L'actualité de la crise : DÉCIDÉMENT BIEN VU, BRAVO ! par François Leclerc

Billet invité

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Comme déjà souligné, le gouvernement espagnol bénéficie d’un plan de sauvetage qui ne dit pas son nom. Afin de sauver les apparences, les nouvelles mesures de rigueur proposées au vote du parlement n’ont pas formellement fait l’objet d’un mémorandum signé avec les bailleurs de fond, comme cela a été le cas précédemment pour les autres pays. L’annonce de celles-ci a précédé d’un jour celle du renflouement des banques !

Une grande différence avec les plans de sauvetage précédents peut être relevée : la totalité des 100 milliards d’euros de prêts prévus à ce titre – dont le calendrier de versement prévisionnel s’échelonne jusqu’en juin 2013 – est destinée aux banques. L’État ne voit que passer les fonds, ce qui n’empêche pas le gouvernement d’imposer des mesures de rigueur aux Espagnols, mais ce n’est formellement pas lié.

Une année de plus a été donnée pour que le déficit soit réduit (à 2,8% du PIB en 2014, au lieu de 3% en 2013), mais la barque de la dette publique va être chargée de la garantie de remboursement de ces 100 milliards, si entretemps l’aide directe aux banques initialement prévue n’entre pas en pratique. Il faudrait que ce soit le cas avant fin novembre, date prévue pour un second versement de 45 milliards d’euros, si l’on ne veut pas que les trois-quart de la somme ne soient pas déjà comptabilisés dans la dette publique, et vu la vitesse où vont les choses…

Le gouvernement espagnol prétend que seuls 62 milliards d’euros seront nécessaires, et que le solde des 100 milliards est là au titre de « réserves de sécurité » tentant encore de se poser en bon gestionnaire. « Nous sommes responsables de ce remboursement. Je suis convaincu qu’il n’y a pas le moindre risque pour les prêteurs » a déclaré Luis de Guindos, le ministre des finances. On peut difficilement être pour une fois plus clair.

Mais cela ne s’arrête pas là. Sous couvert de faire payer les actionnaires et créanciers des banques et non les contribuables, la masse des petits rentiers qui avaient été incités à acheter des produits hybrides pour renforcer les banques vont être mis durement à contribution; le gouvernement va-t-il pouvoir éluder un dédommagement qui a déjà été évoqué ? Enfin, la création d’une bad bank est prévue dans les accords avec les autorités européennes, dispositif permettant de reporter à terme sur l’État, tout en noyant le poisson, les pertes générées par les actifs immobiliers toxiques des banques qui y seront déposés.

A tous égards, la ligne générale n’a donc pas changé : le désendettement est et reste à la charge principale de l’État. Mais à force de charger la barque, elle coule.

L’agence de notation Moody’s n’est pas loin de le constater en dégradant la note de l’Italie de deux crans, de A3 à Baa2, si l’on en croit ses attendus : « L’Italie a plus de risque de connaître une hausse brutale de ses coûts de financement ou de ne plus avoir accès au marché financier » et en précise les raisons « le risque d’une sortie de la Grèce de l’euro a augmenté et le système bancaire espagnol va endurer davantage de pertes qu’attendu », alors que la conjugaison d’une croissance faible et d’un chômage plus élevé pourrait l’empêcher d’atteindre ses objectifs de réduction du déficit, contribuant à cette perte de confiance. Immanquablement, le taux obligataire à dix ans qui fait référence bondissait ce matin sur le marché et repassait au-dessus de 6%.

L’agence va plus loin en remarquant que le recours aux fonds de secours européen – envisagé pour la première fois par Mario Monti – ne serait pas d’une grande utilité, car « la protection que ces organismes peuvent offrir serait limitée » (en raison de la faiblesse relative de leurs moyens). En d’autres termes, soit la BCE devrait intervenir à grande échelle, soit la boîte d’allumettes toute entière flamberait.

Selon Giorgio Squinzi, qui dirige la Confindustria (l’organisation patronale italienne), le PIB italien diminuera de -2,4% cette année, et même probablement plus, une prévision pire que celle de la Banque d’Italie. Le FMI avait déjà abaissé les siennes. Les banques font face, selon l’Association des banques italiennes (ABI), à une diminution des dépôts, qui a atteint 20% par rapport à l’année précédente en avril dernier. Ignacio Visco, le gouverneur de la Banque d’Italie a prévenu les banques du pays qu’elles devaient « renforcer leurs dotations en capital, renforcer les politiques de gestion des risques de crédit et de liquidités ». En bref, se préparer à l’orage, car elles détiennent de grandes quantité d’obligations souveraines dont la valeur diminue au fur et à mesure que leur taux monte et sont aussi sous perfusion auprès de la BCE.

Cerise sur le gâteau, Silvio Berlusconi se pose en recours et son retour aux affaires se précise, les sondages lui accordant la première place lors des prochaines élections de 2013, devant le Mouvement des 5 étoiles et le Parti démocrate… Il fait campagne sur le thème d’un possible retrait de l’Italie de l’euro.

A la contagion qui se propage en application d’une théorie des dominos qui n’est plus à démontrer s’ajoutent les puissants effets de la politique récessive qui est appliquée au nom du désendettement public. Rien ne se dessine pour briser cet enchaînement.

La solution passe par la recherche de la compétitivité, entend-on de partout. Les uns proposent de diminuer le coût du travail, les autres tournent autour du pot. Tous recueillent les fruits d’une globalisation qui suscite aujourd’hui rejet voire repli identitaire. Après la dénonciation du danger des populismes renaissant qui amalgame dans un hoquet d’horreur extrême-droite et extrême-gauche, nos édiles voudraient résister à celui du protectionnisme mais ne formulent aucune autre issue qu’une illusoire baisse des revenus des salariés. L’Irlande et Chypre pratiquent le dumping fiscal afin de tirer leur épingle du jeu, et l’Europe entière s’engage résolument dans une nouvelle impasse, celle du règne du toujours moins: moins d’État et moins de salaires. Si l’on comprend bien, l’objectif est de maintenir la production en Europe pour vendre dans les pays émergents et renverser ainsi la vapeur. Encore bravo !

99 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DÉCIDÉMENT BIEN VU, BRAVO ! par François Leclerc »

  1. Selon le FMI, le point culminant de la crise immobilière en Espagne n’est pas encore atteint. Il faut se préparer à d’autres fortes sécousses.

    Je note que les voix qui doutent de l’euro se sont multipliées considérablement depuis quelques semaines, et notamment en milieu économique européen. Même les allemands commencent à s’agiter, à se poser des questions « fondamentales ». Mais on ne voit pas de stratégie émerger de tout ca. On gère du jour au jour ou l’on s’agrippe à son fauteuil.

    1. PABZINDUFMI 1spéculé du double=2…………. acheté à crédit 30 ans=4…….. dévalué de moitié = 0,5 = coeff 8 ……….30 ans*8=240 ans

    1. Merci ! A noter qu’il s’agit d’un « draft », comme indiqué, c’est à dire d’une ébauche. A ma connaissance, le document définitif doit être adopté lors de la réunion de l’Eurogroupe prévue le 20 juillet prochain.

      1. Parfaitement Cher Francois,

        Je voulais simplement attirer l’ attention des lecteurs sur la semantique en construction

        dans ce genre de Papelard, Memorandum. En tous cas, les Conservateurs et l’ Extreme droite

        neerlandaise representee a la Deuxieme Chambre neerlandaise ont voulu en avoir

        connaissance et en ont permis sa conaissance et sa lecture ; le Neo.liberalisme est aussi

        une Novlangue. La litanie du populisme neerlandais de l’ epoque, que font-ils de notre argent

        ces Pays de l’ Ail, ces banquiers espingouins qui naufragent tout un pays, Gazon maudit, le

        PP la Gouine ‘de la Banca, MALA LECHE !!

  2. Après la dénonciation du danger des populismes renaissant qui amalgame dans un hoquet d’horreur extrême-droite et extrême-gauche

    Mais quand ça tourne vraiment mal, l’histoire a toujours montré que les possédants jouent l’extrême-droite contre l’extrême gauche, afin de conserver leurs biens menacés.

      1. @ dissy
         » Les possédants ont un énorme point faible en phase finale: ils sont de loin nettement moins nombreux. »
        oui mais ils ont la police et l’armée avec eux ! et là , la puissance de feu , c’est pas rien !
        Depuis 20 bonnes années , tous les gouvernements savent que nous allons vers un temps d’émeutes voire d’insurrection ( à ce propos il existe un blog  » anthropologie des émeutes  » ; visite-le et tu verras qu’il y en a de nombreuses CHAQUE JOUR à travers le monde .)
        En Europe mais aussi Amérique centrale et du Sud ( Argentine , Chili , Mexique … ) , au Canada , au Bahrein , la moindre révolte voit se dresser devant elle les mêmes robocops , police et armée mêlées , extrêmement dangereuses .
        A titre d’exemple , un camp anti-nucléaire a eu lieu dans la Manche les 22/23 et 24 juin ( et là on était loin de l’émeute ) ; les flics ont chargé sans sommation , à coup de gaz lacrymogènes , une manifestation pacifique qui se déroulait sur une route , manifestation où se trouvaient des gamins ( le + jeune 4 ans , des gamines de 13 ans )
        Dans le même moment , des activistes anti-Nuk ont cherché à s’approcher des pylônes d’une ligne électrique Très Haute Tension en construction ; les flics ont employé des grenades qu’on appelle  » de désencerclement  » (c’est une grenade offensive qui pète en libérant des bouts de métal qui sont projetés en tous sens .)
        Nombreux blessés dont une personne très gravement , nerf d’un bras sectionné .
        Comment ont été  » accueillis  » les mineurs espagnols à leur arrivée à Madrid ?
        L’arrogance des puissants n’aura pas de limite , ils se sentent invincibles .
        Maintenant , si tu peux m’expliquer ce que tu entends par  » phase finale  » ?
        Ces puissants se goinfrent comme jamais !
        La Grèce est vendue en pièces détachées à ces possédants … et puis quoi ?

      2. Oui, mais ils ont les moyens de payer la moitié des pauvres pour égorger l’autre moitié. C’est ce que disait un milliardaire américain à la fin du XIXe siècle quand on lui parlait des syndicats.

      3. D’ailleurs il serait peut être judicieux de lancer dès maintenant une souscription pour l’achat d’un terrain afin d’y construire rapidement et à grand renfort de publicité, un « petit » centre de rétention qu’on pourrait surnommer « le bastillon » et où les « moins nombreux » d’entre-nous viendraient, à notre invitation, faire une retraite pendant quelques années purificatrices.
        Au menu: méditation, saines lectures, travail manuel (mécanique, chaudronnerie, soudure), deux gamelles par jour, pas de télé, accès quotidien au Jorion’s blog.
        Pour le coup on trouvera bien des volontaires, parmi le bataillon de RSistes, disposés à s’occuper, sept heures par semaine, du gros oeuvre et de la surveillance des futurs patients.
        Puisque pour l’instant ils nous mettent de plus en plus la pression, commençons un peu par leur mettre la pétoche!
        Garorock: chercheur au laboratoire des solutions potentielles.

      4. @taratata
        Les « blitz-aufruhr » et la stratégie du frelon…
        Des petits groupes très volatiles agissant hors des voies réglementaires et balisées des manifs classiques.
        Une piqure rapide ici, on se disperse, une autre ailleurs, on se disperse etc…
        Les robocops sont lourds à se mettre en place. Toute une logistique, un pc, des relais, jamais ils ne pourront intervenir assez vite contre des actions éclairs sur des cibles inconnues .
        Pour l’instant il ne s’agirait que d’actions à portée symbolique: bombes à peinture au siège d’un grand groupe, pneus en flamme au coeur de quartiers jet-set etc.
        Il ne s’agit plus de méga-défilés bien prévus sur les axes classiques avec banderoles et sittings. Là ils sont tout puissants et connaissent bien les modes de répression et le bouclage des lieux.
        Il s’agit désormais d’imaginer d’autres formes de guérillas urbaines… sans chercher le sang et la violence aveugle.
        Symbolique dis-je, mais ça peut évoluer.

      5. @taratata
        Certes, les possédants peuvent envoyer les forces de l’ordre et l’armée !
        A ce propos et s’agissant de cette dernière, pourquoi sommes nous si peu nombreux à nous être opposés à la fin du service militaire ?
        Le peuple des citoyens est désormais définitivement désarmé parce que ceux-ci refusent de plus en plus de payer le prix de leur liberté (en l’occurrence effectuer une année de service national).
        La professionnalisation complète de l’armée a d’ailleurs d’autres conséquences, comme celle de l’alignement de notre pays sur la politique atlantiste des EU (OTAN) et l’engagement (à tort ou à raison) de soldats et de millions d’euros sans qu’aucune déclaration de guerre préalable ne soit faite et donc sans que le peuple ait son mot à dire…

      6. « Depuis 20 bonnes années , tous les gouvernements savent que nous allons vers un temps d’émeutes voire d’insurrection »

        C’est bien pour ça que le traité de Lisbonne a rétabli ni vu ni connu la peine de mort en cas d’insurrection… dans toute l’Europe !

      7. A ce propos et s’agissant de cette dernière, pourquoi sommes nous si peu nombreux à nous être opposés à la fin du service militaire ?

        Parce qu’on est gaulliste tiens, encore, et qu’il faut toujours rendre un nouveau dernier hommage posthume au Général; là c’etait son vieux caprice d’armée de métier (des années trente ! ), un truc qui veut faire moderne et pro mais qu’est surtout une resucée d’ancien régime.
        Sur l’insurrection qui viendra pas, calmez vous, on a pas besoin de ces conneries.

      8. @ alkali

        Les élites redoutent cette stratégie « du frelon »… on voit avec quel brio tout a été mis en œuvre pour tenter de démanteler ETA…

  3. Il faudrait que ce soit le cas avant fin novembre, date prévue pour un second versement de 45 milliards d’euros, si l’on ne veut pas que les trois-quart de la somme ne soient pas déjà comptabilisés dans la dette publique, et vu la vitesse où vont les choses…

    Je pense que les agences de notation incluent cette aide dans la catégorie des dettes souveraines puisque l’Etat espagnol s’en porte garant.

    D’ailleurs c’est marrant que peut d’info circule sur l’intervention du FESF pour aider les banques espagnoles. Est-ce que le fond va avoir un siège au conseil d’administration de Bankia? Est-ce que Bankia devra se plier à certaines règles de gouvernance? est-ce la commission d’enquête mainte fois refusée pour finalement être demandée par le parti au pouvoir est une exigence de l’Europe?

    1. le taullier,

      Je pense que les agences de notation incluent cette aide dans la catégorie des dettes souveraines puisque l’Etat espagnol s’en porte garant.

      Sauf à estimer que les banques espagnoles feront défaut à coup sûr (et là alors les agences seraient conséquentes et placeraient de facto les dettes de ces banques en catégorie junk bonds ce qui n’est pas encore le cas), on ne peut pas intégrer des garanties ou cautions dans la dette souveraine espagnole actuelle, pas même et surtout pas dans la dette au sens de Maastricht. Sinon quid des milliers de milliards d’€ pris en garantie sur les dépôts des ménages par les états eurozonards en 2009 ? Sans parler des engagements sur les retraites du secteur public…
      Tankonyé, bientôt pour faire un crédit faudra présenter un état de ses engagements en tant que caution certifié par un notaire aussi hein ?

  4. Bonjour ,
    Vous dites que « La solution passe par la recherche de la compétitivité, entend-on de partout. Les uns proposent de diminuer le coût du travail, les autres tournent autour du pot »
    La recherche de la compétitivité, donc diminué le coût du travail , vaste programme . Et pourquoi pas gratuit pendant un mois , un peu façon journée de solidarité , c’est du grand guignol . Je suis dirigeant de pme , 19 salariés , c’est de la prod pur et dur dans un milieu concurrentiel , les salaires sont moyens , environ +10% du smic .Avec une prime liée en partie aux résultats environ 60000€ /19 (charges sociales comprises) ,et bien divine surprise avec « Depuis le 1er janvier 2012, la réduction prend en compte la rémunération globalement versée sur l’année, de sorte que le montant de l’allègement se trouve impacté en cas de versement ponctuel de primes, » donc les charges liées à l’urssaf ont pries 28% soit +30000€ .Je suis en colère, car tout ce bordel est une incitation à payer les gens avec une fronde , histoire de continuer à profiter des exonérations. Et que l’on ne vienne pas me parler Droite Gauche, à ce niveau là c’est de l’incompétence politique.

    MAIS JE RESISTE

    1. Tsss tss ardéchois, objection, pas « une incitation à payer avec une fronde », mais bien au contraire à passer par une augmentation du salaire de base plutôt que par les primes pour continuer à toucher plein pot l’amendement Fillon. Rien à dire, juste retour des choses.
      yvan, tu radotes et te trompes. Les politiques commandent toujours.

      1. @vigneron
        Désolé , notre société actuelle est sur le principe des avantages acquis , est lorsqu’une société pour des raisons x ou y est en difficulté , sous ce principe une seule possibilité Le Dépôt de Bilan.Par contre redistribuer le bénéfice aux salariés est pour moi d’une logique indiscutable. D’autre part l’amendement Fillon est passé à la trappe « Le nouveau calcul appliqué depuis le 1er janvier 2012 (décret 2011-2086) avait déjà raboté les avantages du dispositif sur les bas salaires. » primes , heures sup .
        Réduire les dépenses , ou augmenter les recettes et sur quoi , voilà la vrai question !!!
        Les politiques sont aux ordres de la finance , comme on peut l’être quand on a des dettes à hauteur de 80% du PIB

      2. Paye tes charges l’ardéchois ou augmente tes salaires (à 110% du smic y’a d’la marge) ou dépose ton bilan, enfin fais c’que tu veux mais arrête de chouiner. De toutes façons les exos sur les primes, heures-sup, participations, interessements, stock-options et cie, dis toi bien que c’est mort et c’est très bien comme ça, dis le bien à tes arpettes.

      3. Kerjean, les politiques sont aux ordres de la majorité de leurs concitoyens-électeurs, majorité, droite-gauche confonfues, qui a elle-même largement profité des choix politiques faits depuis trente ans, aujourd’hui encore. Cf l’ardéchois juste au-dessus qui pleure ces exonérations et autres réductions Fillon ou ses salariés qui pleurent leurs heures-sup défiscalisées Sarko ou leurs dividendes intéressants…

      4. @vigneron augmente les salaires , ou dépose le bilan , et ben tu iras en parler aux mecs de peugeot et autres

      5. Ardéchois, sublimissime ! On dirait du Varin… Y’avait « parigot un jour parigot toujours », maint’nant on pourra dire aussi « Parisot un jour Parisot toujours », hein l’ardéchois ?

  5. « Je suis convaincu qu’il n’y a pas le moindre risque pour les prêteurs »

    C’est LA que « tout le monde » lutte : espérer que les plus riches continueront à verser l’aumône horrible qui produit les intérêts de mortification.

    Arrivé à ce stade, cela devient du masochisme. Ou de la corruption. Au choix.

  6. Je n’arrive pas à m’exprimer sur ce sujet précisément, j’en arrive à radier tous mes posts en fait. Je voulais écrire une note positive à propos de l’Europe libérale…

    Pour le dire rapidement, l’idée n’était pas sotte au point de vue idéologique, elle l’était au niveau économique, mais voyons plus loin..; ne s’agit-il pas de l’ultime incarnation de l’universalisme européen ? On a voulu fonder un projet basé sur des valeurs communes, comme Rome l’a fait dans l’antiquité, comme le christianisme l’a réalisé ensuite, et rétrospectivement la Grèce. La Grèce est donc bien responsable, celle de l’antiquité. Donc il est juste que les grecs payent pour leurs erreurs vielles de 2500 ans, enfin… ils ont vécus au dessus de leurs moyens noétiques, fondant la première culture graine de l’universalisme dont un des avatars ensuite prendrait cette forme laïque de culture économique de base, dénominateur rationnel minimal des l’ensemble des peuples européen.

    Partager des valeurs c’est se comprendre, Je crois que c’est Norbert Elias qui retrace le cheminement de l’absolutisme puis de l’avènement de l’Etat moderne dans « La dynamique de l’Occident », il devrait être possible de lier entre eux les moments d’épiphanie de l’universalisme européen, les moments de résurgences d’empires peut-être.. je n’ai pas les notions d’histoire suffisantes pour cela; On pourrait aussi se demander à quel point la Russie participe ou non à ces phénomènes.

    Conclusion, les racines de cette erreur économique européenne plongent peut-être plus loin dans l’histoire de notre continent qu’on ne le croit.

    1. Merci pour ce lien et l’article de Florence Autret. Accaparé par l’actualité italienne, j’en ai oublié de mentionner le petit détail qu’elle relève à très juste titre : les créanciers seniors des banques espagnoles renflouées seront remboursés grâce aux prêts européens que l’État espagnol garantira. Les créanciers seniors c’est qui ? Les banques et compagnies d’assurance européennes notamment. Tout va bien, la dette est cantonnée en Espagne et les Espagnols la rembourseront !

      1. Les créanciers séniors sont toujours prioritaires par rapport aux créanciers juniors. Cela a toujours été comme cela, cela le restera et c’est logique. Si c’était l’inverse on appellerait les créanciers juniors créanciers séniors et vice versa.

        J’ai lu cet article que je trouve vraiment mauvais. Les Espagnols ne passent pas trois fois à la caisse pour la simple raison que tous les Espagnols ne sont pas actionnaires de Bankia et qu’en plus l’argent des autres pays de l’UE permettra aux clients de cette banque de ne pas perdre d’argent sur leurs comptes courants.

      2. Letaulier, c’est pas l’article qui est mauvais mais le lecteur. Primo, bon nombre d’espagnols (pas les plus à plaindre selon moi, du genre letaulier en fait) vont se faire squeezer soit sur leurs parts sociales soit sur les produits hybrides qu’ils se sont fait fourguer par Caixa et cie. Secundo, les 100 milliards avancés par l’UE entreront bien au passif du pays avant d’entrer fort possiblement au passif de l’État et donc des contribuables espagnols. Il s’agit bien pour certains de payer trois fois. Socialisation des pertes ? Ouais, dit autrement : dilution du risque systémique par activation du picorage fiscal. Les dépôts ? On leur laisse bien sûr, trop dangereux de toucher à ça, risque politique systémique, et pis z’en auront besoin, pour rembourser.

    2. Si ça continue, ça va faire vilain, car les espagnols ont plutôt le « sang chaud » quand on les cherche trop longtemps.

      1. Les islandais, les argentins et d’autres dans le passé, la liste est longue, dont l’Allemagne, la Russie, ont bien fait un bras d’honneur à leurs créanciers, pourquoi pas d’autres ?

        Ça aurait dû être fait depuis longtemps, mais vieux motard que jamais.

      2. @ Kerjean 13 juillet 17:05

        J’ai été frappé par la finale d’un article de ZIZEK (curieusement dans « Le monde-Idées » du 12 courant) :
        « La pression exercée par l’Union européenne sur la Grèce afin que soient mises en oeuvres les mesures d’austérité correspond à ce que la psychanalyse appelle le surmoi.
        Le surmoi n’est pas une instance éthique au sens propre du terme, mais un agent sadique qui bombarde le sujet d’exigences impossibles, jouissant de façon obscène de l’échec du sujet à s’y conformer.
        Le paradoxe du surmoi, c’est que, comme Freud le vit clairement, plus nous obéissons à ses exigences, plus nous ressentons de la culpabilité. Voilà ce qui est si terriblement néfaste dans les exigences de l’Union européenne : elles ne donnent pas la moindre chance à la Grèce, l’échec de la Grèce fait partie intégrante du jeu
        . »
        Quant à l’Irlande…………

  7. Si j’ai bien compris, formule euphémique !, tant que nous aurons un salarié qui gagnera plus qu’un salarié chinois nous ne serons pas compétitifs !
    Rappelez-moi le salaire d’un chinois ? Et pas de retraite ? Et pas de sécu ? Et pas de congés payés ? Et 60 heures par semaine ? Et je dors dans un dortoir pour envoyer de l’argent à la famille qui est à 2000 km ? Et je paie pour le lycée des enfants ?
    Ah bon ? Pourquoi pas aller coucher sous les ponts tout de suite ?

    Ah le bon papa Marx (dans Le Capital) qui expliquait que tant que le salaire d’un Américain vaudrait celui de trois coolies chinois, le capital délocaliserait les usines en Chine… il serait étonné qu’un siècle et demi après on en soit toujours là !

    1. Contrairement à ce que l’on croit bon nombre de Chinois ont une retraite mais aussi une sécu: elles étaient initialement cantonnées aux fonctionnaires et aux grandes entreprises, mais actuellement le PCC est en train d’étendre ces protections sociales à 80% de la population chinoise. Ces protections sont certes faibles, mais elles ne sont pas négligeables: leur condition d’accès sont par ailleurs plus progressistes qu’en France. Par exemple les ouvriers et les femmes sont autorisés à prendre leur retraite plus tôt, les cadres plus tard. Leur principal problème à mon sens est d’être accordé par un état auquel les Chinois dans leur grand ensemble ne fait pas confiance: la population reste donc dans l’ensemble extrêmement méfiante à leur égard, et préfère accumuler du patrimoine plutôt que de faire confiance à ces systèmes de protection…
      Les principales raisons de cette défiance viennent sans doute à la fois de la terrible instabilité politique de l’histoire chinoise, de la politique de privatisation des combinats industriels dans les années 90 mais aussi du traumatisme de l’hyperinflation chinoise (l’une des pires de l’histoire humaine) antérieur à la fondation de la Seconde République de 1949

      1. oui et puis chaque chinois de plus de cinquante ans sait ce que c’est que la famine pour l’avoir réellement éprouvée
        ça reste comme une peur attavique dans le comportement chinois au delà de toute philosophie orientale
        et le gouvernement sait que sa stabilité et la cohérence de la chine est intimement liée sur ce point.
        10% de plus sur le prix du porc et ce serait l’émeute nationale.

  8. Bonjour,
    j’aimerai asvoir ce que vous pensez du site « agora » de conseil en investissement appremment, et de madame Simone Wapler prévoyant le pire, je vous invite à lire ses prévisions catstrophiques, d’un chaos finanicer, souvrain etc etc et pour nous demander à la finale de nous abonner pour avoir leurs conseils en investissements. L’or selon eux resterait LA valeur dans cette fin du mon approchant à grand pas selon eux. ils estiment voir l’or dépasser les 5000 euros voir 10000 euros !!!! que pensez vous également de cela. Agora qui ce dit indépendant prône t’il des conseils réelles ou s’agit il d’arnaque ????? merci à vous.

      1. héhé il aura beau valoir un millions d’euros le gramme, quand le système financier aura clashé, on (philippe) sera bien avancé hein !!

    1. Dans le blog d’Olivier Berruyer, vous trouverez une note très bien faite sur le cours de l’or…

      Si le système implose, l’or sera racheté à prix planché, comme cela c’est fait après la crise de 29…

      A part, le m2 de terre arable, je ne vois aucun investissement sécuritaire.

      1. Avec la mise en pratique de « la terre à ceux qui la travaillent » votre investissement sécuritaire fera long feu.

      2. @ JB

        J’en vois d’autres bien plus sécuritaires comme vous dites : L’amitié, l’amour. Vous ne pensez pas ?

      3. Secondairement les zamis et les zamours clowney, les zemmerdes ça c’est du sûr, on a pas fait mieux comme investissement sécure, d’puis qu’le monde est monde.

      4. Oui puisque c’est le prix à payer, mais tellement dérisoire en rapport de la mise qu’il rapporte. Bref, bref, bref. Bon alors va pour la coopération. Ca c’est bien comme investissement humain ?Non ? Durable, positif, sécurisant, constructif. Un bon placement de bon père de famille, une valeur sûre dans le patrimoine de l’espèce. Une bonne chose que l’empathie je me dis.

    2. Je les suis depuis le début, soit environ une dizaine d’années et je peux vous en dire plusieurs choses.
      Le téléphone rouge qu’ils proposent s’adresse plutôt à des personnes averties ayant un broker permettant des investissements sur le NYSE ou autre (un simple PEA ouvert chez votre banquier est insuffisant).
      Les analyses de P. Béchade sont intéressantes, il est le plus vieux commentateur du CAC et a donc beaucoup de recul sur les événements. Il intervient aussi une fois par semaine sur BFM TV.
      Celles de William Bonner sont mes préférées, il tape systématiquement sur les économistes, la presse qui a pignon sur rue, et son bouquin Le Nouvel Empire des Dettes décrit très bien le phénomène impérialiste et son financement (la 1ère version du bouquin devance d’un an le livre de P. Jorion Vers la crise du capitalisme américain).
      Evidemment si vous aviez suivi leurs conseils en achetant de l’or vous seriez aujourd’hui plutôt heureux. A noter qu’ils insistaient déjà là-dessus alors que les actions s’envolaient vers leurs sommets.

      Ils se définissent eux-mêmes comme des contrariens, ailleurs ils sont taxés de catastrophistes. Le fait qu’ils s’intéressent à l’investissement leur vaut régulièrement une voilée de bois vert, vous aurez sans doute droit au même traitement ici si vous faites votre coming-out de libéraliste (je suis malheureusement dans cette situation).

  9. On en oublierait presque que, en plus de tout ça, les banques de la zone euro ont une ardoise « officielle » LTRO de 1.000 milliards à rembourser dans moins de 3 ans. Enfin rembourser… ou à faire re-re-re-rouler, cela va de soi.

    S’il fallait sommer les prêts, aides, garanties, et monétisations à bon compte d’actifs flingués, je me demande à combien de milliers de milliards d’euro on en est. Mais sinon tout va bien madame marquise, des crises, on en a vu d’autres !
    En parlant d’actifs flingués, ceux sagement rangés dans les bad bank ad hoc sont jargonnés « actifs en extinction ». Ça m’a toujours fait marrer. Ils se consument encore un peu avant de devenir du collatéral de qualité pour la BCE.

    Sans rapport aucun : AVAAZ & le scandale du LIBOR, Mettez les banquiers derrière les barreaux

    En voilà une pétition Avaaz qu’elle est aussi légitime que mal vendue, c’est dire si elle est légitime. Y’a vraiment une très sérieuse incompréhension générale sur les conséquences (non pas sur les causes) de cette manipulation des taux interbancaires.

  10. Cerise sur le gâteau, Silvio Berlusconi se pose en recours et son retour aux affaires se précise, les sondages lui accordant la première place lors des prochaines élections de 2013, devant le Mouvement des 5 étoiles et le Parti démocrate… Il fait campagne sur le thème d’un possible retrait de l’Italie de l’euro.

    Bonjour, ou avez vous vu cette information ?

    d’après cet article daté d’aujourd’hui
    http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/07/13/sondaggio-leffetto-berlusconi-sullelettorato-di-centrodestra-e-pari-a-zero/292978/

    Si Berlusconi est candidat de son parti, il finit second à 12 points de la gauche et même chose si Alfano se présente à la place de Berlusconi (l’article concluant à l’absence d’effet de la présentation ou non de Berlusconi)

    1) Berlusconi candidato del Pdl
    PD-UDC+Altri centrosinistra con Bersani candidato premier 42%.
    PDL-LEGA+Altri centrodestra con Berlusconi candidato premier 30%.
    Movimento 5 Stelle con Grillo candidato premier 20%.
    Altre coalizioni con altri candidati premier 8%.

    2) Alfano candidato del Pdl
    PD-UDC+Altri centrosinistra con Bersani candidato premier 41%.
    PDL-LEGA+Altri centrodestra con Alfano candidato premier 30%.
    Movimento 5 Stelle con Grillo candidato premier 21%.
    Altre coalizioni con altri candidati premier 8%.

      1. Merci pour la réponse. Non évidemment, mais à la lecture du passage je comprends qu’il a la première place dans les sondages, ce que semblait infirmer l’article que je lisais

  11. Loin de l’Espagne, mais pas si loin que ça de nous;
    http://articles.chicagotribune.com/2012-07-12/business/sns-rt-us-broker-pfgbest-auditorbre86b02n-20120711_1_attempt-on-monday-morning-auditor-futures-broker

    Sauf erreur de ma part, je n’ai rien vu sur ce blog concernant la chute du broker en ligne PFG Best. J’avais fait un mauvais jeu de mot qui n’a pas réussi à passer la censure, à moins qu’il ait été hors sujet dans les commentaires d’un post de PJ concernant sa récente prise de fonction à Bruxelles.
    Bref ! Un certain nombre de pauvres gars(surtout Américains et plutôt exploitants agricoles auxquels on avait gentiment conseillé de transférer leurs avoirs (ce qu’il en restait) de IMG (si,si vous vous souvenez; 31 octobre 2011 chute de IMG pilotée par Monsieur Crozine, le trésorier en quelques sorte de la campagne d’Obama) vers un havre bénéficiant de toutes les assurances des instances de contrôle, j’ai nommé; PFG Best, sont, de fait, passés déjà deux fois à la caisse rattraperont-ils les espagnols avant la ligne d’arrivée ?

    En tout cas, l’article du Chicago Tribune est édifiant et démontre si il en était encore besoin le sérieux avec lequel les régulateurs prennent leur tâche.

  12. Cerise sur le gâteau, Silvio Berlusconi se pose en recours et son retour aux affaires se précise,

    Vous voyez pourquoi c’est foutu !!
    Je ne parle pas seulement de l’Italie, mais vaut mieux entendre ça que d’être chauve.

    1. berlusconi le retour
      on aura tout vu!
      alien I II III IV V et berlusconi II ème round
      miser sur le désespoir, ya plus d’adjectif à ce niveau.

      1. Vu les trahisons déjà engagées par la fausse gauche, j’en suis (déjà) à me dire qu’il aurait mieux valu une réélection du sarkôme. Aujourd’hui, c’est lui qui morflerait, et ce serait jouissif.

        Ok, les pauvres morfleraient aussi, mais ils morflaient déjà, et morfleront sous Normal 1er guère moins que si ç’avait été Rolex II.

        Espérons qu’en 2017, les cocus de 2012 décideront de ne plus l’être.
        Vu le nombre de veaux dans les limites de l’hexagone, ce n’est pas gagné.

  13. ah l’effondrement des dominos
    ça me rappelle une fête à Berlin avec Merkel songeuses devant l’effondrement des dominos

    j’y avais vu aussi un drole de présage

  14. Selon l’indice médiatique (très fiable) :

    Ca va pas fort en Espagne, en Italle, et dans une moindre mesure au Portugal. En Grèce, ça va beaucoup mieux (toujours d’après l’indice). A Chypre, pas de nouvelle, bonne nouvelle (c’est un peu comme à Malte). L’irlande semble sortie d’affaire, et le Royaume Uni déroule le tapis rouge.

    Et notre beau pays, j’ai beau chercher dans tous les articles, dans toutes les prévisions, les graphiques : pas un mot, pas un chiffre, pas une courbe. Il a tout sipmplement disparu.
    Il y a bien des petits trucs comme Peugeot , quelques petits ennuis, mais qui n’en a pas ?

    Dans l’ensemble, à part le temps (qui me rappelle que la Bretagne n’est pas loin 🙂 ) , tout va bien. Pourvu que ça dure.

    1. Vous parlez de l’Europe mais le cas de la Chine est aussi intéressant. Le PIB de la Chine est en train de plonger mais comme c’est moins que ce que avait prévu les marchés c’est une bonne nouvelle et les bourses montent ! 🙂

      Tout va très bien en effet, la machine a propagande n’est pas encore en surchauffe !

  15. Si l’on comprend bien, l’objectif est de maintenir la production en Europe pour vendre dans les pays émergents et renverser ainsi la vapeur.

    Des pays émergents qui ne sont pas près d’émerger puisque les employeurs se barrent dès que les salaires augmentent d’un demi-chouîa …..

    Bon….Ça ne va pas non plus….Game over ! Try again !

    Ppfffff…..C’est dur d’être libéral….

  16. « ... le PIB italien diminuera de -2,4% cette année, … »

    Rectification d’une erreur de formulation générale aux organes de presse :

    « le PIB italien diminuera de 2,4 % cette année »

    Il est impossible à un PIB ou autre chose de diminuer de – quelque chose.

    Les publicités usent et abusent de cette formulation incorrecte (« réduction de – 50% ») car elles veulent absolument faire ressortir le magique.

    Delphin

  17. Une pensée émue pour les déchus de la bielle, du culbuteur et du piston, d’Aulnay-sous-bois. Finie la ribambelle des rivets et des écrous, terminé les amourettes des bougies et du delco, divorce entre l’alternateur et la batterie, au rebut ma vielle Peugeot 403. Huit milles personnes qui auraient volontiers continué à fabriquer les modèles de marque jusqu’à la fin des temps, et au delà jusqu’au fin fond de la galaxie, avec des salaires conséquents, en débordants de bonheur. Il faut bien comprendre qu’Aulnay c’était le paradis sur terre, le jardin des Hespérides.

    La chute du paradis Fordien, acte 1). « Les anges de Berlin », film de Wim Wenders, avec Peter Falk, Solveig au trapèze. « Companéro. ». Les anges ont vieillis, les spectateurs aussi.

    Il ne s’agit pas d’une exclusion, mais plus précisément d’une chute. Là maintenant des populations entières n’ont plus d’argent et plus de raison d’être. On les laisse en proie au doute, aux prises avec le néant. Il faut partager le travail autrement, tandis que les gars d’Aulnay-sous-bois comme n’importe qui au travail n’a aucune notion de ce qui se passe ailleurs et hors de son pseudo paradis c’est le problème. Pour moi personnellement la fermeture d’Aulnay ne change rien du tout. Si ça n’avait pas fermé ces gars là seraient restés dans le capitalisme sans broncher quoiqu’il arrive sur terre. Maintenant ils sont révolutionnaires par nécessité, non par vocation.

    1. Il est zoli vot post Litzfr, mais vous jetez le marteau avec l’enclume!
      Y’a des révolutionnnaires qui bossent et y’en a même qui paient des impôts…
      Y’a aussi des ouvriers qui se sont fait taper sur la tronche pour que leurs descendants, des révolutionnaires parfois, des procrastineurs souvent, vivent ailleurs que sur des barricades pendant quelques décenies et tout ça bien sûr sous régime capitaliste.
      Oui, je sais on est tous un peu à cran en ce moment… ;)Et on voudrait bien se laisser caresser par les ailes du désir…

    2. Ok, la vie est simple, c’est cool, on créait deux concepts, qui ont historiquement pacifiés les tensions religieuses et aristocratiques (les mariages ne suffisaient pas tout le temps), le mercantilisme et le capitalisme, bien sur ça foire (car on enlève juste le divin et la sang bleu mais pas la domination), on a pas changé l’homme entre deux, mais cela à laisser le citoyen et la démocratie.
      Mais plutôt que d’avancer, il suffit de ce rassurer et de fédérer ceux qui ne croit pas au capital contre les autres (ce qui font avec le concept, parce que la vie, tout ça, c’est assez compliqué comme ça).
      Joli confort de pensé que voilà lisztfr, croire que tous peuvent comme vous avoir cette distance (mais pas suffisante pour sortir des concepts) et n’avoir de regrets pour aucun d’entre eux.
      Et dire qu’il y a deux milles ans, un type disait de tendre l’autre joue (ceci dit sans volonté d’un débat sur la religion, juste histoire de causer), grâce à Lisztfr, on sait qu’il faut d’abord montrer un doigt d’honneur à ceux qui ont autres choses à faire que de vous écouter.
      C’est mignon l’amertume et la résignation face à l’incompréhension, mais depuis la maternelle (excepté l’adolescence) on a tous compris que: « la vie c’est pas juste ».

      1. Le problème c’est qu’on commence un post et puis on ne sait pas où ça s’arrête, la pensée dérive… vers le sarcasme etc. Je devrais me censurer davantage.

      2. lisztfr, ne vous censurez pas mais contraignez-vous à vérifier.
        Der Himmel über Berlin aurait dû donner « Le ciel au-dessus de Berlin » plutôt que Les Ailes du désir, pas « les Anges de Berlin », certes à tout prendre « Le ciel du désir », ça aurait fonctionné tout pareil.

        Ce qui m’avait fait le moins chier dans le film est ce dialogue où les anges avouent se faire chier. La scène du chapeau vous est dédiée.

      3. liszfr, on a le droit de ce tromper, d’avoir des coups de fatigue et des désillusions aigres 🙂 vous êtes un personnage récurant du blog et je crois qu’il aura une influence (même si ça ce voit pas à l’instant), alors cela ma fait réagir trop sévèrement.

    3. Partagez le travail si vous voulez, si les gens n’achètent pas de Peugeot ou Citroen ça ne changera rien.

  18. $ 5 milliards pour JP Morgan au deuxième trimestre (9% de baisse seulement…), 4,6 pour Wells Fargo qui décolle. Ça baigne pour les banques US, qu’en ont rien à secouer de Bâle 3 et croquent tous les marchés abandonnés par les soeurettes françaises, allemandes et anglaises, en plus de leurs bons actifs, y compris sur les prêts syndiqués aux entreprises eurozonardes. Ni Cr quoi.

  19. Les populations ne peuvent plus compter sur les politiques, corrompus, pour espérer un retour à une vie paisible…
    Foutus pour foutus, je sens que sous peu, nous verrons réapparaître des bandes armées organisées qui iront reprendre par la force tout ce qui leur a été volé par l’escroquerie bourgeoise…
    Quitte à crever, mieux vaut en tentant le tout pour le tout que la lente agonie dans le caniveau.

    1. nous verrons réapparaître des bandes armées organisées qui iront reprendre par la force tout ce qui leur a été volé par l’escroquerie bourgeoise…

      … fantasmes et foutaises.

      1. Je précise : Fantasme, foutaise et fadaise.
        « L’autre de la vérité n’est pas l’erreur mais la violence.» Eric Weil

    2. Ce marteau que l’on croyait réservé aux pays pauvres aujourd’hui nous écrase à notre tour. Il est évidemment confortable de faire « confiance » à notre civilisation et à nos chères forces de l’ordre pour soutenir la Raison chancelante, mais nous savons bien que la seule leçon que l’on peut tirer du chaos terrien actuel est que, maintenant, tout est possible.

    3. Ici, les « honnètes mères de familles » ont de moins en moins de peur et de scrupules à voler de l’alimentaire dans les magasins pour donner à manger à leurs gamins…
      Le jour où la répression abusive sera aussi exercée, malgré la nécessité, il y aura forcément une réponse violente, de mon point de vue, totalement justifiée, de la part des « crève-la-faim »…
      Le ressentiment contre les affameurs s’amplifiant, le pas sera vite franchi…

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