L'actualité de la crise : DURER, TOUJOURS DURER…, par François Leclerc

Billet invité

La cause est entendue : Barack Obama et David Cameron ont demandé aux dirigeants de la zone euro une action immédiate, craignant le télescopage des crises espagnole et grecque, et Angela Merkel a répondu en annonçant qu’il ne faut pas attendre des merveilles du sommet de fin juin. Elle prétend inscrire l’évolution de l’Europe dans le cadre d’une union budgétaire et politique à long terme (d’ici 5 à 10 ans selon Mario Draghi) et freine des quatre fers devant toutes les mesures qui assoupliraient la remise en ordre préalable des finances publiques, selon le calendrier et les critères qu’elle a déjà fait adopter.

Pour l’appliquer, il lui faut de plus en plus passer par le chas d’une aiguille. La renégociation des termes du sauvetage grec est inéluctable, sauf à précipiter une sortie de l’euro avec toutes ses inconnues, comme l’est une configuration à trouver pour le plan qui attend l’Espagne. Dans les deux cas, les prétendants au pouvoir, ou le gouvernement en place, cherchent de nouveaux gisements d’économie afin de ne pas imposer des mesures d’austérité supplémentaires. À écouter Antónis Samarás, le leader grec de Nouvelle Démocratie, il faut les trouver en prenant des mesures contre la fraude fiscale et le gâchis. Chiche ! Dans les deux cas, il va falloir étaler le désendettement public afin de rendre son calendrier initial compatible avec cette nouvelle donne, sans plus de garantie de résultat. Les négociations s’annoncent tendues, favorisant par le climat qu’elles créent la contagion à d’autres pays de la crise aiguë.

Le système bancaire européen a été identifié comme étant le vecteur de celle-ci. Mais l’équipe allemande au pouvoir n’entend pas dévier de la route qu’elle a tracée sur ce sujet comme sur les autres. Pas question d’aider directement les banques, si ce n’est par l’intermédiaire des États, ce qui revient à accroitre encore la charge de la dette publique et à resserrer le nœud gordien qui unit celle-ci à la dette privée. Tout ce qui pourrait inciter les gouvernements à lever le pied du frein budgétaire est proscrit.

Quelles hypothèses les experts appelés à analyser les besoins financiers des banques espagnoles vont-il retenir ? Deux curseurs doivent être positionnés : une hypothèse de croissance (négative) et un ratio de fonds propres, qui fait à ce stade l’impasse sur leur définition précise et laisse tout ouvert. La suite est une cuisine qui consiste à analyser les actifs des banques, les distribuer suivant leurs qualités présumées, puis leur attribuer une décote, le tout sur une période de temps définie. Afin de ne pas négliger les incidences politiques de ces choix économiques, la tentation est grande de faire les calculs à l’envers et de partir du résultat final que l’on veut atteindre pour en déduire les hypothèses de départ ! Les estimations actuellement varient entre 40 et 200 milliards d’euros.

On s’oriente vers un nouveau type de sauvetage permanent et à petits pas de l’Espagne, à l’image de la stratégie générale adoptée par Angela Merkel, qu’elle a su jusqu’à aujourd’hui imposer. Durer, toujours durer…

Que peuvent bien attendre les marchés de la BCE, qui fondent tous leurs espoirs en elle ? Celle-ci maintient ses dispositifs d’assistance aux banques, mais a interrompu ses achats obligataires sur le second marché destinés à aider les États en péril. Elle se réserve seulement la possibilité d’intervenir en cas d’urgence, si la situation dérape brusquement, mais se refuse à suivre l’exemple de ses collègues américain et britannique et à endosser une plus grande responsabilité qu’elle pense ne pas être de son ressort (ou qu’elle se sent incapable d’assumer).

Un détour vers la Fed et la Banque d’Angleterre aide à mesurer les limites de l’action des banques centrales. Reprendre leurs achats d’actifs financiers donnerait-il plus de résultats que lors des épisodes précédents ? La Fed peut accroître la maturité moyenne de son portefeuille d’obligations souveraines pour peser sur les taux longs, comme elle l’a déjà entrepris, mais les taux à 10 ans étant déjà très bas, qu’est-ce que cela pourra apporter de mieux ? Elle peut aussi à nouveau acheter des prêts immobiliers, ce qui soulagera les établissements financiers mais ne relancera pas un marché toujours sinistré. Après un débat que l’on devine avoir été dense, la Banque d’Angleterre vient de son côté de décider de… ne rien faire. Ben Bernanke, le président de la FED, a fait de même, décevant les attentes. Rapportée à l’Europe, la leçon est simple à en tirer : la boîte à outils des banques centrales ne contient pas les moyens de relancer l’économie, elle permet seulement de maintenir à flot le système financier. La BCE n’est pas mieux lotie que ses consœurs et si sa réserve actuelle peut être mise sur le compte d’un calcul politique, elle correspond aussi à ce principe de réalité.

La théorie bien connue du sparadrap que l’on arrache ne souffre pas de contestation : cela fait moins mal d’un seul coup ! Tout le contraire de la stratégie qui est suivie. À force de différer, le montant des additions monte, à commencer par celles des sauvetages successifs des États et des banques. Il en résulte un écart grandissant entre les moyens financiers qui doivent être mobilisés et les effets de la récession qui s’approfondit. Le coût de plus en plus inabordable de la crise augmente en conséquence.

Au congrès de l’Institute of International Finance, son directeur général Charles Dallara vient de déclarer que « le désendettement est allé trop loin », sous-entendant que le futur cadre réglementaire de Bâle III était de mauvaise incitation pour les banques. On constate en effet que le crédit diminue et, bien pire pour les banques, que d’autres acteurs dont les assurances viennent marcher sur les brisées de l’intermédiation bancaire. Ou que les hedge funds laissés à eux-mêmes connaissent une nouvelle vigueur, profitant sur les marges des terrains délaissés par les banques.

Une « pause »  est réclamée pour les banques, comme si celle qui se profile pour le désendettement des États ne suffisait pas ! C’est toute une stratégie qui continue de vaciller, dont l’effondrement est contenu dans l’improvisation, ce à quoi elle se résume finalement.

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73 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DURER, TOUJOURS DURER…, par François Leclerc »

  1. La gourmandise a crée une situation ubuesque.
    Les seules capacités de financement existantes servent au désendettement. Conjoncturellement, l’économie n’est pas prête de repartir car le financement est absorbé.
    C’est un bras de fer contre ceux qui se sont engraissés….
    La double peine consiste à la destruction des acquis sociaux et le démantèlement de la structure publique. Le mode de financement impose la rigueur budgétaire des Etats afin de stabiliser les déficits. C’est de la stigmatisation gratuite sur le faux problème mais où sont les critiques du modèle et les responsabilités ? Vive l’Europe de Bruxelles (pretium doloris)… Messieurs les politiques (vous qui avez des oreilles), ne suivez pas la meute et écoutez les gens de bon sens, ils ont parfois des réponses. Et vous en trouverez beaucoup sur le blog (des bonnes volontés)… Soyez novateurs et libres sans nous vendre !
    .

    1. Ceux qui détiennent le pouvoir économique se soucient essentiellement de leurs intérêts : il faut que ceux-ci (leurs intérêts) soient payés, que leurs créances soient remboursées et que leurs entreprises soient rentables. Il leur faut donc des pays peu endettés avec peu d’acquis sociaux. Si les politiques sont au service de l’économique, leurs réponses ne seront pas celles des gens de bon sens.

    2. @ olivier69
      .. …

      … et le démantèlement de la structure publique

      Merci « olive-tree » 69. Ça fait que 2 petits mois que je le répète aussi, sous d’autres formes, sur ce blog. Mais j’ai l’impression que cela fait déjà une Éternité.
      Vous situez UBU. C’est bien vu ! dit l’aveugle au sourd !
      Au fait, avez-vous renforcer vos positions en actions dernièrement ou … vous déconseillez ?
      And so, we may spend on the sidelines by tactically managing our equity position.
      Of course ! Je Rigole !

      1. SADONOIX,
        C’est bien parce c’est toi, je vais être sympa avec les traders de la planète BJ : Eco oblige.
        La tempête gronde encore donc je conseillerai toujours le principe de précaution. Attention à la poudre aux yeux, cela pique. Tout dépend de l’objectif. Le temps à moyen terme est le facteur déterminant pour la position donc facile à anticiper. Le calculateur est un adversaire redoutable. Les grosses cylindrées (les secteurs stratégiques) vont se régaler dans ce chaos conjoncturel. Choisir moins d’éléments de position permet de jouer sur la variable R/R. Augmenter sa couverture contre les variations brutales (les calculateurs en intraday) mais augmenter le risque technique et statistique. Attention à vos stops, les calculateurs en raffolent ! Pour ma part, j’en ai pas fini avec le tangible (base autonome pour redistribution gratuite à de futures brebis égarées).

  2. Et rose, elle a duré ce que durent les roses quand elles sont en fer forgé !
    Pierre Jean Vaillard

  3. Un air de violon
    À faire fondre la cire
    A fini par me dire
    Que le temps était long

    Mais qu’il ne dure pas longtemps
    Comme dure le temps des roses
    C’est dire bien peu de temps
    Ou bien dire peu de choses.

  4. Le Président français,si son aile extrêmiste ne l’en empêche pas trop vivement,étant supposé qu’elle a elle-même intégré les subtilités de l’Elu du 6 mai , est ,en France et en Europe ,un des rares,et peut-être le seul,pétri de convictions et de fermeté savamment utilisées, à nous aiguiller dans un sens assez proche de ce qui se pense et s’écrit ici depuis les débuts.
    Paul Jorion , F Leclerc sauraient répondre présents,ne serait ce que dans le cadre de l’assistance aux Personnes

  5. Bonjour
    Encore merci pour ce blog très intéressant.

    La crise financière est loin d’être finie.

    Avec la masse « d’actifs toxiques semés au gré des vents .. et des appétits de certains humains .. », des banques doivent être encore en train de s’en débarrasser.
    Hier , un article (ou 1 commentaire) indiquait que :

    le ratio FONDS PROPRES/ Actifs figurant au bilan, pour plusieurs banques européennes était plus mauvais que celui relatif à des banques US.

    même mes chats noirs sont perturbés par cet état de fait !!
    « Cha est grave » miaulent ils !

  6. Tétanisés par leur incapacité à piloter « le machin » (De Gaulle parlait de l’ONU, mais le terme s’applique parfaitement à l’UE) nos gouvernants ne gouvernent plus, de toutes manière voilà belle lurette qu’ils n’en ont plus les moyens, comme le prouve chaque analyse de Mr Leclerc. La ritournelle de plus d’europe à la bouche, je suis convaincu que François le français ne proposera pas aux Français un référendum comme préalable au transfert de compétence régalienne comme le budget, vous avez dit démocratie exemplaire ?

    Vivement la fin du machin et de ses armées de technocrates, avant c’était pas forcément mieux mais au moins ceux qui décidaient avaient le mérite d’avoir été élu… pis on pouvait les changer de temps en temps !

  7. M- Leclerc
    Quand une petite entreprise est en difficulté et que les créances et les impayés s’accumulent, le tribunal de commerce, a la demande des créanciers, la déclare en faillite et nomme un liquidateur. Il y a des créances prioritaires comme les salaires, les impôts, l’Urssaf, puis viennent les banques et en dernier les fournisseurs qui ne sont quasiment jamais payés. Pourquoi l’Etat ne peut-il pas demandé la mise en liquidation d’une banque avec gel, voir escamotage des créances.Quand ce n’est plus viable, ca ne l’est plus, il faut se résoudre à en finir une fois pour toutes.

    Naivement

      1. M. Leclerc, pourriez-vous dans ce billet à venir poser clairement (comme vous le faites habituellement) ce qui arrive en cas de faillite d’une banque :
        – quid des dépôts, bien-sûr
        – quid aussi des crédits en cours…
        Je n’ai rien lu jusqu’à présent sur la toile sur ce deuxième point.
        Si les dépôts ne sont garantis que de façon théorique (jusqu’à une certaine somme), qu’arrive-t-il pour les crédits ? Sont-ils effacés ? Ou deviennent-ils immédiatement exigibles en cas de faillite de la banque ?
        Un vade-mecum pour le client de base d’une banque en faillite serait le bienvenu !
        D’avance merci et encore bravo pour la constance de votre ouvrage ici.

        1. En général, en cas de faillite, les créances sont rachetées par un concurrent. Vous continuez donc à rembourser votre crédit, simplement à un autre établissement bancaire.

          Maintenant, si tout le monde fait faillite en même temps et que personne ne peut racheter les créances, vous ne devez évidemment plus rien à personne.

      2. Pour pouvoir racheter les créances, il faut pouvoir garantir les dépôts. L’un ne va pas sans l’autre.

      3. – les dépôts en France sont garantis par une sorte de mécanisme mutualiste bancaire auquel les banques cotisent tous les ans appelé le Fonds de Garantie des Dépots, jusqu’à un certain plafond ça va de soi (actuellement 100 000€).

        – les crédits sont des actifs. Si une banque est liquidée, les actifs sont évalués puis vendus, loi de de l’offre et de la demande.

      4. Oui mais c’est en général…notamment lors d’une faillite isolée, comme celle du Crédit Lyonnais dans les années 90.

        Mais dans le cas de l’effondrement global du système bancaire d’un pays, il vaut mieux s’attendre à une nationalisation, au recours à l'(hyper)inflation, à l’effacement arbitraire de créances détenus par des particuliers et même des institutions si cela ne représente pas une source de conflits diplomatiques (obligations), des échanges de dettes etc.

        Mais si vous n’êtes pas un client fortuné, que vos détentions se résument à l’argent de votre compte courant, un livret A et un PEL, vous serez parmi les derniers à subir des pertes si le besoin se fait sentir. Ces pertes seraient probablement dues à une perte de valeur de la monnaie. L’hyperinflation serait le cas extrême.

        Enfin, il y a un scénario catastrophe qu’il ne faut pas exclure : le changement de monnaie avec une convertibilité non conventionnelle : par exemple le passage au Deutsche Mark en 1948.

      5. 19 juin 48, un allemand a 40 Reichmarks dans sa boite à biscuits; le 10 juin 48 on lui en donne 40 Deutschemarks.
        Le 19 juin 48 un allemand a 4 040 Reichmarks dans son coffre (marché noir ou autre); le 20 juin on lui en donne 440 Deutschemarks (40 RM à 1 DM + 4000 RM à 0,1 DM, perte : 3600 RM – ou DM, dedans de 90%). Et les russes se dépêchent de créer l’Ostmark en zone Est pour éviter l’inondation.
        Tout ça du jour au lendemain et sans prévenir évidemment.
        Das ist eine große Katastrophe.

      1. Peut-être , mais de nos jours tout monde est interdépendant de tout le monde. En cas de nécessité, c’est surtout une bonne excuse pour ne rien faire. c’est d’ailleurs ce que savent le mieux faire nos chers hommes politiques, attendre et ne rien faire, ce qui finit par couter extremement cher, le temps c’est de l’argent. Amicalement

    1. bonjour naivement , je pense que si une petite entreprise fais faillite dans la masse ca passe mais comme vous dites y a du colateral a savoir des gens pas payé , ben a mon avis imaginez toutes les entreprises qui sont liquidés , ces le systéme entier qui sera pas payé , mais bon , a part ca !
      Comme on dit souvent : « une bonne faillite bien organisé ! » elle me fais toujours vraiment rire celle la !

      1. Actuellement il y a des milliers de petites et moyennes entreprises qui ne sont pas forcément en faillite, mais qui doivent fermer par manque de clients ou par manque de liquidités ou de crédit. Le cout de ces fermetures est assumé à 100% par les petits patrons ou par les fournisseurs. C’est probablement plus difficile pour les fournisseurs car les patrons peuvent assez facilement anticiper la faillite et retirer des actifs de l’entreprise pour les mettre à l’abri, licitement ou non. Pur les fournisseurs ca finira par devenir un impayé et une perte, sauf s’il est assuré, ce qui est rarement le cas des petites entreprises. Personne ne semble s’en inquiéter mais cela pourrait aussi facilement faire boule de neige car comme dit Pignouf, nous somme tous interdépendants. D’autre par, quand Bearn Stears ou Lehmann Brothers ont coulé, et il y en a eu quelques autres dans le monde, les autres banques ne semblent pas avoir été affectées, Il est même probable que pour certains établissements la reprise des actifs de ces candidats malheureux ait été une bonne affaire, notamment la reprise de clientèle. Il est donc possible de cesser une banque sans affecté le système.

        Ken avo

  8. C’est toute une stratégie qui continue de vaciller, dont l’effondrement est contenu dans l’improvisation, ce à quoi elle se résume finalement.

    Une improvisation hiérarchisée tel un bel équipage de super tanker ! The Economist vous donne raison 😉
    La Une de The Economist
    Sink about it!

    1. Merci. J’avais oublié ce site fort intéressant.
      Une clé pour comprendre l’effondrement qui arrive.

    2. Quant à la vanité de celui qui a compris quelque chose, elle n’étonnera que les nouveaux-nés.

  9. Bonjour,

    Je suis admiratif du travail de description et d’analyse prudente que vous fournissez ici, François Leclerc. C’est je crois de très loin le meilleur suivi accessible en français sur internet.
    J’ai été très amusé en lisant un message qui vous reprochait de ne pas être assez factuel, je vous vois au contraire très rigoureux par rapport aux faits, et très prudent dans vos analyses.

    Je suis un gestionnaire expérimenté, et mes propres analyses sont terriblement parallèles aux vôtres.
    Mais je suis habité par un questionnement permanent, celui de la réalité de l’information qui nous est fournie par les institutionnels. Je ne suis en général pas très partant pour les théories du complot, mais je sais en revanche que la communication est un des outils à la disposition des institutions, et je crois naïf de penser qu’elles ne s’en servent pas.
    Et la simple logique propose que plus la situation se dégrade, et plus des écarts à la réalité seront acceptés car justifiés par la situation.
    Alors par exemple, le taux à 10 ans espagnol baisse nettement ces derniers jours, et j’ai du mal à croire que la BCE n’y est pas pour quelque chose d’une manière ou d’une autre, alors même qu’elle semble vouloir s’en tenir à un message de fermeté financière.
    Vous en pensez quelque chose, de la baisse du taux dix ans espagnol, et plus largement de la réalité de l’information fournie par les institutionnels ?

    1. Il est vrai que les analyses de François Leclerc ne s’appuient que sur des informations publiées (pas toujours très largement ceci dit) .
      C’est d’ailleurs pour moi leur principal intérêt, puisqu’elles sont ainsi dénuées de toute extrapolation, ainsi que vous le faites remarquer.
      Pour autant, les incohérences et les contradictions qui y sont parfois relevées permettent au lecteur de penser (ou pas) qu’effectivement, « on ne nous dit pas tout ». Ce qui, somme toute, n’est pas très surprenant.
      Que l’on prenne n’importe quelle époque, on pourra toujours constater avec le recul de l’Histoire que le public n’avait pas été informé de façon sincère et complète en temps réel.
      Face à un « trou » ou une incohérence, on peut donc légitimement supposer que l’information est biaisée ou incomplète. C’est même un devoir intellectuel. Mais théoriser ce que serait la vérité n’est plus une démarche d’analyste.
      Contrairement à vous, sans M. Leclerc, je serai incapable de comprendre ce qui se passe, et je serai probablement surpris par l’enchaînement des évènements.
      A chacun de ses billets, je ressens une vrai gratitude.

      1. Bonjour,

        Merci, oui, bien sûr ! Je n’y ai simplement pas pensé. Le fait qu’il leur faille dorénavant se suicider pour survivre, j’ai un peu de mal à m’y faire …

  10. bonjour

    quels sont les avantages et inconvénients d’une éventuelle aide directe aux banques (sans passer par les états)?
    merci

    1. Vous pouvez préciser la question ?

      Soit la BCE prête aux banques contre des collatéraux (actifs pris en garantie), et elle se gorge de créances plus ou moins douteuses (ce qui est la cas actuellement), sinon, sans passer par les états à quoi pensez vous, à des mécanismes types MES ?

      1. Et qu’est-ce qui se passe lorsque une banque centrale gorgée de créances douteuses constate ses pertes ?

        Elle peut faire elle-même faillité ?

        Elle émet de la monnaie supplémentaire ?

        Elle fait appel à l’état ?

        Rien ?

    2. L’essentiel est que si on aide l’Etat espagnol, c’est, voyez la Grèce, la mise sous tutelle par les acteurs dits de la Troïka: commission européenne, banque centrale européenne, fonds monétaire international. Des amis de l’homme et des démocrates à titre très privé, comme vous savez, très soucieux du suffrage universel.
      Le premier ministre Rajoy considère que son pays explose, et, ici je m’avance, que son siège éjectable s’enclenche, si la Troïka est invitée. Et il pense que la taille de son pays, 12 pc du PIB de l’UE, lui donne un rapport de force favorable: la chute des banques espagnoles ferait très mal en France, en Allemagne, aux Etats-Unis (voyez les interventions d’Obama), partout.

      Si on aide directement les banques, eh bien, elle se débrouillent avec les garanties. Ce serait ça de gagner pour le contribuable espagnol, sans que ça soit la motivation de base du gouvernement ibère.

      C’est un cas assez intéressant où l’on voit des tenants du système qui se tirent dans les pattes les uns des autres. Un peu comme la décision de mars de ne pas activer les CDS, où on a choisi, selon l’hypothèse de Paul en tout cas, un camp des spéculateurs, celui des assureurs sans provisions, contre un autre, celui des assurés sans risque.

  11. THEORIE DU SPARADRAP

    « La théorie bien connue du sparadrap que l’on arrache ne souffre pas de contestation : cela fait moins mal d’un seul coup ! »

    Comme beaucoup de théories qui conviennent aux parents pressés et que les enfants ne remettent jamais en question, cette théorie est fausse :
    http://www.rtbf.be/sanschichis/mode-de-vie/trucs-et-astuces_comment-enlever-un-sparadrap-sans-douleur?id=6976423

    Faut-il en conclure que le « nouveau type de sauvetage permanent et à petits pas de l’Espagne, à l’image de la stratégie générale adoptée par Angela Merkel, qu’elle a su jusqu’à aujourd’hui imposer. Durer, toujours durer… » vaut mieux que la théorie du sparadrap qu’on arrache ?

  12. Au train où vont les choses, il faut espérer, en plagiant Karl von Clausewitz, qu’on en viendra pas à dire un jour de la politique allemande qu’elle est prolongement de la guerre par d’autre moyens.

  13. La théorie bien connue du sparadrap que l’on arrache ne souffre pas de contestation : cela fait moins mal d’un seul coup !
    Bien sûr , après un coup mortel , on ne souffre plus !
    À force de différer, le montant des additions monte, …
    Seule monte la prise de conscience du montant par le grand public ( les initiés savaient depuis longtemps ) : il y a belle lurette que le gouvernement grec a acheté des armes en endettant son peuple et que bon nombre d’espagnols ont spéculé ( = acheter pour revendre avec un profit dégagé sans travail ) à coups de truelle .
    Et l’addition montera encore tant qu’il y aura 1 déficit public payant les dépenses courantes ( c.à d. les émoluments des fonctionnaires au cadre pléthorique )

  14. La spécialisation de vie en société est une nouveauté qui appartient au XXIème siècle, le boom de l’internet et des disques sous de nouveaux supports ni sont pas étrangers.

    Il y a eu des changements technologiques très importants, avec l’invention de la radio, du téléphone, de la télévision et plus tardivement de l’ordinateur. La technologie et l’électronique ont progressé, plus les sociétés acceptaient ce type de développement, de nature très diverses allant de la pure propagande à la réaction de véritable citoyen.

    La tarification de masse de l’internet et l’exploitation des disques sur les marchés ont fini par changer la physionomie des choix de vies. Avec un peu d’organisation et des possibilités financières, on peut se spécialiser dans les domaines de la vie que l’on préfère, souhaiter s’informer ou participer à des passions, loisirs, revendications citoyennes ou gérer des aspects plus personnels comme un agenda.

    La gamme d’information n’est plus la même, au lieu d’un choix imposé comme du temps de la radio ou de la télévision uniquement, l’internet a développé de nombreux concepts allant jusqu’au développement de sa propre entreprise, ce qui était difficilement réalisable dans le temps à moins d’avoir de nombreux contacts locaux. Toujours est-il qu’une personne ayant ses capacités peut s’entourer d’éléments exclusivement de ses passions ou choix de vies, mais avec un apport d’information très nettement plus varié. Ainsi le collectionneur de bandes dessinés ou de films ne sont plus les seuls spécialisés.

    Contrairement à avant, le choix d’une passion ouverte pouvait être sujet à dénigrement, et éventuellement empêcher son développement. De nos jours, vu la grande diversité que propose le net, et les choix de produits plus accessibles pour se spécialiser, comme le nombre de sites de ventes. Il devient plus facile de s’intéresser même en secret à ses passions, et aussi à plus facilement les assumées.

    Pourtant la technologie a peu à peu séparer l’humain dans la société, elle ne peut être tenu responsable des difficultés sociales et sociétales des communications entre humains, mais elle n’est pas non plus étrangère à son éloignement local. A contrario, les humains de la planète ont pu dans certains pays se rejoindrent plus facilement, et communiquer ou échanger plus directement et instantanément. Comme par exemple dans les années 90, les personnes de pays étrangers qui communiquaient entre eux pour raconter leurs vies à un(e) autre inconnu(e).

    De part les capacités de l’internet, et de dvd ou autres disques qui sont spécialisés dans des domaines, et de sa récente forte expansion, l’humain en société a changé, et n’est plus cramponné comme autrefois aux choix imposés pour s’informer ou se divertir.

    Une dernière forme de spécialisation est l’augmentation constante des prix en société, celle-ci a un moindre avantage pour vivre de ses passions ou de ses choix de vies.

  15. Quand personne ne semble en mesure de proposer quelque chose de globalement cohérent et moins catastrophique, que faire sinon essayer de durer, chacun de son côté, en faisant feu de tout bois ?

  16. Leur motivation : durer, toujours durer.
    Notre problème : endurer, toujours endurer plus.
    Résultat : ça ne durera plus très longtemps.

  17. malheureusement si ca va durer, tant qu’on est en vie. Et on a avoir droit en plus à la guerre générale, et on n’aura rien fait pour manifester notre désaccord total, et on aura que nos yeux pour pleurer. Notre peuple est fou. Et en plus il y en a encore plein qui n’ont rien compris du tout, qui pensent que tout ça est une fatalité.
    Mais il y a des faits et des hommes qui sont responsables, pourquoi diable ne fait-on pas comme les islandais, ils ont compris, eux !! Et comme les argentins ! Pourquoi est-ce que NOUS restons les bras croisés alors que nous savons très bien ce qui est en train de se passer !!
    Ce blog ne nous incite pas à réagir, on en fait une question de compétence, et d’intelligence, alors que c’est aussi une question de coeur. Et si en face, dans le pouvoir, il n’y a pas de coeur, c’est à nous de le réclamer, de l’exiger, de réagir, de ne plus payer nos impôts et de faire de la désobéissance civile, maintenant, pour nous et nos enfants.
    Je ne comprends pas autant de mollesse alors que le ciel est en train de nous tomber sur la tête, et que nous, au moins, nous savons pourquoi..

    1. @ Youpi

      Une solution à l’Argentine ?
      Qui est prêt à accepter une dévaluation brutale de 60% avec l’inflation corrélative, à supporter un taux de chômage de 25% avec la pauvreté correspondante, une dépréciation organisée des avoirs, etc. ?
      Ceci dit, nous y courons.

      L’euroland a le choix, vu en gros, entre deux issues :
      – Organiser d’urgence une inflation maîtrisable (entre 5 et 10%), en gérant équitablement une rigueur inévitable.
      – Continuer à chercher des solutions uniquement financières et voir éclater l’euro dans les deux ans qui viennent, en précipitant les pays concernés dans des crises à l’Argentine, avec des dévaluations de fait comprises entre 20% et 60% selon les pays.
      Ces deux issues sont rejetées par nos dirigeants politiques et économiques car il leur faudrait tailler sauvagement dans leurs privilèges et leurs routines. Elles sont rejetées aussi par nos principaux partenaires qui craignent des répercussions chez eux et qui profitent de la situation pour accumuler des compétences et des avoirs payés avec nos dettes.
      En tout état de cause la reprise ne peut être que progressive et demandera une réforme profonde des attitudes politiques et de la réglementation économique, une vraie refondation.

      Pour décrire la situation sous forme d’une fable, fort peu poétique hélas :
       » Depuis trente ans, sous prétexte d’arroser l’économie réelle, notre microcosme politico-financier a pissé du crédit et inondé notre économie. Une partie de nos producteurs a été noyée et tout le monde ordinaire vit maintenant en apnée, avec des réserves de souffle qui disparaissent.
      Le niveau de la mare atteint maintenant les narines du microcosme et pour continuer à respirer, il essaye de boire cette mare, tout en pissant naturellement encore plus.  »

      Pour éponger un excès de liquidités (créées par des crédits tous azimuts), il n’y a que deux moyens, augmenter les productions de richesses consommables sans augmenter les volumes de liquidités en circulation, et laisser courir l’inflation avec la rigueur qui l’accompagne. Quand on ne produit pas assez et quand les rendements atteignent leurs limites, il ne reste que l’inflation.
      Une balance commerciale déséquilibrée entraîne obligatoirement une dette vis-à-vis de l’étranger et, naturellement, celui-ci ne voit pas d’un bon œil une inflation qui fait fondre ses créances, mais ça, c’est son problème.

  18. Bonjour

    Il me semble que la situation commence a se clarifier:

    La BCE à injecté 1OOO Milliards d’Euros dans le système bancaire qui s’est montré incapable de financer l’économie. Résultat: 0 croissance en zône Euro.

    Impossible de continuer à jeter de l’argent dans ce gouffre. Le danger politico-économique devient trop grand.

    Conclusion, il faudra bien que les états se décident à prendre le contrôle des banques pour:

    1> Mettre à l’abri le système des paiements
    2> Eviter la ruée bancaire
    3> Assurer le crédit.
    4> Sécuriser l’épargne
    Quant à la partie « fantaisiste » du système bancaire, il faudra bien la laisser mourrir.

    C’est ce que je vois venir (mais je ne suis pas expert)

    M.

    1. Le site du commissaire européen Michel Barnier indique le 6 juin que les Etats Européens ont injecté 4500 Milliards d’euros pour sauver les institutions bancaires entre octobre 2006 et octobre 2011. Est ce vrai?

      1. Si cela provient du site de M.B, alors nous pouvons penser que ces chiffres correspondant aux minimas injectés sont justes.
        A un zéro près … Au point ou nous en sommes …

      2. A Galou

        Les 1OOOMe dont je parlais ne concernent QUE l’année 2012. Depuis 2008, c’est beaucoup plus, en effet.

        M.

    2. Là, la situation fait que les banques doivent être SAUVEES par les états par nationalisation. Le cas de l’Irlande n’était que le début.
      Mais cette socialisation de pertes creuse les déficits et les états passent maintenant leur temps à juste … payer des intérêts.
      Quand Delamarche dit que nous allons voir une vague de défauts de gros pays, il le voit venir aussi, le malaise.
      De ce coté, les US sont plus entrainés : ils sortent de leurs comptes les faillites bancaires par l’intermédiaire de la FDIC.
      Les banques sans repreneur recommencent à augmenter, d’ailleurs.

      1. Oui

        Je pense que les Etats (s’ils prennent la responsabilité du contrôle) devront forcer leurs banques centrales à fournir de l’Euro a 0 pour cent. Solution aussi illégale qu’inédite, mais possible.

        J’entends déjà le râle d’agonie de l’actionnaire!

        M.

      2. Mais cette socialisation de pertes creuse les déficits et les états passent maintenant leur temps à juste … payer des intérêts.

        « Juste payer des intérêts » ? France 2011, revenus bruts de l’État (general gvt revenue, Fmi) : 1007 milliards; paiement des intérêts : 45 milliards. Un peu moins de 4,5% des ressources publiques. « Trop » à payer ok, mais pas « que » à payer. Faut pas pousser.

      3. DL. dl, une différentielle de dérivée qui m’a bien plu dans ma jeunesse… Mais pas tant que les suites et les décompositions harmoniques. J’arrive pas à être fidèle.
        Oui. Heureusement que tu précises BRUTS. C’est aussi le champagne que je préfère.
        Donc, tu vois, les 1007 milliards ne signifient absolument … rien.
        Sauf, si comme TOUT le monde, TU considères que TU paies TROP d’impôt et que TU ne gagneras jamais assez d’argent car l’état TE pique trop.
        Là où TU seras choqué est que je peux te dire que j’aimerais payer énormément d’impôt car cela prouverait que je gagne beaucoup d’argent.
        DONC, tu vois que je pense comme TOI que je ne gagne pas assez…

        Ce que je vois est que les états sont le plus souvent déficitaires pour « garder » leurs riches, et que la finance nous pique 45 milliards (pour l’instant) par an.
        ET JE me permets d’avoir un gros doute sur les 45 milliards car n’oublions pas que tout le monde fait ROULER la dette. Et allonge les maturités…

      4. Ok, alors prends juste la proportion du service de la dette par rapport aux dépenses totales de l’administration centrale en 2011, soit 46,8 milliards sur 365 milliards, soit 12,8%, soit un mois et demi des 12 mois de dépenses (46,8 jours sur 365…).
        Et 46,8 milliards c’est bel et bien le montant 2011 du service de la dette (40,5 en 2010, 37,6 en 2009).

      5. C’est quoi nationaliser ? Refiler sur le dos des contribuables de l’argent aux actionnaires pour les débarrasser de leurs titres qui, objectivement, ne valent plus rien et, en contrepartie, reprendre tous les problèmes insolubles de solvabilité de débiteurs ruinés et en défaut. C’est aussi remplacer des hauts dirigeants irresponsables par d’autres hauts dirigeants encore plus irresponsables et sortis des mêmes moules. L’affaire du Crédit Lyonnais est quand même assez édifiante pour susciter quelques interrogations préalables. A combien est monté son coût comme perte sèche pour l’économie française ?
        Il vaut sans doute mieux garantir les dépôts et l’épargne de leurs clients et mettre les banques en faillite si elles ont failli, quitte à engager des poursuites contre les dirigeants au titre des faillites frauduleuses ou des abus de biens sociaux. Il sera alors toujours possible, si c’est stratégique, de les étatiser en les rachetant à l’euro symbolique.
        Le problème qui n’en est pas un, c’est que ce n’est pas bon pour un PIB qui, en réalité, ne veut pas dire grand-chose (mais qui fascine ceux qui ne regardent que lui) car cela risque de dégonfler des actifs sur-valorisés par la spéculation boursière.

    3. @ Martin

      Autrement dit l’expropriation des parasites.
      C’est ce que refuse encore toute la gauche de gouvernement,
      en Grèce, en Espagne, au Portugal comme en France.
      Ils veulent consolider le cadre, pas en sortir.
      Il craquera avec eux.
      Reste quelques petites années pour se rassembler
      et s’organiser pour vaincre par la force et le nombre la dictature du capital,
      premier pas d’une démocratie réelle, ce qu’on appelle aussi
      l’autogestion génalisée ou socialisme démocratique.

      1. A vous voir vous acharner contre la Gauche,
        Certains lecteurs vont penser que la droite est encore préférable.
        Je ne comprend pas votre stratégie.
        Pourquoi réserver vos coups à ceux qui vous sont infiniment
        plus proches que la droite.

        Que voulez-vous, au juste?
        Un échec de l’ensemble Gauche et parti de la droite « sociale » ?
        De façon qu’il ne reste que la droite dure ?

        Essayez d’y réfléchir:
        – Soit vous êtes dans une stratégie d’échec.
        – Soit vous roulez pour la droite, dans une stratégie du pire.

        Je ne comprends pas votre rejet de la Gauche alors
        même que vous repoussez l’idée d’ élection pour une révolution
        sans les urnes. Que vous importe cette Gauche, puisqu’elle
        ne joue pas sur le même terrain que vous?
        Et pourtant, il ne tiendrait qu’à vous que votre
        stratégie soit gagnante. Le vivier de vos supporters potentiels se trouvent
        dans cette Gauche, en tout cas pas à droite.
        Pourquoi n’essayez-vous pas de les séduire plutôt que de les repousser
        par vos critiques; critiques dirigées contre ce que les élus de ce parti vont faire, selon vous.

      2. @Daniel: « Soit vous roulez pour la droite, dans une stratégie du pire. »

        Comment le démontrez-vous?

        Mais d’abord, est-on d’accord sur ce constat de départ : les capitalistes sont au pouvoir? Si oui, c’est quoi la stratégie du pire? Mener les capitalistes au sur-pouvoir?

      3. Je me suis sans doute mal exprimé.
        En plus je faisais référence à d’autres interventions de Charles A. où Nick lui posait une question semblable, ou lui disait une remarque semblable, sans réponse, ou contre-remarque, de sa part. Or, cette réponse, ou remarque, est à mes yeux essentielle: j’ai besoin de comprendre son but. Taper sur la Gauche, qui est la plus proche de ses idées ( ce qui ne veut pas dire très proche), alors que la droite dure est l’ennemie absolue est une stratégie mystérieuse et dommageable. Dommageable dans le sens où seule la droite peut en récolter des avantages.

        Donc, Charles A., pourquoi réservez-vous vos coups à ceux qui vous sont proches?
        Je le répète: ils ne vous menacent pas puisque vous refusez le jeu électoral, par votre slogan:  » la révolution sans les urnes… ».

      4. Oubli de répondre à votre seconde proposition.

        Capitaliste ne me dit rien, dans cette discussion.
        Je préfère envisager les catégories politiques
        Il y a actuellement différentes droites.
        Je préfère la droite qui active l’ambulance sociale
        à la droite qui supprime les services publics,
        privatise à tout va et détruit les droits sociaux.
        Je n’ai pas voté pour la première et j’ai voté contre la seconde.
        C’est simplement le refus de la stratégie du pire.

      5. @Daniel: « Taper sur la Gauche, qui est la plus proche de ses idées ( ce qui ne veut pas dire très proche) »

        En ce qui me concerne, je n’ai jamais vu Charles A taper sur la gauche. Uniquement sur la gôche. Nuance.

        « Capitaliste ne me dit rien, dans cette discussion. »

        Ben voilà. Donc t’es de gôche.

      6. @Daniel: question de choix politique. L’avantage: le caviar. L’inconvénient: on se fait taper dessus par la gauche.

    1. OK

      Delamarche représente des intérêts financiers, Il n’est donc guère crédible, mais on dirait bien qu’on est dans le mur et non plus devant. C’est maintenant à la puissance publique de prendre la main, à tous les niveaux de décision.

      C’est en tout cas mon avis.

      M.

      1. Bonne remarque, Martin. Car tu te trompes.

        Dans le camps des personnes qui voudraient des modifications face à la constatation de l’effondrement, il y a DEUX camps.
        – Ceux qui veulent des modifications URGENTES pour que leur système continue. Survive.
        – Et ceux qui veulent la mort du système en place car ils se sont rendus compte que c’était un piège à gogos. Et je suis poli. En gros : A mort la féodalité et les seigneurs.
        Delamarche fait effectivement parti de la première catégorie, mais est pertinent : il sait qu’il devra se reconvertir et cela ne l’effraie pas.

        Je fais parti du troisième camps : il ne faut SURTOUT rien modifier car le système tombera plus vite.

      2. Yvan n’a pas un petit foyer coquet avec une femme et quelques mioches. Il peut se permettre d’être un spectateur des misères du Monde.

  19. François,
    Finalement, je me demande si cette phrase si souvent répétée, ici sous votre clavier ou celui de Paul, et pas qu’ici, et qui a l’air d’une évidence, je vous cite: « À force de différer, le montant des additions monte, à commencer par celles des sauvetages successifs des États et des banques » , cette apparente évidence n’est-elle pas un trompe-l’oeil et un abuse-méninges?

    Est-ce que le collage de « rustines », comme dit Pierre Larrouturou, la plomberie de surface sans atteinte à aucune dynamique de fond, ne rend pas inévitable que les additions montent, et que dans ces conditions elles monteront sans cesse jusqu’on ne sait à quelle extrémité ?

    Quand les remèdes sont de faux remèdes, inévitablement le mal empire !
    Ce n’est pas une question de retard.

    1. Quand les remèdes sont de faux remèdes, inévitablement le mal empire !

      La morphine ne soigne pas mais reste (néant-moins) du meilleur effet qu’il soit possible d’espérer pour un cancéreux en soins palliatifs et à peu près tout ce qu’il soit humain de lui administrer. C’est pa-vot’ avis Sister Mort-fine ?

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