L'actualité de la crise : FAUSSE ROUTE, par François Leclerc

Billet invité.

La crise européenne n’est pas une crise de l’Europe comme on voudrait nous le faire croire : elle est l’expression régionale d’une crise mondiale. Il en ressort que toute stratégie qui ne vise qu’à répondre à l’incomplétude de sa construction ne va pas à l’essentiel et se trouve condamnée à se perdre dans les sables. Vu sous cet angle réducteur, la crise reste incompréhensible et ne peut au mieux que devenir chronique, ne pas en éclaircir les fondements n’étant pas nécessairement pour déplaire à tout le monde.

Certes, la création de la zone euro est imparfaite, comme l’a d’ailleurs été depuis sa création la construction européenne, toujours inachevée. On connait les domaines régaliens réservés de ses États-membres : politique étrangère, fiscalité, défense… et on ne peut que continuer à dénoncer la manière dont la dimension sociale de l’Europe a été écartée. Si celle-ci a débuté sous les auspices de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, elle était devenue bien plus qu’une union économique en acquérant progressivement une dimension culturelle. Il n’y a bien entendu que les Européens pour parfois ne pas s’en apercevoir.

À chacune de ses étapes, l’Europe restait en projet, son intégration se renforçant pas à pas en empruntant des chemins de fortune – dans tous les sens de l’expression – afin de fuir le passé en extrayant une fois pour toutes les racines de la guerre, et constituer pour l’avenir une entité porteuse d’une identité historique commune. Plusieurs conceptions de l’Europe s’opposaient sans que le débat soit tranché, fédéralisme accompli ou zone de libre-échange, aux extrêmes.

Rétrospectivement, ne faut-il pas remarquer que les élargissements consécutifs à l’effondrement de l’URSS conjugués avec l’exception britannique ont tranché ce débat ? Et que, considérant que lorsque l’on n’avance pas on recule, le détricotage de l’intégration européenne a commencé avant même que n’intervienne l’actuelle menace d’éclatement de la zone euro ? Le retour au premier plan des chefs d’Etat et de gouvernement par rapport aux institutions communautaires en a été le signal ; la crise financière n’a fait qu’accélérer ce processus déjà engagé.

Mais en ne voulant voir par un curieux renversement dans cette dernière qu’une conséquence des imperfections de la construction européenne, on masque à nouveau sa réalité, après l’avoir précédemment fait en pointant l’irresponsabilité des États et de leur endettement. Cela permet à nouveau d’éluder toute réflexion sur sa nature globale, dont on ne veut retenir que les aspects particuliers, et rien du cas général. Car sur celui-ci, c’est silence radio ! Rien sur la généralisation du surendettement et sur la panne sèche du système financier qui en était le levier ! Rien sur la crise de solvabilité des emprunteurs privés et publics qui en a résulté ! Rien sur le développement des inégalités sociales qui a pris le pas sur l’élévation générale du niveau de vie et tend à s’accélérer ! Il ne reste qu’un discours creux sur la crise, qu’il faut éviter en ratifiant le traité budgétaire comme vient de le tonner le premier ministre français (1). Comme si celle-ci n’était pas déjà là !

Le débat pour ou contre le renforcement de l’intégration européenne vise à brouiller les cartes, comme cela a déjà été le cas lors de l’adoption du traité de Maastricht. C’est un référendum en puissance qui impose une unique réponse à deux questions, alors que c’est la nature de la construction européenne et de ses objectifs qui une nouvelle fois est en question. Car ce qui est en germe, c’est la poursuite en accéléré de ce qui avait été engagé sans aller encore trop loin, avec pour objectif de réduire le rôle d’États dispendieux et incapables de financer la couverture sociale, et de diminuer le coût du travail pour accentuer la production de la richesse (2).

Amalgamer intégration européenne et résolution de la crise financière n’est toutefois pas plus pertinent que la refuser en croyant y trouver la solution de cette dernière. S’engager dans une réédition du référendum de Maastricht sur le même mode, c’est sauter à pieds joints dans le piège qui est tendu. C’est s’en tenir à l’apparence des choses – les pauvres ceci, les méchants cela – comme si la crise actuelle était avant tout le reflet d’antagonismes entre États et peuples européens ne parvenant pas à se mettre d’accord entre eux. C’est prendre le risque de favoriser le courant qui préconise de se retirer derrière ses murailles et de fermer la porte, à l’avantage d’une extrême-droite défendant ses valeurs nationalistes et identitaires.

A chacun son faux espoir, les dirigeants socialistes fondent le leur dans une intervention de la BCE noyant le poisson, puisqu’ils sont devenus incapables de concevoir l’existence d’une alternative à un néo-libéralisme qu’ils ne cherchent qu’à tempérer. Ils semblent bien avoir à leur tour atteint leur limite historique, ne pouvant envisager – c’est un comble qui a cessé de les déranger – une crise du capitalisme, puisqu’ils ont pour horizon de l’aménager. La filiation s’est éteinte mais la crise est là.

Déjà dérangeante, elle ne va pas cesser de l’être, irréductible à la reproduction des schémas de pensée et d’inaction recuits des conservateurs.

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(1) « Nous ne pouvons prendre le risque d’une crise européenne dans le contexte actuel. Pour continuer à peser en Europe, le président et le gouvernement ont besoin de l’appui clair et solidaire de la majorité » (Journal du Dimanche du 26 août).

(2) Bruno Le Maire candidat à la présidence de l’UMP : « Mon obsession, c’est que nous prenions des décisions qui permettent aux producteurs de créer de la richesse en France », par « un abaissement du coût du travail et un transfert du financement de la protection sociale sur la TVA » (déclaration à l’AFP du 20 août 2012).

58 réponses sur “L'actualité de la crise : FAUSSE ROUTE, par François Leclerc”

  1. Bonjour François,

    Que voilà une juste et belle (dans le sens de bien écrite !) analyse des tenants et aboutissants de la crise de civilisation que nous vivons, parfait pour continuer à y réfléchir en ce dimanche très ensoleillé de l’hiver brésilien.

  2. Parce qu’un referendum est la seule façon de porter le débat sur la place publique et malgré la possibilité pour l’extrême-droite de tirer son épingle du jeu, il faut soutenir sa tenue. A cet effet, une manifestation sera organisée à l’appel du Front de Gauche et de tous ceux qui souhaite s’y joindre. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et il serait temps de conclure que la stratégie du conseil au Prince a totalement échoué, comme cela était très prévisible. Après avoir raté l’opportunité de réaliser une jonction entre la France et la le sud de l’Union, à la faveur d’un vote Front de Gauche et Syriza, la tenue d’un referendum est probablement la dernière opportunité de faire basculer le rapport de force de façon électorale, tout du moins de montrer définitivement la collusion entre certains partis, ceux qui étaient déjà pour le oui en 2005.

    1. Allons-bon, voilà que le FdG veut se poser en sauveteur. malheureusement pas écouté, de la zone euro ?
      Votre première phrase a tout l’air d’un gros désir hypocrite irréfrénable. Prendre le risque d’un référendum qui donnerait des ailes au FN juste pour pouvoir, enfin, faire la peau à l’euro. C’est dans l’air du temps du FdG, en effet.

      1. @Mor

        Je vous conseille d’apprendre à lire alors. Si vous trouvez une seule de mes interventions qui va dans le sens d’un désir d’en finir avec l’euro, je vous rend grâce. Mais vous ne trouverez pas. Pas plus que dans le programme du Front de Gauche.

      2. @Mor

        Mais faites mon ami ! Je le répète vous ne trouverez rien qui vise à supprimer la monnaie unique. Je me suis toujours posé en opposant à sa gestion monétariste, mais absolument pas à son existence. Allez y, je vais me régaler !

    2. Le « non » l’a emporté en 2005. Voyez ce qui a suivi! Pensez vous sincèrement qu’ils vont remettre le couvert pour le sujet du pour ou du contre le ratification du traité budgétaire? 72% des Français sont paraît il pour l’organisation d’un tel referundum, je suis donc l’un de ceux là… Cependant, je suis contre toute récupération par un quelconque parti qu’il soit de gauche ou de droite. Ce genre de question dépasse les clivages et nécessite débats, pédagogie et explications par des intervenants neutres (autant que possible)… Car si le politique s’emmêle, ce débat qui en appèlent d’autres tournera vite au ridicule. Ils le prouvent tous les jours sur d’autres sujets qu’ils soient ou non au pouvoir…

      1. Ce genre de question dépasse les clivages

        les clivages comme droite – gauche sont dépassés puisqu’il n’y a plus dans le socialisme (élément majoritaire à « gauche ») que du libéralisme
        il n’y a plus qu’un seul clivage, la masse de moutons allant à l’abattoir sans voir où mène le chemin et une petite minorité qui y est poussé a son corps défendant
        cela sent vraiment très mauvais:(
        référendum ou pas je crois que tant que le système actuel ne sera pas totalement effondré, rien ne changera le cap

    3. @Nicks

      Il y a eu des élections présidentielles et législatives récemment en France, et le FdG n’a pas obtenu de score qui lui permette aujourd’hui de remettre en cause la politique du gouvernement. Il vous faudra l’accepter, au moins pour 5 ans.

      1. @Pignouf

        Y a t’il une loi qui empêche de proposer la tenue d’un referendum ? Il ne s’agit pas d’un putsch que je sache. Pourquoi diable, les ouiistes sont ils toujours si nerveux quand il s’agit d’ouvrir un débat démocratique?

      2. Il y a eu un référendum en 2005 demandant aux français d’accepter oui ou non un certain traité…
        les français ont dit NON à près de 55 % (et ce malgré un matraquage médiatico-propagandiste en faveur de l’acceptation au renoncement démocratique)….et cela fait maintenant 7 ans et demi que le peuple « dit souverain » attend la reconnaissance officielle de ce résultat sorti des urnes….
        Alors « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
        Et j’ajoute que le FdG est en droit d’émettre des revendications car sans le score « qui ne lui a pas permis (en effet) d’accéder au « trône », les « élus » actuels seraient fort maris…ce qui n’a pas empêché l’attelage vert d’obtenir un char doré (à condition toutefois de rester au garage !) et ce malgré un piètre résultat.
        Non, cette démocratie est une malade en phase finale…

      3. @Nicks

        La loi française ne prévoit pas le référendum d’initiative populaire, c’est tout. Je ne suis pas un « ouiiste » bien que j’ai voté OUI lorsque la question avait été posée : j’étais jeune et je croyais naïvement que nous avions des personnes sensées aux manettes.
        Je pense que dans la situation actuelle, les Etats devraient chercher une solution simple plutôt que remettre une couche de débats et de référendums qui risqueraient d’ajouter de la cacophonie à la cacophonie.

      4. @Pignouf

        Oui, surtout ne discutons de rien et laissons faire nos dirigeants qui s’en sortent admirablement n’est ce pas ?

        Pour le reste, la manifestation pour la tenue d’un referendum sera un acte citoyen dont le gouvernement ne sera bien entendu pas obligé de tenir compte. Mais rien ne l’en empêche…

    4. Tous ceux qui confondent démocratie et représentation dite démocratique font partie du complot permanent occulte pour que rien ne change.

      1. @Marlowe

        Toujours cet encéphalogramme plat à ce que je vois…Vous croyez que la démocratie va débarquer du ciel ?

      2. Alors « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
        Robespierre.

      3. au sectateur du FdG,

        Pourquoi toujours parler de démocratie et jamais de société socialiste ?

      4. @Marlowe

        Votre démocratie étant totalement impossible à mettre en oeuvre, je parle de celle que je promeus et dont tout le monde sait la teneur, à savoir un équilibre entre la représentation et la souveraineté citoyenne. Vous me permettrez de vous renvoyez l’allusion aux sectes qui ont bien davantage fleuri à l’ombre de vos groupuscules.

        @Migeat

        Robespierre savait aussi qu’il faut la préparer dans les esprits cette insurrection, et la réserver à la dernière extrémité.

      5. à Nicks,

        Comme je ne parle qu’en mon nom, pouvez vous en dire plus sur mes supposés groupuscules ou, à défaut, retirer votre allégation ?

        Pourquoi ne parlez vous pas de société socialiste ?

      6. @Marlowe

        Au temps pour moi : les groupuscules qui ont essaimé autour des idées que vous partagez. C’est mieux ?

        Si je ne parle pas de société socialiste, c’est que je suis jacobin. L’Etat, tout ça…Bien entendu, ce n’est pas incompatible avec une approche socialiste. C’est précisément ce que je promeus. Un équilibre. C’est bien parce que la société socialiste, sans classes, est inaccessible (comment obtenir cette homogénéité dans le monde entier de façon presque simultanée ?) que l’Etat est indispensable dans une démarche vers un socialisme qui sera institutionnel et structurant, en préservant du mieux possible bien sûr la souveraineté citoyenne. Ca répond à votre question ?

    5. Illusions électoralistes. Vous n’avez pas tiré les leçons de 2005. Le peuple vote et l’oligarchie fait ce qu’elle veut pour contourner une décision qui ne lui est pas favorable. La réalité du pouvoir de l’oligarchie n’est pas dans une majorité électorale. L’oligarchie règne avec ou sans la démocratie.

      1. @Jean Duchêne

        Oh que si je les ai tirées les leçons de 2005 ! Mais vous ne semblez pas comprendre comment on met sur pied un rapport de force en politique. Ca ne se fait pas souvent d’un seul coup. Le résultat du referendum a produit ses effets en sous-sol. Il faut à nouveau travailler la terre.

    6. Si on me proposait un referendum, ce serait siege éjectable pour tout ce petit monde.
      Oui mais…et après ?
      Le problème avec les institutions, ce ne sont pas les institutions mais bien ceux qui les dirigent.
      Il faudra bien dessiner un chemin commun pour les peules, pour les nations. Il faudra bien avoir un projet humain (et sans doute économique, lol) pour aller de l’avant.
      Mais qui portera ce projet ? Des voleurs ? Des incompétents ? Des « initiés »? Les mêmes, encore et toujours ?
      Certains verraient bien Mélenchon comme guide. Perso, je ne peux le souffrir.
      Quand je parle de Nigel Farage, je me fais huer. Et tant de gens vont citer tant de noms.
      Alors, qui va décider ? Qui va rassembler ? Qui va avoir cette vu à long terme qui nous manque tant ?
      Et on retombe là dans l’histoire du monde, les vieilles batailles, les incompréhensions. Qui va avoir raison ?
      Quand je vois, rien qu’ici, les dissensions, les morsures, les envies de certains d’insulter, d’imposer leurs vérités (encore le temps des camps…d’éducation ?). Quand je vois, rien qu’ici que personne ne comprend vraiment la globalité de ce qui est en marche. Quand je vois, rien qu’ici qu’aucune solution perenne n’est validée par tous et que ça bataille sec pour avoir le fin mot de l’histoire….mais quelle histoire allons nous écrire ensemble ?
      Je vis pas mal dans un espace temps présent, lol. Et là, maintenant, je ne vois pas d’institutions capable de changer les choses puisque je ne n’y vois aucun humain à peu près viable à leurs têtes.
      Demain…et bien demain, nous verrons ?
      Alors du coup, oui au referendum. Mais j’aimerais pour une fois ne pas voter contre, mais avoir de vraies propositions d’avenir.
      Voter pour. Reste à savoir pour quoi.

      1. Quand je vois, rien qu’ici, les dissensions, les morsures, les envies de certains d’insulter, d’imposer leurs vérités…que personne ne comprend vraiment la globalité de ce qui est en marche. .. qu’aucune solution pérenne n’est validée par tous et que ça bataille sec pour avoir le fin mot de l’histoire…

        Bien d’accord avec vous
        Et c’est tout le problème (et la beauté) de la démocratie
        Comment concilier les intérêts divergents (et pas toujours compris) de milliers, de millions de gens ?
        Comment bien vivre ensemble et qui doit tenir la barre ? Qui est apte à gouverner ?
        La démocratie Athénienne a répondu à cette question cinq siècle avant JC; une part de tirage au sort.
        C’est à dire donner la gouvernance à ceux qui n’ont aucun titre à gouverner, plutôt qu’à ceux dont l’ego est surdimensionné pour accéder à cette fonction
        Mais plus personne (ou presque) ne s’en souvient, et même mes amis me rient au nez quand je propose cela.
        Et pourtant, on tire bien au sort des jurés, comme vous et moi qui doivent prendre des fichues décisions.

      2. Je me souviens d’un bouquin de science-fiction qui reprenait cette idée : tirage au sort et gouvernance de la planète obligatoire. C’était une corvée mais un devoir et les personnages le faisaient du mieux possible….le truc, c’est que sur cette planète, tous les humains avaient un haut niveau d’intelligence, de culture, de bienvaillance….je crois que nous en sommes loin, lol….
        La démocratie Athénienne dont vous parlez, tirait au sort n’importe qui ? Ou une « pré-selection  » avait-elle lieu avant ? Quelqu’un du peuple pouvait-il en être ?
        Je crois qu’en Islande, ils ont commencé à réfléchir et agir concernant une nouvelle façon de diriger ? Plus de vraie démocratie ?
        Que de questions….
        Un philosophe disait que tant que nous ne considérerons pas les ressources du monde comme appartenant à tous et devant être gérer par tous, nous ne sortirons jamais de l’âge de pierre et des guerres : le pétrole en Afrique est à moi, j’ai le droit de donner mon avis sur son extraction et utilisation . L’eau en abondance ici, est à l’Africain ; il a un droit de regard sur le fait que je la pollue et m’enrichie avec.

      3. @ Nicks

        vers un socialisme qui sera institutionnel et structurant, en préservant du mieux possible bien sûr la souveraineté citoyenne.

        C’est ce que vous murmurez à l’oreille de Quatremer dans les couloirs Bruxellois ?
        Heureusement que dans un dernier souffle vous avez rajouté l’éventuelle préservation d’une hypothétique souveraineté d’un utopique citoyen parce que l’évocation d’un socialisme institutionnel structurant faisait vaporeusement se dresser devant moi l’image d’un immeuble de bureaux dans les faubourgs du Kremlin…

  3. L’UE parce qu’elle est composée d’états et de nations parfois pluri-centenaires voire millénaire ne pouvait aller au-delà de ce qu’elle a fait: il ne pouvait être question de créer une zone monétaire optimale indispensable à la survie de l’euro pas seulement en cas de crises. De plus il a été crée selon le modèle allemand du DM fort or ce qui convient à un pays ne peut pas forcément convenir à tous qui ont une histoire politique, économique, sociale et culturelle très différentes et divergentes.
    La volonté voire l’aveuglement des dirigeants européens à sauver ce qui est moribond produira les pires conséquences comme déjà en Grèce une régression économique et sociale sans précédent, fera renaitre tous les passifs historiques que l’on croyait éteint comme l’hostilité grecque à l’égard des allemands pour leur rappeler leur passé nazi et le vol de l’or de la Banque de Grèce lors de leur débâcle, comme les propos peu amènes de Mario Monti à l’égard de l’Europe du nord

    1. Et si la création de la monnaie unique n’avait été que la tentative ultime de sauvegarder temporairement le capitalisme sous sa forme européenne, c’est à dire un certain niveau de consommation de marchandises et d’illusions, en privilégiant les pays qui produisent le plus ?

      1. @ Marlowe

        Et si la création de la monnaie unique n’avait été que la tentative ultime de sauvegarder temporairement le capitalisme sous sa forme européenne

        Cela présuppose que l’agonie du capitalisme était alors connue, alors qu’encore aujourd’hui l’opinion n’est pas forcément largement répandue.

      2. à Julien Alexandre,

        Je fais partie de ceux qui pensent que cela fait quelques décennies que l’hypothèse de l’agonie possible et probable du capitalisme fait partie de la réflexion des moins stupides des dirigeants, bien que, pour des raisons évidentes, ils n’en parlent pas.
        Le développement de la dette, privée et publique, était un signe fort, d’autant plus après la chute du mur de Berlin et la fin de l’affrontement spectaculaire des deux blocs et de deux conceptions de l’économie dont une n’avait plus d’avenir.
        Il y avait certainement aussi une sorte de « bonne volonté » de certains pour protéger l’Europe de la mondialisation.
        Que l’opinion (publique ?) ne soit pas persuadé que le capitalisme, c’est à dire une société fondée sur l’accumulation et le développement industriel infinis dans un monde fini, est entré en agonie, cela ne fait que me persuader que la théorie debordienne du Spectacle est aussi pertinente que les théories du refoulé.

    2. @cording

      C’est l’Allemagne en tant qu’Etat qui a été nazie, et non les Allemands dans leur ensemble. Il faut faire attention quand vous abordez ce genre de sujet sinon vous tombez dans la diffamation.
      Sur l’aspect historique je vous rappelle que c’est l’Italie qui a lancé les hostilités contre la Grèce, et l’Allemagne est venue « débrouiller » l’affaire quand l’Italie s’y était enlisée. Enfin, l’époque concernée est suffisamment complexe qu’on a du mal à savoir s’il n’est pas parfois préférable de vérifier s’il n’y a rien à balayer devant chez soi.
      Donc : prudence, merci beaucoup.

    3. Euro a ete impose a Kohl par Mitterrand, c etait cela la condition absolue pour que la France donne son accord pour la reunification allemande, surtout que Kohl a directement negocie et obtenu l accord de Bush pere et Gorbatchev. Remarquez, Mitterrand n etait pas seul qui s afollait, M Thatcher et les autres petits dirigents europeens pluri centenaires ou millenaires egalement…
      Pour Kohl la priorite No. 1 a ete la reunification, donc il a dit oui a euro et evidemment les allemands ont obtenu certaines regles concernant la monaie unique.
      Ce qui est tres interessant, me semble t il, c est que Kohl n etait meme pas sur d inclure dans la zone monetaire Italie, il craignait deja qu il y ait trop de dettes et la on est au debut des annes nonantes… Les archives allemands, recemment rendus publics, sont tres interessants, alors qu en France on dirait que c est le secret bouche cousue sur cette periode de l histoire.
      Je me pose la question suivante, si deja Kohl n etait pas si sur pour Italie, ce n etait certainement pas lui de pousser pour Portugal, Espagne, Grece qui n ont strictement rien a faire dans la zone monetaire optimale comme vous le dites. Pour Kohl, c etait France, Allemange, Benelux, point barre.
      Alors qui est ce que a pousse si fort politiquement pour la zone sud si ce n est dles gouvernements socialistes francais successifs, car le couple franco allemand est alfa et omega de l Europe si c est a bientot 28 ou a 17 c est pareil.
      En France, il a y comme une amnesie, voila c est comme cela, il y a des pays dans la zone euro comme par enchantement, par un coup de baguette magique, on ne sait pas comment ils y sont arrives.
      L euro est une decision purement politique et nous payons ou pairons bientot tous les consequences de cette aberration.
      Comment est ce possible d entendre J Attali de dire on savait que euro ne marchera pas mais on l a fait quand meme !
      Est ce normal que de hauts responsables politiques francais ont pu faire des choses a l encontre du bien du pays dont ils avaient la responsabilite ?

      1. Utile rappel des fondements politiques de la situation actuelle. Je rajouterai que nos camarades socialistes (et trotskistes que j’ai bien connu en fac comme Cambadelis et consorts..) ont découvert après les lustres du pouvoir, les jouissances de l’argent …C’est l’époque de l’ouverture de la France au capital étranger (50% du CAC40) et de la déréglementation financière.

      2. c’est un sacré paradoxe que ceux-ci qui forts de leur bagage marxiste léniniste en 68 et dans son sillon annonçaient la chute prochaine du capitalisme et cela à une époque où le capitalisme ne donnait pas vraiment de signes de faiblesse, sont aujourd’hui incapables de voir dans la crise qui est maintenant bien là les symptômes de son agonie. Un telle cécité ou une telle désinvolture me convainc que la lutte doit s’engager en dehors des chapelles partisanes officielles des partis constitués. La situation nous impose un engagement politique qui passe d’abord par un certain détachement, non pas consistant dans une attitude emprunte de neutralité, ou désabusée, mais caractérisée par la conviction que les germes de la transformation sociale sont à semer en menant le combat des idées, ici et en toute circonstance, sans compromission, car les idées auxquelles nous croyons ne sont pas négociables.

        Mais tôt ou tard, ces vainqueurs à la triste mine seront balayés par le vent de l’histoire qui n’a jamais cessé de souffler.
        Les soixante-huitards qui ont émergé politiquement pendant les années Mitterand et qui reviennent aujourd’hui avec Hollande ont seulement été des vainqueurs comme le souligne admirablement Christian Laval dans son article consacré à la génération 68. Les perdants, c’est à dire ceux restés fidèles à leurs idéaux, qui ont préféré cette fidélité au pouvoir et à l’argent savent parfaitement que la révolution a été trahie, que tout est encore à faire.

      3. à Pierre-Yves D.

        Encore et toujours
        Dans de nouvelles luttes
        Jamais achevées, jamais liquidées
        Combat l’homme épuisé,
        Sans perspective.

        Encore et toujours
        Le sol se dérobe
        Et craquent les amis.
        Tant de sols, tant d’amis différents ;
        Ainsi use-t-il
        Sa maigre part de confiance.

        Et lui qui a tenu durant la nuit sans fin
        Tout au long des combats
        S’assurant souvent de qui venait
        Ce sang sur sa joue,
        Il aperçoit
        Dans le jour qui se lève
        Devant lui
        A perte de vue
        Les jeunes troupes
        A peine entamées, mais bien reposées :
        L’ennemi véritable.

        Et
        Tous les moyens de lutte
        Lui font défaut :
        Parti au combat
        Avec des milliers d’autres,
        Il ne trouve pas
        De quoi manger pour lui
        Au point qu’il ne lui reste
        Rien d’autre à espérer
        Qu’une fois de plus
        Recommencer
        Et ajouter
        A ses anciennes défaites
        Une défaite nouvelle.

        Bertolt Brecht, Poèmes,
        Taduction, Gilbert Badia et Claude Duchet,
        Paris, Editions de l’Arche, 1968, t. IX, p.12

        Ce poème de Brecht qui clôt le recueil Andromaque, je pense à vous ! (Editions de l’Encyclopédie des Nuisances) a été lu lors des funérailles de Jaime Semprun, le 7août 2010.

  4. Pourquoi cette manie des politiciens d’être contre les référendums?Alors que c’est justement le summum de la démocratie, sans tomber dans l’exagération de la Suisse ou on en organise pour tout et n’importe quoi chaque week-end ou presque.

    En voici encore un autre exemple loin de chez nous:

    « La souveraineté du Québec, c’est un projet légitime », a déclaré le chef du parti CAQ(droite), tout en ajoutant que la promotion de ce projet ne serait jamais au programme de son parti et que les référendums d’initiative populaire, « c’est irresponsable ».

    Légitime mais irresponsable, faudrait savoir? Ca fait surtout peur aux gros capitalistes..

    http://www.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2012/2012/08/26/006-caq-outaouais-liberaux.shtml

    Et encore le même discours de la peur à la ‘tina’:

    La «stabilité politique» pour affronter l’incertitude économique, dit Charest.

    http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/26/01-4568261-la-stabilite-politique-pour-affronter-lincertitude-economique-dit-charest.php

    Beaucoup de points communs entre ces politiciens conservateurs de tous les continents finalement non?

    Une autre alternative(et l’inconnu),leurs fait peur…fusse t elle minime.

    1. Il ne faut pas exagerer Dissy, nous avons les votations 2-3 fois par an et les divers referendums sont regroupes et ne sont surtout pas n importe quoi…

  5. Je ne connais personne qui prononcerait pour la constitution d’une Europe fédérale, sauf quelques rêveurs idéalistes et des gens qui ont vécu la deuxième guerre mondiale – pour eux, L’Europe est important. Merkel dit qu’elle est en train de penser un projet pour faire avancer l’union fiscale, permettat d’aller vers une réelle union politique, mais elle le dit parce qu’elle agit sous la pression des marchés; ils aimeraient une Europe unie avec l’Allemagne comme comptable et payeur. Le gouvernement allemand sait que les marchés doutent, attendent des décisions rassurantes. Je pense que le public allemand et européen ne seront pas d’accord avec une Europe à la Merkel. D’autant plus que cette Europe sera ultralibérale, un régime technocratique à vocation économique.
    La crise est un problème très complexe, multifactoriel et totalement nouveau; c’est la raison pour laquelle la classe politique, les économistes, les intellectuels sont dépassés par les évenements. Comme souvant dans l’histoire de l’humanité, il y a une décalage entre les évololutions technologiques d’une part, et les mentalités d’autre part.
    Ce qui est peu rassurant: ces décalages ont souvent conduit à des révolutions ou des guerres.

    1. quelques rêveurs idéalistes et des gens qui ont vécu la deuxième guerre mondiale – pour eux, L’Europe est important.

      Ça ne suffit pas, avoir survécu à une grande boucherie, pour considérer quelque chose important ? Qui sommes-nous pour vouloir leur donner tort ?

    2. Je ne connais personne qui se prononcerait pour la constitution d’une Europe fédérale, sauf quelques rêveurs idéalistes et des gens qui ont vécu la deuxième guerre mondiale – pour eux, L’Europe est importante.

      Et pas pour nous, peut-être? Si c’est important pour eux, c’est qu’éventuellement ils ont des arguments et une mémoire. Ou auraient-ils tout faux?

      Quant aux rêveurs idéalistes, ben oui, il en faut. Avez-vous jamais vu un changement se produire avec des gens insipides? Ou alors vous pensiez aux réalistes ou aux pragmatiques adeptes des choix rationnels… Dans ce jeu là, l’Europe est accessoire, instrumentalisée. Croyez-vous que sans idéaux il y a la moindre chance que l’on sorte du cadre? Pour sortir du cadre, il ne faut pas nécessairement sortir de l’Europe ou rejeter l’Europe fédérale. Il y a erreur sur la ‘marchandise’.

      L’Europe fusse-t-elle fédérale n’est pas le problème; ce sont les choix de sociétés qui le sont et ceux-là sont le fait des Etats et in fine des Parlements nationaux individualistes ou clientélistes (ou l’inverse), aujourd’hui plus qu’hier encore. Dans ce jeu là, l’Europe est l’Accessoire, instrumentalisée.

      Maintenant imaginez un instant que les peuples élisent disons des humanistes (ou p’tet ben même des socialistes sauce utopiste, pour faire référence à qui vous savez) pour leurs parlements nationaux, imaginez toujours que en toute cohérence ils fassent de même au parlement européen… Diriez-vous toujours « Je ne connais personne qui se prononcerait pour la constitution d’une Europe fédérale »?
      Si vous répondez ‘non’, c’est donc alors que l’Europe n’est pas le problème.
      Si vous répondez ‘oui’ alors que l’Europe soit « ultralibérale, un régime technocratique à vocation économique » ou quoi que ce soit d’autre n’a aucune importance et donc autant tout jeter, l’idée européenne et ses institutions, supprimer toute forme de supranationalité en espérant une hypothétique coopération entre Etats responsables.

      Et là, il y a danger. Je crois que c’est ça que « des gens qui ont vécu la deuxième guerre mondiale » essaient de nous dire. Puissent-ils encore être entendus.

  6. C’est prendre le risque de favoriser le courant qui préconise de se retirer derrière ses murailles et de fermer la porte, à l’avantage d’une extrême-droite défendant ses valeurs nationalistes et identitaires.

    C’est exactement ce que je pense(vu la montée d’extrêmes droites dans différents pays européens), car jamais on n’a posé aux peuples européens la question « quelle Europe voulons-nous ? celle des marchands(espace de libre-échange ouvert à tous vents)? fédérale et démocratique (avec un parlement européen, un sénat, un gouvernement élus au suffrage universel et représentatifs)? confédérale ? europe des nations s’associant librement en fonctions des projets ? ….?
    Bravo pour ce billet synthétique dans lequel je me reconnais complètement.

  7. alors que c’est la nature de la construction européenne et de ses objectifs qui une nouvelle fois est en question.

    On est d’accord, mais ce n’est pas demain la veille que le débat va être ouvert!

    puisqu’ils sont devenus incapables de concevoir l’existence d’une alternative à un néo-libéralisme qu’ils ne cherchent qu’à tempérer. Ils semblent bien avoir à leur tour atteint leur limite historique, ne pouvant envisager – c’est un comble qui a cessé de les déranger – une crise du capitalisme, puisqu’ils ont pour horizon de l’aménager.

    Ben oui, les sociaux-démocrates sont à la remorque du capitalisme, c’est pourquoi, on ne peut rien attendre de très novateur, ni d’audacieux de leur part.

  8. La filiation s’est éteinte mais la crise est là.

    Déjà dérangeante, elle ne va pas cesser de l’être, irréductible à la reproduction des schémas de pensée et d’inaction recuits des conservateurs.

    Dérangeante, et ben voui, merveilleux !!!
    il semblerait que la crise ait un problème d’humains bien que l’on nous rabache en boucle que l’humain a un problème de crise……….

    des maux (mots ) pour le dire ???

    LES CRISES en fait ………

  9. Ne rêvons pas. Ils ne feront rien pour arranger la situation. C’est plié!!!

    Ceux qui nous gouvernent font ce que leurs maîtres financiers leur demandent: plus d’Etat-Providence, plus de programme du CNR! Les grands programmes industriels du commissariat général au plan, sous De Gaulle, Pinay-Rueff, Chaban-Delmas, c’est fini!
    1959-1974, 15 années qui, pour eux, sont une parenthèse du capitalisme!

    Et Angela Merkel vient de toute façon d’entrer en campagne électorale (dans 1 an en Allemagne) puisqu’elle vient de demander encore plus à tout le monde: http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120826trib000716127/berlin-veut-un-nouveau-traite-pour-une-europe-plus-integree-et-moins-endettee.html

    Conclusion:
    – Hollande s’est couché devant angela, enfin devant la bundesbank, la BCE, la Commission européenne, les banques commerciales
    – il n’y aura pas de référendum sur le traité en cours de stabilité budgétaire, que le parlement français doit ratifier dans quelques temps; y aura rien, ne rêvez pas!
    – même s’il y a une nouvelle poussée de fièvre, on fera tout pour la faire baisser avant le résultat des élections US, après on verra… (QE 3, LTRO, baisse des taux directeurs, taux négatifs, etc, etc…)

  10. Hébin, force est de constater que l’Europe provoque encore de nombreux débats. Preuve s’il en est que l’idée est loin d’être moribonde, et cela en dépit d’une construction hasardeuse. Au sujet, du traité budgétaire, soyons simples: de deux choses l’une, soit ce traité comme l’estimait encore hier soir Arnaud Montebourg sur BFM TV, est une avancée positive, et alors il faut effectivement le voter, soit, comme l’indique la majorité de la gauche de la gauche et une partie des écolos, il risque de précipiter l’Europe vers encore plus de récession, vers la vis sans fin de la dépression, prélude au chaos, et alors il ne faut pas le voter. Dans les deux cas, vu les enjeux, la sagesse démocratique nous impose la tenue d’un référendum. Lequel doit obligatoirement être précédé, pour ne pas se transformer en monstre démocratique, d’une assez longue campagne d’explication suffisamment pédagogique afin que le peuple puisse s’exprimer en conscience. Cela aurait en effet un double avantage: non seulement cela renforcerait le poids de la décision, quelle qu’elle soit, mais cela fournirait à notre nation une occasion unique de réfléchir aux orientations Européennes. Soyons démocrates, appelons à la tenue du référendum.

    VM

    1. @Vincent Migeat
      Pour « Arnaud Monte a Rebourg » il y a plein d’avancé positive la preuve, cette vision du futur «le nucléaire est une filière d’avenir» .Avec cette magnifique vision de notre ministre du redressement productif on est sur le bon chemin , Sainte Rita sera notre guide sur le chemin de Fukushima !!!

  11. Tout à fait d’accord avec cette analyse : le problème est général et les contorsions de l’UE ne sont qu’un épiphénomène.
    Les faiseurs d’opinion, et les dirigeants qu’ils inspirent, sont factuellement dans une logique TINA : il n’y a pas d’alternative à la pensée économique unique qui mixe néolibéralisme et keynésianisme avec des gesticulations à la fois contre le capitalisme sauvage et contre le « tout politique ».

    Cette tambouille conceptuelle n’arrive plus à intégrer tous les effets contradictoires de la complexité socioéconomique actuelle : financiarisation, mondialisation, croissance démographique, développement durable, etc. La pensée économique pousse sur les racines proposées au début du 19ème siècle, quand la monnaie reposait sur l’or, quand la mondialisation était embryonnaire, quand les technologies industrielles, commerciales et financières étaient primitives, quand la diffusion de l’information dépendait de coursiers ou d’un embryon de télégraphe, etc.
    Il faut carrément tout remettre en questions. A cette occasion, par exemple, il faudrait peut-être se poser celle de savoir si, dans la réflexion économique, toutes les richesses ne doivent être considérées qu’en fonction du prix que leur affectent, directement ou indirectement, des « ayant-pouvoir-pour » qui, généralement, n’ont aucune participation à leur élaboration ni à leur consommation.
    Voici un lien vers un croquis qui suggère une cloison entre l’économie réelle et les mirages de l’économie financière
    http://idata.over-blog.com/4/33/33/30/Economie_F-R.jpg.

    Le sentiment d’impuissance est peut-être la raison qui conduit les princes qui nous gouvernent à jouer la montre tant bien que mal, en tâtonnant pour trouver la formule magique à laquelle la croissance obéit.

    1. « Le sentiment d’impuissance est peut-être la raison qui conduit les princes qui nous gouvernent à jouer la montre tant bien que mal, en tâtonnant pour trouver la formule magique à laquelle la croissance obéit. »

      Peut-être que nos politiciens partent du postulat que toute crise est éphémère et que la croissance finit toujours par revenir y compris quand on s’y attend le moins. Auquel cas jouer la montre prend du sens.

  12. Nicks
    vous confondez rapport de force en politique et rapport de force électoral.
    un rapport de force en politique serait une mobilisation populaire sur des revendications défendant les couches populaires. Aucun rapport avec un référendum sur le traité qui ne changera strictement rien à la domination de l’oligarchie. Cette même oligarchie s’impose avec ou sans le traité. La bataille pour ou contre le traité est un écran de fumée qui masque les véritables responsabilités. Nous n’avons pas à faire à une crise de la construction européenne mais à une crise du capitalisme. Le problème de l’heure est d’arracher à l’oligarchie financière les leviers de commande et vous nous proposez…. un référendum.

  13. l’analyse de François Leclerc est rigoureusement exacte. Toutes les autres analyses qui rejettent la faute sur l’Allemagne, sur l’euro, sur la construction européenne veulent masquer l’essentiel :la crise du système capitaliste, la crise de la reproduction du capital, la crise du taux de profit. C ‘est plus facile de trouver des boucs émissaires dans un cadre nationaliste que de s’en prendre aux responsables de l’oligarchie financière, y compris dans notre propre pays.

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