L'actualité de la crise : LA CROISSANCE, MIRAGE AUX ALOUETTES ? par François Leclerc

Billet invité

Tout en soulignant que « l’incertitude prédomine », mais sans annoncer pour l’instant de nouvelles mesures, Mario Draghi, le président de la BCE, a déclaré jeudi dernier vouloir désormais « remettre la croissance au centre du l’agenda européen ». Sans crainte de le contredire, Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, a le lendemain affirmé que « la croissance, nous ne la découvrons pas au milieu de la campagne électorale française, nous y travaillons depuis longtemps », tout en confirmant la tenue début juin d’un sommet européen informel pour en débattre. Pour ne pas être en reste, le commissaire européen Olli Rehn a pour une fois fait dans la nuance : « La consolidation budgétaire, bien que nécessaire, doit s’appliquer de manière à favoriser la croissance et de façon différenciée, pour parvenir à un équilibre entre consolidation budgétaire et croissance ». Tout le monde s’est sans exception engouffré à la suite, pour faire de la croissance la scie du moment.

Si elle n’en reste pas, pour en définir le moteur, à l’opposition entre réformes structurelles et investissements financés par le déficit, la discussion va s’engager sur les « project bonds », appellation trouvée pour éviter le terme qui fâche d’euro-obligation et en restreindre l’utilisation au financement de projets et non pas de déficits. Afin d’amorcer la pompe, la Commission propose de mettre à la disposition de la Banque européenne d’investissement (BEI) un véritable pactole de 230 millions de dollars, qui lui permettra de lever entre 3,5 et 4,6 milliards d’euros sur les marchés, pour financer entre 15 et 20 grands projets transnationaux. Quand les politiques se mettent à l’œuvre, ils ne répugnent pas aux symboles.

Mais la plume des chroniqueurs reste en l’air en attendant que se précisent les termes du compromis déjà en cours de négociation entre les équipes d’Angela Merkel et de François Hollande.

En s’employant à tracer une perspective à dix ans, non sans témérité dans un contexte où l’on vit à la petite semaine, Mario Draghi a levé le nez du guidon. L’exercice prend toutefois son sens s’il identifie le délai nécessaire à la réalisation du désendettement et à la concrétisation des effets bénéfiques sur la croissance attendus des « réformes structurelles » qui devraient l’accompagner. La promesse n’est cependant pas exaltante.

Fitch vient opportunément de choisir ce moment pour rendre publique une étude intitulée « Le futur de l’Eurozone : scénarios alternatifs ». Mélangeant conformisme de bon teint et audaces mesurées, l’agence de notation tente de voir plus loin que le bout de son nez. Cinq scénarios possibles sont ébauchés, dont l’un a sa préférence. Figurent dans la liste deux éventualités extrêmes, les moins probables : le repoussoir de l’éclatement de la zone et à l’inverse la réalisation des « États-Unis d’Europe ». Ce dernier concept témoignant d’un manque affirmé d’imagination pour aller ainsi chercher son inspiration.

Restent trois options, dont deux qui envisagent encore des solutions symétriquement opposées : la sortie de la Grèce de la zone euro et la naissance de l’« euromark », dont le nom épargne toute explication. Subsiste enfin, par élimination si l’on peut dire, la dernière d’entre elles : « Fitch s’attend à ce que l’eurozone traverse la crise en se tirant tant bien mal d’affaires », est-il pronostiqué non sans inquiétude. Mais comment ?

Sans surprise, la vision de l’Europe du futur par l’agence de notation ne manque pas de conformisme, fixant comme objectif central la réalisation d’une « structure viable » – qui ne l’était donc pas – dont la construction est déjà entamée grâce à un triptyque : intégration fiscale et partage de souveraineté, austérité fiscale et réformes structurelles, assortis d’une substantielle assistance aux pays « périphériques » (dans les rangs desquels figure l’Espagne).

Ce tableau dressé, Fitch est néanmoins réaliste et s’attend à ce que de nouveaux épisodes de « sévère volatilité financière » interviennent, reconnaissant que « le risque de crises de liquidités relevant de prophéties auto-réalisatrices et atteignant les États solvables n’a pas disparu. » Mais l’agence voit une issue dans le fait que « au dernier moment, les responsables politiques feront ce qu’il faut pour éviter un effondrement ».

C’est là qu’interviennent les audaces. Elles sont cependant bien timides, faisant appel à la nécessité – placée en tête de liste des mesures à prendre – de fournir une aide financière directe aux banques, sans que celle-ci transite par les États comme c’est actuellement prévu. « Cela affaiblira la boucle rétroactive pernicieuse qui existe entre les finances publiques et les banques nationales, l’accès du secteur privé à son financement et la croissance. »

En second lieu, des « nouvelles euro-obligations » apparaissent au détour d’une parenthèse, à condition que leur emploi soit limité au financement des organismes européens en charge du soutien aux banques et aux sauvetages (présumés des États, bien que cela ne soit pas écrit). Troisième et dernier volet, il est prévu que la BCE soit à nouveau mise à contribution et accroisse d’autant son bilan, « aussi longtemps que le secteur privé ne parvient pas à procurer des liquidités aux institutions financières ».

Au final, le but est d’atteindre une « quasi-union fiscale », étant entendu que « sans retour de la croissance, même une union fiscale totale ne serait pas forcément une solution pérenne à la crise de l’eurozone. » On bute toujours sur le même problème.

Si une chose doit être retenue de cette vision, c’est que l’interconnexion de la dette privée et publique, après avoir été longtemps superbement ignorée, est désormais reconnue comme un vice de construction à réparer. Cela conduit à accorder la priorité au renflouement des banques qui en ont besoin – et dont la chute entraînerait celles qui se débrouillent vaille que vaille – les injections de liquidités de la BCE n’ayant comme fonction que d’en donner le temps.

Ce qui laisse toutefois toujours la même question pendante : qui va apporter sa garantie à cette opération ? Les États sont bien partis pour le faire, rebouclant la boucle que l’on prétend déboucler. Outre le problème politique qu’il posera, ce montage financier sera à terme d’autant plus fragilisant qu’il reposera sur des finances publiques déjà très malmenées et condamnées à une cure d’amaigrissement expéditive. On n’est pas à une contradiction près. Ou à construire un dispositif de plus présenté comme destiné à ne pas servir et dont l’effet résulterait de sa seule existence. Pour mémoire, c’est aussi le cas des bazookas et autres pare-feu déjà longuement évoqués ici-même…

Revient de nouveau sur le tapis la référence à la croissance, à laquelle tout le monde se raccroche à sa façon et non sans ambiguïtés, suivant qu’elle est d’inspiration keynésienne ou qu’elle repose sur des réformes affectant prioritairement le marché du travail et l’État providence. Elle ne peut dans ce dernier cas que produire d’hypothétiques effets ultérieurs, au prix d’une contraction du pouvoir d’achat et de la consommation, le principal moteur de la croissance. Sans le dire, la croissance est donc dans le meilleur des cas remise à plus tard. La stratégie en cours est assortie d’une conception du rééquilibrage économique européen qui repose sur la récession pour les uns et la croissance pour les autres, avec pour résultat d’accentuer le déséquilibre auquel on prétend remédier. On tourne en rond afin d’éviter un transfert financier de longue haleine. Pourtant, c’est d’une manière ou d’une autre cela, ou à terme l’éclatement.

Les marges de négociation sont étroites et vont le rester, car il faudrait sinon briser ce cadre tabou. L’économiste Jean Pisany-Ferry a tenté de dégager une alternative dans La Tribune, suite à un constat lucide bien qu’incomplet. Il préconise que soit maintenu l’objectif d’une inflation moyenne de 2 % pour la zone euro, mais d’accepter qu’elle soit plus élevée en Europe du Nord afin de contrebalancer une déflation au Sud ; de substituer à une politique de rigueur axée sur le respect de ratios intangibles comme l’est la limite de 3 % du PIB de déficit budgétaire annuel (car « il était censé nous empêcher de partir dans le décor, [or]nous sommes partis dans le décor ») des politiques « correctement dosées » dont il s’efforce de cerner les principes ; de recapitaliser les banques ; puis enfin de mettre en place des « chantiers communs », dont il fait la revue des financements possibles en soulignant qu’ils resteront réduits.

Enfin, Jean Pisany-Ferry se place sur le terrain politique de l’évolution des rapports franco-allemands et des compromis à rechercher, restreignant encore par là même le champ du possible… Faut-il en tirer comme conclusion que, plus que jamais, c’est dans la crise elle-même que se trouve le moteur de son approfondissement ou alternativement de sa solution ?

L’argumentation allemande, selon laquelle il est absurde de créer de nouvelles dettes pour régler les précédentes, est pleine de bon sens. À condition de ne pas en tirer comme conclusion qu’il suffit pour la résorber de combattre la dette publique comme s’il s’agissait d’une infection à stopper au plus tôt. Tout cela pour en fin de compte accepter sous la contrainte les mesures exceptionnelles sans fin de la BCE, qui aboutissent à… combattre la dette par de nouvelles dettes !

Sortir du cadre, dans ce domaine, cela implique de ne pas la rembourser dans sa totalité et d’en assumer les conséquences. Mais qui s’y prépare aujourd’hui en procédant à son inventaire ? Qui se penche sur un mode opératoire ? Qui réfléchit à ce que peut bien représenter la croissance économique ?

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109 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA CROISSANCE, MIRAGE AUX ALOUETTES ? par François Leclerc »

    1. J’allais le dire… et c’est le sujet de @perso envoyé à des amis hier soir pour apaiser l’euphorie de la journée précédante.

    2. Sortir de l’économie.

      Si la croissance économique c’est toujours plus de richesses économiques créées, c’est toujours plus de richesses pour le petit nombre qui achète le travail de la majorité au plus bas prix et pour ceux (qui font partie de la même classe sociale que les propriétaires de moyens de production) qui prêtent, contre intérêt, l’argent qui manque à ceux qui produisent et qui achètent les marchandises.
      La croissance est l’accumulation du capital et la croissance introuvable est l’accumulation du capital visiblement confrontée à ses limites, internes (la production ne génère plus assez de plus-value et les capitaux vont à la spéculation) et externes (les limites de la planète)
      La croissance est devenue impossible.
      Ce qu’il faut c’est :
      Sortir de l’économie (ou plutôt comment l’économie a été inventée…)
      Un débat avec Serge Latouche et Anselm Jappe sur : http://palim-psao.over-blog.fr

      1. Croissance = emploi, décroissance = chômage

        Certes, il y a croissance et croissance (et toute valeur ajoutée n’est pas égale à n’importe quelle autre…).

      2. @Bruno

        C’est ce problème auquel Tim Jackson essaie de trouver une solution dans « Prospérité sans croissance ». Je suis d’accord avec lui sur le problème: tant que nous n’aurons pas trouvé un système au sein duquel la croissance n’est pas nécessaire (c’est à dire où, sans croissance, il y a encore du travail et/ou de l’argent pour tout le monde) alors on ne s’en sortira pas. Mais je précise: ce n’est pas parce qu’on vit dans un système qui *peut* s’accommoder de l’absence de croissance, qu’on ne peut pas en avoir, de la croissance. Mais cette croissance ne devrait être possible que si une amélioration technologique ou sociale nous permet effectivement de faire plus à l’intérieur des limites écologiques de notre biosphère.

    3. Bel amour de l’argent…
      Molière, par son avare, n’aurait dit mieux.

      La « croissance » ne sert que les financiers qui nous asservissent et les directeurs de pensée qui « veulent notre bien » ».
      Dire qu’un article de ce blog a été repris par ailleurs car excellent dans sa démonstration de l’asservissement par l’ « assurance » -vie…
      Et vous dire le dream de la retraite par capitalisation. Les cowboys retraités repartent au boulot, pauvres résignés idiots… Lapalissade.

    1. Belle définition de la croissance en effet: « go to » (en français « gau tau »). Le moteur de la croissance? Le hamster dans son cylindre: « go to » barreau suivant.

      Croissance sans sens.

    2. C’est une impression que j’ai, ou bien de plus en plus de billets récents de François Leclerc se termine par des questions?

      M. Leclerc serait-il devenu plus sombre et dubitatif au fur et à mesure des développements de cette crise qui n’en finit pas? ( et y a de quoi être sombre! )

  1. Bonjour,
    Veuillez m’excuser de mettre ce lien ici, complètement hors sujet, mais il me semble suffisamment important pour être diffusé.
    Je n’ai pas retrouvé le sujet sur le nucléaire.

    Le Japon demanderait l’aide internationale et de l’ONU pour le réacteur 4.
    Si c’est vérifié, c’est à mon avis, que le risque doit être vraiment très important
    ici

    1. Pas hors sujet.
      Le nucléaire est l’exemple de la croissance devenue visiblement impossible.

      1. les pétrodollars aussi . Jusqu’à quand va -t-on construire des tours dans le désert ? alors qu’il y faudrait d’abord de l’eau .

    2. Oui la piscine de l’unité 4 pose un grave problème qui mériterait une mobilisation internationale car le temps joue contre la résolution. Malheureusement ce n’est pas « le Japon » qui fait cette demande mais des ONGs : il s’agit d’une pétition signée par plusieurs organisations et des personnalités mais pas d’une demande du gouvernement Japonais. On est dans l’incompétence et le déni d’incompétence depuis le début.

    1. Le sénateur démocrate Wyden, senior member of the U.S. Senate Committee on Energy and Natural Resources, a expédié des lettres à ce sujet aux ministres des affaires étrangères et de l’énergie, à la Nuclear Regulatory Commission américaine et à l’ambassadeur des Etats Unis au Japon.

      Problèmes:
      – il estime que les Etats-Unis sont directement et gravement menacés
      – ça remet en cause la sécurité de quelques douzaines de réacteurs implantés aux US, du même modèle que ceux de Fukushima, dont les piscines de stockage sont situées en hauteur et seraient insuffisamment protégées contre les accidents
      – il est question dans les liens ci-dessus de « 10 893 assemblages de combustible usé à l’usine de Fukushima Daiichi » Comme – je résume Wikipedia – « Le combustible est constitué par des pastilles de dioxyde d’uranium empilées dans des tubes en alliage de zirconium. Ces tubes d’environ 4 mètres de longueur sont aussi appelés gaines. Les crayons sont ensuite réunis en assemblages constitués de 264 éléments pour ce qui est des assemblages les plus courant utilisés en France (17 X 17 = 289 – 24 tubes guides – 1 tube d’instrumentation ⇒ soit 264). » ce chiffre voisin de 10 000 me semble surprenant car il correspondrait à un grand nombre d’années de fonctionnement des réacteurs de la centrale.

    2. Merci pour ces liens.
      Malheureusement comme dit plus haut, vous n’êtes pas hors sujet mais en plein dedans.

      Et dire que notre précédent Président avait attribué l’accident de Fukushima au tsunami, dédouanant la fillière et la logique sous-jacente du toujours plus de production et donc de production d’énergie.
      Fukushima risque de nous exploser au visage, dans quinze jours, dans 6 mois, dans 5 ans.
      Peut-être faudra t’il en passer par là pour que cela change.

      La problématique du réchauffement climatique tient de la même logique de la consommation effrenée. Certes c’est moins violent et plus lent que l’atome mais nous en mesurons progressivement les conséquences : désertification, météo capricieuse, etc, etc …

      A court terme, il ne vous aura pas échappé que le nouveau gouvernement envisage un gel du prix des carburants pour une durée de 3 mois au nom … de la croissance et du pouvoir d’achat …

      1. Et dire que l’actuel président, celui que vous venez d’élire, ne veut fermer qu’une seule centrale…

        Alors que Mélenchon avait un programme écologique hyper travaillé et cohérent.

        C’est à désespérer du genre humain qui ne réagit que lorsqu’il est confronté à l’irréparable.

  2. Pourquoi parlez-vous si rarement d’un audit des dettes UE ?
    n’est ce pas une voie envisageable pour justifier votre conclusion ?

  3. Nous qui avons ouvert nos yeux et notre conscience à la question : ou est comment la plante « homme » a-t-elle jusqu’ici connu la plus vigoureuse et la plus haute croissance, nous qui pensons que ce fut toujours dans des conditions opposées, et qu’il a fallu d’abord que les dangers qui menacent la vie de l’homme prissent des proportions gigantesques pour en arriver là. Qu’une longue pression et une longue contrainte ont seules permis à l’imagination de l’homme et à sa puissance de dissimulation (à son « esprit ») de s’affiner, de s’enhardir : que sa volonté de vivre a du s’intensifier jusqu’à devenir une volonté absolue de puissance. Nietzsche, L’esprit libre

  4. Bonjour,

    La croissance économique doit représenter l’augmentation de la quantité de richesses crées que le bon peuple peut se partager pour assurer sa subsistence.

    Peu d’activités qualifient.

  5. Ho la!

    c’est le printemps ou l’élection présidentielle qui rend si primesautiers nos estimés tauliers?

    1. @ Macarel
      Pierre Rahbi est bien sympathique, mais il se trompe complètement quand il dit:

      Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons.

      Le Néolithique, c’est à l’inverse le passage d’une économie de chasse et de cueillette à l’élevage et à la production de nourriture.

      1. @arkao

        Oui en effet, il aurait du dire: « Nous sommes revenus au paléolithique… »

        Et je rajouterais un paléolithique postmoderne puisque l’on cueille dans les rayons des supermarchés des marchandises, moyennant paiement à la caisse tout de même.

      2. @ Macarel
        En fait, ni l’un ni l’autre. Nous ne sommes revenus nulle part. Nous sommes au paroxysme d’un système de prédation des ressources rarement atteint au cours de l’histoire de l’humanité.

      3. @arkao

        On va peut-être tomber d’accord, en disant que nous n’allons nulle part, ou plutôt dans le gouffre…

        système de prédation des ressources rarement atteint au cours de l’histoire de l’humanité.

        Je dirais même plus « jamais » atteint !

        Ce système c’est le CAPITALISME, et l’époque actuelle qui ne va pas durer au delà d’un siècle ou deux: c’est l’anthropocène ou oléocène.

        99% de l’humanité (riche en particulier) s’en contrefout, donc fonçons dans le vide en klaxonnant.

        Après tout, notre espèce n’est pas indispensable au reste du Cosmos. Et si nous on s’en fiche, personne d’autre ne va s’émouvoir de la disparition d’un bestiau qui n’a d’autre obsession que de faire croître la taille de sa pelote: jusqu’à finir écrasé dessous.

  6. Ne jamais oublier ceci, les responsables…

    Parce que le temps passe, et que nous voyons gentiment les dirigeants et autres bancocrates faire comme si tout venait de l’impéritie du consommateur avide, sans controle de ses pulsions.

    Su ZH y’avait cette phrase ci-dessous. J’y ai répondu par les mots plus bas. Avec pas mal de succès.

    « when you borrow too much money as a nation – you become ungovernable – as there is no painless way out. »

    Hey, super moron, did’nt you notice that this debt has been doubled since those countries payed huge amounts of money just to save the rigged financial system.

    Come Down !

  7. la croissance telle qu’elle est, est une forme de prosélytisme, de dissuasion par la force , le plus souvent au détriment du reste . Comment concevoir une croissance qualitative , une amélioration de la condition humaine, des êtres exilés que nous sommes , vivant un « temps » , isolés dans ce temps , plus bref que ce que nos sens nous disent ? c’est pour cela que les vies humaines sont précieuses, elles servent bien ( ou mal ), d’une façon ou d’une autre une éternité . Trouver l’équilibre entre le nécessaire et le suffisant .
    Il n’est pas souhaitable de devoir vivre comme nos ancêtres ou comme les aborigènes qui cheminaient et improvisaient constamment leurs quête matérielle, quoique cette méthode d’exister avec une intuition extraordinairement forte puisse nous apporter des lumières sur le fonctionnement de la psyché , eux qui ont à juste titre refusé l’automobile pour leur mobilité, y voyant plus d’inconvénients que d’avantages . ( ce que personnellement je ne refuse pas, mais dont je trouve excessivement déraisonnable l’usage, vitesses donc dépenses , etc. )
    Sous ce prétexte de confort, de facilité, sécurité et de progrès on est tout de même pris à notre piège . est-ce que cette croissance est réellement partagée et donne à chacun une amélioration ? la famine a -t-elle disparue ? L’obésité, donc une mauvaise nourriture quelque part . etc. sans parler des cancers qui sont tout de même un indice, non ? la peur qui favorise les replis nationalistes .
    si seulement on pouvait mesurer le bonheur … ou le malheur . Là, on ne peut pas prendre des chiffres , c’est l’oreille attentive qui prend la mesure . c’est lié au féminin , comme l’art .

    (bref, la croissance d’un côté , la misère de l’autre )

  8. un véritable pactole de 230 millions de dollars, qui lui permettra de lever entre 3,5 et 4,6 milliards d’euros sur les marchés, pour financer entre 15 et 20 grands projets transnationaux.

    🙂
    … ou la moitié environ d’un réacteur nucléaire : coût global prévu pour l’EPR en construction en Finlande: 6,6 milliards d’euros (il faudrait à la louche une centaine de réacteurs de ce type pour disposer de toute la puissance électrique que peut fournir EDF)

  9. Le coup d’Etat permanent
    Pour paraphraser le titre d’un livre d’un socialiste célèbre, la politique en période de crise se résume le plus souvent à des négociations informelles réunissant banquiers, responsables politiques et banquiers centraux qui orientent la politique. « Tout le pouvoir aux soviets de la finance! »
    Si l’on ne peut plus évoquer les alternatives possibles: croissance, répudiation de la dette etc… c’est la fin de la démocratie. Certes on continuera d’ aller voter mais les gens n’auront plus le droit de choisir. Ils ne pourront que dire « Amen » à une politique irrévocable. La démocratie ne servira plus dès lors qu’à entériner. Nous assistons à ce qu’ Emmanuel Todd appelle « Après la démocratie » ou en d’autres termes la fin de la souveraineté du peuple.
    C’est ce que montrent les résultats des élections en Grèce et dans une moindre mesure en France: d’un côté les déclarations des uns et des autres, FMI, BCE, UE qui exigent le remboursement de la dette et le retour à l’équilibre des finances publiques. De l’autre, des millions d’hommes et de femmes qui refusent de subir le sort qui leur est fait. Et qui le font savoir!
    Décidément, le peuple est un détail gênant.

  10. pour la dette : elle doit rouler dans des conditions apaisantes, avec des taux de 1% seulement et une échéance dilatée. Karluss, inventeur du « roulement bas à dilatation programmée ». Le fameux RBDP ; dans la bouche d’un Mario, ce serait la classe… « roll over debt »

  11. Ma premiere intervention sur ce blog, il y a quelques mois , etait une reponse a Paul Jorion  » la revolution est en route et les consciences doivent evoluées »
    D ans votre billet , Francois, je ressens plus que jamais, une impression de mur, de fin de quelque chose, donnez du temps au temps touche a sa fin.

  12. Pour que le peuple puisse exprimer le pouvoir qui est le sien en régime démocratique, encore faut-il qu’il puisse choisir, encore faut-il que les partis en lisse lui offre une alternative. Ce n’est plus le cas en France. Traditionnellement la gauche c’est le changement et la droite c’est la conservation. Il n’en est plus rien. Droite et gauche se veulent identiquement ennemies du si méprisable immobilisme, identiquement adeptes du si bienfaisant changement, identiquement déterminées à adapter la France, comme elles disent à l’unisson, au « XXIème siècle » et à « un monde qui bouge ». Comment choisir alors, puisque ça revient au même ? Que reste-t-il de la démocratie quand le peuple ne peut plus choisir ? Il y a bien quelques différences entre les recettes de droite et les recettes de gauche, mais les unes et les autres visent au même objectif, « toujours plus », toujours plus de nouveauté et de modernisme, toujours plus de science et de technique, toujours plus d’argent et de confort, toujours plus de consommation, toujours plus de richesse et de force, toujours plus de performance et de réussite… Il conviendrait, pour ranimer la démocratie, que les partis se distinguent à nouveau les uns des autres sur ce point essentiel, que sur l’échiquier politique réapparaisse une alternative véritable, que l’une, droite ou gauche, persévère dans la défense du toujours plus mais que l’autre à l’opposé s’engage résolument dans la défense du moins, avec pour mots d’ordre : frugalité, conservation, persévérance, retenue, effort, manque… Ce renoncement au changement perpétuel, ça, ce serait un changement ! Véritable cure de désintoxication, ce serait un changement oh combien salutaire ! Encore faudrait-il que le peuple puisse choisir une telle voie. Et pour cela qu’elle lui soit résolument proposée.

    1. Pour cela il faudrait que ceux qui détiennent des grosses dettes renoncent à leurs intérêts . On pourrait rembourser le capital et relancer l’économie , l’activité , selon d’autres critères .

      1. Sur d’autres critères, oui, tout est là. Que voulons-nous ? Question essentielle et que nous ne nous posons pas assez. Que voulons-nous ? comment voulons-nous vivre ? de quoi avons-nous vraiment besoin ?…
        Quant à nos dettes, oui, c’est vrai aussi, il faut imaginer que nous aurons un jour ou l’autre à sauter le pas. Cela passera par défaut partiel, ou restructuration, ou non-paiement des intérêts, ou moratoire sur le remboursement, etc. ou un peu de tout cela à la fois. « Sortir du cadre » comme on dit dans les parages.

  13. lien : http://alternatives-economiques.fr/blogs/parienty/2012/05/05/l%E2%80%99affaire-du-libor-ce-qu%E2%80%99un-enorme-scandale-financier-nous-apprend-du-fonctionnement-des-marches/

    Arnaud Parienty

    © Arnaud Parienty pour Alternatives Economiques

    L’affaire du Libor : ce qu’un (énorme) scandale financier nous apprend du fonctionnement des marchés

    Pendant que la France se demande s’il vaut mieux élire un président normal plutôt qu’un anormal, le monde continue à tourner et la machine médiatique à cracher des infos.

    En particulier, depuis deux mois, la planète financière est choquée par le scandale de la manipulation du LIBOR.

    L’histoire n’est pas très originale : les plus grandes banques du monde se sont entendues pour s’enrichir aux dépens de leurs clients. Une telle banalité, reconnaissons-le, ne vaut pas plus d’une brève… sauf si l’escroquerie en question se chiffre en milliards d’euros. Surtout, s’intéresser à cette histoire apprend des choses étonnantes sur le fonctionnement concret des marchés financiers.

    LIBOR, qu’es a quo ?

    Le Libor est le London Inter Bank Offered Rate.

    C’est le taux d’intérêt sur le marché interbancaire à blanc de Londres.

    A blanc, c’est-à-dire sans que la banque emprunteuse ne fournisse de titres en gage pour obtenir les sommes qu’elle emprunte.

    Il existe une gamme de taux LIBOR, qui couvrent dix devises différentes et quinze échéances allant de un jour à un an. Ces taux sont très importants, car ils servent de référence pour la conclusion de nombreuses opérations de prêt, pour la révision des taux des prêts à taux variable et pour les marchés de dérivés de crédit. Au total, plus de 300000 milliards d’euros de produits financiers divers voient leur prix dépendre du LIBOR (pour donner une vague idée de ce que représente cette somme, c’est 1500 ans de production de la France).

    D’autre part, comme tout prix de marché, le LIBOR indique quelles sont les tensions entre offre et demande. Il sert donc de guide pour lire la situation financière, par exemple pour savoir si les grandes banques éprouvent des difficultés pour se refinancer à court terme ou pas.

    Or, pendant plusieurs années, ce taux (ainsi que le Tibor, qui concerne le marché de Tokyo) semble avoir été manipulé par les grandes banques qui y jouaient le rôle principal. Le soupçon s’est dessiné lorsque des observateurs perspicaces ont remarqué que les tensions sur les marchés devenaient énormes, la crise de confiance entre les banques faisant exploser les taux d’intérêt, mais que le Libor restait très bas. Le soupçon est devenu certitude lorsque, caché dans les centaines de pages du rapport de la grande banque suisse UBS pour le quatrième trimestre 2011, on trouve le passage suivant, à la page 83 (traduction perso) :
    Plusieurs agences gouvernementales, notamment la SEC, l’USCFTC, le Ministère de la justice et la FSA, enquêtent sur la détermination du taux LIBOR de la BBA (association des banquiers britanniques). Il semble que ces investigations se focalisent sur le point de savoir si des tentatives inappropriées de la part de UBS (parmi d’autres), seule ou avec d’autres, ont eu lieu en vue de manipuler le taux LIBOR à certains moments.(…)
    UBS a obtenu une immunité conditionnelle des autorités de certaines juridictions, notamment le ministère américain de la justice et la commission de la concurrence suisse, en relation avec d’éventuelles violations de la loi concernant le soumissionnement du (…) LIBOR. (…) En conséquence de ces garanties conditionnelles, nous ne serons soumis à aucune poursuite, amende ou sanction pour violation des lois anti-trust en lien avec les éléments que nous avons rapportés à ces autorités, sous réserve de notre coopération permanente. »

    La conclusion évidente est qu’il y a eu des entorses au droit de la concurrence, qui ont été dénoncées aux autorités par UBS, l’un des participants, en vue d’éviter des poursuites. La question est de savoir pourquoi.

    A qui profite le crime ?

    Si certaines banques manipulent le LIBOR, à quoi cela peut-il leur servir et qui en est victime ? Plusieurs hypothèses ont été avancées ces dernières semaines. On peut penser que minorer le LIBOR aide ces banques à se procurer des ressources à bas prix et à rassurer le marché sur leur santé financière (le taux payé informant sur la confiance du marché envers l’emprunteur, comme le grand public le sait depuis la crise grecque), ce en pleine tourmente financière. En même temps, ces banques sont également prêteuses et la baisse du LIBOR réduit les taux variables sur les emprunts immobiliers, par exemple, ce qui fait perdre de l’argent à la banque. La situation est donc confuse et cette explication n’a rien d’évident.

    Une hypothèse plus gênante est qu’orienter les taux à la hausse ou à la baisse permet de gagner de l’argent sur les marchés de produits dérivés, car cela revient à connaître l’avenir, donc à gagner à tous les coups en pariant sur l’évolution des taux. Mais cela supposerait que le département qui fait du courtage au sein des grandes banques communique avec le département qui fait du trading, notamment en compte propre ; ce qui est interdit.

    Il y aurait donc eu une manipulation géante… mais sans qu’on sache comment les banques qui l’ont réalisée en ont tiré profit. Mieux vaut donc s’arrêter là avant d’en savoir plus et nous intéresser à une autre question fort intéressante : comment peut-on manipuler un taux essentiel comme le LIBOR ?

    Un marché est-il un club ?

    Pour un économiste naïf (moi, par exemple), un prix de marché se détermine par la confrontation, réalisé par un teneur de marché, d’une offre et d’une demande. Les prêteurs d’euros à trois mois envoient leurs offres, les emprunteurs font part de leurs demandes, un taux d’équilibre est annoncé. Manipuler le marché supposerait donc une manœuvre assez sophistiquée, impliquant pas mal d’argent.

    La réalité est toute autre.

    Chaque matin, sur le coup de 11h40, 18 banques internationales (pourquoi elles ?) font part du taux auquel elles pensent pouvoir emprunter ce jour-là. La BBA fait une petite moyenne de tout cela, après avoir écarté les quatre taux les plus bas et les quatre plus élevés, et annonce le LIBOR du jour. Très précisément, selon la BBA, les banques sélectionnées, car jugées les plus actives sur le marché, répondent à la question suivante : « à quel taux pourriez-vous emprunter des fonds, si vous deviez le faire en demandant puis en acceptant des offres interbancaires dans un marché de taille raisonnable juste avant 11 heures du matin ? »

    Cette question est tellement extraordinaire dans sa formulation qu’on se demande vraiment comment un tribunal (et de nombreuses plaintes sont déjà déposées) va pouvoir juger quoi que ce soit. En effet, il ne s’agit pas de transactions réelles, ni même de promesses de transactions, mais d’une question purement hypothétique. D’autre part, la notion de marché de taille raisonnable est d’une imprécision remarquable. Lorsque le marché interbancaire est gelé, comme ce fut le cas fréquemment ces dernières années, cette formulation est une invitation à décrire ce que devrait être le taux interbancaire, en se moquant éperdument de la réalité des forces en présence sur le marché. C’est à peu près aussi pertinent que si on demandait à la météo de nous dire, compte tenu de ce que nous sommes le 6 mai, quel temps il devrait faire s’il n’y avait aucun aléa climatique particulier.

    Remarquons également la méthode employée par la BBA pour établir sa moyenne : écarter les taux extrêmes revient à supposer que ces taux n’ont rien à nous dire, que les éventuelles difficultés d’approvisionnement en liquidités qu’anticiperait une grande banque ne sont pas une information pertinente, digne d’être incorporée dans les prix. Ce mode de calcul traduit donc une conception étonnante de ce qu’est un prix.

    Cette affaire illustre donc de manière spectaculaire l’écart qui sépare la présentation du marché comme ensemble de forces impersonnelles, objectives, qui produiraient des verdicts inattaquables (« le marché a toujours raison »), de la réalité : un club de banquiers qui fabriquent chaque jour, au gré de leurs intérêts et à l’abri des regards, les règles du jeu auquel eux-mêmes participent.

    Cet article a été posté le Samedi 5 mai 2012 dans la catégorie Non classé. Vous pouvez envoyer un commentaire en utilisant le formulaire ci-dessous.

    Un commentaire de “L’affaire du Libor : ce qu’un (énorme) scandale financier nous apprend du fonctionnement des marchés”

    Maule dit :
    le 5 mai 2012 à 19:05

    Merci pour ce post intéressant. Je ne te crois pas du tout naïf, je ne pense pas l’être trop… et pourtant on reste sidéré quand ce genre de pratique est dévoilé.

  14. Bonjour à toutes et à tous ! Paul, quand sortira ton prochain livre ? Merci.

    Effectivement, la croissance est un mirage aux alouettes ! Une omelette sans œufs, un couteau sans lame ni manche !

    J’entends beaucoup parler de décentralisation. Cela me rappelle Frédéric L.:

    « Invasion de la charité privée

    Le Monde Diplomatique, avril 2006

    Frédéric Lordon

    Une annonce récente parmi tant d’autres : la restauration de la première partie de la
    galerie des Glaces à Versailles est achevée. On la doit à la générosité de l’entreprise de
    travaux publics Vinci. Son directeur de la communication explique à France 2 (1) que
    l’entreprise est fière d’avoir « offert » à la nation l’entretien de son patrimoine. Rien de plus
    n’est dit mais tout le monde comprend : l’Etat est au choix démissionnaire ou financièrement
    incapable, les entreprises sont citoyennes, au surplus elles ont les moyens, les capitalistes ne
    sont pas émus que par les dividendes – par la culture aussi.

    Il y a plusieurs manières de considérer cette tendance munificente du capital, certes
    pas tout à fait neuve, mais d’ampleur croissante. On peut y voir les compétitions de
    philanthropie ostentatoire ou les manoeuvres de légitimation de fortunes faites dans des
    conditions plus ou moins avouables (2). Mais ces opérations, quoique encore ponctuelles en
    France, dessinent en fait un horizon beaucoup plus général, une nouvelle frontière libérale
    dont la cohérence s’annonce autrement radicale que tout ce que le libéralisme a pu montrer
    jusqu’à présent. Comme toujours, il suffit de tourner le regard vers l’autre côté de l’Atlantique
    pour en avoir une préfiguration déjà parlante, à ceci près que, même là-bas, le modèle en est
    encore au seul stade de la pratique, et qu’il lui faudra probablement le passage à l’étape
    « doctrinale » pour lui donner l’impulsion décisive vers sa réalisation complète. Or il est
    possible qu’il y ait avantage à devancer les doctrinaires libéraux dans leur effort même. Dire
    avant eux ce qu’ils ne tarderont de toute façon pas à dire eux-mêmes est moins leur prêter
    assistance que désamorcer par anticipation l’effet de surprise intellectuelle.
    Les chaires d’université portent le nom des industriels qui les financent, la banque
    d’affaire sponsorise les expositions, des fortunes privées soutiennent la recherche médicale…
    Il faut saisir la cohérence d’ensemble que dessine de manière pointilliste cette multiplicité

    (1) Journal de 13h, 19 décembre 2005.
    (2) Voir N. Guilhot, Financiers, Philanthropes, Raisons d’agir, 2004.

    d’initiatives séparées : tous les domaines de l’action publique sont potentiellement candidats à
    l’envahissement par la charité privée. Mais alors, s’il en est ainsi, quelle raison d’être reste-t-il
    à l’Etat ? Poser la question sur fond de ce paysage charitable généralisé, c’est y répondre.
    C’est bien ce que diront – et ce que disent déjà – les libéraux : l’Etat n’est plus seulement
    importun et inefficace, il est inutile.

    C’est ici que commencera l’effort doctrinal, avec pour projet d’appeler à penser l’ordre
    politique de l’action collective sur le même modèle que l’ordre économique du marché, à
    savoir comme ordre décentralisé. La défaite historique du socialisme a favorisé l’idée qu’une
    économie ne saurait être organisée depuis un centre unique. La force du marché, répète de
    longue date le dogme néoclassique, consiste à ne requérir aucune instance de coordination
    centrale et à laisser les agents à leurs seules décisions privées, sans pour autant qu’il en résulte aucun chaos : le mécanisme impersonnel des prix se charge d’ajuster ces myriades d’offres et de demandes individuelles. La multiplicité des constructions sociales qui coordonnent de fait les agents économiques – le droit, la monnaie, les règlements,… l’Etat ! – et sans lesquelles le capitalisme ne saurait fonctionner, n’empêche pas un instant les libéraux de croire au marché comme horloge autorégulée, pure collection d’individus promis à l’harmonie marchande spontanée pourvu que personne ne se mêle « d’en haut » de leurs petites affaires.

    Mais puisque l’ordre décentralisé a fait ses preuves dans le domaine économique sous
    la figure du « marché », disent déjà certains, pourquoi ne pas en finir avec l’Etat, « centre »
    nécessairement importun dans une philosophie sociale qui ne veut connaître que les individus
    séparés et leurs libres interactions ? Pourquoi la vie collective devrait-elle être organisée par
    un pouvoir central, les transferts financiers passer par un impôt autoritaire et spoliateur ? Le
    Gosplan a échoué comme opérateur économique ; l’Etat n’est-il pas en train d’échouer
    comme opérateur politique, et sa « faillite » financière ne l’atteste-t-elle pas déjà ?

    Mais, au fait, une fois l’Etat disparu, et l’ordre politique pareil au marché, quel motif
    convaincra les agents privés de s’engager dans le financement des besoins collectifs ? La
    réponse américaine est déjà prête : c’est la morale. A l’unicité totalitaire du circuit financier
    de l’Etat fiscal se substituera la prolifération des transferts caritatifs privés, chacun étant bien
    mieux placé que la puissance publique pour savoir à qui et à quelle cause il entend donner,
    comme il était mieux placé pour savoir ce qu’il voulait offrir et demander sur le marché. Ce
    que faisait faire de mauvais gré la coercition de l’impôt, le libre élan charitable le prendra
    désormais en charge.
    Qui peut assurer, dans cette nouvelle configuration, que sera satisfaite la variété des
    besoins collectifs ? La doctrine libérale répondra que les choix de donation sont souvent le
    reflet d’une sensibilité particulière du donateur, contractée à l’occasion d’une expérience
    personnelle : ceux qui ont eu à souffrir des accidents de la route donnent à la prévention
    routière, de telle maladie à la recherche médicale spécialisée, etc. C’est donc, poursuivra la
    doctrine, la diversité des expériences, qui garantira l’harmonieuse répartition de l’effort
    charitable global.
    L’impulsion générale de la morale, supposée uniformément partagée, et la
    « variété naturelle des sensibilités » joueront donc ensemble dans l’ordre politique
    décentralisé le même rôle d’harmonisation spontanée que le système des prix dans l’ordre du
    marché. Mais la « variété des sensibilités » de qui, au juste ? Des donateurs potentiels
    significatifs – les plus fortunés. Diversité assez restreinte à vrai dire, celle d’un isolat social
    qui saura sans doute s’émouvoir pour la haute culture ou déplorer les ravages des mines antipersonnel, mais qui, passée « naturellement » et sans problème, c’est-à-dire sans
    problématisation, par les grandes universités, pensera peut-être plus difficilement au
    financement des écoles de quartier, pour ne rien dire de l’assistance aux chômeurs
    responsables de leur sort.

    Il ne faut pas s’y tromper : remettre ainsi aux agents privés le soin de se faire les
    opérateurs de l’action collective est autrement plus radical qu’une simple stratégie de
    privatisations et de concessions de services publics. C’est une extinction pure et simple de
    l’idée d’action publique, et peut-être même de la catégorie du politique, entièrement dissoute
    dans la morale du transfert charitable. De ce point de vue, il y a là une fracture dans l’unité du
    projet moderne entendu comme visée simultanée de l’autonomie individuelle et de
    l’autonomie collective. Si la dynamique historique de la modernité a porté un idéal
    d’émancipation des individus des liens de la tradition et des assignations coutumières, elle a
    également formulé le projet d’une maîtrise par les hommes de leur destinée collective,
    laquelle suppose alors un lieu central de la délibération politique. Or l’idée d’un ordre
    politique décentralisé en est la négation même, et la collectivité n’y existe plus que sous la
    forme inférieure de l’agrégation. Le destin « collectif » n’est plus ni désiré ni discuté par
    personne. Nul n’a voulu le résultat d’ensemble, nul ne l’a forcé. C’est bien de cette
    inintentionnalité que se félicitent les apôtres du marché pur et parfait, sans voir que son
    extension à l’ordre politique détruirait ipso facto l’idée moderne du gouvernement, non pas
    des hommes, mais du corps politique par lui-même. Après une alliance efficace de plusieurs
    siècles, la pensée économique individualiste du marché évincerait la philosophie politique des
    Lumières, avec laquelle elle aura eu un long compagnonnage, mais qui a fini par lui faire
    obstacle à force de s’accrocher ainsi à l’idée de l’autodétermination collective – le marché,
    lui, a horreur du collectif et ne veut voir que des individus.

    Tout se tient : l’évanouissement du politique comme pratique collective, supposant par
    construction un degré minimal de centralisation, abandonne le terrain à la morale individuelle,
    seule forme de régulation sociale tolérée par le libéralisme. Des lois pour personne, de
    l’éthique pour tout le monde ! On peut sans doute mesurer les progrès du libéralisme à ceux
    du moralisme généralisé, substitué sur des échelles de plus en plus larges à l’action de l’Etat
    social réputé totalitaire, même si, par un paradoxe typique du libéralisme, seul l’Etat policier-carcéral échappe à ce glissement de terrain et n’a aucune inquiétude à se faire ; le noyau dur
    résistant de l’Etat, une fois tout le reste enlevé, ce sera lui : s’il est une chose que les plus
    riches continueront d’accepter de financer de leurs impôts, ce sera le maintien de leur ordre.

    Pour le reste la morale fera l’affaire. Faire de la politique publique un moralisme
    ploutocratique, et prononcer ainsi la dissolution définitive de l’Etat social, voilà peut-être la
    nouvelle – l’ultime – frontière libérale. »

  15. « un véritable pactole de 230 millions de dollars, qui lui permettra de lever entre 3,5 et 4,6 milliards d’euros sur les marchés »

    Donc un effet de « lever » (de levier?) entre 15 et 20 cad un ratio de solvabilité entre 5% et 6,7%.
    A condition que les 230 millions de dollars soient du « sûr » et non obtenus à la Ponzi par la méthode ci-dessus (ce qui est ama, hélas, plus que vraisemblable).

  16. Une courte question: pourquoi l’Allemagne s’oppose-t-elle à une dévaluation de l’euro?
    Quelles sont les arguments avancés par l’Allemagne?
    Dit autrement: en quoi une monnaie forte favorise-t-elle un pays exportateur?

    1. Les entreprises industrielles capitalistes allemandes réalisent environ 70 % de leur chiffre d’affaire à l’exportation avec la zone euro.
      Mettez vous à leur place ; aimeriez-vous être payé en monnaie dévaluable et dévaluée (franc, lire, pesetas, etc.)
      Bien entendu, ce que je viens d’écrire n’est pas un « argument avancé ».
      Par ailleurs, je peux vous assurer que le prix de vente de la même marchandise n’est pas du tout le même en fonction du pays de la zone euro dans lequel se réalise la vente.

    2. Votre question est pertinente.
      Les réponses possibles dépassent nettement le simple cadre
      éco. Elles auraient tout a voir avec le retour à l’équilibre des échanges en Europe.
      Ce qui suppose une ré-industrialisation locale, -industrialisation étant à prendre comme production de toutes catégories, matérielles d’abord et non matérielles.
      Pourquoi laisser indéfiniment l’ Allemagne être une pompe à Euro ?
      C’est un déséquilibre destructeur pour la plupart des pays débiteurs,
      ajoutant une crise structurelle particulière à beaucoup d’autres.
      Car on l’oublie trop souvent , parmi les productions qui assurent à l’ Allemagne
      son hégémonie ( 1 producteur, plus de 20 débiteurs…) il y a un certain
      nombre de daubes ( je dis daube), ou bien sans valeur technologique
      particulière. C’est un non sens économique, mais aussi écologique,
      beaucoup moins cependant que le commerce déséquilibré avec la Chine.

      Donc votre question aux vastes réponses n’en recevra aucune.
      L ‘Allemagne est dans un angle mort à cet égard.
      Elles en diraient long aussi sur notre prévention vis à vis des usines.

      Mais peut-être vous dira-t-on que la cause est dans sa crise
      démographique, très réelle au demeurant.
      Les voies psychologiques du Seigneur… impénétrables.

      Persiflage:
      Une observation sur 30 ans montre que le commerce extérieur de
      l’ Allemagne est très largement indépendant , comme découplé,
      des taux de change (à l’époque Mark/Dollar) .
      Un taux élevé assure des rentrées substantielles,
      sans peine supplémentaire. Pourquoi baisser, dans ces conditions?
      Il va sans dire qu’un commerce extérieur largement découplé
      des taux de change ne peut pas exister. Une hérésie.
      Un truc qui nie les avantages comparatifs: impossible.

      Chose vécue.
      Un allemand me disait, plus de 20 ans en arrière: ( Killy et le Club de Rome?)
      « C’est tout bon.
      Le mark monte ? on gagne.
      Le Mark descend ? on gagne.
      La dernière goutte de pétrole sera payé en Mark. »
      Et il partait dans un grand éclat de rire.
      Mais bon, c’est le type qui rentrait le charbon avant l’ hiver….

  17. Une fois de plus ces causeries sur la « croissance » ne sont que des effets de manche destinés à masquer les véritables mesures qu’aura à faire passer la nouvelle majorité d’ici peu. En gros, un « assouplissement » du marché du travail allié à d’autres mesures de « contention » de la dépense publique. Seuls les naïfs peuvent croire que les politiques économiques vont véritablement changer au niveau européen de part la décision des élites en place actuellement, qu’elles soient de centre droit ou de centre gauche elles partagent la même idéologie politico-économique issue du « consensus de Washington » et de la mainmise des monétaristes sur les outils de gouvernance.
    On ne peut aujourd’hui parler sérieusement de politique de « croissance » sans évoquer la baisse des recettes fiscales et les transferts toujours plus importants qui s’opèrent sur le PIB en faveur du secteur financier, entre autres par le « service de la dette ». Ainsi, les politiques actuelles prétendant ramener l’équilibre budgétaire en amplifiant davantage le transfert de la richesse vers le secteur financier par le biais des politiques de rigueur, de modération salariale et de compression de la dépense publique ont produit logiquement l’effet inverse. Ces politiques d’austérité et de compression des coûts n’ont jamais permis de stimuler une quelconque croissance sauf à avoir une économie entièrement tournée vers l’exportation puisque la demande est atone et le sera demain davantage. Appliquer la « recette » de l’Allemagne à des pays quasiment dépourvus d’industrie relève de l’idiotie ou de la mauvaise foi délibérée. Je penche personnellement pour la mauvaise foi et la stratégie du choc appliquée à l’Europe qui permet aux détenteurs de la rente de réaliser un véritable hold-up sur l’économie et le patrimoine des nations. Ce hold-up de l’oligarchie financière n’aurait jamais été possible sans une situation de crise exceptionnelle qui permet de faire passer des mesures elles mêmes exceptionnelles et qui en temps normal n’auraient jamais pu s’imposer. Il est intéressant de noter que ce sont les politiques de rigueur mises en place qui aggravent la crise dans des proportions exceptionnelles et qui permettent ensuite de justifier… des mesures de rigueur exceptionnelles.
    Les seuls partis politiques qui évoquent le fond du problème sont l’extrême gauche et l’extrême droite, notamment sur la question du financement de la dette publique par les marchés financiers plutôt que par le biais de la banque centrale, noeud coulant essentiel. Les grecs semblent enfin l’avoir compris, mais jusqu’où faudra t-il aller en France, avant que les citoyens comprennent et réagissent ?

  18. La crise bancaire de plus en plus visible en Espagne. Le gouvernement vire le pdg de Bankia, et y injecte entre 7 et 10 Mds €.

    Bankia, fusion de 7 anciennes Caisses d’épargne, est la 3e banque espagnole par ses actifs (339 Mds € en 2009) et la première par le volume d’affaires (376 Mds €). C’est la banque la plus engagée dans l’immobilier (secteur où elle aurait 31,8 Mds d’actifs « problématiques »). Elle a besoin cette année de 17 Mds pour rembourser ses dettes.

    Elle possède 10 millions de clients et 400 000 actionnaires. Son action a chuté de 42 % depuis son introduction en Bourse en 2010.

    Le pdg viré est Rodrigo Rato, l’un des pontes du PP (Partido Popular) de Rajoy, ancien ministre de l’économie entre 1996 et 2004 (et donc l’un de principaux responsables de la bulle immobilière espagnole) et ancien directeur général du FMI.

    Certains journaux économiques affirment que Bankia sera nationalisée vendredi.

    http://www.cotizalia.com/noticias/2012/05/08/bankia-se-hunde-en-bolsa-ante-la-probable-supresion-del-dividendo-y-en-un-ambiente-de-incertidumbre-sobre-su-futuro-898/

    http://www.elmundo.es/elmundo/2012/05/07/economia/1336411669.html

    http://economia.elpais.com/economia/2012/05/08/actualidad/1336464761_705874.html

    http://www.libremercado.com/2012-05-07/las-claves-de-futuro-de-bankia-tras-la-marcha-de-rato-1276457846/

    1. tiens donc le pdg viré , ancien DG du FMI , et lagourde qui en 2008 :  » la crise est derriere nous »

    2. Prix de la faillite Fortis 100 Md€ avec 10 ils sont perdus d’avance.
      Nationaliser = grave erreur les actionnaires doivent raquer , perdre leur valeur d’action et compenser les pertes.
      380 Md€ en actif = 380 Md€ de crédits irrécouvrables et non 38 Md€ sur immo.
      Pov espagnols vous allez payer durant des siècles.
      31 Md€ problématiques en immo ????? et avec 17 Md€ pour cette année ?????? On se fout vraiment de la figure de celui qui le lira.

      1. @ bertrand

        Voudriez-vous faire l’effort de rendre clair votre raisonnement-argument qui me semble intéressant.
        Un texte en langue française d’une quinzaine de lignes , avec ponctuation adéquate , me semblerait extrêmement bienvenu.
        Mes remerciements anticipés.

  19. Croissance?

    Les sociétés anciennes maintenaient leur structure sans croissance quantitative.

    Les sociétés capitalistes maintiennent leurs structure par la croissance quantitative.

    La société qui vient devra maintenir sa structure par une croissance qualitative, ou intensive.

    M.

  20. Ah… Monsieur LECLERC, merci.

    On peut retourner ce problème de dette dans tous les sens, on le constate comme systématiquement insoluble.
    Les solutions conventionnelles évoquées publiquement ou les plus alternatives de la blogosphère, qu’elles soient simples ou d’une extrême complexité, buttent sur l’incertitude des conditions suffisantes et, le cas échéant, des effets positifs incertains de la croissance telle qu’on la définit aujourd’hui.

    L’inévitable premier pas vers la sortie du cadre consiste à faire fi de ce problème sans solution, c’est-à-dire constater la fin d’un système qui courait à sa perte par essence. Et pour ce faire il convient d’analyser les conséquences qui émanent de ce constat afin de les gérer au mieux, c’est-à-dire au regard de l’intérêt général, ce qui en soit serait une véritable révolution.

    Le second, c’est bien évidemment de réfléchir à l’après, c’est à dire au « comment ne plus revivre ça, jamais ».

    Après la révolution industrielle, ça sent la révolution financière (et tout ce qui en découle). Il y a beaucoup de boulot, et pour ma part vous (toutes & tous ici) faites avancer le schmilblik.

    Merci.

  21. Tout cela est bien gentil mais franchement, la croissance pour favoriser l’emploi tout en maintenant la compétitivité…. sooooo 20th century François 🙂

    C’est fini tout ça, et plus vite on l’admettra, mieux ça ira. Il n’y aura pas d’emploi, parce qu’on en a plus besoin. Les banques le savent mieux que les autres, celles « tout en ligne » ont à présent les mêmes encours que les banques traditionnelles mais 10 fois moins d’employés.

    La révolution industrielle a réussi, les machines nous libèrent du travail. Cessons de prétendre avoir besoin de croissance, le temps est à travailler moins, gagner moins et vivre mieux.

      1. @ Jean-Luce Morlie
        Thom consacre trois pages (pp. 321à 323) à la structure des sociétés dans Stabilité structurelle et morphogénèse. Il y parle de la société militaire en notant « qu’on pourrait très bien concevoir une société militaire sans chef unique, voire sans aucun chef, mais le corps social serait alors au moins une variété de dimension trois (afin d’avoir un champ ergodique sans singularité et structurellement stable). »

        « Sur l’argument de la lutte des classes, je répondrais qu’il s’agit là d’un cas bien connu de réductionnisme scientiste, consistant à plaquer la complexité d’un système sur un seul niveau de régulation. »

        Thom va dans le même sens en notant: « Le marxisme, qui veut expliquer la structure et l’évolution des sociétés à l’aide des seuls facteurs économiques, est l’homologue de la théorie métabolique de Child en embryologie et il souffre sans doute des mêmes simplifications. »

        Pour lui l’argent circule en sens inverse des marchandises et services. Il est donc nécessaire qu’un mécanisme, qui ne peut que s’appuyer sur la structure de la société, sur l’autorité, le ramène en sens inverse.

        J’aime beaucoup la remarque de bas de page qu’il fait à ce sujet: « Les intellectuels (artistes et savants) apparaissent dans ce modèle de société comme l’axe de cette circulation monétaire; délivrés des servitudes de la production, privés des avantages et des responsabilités du pouvoir, ils occupent effectivement la position centrale, l’oeil du cyclone continuel. […] On peut voir en eux le chromosome du corps social. »

        Il es de fait que pour moi, artistes et savants remplaceraient avantageusement en tant qu’élite, en tant que lignée germinale, l’élite immédiatement sclérosée des apparatchiks communistes et des financiers libéraux. Une pensée pour Vaclav Havel…

      2. Basic, vos engrammes thalamiques me tuent quand vous écrivez « Il est de fait que pour moi, artistes et savants remplaceraient avantageusement en tant qu’élite, en tant que lignée germinale »

        Un : sur le plan biologique, vous voulez certainement dire « bourgeon terminal » en lieu et place de lignée germinale opposée à la lignée somatique, … enfin j’espère … ; de plus, le bourgeon terminal est un exemple de dominance apicale, laquelle procède par inhibition des bourgeons axillaires . Dès lors, votre métaphore pour la promotion des artistes et des intellos, est une mauvaise pioche !

        Deux, rangez vos jugements de valeur sur les intellectuels et les artistes, vous renforcer le contexte à mort : une « élite » non mais, faut l’entendre ici ! Sur la théorie du changement de contexte relativement au changement de cadre, voir G. Bateson Steps to an Ecology of Mind.

      3. @ Jean-Luce Morlie
        Il s’agit bien pour moi de lignée germinale opposée à lignée somatique. Avec des mécanismes d’action du soma sur le germen, cela va sans dire mais mieux en le disant, permettant le brassage des dites élites. Dans le cadre d’une société à trois feuillets (primaire/production, secondaire/distribution, tertiaire/direction) cela me semble un bon (le meilleur?) moyen d’éviter le sclérose des élites et donc d’assurer la pérennité de la société.
        Il reste bien entendu d’autres types de société à explorer (cf. mon précédent commentaire)dans lesquelles le problème de l’élite ne se poserait pas.

        Pour moi l’élite n’a pas la connotation négative qu’elle semble avoir pour vous. En embryologie la lignée germinale est constituée de cellules totipotentes qui ne se sont pas spécialisées au cours de l’embryogénèse. Par analogie biologie/sociologie les cellules non spécialisées sont typiquement les savants et les artistes. L’élitisme que propose Thom est ama beaucoup plus sain que l’élitisme tertiaire classique qui conduit aux scléroses que l’on constate.

        Il reste bien entendu d’autres types de sociétés à explorer (cf. mon précédent commentaire) dans lesquelles le problème de l’élite ne se poserait (peut-être) pas.

      4. Je vous recopie, excusez- moi, cela prend un peu de temps, les dernières lignes d’un ouvrage remarquable, de la même hauteur de vue de Comment la Vérité et la Réalité furent inventées, il est signé Boris Rybak, son titre est : Psyché Soma Germen, Gallimard, coll. l’Avenir de la Science, 1968, 435P.

        Si, de quelque façon que ce soit, une transévolution ( a) humaine est réalisée par l’Homme même, l’humanité aura accompli sa potentialité, ayant mené la matière vivante au stade de la matière éthique. Celle-ci sera législative non seulement – comme l’était celle de l’Homo faber – dans l’ordre instrumental ou comme l’est celle de l’Homme actuel dans l’ordre mental, mais encore, en échappant définitivement la spécialisation de la bête – par-delà la multiplication évolutive des neurones intercalaires, par-delà l’augmentation évolutive considérable de la vitesse de renouvellement de l’ATP (735) ou encore, si cela est, par-delà la capacité intéroceptive – cette matière éthique sera législative dans l’ordre humain. Elle légiférera sur une étendue informationnelle à laquelle nous pouvons seulement rêver, tandis que, de l’étrave du présent, notre pensée, en son âpre solitude, cherche les signes de sa signification .

        735, Kreps ( E.M.) « La phosphorylation oxydative dans le tissu cérébral au cours de l’évolution des vertébrés », Conf . intern. Radio-isotopes, Unesco paris 1957. Consulter aussi Edel (S.) et Rein-Lovtrup (H.) « Nucléotides libres du système nerveux central de mammifères et de quelques vertébrés inférieurs » Bull. Soc Chim. biol, (1966), 48, 915)

        736, Cherbnigovskii, (V.N.) “Some pathaways in the evolution of interoceptive signaling”, in essays on physiological évolution (J.W.S. Pringle Ed. 1969, Pergamon press, oxford, 1965).

        Ce denier paragraphe, est la raison pour laquelle j’insiste quelque peu sur la nécessité d’inclure le niveau d’organisation physiologique dans ce « pas vers l’ordre éthique » que constituerait une constitution pour l’économie.

        735, Kreps ( E.M.) « La phosphorylation oxydative dans le tissu cérébral au cours de l’évolution des vertébrés », Conf . intern. Radio-isotopes, Unesco paris 1957. Consulter aussi Edel (S.) et Rein-Lovtrup (H.) « Nucléotides libres du système nerveux central de mammifères et de quelques vertébrés inférieurs » Bull. Soc Chim. biol, (1966), 48, 915)

        736, Cherbnigovskii, (V.N.) “Some pathaways in the evolution of interoceptive signaling”, in essays on physiological évolution (J.W.S. Pringle Ed. 1969, Pergamon press, oxford, 1965).

        (a) Rien à voir avec nos actuels “transévolutionistes” , rien à voir ! Et, si vous voulez rabattre la tripartition indo-européenne « Dumezillienne » sur la destinée des feuillets embryonnaires, et bien, c’est la pire des positions réactionnaires imaginables !

      5. JLM, vous pourriez traduire ce galimatias… le peu que j’entrevois me paraît pure phraséologie, et pas de la meilleure.

        A tout à l’heure donc.

      6. @ Jean-Luce Morlie

        Merci de votre référence à Bateson. Je viens de lire un pdf de J.J. Wittezaele sur son « Ecologie de l’esprit ». Je pense qu’il « sent » correctement les problèmes (comme Laborit) mais qu’il lui manque la précision de langage nécessaire (qu’est-ce qu’une information, un message, une relation, etc.) pour les aborder.

        J’ai noté: « Tout d’abord, j’affirme
        que si vous voulez parler de choses vivantes, non seulement en
        tant que biologiste académique mais à titre personnel, pour vous-
        même, créature vivante parmi les créatures vivantes, il est indiqué
        d’utiliser un langage isomorphe au langage grâce auquel les
        créatures vivantes elles-mêmes sont organisées – un langage qui
        est en phase avec le langage du monde biologique ».

        C’est exactement ca que fait Thom avec son analogie biologie/linguistique. Et lui c’est dans le cadre d’une théorie.

        Concernant votre post de 18h51, j’ai en gros la même réaction que jicé: ???

        Pour afficher clairement ma position:
        « On ne pourra que s’étonner, dans un futur pas tellement lointain, de l’étonnant dogmatisme avec lequel on a repoussé toute action du soma sur le germen, tout mécanisme lamarckien. » René Thom, Esquisse d’une sémiophysique, 1988, p.127.

        Si l’on accepte les théories de Thom (mon cas) alors on doit admettre que les situations dynamiques qui régissent les phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés. C’est pour moi un fait heureux car il y a alors un espoir pour l’homme de construire une société qui lui est réellement adaptée car à son image.

        Je ne comprends pas votre anti-élitisme quasi épidermique (cf. votre post de 16h29). En morphogénèse animale il y a une gamétogénèse, réservée aux cellules qui donneront ovules et spermatozoïdes, et le métabolisme de ces cellules est très riche (ces cellules constituent en quelque sorte une élite). Pourquoi n’y aurait-il pas l’équivalent en morphogénèse sociale? Dans cette optique le problème qui se pose est alors de sélectionner la meilleure élite possible pour la pérennité de la société.

      7. @ JIC

        La « phraséologie » , comme vous dites, de Boris Rybak, Professeur émérite de physiologie ( Sorbonne), ne peut se lire que dans le texte et, comme annoncé, je me suis limité à recopier « l’envoi » qu’il a voulu, comme tel, à son ouvrage, essentiel, s’il en est !

        Désolé.

        A+

      8. Ecoutez Jean-Luce, ravi d’apprendre que je côtoie là un contemporain essentiel, mais il est alors essentiel qu’il se fasse comprendre. C’est pas que l’effort me rebute, voyez-vous mais :

        « Si, de quelque façon que ce soit, une transévolution ( a) humaine est réalisée par l’Homme même, l’humanité aura accompli sa potentialité, ayant mené la matière vivante au stade de la matière éthique.  » là, perso, je cale.

        Par exemple : une « transévolution », c’est quoi exactement? Pour moi, c’est du pur blabla.

        Humaine, ahumaine, l’un et l’autre, l’un ou l’autre? Et pour y voir clair dans ce maquis, qui me semble mêler le descriptif et le normatif, l’auteur a-t-il eut le bon goût de définir ce qu’il entend par « humain » tout court?

        Enfin, je savais déjà qu’il n’existait aucune matière vivante (Wölher, 1828), mais là j’apprends qu’il existe une « matière éthique » : je suis bon garçon, mais j’hésite à être pris pour un c…

        C’est quoi tout cela? Theilard de Chardin sous mescaline (cf.1968)?

        Si vraiment vous estimez que ce gars à quelque chose à dire, que vous estimez l’avoir un chouïa compris, pourquoi ne pas nous l’exposer en quelques mots.

        Je compte encore sur vous.

  22. J’insiste sur la différence entre « changements de cadre », « sortie de cadre » et changement de contexte .

    Nous savons que la « croissance » correspond à l’exponentielle du prêt à intérêt et donc à l’inévitable accumulation de l’argent en quelques mains ; changer de cadre consiste donc à introduire constitutionnellement des règles qui supprimeraient les propriétés de run-away positifs propre à cette structure.

    La justification de cette application « de la loi » tient à ce que les mécanismes concrets structurés, en rétroaction positive vers l’infini, épuisent nécessairement le substrat sur lequel ils s’alimentent ( J’ajoute en incise, avec Alain Supiot, que la justification du droit n’est en fait rein d’autre que la « justice », dans la perspective d’une constitution, il serait nécessaire d’en discuter et de préciser bien davantage).

    J’attire également souvent l’attention sur la notion de niveau d’organisation et, plaide, sur ce blog, pour la prise en compte du niveau auquel se situent nos automatismes inconscients. Par exemple dans la question de la propriété, il me semble utile de considérer également la « propriété » comme une modalité de gestion de l’agressivité intraspécifique de compétition, laquelle ne correspond plus aux nécessités de l’adaptation de l’espèce. Certains dirons que cela « leur fait une belle jambe », et préciseront que la solution est à rechercher dans la maximisation de la tension de la lutte des classes dure et pure, de pousser tant qu’on peut, vers une situation politique qui permettra de régler définitivement la question de la propriété.

    Sur l’argument de la lutte des classes, je répondrais qu’il s’agit là d’un cas bien connu de réductionnisme scientiste, consistant à plaquer la complexité d’un système sur un seul niveau de régulation. J’ajoute, qu’il importe de considérer, dans une même analyse et dans une même action , comment notre néocortex imaginera, consciemment donc, d’autres modes d’équilibration ,que la dominance et la propriété, entre notre circuit de la récompense et notre circuit de l’inhibition de l’action.

    Toute construction politique qui n’entreprend pas ces deux tâches d’un même mouvement change éventuellement de cadre, mais ne modifie pas le contexte ( essentiellement, de recherche de la dominance) et ne peut que nous ramener à Animal Farm . Les intérêts liés à cette attitude révolutionnaire réductionniste me semblent évidents.

    Changer de contexte consiste ici à mettre en débat sur l’espace public l’ensemble de nos motivations inconscientes ; (l’inconscient freudien, étant une des voies d’approche) et à réorganiser de façon volontaire et consciente l’organisation socio-matérielle de nos sociétés de façon à développer l’usage de circuit nerveux permettant de nouveaux modes de plaisir et de satisfaction radicalment nouveaux (1).

    Je reviens maintenant sur la nature du changement de contexte possible relativement à la croissance. Ce changement de contexte étant de prendre en compte nos modalité de la réponse à l’angoisse existentielle qui sourd inévitablement de notre système nerveux, lequel n’a d’autre motivation que de maintenir sa structure et de chercher les moyens d’y parvenir.

    Dans cette perspective existentielle, nous ne disposons que de très peu de structures mentales nous permettant d’imaginer « demain ». En effet, par quelles formes de représentation de l’avenir, imaginons-nous que demain sera fait ? Quelles sont les structures mentales par lesquelles nous pouvons « projeter » un avenir stable. Il me semble, corriger –moi – , que du point de vue structurel, nous n’en disposons que de trois : la forme cyclique le retour du même, la forme exponentielle, toujours plus, et dernière en date la variété nécessaire, il faut de tout pour faire un monde.

    Je crois donc raisonnable de considérer que parallèlement au fait que la croissance soit devenue le moyen illusoire d’échapper au règlement des dettes par une forme de neoservage, il importe de considérer qu’elle demeure une des rares formes mentales par lesquelles nous pouvons imaginer un avenir stable, et que tout comme nous, nos politiciens ne sont pas capables d’imaginer une neuve, sauf à revenir au la forme cyclique et hiérarchique lesquelles ont dans l’histoire apporté des preuves de leur stabilité.

    Le communisme reprenait le mode religieux et réglait la question par à chacun selon ses besoins, et par l’avenir radieux ! La décroissance heureuse conduit vers l’ordre cyclique répétitif, sans poser la question de la dominance hiérarchique, ni prendre en compte le fait que toute structure complexe doit en permanence ajuster sa représentation de l’organisation matérielle des trois modes sur laquelle la stabilité d’ensemble des sous systèmes réels est assurée, (un runaway est utile et nécessaire, s’il est asservi).

    Ici encore, il s’agit d’agir consciemment de façon à modifier les modes d’utilisation de nos vieux modes acquis de structuration thalamique. Les plus inquiets se diront que tant qu’ils sont au-dessus du panier par l’intelligence, et que leurs enfants y seront aussi, ils pourront soutenir la méritocratie comme forme de dominance.

    (1) Que cette dégueulasserie pornographique mercantile et ces ridicules gayprides politiciennes dont le système s’abreuvent. Genet , le comédien et le martyr, ça vous avait de la gueule !

    1. L

      a décroissance heureuse conduit vers l’ordre cyclique répétitif, sans poser la question de la dominance hiérarchique, ni prendre en compte le fait que toute structure complexe doit en permanence ajuster sa représentation de l’organisation matérielle des trois modes sur laquelle la stabilité d’ensemble des sous systèmes réels est assurée, (un runaway est utile et nécessaire, s’il est asservi).

      l’ordre cyclique répétitif, sans poser la question de la dominance hiérarchique,

      Prouvez-le.
      Pour l’ordre: ce peut être une réalité sous-jacente.
      En fait on peut trouver de l’ordre partout, sauf chaos absolu,
      pas même besoin de faire appel à Fourier.

      la question de la dominance hiérarchique, Là je ne vois pas.
      Rien d’obligé. A quel niveau vous situez-vous ?

      ( Je ne dis pas que j’ai compris le reste, le contraire plutôt …)

      Pour en revenir au sujet,
      croissance ou décroissance vont devenir des notions dépassées.
      La stabilité de la Société repose sur un emploi
      généralisé socialement utile et rémunérateur.
      Toute autre forme garantissant un chômage
      durable amènera l’anomie et
      des explosions de violence.
      Je crois que nous y sommes déja, ou pas loin.

      Le travail, sous n’importe quel forme, est un besoin
      psychologique.

      1. @ daniel

        « La stabilité de la Société repose sur un emploi
        généralisé socialement utile et rémunérateur.
        Toute autre forme garantissant un chômage
        durable amènera l’anomie et
        des explosions de violence.
        Je crois que nous y sommes déja, ou pas loin.

        Le travail, sous n’importe quel forme, est un besoin
        psychologique. »

        Ce que vous dites est pour moi typiquement un discours de servitude volontaire.
        Je ne suis pas d’accord. Je prône une société dans laquelle on travaillerait le moins possible, de façon à se dégager un maximum de temps libre pour l’épanouissement individuel et collectif.

      2. Daniel je crois que vous confondez emploi et activité, utilité et salariat, ce qui dessine en creux votre préoccupation (et définit le problème) qui est celle de la justice de l’allocation (au sens économique bien sûr, pas au sens umpiste). Votre raisonnement c’est : pas d’intégration sociale sans emploi (du point de vue de soi et aux yeux des autres), ce qui pour moi ne va pas de soi (donc mérite d’être établi) : car il y a des intégrations qui font société hors du salariat, car emploi ne signifie pas utilité, car il y a nombre d’activités qui ne sont ni directement ni indirectement du travail, car de toutes façons de deux choses l’une : soit il y aura emploi pour tous dans une forme d’organisation sociale quelconque (ce dont je doute fort, si cet emploi n’est pas une pure et simple occupation, s’il doit avoir un sens social ou technique), soit il n’y aura pas d’emploi pour tous. Or il n’y aura pas d’emploi pour tous, donc c’est la question du revenu, de son allocation, du découplage revenu / travail, c’est-à-dire de la délégitimation subjective du lien emploi-travail/revenu qu’il sera question.

        Dernier point : il faudrait sans doute s’entendre sur le sens du mot travail, mais c’est agir, c’est l’activité, qui sont un besoin psychologique, le travail n’est qu’une des modalités de l’activité, pas forcément la plus haute d’ailleurs. Si c’était bien cette forme spécifique de l’activité qu’est le travail, alors c’est comme si vous disiez : le besoin de maîtrise, d’avoir prise sur, et par ce biais de stabiliser une identité, est en l’homme indépassable. Si tel est le cas, alors n’espérez aucun changement de cadre (la travail engage un rapport de force avec le donné qui légitime et l’appropriation juridique et la distinction des conditions.)

      3. Je vous parle de vie, au sens du plus basique à 1 ou 2 crans au-dessus,
        et vous répondez idéal. Rien à voir, mais tout vu dans une cité HLM avec
        dysfonctionnements divers ( trafics, violences, dont d’ailleurs les jeunes filles
        sont les premières à souffrir si elles ne peuvent sans évader.
        Le terme de « petit enfer portatif » va bien.)
        La misère est une servitude. En plus cette composante va rarement seule.
        Les misères sont une servitude, la plus terrible par comparaison.
        Elle est là, en embuscade. Celui qu’ elle accroche y tombe
        comme dans un piège.
        Cela ne vous donne pas des idées ?

        Le chomage est la plaie sociale de notre époque.
        Toute solution raisonnable m’agrée.
        L’ activité salarié est la plus évidente à défaut d’un revenu
        légal.
        Il se trouve que la France est désindustrialisée.
        Elle est largement importatrice de productions
        tout à fait élémentaires. Et ses exportations deviendront
        progressivement banales.
        Même sans le pétrole, notre balance des paiement est déficitaire.
        Nous vivons avec l’obligation d’emprunt de 40 milliards annuels,
        irréductibles. Alors que le bon sens et un minimum de celui
        de l’écologie devrait nous faire produire sur place.
        Il n’y a aucune contrainte technologique.
        C’est une opportunité dans la lutte contre le chômage.
        Donc , croissance pour vivre dans une collectivité viable.

        @ jicé
        Je suis d’accord pour les compléments : Activité etc…
        L’ Art est libérateur.
        Pour le reste , où est la liberté quand le ventre est vide
        ( des pâtes…) et l’esprit en proie à une obsession ?
        Mais, probablement aussi, faudra-t-il prévoir une réforme
        dans les modes de production. D’abord détruire
        le caporalisme, sans justification. Supprimer
        les statuts sociaux attentatoires à la simple équité.
        (le statut de cadre est une vieillerie à balancer.)
        Plus prosaiquement, tout cela se trouve dans nos têtes.
        Manifestement, l’ Education Nationale montre son désaccord
        de longue durée, et sans doute partagé.

    2. Cher Monsieur,
      pour qu’il y ait de la croissance, il faut que le particulier ait de l’argent en caisse pour le dépenser, pour faire des projets et des plans pour l’avenir.
      Pour illustrer mon point de vue, voici quelques chiffres de l’Allemagne, pays que je connais bien:
      Chiffre d’affaires des entreprises industrielles allemandes en 1994: 109,3 milliards (en euro). En 2005: 152,0 milliards. Dans la même période, le nombre des salariés est descendu de 570,0 (en milliers) en 1994, à 441,0 en 2005. La classe moyenne diminue également: il y a dix ans, 66 pourcents des allemands faisait partie de cette classe sociale, aujourd’hui le nombre s’est réduit à moins de 60 pourcent. La population à bas revenu s’est agrandie dans la même période de 18 à 22 pourcent. Cette érosion continue.
      Dans de nombreux pays européens, les tableaux se ressemblent, le spectre de la dégrangolade sociale s’est incrusté dans les sociétes européennes.
      Malgré tout, le personnel politique ose parler de croissance. De quelle croissance parle-t-on?

  23. Extrait de l’article reuters Le casse-tête économique de François Hollande
    Par Yves Clarisse | Reuters :

    François Hollande a en outre récemment effectué deux glissements sémantiques dans la formulation de ses exigences.

    Il ne demande plus le lancement d’euro-obligations pour mutualiser la dette mais bien pour financer des projets d’infrastructures, par exemple dans le domaine de l’énergie, et l’exigence d’une renégociation est désormais plus floue.

    Cette renégociation « fait partie de la négociation », a-t-il dit : en clair, une initiative sur la croissance pourrait faire l’objet d’un texte séparé, sans réouverture du pacte budgétaire.

    « On est bien conscients qu’il faut respecter le pacte budgétaire. C’est le signal que l’on donnera pour dire qu’on est sérieux », déclare un ténor du Parti socialiste dont le nom est cité pour occuper le poste de Premier ministre. « Merkel et Hollande sont faits pour s’entendre. »

    Pour un responsable français qui a été au cœur de la négociation avec l’Allemagne, l’affaire pourrait être rapidement bouclée, peut-être dès la première rencontre Hollande-Merkel la semaine prochaine.

    « Chacun pourra revenir chez soi et dire : ‘j’ai gagné' », dit-il. Angela Merkel pourra expliquer qu’elle n’a rien concédé qui n’ait déjà été prévu et François Hollande clamer qu’avec lui Berlin a accepté de mettre aussi l’accent sur la croissance.

    Cela me rappelle
    les financiers au coin du bois

  24. Sortir du cadre, dans ce domaine, cela implique de ne pas la rembourser dans sa totalité et d’en assumer les conséquences. Mais qui s’y prépare aujourd’hui en procédant à son inventaire ? Qui se penche sur un mode opératoire ? Qui réfléchit à ce que peut bien représenter la croissance économique ?

    tout est dit, on tourne en rond indéfiniment, refusant d’affronter la réalité
    c’est écrit ici (quelque fois ailleurs) depuis des mois des des mois, mais peu de conscience évoluent (ou si lentement)

  25. Vous avez dit « Croissance » ?
    http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/05/08/rarefaction-des-metaux-demain-le-peak-all/

    /////
    En quoi pic pétrolier et pics des métaux sont-ils liés ?

    Tout simplement parce que pour creuser, des mines il faut de l’énergie. Beaucoup d’énergie. Aujourd’hui, 8 à 10 % de l’énergie primaire est consacrée à extraire et raffiner les ressources métalliques, notamment pour l’acier et l’aluminium, indiquent Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, tous deux anciens élèves de l’Ecole Centrale.

    Vous avez déjà compris le léger soucis : puisque les minerais sont de moins en moins concentrés en métaux, il faudra de plus en plus d’énergie pour les extraire, or les extractions de la source principale d’énergie paraissent elles-mêmes au bord du déclin…
    ///////
    La derniere phrase , de JB SAY est aussi determinante :
    «  » » » » « Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques » – Jean-Baptiste Say, Cours d’économie politique pratique, 1815. «  » » » » »

    1. C’est exactement là où le bas blesse… On invoque, implore la croissance. Pendant longtemps, quand j’entendais nos dirigeants faire appel à la croissance, ces derniers semblaient être des Amérindiens en transe effectuant des incantations autour de feu. Désormais, ils « réfléchissent » pour restaurer la croissance. Soit, mais avec quels outils? Ceux du XXème siècle?

      Aujourd’hui, si on demeure sur des modèles de production issues des révolutions industrielles, nos sociétés vont dans le mur. La croissance physique en (é)puisant toujours plus notre environnement et l’ensemble de ses richesses.

      Tous nos dirigeants semblent s’accorder que le retour de la croissance passe inéluctablement par une meilleure compétitivité par rapport aux puissances émergentes. Donc, la recette traditionnelle se compose de la façon suivante: désengagement de l’État, privatisation, diminution des charges sociales, accroître la consommation (quitte à remettre en œuvre de nouveaux produits financiers). Donc rien de nouveau à l’horizon, si ce n’est la proximité d’un ravin (ou d’un mur) toujours plus proche…

      Alors quelle croissance? La croissance verte est une branche de cette nouvelle société qui doit émerger (on peut penser aussi à la croissance immatérielle, la connaissance). Mais notre rendement énergétique diminue, s’il venait à s’effondrer de façon dramatique dans la décennie à venir, alors nos institutions céderaient rapidement avec une réorganisation beaucoup plus primaire. La grande mutation, transition, révolution est un immense défi et je ne suis pas sûr que nos sociétés aient la résilience pour y résister…

    2. @ Kercoz
      Vous pouvez rajouter aussi l’énergie nécessaire au transport des matières premières du lieu d’extraction aux lieux de transformation puis de distribution.

      1. @Arkao :
        Exact …l’energie gratuite a permis a la technologie de nous offrir 2 cadeaux majeurs : l’ ubiquité pour l’information et le cout nul du transport …..ces cadeaux etaient maudits car sous prétexte de flatter notre confort , ils désenchantaient la vie en supprimant l’altérité .
        Le risque majeur a venir et deja en oeuvre c’est de vouloir , pour certains , « coller » au modèle ancien , ce qui revient logiquement a remplacer de l’énergie virtuelle (KW) par de l’énergie humaine …..
        La « croissance » et la dynamique centralisatrice ont besoin d’énergie et croire qu’ils peuvent perdurer en déplétion énergétique , c’est tromper le monde .

  26. « L’argumentation allemande, selon laquelle il est absurde de créer de nouvelles dettes pour régler les précédentes, est pleine de bon sens »

    Non, ce qui est totalement absurde c’est vouloir les rembourser…
    Personne ne remboursera les 15 000 milliards de dettes publiques des USA….(Et on ne compte pas la privée!)
    Quand aux allemands ils en ont pour plus de 2000 milliards d’euros!

    C’est du bon sens destinés aux couillons… Ca fait belle lurette qu’il est impossible de rembourser quoi que soit sans réemprunter dans la foulée. Les banquiers ont ainsi des rentes eternelles de fait sur les Etats….Voulu par traités européens.
    Solution: Preter au taux de l’inflation!
    Ce que font les USA et le Japon par l’intermediaire de leurs banque centrale.
    Ils ont peur en ce moment de la baisse de leur monnaie…
    Quand le real est plus convoité que le dollar, on se doit de se poser des questions…
    Et ne pas lire les absurdités des palabres européens…Les vrais problémes sont ailleurs.
    Palabrer sur l’indépendance absolue de la BCE est totalement débile.

  27. Greek Left Coalition Leaders Says Bailout Accord « Null And Void », Demands Greek Debt Moratorium.

    Hardly a surprise to anyone, but here it is black on white – Greece officially makes the odds for a Euro departure well over 50%:

    TSIPRAS SAYS GREEK RESULTS MAKES BAILOUT ACCORD NULL AND VOID
    TSIPRAS SAYS GREEKS HAVE VOTED AGAINST BARBARIC BAILOUT
    TSIPRAS SAYS WON’T JOIN A GOVT OF NATIONAL SALVATION FOR LOAN
    TSIPRAS SAYS GREEKS HAVE ENDED PLANS FOR ADDITIONAL AUSTERITY
    TSIPRAS ASKS VENIZELOS, SAMARAS TO RENEGE PLEDGES IN WRITING

    And here it comes

    GREECE’S TSIPRAS SAYS WANTS INTERNATIONAL COMMISSION TO INVESTIGATE IF GREECE’S DEBT IS LEGAL
    TSIPRAS SAYS MUST BE MORATORIUM ON GREEK DEBT PAYMENTS

    http://www.zerohedge.com/news/greek-left-coalition-leaders-says-bailout-accord-null-and-void

  28. « Bruxelles (awp/afp) – La discipline budgétaire doit s’appliquer de manière différenciée en Europe mais les pays les plus en difficulté, comme la Grèce, n’ont d’autre choix que de s’y plier sinon c’est « le défaut de paiement », a averti mardi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. »
    M-Barroso ajoute
    «  »Ce serait démagogique et ce ne serait pas sérieux de leur dire qu’ils peuvent relâcher leurs efforts de consolidation », a encore insisté M. Barroso. »
    (http://www.romandie.com/news/n/UE_la_Gr_doit_appliquer_la_rigueur_ou_c_est_le_dut_de_paiement_Barroso_RP_080520121519-12-175337.asp)

    Au fond, ces braves gens n’ont peur que d’une croissance: celle de la démocratie. 🙂

  29. Monsieur Leclerc,

    Est-ce que vous faites de l’ironie ? Parler de pactole avec 230 millions d’euros quand les banquiers viennent de recevoir 1 000 milliards ressemble à une blague de votre part. S’ébaudir d’environ 4 milliards d’euro levés par effet de levier pour faire des euro-bonds limités à des projets européens me semble ridicule quand je compare ça avec la capacité des financiers à faire disparaître ces 1000 milliards au point que personne ne sait où ils sont.
    Pour ces 4 milliards, Draghi et les autres s’offrent un délai de 10 ans, des intérêts sur cette somme faisant au moins doubler (8 % d’intérêt annuel fait l’affaire). Les intérêts seront pris dans les poches des contribuables et donnés aux banquiers. En plus, vu l’interdiction faite aux états d’emprunter à leur banque centrale, ils devront aussi payer pour ces 230 millions.
    Pour ces 4 milliards, Draghi et les autres s’offrent des déclarations selon lesquelles ils s’inquiètent et luttent pour la croissance. En contrepartie, il faudra flexibiliser le marché du travail (fin du CDI par exemple), il faudra soumettre les états aux volontés des banquiers, etc…. C’est le seul chemin admis pour retrouver la croissance.
    Elle doit se faire à travers les rentiers qui doivent retrouver confiance dans les états. Tous les efforts vont dans ce sens. Toute alternative à la protection des rentiers et à leur enrichissement est combattu avec énergie, force, courage, intelligence, foi, etc… C’est la rilance de Lagarde. C’est TINA.
    La croissance ne sera pas pour nous. Ce truc à 4 milliards offre du temps à nos dirigeants pour renforcer le chemin de l’austérité et permet de très belles opérations de propagande pour compenser l’échec de Cameron, de Papademos, de Rajoy, de Monti, de Sarkozy. Cela permet d’expliquer (?) aux peuples qu’ils s’inquiètent pour eux et que suivre une autre voie que la leur n’est pas raisonnable. C’est du bonimentage pur. C’est un mirage pour nous enfumer.
    Je pense donc que vous faites dans l’ironie avec votre pactole.

      1. Je ne pige pas leur litanie et leur logiciel de ‘flexibiliser le marché du travail’?Cela ne va strictement rien résoudre(pour les gens c’est évident)mais même pour les banquiers et donc les Etats.Car qui n’aura plus de CDI ne pourra plus louer un logement ou encore acheter car pas de garanties suffisantes(déja qu’un CDI était une garantie toute théorique). Si les gens sont plus précaires(encore plus) et donc deviennent petit à petit insolvables ou presque,en quoi cela va t’il résoudre le problème?Pour les Etats, moins de rentrées fiscales,de TVA etc….Donc en résumé encore une pseudo solution miracle qui n’est qu’un mirage.

    1. Construisons une Europe de la relance !

      Seul un impôt européen dans le cadre d’un budget fédéral pourra donner la crédibilité suffisante à ce nouvel outil de croissance. Pour le financer, on peut penser à la rétrocession d’un point de TVA, à l’instauration d’une taxe carbone et d’une taxe sur les transactions financières. Il sera alors possible de générer avec les projects bonds plus de 1 000 milliards d’euros pour investir dans des projets d’avenir, relancer une véritable croissance, proposer une vision motivante de l’Europe et créer les mécanismes de résolution des déséquilibres originels.

      (Jacques Attali, Président de PlaNet Finance – Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC – Le Monde 8/5/2012)

      Je sais pas si c’est sérieux – c’est en page « Idées » – mais au moins là c’est pas 170 km de TGV ou une demi tranche nucléaire à se répartir équitablement entre 17 heureux bénéficiaires. Le montant du grand emprunt a été fixé à 35 milliards d’euros. Si le ridicule tuait …

  30. Il y a deux enjeux essentiels à conserver en mémoire : la relance bien sûr , et l’indépendance énergétique européenne . Et ces enjeux sont d’autant plus importants que l’Allemagne occupe un rôle central de plate-forme du gaz européen .

    Accepter comme le fait Merkel de voir les pays s’endetter pour sauver leurs banques , sans pour autant accepter de les voir se lancer dans des programmes stratégiques montre l’incohérence des plans européens actuels . Que l’allemagne n’ait pas envie de voir des concurrents émerger dans les politiques de maitrise des enjeux énergétiques futurs , on peut à la limite le comprendre . Que sa position stratégique la conduise à adopter une attitude totalement incohérente vis à vis des autres pays de l’Union Européenne est peut -être la goutte de trop dans sa crédibilité future .

    Je ne comprends pas que François Leclerc n’ait pas évoqué le rôle stratégique que la Russie se met à jouer dans ces enjeux , sachant que son rôle dans le financement de la dette Française en 2011 est essentiel .

    http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/010512/relance-europeenne-ou-nouvelle-servitude-imposee-par-montimer

  31. …Quelle dette ? voir aussi le site de CADTM…
    Athènes n’est plus lié par ses engagements, dit Alexis Tsipras
    ATHENES (Reuters) -08/05/2012 | 15:51 La Grèce n’est plus liée par ses engagements envers l’Union européenne et le Fonds monétaire international après le rejet par les électeurs des partis favorables aux plans de renflouement, a estimé mardi le chef de file de la Coalition de la gauche radicale, Alexis Tsipras.

    Le chef de Syriza, qui va tenter de former un gouvernement de coalition après que les conservateurs arrivés en tête des législatives de dimanche eurent renoncé, a préconisé de placer les banques sous le contrôle de l’Etat et souhaité qu’une commission internationale enquête sur le caractère légal de la dette publique grecque.

    « Le plan de sauvetage a été clairement annulé par le verdict populaire », a déclaré Tsipras, dont la formation a été propulsée contre toute attente au rand de deuxième force politique du pays.

    Harry Papachristou; Jean-Stéphane Brosse pour le service français
    Source : reuters.com – 08/05/2012 | 15:51

    ça c’est de la vraie gauche ! Non ?

    1. Le résultat des élections en Grèces n’est – à mon sens – que le résultat du récent référendum proposé un temps par le premier ministre grec et annulé par la pression des dirigeants européens.

      La majorité refuse le plan.
      La séparation entre dette légale et illégale pourrait donner des idées ailleurs.

  32. LA CROISSANCE, MIRAGE AUX ALOUETTES ?

    Et toi jj qu’en dis-tu au sujet de leur premier désir de croissance ?

    Oh tu sais ce que j’en pense, ça n’a guère d’importance pour le tout gratin mondial moins rôti.

    Je pense junior sans trop parler non plus de moi, que nous causons trop de toutes ces choses qui font mal, et plus nous nous y attachons et plus nous en souffrons, aussi bien prochainement sur terre au sujet de l’or noir.

    Ne pas alors en être surpris s’y attendre un peu, conséquence logique du tout croissance marchand sur toutes choses.

    Tu sais c’est pas évident d’en parler, j’en vois bien un peu les formes, le contour, mais je ne pourrais t’en décrire plus autrement la chose dans les détails et les couleurs.

    Je me vois parfois aussi un peu m….. lorsque je t’annonce moins gravement la chose, nous sommes devenus tant prisonniers et esclaves de toutes les premières choses bien fumeuses du globe.

    Sans doute que le fait d’habiter trop longtemps dans les grandes mégapoles du monde ne me permet pas plus de t’exprimer la chose en toute objectivité rationnelle.

    Tu sais quoi junior je vois bien que la parole de jj ne passe pas plus dans les coeurs que celle de mes divers prédécesseurs bien oubliés, mais faut pas plus leur en vouloir.

    Mon propos est surtout le suivant, bien trop en décalage avec la plupart des élites les plus entêtées de la planète, tu vois c’est pas du tout ça le progrès, la bonne transmission.

    Hum je n’ai jamais vraiment fait partie de mon temps comme certainement pour d’autres, si seulement je savais mieux jouer comme Maestro.

    Je viens au contraire d’une toute autre planête, d’un monde ou les divers attributs de la vie se révèlent bien plus autres sur la forme.

    Mais encore jj parle nous de la moquette que tu préfères fumer.

    Comme quelque chose vois-tu, que je ne pourrais éviter et qui aménera de nouveau le monde à se sentir tout autant consterné et constipé que moi.

    Un peu comme l’habituel comportement des uns et des autres, ce serait même trop long à t’expliquer et te démontrer. Le monde des premiers ne pourrait pas plus l’accepter, pauvre yannick, comme quelque chose en réalité de bien plus dur à avaler.

    Oh oui, oh oui, va-y jérémie fait nous mal d’abord en matière de croissance,

    Tu sais, tu n’a vraiment idée de ce que tu me demande. Alors d’accord je te demanderais simplement de fermer les yeux et cela rien qu’un seul instant.

    Et pour moins avoir mal, je te demanderais même d’oublier très fortement de quel bord tu préfères t’identifier le plus, droite ou gauche ne sert pas les fesses ça fera pas moins mal.

    Un peu à l’image d’un petit sablier se trouvant bien positionné au dessus de chaque pays, où à l’image d’un autre compte à rebours pour toute l’humanité matérialiste en sursis.

    Mais là c’est pareil, je me demande si je ne ferais pas mieux de me taire ou de prier sans trop tarder les Anges pour plus de croissance.

    La terre n’appartient pas plus aux premiers entêtés du tout économisme mondial, c’est bien plus l’homme qui appartient au Ciel et à la Terre, et puis il y a toutes les choses moins rentables de l’univers.

    Sainte mère, toute la nature en souffre et se meurt en proportion de toutes ces choses produites en masse, et qui d’ailleurs n’amènent pas plus meilleure qualité de vie entre les êtres.

    Lorsque le jour se lève ou se couche sur les mêmes ondes, on en finit bien tous nous les derniers par si habituer, s’y conformer, mais en vérité est-ce bien plus prudentiel pour toute l’humanité ?

    Bien vaine conduite des élites, ils ont grandement oubliés que le genre humain n’appartient à personne, pas même chaque pays, le corps et l’ame de chacun. Le monde trop bien conseillé je trouve par de mêmes experts économiques.

    A tour de rôle et de manège, ils savent bien tous les porter tous ces divers costumes d’opérette. Perpétuelle invocation de ce même mot magique, au cas bien sur où vous l’auriez déjà oublié la veille et dans les corps.

    J’aimerais tant parcourir le monde, la terre, les mers afin de pouvoir moi aussi mieux faire adorer tout ceci et cela en priorité, mon Dieu quelle grande croissance perdue c’est ça la paix et la vraie liberté humaine ?

    Dans leur confort, comme dans leurs premières positions, ils en ont bien tous perdus entre-eux le réel courage d’antan envers le ciel et les premiers prophètes de l’écriture.

    Et si le très Haut n’était pas toujours d’accord avec les premiers Jacobisés du monde, mais comment caïn pourrait-il s’y prendre envers le pauvre Abel afin de pouvoir mieux mériter plus d’oblations.

    Prisonnier d’un monde, de fers, de chaînes, de mauvais maîtres, hum trop de masques je trouve. Et plus il y a fortune et avidité partout dans le monde et plus ce n’est pas mieux en réalité içi bas.

    Regardez-les, ils sont tout autant comparables, tant de caniches se pressant déjà à leurs pieds, alors forcément on en finit par moins par tourner en rond dans les premières sociétés humaines.

    Et d’age en age elles montent et elles descendent, elles ne sont bien sur pas toutes bonnes à suivre pour la seule croissance du tout matériel, mais que font-elles d’abord de nos vies ?

    Un peu joyeux quand même de voir les gens moins tristes, mais je me sens parfois pas plus libre, d’être souvent diriger par tant de gens trop bien installés dans le confort et aussi moins grande souffrance dans la chair.

    Junior pourquoi le tout-monde court tout droit follement à la catastrophe, à la banqueroute. Mes liens pas bien tranchés, mes dettes pas tout-à-fait payées, ma parole pas totalement remplacé par celle d’un autre.

    De jour en jour il ne faudrait jamais faire oublier que la terre appartient aux premiers marchands du monde. Et puis tant d’oiseaux en cage, ma porte pas mieux ouverte, que subirons-nous en plus si la croissance ne revient pas ?

    En fait plus rien ne me surprend, alors je zappe encore et encore, dans l’espoir peut-être que je rencontrerais au moins un seul homme réellement différent, mais là c’est pareil je retombe souvent sur leur même genre de propos.

    Et parce que mon propre appendice, ou mon propre vocable n’est pas du tout semblable au premier langage marchand du monde, je suis forcément dans l’erreur d’un raisonnement, d’une expression, d’un mauvais choix, d’une mauvaise vie.

    Vous savez comme toutes ces nouvelles musiques du moment. Alors après moi en viendra certainement un autre de bien plus …… , piètres armures en toc et aux chevaux pas mieux nourris dans les mangoires, tant de vaines étoiles.

    Ton langage est simple jj, mais pas du tout celui des premiers marchands de la terre, mais c’est pas grave mon ami(e) car qu’est-ce qu’ils ne veulent surtout pas déchirer le plus grandement en eux ?

    Observez les lys des champs, comme ils croissent ; ils ne peinent ni ne filent pas plus, Salomon lui-même dans toute sa gloire, n’a jamais été si chichement vétu comme l’un deux. ( Parole d’un modeste artisan d’autrefois )

    Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un (…) Arbres, roseaux, rochers, vents, nuages, tempètes, tonnerres, vents et bourrasques, tout vit et meurt ! Tout est plein d’âmes. Victor Hugo ( Autres contemplations peu rentables )

    Et ils comptent encore et encore leur or et leur argent grâce à leurs premier trafics sur toutes choses, aussi bien maintenant sur toute l’Amazonie en souffrance, mais quel monde de d’insensés et ils achètent partout le monde.

    Vous savez quoi j’aimerais tant parfois les payer de la même manière violente en retour, oui elle est vraiment bien noble à voir la première bande des premiers vautrés de la terre.

    Puis-je seulement en avoir le droit de m’en rouler par terre, tristesse ou joie mais peut-être que ma propre conscience d’humain me joue des tours, oui on se ressemble bien tous en amour et en liberté.

    Et puis il y a ceux qui aiment le bien, et puis ceux qui n’aiment pas vraiment entendre cela dans la vie.

  33. Dette privée/dette publique – Cigales et/ou fourmis ?
    Pour fêter la victoire et enrichir mes pièces histo, j’ai acheté et lu le Figaro du 7 mai.

    Un article des pages éco de Jean-Pierre Robin m’a interpellé
    « Les Français cigales avec l’argent public et fourmis quand il s’agit du leur »
    Extraits
    « Le mythe d »une « France qui vit au-dessus de ses moyens » d’un côté et de l’autre des Français qui seraient personnellement des parangons de vertu, constitue un gros mensonge. »
    « Pays dispendieux, citoyens vertueux ? » s’interroge l’auteur.
    Sa réponse « un enchantement comme les contes de la mère l’Oye ».
    Economie des ménages : 223,2 Ma (Insee 2011), mais 124,5 Ma pour l’achat de logement neufs., le reste placements boursiers et assurances vie, à rapprocher des 103,1 Ma de l’ensemble des déficits publics (Etat, sécu, collectivités locales).
    Une conclusion : « L’épargne publique est très loin de constituer une caverne d’Ali Baba »
    Le reste de l’article est très critique vis à vis de : la balance des paiements, la facture fiscale qui ne tardera pas, les déficits commerciaux, le partage des revenus qui serait trop favorable aux salariés (selon Patrick Arthus) gloups, compétitivité des entreprises par manque d’investissements, dérive des coûts salariaux vis à vis de l’Allemagne (à voir, ce n’est pas la conclusion d’Alternatives Eco de ce mois).
    Conclusion : « schizophrénie française » , « Difficultés de partager un code de communication avec les autres ».citation de l’anthropologue britannique Gregory Bateson.
    La campagne électorale s’est occupée des symboles avec comme danger que « les symboles éclipsent les réalités comme la lune et le soleil ».

    Et pourtant j’ai trouvé ceci du Club des Vigilants du 2 mai 2012
    -Etat « cigale » et Peuple »fourmi »-
    http://www.clubdesvigilants.com/archives/2012/05/etat-cigale-et-peuple-fourmi/
    « Le taux d’épargne des ménages français, déjà l’un des plus élevés au monde, a encore grimpé, atteignant 16,8 % fin 2011, et renouant ainsi avec un record d’il y a près de 30 ans…… »
    Optimisme ou pas compris ?

    Dettes mondiales :
    Lors d’un récent C dans l’Air les intervenants avaient conclu d’un commun accord que les prêteurs allaient devoir renoncer à environ 1/3 des dettes afin de faire repartir la machinerie mondiale, Marc Fiorentino faisait partie des invités de mémoire.
    Cette position est loin d’être unique.

    Rappel – Collectif pour un audit citoyen de la dette publique
    http://www.audit-citoyen.org/?page_id=35

    ==> voir les signataires
    « Le rouleau compresseur médiatique de la dette justifie aujourd’hui la mise en place de mesures injustes : d’une part, des coupes violentes dans les salaires, dans les pensions, dans la fonction publique et les services publics, et des attaques sur le droit du travail ; de l’autre, un statu quo inacceptable en termes de régulation de la finance »

    « Quelle que soit l’issue du scrutin présidentiel, le mouvement social doit faire pression pour que ce traité d’austérité soit rejeté. L’ajout d’un volet de croissance, appelé des vœux de M.Hollande, ne sera d’aucune utilité sans le rejet des dispositifs coercitifs et technocratiques qui visent à imposer de force l’austérité en Europe.

    Partout en Europe, les peuples se lèvent contre ces politiques injustes qui plongent l’Europe dans la crise. Les dirigeants européens ne peuvent pas continuer à bafouer leurs droits démocratiques et sociaux ! »

    Croissance :
    Pour faire simple la priorité est d’abord de bosser pour produire notre consommation courante indispensable (besoins primaires comme logement, nourriture, éducation, santé, sécurité, …..) pour l’ensemble des citoyens et seulement après les besoins de confort et surtout éviter que la masse produise pour une faible minorité de fortement privilégiés : on avance tous ensemble, on ne laisse personne au bord du chemin, et le luxe bof.
    Faire « travailler l’argent » cela peut trop souvent se traduire par faire les trimer les autres en se tournant les pouces (dividendes garantis, rentes de situation par exemple).
    C’est un peu caricatural mais pas que.

  34. Notre niveau de consommation dépasse déjà les capacités naturelles, nous sommes en sur-croissance déjà. La définition du mot croissance n’est que économique, elle n’est pas biologique c’est à dire l’origine du développement de la vie.

    Il y a toujours des possibilités de nouvelles formes de croissance, mais au niveau terrestre vouloir créer plus de produits à partir des énergies fossiles n’est plus du tout réaliste. Le climat supporte des quantités de gaz comme le Co2 ou le méthane (25 fois plus puissant que le Co2) ne permettant plus d’accroître une vision croissansiste autour du pétrole ou du charbon. Le développement d’un bon état de gestion incluent aussi les conditions environnementales et climatiques qui par la même deviennent aussi des réelles indicateurs de croissance.

    De plus pour poursuivre sur le fameux croissance, l’économie étant liée à la finance, de nos jours une infime minorité d’individus à accès à des sommes astronomiques (par rapport à la population mondiale) qui s’agrandissent de plus en plus chaque année. Les rares scandales financiers quant ils sont révélés, atteignent des centaines de millions ou des milliards de dollars ou d’euros, et ce qu’une toute petite partie de l’iceberg monétaire de la finance.

    La vision moderne du chômage est complètement irréaliste, comment des disparitions massives d’entreprises employant de la main d’oeuvre qui ne redistribuera pas de l’argent (comme ici malgré tout) sur le marché, peut-elle avoir de l’avenir ? Surtout quand on saît que ce sont des réserves démographiques énormes qui sont exploités, accompagner d’une sur-exploitation des ressources naturelles qui ont déjà atteint des niveaux alarmants pour de nombreux scientifiques, gouvernements ou associations.

    La définition du mot croissance et devenu comme celui des réformes en France, c’est le contraire de son vocabulaire d’origine.


    1. « La vision moderne du chômage est complètement irréaliste, »

      1) Une « vision » est-elle une réalité ?
      2) Avez-vous un « vécu » , pas nécessairement personnel, du chômage?
      3) Je suis d’accord avec l’idée exprimée, mais mon « vécu » s’y oppose.
      Le chômage est.
      Par quoi remplacez-vous cette vision puisqu’elle est irréaliste ?

      L’urgence n’est pas dans votre réponse ( une plaisanterie…)
      mais dans une solution pour les chômeurs.
      Les questions que vous soulevez sont essentielles,
      Et, bien malheureux de cette inopportune contrainte, immédiates.

  35. La croissance reflète aussi la vitesse de circulation de la monnaie.

    Les moyens de paiements électroniques qui se sont peu à peu imposés à partir des années 1970 ont contribué à l’augmentation de cette vitesse.

    La croissance du PIB observée depuis ces trente dernières années résultent aussi de ce mirage : celui de permettre à la monnaie d’être quasi-simultanément à plusieurs endroits.

  36. à l’albatros

    Effectivement. La carte à puce a développé un système financier plus rapide donc plus rentable. Seulement il y a un effet pervers boursier à celà.

    L’immédiateté des échanges à haute voire à très haute fréquence peut à la fois accroître les richesses des bourses : qui ne profitent pas aux masses du fait de son accessibilité. Mais au contraire créer des chutes boursières pour de grands indices boursiers économiques comme le Dow Jones ou le Nikkei.

    Des pertes de parfois 20% très rapidemment. La rapidité des années 70 en est arrivé à une ultra-rapidité des années 2010, pouvant même causer de très lourds dégâts économiques. Il faut savoir que les organismes de surveillances ont admis ne pas avoir actuellement les capacités techniques pour suivre l’ensemble des échanges provoquant ses chutes boursières.

    Peut-on encore parler de croissance dans ce cas ? Il y a aussi une limite économique qui est électronique.

    Les années 70 ont vu éclore le mouvement écologiste hippie.

  37. Tout ce blabla autour de la « croissance » commence à m’agacer. Ce que Draghi et ses suiveurs entend par coissance – si je l’ai bien compris – n’est pas d’une nouveauté révolutionnaire: libéraliser encore davantage le marché de l’emploi, réduire le nombre des fonctionnaires et cétera, un programme qui ressemble à celui qui est adressé à la Grèce. L’hypothèse: les structures ainsi rendues souples et fléxibles sauront mieux répondre aux exigences du marché mondial.
    Mais personne ne dit comment gérer la concurrence internationale, une concurrence souvent déloyale de la part des pays émergents, une concurrence qui gagne en ampleur tous les jours, une concurrence qui produira toujours moins cher que l’occident, qui fait augmenter les prix pour les matières premières…………………….

  38. Alouette…gentil alouette…alouette…je te plumerai la tête…je te plumerai la tête…

    C’est dans le titre.

  39. « Mais personne ne dit comment gérer la concurrence internationale »

    Peut-être que le point de vue d’une personne qui a subit une délocalisation de son entreprise conduisant à son chômage dans le temps et…

    …celui qui travaille dans des pays asiatiques comme le Chine ou l’Inde pour une misère salariale…

    …pourrait nous donner un début de réponse ?

  40. L’économiste Jean Pisany-Ferry a tenté de dégager une alternative dans La Tribune, suite à un constat lucide bien qu’incomplet. Il préconise que soit maintenu l’objectif d’une inflation moyenne de 2 % pour la zone euro, mais d’accepter qu’elle soit plus élevée en Europe du Nord afin de contrebalancer une déflation au Sud

    N’est-ce pas ce que Krugman répète à qui veut l’entendre depuis des mois, et ce que Paul De Grauwe vient de dire ?

    1. Bilan 30 juin 2011 en lien dessous (41 milliards), forts liens avec la CDC via CNP caution, CDC qui n’a toujours pas de directeur général a repoussé en mars la désignation du nouveau patron de la CNP et son assemblée générale (prévue début juin) à fin juin, après les législatives…
      Cif était, comme son grand frère Crédit Foncier, un grand spécialiste des prêts à taux variables (plus ou moins bien capés…), les subprimes français quoi. Fallait bien se faire une p’tite place face aux mastodontes de la bancassurance française…
      https://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:amKojMjkK-EJ:www.credit-immobilier-de-france.fr/c/document_library/get_file?uuid%3Dea3e8652-32e9-48bd-b8cc-94012fa8db38%26groupId%3D20962+encours+de+pr%C3%AAts+du+cr%C3%A9dit+immobilier+de+France+bilan+resultats+2011&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEESiHAdXuf-szs3OgCwsxHlEeJSHr18icQwJ4xDxQ1GrB0op0hGPsIp37RC7zxwjM2f1MCM27t7N32GPdHfJ-nvuqH7ncGBjYAxr_BNKByATYIrmhguYxe4uQLn410qreMSt3kkQF&sig=AHIEtbTRfEV7PF9TL9rWwa1tCOWb1bSXHg

  41. Il va falloir quand même finir par prendre les choses par le bon bout…,
    en attendant que les motifs de la limite du capitalisme, par la ponction croissante sur la nature, ne disent plus les hommes être seulement stupidement naturels de vouloir y croire pour reconduire.
    (Sans parler encore des aberrations techniques internes à ce système ici aisément et fortement développées)

    Avec une croyance ainsi ébaubie, étant remise aux hommes, de surcroît par tellement de dieux, suivant la pensée classique par la renaissance, reconduite avec les lumières bien trop peu, avec cette pensée comme la pensée moderne qui gargouille en pensée néo-moderne…

    Il faudrait alors réviser cette pensée et faire que cet inscrit et inconscient panurgisme entende le sifflet pour l’arrêt du troupeau!
    René Girard temporise, il décrit, il excuse!!!

    Il va falloir enfin financer n’importe quoi, c’est le moment, et ce serait heureux.

    Je veux que l’on paie les golfeurs, jouer du golf….après tout c’est un travail comme un autre, aussi pénible que faire ses courses!
    A ce moment admis, à ce moment là, le golf ne sera plus que celui comme je l’ai connu en Angleterre, un terrain d’amusement ouvert à quiconque, puisque rien mieux que le golf ne permet de connaître au niveau de l’étude secondaire la facétie de la nature.
    Autant le dire!!!

  42. « L’argumentation allemande, selon laquelle il est absurde de créer de nouvelles dettes pour régler les précédentes, est pleine de bon sens. À condition de ne pas en tirer comme conclusion qu’il suffit pour la résorber de combattre la dette publique comme s’il s’agissait d’une infection à stopper au plus tôt. Tout cela pour en fin de compte accepter sous la contrainte les mesures exceptionnelles sans fin de la BCE, qui aboutissent à… combattre la dette par de nouvelles dettes ! »

    le 20 avril est passé , pourtant , qui paie Odette , s’enrichit …

    je sais , je sors …

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