L'actualité de la crise : APRÈS LES MOTS, LA FORMULE MAGIQUE…, par François Leclerc

Billet invité

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Quoi dire quand on est en complet désaccord ? Affirmer d’une seule voix la nécessité de l’union ! C’est à cette perspective que continue de travailler le quartet constitué de José Manuel Barroso, Mario Draghi, Jean-Claude Juncker et Herman Van Rompuy (par ordre alphabétique).

Un nouveau mot magique a été trouvé et va être décliné sous toutes ses variantes, afin de proposer la réalisation de quatre unions : bancaire, fiscale, économique et politique. L’union fiscale étant dans les tuyaux, la prochaine étape qu’il est urgent d’atteindre est l’union bancaire. Elle serait promise pour dans un an, selon un document qui a fuité, renouant avec les lancers de ballons d’essai dont une nouvelle saison commence.

La poursuite et le renforcement de l’intégration européenne vont être proposés comme solution à la crise de désendettement, combinant des abandons de souveraineté avec l’émergence de nouvelles structures. Comme d’habitude lorsque l’Europe est en jeu, le débat est donc abordé sous l’angle institutionnel, laissant de côté la stratégie qui est sous-tendue : l’Europe, pour quoi faire et pour qui ? Nul doute que tout le monde va s’engouffrer à la suite du quartet et rivaliser d’ardeur pour formellement s’y rallier, chacun avec ses réserves et ses conditions.

Pierre Moscovici, le ministre français de l’économie, a déjà déclaré dès ce lundi matin que des « solutions structurelles » devaient être trouvées (à ne pas confondre avec les « mesures structurelles »). « Il s’agit de doter enfin la zone euro de la colonne vertébrale de gouvernance, de régulation, de la colonne vertébrale politique, de la régulation bancaire, de l’union bancaire dont elle a besoin ». Fermez le ban !

Dans une libre opinion publiée par l’agence Bloomberg, Simon Johnson – ancien économiste en chef du FMI qui a beaucoup fait parler de lui en décrivant le système oligarchique américain avant de faire campagne contre les mégabanques – expose l’inconnue totale devant laquelle le monde financier se trouve à propos d’un éventuel éclatement de la zone euro, en raison de son impact incommensurable. Prenant le cas de JP Morgan Chase, Simon Johnson s’interroge sur sa capacité à résister à un tel événement, sachant que son living will (ses volontés de son vivant, une sorte de testament imposé récemment à quelques dizaines de banques et destiné à permettre leur démantèlement sans affecter le système bancaire dans son ensemble) a dernièrement révélé qu’elle ne survivrait pas à une perte de 50 milliards de dollars, malgré l’énorme dimension de son bilan. Soit dix fois ce qu’elle a déjà perdu dans le cadre de ses dernières aventures qui ont défrayé la chronique.

Nul n’est en mesure de prévoir la dynamique qui serait enclenchée au sein du système bancaire mondial étroitement interconnecté, surtout lorsque l’on prend en compte le très délicat sujet des engagements sur le marché des produits dérivés.

Vu des États-Unis, la distance est grande qui sépare l’hypothétique parachèvement de l’union de la zone euro vue par le quartet des dangers auxquels elle est censée répondre. La renégociation du sauvetage grec, la mise en place du renflouement des banques espagnoles – qui vient d’être officiellement demandé – ainsi que le renouveau des tensions sur le marché obligataire vont fournir de saines occupations aux artisans d’une nouvelle opération de diversion en grand. Une fuite en avant si l’on ne veut pas être méchant. Car quand il faudra entrer dans les détails, les mêmes désaccords paralysants produiront les mêmes effets. On n’a pas fini d’entendre parler des bienfaits d’une union qui suppose les problèmes résolus. Croissance, Europe, Union… Ce ne sont plus des mots mais une formule magique qui nous est proposée.

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62 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : APRÈS LES MOTS, LA FORMULE MAGIQUE…, par François Leclerc »

    1. Je propose qu’il continu de « trader »! Comme ça,les salariés recevront encore plus que « quelques milliers d’euros » !

      Un peu comme le braconnier qui, pour payer son amende, entendait bien  » colleter » quelques lapins supplémentaires…

  1. Que disait exactement De Gaulle à propos de l’Europe et des cabris sautillant ?

    L’Europe, l’Europe, l’Europe !

    Cela me rappelle un autre dialogue fameux :

    ARGAN : « Je sens de temps en temps des douleurs de tête. »

    TOINETTE : « justement, le poumon »

    ARGAN
    Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux.

    TOINETTE
    Le poumon.

    ARGAN
    J’ai quelquefois des maux de coeur.

    TOINETTE
    Le poumon.

    ARGAN
    Je sens parfois des lassitudes par tous les membres.

    TOINETTE
    Le poumon.

    ARGAN
    Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’étaient des coliques.

    TOINETTE
    Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez?

    ARGAN
    Oui, monsieur.

    TOINETTE
    Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin.

    ARGAN
    Oui, monsieur.

    TOINETTE
    Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir?

    ARGAN
    Oui, monsieur.

    TOINETTE
    Le poumon, le poumon, vous dis-je. Que vous ordonne votre médecin pour votre nourriture?

    ARGAN
    Il m’ordonne du potage.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    De la volaille.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    Du veau.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    Des bouillons.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    Des oeufs frais.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    Et, le soir, de petits pruneaux pour lâcher le ventre.

    TOINETTE
    Ignorant!

    ARGAN
    Et surtout de boire mon vin fort trempé.

    TOINETTE
    Ignorantus, ignoranta, Ignorantum. Il faut boire votre vin pur, et, pour épaissir votre sang, qui est trop subtil, il faut manger de bon gros boeuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande; du gruau et du riz, et des marrons et des oublies, pour coller et conglutiner. Votre médecin est une bête. Je veux vous en envoyer un de ma main; et je viendrai vous voir de temps en temps, tandis que je serai en cette ville.

    ARGAN
    Vous m’obligerez beaucoup.

    TOINETTE
    Que diantre faites-vous de ce bras-là?

    ARGAN
    Comment?

    TOINETTE
    Voilà un bras que je me ferais couper tout à l’heure, si j’étais que de vous.

    ARGAN
    Et pourquoi?

    TOINETTE
    Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter?

    ARGAN
    Oui; mais j’ai besoin de mon bras.

    TOINETTE
    Vous avez là aussi un oeil droit que je me ferais crever, si j’étais à votre place.

    ARGAN
    Crever un oeil?

    TOINETTE
    Ne voyez-vous pas qu’il incommode l’autre, et lui dérobe sa nourriture? Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt: vous en verrez plus clair de l’oeil gauche.

    ARGAN
    Cela n’est pas pressé.

    TOINETTE
    Adieu. Je suis fâché de vous quitter si tôt; mais il faut que je me trouve à une grande consultation qui doit se faire pour un homme qui mourut hier.

    ARGAN
    Pour un homme qui mourut hier?

    TOINETTE
    Oui: pour aviser et voir ce qu’il aurait fallu lui faire pour le guérir. Jusqu’au revoir.

    ARGAN
    Vous savez que les malades ne reconduisent point.

    BERALDE
    Voilà un médecin, vraiment, qui paraît fort habile!

    ARGAN
    Oui; mais il va un peu bien vite.

    BERALDE
    Tous les grands médecins sont comme cela.

    ARGAN
    Me couper un bras et me crever un oeil, afin que l’autre se porte mieux! J’aime bien mieux qu’il ne se porte pas si bien. La belle opération, de me rendre borgne et manchot!

    Signé : Molière, le Malade Imaginaire.

    1. Mais ce n’est plus un bras ou un oeil qu’ils crèvent,
      mais la planète, la mienne que j’aime, la votre !

      François Hollande, pur politicien du cadre capitaliste,
      a déclaré que ce sommet est une « étape importante ».
      Qu’on en juge:
      – aucune contrainte pour les états et les industriels,
      – des passe-droits qui permettent de polluer en toute légalité
      – abandon des objectifs fixés il y a 20 ans
      Les pantins de leur Etat s’attachent à sauver les banques,
      a administrer des palliatifs au capitalisme à l’agonie, « vert » de gris.

      Patience: la résistance des peuples s’est exprimé dans le sommet alternatif,
      pour leur émancipation et pour le développement durable des ressources

      1. @ Charles A

        Tout d’abord, c’est Charles Alpha (je trouve pas le caractère alpha sur mon clavier mac que j’ai depuis 1 semaine, après 25 ans de PC…) qu’il faudrait vous nommer, ça aurait du sens 🙂 par rapport à vos remarques 😉

        Oui, c’est exactement cela. Vous avez raison.
        On assite à un suicide avec meurtre collatéral des non-participants : nous et la planète.

        Le sommet alternatif ? Vous voulez rire, je pense …
        Regardez l’effet des OWS et autre occupants de places (Madrid, etc. pffft !)
        La difficulté d’être opposant, c’est d’avoir raison et de renverser les rapports de force. Vous trouvez qu’ils ont été renversés ces dernières décennies ? Allons, plus ils ont tort, plus ils arguent qu’il faut aller plus loin et plus fort dans le suicide collectif. C’est à pleurer.

      2. @ Thom…bigbang
        Vous me gênez…
        Mais je reprends au bond votre commentaire sur les sommets alternatifs.
        Je suis d’accord. C’est vrai qu’ils influent peu ou pas sur les pantins de leur Etat,
        quand on voit le résultat désastreux de Rio+20,
        et Flamby qui tente d’enfumer.
        Et ça décourage.

        Mais il s’élabore des alternatives. Faut bien réfléchir collectivement.
        « Le changement, c’est maintenant » ? Non
        C’est toujours face à une catastrophe.
        On s’en approche, sociale et écologique.
        Il faut s’y préparer, rassembler, avec tous les moyens qui seront nécessaires.

  2. @François Leclerc

    Vous usez souvent du terme « union fiscale ». Entendez-vous par là « union budgétaire » ?

    1. Les deux sont employés. Ce ne sont que des mots là encore ! Le moyen de réduire et contenir la dette publique selon une règle commune sans autre fondement que la nécessité d’un moment : celle de trouver un ratio…

      1. Ah le fameux dette / pib… ou comment avec de la croissance la dette peut paisiblement tendre vers l’infini sans que l’on ait jamais à se préoccuper des dépenses et encore moins des recettes.

        L’équation s’avère forcément bancale lorsque la croissance se fait timide, comme c’est désormais le cas. Nous n’en revenons pas pour autant au bon sens, qui voudrait que pour « réduire » la dette il faille simplement contenir le un ratio recettes / dépenses en ordre.

        J’imagine qu’ « union fiscale » relève chez vous de l’ironie, la seule union dans les tuyaux étant l’ « union de moindres dépenses », qui nécessiterait pourtant, pour une parfaite efficacité en matière de désendettement, une « union de hausse des recettes ».

      2. En résumé, l’Union fiscale pour contrôler les recettes des Etats membres et l’Union budgétaire pour contrôler leurs dépenses. Rien que çà ! Mise à part la question de la mise à disposition des moyens nécessaires aux politiques nationales déterminées par les élections locales (sécurité sociale, relance,…), cela suppose des organes administratifs européens forts et doté d’outils de contrôle démocratique, notamment par le biais du Parlement européen… instance méconnue du grand public et ayant peu de pouvoirs face à la Commission et au Conseil. N’est-ce donc pas là que le bât blesse ? Comment faire avaler une pilule si grosse aux peuples en si peu de temps ? Il faut repenser la démocratie européenne en même temps que la mise en place des nouvelles unions précitées ! Et y faire participer les peuples ! C’est une question de vie ou de mort !

      3. @François Leclerc,
        ne pensez-vous pas que la « subtile » différence résidera dans le fait que l’une s’engagerait sur les recettes (la fiscale) et l’autre sur les dépenses (la budgétaire) ce qui laissera tout loisir au dumping fiscal de prospérer dans l’union tandis que les dépenses seront, bien sur, contenues par la fameuse règle d’or.
        Nous savons tous qu’il n’est de meilleure solution que d’assécher les recettes publiques pour crier au déficit et générer de la dette…

      4. @kohaagen

        Le pire, me semble-t-il, c’est que lorsque le peuple est consulté… c’est n’est surement pas pour s’exprimer, mais pour confirmer l’orientation libérale.

        J’en veux pour preuve le référendum de 2005 en France : « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? »

        A croire que si l’on n’est pas totalement fan de l’Europe libérale, on est anti-européen.

  3. Après les mots, après la formule magique, bientôt l’ultime sursaut (« sauve qui peut ! ») et l’épithaphe (« ci-gît… »).
    Le pire, c’est que je trouve ça carrément drôle 😀

    1. Bonjour
      Non l’épigraphe ne sera pas « ci-gît »… Mais bien une partie d’une des fameuses phrases de Lucrèce … « spatio aetatis defessa uetustos »… »épuisé par la longueur du chemin de la vie » et je ne cite pas le début… tellement sur ce site, tous les intervenants en ont conscience.
      Mais drôle??? pas vraiment lorsque l’on a des enfants.. qui le valent bien (of course). Ou alors, il faut aller vers le plus génial des « Brittons » pour des petites phrases superbes dans leur concision, avec tout l’affect qu’il y a derrière… Oscar Wilde, donc… comme par exemple:
      « aujourd’hui les gens savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien »
      ou encore mieux par rapport à ce blog…
      « ce n’est qu’en refusant de payer ses factures que l’on peut assurer sa survie dans la mémoire des classes commerçantes »
      Plus qu’amicalement

      Chris

  4. En effet, nous entendons tous cette « nouvelle vieille lune » de l’intégration politique et économique, de transfert de souveraineté à la commission européenne, le parlement n’étant là que pour faire office de théâtre de marionnettes (une danseuse qui coûte cher ….)

    J’ai donc deux questions à poser à Moscovici :

    -> en quoi cette intégration règlera t-elle par magie le problème des dettes de toutes sortes ?
    A la suite de la signature de ce pacte, une distribution céleste de billets va t-elle combler les déficits bancaires et payer la montagne des dettes souveraines ?
    Dans ce cas, cette distribution ne s’apparenterait elle pas à une monnaie de singe ?

    -> Ensuite, transférer les souverainetés nationales à la commission européenne suit elle encore et toujours la logique du marcher cul par dessus tête ?
    Celle qui glorifie les politiques qui nous ont amenés au bord du gouffre, afin de nous donner le dernier coup de pouce ?

  5. De l’incantation en sorte
    In-cantare=par le chant
    Composante orale d’un acte surnaturel aidant le magicien(le prêtre) à TRANSGRESSER LE RÉEL faisant appel le plus souvent à des langues mortes(d’où l’expression c’est de l’hébreu),répétitive pour renforcer le pouvoir occulte…
    Toute magie s’acompagne de rituels spécifiques et parfois de sacrifices…
    Nous sommes tout à fait dans ce domaine et tout y est
    Les sacrifiés…sur l’autel de…,les prophéties auto réalisatrices…,le charabia…,les rituels (Réunions,G7,G20…),le pouvoir occulte(cartomancie,radiesthésie,aruspices,…)
    Les temps obscurs

    1. il n’y a qu’à voir les pinpins applaudir à la fin des séances de wall street comme des pretre maya heureux béats de voir le soleil se lever chaque jour après quelques dizianes d’égorgements …
      on est pas sorti du néolithique avec ces crétins …

  6. On dit souvent que l’union fait la force… mais l’union des faibles ne fait pas nécessairement la force. Alors l’union, pour quoi et pour qui ?
    ? tnegra ‘l ed cnod te spmet ud rengag ruop

    1. Il y a 18 mois, un contremaitre chinois s’est fait détruire par plus de 400 ouvriers qu’il avait « légèrement contrarié ».
      Le seul os entier a été rendu à la famille du défunt.

      Et ce n’est pas la peine d’utiliser des gros mots pour terminer son commentaire.
      La compréhension n’est pas l’apanage du puissant.
      Sauf pour l’american dream.

      1. Koikil en soie.. Une proposition. Offrons l’asile politique à leurs contremaîtres et finissons en avec les courageux ouvriers-lyncheurs chinois : qu’Hu Jintao les renvoie dans leurs campagnes sarcler leurs misérables 3000 m2.
        J’adôôre les lynchages. Des mets de choix pour les fins gourmets…
        Ps : ce genre « d’infos » c’est pas inutile de les sourcer…
        Un autre type de lynchage à la chinoise : http://bruno-birolli.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/04/27/lynchage-et-propagande.html

      2. La fin des commentaires du blog de Mr Birolli est assez amusante: on y apprends que ce monsieur essaie de faire la leçon à un physicien sur l’histoire des sciences en URSS tout en ne connaissant rien à la physique! ( Pas connaître le cours de physique de Lev Landau, qui est pourtant connu de tout agrégé de physique Français et venir soutenir qu’aucunes recherches importantes en physique fondamentale n’avaient été faite en URSS sous Staline, faut vraiment le faire! Mais bon, il est journaliste au Nouvel Obs, ceci expliquant cela sans doute…)

      3. Ah la glorieuse science stalinienne ! Le Grand Génie Scientifique & (forcément) Prolétarien d’un Lyssenko, le « professeur aux pieds nus »…
        http://www.sciencepresse.qc.ca/scandales/lyssenko.html
        Sakharov l’adorait, pardi… Son règne de trente ans s’est terminé comme ça :

        En juin 1964, la candidature du lyssenkiste N. N. Nuzhdin, est acceptée par la section biologie de l’Académie. Mais lors de l’assemblée générale, un jeune physicien, alors inconnu en Occident, Andreï Sakharov, proteste et conclue ainsi son discours: « Pour ma part, j’invite les personnes présentes à voter de sorte que les seules voix « pour » soient celles qui, avec Nuzhdin, avec Lyssenko, portent la responsabilité de cette abominable et douloureuse période de l’histoire de la science soviétique, qui heureusement touche à sa fin. » (Applaudissements.)
        Même jouissant des garanties du vote à bulletin secret, quelques 22 membres de l’Académie des Sciences votent pour Nuzhdi et 126 contre. C’est le début de la fin. Quelques mois plus tard, Khrouchtchev est limogé. En février 1965, Lyssenko est démis de ses fonctions de directeur de l’Institut de génétique de l’Académie et se retire dans sa ferme. On enlève tranquillement ses statues. On cesse de chanter des hymnes à sa gloire
        Une commission enquête sur l’état de la recherche biologique dans le pays et visite la ferme expérimentale de Lyssenko. Son rapport est accablant: Lyssenko a donné des comptes rendus inexacts, il a truqué délibérément des données scientifiques. Quant à ses vaches remarquables pour leur quantité de matières grasses dans le lait, le comité apprend que Lyssenko les nourrissait avec de la mélasse, du chocolat et des biscuits cassés.

      4. >Vigneron

        Au lieu de réciter des lieux communs, allez plutôt lire ceci:
        Stalin’s Great Science: The Times and Adventures of Soviet Physicists chez World Scientific Publishing Company de Alexei B Kojevnikov

        Souligner les qualités d’immenses scientifiques comme Lev Landau (qui goutta aussi du goulag pour son opposition à l’accession de Staline au pouvoir), Kapitsa, Zeldovitch ou Sakharov lui même, ça n’est évidemment pas glorifier le régime.

        L’esprit humain est fait ainsi: même sous les pires régimes certains ne peuvent s’empêcher de penser et souvent c’est pour un mélange de bonnes raisons (la curiosité, l’originalité, la volonté de bien travailler et de s’évader du quotidien) et de mauvaises (l’égotisme, la volonté de puissance, le nationalisme, l’arrivisme). Arriver à démêler le bien du mal là dedans est bien la dernière chose dont je me sens capable…

  7. Possible mêbol, Monsieur Leclerc.

    La perte « envisagée » par JPM est de 5 milliards.
    Mais ils ont déjà commencé à revendre les environ 100 milliards d’ « actifs » à l’origine en commençant, forcément, par ceux de meilleure qualité. Soit, ceux qui s’écoulent le mieux.
    Et comme il y a déjà 2 ans, la Fed revendait ce type d’actifs à 23% de leur « valeur », à vue de nez, il serait raisonnable de parler de 75 milliards de perte tranquille.

    Je dis ça, je dis rien…

    (j’adore le terme « valeur faciale ». Ca fait penser au délit de sale… 🙂 )

  8. Un constat
    Le gouvernement issu d’une nouvelle majorité en France nous ressert la même soupe que le précédent ,du réchauffé,nous faire passer la pilule de l’austérité sous l’emballage doré de la croissance :
    1% du PIB européen :120 milliards (en fait moins de 1%),somme détournée pour une part sur les aides régionales européennes (55),,pour le reste sur une mutualisation de project bonds(5) et une augmentation de la capacité de la BEI(60),plus un peu de Tobin dans le dos des anglais,pour le reste ralliement au traité budgétaire
    Satisfaction : 2% pour le SMIC(22euros par mois)
    On rêve

    1. Seulement une surprise pour ceux qui prennent
      la Comédie de l’Alternance pour la réalité…
      La majorité n’a rien de nouveau.
      Ses ténors, du PS au PC, n’ont jamais défendu une alternative,
      en dehors des fables électorales.
      Nous y sommes.

      1. Charles. Fils.
        Déjà Miterrand avait dit à sa femme : « J’ai le poste, mais pas le pouvoir. »
        Crois-tu que ça ait vraiment évolué depuis lors..???
        Et je ne t’explique même pas De Gaule qui se méfiait des anglo-saxons comme de la peste.
        Mais tu es trop jeune pour t’en souvenir… 😉

        Tiens, Charles, une question piège.
        Cites-moi un gouvernement de gauche qui soit démocratique sur terre..??
        Ouais, je sais. On n’a plus qu’à pleurer tous les deux.

      2. @ Yvan
        Tu touches l’essentiel, là!
        Je crois l’avoir déjà cité mais je le refais, pour le bonheur d’ Yvan
        et l’édification des autres…
        Danielle Mitterrand qui a fait de bonnes choses, a aussi fait un témoignage clé,
        le 28 octobre 2005 dans un entretien réalisé par Hernando Calvo Ospina :

        « Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ce rêve d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, devienne réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir.

        Alors je demandais à François : ‘‘Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?’’ Il me répondait qu’ il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.
        J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement. […]
        […] Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme – juillet 1989 – j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux Etat-Unis. L’Etat français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard, c’était ces pays-là que Washington voulait détruire. […] Je me rappelle avoir dit à François : ‘‘Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des Etats-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités… ?’’ Ce fut une honte. […]
        En France, on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. […]La France est-elle une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : cela ne veut rien dire ».

        Quant à la question du gouvernement démocratique, ma réponse est non.
        Et je n’en attends aucun.
        Ce sont les peuples qui défendent la démocratie, pas les gouvernants.
        La démocratie implique d’interdire les politiciens professionnels,
        et la démocratie la plus directe possible.
        Cela n’annule pas le vote de réprésentants à certaines fonctions, mais des garde-fous.
        Vite fait:
        – indépendance des élus, grâce à la fin de la dictature du capital, par expropriation.
        – pas de cumul des mandats des élus
        – avec salaire d’un travailleur moyen
        – un ou deux mandats maximum
        – révocation sur vote des mandants
        Je suis communiste au sens du Manifeste de Marx:
        « le mouvement qui abolit l’ordre des choses »,
        certainement pas de ceux qui croient à une société sans classe
        au sens de sans contradictions, sans luttes politiques.
        Déjà trop vieux.

  9. L’avis d’Olivier Berruyer dans Libération.

    Démonstration par l’absurde à partir d’un exemple « alsacien » :

    « Illustrons par la politique choisie par l’Allemagne. Par analogie, il s’y est passé la même chose que si la région Alsace avait choisi de fixer son SMIC à 800 € par mois. Ainsi, les coûts de production y baissent, les entreprises y deviennent plus compétitives, le chômage baisse, la consommation aussi mais les excédents de sa balance commerciale compensent. C’est positif pour l’Alsace – même si ça l’est moins pour les Alsaciens les plus pauvres.

    Cependant, aucune magie : la conséquence de cette politique est une hausse du chômage dans le reste du pays. Un tel « modèle alsacien », fondamentalement parasitaire, ne marche qu’à la condition de ne pas être dupliqué. Si le reste de la France baissait son SMIC à 800 €, il n’y aurait plus aucun effet positif nulle part, ne subsisterait qu’une colossale récession. »

    1. Provided:

      Les alsaciens ont inventé le foie gras ; le Tokay Pinot Gris est mort et enterré ; les meilleurs crus du Haut-Rhin restent dans le Haut-Rhin.

      Question: Quel est le prix d’un Grain Noble 68 ?

      NB : Pas celui d’une Vendange Tardive 67 🙂

      1. Le foie gras alsacien… je rigole. 4500 ans au moins le gavage, des oies particulièrement, en Égypte. Et le foie aux figues des romains qui aurait d’ailleurs donné une origine étymologique du mot foie dans les langues romanes, de ficatum (figue), puis figado, puis feide, puis feie, puis foie en français.
        Et en Alsace c’est les juifs évidemment qui ont introduit le gavage des oies. Forcément, eux n’avaient pas droit au beurre pour cuire la viande, ni au saindoux bien sûr, et les huiles d’olive et cie dans ces coins là… donc graisse d’oie pour la cuisine plus foie gras en sous-produit du gavage…

  10. La crise financière est une chose. La crise des institutions européennes en est une autre. La crise de l’état providence en est une troisième.
    La crise financière, vous en parlez fort bien pratiquement de jour en jour et l’on suit avec vous le feuilleton dont la trame consiste pour chaque acteur à se débarrasser sur un autre de la patate chaude qu’est la dette impossible à rembourser générée par le système financier en contrepartie des profits fictifs réalisés par ses paris et des profits, eux aussi fictifs, des entreprises à la vente « forcée » de biens et notamment de biens immobiliers que le marché solvable ne pouvait absorber notamment en raison de la captation de la plus-value par le capital au détriment des salaires. Les Etats y sont certes mélés en tant qu’acteurs de l’accroissement de la dette et garants obligés des institutions financières défaillantes ; eux-mêmes étant politiquement défaillant à s’entendre sur le contrôle global des institutions financières et ne comprenant pas que la dérive de la répartition des plus-values impactait leurs ressources fiscales au point de les contraindre à des arbitrages délicats entre augmentation de leur dette et réduction de leur dépenses.
    La crise des institutions européennes n’est pas récente. Elle résulte primitivement d’un élargissement désordonné et prématuré qui a conduit à trop de compromis en raison de trop de compromettants dont certains, comme c’était clair dès leur entrée n’ont jamais eu comme objectif que de tenir l’Union dans un cadre de strict marché de libre échange tout en écartant quelque visée d’intégration politique que ce soit. Maintenant, ces blocages étant parfaitement reconnus comme incontournables de l’intérieur, il reste la solution de les démanteler de l’extérieur et malgré toutes les divergences qui s’étalent au grand jour, c’est certainement ce à quoi travaillent dans un semi-inconscient la France et la RFA. N’importe quel individu sensé peut donner, depuis plusieurs mois déjà, les termes pratiquement finalisés de ce qui sera, dans les deux à trois ans qui viennent et quelles que soient les vicissitudes rencontrées, l’accord franco-germanique ; le seul débat, et il est en cours, est de savoir quels en seront les autres signataires, l’Italie et le Bénélux étant une certitude.
    La crise de l’état providence, c’est-à-dire de ce que nous appelons les acquis sociaux en Europe, résulte du fait que son financement est de plus en plus obéré depuis plusieurs décennies par le mode de répartitions des plus-values. La baisse relative des salaires par rapport aux profits induit un grave manque de rentrées fiscales qui non seulement empêche de développer ces acquis sociaux mais ne permet même plus de les conserver. Les états peuvent taxer leurs ressortissants comme ils l’entendent dans des limites raisonnables ; ils sont soumis à une contrainte devenue mondiale pour taxer les profits des entreprises. Ils peuvent donc taxer la part des plus-values qui décroît jusqu’aux limites actuelles à peu près, mais ne peuvent augmenter la taxation de la par qui s’accroît. Il en résulte un problème d’équilibre budgétaire qui ne peut apparemment trouver d’autre réponse que le sacrifice de l’état providence. Le phénomène a été amplifié fortement par la mise en œuvre d’une économie mondiale de libre échange sans aucune régulation qui pénalise par nature toute dépense dite « sociale ».

    1. à EOLE

      « Le phénomène a été amplifié fortement par la mise en œuvre d’une économie mondiale de libre échange sans aucune régulation qui pénalise par nature toute dépense dite « sociale ». »

      C’est une réduction mondiale des droits sociaux dont il est question, et que l’économie ou le libre-échange réalise par l’importation ?

  11. Bonjour à tous

    Ce qui manque vraiment à ces messes sommitales ce sont des vêtements liturgiques! C’est ce vide de pompe qui rend leurs exhortations absconses, leurs exorcismes vains et emporte leurs formules propitiatoires tel le mistral les pets des lapins de la garrigue!

    Avec l’aide de C Lacroix et JP Gaulthier, nous pourrions proposer aux officiels de la Communauté un habit de cérémonie mi-partie – bleu & or par exemple- un bonnet officiel à trois pointes terminées par des grelots (pour annoncer l’ouverture des marchés) des hauts de chausses gris souris et comme instrument de leur dignité souveraine, une crosse surmontée d’une gidouille et adornée de breloques saintes ( euros, bons du trésor, collatéraux de dettes etc…) Un chorégraphe sérieux leur enseignerait un pas de cérémonie inspiré non pas de celui des sapeurs de la légion mais du branle ou du menuet.

    Un tel cérémonial ne manquerait pas de restaurer la confiance de tous les investisseurs et apaiserait les craintes irrationnelles éprouvées par tous les faibles esprits ce ce blog!

    Cordiales OAT

    1. Merci Steve. Ai beaucoup ri.
      Si quelqu’un pouvait les peindre dans ces atours,
      on passerait un bon moment de plus!

  12. Un petit clip de propagande pondu par nos zélites (parlement Européen ?), entre autres chefs d’oeuvre du même métal inoxydable (qu’ils sont obligés de retirer illico tellement c’est décalé, ridicule, ou les deux)…

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=QCAQ7YL2o1M

    Commentaires du bloggeur source (Hastable)

    « Oh. Comme c’est bizarre : l’argent vient des états et pas des contribuables.
    Comme chacun sait, cet argent pousse dans les coffres de la BCE. Ils sont arrosés, régulièrement, par les pays membres avec les nombreux bénéfices qu’ils font et la gestion rigoureuse des deniers publics permet de faire fructifier l’arbre vigoureux de la croissance ! Youpi !

    Tiens, c’est étrange, l’ouverture du coffre n’a pas été décidé par le peuple. Mais si on lui avait demandé, il aurait été d’accord. Comme pour le Traité Constitutionnel.

    Apparemment, c’est étonnant, mais dans cet amusant petit spot, les banques sont en roue libre et les législateurs sont tout petits et tout impuissants.

    C’est étrange, cette notion que ceux qui font la loi, et qui ont le pouvoir de faire pleuvoir les bombes sur des Libyens seraient trop faibles pour faire une clef de bras à des banquiers.

    Vous y croyez ? Et si on le fait avec de jolis dessins, ça passe mieux ?  »

    1. C’est clair. Il recommande le matelas.
      Cantonna n’avait pas fait autre chose.
      Il note aussi que certains ouvrent des comptes en Allemagne.
      Ben oui, c’est le marché unique…

  13. Les chiffres de la disparition des espèces est très alarmant, le surconsummérisme est en train d’ensevelir et d’engloutir, la diversité végétale et animale, la diversité génétique et la diversité des espaces de vies.

    « Environ 20 % des espèces vertébrées sont menacées. »

    « Le risque d’extinction des coraux augmente plus rapidement que celui de tous les autres organismes vivants, étant donné que les récifs coralliens ont reculé de 38 % depuis 1980.  »

    « Pour faire place aux 30 % de la surface terrestre dédiés à l’agriculture, certains habitats naturels ont été réduits de plus de 20 % depuis 1980. »

    Source
    http://www.notre-planete.info/actualites/actu_3391_monde_echec_developpement_durable.php

    « 25% des mammifères, 13% des oiseaux, 22% des reptiles et 41% des amphibiens. C’est également le cas pour 33% des poissons cartilagineux, comme les requins et les raies. 70% des plantes et 35% des invertébrés connus à ce jour attestent un grave déclin. »

    Source
    http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2565_nagoya_prix_biodiversite.php

    L’impact du réchauffement du climat n’est pas négligeable sur la disparition très importante de nos jours des espèces dans le monde. La taille des coraux chutent de plus en plus, les zones mortes (sans oxygène) dans les océans grandissent de plus en plus. La désertification et l’appauvrissement des sols gagnent de plus en plus de terrain, ne permettant même plus au Co2 d’être stocker dans les sols.

    Pour celà malgré l’impact de l’économie moderne, le discours est de faire de la croissance, d’accentuer les productions intensives, de surconsommer alors que les capacités naturelles ne suivent plus. Même les espèces qui sont consommés, sont dans une situation précaire pour se renouveller.

    Le nucléaire est une industrie dangereuse pour toutes les espèces vivantes, de part la radiation distribuée par le vent sur la biosphère.

    Le phénomène non seulement s’amplifie, par l’emballement du réchauffement climatique qui s’accélère mais la surconsommation n’est pas remise en cause. L’espèce humaine ne peut de toute façon, ne suivre que le même mode que les autres espèces, à un espace de temps plus long puisqu’il est au dessus de la chaîne alimentaire et le surproducteur. Le résultat est le même à la fin.

    La redistribution des richesses créées par les sociétés humaines sont très inégalement réparties, ce n’est même pas un débat, puisque la doctrine est d’aller dans le sens inverse. La redistribution des richesses animales et végétales est elle-aussi en péril.

  14. Et puis, la solution est dans la mutualisation des risques, j’oserais dire leur fédéralisation, qui permet de mieux les répartir en les dispersant …

    Si vous voulez une bonne tranche de rire (un peu jaune, voire franchement jaune foncé et plus) je vous suggère la (re)lecture de cet excellent article de fin 2008.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/la-crise-financiere/20081119.OBS1723/voyage-au-pays-merveilleux-de-la-finance.html

    J’en extrait trois phases succulentes :

    « Ladies and gentlemen ici your commandant de bord ; please attache your seat bells, we are going to traverse a perfect storm. Si l’inattendu n’érode pas la liquidité, tout va bien se passer, dans le cas inverse, on aura pas pied, c’est sûr. Thank you. »

    « Tout va bien, on s’en fout des risques, puisqu’ils sont dispersés. DISPERSES. on sait même plus où y sont tellement il y a eu dispersion. On s’en souvient, la gestion alternative et les nouveaux produits sophistiqués avaient, outre l’avantage de favoriser une meilleure liquidité des marchés, celui de disperser les risques pris par les investisseurs, voire de les éliminer. »

    « Le coup parfait, monté sur des roulettes. The perfect storm. Le mec au moment de disperser, il trouve plus ses risques. Pourtant c’est pas ce qui manque. Il engueule sa femme comme pour les clés. »

  15. Je rappelle en passant qu’on parlait de l’éclatement de la Belgique il y a quelques mois.
    Cela a été reporté à plus tard… au prix d’un long marchandage/détricotage de marchands de tapis.

    Et je rappelle
    – qu’un certain H. Van Rompuy s’est montré bien habile à la manoeuvre.
    – qu’un autre francophone socialiste, Elio di Rupo, a joué les contorsionnistes,
    – qu’au nord du pays, la perspective de jouer cavalier seul était volontiers envisagée
    – que le discours classique sur la faute des fainéants du sud n’était pas le moins écouté
    – etc.

    Une situation n’est pas l’autre, mais nous renseigne sur l’autre, à mon humble avis.

  16. Depuis de longs mois, l’Allemagne recule le moment de prendre sa perte sur la position perdante. Mais maintenant, les casseroles sont trop nombreuses et font trop de bruit. Elle ne sortira pas de l’euro, elle le conservera mais refusera de continuer à payer pour les autres qui, dès lors, n’auront d’autres solutions que de créer une zone euro B : règles en fer blanc chacun la sienne, dévaluations en cascade, inflation galopante etc, etc…et vogue la galère. Galériennes, galériens arrêtez de ramer, on attaque la falaise.

  17. Lundi 25 juin 2012 :

    « Quand je pense au sommet du 28 juin, je crains qu’une fois encore, nous nous attachions trop aux différentes manières de partager la dette », a dit Angela Merkel lors d’une conférence à Berlin.

    « La mutualisation des dettes au sein de la zone euro ou la création d’un fonds de rédemption seraient inconstitutionnelles », a-t-elle ajouté.

    « Je considère en outre que ce partage du fardeau des dettes et cette mutualisation des dettes seraient économiquement erronés et contre-productifs », a-t-elle dit.

    Chypre fait appel à l’aide européenne.

    « Chypre a fait officiellement appel à l’aide européenne aujourd’hui », a annoncé le gouvernement chypriote par communiqué.

    « L’objectif de cette demande d’aide est de contenir les risques pour l’économie chypriote », explique le gouvernement, notamment ceux liés « à la forte exposition des banques du pays à l’économie grecque ».

    Chypre aura recourt également à un emprunt de 3 à 5 milliards d’euros réalisé auprès de la Russie.

    Il s’agit du deuxième pays à faire à l’aide européenne ce lundi, après l’Espagne ce matin.

    A terme, cinq pays de la zone euro bénéficieront, avec ces deux nouveaux États, de l’aide européenne (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Chypre).

    (Dépêche Reuters)

  18. Là je vous estime trés pertinent . Mon sentiment tient en ce qu’on ce sert de la crise financiére ,
    pour nous faire signer un chéque en blanc au fédéralisme . Un fédéralisme où l’on retrouverait
    les mémes mais intronisés . Trés dangeureux .
    Je souhaiterai un climat plus cool , où l’on fasse le bilan et négocie sur les vraies questions , à
    savoir les débordements budgétaires et financiers . Alors peut étre que la BCE se retrouverai
    au centre , ainsi que nos chers commissaires …

  19. Interprétation : hormis le fait que nos livres d’histoire sortent peu à peu les vraies raisons de l’échec du système monétaire, je vous invite malgré tout à faire un retour en arrière sur l’histoire de France et celle des US. N’oublions pas que c’est à l’époque de Louis XV que les Français ont combattu à crédit pour l’indépendance des US contre les Anglais. De même, lorsque l’on parle de Napoléon, il faut connaitre la situation issue de la prolifération des assignats pour comprendre comment l’empire s’est imposé (J.Law). Ensuite, la crise des années 30 ne mentionne pas que l’arrivée au pouvoir d’Hitler survient par la faillite de la banque Rothschild. N’oublions pas non plus que les US n’ont jamais fait crédit à De Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale afin de commercer les armes nécessaires. Tout devait être payé en or. Vous pouvez regarder le discours de De Gaulle en janvier 1965 qui explique pourquoi l’or est une référence solide en terme de valeur et comment les US veulent imposer leur domination mondiale avec le dollar. Garantir une monnaie sous-entend la garantir sur des valeurs réelles. La France a toujours été le pays qui détient le plus d’or au monde pour sa population alors cela attise les convoitises. La réussite de l’Allemagne n’est pas le fruit du hasard car la bundesbank a un lien étroit avec les US. Les anglais et les US par l’intermédiaire des Allemands aimeraient s’offrir l’or de la France en garantie pour l’Europe. Mais attention, Mr Hollande joue sa tête ! Et il ne pourra pas acheter la paix sociale.
    On vous fait croire que l’on ne pourra pas revenir à un système basé sur des valeurs réelles mais regarder l’histoire (notamment toutes les guerres). Je termine par le lien étrange entre la communauté Pompidou, Giscard, Balladur, Sarkozy dans leurs relations avec le monde des banquiers et leur rapport à l’or. Notre pays est une puissance économique solide contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Tout est fait pour que notre nation perd son identité. Enfin, les attaques spéculatives sur l’Italie, l’Espagne, la Grèce nous sont très préjudiciables puisque notre balance commerciale avec ces pays était bénéficiaire. On veut nous mettre à genoux et en esclavage (Bruxelles). Je pense que nos militaires ne laisseront pas la France dans le chaos et interviendront afin d’évincer les banquiers (même la presse leurs appartient) et politiques corrompus. La seule chance de Mr Hollande est de parvenir à conserver les garanties Françaises afin de reconstruire à temps, un système monétaire Français fiable. D’où l’intérêt de préserver sa souveraineté, puisque trop d’Europe tue l’Europe. Dans la guerre des monnaies, vos adversaires jouent le chacun pour soi (Allemagne et Angleterre compris). Les premiers bouleversements apparaîtront avec les tensions générées par la faillite prochaine d’une de nos grandes banques (peut-être même cet été). Ce n’est plus qu’une question de temps…..

    1. L’olive « l’Or de la France » sixty nine, entre autres perles

      Enfin, les attaques spéculatives sur l’Italie, l’Espagne, la Grèce nous sont très préjudiciables puisque notre balance commerciale avec ces pays était bénéficiaire. On veut nous mettre à genoux et en esclavage(Bruxelles)…

      Et donc on croit comprendre que les salopards d’anglosaxes et leurs affidés teutons complotent contre la France éternelle des derniers résistants gaullistes via la spécu contre les Gipsi pour mettre la main sur le stock de joncaille trisocolore. Dites donc, le premier pays au monde pour l’excédent commercial que la France de l’or y engrange, c’est bien toujours çui des rosbeefs, non (et j’y inclus pas celui de Hong Kong…) ? Et l’Italie, on était plutôt en déficit avec elle, non ?
      Ah autre chose, pasque là on frise le révisionnisme anti-am gogaullâtre :

      N’oublions pas non plus que les US n’ont jamais fait crédit à De Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale afin de commercer les armes nécessaires. Tout devait être payé en or….

      Sauf que :

      Le 11 novembre 1941, la France Libre est associée au crédit illimité que représente la loi de«prêt-bail» américaine sur la livraison d’armement.

      Merci Pleven (et Monnet…).
      J’laisse la communauté critique s’occuper des restes de cette contribution.

    2. vini,
      autant pour moi concernant l’Italie mais c’est un gros partenaire commercial (4ème, je crois) donc les commandes vont chuter. Bientôt, nous allons voir que De Gaulle était la honte de la France lorsque tu dis « derniers résistants gaullistes »? C’est une belle réécriture de l’histoire mais oui, on lui doit notre indépendance. Il n’était pas fou l’ancien ! Ah oui, le prêt-bail alors c’est comme les traités qui ne sont jamais appliqués (Accord franco polonais avant 40 jusqu’à la règle d’or…). Il y a le fond et la forme :

      « Le 11 novembre 1941, la France Libre est associée au crédit illimité que représente la loi de «prêt-bail» américaine sur la livraison d’armement. Le colonel Cunnigham et l’ancien ambassadeur en France Laurence Taylor se rendent en AEF comme observateurs américains auprès de l’administration gaulliste. Cela soulève l’indignation de Vichy et de son représentant en Afrique du Nord, Weygand. L’ambassadeur de Roosevelt auprès de Pétain, l’amiral Leahy, s’inquiète aussi du rapprochement de plus en plus évident entre Vichy et l’Allemagne.
      Mais le choix de la Maison Blanche reste Vichy, et Pétain bénéficie toujours d’un grand crédit auprès du Président. La révocation de Weygand, les choix nettement pro allemands de Darlan, n’influencent en rien Roosevelt en faveur de De Gaulle. Au contraire, ménager Vichy pour l’amener dans le giron américain reste la ligne de conduite. Les progrès de la mission Pleven sont stoppés lors du rappel de Cunnigham par Washington. L’entrée en guerre des Etats Unis le 7 décembre 1941 ne modifie pas la diplomatie américaine à l’égard de la France. Le 29 janvier, le provichysme de Washington est confirmé par le secrétaire d’Etat Cordell Hull dans un entretien avec Adrien Tixier devenu représentant de De Gaulle à Washington.
      Par la suite, aussi bien dans l’affaire d’Afrique du Nord que jusqu’à la mort du président Roosevelt, l’administration américaine fera son possible pour écarter De Gaulle et la France Libre. Les Français d’Amérique influents auprès du secrétariat d’Etat, tels jean Monnet ou Alexis Léger, seront toujours hostiles à la personne du Général et maintiendront Roosevelt dans ses préventions. On a beaucoup parlé de l’anticolonialisme américain et de la méfiance toute démocratique devant le pouvoir personnel du général De Gaulle. Ces éléments ont certes leur rôle à jouer mais il faut peut-être expliquer la méfiance américaine par des intérêts plus immédiatement pragmatiques. Une France rétablie dans sa puissance, associée à la victoire alliée, peut en effet paraître gênante dans le jeu européen des Etats Unis. »

      C’est certain que ce sont tous nos amis. Et nous vivons dans un monde de bisounours ou tout le monde nous aime. C’est bien connu, les US ne sont pas un pays colonisateur (surtout en Afrique, ni en Europe). Je n’ai rien contre les Anglais, les Allemands et les Américains mais ne pas confondre le peuple avec les intérêts des capitalistes. Trop facile l’amalgame (ça mérite une visite chez le dentiste). Ceux qui nous ont donné ce jolie système !
      Enfin, « le révisionnisme anti-am gogaullâtre », c’est surprenant comment ceux qui savent réécrire l’histoire (les gagnants capitalistes anglosaxons) insulte la mémoire des grands personnages de l’histoire française. Ah oui vini, tu est un vrai européen, un mondialiste, je l’avais oublié à mes dépends…..Vive les accords de Jamaique, hein vini !

      1. Mon général vini, 🙂
        L’olive « l’Or de la France » sixty nine, entre autres perles avait oublié le droit de vote aux femmes en 1944 entre autres perles ! Merci Mr De Gaulle, alors que de nombreux pays avaient déjà accordé ce droit depuis bien longtemps.
        « Dès les années 1870, sous la IIIe République, des députés ont proposé l’instauration d’un vrai suffrage universel incluant les femmes. La chambre des députés a voté à plusieurs reprises en faveur du droit de vote des femmes. Mais à chaque tentative, c’est le Sénat qui a bloqué la réforme. Or, sous la IIIe République, aucune loi ne peut passer si le Sénat vote contre. Le principal argument avancé par les sénateurs pour refuser le droit de vote est de brandir la menace de l’Eglise. A cette époque où les relations entre l’Eglise et l’Etat sont tendues, de nombreux sénateurs redoutaient que les femmes soient trop influencées dans leur vote par ce que leur dirait le prêtre. Cette idée montre le rôle des femmes attribué par la société de l’époque : aux hommes les affaires publiques, aux femmes la gestion du foyer. « 

      2. Kessecé un pays, l’Olive sixtynine ? « Un État, une armée, une monnaie », c’est ça hein ? J’vous le laisse çuilà alors. L’a plus sa monnaie, bientôt plus son armée, tutto va bene. On est plus en 44 ni en 58 et c’est tant mieux.

      3. vini,
        tu oublies surtout la langue, mais aussi la culture, les us et coutumes, des acquis sociaux, un art de vivre, une gastronomie, un savoir-faire en passant par l’histoire. Je ne résume pas un pays à quelques concepts structurants mais à une vie commune. Un pays ne se fait pas en un jour ?
        Je ne suis pas un nostalgique mais respectueux, tu fais fausse route. Les hommes font les conflits mais certainement pas l’histoire.

  20. Affirmer d’une seule voix la nécessité de l’union !

    « La démocratie, cela ne consiste pas à s’unir, comme l’annoncent sans cesse les conservateurs attardés. C’est au contraire l’art de se diviser. » – Alfred Sauvy

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