L'actualité de la crise : L'INCONSÉQUENCE N’EST PAS NON PLUS UNE STRATÉGIE, par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement espagnol persiste : « Il n’est pas prévu que l’Espagne demande de l’aide au fonds [pour qu’il achète de sa dette]. Cela ne s’est pas produit et ne se produira jamais ». Outre son caractère imprudent, cette affirmation péremptoire de Inigo Fernandez de Mesa, le secrétaire général du Trésor, a une signification : cette obstination revient à continuer d’emprunter sur le marché à des taux très élevés, à enchérir le coût de la dette et à accroître la peine des Espagnols en la rallongeant sans savoir jusqu’à quand. Pour démontrer quoi ?

Il y a quelques jours, David Cameron avait pris moins de gants – mettant sur les dos de pronostiqueurs défaillants son insuccès sans pour autant dévoiler son propre pronostic – en annonçant non sans désinvolture : « Il ne me semble pas que le relâchement de la pression soit pour bientôt ». Devant bientôt être suivie par la Grèce, le Portugal et l’Irlande, l’Espagne a déjà bénéficié d’une année de grâce pour revenir dans les clous. Partout l’étalement dans le temps du désendettement et le renforcement de l’austérité qui l’accompagne sont les seules promesses qui restent disponibles, à condition qu’il n’y ait pas d’accident de parcours comme ceux que l’on tente d’éviter un ce moment.

Un ballet de conciliabules se poursuit à un rythme soutenu entre capitales européennes, en préparation de la réunion de jeudi de la BCE dont on attend des éclaircissements sur les propos assurés mais flous de Mario Draghi, qui ambitionne de « faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro ». Mais encore ? Timothy Geithner, le secrétaire d’État au Trésor américain, poursuit ses consultations européennes tous azimuts dont rien ne filtre. On ne fera pas de pari sur les fluctuations du débat, et pas davantage sur la durée de la détente relative enregistrée sur le marché obligataire.

Comme toujours, des phénomènes souterrains sont à l’œuvre, qui en disent plus que les petites phrases des dirigeants européens, surtout quand elles ne sont pas relevées. Mario Draghi a en effet mis en garde à propos de la « fragmentation financière » enregistrée en Europe, sans que cela suscite de curiosité. Qu’a-t-il voulu dire ? Il faisait référence à l’accélération de ce que Morgan Stanley a de son côté appelé « la balkanisation du marché bancaire » dans une récente étude qui tente de faire le point à ce sujet. Les banques allemandes, mais également françaises, se délestent autant qu’elle le peuvent des actifs des pays exposés qu’elles détiennent, Italie compris ; c’est leur manière de se préparer à l’éclatement de la zone euro, au cas où… Pour ce dernier pays, selon l’étude, les banques allemandes ont réduit de 25% leur exposition aux secteurs privé et public en moins de cinq mois depuis le début de l’année. L’année dernière, c’était seulement de 7%.

Comme le remarque Morgan Stanley, cela fragilise davantage la zone euro, en substituant un danger à un autre : plus les banques d’un pays détiennent de sa propre dette, plus elles sont vulnérables à la hausse des taux et à la baisse de la valeur de ces titres qui en résulte. C’est typiquement la situation des banques espagnoles, italiennes, portugaises, grecques et irlandaises et cela constitue un fort risque systémique.

Une fois encore, on constate que le système bancaire est le moteur principal de la poursuite de la crise européenne de la dette : en cherchant à se protéger, il annonce les prochains épisodes de celle-ci. Dans le cas présent, il accentue la possibilité d’un éclatement de la zone euro, dont il subirait en retour les conséquences malgré toutes ses précautions.

Le fonds de soutien aux banques d’une « Union bancaire » en projet et aux contours très flous vise à financer les banques, mais il se heurte à deux tabous : la mutualisation de la dette privée, comme le gouvernement allemand n’a pas manqué de le souligner, et l’intervention de la BCE afin d’abonder un fonds que les banques ne pourront mettre par leurs seuls moyens au niveau requis, pas plus que les États d’ailleurs. Tous les montages successifs qui sont proposés se heurtent au même obstacle : ils ne sont jamais à la hauteur de la situation, et cela continue.

Le pas qui a été accompli en accordant tardivement au renflouement des banques l’attention qu’il aurait mérité de se voir accorder depuis le début de la crise a comme conséquence d’encore grossir le volume global de la dette qu’il faut financer pour la résorber ensuite. Aucune avancée n’a parallèlement été accomplie sur cette question. Plus le temps passe et plus la situation économique se détériore, moins il y aura d’autre solution qu’une intervention massive de la BCE ou une restructuration d’ensemble de la dette publique. Cette dernière impliquerait la création d’une agence européenne de la dette et l’émission d’euro-obligations échangées avec les titres actuels après dépréciation.

Décidément non, il ne semble pas que le relâchement de la pression soit pour bientôt !

108 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L'INCONSÉQUENCE N’EST PAS NON PLUS UNE STRATÉGIE, par François Leclerc »

  1. “… une restructuration d’ensemble de la dette publique. Cette dernière impliquerait la création d’une agence européenne de la dette et l’émission d’euro-obligations échangées avec les titres actuels après dépréciation.”

    Intéressant : c’est la proposition que j’ai faite il y a une semaine dans mon billet LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO et qui paraissait “farfelue” à l’époque.

    L’idée ferait-elle quand même son chemin dans les capitales européennes ?

    1. On vous voit venir à 10 kilomètres les Keynésiens! On crée une agences européenne de la dette pour “seulement” émettre des euro-bonds à échanger sur des ” titres actuels, qui seraient alors dépréciés” et on finit par lancer des obligations nouvelles pour creuser encore plus le trou.

      La solution a trop de dettes nationales n’est surement pas de faire lus de dette communautaire.

      Sinon le papier est bien fait 🙂

      1. On vous voit venir à 10 kilomètres les Keynésiens!

        Tout le monde n’a pas la finesse d’approche de l’avocat du diable : à pieds joints dans la controverse pour le plaisir de se lire blablater.

      2. @ LeTaulier

        Une restructuration de le dette avec de titres après dépréciation. Et alors, il n’y a rien de keynésien dans tout cela que je sache.

        Cela voudrait dire que tous les Etats qui ont fait faillite avant que Keynes arrive en économie étaient keynésiens sans le savoir!?
        Avant même la naissance de Keynes, le Directoire en 1798 avec la faillite des 2/3 (ou le remboursement du 1/3 consolidé au choix) était keynésien sans s’en douter! Ouaaaaah! C’est beau!

        Cependant il y a 2 choses à faire:
        – casser la machine à spéculer comme l’on cassa les planches à assignats en 1798; pour le moment on en est bien loin
        – vous voulez qu’on rembourse? Faites en sorte que ceux qui s’endettent redeviennent solvables, ce que l’on ne fait pas avec les plans de rigueur qui baissent les salaires et les pensions; on en est encore plus loin; enfin…

        De toute façon, nous sommes dans une ère monétariste et néo-classique tendance Thatchero-Reaganienne depuis le début des années 1980 et voilà où nous en sommes, à deux doigts de déclarer banqueroute!

        Alors Keynes peut revenir, ça ne peut pas être pire.

      3. Cher Le taulier, j’espère qu’au moins, c’est vous qui possédez encore les clés, parce qu’il s’agirait bientôt d’en sortir – je veux dire, de la taule…

      4. @François Leclerc

        C’est pas moins de dette partagée par tous mais une opération de “grosse baise” (désolé pour certains). Quel est l’intérëte pour des pays comme l’Allemagne, les Pays-bas la Finlande mais aussi la France d’échanger leurs titres non-dépréciés? Aucun.

        Ce truc ne sert qu’à renflouer quelques pays qui ne sont pas les plus malheureux (quelle est le sens de la justice quand on demande à la Slovaquie ou à la Slovénie de se sacrifier pour l’Italie)

        @Paul Jorion

        Que je ne sois pas d’accord c’est pas le plus important mais à mon avis au 70% des peuples de Nord de l’Europe (car il existe un peuple allemand, hollandais, danois etc. c’est pas le monopole de l’Espagne ou de la Grèce) n’en veulent pas.
        Par ailleurs les Berlin est claire et constant, pas de solidarité sans discipline et contrôle mutuels des budgets ce qui est refuser par la France (même chose pour Madrid c’est pour cela entre autre qu’ils ne veulent pas faire appel au FESF).

        1. @ Letaulier

          C’est pas moins de dette partagée par tous mais une opération de « grosse baise » (désolé pour certains). Quel est l’intérëte pour des pays comme l’Allemagne, les Pays-bas la Finlande mais aussi la France d’échanger leurs titres non-dépréciés? Aucun.

          L’Allemagne exporte la majorité de sa production en Europe. Si les pays tombent les uns après les autres, notamment la France, l’Italie et le Bene(sans le lux), les marchés d’exportation de l’Allemagne se réduisent comme peau de chagrin, et l’euro tombe avec. Si l’Allemagne laisse faire une BCE qui tenterait de relancer une inflation pour apurer les dettes, la composition démographique vieillissante de l’Allemagne et le poids prépondérant des retraites font que leur système s’effondre tondu par l’inflation.

          En l’état actuel, l’Allemagne pas plus que les autres ne remboursera sa dette. Donc l’Allemagne a tout intérêt à moyen terme à cette mutualisation, comme les Pays-Bas et la Finlande.
          Quoi qu’il arrive, il y aura restructuration. Autant le faire dans un mouvement coordonnée qui préserve un certain nombre d’acquis.

          Que je ne sois pas d’accord c’est pas le plus important mais à mon avis au 70% des peuples de Nord de l’Europe (car il existe un peuple allemand, hollandais, danois etc. c’est pas le monopole de l’Espagne ou de la Grèce) n’en veulent pas.

          C’est le résultat du baromètre “pif dans le vent” ou “doigt mouillé” ?

      5. Quel est l’intérëte des pays comme l’Allemagne, les Pays-bas la Finlande mais aussi la France d’échanger leurs titres non-dépréciés? Aucun.

        Quel intérêt ? Au-delà (ou en-deça) de l’argument purement économique et évident de Julien, y’en a un autre, tout con : on a intérêt à négocier en position de force, une fois les positions sur le terrain militaire (ici sur les marchés) nettement délimitées. La position des états cités ne sera jamais meilleure aussi bien vis à vis des partenaires que des créanciers. Sur quels titres y a-t-il le plus à perdre aujourd’hui ? Allemagne, France, Pays-Bas, Finlande, Belgique, etc. Les scandinaves ou les bataves ont jamais fait défaut dans l’Histoire ? Va falloir s’y résigner, pour un petit, sinon ce sera pour un gros. Faut arrêter d’jouer au cador à m’ment donné…

      6. @Julien Alexandre

        L’Allemagne exporte la majorité de sa production en Europe.

        1- Et alors? Depuis le début de la crise les ventes de véhicule de lux allemands ont progressé en Grèce et en Espagne alors que celles de Peugeot et de Renault s’écroulaient.

        2- Mieux vaut exporter peu (nouveaux marchés) mais être payé que de faire des ventes faramineuses qui débouchent sur des impayés.

        C’est le résultat du baromètre « pif dans le vent » ou « doigt mouillé » ?

        C’est le résultat de sondages, du bon sens et ma propre expérience.
        Si les Allemands étaient favorables à une aides massives en faveur des pays du Sud Merkel aurait une position beaucoup moins intransigeante.
        J’habite un pays du Nord et je te garantie que les gens avec qui je discute sont sacrément remontés contre les dirigeants politiques d’Europe du Sud, y compris des gens très à gauche pour qui l’argent versé à la Grèce va dans les poches de l’église et des armateurs.

        @Campos

        J’ai compris que vous n’aimiez pas Cuba

        C’est faux. J’aime tout le monde à priori, c’est juste que je n’aime pas les régimes politiques et les systèmes économiques cubain et nord-coréen entre autre.

        1. @ Letrollier

          1- Et alors? Depuis le début de la crise les ventes de véhicule de lux allemands ont progressé en Grèce et en Espagne

          Source, à part les égouts du net ?

          2- Mieux vaut exporter peu (nouveaux marchés) mais être payé que de faire des ventes faramineuses qui débouchent sur des impayés.

          Impayable d’absurdité. Si l’Allemagne demain exporte peu, ce n’est plus l’Allemagne et tout son système s’effondre. Ils font quoi les 3 millions de chômeurs allemands supplémentaires ?

          C’est le résultat de sondages, du bon sens et ma propre expérience.

          Quand je lis “bon sens” sous votre plume, ça me fait le même effet qu’un ongle sur un tableau noir.

      7. Julien Alexandre

        Au doigt mouillé, les PIIGS ne représentent pas la totalité des exports allemands en UE, même en coulant ils importeront encore.

        1. Fnur,

          Au doigt mouillé, les PIIGS ne représentent pas la totalité des exports allemands en UE, même en coulant ils importeront encore.

          Au doigt pas mouillé, la France, la Belgique, les Pays-Bas, etc. ne font pas partie des PIIGS et représentent un sacré morceau des exportations allemandes. Si on laisse le processus se poursuivre comme on le fait actuellement, ces pays seront bientôt là où sont l’Espagne et l’Italie. C’est une évidence.

      8. @vigneron: très juste et voici dans quel ordre les positions de force sont actuellement (par ordre décroissant):
        1) créanciers
        2) débiteurs en qui les créanciers ont confiance (Europe du Nord)
        3) débiteurs en qui les créanciers ont perdu confiance (PIIGS)

        Perso, je juge donc qu’il vaut mieux attendre et que le processus de déliquescence suive son cours. Une restructuration de la dette, maintenant, ce serait trop bon pour les créanciers (des fois, je me demande si ce blog ne bosse pas dans leurs intérêts) et accessoirement pour les débiteurs forts. Pour les PIIGS, ça signifierait un soulagement relatif de leur dette (assez pour leur permettre de casquer jusqu’au bout, c’est-à-dire pendant un siècle) et une grosse perte d’influence politique en Europe.
        Moi je vote pas pour une restructuration de la dette ordonnée (c’est-à-dire sous égide germanique). Je vote pour le reset total, seule manière de sortir du cadre. Y’aura du bordel, c’est sûr, mais…

      9. En quel honneur un pays rigoureux devrait-il partager avec des pays irresponsables ? On attend toujours un debut d’argumentation.

        1. @ Pignouf

          En quel honneur un pays rigoureux devrait-il partager avec des pays irresponsables ? On attend toujours un debut d’argumentation.

          On attend toujours un début d’intelligence dans un de vos messages. We don’t hold our breath though, we know better ! Le début et la fin de l’argumentation est simple à comprendre : le modèle économique allemand repose sur la bonne santé financière des “pays irresponsables” pour écouler sa production. Soit l’Allemagne change son modèle vers un système de consommation intérieure (bye bye lois Hartz IV), soit elle fait en sorte que les pays irresponsables gardent les moyens d’acheter sa production.

      10. @julien alexandre

        Vous comptez vous y prendre comment pour que l’Allemagne suive vos directives ?

        Le monde continuera de tourner, avec ou sans l’euro. Je ne vois toujours aucune raison de spolier un letton a la faveur d’un grec.

      11. Faux ton rapport de force Moi (et ne parlons pas de ta « philosophie politique », politpiriste ou nihiliste si tu préfères…). Les créanciers sont à genoux, mains jointes, devant les 4 à 5 000 milliards € de dettes allemandes, françaises, hollandaises, belges, finlandaises, etc (t’as besoin que j’te rappelle les taux réels actuels ? ).
        Donc on met ton 1) en 2), au mieux, et le 1) plus 3) vaut beaucoup plus que ce 2) là.

      12. Pignolle, qu’est-ce qu’il vient foutre sur ta soupe le letton comme ça tout d’un coup ? Tu lui as demandé son avis au moins pour ce bain tiède forcé ?

      13. @vigneron

        Le lat etant arrime a l’euro, le letton est donc pieds et poings lies avec le grec.
        Pourtant l’etat letton est un peu plud serieux dans sa gestion mais indirectement solidaire, c’est la logique de l’ue et de son monstre l’euro.

      14. @vigneron: j’avais pas encore remarqué que les créanciers étaient à genoux, vu que c’est l’austérité partout en vue de raquer les fonds de tiroir pour les rembourser et cela même chez les pays du bon groupe. Mais si tu le dis… Peu importe d’ailleurs, pour moi que ce soient les Allemands néo-libs ou les créanciers qui fassent la loi, c’est kif kif pour l’exploité. Et mis à part dire que ce que je propose est nihiliste, je vois pas bien l’argument en faveur de ce que toi tu proposes, c’est-à-dire sauver le système en essayant de convaincre le scorpion d’attendre sagement la rive pour piquer la grenouille sur laquelle il traverse le fleuve… Vous cherchez quoi au juste? Convaincre les capitalistes de lâcher du lest pour sauver le bazar? Convaincre leurs sous-fifres politiques de mordre les mains qui les nourrissent (et qui sont accessoirement leurs camarades de classe sociale)? Convaincre les gens de faire… de faire quoi d’ailleurs? De faire pression sur les sous-fifres politiques des capitalistes? Et comment? En sautant comme des cabris en scandant “Roosevelt! Roosevelt! Roosevelt!”? (un gars qui au passage n’a rien changé, et a surtout voulu éviter une révolution bolchévique ou fasciste aux USA)

      15. @Moi, “Vous cherchez quoi au juste? “ Depuis le temps que tu traîne ici, tu devrais savoir “kamême”… Que la terre soit car-ré. K-ré-mi-fa-sol-la-si-do… Vigneron s’exprime mal mais il est si touchant, soyons (j’allais dire chrétien) faibles. Ecoutons le prêche et avalons l’ostie, on en a fait d’autres… Plus sérieusement, il faut ne froisser personne. Débrouille-toi. Les puissants sont puissants et les petits sont petits. Le livret A voilà l’ennemi!… Le plouc qui s’est réservé quelque thune est un infâme, mais Goldman est Sage. Vigneron ne nous a dit que ça. Non?
        Le modérateur (comme : la Chine modère les opposants) ne l’a pas remarker?… (soupirs dans la salle)
        Il n’y a pas de “société du spectacle”, demande aux irakiens… T’en connais pas? Mince…
        Pardon, c’est pas toi… Toi c’est Moi, enfin je veux dire toi… Si t’étais pas là, on se ferait vraiment chier… A part les papiers de Leclerc, on se croirait à L’express… Jorion c’est autre chose, le “monde” l’attendait, ça force le respect. On pourrait préférer Nietzsche à Hegel et Céline à Robe-Grillée, mais ne soyons pas ingrat, nous avons quelques para-doxaux autorisés, ce qui n’est pas rien dans une société contrôlée.

      16. Moi,

        J’avais pas encore remarqué que les créanciers étaient à genoux…

        , t’sais quoi ? Tu devrais lire les papiers d’un certain François Leclerc. Tu les trouveras sur un blog de la sphère ultralib, Blog Jorion j’crois qu’ça s’appelle.

        Pignolle, personne n’obligeait les lettons à s’astreindre à un misérable 1% maximum de variation de change avec l’€ alors que 15% leur étaient autorisés dans la période transitoire. Leurs banques sont détenues à 80% par les suédois et donc non concernées directement par la crise de la zone €. La dette privée est massivement en devises et à plus de 100% du Pib. Pour ce qui est du caractère prétendument “vertueux” de leur gouvernance budgétaire, désolé mais ils font pas mieux que les grecs à 5% de déficit en 2011. Ils ont pris 17% de récession dans les dents en 2008/2009, c’est pire pour la Grèce depuis 2008. Ils sont évidemment globalement gagnants avec la baisse de l’euro.
        Ps : en Lettonie la part de l’économie souterraine atteindrait officiellement les 40%.
        Politiquement c’est une pétaudière. Z’ont voulu jouer les prétendants modèles à l’€. Mal joué.
        C’est trop tard pour nous sortir l’argument du letton (ou du bébé nigérien…) contre le grec. C’est y’a 4 ans qu’il fallait en causer.

      17. @Renou: dans l’ensemble d’accord mais pas sur Céline. Et sur vigneron, je crois peut-être commencer à le comprendre: il désespère du petit, il le voudrait grand. Il veut pas les écouter, il veut les éduquer. Péché d’orgueil habituel à gôche (c’est-à-dire l’autre droite). Il lui suffit plus que de comprendre que vouloir éduquer c’est encore vouloir commander.

        @vigneron: “Tu devrais lire les papiers d’un certain François Leclerc.”

        Et où qu’il parle des créanciers à genou? Parfois, il touche un mot sur les banques, qui ne sont pas vraiment des créanciers mais des intermédiaires utilisés par les créanciers. Sur les fonds d’investissement, nada. Et sur les créanciers derrière ces fonds, encore moins que nada. Et puis je regarde les statistiques et je vois que les inégalités ont encore augmenté depuis 2008. Tu captes ça? Les créanciers, les vrais gros créanciers, se goinfrent depuis 2008.
        Les chroniques de François Leclerc c’est la description de la tonte des moutons, pas comment les créanciers sont en train de mordre la poussière. Outre que je perçois beaucoup de moutons indignés, si les créanciers étaient en train de morfler, il servirait à quoi ce blog? A décrire dans la joie et la bonne humeur la victoire en cours, bataille après bataille, des prolétaires sur les capitalistes? Tudieu, faut lui dire de changer de vocabulaire alors (c’est pas la grande perdition, c’est le sentier de la gloire; à moins qu’il ne parle du point de vue des créanciers?).

      18. Moayen, tu sais combien ça pèse le marché secondaire des dettes allemandes, françaises, US, britishs, hollandaises, danoises et compagnie par jour ? Sur ces dettes banques et zinzins achètent à prix d’or du papier à taux réels voire nominaux négatifs, négatifs Capito ? Je rectifie, pas à genoux, à plat ventre, c’est mieux ?
        Pour le reste j’te laisse à tes imprécacations fort politically-correct avec l’autre, vous faites la paire, dans l’eau d’vaisselle à gogos deux vrais experts.
        Mais continuez à chanter sur les toits que les créanciers sont tout-puissants surtout, teint frais bouche vermeil, ils adorent.

      1. @Pignouf
        Les vertus humaines ne sont pas celles que vous croyez !. Tout ce qui est bien et beau a été dit et pensé chez les gréco-latins et l’ultime barbarie vient du nord. Produire servilement des machines à polluer pour du fric ne séduit que le 1er pignouf venu !

      2. @Polaire

        La fraude fiscale et la corruption sont moins presentes dans les pays nordiques, renseignez-vous.

    2. @Jorion :

      Intéressant : c’est la proposition que j’ai faite il y a une semaine dans mon billet LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO et qui paraissait « farfelue » à l’époque.

      Non, votre proposition n’était que technique, et s’adressait à des ingénieurs financiers, alors que celle-ci comporte clairement une composante politique : la création d’une agence européenne de la dette et l’émission d’euro-obligations : ça, les ingénieurs financiers ne pourraient pas le faire.

      1. C’est quoi ton problème Crapaud ? Je vois pas trop où tu veux en venir sachant qu’une agence européenne et les émissions d’obligations à l’avenant sont une conséquence technique évidente de la proposition politique du défaut global de Paul et parfaitement en phase avec sa demande d’expertise auprès d’ingénieurs financiers qui ne sont et n’ont jamais été rien d’autre que des larbins de politiques.

      2. parfaitement en phase avec sa demande d’expertise auprès d’ingénieurs financiers qui ne sont et n’ont jamais été rien d’autre que des larbins de politiques.

        Ben justement, pourquoi s’adresser aux larbins ? La technique suit toujours : n’est-ce pas ainsi que l’euro a été créé ?

        Cela dit, poser une solution au niveau technique, et poser la même au niveau politique sont deux choses complètement différentes, alors que Jorion soutient qu’il s’agit de la même chose.

  2. J’adore ce blog, que je viens lire plusieurs fois par jour…
    Mais j’ai un goût de cendres, comme trop souvent, dans la bouche : on se bat ici contre des moulins à vent. Est-ce peine perdue ?

    Merci toutefois. Au moins êtes-vous de ceux qui éclairent le chemin.

    1. L’important n’est pas le but à atteindre, mais le chemin pour y parvenir

      L’essentiel est résumé dans cette phrase….
      Toute forme de lutte quand elle est juste ne peut qu’aboutir, question de temps…

      1. Le but est simple et mobile, c’est la bataille permanente
        pour la démocratie réelle, toujours à défendre.
        Aujourd’hui, la bataille pour la démocratie passe d’abord en Europe
        par la fin de la dictature du capital, autrement son expropriation.

    2. //// Au moins êtes-vous de ceux qui éclairent le chemin. ////

      Peut etre faudrait multiplier les reverbères .

    1. @ jérémie

      si fait , comme vous le dites sur votre blog ,”.. et il sautera aux yeux de tous ce que les monétaristes ont cherché à faire passer pendant 40 ans pour un tabou, voir une hérésie : c’est-à-dire que la finance, c’est politique.
      ..”
      le problème est de savoir qui s’est laissé “abuser” par cette idée , et qui a fait “semblant” de la considérer comme valide..
      pas sûr que ce ne soit uniquement que les “monétaristes”.

      en plus , avec toutes les passionnantes interprétations des soubassements politiques mis en jeux , le débat va devenir enfin intéressant..

      en un mot , Bas Les Masques ... et la “finance” est le cheval de Troie de quelle politique..??

      enfin , Jérémie ,qui dites :” tout se passe comme prévu” ,une précision SVP :
      prévu PAR QUI (ou par QUELS) ? (et restons sérieux , je ne parle pas de théorie du complot , mais de POLITIQUE , QUI= QUELS INTERETS+COMBIEN de “DIVISIONS” )

      merci aux auteurs de ce blog d’avoir le courage de leurs opinions plutôt que continuer à se cacher derrière le cache-sexe de ce qu’eux-mêmes dénoncent !!!

  3. cette obstination revient à continuer d’emprunter sur le marché à des taux très élevés

    Si le défaut est inévitable, à quoi bon se préoccuper du taux auquel on emprunte ? Demain est un autre jour….

  4. Le temps de faire sauter les carcans, les croyances, les hortodoxies et les sacro-saints est venu:

    Extrait de Der Spiegel International:

    “At a dinner in early July, the ECB chief and his fellow governors were discussing the question of whether the ECB’s loans to Ireland’s government-owned “bad bank” were consistent with the bank’s current bylaws.

    It was a debate among experts, like many before it, but then something unusual happened: Draghi raised his voice. Such questions, he snapped at his opponents, could not always be discussed in exclusively legal terms.”

    Yeeheeeee!!!

    1. Yeeheeeee!!!

      Enfin, quelqu’un de joyeux ! Ou qui en veut, tout simplement!
      Même si l’hortographe n’est pas très orthodoxe…

      1. Oups. L’émotion. A force de voir les règles se briser on en oublierait celles de l’orthographe.

        Pour me faire pardonner: le lien vers l’article de der spiegel qui vaut son pesant de cacahuètes:

        http://www.spiegel.de/international/business/mario-draghi-s-new-euro-rescue-plans-sow-strife-in-ecb-council-a-847129.html

        La voix de son maître gémie de douleur devant l’inéluctable.
        Le coeur du réacteur est en train de fusionner et ça réchauffe le mien.

        C’est la lutte finale et super Mario veut rendre les clés de la banque au Politique.

        Qui l’eut cru?

    2. Les news du Spiegel… « De telles questions ne peuvent être toujours exclusivement débattues en termes légaux “… Ouaip, sinon on mettrait qu’des juristes ( ou pire les inquisiteurs de Karlruhe !) à la tête de la Bce ou des banques. On s’rait mal. Pour résumer on régule les banques dans les limites de la dérégulation de la banque centrale. Ou la (dé)régulation de la Bce est inversement proportionnelle à la (dé)régulation des banques. On en sort pas.

  5. Vivement la dépréciation des titres ! Qu’on en finisse !

    Une excellent article qui éclaire le ” lambda ” que je suis, donc, c’est clair, pédagogique et je dirais même …optimiste.

    Il y a une issue qui par la ” ruse de l’Histoire ” sera celle qu’emprunte déjà les banques tandis qu’elles ne l’auraient jamais voulu ô grand dieu, non jamais ! Surtout pas celle -là : ” Plus le temps passe et plus la situation économique se détériore, moins il y aura d’autre solution qu’une intervention massive de la BCE ou une restructuration d’ensemble de la dette publique. Cette dernière impliquerait la création d’une agence européenne de la dette et l’émission d’euro-obligations échangées avec les titres actuels après dépréciation ” ( F.Leclerc )-

    Ceci étant dit, j’ai bien présentement compris le message : ” Tant qu’on ne fait pas défaut, on paye les intérêts et rembourse la dette à échéance…”

    Donc pour l’instant, les pseudos – citoyens et vrais contribuables paient argent comptant et les banques se paient sur la ” grand-bête-docile-avant-liquidation ” que sont les peuples : politiques d’austérité, vente des ” bijoux de famille “, privatisation en tous genre des biens publics, amputement des salaires, des retraites, de la santé …etc…misère noire…

    Tant que les représentants politiques sensés représenter les peuples représentent encore les intérêts bancaires, aucun salut dans l’immédiat sinon le creusement de la crise bancaire européenne au vu des mécanismes privées en cours qui précipitent paradoxalement leurs propres ruines ( crise systémique ).

    Par contre si les peuples obligent leurs représentants à anticiper sur les phénomènes qui ne manqueront pas de surgir puisque même les banques ne savent plus comment enrayer le processus sinon en le précipitant en voulant l’amoindrir, il est clair que le bout du tunnel pourrait enfin s’apercevoir sans que tout explose avant… Mais il faudrait faire vite et déjà cinq années viennent de passer par pertes & profits.

    Car sinon dans quelques mois, soit c’est le collapse ( le pire ), l’explosion de la zone euro ( le moindre mal ) , soit le défaut et la dépréciation des titres ( le bonheur pour la plupart des citoyens européens et voire au delà de l’ Europe ).

    Messieurs les politiques ! Il va falloir choisir ! Les peuples vous regardent pendant que les faux s’aiguisent. ( Et oui ! )

    1. soit le défaut et la dépréciation des titres ( le bonheur pour la plupart des citoyens européens et voire au delà de l’ Europe).

      « La plupart » ? Sûr ? Chiche. On fait un référendum européen… Juste histoire d’éclairer chacun chacune des tenants et des aboutissants. De résumer le truc quoi…

      1. J’ai des doutes aussi. Pas sûr que les épargnants et retraités vivant sur des systèmes de capitalisation soient très joyeux….
        Je ne sais pas où mettre le curseur entre les joyeux et les grincheux, mais m’est avis qu’il n’est pas à fond vers le joyeux !

      2. Pas sûr que les épargnants et retraités vivant sur des systèmes de capitalisation soient très joyeux….

        Et alors? Même en très grand nombre, ces gens ont fait des choix de vie. Et en général, non sans avoir pourri celle des “utopistes” dont ils ont raillé la naïveté, en les traitant d’irresponsables, d’incapables, en l’occurrence leurs propres enfants. Soi-disant pour leur laisser ce fameux capital à leur mort (qui tarde tant à venir).
        Nous, leur “enfants” donc, à la quarantaine bien tassée dont les médias même des alternatifs comme Schneidermann, ne parlent qu’avec mépris, quand il ne nous ignorent pas totalement. Nous n’avons jamais eu accès à la puissance publique. Notre parole systématiquement étouffée. Toute tentative de sortie du cadre chaque fois plus violemment réprimée en trente ans. Ne me dites pas qu’il ne reste rien dans les mémoires des combats permanent depuis Seattle.
        Je préfère encore compter le nombre de ceux qui n’ont jamais cru ces mensonges. Vu la démographie française, je doute que nous soyons minoritaires.

    2. Les faux s’aiguisent ?

      Si l’on se fie aux faits, il faut bien constater qu’en Grèce, et en dépit de la drastique cure d’austérité et de manifestations nombreuses et massive, Syriza a perdu les élections.

      Alors amha, on est encore loin dans toute l’Europe d’un “printemps des peuples” (1848).

      Sauf à considérer que le citoyen bourgeois s’oppose schizophréniquement au citoyen prolétaire en votant « conservateur » et en manifestant « indigné » ?
      Car si le peuple est constitué de schizophrènes, alors tout est possible ; qui saurait raisonner un fou (surtout armé d’une faux aiguisée) ?

      1. Qui souhaite un printemps des peuples à la 48, au c’hazh du ? Des saint-simoniens ? Des bonapartistes ? Ou des Pereire, des Haussman, des Laffitte, des Seillière, bref la révolution bancaire, aboutie en 1885 ?

      2. concernant la schizophrénie version francie occidentale:

        Comment répondre à l’électorat lepéniste sans se « lepéniser » ?

        Je le disais en 1996 dans un ouvrage collectif, Combattre le Front national : il faut prendre l’ennemi de vitesse. Qu’auront fait d’autre les démocrates, au long du siècle passé, obnubilés qu’ils étaient de ramener dans le giron de la République les électeurs sensibles aux sirènes de la guerre des classes ? Était-ce alors ouvrir la voie à la « stalinisation des esprits » que de répondre, en 1936 ou en 1944, aux attentes des plus démunis et de rassurer les classes moyennes sur la pérennité du pacte social ? Était-ce ouvrir la voie à la « pol-potisation des esprits » que de satisfaire les légitimes aspirations du plus grand nombre sans jamais recourir aux moyens préconisés par les détracteurs de la République « bourgeoise » ? La vérité, c’est que l’État providence aura permis d’étouffer des adversaires qui, déjà, apportaient de « mauvaises réponses » (collectivisation, dictature du prolétariat) à de « bonnes questions » (protection sociale, partage des richesses). Mais les francophobes ne l’acceptent pas : traiter les maux dont Le Pen est le symptôme le plus dérangeant, ce serait nuire à leurs intérêts et à leur bonne conscience. Ils préfèrent, égoïstement, défiler en couinant « No Pasaran ! », puis filer vérifier le cours de leurs actions Vivendi ou s’interroger gravement au Flore sur le danger du suffrage universel pardon : de la souveraineté populaire… Tout républicain conséquent doit l’admettre : de même qu’on n’insulte pas un parent qui, ivre de malheur, fait une crise de nerfs, on ne pourra apaiser le vote protestataire sans convaincre l’opinion que nos élites oeuvrent à l’intérêt général. D’ici là, ceux qui ont « honte d’être français » continueront de marcher main dans la main avec Le Pen…

        Martin Castelnau, ancien président de la Fondation Marc-Bloch, défend avec talent une thèse qui éclaire d’un jour nouveau la «trahison de nos élites».Propos recueillis par Joseph Macé-Scaron [24 avril 2002]

        ‘intérêts et bonne conscience’ c’est tou meutch.

  6. Pendant ce temps,

    La chronique de l’écroulement d’un monde dans lequel la stratégie consiste à creuser des trous pour en reboucher d’autres ne doit pas faire oublier qu’il faudra, après avoir constaté l’effondrement, et sans douté d’ores et déjà, c’est à dire pendant l’effondrement, reconstruire un monde plus vivable.

    A ce sujet je conseille la lecture du livre CRACK CAPITALISM, 33 thèses contre le capital de John Holloway paru aux éditions Libertalia et qui peut être commandé directement à l’éditeur n’étant pas un titre qui se trouve dans la grande distribution, même soi-disant spécialisée :
    http://www.editionslibertalia.com Ce site donne des liens qui méritent d’être explorés.

    La révolution ne consiste pas à détruire le capitalisme mais à refuser de le fabriquer (…) La question n’est pas dans le futur. Elle se pose ici et maintenant : comment cessons-nous de produire le système par lequel nous détruisons l’humanité ?

    1. Bonne question.

      SI l’on suit Foucault, ce sont les structures et non les individus qui sont responsables :

      Michel Foucault : Les Mots et les Choses

      http://www.youtube.com/watch?v=CVy_frFL7w4

      Vers 10″ 30

      “Nous voulons au contraire montrer que ce qu’il y a d’individuel, de singulier, de proprement vécu chez l’homme, n’est qu’une sorte de scintillement de surface, au-dessus de grands systèmes formels, et la pensée actuellement doit reconstituer ses systèmes formels sur lesquels flotte de tempe en temps l’écume et l’image de l’existence propre.”

      1. Cette idée du professeur au Collège de France a le mérite de l’exonérer, lui comme tous ses semblables.

      2. Bourdieu dit la meme chose (ds “questions de Sociologie” par ex). Il dit préférer etudier des statistique que le comportemental , ce dernier contenant plus de rites que de vécu …difficiles a séparer .
        Mais si les rites sont structurant , ils ne sont pas la structure , et c’est , me semble t il , effectivement cette structure qui “importe” .
        Il dit aussi qu’il y a ds le subjectif ,de l’ objectif qui participe a la subjectivation .
        Pour le Capitalisme , …refuser de le fabriquer ne suffit pas (et ne fonctionnera pas) , …pour qu’il n’ existe pas , il faut qu’il soit ininteressant et “stupide” ….et ce ne peut se faire qu’en jouant effectivement sur la structure.

      3. à Kercoz,

        Pour moi Bourdieu est dans le même sac que Foucault.

        Par ailleurs le débat proposé par cet ouvrage n’est pas sur la structure, mais sur les brêches et le faire (par opposition au travail)

      4. @ Marlow :
        /// Par ailleurs le débat proposé par cet ouvrage n’est pas sur la structure, mais sur les brêches et le faire (par opposition au travail) ////
        C’est bien ce que lui reproche . Si on ne conçoit pas la cause de nos perversions , a quoi bon soigner ses conséquences ? on refabriquera un autre variante de perversion ….
        Les constructivismes ont démontré leur inefficacité a singer la gestion du vivant , ….notre seule solution est d’étudier la gestion du vivant , pour approcher les outils qui pourraient nous donner une chance de re-naturer notre système …….Et le problème de la structure des groupes me parait essentiel …
        Quant aux solutions , ce n’est que mon avis , mais la dynamique structurante globale actuelle a trop d’inertie pour esperer la combattre (meme avec la réduction de l’énergie (energie qui l’ a boostée) ……Seules des solutions individuelles peuvent etre envisagées et par la meme induire une solution globale .

      5. à Kercoz,

        D’après vos propos, je comprends que, comme beaucoup, vous n’avez pas lu ce livre, mais que vous avez quand même quelque chose à en dire.

      6. @Poulet privé, dans ta poubelle Céline, dans ton sac Bourdieu et foucault. Bien. Très bien.
        Sur ton bureau, le professionnel du ressentiment… Et tu bois ça, fidèle.
        Sais-tu que l’IS n’a jamais dit un mot sur Louis-Ferdinand Céline? Pas un mot. Jamais.
        Pour un condé tu devrais trouver ça plus que suspect. Rappelle-toi que Freud “a déclaré” n’avoir jamais lu Nietzsche. (rires dans la salle)…
        Derrière ton clavier, tu “roules” un peu, typographe, un peu trop… Tu balaies et morguises facile… N’oublie pas que tu n’es qu’à une touche de l’autre. Une touche…
        “Il ne suffit pas de changer le monde. Nous le changeons de toute façon. Il change même considérablement sans notre intervention. Nous devons aussi interpréter ce changement, pour pouvoir le changer à son tour. Afin que le monde ne continue pas ainsi à changer sans nous. Et que nous ne retrouvions pas à la fin dans un monde sans hommes”
        Anders (pas de Bord)
        Il n’y a pas de fait, il n’y a que des interprétations. Nietszche

      7. @ Kercoz
        J’ai remarqué à plusieurs reprises que vous êtes anti-constructiviste. Si on suit Thom (mon cas) il y a une beaucoup plus grande part qu’on le croit généralement de l’acquis par rapport à l’inné dans la structuration du psychisme. Cette structuration se fait par apprentissage: l’enfant commence par babiller dans toutes les langues puis progressivement se met à parler cad à babiller uniquement les phonèmes que lui renvoie son environnement. Le problème en ce sens ne serait pas le constructivisme en lui-même mais la façon dont l’environnement (essentiellement social) construit le psychisme de l’enfant. Thom a donné un modèle géométrique de fonctionnement du psychisme qui va dans ce sens et dont les postulats ressemblent fort à ceux de la mécanique quantique. Le problème est alors de mettre le psychisme en phase avec la Nature, cad d’interpréter correctement les signes qu’Elle nous envoie (ce qui ama n’est actuellement manifestement pas le cas).

    2. On le trouve bien chez Compagnie à Paris ou à Gibert Joseph… Mais bon, quand on veut prendre la pose du subversif la réalité n’a que peu d’importance…

      1. Je n’ai pas dit que le livre n’était dans aucune librairie !
        Je pense qu’un éditeur qui se distribue choisit ses points de vente.

      1. à Kercoz

        Comme vous ne savez pas écrire (Marlowe, avec un e), il est évident que vous ne savez pas lire.

      2. Marlowe-Bovary, crois-tu relire ce que tu penses écrire?… Le charabia de M. de Bord, c’est donc ça?… Des faibles-rusés…

    3. @ listfr

      un peu léger comme lecture de M.Foucault…
      les structures en question , les systèmes formels , etc ….. sont autant de créations humaines ….créations à partir d’un substratum sous-jacent dont l’homme a quelques difficultés à formuler une représentation cohérente.
      tout un travail théorique en friche , que j’avais , fut un temps , débroussaillé avec F.Guattari et d’autres (en liaison avec G.Deleuze ) , d’où le fameux thème du Rhizome ( chap. in Mille Plateaux , 1980).
      dommage qu’il n’en reste plus que ces propos réducteurs …

    4. Dis-nous donc quelle forme prend ton refus, à toi, du capitalisme. Ton secret de typographe, allez!…

  7. la position du fin limier
    coller aux basques de la dernière nouvelle du jour et tenter de décrypter l’avenir probable à la lueur de l’image dans le cadre restreint de la loupe fixée sur l’euro ou les questions monétaires.

    juste le fonctionnement mécanique de l’actu
    sauter du dernier mot du jour au suivant
    rêver la nuit comme méthodologie de compréhension profonde
    ah l’assoupissement par la chaleur d’août fait son oeuvre!
    et si la monnaie n’était plus qu’une question subsidiaire?
    comme si pendant la guerre la discussion à propos des qualités des kalachnikovs comparées aux avantages du bazooka pouvait résoudre la question de l’affrontement.
    la monnaie n’est que la conséquence d’enjeux d’un autre niveau qui ne se situent pas dans la parole médiatisée des ténors qui font leurs gammes journalières pour justifier leurs émoluments et la dignité associée à leur fauteuil.

    la vraie guerre est ailleurs dans un rapport de force primaire sur l’état et le nombre de combattants du terrain et parfois d’un grain de sable dans l’organisation suprême des grandes manoeuvres,
    nous sommes en pleine guerre de rapport de force
    qui à le plus fort potentiel de redressement? de capacité à virer de bord contre le vent sans être submergé
    aucune analyse du réel pourquoi personne n’est intervenu en syrie
    personne ne veut donner l’avantage aux US de déployer le seul atout dans leur manche, l’intervention armée, histoire de leur donner l’avantage de créer un désordre propice à un remaniement des cartes , floupfloup j’tembrouille…
    la chine malgré son ralentissement tient les rènes et l’allié ( de circonstance) russe reste en embuscade guettant la moindre défaillance pour avancer un pion sans miser sur des soldats qu’elle n’a pas en si grand nombre.
    Obama est coincé par le temps de la réélection
    l’espace est ouvert pendant un trimestre à venir pour profiter de l’inertie américaine de circonstance pour faire reculer l’hégémonie du dollar et transformer la donne des échanges
    rogner l’association dollar pétrole en négociant les échanges sur d’autres valeurs.
    nous sommes dans une phase de changement structurel des échanges
    finalement la valeur affichée à moins d’importance que le volume réalisé sous telle ou telle couverture.
    et la pression mise sur la sphère euro n’est que la conséquence de cet immense enjeu de savoir qui du dollar du yuan de l’euro du rouble mènera le bal prochain

    hongkong opère la mue du dragon
    le dollar s’effrite irrémédiablement
    la tentative d’animer des conflits( vieille recette pour faire diversion) est mise en échec
    alors on tente la carte du dangereux irakien puisque celle du dangereux syrien est à bout de souffle
    les récoltes sont mauvaises et la tension se jouera sur la faim, la capacité de distribution alimentaire, et chacun de faire des stocks de fourmi pour cumuler des atouts d’hiver propre à attiser ou apaiser des tensions populaires, la guerre du foie gras est entamée… ça à l’air dérisoire mais montre le sens de la question
    pourquoi reprendre des épandages toxiques illégaux pour garantir son stock de maïs?
    et chacun de colmater sa porte comme il peut face au chantage de l’inflation organisée à venir

    la guerre de cet hiver se mènera sur les niveaux d’inflation et sur tout ce qui dans la tuyauterie en amont augmente ou diminue la pression.
    derrière tout le blabla journalier de ceux qui jouent leur partition sur la scène de l’euro il ya la situation mondiale
    et l’actualité semble tourner moins autour du prix du baril que de la monnaie dans laquelle il s’échangera
    et plus encore du quintal de mais ou de soja
    au fait prévision de production dans ces deux plans pour la chine et la russie?
    sachant que le mais et le soja sont la composante essentielle de 50% des activités des pays développés cela n’est pas sans importance dans un contexte de ralentissement de l’économie.
    on va jouer dans la série ” ralentir” à celui qui tirera la carte du plus fort ralentissement
    qui sera le plus à même de supporter le plus grand niveau d’inertie sans défaillir?
    le jeu de je te tiens tu me tiens par la barbichette le premier qui rira aura une tapette!

    à ce jeu finalement l’espagne court peu de risques
    bien moins que les pays où le froid pourrait faire pencher le fléau des équilibres entre nourriture et chaleur

    l’hiver promet d’être précoce et particulièrement dur
    la lunaison d’hiver commence au 15 octobre
    mieux vaudrait avoir les stocks finalisés pour cette échance.

    1. Rahane, du grand n’importe quoi là. Quand on est myope vaut mieux la loupe ou la lorgnette que le fish-eye ou le fumeux promontoire téléologique de rat des pâquerettes…
      Et alors, dans le tas, le « sachant que le mais et le soja sont la composante essentielle de 50% des activités des pays développés », là pardon mais chapeau bas-génuflexion…

      1. c’est vous qui devriez réajuster vos lunettes ou votre cristallin
        je ne parle pas de valeur mais de niveau d’activité en temps occupé
        mais quand croit à l’argent roi on ne voit la réalité qu’à l’aune de sa traduction en valeur monétaire
        qui n’est qu’un niveau de perception du réel mais pas le réel lui-même
        la pub l’emballage le conditionnement la restauration le transport la distribution la chimie alimentaire le plastique certain secteur de recherche les frigorifiques l’industrie alimentaire
        une part de comptabilité, etc
        tout cela tourne autour de produits qui contiennent du mais ou du soja et finissent dans votre estomac ou votre poubelle
        tout dépends par quel bout on regarde la réalité
        je la regarde par en bas parce que je suis petite.

      2. je ne parle pas de valeur mais de niveau d’activité en temps occupé

        Le maïs et le soja seraient donc essentiels dans la moitié des activités en terme de temps occupé dans “les économies développées”. De mieux en mieux. Vive les OGM, vive le glyphosate et vive l’irrigation alors.
        Y’a comme un gros effet loupe, comme une vague surestimation du caractère stratégique de l’amidon de maïs et de la lécithine de soja p’têt là, non ? C’que j’en dis…

      3. 7milliard d’estomacs
        pour 3milliard seulement 3 x par jour
        plus les millions de vaches
        tu oublies les vaches mon ami!
        et les millions de poulets
        chaque oeuf contient du mais et du soja
        combien d’oeuf mangés en une journée terrienne?
        un processus en continu ça produit ça circule partout ça consomme
        les bonbons
        les cocas
        les sodas,
        les gateaux
        les hamburgers
        pas les cornichons
        les biscuits apéritifs
        et pendant de ce temps à l’autre bout de la planète yen a qui avalent du popcorn
        et d’autres qui se versent le bol de céréales du matin
        ça en fait du monde qui mange du mais ou du soja
        à chaque instant ( à cause des fuseaux horaires)
        des milliards de grains de mais et de soja qui circulent dans toute les tuyauteries du monde, dans tous les camions du monde dans toutes les superettes
        partout du mais dans chaque placard dans chaque main dans chaque bouche
        même le bec du canard ou de l’oie pour le foie gras
        bref le mais est partout
        pire que les mensinblack de Matrix
        la matrice est en pop corn…
        ça se voit que tu n’es pas un rural

      4. j’ai oubliée la part de mais dans les plastiques de ton ordi
        dans les feuilles de papier
        et ce n’est pas que du papier de cigarettes que je parle ici
        tout cela n’est pas fumeux

      5. et j’ai oublié le top 100 des produits contenant du mais
        celui là devrait te plaire:
        le billet de banque

    2. @rahane 1 août 2012 à 00:31 & 31 juillet 2012 à 08:51
      C’est vous qui voyez clair en ramenant le problème qui nous préoccupe, à une question d’énergie. L’argent, n’est qu’un moyen d’échange conventionnel, du moyen essentiel (capital) qui nous permet de vivre, à savoir l’énergie. Avec le maïs, le soja, le riz, le blé, etc…. vous vous intéressez à l’énergie ingérée. Celle qui constitue notre carburant servant à alimenter nos moteurs physiologiques d’organismes vivants.

      Il y a aussi l’autre, celle nécessaire pour nous maintenir dans un environnement supportable par nos organismes à savoir, nos vêtements, nos habitats, nos territoires, nos modes de vie et de pensées, nos environnements culturels.

      Or si depuis l’origine, l’homme a su subvenir à ces deux types d’énergie en les captant, pour l’essentiel, sur les flux issus du soleil, il n’en est plus du tout de même depuis le début de l’ère industrielle, depuis 2 siècles seulement. La part des énergies fossiles (non renouvelables) a pris une place prépondérante dans l’alimentation de nos vies et de celles de nos esclaves mécanisés, ces multiples machines qui, tout en nous libérant de tâches pénibles et sans intérêt, nous sont devenues indispensables.

      La cause racine de nos problèmes est là. Les questions de monnaies, d’argent, de finances, y sont rattachées, mais ne sont pas aussi fondamentales que celle de « l’accès à bon compte » à l’énergie, c’est-à-dire avec un taux de retour énergétique (TRE) aussi important que possible.

      http://www.google.fr/search?sourceid=navclient&aq=4&oq=Taux+de+ret&hl=fr&ie=UTF-8&rlz=1T4RNSN_frFR393FR393&q=taux+de+retour+%c3%a9nerg%c3%a9tique&gs_upl=0l0l0l12565lllllllllll0&aqi=g4s1&pbx=1

      En imposant le dollar, y compris par la force (guerre du golfe), comme monnaie d’échange dans le commerce de l’énergie, les USA ont dominé le monde en s’appropriant de l’énergie avec un très bon TRE virtuel. Il faut, en effet, dépenser très peu d’énergie fossile pour créer du dollar, lequel permet de s’en procurer beaucoup…. tant qu’il en reste d’accessible.

      La situation est grave mais pas désespérée si l’on arrive à faire comprendre à tout le monde qu’il faut dépenser moins en se serrant la ceinture, afin de pouvoir investir en moyens de captation d’énergie et donner un sens à la vie par la préparation du futur, au lieu de se laisser aller à jouir le plus possible du temps présent.Si l’on néglige la prise en compte du futur autant dire qu’on ne s’intéresse plus à la vie.

      Ça ne serait pas très grave, s’il ne s’agissait que de notre propre vie, mais cela devient nettement plus important, si l’on prend conscience de notre responsabilité collective. Celle qui nous place en gestionnaires du capital génétique humain dont nous avons hérité depuis des millions d’années, et qu’il nous appartient de faire survivre à notre propre existence en le transmettant à notre tour. Surtout en lui laissant les moyens de vivre, c’est-à-dire les moyens d’accéder à l’énergie.

  8. Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et reprendre la langue de bois libérale “restructuration” de la dette quand il faut être clair et dire “audit des dettes et répudiation des dettes odieuses et illégitimes”.
    Quand on parle de “restructuration” d’une entreprise, c’est un plan de licenciements. Les mots ont un sens, parler de restructuration, modification de “structures” alimente l’illusion selon laquelle “nous” serions confrontés à un débat technico-financier, à la résolution duquel les “experts de tous types” sont convoqués – au dehors des peuples et de toutes consultations démocratiques – une sorte de sujétion à un ordre naturel des choses. La “dette” a toujours été l’arme des oligarchies pour imposer les politiques en leur faveur . Son “montage” comme les solutions sont essentiellement, totalement politiques !
    Ce n’est pas nouveau : “la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. ”
    Karl MARX – Le Capital – Livre premier

    Une interview d’Éric Toussaint par Ana Benačić pour net.hr
    « Tous les prêts accordés par la troïka sont illégitimes »
    http://cadtm.org/
    Un appel national comme international, pour un audit citoyen de la dette est bien avancé, des comités existent dans tous les départements.
    http://www.audit-citoyen.org/
    Eric Toussaint explique :

    Annuler la dette publique illégitime
    “La réalisation d’un audit de la dette publique effectué sous contrôle citoyen, combinée, dans certains cas, à une suspension unilatérale et souveraine du remboursement de la dette publique, permettra d’aboutir à une annulation/répudiation de la partie illégitime de la dette publique et de réduire fortement le reste de la dette.
    Tout d’abord, il n’est pas question de soutenir les allégements de dette décidés par les créanciers, notamment à cause des sévères contreparties qu’ils impliquent. Le plan de réduction d’une partie de la dette grecque mis en pratique à partir de mars 2012 est lié à l’application d’une dose supplémentaire de mesures piétinant les droits économiques et sociaux de la population grecque et la souveraineté du pays |2|. Selon une étude réalisée par la Troïka, malgré la réduction de dette concédée par les créanciers privés, l’endettement public de la Grèce atteindra 164% du PIB en 2013 ! |3|
    Il faut donc dénoncer l’opération de réduction de la dette grecque telle qu’elle a été menée, et y opposer une alternative : l’annulation de dette, c’est-à-dire sa répudiation par le pays débiteur, est un acte souverain unilatéral très fort.
    Pourquoi l’État endetté doit-il réduire radicalement sa dette publique en procédant à l’annulation des dettes illégitimes ? D’abord pour des raisons de justice sociale, mais aussi pour des raisons économiques que tout un chacun peut comprendre et s’approprier. Pour sortir de la crise par le haut, on ne peut pas se contenter de relancer l’activité économique grâce à la demande publique et à celle des ménages. Car si on se contentait d’une telle politique de relance combinée à une réforme fiscale redistributive, le supplément de recettes fiscales serait siphonné très largement par le remboursement de la dette publique. Les contributions qui seraient imposées aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises privées seraient largement compensées par la rente qu’ils tirent des obligations d’État dont ils sont de très loin les principaux détenteurs et bénéficiaires (raison pour laquelle ils ne veulent pas entendre parler d’une annulation de dette). Il faut donc bel et bien annuler une très grande partie de la dette publique. L’ampleur de cette annulation dépendra du niveau de conscience de la population victime du système de la dette (à ce niveau, l’audit citoyen joue un rôle crucial), de l’évolution de la crise économique et politique et surtout des rapports de force concrets qui se construisent dans la rue, sur les places publiques et sur les lieux de travail au travers des mobilisations actuelles et à venir. Dans certains pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et la Hongrie, la question de l’annulation de la dette est une question de la plus grande actualité. Pour l’Italie, la France, le Belgique, elle est en passe de le devenir. Et bientôt, le thème sera un point central du débat politique dans le reste de l’Europe.
    Pour les nations d’ores et déjà soumises au chantage des spéculateurs, du FMI et d’autres organismes comme la Commission européenne, il convient de recourir à un moratoire unilatéral du remboursement de la dette publique. Cette proposition devient populaire dans les pays les plus touchés par la crise. Un tel moratoire unilatéral doit être combiné à la réalisation d’un audit citoyen des emprunts publics, qui doit permettre d’apporter à l’opinion publique les preuves et les arguments nécessaires à la répudiation de la partie de la dette identifiée comme illégitime. Comme l’a montré le CADTM dans plusieurs publications, le droit international et le droit interne des pays offrent une base légale pour une telle action souveraine unilatérale.
    L’audit doit aussi permettre de déterminer les différentes responsabilités dans le processus d’endettement et d’exiger que les responsables tant nationaux qu’internationaux rendent des comptes à la justice. Dans tous les cas de figure, il est légitime que les institutions privées et les individus à hauts revenus qui détiennent des titres de ces dettes supportent le fardeau de l’annulation de dettes souveraines illégitimes car ils portent largement la responsabilité de la crise, dont ils ont de surcroît profité. Le fait qu’ils doivent supporter cette charge n’est qu’un juste retour vers davantage de justice sociale. Il est donc important de dresser un cadastre des détenteurs de titres afin d’indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes à faibles et moyens revenus.
    Si l’audit démontre l’existence de délits liés à l’endettement illégitime, leurs auteurs devront être sévèrement condamnés à payer des réparations et ne devront pas échapper à des peines d’emprisonnement en fonction de la gravité de leurs actes. Il faut demander des comptes en justice à l’encontre des autorités ayant lancé des emprunts illégitimes.
    En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frappées d’illégitimité selon l’audit, il conviendra d’imposer un effort aux créanciers en termes de réduction du stock et des taux d’intérêt, ainsi que par un allongement de la période de remboursement. Ici aussi, il sera utile de réaliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu’il faudra rembourser normalement. Par ailleurs, la part du budget de l’État destinée au remboursement de la dette devra être plafonnée en fonction de la santé économique, de la capacité des pouvoirs publics à rembourser et du caractère incompressible des dépenses sociales. Il faut s’inspirer de ce qui avait été fait pour l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale : l’accord de Londres de 1953 qui consistait notamment à réduire de 62 % le stock de la dette allemande stipulait que la relation entreservice de la dette et revenus d’exportations ne devait pas dépasser 5 % |4|. On pourrait définir un ratio de ce type : la somme allouée au remboursement de la dette ne peut excéder 5 % des recettes de l’État. Il faut également adopter un cadre légal afin d’éviter la répétition de la crise qui a débuté en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes privées, obligation d’organiser un audit permanent de la politique d’endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilité des délits liés à l’endettement illégitime, nullité des dettes illégitimes, adoption d’une règle d’or qui consiste à dire que les dépenses publiques qui permettent de garantir les droits humains fondamentaux sont incompressibles et priment sur les dépenses relatives au remboursement de la dette… Les pistes alternatives ne manquent pas.”
    A un certain moment, il faut “prendre parti”, et passer du commentaire avisé du monde de la finance aux moyens à mettre en branle pour la subvertir. Dans ce domaine aussi, il y a une falaise entre la finesse de l’analyse et l’indigence des propositions pour construire le “front”, l’agora, conditions nécessaires pour briser l’hégémonie capitaliste, leurs dettes ne sont pas les nôtres …
    Ce n’est qu’un début … !

      1. à Pignouf 1er

        Il suffit, pour ne pas confondre le passé et l’avenir comme vous osez l’écrire, de comprendre que créer la situation sociale où le prêt contre intérêt est interdit revient à créer une situation où l’on peut annuler toutes les dettes et ouvrir toutes les prisons.

    1. Je ne peux quand même pas tout mettre en italique pour signifier les distances que je prends ! Prenez les mots croissance, ou bien même inflation, ils le mériteraient aussi vu ce dont ils sont chargés.

      Je réserve cette marque d’infamie à des termes ou expressions comme coût du travail par exemple, ou qui noient le poisson, comme réformes structurelles.

      Vous parlez de la langue de bois, mais il s’agit de bien plus que cela. Moi, je pense que c’est du décervelage.

      Si la confiance revient, l’appétit au risque sera de retour : voilà qui explique tout !

      1. on pourrait aussi y mettre démocratie, c’est sûrement le terme qui le mérite le plus, vu tout le cinéma électoral pour désigner des sous fifres, ne représentants qu’eux mêmes (à tous les niveaux) du système capitaliste.

      2. Je suis ravi de comprendre que ce n’est qu’une question de sémantique et de typographie et que sur le fond nous sommes d’accord … L’agora se construit !

      3. “Moi, je pense que c’est du décervelage.” (François Leclerc)

        Décervelage qui provient de l’aliénation:

        – De ceux, nombreux, que les dominants aliènent à leurs intérêts en leur faisant bénéficier des miettes et en les les persuadant qu’elles sont “pépites” (vocabulaire boursier) .
        – Des dominants, eux-mêmes aliénés, c’est-à-dire persuadés qu’il est nécessaire de tromper parce que, leur monde – provisoirement – en difficulté ne peut qu’être le meilleur, puisque c’est le meilleur. La preuve, il est toujours reparti, plus fort, plus haut, plus loin… A condition de refabriquer le carburant confiance
        – De l’ensemble des dominés, adhérant malgré tout au crédo, puisqu’il semble quasi universel, ce qui l’universalise, le rendant plus crédible (effet de masse).

        Delphin

    2. Il est donc important de dresser un cadastre des détenteurs de titres afin d’indemniser parmi eux les citoyens et citoyennes à faibles et moyens revenus…

      Toussaint et la Taupe rouge au secours du petit bourgeois… N’importe quoi. 50% de la population en France, par exemple, dont on sait qu’elle ne détient ni titres d’états ni placements financiers significatifs. Donc haircut progressif (par ex de 20 à 80%) suivant le niveau de créance ok, mais pas d’exonérations ou d’indemnisations, niet. Quant aux critères des dettes odieuses, quid par exemple des éventuels salaires ou postes généreusement accordés dans la fonction publique ou des cadeaux fiscaux aux classes moyennes (emplois à domicile ou heures-sup par ex) quand on voit qu’un rétroactivité de six mois n’a même pas pu être enclenchée sur la refiscalisation des heures-sup ?

    3. Concernant la France, je me demande si la dette accumulée depuis trente à quarante ans est illégitime ou odieuse.

      A mon avis, beaucoup d’autres qualificatifs conviendraient bien mieux, qui n’éludent pas les responsabilités des gouvernements, des acteurs économiques, des acteurs sociaux …

    4. la somme allouée au remboursement de la dette ne peut excéder 5 % des recettes de l’État.

      “En ce qui concerne les dettes qui ne sont pas frappées d’illégitimité selon l’audit, il conviendra d’imposer un effort aux créanciers en termes de réduction du stock et des taux d’intérêt, ainsi que par un allongement de la période de remboursement. Ici aussi, il sera utile de réaliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu’il faudra rembourser normalement. Par ailleurs, la part du budget de l’État destinée au remboursement de la dette devra être plafonnée en fonction de la santé économique, de la capacité des pouvoirs publics à rembourser et du caractère incompressible des dépenses sociales. Il faut s’inspirer de ce qui avait été fait pour l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale : l’accord de Londres de 1953 qui consistait notamment à réduire de 62 % le stock de la dette allemande stipulait que la relation entre service de la dette et revenus d’exportations ne devait pas dépasser 5% On pourrait définir un ratio de ce type : la somme allouée au remboursement de la dette ne peut excéder 5 % des recettes de l’État. Il faut également adopter un cadre légal afin d’éviter la répétition de la crise qui a débuté en 2007-2008 : interdiction de socialiser des dettes privées, obligation d’organiser un audit permanent de la politique d’endettement public avec participation citoyenne, imprescriptibilité des délits liés à l’endettement illégitime, nullité des dettes illégitimes, adoption d’une règle d’or qui consiste à dire que les dépenses publiques qui permettent de garantir les droits humains fondamentaux sont incompressibles et priment sur les dépenses relatives au remboursement de la dette…” (http://www.rtbf.be/info/opinions/detail_pourquoi-annuler-la-dette-illegitime?)

      Le souhait de Mitterrand d’avoir un repère simple et compréhensible par tous pour déterminer le déficit annuel acceptable n’avait rien de condamnable même si la règle qui a été choisie est stupide.

      La comparaison entre les suites de la première guerre mondiale après laquelle le remboursement des dettes et les réparations on eu des conséquences catastrophiques et celles de la seconde guerre mondiale où le risque qu’un plus grand nombre de pays passent au communisme a contraint les vainqueurs à être plus raisonnables est éloquent !

      Il n’y a pas de démocratie réelle possible quand la quasi-totalité des citoyens et un grand nombre d’élus ne comprennent rien ni au différents postes du budget ni aux règles qui servent à en fixer le montant et les ressources.

      1. on pourrait définir un ratio de ce type : la somme allouée au remboursement de la dette ne peut excéder 5 % des recettes de l’État.

        Prélèvements obligatoires 2011 France : 44% du Pib soit près de 900 milliards €.
        5% de 900 milliards = 45 milliards €.
        Intérêts de la dette payés en 2011 : 45 milliards €.
        Boh beh c’est bon quoi…

    5. “Ici aussi, il sera utile de réaliser une discrimination positive en faveur des petits porteurs de titres de la dette publique qu’il faudra rembourser normalement”

      Très joli, voici ce qu’il faut faire, quelque chose impossible techniquement, pour décortiquer ce système financier il faudrait des armées de comptables et encore ….

  9. Le refus de demander de l’aide du gouvernement espagnol est parfaitement fondé.
    Il me semble que l’Italie est sur la même ligne.
    Ces deux pays ont un poids suffisant pour y résister, contrairement aux petits pays qui avaient été méchamment piégés en se faisant imposer une austérité tout à fait criminelle.
    En persistant dans leur refus, la zone euro éclatera, sauf si la BCE achète directement (ou via les réseaux bancaires italiens et espagnols) de la dette souveraine “toxique” de ces deux pays – rien que pour “sauver” l’euro.
    Pourquoi alors consentir aux “plans de sauvetage” qui ne sont que des plans d’enfoncement des pays qui l’avaient demandés?

    1. Le refus du “rescate” Espagnol n’empêche pas la mise en place de plans de rigueur, déjà extrêmement suicidaires, aujourd’hui, pour l’économie, qu’on se demande ce qu’ils seront quand rajoy cédera face à la troïka…
      Mon constat de béotien, c’est que l’Espagne (et d’autres) n’ont pas les moyens de participer au jeu de dupes européen, ni acheter un euro au prix du DM…
      Je me souviens clairement de notre mode de vie entre 1981 et 1996/97, nous vivions avec ce que nous avions et personne n’en exigeait plus, du moment que nous avions la siesta, la cerveza et las fiestas… De revenus souvent pas déclarés, de la débrouille, du troc, mais au moins, tout le monde mangeait à sa faim avec ce qu’il gagnait…
      Aujourd’hui, on nous fait payer des “infrastructures” dont nous n’avions pas besoin et qui aujourd’hui ne nous servent pas plus qu’à subir encore plus le consumérisme à crédit exigé par l’idée d’un développement que des technocrates étrangers ont considéré “bons” pour notre pays… ? Tout ce système n’a servi qu’à renforcer l’oligarchie et la corruption dans notre pays, et aujourd’hui, 21ème siècle, il y plus de “crève la faim” en Espagne qu’au 20ème… Vive l’évolution, non ?

  10. plus un état est capable de lever et de collecter efficacement ses impôts et plus il est un “coffre fort” pour l’investisseur-fonds de pension qui ne sait plus vraiment ou mettre son argent “sans” risques. le court terme c’est tout de même pénible à force, c’est bon pour les jeunes ! d’où des taux négatifs pour la France qui a été “sacrée” la nation la plus efficace en cela. la baisse des impôts due aux conservateurs est une erreur capitale,sans jeu de mots, c’est en fait une hémorragie mortifère, un casse que seule une génération brillante mais dévoyée a pu fomenter. moins il y a d’impôts et plus l’austérité aliment l’austérité, la Grèce “n’est” pas un état dans le sens où elle ne collecte pas un niveau réel d’impôts significatif en terme économique.et l’Irlande, elle, fait du dumping fiscal,et l’Espagne une bulle immobilière totalement irréel,etc … leur réalité économique n’est en fait que le seul effet d’une illusion économique rendue possible avec l’euro, cette illusion n’a plus lieu d’être. la réalité est de retour c’est la crise : qui est qui ? les différentiels économiques et culturels dans le monde sont une plaie vive, ils sont le champs favoris de la spéculation “facile”,peu de marchés sont véritablement constitués, matures et donc à même de réguler un capitalisme mal utilisé ou utilisé au seul profit d’une finance découplée de la réalité historique du monde …et ces marchés on tente de les briser par moins d’impôts ; d’où l’erreur fondamentale de la mondialisation, cette une erreur qui a détourné le monde durant un instant ( deux générations ) de son véritable but : être pérenne pour l’homme et son environnement. le capitalisme est le seul moyen universel de création de richesses et de création de liens entre les nations, encore faut-il que ce capitalisme se définisse comme le bien commun et le moyen commun de tout un chacun.c’est lui qui doit être “public” et non le monde qui doit-être”privé” ! je ne vois que les nations et donc l’histoire et ce qui en découle : la culture et l’éducation, seules capables d’éduquer , de civiliser cet individu mal élevé qu’est le capitalisme actuel. l’avenir est une des définitions possibles faite à partir du présent , encore faut-il le penser, l’esprit est la valeur suprême ne gâchons pas le peu de temps qu’il nous reste, mais le sort n’en est pas jeté, pas encore.

  11. plus les banques d’un pays détiennent de sa propre dette, plus elles sont vulnérables à la hausse des taux et à la baisse de la valeur de ces titres qui en résulte

    J’ avais cru comprendre qu’en fait la hausse des taux est la conséquence de la baisse de la valeur des titres .
    En effet les titres de la dette se négocient en continu ( voir Blomberg ) et si ils se déprécient comme les intérêts sont fixés lors de l’ émission du titre les intérêts ils sont donc revu à la hausse .
    Si un titre de 100 produit un intérêt de 5% au moment je rachète ce titre pour 50 car il s’est déprécié , de moin en moins de personne coient que la dette sera remboursée , l’ intérêt de 5% sur les 100 devient un intérêt de 10% sur les 50.

    Ecidement lors de l’ émission de nouveaux titres un acheteur exigera sur ces nouveaux titre un intérets égal ou supérieur à celui qu’il obtient en rachetant de la dette du même pays.

    me suis- je trompé?

  12. Pour poursuivre la discussion relative a la restructuration de la dette europeenne initiee par Paul la semaine dernière et reprise aujourd’hui par Francois a la fin de son billet, parlons chiffres (je ne suis pas économiste mais je m’y essaie):

    _ deficit 2011 de la france: 94,5 milliards
    _ charge de la dette en 2011: 45,4 milliards

    Ainsi, sans la charge de la dette (1er poste budgétaire en 2012), le déficit français serait réduit de moitié … avec un gros effort visant a lutter contre l’évasion fiscale (En France, l’État perd au minimum 40 à 50 milliards d’euros par an), l’état français ne serait pas loin de l’équilibre budgétaire. Et ce, sans avoir a tailler dans les dépenses dites sociales.

    Merci de me corriger si vous voyez des erreurs. 😉

    nb: je suppose qu’il y aurait cependant des effets négatifs lies a une restructuration de la dette européenne avec une baisse des rentrées fiscales des grandes banques, et qqes emplois en moins.
    nb2: je considère ici une restructuration de l’ensemble de la dette europenne … or celle-ci ne me semble pas très appropriée: ne vaudrait il pas mieux limiter la restructuration aux dettes détenues par les pays européens (on lave notre linge sale en famille) pour ne pas froisser nos ‘voisins’ chinois, US et du moyen-orient ?

    1. C’est très simple:
      depuis 30 ans, les gouvernements de droite (RPR, UDF, UMP, etc)
      comme de centre droit (PS, PC, etc)
      n’ont cessé de faire des cadeaux fiscaux au capital,
      au service du maelstrôm dit dumping fiscal,
      à tel point que la part du capital dans le revenu national
      a augmenté de près de 10 % .

      Voilà l’origine du déficit budgétaire:
      les recettes ont baissé en pourcentage, pas les dépenses.
      Voilà la dette, qui rapporte aux mêmes.

      Mais mettre un terme à cette double rapine, les politiciens,
      sous le masque de “gauche”, comme de “droite” ne le feront jamais.
      Ils exécutent un livret écrit par la classe dominante,
      qui dans la crise, joue sa survie dans la concurrence internationale.

      Il faudra un soulèvement, comme toujours.
      Cela deviendra possible, d’ici quelques années, dans pas mal de pays d’Europe,
      face aux désastres qui approchent.
      Reste à y travailler, à le préparer.

  13. Le chiffre du jour en Espagne :

    En mai, depuis le sauvetage de Bankia, la fuite des capitaux s’élevait à 41,224 milliards d’euros.

    1. Allez, je prends un peu d’avance sur les commentaires a venir en predisant que ca aussi est de la faute allemande

  14. Un très intéressant article paru aujourd’hui dans la “Frankfurter Allgemeine”, http://www.faz.de , un quotidien d’orientation plutôt conservatrice et pro-business.
    Titre: “Nicht der Euro wirde gerettet, sondern eine Ideologie” (On ne sauvera pas l’euro, mais une idéologie).

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