L'actualité de la crise : NE SOYEZ PAS SI TIMIDES !, par François Leclerc

Billet invité

Plus l’échéance des élections grecques se rapproche, plus une grande fébrilité se manifeste sur les marchés et chez les dirigeants européens. Les uns après les autres, ces derniers déclament qu’il faut faire « tout ce qui est possible » pour éviter cette sortie, mais sans jamais dire quoi. La palme de l’inconséquence revient à l’OCDE, qui estime en substance qu’il ne faut pas parler de l’éventualité d’une sortie du pays de l’euro, de peur de la provoquer ! Les trois semaines à venir ne vont pas manquer de piquant.

Différentes pistes sont à l’étude, afin d’arrondir les angles avec les Grecs, mais elles restent au fond des cartons : débloquer de nouvelles aides aux entreprises grecques, afin de combattre la récession prononcée dans laquelle le pays est plongé ; revoir le calendrier de réduction du déficit grecque, pour diminuer la pression ; ou même procéder à une nouvelle restructuration de la dette. Car, plus on se rapproche de l’échéance, plus la crainte des effets catastrophiques d’une sortie de l’euro grandit. La BCE vient d’ailleurs de faire savoir que la décision d’y pousser la Grèce ne lui appartient pas, signifiant qu’elle n’appuiera pas sur le bouton dont elle dispose sans être couverte par une décision politique des autorités européennes.

Divisées, ces dernières ne savent plus quoi faire. Que penser d’ailleurs d’une situation où l’Allemagne émet des obligations assorties d’un coupon à taux zéro et déclare benoîtement ne pas envisager pour l’instant de taux négatif ? Ou de la fuite des investisseurs étrangers enregistrée sur les marchés de la dette espagnole et italienne, avec pour effet que les banques nationales additionnent le risque de la dette de leur pays à leurs propres turpitudes ? Au lieu d’être dénoué, le nœud gordien qui lie la dette publique et privée se resserre encore.

L’adoption d’une discipline budgétaire de fer a été la seule réponse apportée au lancinant problème de la dette. Puis il est apparu que cela ne se ferait pas sans croissance, suscitant un débat sur son financement, qui se poursuit. Les désaccords se cristallisent aujourd’hui sur l’émission d’euro-obligations, une fois adopté un ridicule programme d’euro-projects. Les Allemands maintiennent cette porte close, faisant du succès du pacte de discipline budgétaire la condition préalable à leur émission ultérieure. Ce qui revient à ne les lancer qu’une fois résolu le problème qu’elles sont censées aider à régler.

Pour résumer, les dirigeants européens ne savent ni comment se débarrasser de la dette, ni comment relancer une croissance qui est par ailleurs sans substance. Leur seule réussite est d’avoir transféré au public une bonne partie de la dette privée. Dans une tribune libre dans Le Monde, Guido Werswelle, le ministre allemand des affaires étrangères, propose des pistes pour relancer la croissance sans accroître les dépenses. Une fois raclés les fonds de tiroir, elles se résument à faire appel aux investisseurs privés.

L’économiste Philippe Aghion, qui est l’un des conseillers de François Hollande, a préféré en accorder lui une à Die Zeit, chacun prêchant dans la paroisse de l’autre. Il propose d’engager un processus de décote de la dette grecque, espagnole et portugaise, et que la BCE ou le Fonds de stabilité européen (FESF) accorde aux banques du Sud de nouvelles aides ; ainsi que d’aménager le calendrier du pacte de discipline budgétaire européen, si la croissance n’est pas au rendez-vous. Enfin, il préconise que l’Allemagne accepte une inflation de 3 ou 4% afin de soulager la pression qu’elle exerce sur les autres pays européens (une possibilité envisagée par Wolfgang Schäuble et réfutée par Jens Weidmann, le président de la Bundesbank).

François Hollande vient de déclarer que « c’est tout de suite qu’il convient d’agir pour la croissance » et Angela Merkel lui a renvoyé la balle en affirmant que « les euro-obligations ne sont pas une contribution à la croissance ». Étonnants échanges qui portent sur une croissance érigée en solution miracle sans que ses vecteurs soient définis. Les inquiétudes qui se manifestent en Allemagne même à propos de la poursuite de la croissance du pays sont considérées comme un sujet à part. Quant à Mariano Rajoy, il a lancé un appel du pied à la BCE pour qu’elle l’aide à financer sa dette, afin que l’Espagne n’ait pas à demander un plan de sauvetage.

L’agence Fitch vient d’estimer nécessaire que la BCE procède prochainement à une troisième injection massive de liquidités pour aider les banques de la périphérie de la zone euro. Mais si cela les maintiendra à flot, cela ne les recapitalisera pas pour autant. Grande absente de toutes les discussions publiques en cours, la situation réelle du système financier reste un sujet tabou. Préconiser une restructuration de la dette publique élargie aux pays les plus en difficulté, qui aurait pour indéniable effet d’affecter leurs banques en priorité, mais aussi toutes les autres, est un pas en avant bien trop timide…

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39 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : NE SOYEZ PAS SI TIMIDES !, par François Leclerc »

  1. Merci.
    Au moins Aghion propose une décote des dettes du Sud. Voilà pour une fois un élément adapté à une réalité niée…
    Et un peu d’inflation en RFA, oui: comment réévaluer sans rééevaluer là-bas, tandis que d’autres voudraient dévaluer sans dévaluer, avec la TVA (anti-)sociale…

    1. Ça suffira pas Leboutte, s’en manque de beaucoup. Dont ça, à régler tout de suite :

      Préconiser une restructuration de la dette publique élargie aux pays les plus en difficulté, qui aurait pour indéniable effet d’affecter leurs banques en priorité, mais aussi toutes les autres, est un pas en avant bien trop timide.

  2. De nombreux dogmes enseignés ,tombent:l’autorégulation des marchés,les bienfaits de la concurrence,la séparation de la dette publique et de la dette privée,la non-intervention de l’Etat et j’en passe,mais les gens qui ont tenu de tels discours n’ont aucun remords et aucune honte,leur seul souci est que ça dure….

  3. Je suppose que l’agitation autour de la sortie de l’euro préparée un peu partout sans discrétion est destinée à faire voter les grecs comme il faut. Je n’envisage pas une sortie du pays qui signifierait à mon sens le début de la fin de l’Union. Du bluff.

    1. La Grèce, c’est une chose mais en même temps, on a l’Espagne, l’Italie, JP Morgan qui boit la tasse, la Chine qui dérouille du point de vue croissance et bulles,… Ça fait beaucoup, non ? Le score de Syriza, c’est pas un peu beaucoup de l’esbroufe ? Même si le cartel ND/pasok passe, ça n’ira pas mieux, enfin, je crois…

      1. @Kohaagen

        Je croise les doigts pour que les grecs ne se laissent pas intimider en tout cas et que la Syriza arrive largement en tête. Si la ND et le Pasok arrive à monter une coalition c’est encore du temps gagné et une réaffirmation des dogmes. Je pense que si Tsipras dirige un gouvernement, les européens seront obligés de transiger pour éviter une sortie qui serait catastrophique pour tout le monde et ils le savent bien. Si dans le même temps, les législatives françaises font rentrer un fort contingent du Front de Gauche à l’assemblée alors, l’espoir est même permis d’un possible changement de direction.

      2. Un appel de Etienne Balibar, philosophe,
        Michaël Löwy, philosophe et sociologue et Eleni Varikas, professeure de science politique
        Ils ont raison!

        L’avenir de l’Europe se joue en Grèce

        http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230512/l-avenir-de-l-europe-se-joue-en-grece
        .« Le nouveau gouvernement français, qui se cantonne dans un silence prudent, devrait affirmer haut et fort, qu’il respectera les décisions du peuple grec, et rejettera toute proposition d’exclure la Grèce de l’Europe ou de la zone euro. »

      3. @ Charles A 24 mai 2012 à 00:32
        Avant d’entendre dire que ces philosophes, sociologues et prof de science politique ont raison, je voudrais être certain qu’ils ont bien compris le problème de science physique auquel l’Europe, surtout au Sud est confrontée.

        Ça n’est pas parce qu’on soutient l’Europe sous une bannière radicale (de gauche ni même de droite, s’il devait y en avoir), que l’on ne courrait pas à la catastrophe politique comme ce fut le cas avec les régimes communistes.

        Le problème de fond est physique avec ses prolongements sociaux, économiques, démographiques, donc en final politique, mais pas l’inverse.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=37280#comment-324127

  4. Leclerc à propos des euro-obligations : « Les Allemands maintiennent cette porte close, faisant du succès du pacte de discipline budgétaire la condition préalable à leur émission ultérieure. Ce qui revient à ne les lancer qu’une fois résolu le problème qu’elles sont censées aider à régler. »
    C’est cette cascade ininterrompue, depuis 2007, d’inconséquences politiques et logiques qui rend la chronique de Leclerc si palpitante : on n’en revient pas de voir les absurdités que les élites les plus diplômées et les hommes politiques les plus puissants de la planète sont capables de proférer à jet continu. Et ce n’est même pas aussi gratuit que de postuler une Vierge engrossée par l’Esprit-Saint, dont le Fils ressuscitera trois jours après sa mort, etc.
    En attendant que le ciel nous tombe sur la tête, admirons ce que peut l’esprit humain.

  5. C’est vraiment un joyeux bordel…

    Ce qui est déprimant c’est que nous sommes spectateurs de très âpres négociations au sujet de mesures qui ne ressemblent pas, même de loin, à un début de solution. LTRO 3ème du nom, « rilance » de la croissance, planification d’une inenvisageable sortie de la Grèce de la zone euro (chercher l’erreur)…

    Nous assistons depuis de longs mois à un concours de rustinage d’un système financier dont le nombre croissant de failles commence à dépasser la pourtant formidable imagination des participants.

    L’angle par lequel est attaqué le problème relèverait du comique s’il ne risquait pas d’entraîner des peuples entiers dans la misère, terreau peu propice à un avenir meilleur.
    Le recul historique rendra peut être à César ce qui appartient à César : le ridicule dont font preuve les dirigeants et leurs conseils face à cette crise dont les enjeux économiques et sociaux sont majeurs.

    Les déséquilibres sont l’ADN du cadre actuel, les problèmes qu’ils causent sont donc chroniques et insolubles. C’est redite ici, mais c’est pour l’instant inaudible là-bas.
    Nous sommes encore très loin d’un renouveau salutaire du système socioéconomique global.

    Bref, je suis inquiet, un peu.

  6. http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120522trib000699718/la-macro-est-morte-vive-la-micro-.html

    La crise ayant provoqué la dévaluation quasi totale des analyses macroéconomiques, la mode est désormais au « tout-micro »

    …repose sur l’utilisation de modèles qui, aujourd’hui, « ne peuvent plus anticiper quoi que ce soit », souligne le directeur d’études économiques de Natixis, Patrick Artus.

    Et de diagnostiquer une « vraie crise de la macroéconomie ».

    Mais la vérité, c’est que les politiques, les banquiers centraux, sont plongés dans le noir absolu.

    « Les économistes que je rencontrais avaient toujours d’excellentes idées générales », note un ancien conseiller de Bercy. « Exemple : il faut soutenir le BTP. Mais ils étaient incapables de dire comment : par l’offre, la demande, les propriétaires ? »

    « Des modèles entendaient analyser l’économie à l’aide de données comme la religion ou le système légal. Cela n’avait plus de sens. »

    Ces travaux peuvent porter sur des thèmes proches de la macro, comme le marché du travail, la santé, etc., mais toujours avec une approche très pointue, très micro…

    hm…. on avance ! Dans 50 ans ils auront compris que le capitalisme ne fonctionne pas, qu’il n’est plus le même qu’au temps industriels de Marx, etc.

    Rapport entre l’économie et la théologie ? Je crois que le diable était plus présent dans la seconde, le sexe moins. Dans les deux cas ils existe des questions qu’on s’interdit de poser, soit parce qu’on est trop idiot, soit parce qu’on est de tout temps, une espèce de canaille innommable et abjecte, ne visant qu’à manipuler autrui. Le mensonge dégouline par tous les pores de cette engeance, et c’est à coup de marteau qu’il se réveilleront !

    Soit ils sont formatés pour être des robots incapables de réfléchir, des zombis, soit c’est plus grave.

  7. « Leur seule réussite est d’avoir transféré au public une bonne partie de la dette privée ».
    A combien estime-t-on ce transfert ?

  8. et maintenant rions un peu ! un peu d’humour dans ce monde de brutes.
    Dans le Monde économie un texte signé par le Cercle des économistes. Je cite un extrait :
    « Bien que critiqués pour avoir sous-estimés les tensions engendrées par le développement de la finance et n’avoir pas annoncé la crise (sic), ils ont su participer à la définition des moyens qui ont permis d’éviter qu’elle ne tourne à la tragédie« .
    Je suppose que les lecteurs de ce blog à ce stade pleurent… de rire… et sont rassurés… Et tout l’article est désopilant : cooptation par la qualité intellectuelle et pas de politique mon bon monsieur, etc : tout est objectif !
    Je vais finir par faire des infidélités à mon cher Canard Enchainé si le Monde continue comme ça !

  9. Et si l’on organisait des processions dans toute l’Europe pour que revienne la Sainte Croissance ?

    1. Plus le ratio prêts (« emplois » dans le jargon)/ dépôts est élevé plus la banque doit emprunter sur le marché interbancaire ce qu’elle n’a pas en dépôts pour couvrir ses emplois actuels, donc plus elle est fragile car 1) dépendante d’une source de liquidité extérieure, 2) soumise plus qu’une autre au prix de la ressource (s’il s’envole..). Ce document de la Barclays veut faire passer le message que les banques européennes sont fragiles. C’est loin d’être le facteur de fragilité le plus important.

    2. Ce tableau ne prend pas en compte le type de crédits et de dépôts.
      Pour moi, il peut dire tout et son contraire; Comment sont-ils structurés?

  10. Si c’est le nibiru financier à cause de l’équation d’irving « le poissonnier ».
    Alors, il faut passer par la loi « des bouchers » de jean batiste Dis, ladite loi exécutée de la main « visible » d’adam Wesson. Moi, je ne comprends pas que l’on flingue les métiers traditionnels. Si cela n’est pas du mauvais goût ? J’aime aussi la bétise…..

  11. Il serait temps de laisser tomber la compta au jour le jour pour un sujet autrement important :

    Le Canada se prépare contre une attaque de zombies
    Se préparer au cas où il faudrait faire face à une attaque de zombies. Selon le gouvernement provincial de Colombie-Britannique (Canada), il faut parer à toute éventualité.
    « Même si nous pensons que les chances pour qu’un zombie frappe à votre porte sont plutôt minces, nous estimons que si vous êtes prêt pour les zombies, vous êtes prêt pour n’importe quelle catastrophe », indique le site gouvernemental d’Emergency Info BC, à l’origine du projet.
    http://www.tomsguide.fr/actualite/Canada-zombies,3596.html

    1. Et voilà où nous en sommes avec des gouvernements bien fournis en « évangélistes » créationnistes et autres foutaises…
      Deux-Montagnes Québec

      1. Vous savez ce n’est pas non plus une chose à écarter surtout dans un tel monde consumériste.

        Si certains préfèrent plus longtemps fermer les yeux et s’en réjouir moi pas du tout.

        Je crains alors la prochaine sanglante révolutionnaire dans le monde.

        J’espère également pas plus y participer en me voilant la face.

  12. Dès que l’on aura compris que l’idéologie qui veut maintenir l’euro coûte que coûte (« coûte que coûte »!), on aura fait un grand pas.
    L’abandon pur et simple de la monnaie commune n’est en rien une catastrophe, contrairement aux préjugés mensongers.
    Au contraire, son abandon permettra une mise en ordre de toutes les économies nationales, avec les dévaluations fortes qui seront nécessaires dans plusieurs pays.
    Cela contribuera à un rééquilibrage rapide de tous les échanges européens internationaux.
    Le déchirement de la construction européenne que cela signifierait prétendument se révèlera être une baudruche qui se dégonflera du jour au lendemain. On faisait bien du commerce international avant l’euro, etc….
    Alors, franchement, le sauvetage de l’euro, impossible sans budget fédéral et sans péréquations efficaces, on s’en fout complètement!

    1. Dans votre petit monde enchanté Johannes, il semblerait que la sortie de l’euro n’entraîne aucune perte pour qui que ce soit… C’est pour le moins étonnant.

      Alors, franchement, le sauvetage de l’euro, impossible sans budget fédéral et sans péréquations efficaces, on s’en fout complètement!

      Et pourquoi pas un budget fédéral et un mécanisme de péréquation ?

      1. Julien on perd toujours quelque chose dans la vie, et cela aussi bien pour qui que ce soit.

        Tu sais moi aussi j’y ai cru beaucoup à l’Euro, et puis que voyons-nous entre les peuples ? De toutes façons Euro ou pas le monde est bien mal barré dans le tout marchandisme mondial.

        C’est pour le moins navrant aussi, que quelques bureaucrates de Bruxelles en soient toujours les mieux régalés et servis confortablement en premier.

        Si encore il n’y avait pas autant de lobbies commerciaux plein aux as dans le monde.

      2. Corrigeons!
        Sans doute, cela coûtera, mais toujours infiniment moins que la continuation du refinancement à fonds perdus d’un débiteur défaillant!
        N’importe quel comptable, et en plus, le simple bon sens le prouvera sans peine!
        Le retour aux monnaies nationales n’empêcherait en rien le commerce, cela est quand même évident.
        Si vous réussissez à imposer un budget fédéral et un mécanisme de péréquation, je serait aussi preneur.
        Mais cela suppose quand même que les collectes des impôts se fassent partout convenablement, et cela ne me semble pas acquis…

  13. Extrait de la préface au livre « Le bluff technologique » de Jacques Ellul

    – Sur la religion de la croissance, laquelle n’a jamais été aussi dominante qu’à l’heure actuelle. « La croissance est bonne en soi, écrit-il. On ne se demande ni: croissance de quoi ? Ni: cette croissance est-elle utile ? Ni: à qui servira cette croissance ? Ni même: que fera-t-on de tous ces excédents ? Aucun intérêt (et c’est bien ici la marque de la déraison), la croissance se justifie par elle même »

    Quant à la dette, il faudrait aussi faire la part des choses. Autant il est bon de s’endetter pour préparer le futur, autant il est nocif de s’endetter pour vivre aujourd’hui à crédit.
    C’est d’ailleurs cette seconde forme de dette qui restreint notre liberté, et c’est celle là qu’il faut réduire en priorité.

    S’endetter pour préparer la transition énergétique de nos sociétés, pour rendre notre développement plus soutenable, ne me paraît pas un scandale au contraire.

    Ce serait encore mieux, si pour se genre de dette, les états pouvaient être directement financés par la BCE à des taux non usuraires.

    Car il y a la bonne dette et la mauvaise, c’est comme le cholestérol. Sur cette base il serait peut-être possible de trouver un accord avec les allemands.

    Un chemin, étroit certes, mais un chemin entre l’austérité imbécile et des investissements pour préparer le futur.

    Reste le problème de l’apurement des vieilles dettes, comment s’en débarrasser sans tuer les malades ? Déjà en faisant supporter les pertes de manière équitable entre les différents acteurs, c’est à dire: ne pas mettre à contribution les peuples seulement, mais aussi les financiers. En particulier ceux qui ont pris des risques inconsidérés, voire qui se sont comportés comme de vulgaires escrocs. Et « last but not least », s’attaquer enfin sérieusement aux paradis fiscaux.
    Car par exemple, des grecs riches, il y en a, mais ils ne veulent pas contribuer à rétablir la situation de leur pays. L’évasion des capitaux de Grèce, étant facilitée par les règles (européennes en particulier) imposant la libre circulation de ces dits capitaux.

    1. @ Macarel 24 mai 2012 à 09:30

      Ce serait encore mieux, si pour se genre de dette, les états pouvaient être directement financés par la BCE à des taux non usuraires. Car il y a la bonne dette et la mauvaise, c’est comme le cholestérol. Sur cette base il serait peut-être possible de trouver un accord avec les allemands

      En première approche, je suis d’accord avec vous.

      Le problème est de fixer des taux convenables. On voit bien que s’il n’y avait pas eu l’intervention « des marchés », nos gouvernements pourtant élus démocratiquement et payés pour prévoir, nous auraient emmenés à vitesse accélérée dans le gouffre tout en étant conscient de l’existence d’une dérive critique. Fillon disant « je suis à la tête d’un Etat en faillite » et n’agissant que très frileusement pour corriger le tir.

      La droite voulait-elle amener la gauche à saisir la réalité du problème ? Ne voyait-elle pas le danger de faire monter alors les extrêmes, autant à gauche qu’à droite ?

  14. L’Attali du jour: http://blogs.lexpress.fr/attali/

    Pour éviter la sortie de la Grèce de la zone Euro Attali préconise (entre autres):

    « Donner à la Grèce la liquidité nécessaire pour mener à bien sa campagne électorale »

    Sans commentaire.

  15. Quid d’une augmentation générale des salaires et rémunérations en Allemagne? Cette mesure me semble une des rares à pouvoir produire de la croissance sans nouvelle dette, à pouvoir ré-équilibrer le solde extravagant du commerce extérieur allemands, même au risque d’un petite inflation.
    De la même manière d’ailleurs qu’une augmentation générale des salaires permettrait de rediriger vers l’économie réelle un flux déraisonnable de ressources qui s’investit (si on peu parler d’investissement en la matière) dans la spéculation tous azimuts.

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