L'actualité de la crise : À EN AVOIR LE TOURNIS, par François Leclerc

Billet invité

Les évènements se précipitent.

La crise financière des banques grecques a pris à Athènes le relais de l’impasse politique. Un retrait massif des dépôts estimé à 1,2 milliards d’euros est intervenu lundi et mardi dernier. Il s’est poursuivi mercredi, à un rythme semble-t-il moindre, s’inscrivant dans le contexte d’une recapitalisation inaccomplie des banques, en raison d’un désaccord entre celles-ci et le gouvernement. Celui-ci porte sur le contrôle qu’il est appelé à exercer en échange : les grandes familles propriétaires grecs résistent ! Car le Fonds de stabilité européen a bien versé le 19 avril dernier les 25 milliards d’euros prévus à cet effet, qui sont pour l’instant sur un compte bloqué par le gouvernement grec… Les élections sont entre-temps intervenues.

C’est dans ce contexte que l’on a appris la décision de la BCE de cesser de prêter au moins provisoirement des fonds à quatre banques grecques non identifiées, car il semblerait que leurs fonds propres soient devenus négatifs. Celles-ci n’ont désormais plus d’autre ressource que de puiser dans l’ « assistance d’urgence en liquidité » (ELA) que la Banque de Grèce peut leur procurer avec l’autorisation de la BCE. Faute de celle-ci, l’ensemble du système bancaire grec s’effondrera. Ce mécanisme représente un grand moyen de pression dans les mains de la BCE, qui peut à tout instant fermer le robinet.

Depuis Dublin où il prononçait une conférence, Charles Dallara de l’Institute of International Finance (IFF) a mis en garde contre les conséquences d’un effondrement du système bancaire grec, ce qui a fait l’effet d’une douche froide sur des esprits européens un peu trop vite échauffés et se prenant à leur propre jeu. Quand l’IFF parle, les dirigeants écoutent.

David Cameron, depuis Londres, a évoqué « des territoires inexplorés comportant d’immenses risques pour tout le monde », tandis que Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a estimé que la zone euro « se déchire sans aucune solution évidente », menaçant une économie britannique déjà en péril ainsi que le système bancaire.

En mettant en avant ces dangers, David Cameron entend bien exonérer sa propre politique de toute responsabilité dans l’aggravation de la situation britannique. Mariano Rajoy met de son côté en garde les Espagnols devant le risque d’être coupés des marchés financiers (ce qui est déjà largement le cas pour les banques) ou de devoir se financer à un coût très élevé (ce qui est le cas ce matin), si le déficit public n’est pas réduit grâce aux mesures qu’il propose. Les dirigeants européens utilisent la crise qu’ils ont contribué à approfondir pour justifier la poursuite de ce qu’ils ont si bien entamé.

En attendant, le marché obligataire continue à se tendre fortement, suivant un scénario bien établi. Le taux espagnol à dix ans montait ce matin à 6,33 % et l’italien à 5,84 %. Il ne va pas être possible de longtemps continuer à repousser les échéances en gardant les bras croisés.

De son côté, la BCE est prise dans un dilemme. Elle joue un rôle essentiel de temporisation de la crise, tout en craignant ainsi de conforter l’attentisme de ceux qu’elle maintient la tête hors de l’eau. Mais comment éviter que la crise ne se propage à l’Espagne et à l’Italie si elle décidait de stopper ou de ne pas renouveler ses mesures exceptionnelles ? Avec pour seuls et ultimes remparts un Fonds de stabilité aux ressources limitées, un Mécanisme européen encore dans les limbes et un FMI dont l’intervention ne serait pas sans conséquences, puisqu’il préconise une politique « à l’américaine » ?

Il est généralement considéré que la BCE renouvellera si nécessaire son opération en deux temps d’injection massive de liquidité dans le système bancaire, afin d’agir en prêteur de dernier ressort (indirectement en direction des États). Mais cette éventualité se heurte à la question des collatéraux que les banques devront alors lui fournir en garantie, le talon d’Achille de cette stratégie.

La BCE rencontre à ce sujet l’opposition des banques centrales nationales, qui sont dépositaires de ce collatéral et qui ne veulent pas baisser encore leur seuil de qualité pour à nouveau en accepter. Avec derrière elles leurs actionnaires, représentés par des gouvernements pas prêts à en assumer le risque. Comme le souligne un article du Financial Times, cela reviendrait à faire entrer par la porte de derrière la mutualisation que représentent des eurobonds qui attendent devant celle de devant.

En refusant d’assumer ce risque elle-même, la BCE récolte ce qu’elle a semé. Même si elle a incité les banques centrales nationales à pratiquer une importante décote de 53 % sur les actifs qu’elles prennent en garantie. Mais on retombe alors sur un problème de pénurie. Car plus la décote est grande, plus les banques doivent fournir d’actifs pour emprunter un montant donné, alors qu’elles continuent d’avoir terriblement besoin de fonds et que le contexte actuel est très tendu.

Comme déjà constaté, la BCE est au mieux en mesure de rendre chronique une crise qui sans elle serait aigüe. Mais cela a un prix, qu’il faut payer. Il consiste à déplacer le risque de la périphérie au centre du système financier européen, et aux États si la BCE se soustrait.

La suite, très brièvement. Une vidéo-conférence entre dirigeants européens est annoncée pour cet après-midi. Le « G8 » se réunit à Camp David vendredi et samedi.

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Les CHRONIQUES DE LA GRANDE PERDITION viennent de paraître.

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68 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : À EN AVOIR LE TOURNIS, par François Leclerc »

      1. @karluss

        pour l’heure, l’or sombre aussi et fait de son refuge un leurre

        je ne sais pas si monsieur Jorion a déjà fait des billets sur l’or, si quelqu’un a un lien cela m’interesserait.

      2. Karluss,
        Un refuge n’est pas en paille. C’est l’histoire des trois petits cochons.
        Ne vous fiez pas au court terme, mais bien au moyen, long terme (regarder le cours de 1980 à nos jours comparé au Dow Jones).
        Le cours est maîtrisé par les banques à court terme (notamment par effet de levier). Imaginez le désarroi des banques qui vous proposent de la monnaie fiduciaire ou fiat (papiers) et de la monnaie scripturale (écritures) qu’elles contrôlent en terme d’émissions pratiquement illimitées avec accord de la BCE (d’où l’esclavage indirect ou direct du collatéral avec ou sans décote).
        Ensuite, la valeur de la monnaie repose principalement mais pas uniquement sur la confiance. La montée de l’or serait une défiance au système monétaire actuel. Cela pourrait entrainer la régulation par l’étalon, un retour en arrière.
        Par contre, je peux vous dire que si l’or monte rapidement, alors ce n’est jamais bon signe (instabilité et guerre).
        C’est juste un recours au cas ou le DJ (Wall Street) s’effondre (alors vous allez voir ou vont s’orienter les capacités financières investies dans les indices) ou bien un investissement sur le long terme. Je préfère la vision qui vise à diversifier son patrimoine.
        Leboutte, pour les 75 pages A4, vous avez raison, je vais y songer….
        signé l’avare !

    1. Moi, c’est celle-ci qui me fait rire…..et il faut bien rire un peu….
      « cela reviendrait à faire entrer par la porte de derrière la mutualisation que représentent des eurobonds qui attendent devant celle de devant »

  1. « Les dirigeants européens utilisent la crise qu’ils ont contribué à approfondir pour justifier la poursuite de ce qu’ils ont si bien entamé

    bien dit!

  2. Quand on voit ce que les top managment des hedge fund se sont versée en salaire en 2009 (apres 2008!) et quand on sait qu’ils sont à l’origine de cette crise, je m’indigne…

    1.David Tepper, Appaloosa Management
    Est. 2009 personal earnings: $4 billion

    2. George Soros, Soros Fund Management
    Est. 2009 personal earnings: $3.3 billion

    3. James Simons, Renaissance Technologies
    Est. 2009 personal earnings: $2.5 billion

    4: John Paulson, Paulson & Company
    Est. 2009 personal earnings: $2.3 billion

    5: Steve Cohen, SAC Capital Advisors
    Est. 2009 personal earnings: $1.4 billion

    http://www.ritholtz.com/blog/2010/04/top-10-hedge-fund-managers-2009-salary/

    1. Traduire billion en milliards, mais malgrè tout on est loin du pourboire, on serait plutôt prés du pourvoir en tout.

  3. « Les dirigeants européens utilisent la crise qu’ils ont contribué à approfondir pour justifier la poursuite de ce qu’ils ont si bien entamé. »

    Qu’ils dégagent !

    L’évolution radicale, pour moi, c’est une révolution. Point barre !

    Papillon

    1. j’approuve ; et que l’on se débarrasse une bonne fois pour toute de cette europe du pognon !!!

      1. Que les banques crèvent ! et que la BCE prête enfin aux ÉTATS à 1% plutôt que de continuer à enrichir les parasites des parasites !!

    2. Patience, Papillon
      Il faut en passer, au moins en France,
      vieux pays de tradition parlementaire et donc d’illusions,
      par une série de gouvernements réformistes,
      démontrant la collusion de tous les politiciens avec la bourgeoisie.

      Encore quelques petites années…
      Mais en attendant, il faut rassembler les révolutionnaires,
      car les fascistes ne perdent pas de temps.

    3. Ce que vous appelez de vos voeux (la révolution) n’est pas prêt d’arriver..
      Il suffit de regarder autour de nous, la résignation s’installe sournoisement mais certainement.
      Et l’individualisme et l’égoïsme s’installe chaque jour un peu plus.Ils sont la colle forte du « cadre » qui résiste.
      Lorsqu’il cédera ce sera avec fracas et tremblement.
      En attendant le spectacle politique et médiatique continue pour le grand « bien » des ignorants.

  4. Qu’est-ce qui retient le gouvernement grec de nationaliser les banques dont les fonds propres sont négatifs ? de mettre en place, en urgence, un contrôle des capitaux aux frontières ? L’Union européenne lui ferait les gros yeux ? De gouvernement, il n’y en a plus ?…
    Ne serait-ce pas un moyen politique de négocier avec le propriétaires grecs fortunés ?

    1. Il pourrait le faire, mais cela signifie que les contribuables grecs seront solidaires de toutes les pertes à venir. N’oubliez pas que la décote récente de la dette a impacté ces banques et donc le contribuable grec (au même titre que les créanciers étrangers, et parmi eux les contribuables français, allemands, etc).

    2. Les gouvernants, en Grèce comme ailleurs,
      sont les premiers à protéger leurs capitaux, leur classe, leurs parents et amis.
      Tous Fouquet’s…

      1. Je me suis posé la même question : qui retire son argent ? probablement des gens qui ont de l’épargne. J’ai pris ma calculette. Si le retrait moyen est de 20000 Euros, ce serait 60000 personnes qui seraient concernées. Je crois qu’on a affaire à un mouvement qui ne concerne pas que les privilégiés ( à mon avis ces derniers ont depuis plusieurs mois mis leur argent à l’abri).

  5. A propos des banques , si j’ai bien compris:pour avoir des liquidités il faut du collatéral ,et pour délivrer du crédit il leur faut déposer une fraction de ces liquidités à la banque centrale .
    Et ce collatéral liquéfié peut êtremultiplié par 7 ou 8 ?.Avec un taux de 1/100.?
    Éclairez moi si j’ai mal compris?

    1. oui; le collateral, c’est l’esclavage à long terme. Allons donner cela à nos enfants? Là est la vraie question….

    2. Le collatéral, ce sont les actifs qu’une banque doit apporter en garantie de ses emprunts. Les banques centrales nationales, en l’occurrence, ne prêtent que pour une fraction de leur valeur. Si un actif vaut 100, il est par exemple prêté 60 si la décote est de 40%.

      1. @François Leclerc

        « Depuis Dublin où il prononçait une conférence, Charles Dallara de l’Institute of International Finance (IFF [argh !]) (…) Quand l’IFF ([re-argh !]) parle, les dirigeants écoutent. »

        IIF ou IFI (in french), m’enfin ! … sinon y en a des qui confondraient avec FFF voire FIFA.

    3. non, ce n’est pas une fraction des liquidités qu’elles doivent déposer mais des titres (actions, obligations, créances,…). Par exemple, lorsqu’elles vous attribuent un crédit alors elles disposent d’un titre sous forme d’une créance (un remboursement que vous promettez) donc d’une valeur qu’ils leurs permettent de disposer à nouveau d’une nouvelle possibilité de financement liquide ou pas. Ne pas confondre monnaie fiduciaire (liquidité) et monnaie scripturale (crédit). Pour toute création monétaire liquide (fiduciaire) ou pas (scripturale), la banque doit posséder une contre partie (reconnaissance de votre dette , ou des actions, ou des obligations d’Etats par exemple) qu’elle valorise auprès de la BCE (controle monétaire). C’est la BCE qui donne les liquidités à votre banque (dans le cas ou votre banque ne dispose pas des liquidités) et en contre partie votre banque valorise votre reconnaissance de dette (actif).
      Le crédit n’est pas forcement que liquide. Il en va de meme pour les actifs….
      Mais achetez le livre de Mr Jorion « l’argent mode d’emploi », je pense que vous trouverez votre bonheur.

      1. rectificatif: « qui leurs permet de disposer » mais toujours à 4hrs du mat.
        Désolé pour les linguistes…..

  6. Faut espérer que les tensions font, plus loin qu’en expressions, des considérations à reconsidérer!
    « On ne sait jamais » disait une amante russe.

    Faut s’imaginer dans un bolide, et on se demande si fonctionnent les organes techniques!
    On regarde même plus la piste?

  7. Juste en passant, les cours du jour:
    Crédit Agricole: 3 € et des broutilles, pour mémoire 35 € en 2007
    BNP: 25 € pour mémoire, 78 € en 2007
    SOC GEN 15.5 € pour mémoire, 155 € en 2007
    A part ça, les banques sont solides et les fondamentaux sont bons!

    1. en tout cas, étant donné les volumes, il y en a qui s’en mettent plein les portefeuilles, c’est les soldes avant la grande « solderie » 😉

  8. http://www.bbc.co.uk/news/business-18071070

    Eurozone was ‘very close to collapse’

    A European Central Bank board member has conceded the ECB may have « saved » the eurozone banking system and eurozone economy in Autumn 2011 by providing one trillion euros of emergency loans to hundreds of European banks at an interest rate of just 1%.

    => Is the money trickle into the economy ? No on contrary, it’s stocked in the Banks.

    Donc, pas d’inflation.

  9. Ça chauffe en Espagne… Une femme a abordé dans la rue cet après-midi le ministre du budget espagnol, C.Montoro, quand il descendait d’une voiture et lui a dit qu’elle travaillait depuis l’âge de 13 ans et qu’elle avait tout son argent chez Bankia. Malgré le fait de l’avoir rassurée, elle lui a sorti: « Si on me l’enlève je tue quelqu’un ! ».

    http://politica.elpais.com/politica/2012/05/17/actualidad/1337275517_678278.html
    http://www.libremercado.com/2012-05-17/una-mujer-aborda-a-montoro-en-la-calle-como-me-quiten-mis-ahorros-mato-1276458794/

    1.  » ..je tue quelqu’un.  »
      et si elle avait dit :  » je tue un ministre « … ?

      1. Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
        Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
        Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
        Sans un geste et sans un soupir;

        Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
        Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
        Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
        Pourtant lutter et te défendre;

        Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
        Travesties par des gueux pour exciter des sots,
        Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
        Sans mentir toi-même d’un seul mot;

        Si tu peux rester digne en étant populaire,
        Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
        Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
        Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;

        Si tu sais méditer, observer et connaître
        Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
        Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
        Penser sans n’être qu’un penseur;

        Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
        Si tu peux être brave et jamais imprudent,
        Si tu sais être bon, si tu sais être sage
        Sans être moral ni pédant;

        Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
        Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
        Si tu peux conserver ton courage et ta tête
        Quand tous les autres les perdront,

        Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
        Seront à tout jamais tes esclaves soumis
        Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

        Tu seras un Homme, mon fils.

        Rudyard Kipling (1865-1936)

      2. @ vanishing point

        À mon avis c’est ça qu’elle avait envie de dire, mais elle n’a pas osé, vu que le type était entouré de gardes de corps et de journalistes…

        Elle dit « mato a quien sea » ce qui, dans ce contexte, sous entend « a quien sea necesario », c’est à dire « je tue celui qu’il faut ». Et vu la tête qui fait Montoro, je crois qu’il a compris le message… (et c’est vrai qu’en Espagne en ce moment, s’il y avait « corralito argentino » il y aurait des banquiers et des ministres qui auraient intérêt à s’exiler le plus loin possible).

  10. L’être humain a tendance à ne croire que ce qu’il voit. et à ne s’intéresser qu’à lui-même.
    L’anticipation, c’est pas son fort.
    Les prévisions de catastrophe, « ça lui en touche une sans faire bouger l’autre ».
    Il en va ainsi depuis les origines.
    Et en plus, de nos jours, il compte sur les experts pour le sauver in extremis (avant il priait les dieux).

    1. C’est vrai, quand on prend un coup de pied dans le derrière, on ne le voit pas arriver mais on le sent passer….

  11. A Nancy il y a bien longtemps sur un stand de la foire exposition annuelle, j’ai pu voir un poète inventeur du mouvement perpétuel.
    Mais lui avait construit la machine contrairement à tant d’autres!
    Evidement elle n’était pas tout à fait terminée et de ce fait ne pouvait pas fonctionner disait-il.
    Il y croyait d’autant plus qu’il savait inconsciemment que la terminer c’était la mort de sont rêve, la fin de l’obsession merveilleuse de toute sa vie, la fin de sa raison d’être.
    Il me paraissait âgé et sans doute n’est-il plus de ce monde ne nous ayant légué qu’un embrouillamini d’axes d’acier brillants, de roue dentées et de colonnettes de laiton poli.
    La grande faucheuse aura eu raison de ces recherches.

    En tous cas je n’ai pas oublié ce personnage et en vous lisant cher professeur François Leclerc je me demande si vous ne nous rapportez pas jour après jour les avancées obsessionnelles, malhabiles et de plus en plus farfelues des inventeurs du mouvement perpétuel de la finance.
    Ils me semble qu’ils sont nombreux sur notre terre en ce moment.

  12. Hier conversation avec un cousin travaillant au PNUD (programme des Nations Unies pour le Développement) en Afrique et lui ai demandé comment il nous voyait dans la crise . Pour lui, c’est une crise de civilisation, il n’y a pas eu les forces suffisantes pour prendre les mesures qu’il aurait fallu prendre. Les seuls qui pourraient venir en aide à l’Europe quand tout ira encore plus mal, ce sont les Chinois. Pour lui, l’affaire est entendue : c’est la fin de la civilisation occidentale.
    Le fait de vouloir nous refermer sur nous mêmes, de fermer les frontières n’aboutira à rien. L’avenir est au métissage.

  13. Ambiance bank run en Espagne et en Grèce;
    Krach à l’horizon ? on dirait que le mouvement s’accélère…

    1. Je suis convaincu – nous verrons bien – qu’il n’y aura pas de Krach.
      La finance étant mondialisée, manupulatrice, le petit actionnaire exclu, plumé, il ne reste plus que les ordinateurs et leurs hautes fréquences de trading pour générer du volume.

      Nous allons assister plûtot à une descente lente et longue qui nous conduira aussi bas qu’un krach mais sans sa violence instantanée, du moins je le pense… afin de ne pas générer de panique au niveau mondial.
      Et au besoin, ils fermeront les marchés.

      Pas de krach au japon mais une lente agonie
      http://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=KKYp&t=lc9
      24000 points au maxi pour 8800 aujourd’hui soit grosso modo 70% de baisse par vagues sucessives.
      Un beau krach en silence.

      Quant à nous, en France, les valeurs boursières (bancaires et industrielles) subissent le même sort :
      http://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=UGp&t=lc9
      http://www.abcbourse.com/graphes/eod.aspx?s=BNPp&t=lc9

      Le krach larvé a débuté en 2007 environ et se poursuit lentement.
      Je pense que nous allons corriger les excès des années folles du crédit et revenir au niveau de valorisation des années 1990 avant que la finance ne prenne l’importance qu’elle a aujourd’hui. En gros, gommer les années Reagan et Tatcher.
      Soit un CAC proche des 2000 points.

  14. « Un rapport alarmiste sur l’état de la planète.

    Le rapport 2012 « Planète vivante » publié par WWF s’inquiète du tarissement des ressources naturelles d’ici à 2030.

    Trop de consommation, des ressources naturelles surexploitées et une population de plus en plus nombreuse mettent la planète Terre en danger, selon le rapport 2012 Planète vivante publié mardi par le WWF (World Wide Fund for Nature), quelques semaines avant le sommet de Rio.
    […]
    Selon Jim Leape, directeur général de WWF International […] le monde « vit comme si nous avions une planète supplémentaire à disposition. Nous utilisons 50 % de plus de ressources que la Terre ne peut en produire de manière durable, et si rien ne change, d’ici l’an 2030, même deux planètes supplémentaires n’y suffiront pas ».
    […]
    Le rapport 2012 Planète vivante utilise un indice pour mesurer les changements dans la santé des écosystèmes de la planète. Cet indice suit plus de 9 000 populations de plus de 2 600 espèces, et montre un déclin global de toutes les populations depuis 1970. Ce sont les écosystèmes tropicaux qui sont les plus touchés, avec une baisse de 60 % en 40 ans. Le rapport souligne aussi l’impact de l’urbanisation. En 2050, deux personnes sur trois vivront dans des villes. La population dans les pays pauvres a été multipliée par 4,3 depuis 1961, et leur empreinte écologique a augmenté de 323 % durant la période, dénonce encore le rapport.

    Par ailleurs, 13 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année de la planète entre 2000 et 2010. Les pays des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie et Chine) et les pays à revenu moyen ont augmenté leur empreinte écologique par habitant de 65 % depuis 1961. Cependant, la différence entre empreinte écologique des pays riches et pays pauvres reste énorme. Le rapport montre que l’empreinte écologique des pays riches est 5 fois supérieure à celle des pays pauvres. Les 10 pays à la plus forte empreinte écologique par individu sont le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes unis, le Danemark, les États-Unis, la Belgique, l’Australie, le Canada, les Pays-Bas et l’Irlande.

    La population mondiale a plus que doublé depuis 1950. De 7 milliards en 2011, elle devrait atteindre plus de 9,3 milliards d’ici 2050. Le rapport propose des solutions pour « créer un avenir propère » pour « 9 voire 10 milliards » de personnes d’ici 2050. Parmi ces solutions figurent une production utilisant moins d’énergie et une réduction de la consommation. »

    http://www.lepoint.fr/science/un-rapport-alarmiste-sur-l-etat-de-la-planete-15-05-2012-1461514_25.php

    1. @ Pablo75 17 mai 2012 à 23:36

      La population mondiale a plus que doublé depuis 1950. De 7 milliards en 2011, elle devrait atteindre plus de 9,3 milliards d’ici 2050

      L’étude faite par Paul Chefurka conduit à des prévisions beaucoup plus sévères puisqu’elle donne un maximum à environ 7,5 milliards en 2025 et un déclin rapide ensuite, conduisant à 1,8 milliards en 2100
      http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

    2. Ce qui ôte beaucoup de leur force aux analyses des écologistes ou post-développementistes, c’est qu’elles semblent – du moins les en accuse-t-on systématiquement, et peut-être pas toujours sans raisons – de vouloir bloquer la marche de l’histoire. Voire faire machine arrière et retourner à des formes sociales historiques passées. Une telle perspective est vouée à l’échec. Ce qu’il importe de montrer, ce n’est pas d’abord ce à quoi l’humanité doit renoncer pour sauver la planète, la croissance ininterrompue, mais tout ce qu’elle a à gagner à le faire. Et pas seulement sa survie, qui n’est pas une motivation suffisante. Écrire sur les paquets de cigarettes que fumer nuit gravement à la santé ou tue, ne dissuade que les fumeurs déjà décidés à arrêter. C’est l’idéal d’un progrès purement économique ou technoscientifique qu’il faut répudier. Pas celui du Progrès en tant que tel. Au contraire.

      Alain Caillé, Pour un manifeste du convivialisme, Le bord de l’eau, 2011

      Pendant un siècle et demi, le moteur des luttes était dans le futur, dans une promesse. On vit aujourd’hui dans une société où le futur représente une menace. Ce n’est donc certainement pas dans le futur que l’on va trouver la force de se battre. Toute évocation du futur a tendance à nous inhiber, à nous paniquer. Et c’est justement au nom de ce futur que le pouvoir nous domine et nous rend triste. Comment bouger si nous n’avons pas la motivation d’une promesse ? Le moteur des luttes a changé de place, il est ici et maintenant, dans le présent. (…) Le néolibéralisme n’est pas centralisé, il existe sous des formes différentes dans chaque lieu. La question n’est pas comment le vaincre, mais comment résister au néolibéralisme dans chacune de ces situations. (…) Le néolibéralisme a capturé la puissance d’agir des gens dans le désir de consommation, dans la peur. Notre question : comment libérer la puissance d’agir des gens ?

      Miguel Benasayag : « Libérer la puissance d’agir des gens »

      1. Fujisan : merci de rappeler l’existence de Benasayag, qui a beaucoup parlé de ce qui préoccupe nombre d’entre nous, le comment de la transformation et du passage à l’acte. C’est un ancien militant gauchiste activiste des luttes armées en Argentine qui a fait plus qu’un aggiornamento à ce sujet, une analyse complète du surmoi militant et de ses impasses : il a rompu avec toute les conceptions avant-gardistes, qui ne sont finalement que variantes de l’illusion « on agira dès qu’on aura la théorie complète de ce qu’on veut faire » avec ce que cela implique dans la conception de la praxis politique (une théorie, ses prêtres et ses chefs, les rapports de pouvoir et de savoir -les effets d’orthodoxie) que cela induit. L’idée force chez Benasayag, c’est la création d’un plus désirable que ce que nous critiquons : pour que la critique ne soit pas verbalisme, c’est-à-dire pour qu’elle ait une efficience, il faut qu’elle rendre plus désirable un mode d’existence qu’un autre mode d’existence (c’est un spinoziste et un deleuzien comme vous le voyez). Pas la peine donc de refuser Mc Do aux enfants (moralisme autoritaire des passions tristes : c’est pas bien / c’est pas bon) si vous n’avez pas de quoi leur faire désirer mieux. Voilà la tâche : rendre désirable un autre mode de société et d’existence.

    3. @jducac
      Tu parles d’une démonstration cette histoire de Corée du Nord! Alors si on est contre le néolibéralisme on est forcément pour la dictature nord-coréenne? A force de raser les paquerettes jducac Madame doit avoir de beaux bouquets. Elle n’est pas allergique au moins?

      1. @ D-croissance 18 mai 2012 à 18:14
        Tout le monde peut finir par devenir allergique quand il y a abus. Il m’a fallu user de cet abus pour faire comprendre que cela ne rime plus à rien de citer à tout bout de champ, le néolibéralisme et le capitalisme comme étant les seuls responsables de ce qui nous arrive en Occident.

        Il faut regarder la situation en face. Nous, occidentaux, principalement en Europe et surtout au Sud, nous consommons trop au regard de ce que nous produisons. Il nous faut réduire nos consommations et comme nous n’avons pas été en mesure de le faire seuls, en nous montrant responsables, certains pays consommant moins que nous et travaillant plus, nous ont mis KO à l’aide de leur capital humain, nombreux, peu coûteux et économe.

        N’est-ce pas un comble, que cette leçon de vie nous soit donnée par un pays gouverné par un parti communiste, se comportant en vrai capitaliste et en créancier des champions de la gloutonnerie.

        Il s’est servi du piège de la consommation excessive pour nous ramener à la raison et éventuellement nous éliminer de la planète, laquelle, faute de capter suffisamment d’énergie hors du filon des énergies fossiles, va devoir réduire ses effectifs.

        D’où cette histoire du gobe-mouches qui n’a pas plu à tout le monde.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=36936#comment-320782

  15. Foutaise tous ces articles négatifs François, Paul, et les autres..
    Allons, ressaisissez-vous !!

    NS avait dit que la crise grèque était terminée.
    Madame La Marquise avait dit que la crise ne traverserait pas l’Atlantique, etc, etc …

    Quelle trace laisseront-ils dans l’histoire ?
    A tout le moins il conviendrait de juger tous les personnages ayant failli à leurs responsabilités vu la tournure dramatique des événements, la finance mondiale, les paradis fiscaux prospérant comme jamais.

  16. @ François Leclerc :
    « Mais cette éventualité se heurte à la question des collatéraux que les banques devront alors lui fournir en garantie, le talon d’Achille de cette stratégie. »
    Passerait-on ainsi de la crise de solvabilité à celle de la liquidité, en sus ?

    La qualité des collatéraux a d’abord été infecté par la titrisation et la crise de confiance s’est ainsi répandue. Ceci a ensuite créé la crise souveraine comme palliatif, qui créée la crise économique et sociale. Mais la crise souveraine créé aussi une crise de la qualité des collatéraux, puisque jusqu’à maintenant, la qualité maximale était attribuée aux obligations souveraines, selon les notes attribuées. Comme ces collatéraux-référents sont remis en cause en tant que qualité référente, on observa alors un ‘flight to quality’, ‘fuite vers la qualité’ des investisseurs mais aussi des banques, qui ont besoin, de manière croissante, de collatéraux de qualité afin d’accéder aux liquidités des banques, dont elles sont devenues de manière croissante dépendantes. Que les collatéraux de qualité viennent à manquer et les banques n’ont plus comme secours que les banques centrales nationales avec l’ELA.
    Le problème, pour les banques, c’est que ce ‘flight to quality’, elles ne sont pas les seules à l’effectuer : d’où la baisse tendancielle du rendement des obligations allemandes, US et même françaises. Bientôt, elles paieront pour obtenir des obligations de qualité. A l’inverse, ce mouvement produit de très fortes hausse sur les économies ‘du sud’, que ce soit sur les marchés actions ou sur les monnaies, avec des phénomènes de carry trade, qui pousse à la surchauffe de ces économies. De même pour les obligations des multinationales.

    Le prix de la liquidité augmente au fur et à mesure que le prix de la qualité augmente.
    Et plus le prix de la qualité augmente, plus la liquidité devra être importante : d’où le besoin des LTRO, afin de fournir en quantité suffisante de liquidités aux banques pour acquérir des collatéraux de qualité à des prix croissants. Sauf qu’à un moment donné, il faut bien rembourser celui ou celle qui fournit les liquidités … à crédit : la BCE. Alors, que fait-on ?
    On augmente le niveau de « l’open bar ». En espérant que tendanciellement, on aura assez de temps diponible pour que la taille des bilans se réduise suffisamment pour que les fonds propres redeviennent suffisants …
    Ceci ne peut ‘fonctionner’ que si les déposants ont confiance dans le système. S’ils ne l’ont plus, on en augmente sa fragilité.

    Autre problème : les CCP (pas ceux de La Poste, les chambres de compensation).
    « Second, in a global system that some estimate is undercollateralised by as much as $2 trillion (due in part to the sovereign effect), there are real risks associated with fragmenting the business of clearing and settlement further. Instead of depending on a handful of systemically important banks to clear and manage margin collateral, you move to a system that depends on dozens of CCPs to fulfill the same function and at a higher collateral per unit of clearing at that, since fragmentation decreases overall netting. »
    http://ftalphaville.ft.com/blog/2012/05/17/1005011/the-undercollateralisation-risk/

    Le problème de collatérisation est donc global, d’autant que les chambres de compensation se sont multipliées, créant par ailleurs une forte concurrence entre elles et … augmentant ainsi, par la réduction du nombre d’acteurs par chambre, le prix de la collatérisation pour le clearing :
    « Indeed, because CCPs charge and implement initial margin models on their own terms, they’re much more likely to reverse the collateral efficiencies achieved by the old system, where risk was managed by only about a dozen large banks. »
    « In the long run, increased collateral requirements might be a good thing — since more collateral ends up backing more trades — but the question remains: can the system handle the transition? And more importantly, will there — in the current environment – be enough collateral available to meet the additional demand resulting from more CCP use? »

    La théorie de la répartition des risques par un recours croissant au clearing n’a donc pas abouti à la centralisation des risques sur une CCP mais plutôt à l’augmentation de la complexité et la fragilité du système, en augmentant le nombre de CCP, du fait de la concurrence et de l’absence de régulation, cette concurrence ne faisant que renforcer la fragilité croissante du système de liquidité (clearing), à cause d’une demande de solvabilité (qualité) croissante. Qui plus est, rendant plus élevé les coûts de transactions, alors même que la standardisation et les chambres de compensation devaient au contraire produire l’inverse.

    La crise s’est généralisée, à tous les compartiments.
    Pire, elle s’est répandue, en se multipliant.

    PS : sur ce sujet, de collatérisation, que pensez-vous de la proposition d’un auteur cité par l’article, économiste au FMI ?
    « In summary, placing a levy on derivative payables would be a better alternative, as it addresses the ‘original sin’ (i.e. some derivative users not posting their share of collateral) and also lower CDS spreads from spiralling during distress. »
    http://www.voxeu.org/index.php?q=node/7546

  17. Le front americano-britannique utilise habilement l’affaire grecque pour détourner l’attention de sa situation. Lire la dernière déclaration de la FED qui se déclare très préoccupée par le « mur de la dette américaine » et prévient qu’elle n’a plus les moyens d’aider l’économie US.
    Le vrai coeur de la tempête est là.

    1. « Si on se débarrassait du front américano-britannique, tout pourrait encore s’arranger ! »

      Mon pauvre ami ! Ce qui est sympathique avec les xénophobes et conspirationnistes comme vous, c’est que vous restez encore d’indécrottables optimistes !

  18. « plus les banques doivent fournir d’actifs pour emprunter un montant donné, alors qu’elles continuent d’avoir terriblement besoin de fonds »

    La Grèce va sortir de ce garrot et ce sera très bien pour elle. A l’évidence, le gouvernement grec comme les responsables BCE et chefs d’Etats de l’UE n’ont rien à cirer du peuple grec, de ces gens qui vivent avec des salaires amputés de 30%, des retraites de 40%, etc. Ils n’ont rien exigé de la canaille nommée « armateur » ou « pope », qui ne pait pas d’impôts, ne participe en aucune manière au sauvetage du pays, mais continue à filer à l’étranger, à fuir en emportant l’argent qu’elle a ramassé sur le dos des salariés grecs. Cette omission du gouvernement grec et de la BCE est aussi volontaire que criminelle.

    Mais pourquoi les banques ont-elles à ce point besoin de fric, alors qu’elles ne prêtent pas ou peu ? Pour spéculer ?…Pour rembourser les junks bonds ?…

  19. Je tiens à signaler que la crise ne vient pas d’une espèce géographique quelconque. C’est délirant de penser que les faiseurs de crise habitent au même endroit. Si ils existent, ils se partagent plutôt le monde et ne vivent pas tous regroupés dans un HLM de luxe. Ainsi, les pauvres gens sont partout. Voyagez si vous doutez. Dans tous les pays du monde, les répercutions se font sentir (US et GB compris) sauf peut être dans les paradis fiscaux. Il ne faut pas stigmatiser ou réduire les problèmes sur des critères géographiques. C’est une guerre assurée….
    C’est plutôt un système qu’il faut bannir.
    Restons unis.
    Quand je dis que le problème vient de notre intériorité et pas dans l’extériorité !

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