LA BATAILLE DE TCHERNOBYL

Ce film de Thomas Johnson a été diffusé en 2006 sur France 3 – durée : 1 heure 34.

23 réflexions au sujet de « LA BATAILLE DE TCHERNOBYL »

  1. Décidément, on ne sait plus à quel Temps on doit se fier :
    Hier,… hier Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev nous disait :
    – “Les gars, on a eu très chaud!”. (J’ai condensé)
    – Aujourd’hui, bain y fait chaud ! (normal, certains diront, c’est l’été)
    – Demain, … demain il se pourrait qu’il fasse très très chaud !
    Chaud devant, chaud derrière, chaud dans l’eau. Où est ma bouée?

    1. ça me rappelle une chanson ( en français ) entendu à Paimpol :

      Les marins sont en mer dès l’aurore ,
      En mer dès le matin ;
      Ils ont la mer devant ,
      Ils ont la mer derrière ;
      Ils ont la mer de tous les côtés .

      C’était une chorale locale qui chantait ça ….dans une chapelle .

  2. Excellent documentaire vu sur Arté il y a quelques années.
    Merci de nous donner la possibilité de le revoir à nouveau.
    Ce n’est pas du masochisme, simplement l’assurance de ne jamais laisser tomber face à cette monstruosité de cette technologie et pouvoir continuer la lutte, comme pour celle contre l’ultra-libéralisme.

  3. Et les gens qui croient que la menace n’existe pas car elle est invisible , ça existe encore ! “Les radiations c’est des conneries de journalistes ” ( entendu de la bouche d’une collègue ) .

    1. C’est dans la droite ligne du comportement humain en général. Les personnes, toujours en général, qui n’ont pas vécu de catastrophe nucléaire, de guerre, de famine, de régression de leur société etc… alors pour eux ce sont des choses impossibles car ils ne l’ont pas vécu. C’est idiot un humain non ?

  4. Bonjour,

    Sans vouloir mettre de côté la dangerosité de la technologie nucléaire, il faut quand même aussi rappeler que parmi les causes de l’accident, les facteurs humains sont terribles.

    La conception de la centrale est intrinsèquement mauvaise, mais la conviction de sa sécurité confinait à l’aveuglement. La construction de la centrale a été entachée de sévères fraudes et malfaçons, tant pour rogner des bouts de chandelle que pour assurer les objectifs irréalistes du plan, ou assurer la promotion personnelle des ingénieurs. Les opérateurs de la centrale devaient leur place à leurs relations, et non à leurs compétences. Les responsables du test funeste avaient plus en ligne de mire leurs promotions que la sécurité, et les exemples pourraient être démultipliés.

    Ce qui est terrifiant, dans tout ceci, c’est que toutes ces défaillances humaines, guidées par l’aveuglement, le népotisme, le carriérisme, et ces multiples défauts ne sont pas l’apanage du système communiste : le système néolibéral en est rempli également. Et déjà on a entendu des malfaçons sur les chantiers d’EPR, des qualités de béton minimisées, des sous-traitant incompétents engagés… Un autre Tchernobyl nous pend au nez, malheureusement.

    L’accident de Tchernobyl est essentiellement une conséquence de la bêtise et l’incompétence humaine, dans la conception de la centrale, et le déroulé du test. Encore une fois, je ne veux pas minimiser la dangerosité intrinsèque de la technologie nucléaire (surtout dans le cas du réacteur de Tchernobyl), mais n’oublions pas le facteur humain.

    Ce n’est malheureusement pas spécialement rassurant pour autant quant à nos réacteurs occidentaux soumis à des impératifs faisant rimer sécurité avec coût.

    1. Le problème ce sont ces barres de contrôle que l’on devait faire descendre pour limiter les réactions, et dont la pointe était en graphite sur 1 m ce qui avait l’effet contraire : Ne jamais construire des dispositifs à effets complexes, même en programmation, on se fait avoir.

      Sinon, l’article de wikipédia, (en fr et de.) traduit une grande complexité du fonctionnement du réacteur, et en comparant avec ce que j’avais appris sur Fukushima, je suis perplexe : Les effets du graphite par exemple accélèrent les réactions (barres de contrôle) alors que le graphite modère les neutrons normalement, et pareil pour le bulles de vapeur, dans les réacteurs type Fukushima (REB) ces bulles inhibent la réaction, ici au contraire elles semblent l’accélérer.

    2. Je vous laisse imaginer ce que cela peut donner un EPR fait par des Chinois qui risque de combiner le pire du Néolibéralisme et le pire de la culture du Communisme…

  5. Sincèrement, une race, la race humaine, capable de construire après ça des centrales sur des failles sismiques, qui a des problèmes d’eau sur une planète composée à 70% d’eau, je ne parirais pas un kopek dessus.
    Il se trouve que je vais créer ma cantate “Le Testament” de Taras Shevchenko l’année prochaine en Ukraine. Je vais la dédier aux liquidateurs, même si on aime pas trop entendre parler de “ça” là-bas. Ils sont, comme à Fukushima, les seuls et vrais héros des nos temps modernes.
    Dernière chose: j’avais passer du temps avec un ingénieur de chez Vinci dans l’avion pour Kiev en mars. Ne trouvez vous pas confondant que l’on cherchait alors les 500 millions d’euros pour boucler le budget du 2em sarcophage alors même qu’une vieille dame, Mme Bettencourt, “donnait” un milliard à un gigolo..
    Je retourne décidément à ma musique. Bonne soirée.

  6. Un documentaire que je n’avais pas eu l’occasion de visionner… Merci de le proposer ici. Et quelle leçon quand on écoute les remarques qui se veulent prudentes en conclusion, et qu’on en prend connaissance en sachant que 5 ans plus tard (le documentaire est de 2006) il y aura Fukushima…

    Nos décideurs sont-ils capables d’apprendre quoi que ce soit d’un “accident” ? On est obligé d’en douter fortement…

  7. Gorbatchev:

    Il faut chercher,ne pas lésiner sur les moyens,il faut renforcer la coopération, créer des centres de recherche internationaux sur les nouvelles sources d’énergie.C’est la question essentielle

    LENR?
    Pour ceux qui ne connaîtraient pas:
    http://www.youtube.com/watch?v=Cu8H1JNJLa0

    1. Comme le signifie si bien Jean Paul BIBERIAN par son lapsus, c’est que le problème avec les “centrifugueuses” est qu’on n’est jamais à l’abri d’une fuite…

    2. Cold fusion ou fusion froide

      Pons et Fleischmann on fait à peu près toutes les bêtises qu’il ne faut pas faire, y compris chercher à obtenir un brevet avant de comprendre ce qui leurs semblait avoir été découvert:
      Many physicists were highly skeptical that a couple of chemists could have pulled off such a feat. More damning, they were claiming to validate their far-fetched theory via an experiment that wasn’t properly documented. In their defense, Pons and Fleischmann explained that they couldn’t reveal all the details because the University of Utah’s patent had not yet been approved. They admitted that the press conference had been premature, but claimed the University had urged them to go public when another scientist – a physicist named Steve Jones – turned out to be pursuing similar work.
      These excuses weren’t well received. “Conventional science requires you to play by certain rules,” comments cold fusionist Edmund Storms.
      “First, thou shalt not announce thy results via a press conference. Second, thou shalt not exaggerate the results. Third, thou shalt tell other scientists precisely what thou did. They broke all of those rules.”

      En plus de ces maladresses:
      – ils sont chimistes mais se mêlent de physique nucléaire
      – leur expérience ressemble quelque peu à ce que prétendait faire les alchimistes
      – leur expérience concurrence les très coûteuses recherches sur les réacteurs à fusion
      – leur expérience risque de concurrencer l’industrie pétrolière, l’industrie nucléaire, etc, etc.

      Malgré l’hostilité générale des expériences se poursuivent depuis plus de 20 ans: même si elles sont extrêmement délicates, c’est possible parce qu’il ne s’agit pas de “big science”, même si publier les résultats dans des revues de référence n’est pas possible Internet permet cette diffusion, même si des gens peu sérieux exploitent le filon à leur manière il est inévitable qu’une frange de scientifiques sérieux veuille en savoir plus et continue les recherches malgré les obstacles de toutes sortes qui s’y opposent.

      Les compte-rendus de ces recherches sont consultables sur le site iscmns.org (PDF du dernier n° paru – l’article de McKubre et Tanzella du Stanford Research Institute pages 187–197 me semble recommandable.)

  8. En ce Temps là…
    D’un côté du mur, on voyait l’argent tuer.
    Tandis que de l’autre, le mensonge tuait.
    Aujourd’hui, le mur tombé, que voit-on ?!
    Argent & mensonge d’un pareil costume.

  9. Ce documentaire est intéressant, mais plus d’un point de vue historique et sociologique que du point de vue scientifique. C’est en effet truffé d’erreurs comme souvent dans le travail journalistique. La demi vie par exemple du plutonium 239 n’est pas de 240 000 ans mais de 24 000 ans. Le bore n’est pas un acide neutralisant (comme un acide neutralise une base?!) la radioactivité, mais un élément absorbant les neutrons. Par contre on l’utilise sous forme d’acide borique (c’est, je pense, ce qu’à voulu dire le journaliste qui n’a pas du comprendre la différence entre l’élément bore et le composé chimique utilisé) dans ce but, car il est ainsi d’usage plus facile. Comme toujours, ce genre de reportage est à prendre avec des pincettes: quand on constate des erreurs sur des faits aussi simples, on peut s’attendre à de plus grosses boulettes sur des faits plus subtils…

    Cela étant dit, son intérêt est sans doute ailleurs: il permet au grand public d’avoir conscience de l’amplitude de cette catastrophe et de son impact immense sur une société humaine.

    1. Ah merci parce que j’étais parti sur 245 000 ans, donc je me disais que ça commencait à faire long.

      Sinon, le fait qu’ils aient combattu Tchernobyl pratiquement à mains nues, cela doit ramener nos propres tâches à leur juste mesure …. Si l’on veut rendre hommage à ces hommes c’est au moins en faisant ce que nous avons à faire…. qui n’est rien en comparaison.

      En Pologne on a dit que ce n’était rien, jusqu’au jour où il y a eu une panique et on a distribué de l’iode aux enfants. Maintenant j’aimerais bien savoir si le taux de cancers est normal. Cela devrait se retrouver dans l’espérance de vie.

      En France, donc plus à l’est c’est pire, sachant qu’il n’y a pas de dose sans risque en nucléaire, tout rayonnement même faible est nocif à long terme.

      http://www.astrosurf.com/luxorion/tchernobyl.htm

      “ll va sans dire que des centaines de milliers de personnes d’Europe occidentale ont été exposées à des doses supérieures au seuil d’innocuité et que certaines contracteront des cancers dans les années ou décennies à venir. On peut supposer que le cancérologue de service indiquera dans son rapport de diagnostic à la rubrique “Origine de la tumeur maligne : inconnue”… On y reviendra.”

      Ce site comporte aussi une timeline très détaillée.

    2. Je remets ici le lien sur la radiotoxicité du plutonium.
      http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/OptionsPlutonium.htm
      D’après ce site (CNRS, Ministère de la Recherche et des Nouvelles Technologies…) le plutonium 239 retrouve la toxicité de l’uranium naturel au bout de 200.000 ans.

      Bore/Acide borique : je pense qu’il s’agit plutôt d’une erreur de traduction… Pas facile avec tous ces termes techniques… c’est la même chose lorsqu’il faut traduire les messages de Tepco…

      Donc ce reportage à un grand intérêt historique (comme vous le soulignez) ET AUSSI un intérêt scientifique et technique. Un très bon reportage qui fait froid dans le dos au commun des mortels et qui donne des bouffées de chaleur à la filaire nucléophile, qui aura vite fait de tenter de minimiser le sérieux de ce travail journalistique.

      1. “D’après ce site (CNRS, Ministère de la Recherche et des Nouvelles Technologies…) le plutonium 239 retrouve la toxicité de l’uranium naturel au bout de 200.000 ans.”

        Hmm pas tout a fait. Le plutonium extrait des déchets nucléaires est un cocktail isotopique. Dans le graphe donné en lien tout les isotopes du plutonium sont présents (ce qui explique la forme irréguliére de la courbe).

        Pu238: ~ 90 ans
        Pu239: 24000 ans
        Pu240: 6500 ans
        Pu241: 14 ans
        Pu242: 373000 ans

        Il est aussi important de noter que logiquement plus la demi-vie de vie du Plutonium est longue moins il est dangereux.

        Le Pu le plus dangereux par emission est le Pu241, car il emet des radiations béta tres pénétrantes, le Pu le plus dangereux par ingestion/inhalation est le Pu238 (celui qui est mortel a des doses de l’ordre de la dizaine de mg) car il crache des alphas trés peu pénétrantes mais tres énergetiques.

        En comparaison le Pu239 meme frais est manipulable a la main moyennant quelques precautions.

      2. D’après ce site (CNRS, Ministère de la Recherche et des Nouvelles Technologies…) le plutonium 239 retrouve la toxicité de l’uranium naturel au bout de 200.000 ans.

        Votre phrase est extrêmement imprécise, voir ne veux rien dire: de quelle toxicité parlez vous? De quel isotope parlez vous et ainsi de suite?

        Sans vouloir être désobligeant, ça ne sert à rien d’essayer de rattraper les erreurs que fait un journaliste qui ne maîtrise pas son sujet et n’a même pas fait 5mn de recherche sur la wikipédia ou n’a même pas penser à téléphoner à sa cousine ou son cousin agrégé de physique, qui lui aurait gentiment fait remarquer ces erreurs…

        Mais bon, ces petites boulettes étant mis de côté, ce qui reste ce sont les portraits de soldats et d’officiels russes.

        Et je dois dire avoir été beaucoup touché par notamment ce général russe qui avait survolé le réacteur dès le début de la catastrophe, et avaient envoyé ces soldats à l’assaut du réacteur. À l’écouter rétrospectivement, on devine que ce n’est pas un mauvais type, qu’il devait peut être même croire à ces mensonges au moment où il rassurait ces hommes et qu’il s’est retrouver à devoir gérer de son mieux la pire des situations.

      3. Cette phrase n’est pas de moi, j’ai fait un copié-collé depuis la légende du graphique présent dans la page donné ci-dessus et je n’ai pas pris la peine de rentrer dans les détails comme vient très bien de le faire Reiichido… autant pour moi, mea culpa.

        La radioactivité est un domaine complexe (je ne suis pas du métier mais beaucoup de personnes autour de moi le sont), alors je pense que l’on peut pardonner à un journaliste le fait de n’avoir pas voulu rendre compte de cette complexité histoire de laisser son reportage abordable pour tout le monde… sans pour autant raconter n’importe quoi, comme l’écrit Reiichido, certains isotopes sont bien sur une échelle de plusieurs centaines de milliers d’années…

        Maintenant Chernobyl est une chose, Fukushima une autre…

  10. Extrait de l’interview donnée par M. Gorbatchev au Bulletin of Atomic Scientists, le 1er mars 2011
    “En premier lieu, il est d’une importance vitale d’empêcher toute possibilité que l’accident de Tchernobyl se répète. Cet accident fut un horrible désastre, de par son coût humain direct, les vastes portions de territoire empoisonnées, l’échelle des déplacements de population, les pertes élevées en vies humaines et le traumatisme à long terme subi par les personnes arrachées à leur terre natale et à leurs biens. Les victimes de cette tragédie ont été confrontées à une crise qu’elles pouvaient difficilement comprendre et contre laquelle elles étaient démunies. Les dommages matériels infligés par Tchernobyl, pourtant énormes, palissent en comparaison des coûts humains qui ne cessent de s’alourdir. La véritable ampleur de cette tragédie demeure au-delà de notre compréhension et constitue un rappel choquant de la réalité de la menace nucléaire. Tchernobyl est aussi un symbole frappant du risque technologique moderne.”

    Gorbatchev , 27 septembre 2011 :
    “Les horribles souvenirs de Tchernobyl et maintenant de Fukushima sont trop frais et trop frappants pour qu’on s’autorise à méditer tout autre choix que celui de mettre fin à notre dépendance à l’énergie nucléaire.”

    “Dans le contexte économique actuel, les armes nucléaires représentent un gouffre financier sans fond.”(…) “En ne parvenant pas à proposer un plan convaincant de désarmement nucléaire, les Etats-Unis, la Russie et les autres puissances nucléaires dessinent par leur inaction un avenir dans lequel les armes nucléaires seront fatalement utilisées. Nous devons prévenir cette catastrophe.”…

    Autres déclarations marquantes sur le nucléaire ou contre le nucléaire, par des personnalités connues et reconnues, y compris des acteurs de l’industrie nucléaire ou du secteur militaro-nucléaire, ou des politiques pro-nucléaire : “la phrase qui tue le nucléaire”

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