L'actualité de la crise : CE DONT ON NE PARLE PAS, par François Leclerc

Billet invité

Parmi les souvenirs qui vous poursuivent, il y a celui des mégapoles des pays émergents, quand vous avez vécu dans l’une d’entre elles. Ces villes hypertrophiées qui grossissent au gré des flux d’une irrésistible immigration intérieure, chassée par la misère et attirée par cette vitrine où s’expose la richesse. D’où vous n’êtes pas mécontent de sortir lorsque vous n’êtes ni d’un monde ni de l’autre.

Sao Paulo était ma mégapole, enveloppée d’excroissances sans fin dénommées « quartiers périphériques » dans les « quartiers nobles » où se concentre le bien être. Car on a ses pudeurs. Des étendues à l’urbanisme improvisé, où vivent à perte de vue et à la va comme je te pousse les strates successives des arrivants. A Rio, les favelas descendent en pleine ville des collines vers la mer, sans avoir le privilège d’atteindre ses rivages, tandis qu’elles sont reléguées loin du centre à Sao Paulo, où la seule étendue d’eau est un égout à ciel ouvert portant le nom charmant de Rio Tietê. Le centre réserve le pire, les vestiges d’une architecture datant du temps de la splendeur du café, depuis désertée et à l’abandon, investie par les squatters, lieu nocturne de tous les trafics et de tous les dangers. L’un des quartiers est même surnommé « crackoland », où il ne fait pas bon s’aventurer. Tout à leur rêve de Manhattan, les occupants ont déserté leur centre historique pour que puissent émerger plus loin d’orgueilleuses tours les éloignant dans les hauteurs d’une misère condamnée à rester à terre.

La reconquête de ce centre-ville, au milieu duquel trône la place de la République, est depuis l’un des thèmes récurrent des campagnes électorales pour la conquête de la municipalité, chaque fois sans lendemain. Avec sa vingtaine de millions d’habitants présumée, Sao Paulo, comme toutes les mégapoles qui fleurissent sur tous les continents, est l’expression la plus aboutie du modèle de développement des pays émergents. Une seule chose y étant partagé par tous : une pollution atmosphérique nauséabonde qui vous assaille et vous ferait regretter de respirer si on ne finissait par s’y habituer. Bizarrement, les riches semblent s’en accommoder, comme du spectacle de la grande précarité qu’ils affectent d’ignorer tout en la côtoyant. Il y a des cécités arrangeantes.

Plus que la violence, dont les pauvres sont d’ailleurs les principales victimes, les riches étant mieux protégés, c’est cette ségrégation-là qui n’est pas supportable. Car l’on pourrait finir, à la longue, par ne plus y prêter attention et lui accorder le bénéfice de la normalité…

Alors, comment ne pas bondir en lisant que la fondation Onassis lançait un concours d’architecture pour réhabiliter le centre d’Athènes, qui s’est lentement et inexorablement dégradé depuis les années 90 ? De Syntagma à Omonia, les commerces et les activités sont progressivement partis, au profit de nombreux petits trafics et de la prostitution. Les Athéniens ont déserté leur centre-ville en raison de la pollution pour rejoindre les banlieues aisées.

Ou bien en apprenant l’augmentation du nombre de magasins ayant baissé définitivement leur rideau dans les centre-villes britanniques ? Plus d’un commerce sur sept aurait fermé, en très forte progression depuis 2008. Du fait d’une conjonction de facteurs, dont en premier lieu la baisse continue des ventes au détails.

Certes, les banlieues déshéritées de la région parisienne et d’autres grandes agglomérations françaises, qui ont connu d’ailleurs leur émeutes, ne sont pas les favelas de Rio tenues hier par les trafiquants de drogue et aujourd’hui par les milices qui leur ont succédé et pratiquent le racket à la protection. Mais ces ressemblances qui s’accumulent font penser, toutes proportions gardées, que la tiers-mondisation de l’Occident n’est pas une formule, et que la crise l’accélère.

Moins visible, tout en se développant rapidement, l’informalité des petits boulots et de la survie est de même nature que celle qui ravage les sociétés émergentes, et dont on ne parle pas, obnubilé par des taux de croissance trompeurs qui masquent les inégalités. Il suffit de traverser les Pyrénées pour s’en persuader. Selon la Fondation espagnole des caisses d’épargne (la Funcas) l’Espagne comptait déjà plus de quatre millions d’emplois au noir et l’économie souterraine représentait environ 21,5% du PIB en 2008, cela se serait depuis fortement développé.

Revenant du Brésil, je me suis plu à provoquer autour de moi en expliquant que j’y avais vu l’avenir du monde occidental. Avais-je finalement si tort ?

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92 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : CE DONT ON NE PARLE PAS, par François Leclerc »

  1. Quand la misère chasse la pauvreté, par Majid Rahnema, Actes Sud 2003

    Quand Majid Rahnema sort du cadre d’Alternatives Economiques).

    (présentation du livre par Daniel Cardot, d’Alternatives Economiques :

    « Curieux livre, écrit par un ancien diplomate iranien, qui a fait partie de l’équipe du Pnud, le programme des Nations unies sur les questions de pauvreté et d’inégalités à l’échelle mondiale. Homme du Sud, mais baignant aussi dans la culture francophone et anglophone, Majid Rahnema était sans doute bien placé pour l’écrire.

    La thèse: la pauvreté a longtemps été une richesse, parce que la vie pauvre, en même temps, permettait la satisfaction des besoins essentiels, faisait de l’entraide une nécessité et de la solidarité une réalité qui enrichissaient les rapports humains de tous. L’intrusion de l’économique a bouleversé ces liens sociaux et ces formes de production autonome: la misère, c’est-à-dire l’incapacité à satisfaire les besoins essentiels tout autant que la course sans fin aux objets, a chassé la pauvreté. « Jamais (…) autant d’hommes et de femmes (…) n’avaient pris à ce point leurs richesses pour de la pauvreté et recherché la richesse là où elle les appauvrissait », écrit-il.

    L’ouvrage est parcouru de tranches d’histoire ou de récits exemplaires. Le lecteur éprouve une sorte de malaise face à un livre qui se veut à la fois contestation de l’ordre établi, éloge spirituel de la vie pauvre, dénonciation des méfaits de la modernité et de l’impérialisme de l’économique, réflexion philosophique sur le changement qui vient de l’intérieur. On se sent interrogé et remis en cause, mais, en même temps, gêné par une sorte d’idéalisation de la tradition, de critiques définitives et pas toujours convaincantes de l’économique, de foi dans le bien-fondé d’une rupture radicale avec la croissance. Comme d’autres imaginaient une rupture radicale avec le capitalisme. Vraiment un curieux livre… »
    ———————————–
    Il faut faire quitter la pauvreté, mais pas pour la remplacer par une véritable misère matérielle et morale où, de sujet, l’individu devient objet.

    L’idéologie productiviste aime à croire que la dénonciation du second vaut célébration de l’état figé du premier.

    Delphin

    1. Excellent livre !
      Les bonnes questions qu’on pourrait se poser : Quelles sont les choses qui comptent le plus pour nous et les gens qui nous sont chers ?
      Les richesses morales, sentimentales et relationnelles ?
      Ou les besoins de paraître ou de conforts dictés par les autres ?
      L’essentiel serait-il de se donner tous la main pour se procurer les moyens de vivre mieux, ou de gagner toujours davantage dans n’importe quelle condition ?
      N’y aurait-il pas moyen d’organiser autrement notre vie et celle de nos proches de façon à exercer nos activités productives de façon autonome ?
      Posséder n’est-il pas devenu un réflexe ou une obsession ?
      Avoir un écran plat le plus grand possible est-il une nécessité absolue ?
      Ou n’est-ce pas un prétexte pour améliorer une image et un statut auprès d’autres qui restent toujours des étrangers ?

      1. A Lou gat, plus particulièrement mais pas exclusivement,

        Ce matin sur France Culture, dans l’émission de Ruth Stégassy Terre à terre : « Les sentiers de l’utopie ».

        Isabelle Frémeaux, maître de conférences en Media and Cultural Studies, au Birkbeck Collège Universite de Londres et John Jordan Jordan artiste militant.

        Les sentiers de l’utopie :

        « À la fois récit de voyage et documentaire fictionnel, ce livre-film propose un périple réel et imaginaire, une exploration lancée à la découverte de formes de vie postcapitalistes.

        Pendant près d’un an, Isabelle Fremeaux et John Jordan sont partis sur les routes européennes, à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi, ici et maintenant, de vivre autrement. Ils ont partagé d’autres manières d’aimer et de manger, de produire et d’échanger, de décider des choses ensemble et de se rebeller.

        Depuis un «Camp Climat» installé illégalement aux abords de l’aéroport d’Heathrow jusqu’à un hameau squatté par des punks cévenols, en passant par une école anarchiste gérée par ses propres élèves, une communauté agricole anglaise à très faible impact écologique, des usines occupées en Serbie, un collectif pratiquant l’amour libre dans une ancienne base de la Stasi ou une ferme ayant aboli la propriété privée, ils ont découvert des Utopies bien vivantes dans ces interstices invisibles du système.

        De cette expérience a émergé Les Sentiers de l’Utopie. Le texte est un récit captivant, qui raconte la vie de chaque communauté, ses pratiques et son histoire. Le film, un docu-fiction tourné pendant le voyage, se présente comme un road-movie poétique situé dans l’avenir. Les personnages et les lieux circulent du livre au film et, pas à pas, laissent deviner, dans les brèches du présent, les scintillements d’un autre avenir possible. »
        (Quatrième de couverture)
        ——————————————–

        Du futur proche en déconfiture (climat, écologie, économies) vont émerger des expériences de rupture à ne pas mélanger :
        – Un repli communautaire égoïste.
        – Des laboratoires têtes de pont du futur à fond de sobriété matérielle et à richesse sociale.

        Delphin

    1. Merçi aussi de n’avoir pas utilisé le terme « mégalopole » inventé par un pisse copie en mal de sensationnel.

  2. Oh que j’approuve !

    Pas été aussi loin, juste en « petite » banlieue d’une ville moyenne française.
    Mais c’est le même spectacle (ici commençant, mais la suite ne saurait tarder).

    Vivons dans la joie et la bonne humeur les résultats concrets du néolibéralisme !

    (Je n’ose songer à ce que peuvent être les arrières-cours chinoises)

  3. A Rio (expérience perso), les pauvres des favelas comme celle da Rocinha ou Vidigal ont une plus belle vue car sur des collines(morros), que les riches et ou ultra riches des ‘jardims’ et du ‘lagâo qui vivent en bas’.Une petite revanche de la vie.
    Les riches vivent enfermés avec gardiens privés,condominium fechado, système de sécurité etc…De temps en temps il y a une descente sur les plages de Leblon ou d’Ipanema, le dimanche et les pauvres partagent un instant la ‘praia’,sans se regarder ou se parler avec la ‘gente fina’.
    Etonnant pays.Des tueries à la Toulouse(‘crapuleuses’mais pas de terrorisme) il y en a quasiment chaque jour.
    C’est un peu pareil du coté de Capetown ou de Valparaiso.

  4. Merci pour cette description tellement évocatrice pour moi. Je vais régulièrement au Caire et là aussi on retrouve ce même sentiment, cette même sensation de bouillonnement désordonné avec des quartiers chics accolés sans vergogne à des bidonvilles insalubres cachés derrière un mur (dont le prix de la construction aurait financé un réseau d’assainissement)…Buenos Aires aussi ou Kuala Lumpur…

  5. Oui, alors si des zones entières de centre-ville deviennent des zones de misère, elles viendront s’ajouter aux zones de banlieues déshéritées et les zones rurales récupéreront sûrement une part de cette misère: on arrivera ainsi à couvrir le pays d’un visage de désolation, mais les riches ne le verront pas.

    La survenue du pic pétrolier était un évènement prévisible auquel nos systèmes soi-disant démocratiques ne nous ont pas préparé.

    Rejoignez l’appel à une mobilisation de la société face au pic pétrolier !

    C’est ici: http://www.tribune-pic-petrolier.org ou http://tribune-pic-petrolier.org

    A signer et à diffuser !

  6. Les Trente Glorieuses étaient une épisode d’exception et unique, nous vivons des restes de cela, des acquis qui s’amenuisent peu à peu. L’avenir sera sans doute plus âpre pour la plupart des gens, plus minimaliste dans beaucoup de domaines de la vie.
    J’admire le courage des femmes qui mettent des enfants au monde, des enfants qui seront peut-être des futurs chômeurs ou précarisés. D’avoir des enfants peut conduire – si la famille ne possède pas une fortune personnelle ou un statut professionnnel du type fonctionnaire à vie ou profession libérale traditionnelle – à la paupérisation. Quelques gouvernements européens commencent à prendre conscience de cela.
    Ce qui est scandaleux: des pays comme la France ou l’Allemagne sont des nations très riches. L’argent ne manque pas, contrairement à ce que l’on veut faire croire à l’électeur. Mais il n’y a pas de volonté politique pour réformer le système de la distribution des richesses. Les gens ne veulent pas d’aumône ni d’assistance, ils demandent à jouer un rôle au sein de la sociéte et ils veulent une juste rétribution.
    C’est ca qui peut favoriser la croissance et non pas la concentration des fortunes dans la main d’un nombre restreint de personnes ou groupes.
    Les candidats à la présidentielle n’abordent pas ce thème. Normal, il y a des sujets plus importants.

    1. Ça ne vient pas des candidats, mais des médias qui ayant déjà choisi les finalistes de la compétition ne s’intéressent qu’au spectacle facile.
      Les vrais sujets de société risqueraient d’abord de fausser leurs « prévisions », leurs favoris n’y étant pas très impliqués, et ensuite les forceraient à réellement faire de l’information. Insupportable !!!

    2. « Les gens ne veulent pas d’aumône ni d’assistance », dites-vous. Pas tous les gens, hélas!

      Ouvrez les yeux, vous trouverez des pique-assiettes, mais vous serez bienveillant à leur égard, pour peu qu’il s’agisse du fiston/cousin/tonton/neuveu/petit-ami/etc. de quelqu’un que vous connaissez. Ils sont nombreux à cumuler des prestations avec un travail au noir, nombreux à bénéficier d’une aide au logement alors qu’ils ont des colocataires non déclarés, nombreux à être trop malades pour trier des lettres à la poste même quelques heures par semaine, mais en pleine forme dès qu’il s’agit de sortir le bateau du garage ou faire de la musculation au club de gym du coin. Vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui gagnent mieux leur vie que des salariés dans avoir à lever le petit doigt. Le dernier exemple que j’ai croisé est assez cocasse: une sexagénaire, mère de quatre enfants, qui n’a jamais eu à travailler de sa vie, car les médecins la croient sur parole quand elle leur dit qu’elle s’évanouit au moindre effort physique. Personne ne va vérifier, pensez-vous, ce serait inhumain.

      À côté de cela, vous avez des couples qui n’auront jamais les moyens de fonder une famille car on leur confisque leurs revenus pour entretenir des tire-au-flanc.

      Oui, il y a aussi beaucoup de chômeurs involontaires et de vrais malades qui ne rêvent que de travailler. Eux méritent évidemment des prestations. Mais il y a aussi beaucoup de fraudeurs qui se la coulent douce à VOS frais et à qui il ne viendrait jamais à l’esprit de travailler autrement qu’au noir. N’en déplaise aux bien-pensants qui prônent la générosité avec l’argent des autres. Qui disait que si on éradiquait la fraude, on pourrait du même coup supprimer l’impôt sur le revenu?

      1. @A
        « une sexagénaire, mère de quatre enfants, qui n’a jamais eu à travailler de sa vie, »
        Ben déjà ça, quatre enfants, c’est du boulot, non ?!

        « Oui, il y a aussi beaucoup de chômeurs involontaires et de vrais malades qui ne rêvent que de travailler. Eux méritent évidemment des prestations. Mais il y a aussi beaucoup de fraudeurs qui se la coulent douce à VOS frais et à qui il ne viendrait jamais à l’esprit de travailler autrement qu’au noir. N’en déplaise aux bien-pensants qui prônent la générosité avec l’argent des autres. Qui disait que si on éradiquait la fraude, on pourrait du même coup supprimer l’impôt sur le revenu? »

        Ben voyons…’Qui disait’..Un crétin assurément…
        Que représente cette ‘fraude’ dont vous parlez ? ….Rien, des nèfles…
        Par contre, vous devriez plutôt vous inquiéter de ça :
        http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2012/03/22/comment-ubs-organise-une-fraude-fiscale-massive-a-partir-de-la-france/
        Mais là, ça ne fait pas la ‘une’, pourtant c’est aussi ‘l’argent des autres’…

      2. Oui, il y a des fraudeurs, adeptes d’un certain savoir vivre. Il s’agit d’une petite minorité. Dans tous les pays qui proposent un filet social comparable à la France, la triche existe, on ne peut l’éviter, mieux contrôler peut-être, mais pas totalement exclure.
        Un autre aspect: un individu bénéficier du RSA ne vit que pour payer les autres: loyer, énergies, alimentation….. L’état reprend une partie de l’allocation sous forme de TVA.
        Alors que l’on arrête de fausser la réalité.

      3. A ! tain de Diou ! Je débarque d’une talanquère de terrain de foot où mon branleur d’artiste manchot de neveu a perdu son aprème, le mien et son teint blafard à téter les paquerettes, arroser le paysage champêtre sans rien enquiller et où surtout il a fallu que je me dévitalise d’abord le tempérament, puis que je me déplace de soixante six mètres toute l’harmonieuse conformation pour plus avoisiner et subséquemment pas avoiner sévère une bande de connards(sses) de parents de footeux qui déblatéraient haut et fort ce genre de joyeusetés – j’me répétais intérieurement « des Assistés Sociaux et de l’isultante insistance d’une con d’assistance inconsistante et pourtant pré-incontinente », pour me calmer… – et qu’est-ce que je trouve au menu sous le billet leclérien version « Ordre et Progrès » ? En plein dans l’mille l’Émile ! Le mêêême à l’écrit ! en moins fleuri en plus… Même céleri-rémoulade mais sans sel.
        Et en plus ce soir paraît qu’on doit s’faire du bien à bouger des aiguilles dans l’mauvais sens… en plus… quoique… finalement… c’est pas plus mal… les feignants s’lèveront encore plus tard, à en stimuler un peu plus la vésicule et les ulcères des caqueteurs, qui s’coucheront à la bonne heure, eusses, m’enfin à la leur à eusses, avec les poules quoi.

    3. « Les candidats à la présidentielle n’abordent pas ce thème. »( redistribution des richesses.)
      « Nous on peut » Jacques Généreux- pour le Front de Gauche- ed: SEUIL, 13 euro.
      Cordialement.

  7. Bonsoir,

    J’ ai eu de bonnes nouvelles me concernant aujourd’ hui ; je sors définitivement du « marché du travail », Dieu merci, mes toubibs sont de mon côté, le CPAS dont je dépends s’ est un peu calmé ..
    Ce pour dire que je flirte depuis un moment avec la pauvreté (on ne parlait pas tant de pauvreté il y a dix ans, je pense qu’ on l’ a tous remarqué), la misère morale et une mauvaise santé je connais ça depuis plus de vingt ans maintenant, ce pour dire donc et c’ est la seconde fois que je le pense en quelques mois, que c’ est bon d’ avoir une sécurité sociale qui vous empêche de sombrer complètement.
    Je n’ ai pas beaucoup de moyens d’ actions, mais je me suis juré que je défendrais ces acquis remis en cause aujourd’ hui chaque fois que je le pourrais.
    J’ ai appris l’ estime de moi, je veux ce même degré de sécurité pour les autres.
    Nous avions un modèle de sécurité sociale, les exemples que vous citez n’ en avaient pas ; on sait la différence.

      1. Bonsoir aussi 🙂

        J’ en profite pour répondre à Germanicus à propos de ceci

        Les gens ne veulent pas d’aumône ni d’assistance, ils demandent à jouer un rôle au sein de la sociéte et ils veulent une juste rétribution.

        Et bien apparemment, on préfère leur donner aumône et assistance pourvu qu’ ils ne jouent aucun rôle dans la société. Tout en prétendant haut et fort le contraire évidemment (sinon ce ne serait pas drôle).
        Et c’ est ici que vous découvrez comme à l’ intérieur de systèmes aussi tordus, vous avez intérêt à être fort et lucide. Bref le grand art.
        Mais puisque nous parlions d’ artistes récemment ..

    1. Il existe au Brésil le SUS, Système de Santé Universel financé sur fonds publics, mais tous ceux qui en ont les moyens se dirigent vers le secteur privé, performant et très cher… à moins qu’ils ne bénéficient, à l’américaine, de plans de santé payés par leur employeur.

    2. @ RED

      +1 (ou à peu près…).On ne peut voir la vie que différemment, sans tout ce stress artificiel; voulu par « le système »?

  8. Tiens, un écho dans mon flux RSS :
    Braise, blog de la galaxie hypotheses.org : Périphéries de São Paulo. Considérations urbanistiques à bases de photos prises d’avion à base altitude. Intéressant.

    Les deux articles, l’un avec l’autre, donnent un effet très poétique.

    Faut dire que le monde est dans un état très poétique. Comme au-delà. Un autre monde, ailleurs, ici est ailleurs, totalement inconnu… On ne sait pas trop si la vie y est possible. Les dictionnaires semblent parfaitement obsolètes. Effet de sidération. Oscillation entre un vain tac au tac socio-numérique et le silence.

    Le sens a-t-il d’autre source que le lent et long recul ?

    Bon week-end.

    ps : tiens, une autre forme de poésie.

  9. Je me souviens du Tietê, je me souviens de Barra Funda, des immeubles publics non terminés puisque la corruption était telle que seules les fondations et les murs maitres avaient pu être construit.

    La stratification sociale par la hauteur aussi, le risque en permanence, ne pas s’arrêter au feu rouge, toujours au moins tourner au coin.

    Mais rien de tout cela ne m’avait paru impossiblement éloigné d’un destin de l’Europe. Au contraire, j’y voyais devant moi s’étendre les justifications de la structure de nos sociétés: les sécurités dites sociales ne sont pas la complaisance d’un état ‘providence’ patriarchal mais bien la condition sin equa none de notre vécu commun.

    1. Hypothèse : les deux faces de l’informel comme ciment social des sociétés complexes.

      Côté pile, les réseaux informels de solidarité, tels que les mafias et les réseaux de délinquance organisée, en col bleu ou en col blanc, permettent de gérer la complexité des mégapoles. Cette face cachée de la solidarité est parfaitement visible, nous savons comment fonctionne la gestion des narco états par la redistribution de l’argent sale.

      Côté face, parallèlement à la répartition du surplus, entre propriétaires, entrepreneurs et travailleurs, vient s’insérer une classe transversale de distributeurs des finances publiques ( travaux publics et redistribution sociale). C’est-à-dire, qu’il existe une classe qui vit de la redistribution de l’argent public , comme cette classe traverse tous les niveaux hiérarchiques, de façon à ce qu’il soit possible d’en croquer à tous les étages, ni les entrepreneurs actifs hors marchés publics, ni les classes moyennes, ni les prolétaires, ni les exclus n’ont prise sur cette classe de « redistributeurs », mais chacun individuellement peut, d’une façon ou d’une autre, caresser l’espérance y participer quelque peu et d’y trouver sa combine.

  10. Vague d’émigration portugaise.

    Le Portugal fait face à une vague d’émigration sans précédent en raison de la crise.

    En cinq ans, 500.000 personnes ont quitté le pays pour des cieux plus cléments, annonce vendredi le journal Diario de Noticias. Un Portugais sur 21 a quitté le pays qui compte environ 10,5 millions d’habitants. Environ 150.000 personnes sont parties en solo. Le pays n’avait plus connu une telle émigration depuis la fin des années ’60 lorsque les Portugais émigraient en masse vers la France et l’Allemagne.

    Les nouveaux migrants choisissent de partir vers les anciennes colonies portugaises (Angola et Brésil) ou vers la Grande-Bretagne. Selon les médias portugais, beaucoup de ces migrants sont exploités et vivent parfois dans des conditions ressemblant à l’esclavage.

    http://www.lalibre.be/actu/international/article/727922/vague-d-emigration-portugaise.html

    1. Vague d’émigration portugaise aujourd’hui , mais à ne pas oublier les vagues d’émigration très importantes lituaniennes, lettonnes , polonaises, roumaines , bulgares, ukrainiennes , irlandaises, grecques sans doute , et bientôt espagnoles certainement ! C’est ce que l’on peut apprendre en s’informant ici et là !

  11. Obama pousse un expert de la santé à la tête de la Banque mondiale
    L’Expansion.com avec AFP – publié le 23/03/2012 à 16:55

    Le président américain a créé la surprise vendredi en annonçant la candidature de Jim Yong Kim, médecin, anthropologue et président de l’université Dartmouth, pour prendre la direction de la Banque mondiale.

    Surprise. Barack Obama a choisi vendredi Jim Yong Kim, un médecin et anthropologue d’origine coréenne actuellement président de la prestigieuse université Dartmouth, comme candidat des Etats-Unis à la direction de la Banque mondiale.

    Les postulants à la présidence de cette institution d’aide au développement avaient jusqu’à ce soir pour se présenter à la succession de l’Américain Robert Zoellick. En vertu d’un accord tacite entre l’Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un ressortissant des Etats-Unis tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) revenait à un Européen. Lorsque M. Zoellick avait annoncé le 15 février qu’il abandonnerait ses fonctions le 30 juin, les Etats-Unis avaient indiqué n’avoir nullement l’intention d’abandonner leur chasse gardée.

    La nomination annoncée de Jim Yong Kim constitue une surprise dans la mesure où son nom n’avait pas été mentionné parmi ceux des possibles candidats des Etats-Unis. Ceux de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, de l’actuelle ambassadrice à l’ONU Susan Rice ou de Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor, avaient en revanche circulé.

    Médecin et anthropologue formé à Harvard, M. Kim, né il y a 52 ans à Séoul, la capitale de la Corée du Sud, a émigré aux Etats-Unis avec ses parents à l’âge de cinq ans, selon sa notice biographique sur le site internet de Dartmouth. Ancien directeur chargé du dossier du sida à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il assurait depuis 2009 la présidence de cet établissement privé, parmi les plus prestigieux des Etats-Unis et installé depuis le milieu du XVIIIe siècle à Hanover (New Hampshire, nord-est). Parmi les anciens élèves de cette université figure en particulier l’actuel secrétaire au Trésor, Timothy Geithner.

    (…)

    Cette nomination pourrait toutefois se heurter à celle d’une Africaine, la ministre nigériane des Finances Ngozi Okonjo-Iweala, présentée par l’Afrique du Sud. La ministre a affirmé s’attendre à « une lutte entre des candidats très forts » et assuré avoir « une longue expérience à la Banque mondiale, au gouvernement et dans la diplomatie (…) Je partage sa vision : lutter avec passion contre la pauvreté ». Mme Okonjo-Iweala, qui a été directrice générale de la Banque de 2007 à 2011, correspond en effet à tous les critères de sélection imposés par le conseil d’administration.

    « C’est une candidature extrêmement sérieuse » qui oblige les Etats-Unis à lui opposer « une personnalité importante », avait indiqué aux Etats-Unis une source proche de la Banque, avant même que sa candidature ne soit officialisée.

    (…)

    A Moscou, le conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovitch, a estimé vendredi que la nationalité du prochain président de la Banque était moins importante qu’un accroissement du rôle des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dans ses instances dirigeantes.

  12. Revenant du Brésil, je me suis plu à provoquer autour de moi en expliquant que j’y avais vu l’avenir du monde occidental. Avais-je finalement si tort ?

    Non François, nous on peut pas se le permettre, on a pas assez de soleil …

  13. Petite précision: il y a deux projets en cours. La fondation Onassis veut réhabiliter le centre historique, pendant que la fondation Niarchos lance un opéra. La fondation Onassis avait déjà son centre culturel à Athènes, et bien sûr, la Fondation Niarchos a voulu faire plus grand, plus beau, plus fort!

    De leur vivant, ces deux-là affrontaient leur ego, en rivalisant de yachts de luxe, d’îles privées de luxe, et de femmes de luxe. Ils sont archi-morts maintenant, mais ça continue : ils s’affrontent à coup d’opéras!

    L’argent volé aux impôts grecs revient donc dans le circuit, bien blanchi, et même ennobli en don généreux de la Stavros Niarchos Fundation au peuple grec. Certes, l’économie grecque a bien besoin de grands travaux, mais faire un opéra, il y a de quoi susciter une ironie amère. Enfin, on ne va quand même pas se plaindre : c’est un cadeau, vous dis-je!

    Pour être honnète, il faut dire que le programme a été lancé bien avant la crise, et que, pour ridicule qu’en soit la génèse, il s’agit quand même d’un beau projet architectural de Renzo Piano…

    1. Après, l’opéra; il faut le faire vivre. Le coût de production moyen, toutes catégories confondues, est de 125 euros par fauteuil dans une ville de province comme Liège, ce qui est loin au-dessus du prix de vente des places les plus chères, et alors qu’il est très rare que toutes les places soient vendues…
      Les bourgeois et quelques étudiants, qui attendent de l’être, vont à des spectacles d’opéra généreusement subsidiés sur fonds publics – la TVA des pauvres…

  14. vous avez hélas raison.
    Cet « avenir-là » est le résultat exclusif de notre ordre monétaire, avec une monnaie qui fait toujours défaut quand elle devrait circuler!
    Seule une monnaie de type « monnaie fondante » ou SMT est en mesure d’en venir à bout!

  15. Oh là là, Monsieur Leclerc, vous êtes en train de casser toutes mes illusions :-)))

    Ce sera mon plus grand regret le jour où j’entrerai dans la tombe, de n’avoir pas vu ni humé la magie du Brésil qui reste pour moi

    CECI

    ou encore

    CELA

    Ceci dit, je connais un village qui se prend pour une Mégapole où les gens crèvent de la même manière qui s’appelle Genève. Et c’est le cas pour toutes les villes du monde probablement, des plus grandes aux plus petites. Seuls quelques hameaux ruraux sur la planète sont encore épargnés parce que désertiques ou presque.

    C’est juste une question d’échelle. Plus personne n’atteint le rivage, jusqu’à l’étouffement et rame à contre-courant par pur réflexe de survie.

    1. La musique est au Brésil la meilleure part ! Savez-vous que 80% des CD sont des copies non autorisées et qu’il y existe un gigantesque monde informel de la musique, au sein duquel elle est composée, jouée, enregistrée, dupliquée et distribuée ? En dehors de tout circuit commercial officiel.

      1. Bonjour,

        80% c’est un fait social institué, récurrent normatif, etc. Dans nos sociétés complexes, l’informel est une institution, c’est curieux paradoxe dont, je crois, il faudrait bien davantage parler avant que l’informel ne restructure le vivre ensemble, en Grèce, comme partout ailleurs bientôt. Ne pensez-vous pas ?

        1. Je préfère opposer l’informalité d’en-haut et celle d’en bas. L’évasion fiscale qui renvoie à l’idée de liberté et la fraude de ceux pour qui elle est indispendable à la survie…

      2. Oui, c’est le cas dans de nombreux pays, Amérique du Sud et Asie. Mais on fait bien pire chez nous M. Leclerc : depuis plus de 10 ans, tous les droits de diffusion des artistes indépendants dans les radio-web, les FM, radios locales etc… passent dans la poche des majors et donc des artistes les plus nantis et ce, en toute légalité.

        J’explique : Les radios locales, FM, radios-web, ne paient pas des droits nominatifs, mais un forfait au nombre d’auditeurs. Ce forfait est ensuite redistribué au prorata des artistes qui touchent le plus et non de ceux qui touchent le moins. Ceux qui touchent le moins, n’ont donc aucune chance de recevoir un retour quelconque de leurs droits. Et ce, quand bien même, certaines radios-web diffusent 100 % d’artistes indépendants. Ceci est valable pour toutes les sociétés de droit affiliées, SACEM, SABBAM, SUISA etc…

        Les artistes indépendants ont de la peine à se regrouper pour défendre leurs intérêts. Malgré cela, un jour un comité de défense des droits des artistes indépendants s’est créé sur Myspace. Le nombre de participants et d’adhérents à cette page en quelques jours (quelques milliers) a fait que nous avons réussi à obtenir de la SACEM un « chat » en direct pour pouvoir poser nos questions. Le choix des questions posées était fait par les intervenants SACEM. Ce qui signifie que toutes les questions pointues ont été tout simplement occultées et que celles-ci n’ont obtenu aucune réponse.

        Le lendemain, la page Myspace du comité a été fermée par le site sans aucune explication ni préavis !

        Il serait pourtant facile au jour d’aujourd’hui et dans l’état actuel de l’informatique de créer un site où tous les artistes et leurs oeuvres seraient représentés nominativement sur le plan européen au moins et sur lequel les radios pourraient d’un clic faire leurs déclarations de diffusion, ce qui permettrait aux artistes indépendants de toucher leurs droits.

        Cela serait bien trop simple et surtout, cela n’arrangerait pas les majors qui perdraient ainsi une grande part des diffusions effectives à l’antenne.

        Les artistes indépendants aujourd’hui ont tout intérêt effectivement à ne pas faire partie d’un circuit commercial officiel et beaucoup le font (creative commons, etc…) mais pour ceux qui étaient déjà affiliés il est quasiment impossible de se retirer des sociétés de droits une fois qu’on y est.

        La SUISA a créé sur son site il y a seulement environ 2 ans, un moteur de recherche des oeuvres/artistes. Ce moteur de recherche est tellement mal foutu, qu’il est impossible d’y trouver le compositeur-l’auteur avec simplement le nom ou le prénom et le nom d’artiste, donc celui pourtant déclaré dans le dossier, figurant sur les éventuelles pochettes, donc répertorié comme tel par les radios nationales, qui elles paient des droits nominatifs, n’a pas été inclus dans le moteur de recherche !!!

        Tout ceci relève de l’escroquerie légale depuis des années et personne ne s’en occupe, ni n’en parle, ni les journalistes contactés, ni les gouvernements.

        La loi du silence.

      3. L’allemagne va probablement offrir un ballet pour le nouvel opéra : « Vous chantiez ? Et bien dansez maintenant  » 🙂

      4. Pour la survie, naturellement ; et ce qu’il faut espérer, alors , est que cette informalité s’organise en conscience de solidarité de groupe.

        Je parle de la solidarité des mafias qui prête au commerçant à court de trésorerie quand les banques ne le font plus, je parle (en Belgique)des ententes dans les services techniques communaux pour en faire le moins possible, je parle des complicités nécessaires à faire fleurir les travaux inutiles, je parle du travail non déclaré dans l’Horeca, le bâtiment, l’agriculture, je parle de la gabegie dans la gestion des logements sociaux, etc … nous ne sommes pas au niveau de la survie, mais à celui de groupes de solidarité de confort », de l’alliance informelle entre groupes de combinards de tous niveaux…

        Nos systèmes sociaux pratiquent fortement l’hypocrisie, et il me semble que cette hypo-crisie prendra le dessus sur la crise : redistribuer dans la croissance et dans la pénurie est toujours une position sociale intéressante pour ceux qui redistribuent (le principe de partage n’est pas en cause, uniquement ses modalités). Le peuple russe n’est pas encore sorti du pourrissement soviétique ; aussi, je pense que nous devrions nous attacher à jouer un coup d’avance et débusquer, dès maintenant , la réorganisation des solidarités informelles déviantes.

        Pour le dire autrement, l’idéalisation du printemps arabe, des indignés, the 99%, ne peut que nous amener à régresser si nous ne nous regardons pas fonctionner, et considérons que toute la faute est sur le 1% .

        A+

      5. Vous parlez peu de ces mafias locales brésiliennes qui portent leurs tentacules jusqu’au plus haut niveau de l’état et permettent toutes sortes d’exonérations fiscales, en plus des évasions fiscales :

        Le sociologue brésilien Wilson Gomes montre ainsi combien dans la vision de l’EURD, la catégorie centrale est la « possession », dans le sens de la détention de biens pour les faire fructifier. C’est seulement en jouissant de ces biens que l’homme vit conformément au désir du créateur. Un rassemblement de fidèles de l’Eglise Universelle avait ainsi pour slogan « Venez prendre possession de ce que vous avez perdu » ; il s’agit donc bien d’une « réintégration » des biens nous appartenant de droit, afin d’avoir à disposition « ce qui nous est dû par les droits de la création » (Gomez, 1993 : 50).

        La Parole évoquerait en effet un droit réservé naturellement à tous les fils de Dieu, comme l’exprimait Bao, un ouvrier de l’EURD : « On apprend que Jésus est notre Roi, donc il est maître de tout, et comme on est ses héritiers, des Princes, tout ce qui est sur la terre est à nous, donc c’est notre droit de conquérir les richesses comme étant notre dû »TP9PT. Dans ce contexte, les cultes de la prospérité visent donc à enseigner aux fidèles comment s’emparer de ces biens qui leur sont légitimement dusTP10PT.

        L’Eglise Universelle du Royaume de Dieu du Cap-Vert

        http://apad.revues.org/3999

        Sachant que JC n’a très probablement jamais existé, on en est toujours dans les fariboles manipulatrices.

  16. Bonsoir François,

    Vous touchez juste, surtout concernant les tours, dont Paul Virilio a montré (je ne sais plus où, peut-être dans Ville panique) que la multiplication miraculeuse nous ramenait aux temps féodaux de la guerre vicinale (façon San Gimignano). Toutefois, les tours castrales furent pour leurs possesseurs, en quelques notables occasions qu’on appelle jacqueries ou révolutions, des tombeaux verticaux. Le piédestal peut se muer rapidement en stèle. Les remugles de la misère ont un fumet qui monte, inexorablement, comme celui des hécatombes sacerdotales, et les narines délicates, même au dernier degré de ces altitudes, en sont toujours dérangées à un moment ou à un autre. Le seul moyen d’y échapper, c’est d’en être. Avis aux nantis : faites-vous pauvres, vous en supporterez l’odeur.

  17. « Qu’adviendrait-il d’un garagiste qui vendrait une voiture au système de freinage saboté et souscrirait ensuite, à son profit, une assurance-vie sur la tête de son client ? Il filerait droit en prison. Or d’analogues pratiques, voire pires, sont courantes à Wall Street, dans un effarant climat d’impunité. » – Xavier Raufer, criminologue

    Lire sa chronique: http://www.lenouveleconomiste.fr/finance-pousse-au-crime-14216/

  18. @ François :
    En comparant les dynamiques associatives entre quartiers français et colonias de Mexico DF, on arrivait au même constat. Le croisement de processus ‘inversés’ quant aux transformations sociales se produisait presque vers la fin des années 90.
    A l’inverse, on constate dans certains pays dits ‘du sud’ qui reproduisent actuellement les mêmes processus que les pays dits ‘du nord’, notamment concernant l’urbanisation : afin d’éviter les campements sauvages et illégaux (bidonvilles), on rase ceux-ci et on construit à ‘tour’ de bras … comme en France par exemple dans les années 60, cette fois-ci pour les ‘immigrés’ locaux.
    Le fait que l’urbanisme actuel ait intégré le niveau de confort actuel ne signifie absolument pas que l’on évite les mêmes erreurs d’antan : concentration urbaine, construction de villes nouvelles ‘hors des murs’, absence de mixité sociale sinon contrainte par la cherté des biens ailleurs, …
    Avec les mêmes bons sentiments, la même élévation du niveau de qualité du logement pour les (nouveaux) habitants, etc.
    Mais en beaucoup plus rapide.

    L’inverse, c’est que dans certains pays dits ‘du sud’, on y voit notre passé.
    Et l’avenir que se préparent ceux-ci.

  19. En remplaçant Brésil par Mexique, on ne perd rien sur le sens de cet article, District Fédéral, Guadalajara…

  20. Bonsoir François,

    J’ai lu avec intérêt votre article, habitant, travaillant et marié à une Brésilienne depuis plusieurs années à São Paulo.

    Pour connaître, vivre et analyser simultanément les 2 types de société, à l’Européenne en France et à la Brésilienne à São Paulo, je m’aperçois qu’actuellement l’Européenne convoite la croissance économique de la Brésilienne et la Brésilienne jalouse le confort lié au développement économique passé de l’Européenne : même causes, mêmes effets, cherchez l’erreur ?!
    Si vous pensez que la schizophrénie collective et transcontinentale répond à la question, vous avez tout juste !

    Pour finir sur une petite phrase, je suis très content, malgré les malgrés-apesar dos apesares, de vivre au Brésil.

  21. Des milliards d’aides et d’allocations non réclamés, les pauvres préfèrent s’en passer! C’est beaucoup plus que la fraude. C’est surtout refuser la dépendance.
    http://www.les-crises.fr/salauds-pauvres/ chez Berruyer

    La révolution française puis la révolution industrielle puis la 1ère guerre mondiale ont détruit l’ordre social hérité du moyen-âge pour tenter de créer une société sans oppression pour chacun, sur base de l’égalité des droits, pour la révolution ; de l’égalité face à la maladie et aux accidents de la vie pour la révolution industrielle, par la création de syndicats et de mutuelles pour chacun ayant donné la sécu.
    En envoyant en masse ses enfants se battre sous l’uniforme, la république de la 1GM s’est imposée l’obligation du respect de chacun et de lui fournir les meilleures conditions de vie possibles. C’est un contrat qui a été payé très cher.
    Ce contrat, et aucun autre, est la base de l’état-providence, le socialisme n’en est que le média.
    Le Brésil comme la plupart des pays émergents n’ont pas connu ce sacrifice d’une nation.
    S’ils connaissent parfaitement l’oppression d’une minuscule classe de très riches, ils n’ont pas structuré une « sécu » créée par la lutte des classes dans un rapport de force entre ouvriers d’usine et possédants, classes qui n’existent pas (sous cette forme).

    La fin de la 2GM a été marquée par la volonté de remplacer l’ordre des petits-bourgeois, plutôt collaborationistes pour préserver leur patrimoine, par une classe moyenne devant tout à son travail.

    Si cette volonté de vouloir vivre dans une société harmonieuse parce qu’égalitaire disparaît chez nous, et c’est le cas, oui, nous retournerons à un stade de développement inférieur, avec moins de liberté et plus de misère.
    Si les pays émergents n’ont pas cette volonté, ou qu’elle est bloquée par l’aristocratie (de naissance, de la force ou de l’argent), ils n’atteindront pas notre stade de développement.

  22. Revenant du Brésil, je me suis plu à provoquer autour de moi en expliquant que j’y avais vu l’avenir du monde occidental. Avais-je finalement si tort ?

    Je ne sais pas si vous avez entendu parler du projet fou d’un milliardaire américain, Sheldon Adelson, d’implanter en Espagne le plus grand centre dédié au jeu: Euro Vegas.
    Barcelone et Madrid se disputent « le privilège » de l’accueillir. La ville qui fera le plus de concessions l’emportera !

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3232

    Voilà qui devrait accélérer la « brésilarisation » de l’Espagne.
    J’en ai froid dans le dos…

  23. Sur ce sujet du devenir des mégapoles, on peut lire un livre de Mike Davies :
    « le pire des mondes possibles. », 2006, ed. La Découverte,
    où il est dit que le bidonville représente le devenir des villes du monde.

  24. A propos d’économie  » au noir  » , il faut se rappeler les mots de Berlusconi (il y a trois ans environ , je ne peux pas être plus précis ) :  » … après tout , le travail au noir , ça existe !  »
    Nous sommes dans un moment où , comme jamais , ces gens-là , l’oligarchie , se fiche éperdument que vous creviez la gueule ouverte ; le travail au noir a pour fonction d’éviter la sédition , la rébellion voire les émeutes ; le Canard Enchaîné a montré , il y a quelques temps , comment la drogue en banlieue bénéficiait d’une politique du laisser-faire de la part du pouvoir .
    Ah ça ! pour les effets de manches à grand renfort de médias , cette oligarchie nous comble !
    Voici donc , en réalité ,  » leur  » PROJET DE SOCIETE  » : 15% (eux évidemment ) se nourrissant des mets les plus délicieux et massage à domicile matin et soir , voyages en TGV/ avion pour un oui ou un non , hôtels grand luxe et roule ma poule ! Cf les Pinçon- Charlot pour une étude plus détaillée.
    Quant aux autres …
    Il reste à faire front tant que la situation n’est pas encore grecque .
    Nantes aujourd’hui manif contre  » leur  » monde . 15 h place du Cirque (centre-ville) on fera la fête.

    1. le Canard Enchaîné a montré , il y a quelques temps , comment la drogue en banlieue bénéficiait d’une politique du laisser-faire de la part du pouvoir .

      L’industrie mondiale de la drogue représente environ 300 Milliards de $/an. On en achète des choses avec une telle somme !
      Certains parlent de laisser-faire quand d’autres parlent d' »acheter la paix sociale ».

      1. Cela fait plus de vingt ans que j’ai la certitude que l’interdiction des drogues est une erreur.
        L’approche hypocrite et bien pensante de l’interdiction fait plus de mort ou de vies détruites qu’une approche plus pragmatique de distribuer les substances sous contrôle en offrant des alternatives aux toxicomanes. Mais les bénéfices sont tels qu’ils permetent une coruption à tout mes niveaux et l’interdiction arrange beaucoups de monde. Mais ces 300 milliards proviennent d’une armée de millions de toxicomanes rendu esclaves d’une substance qui pour beaucoup volent ou se prostituent pour enrichir quelques uns.
        Ne pensez vous pas que ces 300 milliards par an d’argent blanchi au mains de personnes ayant une morale différente de l’investisseur « normal » et qui rentre dans les circuits ne sont pas en partie responsables de « l’ammoralité » de la finance ?

      2. @cedric7693 & Philippev

        Les drogues sont plus qu’un marché en étant bien utiles au système pour permettre de canaliser la révolte de certains individus en létargie ou en autodestruction. Supprimons la drogue et les antidépresseurs et la propention à la révolte augmenterait dans la population. Légaliser les drogues n’a aucun intérêt dans une société où la drogue est le symptôme d’un malaise global : ce n’est pas les gens qui sont malades c’est la société et c’est pourquoi dans ce contexte légaliser les drogues serait un anti-progrès social.

        A ceux qui en consomment je dis arrêtez tout de suite et essayez d’être plus constructif que cela !

      1. @Justin,
        Vous pouvez dire tout ce que vous voulez à une personne qui est accro ca ne sert à rien.
        C’est Comme dire a un prisonnier d’un quartier haute sécurité évade toi.
        Par contre lui dire voici ta substance au prix de reviens et si tu veux on te donne la possibilité d’une aide pour te désintoxiquer et demain il n’y a plus de traffic et 50 % de criminalité en moins.
        Evidement la distribution devrait se faire uniquement dans des structures médicalisée sans aspec récréatif et seulement pour des personnes en état d’adiction. Les dealers de drogues dures n’auraient plus d’intéret de chercher de nouveaux clients si dés qu’un client est censé être fidélisé (accro) il passe dans le secteur public…

  25. La bidonvillisation du monde.

    Par exemple, la bidonvillisation de l’Europe du Sud.

    Vendredi 23 mars 2012 :

    L’Italie et l’Espagne sous la pression des marchés.

    L’Europe du Sud reste dans le collimateur des marchés. L’accalmie constatée depuis le début de l’année, portée par les opérations de la Banque centrale européenne, et plus récemment par l’accord européen sur la Grèce, a marqué une pause cette semaine. Les taux des obligations souveraines italiennes et espagnoles à dix ans sont repartis à la hausse, repassant au-dessus du seuil symbolique des 5 %.

    http://bourse.lefigaro.fr/devises-matieres-premieres/actu-conseils/l-italie-et-l-espagne-sous-la-pression-des-march-s-167959

  26. que de, des questions, après ces constats sur l’urbanisme des mégapoles !
    à qui appartient le sol alors pour se loger, quand la spéculation donne des seuils financiers ?
    n’est-ce pas un luxe de vivre maintenant dans ces centres urbains rénovés qui ont un passé ?
    n’est ce pas cette propriété qui est la cause de nos maux ?
    se loger c’est aussi la sécurité. Alors pourquoi y aller dans ces mégapoles éphémères qui engendre rapidement l’insécurité ? la nécessité du travail ? l’attirance du grégaire ? des « déchets urbains » où il y a toujours des niches écologiques : un petit boulot de soumission, la manche ? l’espérance du mieux ?
    De Mexico et de Delhi que j’ai connu, attirent comme cela et au-delà de leurs rôle de capitale.
    Le paradoxe, ici en France, c’est que c’est un peu comme les strates géologiques : l’on y allaient ou l’on y vient jusqu’à la mer (Marseille), au bassin (Parisien), aux confluents (Lyon) .. et l’on y stagnent en générations .. en attendant l’ascenseur social. Mais, il n’y en a plus maintenant ? Sauf exception : en ces « quartiers » parfois émergent (comme l’évolution des espèces quand le climat, la fermentation, etc sont là) des « mutants » sociaux qui seront des graines. Mais quel gâchis avant ! et pendant ! De petits d’hommes révoltés et suicidaires ?
    Caillasser son école à moins de 10 ans, est un signe, avant d’être un acte !
    Mettre le feu à une bagnole, … d’un voisin n’a rien de raisonnable ! ni de magique-symbolique !
    Même si je peux analyser, jusqu’à la fin des temps, la bêtise des bagnoles en tant que .. symbole, moyen de ..
    Alors : éducation à reconstruire ? probablement mais depuis le temps, cela se saurait !
    Se loger n’est pas une demande de propriété comme une consommation : la redéfinir légalement ? comme l’air, l’eau ? plus que probable vu l’évolution économique récente !

    Alors parlons du collectif dans le vivre : pourquoi bientôt, il va devenir plus cher de régler ses factures d’eau, énergie que se loger en coloc (résultat d’une politique de désengagement publique, entre autre) ? Si nous n’y mettons pas de frein, c’est ces financiers recyclés dans les « produits » captifs (énergie, eau) qui auront le pouvoir du vivre collectif. N’est pas au collectif de garder le service vital au public ? l’on appelle des pompiers publics quand il y danger et n’y a-t-il pas danger quand comme à Delhi l’eau est un danger pour tous. Bien sur il y les sodas infects alors qui se vendent par .. les mêmes « prédateurs ». La finance n’a que des moyens pour une fin ?

  27. CE DONT ON NE PARLE PAS

    Je ne sais comment vous dire cela,

    Mais j’éprouve un tout petit pressentiment en ce moment,

    Sans doute que je ne vois pas encore très bien comment fonctionnent les gens de mon temps,

    C’est évident seuls les gens de condition modeste peuvent mieux se rendre compte de la chose,

    Surtout lorsqu’on préfère continuellement prendre les gens pour des cons en société,

  28. Oui je partage totalement cet avis pour avoir moi-même vécu 17 ans à temps complet à Mexico DF, je suis absolument d’accord, les mêmes causes produisant les mêmes effets, c’est cette peur quotidienne quand on sort de chez soi ou qu’on descend de voiture ou qu’on est obligé de s’arrêter à un feu rouge dans la journée, qui m’a peu à peu convaincue de revenir vivre en France et surtout d’y mettre mes enfants un peu plus « à l’abri » des enlèvements et autres…Les Européens ne peuvent s’imaginer ce que peut signifier vivre dans une telle angoisse au quotidien, même si par ailleurs, j’adore la société mexicaine, ces années furent de loin les plus heureuses de ma vie. C’est pourquoi je me demande si les chantres du néolibéralisme qui nous encouragent à installer la misère un peu partout en Europe sous prétexte de compétitivité, dernier endroit pouvant être considéré comme vivable se rendent bien compte qu’étant mortel on ne peut vivre convenablement dans des bunkers où l’on a peur de sortir, sortes de prisons où on peut continuer à se méfier de ses propres gardes du corps qui se vendent au plus offrant. Je conseille la lecture du livre de Jeremy Rifkin : La fin du travail. Il en parle très bien de ce problème. On vient de voir l’effroi et la stupéfaction qu’un tueur déterminé peut provoquer dans la société française, ce genre d’évènement est à Mexico et autres pays d’Amérique Latine d’une très grande banalité et ne fait pas la Une des journaux malheureusement. Dans certaines villes comme Ciudad Juarez, les enfants ne peuvent plus se rendre à l’école. A méditer, en tous cas merci pour l’article.

  29. @François

    excellent sujet de réflexion proposé de bon matin au lecteur fidèle.

    C’est quelque chose que je peux constater dans ma ville, à Nimes.

    Le centre se vide de ses magasins qui ferment les uns après les autres, remplacés par des banques et des superettes. Les professions libérales désertent. Comme toutes les entreprises qui ne sont pas immédiatement à vocation aux particuliers. Des quartiers hier huppés du centre voire prestigieux se sont sous-prolétarisés. Des bandes considérables d’ados agressifs le hantent de plus en plus chose impensable il y a 15 ans. Des groupes d’adulte y glandouillent pendant des heures alors qu’avant il vibrionnait. L’insécurité et les traffics y deviennent plus prégnants d’année en année.
    Les classes supérieures et moyennes sont entrain de vendre leurs appartement du centre ou leurs maisonnettes des quartiers pavillonnaires pour partir habiter en zone de garrigues.
    Sur les trois collèges du centre ville, prestigieux il y a encore moins de 7 ans, deux sont devenus des pétaudières, voire des coupe-gorges et les parents consternés et effarés mettent leurs enfants dans le privé pour qu’ils puissent bosser au calme et en sécurité. Même les laïcs et farouches de l’école publique.
    Ceux qui n’ont pas les moyens d’aller habiter en garrigues voient leurs seuls bien, leur maison et les moyens d’éducation de leurs enfants se dévaloriser chaque année.

    Triste constat. C’est votre article qui me fait réaliser ça. Au début, je voulais justement vous répondre en disant que vous exagériez et puis j’ai essayé de faire un point. Les boules….

  30. Toujours passionnant, François Leclerc. Avec, aujourd’hui, le doux son de la Samba.

    En ville et dans les banlieues résidentielles, les gens utiles et nécessaires.
    Dans les bidonvilles ou nos banlieues, les gens superflus, employés par roulement et par intermittence pour des petits boulots, essentiellement de service et de survie. Paies dérisoires -naturellement – puisque 1 petit boulot pour 10 personnes.
    Immigration sauvage bienvenue : plus il y a de pauvres, mieux c’est. Pendant que le Ministre pérore, devant des journalistes comme il faut, sur la chasse aux clandestins dans la salle à manger du grand restaurant, l’immigré clandestin fait la plonge ou la cuisine dans la pièce à côté.
    Avec la montée de la robotique, le nombre des inutiles va d’ailleurs augmenter encore et le basculement vers la précarité s’accentuer. Il est vrai qu’aux pauvres, il reste la dette (mille milliards de dollars de prêts étudiants aux USA (plus que les prêts à la consommation).

    Naturellement, pour faire tenir l’insoutenable, les pouvoirs ont besoin de solides et indéfectibles soutiens.
    Ce n’est pas un hasard si, aussi bien dans le privé que dans le public, les salaires et indemnités des cadres dirigeants s’envolent et tous les autres stagnent ou régressent. C’est le prix de l’allégeance, pas celui de la qualité comme on le proclame. L’ENA, ce n’est pas le « flight to quality » mais le  » flight to servility ».
    Comme le disait Paul Jorion à propos de son job dans la finance Etatsunienne, seule compte vraiment la fidélité au système, la capacité à le servir corps et âme. A défaut, le postulant à un emploi supérieur est vite relégué.

    Dès lors, la banlieue ou autre favella devient vite un camp retranché, afin d’assurer la pérennité de tous les trafics de subsistance. Pour croire les âneries de nos gouvernants, il ne faut pas avoir vu ces reportages TV où l’on voit des guetteurs accompagner les pérégrinations des policiers français de l’entrée à la sortie des cités.
    Leur guerre est d’ores et déjà perdue parce-qu’elle ne peut plus être gagnée : en vérité, même en France, les miséreux deviennent trop nombreux.
    Mais, comme le disait RED, « on préfère leur donner aumône et assistance pourvu qu’ ils ne jouent aucun rôle dans la société. Tout en prétendant haut et fort le contraire évidemment (sinon ce ne serait pas drôle). »

    Et quand un gamin pète un câble, les chroniqueurs sérieux et responsables entonnent les grands airs de la REPUBLIQUESOLIDAIREETINFLEXIBLE ou de la manif anti-violence cathartique. Pour les réflexions économiques et sociales, les redistributions salariales ou la légitimité de la dette, on attendra un peu.

    Bizarrement, face à l’ampleur des dysfonctions qu’il engendre, le système est nu.
    Il s’appuie, comme on l’a vu, sur une poignée de fidèles (censés faire obéir leurs soutiers) et compte sur l’apathie et la résignation des masses. Mais les soutiers (aussi pauvres et surendettés que les autres) sont durs d’oreille.
    Il s’avoue (nombreux témoignages récents) incapable de surveiller in vivo une vingtaine de dissidents potentiellement dangereux (en l’occurence, le nombre de djihadistes français ayant été s’entraîner en Afghanistan).
    Il ne peut davantage faire face au piratage informatique de masse.
    Il ne peut même plus faire exécuter ses propres condamnations pénales, faute de moyens ou de places en prison.
    Des pans de plus en plus grands du territoire lui échappent (banlieues, mais aussi au fin fond des campagnes où, par exemple, le shit se cultive et se revend allègrement dans tous les milieux).
    Et – ce n’est pas le moindre – il est sans cesse à la traîne devant les bouleversements sociétaux nés de la fulgurance des progrès technologiques.

    Bref, des temps à venir bien intéressants …

    1. Bien sûr, la police et même la gendarmerie quand ce n’est pas l’armée elle-même passent de « l’autre côté » où la rémunération est plus intéressante ainsi on dit au Mexique : Si tu as un problème, n’appelle surtout pas la police car tu en aurais un autre encore plus grand !

  31. H. G. Wells s’est inspiré de cela pour une partie de son roman « La machine à explorer dans le temps ». J’aime beaucoup le passage sur les Morlocks et les Elois. H. G. Wells était britanique et… visionnaire ? Non, simplement un observateur indépendant.

  32. Dans Utopies réalisables, Yona Friedman évoque et essaie de résoudre le problème des bidons villes. Passionnant et facile à lire.

  33. Quand on laisse la place au chaos social, c’est le sauve qui peut, une lutte sans merci pour la survie !

  34. Il faut quand même mettre en rapport le dévelopement des villes et la croissance exponentielle de la population. Passer de 10 millions à 20 millions d’habitants ou de 20 à 40 dans le même laps de temps ne pose pas les mêmes problèmes.
    Pour organiser et structurer il faut du temps et la pression démographique ne laisse pas de temps, il faut parer au plus pressé et celà donne des bidonvilles. L’exode des campagne n’est pas dû qu’a l’attrait des lumiéres de la ville, à partir d’un certain point une terre agricole ne donne pas deux fois plus avec le double de main d’oeuvre. Avec en plus des outils plus performants, beaucoups d’habitants des campagne n’ont pas d’autre choix que de quitter la terre qui les a vu naitre.

    1. L’être humain, en voulant plus de richesse que n’en produit sa terre a des ambitions démesurées qui, in fine, n’aboutira à rien d’autre que la destruction de son environnement et à une misère plus grande encore.

      Sur ce thème, je ne peux ici que conseiller la lecture d’un excellent livre de Jared Diamond : « Effondrement »

  35. Très juste, la paupérisation des centres, leurs abandons et les bidonvilles en périphéries semblent revenir en occidents. Un exemple emblématique que je ne voie pas malheureusement pas dans ce bon article : les États-Unis d’Amérique. Il suffit de voir les images de ces quartiers à l’abandon comme à Détroit, une série américaine comme The Wire [en] (sur écoute [fr]) avec ces quartiers de Philadelphie, ou enfin cette vidéo de la BBC de Saint Louis.
    Quand on regarde les statistiques économiques et sociales de ce pays, il faut se rendre à l’évidence que les USA sont un pays du tiers-monde : mobilité sociale très faible, reproduction des inégalités, Angleterre du XVIIe, plus égalitaire que les Etats-Unis actuels,… Sans parler des soins médicaux, car comme le présenter le film Sicko de Moore (peut-être un de ces films avec le moins de travers), le Taux de mortalité infantile est plus élevé aux USA qu’à Cuba.

    Pour en revenir au sujet des bidonvilles, voici un article intéressant, il dépoussière quelques mythes : Ces bidonvilles qui croissent malgré la main invisible du marché.

  36. « La thèse: la pauvreté a longtemps été une richesse, parce que la vie pauvre, en même temps, permettait la satisfaction des besoins essentiels, faisait de l’entraide une nécessité et de la solidarité une réalité qui enrichissaient les rapports humains de tous. »
    Je serais intéressé pas votre liste des besoins essentiels.
    Pour moi, vivant dans un monde supposé riche,
    – avoir accès à une eau propre et potable ainsi qu’à une nourriture acceptable
    – avoir un toit pour se protéger des intempéries
    – avoir une aide dans le cas de maladie, de vieillesse c.à.d. dans tous les cas où on devient faible.
    – avoir accès à l’éducation, à la culture
    – avoir un enterrement conforme à ses souhaits

    Je ne crois pas qu’une économie de survie puisse correspondre aux critères que je cite.
    Mais je peux me tromper.

    Un peu de Portugal pour réjouir notre coeur

    Du Brésil aussi

  37. Dans l’histoire de l’humanité, la pauvreté a toujours été la norme et la richesse complètement anormale.

    Finalement il est légitime de se demander qu’est ce qui est le plus problèmatique, la pauvreté ou la richesse ?

    Si les riches n’existaient pas, est ce que les pauvres se plaindraient de leur pauvreté ? Et ces pauvres seraient ils plus pauvres ou moins pauvres ?

    L’être humain est ainsi fait qu’il se plaint toujours. Un jour je me suis plaint à mon patron  » Je trouve mon salaire insuffisant « … il m’a répondu  » moi non plus je ne suis pas satisfait de mon salaire ! »…Personne n’est donc satisfait de son sort sur cette foutue planète ? Pourquoi passe t on son temps à toujours envier celui qui possède plus ?

    Est ce que posséder plus rend plus heureux ? Posséder plus rends plus sexy, plus séduisant…Après la chute du mur de Berlin on s’est aperçu que séduire une femme avec une BMW c’est beaucoup plus facile qu’avec une Trabant, ce qui contribue à expliquer l’échec du communisme !

    Le problème n’est pas l’économie… le problème c’est l’être humain et le capitalisme est finalement bien adapté à la nature humaine.

  38. Oui , la description de São Paulo est juste mais je la vois depuis les années 1970, 80, etc c qui à change est la mentalité , les pauvres , en devenant plus pauvres et nombreux ; sont devenus plus violents ; accompagnant la violence sociale. N’ oublions pas ,l’ Amérique Latine fut un terrain d’ essai pour les économistes libérales style Milton Friedman ,ecole de Chicagoetc . Le Brésil qui fut une dictature militaire des plus dures du continent.

    L’auteur américain Frank D. McCann écrit ainsi, dans un texte de la Librairie du Congrès, que les « autoritaires devaient assumer la position contradictoire de défendre la démocratie en la détruisant » .
    Le sociologue Alain Rouquié écrit, lui :
    « S’il fallait en quelques mots repérer l’aspect le plus frappant de la vie politique latino-américaine, à coup sûr ce ne seraient ni les coups d’États, ni les putschs, ou le continuismo de présidents viagers, ni la fraude électorale bien tempérée qu’il conviendrait de signaler, mais plutôt l’attachement indéfectible, platonique, aux institutions représentatives de la démocratie à l’occidentale.
    Alors même qu’on viole ou contourne les principes libéraux et les cadres constitutionnels, on se réclame des valeurs permanentes de l’ordre démocratique. Les marchands d’ordre nouveau ne font pas florès au sud du Rio Bravo. Civils et militaires ne se réfèrent guère qu’à la démocratie, et à aucune autre légitimité qu’à celle dominante du libéralisme. »

    Le théologien belge Joseph Comblin parle lui d’« État de sécurité nationale » — qui ressemble, selon Marie-Monique Robin, à celui présenté par des militaires français tels que Jacques Hogard — pour caractériser ce nouveau type dictatorial de régime, où le pouvoir est concentré dans les mains de l’exécutif, lui-même contrôlé par l’armée. Selon le colonel espagnol Prudencio Garcia, les forces armées s’arrogent le droit exclusif d’incarner les concepts de « patrie et de représentation de la nation », rejetant tous leurs opposants comme « apatrides »:
    « En aucun cas, il ne s’agit de vaincre démocratiquement des adversaires politiques qui proposent un projet social différent, mais d’anéantir physiquement un certain nombre de créatures désincarnées, déshumanisées et considérées comme des dangers mortels »
    Que de contradictions les mêmes mots dans la bouche de nos politiques 40 ans après et pourtant mondialistes partisans du capital apatride et des nations hôtels tel le reve de J.Attali
    Texte très actuel pour notre cher Europe.

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