L'actualité de la crise : ON NE SAIT JAMAIS ! par François Leclerc

Billet invité.

Dans l’attente des développements grecs, c’est à qui prendra ses petites précautions. Signe que les marchés ne sont pas les derniers, le taux des obligations allemandes à dix ans, les Bunds, ne cesse de baisser. Lundi matin, un nouveau recul a été enregistré, ce taux atteignant 1,470%, un niveau inférieur à celui de l’inflation. Faut-il avoir besoin d’un refuge pour accepter un tel sacrifice !

Paul Krugman, qui analyse la crise européenne de la dette depuis l’autre rive de l’Atlantique, prédit l’avènement d’une panique bancaire (un retrait massif et précipité des dépôts) dès que la Grèce sortira de la zone euro. Elle affecterait en priorité les banques espagnoles et italiennes, qui n’ont pas besoin de cela, et pourrait impliquer le rétablissement d’un contrôle des transferts bancaires dans ces deux pays, ainsi qu’un plafonnement des montants des retraits.

D’après Der Spiegel, les autorités allemandes auraient élaboré un plan en cas de sortie de la Grèce de la zone euro, pour ne pas être prises de court. L’idée serait de poursuivre la pratique des prêts du Fonds de stabilité européen (FESF) destinés à rembourser la BCE. Ce qui permettrait d’éviter que celle-ci n’accuse des pertes et reviendrait à transférer la dette des livres de la BCE au débit des États. Toujours d’après le même plan, la sortie de la zone euro n’impliquerait pas celle de l’Union européenne, la Grèce devenant alors éligible pour une aide des vingt-sept et non plus des dix-sept, ne lui laissant toutefois que des espoirs mesurés d’être aidée…

On apprend enfin que, selon la Banque d’Espagne, la dette des banques espagnoles envers la BCE atteint désormais 263,5 milliards d’euros. Ce qui illustre une fois encore combien elles sont sous assistance permanente et induit en même temps une question qui n’est pas innocente : mais est-ce bien la Banque d’Espagne qui accueille les actifs donnés en garantie par les banques et de quelle nature et qualité sont-ils donc ?

La ruée enregistrée ou bien prédite vers les refuges disponibles, comme l’évacuation discrète par les banques de leurs titres de la dette souveraine, expriment une perception du danger que les dirigeants politiques s’efforcent de minimiser, ne sachant pas comment y répondre. La précarité de ces havres n’en est pas moins flagrante.

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46 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : ON NE SAIT JAMAIS ! par François Leclerc »

    1. La Bourse aussi..
      L’absence de gouvernement en Grèce et la perspective d’une sortie du pays de la zone euro ont fait dégringoler les principaux indices boursiers européens. La Bourse de Paris termine en baisse de 2,29%, celle de Londres de 1,97% et celle de Francfort de 1,94%.

    1. j’ai le nez rose rouge
      mes moi(s) sont en émoi
      j’ai le névrose blues
      je bois du rouge pour que ça bouge !

  1. On entend dire, ici ou là, que le Portugal est sur la bonne voie pour réaliser ses objectifs de réduction de ses déficits sur fond d’austérité et de mesures draconiennes (suppression de jours fériés,..) sans que l’on ai écho de mouvement de protestation ou d’opposition comme en Grèce Italie et Espagne. Qu’est est t’il vraiment ? La situation portugaise est elle différente ou faut t’il avoir une acceptation plus culturelle de la rigueur et de l’austérité. En somme y a t’il un PIGS vertueux ?

    1. La situation sociale est tendue et la vie est redevenue difficile pour beaucoup. Les jeunes pensent à leur avenir en se préparant à émigrer, les autres se débrouillent, un retour vers les campagnes est enregistré. Politiquement, elle est bloquée en raison de la position du parti socialiste, bien qu’il soit dans l’opposition. Le gouvernement attend la première occasion pour renégocier le plan de sauvetage en s’appuyant sur des contraintes extérieures indépendantes de sa volonté. Symboliquement, les officiers du Mouvement des Forces Armées (MFA) responsables de la chute de la dictature et de la fin de la guerre coloniale ont refusé de se rendre aux festivités officielles de commémoration du 25 avril.

  2. Toujours d’après le même plan, la sortie de la zone euro n’impliquerait pas celle de l’Union européenne, …

    Tiens, tiens: je me souviens d’un temps pas si lointain où les médias étaient unanimes pour affirmer que c’était impossible… 🙂

    1. La différence entre un pays de la zone euro et un de l’UE, c’est qu’on a strictement rien à cirer du second (demande donc aux lituaniens, ou aux bulgares, voire aux hongrois ou mieux : demande à JLM ce qu’il pense des premiers…). T’en entends beaucoup causer de ces zigues ?

      1. Le choix revient aux Grecs.

        Et je ne suis pas certain, vue la situation, que cela change grand chose pour eux, quant à leur avenir, merdique.

      2. Ouaip, mais à tout prendre et dans l’genre alternative débile, tant qu’à en chier, il vaut p’têt mieux en chier en se disant «c’est d’ma faute mais j’va m’en tirer, avec eux si possible», qu’en chier en se disant «c’est d’leur faute et j’va jamais m’en tirer avec eux».

      3. @ Bruno :
        Le choix n’est pas de rester ou non dans l’euro.
        Le choix est de savoir si oui ou non, la zone euro et au-delà, l’UE accepte un défaut organisé ou s’il préfère un défaut à l’arrache. La Grèce ne peut pas continuer comme cela.
        Tous, y compris les allemands, le savent.
        Donc :
        1/ soit on organise un défaut, mais cette fois-ci pour l’ensemble de la zone, si l’on souhaite ‘sauvegarder’ l’euro monnaie unique
        2/ soit on met en place une monnaie commune de compensation et les dévaluations qui s’imposent pour les pays concernés, couplés à des défauts partiels
        3/ soit la Grèce fera défaut de manière sauvage en l’absence de choix des européens (ce qui est bien partis pour), entrainant avec elle la zone euro toute entière
        En tout cas, faut pas rêver, la Grèce ne sortira pas gentiment toute seule avec sa petite dette de l’euro. D’autant que Syriza n’a aucunement l’intention de sortir de l’euro et encore moins de l’UE et que personne ne peut les en faire sortir.
        Le choix des grecs est de savoir s’ils veulent faire perdurer la politique en cours ou pas.
        Le choix des européens est de savoir, face à ce choix des grecs, ce qu’ils veulent faire de l’Europe.

      4. @ Vigneron :
        «c’est d’ma faute mais j’va m’en tirer, avec eux si possible»
        Question ‘faute’, les torts sont largement partagés.
        Et question ‘si possible’, pour l’instant, cela ne l’est pas.
        Va falloir que les européens choisissent, eux aussi.

      5. Nationalisme beauf …
        Reportage diffusé sur France 2, le 2 juin 2005.
        Mélenchon:
        « eh bien, qu’ils aillent se faire foutre, les lituaniens!
        t’en connais, toi, des lituaniens ? j’en ai jamais vu un moi ! »

      6. Zeb, ok, mais le choix ce serait aussi d’arrêter de dire comme ce gribouille de Méluche hier encore sur la cinq que (en gros) « c’est tout la faute à ces quelques salauds d’allemands qu’ont leur pognon placé en retraite capitalisée et que ce sont ces mêmes salopards qui votent Merkel/CDU qui sont les ceusses qui saignent nos camarades grecs ». C’est bon là, c’est bon, merde. Doucement les basses quoi. Y’a qu’Allianz et DeutscheBank en Europe qui préparent la sanguette pour les retraités et futurs-retraités eurozonards ou quoi ? La gerbe ce mec, définitivement la gerbe.

      7. Grèce : la sortie de l’euro, un gouffre financier pour la France

        « La BCE, très exposée

        À eux seuls, les contribuables français risquent de devoir régler une facture de 66,4 milliards d’euros (soit un peu plus que le budget annuel de l’Éducation nationale), au cas ou Athènes déciderait de ne rien rembourser, a calculé Éric Dor, directeur de la recherche à l’Institut d’économie scientifique et de gestion (IESEG). On comprend la réticence de l’Allemagne à passer l’éponge sur la dette grecque : étant donné son poids dans l’Union monétaire, Berlin devrait débourser encore plus d’argent que Paris, à due proportion de son poids dans le capital de la Banque centrale européenne (BCE) et de ses garanties apportées au pare-feu de la zone euro, le fameux Fonds européen de stabilité financière (FESF). »

        Etc… (obligations grecques rachetées par la BCE, FESF,banques…)

        Voilà, où est le « vrai » problème!

        Nota: un gouvernement « technique » (et non politique) serait mis en place, en Grèce (source: Arte, 19:45)

      8. @ Vigneron :
        C’est vrai quoi, tous à bouffer des saucisses avec leurs casques à pointes …
        Bon, disons que c’est une dimension, comment dire … (pas trouvé mieux encore) ethno-politiquement centrée : Nous, les français (enfin, les vrais, ceux du FDG, ceussent qu’ont du rouge dans les veines et pas du jus de chique de chez les socialos, et c’est pas les 30 ans passés chez ceussent qui viendront changer quoique ce soit de couleur chez Méluche), on connaît les coupables.
        C’est simple : tous des allemands. Et capitalistes, par dessus le marché !
        Ahlala, si on était pas aussi fraternels de chez Europe, on s’en irait leur dire leurs vérités, à ces choucroutes de bouffeurs …
        La révolution ? C’est chez nous, pardine !! Les grecs, c’est des satellites de chez Jupiter, pas capables de ravir Europe, voir le monde. Révolutionnaires depuis 93, pensez, ça fait un bail, c’est écris dessus, sur la boutique : l’original, l’indépassable. AOC véritable ‘de gauche’.

        Les banques françaises et les z’épargnants-gna-gnan qui votent pour nous en France et surtout que faut pas les effrayer avant les législatives (après, c’est permis) ?

        Connais pas.

  3. Quelques précautions valent mieux que l’attentisme. Ce n’est peut-être plus une prédiction. Il est peut être acté (dans les esprits) que la Grèce est condamnée à sortir de l’Euro.

    Le site de la finance pour tous revient au moyen d’ articles très intéressants sur la génèse de la crise actuelle.
    http://www.lafinancepourtous.com/

    1. Pour la transparence il faut savoir qui est derrière l’IEFP qui possède le site:

      Outre Erik Pointillart, Bernard Simler et Guillaume Sarlat, sont membres du bureau : Pierre Bocquet, Natalie Lemaire et Marie-Claire Plaud, représentant respectivement la FBF, l’AMF et NYSE Euronext, en qualité de membres de droit, ainsi qu’Alain Elie et Jean-François Filliatre.

  4. Qui achète des bunds à 1,47% pour un risque à peine plus faible que la France (si la France tombe, l’Allemagne ne fera pas long feu) qui émet des oat à 2,82%.?

    1. A peut prêt tout ceux qui sont soucieux ou contraints à faire tout ou partie de leurs placements en actifs « sécurisés » (compagnies d’assurances, banques, fonds de pension publiques et privés, sociétés de gestions sicav ou fcp…). La dette allemande reste, et malgrès tout, plus « vendeuse » que la française en terme de sécurité

      1. La dette allemande reste, et malgrès tout, plus« vendeuse » que la française en terme de sécurité

        On va dire la plus liquide surtout. Et assurément en tous cas celle qui a le plus à perdre et le moins à gagner.

  5. et l’or chute toujours 1556$ l’once (on était à 1645$ la semaine dernière).

    Il n’y a plus de refuge.

      1. La Société Protectrice des Actionnaires, dite en France l’Etat,
        avec son gouverneur d’Alternance Hollandreou ,
        ne dépose jamais le bilan, seulement quelquefois les armes.

    1. @ ced
      Descente toujours bon à prendre sur BRENT pour ma p’tit voiture, on a oublié mais celui ci était descendu de 146.08/baril juillet 2008 à 39.74/ baril novembre 2008 .Et le pic oil ,où qu’il est, si tout retombe , il n’y plus de refuge mon bon Monsieur .

      1. @Amsterdamois
        Si on avait franchit le pic oil , pic de production, les prix ne descendraient plus .Vaste fumisterie

    2. Si le bond allemand ou le Suisse, qui battent des records en ce moment, avec taux en baisse sous l’inflation, comme le dit Francois Leclerc.
      Le bond US également.

  6. @ l’albatros – Peut-être ceux qui pensent que l’euro disparaitrait, option d’avoir du mark avant l’heure en quelque sorte. Le mark serait alors aussi – voire plus fort que l’euro actuel alors que toutes les autres monnaies européeennes seraient dévaluées d’un pourcentage substentiel par rapport à l’euro… Néanmoins sur 10ans c’est pas forcément finaud. Pour info le bund à deux ans est à 0.06% !

  7. En cas de défaut, les grecs n’ont pas besoin d’abandonner l’Euro s’ils veulent le garder, il n’est pas prévu de mécanisme d’exclusion d’un membre. D’autre part, en tant que nation redevenue souveraine, les grecs ont le choix de leur monnaie, qui peut être l’Euro, même sans faire partie des instances de décision, où leur poids est de toutes façon négligeable.

    1. 4 ans qu’ils sont en défaut , ils veulent seulement du peze , sortis ou pas , ils sont dedans le caca.

    2. Prendre pour monnaie nationale la monnaie d’un autre pays ? voyez l’argentine qui avait choisi le $!

    3. Est-on assuré qu’ils trouveraient des investisseurs prêt à leur louer des euros?
      Est-ce que leur budget est passé en boni primaire?

      Dans l’autre sens, en cas de retrait de la zone euro… qu’est-ce que la Grèce produit?

    4. Le Kosovo et le Monténégro ont unilatéralement adopté l’Euro, alors qu’ils ne font même pas partie de l’UE!
      Alors effectivement, si les Grecs veulent rester dans l’Eurozone, la seule solution pour les en expulser sera de les occuper manu militari.

      Et encore…

      En plus, occuper la Grèce n’est pas de tout repos, les Allemands devraient s’en souvenir… 😀

  8. @ Vigneron

    Le système de retraite par capitalisation était ici visé plutôt que le peuple allemand. Ceci étant dit, les peuples sont responsables des politiques choisies, non ? M. Mélenchon visait directement la politique néoconservatrice de Madame Merkel dont elle est encore l’avatar provisoire. Vous vous serez bien amusé à tordre une fois de plus ses propos ici pour amuser la galerie. Mais, à force de colporter tout et n’importe quel ramassis de tribune médiatique qui déforment outrancièrement les propos des uns et des autres, pas étonnant qu’on prenne la Mère facho aussi pour miss France. Venez pas pleurer demain quand elle viendra frapper à votre porte.

    En attendant puisque vous avez l’air de trinquer sans y toucher :
    http://www.amazon.fr/La-finance-imaginaire-Anatomie-capitalisme/dp/2930402067

    1. J’ ajoute que Melenchon répondait à une question de G MUHLMANN portant sur la renégociation des traités Européens avec l’Allemagne, d’où son appréciation sur la position de Mme MERCKEL qui défends, entre autre, les intérêts des retraites par capitalisation.
      Par ailleurs, Melenchon et le FDG ont bien d’autres analyses et propositions sur la crise du système capitaliste.

    2. « Ceci étant dit, les peuples sont responsables des politiques choisies, non ? »
      C’est sûr. 10 ans qu’on est responsables, dont 5 à 53%.
      Alors, c’est qui qu’on met au poteau en premier ?

    3. JEFF et tur, révisez vos fondamentaux sur toute la ligne. C’est indéfendable le discours de Méluche. Pitoyable. Une grimace. Une caricature.Du bruit et de l’odeur. D’abord évidemment sur l’antiboche, même déguisé en gros plein d’bière retraité capitaliste ou futur retraité capitalisant, tous deux électeurs de Merkel. Il les prend pas lui les voix de souscripteurs d’ass-vie, le Jean-lumière ? Ensuite, cet « argument » (aboiement), j’sais pas qui lui a foutu dans le gosier (j’ai mon idée, c’est du Sapir de première bourre…), mais ça fait des six, huit, dix mois ou plus qu’il le perr-hoquette partout. Et encore : les assurés-vie français, il en cause le joli bouledogue froggy ? Nan. Enfin les retraites par répartition allemandes : ousk’il a vu qu’elles étaient moins avantageuses qu’les françaises ? C’est absolument le contraire. On les a rognées, on les rogne encore mais c’est toujours largement mieux que nos retraites sécu-so-chiale, en nombre de trimestres, en coefficient de remplacement comme en décote pour année manquante. Ça a un prix : 20 % de cotis. Verstanden ?

      1. On peut comprendre que vous ne supportiez pas l’homme, mais cette description caricaturale systématique de MELENCHON, de ses propos, est trop grossière, trop vulgaire pour être audible.
        Melenchon , le FDG et bien d’autres , n’ont rien contre les Allemands en général et ne sont pas belliqueux envers leur pays.
        Simplement, ils dénoncent et s’en prennent à la posture néolibérale de la chancelière, de son parti conservateur; chefs de file du système capitaliste en Europe qui imposent leur point de vue à tout le continent.
        D’ailleurs, ceux-ci ne représentent pas tout le peuple Allemand et leur politique est de plus en plus contestée dans le pays en interne et au-dela.

  9. Un truc que j’arrive pas à comprendre :
    Pourquoi voulez vous que la Grèce sorte de l’Euro ?
    Non pas qu’elle y soit bien mais toute autre solution est assurèment pire.
    D’ailleurs presque personne là-bas n’est partant pour ce salto periculoso.
    Comment y parvenir : c’est simplissime, il leur suffit de ne rien faire.
    Rendre le pays ingouvernable ? C’est déjà fait. Si les perfusions cessent, alors il y aura défaut mais ce sera un défaut de la zone Euro, en somme, retour à l’envoyeur.
    Pour gerer le marasme, on peut fort bien imaginer une seconde monnaie (appelons la la Drachme) qui assurera les echanges intra.
    Y aura t’il alors explosion de l’ensemble de la zone ? Soyons serieux, il s’agit au grand maximum de quelques centaines de milliards d’euros, une broutille donc par les temps qui courent. Vite, Angela, sort ton chéquier !
    Autrement, on peut essayer le scenario intelligent / dompter les marchés, donner du temps et des soutiens logistiques au peuple grec, bref se comporter en européen pour de vrai…

  10. Moi si j’étais grec, je dirai: « pas question de sortir de l’euro ou de l’UE, vous voulez être remboursé? Prenez donc l’argent des grecs qui ont envoyé leur fric dans vos banques allemandes,françaises,suisses ou anglaises! Et si la troïka continue a nous embêter, on va imprimer nos propres euros ».

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