CE QUI DÉRANGE EST LE PLUS INTÉRESSANT, par François Leclerc

Billet invité

Ce qui m’a le plus frappé, lors de mon arrivée à São Paulo, c’est de ne pas trouver dans les journaux dans lesquels je me suis précipité le reflet de ce que j’ai alors découvert autour de moi. « O Globo », « A Folha  de São Paulo » sont certes de bons quotidiens, mais il ne traitent que d’une seule actualité : celle d’une partie restreinte, ordonnée selon les meilleurs usages, du monde avec lequel j’ai commencé à faire connaissance. Comme s’ils se contentaient ainsi d’accomplir le tour de la société brésilienne et que le reste n’existait pas ; qu’il n’avait pas droit de cité, au sens le plus littéral du terme (ou alors dans de rares occasions, la plupart du temps sur le mode de la criminalisation).

Quelle est donc la partie manquante ? Celle que l’on ne peut pas cerner avec des concepts destinés à décrire la modernité, ce rêve qui ne se concrétise que pour d’heureux élus, certes nombreux. Il est vrai que la science économique occidentale enseignée dans les meilleures universités, dont l’USP (prononcer ouspi) ne permet pas de voir au-delà. Dans la patrie de Celso Furtado, l’un des grands économistes du développement, son apport est tout simplement oublié. Pourquoi ? parce qu’il est dérangeant, il perturbe le rêve, ne correspondant pas à la vision d’une société dans laquelle veulent à tout prix se reconnaître ceux qui ont accédé à ses bienfaits, faisant semblant de croire ou croyant vraiment que, petit à petit, grâce à l’extension de ce nouveau monde béni, elle finira par tout englober.

Or ce n’est pas ainsi que les choses se passent. Des miettes de la prospérité d’en haut finissent certes toujours par tomber, mais ce ne sont que des miettes. Cela permet de proclamer que la pauvreté – dont on sait les difficultés à la mesurer – recule tout en dissimulant que les inégalités s’accroissent…

J’ai vite retrouvé cette cécité des médias dans la vie courante, moi qui n’en souffrait pas mais en était dérangé chez les autres. Percevant chez ceux que je fréquentais comment ils se protégeaient d’un environnement souvent dramatique en ne le voyant tout simplement pas. Un souvenir parmi beaucoup, cet ami d’ami qui habite un luxueux immeuble surplombant une marée de taudis ouvrant pour moi les porte-fenêtres de son salon pour s’extasier sur la vue, avec pour horizon une ville chaotique semblant sans limites sous un ciel plombé concentrant toutes les pollutions…

Car le plus étonnant, ce ne sont pas les mesures de protection omniprésentes et à la longue pensantes sécurisant l’accès aux maisons et immeubles – grilles élevées et clôtures électrifiées, zeladores (vigiles) présents 24 heures sur 24, caméras de surveillance et senseurs, etc… – mais la constatation troublante que les mieux nantis peuvent se protéger (mal) de la violence ambiante mais pas d’une pollution souvent suffocante. N’y pouvant rien, ils l’ignorent ! C’est donc sinon un art de vivre, un mode de vie dont j’ai fait l’apprentissage.

Les « condominios fechados » (résidences fermées) et les voitures aux vitres teintées ne sont que les symboles d’un enfermement plus radical. Les prisons sont certes surpeuplées, contrôlées à l’intérieur par ceux qui y sont incarcérés, mais les mieux lotis se sont dotés de prisons dorées pour se protéger… Ce n’est pas le moindre des paradoxes d’une société où les forces policières de l’ordre sont responsables de meurtres systématiques et à jamais impunis, qui a simultanément amnistié ceux qui ont combattu la dictature et ceux qui pratiquèrent en son nom la torture afin de protéger à jamais ces derniers. Où des milices souvent composées d’anciens policiers rançonnent les habitants des favelas de Rio, après avoir pris la place manu militari des trafiquants qui en avaient fait leurs refuges. Où la corruption est endémique au plus haut niveau et les procès, d’appel en appel, n’aboutissent jamais, les magistrats eux aussi arrosés.

Que faire d’autre dans cette vie si ce n’est fuir au plus profond de sa tête et croire en sa bonne fortune dans ce paradis des balles perdues, qui ne le sont pas pour tout le monde ! Où le commerce des vitres blindées est florissant dans des villes où interviennent des tirs avec des armes de guerre à la portée de plusieurs kilomètres et où la police tire sans discernement dans la rue ? Il vaut mieux s’inventer un petit monde et enfouir sa peur, quitte à ce qu’elle ressorte quand il y a trop-plein.

J’en ai été témoin, à la suite d’une brutale explosion de violence orchestrée par le Primeiro Comando da Capital (PCC), une organisation de nature mafieuse qui fait la loi et assure l’ordre dans les quartiers déshérités et les prisons du riche État de São Paulo. Afin d’empêcher le transfert de son chef vers une prison de haute sécurité (elle a eu gain de cause), ses membres ont mitraillé dans toute la ville les patrouilles et les postes de police. Le lendemain, la ville qui connait d’habitude un embouteillage monstre était totalement désertée, ni voitures ni piétons, tous les paulistanos restés chez eux sans s’être concertés et sans obéir à une consigne, suspendus à la télévision pour tout lien avec l’extérieur. La réalité était devenue la telenovela du jour !

C’est aussi cela, les pays émergents, dans lesquels une grande interrogation subsiste : comment cacher l’invisible pour assurer le bonheur de ceux qui y ont droit ?

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44 réflexions au sujet de « CE QUI DÉRANGE EST LE PLUS INTÉRESSANT, par François Leclerc »

  1. « J’en ai été témoin, à la suite d’une brutale explosion de violence orchestrée par le Primeiro Comando da Capital (PCC), une organisation de nature mafieuse qui fait la loi et assure l’ordre dans les quartiers déshérités et les prisons du riche État de São Paulo. Afin d’empêcher le transfert de son chef vers une prison de haute sécurité (elle a eu gain de cause), ses membres ont mitraillé dans toute la ville les patrouilles et les postes de police. »

    Ce serait intéressant, je pense, afin de rechercher de possibles universels dans les causes et les conséquences de la ghettoïsation d’une population quelle qu’elle soit, d’étudier les similitudes entre la formation des favelas au Brésil et celle des banlieues françaises. La population des favelas peut aussi être considérée d’origine migratoire bien qu’interne ( elle vient de l’immigration des habitants du très déprimé Nordeste fuyant la misère et l’oppression exercée par toutes sortes de caciques depuis des siècles ) et la politisation, très sommaire donc d’autant plus dangereuse, des criminels de droit commun provient de l’époque où ils côtoyèrent, en prison, les individus considérés comme subversifs et dangereux pour l’ordre établi par la dictature. Deux facteurs que l’on retrouve, bien que beaucoup plus diffus donc moins évidents, dans le processus de formation de la délinquance des banlieues françaises, toutes proportions gardées entre les régimes de gouvernement et les idéologies en présence, bien entendu. Il y a aussi les phénomènes culturels associés, musique et sport comme seules alternatives au sentiment de pouvoir que donnent les armes, la tentation de l’autodéfense, le manichéisme de l’opinion publique qui cherche qui sont les bons et les méchants, etc…
    Une bonne manière de percevoir tout cela est une séance de cinéma brésilien : d’abord Cidade de Deus ensuite Tropa de Elite. Les bandes sonores qui s’affrontent… tout un poème.

    1. Les hommes sont confrontés à la violence du Sacré ! Il s’agit de l’Épreuve ultime. Le Feu intérieur longtemps manipulé par les « Connaissants » de l’Elite à des fins égoïstes voire de survie, s’ expose et s’explose à l’extérieur désormais.

      Tout Initié non seulement le sait, mais l’aura éprouvé dans son corps (sa chair) et son mental (esprit).

      Vous n’êtes pas entrés dans le Royaume, vous n’avez pas voulu que l’Humanité y entre consciemment. Vous vous y êtes même opposés ! Vous avez calculé l’entrave, celle permettant de les maintenir esclaves à jamais.

      Je vous laisse deviner la suite ….

      1. Euh, oui et tout ça… que je n’ai pas compris. Je voulais dire qu’en général, certaines couches de la population sont poussées à former des ghettos selon des processus plus ou moins similaires et des conséquences comparables. La violence du sacré ? Oui, que ce soient par des évangélistes illuminés ou des islamistes allumés, le sacré a vite compris comment faire son beurre dans ces ghettos.

  2. Disons que cette violence ne sera plus l’apanage (si tant est que l’on puisse employer ce terme) d’un pays émergent… on ferme les yeux aussi pour les porter sur l’écran aseptisé du « numérique ».

  3. Je crois que Gandhi disait quelque chose comme quoi l’avenir de l’Inde était dans le rouet.

    Il ne croyait absolument pas au modèle de développement occidental de son pays. C’est de ce point de vue qu’est venu la scission avec Nehru.

  4. Ce qui est décrit par François Leclerc, c’est exactement ce qui se passe au Mexique, Colombie, Vénézuela etc, effectivement les gens essaient d’ignorer cette réalité mais vivre comme ça est nerveusement fatigant. Vivre enfermé même dans une prison dorée reste un enfermement. Bien de ces familles aisées en viennent à envoyer leurs enfants en Suisse de peur des enlèvements ou les font accompagner à tous moments par des gardes du corps armés. Est-ce là une qualité de vie enviable ? Et je ne parle même pas de la pollution qu’on ne remarque même plus d’ailleurs.
    Et même en prenant le maximum de précautions, la menace est partout et à toute heure de la journée. D’ailleurs à Sao Paulo, beaucoup de ces personnes riches se déplacent en hélicoptère pour éviter l’agression au sol. Je suis désolée de voir que l’Europe pourrait très rapidement s’orienter vers ce type de société.

    1. La violence du Sacré se retourne contre la minorité déterminée à en finir avec la majorité c’est-à-dire 99 % de la population mondiale !

      Qu’à cela ne tienne !

      1. Je ne vois pas ce que viens faire le « Sacré » dans cette affaire, du moins au Bresil et en amerique du sud, c’est la misère, le chômage, la corruption au plus haut niveau ainsi qu’une forte inégalité dans la répartition des revenus qui sont a l’origine de cette violence…

    2. Mais même en Suisse, si le « néocapitalisme »
      (je ne sais comment nommée cette idéologie …)
      continue de s’imposer
      (j’ai de la famille en Suisse, et mine de rien, en Suisse aussi le social se dégrade ….)

    3. Bonjour,

      c’est trés exactement pour cela qu’il ne faut pas avoir peur de la délocalisation des riches en les taxant trés correctement sous nos cieux.

      Ces gens là sont trés heureux de l’état de droit de nos contrées, ses institutions et de la fiabilité du bras séculier de la vieille république. Alors ils achétent à tour de bras un « pied-à-terre » à Paris et joli cottage en la riviéra et beaucoup plus.

      Comme nous décrit l’un de nos écrivain-géographe dans un de ses ouvrage, la France a quelque chose d’un parc d’acclimatation. Vive l’industrie du tourisme.

      salutations

  5. Le magazine ‘Veja’ est de bonne qualité et son supplément SP ou RJ excellent.Exame et Istoe(plus progressiste) aussi à considérer.
    Sinon coté quotidiens,le JB est meilleur que O Globo(RJ) et la Folha également vis à vis do Estado de SP.
    C’est vrai tout le reste est fort américanisé.La télévision est nulle(tele novelas et infos formatées).Parfois les chasses à l’homme entre bandits et policiers(souvent des bandits sont aussi PM)sont retransmises ‘ao vivo’,filmées par hélico.Le pire c’est que ça fait de l’audience aussi bien chez les riches que chez les pauvres.Il y a malgré tout une renaissance de classe moyenne qui avait complètement disparu avant Lula depuis la fin de la dictature.
    Ce qui est extraordinaire c’est le nombre de jeunes dans la population et les mélanges de races, un bon point pour le Brésil même si tout n’est pas encore parfait.

    http://veja.abril.com.br/

    http://www.istoe.com.br/capa

    http://exame.abril.com.br/

    Bon séjour François … seja bem vindo ao Brasil.

    1. J’ai involontairement crée un malentendu : j’ai passé deux années au Brésil, mais j’en suis revenu depuis. E minha culpa !

      Mais je ne partage pas votre avis vis à vis de Veja, que j’assimile aux news magazine pour salles d’attente des dentistes.

  6. Zardoz. Je pense à Zardoz et pour le moment, ne peux penser à rien d’autre après lecture de cet article. Cauchemar.

  7. François était à Saint Paul en mai 2006…
    http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Premier_commando_de_la_capitale
    http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/DE_BARROS/14231
    Sur les fameux 50 000 homicides annuels au Brésil, ce qui en ferait le plus grand pays en état de guerre civile si on suit les critères de l’ONU (25 homicides pour 100 000 habitants au Brésil contre moins de 1 en France…) ou des seuils épidémiques pour ces mêmes nations unies (10 pour 100 000), ne pas oublier que la situation est pire encore au Vénez de Chavez et particulièrement à Caracas, les stats de Gaza pendant les raids de Tsahal, mais toute l’année…
    Mais le pompon c’est pour le Salvador (70 homicides pour 100 000 hab) où les équipes de foot en sont arrivées à supprimer les maillots 13 et 18, en raison des Maras… Vous imaginez une Mara « Barrio 10 » au Brésil ?
    http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/15/de-l-influence-des-gangs-sur-le-football

    1. vigneron, on va fêter ton retour, on peut boire un peu de vin, et même un peu de vinasse de temps en temps ; tu peux pas refuser de trinquer !

      1. à Dc Georges Clownet
        Est-il un tableau qui permettât de réfléchir des rapports entre homicides, et traffic d’armes ???
        (« traffic au sens de commerce légal ou illégal,
        iccompris les budgets des armes de police, de vigils,
        soit iccompris de toutes les ventes d’armes accomplis parce qu’autorisées …
        et que ce tableau en plus, constatant d’un indice d’inégalié ….

      2. Pourquoi on tue.
        Je l’ai tué
        parce qu’il était plus fort que moi.
        Je l’ai tué
        parce que j’étais plus fort que lui.
        Je l’ai tué
        parce que j’avais mal à la tête.
        Je l’ai tué
        parce qu’il était de Vinaroz.
        Je l’ai tué
        parce que je ne pouvais pas
        me souvenir de son nom.

        Crimes exemplaires, Max Aub

      3. Je dirais que les pays arabes sont plutôt tranquilles question promenade dans les rues, les pays sociaux du nord aussi

        Décidément, les doctors clownesques ont autant de mal avec de simples tableaux qu’avec des graphiques…
        A moins que la Finlande, la Suède (voire la Suisse…) ne soient devenues des nations « anti-sociales » ou peut-être « crypto-méditerranéennes » ou hyper-sudistes ? Avec des taux d’homicides supérieurs de plus du double à ceux de l’Espagne, de l’Italie et surtout de la Grèce…

      4. Arf, Exact mon cher Watson, vous faites une remarque vraie dans le détail, mais fausse dans la masse, si si j’y tiens, et surtout sans commune mesure, même si on monte dans ton échelle, avec le podium de tête. La tendance c’est ça ! Doubler n’est pas gagner mon ami. Dis donc, tu te foutrais pas un peu de ma gueule hein ? Le double de la Grèce, tssssss. La France a un taux TROIS fois supérieur à celui du Maroc ! La vache ! Quel pays dangereux… Béh dis donc. Deuxio j’ai écris « les pays », pas « tous les pays » pinailleur du dimanche.

      1. Non Paco, le taux d’homicide en Russie ou aux USA ne sont absolument pas du même ordre que ceux du Salvador, du Vénez ou même du Brésil… toutes choses à mettre en regard d’un autre taux infâmant : le taux de détention… Loin devant : les US et la Russie (respectivement plus de 700 et 600/100 000 hab en 2010). Intermédiaires : Salvador et Brésil (350 et 250). Sensiblement au niveau de l’Espagne ou du RU (150), et moitié plus que la France (100 exactement) : le Vénézuela…
        Et si tu veux parler de stats locales pour les homicides, alors inutile d’aller jusqu’à la Nouvelle-Orléans, arrête toi en Corse bien sûr (cf Hollande…), ou, pire, en Guyane ou globalement dans les Dom Tom…

        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_d%C3%A9tention

        http://www.senat.fr/rap/r08-519-1/r08-519-1156.html

    2. A voir « la vida loca » de Christian Boveda, journaliste assassiné à la fin du tournage de son film

    3. Toutes ces stats sont non seulement approximatives (forcément) mais souvent faussées dans leur principe (par exemple compter ou pas ceux qui meurent à l’hôpital – il y a bien sur beaucoup d’autres moyens de persévérer dans la triche quand elle est traditionnelle ou d’innover quand on a quelque nouvelle mesure á justifier.) Les comparaisons sont donc scabreuses, les records forts ou faibles douteux…

  8. Que diable !
    Ambiance « PEUR SUR LA VILLE » sur le blog de San Paolo……
    Bel effet d’ensemble.
    That’s the sound of your « réalité » ….. Mortelle « valeur sûr » !
    La paix des seigneurs soit avec vous et avec votre esprit Paul….
    Et n’allez pas me dire que j’instrumentalise vos propos !

    L’amour, Idle, on essaie depuis 2 000 ans. Regardez les chrétiens fondamentalistes, les églises chrétiennes, ils n’y ont JAMAIS rien compris, alors que c’est leur propre dieu qui en a parlé de toutes les manières possibles : explicitement : « Aimez-vous les uns les autres, Nom de Dieu ! », sous forme de contes pour les enfants, etc. etc. En vingt siècles, les disciples auto-proclamés de Jésus-Christ n’ont entravé que pouic à ce qu’il avait raconté ! La pétoche au moins, c’est une valeur sûre : c’est en fonction d’elle que les gens prennent toutes leurs décisions, et en particulier, qu’ils votent.

    Idle, vous voyez la différence entre un utopiste (béat) et moi ? Le RÉALISME !

    « L’abbé PIERRE »

  9. Surtout, il ne faut rien changer à ce Paradis libéral que vous décrivez.
    Ce n’est pas Eric Le Boucher qui me démentirait, lui qui ne voit dans le programme de Mélenchon qu’un tissu de conneries
    Il a juste oublié de dire (mais il ne devait pas le savoir au moment où il a écrit son pamphlet) que ce qui est encore plus consternant, c’est qu’il y ait 14%(et s’en doute plus) de cons, d’idiots, d’archaïques demeurés en France qui disent pouvoir voter pour ce « Chavez français ».

    Oui il semble que pour ce libéral bon teint, la situation que vous décrivez à São Paulo, soit infiniment préférable à une situation où les inégalités seraient moins extrêmes et où l’insécurité serait moindre.

    Les libéraux veulent le bonheur, mais le bonheur de qui ???

  10. C’est, peut-être, un peu hors sujet mais j’avais trouvé ce très intéressant article sur le nouveau marché automobile brésilien qui, malgré la faible crédibilité habituelle de la source, explique une situation peu connue hors du Brésil. Manifestement l’auteur y vit et est attentif à la réalité économique au-delà des lieux communs rabâchés par les rabatteurs de capitaux.

  11. Ce paradis libéral ultra violent vient aujourd’hui toquer à nos portes. Que ce soit en Grèce, ou l’état a été vidé de sa substance et sous administration de la troika ou en Espagne, ou le projet d’Eurovegas donne une idée des fameuses « zones franches » qui se sont multipliées en Asie depuis la mondialisation et qui nous reviennent maintenant, un peu comme les hirondelles au printemps…
    Il s’agit de zones de non-droits ou plutôt de droit privé par renonciation de l’état à ses prérogatives (et même sur l’impôt) en échange de vagues promesses sur l’emploi ou le « développement ».
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3232

    1. «Paradis libéral» le Brésil ? Ou mieux, le Venezuela de Chavez ?
      Pour le Vegas ibère, oubliez, j’ai déjà misè 100 pesetas que ça se perdrait dans les sables…

      1. Un jour Chavez et ses satellites/acolytes devront répondre, eux aussi, de la légitimation que leurs délires donnent aux dérives ultralibérales actuelles en Amérique du Sud.

        Le PT, de Lula, au pouvoir au Brésil n’a jamais pu et continue impuissant face aux pouvoirs de facto de la société brésilienne – églises, armée, finance, presse, rien de nouveau sous ce soleil là, non plus – qui agitent le spectre du socialisme du XXIème siècle devant chaque mesure un tant soit peu sociale que le gouvernement voudrait entreprendre. On en arrive a des aberrations, de la part des nantis et des médias majoritairement conservateurs, qui assimilent sournoisement à de l’assistanat des programmes sociaux comme la bolsa familia, qui n’est ni plus ni moins qu’un panier de denrées de bases.

        Les âneries que profèrent l’une derrière l’autre des dirigeants de pays aussi importants que le Venezuela ou l’Argentine ( car Cristina Fernández n’est pas manchotte non plus, dans le genre propagandiste allumée ) ne peuvent que réprimer le peu de bonne volonté des brésiliens à exercer leur responsabilité, héritée de l’histoire, dans la construction d’un solidarité intégrée, sociale et économique en Amérique du sud. Ils ont l’ultralibéralisme le plus ardent à combattre chez eux et les illuminés de l’économie révolutionnaire aux frontières. Et de la misère partout…

        1. C’est la cesta basica qui est un panier de produits alimentaires, la bolsa familia est une allocation financière, les deux sont mensuels. Cesta veut dire panier et bolsa bourse.

      2. Je ne vois pas trop le rapport avec le Venezuela de Chavez… Le Venezuela AVANT Chavez, là oui, mais depuis il a remis un peu d’ordre (public) dans la bourgeoisie compradores…

      3. L’avant Chavez, c’était il y a quatorze ans. On peut comprendre que beaucoup se soit laissés berner au début, mais aujourd’hui il est plus que clair que ce n’est qu’un fantoche de plus qui conduit son peuple au désastre, entre blague au téléphone et coup de Harpe anti-impérialiste.

      4. Tenez, comme par hasard, ce que peuvent lire les brésiliens aujourd’hui dans leur presse : les États-Unis suspendent les avantages commerciaux concédés à l’Argentine.

        Alors, déjà que le programme GPS ( Generalized System of Preferences ) n’est pas le paradis des accords commerciaux, voilà que les révolutionnaires d’opérette veulent le dynamiter. Ont-ils demandé leur avis à leurs compatriotes consommateurs de produits américains importés ? Auraient-ils supposé que les USA n’exportent que du luxe, du superflu et du bling-bling contre-révolutionnaire ? Auraient-ils aussi supposé que leurs exportations aux USA ne valent rien et que l’on peut les sacrifier ? Ce ne sont sûrement pas ceux qui ont pris cette décision qui payeront les pots cassés et personne ne se plaindra sous peine d’être taxé de suppôt de l’impérialisme yankee.

  12. le sacré c’est la grosse connerie humaine………………
    regardez le jihad pour les musulmans, les croisades pour les chrétiens ,les guerres de religions dans les pays pauvres (bande de gaza ,Gabon etc…..)
    c’est des guerres ethniques

    ça me fait pleurnicher tout ca

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