L'actualité de la crise : LE PLAN MONTI SINON RIEN, par François Leclerc

Billet invité.

Un pesant silence fait suite au fait au coup de force de Mariano Rajoy. Que vont-ils encore nous sortir du chapeau ? Aux épisodes précédents, cela a été successivement un bazooka – devenu plus modestement pare-feu – puis un pacte de discipline budgétaire. Il a été ensuite doctement expliqué qu’il ne fallait pas opposer austérité et croissance, tout en divergeant sur la manière de relancer cette dernière. Tout ce temps, le spectre de la mutualisation n’a cessé de hanter les débats qui se poursuivent, en vue du sommet de fin juin.

Sans attendre l’échéance grecque, la crise espagnole précipite les événements et appelle de nouvelles réponses. La crise du système bancaire est au premier plan, accompagnée de celle des régions, impliquant une recapitalisation de l’un et un financement des autres, tous les deux hors de portée pour un État qui ne parvient déjà pas à ses objectifs de réduction du déficit. Que faire dans ces conditions ?

Mariano Rajoy a pris l’initiative en biaisant, ce qui va lui permettre de gagner un peu temps, cet allié de toujours. Les autorités européennes tentent de mettre au point un nouveau plan. Sous sa forme la plus accomplie, c’est une fusée à trois étages.

Le premier repose sur la création d’un fonds de garantie européen des dépôts bancaires, dont l’objectif est de parer à tout retrait massif de ceux-ci d’un pays à l’autre. Les déposants seraient garantis en euros, quoiqu’il advienne. Le second donnerait à ce fonds, qui pourrait être adossé au MES (lui-même adossé à la BCE, mais c’est une option), la capacité d’apporter des concours financiers aux banques sans passer par les États comme actuellement. Le produit d’une taxe sur les banques lui serait destiné, un peu à la manière du FDIC qui garantit les dépôts bancaires aux États-Unis. Le dernier étage résulterait à plus long terme d’un nouvel élargissement de compétence en matière de contrôle des établissements en déroute, toujours suivant le même modèle américain utilisé par Mario Monti, l’âme de ce projet.

Par un retournement qui ne sera pas admis, les autorités considèrent désormais que le système bancaire européen est un point faible à renforcer prioritairement. Objectifs : détruire le maléfice qui résulte de l’interconnexion financière des banques et des États et régler séparément la crise des unes et des autres. Avec l’idée implicite qu’il faudrait contrôler les premières grâce à ce dispositif, parce que les secondes vont donner du fil à retordre.

L’Autorité bancaire européenne vient d’ailleurs de rappeler que ses objectifs de recapitalisation des banques tiennent toujours. 30 d’entre elles doivent réunir 114,7 milliards d’euros afin que leur ratio de fonds propres atteigne 9% à la fin juin. Malencontreusement, les objectifs assignés à Bankia étaient selon ce plan de 1,33 milliards d’euros, alors qu’elle en est à 23,5 milliards d’euros de besoins de financement, de ses propres dires… Les stress tests ne sont plus à la mode, faute désormais d’être crédibles, mais les évaluations financières de l’EBA ne le sont toujours pas.

En Grèce, la situation des quatre principales banques commence à être dénouée : elles ont reçu un premier versement de 18 milliards d’euros en provenance du Fonds de stabilité financière (FESF), qui était bloqué par la Banque de Grèce. On ignore encore comment a été réglée l’épineuse question du contrôle de ces banques… D’autres versements doivent encore intervenir, l’enveloppe prévue étant de 50 milliards d’euros qui n’ont pas été intégralement versés par le FESF, sans qu’Emporiki, la filiale du Crédit Agricole français, puisse prétendre en bénéficier, étant considérée comme une banque étrangère au grand dam de sa maison-mère qui en fait les frais.

L’inconvénient de ce plan d’ensemble, s’il est adopté sans trop de dommages et suffisamment doté, est qu’il arrive très tard, et accompagné d’un calendrier de réduction du déficit public intenable.

La dynamique de la crise n’a pas fini de jouer, elle aussi, des tours à sa façon et de faire sortir du chapeau ce que l’on n’attend pas, avec comme horizon immédiat celui de la mer Egée. Certains comparent la sortie de la Grèce de la zone euro au fantasme du bug de l’an 2000 – un pet de lapin – tandis que d’autres décrivent une catastrophe annoncée. Vont-ils en prendre le risque ou tout simplement ne pas savoir l’éviter ?

Pour le coup d’après, les signes précurseurs d’autres tensions ne manquent pas, comme s’en alarme Moody’s qui vient de ressortir le dossier des LBO en craignant qu’il n’échappe des mains de banques qui roulent leurs créances pour ne pas constater leurs pertes.

Ces acquisitions d’entreprises reposent sur un crédit qu’elle doivent ensuite rembourser. Un fort endettement de 133 milliards d’euros est enregistré dans ce secteur par l’agence de notation, qui arrive à échéance d’ici à fin 2015. Avec un pic de refinancement en 2014, dans un contexte de baisse de l’activité économique qui présage de difficultés croissantes de remboursement. Tout s’en mêle.

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57 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LE PLAN MONTI SINON RIEN, par François Leclerc »

  1. « le fantasme du bug de l’an 2000 »

    Merci François, de la part des dizaines de milliers de programmeurs partout dans le monde qui ont fait que le bug n’a pas eu lieu !

    Ces non-Geeks quand même, ils ne manquent pas d’air !

    1. Qu’ils me pardonnent ! Je n’ai malencontreusement retenu que la montée d’un alarmisme devenu sur tous les sujets monnaie courante et oublié le boulot des soutiers…

      1. Si j’ai bien compris, il y avait un vrai problème qui a été résolu grâce au travail en amont des équipes informatique; et sur ce fond s’est greffé une industrie alarmiste cherchant à vendre des services de prévention du bug à la limite de l’escroquerie, donc y compris à des PME qui n’en avaient pas besoin, grâce à un discours catastrophiste qui n’avait plus rien de rationnel.

    2. Merci Paul. Personnellement, le passage en 2000 m’a valu des mois de travail (remontage de plate-forme, migration système, tests, corrections, validation complète…). Sans ce boulot, patatras assuré au vu des corrections apportées.

    3. Comme j’étais également dans la soute, je confirme la quantité de travail qui a été nécessaire à la prévention des ennuis considérables qui seraient advenus sinon : c’est bien ce qui fait la différence entre un problème traité avant qu’il ne se concrétise (le bug de l’an 2000), et un problème qu’on laisse se développer (la crise financière).

      1. N’oubions pas qu’après le passage de l’an 2000, les programmeurs ont directement eu du pain sur la planche avec le passage à l’euro de janvier 2002.

      2. Dans la boîte ou je bossais, ça a surtout permis une grosse progression du CA de la division ‘systèmes’ pour le ‘contrôle des préemballés’ dans l’industrie agro…
        Les boss aimeraient des ‘an 2000’ plus souvent…!

      3. n’oublions que le « bug » en question n’était que la conséquence du travail de cochon que nous avions fait pendant les 20 années précédentes. Et les clients ont payé pour que nous corrigions nos propres âneries …. finalement c’est assez proche de la crise financière actuelle

      4. Il est assez frustrant que tout un chacun utlise la fait que les problèmes du bogue est été éviter pour rejetter du revers de la main toute tentative de sonnez l’alarme sur un sujet ou un autre. Comme si la cata anoncée n’avait pas été évité justement parce qu’on s’est occupé du problème! Comme si des millions n’avaient pas été investi pour éviter que la catastrophe informatique est lieu.

    4. la bonne chose, pour ma part, le traitement de ce cas … a permis de trouver un nombre faramineux de problèmes a venir dans pas mal de « logiciels métiers » et pas forcément
      lié au B2000 .. donc un bon état des lieux et remise à plat..

      1. @ François Leclerc

        Il y a des chiffres qui circulent chez certains financiers suisses depuis le début du mois pour évaluer la perte probable du secteur bancaire espagnol sur le seul marché de l’immobilier.

        Leur calcul est le suivant :
        3 millions de logements vides que l’on multiplie par leur coût de construction, soit entre 100 000 et 200 000 euros en moyenne = entre 300 milliards et 600 milliards de pertes, sans compter les intérêts.

        D’autre part, il me semble me souvenir que les derniers chiffres officiels (50 à 60 milliards) ne correspondent en fait qu’à ce qu’on bien voulu provisioner les banques espagnoles dans leurs bilans au début de la crise immobilière, soit environ 10% de la valeur de leurs créances pourries immobilières.
        Cela semble coller, non?

        Apparemment, c’est aussi la position d’Olivier Delamarche interrogé ce matin sur BFM business

        Est-ce que ce genre de calcul et les chiffres avancés sont crédibles?

    1. La matrice, i.e la holding mere, de Bankia cloturait l’ annee 2011 en faillite technique. Banco Financiro de Ahorros fait etat de pertes
      d’ exploitation d’ un peu plus de 3 milliards, qui seraient en fait 7 selon certains analystes financiers. Tout ceci est evidemment dependant
      d’ un inventaire des creances douteuses ou toxiques sur l’ immobilier et un examan attentif dont les banques ont utilise les dispositifs
      de provisionnement-de regime ‘special’-mis en place pendant le gouvernement de ZP

  2. Ça commence à sentir le souffre pour les LBO :
    http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/entreprises-rachetees-par-lbo-moody-s-redoute-une-vague-de-faillites_296377.html

    Total : 133 Mds€ pour 254 entreprises, environ 70 Mds concentré sur 36 entreprises.

    Déclaration de Moody’s :

    « Au moins un quart de ces entreprises pourraient faire défaut, avec un chiffre qui doublerait si le marché des obligations à haut rendement est bloqué pendant des périodes étendues en raison de facteurs extérieurs »

    Donc on a le choix entre 32 et 65 Mds de pertes, ‘une paille’ …

    N.B : Merci au webmaster du site pour l’apparition de la petite case en bas, ça ne chôme pas ! 🙂

    1. @NiFuNiFa
      quand cela sent le souffre , c’est qu’il a déjà le feu
      Racheter une entreprise viable , faire payer le crédit par celle-ci(bénéfice futur) , en contractant au maxi ses charges , développement , salariés ,pour pouvoir la revendre quelques années plus tard , alors que c’est une coquille vide . cuvette svp

    2. « N.B : Merci au webmaster du site pour l’apparition de la petite case en bas, ça ne chôme pas ! »

      Oui mais alors comment faire si on veux troller avec une fausse adresse e-mail 😉

      PS, très bonne innovation, même si les commentateurs les plus productifs pourraient avoir quelques soucis avec leurs boîtes, lol.

    3. Bah, les Lbo… m’inquiète pas, les banques creancières se paieront sur la bête, après les plans de licenciements s’il le faut, si d’autres charognards daignent pas y mettre leur bec et leurs liquidités en souffrance avant elles.

    4. J’avais déjà signalé la grande fragilité des LBO dans une contribution à un billet de Paul Jorion.

      Quelqu’un peut-il confirmer que dans l’achat d’une entreprise par LBO, les charges financières liées aux emprunts sont déductibles et que dans ces cas-là les intérêts bancaires remplacent les impôts sur le bénéfice ?

      1. @Marlowe
        Si je n ‘ai pas perdu mes petits en cours de route, ça donne cela.
        L’article est içi :
        http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/fiscalite/221139849/operations-lbo-avancees-decision-conseil-etat

        Donc à l’origine, OUI, les charges financières liées aux emprunts sont déductibles.
        Mais pour éviter les abus, à été introduit l’amendement Charasse, qui dit que :

        Ce dispositif anti abus s’applique lorsqu’une société mère ou une filiale d’un groupe intégré achète des titres :
        – soit auprès des associés ou actionnaires qui contrôlent, directement ou indirectement (à plus de 40 % s’agissant du contrôle de fait), la société cessionnaire
        – soit auprès des sociétés qui sont contrôlées, directement ou indirectement, par les associés ou actionnaires mentionnés ci-avant.
        En résumé, ce dispositif anti abus a pour but de supprimer l’avantage procuré par le régime de l’intégration fiscale lorsque le schéma de LBO proposé n’entraîne pas un réel changement de contrôle de la société cible et est donc motivé uniquement par un but d’optimisation fiscale. Dans ce cas, l’amendement Charasse interdit la déduction des charges financières (intérêts d’emprunt) permettant l’acquisition de la société cible par la holding. En conséquence de quoi, lesdites charges financières sont réintégrées dans le résultat d’ensemble pendant une période de 9 ans.

        Amendement qui a fait les frais d’un arrêt du conseil d’état le 13 juillet 2011, qui dit que :

        Par ailleurs, le Conseil d’Etat juge que pour l’application de l’amendement Charasse, la notion de contrôle doit s’apprécier à la date de l’opération d’acquisition sans que l’administration fiscale puisse valablement se référer à la période antérieure à celle-ci.
        Au cas d’espèce, les associés commandités n’étant plus actionnaires de la société en commandite par actions à la date de l’opération d’acquisition des titres de sorte que le Conseil d’Etat écarte la réintégration des charges financières.

        Donc il y a un dispositif de contrôle prévu, mais celui-ci ne peut s’appliquer que à la date de l’opération d’acquisition, et non antérieurement.

  3. François Leclerc,
    Tous les acreurs se repassent la patate chaude,celle de la dette,comment régler séparément celle des états et du secteur privé???
    Par privé j’entends le secteur bancaire européen tenu de respecter Bale II,la recapitalisation de leurs fons propres passe par la BCE,alimentée par les contributeurs au prorata de leur PIB alimentant aussi le MES(FESF),fond de garantie des états endettés(périphériques) dans les mêmes conditions,la constitution d’un fonds de garantie adossé au MES dépend aussi des emprunts obligataires des états (plus ou moins endettés selon leur état central:du nord ou périphérique:du sud,Irlande à part),la BCE rachète sur le marché secondaire les obligations dévalorisées d’état (périphériques) et pratique du LTRO en gardant en réserve des obligations et d’autres créances aux banques privées moyennant un taux d’intérêt à 1% contre des liquidités qui vont servir à la recapitalisation des banques privées des pays périphériques(le plus souvent) pour qu’elles puissent acheter de la dette souveraine de leurs états respectifs, ou les laisser en pension ou financer l’économie(hum,hum…!)
    Donc si on rajoute un danger de bank run,les LBO(hors bilan?),effectivement en sauvant le privé on affaiblit les états(le TSCG va pas les arranger),ais je bien compris?
    Qu’en est il du système Target 2 de l’Eurozone?
    La Bund semble avoir touvé une parade…

    1. Seule réponse possible : traiter la dette dans sa globalité, la distinction entre privée et publique n’étant de ce point de vue pas pertinente, en raison des liens pernicieux qui les unissent !

      1. @François Leclerc
        Traiter la dette dans sa globalité entre privé et publique , après être passé devant la justice du peuple .

    2. Bernard louis marie,

      Qu’en est il du système Target 2 de l’Eurozone? La Bund semble avoir touvé une parade…

      Quelle parade ? Et parade à quoi ? La Buba ou l’économie allemande n’ont pas à se plaindre de Target 2 pour le moment et pas plus qu’une autre BC ou qu’un autre pays eurozonard si ça tourne mal.

  4. Rien ne sera fait c’est hors de proportion du faisable.
    Ce qui arrivera ?????
    Une déchéance comme en Amérisud et pays de l’est.

    1. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/comment-les-promoteurs-zombies-plombent-les-banques-espagnoles_296458.html

      Ce n’est pas nouveau en 7/2011 invendus neufs 700000 , invendus anciens 800000 = *100m2*2000 €/m2=300 milliards en portage
      Cà ne s’est pas amélioré , çà ne peut pas s’améliorer , car c’est général dans tout le pays et çà ne fera que empirer.
      Refelemele = 1*2=2 , à 30 ans = 4 , dévalué de moitié =0,5 ……écart 8 fois sur les engagements ou la valeur théoriquement produite ou la durée.
      Sur la durée 30*8=240 ans de résoption.
      Sur les engagements avec préteur : perte de valeur jusque 90%….rappel les intérêts courent et peuvent manger plusieurs fois le prix théorique.
      Sur la valeur théorique du prix : imputer une décote au vendeur foncier et aux acteurs de la construction.
      L’IMPOSSIBLE EQUATION DE L’ESPAGNE.
      RIEN NE SERA FAIT…………………….UNE LENTE AGONIE.

  5. Une idée idiote : déclarer la banque en faillite, garantir les comptes en liquide et envoyer des mouchoirs (en papier et pas trop chers) à ceux qui pleurent. L’épuration du système bancaire se ferait en un temps record et à un coût ridicule par rapport à ce que tout ça nous coûte.

    L’interconnexion des banques est un des résultats de la libre circulation des capitaux. Cette libre circulation a transformé la finance en un énorme machin très fragile. Je crois que le mot échec s’applique ici.

    Je crois avoir compris que parmi les capitaux des banques sont admis des papiers valeurs. Ces trucs me font penser à des promesses de versement d’argent faites par des tiers, i.e. des dettes. Ces papiers sont traités comme de l’argent. Ces papiers feraient partie des capitaux des banques. Il n’y a simplement plus assez d’argent en circulation pour assurer ces capitaux.

    Alors c’est quoi cette dette à 90 trillions de dollars ? Comment 90 trillions de dollars ont pu être sortis des banques ? Est-ce qu’il y a 90 trillions de dollars en circulation ? Est-ce que le processus d’achat à crédit avec l’idée que l’entreprise achetée va payer les dettes de son acquéreur y est pour quelque chose ? Dans ce cas, la boîte a été achetée avec une promesse de versement sans aucun argent. Il serait donc possible d’acheter avec une promesse argumentée. Je le crois d’autant plus facilement qu’une banque fera un dossier sur ma personne pour me prêter de l’argent. Les LBO sont aussi une illustration de promesse de versement pour effectuer un achat.

    Nous vivrions donc un gros bug de la liberté de circulation des capitaux. Je le vois assez résultant de la totale interconnexion de tous les organismes financiers. Elle s’est faite par les achats, fusions, IPO, OPA et j’en passe. Les fonds venaient à la vitesse de la lumière pour effectuer ces opérations. Les dettes transformèrent ces entreprises en vaches à lait (intérêts versés aux créanciers et des dividendes plus élevés pour les actionnaires car la boîte est endettée). Chaque phagocytage a permit de charger de dettes la cible, de la surévaluer au niveau de ses titres de propriété, de vider les caisses des employés, des entreprises, des états. Avoir des actions et des obligations était le moyen d’avoir plus que de l’argent, de l’argent qui faisait des petits. Le truc s’est cassé en 2007 car des gens ne pouvaient plus payer (subprimes). Le marché a cessé de fonctionner (le prix était défini par le plus grand nombre possible d’achats et de ventes) car il n’y avait plus de prix fixé selon cette théorie. Cette absence a rendu les mouvements financiers difficiles. Donner de l’argent pour un truc dont personne ne sait ce qu’il vaut n’a aucun sens et est, au mieux, risqué. La machine à dettes s’en est cassée car l’idée de ne pas être payé pour ses dettes s’est installée et personne ne sait plus ce que vaut une dette. Le taux d’intérêt maximal en devient le seul sensé.
    Ce truc marchait bien pendant ce que Greenspan nommait « La Grande Modération ». Tout le monde, ou presque, y croyait. Il n’y avait plus de risque et en cas de crise on savait exactement que faire. C’était du vent, mais un vent très rentable pour ceux qui savaient se retirer.

    Les gagnants ont tellement gagné dans l’opération que voir les états imprimer de l’argent leur a fait très peur. L’hyperinflation est une menace qui se fait attendre. Elle aurait du éclater depuis un bon moment. Vu la concentration de l’argent dans quelques mains (0,1 %), ce risque me semble minime. L’histoire des 50 % de la population qui doit se partager le 2 % des richesses me dit que de l’argent manque au moins pour ces 50 %. Ils souffrent de déflation. Le 0.1 % est dans la position hyperinflationniste. De l’argent pour les premiers relancerait l’économie car ils ont des besoins non satisfaits et de base. De l’argent pour les seconds ne peut qu’entretenir la spéculation. Ils voudront faire fructifier l’argent qu’ils touchent de la BCE comme ils ont fait fructifier l’argent avant 2007. Ils ont des raisons de penser que leur méthode est la bonne.

    Une des méthodes employées a été la restructuration et la délocalisation des entreprises. Elle est appliquée maintenant aux états. Ça a si bien réussi au 0,1% qu’ils estiment que leur action est positive et nous fera tous nager dans le bonheur.

    La notion de tous est ici relative au référentiel utilisé. Pour les 0,1 %, c’est tout ce qui leur rapporte, tout ce qu’ils ont organisé. Si d’autres ne sont pas contents, ils n’ont qu’à faire comme eux, ça marche. Pour le reste, les 99,9%, il a le droit de lutter pour rester dans le radar des 0,1%. S’ils en sortent, ils meurent socialement. C’est ça la liberté. Si vous sortez des chiffres visibles par le 0,1 %, vous cessez d’exister. C’est illustré par ces personnes fort bien habillées s’étonnant que la population n’est pas contente quand les chiffres des fondamentaux sont bons. Hors des chiffres, il n’y a rien.

    Je ne suis pas un nombre.

  6. Sans attendre l’échéance grecque, la crise espagnole précipite les événements et appelle de nouvelles réponses.

    Ça j’l’avais dit que d’ici le 17 juin fallait que les grecs se magnent et qu’à cette date ils passeraient au deuxième plan. Rajoy et les banques espagnoles ont piqué le micro et poussé la sono.

  7. N’oublions pas nos amis irlandais, qui vont voter sur le MES jeudi 31 mai.
    De toute façon s’il votent NON, ils seront à nouveau convoqués, jusqu’à ce qu’ils votent OUI.
    Tout comme cela a été le cas dans le passé, et tout comme les grecs dans un genre un peu différent certes, vont devoir revoter en juin.
    On connaissait: la démocratie directe, la démocratie représentative.
    L’UE a inventé la démocratie itérative:

    Tant que (réponse à la question posée ! = OUI) faire
    {
    retourner aux urnes;
    }

    Autre option lever une exception si le résultat est non conforme à celui escompté et
    continuer comme si de rien n’était.

    Dans ce dernier cas c’est carrément un déni de démocratie.

    1. Macarel,
      Une boucle sans fin… Je verrais plutôt:

      dim i as double
      i = 0

      Tant que (réponse à la question posée ! = OUI) faire
      {
      retourner aux urnes;
      i=i+1
      si i > 10 goto Dictature
      }

      1. @baric

        Variation…

        #include iostream.h
        using namespace std;
        int main ()
        {
        /* le nombre maximum d’itérations est arbitrairement décidé par les technocrates de Bruxelles*/
        int nombre_iteration_max=4;
        /*le peuple vote au plus un nombre nombre_iteration_max de fois */
        for (int n= nombre_iteration_max; n>0; n–) {
        if (reponse_peuple==OUI) then
        /* le peuple a eu le bon goût de répondre OUI, on sort de la boucle */
        break;
        cout << "Vous devez répondre OUI, sans quoi les pires calamités s'abattrons sur vous et vos enfantsn";
        }
        /* si le peuple s'est obstiné dans son refus, on force sa réponse à OUI"
        if (reponse_peuple==NON) then
        reponse_peuple=OUI;
        cout <<"LE PEUPLE A SOUVERAINEMENT REPONDU FAVORABLEMENT A LA QUESTION QUI LUI ETAIT SOUMISE n";
        return 0;
        }

  8. « En Grèce, la situation des quatre principales banques commence à être dénouée » la blague du jour!!!

    Les Grecs ne peuvent plus soigner, pénurie de TOUS les médicaments, comme au Bangladesh

    La police grecque force les Grecs à… laisser leur argent dans la banque! Arrivés là, c’est du totalitarisme par définition.
    Lire le Guardian: ( http://www.guardian.co.uk/world/2012/may/24/police-urge-greeks-money-bank?CMP=twt_fd)
    « Police are urging Greeks to keep their money in bank accounts rather than putting it at risk of theft, amid further uncertainty about whether the austerity-struck country will remain in the eurozone ».
    Ça ne s’invente pas.

    La France va être dégradée à nouveau, lire Bloomberg et Stern qui explique qu’Angela Merkel n’a pas apprécié sa manière de faire et a décidé de lui faire la peau. « The chancellor stared silently at the man who was responsible for this change of mood: France’s new president, François Hollande, who noted with satisfaction that there was an outlook for euro bonds in Europe », lire i Stern :
    http://www.spiegel.de/international/europe/merkel-preparing-to-strike-back-against-hollande-with-six-point-plan-a-835295.html

    Le plan de sauvetage des banques espagnoles nécéssite environ 100 milliards d’euros. Personne ne les a.
    Une filiale de la Bankia rectifie son résultat de 2011 et annonce des pertes de 3 milliards au lieu de 41 millions de bénéfices. Escroquerie aux comptes pourtant validés par des commissaires aux comptes et des experts comptables… Les Espagnols bidonnent autant que les Grecs.lire Reuters:
    http://ca.reuters.com/article/businessNews/idCABRE84R0NK20120528

    Il faut trouver 23 milliards, illico presto, pour sauver la Bankia. L’Espagne ne les a pas. Lire le grand papier de AEP dans le Telegraph :http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/9296193/Spains-Rajoy-fights-losing-battle-to-stave-off-EU-rescue.html
    Mais le plus drôle, c’est Reuters qui l’a donné: « Bankia bailout costs rise again now at 19 billion, 4 billion increase overnight ». Depuis ça a pris 4 milliards de plus, soit 8 milliards en 4 jours… Ha ha ha… Qui a dit que les comptes étaient certifiés ?

    Le PDG de Pimco Bill Gross a déclaré que le problème maintenant est de sortir son argent des comptes et pas d’en gagner. Avis aux téméraires. « This is a capital preservation market. Return of, not on, your money becoming critical ». Bonne chance pour vos assurances-vie.

    Les dégradations à venir cette semaine par Moodys et SP des banques portugaises, italiennes, espagnoles, françaises et de leur pays, lire Bloomberg pour la France: http://www.bloomberg.com/news/2012-05-28/steinbrueck-sees-hollande-proposals-affecting-credit-bild-says.html  »

    @ tous les croyants du blog mes amitiés , la foi fait bouger les montagnes 🙂

    Mais bon , tout va pas mal , heureusement en France nous avons élu saint F.Hollande qui sait choisir ses amis HENRI DE CASTRIES, nouveau patron du BILDERBERG.

     » F.Hollande étendit sa main sur la mer. Et l’Éternel refoula la mer par un vent d’orient, qui souffla avec impétuosité toute la nuit ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer à sec, et les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche. » (Exode 14, 21 – 22 ).

    Voila la vérité vrai , de cette même manière il nous sauvera du tsunami financier. Oui monsieur Oui! Déjà François Mitterrand( sanctifie soi son nom ) nous avait épargné le nuage de Tchernobyl , l’ arrêtant à la frontière Oui…

    1. Joel, laissez les liens si ça vous chante mais épargnez nous les commentaires et/ou traductions plus qu’approximatifs. Même BA faisait mieux, c’est dire.

      1. Effectivement, « urge » et force, cela n’est pas du tout la même chose…
        « Conseille instamment » est une bien meilleure traduction, et cela change quand même beaucoup la perspective.

  9. Toutes les sommes perdues par les petits porteurs lors des baisses consécutives dans les bourses , ne sont pas perdues pour tout le monde . elles viennent gonfler les patrimoines ou les épargnes de ceux qui n’ont pas perdu . elles produisent un déséquilibre dans les balances , et rendent les plus vulnérables à merci .?
    est-ce que ceci entre en considération dans la crise actuelle ? ( dans la mesure où c’est à peu près exact )

  10. Bon nombre de commentateurs avouent avoir du mal à comprendre ce qui se passe actuellement au Québec ou démontrent carrément, par leurs commentaires et leurs analyses, qu’ils ne comprennent pas tout à fait. Très candidement Joseph Facal avouait ainsi hier, dans le Journal de Montréal: «Un des aspects les plus frappants de la crise actuelle est le profond décalage qu’elle révèle entre la mentalité de beaucoup de manifestants et la tournure d’esprit de gens comme moi. J’avoue très honnêtement que je ne l’avais pas vu venir.»

    http://voir.ca/normand-baillargeon/2012/05/24/a-mm-pratte-dubuc-facal-et-a-tous-les-autres-qui-ne-comprennent-pas/

    Les pourparlers débutent au Québec entre membres du gouvernement et étudiants pour tenter de mettre fin au conflit qui dure depuis quatre mois. 84 manifestants ont été arrêtés cette nuit mais sans violence. Nos envoyés spéciaux à Montréal ont suivi l’équipe de la télé étudiante CUTV qui couvre ce conflit…

    http://www.itele.fr/video/cutv-la-tele-qui-suit-les-manifs

  11. La dynamique de la crise n’a pas fini de jouer, elle aussi, des tours à sa façon et de faire sortir du chapeau ce que l’on n’attend pas

    On dirait du Garcimore; des fois ça marche, des fois ça marche pas !

  12. On peut lire aujourd’hui une dépêche qui traite de files d’attente devant les guichets de banque…… en Suède ! (24hgold)
    L’agence Reuters nous fait part d’une analyse intéressante de hauts fonctionnaires grecs :  » les Grecs refuseraient désormais de payer leurs impôts en euros dans l’anticipation de pouvoir les payer bientôt en drachmes dévaluées … les recettes de l’Etat ont chuté de 10% en Mai. Hors d’Athènes et de Thessalonique, les revenus fiscaux ont baissé entre 15 et 30%.  » Chacun appréciera.

  13. Question: Est-ce que le gouvernement Grec pourrait émettre de la dette souveraine pour recapitaliser ses banques, comme le fait Rajoy?

    1. la tentative inacceptable de recapitalisation de Bankia qui a tourné court en l’espace d’une journée

      AH C’ETAIT POUR RIRE ALORS, JE ME DISAIS BIEN…
      Ya de la joie! 😉

  14. bonsoir
    Quand tout cela prendra t il fin ?
    Devenons nous nous sacrifiez ou transmettre l’héritage que dis je l’amertume la désillusion la sanction? faut il que l’humanité soit un éternel enfant ?
    la peur pour moi d’un age avancé, mais pour nos enfant que leur restent ils ?
    J’espère qu’ils suivront l’exemple du Canada.
    le mieux c’est à mon avis tirer un trait, faire les comptes, tu as gagné, ils ont perdu = NON
    faire payer les instigateurs pour la préservations de nos enfants qui sont loin de se douter
    ce qui se trame en ce moment.
    Est ce une déviance de l’éducation ? on devrait leur dire tout cela, même si le fragile espoir est vain.
    pas très optimiste mai bon…

    1. A nos enfants et pas qu’a eux

      On peut aussi , leur faire lire le très beau poeme de Kipling

      Tu seras un homme mon fils

      Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

      Et sans dire un seul mot te mettre a rebâtir,

      Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

      Sans un geste et sans un soupir;

      Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

      Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

      Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour

      Pourtant lutter et te défendre;

      Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

      Travesties par des gueux pour exciter des sots;

      Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

      Sans mentir toi-même d’un mot;

      Si tu peux rester digne en étant populaire,

      Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

      Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

      Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;

      Si tu sais méditer, observer et connaître,

      Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;

      Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître;

      Penser sans n’être qu’un penseur;

      Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

      Si tu peux être brave et jamais imprudent,

      Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

      Sans être moral ni pédant;

      Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

      Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

      Si tu peux conserver ton courage et ta tête

      Quand tous les autres les perdront,

      Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

      Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

      Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

      Tu seras un homme, mon fils.

      A lire et a relire sans modération

  15. Le premier repose sur la création d’un fonds de garantie européen des dépôts bancaires, dont l’objectif est de parer à tout retrait massif de ceux-ci d’un pays à l’autre. Les déposants seraient garantis en euros, quoiqu’il advienne.

    Et cela marcherait en cas de sortie d’un Etat de la zone euro ? Si demain, les Grecs ou les Espagnols quittent, leurs déposants pourront réclamer des euros ? Y aurait pas une contradiction dans les termes ?

  16. les objectifs [de renforcement de fonds propres pour atteindre le ratio de 9%] assignés à Bankia étaient selon ce plan de 1,33 milliards d’euros, alors qu’elle en est à 23,5 milliards d’euros de besoins de financement, de ses propres dires… Les stress tests ne sont plus à la mode

    Lol

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