qui traverse la société et une opinion publique à qui les dirigeants politiques ont de plus en plus de mal à en conter. Quant à la crise sociale, elle n’est pas de leur ressort ! S’il n’a pas de traduction politique, le désamour ne s’approfondit pas moins. Il donne une nouvelle dimension à ce qu’il serait erroné de traduire par de la simple résignation, mais qui doit plutôt être qualifié de contestation rampante en mal d’expression. À qui la faute si les gouvernants ne savent pas y apporter de réponse ?

Progressivement, la crise s’étale géographiquement et acquiert de nouvelles dimensions. Dernière étape en date, elle est un mélange inédit de crise sociale et politique.

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144 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L'HORREUR DU VIDE, par François Leclerc »

    1. Merci de vos analyses à chaud, ce que la plupart des économistes professionnels se refusent à faire. Je préfère personnellement que l’on parle des politologues ou économistes du mainstream financiaro-médiatique plutôt qu’en général: rendons à César ce qui est à César.

      L’alliance européistes intégristes- néolibéraux débouche sur le carré magique pour l’oligarchie financière, carré infernal pour les citoyens travailleurs.
      – libéralisation totale des mouvements de capitaux vers les paradis fiscaux convertissant les « aides » des travailleurs con-tribuables en tonneau des Danaides au profit des ultra-riches; -démantèlement de la protection sociale;
      récession structurelle et chômage toujours plus élevé jusqu’au taux hallucinant actuel de 25% en Grèce et en Espagne.
      -précarisation croissante du travail.
      D.Cohn Bendit, un intégriste parmi d’autres, sur France Inter ce matin ne savait plus s’il était « de gauche ou de droite ». Un aveu intéressant pour ses électeurs qui le croyaient à gauche.
      Elle débouche aussi sur l’impasse. Les pays encore du « bon » côté pour les marchés spéculatifs à un moment donné ne paieront plus parce qu’ils ne voudront ou ne pourront plus. On passera alors à la monnaie commune si tout va bien.

      La monnaie unique c’est l’Europe inique.
      L’euro commun créera l’emploi demain

      1. « D.Cohn Bendit, un intégriste parmi d’autres, sur France Inter ce matin ne savait plus s’il était « de gauche ou de droite ».  »

        Cohn Bendit et un autre Vert (J.V. Placé) ont publiquement dit qu’on pourrait bien se passer d’élections.

      2. Sources et contextes des « citations » des « intégristes » Placé et DCB («intégristes » et opposants pour quelques mois encore à l’intérieur de EELV puisque le second a annoncé qu’il abandonnera la politichiennerie à la fin de son mandat – va bosser pour GS la canaille Dany bien sûr, hein Merlot M’écoeure ? ), pignollo…

      3. @Pignouf / Merl
        Comme disait Desproges: « Cher Cohn…Permettez que je vous appelle par votre prénom…? »
        D-C-B, club des ex ‘anars’ qui ont trouvés à la fois un Dieu et un maître…

      4. Ariane Mnouchkine, le meilleur de la lignée 68 – et même avant – elle en a gardé l’esprit ! elle construit sans relâche, avec sa troupe, en auto-gestion …

        DCB, parmi les pires : a trahi tous ses idéaux ( à supposé qu’il en ait jamais eu ), a basé sa carrière sur une photo célèbre … c’est bien peu … cela annonçait l’époque à venir : les années 80, 90 …

  1. dans la mesure où notre société est basée sur la consommation, la richesse, même apparente est en europe et aux USA, et dans une moindre mesure, liée à une faible population, au canada et en australie, (les brics semblent émergés mais la pauvreté est la partie immergée de l’iceberg et la relance de l’économie ne peut pas venir, en terme de consommation, d’eux) l’économie ne peut pas redémarré sans augmenté le pouvoir d’achat. La situation en grèce en est la preuve (j’en reviens), les gens ne paie plus l’impôt, à l’instar les armateurs, l’église et l’armée. La majeur partie des transactions se réalisent au « black » ou les montants sont fortement minorés. En Espagne il en est de même. Lors d’un achat d’un bien immobilier, il est courant que 40% se fasse en liquide (il y a 2 ans c’était de l’ordre de 20%). En France, pour obtenir une réduction sensible (50%) sur par exemple des fringues, il faut payer en liquide (j’en ai fait l’expérience). Tentez l’expérience, vous verrez. Cette réaction n’est ni plus ni moins que de l’auto-défense afférente à une perte de crédibilité de la classe politique qui se comporte comme les ci-devants avant 1789.

    1. @ dedelacane 5 octobre 2012 à 14:25

      En France, pour obtenir une réduction sensible (50%) sur par exemple des fringues, il faut payer en liquide (j’en ai fait l’expérience).

      Voila un témoignage qui n’incite pas à la fraude fiscale. C’est avec un état d’esprit du « chacun pour soi » qu’on torpille la collectivité. Y pensez-vous?

      1. C’est que le « petit peuple » apprend vite, il se dit que puisque les zélites le font , il n’y a pas de raison pour que ces « gens d’en bas » ne tentent pas d’arrondir leur fin de mois difficile…
        Quand on vous dit que c’est une agonie…..

      2.  » C’est avec un état d’esprit du « chacun pour soi » qu’on torpille la collectivité. »@jd40.
        C’est l’hôpital qui se fout de la charité, mon pôv’.
        De quoi vous plaignez-vous, idéologue Ducac : vous qui pensez que les cellules, et pourquoi pas les atomes, sont et ont toujours été capitalistes ? Vous rendez-vous compte que vous ne faites que ressasser la mystique bourgeoise qui consiste à se voir comme l’aboutissement naturel de toute forme de vie ? Depuis que je lis ce blog vous ne faites que cela, et vous moralisez au nom de la collectivité, je vous prie, pour une petite historiette de paiement en liquide et de jouer au bazar de Marrakech ?

      3. @ jducac

        C’est, mon cher, que l’exemple venant de si haut, il ne peut qu’il ne fasse des émules parmi la piétaille. Le petit peuple est moutonnier, c’est bien connu.

      4. @ alkali 6 octobre 2012 à 10:48
        C’est effectivement mieux quand l’exemple vient d’en haut. Mais il y a des initiatives venues du bas qui ont eu de grands effets sur le monde. Jésus, Mahomet, Gandhi, Martin Luther-King, Mandela et bien d’autres, illustres ou inconnus en très grands nombres.

        Ils ont agit en conscience, c’est-à-dire en se forgeant une conviction personnelle du bien ou du mieux au lieu de se laisser aller à trouver chez d’autres des motifs d’ agir personnellement mal, et, comble de la mauvaise action, de s’employer à la propager.
        A trop vouloir salir ceux d’en haut pour s’exonérer de ses fautes, c’est souvent s’enfoncer davantage.

  2. De Wever estime que la Belgique et l’UE ont les mêmes vices de construction.

    Dans un entretien accordé au journal catalan La Vanguardia, le président de la NV-A évoque notamment les transferts financiers du Nord vers le Sud.

    http://www.lesoir.be/94128/article/actualite/belgique/2012-10-05/wever-estime-que-belgique-et-l%E2%80%99ue-ont-m%C3%AAmes-vices-construction

    OpenEurope writes: « As is traditional, a leaked copy of the next EU Summit Conclusions has already been making its way around the media before the Oct 18-19th meeting »

    – As it is still an early draft, little can be drawn from these ‘conclusions’ but so far the officials charged with drawing them up seem to have dropped in something for everyone.

    http://ransquawk.com/headlines/openeurope-writes-as-is-traditional-a-leaked-copy-of-the-next-eu-summit-conclusions-has-already-been-making-its-way-around-the-media-before-the-oct-18-19th-meeting-05-10-2012

    Chiffres du chômage US hyper truqués comme par hasard se sont les derniers avant l’élection.

    NFP Prints 114K, On Top Of Expectations Of 115K; Unemployment Rate Tumbles To 7.8% On Expectations Of 8.2%.

    Complete preelection « massaging » farce.

    http://www.zerohedge.com/news/2012-10-05/nfp-prints-114k-top-expectations-115k-unemployment-rate-tumbles-78-expectations-82

  3. Le capitalisme a modifié les lieux géographiques des sources d’approvisionnements comme l’alimentation, l’hygiène et les produits de première nécéssité. Jadis au centre ville, la plus grande masse se situe en périphérie de nos jours, et crée une dépendance à l’utilisation d’énergie, au prix de l’énergie et, à effectuer de longue distance (marche à pied).

    Lors de krach économique, comme l’hyperinflation, les lieux de consommation sont éloignés géographiquement. Cette distance a de l’influence car les courses pèsent lourds en poids, et ne sont que faiblement réalisable pour des habitants des environs. De plus, les prix se calculent en milliards, et deviennent inaccessible par le paiement, ce qui n’empêchera pas les gens d’aller vers ses lieux de consommation.

    Comme les centres commerciaux avec grande surface concentrent sur un petit périmètre, les ressources d’alimentation, d’hygiène et de produits de première nécéssité, pour vivre en société. Les petits commerces ayant quasiment disparus pour répondre à une demande urbaine, et aussi à la campagne.

    L’accès à certains types de consommation doit demeurer local, ce qui permets de s’organiser et de se protéger en cas de crise. Le survivalisme (voir sur internet) devenant par là-même, le seul moyen pour survivre en société.

    1. Dans l’avenir les sources d’approvisionnements vont revenir dans le centre des villes qui auront diminué de taille et la crise qui va en trainer ses changements a déjà commencé…

  4. Barroso appelle à un accord politique sur la cohésion et le budget européen.

    BRATISLAVA – Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exhorté vendredi les pays membres les plus riches de l’UEà maintenir le financement de la politique de cohésion des 27, afin d’aider les plus pauvres, alors que le budget européen fait actuellement l’objet de discussions tendues entre Bruxelles et les contributeurs nets.

    http://www.romandie.com/news/n/_Barroso_appelle_a_un_accord_politique_sur_la_cohesion_et_le_budget_europeen70051020121438.asp

    Trop beau pour être vrai bien entendu..

    USA: le taux de chômage tombe à son plus bas depuis l’élection d’Obama.

    WASHINGTON – Le taux de chômage des Etats-Unis est tombé à 7,8% en septembre, son niveau le plus faible depuis l’accession au pouvoir du président Barack Obama en janvier 2009, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington.

    Il a reculé de 0,3 point par rapport à août, en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé le département du Travail, alors que la prévision médiane des analystes le donnait stable à 8,1%.

    A un mois et un jour de l’élection présidentielle américaine qui opposera le président sortant au représentant du Parti républicain, Mitt Romney, cette nouvelle est pain béni pour la campagne démocrate.

    Elle tombe d’autant mieux qu’un des leitmotiv du camp adverse était d’accuser M. Obama d’être responsable du maintient d’un chômage supérieur à 8% depuis le mois ayant suivi son entrée à la Maison Blanche.

    http://www.romandie.com/news/n/_USA_le_taux_de_chomage_tombe_a_son_plus_bas_depuis_l_election_d_Obama83051020121442.asp

    Les 49 millions d’Américains qui recoivent des ‘food stamps’ ou sont ils?La population active est comme par hasard à son plus bas niveau depuis..1981.

    La Hongrie prévoit une récession en 2012, et de nouvelles mesures d’austérité.

    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_la-hongrie-prevoit-une-recession-en-2012-et-de-nouvelles-mesures-d-austerite?id=7850546

    L’action Dexia suspendue vendredi après-midi à la Bourse de Bruxelles.

    La cotation de l’action Dexia a été suspendue vendredi-après midi, pour une durée indéterminée, à la Bourse de Bruxelles, annonce l’autorité de régulation des marchés FSMA.

    L’action a été suspendue à la demande de l’entreprise, dans l’attente de la publication d’un communiqué de presse.

    rtbf belga

    1. La population active US est tres certainement faussée aussi par les retraités qui doivent faire des jobs de complement pour compenser leur pension.

  5. Le danger populiste

    C’est la guerre contre le bolchévisme qui repart à fond les ballons. Ils nous embêtent ces pauvres utopistes. Vous voulez une politique sociale alors vous aurez la guerre.
    Le mot « populiste » lui aussi est bien choisi, ça donne pas envie d’en être. Le raisonnement et l’intelligence ne suffisent plus.

    Saint Marc 2, 1-12

    Lève-toi, prends ton brancard et marche

  6. « Progressivement, la crise s’étale géographiquement et acquière de nouvelles dimensions. Dernière étape en date, elle est un mélange inédit de crise sociale et politique. »

    Que pouvons-nous espérer d’autre ?

    Les économies de la vieille Europe sont en concurrence avec le reste de monde, et plus rien ne justifie, à moyen terme, que notre pouvoir d’achat soit encore plus du triple de la moyenne mondiale.

    Nous avons délocalisé une partie de nos emplois, nous avons peu de matières premières, très peu d’énergies fossiles, et l’enseignement de nos pioupious pleins d’avenir est simplement dans la moyenne. Il va falloir l’assumer un jour.

    Mais pour faire accepter à une population européenne pour qui la suprématie matérielle va de soi, une réduction de son pouvoir d’achat avec pour compensation un bien-être qualitatif, cela va prendre du temps, beaucoup de persuasion, et certainement « un mélange inédit de crise sociale et politique. »

    1. Pourquoi ce qu’on pouvait faire dans les années 60 – 70; plein emploi, protection sociale, grands projets (TGV, Concorde, le France, le nucléaire, le CNRS…), on ne pourrait plus le faire aujourd’hui, alors que la productivité a beaucoup augmentée, et qu’on n’avait pas davantage de matières premières ni de ressources énergétiques (on en aurait même plutôt plus aujourd’hui grâce au nucléaire). Et nous n’avions pas une armada de petits chinois travaillant pour nous payés à coup de bols de riz., et quid de la dette ?

      Il faut aussi se poser ce genre de question.

      1. Nous sommes en concurrence avec le reste du monde pour des ressources que nous devons importer. Pour payer ces importations, nous devrions exporter pour des montants équivalents de produits concurrentiels, ou nous endetter. Nous avons choisi la seconde solution. Nous ne produisons plus de produits exportables en quantité suffisante pour occuper notre main d’œuvre et pour payer nos importations.

      2. Parce que le taux de profit a fini par chuter tellement,
        par l’augmentation de la composition organique du capital,
        que le capital a du relever considérablement le taux d’exploitation.
        Puis il a du, faute de pouvoir d’achat, donner libre cours à l’endettement,
        public comme privé, jusqu’à l’explosion de ces bulles.

        On en sortira, à condition de rompre le cadre capitaliste…
        Mais comme le capital dispose d’Etats répressifs et de politiciens
        chargés de nous détourner de l’affrontement vers l’abattoir des urnes,
        cela prendra encore quelques années, sans aucun doute.

      3. En 1945, l’europe était ruinée, bombardée, des million de morts, un état sanitaire lamentable, les retraités n’avaient plus de rente…
        Alors on a reconstruit…
        Après la reconstruction, il fallait faire des choses pour que la « croissance » continue.
        La croissance du chiffre d’affaire, bien entendu!
        Et c’est la que tout a commencé à aller mal…
        Un jour, tout sera démoli, et on recommencera à reconstruire.
        Ainsi va le Capitalisme, car bien entendu il n’est pas capable de se réguler.
        Plus con tu meurs…

      4. Ah! merdum
        le salut aurait du passer par les produits exportables
        tu savais ça Vigneron?
        ah mais oui, suis-je bête on te le répète dans tes instances professionnelles depuis plus de 20ans, surtout après avoir organiser la diabolisation du picrate dans notre ex-bo-pays épicurien!

      5. @izarn
        En 1945, la population était de 2,4 milliards d’habitant, les ressources terrestres nous paraissaient encore inépuisables. Même ruinée et bombardée, l’Europe était une région « développée » ou du moins avec un souvenir très net de son développement d’avant 1940. Elle conservait des ressources intellectuelles et professionnelles pratiquement intactes.

        Rien ne nous empêchait alors de remettre en place une infrastructure qui nous permettrait d’avoir à nouveau un pouvoir d’achat plusieurs fois supérieur à la moyenne mondiale.

        Les pays « émergents » qui nous font actuellement une dure concurrence étaient à ce moment simplement « sous-développés ». Ils ne comptaient pratiquement pas, sauf comme source de matières première et d’énergie, même s’ils représentaient la plus grande part de la population mondiale.

        Si « un jour, tout sera démoli, et on recommencera à reconstruire » on reconstruira, mais plus comme avant : plus rien ne nous permettra de prétendre à une part disproportionnée des ressources limitées de la planète. Il faudra partager avec les survivants de sept milliards d’êtres humains, dont plus de la moitié a de bonnes raisons de prétendre au même pouvoir d’achat que nous.

        C’est là que nous saurons faire preuve de sagesse, et montrer l’exemple au reste du monde d‘une vie plus sobre, vertueuse, qualitative et égalitaire.

        Nous pouvons même tenter de faire l’économie d’une bonne guerre pour le même résultat dans les années à venir…

        @Charles A
        Nos problèmes financier ont été le révélateur de ce que nous vivions au dessus de nos moyens matériels, dans un monde où la concurrence avec les pays émergents commencait à fonctionner en faveur des pays émergents. Si nous parvenions à « en sortir, quitte à rompre le cadre capitaliste », ce sera, espérons-le, pour vivre plus heureux dans une société plus égalitaire, mais avec un pouvoir d’achat en biens matériels considérablement moins élevé qu’actuellement.

        Les réformes financières, politiques et fiscales préconisées par Jorion et Leclerc ainsi que les gentilles petites astuces cosmétiques à base de Cgc, de Ppe et de Tva préconisées par Vigneron, font partie des ajustements et réformes qu’il faudra sans doute appliquer pour gérer une considérable baisse du pouvoir d’achat.

        Mais ce ne sont pas des remèdes-miracles à la baisse du pouvoir d’achat.

      6. Bien de droite, Agemachin. Bien de droite.

        On dirait complètement tellement de l’élitiste qui veut passer pour de l’humaniste que soit faut arrêter la manipulation soit la drogue dure de l’argent.

      7. Intéressant, Yvan ! L’idée de partager un monde plus juste et plus égalitaire avec sept milliards d’êtres humains, avec la perte de pouvoir d’achat que cela implique pour nous, c’est bien de droite! Le pouvoir d’achat est donc bien un acquis intouchable réservé aux seuls héritiers de la révolution française et de la pensée de Marx, habitant chez nous.

        Allons, Yvan ! Un peu moins de conservatisme rétrograde !

      1. Ouaip renou, moins stylé le Pisacanonique, mais c’est du Jduc tout craché niveau rararadotage. Trois. pauvres topics, appris grosso-merdo au CP, maxi, qu’ils font tourner comme trois hamsters même pas joviaux dans une seule cage.

      2. Et grâce à Vigneronronron nous savons tous tout sur la Csg, la Ppe et la Tévéha sociale, qui sont clairement les trois piliers essentiels à la compréhension de la performance potentielle remarquable du système franco-français, s’il pouvait être taillé, vendangé et pressé par notre Ronron préféré.

  7. Si nous comptons sur eux pour nous en sortir, sur eux les dirigeants politiques et leurs éminences grises les économistes, ou sur les censeurs publiques, nos politologues, alors nous sommes perdus. Ils ne peuvent plus rien pour nous. Ont-ils seulement voulu?

    Nous avons bien mieux, nous pouvons compter sur nous!

    La résignation martelée par les médiarques entre deux coups de matraques et un Lexomil n’existe que dans les rêves agités des dominants: ils la confondent certainement avec l’inertie et l’oisiveté du bon peuple; ou alors, piégés dans les représentations romantiques de la lutte des classes des siècles passés, ils ne voient même plus leurs ennemis et la guérilla en cours, celle-là même qui précipitera leur déchéance.

    Encore quelques millions de chômeurs en plus, encore un peu plus de temps libre de travail contraint et les gentilles files d’attente de Pôle-Emploi s’arrondiront en assemblées citoyennes permanentes qui prendront soin d’étudier chaque option, dont la résignation. Mais il ne faut pas trop rêver…

  8. Arrêtons la sinistrose 🙂 voici quelques titres d’actualités Google :

    1)France Telecom-Orange recrute mais prévoit de supprimer 5 000 emplois. itespresso.fr
    2)Ne nous y trompons pas, ce n’est «absolument pas un exil fiscal» mais Christian Clavier quitte la France. le parisien.fr
    3)Le taux de chômage américain au plus bas depuis l’élection d’Obama. libération.fr
    j’ ai réécouté l’entretien de Olivier Delamarche qui est passé mardi 2 octobre , étonnant quand il parle du taux de chômage aux U.S publié aujourd’hui le 5 (allez à 2mn43)
    http://leblogalupus.com/tag/olivier-delamarche/

    1. O.D. a très bien vu !!! Le présentateur d’ailleurs joue sur les mots, il balaie les supputations d’O.D. en mettant en avant la paranoia supposé de ce dernier… ce qu’il ne suggère pas !!!
      J’ai regardé le site de la BLS, les données à analyser sont quelque peu plus complexes que le simple chiffre de la NFP.

      1. @ oil man izarm
        Il site un indice intéressant le Baltic index sur prix du transport maritime des matières sèches mondiale
        Plus haut de mémoire 11000 evolu maintenant 700

  9. François tape dans le mille: nous entrons en Europe dans
    une crise inédite sociale et politique

    Il existe une sortie vers le haut, condition de la « survie de l’espèce »,
    à construire dans les indignations, résistances partielles, puis révoltes généralisées:

    La crise de l’Union européenne et de la zone euro mettent donc en évidence l’incapacité des capitalistes à unifier le continent, à organiser une coopération harmonieuse entre ses peuples, à libérer ses forces productives tout en les maîtrisant en fonction des besoins sociaux et environnementaux.
    La vieille idée des États-Unis d’Europe apparaît chaque jour davantage comme une nécessité, mais il est tout aussi clair que la réaliser impliquera de mettre à bas l’échafaudage institutionnel et réglementaire de l’UE et de l’euro. Ce que seuls pourront accomplir des gouvernements au service des travailleurs, commençant à rompre avec la loi du profit

    Source: Aux racines de la crise européenne.
    A lire intégralement ici:
    http://www.npa2009.org/content/aux-racines-de-la-crise-europ%C3%A9enne

    1. Hum, hum, Charles. Il me semble que l’opposition « capitalistes » / « peuples » fait l’économie (c’est le cas de l’écrire) de la superposition de ces deux entités. Nous sommes capitalistes, vous et moi, à un degré moindre que les mercanti, mais le système fait feu de tout bois, brindilles incluses. Déjà, si nous pouvions substituer à l’impératif de consommer plus celui de consommer mieux, nous aurions accompli un pas de géant qui rendrait risibles les gambades de Neil Armstrong sur la lune. Au surplus, parmi les « peuples », il y en a de plus réactifs que d’autres ou, plus exactement, une part importante de certains d’entre eux se montre plus réactive. Je veux croire que cette réactivité est due davantage à la prise de conscience qu’il faut passer à autre chose qu’au dépit de perdre sa part du gâteau ou d’en être écarté. La chronique humaine fourmille d’exemples de révoltés qui trouvent assez d’excuses au système qui les asservit pour chercher à l’amender plutôt qu’à l’abolir. Le capitalisme est usé jusqu’à la corde, mais nous continuons de le porter, dans toutes les acceptions du verbe. Vous voulez casser cette servitude ? Faites-vous gymnosophiste ou sâdhu. Vivez de manne et de rosée. Certains y arrivent. Toutefois, le coût humain est énorme, surtout s’il a fallu sacrifier au préalable femme, enfants, parents et amis, qui sont généralement autant de raisons suffisantes de vouloir sauver un système moribond mais encore protecteur (clientélisme). Plus nous attendons et plus nous risquons de nous retrouver dans la situation de naufragés qui, entassés dans un canot surchargé, sont obligés, pour ne pas chavirer, de couper les mains des naufragés moins chanceux qui barbotent autour et s’agrippent au plat-bord.

      1. à BRL,

        Vous négligez un point important.
        Dans le monde capitaliste unifié, il n’est pas possible de s’exiler.
        Nul ne peut donc (sur)vivre en dehors du cadre.
        Mais chacun peut être contre.

      2. Il me semble que l’opposition « capitalistes » / « peuples » fait l’économie (c’est le cas de l’écrire) de la superposition de ces deux entités. Nous sommes capitalistes, vous et moi, à un degré moindre que les mercanti, mais le système fait feu de tout bois, brindilles incluses

        @brl
        En fait d’opposition, il s’agit d’un antagonisme, d’une contradiction; en fait de peuple, il s’agit de la classe prolétarienne. Le capitalisme est un système d’antagonisme de classes, non d’opposition, c’est un rapport social fondé sur l’exploitation qui engendre un antagonisme indépassable entre ces deux classes sans faire sauter tout le système, c’est son dépassement, c’est l’abolition des classes et des genres.
        Vous êtes, peut-être capitaliste, mais moi, je ne le suis à aucun degré. Vous voulez noyez le poisson de la contradiction et de l’antagonisme dans lune purée idéologique de ce type, mais c’est faux : il y a des capitalistes et il y a des non-capitalistes.

      3. Les féodaux et les prélats ont aussi tenté de faire croire
        au Tiers Etat que tout se confondait,
        comme les médias du système tentent de faire oublier
        que la société actuelle est structurée par les rapports d’exploitation
        entre capital et travail.
        Cela n’a jamais empêché, dans une crise majeure,
        la prise de conscience du réel, ni les révolutions.

      4. @trADitore
        Serais-je tombé sur un pur authentique ? Une simple question, Monsieur l’anachorète, qui a fabriqué la machine avec laquelle vous vous connectez au blog de Paul Jorion ? Si vous me répondez : « Moi-même », je m’incline bien bas en admirant l’avance que vous avez prise sur le serf que je suis. Sinon, je vous dirai qu’il n’est pire capitaliste que celui qui s’ignore. L’antagonisme des classes n’empêche en rien un exploité de se comporter comme un exploiteur à l’égard d’un plus faible que lui. Certains self-made men étaient de véritables tyrans pour leurs salariés sommés de trimer autant que le patron avait trimé. L’antagonisme n’interdit pas la collaboration, fût-elle forcée, et vous collaborez, ne vous en déplaise, sans doute moins que la moyenne, je ne demande là-dessus qu’à vous croire, mais vous avez votre part. Dans ce système, à moins d’être tout en bas de l’échelle, on est toujours la sangsue de quelqu’un. Une dernière chose : Nietzsche accusait les socialistes d’entretenir la luttes de classes pour préserver la prééminence, comme statut social enviable, de la bourgeoisie, cette bourgeoisie dont la plupart étaient issus. Il affirmait quant à lui que le prolétariat ne sera libre que lorsqu’il cessera de se percevoir comme une classe. Allez, encore une étape et vous serez totalement affranchi.

      5. brl,

        L’antagonisme n’interdit pas la collaboration, fût-elle forcée, et vous collaborez, ne vous en déplaise, sans doute moins que la moyenne, je ne demande là-dessus qu’à vous croire, mais vous avez votre part. Dans ce système, à moins d’être tout en bas de l’échelle, on est toujours la sangsue de quelqu’un.

        ça, ce n’est vraiment pas joli joli, le tous coupables pour s’éviter le bouc émissaire, pour s’éviter une prise de position… c’est assez lâche. des coupables, des plus que d’autres donc, il y en a. des coupables qui ne soient pas des bouc-émissaires, seulement des coupables parmi d’autres qui eux fileront à l’anglaise. quelques têtes de tant en tant, ça donne un avertissement aux autres.

        combien sont pleins de compassion à l’égard des bandits en col blanc mais porteront plainte illico contre le voleur de voiture, contre le clochard qui viendrait saloper le jardin?

        brl, vous mégotez.

  10. L’austérité, à des effets sur la santé des populations, digne de pays pauvres par manque de ressources, ce qui se passe en Grèce :

    « Sur ces rayons manquent des médicaments essentiels, « surtout les antibiotiques, l’insuline…  »

    « Lorsqu’une jeune femme enceinte pénètre dans sa pharmacie en quête d’un médicament anti-nauséeux, Sofia se désole de devoir l’envoyer dans une autre officine, faute de stock. « Elle a déjà fait cinq pharmacies sans trouver », déplore Sofia »

    « Alors qu’avec la cure d’austérité, les salaires de nombreux praticiens ont fondu, Leta souligne qu’à Kilkis, « les médecins ne sont plus rémunérés depuis janvier, et certains depuis octobre 2011. »

    « Autre phénomène alarmant,le matériel médical de base : pansements, compresses, plâtres…est en rupture de stock dans de nombreux hôpitaux grecs. »

    « Compris dans la cible du nouveau paquet d’austérité, ce budget devrait subir de nouvelles coupes »

    « Mais si un peuple est en mauvaise santé, c’est tout le pays qui est malade. »

    Source
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121003trib000722626/la-grece-menacee-d-une-crise-sanitaire-majeure.html

    1. voici d’autres effets de la cure d’austérité que je tiens de sources familiales là-bas (une petite île du dodécanèse) :
      – multiplication des petits vieux/vieilles retrouvés détroussés après avoir été chercher leurs pension
      – explosion des cambriolages
      – multiplication des coups de téléphone à la « délégation » du coin des gros bras d’Aube Dorée lorsque les gens sont acculés de dettes envers des tiers. On m’a cité l’exemple d’un bonhomme qui ne pouvait plus payer son loyer à un autre quidam « non grec » (j’entends issu de l’immigration turque, de 2nde génération- donc bien grec mais « pas de souche » comme on le dit en France). Ce bonhomme proche d’Aube Dorée les a contactés, ces derniers ont ensuite tout simplement été avertir le proprio que s’il tenait à sa santé et s’il ne voulait pas voir sa maison brûler, il devait faire une croix sur les arriérés de loyer de son locataire. Un autre exemple concerne les impôts et des intimidations répétées d’Aube Dorée aux agents chargés de les récupérer. Les flics ferment les yeux, voire sont dans le coup.
      – Délires religieux. Cette semaine à Kalymnos est arrivé de Russie un morceau centenaire d’os de Saint je ne sais quoi, les gens se jettent dessus pour soigner leurs maladies. J’ai un exemple direct d’un jeune avec une sclérose en plaque qui a passé sa semaine dans l’église du coin en espérant un miracle ! Il est en effet tellement endetté qu’il n’a plus un rond pour se soigner à l’Hôpital du coin qui est de toute manière totalement hors-service.
      ceci ne présage rien de bon…

      1. Un premier pays sombre dans la barbarie, lentement mais surement les « faits » divers » de ce genre risquent de se multiplier.
        Ensuite ce sera le tour des autres si les peuples se soumettent au dictat de la troïka.

    2. @BRL
      Le capitaliste est celui qui vit de son capital; je ne vis pas de mon capital, puisque je n’en ai pas. Je suis donc prolétaire.
      Maintenant vous écrivez, d’une part que

       » L’antagonisme des classes n’empêche en rien un exploité de se comporter comme un exploiteur à l’égard d’un plus faible que lui

      , certes mais cela ne suffit pas à le transformer pour autant en porteur de capital : capitaliste n’est pas une catégorie morale, mais une catégorie de classe, c’est le point.
      D’autre part vous affirmez :

      L’antagonisme n’interdit pas la collaboration, fût-elle forcée, et vous collaborez, ne vous en déplaise, sans doute moins que la moyenne, je ne demande là-dessus qu’à vous croire, mais vous avez votre part.

      Le rapport de classe est celui d’une implication réciproque évidemment, les deux classes appartiennent au mode de production capitaliste, l’une n’existe pas sans l’autre. Pourtant la classe exploitante, dominante, capitaliste est celle-là qui tire les bénéfices de cette situation et dont le travail est de reconduire toujours cette situation de domination et d’exploitation.
      En ce qui concerne les prétendus ou réels safe-made-men ou women, l’affaire est également entendue : devenu(e)s capitalistes ils/elles se comportent en tels, cela prouve seulement qu’ils ont le sens de l’intérêt de classe…
      Que les socialistes du Parti Social-démocrate allemand aient été issus de la bourgeoisie, certainement, mais je ne suis pas socialiste et la lutte des classes non plus; F. Nietzsche est un philosophe également bourgeois, me semble-t-il, K.Marx aussi mais pas philosophe. Nietzsche n’a pas grand chose à dire à propos de cette lutte, Marx oui.
      Le prolétariat ne sera jamais libre en lui-même, il ne peut qu’abolir les conditions existantes sur la base de ces conditions : pour se libérer le prolétariat abolit les genres et les classes dans la communisation de la société. La communisation ce sont les mesures de lutte prises par le prolétariat dans son unification-abolition contre la classe capitaliste. Il s’agit du dépassement de l’échange et de la production marchande, du dépassement de la spécialisation et de l’assignation de genre, c’est la lutte contre le capital par la communisation.

      1. Deux remarques liminaires :
        – Nietzsche n’était pas un bourgeois, il était fils de pasteur. Ses études ont été financées par une bourse accordée par le roi de Prusse. Nietzsche gagnait sa vie comme professeur. Il n’était pas pensionné par un capitaliste comme l’était Marx par Engels. Il ne toucha une pension à la fin de sa vie que parce que ses crises nerveuses l’empêchaient d’enseigner.
        – Nietzsche a beaucoup écrit sur le socialisme et l’aliénation par le travail, et des pages fort intéressantes :
        *Sur le socialisme, les citations abondent. Vous en trouverez partout sur l’Internet. Allez voir du côté d’ Humain, trop humain pour les plus piquantes. J’ajoute que Nietzsche disait des choses tellement intéressantes que les socialistes eux-mêmes (à l’époque où le socialisme était une nébuleuse agitée de courants rivaux et contradictoires) s’y référaient, chacun voulant tirer à lui cet héritage : Palante, Jaurès, Bracke-Desrousseaux, qui traduisit Humain, trop humain, justement, Daniel Halévy, qui écrivit la première biographie française du philosophe, Charles Andler, qui accoucha d’un kolossal Nietzsche, sa vie et sa pensée, et j’en passe. Nietzsche était critique vis-à-vis d’un certain socialisme, celui qui méconnaissait l’individu, mais son tableau des conditions de (sur)vie du prolétariat était juste. Andler croyait en un socialisme nietzschéen, opposé à la tendance marxienne.
        *Sur le travail :
        « Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. Et puis, épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux ! » (Aurore, 1881, III, §173)

        Je ne conteste pas votre définition du capitaliste, mais le fait que vous la réserviez à la classe des exploiteurs. D’après vous, qu’est-ce qui fait que l’exploité – je ne parle pas de vous – y regarde à deux fois avant de plastiquer la bourse ? Son épargne et son assurance-vie, s’il en a souscrit une. L’épargne rémunérée est un capital, l’assurance-vie aussi, et c’est la spéculation qui les alimente tous deux. Les lilliputiens de la rente (je n’en fais pas partie) sont les auxiliaires en dernier recours du capitalisme.

      2. BRL,

        l’épargne rémunérée est un capital, l’assurance-vie aussi

        c’est plus que ça, le pire du capital, un K garanti, sans risque, défiscalisé, encouragé, médaillé, institutionnalisé, quasi totalement liquide, etc, et surtout démocratique et populaire !

      3. @BRL

        Vous avez cette lubie de vouloir l’inclure dans votre patrimoine « bourgeois » parce que ça fait bien, comme ornement de l’esprit, et comme il s’agit d’un bel esprit n’est ce pas et autres raison !

        C’est faux ce que vous dites, les remarques sur le socialisme n’abondent pas du tout, et j’ai la biographie de Jaspers sous les yeux et je vois bien rien qu’à parcourir la table des matières que le socialisme ne l’intéresse pas du tout ! En plus le passage que vous reproduisez est équivoque, extrait d’un livre abondant en énoncés fascisants !

        Nietzsche, Huxley, Heinrich, tous ambiguës face au socialisme qu’ils considéraient les 2 derniers au moins comme l’avenir.

      4. @Lisztfr
        Avant de m’anathématiser, relisez-moi. Nietzsche est un des penseurs qui ont été le plus tirés à hue et à dia, y compris par les courants socialistes. Il y avait des raisons à cela. Vous avez votre biographie par Jaspers. Fort bien. Daniel Halévy en a fait une, plus proche du contexte (1909). Et puisqu’il vaut mieux lire les livres que parcourir la table des matières à la façon d’un doctorant pressé, je vous invite à lire Georges Palante, essai sur un nietzschéen de gauche, de Michel Onfray. N’allez pas me dire qu’Onfray n’est pas une référence ou je vous répliquerai que Jaspers non plus. Ce ne sont que des hommes et ils peuvent se tromper. J’ajouterai, pour conclure, que je ne suis ni onfrayien ni nietzschéen. Je n’ai simplement pas le goût des gloses univoques. La pensée de Nietzsche étant équivoque, comme vous et moi le reconnaissons, ce serait un contresens de lui assigner… un sens unique.

      5. @BRL: j’ai lu Nietzsche en long et en large (c’était mon auteur préféré durant mes études) et il y a certains points sur lesquels il n’est absolument pas équivoque. Son élitisme par exemple (qui est corroboré aussi bien par ses livres, parfois de manière crûe et choquante, que par sa correspondance ou sa biographie). Alors, l’amener en défense du prolétariat, je dis: c’est couillu.
        Il est également ridicule de vouloir faire de Nietzsche un socialiste ou un fasciste. On peut certes aller pécher l’une ou l’autre citation pour le tirer dans l’un ou l’autre de ces sens, mais c’est très artificiel et démontre surtout que l’on n’a rien compris à sa pensée (et qu’on l’a très peu lu dans le texte).

      6. @BRL

        BRL, je n’ai consulté cette table des matières que par acquis de conscience.

        Nietzsche a été révolutionnaire, de diverses manières, parfois radicales, souvent plus éthiques que politiques. Il croyait qu’en renversant la religion, avec un seul livre (je ne me souviens plus lequel), il pourrait fomenter une révolution instantanée, comme il l’écrit dans une lettre en appendice du Cas Wagner.

        Il n’y a pas comme chez Rousseau une certaine forme de compassion, c’est un individualiste bourgeois sans conscience sociale, comme d’ailleurs presque tout le monde. Ni mieux ni pire que Schopenhauer, Kafka, Zweig, etc, etc,

        Zarathoustra par exemple. La liberté vient en premier, de là est censé découler pour lui, un monde meilleur.

        Bref, moi j’ai trouvé chez Nietzsche des passages nauséabonds. Par contre je n’ai jamais trouvé un passage d’empathie avec la pauvreté, de révolte contre l’injustice sociale, contre l’opulence et la richesse.

      7. Entre lâches il est de mauvais goût de dire quelque chose contre la bravoure, cela suscite le mépris; et les gens sans scrupule se montrent irrités lorsque l’on dit quelque chose contre la pitié.

        Extrait d’un livre abondant en énoncés fascisants. Lisztfr, lecteur fascinant.
        « Nietzsche accusait les socialistes d’entretenir la luttes de classes pour préserver la prééminence, comme statut social enviable, de la bourgeoisie, cette bourgeoisie dont la plupart étaient issus. Il affirmait quant à lui que le prolétariat ne sera libre que lorsqu’il cessera de se percevoir comme une classe. » Clairement BRL, mais la prison on l’aime, pour peu que ce soit la sienne…

      8. @Moi Nietzsche était individualiste et se croyait même des origines aristocratiques du côté de la Pologne. Cela fait-il de lui un salopard d’exploiteur ? Il y avait un courant individualiste à gauche à l’époque, dont Palante était un représentant. Alors, Palante, un crypto-libertairien avant l’heure ? Nietzsche voulait que le prolétaire cessât de se considérer comme un prolétaire, se libérât d’une appellation qui resserrait l’étau de ses chaîne et redevînt un homme. Il n’allait pas faire l’éloge d’un prolétariat idyllique dont il dénonçait par ailleurs l’asservissement foncier. Il le faisait au nom d’une haute conception de l’individu. Vous pouvez lui reprocher de ne pas avoir cru dans la solidarité mais pas d’avoir vu dans quelle impasse mortifère conduisait la déification du prolétaire. Le meilleur moyen d’empêcher un homme d’ex-sister est de l’installer dans son état, de lui faire un berceau et une tombe de sa condition.

      9. La doctrine de l’égalité !… Mais il n’y a pas de poison plus vénéneux : car elle paraît prêchée par la justice même, alors qu’elle est la fin de toute justice.

      10. La pensée de Nietzsche étant équivoque, comme vous et moi le reconnaissons, ce serait un contresens de lui assigner… un sens unique.

        ni de droite, ni de gauche…
        c’est du grand n’importe quoi, sa pensée est univoque, sous couvert d’un relativisme inepte elle est athée totalitaire. d’ailleurs il a fini givré ce qui suffit à discréditer cette pensée.
        ici une proposition sur le sens de sa folie.

      11. @Vigneron
        En tant que républicain tendance Saint-Fargeau (je tends vers sans adhérer à tout), je défends l’égalité des chances mais je ne prône pas l’égalité des destins. Le mérite ne peut être pesé justement que si les candidats à une vie d’homme partent de la même ligne.

        @Methode
        La riche postérité de Nietzsche infirme la lecture que vous en faites. Vous vous en rendez compte vous-même du reste en parlant de la « proposition » de René Girard. Une proposition ne boucle pas le sens, elle le réoriente. Vous niez un fait essentiel, qui n’a rien à voir avec le relativisme : la pensée est évolutive. Votre Nietzsche à vous serait un dogmatique. Vous traitez d’ânes ceux qui n’ont pas le même avis que le vôtre. Jaurès ? Un âne. Andler ? Un âne. Onfray ? Un âne aussi pour avoir cru aux âneries des deux précédents. BRL ? Un âne également pour avoir fait bon accueil à un tel picotin. La palette, vous connaissez ? C’est là-dessus que le peintre fait ses mélanges avant de trouver la teinte idéale. Les gros à-plats de peinture sortie directement du tube, c’est une méthode de rapin.

      12. Oui oui BRL, « républicain rawlsien » quoi, comme de bien entendu… Sûr que l’autre là, le Frédéric de mes deux, l’aurait pas été rawlsien lui ! mes valseuses à couper.

      13. @Vigneron
        Oui, enfin, je ne crois pas que Rawls ait proposé, comme l’a fait Saint-Fargeau, d’empêcher les plus favorisés de prendre de l’avance et de la conserver. C’est à cet endroit que je descends de la roll Rawls.

      14. brl,

        rapidement, vous conviendrez que l’œuvre de nietzsche, puisque c’est comme ça qu’on dit, est l’expression de sa perception du monde. à lire sa biographie, qui vaut donc bien son œuvre, les nombreux états psychiques délétères par lesquels il passe successivement, souhaitant la mort, démontre la faiblesse de sa pensée: nietzsche manquait de modération.

        plus personnellement je dirais qu’il a préféré se sacrifier. s’il a maitrisé et développé les conceptions traversant son époque malheureusement il n’a pu s’en extraire complètement. je vois là son désir de surhomme affecté par ses propres limitations. sa démarche n’était pas sans fondement mais l’effort à fournir était trop grand, trop grand pour un seul homme, un homme qui n’a pas assez pris au sérieux ce que les sages avant lui ont édifié. sa pensée divise, germe de la folie, elle est nocive. là où il se sauve c’est peut-être en exprimant par cette folie qu’il fut (de bonne) volonté. mais l’enfer est pavé de bonne intention comme vous le savez et puisque vous parlez de postérité ce sera celle d’un parfait contre-exemple.

      15. Ah bon BRL ? Tu  » ne crois pas  » ? Vaudrait mieux savoir non ? Le  » principe de redressement  » for instance ?

      16. @Vigneron
        Eh bien le principe de réparation de Rawls, qui doit compenser les inégalités non méritées, intervient, d’après ce que j’ai lu (John Rawls : les bases philosophiques du libéralisme politique, par Kasanda Lumembu, découvert grâce à une allusion faite sur ce blog, peut-être par toi d’ailleurs), au niveau des défavorisés, à qui on permet de regagner une partie du terrain (une partie seulement, car il s’agit d’une correction), mais pas au niveau des favorisés, que le système de Saint-Fargeau veut couper de leurs bases. Rawls préconise de « consacrer plus de ressources à l’éducation des moins intelligents qu’à celle des plus intelligents, du moins pendant un certain temps ». C’est un peu faible. Si tu en sais davantage – j’écrivais « je crois » pour cette seule raison que j’ai découvert Rawls avec les lunettes d’un autre -, je suis preneur. J’ai hésité à utiliser Rawls pour mon billet sur l’éducation.

      17. Il n’y a aucune épargne garantie en valeur (ne pas confondre avec le montant) !
        La comptabilité est une chose, la valeur de la monnaie en est une autre. En ce sens, une dette est toujours honorée (même si défaut, cf assurances) mais la valeur de la monnaie peut rendre cette dette plus supportable (et même sans grande valeur).
        Aujourd’hui, démocratiquement populaire pour pigeonner ! Voir les produits financiers pourris vendus par « goldman ». Une leçon à retenir. La titrisation est un point faible…..L’épargne financière n’est que du nominal (crise de 29 par ex). Le nominal peut également s’effondrer. Cela se caractérise par une inflation de la sphère réelle. Aujourd’hui, elle est maintenue par une inflation sur la sphère financière.
        ps : Jusqu’où ira-t-on, les heures sont comptées car la rareté fera surface un moment ou un autre. Ceux qui auront spéculé sur ce type de produits jusqu’à la dernière minute risquent d’être les dindons de la farce.

      18. @BRL: « Le mérite ne peut être pesé justement que si les candidats à une vie d’homme partent de la même ligne. »

        Autant dire alors qu’on ne peut et qu’on ne pourra jamais peser justement le mérite. Par définition. Car s’ils partent de la même ligne et en excluant les aléas externes (qui n’ont aucun mérite), ils arriveront en même temps, sauf à être inégaux en quelque caractéristique (c’est-à-dire à ne pas partir de la même ligne).
        Mérite et égalité des chances sont antinomiques. Le mérite provient toujours d’une inégalité de départ (de fortune, physique ou intellectuelle). On l’apprend en lisant Nietzsche (le constat est correct mais on n’est pas obligé de le suivre dans son approbation de l’inégalité): « Tout ce qui est bon est hérité. Tout ce qui n’est pas hérité est imparfait, n’est qu’un commencement… » (Crépuscule des Idoles) Ceci signifie: « tout ce qui n’est pas hérité vient du hasard, le mérite provient de l’héritage ».

      19. « Mérite et égalité des chances sont antinomiques. » Le mérite a besoin d’un cadre pour effectuer le jugement. Ce n’est pas une contrainte mais un consensus. Le mérite sous-entend la répartition des inégalités dans l’égalité du cadre. Le cadre ne se limite pas à une position initiale (l’héritage) mais comporte d’autres paramètres (les règles, l’objectif final ou position finale). Le consentement fait parti des conditions. Dans une société capitaliste libérale, le cadre c’est soi-même donc le mérite n’existe pas (ni le consentement). L’égalité des chances est l’expression des possibilités d’obtenir le mérite par l’acceptation sachant que nous ne sommes naturellement pas égaux. C’est un contrat initial accepté et partagé formant l’ensemble du cadre, et surtout les conditions. L’adhésion et la conscience sont nécessaires pour la reconnaissance. C’est à dire que ce n’est pas parce que l’égalité des chances n’existe pas à l’origine que nous devons oublier le principe. Par exemple, de quelles chances, parlons-nous ou voulons-nous parler ?
        « en excluant les aléas externe », on ne sera jamais identique non plus. Les aléas externes peuvent être minimisés (atténués l’impact). Ce qui facilite l’acceptation et le sentiment de mérite. Dans une société capitaliste, certains aléas externes ne le sont pas réellement. Ils ont parfois l’apparence. C’est toujours un problème d’excès !
        « Tout ce qui est bon est hérité. Tout ce qui n’est pas hérité est imparfait, n’est qu’un commencement… » (Crépuscule des Idoles) donc l’homme est imparfait et son héritage est parfait ou le rend parfait ? A-t-il hérité ou il se rapproche de la perfection ? Pour être bon ? Ou il est parfait parce qu’il serait un héritage ?
         » Ceci signifie: « tout ce qui n’est pas hérité vient du hasard, le mérite provient de l’héritage » »., La propriété ou le hasard ? L’homme se sent pousser des ailes ? Le mérite n’a pas besoin d’un jugement, il existe par nature ? Ou encore c’est l’héritage, le jugement dans une société capitaliste libérale ? Ce qui annule le consensus (le consentement). C’est un jugement par la contrainte qui justifie toutes les dérives du monde financier ? Puisque les inégalités existent alors elles doivent s’exprimer sans limites ? Et le contrat social ? Seule la position initiale compte pour légitimer le jugement de la position finale ?
        ps : Je dirai « un » mérite peut venir de l’héritage mais je me garderai de dire « le » et surtout de ne pas intégrer d’autres variables. Notamment l’adhésion de l’ensemble par exemple, les conditions, les règles, les objectifs et donc le cadre ! C’est le cadre ultra-libérale qui exprime cette dérive de la pensée, à mon avis. Il y a « ce dont nous disposons » (état initial et dynamique) et « ce que nous allons en faire » par rapport au cadre choisi et/ou donné par exemple. L’objectif, l’art et la manière sont importants pour définir le mérite. Il y a l’héritage transmis et l’héritage à transmettre….Comment situer le mérite ?
        Ce ne sont que quelques interrogations. J’avoue mon parti pris. 🙂

      20. @Moi
        Bonjour Moi. Reportez-vous aux débats suscités par ma proposition de nous appuyer sur le cadre imaginé par le citoyen Lepèletier pour donner du sens à l’expression « partir de la même ligne ». Bien sûr que l’on ne naît pas avec les mêmes chances, bien sûr qu’il y a des déterminismes (rien d’incurable néanmoins), bien sûr que l’on a, plus positif, des aptitudes. Mais l’école unique, laïque, gratuite et obligatoire, pour autant que vous acceptiez de lui laisser jouer ce rôle, est la seule structure à pouvoir changer les règles de la course à l’âge où le petit d’homme commence à se construire une persona sociale au contact de l’autre non familier (c’est à cet âge – 5-6 ans – que je place le début de la course). Cela a un prix, certes discutable dans les formes envisagées par Lepèletier : une séparation d’avec les parents durant quelques années. En France, les populations des quartiers défavorisés, qui ont été sondées jusqu’à l’os par les sociologues, sentent bien que c’est là que tout se joue. Leur rejet du système éducatif tel qu’il est est encore plus marqué que leur rejet de la police. Si vous voyez un autre moyen que l’éducation pour atteindre l’objectif républicain de l’égalité des chances, je suis tout ouïe. Que cette égalité soit réalisée durant une période décisive de l’existence humaine serait déjà une conquête considérable.

      21. @BRL: « Si vous voyez un autre moyen que l’éducation pour atteindre l’objectif républicain de l’égalité des chances, je suis tout ouïe. »

        Comme je vous l’ai dis et démontré, l’égalité des chances est une fiction en soi. Je ne vois donc aucun intérêt à courir après une illusion.
        L’égalité sur certains critères précis, matériels, quantifiables, voilà ce qui m’intéresse et est parfaitement faisable.

      22. @Moi
        Je ne vous parle pas des aptitudes – différentes d’un individu à l’autre -, mais de l’offre de savoirs. Les enfants feront leur tri selon leurs aptitudes mais il importe, pour que leur choix soit un vrai choix, que l’offre soit égale pour tous. Ce qui m’intéresse et me paraît faisable, c’est l’égalité des chances OFFERTES. Cette égalité-là trouverait-elle grâce à vos yeux ?

      23. Qu’est-ce que t’as démontré Moi ? T’as reproduit une énième ineptie élitiste nietschéenne et t’as démontré quelque chose ? Je pouffe.

      24. Les chevilles enflées de Moi marquent le pas

        Comme je vous l’ai dis et démontré

        de canard logiquement boiteux

        l’égalité des chances est une fiction en soi.

        . C’est quoi, une fiction en soi ? Une fiction qui se rêve toute seule, elle-même, dans sa tête à elle ? Les rêveurs en désaccord avec l’ego du moi de Moi n’existent donc pas, c’est pratique.
        Je réécris la formule magique à la noix de Moi, en en faisant « l’égalité des chances, sur certains critères précis, matériels, quantifiables, oui ça m’intéresse », et je remets un rouble stalinien dans le nourrain à Moi, à voir la gueule du prochain schmilblick totalitaire qu’il va nous sortir.

      25. Les termes « matériels et quantifiables » me gênent. Ensuite, si l’on supprime le qualifiable comme un consensus, en effet, le mérite n’existe pas (la contrainte).
        « L’égalité sur certains critères précis, matériels, quantifiables, voilà ce qui m’intéresse et est parfaitement faisable. », n’est-ce pas une chance ? Ou un hasard ? Y a-t-il un lien entre la chance et le hasard. La destiné que l’on se donne ? Un cadre choisi ou donné ? Un nécessité ou une obligation peuvent-elles être une chance, ne serait-ce pas aussi une estimation ?
        Moi, je vous trouve en manque d’ouverture sur ce coup là. Et vous n’avez pas vraiment démontré puisque vous ne considérez pas l’ensemble des éléments qui constitue le cadre. « Le » n’est pas « un ». Je suis surpris que vous choisissez le dogme en refusant de juger l’art et la manière. Ce n’est pas une adhésion mais une soumission ou une compromission. 🙂
        Je pense que vous faites une analyse comparative statique (« ce dont nous disposons ») mais renoncez à l’analyse dynamique (« ce dont nous allons en faire »). Vos conclusions reflètent une conviction, c’est votre droit. C’est une certitude qui empêche la réflexion et donc le jugement à mon goût. C’est un postulat. Certaines fictions se rapprochent de la réalité….

      26. Je poursuis parce que sinon je vais m’étrangler avec ce que j’ai à dire. Qu’est-ce que peut-être l’égalité des chances ? Chance de quoi ?
        Tout simplement, doter les individus du pouvoir de développer leurs propres possibilités d’emprise sur le monde – concept aujourd’hui réduit à la consommation de la propriété acquise, c’est un autre problème – c’est-à-dire d’explorer l’espace infime de liberté que nous donne la conscience dont l’évolution a doté l’espèce humaine. C’est donc la compréhension du monde, l’enjeu principal et j’ai tendance à être d’accord avec BRL sur le rôle de l’éducation gratuite et universelle sur ce point.
        Le redressement de la manipulation historique qu’a souffert le système éducatif laïque et qui en a fait une espèce de nouveau credo pour des masses abruties ( si tu travailles bien ou mal à l’école… ), une nouvelle fumerie d’opium, un catéchisme quelconque est, justement, le point important.
        S’affranchir de l’école n’est pas s’en sauver en courant. Ce serait plutôt transformer celle-ci en moyen de découverte du monde au lieu de perpétuer la machine à assimilation et triage des aptitudes.

      27. @BRL: « Je ne vous parle pas des aptitudes – différentes d’un individu à l’autre -, mais de l’offre de savoirs. Les enfants feront leur tri selon leurs aptitudes mais il importe, pour que leur choix soit un vrai choix, que l’offre soit égale pour tous.  »

        Un vrai choix est un choix que l’on est capable de faire, c’est-à-dire intimement lié aux aptitudes. Je prends un exemple concret: offrir le choix d’étudier la physique quantique à des enfants souffrant d’un grave retard mental, quel sens cela a-t-il? Et puis ensuite déterminer le revenu de ces enfants devenus adultes sur base de la connaissance de la physique quantique, vous appelez cela « égalité des chances »?
        Avec cette conception de l’offre égale comme « égalité des chances », vous retombez dans le vieux sophisme de l’école républicaine qui nous a conduit ensuite à constater que l’école pour tous était en fait une machine à créer des inégalités et à sélectionner.

        @vigneron: « Qu’est-ce que t’as démontré Moi ? »

        L’égalité des chances est une illusion, un mythe, un leurre. C’est par définition impossible à atteindre. Le mérite, l’égalité des chances, c’est là que s’est retranché l’esprit conservateur pour justifier certaines inégalités qui sont tout à fait injustifiables (soit dûes à l’héritage biologique et économique, soit dûes au hasard) et facilement éliminées.
        Comme je vois que ça en défrise certains que je dise « que j’ai démontré », je précise que je voulais dire par là que je le démontrais dans ma précédente démonstration. Je ne réclame aucune paternité sur cette démonstration. D’autres avant moi ont bien vu que l’égalité des chances était un miroir aux alouettes, intimement lié à cet autre miroir aux alouettes qu’est « le libre-arbitre ».

        @Mor: soigne ton maquillage, on voit de plus en plus ton visage de gars de droite qui s’étouffe en entendant le mot « égalité ».

        @olivier69: je vous répondrais bien sur le fond, si j’arrivais à comprendre le sens de vos phrases.

      28. Parle pas d’égalité Moi, je crois… non, je suis sûr que tu t’y entends moins encore qu’un Jduc sur le sujet.
        Le simple fait de t’être servi du délire anti-égalitariste nietschéen pour donner un peu de « fond » à ta charge de prétendu« égalitariste réel» contre le principe d’équité réelle signifié par l’expression « égalité des chances » t’élimine d’office de ce débat on ne peut plus bateau et rebattu pourtant.

      29. Oui, je sais, Moi. Tout ce qui n’est pas pour les barricades est de droite. Bien sûr, c’est très bien connu. D’ailleurs les anarchistes espagnols qui ont participé au gouvernement de la république, aussi. Pas vrai ? Et Bolivar est notre sauveur à tous et Chavez, son prophète, amen.
        Vous m’emmerdez avec votre propagande à la con. C’est tout ce que j’ai à vous dire, à part, bien entendu, de vous conseillez de réserver le tutoiement à vos copains. Je n’en suis pas.

      30. Moi,
        Pourquoi mes questions ? Le questionnement n’est pas un aveuglement contrairement au dogme.
        ps : « j’ai lu Nietzsche en long et en large », continuez vous êtes sur la bonne voie…

      31. @vigneron: Il y a deux choses dans la citation de Nietzsche: un constat et un jugement de valeur. Le constat est exact: le mérite vient de l’héritage ou du hasard. Le jugement de valeur, je ne l’approuve pas: l’héritage n’est pas plus méritoire que le hasard, rien ne justifie en droit la hiérarchisation des humains (dans les faits, on n’y peut rien, le hasard et la biologie sont une réalité). Mon jugement de valeur est que le mérite ne justifie rien, que c’est une valeur de droite (subjective et idéologique comme toute valeur, mais d’une subjectivité de droite).

        @Mor: c’est ce qui s’appelle prendre le Mor aux dents, hehe. Je sais pas moi, mâchez un Mentos et allez voir ailleurs si j’y suis. Je vous ai pas obligé à venir lire ma propagande gauchiste.

      32. Vous avez bien raison, Moi. Je n’ai plus l’âge de supporter vos hypocrisies. Je vous laisse donc à votre aise qualifier de ce que vous voulez à qui vous voulez. Je nous vois de plus en plus mal barré avec les gus fascinés par la violence révolutionnaire tels que vous, c’est tout.

    3. fadaises ; Nietzsche dit : « plus besoin de Dieu, il n’y a plus qu’éternel retour des choses et volonté de puissance ». Et son surhomme, c’est le dépassement de l’homme, ce que ne cesse d’ailleurs de répéter Paul Jorion sur son blog, même s’il prétend que Nietzsche est un farceur.

      1. merci Renou ; « deviens ce que tu es » pourrait-on rajouter 😉 Sinon, FN bipolaire ? est-ce important ? Je ne crois pas ; j’ai aussi du mal à concevoir Tolstoï en bipolaire. On a l’impression que c’est le génie qui devrait être systématiquement qualifié de maladie, comme s’il était nécessaire de classifier, de « numériser ». Le névrosé moyen, enlacé dans ses sécurités, peine à concevoir ou entrevoir par delà bien et mal. Puisse-t-on faire tenir le génie d’un seul de ces hommes au sein d’une petite boîte d’allumettes, elle serait impossible à soulever. 😉

      2. Ah putain, quand on pense qu’une bonne petite lobotomie précoce du Friedrich et la face du monde en eût été changée… m’enfin du BJ en tout cas… sauf le triomphe total du nihilisme bien sûr, pasque ça, annoncé ou pas 100 ans avant par un schizo adulé, on l’aurait eu.

      3. Une technique parfaite pour attraper du « Vigneron » consiste à dissimuler sous quelques feuilles un morceau de « Nietszche ». Imparable. La question qui se pose évidemment est que faire de la « prise »?… Certains paraît-il en raffolent mais ce n’est qu’une rumeur, personne n’en a jamais rencontré de ces amateurs. On ne sais même pas si cela se consomme cru ou cuit. A moins que cela ne se fume?… L’enquête continue…
        Pour attraper du « Relou », la recette devrait suivre…

      4. Te plains pas relou, j’plante gratos des fleurettes sur tes colombins. Désolé, pour l’odeur j’ai rien en magasin.

      5. @Renou:

        Dans le premier lien que vous proposez :
        « Éviter de faire de l’éternel Retour, un retour du Même. L’éternel Retour doit être comparé à une roue douée d’un pouvoir centrifuge, qui chasse le négatif. Il est la répétition mais c’est la répétition qui sélectionne, la répétition qui sauve. »

        Nietzsche lui-même (dans le Gai Savoir):
        « Que dirais-tu si un jour, si une nuit , un démon se glissait jusque dans ta solitude la plus reculée et te dise : « Cette vie telle que tu l’as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d’innombrables fois ; et il n’y aura rien de nouveau en elle, si ce n’est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement et tout ce qu’il y a d’indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi, et le tout dans le même ordre et la même succession… »

        Evidemment, on se demande d’où celui qui écrit cela sort que l’éternel retour n’est surtout pas l’éternel retour du même et là on voit une note qui renvoie au Nietzsche de Deleuze. Encore une fois de la connaissance de seconde main et de plus une interprétation par un philosophe (on sait à quoi s’en tenir lorsqu’un philosophe interprète un autre philosophe, voir par exemple le Nietzsche de Heidegger qui est très heideggerien comme par hasard).
        Tout le reste est à l’avenant: la volonté de puissance c’est quand on aime super fort, le surhomme est un hippie super généreux. Etc.
        Mais la réalité est autre. Nietzsche n’était pas un bobo de gauche. Faut s’y faire les gars.

      6. l’éternel retour est un principe sélectif, on peut à chaque fois poser le pied dans la m… ou bien choisir de l’éviter.

  11. « …mais qui doit plutôt être qualifié de contestation rampante en mal d’expression. »
    Comme c’est joliment et poliment dit !

  12. « Faute de grives on mange des merles », paraît-il! Comme peu de propositions sont faites pour aller vers une alter-société, faudra-t-il attendre l’effondrement, comme dans l’ouvrage du même nom de Jared Diamond ou pouvons-nous simplement reprendre l’idée d’économie plurielle déjà esquissée dans le programme du CNR? Rabâcher, comme on l’entend souvent, qu’il faudrait plus de coopération et moins de compétition ne fera pas avancer la situation. Après on verra! Cela commence par une redéfinition des « communs » et par un développement considérable de l’ESS: que fait notre ministre délégué à l’ESS?

  13. à François Leclerc,

    Il n’est plus possible de renvoyer le sortant pour promouvoir son opposant, cela a déjà été fait !

    En France aussi cela vient d’être fait et constitue le point faible de l’actuelle domination.
    Le point fort étant qu’un gouvernement dit « de gauche » est censé produire moins d’opposition sociale.

    1. « censé », tant que la réalité ne le confronte pas…
      Mais il n’y a pas qu’un opposant, contrairement à la pièce montée. Pour le meilleur et pour le pire…

    1. +1

      Bravo a Vigneron !

      Votre tres recente analyse sur le basculement seculaire de l Allemagne entre l Ouest et l Est est tres bien confirmee par l article de Wolfgang Muenchau, journaliste de FT, dans le Spiegel.

      Il dit dans l article que le centre d Allemagne s est deplace vers l Est, il parle d un changement de mentalite, de la proximite avec la Russie, que l Allemagne coopere bien plus avec G20 qu avec Bruxelles.

      L UE a du soucis a se faire et comment, si on tient compte de la domination energetique ainsi que de leur reseau d espionage presque intact dans toute UE, on n est pas loin du syndrome finlandais…

      Et dire que Tolosaleinen n etait pas d accord, mais surtout Olivier69, qui s est carrement rejoui d une facon plus qu infantile d un ennemi n existant pas (!), en disant que c est aussi vrai « que le soleil se leve a l Est et se couche a l Ouest » etc.

      Quelle naivete !

      1. @ prague :
        Tolosolainen n’a rien dit de tel et Vigneron n’a toujours pas compris ce que ‘finlandisation’ signifiait comme processus, qui n’a rien à voir avec le basculement ou non de l’Allemagne à l’est ou à l’ouest. Je précise par ailleurs que l’Allemagne n’a pas toujours été le centre de l’Europe, loin de là, surtout dans sa période moderne.
        Les centres de l’Europe ont été les suivants pendant cette période : Italie du 15ème siècle, Espagne et Portugal du 16ème-17ème siècles, France du 18ème, Angleterre du 19ème.
        L’Allemagne centre de l’Europe ? Conception pour le moins erronée ou contemporaine, s’il en est.
        La centration de l’Europe sur l’Allemagne au 20ème siècle, laquelle a d’ailleurs fortement inclinée vers l’Est durant cette période (en dehors de la courte période Hallstein de la RFA, pour des raisons évidentes), est en fin de parcours. Car le rebasculement à l’est de l’Allemagne après 1989 a profondément désaxé la construction européenne post seconde guerre … dont ce pays a pourtant un besoin vital pour ses échanges économiques, sans pour autant sacrifier sa traditionnelle Ostpolitik. Traditionnelle car depuis ses échecs d’expansion vers l’ouest (Italie, Espagne, Pays-Bas), l’Allemagne (le Saint Empire Germanique) a toujours voulu s’orienter vers l’est, d’où venait le danger principal par ailleurs (orthodoxie, ottomans). C’est Bismarck qui modifia la donne dans la seconde moitié du 19ème siècle en orientant la Prusse vers l’ouest, d’abord avec le conflit austro-prussien puis avec la guerre franco-prussienne et ce jusqu’en 1941, date de l’opération Barbarossa qui signifia la réouverture selon Hitler de ‘l’espace vital nécessaire au peuple germanique’ : à l’est.
        La bonne nouvelle pour l’Europe, c’est que pour la première fois de son histoire, aucune des nations qui l’ont dominé comme centre ne sont en capacité à exercer seule une telle domination.
        La mauvaise nouvelle, c’est qu’aucune n’est d’accord sur la nécessité de s’entendre entre elles pour passer à autre chose.

      2. @zebu

        Et evidemment l Empire autrichien etait une nullite absolue en Europe, nota bene au centre de l Europe, et ceci pendant les siecles, et il va de soi que la Russie imperiale etait la deuxieme nullite ?

        Vous avez une drole d idee de l Europe, Zebu, tres centree sur la mer et ceux qui n en ont pas, oustiti…

        L Empire autrichien a englobe meme un bon bout d Italie du Nord, Slovenie, Croatie, evidement tout le centre de l Europe Tchequie, Slovaquie, Hongrie et avait les liens plus qu etroits avec divers principeautes allemandes pendant plusieurs siecles ! Prague est a 15 degre de Greenwich, pile poil, d ailleurs ne dit-on pour le temps, le temps de l Europe centrale – MEC, non ? Nous avons toujours ete aux premiers loges, pendant deux millenaires, quand une troupe qqconque a bouge en Europe…

        La finlandisation veut tout simplement dire le « droit de regard » de la Russie sur Finlande, mais elle a avait egalement un oeil de l aigle sur l Autriche aussi… Maintenant elee aimerait bien avoir son mot a dire en Europe, peu importe les moyens utilises, elle en a pas mal dans sa manche, j imagine que vous etes d accord avec moi sur leur grande possibilite de nuire.

        P.S.: Le 4eme para de l article est interessant…

      3. Mais mon pauvre prague, pour combattre un ennemi, faut-il encore avoir « les armes pour » ! Alors, le danger vient d’abord de l’intérieur et non de l’extérieur (la consolidation et notamment sociale). Revoyez les conséquences de l’idéologie de la ligne Maginot si vous êtes un guerrier. Ses enfantillages nous ont couté combien de victimes ? Et surtout, quel type de victimes ? Les intérêts géopolitiques passent avant le peuple ? On sait bien que la fuite n’est pas dans les habitudes des responsables…….
        Notre dépendance énergétique est le fruit d’une stratégie capitaliste qui empêche le développement des énergies domestiques notamment. C’est une taxe de redistribution par la contrainte (la dépendance aux multinationales).
        Les capitalistes se sont régalés pendant les guerres avec les échanges commerciaux bilatéraux : énergie et armement.
        Alors concentrez-vous sur l’essentiel, votre soi-disant ennemi n’en sera que déconcerté. Et mon post s’orientait sur les propos incohérents de Minc. C’est vrai qu’ils étaient à mourir de rire (l’aristocrate). Parce que si vous voulez parler du danger, regardez plutôt du coté numérique ! Stigmatiser un potentiel ennemi extérieur, n’est pas la solution.
        ps : On ne casse pas des diamants avec ses dents.

      4. oui, je dirais qu’après le Siglo de oro, l’Espagne habsbourguienne est entrée en décadence, alors même que courant XVII°s., la France montait peu à peu en puissance : symboliquement la bataille de Rocroi,
        1643, ayant signé la fin de la puissance espagnole( ~ fin des Tercios ) … les salons littéraires
        souvent féminins foisonnant, ce siècle annonçait les Lumières …et donc, ne le sachant pas,la Révolution.

        Bref, l’essentiel c’est que les idées, ici ou là,(re)commencent à fourmiller, en dépit de la chape de plomb que l’on a mis en place( hyper-libéralisme, permis par des structures étouffantes : complexe financiaro-militaire US, dans un Pays soi-disant libertaire : je me gausse !!, megastructures de l’ UE, comparables à la Monarchie absolue – y compris la fin de Louis XIV marquée par un puritanisme stupéfiant )…
        Je pense qu’il y a de l’espoir : la flamme est encore timide, mais rallumée bel et bien …

      5. « De la géographie en territoire zébuesque » :

        L’Allemagne centre de l’Europe ? Conception pour le moins erronée ou contemporaine, s’il en est.

        Pour le moins pour le moins…
        Le centre de l’Europe zébuesque au XVIe ? Le Cabo da Roca bien sûr, finistère occidental de l’ibérique, de l’Europe et de tout le continent eurasiatique…
        T’es sûr que c’est pas San Francisco ou Taiwan, voire Istanbul aujourd’hui, Zeb, la Mitteleuropa ? Arf arf arf…

      6. Merci Zebu pour votre commentaire.
        Pour moi ce fut un peu désespérant car au fond, en histoire, si les faits sont parfois plus que dans bien d’autres sciences humaines enveloppés dans des nuages idéologiques il ne doivent pas être oubliés, ni niés. Le concept de finlandisation a ainsi un sens précis et même si on peut le relier à des plus amples perspectives historiques il est clair qu’on ne peut pas tout mélanger.
        Mais une fois de plus je m’aperçois que même sur des blogs de la qualité de celui-ci une discussion peut s’avérer impossible.
        En réalité au lieu d’établir une sorte de discussion certains font régner leur brillante arrogance et finalement il vaut mieux se taire, être éliminé comme ça a été élégamment dit pour moi.

      7. Mon pauvre Vigneron, quand on confond géographie et histoire, c’est sûr qu’on est limité à sortir des platitudes sur la MittelEuropa …
        Pourquoi pas : « Le Japon est à l’extrême-orient », tant qu’on n’y est ?
        Toujours out of space, à c’que je vois.

      8. @ Prague :
        Bien qu’assez las de devoir répéter encore une fois (et je le fais pour vous étant donné la surdité croissante du vigneron), la ‘finlandisation’ n’est pas qu’un vague ‘droit de regard’ de l’ex-URSS sur les affaires internes d’un pays ‘finlandisé’. C’est bien plus que cela. C’est l’auto-censure, c’est l’auto-limitation et c’est surtout la dérivation des démocraties libérales en régime politique à la limite de la dictature, par crainte de perdre son indépendance.
        Ceci dit, le terme ‘finlandisation’ est impropre pour une bonne part de finlandais puisqu’il ne dit rien des sacrifices que les finlandais ont dû verser pendant la guerre finnois-russe en Carélie notamment, pour forcer les soviétiques à s’assoir à la table de négociation.
        Aujourd’hui encore, bon nombre de ces rescapés de ces campagnes n’ont toujours pu raconter à leur femme et leurs enfants ce qu’ils ont vécu pendant cette guerre.
        Ceux qui ont inventé ce terme, les allemands en l’occurrence pour dénoncer les risques d’une ostpolitik, n’ont rien dit du prix qu’une telle ‘finlandisation’ avait exigé aux finlandais, avant même d’en subir ou d’en pratiquer les effets.
        Aujourd’hui, je ne vois pas en quoi un tel terme pourrait être adapté à la situation actuelle, à fortiori pour l’Allemagne par rapport à la Russie. En premier lieu par ce que la Russie a su sauvegarder son glacis sud-ouest avec la Biélorussie, la Moldavie et l’Ukraine, qui lui permet de vendre son pétrole et surtout son gaz directement à l’Europe. Et je n’ai pas vu en quoi la démocratie allemande a pu en être altérée ou s’auto-limiter démocratiquement.
        Au contraire, la Russie regarde vers l’est : vers l’OSC (Organisation de Coopération de Shanghaï) et au-delà, l’APEC (un marché autrement porteur avec l’APEC et des pratiques politiques autrement plus proches en ce qui concerne l’OSC). De la déliquescence de l’UE, franchement, qu’est-ce qu’il en a à foutre, Poutine (du moins, tant qu’elle paiera son gaz) ?
        Et ça, tant que les allemands ne l’auront pas compris, ils continueront à pratiquer leur habituelle ostpolitik, qui leur rapporte rien sinon des emmerdes. Serait temps que les Merkel et compagnies comprennent que leurs intérêts vitaux se situent à l’ouest et non à l’est et qu’ils arrêtent de se prendre pour le nombril de l’Europe qu’ils n’ont été qu’à de rares occasions, pour enfin définir une autre Europe. Pas celle des puissances, ni même celle de la puissance : celle de la proportion.

  14. Et la vidéo du vendredi ?… Eh ouais !
    Ça fait un petit vide tout de même !
    Qu’est-ce qu’il va faire M. JORION, maintenant avec toutes ses Vidéos ?
    Si ça se trouve… Il est en train de nous mijoter un bêtisier pour la fin d’année ou un pot-pourri des meilleurs morceaux…
    Ou bien une œuvre artistique sur le temps qui passe, « Le fini défini par le non fini »… (cf OPALKA)
    Chaque nouveau Vendredi apportait ce moment privilégié où l’internaute se retrouvait interpellé par les remarques de Paul et qui nous renvoyaient à notre propre dimension humaine, face à nos habitudes et aux bouleversements du monde. Et puis un vent, non je veux dire un Vub, est passé par là et du Vendredi il est passé au Jeudi, comme ça, pour faire cours… Reste l’essentiel, le roman du blog et de Big Brother qui continue et c’est ça qui est passionnant, sans peur ni crainte d’aucun vide. Enfin, selon les dernières nouvelles, vendredi 05 Octobre 2012 :
    « L’espèce » survie encore… à la Sainte-Fleur.

  15. L’Euro = Le mur de Théodose, les 17 nations = L’empire Byzantin. Bruxelles = Byzance.

    Ce qui est grave ce n’est pas qu’on nous raconte des sornettes, mais qu’on le fait au 21è siècle. Il faut dire clairement qu’on ne veut plus de ce type de pouvoir incarné en une clique d’hommes, qui en font un usage personnel ensuite, avec captation de l’agenda, mise en scène permanente, etc

    La similarité du mode de gouvernement, par effets d’annonces, entre Mr. Sarkozy et le nouveau gouvernement est frappante.

    C’est un abus de pouvoir que de continuer à confisquer la démocratie ! J’en ai plus qu’assez ! On nous infantilise, on met en scène des pantalonnades grossières, on se fout du monde !!!

    En j’en ai autant pour les lobbyistes, qui ne sont que de la pustulence, mêlant juge et parti.

    Sarkozy au moins, était comique.

      1. http://voyages.ideoz.fr/entretien-avec-bernard-stiegler-infantilisation-des-adultes-puerilisation-des-enfants/

         » ..le frottement des esprits – cet espace conflictuel et communautaire où s’élabore ce que Emmanuel Kant appelle « la majorité ». Plus de mineur, plus de majeur. Plus d’adulte, tous des enfants. Il existe une relation étroite entre ce marketing qui abolit le dialogue intergénérationnel, puérilise les enfants, infantilise les adultes, etc »

    1. @lisztfr

      Il ne manque plus que les Turcs dans votre tableau comparatif entre EU et Byzance !

      Si les Russes = les Turcs, vous avez, en plus, un syndrome finlandais plus que parfait.

      En tout cas, une subtile destabilisation, tres tactique, de l eurozone et de l UE, en privilegiant Allemagne comme principal partenaire et interlocuteur entre autre, non ?

  16. Nos oligarques craignent beaucoup les prochaines élections européennes du printemps 2014 qui risquent d’être très mauvaises pour les partis du Système avec une vague populiste-souverainiste dans beaucoup de pays et donc un Parlement européen ingérable.

    1. Ahhhh ! Ça te va bien Crapao la sexagénérité ! Gorcuff excellent comme d’hab. Du bourdieusien comme j’les aime,pas bouffé par les mites et la naphtaline comme tant d’autres, rare quoi…
      Té, y’a tellement de gens concernés par ce passage anecdotique mais croquignolet que j’peux pas empêcher mon androïd de l’copier-coller dion !

      Plutôt que de s’enfoncer dans la déploration et le ressentiment de “la pensée Monde diplo’” (“c’est la faute à l’individualisme, aux médias, à Bilderberg, à la Trilatérale…”), il faudrait se lancer dans l’aventure d’autres pratiques sociales, politiques et intellectuelles.
      On me dit : “Tes histoires d’expérimentation, c’est bon pour les bobos.” Mais les gens qui ont fait émerger les idées de conscience de classe et de mouvement ouvrier entre 1830 et 1848 en France, ils étaient dans une situation bien plus misérable qu’aujourd’hui Il suffit parfois de dispositifs tout simples pour se remettre à agir et à penser.
      Par exemple, dans un atelier de l’Université populaire de Lyon, j’ai donné à lire deux textes : un de Michel Onfray, un de Bernard-Henri Lévy. J’ai fait discuter es gens : 100% ont dégommé le texte signé BHL. Mais j’avais changé les signatures… C’est un petit exercice qui montre la difficulté en pratique de“penser par soi-même”.

      Arf arf arf…

      1. La pensée sceptique ne nous est pas offerte dès la loterie génétique, encore moins avec une carte de membre du parti: l’esprit critique s’enseigne et s’affute, mais hélas aujourd’hui hors des murs de l’école…

  17. Je me souviens d’une discussion avec ma grand-mère maternelle. Cela remonte à bien des années en arrière: elle soutenait que la guerre était du domaine de la fatalité.
    Elle avait perdu son frère à la guerre de 14-18. Moi je soutenais que l’on pouvait parler de fatalité pour les cataclysmes naturels, mais non pour les guerres.
    Pour moi les guerres étant faites par des hommes, disposant de libre arbitre, il m’était difficile de croire en leur inéluctabilité.
    Aujourd’hui bien des années après, et avec le recul des dernières décennies, je me dis que la guerre relève de la fatalité historique. Ma grand-mère avait sans doute raison.
    Ne voyons nous pas en effet aujourd’hui, de façon évidente, que nous allons au devant de grave ennuis, mais globalement rien ne vient entraver la course des événements vers l’abîme. Comme si les sociétés humaines étaient à certains moments de leur histoire frappées de cécité collective.
    Certes ce n’est pas une fatalité de même nature que la survenue d’un tremblement de terre, ou d’un tsunami, mais c’est une fatalité historique. Une fatalité relevant de l’incapacité des groupes humains à changer le cours des choses, même (et surtout ?) quand ils sentent qu’ils vont dans une direction dangereuse.
    A l’instar de ces personnes, qui au bord d’un précipice, se sente attirées irrésistiblement par le vide, étrange non ?

    1. Et le plus terrible Macarel!!!!, c’est de le pressentir, de le dire et de constater que cela ne change rien!

      déprimant!

      1. @tchoo

        Sûr ! d’autant plus déprimant que mon autre grand-mère (en fait la première était ma grand-mère paternelle) qui était croyante elle aussi, dans sa prière le soir avant de se coucher ajoutait: « Mon Dieu faites qu’il n’y ait la guerre. »
        C’était dans les années 30, on sait ce qui est advenu…
        Encore la fatalité historique.

    2. Attirés par le vide, comme les lemmings le sont par un précipice en cas d’insatisfactions de leurs besoins dues à leur surpopulation !

  18. Ouch, j’ai cru lire ‘proctologue’, en lieu et place de ‘politologue’ …
    Tant il est vrai qu’eux aussi sondent à l’aveugle.

    « Leur objectif commun est d’enfin maîtriser un désendettement chaotique menaçant de dégénérer en permanence. »

    Je partage François, de la même manière que sur le fumeux ‘débat’ du transfert des cotisations : complètement. Non seulement ils ne le maitriseront pas (cette vieille chimère que de vouloir chevaucher le dragon …) mais ils auront l’inverse. La preuve, tous les jours, dans un nombre de pays croissant. Et dès lors, comment désendetter quand ce nombre de pays endettés croit ? Certes pas par « l’amélioration de la compétitivité », par exportations interposées.

    « Progressivement, la crise s’étale géographiquement et acquiert de nouvelles dimensions. »

    Et même au-delà de la Méditerranée. Il n’y a qu’à voir la situation du Maroc actuellement pour s’en rendre compte.
    De +5,6% de croissance il y a seulement 4 ans à très péniblement 3% cette année, sans parler des années à venir. Le secteur financier est à la ramasse, perfusé par la Bank Al Maghrib, le système fiscal inexistant ne pouvant venir compenser une caisse de compensation qui explose du fait de la volatilité des prix alimentaires (qui commencent à remonter), de la chute d’un certain immobilier (le ‘luxe’), des ‘remesas’ en berne de l’autre côté de la mer (mais qui se maintiennent, du moins en France, parce qu’en Espagne, c’est plutôt l’exode en sens inverse : les marocains prient pour que la France n’entre pas en récession et les MRE avec), un tourisme en cure de thalasso-dépression, des intempéries (couple infernal inondations/sécheresses) qui ruinent la production agricole et les exportations du même nom, sans compter la ligne de ‘précaution’ de 6,2 milliards de dollars créée par le FMI et qui ne sera bien sûr pas exempte de ‘conditionnalités’ à la sauce ‘Troïka’ mais version originale, etc.
    De plein fouet, les trois vagues scélérates.
    Seuls les phosphates perdurent avec le Makhzen et la corruption, comme si ces engrais ne fertilisaient rien d’autre que de la décomposition.
    Le Maroc subit l’étalement géographique de la crise et en explore les différentes dimensions.
    « Tout cela tient beaucoup du discours et prétend isoler la crise de la dette européenne de celle de toute l’économie occidentale. » : de l’économie tout court désormais, François.

    1. Ouch, j’ai cru lire ‘proctologue’, en lieu et place de ‘politologue’ …
      Tant il est vrai qu’eux aussi sondent à l’aveugle.

      J’en pleure….quelle andouille!
      Merci zébu.

  19. Le vrai grand dessein, la porte de sortie des régimes capitalistes européens c’est de tenter de passer à l’union fédérale le plus vite possible afin de verrouiller toute possibilité de « changement de cadre » par la suppression du peu de souveraineté qui subsiste encore au sein des états-nations, et rendre encore plus difficile toute volonté de sécession…
    Et ce avant que la « crise » ne s’approfondisse au point de ressusciter des antagonismes nationalistes un peu plus violents…
    C’est une sorte de pari sur l’avenir. Le pari qu’une fois de plus les opprimés comprendront un peu trop tard ce qui leur arrive… avec dans le rôle des idiots utiles les abrutis à la Toni Negri qui pensent encore « qu’au bout du compte » avec la mondialisation on fait un pas de plus dans la direction d’un monde meilleur et sans frontières alors qu’on sera déjà tous morts…

  20. La fragilité croissante des coalitions gouvernementales grecque et portugaise, ainsi que celle du gouvernement espagnol créent de leur côté une situation potentielle de vide inquiétante : il n’est plus possible de renvoyer le sortant pour promouvoir son opposant, cela a déjà été fait !

    François a raison: la situation espagnole est plus qu’inquiétante,
    comme le montre cet article:
    A quand des chars dans Barcelone ?
    par Esther Vivas
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article26557

  21. le tourisme a été une poule aux oeufs ( de batterie) plaqués à la pyrite.
    infrastructures vite fait, tout dans l’apparence et pas vraiment de retraitement des déchets
    détournement des ressources en eau au profit du gaspillage et au détriments des locaux pour des gains faciles détournant les enfants de l’école qu’on avait promis grâces aux bénéf de leur construire( mais on attend encore le prof…)
    bref la france aussi vit de son tourisme et cette année les recette sont en berne
    le ralentissement se confond avec la baisse du nombre de visiteurs et de leurs activités sur place.
    tous les pays ( dont l’espagne la grèce et l’italie ( ah bon ils ont aussi des touristes en temps normal?)
    quand j’étais en espagne on a vécu la première phase de la crise qui a touché les allemands( la moitié des touristes , et de surcroit les plus dépensiers) . en 2002 d’un seul coup 1 hotel sur 3 fermé pour cause de manque de client, donc aussi 1/3 des saisonniers au chomage…
    les pub sur les télés allemandes du moment disait depuis avril, pour le prix d’une semaine à Majorque vous pouvez en avoir 3 en Turquie et il y a plein de trucs à voir que vous n’avez jamais vu.
    l’Espagne a vu elle ce que ça donnait.
    je suis partie en 2003 quand la violence inconnue dans ces lieux à commencé à poindre son nez et que les gens attaquaient au couteau les commerçants au tomber de rideau vers 21h pour leur piquer la caisse.
    de cela on ne parle pas à la télé…
    après ça s’est un peu calmé les allemands qui sont propriétaires sont revenus un peu, les prestations ont diminué pour s’ajuster jusqu’à la nouvelle vague de 2009 et désormais celle qu’on connait. mes autres amis commerçants ont émigré progressivement.
    le tourisme de masse est en grosse crise. et dans les pays qui en avait fait une institution ça va difficilement passer
    idem pour la france où l’on a construit énormément de palaces pour multimilliadaires ce qui traduit une orientation sociale et économiques des mouvements de population
    comme la hausse soudaine du tourisme sexuel à Barcelone et les environs
    pas sur que cela du gout des espagnols même par temps de crise de se convertir à ce type de tourisme.
    maroc tunisie et égypte ont perdu une grande partie d’activité à ce niveau ce qui a des conséquences pour tous les intermédiaires chez nous.

    1. Le tourisme Rahaha ? Hé bé bravo… Le pire secteur économique, et de très très loin, en terme « d’éco-efficience », faut l’savoir… Un exemple ? Selon l’étude de Jean-Paul Ceron et Ghislain Dubois qui vient de sortir, « pour un euro récolté à La Réunion grâce au tourisme, 8 kg de CO2 y étaient produits en 2009. Soit 80 fois plus que le domaine de la construction et 10 fois plus que l’agriculture pour la même somme d’argent »…
      6 % des émissions mondiales de CO2 pour seulement 693 milliards d’euros de recette, c’est le bilan du tourisme mondial sur une année. Marvelous.
      Mort aux touristes !

      1. Bravo pour le coup de gueule de Vigneron.
        S’il y a bien quelque chose de dispendieux et de peu écologique c’est bien ce tourisme qu’il faut pointé du doigt, même si cela ne va pas faire plaisir aux gens qui en profitent, les pros et les con-somatiseurs.
        De plus ils nous ramènent des « saloperies » ces vacanciers en short et marcels….( humour)
        rien ne vaut la petite auberge près de chez soi…
        Circuits courts Vigneron…on y viendra !

      2. Tss tss erde, pour les transports intercontinentaux par méga-tonnages et par mer et tant qu’on aura pas inventé des pipelines à tout c’qu’on voudra (et pourra, pour les bananes locales par ex c’est macache) trimballer sur quelques centaines de bornes, c’est une autre affaire.
        Comparez pas un vraquier de céréales ou un supertanker ou cargo-citerne de jus d’orange concentré, voire un porte-containers avec un airbus de touristes qui fait Paris Charles de Gaulle-La Réunion Roland Garros

      3. Sur Oleocene , un fil sur le cout comparé des transports……..Le maritime ne craint pas trop le P.O. le cout en est trop faible a la tonne ….ce ne sera pas le critere limitatif en cas d’augmentation du petrole …..( en euro constant le litre carburant voiture de 68 serait a 4 euros actuellement !)
        Histoire de rigoler : les vendanges en Alsace :
        http://www.rue89.com/rue89-sport/zapnet/2012/10/06/les-vignerons-alsaciens-ont-de-quoi-en-vouloir-au-pilote-de-rallye

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