L'actualité de la crise : MAUVAISE POLITIQUE EN GUISE DE BONNE ÉCONOMIE, par François Leclerc

Billet invité.

Faute de grives, on mange des merles ! Une opération de relations publiques se prépare sous les auspices d’Angela Merkel et de Mario Monti. Elle s’appuie sur l’adoption et la ratification simultanée par les deux pays et avant l’été d’un « agenda de croissance » et du pacte budgétaire déjà décidé et sans aucun changement. Il s’agit de couper court aux discussions qui montent, et de prévenir les conséquences de l’élection éventuelle de François Hollande. Faute de faire de la bonne économie, on s’efforce de faire de la politique !

La Banque européenne d’investissement serait au coeur d’un dispositif annoncé pour mobiliser 200 milliards d’euros, qu’il ne serait pas désagréable de voir qualifié de plan Marshall. Ne faisant preuve d’aucune originalité en la matière, les déjà très sollicités secteurs des énergies renouvelables et des hautes technologies seraient appelés à en bénéficier, avec un impact sur l’emploi que l’on pressent maigre.

Il n’est pas exclu que Mario Monti puisse avoir obtenu des compensations, à propos desquelles il est prématuré de spéculer, car ce plan va être de toute façon bousculé. La BCE et le FMI ne sonnent pas le tocsin, mais le cœur y est : les deux institutions pour une fois d’accord réclament qu’un verrou saute et que les banques espagnoles puissent être aidées directement par le Mécanisme européen de stabilité (MES), afin de briser la boucle de rétroaction entre les banques et l’État. Fort à propos, Standard & Poor’s vient de dégrader les banques espagnoles après en avoir fait autant la semaine dernière de l’État.

En refusant cet assouplissement, le gouvernement allemand précipite la crise espagnole et la nécessité de lui tailler un plan de sauvetage à son tour. Une perspective à laquelle Mariano Rajoy tente d’échapper, n’ignorant pas ce qu’elle signifie : on ne se relève pas de cette proposition que l’on ne peut pas refuser. S’il en fallait une illustration, il faut cette fois-ci la chercher du côté de l’Irlande. La BCE vient à nouveau de fermer la porte à toute renégociation portant sur les billets à ordre signés par le gouvernement afin de financer le sauvetage de l’Anglo Irish Bank…

Mariano Rajoy tente de se faufiler entre tous les écueils en créant une bad bank à l’Irlandaise (on pourrait aussi dire à l’Allemande). Mais comment éviter que le sauvetage des banques espagnoles ne fasse exploser les finances publiques ? En inventant un mécanisme financier destiné à faire croire qu’elles ne le supporteront pas ! Ce n’est plus avec un balai sous le tapis mais avec un aspirateur de haute technologie que les actifs toxiques vont être planqués…

La tentative d’Angela Merkel et de Mario Monti n’est pas à la hauteur des problèmes qui sont rencontrés. Mariano Rajoy va arriver avec pertes et fracas au beau milieu du dîner de gala qu’ils préparent.

36 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : MAUVAISE POLITIQUE EN GUISE DE BONNE ÉCONOMIE, par François Leclerc »

  1. C’est un peu bizarre, l’idée qu’il faut réduire les dépenses et investir de manière structurelles par opposition au déficit conjoncturel. Bref, j’ai l’impression qu’il y aune vision “Business cycles” derrière qui est un peu déformée. C’est comme si il réformait et relancait dans le long terme car le court terme, c’est exogène, un peu comme la main de dieu.

    Du coup, j’ai un peu peur que leurs superinfrastructures ne fassent pas vraiment de relance d’ampleur escompté (meme si toujorus bien) s’il s’agit juste de faire quelque gros trucs. La pompe du système bancaire et du crédit est définitivement bloquée : il y a surproduction, et surcapacité.

    Passons de l’optimisation à l’organisation : et vite!

  2. Nous n’aurons droit qu’à la première partie du show : ce sont le pacte budgétaire et le MES qui seraient finalement adoptés simultanément par les parlements des deux pays, tandis que “l’agenda de croissance” va demander un peu plus de temps pour sa mise au point…

  3. La MESse est dite.
    Au delà des tours de passe-passe comptable, des garanties à effet de leviers et des roulement de dette et des opérations de communication je ne vois aucun signe d’activité intelligente au niveau des dirigeants mais notez que cette stratégie a très bien fonctionné avec Tchernobyl
    et Fukushima, les dettes c’est comme les déchets radioactifs et la contamination : ça n’a pas d’odeur et on peut peut cacher les chiffres autant qu’on veut
    Bon ça fait un peu de bruit quand la bourse dégringole ou qu’une centrale pète mais après il suffit de museler la presse de dire que la situation est sous contrôle , de bidouiller les chiffres et c’est reparti…Dire qu’il faut changer radicalement le système ça équivaut a avouer que la situation est hors de contrôle a Fukushima et qu’il vaudrait mieux renoncer définitivement au nucléaire et faire appel a toutes les bonnes volontés au niveau mondial pour démanteler l’existant
    On en est loin très très loin….mais remarquez à Tchernobyl 26 ans plus tard on change de sarcophage et on laisse crever les riverains et ça se passe très bien donc pourquoi remettre quoi que ce soit en question? Cela dit dans la logique capitaliste on se demande bien comment on va financer la construction des futurs sarcophages vu que c’est un puits sans fond et que ce n’est pas rentable, idem pour Fukushima le problème de la dette publique risque d’être confronté a la même problématique très rapidement

    1. à Tchernobyl 26 ans plus tard on change de sarcophage

      A Fukushima c’est trois ou quatre sarcophages qu’il faudra, à moins que des tumulus soient plus appropriés puisqu’en plus des tempêtes il faut anticiper les tremblements de terre et les raz de marée.

      Ce n’est plus avec un balai sous le tapis mais avec un aspirateur de haute technologie que les actifs toxiques vont être planqués…

      A Fukushima ce qui est toxique est radioactif: les coups de balais n’arrangent rien, le tapis (de plomb) devrait couvrir un grand nombre de km² et au train où vont les choses la mise au point des aspirateurs de haute technologie risque bien de nécessiter encore quelques siècles.

      Ça fait pas très sérieux tous ces bricolages qui, même s’ils se chiffrent en milliards, montrent que “nos élites” sont dépassées par des situations qu’elles n’ont pas voulu voir venir et qu’elles n’arrivent que de plus en plus difficilement à faire semblant de “contrôler”.

      Areva (détenu à 80% par l’Etat) ayant proposé au Japon de retraiter son combustible irradié, dire que j’espère bien que M. Hollande va proposer d’enterrer les déchets qui en seront extraits en Corrèze est-il seulement bête et méchant ?

      1. des sarcophages en forme de dôme pour couvrir
        mais il faudrait aussi en forme de cuvette, pour contenir les coriums,
        quoique, on ne sait pas où ils sont passé ceux là !

      2. à GL: question subsidiaire :
        on change de sarcophage…5 ans plus tard, alors, la France ressemblant à plus d’un titre à Fukushima, lequel des 2 ré (acteurs)- politiques- incontrôlés, va-t-on le 6 mai, ensevelir sous un second sarkophage (lol) ?.

    1. Berruyer a plus rien à dire ou dessiner ou quoi ? tout ça était sorti un peu partout l’an dernier et ressort régulièrement depuis. Qu’est ce qu’il nous ressert ça (le papier de Dan Israel de début décembre sur ASI) maintenant le Berruyer ? Et les chiffres additionnant les prêts successifs ne veulent pas dire grand chose. Que sans ce tsunami de liquidité direct Fed(express ! ) – plus des autres BC – toutes les banques de ce beau monde étaient au tapis ? Tu parles d’une info…
      Et je me marre quand il cite seulement Atlantico et Slate comme ayant été les seuls organes à avoir relayé Bloomberg sur le coup…
      Alors Stewart et son Daily show, ok, très bien, on se marre, mais pour l’info…
      Ah ouais, justement, un extrait de la reprise par Atlantico et que cite Berruyer (via ASI via Israel) ici :

      […] L’article estime le gain sur deux ans à environ 13 milliards de dollars pour 190 banques, et à 4,8 milliards pour les six plus grosses banques, soit un quart de leurs profits totaux.Le blog économique du  New York Times  juge que cette estimation est surévaluée, et préfère souligner que sans les prêts secrets la plupart des banques se seraient effondrées…

      1. @ Vigneron

        Vous le saviez peut-être, mais pour pas mal d’entre nous sur ce blog, on découvre ou on redécouvre.

        Et puis ça ne fait pas de mal de se rafraîchir la mémoire. Comme il en tombe tous les jours, de ce genre de nouvelles…

      2. @vigneron , si vous regardiez plutot dans le camp d’en face ,cela ne serait pas plus intelligent?

      3. Telquel, je sais pas trop dans quel camp est notre actuaire graphiquomane, mais en revanche que son blog se retrouve premier du classement wikio grâce (pas seulement certes mais aussi) à ce genre de billet putassier, poussif et de troisième main, à ses interventions chez les “experts” de Bfm ou encore à la reprise de ses “expertises” par le flux mainstream des Echos ou de La Tribune (sans parler des sites goldeux ou ultra dretteux), ouais, là je dis (fort) bofbof, voire carrément pas glop pas glop. J’ai pas le droit ?
        Je ne doute pas que certains (comme des chris 06 ou des yoananda) sauront me traiter de petit jorionophile mesquin, je m’en bats les gonades.
        http://www.les-crises.fr/1er-blog-economique/

  4. “les déjà très sollicités secteurs des énergies renouvelables et des hautes technologies seraient appelés à en bénéficier, avec un impact sur l’emploi que l’on pressent maigre.”

    En doublant l’isolation des bâtiments, il y aurait de quoi créer pas mal d’emplois, pas besoin de technologies révolutionnaires pour ça, seulement de la main d’oeuvre. C’est ce qui se fait de plus en plus en Allemagne, de quoi réduire sérieusement la facture énergétique.

    1. Comme déjà écrit derrière le billet précédent :

      A propos des « grands travaux » : on considère légitime d’emprunter ou de faire marcher la planche à billets pour investir. Fort bien, mais encore faut-il que l’investissement soit assez rentable pour rembourser un jour ! Or on nous ressort les habituelles « énergies renouvelables » (comprendre éolien et photovoltaïque) qui ne sont pas près de l’être, et vont donc contribuer à creuser le trou (lire p. ex. http://www.sauvonsleclimat.org/etudeshtml/intermittence-et-foisonnement/35-fparticles/1161-intermittence-et-foisonnement.html).

      La rénovation du bâti ancien aurait une toute autre efficacité. Pas assez fun, sans doute, et l’artisanat de l’isolation ne doit pas avoir de lobby.

      1. c’est quoi la rentabilité pour vous?
        surtout dans le cas que vous citez (l’énergie)
        a-t-on le choix?
        a moins que vouliez persister dans le nucléaire (qui lui serait rentable????)

      2. Il y a aussi les chauffe eau solaires, pas bien sorcier et efficace surtout dans les pays du sud, permettant de chauffer un logement.

      3. Le blocage vient du mode de financement de ces installations isolantes, doubles vitrages aussi, et solaires. Plutôt que de demander au propriétaire de les financer, ce serait des entreprises qui le feraient et en seraient donc les propriétaires, donc les entretenant, en contre partie d’une forme d’abonnement payé par l’habitant, propriétaire ou locataire. Avec au bout d’un nombre d’années la possibilité de céder l’installation au propriétaire qui le souhaite, selon une décote d’usure et d’amortissement.

        De tels projets financés et suivis par l’Europe et non pas par les pays, avec tous les risques de pot de vin, permettraient de court-circuiter les mafias locales politiciennes.

        Plutôt que de bruler du pétrole pour chauffer des bâtiments passoires, mieux vaut l’utiliser pour faire du ravalement de façade avec de la laine de verre ou du polystyrène isolant de 50 cm d’épaisseur en couche externe recouverte de plaques et/ou crépis.

        “l’artisanat de l’isolation ne doit pas avoir de lobby”
        Ce que je vois ici, c’est que ce ne sont pas des artisans qui font ce travail mais des entreprises assez importantes associant des capacités techniques, de gestion, de formation, de recherche, d’achat et architecturales, de façon à ce que le bâtiment rénové ne soit pas plus moche mais plus élégant, l’utile et l’agréable…

      4. A fnur : je vois que nous sommes d’accord sur le principe. 2 questions se posent tout de même : pourquoi cette insistance sur les EnR plutôt que sur les économies d’énergie, et que peut-on faire, ou qu’est-ce qui pourrait faire que ça change ?

        1ère question : je soupçonne lobbying, corruption, incompétence et flemme (ou manque de temps pour étudier la question), voire manque de courage des décideurs à tous les niveaux (cf http://www.manicore.com/documentation/articles/orphelins_echos.html).

        2ème question : je crains que seul un échec catastrophique (coupures de courant fréquentes aux pires moments, envol des émissions européennes de GES) parvienne à imposer un changement de politique, dans pas mal d’années.

      5. Cassandre

        Il y a en France un fort lobbying éolien qui pousse à en installer un peu partout au détriment du bon sens et du souhait des riverains qui en subissent les nuisances. En Allemagne, ça se passe très différemment, elles sont installées dans des zones peu habitées et les plus ventées. Dans le sud, pour préserver le patrimoine touristique et du fait qu’il y a peu de vent, il y a peu d’éoliennes, sans compter que les riverains sont consultés.

        UE ou pas, il y aurait pu, à l’instar d’Airbus, être constitué un plan énergétique incluant divers pays du sud et du nord, économies d’énergie et recherches sur de nouvelles sources. Au lieu de cela, que de temps perdu avec cette construction bureaucratique de l’UE et de l’Euro.

        Je pense que les pays européens en s’attelant à des coopérations concrètes de ce type auraient bien mieux collaboré que ce qu’on voit actuellement.

  5. L’Italie léchant les bottes de l’Allemagne… ça me rappelle une sale période… et l’Espagne qui se (dé) bat dans son coin, quelques mois avant les autres…

    Ne faudrait-il pas préciser aussi qu’un « agenda de croissance », dans la bouche d’A. Merkel, ça ne veut pas forcément dire la même chose que dans la bouche d’un Hollande par exemple…?

    Je pose la question…

    1. Ce sera un agenda de croissance sans hormones de croissance. Un plan de nains fait par des nains!
      Avec Merkel, vive la nano-croissance!
      Quant à Monti, il écoute la voix de son maître, Goldman Sachs.

    2. @Al
      Ah bon, vous avez compris ce que ça voulait dire dans la bouche de Hollande “l’agenda de croissance” ?, le sait il lui-même ?

      Ce ne sont que des mots creux pour donner un peu d’espoir, ou plus trivialement, pour être élu.

      Rien que pour la France, il y 2 ans on parlait d’un grand emprunt d’un montant possible de 100 Mds d’Euros, on a terminé à 25 (ou 35 Mds d’€) et pendant la campagne électorale, j’en ai pas entendu un mot, qu’à t’on fait de ces 35 Mds , Mystère. De plus, que sont 35 Mds par rapport à la dette globale , peanuts.

      Paroles, Paroles, paroles.

      1. Je ne m’occupe jamais d’histoire d’argent, je laisse ça à mon secrétaire… Moi, j’évoquais le volet “droit du travail” que certains comptent bien… comment dire?… “revisiter” à leur manière… Alors qu’il est vrai que pour d’autres, « l’agenda de croissance » évoquerait plutôt l’ouverture de grands chantiers européens…
        Quant à F.Hollande, je ne suis pas dans sa tête, vous savez…?

      2. hema

        Si si Sarko en a parlé dans un des débats, je ne sais plus lequel.
        Quelques infos sur Libé. Ca va faire plaisir à vigneron, le truc était géré par Rocard et Juppé. (pour Rocard, pas pour Juppé !) 😉
        Au total : 800 projets sélectionnés. D’après Ricol cela devrait générer 85 milliards d’investissements. Mais bon, y’a pas non plus de quoi faire le fanfaron, c’est le minimum syndical pouf un gouvernement que de préparer l’avenir. On se demande pourquoi il a fallu attendre la crise pour s’en préoccuper, un ……peu.
        Deux ans après le grand emprunt fait ses comptes

  6. Ils ne vont pas nous foutre tranquille non ?

    J’ai l’impression de voir des mules à qui on a mis des œillères.

    Plus ils s’obstinent, plus les extrêmes vont se renforcer pour faire contre poids.

    On n’a pas le c.. sorti des ronces !

  7. Rajoy risque d’arriver en retard, du moins après la Grèce.
    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/europe/221146309/elections-legislatives-grecques-devraient-avaliser-a
    Election législative le 6 mai.
    77% des grecs souhaitent rester dans l’euro, ce qui n’implique pas de rester dans la spirale infernale dettes > nouvelles mesures d’austérité > récession > déficit > nouvelles mesures d’austérité, etc.
    Oui je sais, l’élection grecque tombe mal par rapport au calendrier français, mais il ne faut pas perdre de vue ce qui se passe là-bas.

  8. En refusant cet assouplissement, le gouvernement allemand précipite la crise espagnole et la nécessité de lui tailler un plan de sauvetage à son tour.

    Ils ne vont pas nous foutre tranquille non ?

    J’ai l’impression de voir des mules à qui on a mis des œillères.

    Plus ils s’obstinent, plus les extrêmes vont se renforcer pour faire contre poids.

    On n’a pas le c.. sorti des ronces !

    les déjà très sollicités secteurs des énergies renouvelables et des hautes technologies seraient appelés à en bénéficier, avec un impact sur l’emploi que l’on pressent maigre.

    Euh, d’accord, mais grâce à ça on pourrait agir au moins sur le problème des énergies fossiles.
    Si on y rajoute un début de regard sur la pauvreté avec le “grenelle” de François Chérèque, je pense qu’on retrouve le bon cap.

    Après, faudra voir comment tout cela est financé bien sûr, mais si ce n’est pas de la poudre aux yeux, ma foi, “à cheval donné on regarde pas les dents”. eh oui on en est là !

    1. Le problème c’est que le cheval n’est pas donné mais prêté… heu, non! plutôt loué.
      Quitte à emprunter autant le faire pour du vrai efficace, non?
      Alors optons pour la rénovation du bâti et soyons imaginatifs pour développer des vrais solutions.

  9. Besoin de croissance ?
    Avec le parti dit socialiste, une réponse : construire des ayrault-port.

  10. C’est vraiment le bordel la dette en zone euro, zone qui sert pour l’instant de pare-feu à bon nombre de pays de l’OCDE, Etats-Unis en tête.

    L’austérité mène dans le mur, position qui jusqu’à il y a quelques mois était jugée fantaisiste : « y’a trop de dépenses ! Il faut diminuer les dépenses pour rembourser la dette ! ».

    Ce consensus simpliste commence à voler en éclat, au profit d’une approche « croissance », parce qu’il faut de la croissance pour rembourser la dette !
    Oui oui, enfin il faut de la croissance pour maquiller la mariée en améliorant le stupide ratio DETTE/PIB… car il n’est pas évident de faire un lien direct entre « croissance » et « recette », donc entre croissance et « déficit », donc croissance avec « désendettement ».
    Sans oublier que la croissance stimulée par la BEI, c’est de la dette en plus.

    Croissance nécessaire, mais pas suffisante… compte tenu de l’ampleur des dettes (et donc des intérêts de ces dettes).

    J’ai beau tourner les chiffres dans tous les sens avec des hypothèses archi optimistes, la dette ne sera jamais remboursée, ou alors au prix de décennies d’effort… pourquoi ? pour qui ?

    Pourquoi rembourser ?
    Partons du principe que cette affaire de dette est derrière nous. Va-t-on se relancer dans le même système de production ? Je nous sens bien reparti pour un nouveau tour de manège, c’est à celui qui amassera le plus sur le dos des autres. Et aux mêmes causes, les mêmes effets…
    Cette probabilité est d’autant plus forte si les contribuables se saignent pour rembourser cette dette… « C’est formidable, le système se régule à merveille ! »

    Rembourser qui ?
    Il est vraiment temps de lancer un moratoire sur la dette (française, européenne, mondiale…), pour savoir exactement qui détient combien de dette.
    Ce n’est qu’en ce prêtant à cet exercice qu’une prise de conscience générale permettra une remise en cause du système global.
    Le FMI donne chaque année quelques informations à ce sujet, mais beaucoup trop vagues.
    Quel montant de dette est détenu par les contribuables ?
    Quel montant de dette est détenu par les caisses de retraites publiques ?
    Quel montant de dette est détenu par l’épargne privée
    Quel montant de dette est détenu par les banques & assurances pour compte propre ?
    Quel montant de dette est détenu par d’éventuels Hedge Fonds ?
    [… ajouter ici toute autre idée …]

    Je fais le pari qu’à la lecture d’une liste exhaustive, le citoyen se posera la question de savoir si cela vaut bien la peine de trimer pour rembourser certains détenteurs…
    On fera donc un premier pas vers la seule stratégie crédible de sortie de crise : le défaut, et sans condition, oui Monsieur.

    Cet exercice aura la vertu d’impliquer directement les citoyens, actuellement noyés dans un système qui cache les solutions simples derrière une extrême complexité, symptôme de son idéologie néo-libérale.
    Les citoyens sont inévitablement TOUS, d’une façon ou d’une autre, présents dans cette liste de détenteurs. TOUS souhaitent être préservés des conséquences d’un éventuel défaut. TOUS vont donc suer à la lecture de cette liste, et TOUS se sentirons concernés par la question de la dette…

    La seule solution pour sortir de cette spirale sans fin, c’est un défaut sélectifs de chacun des pays pour retrouver des marges de manœuvres.
    Très simple en théorie, beaucoup plus sportif à mettre en pratique politiquement… Et bien que les politiques fassent donc de la politique au lieu de perdre du temps à chercher en des solutions au problème insoluble du remboursement de la dette.

    Dans la foulé de cette ardoise historique, il sera indispensable de penser un nouveau système de production qui tend à être équilibré et qui respecte la liberté de chacun.
    Je n’ai pas le moindre début d’idée à ce sujet, mais je me dis que l’on arrive à envoyer des hommes sur la lune… on devrait bien réussir à trouver le moyen de vivre ensemble ici. Et puis je sais que certains sont sur le coup ici 😉

    Ma crainte étant qu’on tarde à se poser les vraies questions… l’histoire montre ou cela peut nous mener 🙁

  11. Ce pacte budgétaire qui devrait être signé lors d’une touchante cérémonie officielle par Merkel et Monti, parlons -en !
    il va permettre aux parrains de la pègre financière internationale, dont les hommes de main opèrent à Bruxelles (UE), Francfort (BCE) et Washington (FMI), d’utiliser le racket et le chantage à la dette pour prendre en otage des peuples entiers, afin de faire payer aux salariés, aux retraités et aux malades le fiasco de leurs créances pourries, de leurs emprunts toxiques, bref de leur banqueroute frauduleuse!

  12. bonsoir
    merci pour l’article

    moi je me rappelle aussi 2000/2006 où on me disait que j’étais naze de ne pas emprunter pour me loger, les gens rêvent tous d’être propriétaires …
    et nos banquiers qui ont pris du subprime, et les gens qui consomment à crédit pour leurs vacances ne sont responsables de rien du tout – c’est la masse entière qui a aussi une petite part de responsabilité – consommons moins pour voir, mais non, on court aussi et après on pleure …

    ils gèrent mal depuis 40 ans mais on le vaut bien, faut être réaliste

    comme en 39/40 on vit d’espoir et on écoute la tsf puissance 1000, ca promet

    potagers prairies puits et forêts, cheval de trait et cariole Ingall’s, ça me dérange pas moi, et vous ?

    TV et médias + pub et formatage, tant qu’ils seront là pour vendre la surproduction, et que les gens suivent lobotomisés,je vois pas de solution, big brother se pointe – tout le monde se plaint et les Mac do désemplissent pas, des parcs d’attractions, des jeux et des loisirs … perette a cassé son pot il y a belle lurette, et l’a troqué contre une caméra … de surveillance

  13. “En refusant cet assouplissement, le gouvernement allemand précipite la crise espagnole”

    N’est-ce pas l’objectif ?…Couper les branches pourries pour garder l’euro fort, les panzers immaculés et la BCE dans son splendide isolement ?
    Par ailleurs, voir Rajoy renverser la table ce serait oublier que ce type fait partie des réacs parmi les réacs, un mélange brun de catho, d’ultra-libéral et d’élitiste, fils spirituel d’Aznar. Bref, il est raccord avec la race supérieure qui dirige l’UE.

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