L'actualité de la crise : UNE MONDIALISATION À LAQUELLE RIEN N'ÉCHAPPE , par François Leclerc

Billet invité

Le nez sur l’actualité, on en viendrait à oublier la mondialisation à laquelle la crise n’a pas échappé, et cela serait dommage pour sa compréhension !

De lents mais irrésistibles processus font leur œuvre, ce qui n’exclut pas de brutales accélérations.

La crise de la dette parvient à maturité au Japon, le pays le plus endetté du monde en pourcentage de son PIB, le moment s’approchant où le pays va devoir se financer sur le marché international et où les investisseurs vont réclamer une prime de risque. Car en attendant il ne parvient toujours pas à sortir de la déflation.

La parenthèse électorale américaine va se refermer et la nouvelle administration se retrouver confrontée à son non moins gigantesque déficit budgétaire, en dépit des mesures prises par la Fed pour limiter son poids en pesant sur son taux. La croissance qui est enregistrée aux États-Unis est trop ténue et fragile pour réduire sans douleur le déficit et le statut du dollar qui permet de le financer à peu de frais s’effrite lentement mais sûrement.

Hier porteuse de tous les espoirs et destinée à tirer la croissance mondiale, la Chine est aujourd’hui confrontée à l’essoufflement d’un modèle de développement en fin de parcours, tandis que se joue derrière la lutte pour le pouvoir qui occupe l’avant-scène l’avènement d’un modèle alternatif reposant sur le développement du marché intérieur. Cette nouvelle orientation rencontre une forte opposition au sein du régime, car elle met en cause ses points d’appui économiques traditionnels et représente une profonde mutation.

L’Europe est comme on le sait prise au piège d’une consanguinité très prononcée entre dette privée et publique, qui rend inextricable son désendettement, sans parler d’autres caractéristiques que l’on retrouve dans le monde entier.

Bref, nous ne sommes pas dans une situation où l’on pourrait attendre d’un autre coin du monde le retour d’une croissance magique qui réglerait tout comme par enchantement. Chacun a tendance à se replier sur ses propres problèmes, avec moins de chance d’y trouver une solution. Il est loin le temps où le G20 apparaissait comme l’expression d’une nouvelle gouvernance mondiale qui allait prendre à bras le corps les problèmes pour les résoudre.

Le poids d’une dette accumulée et qui s’est brutalement accrue domine partout. Elle emprunte différentes configurations suivant les cas, sans que le désendettement se révèle plus facile dans l’un que dans l’autre. Conduisant à chercher à la rouler, c’est à dire à financer la dette par de la dette, ce qui aboutira immanquablement à la constitution d’une nouvelle bulle financière, celle qui a éclaté n’étant même pas résorbée. C’est tout ce qui peut être attendu.

L’absence de toute régulation financière digne de ce nom n’a pas d’autre origine : il faut laisser de l’air au système financier afin qu’il finance un sursaut. Seconde caractéristique de la crise d’un système qui ne parvient pas à trouver la porte de sortie de la crise dans laquelle il s’est lui-même plongé, ce laisser-faire est annonciateur de nouveaux épisodes de crise, en dépit des tentatives de les prévenir, ou au moins de les voir venir. Car c’est ce dernier modeste objectif que les régulateurs les plus consciencieux se donnent, en désespoir de cause. Et c’est en faisant valoir leur vulnérabilité que les milieux financiers obtiennent des accommodements – pour ne pas dire des reniements – avec pour effet de l’accroître tout en renforçant parallèlement un shadow banking laissé libre de ses mouvements.

Troisième caractéristique, les stratégies adoptées sont attentistes dans le meilleur des cas et suicidaires dans le pire. On reconnaîtra dans cette dernière celle que les Européens ont choisi, et dont les Américains poussent l’évolution sans succès ! La raison n’en est pas mystérieuse : toute solution à la crise supposerait d’amples remises en cause impensables, ce qui laisse percevoir que les capacités d’adaptation du capitalisme ont trouvé leurs limites. La défense des avantages acquis par ceux qui en sont les principaux bénéficiaires fait on ne peut plus clairement obstacle.

Un dernier trait peut être mentionné : le système est dorénavant sous une assistance dont il ne peut plus se passer. Prêteurs en dernier ressort, les banques centrales doivent reculer à chaque fois qu’elles annoncent se préparer à arrêter leurs programmes de mesures exceptionnelles. Les poursuivre serait un moindre mal, ne témoignant que d’une addiction dont le système pourrait après tout s’accommoder, mais une autre difficulté s’annonce. Les banquiers centraux n’ont pas d’autres armes en réserve dans leur panoplie monétaire et la portée de celles qu’elles utilisent est limitée : elles peuvent répondre à une crise de liquidités, mais pas de solvabilité. En attendant, si elles favorisent une relance, c’est celle de la spéculation financière à défaut de celle de l’économie.

Toute stabilisation par la grâce des banques centrales est illusoire. La fuite en avant reste donc la seule option, à laquelle elles apportent leur contribution. Ou mènent-elles ?

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172 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : UNE MONDIALISATION À LAQUELLE RIEN N'ÉCHAPPE , par François Leclerc »

  1. Le train de la finance mondialisée file vers un pont qui ne supportera pas son poids et s’écroulera à son passage. On le sait de science sûre, mais arrêter le train est impossible, les voyageurs n’étant pas d’accord sur la manière d’y parvenir. Alors quoi faire ? attendre que le train tombe dans le ravin et s’écrabouiller au fond avec lui, ou sauter en marche ? Il vaudrait mieux sauter en marche, quitte à se blesser en sautant.

    Que la France saute en marche ! quoi qu’il en coûte ! Peut-être d’autres pays la suivront-ils.

    1. Le train de la croissance mondialisée file vers un mur sur lequel il s’écrasera. On le sait de bon sens sûr, mais arrêter le train est impossible, il se coucherait car il ne tient que par sa vitesse. Alors quoi faire ? attendre que le train s’écrase, ou le ralentir progressivement, pour qu’il se couche avec le moins de dégats possible.

      (Pour décalque) Delphin

    2. Il n’y a pas que la finance qui vacille, les US commencent à flipper sur l’avenir de l’industrie :
      http://www.pcinpact.com/news/70623-contrefacon-liste-noire-propriete-intellectuelle.htm

      « On observe enfin que le rapport vante le mérite de l’accord commercial anti-contrefaçon ACTA, ce qui ne l’empêche pas de faire figurer sur sa « liste noire » des pays signataires de l’accord, comme le Canada, l’Italie ou la Finlande.

      Pour justifier la démarche d’un tel rapport, le représentant au commerce américain Ron Kirk a affirmé que « les industries utilisant intensivement de la propriété intellectuelle représentent pratiquement 40 millions d’emplois aux États-Unis, et jusqu’à 60 % des exportations américaines ». »

      Depuis le temps qu’on les prévient..

  2. Pas même ça : « D’après cette étude, qui teste aussi auprès des Français des opinions défendues par le FN, 71% des Français sont d’accord pour dire qu’«il y a trop de gens en France qui profitent du système et ne cherchent pas vraiment à s’en sortir» (contre 26% en désaccord) et 52% d’accord pour dire qu’il y a «trop d’immigrés en France» (contre 43%). »
    (‘Les idées du Front national approuvées par 37 % des Français‘)

    1 français sur 5 pense qu’il faut revenir au franc.

    Mais bon, quand on a un conseiller en communication présidentielle ou un Ministre de la Défense, anciens activistes de groupuscules d’extrême-droite, qui ‘normalisent‘ celle-ci, faut pas être étonné …

      1. Quand les questions sont fausses, les réponses ne peuvent pas être justes.

        Non. Quand les questions sont fausses, les réponses peuvent quand même être justes, mais par le fait du hasard ou toute autre raison extrinsèque.

      2. @Marlowe. Quand il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. Alors…fermons les yeux et fonçons droit dans le mur.

      3. @ Marlowe :
        On peut toujours critiquer les sondages et les questions posées. Mais ce serait aussi botter en touche aisément, sans voir ce qui fonde le problème.
        Si cette étude est effectivement un sondage, j’attire ton attention sur deux points :
        1/ le sondage teste les idées du FN, telles qu’elles sont défendues par le FN
        2/ le sondage est réalisé en face à face, à domicile
        « La question du danger que représente le Front National pour la démocratie en France confirme cette dédiabolisation du parti. Il représente aujourd’hui un danger pour 51% des Français, un score en recul de 2 points par rapport à janvier : la dangerosité perçue du Front National ne connaît pas le pic habituellement observé lors de ses succès électoraux. Elle connaît même son plus bas niveau depuis 1985. »
        http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/E9B7BAC163E8423FBCA74FE1165DA5BB.aspx
        De sorte que ces résultats devraient inquiéter : doublement du ‘Total d’accord’ en 2 ans.
        Apparemment, cela n’est pas le cas …
        Pour les données :
        http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2012.05.02-fn.pdf

        PS : on y constate néanmoins une plus faible adhésion aux opinions qu’en 2000 par exemple.
        Mais néanmoins aussi une nette remontée depuis janvier 2010, soit depuis la mise en oeuvre de la stratégie de MLP mais aussi depuis le discours de Grenoble de Sarkozy.
        Pour être exhaustif, la sortie de l’euro se casse la gueule en l’espace d’un an. Sans doute l’effet ‘crise grecque’, qui en a fait réfléchir plus d’un.

      4. à zébu,

        Pour considérer que le FN est un danger pour la démocratie, sommes nous obligés d’affirmer que le match qui arrive à terme dans cinq jours est un exemple de démocratie ?
        La pseudo démocratie moderne ne pouvant être jugée sur ses réalisations préfère l’être sur ses ennemis.
        La nature des problèmes, leurs origines profondes, les options proposées pour refonder, non pas le capitalisme, mais le mode de vie de chacun et de tous, ne sont jamais évoqués dans ce bruit permanent qui agite les médias depuis de très longs mois et dont nous ne serons jamais délivrés puisque les élections se succèdent et que certains commencent à évoquer 2017.
        Une société qui n’est plus capable de considérer son présent en examinant son passé et qui préfère la fuite en avant dans tous les domaines ne doit pas être considérée comme une démocratie d’autant plus quand les deux grandes tendances s’entendent sur l’essentiel des politiques à mener.
        Le danger du fascisme modernisé est partout présent en Europe mais ce ne sont pas les incantations qui nous délivreront et encore moins les gesticulations de ceux qui se fixent comme principal objectif de recueillir plus de voix que le parti bleu marine.

      5. @ Marlowe :
        La question n’est pas là. Mêmes causes, mêmes effets.
        Mais bien d’analyser comment les conséquences sont perçues par les français.
        La bataille ‘idéologique’, si tant est que l’on puisse définir cela comme des ‘idées’, est en train d’être perdue. La faute à l’Autre, celui qui n’est jamais moi. Moi, je suis pur. Moi, je ne fraude jamais le système, jamais. Les grecs, c’est certain, tous des voleurs, mais pas par chez nous : chez nous, on travaille, dur.
        C’est clair, le FN n’est plus dangereux : ses idées sont répandues partout.
        Y compris et surtout au gouvernement.

      6. @zébu

        On peut interpréter tes chiffres de manières bien différentes, des plus subtiles aux plus cyniques.

        Par exemple, les 71% de français qui sont d’accord pour dire qu’il y a trop de gens en france qui profitent du système peuvent le dire du fait de leurs propres expériences de combinards qui truandent le moindre centime qu’ils peuvent en faisant réaliser certains menus travaux domestiques par des amis moyennant une rémunération sonnante et trébuchante « au black » ou encore contre un apéro copieusement arrosé (on dirait du vécu), et parce qu’ils savent pertinemment que leurs proches, voisins, famille, amis, font de même. Ça c’est pour l’interprétation cynique de ce chiffre.

        La version subtile apparait pour sa part si on adjoint à cette question une seconde, plus fondamentalement qualitative, quant aux types d’abus envisagés: S’agit-il de dénoncer des fraudes mineures aux allocs et autres vols de pommes modernes? Les abus de biens publics de certains élus? Ou encore les fraudes fiscales de haute volée remarquablement aidées par de petits génies de la comptabilité créative ayant néanmoins pignon sur rue?

        Bref, ces chiffres quasi bruts de fonderie, délivrés sans la méthodo. utilisée pour les calculer ou au minimum étayés par une analyse beaucoup plus détaillée ne valent à peu près rien.

      7. @ Dissonance :
        Faut pas non plus faire dire n’importe quoi, sous prétexte que l’on pourrait déceler tout type d’interprétation possible.
        La phrase complète est celle-ci, avec le bout de phrase manquante : « et ne cherchent pas vraiment à s’en sortir »

        Viens quand même pas me faire croire que les dits 71% pensent aux « abus de biens publics de certains élus ? Ou encore les fraudes fiscales de haute volée remarquablement aidées par de petits génies de la comptabilité créative ayant néanmoins pignon sur rue », faut pas déconner …

        On parle de qui, d’après toi, là ?
        Le relativisme a ses limites, quand même, merci.

      8. @zébu

        Reste encore l’autre interprétation que tu ne sembles pas remettre en cause, et tu fais bien car ce serait nier une réalité.

      9. @ Dissonance :
        Tu prends tes désirs pour des réalités, Dissonance.
        Si je n’en n’est même pas parlé, c’est parce que ton analyse sur le ‘cynisme’ (?) que tu supposes à ces 71% ne tient pas la route. Quelle cohérence entre un tel positionnement et le « c’est la faute à l’autre ! », « c’est la faute aux banquiers ! », « c’est la faute aux immigrés ! » ?
        Aucune, ça tient pas debout ton histoire et tu le sais.
        Quoi, 71% des français seraient conscients qu’eux-mêmes abusent du système et voteraient à 27% pour Sarkozy et à 18% pour MLP ? Par schizophrénie ? Par rejet d’eux-mêmes ? Parce qu’il ne ferait que ‘projeter’ la réalité qu’il connaissent, plus, qu’ils reconnaissent pour eux-mêmes ?
        Faut arrêter les délires, là …

      10. à Dissonance,

        Quand les questions sont fausses et que les réponses sont justes, il est nécessaire de changer les questions.

      11. @zébu

        Et pourtant zébu, tu serais étonné. Par contre effectivement, ces gens qui rejettent la faute sur l’autre le font peut-être sans se rendre compte qu’ils dénoncent des comportements qui s’appliquent aussi à eux. Il n’est donc potentiellement pas exact de parler de tendance cynique mais plutôt de manque de lucidité de la part de ces personnes, mais c’est un détail.

        Quoi qu’il en soit, tu ne devrais pas prendre autant mes dires à la légère. Je ne sais pas quelle est ta situation personnelle, mais la mienne est « privilégiée » à cet égard (assez désespérante aussi) puisque quelques-uns de mes camarades d’enfance sont aujourd’hui des électeurs assumés du F.N. Je sais donc exactement de quoi je parle quand j’évoque une réalité de cet électorat. Peux-tu en dire autant?

      12. @ Dissonance :
        A priori, non, je ne peux pas en dire autant (quoique, on peut toujours avoir des surprises …).
        Mais ce dont on parle, ce n’est pas de l’électorat FN mais bien des 71% de français répondant à la question posée, cela n’a rien à voir et c’est bien cela qui devrait t’effrayer.

      13. @zébu

        Ça ne peut pas m’effrayer, je n’en suis d’ailleurs même pas surpris, et tu ne devrais pas l’être non plus. Souviens-toi de cette vieille chanson des inconnus: « Quant à Jean-Marie Le Pen, il dit pas que des conneries. » C’était il y a 20 ans déjà. Sur un ton humoristique, les inconnus avaient déjà senti la tendance à venir.

        En outre, là où tu trouves que je relativise trop, je pense au contraire ne pas relativiser encore assez, car il ne me paraît pas opportun de rejeter tout d’un bloc toute idée au seul motif qu’elle serait estampillée FN sans même chercher à en comprendre les ressorts: Ce serait à mon avis le meilleur moyen de s’interdire toute possibilité de la contredire.

        « Pire » encore, j’estime qu’il y a un corolaire à la maxime « personne ne peut avoir toujours raison », à savoir que « personne ne peut avoir toujours tort ». J’évite donc de penser que par principe, tout ce qui sort du FN est faux ou erroné. Il peut leur arriver de donner une réponse juste à une mauvaise question, pour reprendre mon premier commentaire sur ce fil.

        Enfin, je ne suis pas surpris parce que la rhétorique actuelle du FN est faite de commentaires que j’ai entendu depuis des années chez de nombreux gens que j’ai pu rencontrer, faisant partie de différentes catégories de la population. De ce point de vue, ce n’est peut être pas le discours du FN qui se banalise, mais plutôt au contraire les banalités qui alimentent le FN, ou pour le dire autrement, le FN ne dit rien de neuf, il se contente de piocher dans le marigot des lieux communs.

        Ce serait plutôt ça la nouveauté de la fille par rapport au père. Ce dernier aimait se distinguer par des saillies lui assurant une unanimité contre ses propos, tandis que la fille va chercher les idées les plus médiocres et les plus faciles, et donc statistiquement les plus répandues, ce qui lui assure une très large audience.

    1. @Zébu,

      Et ils ont le droit de le penser, et ils ont le droit de se battre pour leurs idées.

      Vous faites bien de même !

      1. Tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel.
        Questions de sociologie (Pierre Bourdieu)

  3. « Conduisant à chercher à la rouler, c’est à dire à financer la dette par de la dette, »
    Une question.
    N’appelle-t-on pas cette méthode « de la cavalerie »?

    « Ou mènent-elles ? »
    A la ruine.

  4. Chape de plomb sur le net? François L. et P. Jorion, je vous avais adressé deux mails (pour vous remercier d’un billet et vous informer de sa mise en ligne en espagnol) qui m’ont été retournés par Microsoft. Bizarrement lors de la campagne électorale j’ai reçu sans problèmes la propagande des partis institutionnels tandis que celles du FN, des verts et du F de G partaient directement dans le dossier du courrier non désiré. Hasard?

  5. « les régulateurs les plus consciencieux »

    Ceux qui commencent à avoir les boules!
    Les cybernéticiens en quelque sorte… 🙂

  6. lien K.-forum : http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20120501.OBS7439/evades-fiscaux-les-fichiers-hsbc-ont-il-ete-manipules.html

    Evadés fiscaux : les fichiers HSBC ont-il été « manipulés » ?

    de : via pilh

    mercredi 2 mai 2012 – 10h04

    Leur presse : Le Nouvel Observateur

    EXCLUSIF. Les fichiers de fraudeurs, qu’Eric Woerth brandissait en 2009, ont été trafiqués selon la police suisse. Une nouvelle très gênante pour l’administration française.

    Douche froide pour l’administration française. Dans trois rapports que « Le Nouvel Observateur » a pu consulter, notamment un en date du 5 août 2010, la police judiciaire fédérale de la Confédération suisse n’y va pas par quatre chemins. Et dénonce les pratiques des enquêteurs de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), mais également des membres de la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) dans l’affaire des fichiers de la banque HSBC. Ces fameux fichiers que le ministre du Budget de l’époque, Eric Woerth, brandissait en souriant à l’été 2009 en assurant être ainsi parvenu à identifier 3.000 fraudeurs pour le fisc français. Auxquels il donnait jusqu’au 31 décembre de cette année-là pour sortir du bois et ainsi éviter les sanctions financières prévues dans le cadre de fraudes au fisc. « Une manipulation volontaire »

    Mais voilà, selon les enquêteurs suisses, ces fameux fichiers – que la France a d’abord refusé de restituer à la Suisse avant de finalement les céder -, ont visiblement été trafiqués. « Nous avons constaté des différences concernant le contenu de divers fichiers transmis par l’IRCGN bien que ces derniers auraient dû être en tous points semblables (…) le fait que le nom des fichiers ou leurs extensions diffèrent entre le rapport de l’IRCGN et ses annexes pourrait s’expliquer par des inattentions imputables aux enquêteurs de l’IRCGN », écrivent d’abord – et de façon très diplomatique – les Suisses. Avant d’enfoncer le clou de manière brutale : « Par contre, le fait que le contenu (de ces fichiers) ait été modifié est une manipulation volontaire dont le mobile nous échappe. »

    Autre fait troublant : les enquêteurs suisses soulignent que « selon les propriétés des fichiers extraits (…) nous constatons que la dernière date de modification desdits fichiers est ultérieure à la date de la perquisition chez Hervé Falciani, soit le 20 janvier 2009. » Ce qui signifie, donc, que ces fichiers ont été « manipulés », alors même qu’une instruction judiciaire était en cours… ce qui est totalement illégal. Des fichiers nettoyés

    Très concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’entre le moment où la France a récupéré ces fichiers auprès d’un ancien salarié de la HSBC – Hervé Falciani – et leur restitution à la Suisse quelque mois plus tard, ils ont été modifiés. C’est-à-dire nettoyés de noms que l’administration française ne souhaitait pas y voir figurer. Ce que justice et police suisses écrivent aujourd’hui noir sur blanc dans ces rapports jusque-là jamais révélés, le procureur Eric de Montgolfier le laissait entendre en février dernier dans un entretien accordé à Mediapart. Il déclarait alors : « De notre côté, nous avions plus de 8.000 noms, pour ce qui concerne les ressortissants français et au moins dix fois plus d’étrangers. Pourquoi sortir ce 3.000 ? Cela ne nous arrangeait pas… Etait-ce juste une façon de noyer le poisson ? » Des fichiers qui « pourraient remplir un train »

    De quel poisson veut parler Eric de Montgolfier ? Quelles sont les personnes que l’administration française souhaite ainsi protéger en les sortant de ces fichiers ? Rappelons qu’à l’époque, et toujours selon le procureur alors en fonction à Nice, figurait dans ces fichiers un certain Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, à l’heure actuelle toujours en détention provisoire dans le cadre de l’affaire d’abus de faiblesse de l’héritière de l’Oréal… « Ce compte était parfaitement immobile et ne fonctionnait plus, précise Eric de Montgolfier, mais ce compte intéressait un certain nombre de personnes dans les cercles de pouvoir. » Et le procureur d’ajouter, de façon énigmatique : « Il y avait manifestement des noms qui servaient à en cacher d’autres dans les données HSBC. Hervé Falciani, lui-même, nous a dit que ces données pourraient remplir un train si on les imprimait en totalité. »

    Denis Boulard – Le Nouvel Observateur

  7.  » Toute stabilisation par la grâce des banques centrales est illusoire. La fuite en avant reste donc la seule option, à laquelle elles apportent leur contribution. Ou mènent-elles ? »

    C’est une question pour le moins récursive , en trouver « une réponse  » modifie par la suite cette même réponse.
    On se mord la queue.
    C’est bien là une des caractéristiques du moment que nous vivons.
    Mais cette contradiction qui nous assomme trouvera une solution , c’est dialectique.

  8. Seule solution faire du profit sur des manipulations de nombres et quantités , économies , innovations , export , nouvelles régles , nouvelles idées , conquêtes.

    1. ISM , Fr : pire de 2008 =35 , actuel 43 , mini 50 , Usa 55
      Toute le reste est du bourrage de crâne.

      1. Indice de l’activité manufacturière de l’Institute for Supply Management… ce qu’il faut savoir : moins de 50 et bertrand double sa dose de bicarbonate de soude avant le coucher – rapport aux remontées acides; moins de 45 et c’est les anxiolytiques qu’il double.

  9. Dans un monde si dominé par l’idée du progrès qu’il n’est même plus permis de regarder en arrière, la fuite en avant perpétuelle est de mise.
    La croissance introuvable, c’est à dire l’accumulation des obstacles à l’accumulation du capital, a favorisé la mainmise du capital accumulé, réel ou fictif, sur l’économie par le biais de la dette qui, elle, a connu une croissance durable.
    Les solutions ne sont pas devant nous.

  10. Première étape : revaloriser les actifs mobiliers et immobiliers en facilitant l’accès au crédit par l’injection massif de liquidités et la baisse des taux, et donc un endettement massif. Les banques sont à nouveau liquides !
    Deuxième étape : grâce aux restructurations et délocalisations, le chômage est élevé, les salaires n’augmentent pas et les charges salariales des entreprises diminuent. Grâce aux taux bas, les charges financières des entreprises diminuent aussi. Par conséquent, les bénéfices des entreprises augmentent. Par conséquent, les indices boursiers montent, l’immobilier augmente grâce aux hypothèques à taux bas, les obligations et bons du trésor plafonnent au plus haut grâce aux taux bas. Les actifs des banques reviennent au plus haut et elles sont à nouveau solvables !
    Troisième étape : l’inflation ! Inflation des actifs, puis des biens de consommation, baisse de la valeur relative du dollar, de l’euro et du yen,montée en puissance du yuan, hausse des taux d’intérêt freinée à tout prix, et baisse des obligations et bons du trésor existants. Les banques refont du levier pour profiter de la hausse des taux et font d’énormes bénéfices financiers !
    Quatrième étape : grâce à l’inflation, et à la fable de l’austérité, les salaires nominaux occidentaux commencent à s’ajuster sur les salaires orientaux en augmentation constante. Les dettes peuvent commencer à être remboursées en monnaie de singe, la compétitivité occidentale est maintenue. Les banques sont florissantes et spéculent à qui mieux mieux jusqu’à la prochaine crise !

    1. Pour moi monnaies privées, non. Monnaies locales oui. Et la compensation entre monnaies doit se faire selon le principe de la proportion diagonale d’Aristote (si j’ai bien compris) pour ne pas déstructurer les sociétés locales utilisant lesdites monnaies locales. cf. ce qui est arrivé aux inuites et aux aborigènes pour ne citer qu’eux.
      Il me semble complètement aberrant et dangereux de payer son pain en euros ou en dollars.

      1. Pourquoi la monnaie devrait être de nature locale quand ce qui intéresse sont les forces locales qui en déterminent le flux ? Je pense que là est l’erreur du souverainisme, faire dépendre la localité des mécanismes de la localité de la monnaie car, à mon avis, il est infiniment plus simple d’organiser, de respecter la diversité en disposant d’un invariant le plus universel possible. Sinon cette diversité ne pourra jamais se comporter en une structure suffisamment stable pour abriter tous ces mécanismes locaux sans qu’ils ne s’entrechoquent violemment dans une ambiance de compétition chacun sous son drapeau frappé sur une monnaie.

      2. Il me semble complètement aberrant et dangereux de payer son pain en euros ou en dollars.

        M’en vais d’mander à mon comptable, à mon boulanger, pis après à mon TPG c’qu’ils en pensent…

      3. @ vigneron
        Moi je m’en vais demander aux grecs ce qu’ils en pensent déjà maintenant, sans compter ce qu’ils vont en penser si ça continue.
        Si vous pensez que la monnaie globale Euro est une réussite, moi pas.

      4. @ Mor
        « Pourquoi la monnaie devrait être de nature locale? »

        J’ai répondu dans mon post précédent: pour ne pas déstructurer les sociétés locales, ceci exigeant de modifier les mécanismes de formation des prix et de compensation des monnaies comme indiqué par Paul Jorion (si j’ai bien compris).

        Les sociétés inuites, aborigènes, etc. ont été lentement déstructurées par des monnaies globales (dollar, dollar australien). Il en est à mon avis de même de la Grèce actuellement avec l’euro.

      5. Houla, C’est vraiment de l’argumentation au prix de gros, là. Serait-ce la monnaie unique ( qui ne l’est pas totalement puisqu’il n’y a ni trésor, ni fiscalité commune ) la responsable de la crise ? Qu’aurait donné le système monétaire pré-Euro avec un secteur financier gangrené par les actifs pourris venus de la crise des sous-primes ? Serait-ce un M. Euro, celui qui aurait acheté un bout du trou US ?

        D’autre part, je ne parlais pas d’une monnaie spécifique sinon des conditions qui rendent nécessaire un invariant le plus universel possible et des conditions dans lesquelles cet invariant-monnaie devrait être déployé, modulé localement et le flux entre régions régulé. Évidemment que le libéralisme marchand ne module ni ne régule rien. On le sait depuis un bon moment, je ne vois pas l’intérêt de tout mélanger.

      6. Basic, faut débloquer la comprenette et lâcher Thom. J’causais pas €, mais fisc, impôt, dîme quoi… Au fait, c’en est où la Genèse ?
        (Genèse 28)
        […] 20 Puis il (Jacob) fit le voeu suivant :
        Si Dieu est avec moi, s’il me protège au cours du voyage que je suis en train de faire, s’il me fournit de quoi manger et me vêtir
        21 et si je reviens sain et sauf chez mon père, alors l’Eternel sera mon Dieu.
        22 Cette pierre que j’ai dressée comme stèle deviendra un sanctuaire de Dieu et je t’offrirai
        le dixième de tous les biens que tu m’accorderas.

      7. Basic, les aborigènes australiens n’ont pas été lentement déstructurés, ils furent chassés, voire exterminés, au rythme de l’installation des colons et leur expansion. D’autre part, aucune ambiance monétaire sans régulation ne va protéger un système de troc, c’est une question de territoire et donc de Droit. Il est parfaitement possible d’imaginer des territoires restreints où ne se pratiquerait que le troc, ou même une économie à monnaie physique, pouvant échanger avec l’environnement monétaire par un système de compensation. Il n’est pas difficile, non plus, de penser des structures de troc au sein même des économies monétaires et des structures de don véritablement transparentes, etc.. L’un n’empêche pas l’autre. Je ne suis pas entrain de parler d’un tout monnaie.

      8. La monnaie , meme locale est une réduction simplifiée des interactions « économiques » locales qui se formate sur des contingences locales spécifique au lieu ( par ex vallée de montagne). Si l’on considère l’une des productions « locale » comme le blé , ou le mouton … tant que l’absence d’energie gratuite permettait de valoriser une production faible a l’ Ha (par rapport a la Beauce) …cette production induisait une « vie » et des traditions fortes liée a cette spécificité : materiel specifique pour les pentes , descente de la main d’oeuvre des hautes vallée lors de la moisson induisant fetes et traditions de drague chez les cadets rejetés ds les hautes vallées … ces interactions etaient induites par la necessité de faire du blé ….
        Que dire de la situation actuelle ou l’on cultive le touriste déguisé décathlon et ou le mouton australien condamne le local a faire de la figuration et a hurler a l’ ours ! ou au loup ! …
        Ecoutez le terre a terre de samedi ou l’ on vous montre les fonds de pension qui expulse des villages pour y placer des cultures extensives

        http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-producteurs-de-lait-au-pays-basque-rapport-de-l%E2%80%99ong-grain-sur-le-lait-2012-04

      9. @ Mor
        Ok pour les aborigènes. J’ai dit ça après avoir vu un reportage récent à la TV où l’on montrait que cette société se déstructurait en perdant ses repères et en se réfugiant dans l’alcool.

        Quant au reste c’est, je crois, la révolution que propose Paul Jorion.

      10. @ vigneron
        « le dixième de tous les biens que tu m’accorderas. »
        ça c’est pour BasicRabbi, pas pour moi! 🙂

  11. Il est vrai qu’il n’y aura pas de « croissance magique ». Tel sera le problème du futur président francais.
    Il y a deux camps qui emergent en ce moment: les adeptes de Keynes d’une part, et ceux qui partagent la doctrine de Draghi (BCE) d’autre part.
    L’exemple du Japan a démontré (au début des années 90, après le crash) qu’investir des sommes gigantesques pour stimuler l’économie ne sert pas à grande chose. Les investissements réalisés ont rempli les caisses de quelques firmes (btp notamment), mais l’impacte sur l’économie nationale était extrêmement modeste.

    On ne peut et on ne pourra plus parler de croissance en Europe. La seule croissance se fait par une concurrence rude entre les entreprises et entre secteurs, toujours au détriment du concurrent. Les allemands employent un terme, intraduisable, qui décrit bien cette nouvelle forme de générer de la croissance: « Verdrängungswettbewerb ».

  12. Quelqu’un pourrait-il expliquer simplement en quoi résoudre un problème de liquidité n’est pas résoudre un problème de solvabilité?
    J’en suis incapable et la question m’est très souvent posée. On ne comprend pas en quoi verser toujours plus d’argent aux banques (directement ou indirectement) ne permet pas de combler un trou. Il y a là un « gap » conceptuel important pour laprise de conscience.
    Si quelqu’un pouvait carrément en faire un billet pédagogique (Julien peut être?) ce serait assez formidable.

    1. @ AntoineY

      L’explication est assez simple. Il faut d’abord bien distinguer ce qui relève de la liquidité et ce qui relève de la solvabilité :

      – liquidité = capacité des banques à mobiliser à court terme des ressources pour faire face à ses obligations
      – solvabilité = appréciation de la capacité à rembourser à court, moyen et long terme en pondérant les fonds propres par rapport aux actifs et leur niveau de risque.

      Dans le schéma actuel, l’abondance de liquidités ne fait que permettre aux banques de faire face à leurs engagements à court terme. Si l’on considère les fonds propres des établissements financiers et la valeur des actifs détenus fortement dépréciés, il faudrait alors pour solutionner la crise de solvabilité que les liquidités reçues soient entièrement investies dans des activités à haut rendement (ce qui est évidemment impossible) et que les profits (qui pourraient être des pertes) dégagées par ces opérations soient intégralement affectés au renforcement des fonds propres, jusqu’à ce que le ratio des fonds propres redevienne cohérent au regard de la valeur des actifs dépréciés détenus.

      Dans l’absolu, c’est donc possible, mais au rythme actuel, il faudrait probablement des dizaines et des dizaines d’années pour que les banques soient en mesure de mener un tel redressement, en lésant inéluctablement leurs actionnaires, ce qu’aucune d’entre elles n’est disposée à faire.

      1. @ Julien :
        « en lésant inéluctablement leurs actionnaires »
        Ou les rentiers de manière générale : les banques sont aussi des assureurs, via les ass-vie par exemple. On le constate avec la perte de confiance sur ce type de placement d’épargne, les rendements devenant parfois, en net, aussi intéressant que sur des placements réglementés.
        La question est donc aussi : ‘ce que d’aucun rentier n’est disposé à faire’.
        Et la boucle est bouclée.

        Tout le monde a donc intérêt à ce que ceci soit considéré comme une crise de liquidité plutôt que comme une crise de solvabilité, laquelle viendrait heurter de plein front le prix des actifs (la crise en Espagne par exemple est en premier lieu une crise privée, dû à l’explosion de l’immobilier et des actifs qui y sont associés) : pour les épargnants, pour les banques, pour les états, …

      2. Ouais, Zeb, mais en attendant (l’activation de la garantie d’État « hors-bilan » ! ), ces épargnants/rentiers, s’ils delaissent un peu les ass-vie, ils consolident simultanément les bilans des bancassureurs en reportant le flux d’épargne sur les livrets non-réglementés de ces derniers (+20 milliards l’an dernier)…

      3. Un autre point de vue.
        N’ allez pas regarder les cours de bourse ( l’antre du diable)
        de ces pauvres banques. Ils vous diront qu’ elles ont beaucoup baissé.

        Comme la bourse est un marché ( de l’occasion) permettant
        de spéculer sur les cours, ou peut dire que le détenteur d’ actions de ces banques, pas assez rapide ou contraint, a déja salement morflé.
        « lésant inéluctablement leurs actionnaires » à cet égard a déja commencé.
        Pas une larmes, nationalisations plus faciles.

        Reste , deuxième source de revenus potentiels, le dividende, dont vous vouliez sans doute parler.

      4. @ Vigneron :
        Tu voulais dire, des livrets réglementés ?
        http://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/Economie_et_Statistiques/TBE_2011T4.pdf (p.4)
        Sur les 36 milliards de flux en moins en un an, il y en a -45 pour l’ass-vie et +20 pour les livrets et CEL.
        Si cela ne change pratiquement rien sur les encours d’un trimestre à l’autre, les mouvements sont quand même très important d’une année l’autre en flux.

        Sur la question de l’alimentation des comptes des banques, en épargne réglementé, c’est plutôt bon pour l’Etat, non ? (bien qu’1/3 je crois soit géré par les banques maintenant mais les 2/3 sont centralisés par la CDC, au moins pour les livrets)

      5. T’as pas le bon lien Zeb, le récap BdF 2011 par Bachellerie & co sur les placements fi des ménages du 4 avril, c’est celui-là :
        http://econpapers.repec.org/scripts/redir.pf?u=http%3A%2F%2Fwww.banque-france.fr%2Ffileadmin%2Fuser_upload%2Fbanque_de_france%2Fpublications%2Fetude_4_L-evolution_des_placements_financiers_des_menages_francais_en_2011.pdf;h=repec:bfr:bullbf:2012:187:04
        Tu y verras que les placements bancaires des ménages (hors ass-vie et OPCVM donc) ont grimpé de 45 milliards à 1060 milliards en 2011, pendant que l’encours sur les ass-vie stagnait (+0,6 milliard seulement avec la décollecte du deuxième semestre).
        25 milliards sur ces 45 milliards de placements nouveaux nets ne sont pas allés sur des livrets réglementés type A, mais sur des livrets ordinaires, des Cel/Pel (taux plancher de 2,5% sur le PEL depuis mars 2011…) et des comptes créditeurs ou à terme de banques «soucieuses», comme disent les auteurs, «de disposer de ressources demeurant à leur bilan»…
        Effectivement, 35% de la collecte réglementée, plus la totalité du reste « à demeure », on comprend mieux le sens concret du concept de bancassurance (comme d’assurbanque oeuf corse)…
        Ps : à signaler que si le flux annuel net des placements financiers des ménages a baissé de 20 milliards en 2011 à 72 milliards contre 92 en 2010 (la cata du second semestre…), ça fait encore 3,5% du Pib et 6% du RDB, kamême…

    2. La solvabilité est la mesure de la capacité d’une personne physique ou morale à payer ses dettes sur le court, moyen et long terme. (Wikipedia.)

      A ma modeste échelle, j’interprète la chose comme ça: si je meurs et qu’une fois mes dettes remboursées (par exemple les impôts sur mes revenus de l’année précédente et même les frais de mon enterrement) et mes biens vendus il reste quelque chose (où exactement zéro), c’est que je suis solvable. Si je vous ai prêté de l’argent, votre dette sera pris en compte, mais pour un montant correspondant à « la confiance qu’on peut raisonnablement vous faire ». Cette confiance ne correspondra pas forcément à celle que moi j’avais placé en vous (à une heureuse époque où vous en étiez d’ailleurs tout à fait digne.)

      Dans le même exemple mon manque de liquidité est l’argument que je vous opposerais si j’étais riche et que vous veniez à nouveau me taper: écoutez, en ce moment je peux pas, il a fallu changer la voiture, il y a les travaux pour mettre l’ascenseur en conformité avec les nouvelles normes, la taxe foncière qui tombe le mois prochain : vraiment désolé mais en ce moment je peux pas! (la magnifique Mercedes qui garée devant la porte du bel immeuble que j’habite laissant quand même supposer dans ce scénario imaginaire que je suis néanmoins solvable.)

      Si j’ai bien compris Wikipedia, les banques manquent de liquidités quand il est pour elles difficile, lent et coûteux de trouver l’argent pour faire leur boulot, c’est à dire prêter le plus d’argent possible à des gens qui sont le plus sérieux possible.

  13. Un internaute (Joffe) avait signalé cet article de Mediapart sur un possible (petit) Lehman-Brothers bien de chez nous …

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/230412/la-france-va-t-elle-s-offrir-un-petit-lehman-brothers

    Le nom de la banque n’est pas cité et a fait l’objet de supputations (Caisses d’Epargne, Crédit Foncier …).

    Finalement cet article lève le voile, il s’agirait de la CDC, Caisse de Dépots et Consignations. Mince, mais c’est nous (ou quasiment), nous les contribuables. Encore !

    http://www.sudouest.fr/2012/04/26/emprunts-impossibles-les-maires-landais-s-indignent-699445-4624.php

    Heureusement, ce n’est sûrement qu’un petit problème, tout à fait temporaire, de liquidités …

    1. François78, DCL et DEXMA, plutôt non ? Et les 120 sociétés d’HLM, par exemple c’est de l’ordre de 100 milliards € d’encours, dont pas mal de trucs toxiques, menfin asquiparait…

  14. Dans un article du Monde d’aujourd’hui intitulé « La grande panne économique de la Grèce », cette phrase : « Pour les défenseurs de la troïka, le plan n’a pas échoué, il a été insuffisamment appliqué ».
    Au temps où les médecins n’avaient pas grand chose pour soigner leurs malades et croyaient dans les vertus de la saignée, il leur arrivait aussi certainement de dire : « notre traitement à base de saignées n’a pas échoué, il a été insuffisamment appliqué ». Certains malades, particulièrement résistants, survivaient…

  15. La solution arrive , puisque le débat de ces présidentielles porte depuis trois jours, sur la notion du mot travail : le travail, le vrai travail etc , alors les gens faite la journée du travail , comment ? En ne travaillant pas bien sûr …..Et ce même jour ,on vous offre du muguet en vous souhaitant du bonheur , problème : Dans chacune des utilisations, il est très important de se souvenir que toutes les parties de la plante sont très toxiques. Le muguet est classé parmi les plantes à haute toxicité.(wiki) Le front national appel a voter blanc , comme cela même le vote de protestation devient impossible . La crise , quelle crise ?

    1. Le front national appelle à voter blanc

      Pasque vous imaginiez la Marine appeler à voter noir, rouge, jaune ou gris ? Le paternel, beaucoup plus fin y’a pas à tortiller, disait après le premier tour qu’il fallait « voter nul puisqu’il y a plus que des nuls ! » Sacré Jean-Marie… faut qu’il tienne bon le vieux salopard. Toujours lui qui tient la caisse et la boite et il veut toujours pas autre chose que son gros bastion d’extrémistes d’opposition systématique. Si ça commence à sentir trop fort la coalition (et donc la dilution) umpéofrontiste, attendez vous à un de ces « écarts de langage » dont il a le secret pour éloigner le danger. L’est pas encore sous tutelle ou en EHPAD le vioque…

    2.  » le muguet est classé parmi les plantes à haute toxicité »

      « Foul is fair and fair is foul » lol

  16. « Car en attendant il ne parvient toujours pas à sortir de la déflation. »

    Pourquoi devrait-on sortir de la déflation ? N’y avait-il pas déflation et croissance économique au XIXième siècle (avant la dépression de 1873) ?

    Plutôt que sortir de la déflation ne devrait-on pas sortir de l’endettement ? Plus que la déflation le vrai problème n’est-il pas justement le taux d’endettement qui pénalise l’activité économique ?

    1. @hatoup

      Quand est-ce qu’il y avait déflation et croissance ? Vous faites référence à une situation hautement improbable, merci d’étayer vos dire.

    1. Thierry, en tous cas, là, ça relève bien de la science, celle du balayage : De l’art d’aller chercher et rassembler dans sa p’tite pelle les derniers moutons qui traînent sous les pageots :

      Bernard Belloc, université de Toulouse-I ; Marc Ivaldi, Ecole d’économie de Toulouse et EHESS ; Philippe Mongin, CNRS et HEC ; Philippe Trainar, économiste ; économiste ; Régis Bourbonnais, Paris-Dauphine ; Philippe Chalmin, Paris- Dauphine ; Eric Chaney, économiste ; Jacques Crémer (CNRS) ; David Encaoua, Paris-I ; Claude Gamel, Aix-Marseille ; Louis Lévy-Garboua, Ecole d’économie de Paris et Paris-I ; Philippe Gagnepain, Ecole d’économie de paris et Paris-I ; Jean-Pierre Laffargue, Paris-I ; Michel Moreaux, Toulouse Christian Morrisson, Paris-I ; Bertrand Munier, IAE Paris ; Emile Quinet, Ecole d’économie de Paris et Ecole des ponts ParisTech ; Ecole d’économie de Paris et Ecole des ponts ParisTech ; Dominique Roux, Paris-Dauphine ; Paris-Dauphine ; Jacques Thépot, Strasbourg.

    2. Devancé. Je venais de découvrir cet article et après une franche poilade, je m’apprêtais à le partager ici.
      Là où y’a de la gêne, y’a pas de plaisir. Devise d’économistes…

  17. lien : http://www.romandie.com/news/n/_La_Bourse_espagnole_plonge_de_plus_de_3_plombee_par_les_banques_RP_020520121701-10-172192.asp

    Texte

    La Bourse espagnole plonge de plus de 3%, plombée par les banques

    MADRID – La Bourse madrilène plongeait mercredi après-midi de plus de 3%, se rapprochant de ses plus bas niveaux en neuf ans, alors que le secteur bancaire espagnol, fragilisé depuis l’éclatement de la bulle immobilière, inquiète de plus en plus les marchés.

    A 12H44 GMT, l’indice Ibex-35 des valeurs vedettes espagnoles chutait de 3,20% à 6.786,4 points, proche de son plus bas niveau depuis 2003.

    Santander, première banque en zone euro par la capitalisation, cédait 4,41% à 4,512 euros, alors que sa principale concurrente, Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA), perdait 4,70% à 4,866 euros et la troisième banque du pays, CaixaBank, reculait de 3,38% à 2,516 euros.

    Le secteur bancaire espagnol concentre actuellement toutes les inquiétudes des investisseurs: ayant accordé des crédits à tout-va pendant la bulle immobilière, il est fragilisé depuis son éclatement en 2008.

    Selon la Banque d’Espagne, fin 2011, il accumulait 184 milliards d’euros d’actifs immobiliers problématiques, soit 60% de son portefeuille.

    Standard and Poor’s s’en est inquiétée jeudi dernier, voyant une probabilité croissante que l’Etat espagnol doive fournir un soutien budgétaire supplémentaire au secteur bancaire, ce qui l’a amenée à abaisser de deux crans la note souveraine de l’Espagne, de A à BBB+.

    Lundi, l’agence a cette fois dégradé les notes de neuf banques espagnoles, dont Santander et BBVA.

    La semaine dernière, le FMI aussi appelait l’Espagne à aller plus loin dans l’assainissement de ses banques afin de remédier aux faiblesses qui demeurent.

    Les autorités espagnoles ont déjà imposé aux banques du pays de nettoyer leur bilan des actifs immobiliers risqués, en réalisant pour 53,8 milliards d’euros de provisions.

    Elles pourraient désormais adopter une solution plus radicale, en mettant de côté ces actifs risqués dans ce qui constituerait une structure de défaisance ou bad bank.

    Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Economie a confirmé envisager ce mécanisme mais a insisté qu’il se ferait sans apport de fonds publics.

    (©AFP / 02 mai 2012 15h03)

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  18. Désendettement?
    Tiens, supposons qu’a l’instant T, sur une planète dont la finance est totalement mondialisée,
    – par extraordinaire, le désendettement a fonctionné et le taux de dette est devenu acceptable pour tous, pays, banques, entreprises, il n’y a aucune inquiétude systémique particulière, même pas de crainte de faillite privée,
    – que, toujours par extraordinaire et simple hasard, les budgets publics et les balances commerciales soient tous à zéro
    > combien de temps faudrait-il pour atteindre une rupture d’équilibre qui provoque des surplus de dette et des inquiétudes?

    Chacun voudra s’enrichir aux dépends des autres en augmentant ses exportations et en déprimant la demande intérieure pour limiter les exportations, et surtout un peu plus que les autres. Dans ce jeu à somme nulle Il y aura forcément des victimes et des profiteurs.
    Où est la place de celui qui ne veut pas jouer mais seulement se construire une vie décente?
    Quel système absurde. Non?

    1. Effectivement, comme on a affaire en ce moment à un système capitaliste apparemment détraqué deux attitudes sont possibles:
      – le « réparer » (comme le préconisent par exemple Hollande et Sarkozy) ce qui donne les débats en cours, qui ne conduisent à rien
      – le remplacer par autre chose, ce qui pour beaucoup est inconcevable parce que par exemple des arguments tels que « il n’y a pas assez d’argent pour ça » leur semble relever du simple bon sens.

      Il faut donc montrer pourquoi le capitalisme (les marchés décidant de tout : exploitation des ressources, affectation du travail à la production, échanges de ce qui est produit, systèmes financiers, élaboration des lois et choix des hommes politiques qui les appliquent) a réussi à fonctionner (au détriment de beaucoup et avec pas mal de crises) pendant plusieurs siècles et pourquoi, même après avoir été « réparé », il ne pourrait renaître de ses cendres que s’il a été procédé à une épouvantable « remise à zéro », remise à zéro indispensable pour le retour …de la croissance.

    1. pour l’instant on a surtout une avalanche de chiffres.
      La sortie du cadre est reportée à une date ultérieure.

      1. @ Lisztfr

        Quand NICOLAS SARKOZY se prend pour MAZARIN !

        Antoine Rault, et un « Diable Rouge » – Livre, dont a été tirée une pièce de théâtre : http://www.youtube.com/watch?v=JfP8PYi1afI
        Extrait (imaginaire) d’une conversation entre le ministre Colbert et son Excellence le cardinal de Mazarin…
        Colbert : « Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. » J’aimerais que Monsieur le Cardinal m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou. »
        Mazarin : « Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison.
        Mais l’État… L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça. »
        Colbert : « Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ? »
        Mazarin : « On en crée d’autres. »
        Colbert : « Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà. »
        Mazarin : « Oui, c’est impossible. »
        Colbert : «Alors, les riches ? »
        Mazarin : « Les riches non plus. Ils ne dépenseraient plus : un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres. »
        Colbert : « Alors, comment fait-on ? »
        Mazarin : « Colbert, tu raisonnes comme un pot de chambre sous le derrière d’un
        malade !
        Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches…
        Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres !
        C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…
        C’est un réservoir inépuisable. »
        Qui oserait dire que l’Histoire n’est pas un éternel recommencement, avouez que c’était tentant de partager cet extrait avec vous, à la suite du billet d’humeur qui précède.
        Déjà à cette époque, on avait compris, que la « Classe moyenne » était le mouton a égorger, ou le pigeon à plumer, en cas de crise.
        Colbert a dit :
        : «L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris ».

        Ah, très cher « Franz », vous jouez bien de mystères, de musique en image, mais cela n’est pas pour me déplaire.
        « La relation superposée », entre Sarkozy et cet autre Cardinal, en la personne de Mazarin nous dit bien des choses en somme.
        Sans évoquer tout ce que l’on pourrait en tirer par « diagramme de Venn »,
        le rapprochement est plus que troublant …
        « Sarkozy fait son petit Mazarin… » ou Sarko fait son petit théâtre, nous joue son petit air.

        … Et je trouve que cette (RE)observation vous sied à merveille.
        – Toujours d’un piano bien accordé, bon son sortira… au diapason de la raison qui nous fait vibrer, en harmonie de la passion.
        Et demain, à la Victoire du sortant ou de celle de l’entrant, Chant de Gloire, il y aura.
        L’incertitude immense à laquelle dès lors il faudra répondre, sera :
        comment accorder réflexivement ces chants de joies aux chants de détresse de la terre entière ?…
        Où comme dans un décor de petit théâtre, nous aurions en toile de fond un premier tableau, qui dirait « Où se trouve la pulsion de mort ? » et en écho, un second qui répondrait
        « Où se trouve la pulsation de vie ? » …

      2. Hollande s’ est vérolé avec l’ immigration, en n’ opposant rien de factuel à la conception du vote communautaire qui lui a été projetée au plexus. Il a été sidéré et a par réflexe, associé ce propos à un amalgame, au lieu d’ y voir une profonde remise en cause du concept de citoyenneté, dans un contexte ou il fallait plutôt assurer les valeurs que les modifier.
        Les électeurs du fn vont se bouger.
        Fatal mistake sur ce point.

      3. @ Tigue :
        Possible.
        Mais y a un paquet de citoyens français de confession musulmane qui vont se bouger, eux aussi.
        Et pas dans le sens de Sarkozy.
        + 1 pour Hollande : plusieurs millions d’électeurs, qui votaient pas forcément ou pas forcément pour lui, savent maintenant que Sarkozy fait explicitement le lien avec leur religion (et pas une autre) pour leur refuser le droit de vote localement.

      4. Tigue, ok Hollande aurait pu en faire plus à ce moment là (ne serait-ce qu’en prenant à témoin, comme le rappelle Zeb, les millions de citoyens français musulmans, pratiquants ou pas, se revendiquant comme tels ou pas); mais il a fait ce qu’il avait à faire en stigmatisant, spontanément et nettement, l’amalgame putassier du sortant, en plantant instantanément la clôture qui le séparait radicalement, lui, Hollande, simplement républicain, de l’autre, Sarkozy, censément néo-pourfendeur du communautarisme. Dont acte.

      5. @Tigue

        Hollande a été clair sur sa politique d’immigration.

        Sur le vote des étrangers, il a été aussi très clair, disant que la décision reviendrait au Parlement à la majorité des 3/5 ou sinon au peuple par référendum.

        En étudiant finement la question, on remarque vite que cette proposition n’aura probablement aucun impact sur le résultat des élections municipales et la conduite des affaires municipales.

        Motiver son vote uniquement sur cette question, c’est n’avoir aucune conscience politique.

      6. @ l’alabatros :
        « Motiver son vote uniquement sur cette question, c’est n’avoir aucune conscience politique. » : y en a un paquet de ce genre là …
        Et cela ne les empêche pas de voter.

      7. @ Zébu

        Tout dépend du contenu que l’ on souhaite donner à la citoyenneté.
        La citoyenneté française se distingue de la non citoyenneté française, par le fait d avoir ou de ne pas avoir la nationalité française.
        La substitution qui est proposée localement, est la citoyenneté en lieu et place de la citoyenneté française.
        Le motif invoqué est celui de l égalité de droits, le paiement d impôts en étant la justification ultime.
        L ‘ adhésion aux valeurs attachées à la citoyenneté française n’ étant plus la justification première venant à l esprit.
        Jusqu’ à présent , l attachement à ces valeurs (en construction permanente, comme un être vivant) se montrait par le biais de la possession de la nationalité française. Le fait de le montrer étant le même que l être.
        Si ce moyen disparaît localement, il disparaît dans son être même (on est ou on n est pas attaché à montrer ces valeurs).

        L appartenance non militante à une croyance religieuse est compatible avec cette façon d être, alors qu’ elle ne l est pas dans le cas militant.
        Il est toujours possible de montrer son attachement à ces valeurs par la demande de naturalisation, et se faire élire si l on souhaite montrer sa propre interprétation de ces valeurs , mais on prend là le risque de l élection et cela prend du temps.
        Dissoudre ce problème semble plus rapide, mais je crois que c est une grave erreur, en ligne avec la mondialisation ultra libérale condamnée par un bon tiers des français .
        Cela divise au lieu de rapprocher.

      8. « Le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme ne s’expliquent pas. Ils se combattent. Ce qui vaut pour la France vaut partout ailleurs dans le monde. »
        1/ Cela s’explique.
        2/ Cela se combat, effectivement.
        3/ Evidemment, on peut changer d’avis comme de chaussettes, selon ses interlocuteurs et ses besoins politiques : cette phrase appartient à un passé très lointain, celui du Président de la République à Alger le 3 décembre 2007 …
        Pour ceux qui auraient (encore) des doutes quand à la signification du vote ‘Sarkozy’.
        Que ce soit sur le fond, ou sur la forme.

      9. à zébu,

        Oui, le racisme, l’antisémitisme et toutes les manifestations de colère et de ressentiment doivent être combattus, mais pour les combattre, il faut les expliquer, sinon on se contente de prendre un posture anti qui n’est bien souvent que l’autre face de la même pièce.
        L’histoire permet de comprendre l’origine de la haine de l’autre par les affrontements religieux et la domination de la religion dominante de l’époque des conquêtes et de la colonisation.
        Nous n’en sommes pas sortis et nous n’en sortiront pas en votant des lois, seulement en construisant une société qui n’aura plus besoin de boucs émissaires.
        C’est la domination de l’économie sur les organisations sociales et l’alliance avec les puissances religieuses qui sont l’origine de ces comportements, dont il ne faut pas croire que nous serons débarrassés par décrets.
        L’autre face de cette histoire est que les libéraux, de droite et de gauche, ne permettent plus que les religions soient critiquées en tant que systèmes d’illusion.

        Par ailleurs, il est bien vrai que l’inconscience et la fausse conscience règnent en maître chez les électeurs qui sont réveillés de temps à autre pour être ensuite replongés dans le grand sommeil de la raison.

      10. @ Tigue :
        Oui, je sais que la conception de la citoyenneté est actuellement rattaché (re-lier) à la nationalité. Mais il n’en n’a pas toujours été ainsi (cf. la constitution de 1793, certes, jamais appliquée, mais qui a été définie par les constituants). Le débat est donc bien sur ce point le lien existant entre ces deux concepts.
        En premier lieu, il y a un précédent : la communauté européenne.
        Or, il n’existe pas de ‘nationalité européenne’ : preuve s’il en est que le lien n’est plus automatique.
        En second lieu, comme l’a montré Hollande, il existe dans le monde une cinquantaine de pays qui dispose de ce droit, en et hors Europe. Cette interrogation n’est donc pas seulement limitée aux seuls pays de l’UE mais bien dans une perspective mondiale.
        Enfin, la question de la réciprocité est une vaste foutaise car certains pays l’ont intégré dans leurs droits constitutionnels, sans même attendre cette fumeuse réciprocité.
        C’est le cas du Maroc, depuis la modification de sa constitution de Juillet 2011 (article 30).
        In fine donc, la seule explication restante est le risque communautariste.
        Or, pendant le débat, Hollande a là encore bien explicité que si cela était le cas, nous aurions depuis lurette des partis communautaristes … fondés par les citoyens français (possédant donc la nationalité française) issus de l’immigration. Il n’en n’est rien.
        C’est donc qu’il existe une autre explication : l’amalgame frontiste.
        Pour le reste, l’argument du vote aux grands électeurs est là encore un faux débat : cela ne sera pas permis, comme pour les étrangers communautaires.
        Personnellement, la justification par l’impôt est une vaste connerie car elle laisse au milieu du gué. Soit l’impôt est payé et dans ce cas, la justification permet alors de donner AUSSI le droit de vote aux élections législatives (rapport au fait que les immigrés payent AUSSI des impôts sur le revenu et les taxes nationales), soit ce n’est pas le cas.
        Il serait plus sain selon de parler de réinterrogation du lien entre citoyenneté et nationalité.
        D’autant plus que l’intégration dans la nationalité s’est considérablement durci, en particulier sous Sarkozy. Rester sur ce lien c’est dès lors cautionner la politique d’identité nationale promu par Sarkozy, en assimilant citoyenneté et nationalité, strictement.
        Le droit de vote des étrangers est un retour, certes timide, à une conception différente de la République de celle qui a présidée jusqu’à maintenant. On reviendrait à une politique d’intégration, certes timide mais permettant une double appartenance (citoyenneté-nationalité) ne niant pas la diversité des identités vs une politique d’assimilation de plus en plus ‘totalitaire’ ou affirmée comme telle : langue (quand on connaît le niveau d’expression de Sarkozy, on rigole …), laïcité (et pas toutes les lois ?), et bientôt le certificat de compatibilité d’avec l’identité multi-séculaire française.
        En lieu et place du « La France, tu l’aimes ou tu la quittes », un « la France, tu peux l’aimer, y vivre, sans être obligé d’obtenir la nationalité française pour être intégré dans sa communauté citoyenne ».
        Qui divise qui ?

      11. @ Marlowe :
        L’explication de la haine de l’autre par la religion est un peu courte, mais si partiellement vrai.
        Attention : ceux qui se réclament aujourd’hui du droit de critiquer les religions sont parfois les mêmes qui professent les phobies, diverses et variées.
        A ce que je sache, la liberté de critiquer une religion n’est pas interdite en France et peut donner recours devant les tribunaux, dans les deux sens (la critique est possible, l’insulte et la haine religieuse, non).
        Que cela provoque des remouds et des conflits, ma foi, c’est pas nouveau.

      12. @ Zébu

        Vous dites :  » …Il serait plus sain selon de parler de réinterrogation du lien entre citoyenneté et nationalité… »

        Je suis complètement d’ accord avec cela.
        L’ argument de la réciprocité est un des aspects de cette réinterogation.
        Nous sommes à un tournant de notre histoire, nous sommes assaillis, confrontés de toutes parts et de façon multidimensionnelle à la dissolution de notre identité, comme l étaient nos anciens quand ils proposèrent aux étrangers qui viendraient défendre la république d être considérés comme frères d armes, citoyens français, partageant les mêmes peines en cas de défaite , mais les mêmes droits en cas de victoire.
        Notre attachement à nos valeurs ne peut pas rien valoir, ou ne valoir que le prix marchand de l impôt.
        Il est encore temps qu’ il dise qu’ il est homme à reconnaître qu’ il s ‘ est trompé et que , comme l autre l a fait à sa manière , il a réfléchi , comme nous le faisons tous ici quand nous sommes ce que nous sommes.
        On ne peut compter pour rien cet attachement, Michéa a suffisament prévenu .
        Il est encore temps.
        Je suis inquiet.

      13. Tigue, c’est bien de kekchose comme votre «façon d’être citoyenne» dont esque vous causez ci-dessous ?

        L’appartenance non militante à une croyance religieuse est compatible avec cette façon d’être, alors qu’elle ne l’est pas dans le cas militant.

        Adonques… est-ce que vous vous rendez vraiment compte de ce que vous écrivez là ?

      14. @ Vigneron

        Comme d’ hab le Vigneron…carreau d arbalète hyper précis…
        En quoi une croyance (religieuse) militante pourrait elle être incompatible avec ces valeurs ?
        Par exemple la dictature du prolétariat, quand bien même votée par le peuple en période de crise, serait en contradiction avec ces valeurs.
        Le communisme en tant que fin , les moyens étant ceux que ces valeurs permettent d utiliser, n est pas incompatible avec ces valeurs.
        La valeur « liberté d expression » étant incompatible avec l expression militante d’ une croyance en vue de sa propre négation , il faut refuser aux croyances qui militent cette négation dans leur programme declaré, la compatibilité avec ces valeurs (la negation de cette liberté pratique pour les autres croyances, étant inscrite dans le programme declaré de ces croyances militantes)

      15. à zébu,

        Le droit de critiquer une religion est un droit théorique.
        Du reste comme disait le jeune Marx, « la critique ne veut pas seulement réfuter, elle veut anéantir son ennemi » (cité de mémoire, probablement Manuscrits de 1844).
        Mon père, décédé depuis 40 ans disait une chose simple : « ou dieu a fait l’homme, ou l’homme a fait dieu. »

        Mais je n’explique pas essentiellement « la haine de l’autre » par des raisons religieuses.
        Il me semble avoir parlé de la domination de l’économie…

        P.S. A l’heure de la sieste, je viens de lire le dernier article de Lordon qui traite du vote FN.
        C’est une pièce à verser à notre réflexion.

      16. T’as saisi Zeb ? Tigue vote Sarkozy, biscotte il a religieusement écouté – puis traduit en Tigue-Toque – son prophète Michéa et, comme légion étrangère de ses futurs Camerone, ne recrutera que des compagnies certifiées michéennes… et ma mâchoire inférieure dodeline mollement loin de sa supérieure – et c’est rien de le dire.
        Ps : sorry, Tigue, mais un « croyant militant » n’est par essence incompatible ni avec votre « être citoyen », ni et encore moins avec la République laïque, point.

      17. @ Marlowe :
        C’est impossible.
        Ou Dieu a fait la sieste. Ou l’homme a fait la sieste.
        Mais on peut pas faire la sieste et lire en même temps Lordon !
        😉

      18. @ Vigneron :
        Je ne sais pas envore ce que je ferais, je sais simplement ce que je ne ferais pas.
        Mais vous avez l’ air d’ en savoir plus que moi.
        Les valeurs, c’ est bien plus important que les impôts aussi lourds soient ils, c’ est ce qui fait qu’ on consent à les payer.

      19. à zébu,

        Lire et dormir en même temps, c’est un don que j’ai reçu (l’origine est restée inconnue) depuis l’époque du grand sommeil.
        J’ai perfectionné ce don toute ma vie, parfois en lisant certains commentaires.
        Je ne donnerai pas de nom. Je ne dénonce pas.

      20. @ Tigue :
        Comprends rien : « Il est toujours possible de montrer son attachement à ces valeurs par la demande de naturalisation »
        En quoi est-ce nécessaire d’être assimilé pour montrer son attachement à ces valeurs ?
        Les valeurs de quoi ? Le citoyenneté ne porte aucunes valeurs ? La nationalité, si ?
        « nous sommes assaillis, confrontés de toutes parts et de façon multidimensionnelle à la dissolution de notre identité, comme l étaient nos anciens quand ils proposèrent aux étrangers qui viendraient défendre la république d être considérés comme frères d armes, citoyens français, partageant les mêmes peines en cas de défaite , mais les mêmes droits en cas de victoire. » : assaillis de quoi de qui ? Quelle identité ? Depuis quand ‘notre’ identité (à supposer que l’on puisse parler ainsi) n’est pas plurielle ?
        Sur les choses en gras, je m’inscris en faux, complètement : les étrangers qui sont venus se battre pour libérer la France le sont restés. Ils ne sont pas devenus citoyens, sauf s’ils demandaient la nationalité (bien gentiment, sioupli) et donc s’assimilaient.
        La citoyenneté qu’ils purent obtenir parfois (Algérie, notamment), ne fut jamais identique à celle des français (double collège, supprimé d’ailleurs par Defferre en 56 pour l’outre-mer et 58 en Algérie).
        De quoi parlez-vous, Tigue ?

        PS : je rejoins ce que dis Vigneron, sur le prosélytisme. La République par le principe de laïcité n’interdit aucunement le ‘militantisme religieux’ (puisque la République ne reconnaît aucune d’entre elles), tant que celui-ci ne vient pas contredire les lois républicaines (dérives sectaires).
        Par contre, elle garantie la liberté religieuse et se doit de protéger une religion qui serait persécutée. On n’en n’est pas là mais l’absence de réponse ferme de l’Etat républicain face à une phobie contre une religion ne peut que favoriser la dérive de courants sectaires (salafistes pour les musulmans), s’appuyant sur le sentiment d’absence de protection de la République ou de volonté affichée de la protéger face à de potentielles ‘persécutions’.
        On peut pas dire que les procureurs de la République aient été très actifs en la matière concernant l’islamophobie … Par contre, sur l’antisémitisme (d’ailleurs, les arabes sont des sémites), beaucoup plus et c’est tant mieux. Mais le deux poids deux mesures, ça finit par forger des bubons purulents, qu’on ira par ailleurs crever d’autant plus aisément que ceux-ci seront armés de Kalachnikovs et tuant au nom de la dite religion.
        Assimilation ou citoyenneté, faudra choisir.
        La République se nourrit de citoyenneté, pas d’assimilation à une nation.

      21. Zeb, tu n’es pas sans savoir qu’Amnesty vient d’épingler cinq pays dans un rapport publié le 24 avril. Belgique, Pays-Bas, Espagne, Suisse et France. Le sujet de cette scandaleuse mise au piquet (encore un coup de l’anglo-saxon ça) ? Bohhh, la montée de l’islamophobie, m’enfin les discriminations envers les personnes de confession musulmane comme y disent…
        Rapport en anglais : http://www.amnesty.org/en/library/info/EUR01/001/2012/en
        Résumé en français : http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR01/002/2012/fr
        Ps : quatre ans de boulot le rapport, enquêtes de terrain par des juristes et sociologues, stats officielles, témoignages, patins couffins…
        Ah oui ! Stat ministère de l’intérieur : 298 (ouf ! pas 300) actes islamophobes perpétrés en 2011 au pays ousque le bon Dieu il aimerait vivre, dont 262 contre des personnes.
        + 20% en un an.

      22. @ Zébu

        La citoyenneté consiste à respecter les lois et règlements du pays ou on vit.
        Si vous devez vivre en Inde vous ne devez pas manger une vache ou un zébu sacré, quand bien même vous seriez affamé.
        Vous seriez ainsi un citoyen en Inde sans être citoyen indien.
        Ce citoyen là est différent du citoyen en France, non français, qui peut manger ce qu’ il veut.
        Étant différents, ces deux exemplaires de citoyens du monde ne portent pas de valeur particulière, à part le respect des lois et des règlements.
        Le citoyen du monde ne porte rien de spécial comme valeurs.
        C est une sorte d homo economicus idéal pour la diffusion du libéralisme économique.
        Il n est pas porteur d’ un message universel autre que celui du libéralisme économique.
        Je croyais qu’ on aimait pas cela ici.

        On a une histoire, un message à transmettre même si la tentation de renoncer est immense (juste pour voir ou cela nous mène )
        https://www.contrepoints.org/2011/07/19/35440-critique-de-lage-du-renoncement-de-chantal-delsol
        Il faut résister.

      23. @ Zébu, et tous les utilisateurs du terme « islamophobe(ie) »

        On peut pas dire que les procureurs de la République aient été très actifs en la matière concernant l’islamophobie …

        Je ne voudrais pas chipoter sur les mots, mais je pense que les mots ont un sens et condamner l »islamophobie » est une mauvaise approche des choses.

        Faut faire la différence/distinction entre les mots, sinon, on ne peut plus penser. Bref, on peut tout à fait être islamophobe, je dirais religiophobe. Cela fait partie de la liberté d’expression, puisqu’une religion comme une idéologie c’est un ensemble de concepts, de règles, d’idées, de croyances bref de bidules parfaitement critiquables, parfaitement condamnables et dont on peu à juste titre se méfier ou craindre le contenu, voir le combattre. Non ? Quelque chose à redire sur cet aspect ? Si oui, j’attends de savoir quoi. Je n’aurais pas le droit de trouver le coran, la bible comme autant d’endoctrinement liberticide et dangereux ? Mince alors.

        En revanche, la « musulmanophobie » là pour le coup pose un problème tout à fait, parce qu’elle concerne des femmes et des hommes, des groupes d’individus en tant que tel. Suis-je clair ?

        Si le programme et la pensée du libéralisme économique est un ramassis inquiétant de stupidités et de fausses bonnes solutions dont il convient de se méfier, il est tout à fait normal et saint amha de craindre les effets de cette politique. J’ai peur pour l’avenir de notre espèce si on ne la combat pas. Sur la même logique je te laisse faire la même phrase avec l’islam, la catholicisme, le judaïsme et autre joyeuseté de l’esprit. On est d’accord ? C’est faire preuve d’Humanisme que d’être islamophobe (cqfd)

      24. @ Tigue :
        Vous partez en vrille et je ne peux pas grand chose pour vous.
        « La citoyenneté consiste à respecter les lois et règlements du pays ou on vit. » : et elle consiste à donner la possibilité aux citoyens de participer à l’élaboration de ces mêmes lois et règlements (reprenez la définition).
        Chaque cité peut définir ses propres règles et règlements, avec ses interdits, quant à la citoyenneté. En France, c’est la laïcité, dont la conception n’existe pas ailleurs en tant que telle. J’en suis content car je suis français et cette règle de citoyenneté me convient. Dans d’autres cités, cette règle ne convient pas aux citoyens qui les composent.
        Qu’allons nous faire ? La guerre, pour imposer notre ‘modèle’ de citoyenneté ?
        La sacralité de l’universalité du message et mon cul sur la commode : c’est à ce même titre que l’on canonnait les sauvages en Afrique au nom de la civilisation et du message universel que leur apportait la République …
        Il n’est pas question de renier son histoire ni ses valeurs propres. Ce dont on parle icite est de définir ou redéfinir le lien entre citoyenneté et nationalité. Et apparemment, cela vous pose un grave de problème, tant il est pour vous indépassable de ne pas concevoir la citoyenneté hors de la tutelle de la nationalité (de la nation).

        Je comprends de moins en moins de ce dont vous parlez.

      25. @ Georgy :
        « je pense que les mots ont un sens » : ah tiens ?
        Définition d’islamophobie ? (je te demande même pas pour ‘musulmanophobie’, note bien …)

      26. @ Zébu,

        Tout le problème est la.
        Que faire des divergences de conception, sans tomber dans le consensus du tout marchand qui nous est imposé pour les solutionner.
        Il faut inventer autre chose que cette méthode.
        Devenir homo economicus ne me convient pas, mais je ne crois pas que revenir à la méthode guerrière (à l ancienne) soit une solution, même si nous devons toujours nous défendre de ceux qui pourraient vouloir l’ essayer contre nous ( c est le domaine de la géopolitique ).
        Homo economicus ne me convient pas, il faut inventer autre chose pour dépasser les divergences: c est le travail qui est réalisé ici, rendu possible par la mise en réseau des différentes conceptions.
        Le saut technologique réalisé par cette possibilité ouvre d’ autres chemins que la guerre physique ou économique.
        Si vous ne voyez pas de problème dans l’ aplanissement des divergences par le tout marchand, dont la diffusion résulte de la dissolution des valeurs locales, si vous ne voyez pas le profond rejet de ce processus par la population, si vous ne voyez pas que le vote local des etrangers est l’ aggravation de cette dissolution-dilution des valeurs locales dans le « grand tout qui est marchand aujourd’hui « , alors c’ est moi qui ne peut malheureusement rien pour vous.

      27. @Zebu

        Je viens de lire le commentaire de CharlesA à l attention de Jducac, topo-logiquement accolé au mien.
        ce commentaire est proprement hallucinant, car il dénonce ce qu’ il est lui même.
        Ce qu’ il contient, ce qu’ il vehicule est son être même , cette chose est proprement ce qui doit être combattu avec la dernière énergie .
        Bonne chance à tous dans ces moments difficiles.

    2. @ Zeb

      Google est ton ami, pas besoin de moi pour ça. En plus c’est dans le nom. Autre chose à dire sinon ? Pas d’accord avec ma petite précision ? Ah bon, tiens donc.

      1. Laisse tomber Doktor Bozo Chichipopo, Zeb, toute réponse tant soit peu pertinente à ce gus est par essence éminemment modérable. Tu sais, ce genre de pèlerin qui, dans le même auguste mouvement, s’élève au-dessus de la foule médusée pour expliquer doctement l’écart « radicaléontologique » entre islamophobie et « musulmanophobie », puis, dans la foulée (ample la foulée, forcément, puisque tout cette engeance là avance forcément à grands pas), entre optimisation fiscale et fraude fiscale…

      2. @ Zeb,

        Je souhaite être précis sur les notions et le vocabulaire en la matière sur la phrase que j’ai quoté de toi, c’est aussi simple que cela. Parce que tu amalgames, pas forcèment à tort, mais malencontreusement des choses qui n’ont rien à voir entre elles.

        Lorsque tu dis :

        Attention : ceux qui se réclament aujourd’hui du droit de critiquer les religions sont parfois les mêmes qui professent les phobies, diverses et variées.

        Je comprends le sens bien entendu, et je souscris, mais ici, je pense, qu’on peut faire l’effort distinction. Sinon pas grave hein !

        PS : Calme ta joie La Vigne, 3 fois la main dans le sac je te rappelle… Pour le reste, je prends exemple sur toi, je le recois donc comme un compliment.

      1. @ JA,

        Hmmm, « 00h41 », votre commentaire étant publié à 00h46, cela voudrait-il dire que même la modération est modérée ? 🙂 Faut dormir un peu les gars !

        Bonne nuit (avec tout de même près de 24h de retard sur le commentaire).

        PS, puisque j’y suis: votre image sur le blog colle pile-poil avec le rôle de modo, mieux ce serait difficile.

    1. @ Marlowe 3 mai 2012 à 09:49
      Vous avez raison. « Quand on aime on ne compte pas ». Cela s’applique au travail comme à beaucoup d’autres choses.

      Derrière tout ce que l’on fait au travail, il faut voir le service que l’on rend, et le bien que l’on apporte à ses semblables, souvent inconnus. C’est pour cela qu’amener ceux qui nous entourent à aimer leur travail et à ne pas compter la peine qu’ils s’y donnent, c’est en final, les amener à rendre amoureusement service à leurs semblables, tout en leur offrant la possibilité d’en vivre eux-mêmes, dans un état d’esprit favorable au bonheur intime.

      Un pays qui incite ses habitants à « travailler beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible » est un pays qui engendre de l’amour, et non de la haine. C’est un pays qui favorise la satisfaction d’être, au plan individuel et collectif, au lieu de pousser à une consommation insoutenable dans un monde fini. C’est un pays qui ménage son futur et donc travaille intelligemment pour ses descendants.

      C’est aussi pour cela qu’il faut ne pas instiller dans l’esprit de la jeunesse et de la population le fait que travailler plus, pour le même salaire revient à travailler pour en mettre d’avantage « dans les poches du capital » qu’il conviendrait d’abattre et d’éliminer, comme si un pays disposant d’un important capital productif était nuisible.

      Un capital c’est une ressource qui permet d’investir, notamment pour s’adapter à l’évolution du monde et ainsi de permettre à la population de survivre en exploitant des moyens adaptés. Cela permet ainsi de continuer à travailler, plutôt que de succomber en sombrant dans le chômage.

      Il y a des leçons à tirer du comportement des pays asiatiques qui, globalement, travaillent beaucoup et consomment peu. De même, avec le comportement de l’Allemagne qui, avec Schröder et des syndicats ouverts, ont pris des mesures, il y a dix ans, pour limiter la progression des salaires et limiter la consommation en augmentant la TVA.

      1. Vous avez raison. « Quand on aime on ne compte pas ».

        Y’a pire ; l’amour rend aveugle , Jducac

      2. Amour. Avec ce mot, on explique tout, on pardonne tout, on valide tout parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux hommes politiques.
        Henri Laborit

      3. @Tikarol 3 mai 2012 à 16:22
        N’est-ce pas le bonheur, des uns et des autres, y compris le sien propre, qui compte dans la vie ? N’est-ce pas extrêmement difficile d’être heureux et de rendre heureux si l’on ne parie pas sur la confiance ?

        Quand on participe à la vie d’une structure, quelle qu’elle soit, dans une entreprise, dans un pays, dans une union matrimoniale ou autre, dans un blog aussi, avec un a priori de défiance et de suspicion, il n’est pas possible d’atteindre l’optimum de bien être économique, relationnel, ou autre, sans que chacun des membres y mette tout son cœur, tout son engagement, tout son amour, toute sa générosité.

        A mon avis, c’est parce que trop de personnes, en France, ne se livrent pas totalement et ne donnent pas le meilleur d’elles-mêmes, que nous échouons. Dans d’autres pays, il me semble qu’on fait d’avantage confiance à ceux dont le travail est de diriger, c’est-à-dire de justifier les sacrifices à faire dans le présent afin de préparer le futur. Cela ne peut se faire que si l’on a le souci de ne pas consommer tout, tout de suite, mais au contraire de renforcer le capital matériel, financier et moral dont le capital humain aura besoin demain pour s’adapter à l’évolution du monde.

        D’autres pays, notamment en Asie, mais aussi en Europe, telle l’Allemagne, ont su le faire. Du coup, ils inspirent confiance et obtiennent des prêts à meilleur compte. Ne faut il pas être aveugle, pour ne pas le voir ?

        http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS09.pdf

      4. @jducac, 3 mai 2012 à 20:42 avec vous c’est tous les jours dimanche sous ombrelle impeccable, dimanche diffère tant de sa suite et des lendemains, qu’il nous échappe. Vous imaginez un interlocuteur idéal qui n’existe bien évidemment pas, pas plus que l’interlocuteur idéal en miroir; jducac. le charme des hommes c’est leur petit grain de folie disait Deleuze. C’est parfait, si ça change, qui, par l’autre, s’imagine, se fait, découvre au grès des jours une facette, une oubliette, une surprise, le bord d’une plage. N’empêche, l’évidence va rarement de soi. Vous semblez vous être éclaté au travail – je comprends; sachez qu’on peut l’apprécier, sans l’aimer; que l’aliénation, la résistance à l’embrigadement, y est quotidienne, et n’ayez peur c’est rarement des sueurs –des emmerdements et des emmerdeurs c’est sûr. On bosse – on tente de casser les murs du fric. J’aurais eu malheureusement du mal à vous apprécier Jducac-en-chef, ce dont vous avez dû faire votre nectar, vous délecter vous faire aimer, jouir du bon ordre du monde, au moins du vôtre. Jducac aujourd’hui vous me faites sourire.
        un p’tit peu d’télé du monde qu’il est méchant?
        « Telle est la télé » Henri Tachan

      5. JduCAC40

        C’est aussi pour cela qu’il faut ne pas instiller dans l’esprit de la jeunesse et de la population le fait que travailler plus, pour le même salaire revient à travailler pour en mettre d’avantage « dans les poches du capital » qu’il conviendrait d’abattre et d’éliminer, comme si un pays disposant d’un important capital productif était nuisible.

        Voilà qui me rappelle Pétain.
        Ce sont les juifs, franc-maçons et communistes
        qui ont organisé le déclin de la France.
        Ils ont inventé et instillent sournoisement la lutte des classes…
        Elle n’a rien a voir avec la dépossession des moyens de production,
        avec le vol quotidien de la force de travail par la ploutocratie, les capitalistes.
        C’est une invention du Malin.
        A la veille de l’élection, du coté du CAC 40, et autres usuriers parasites.

      6. @ Charles A. 4 mai 2012 à 03:53

        C’est une invention du Malin. A la veille de l’élection, du coté du CAC 40, et autres usuriers parasites

        Voilà qui me rappelle Pétain. Ce sont les juifs, francs-maçons et communistes
        qui ont organisé le déclin de la France.

        Franchement, est-ce bien malin de détourner, avec des accents de méchanceté, un message qui invite à l’amour du travail par reconnaissance à l’égard de tous ceux qui permettent ce travail ?

        D’une part ceux qui l’achètent en tant qu’utilisateurs des biens ou services produits. D’autre part ceux qui, au lieu de s’expatrier vers des pays et des travailleurs plus reconnaissants, ont malgré tout maintenu leur capital et leurs moyens de production en situation de pouvoir faire travailler leurs concitoyens.

        Si vous cherchiez à vous élever un peu plus et à analyser ce qui concourt au vrai bonheur, le vôtre et celui des autres, vous arriveriez à conclure que c’est l’amour des autres, bien plus que la haine que l’on stimule contre eux, qui est la meilleure voie à prendre.

        Ceux qui ont instillé cet état d’esprit en vous, sont responsables du mal être dont votre intervention témoigne. Vous n’en n’étiez pas responsable, tant que personne n’avait pris la peine d’attirer votre attention sur cet aspect essentiel de la vie. Cet aspect d’humanité qui permet d’accéder au bonheur en mettant tout son cœur à donner le plus possible à ceux qui vous permettent de vivre.

        Mais, en répondant de manière négative et agressive à un interlocuteur qui invite à une attitude positive, vous aggravez votre responsabilité. Vous montrez que la rancœur vous habite et vous amène à déverser fiel et amertume.

        Sincèrement, pensez-vous que la vie vous a été donnée pour cela ? Ne pensez-vous pas que vous êtes capable de beaucoup mieux ?

  19. « En attendant, si elles favorisent une relance, c’est celle de la spéculation financière à défaut de celle de l’économie. »

    C’est poker à combien autour la table?
    Des chiffres!, Des chiffres!!

  20. C’est l’effet cavalerie en économie. La Grèce très celèbre en ce moment , a en réalité connu de très nombreuses failltes étatique :

    La cavalerie

    Citation
    « La cavalerie est un processus financier où de nouveaux emprunts servent sans cesse à rembourser les emprunts antérieurs »

    « la chute sera retardée mais n’en sera que plus brutale. »

    Et c’est hyperinflation qui devrait être la résultante des nombreuses créations monétaires des différents organismes comme la banque d’Angleterre ou la FED. C’est une véritable catastrophe économique qui se chiffrent en milliards pour un simple achat d’un euro actuel.

    Les multinationales étaient ,sont et seront les grandes gagnantes des crises économiques, si l’Etat est en faillite, les multinatinales se battront pour prendre des marchés pourtant banals dans la vie courante pour les citoyens.

    L’OMC est lieu de négociation pour les multinationales pour faire face aux crises (mais pas pour eux), a contrario des citoyens qui feront des sacrifices (ce qui ne devrait pas être le cas) sans avoir réaliser aucun emprunt, et n’irait jamais jusqu’à une cavalerie pour la stabilité de la communauté..

  21. F. Hollande a dit hier soir qu’il refuserai que la BCE prête aux banques à 1% pour que celles-ci prêtent ensuite aux Etats à 3-5%, voire davantage en fonction des aléas du marché.

    Or ceci me pose le problème de la moralité de la dette, à savoir, est-ce bien légitime que des enfants naissent dans un pays où ils héritent d’une dette qu’ils n’ont pas choisie, – on peut dire qu’ils en profitent comme tout le monde, n’empêche que la dette comme tout le reste d’ailleurs, est imposé à l’individu sans qu’il ait pu choisir, dire oui ou non.

    C’est le fait d’exploiter une nation entière, de A à Z, du plus petit jusqu’à l’ancien, du nourrisson au vieillard. 65 millions de personnes, « rentables », « rentabilisées », par, pour, les banques, créanciers, capitalistes spéculatifs, etc. Où est la souveraineté, où est le fait que selon Kant, l’individu n’est jamais un moyen mais une fin ? Ici, tout le monde n’est qu’un moyen, un élément du cheptel destiné à faire fructifier le capital.

    Je pense que la manière dont l’argent est institué actuellement est en contradiction avec l’esprit de la Constitution. Si on nait libre, par exemple, on ne doit pas naitre accablé de dettes. Ce n’est pas ça la liberté.

    1. @ Liszt
      Vous dites :
      « Je pense que la manière dont l’argent est institué actuellement est en contradiction avec l’esprit de la Constitution. Si on nait libre, par exemple, on ne doit pas naitre accablé de dettes. Ce n’est pas ça la liberté. »

      Alors, nous ne serions pas que des payeurs d’ impôts (locaux). ?
      Nous affirmerions des valeurs ?
      Et serions prêt à les affirmer et les défendre en dépit de la loi …du marché ? Quelqu en soit le prix ?
      Mais chuuuut…
      Il ne faut pas le dire trop fort , cela fait monter le prix.

      1. Normalement on doit naitre libre en n’étant redevable qu’à la République et à ses lois, or là par l’intermédiaire de l’endettement qui passe par des marchés privés, chacun dépend d’un pouvoir privé. Ce qui est absolument contraire à l’esprit de la Constitution.

        « Libre » voulait dire libre vis-à-vis de tout pouvoir autre que celui émanent du pouvoir législatif, donc là c’est exactement le contraire, c’est une abolition du sens réel de la Constitution ! Donc c’est proprement scandaleux.

        Le pouvoir privé s’immisce absolument partout par l’intermédiaire de la Dette, dans les impôts notamment. Féodalité étendue à l’ensemble du pays. Et je serais bien content qu’un Constitutionliste me prouve le contraire ! J’aimerais bien lire ça !

        Dans le pays de Montesquieu n’est-ce pas.

        Qu’est-ce une dette sinon une contrainte, donc une réduction de la liberté ? A partir du moment où chacun d’entre nous hérite ou participe d’une dette à quelque titre que ce soit, personne ici en France, ne vit pleinement sous le régime de la liberté tel que le concevait la Constitution !

        Fort heureusement, nous avons un Conseil Constitutionnel !

      2. Les Pays-Bas commencent à bouger eux aussi, après le SPD allemand. Les chances de succès du candidat bien-nommé « Hollande » leur donneraient-elles des ailes ?

        Illégalité de l’ESM au regard de la Cour des Comptes néerlandaise :
        « Niederländischer Rechnungshof: ESM hat schwere rechtliche Mängel. Der niederländische Rechnungshof kritisiert die Intransparenz des Euro-Rettungsschirms ESM. Die mangelnde Verantwortlichkeit der Organe des ESM sei inakzeptabel. Der große Aufwand an öffentlichen Geldern sei in dieser Form nicht zu rechtfertigen. …  » [DMN 26.4.12]
        http://www.deutsche-mittelstands-nachrichten.de/2012/04/42098/

  22. Pas de chichis moralisateurs, pas de biais idéologique. Une excellente analyse factuelle du premier tour chez Olivier Berruyer: http://www.les-crises.fr/presidentielle-2012-1t-2/#comment-15440

    Résumé: Sarko le candidat des riches, des indépendants et des vieux, Hollande le candidat de la classe moyenne aisée et des fonctionnaires, Le Pen la candidate des pauvres, Mélenchon le candidat des jeunes chômeurs, Bayrou le candidat des cadres sup.

    Conclusion personnelle:
    1) sont passés au second tour les candidats du non-changement de cadre et c’est probablement ce pourquoi le gagnant se battra une fois au pouvoir.
    2) le vote « conservateur » est encore largement majoritaire face au vote « révolutionnaire », ce qui signifie que la classe moyenne française n’a pas encore été réellement touchée par la crise.

    1. @ Moi :
      « ce qui signifie que la classe moyenne française n’a pas encore été réellement touchée par la crise » : exact.
      Vigneron signalait plus haut que malgré la crise et la réaffectation des placements d’épargne au détriment des ass-vie, les placements en épargne représentent quand même 6% du RDB et 3,5% du PIB.
      Y a de la laine à tondre, encore.
      Mais toute la question est dans celle-ci : c’est quoi, la ‘classe moyenne’ ?
      Entre un cadre sup, qui se considère comme appartenant à la classe moyenne et un smicard qui échappe de justesse à la précarité, quel point commun, sinon que l’essentiel de leurs revenus proviennent de leurs salaires ?
      Pour ma part, il me semble que justement la capacité d’épargne et/ou d’investissement (actions/obligations, immobilier avec les revenus qui vont avec, héritage, …) est le point différentiateur.
      D’où ma question : qui va-t-on tondre en premier lieu, ceux de la classe moyenne qui peuvent disposer (encore) d’une partie de leur revenu et de l’affecter en épargne ou ceux qui ne peuvent pas ?
      Selon la réponse, on saura si le choix sera ‘conservateur’ (au sens de ‘conserver’ le cadre) ou au contraire déstructurant (du cadre actuel).
      Un autre choix est possible mais avec très peu de chances : que les revenus non salariaux soient effectivement imposés au même niveau, de manière progressive, que les salaires.
      J’y crois pas trop.

      1. @zébu: « Pour ma part, il me semble que justement la capacité d’épargne et/ou d’investissement (actions/obligations, immobilier avec les revenus qui vont avec, héritage, …) est le point différentiateur. »

        Oui, suis d’accord. Au niveau purement théorique, un cadre sup est tout autant salarié et donc prolétaire qu’un ouvrier. Mais au niveau revenu et donc capacité d’investissement (et donc importance de capital), c’est différent.
        En gros, si on prend les graphiques de Olivier Berruyer, la classe moyenne c’est celle qui finit les fins de mois difficilement ou facilement mais qui en gros s’en sort sans trop de mal (« difficilement » voulant dire que certains luxes y passent parfois mais rien de grave). Cela va donc de l’ouvrier qualifié qui gagne pas trop mal au cadre supérieur qui finit aisément ses fins de mois mais n’a pas un patrimoine énorme. Ouvriers qualifiés, fonctionnaires, bobos, c’est bien l’électorat du PS.

      2. Je ne vois pas comment on peut tondre les smicards.

        Cas personnel :

        j’ai 1100€ par mois.
        -loyer 689€.
        -EDF 96€.
        -Internet + tel 45€
        -assurances (voiture +appart) = 90€

        Donc il me reste 180€ pour : mettre du gazoil pour le travail ( 50-80€/mois), me nourrir ( 150-200€/mois), je passe sur le reste, parce-que je suis déjà à la cave.

        Bien entendu en fin d’année, je vais devoir payer l’eau, le surplus d’électricité, la taxe d’habitation, et toutes les merdes comme les amendes et autres….cadeaux de Noël….

        Comment voulez vous que les smicards payent quoi que ce soit. Il ne sont même pas capable de consommer.
        (Je suis pour un smic à 1400€ net.)

      3. Zeb, t’as toujours pas lu la note OFCE de Sterdyniak sur l’imposition du revenu et du capital des ménages ?
        Voilà la synthèse qu’il en fait (t’y trouveras un lien vers la note) :
        http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=1494
        Trouve toi aussi le tableau CN15.PDF de la révolution fiscale de Piketty, pour l’état des lieux des différents revenus fi en question. Les totaux – entre celui des seuls dividendes et intérêts effectivement versés et celui de tous les revenus du capital, versés ou pas (i.e plus-values, IS, bénéfices non distribués) – varient entre 8 et 12,5% du Pib, soit, grosso-merdo, entre 160 et 250 milliards…

      4. @zébu: « qui va-t-on tondre en premier lieu, ceux de la classe moyenne qui peuvent disposer (encore) d’une partie de leur revenu et de l’affecter en épargne ou ceux qui ne peuvent pas ? »

        Bordel, désolé, l’important m’avait échappé. Ce que c’est de pas avoir le temps…
        Effectivement, c’est la bonne question. Et mon avis est que ce sont les plus faibles qui vont évidemment trinquer en premier, c’est-à-dire d’abord ceux qui n’ont pas de marge pour l’épargne. Peu importe que ce soit Hollande ou Sarko. Avec Sarko, ça sera clair mais avec Hollande ça se fera aussi quoiqu’indirectement. Par exemple en rognant sur les aides de l’Etat ou en augmentant la TVA, etc, à ces ménages qui sont sur la corde raide et qui vont devoir se passer définitivement de certains luxes (comme les départs en vacances, les restos ou les jouets des gamins). A la limite, la classe moyenne du haut du panier, celle qui a du fric en surplus, ne s’en portera peut-être pas plus mal.

      5. en augmentant la TVA, etc, à ces ménages qui sont sur la corde raide et qui vont devoir se passer définitivement de certains luxes (comme les départs en vacances […]

        Eh bé monsieur Moi ! on est pas au courant que la moitié déjà des français ne partent pas en vacances (i.e ≥ à 4 nuits consécutives), dont la moitié encore pour raison strictement financière ?
        Quant à « la TVA, etc » de Hollande, no comment… fallait regarder la télé…
        http://www.inegalites.fr/spip.php?article1464&id_mot=42

      6. @ Moi, Noux et Vigneron :
        Donc on est bien d’accord : on peut pas raser un oeuf, surtout si on refuse d’augmenter la TVA (cf. Hollande lors du débat).
        Pain de mie et Pince moi (je rêve, mes intérêts d’épargne sont défiscalisés) sont dans un bateau. Pain de mie est vraiment trop sec pour être tondu. Reste Pince moi …
        Hollande, l’a pas parlé de fiscaliser au même niveau des salaires les revenus financiers ?

        Bon, Pince moi (je rêve).

      7. @vigneron: tiré de ton lien: « 52 % ne partent pas en vacances pour des raisons financières »

        48% qui ont les moyens de partir mais partent pas, ça laisse de la laine à tondre comme dit le zébu… Je leur fais confiance sur ce point, ils trouveront le moyen, TVA ou pas.

      8. Moi nous dit :

        A la limite, la classe moyenne du haut du panier, celle qui a du fric en surplus, ne s’en portera peut-être pas plus mal.

        Pour sur, y aura, moins de bouchons sur les routes, plus de places sur les plages et en classe ECO !

    2. L’actuaire de Bourges est décidément plus doué pour les chiffres, courbes et histogrammes que pour les synthèses et nuances…
      Conseil : mater les images – après s’être assuré de leurs sources – et ignorer les trucs intercalés (i.e le texte).

      1. Noux,
        Donc tu confirmes: le seul problème c’est bien le loyer. Apprends l’allemand et tire-toi en Allemagne ou en Belgique (sauf Bxl), et tu trouveras un logement pour 200 euros par mois.

        Les autres,
        Pourriez-vous m’éclairer? Qui appelez-vous les « immigrés » exactement? Et de qui Sarkozy et Marine parlent-ils (suivis par les journalistes, qui n’ont plus que cette question à la bouche): ceux qui sont nés dans des départements français? ceux qui sont français depuis 1 ou 2 générations? ceux qui n’ont pas de papiers? Ah mais comment reconnaissez-vous ces derniers et comment certains peuvent-ils juger qu’ils sont ‘trop nombreux’? Ca m’inquiète tout ça….

      2. @ Jeanne

        On peut retourner le problème à l’envers.
        Le seul problème c’est le salaire.

        Bosser une heure pour 7€ net, quand la valeur ajoutée de mon travail est de 30 pour l’entreprise.

        Après c’est sûr que payer 700 € pour 65 m², y a un problème quelque part. Mais tout est relatif, donc le seul problème au final c’est : vie chère et pouvoir d’achat ridicule.

        Apprendre l’Allemand?
        J’ai rien contre cette langue, mais en tant que frontalier, j’en ai bouffé, et c’est jamais rentré. J’en ai fait pendant 6 ans pourtant, mais ça ne rentre pas, je sais pas, il faut un cerveau adéquat pour cela.
        J’ai un peu « squaté » à Berlin, c’est sûr que ça donne envie.
        Nan, je suis né ici en Alsace et je vois pas pourquoi je devrais bouger parce-que des connards raflent la mise. Je préfère descendre dans la rue plutôt que de fuir. Et puis si vraiment un jour je dois partir, ce sera loin, très loin, pas en Allemagne ( au soleiiiil 🙂 ).

      3. @ Roma,

        Je ne pense pas que cela soit très adapté…
        Je ne suis pas du genre à voter Lepen ou Sarkozy.
        Je ne suis pas de ceux qui veulent rétablir les frontières.
        J’en suis à mon 10ieme déménagement, j’ai navigué bien loin, travaillé ici et là.
        Faites vous parti de ces gens croyants en leur intuition alors qu’elle n’est qu’égocentrisme.
        Faites vous parti de ces gens qui jugent en un instant, un problème si complexe, que seul un résumé leur en est perceptible?
        Fuyez-vous au premier problème? êtes vous lâche?
        Vous deviez certainement être de ceux qui à l’école, étaient les premiers à critiquer vos camarades car il ne collaient pas aux normes, un joyeux lèche cul de sa chère maîtresse?
        J’en connais des comme vous, vivant dans l’opulence, à la critique facile et au dédain d’autrui, qui se croient supérieur car héritiers aussi.

  23. à Lisztfr

    C’est une piste très intéressante du raisonnement que vous avez évoqué. Les citoyens sont ceux qui accumulent les dettes non choisies. Pourtant en France, lorsq’une personne décède les enfants n’ont pas à supporter les dettes du défunt.

    Les dettes sont alors annulées sinon les enfants ne peuvent en aucun cas supporter des dettes que eux mêmes n’ont pas contractés. Il en est de même pour les Etats, certains voient leurs niveaux de vie regresser, cassage des services publics, dérégulations des droits au travail et social, baisse drastique des aides…alors qu’ils n’ont jamais voulu s’endetter sans penser à l’avenir.

    Il faut aussi accepter que des emprunts à des taux bien trop élevés pour être rembourser (déjà à l’époque de la sgnature du prêt) doivent être annuler. C’est de l’escroquerie au détriment des citoyens.

  24. le système est dorénavant sous une assistance dont il ne peut plus se passer

    Et dire que l’on a un président qui est contre l’assistanat…

  25. taxer les loyers implicites revient à demander aux propriétaires privés d’emettre de la monnaie publique ….

    c’est marrant c’est comme l’electricité produite individuellement ,qui est rachetée c’est finalement toujours une boite privée -banque ou edf privatisé – qui en profte et au final c’est toujours plus de désengagement étatique …

    pourquoi les banques centrales ne peuvent pas de nouveau ré-émettre des liquidités ?? ça éviterait les taxations récursives non redistributrices !

  26. Si les banques centrales se mettaient à émettre des SMT, c’en serait fini avec la crise de la dette en quelques mois!

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