L'actualité de la crise : TROIS PETITS SINGES, par François Leclerc

Billet invité

Poursuivant son numéro d’équilibriste en charge des services financiers, le Commissaire européen Michel Barnier vient de déclarer à propos des banques : « Je ne veux pas parler de mauvaise foi, mais d’un manque de bonne volonté, à coup sûr ». Il ne s’agissait que de la tarification de leurs services, qui manque selon lui de clarté, et pour laquelle on légiférera. Elargissant ses travaux au monde du shadow banking en lançant une vaste consultation, il a cru devoir expliquer : « je ne fais pas de procès d’intention, je ne mets pas en accusation les acteurs de ce secteur parallèle qui peut permettre une diversification utile des sources de financement ».

De quoi s’agit-il cette fois-ci ? D’identifier les risques qui pourraient provenir de ce secteur mal inventorié et non régulé du monde financier, afin de les prévenir. Première question posée, qui en dit long sur le travail à accomplir : établir une définition de ce qui caractérise ces institutions non bancaires, parmi lesquelles on range les fonds d’investissements et monétaires, les sociétés de financement et entités spécialisées ainsi que les compagnies d’assurance ou de réassurance qui émettent ou garantissent des produits de crédit. Ainsi que de nombreuses curiosités pudiquement cachées derrière un paravent, que l’on ne nomme même pas.

Engagées via la publication d’un « livre vert », ces consultations s’inscrivent dans le cadre des travaux confiés par le G20 au Conseil de stabilité financière. Le présentant, Michel Barnier a multiplié les précautions oratoires, en insistant : « Je n’ai pas de guerre à mener contre ce système, je veux simplement qu’il soit ramené dans le champ de la régulation et de la transparence ». On enregistre la promesse.

Que n’a-t-il écouté son collègue Lord Turner, en charge du Financial services authority (FSA) britannique ! Cela aurait pu le mettre sur une piste prometteuse, afin de prendre en considération que le shadow banking « n’est pas quelque chose de parallèle et de séparé du coeur du système bancaire, mais est au contraire étroitement interconnecté avec celui-ci », en tirant comme conséquence que « nous devons nous assurer que notre réponse en termes de régulation constitue une réponse appropriée au shadow banking et aux banques à la fois ». Cette fois-ci, a poursuivi Lord Turner, « nous devons être certains d’aller véritablement au fond des choses, et ne pas nous leurrer en pensant que les réformes que nous mettons au point feront que ce système sera une fois pour toutes sans risque ».

L’approche que défend Lord Turner est a priori plus prometteuse, puisqu’elle privilégie les produits financiers tout autant que les structures, avertissant que « tout système aussi complexe [que la titrisation] défiera toujours une parfaite compréhension ». « Nous ne devrons pas tirer comme conclusion de la disparition de certains indicateurs de l’activité parallèle que tous les risques ont disparu pour autant » a-t-il enfin averti.

« A Bruxelles nous ne sommes pas stupides », a rebondi Joaquin Almunia, le Commissaire chargé de la concurrence, à propos du nouvel objectif de réduction du déficit qui a finalement été consenti, non sans une dure bataille publique. « Nous savons que les objectifs d’ajustement budgétaire ne peuvent être inamovibles si les perspectives de croissance changent, comme cela s’est passé dans le cas de l’Espagne » a-t-il fort tardivement reconnu, après avoir auparavant prétendu qu’il n’était pas question de revenir sur les objectifs initiaux. A l’écouter, le gouvernement espagnol aurait pu l’obtenir autrement, « sans faire autant de bruit et en faire un défi ». Tout en maintenant que « ce n’est pas vrai qu’en faisant moins de coupes on résoudra les choses. Un moindre effort aggraverait les autres problèmes ».

Que n’a-t-il lu l’interview accordée au quotidien grec Kathimérini par Jean-Claude Juncker, qui multiplie les propos déviants ! « Je crois qu’on n’a pas suffisamment mis l’accent sur la dimension croissance à propos de la Grèce. Nous avons surtout insisté sur l’assainissement des finances publiques sans offrir d’alternative ou de laisser un choix à la Grèce (…) Nous nous sommes montrés durs quant à l’assainissement des finances mais très laxistes quant à l’autre paramètre important, celui de la croissance ».

Il a conclu en remarquant qu’il aurait été « plus logique de mettre dès le début l’accent sur la croissance (…) la Grèce traversant maintenant sa cinquième année de récession ». On apprenait à ce propos ce lundi dans le rapport annuel de la banque de Grèce que le PIB devrait selon les estimations actuelles chuter de 4,5% cette année.

Ce survol de déclarations glanées sur les fils des agences de presse serait incomplet s’il n’était fait état, toujours dans le domaine de la clairvoyance du propos et de la qualité de l’analyse, des déclarations de Gary Locke, l’ambassadeur des États-Unis en Chine. Celui-ci vient à nouveau de s’élever contre les pratiques commerciales discriminatoires dont souffrent les entreprises américaines, regrettant également « les distorsions que nous estimons injustes en matière monétaire ». Une pratique qualifiée aux Etats-Unis même de manière moins diplomatique de « manipulation des cours du yuan ». Elles font en conséquence obstacle à l’essor des exportations américaines et sont à l’origine du déséquilibre commercial que connait le pays, considère-t-on au niveau officiel. Une explication qui évite de se poser des questions autrement dérangeantes sur leur compétitivité intrinsèque.

Que n’a-t-il pris connaissance du discours prononcé par le premier ministre Wen Jiabao devant le Parlement en séance plénière, qui a fait état de la surévaluation de 30% du yuan par rapport au dollar depuis 2005 !

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47 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : TROIS PETITS SINGES, par François Leclerc »

  1. Si je comprends bien M.Locke (Gary, pas John), les Etats Unis se proposent d’inonder la Chine de produits à bas coût.
    Bon courage, messieurs les frapadingues !

    1. C’est d’autant plus vrai que sans le soutien constant, persévérant et (disons le) méritoire des chinois, le dollar se serait effondré depuis au moins 10 ans !

      (OK, Les chinois font ça de manière intéressée, mais n’empêche !)

  2. Cher François,
    Je pense maintenant m’être trompé dans mon estimation des risques que font encourir les technologies numériques aux économies et aux sociétés, je n’ai pas su prévoir que leur impact serait pour bien plus tôt et de bien plus grande envergure que je ne le pensais, de même pour les risques écologiques qui, bien qu’en en ayant conscience je ne pensais pas être aussi imminents.

    Face à ces deux « tsunamis » planétaires les perturbations financières apparaitront comme de petites vaguelettes…

    1/ le Tsunami des technologies numériques: dans un message précédent j’ai parlé d’un concept inventé par un des grands penseurs et visionnaire en intelligence artificielle: Raymond Kurtzweill : le concept de « singularité » c’est à dire un point dans l’histoire des technologies où l’intelligence des machines surpassera l’intelligence humaine à tell point que ces machines de produiront elles mêmes et en inventeront d’encore plus performantes sans intervention humaine et que l’intelligence humaine même aidée par des machines ne pourrait plus contrôler.
    Cette date pourrait être très proche de notre temps: entre 30 et 60 ans…

    Je disais dans mon message qu’il serait urgent que les penseurs de tous niveaux travaillent intensément à ce sujet pour inventer des stratégies capables d’interrompre ce cycle infernal. Car on peut imaginer que si les machines prenaient le pouvoir, elles ne feraient pas grand cas de l’espèce humaine ni même des autres formes de vies sur Terre, n’en ayant pas besoin pour leur survie.

    Je me suis rendu compte que le scénario ci-dessus était encore trop optimiste…

    En fait « la singularité est déjà parmi nous. Pas encore une singularité où les machines seules auraient dépassé l’intelligence humaine, mais une singularité hybride formée des milliards d’utilisateurs de machines numériques, ordinateurs, téléphones portables et même appareils de photos numériques se connectant en un réseau planétaire, partageant des données et des programmes, chacun apportant des éléments à la construction de décisions ayant des conséquences planétaires incontrôlées et devenues incontrôlables.

    L’ensemble se comportant comme une organisme vivant que l’on pourrait appeler « Cyborg planétaire » en utilisant le vocabulaire de la science fiction.
    Cet organisme envahit toutes les activités de la planète de manière plus ou moins insidieuse, et quiconque se sert des machines numériques, contribue sans en être conscient, au renforcement de ce « Cyborg planétaire », lequel évolue très rapidement vers la seconde étape de la singularité où il n’aura plus besoin de l’intelligence humaine pour progresser en vue de sa domination. Le « tsunami numérique est déjà là » bien que sous sa forme hybride « homme machine ».

    2 Le Tsunami écologique lui aussi est déjà là: les retards pris par les dirigeants des pays du monde entier, des groupes industriels et même des populations à comprendre le phénomène de réchauffement planétaire, lequel pour s’être amplifié au cours du XXème siècle, a commencé bien plus tôt à la révolution industrielle avec l’utilisation massive d’énergies fossiles et même non fossiles telles que le bois, dans des quantités croissantes au fur et à mesure que les moyens d’extraction et de transport rendaient moins pénible l’utilisation de ces combustibles (auparavant quand il fallait aller couper puis chercher le bois dans la forêt, on faisait attention avant de mettre trois buches dans la cheminée ou dans la cuisinière…

    Les retards à identifier et à reconnaître le phénomène de réchauffement planétaire ont conduit à une situation où ce dernier s’auto-entretient et lui aussi s’auto-accélère…
    Un article récent dont je n’ai pas les références sous la main exprimait la crainte que le dégel du permafrost envoie dans l’atmosphère terrestre des quantités de gaz à effet de serre incommensurables avec celles produites jusque là par les activités humaines. Les déperditions de surfaces couvertes de neige réfléchissant les rayons du soleil vers l’espace sont un autre phénomène qui va s’accélérant… Tout cela fait que le « Tsunami écologique » risque d’être bien plus proche de nous, que bien des gens ne le pensaient…

    A côté de cela, les problèmes financiers, français européens ou même américains, me semblent bien moins importants.

    Bernard Stiegler dont on m’avait recommandé les écrits sur ce blog, garde une dose d’optimisme fondée sur les mêmes idées que celles exprimées dès 1970 par Buckminster Fuller.

    Il semble aussi voir au moins une partie de solution aux problèmes dans les idées de Jeremy Rifkin , telles qu’exprimées dans « La troisième révolution industrielle » et ses autres livres précédents: l’âge de l’accès ou aussi « Une nouvelle conscience pour un monde en crise ».

    Devant ces phénomènes les puissances capitalistes sont dans l’incapacité de réagir car elles ont trop longtemps cru que ces technologies allaient leur permettre d’augmenter leurs profits. Or au lieu de ça, c’est l’inverse qui se produit en supprimant des emplois les technologies suppriment aussi des « clients ».
    Ni les capitalistes ni les mécanismes des marchés ne contrôlent plus ces évolutions technologique auto entretenue, que dis-je auto-accélérée… Évolution technologique qui s’enrichit de toutes nos participations; les plus bénignes au processus enclenché. Blogs réseaux sociaux, sous forme de messages de photos ou de partages de vidéos, etc.

    Ni les évolutions écologiques dont les puissance capitalistes ont trop longtemps cru pouvoir tirer seuls les bénéfices et en laissant les pertes à la planète sous forme d’externalités. Externalisation des pertes qu’ils ont fait, au passage, supporter aux politiques sociales qu’ils dénoncent maintenant : trop d’impôts, trop de charges sociales, mais à qui la faute sinon à eux……

    Quelqu’un pourrait-il me remonter le moral, SVP…

    La découverte que la singularité avait déjà commencé sous forme d’un « Cyborg planétaire » ne se connaissant pas lui même, et s’auto reproduisant sans limites m’a démoralisé.

    Il risque d’être trop tard pour réagir, et même les forces de l’argent, quand bien même elles réaliseraient la gravité de la situation, ne pourraient rien y faire. La solution venant d’une éducation en profondeur de tous les membres de l’humanité et cela sans endoctrinement, ne dépend pas uniquement de moyens financiers: l’éducation demande des compétences nouvelles qui restent à acquérir, et prend du temps à être internalisée par les membres de la société…

    Paul T.

    1. Cher Paul Tréhin

      Nous avons des lectures communes et quelques autres points communs…
      – Sur le Tsunami numérique, il accompagne en effet actuellement des « prolétarisations » au sens de Stiegler/Simondon et s’accroche avec force aux pulsions. La jeunesse réécrirait volontiers les 10 commandements sous la forme « tu aimeras ton(tes) pixel(s) comme toi même » qui se déclinera en « tu ne convoiteras pas les pixels de ton prochain », quand je vois la force du feedback des écrans-pour-tout (avoir des relations « sociales », qui consistent à aller se photographier/filmer l’un l’autre, ce qui dérive facilement vers « filmer plus » , plus de transgression, avec des limites star-académiques, donc assez lointaines et fort pulsionnelles).
      D’où viendrait un remède ? au-delà des dialectiques « pharmacologiques » (pharmakon grec) de Stiegler et de l’économie de la contribution, n’oublions pas que nous avons cinq sens, et que le succès de l’image va saturer l’image.
      Le reste, ce sera surtout le toucher (l’ouie est saturée… si vous ne vous en étiez pas rendu compte). Pas encore « grammatisé » ou « prolétarisé », peut être un peu moins d’apprentissage de l’écriture, mais on peut vivre sans la plume Sergent-Major, et n’avoir ni pleins ni déliés. D’après les livres de Sennett, il me semble que le feedback de la main est juste plus lent, mais aussi le plus hu-main, ayant forcément partie liée avec apprentissage, matière et résistance, toutes choses qui n’existent que fugacement dans l’Image-Régnante et le Pixel-que-tu-Honereras. Donc je vois dans l’avènement de la Wii, –ce premier pas non esclave (esclave d’un clavier d’une souris d’un touchscreen) vers non nerfs moteurs/tactiles– un relatif bon signe. Certes il y aura aussi captage de la synchronisation gestuelle par le marketing, un fordisme plus fordiste qui ira au bord de nos consciences, mais il y aura aussi de la matière à former. La main servira à définir des formes 3D, à les sculpter virtuellement, dans le meilleur des mondes, nous serons de vrais magdaléniens numériques (euh, excusez si je me goure mais c’est vers -50000 et les magdaléniens l’apogée de l’art lithique, non ?) .

      – Pour le risque écologique, ne paniquez pas trop avec le dégel. Ca décaissera le carbone un peu plus vite, mais je crains que nous ne restions les champions du décaissage direct (dont par exemple méthane fracturé dans la roche mais fuyant dans l’air cf blog de S Huet sur libé). Il existe aussi un vague espoir que la contre-réaction de l’eau soit plus complexe que ce qu’on appréhende pour avoir la résultante du forcage radiatif.
      Regardez aussi la courbe de conso du petrole + charbon des pays (y compris non nucléaire) : après une grosse bosse vers 1970 ou un peu après, réduction régulière… Donc certaines tendabces de fond ne sont pas tout mauvaises… certes faut les aider… « à la main »

      1. 3km de théorie du cyborg féministe plus tard : niveau 0 du darwinisme geek
        C’est sensé remonter le moral à qui?

      2. @miluz:
        Je pense qu’une activité physique, démontrée par ces jeunes femmes dans la vidéo, et qu’un peu de philosophie Épicurienne ne feraient pas de mal a Paul Tréhin et probablement a quelques uns des lecteurs de ce blog, ne trouvez-vous pas?
        Epicureanism:
        A philosophy advanced by Epicurus that considered happiness, or the avoidance of pain and emotional disturbance, to be the highest good and that advocated the pursuit of pleasures that can be enjoyed in moderation.

    2. Pour une fois je serai plus optimiste que vous, le développement de l’intelligence informatique et décentralisée est un sujet passionnant et pas du tout terrifiant.
      Avec les informations d’internet, quelle serait la puissance d’une machine virtuelle capable de comprendre, analyser, corréler, confronter et juger le niveau de crédibilité des connaissances dans tous les domaines.
      Je ne crois pas à la machine intelligente qui complote contre l’humanité en tant qu’intelligence concurrente potentiellement nuisible.
      L’intelligence humaine est très limitée par l’énergie nécessaire, le volume d’informations à traiter et le temps disponible, l’informatique n’a que des limites technologiques, c’est à dire de l’argent et du temps de traitement.

      A ma connaissance il n’y a pas de système permettant de gérer des idées en suites logiques et cohérentes. Pourtant tous les enfants y arrivent après quelques années d’apprentissage et d’éducation. La méthode pourrait assez facilement être reproduite virtuellement en donnant des besoins à combler à un programme, l’obligeant à réagir, interagir et influer sur son environnement virtuel, ce qui implique de le connaître et le comprendre.
      Cela implique nécessairement un volet affectif et relationnel qui interdit à la machine de travailler pour son compte et dans son intérêt.
      Je pense que la clé se situe dans le niveau d’angoisse du système provoqué par une connaissance imparfaite, considérée comme un besoin essentiel. ce n’est qu’une histoire de programmation des paramètres.

    3. Tsunami technologique, tsunami écologique ?

      Singularité ? Oui. Il est effectivement trop tard et, pour vous remonter le moral :

      La machine a conclu que « l’homme est quelque chose qui doit être surmonté »

    4. bonjour paul
      que votre moral ne soit atteint par le processus dans lequel l humanité se trouve, il y a une autre vie , apres notre mort( et avant notre naissance), je sais je deborde le cadre du blog..
      merci , du partage de vos reflexions et interrogations, elles vont dans le meme sens que les miennes.
      troublant, oui troublant, c est ce que je veux dire ce matin…(je sais qu en ecrivant ,je participe ala construction de ce que vous evoquiez dans votre message)

      lucien

    5. @Paul .T
      Il semblerait que vous vous soyez encore trompé de près d’un siècle, ces machines intelligentes et surpuissantes existent déjà, elles s’appellent les Méga banques et les lobies du pétrole et de l’armement et le politico-militaire, ..planqués derrière le néo-libéralisme.
      Quand au scénario « tsunami écologique » et le CO2 libérée par le permafrost à cause du dérèglement climatique houlala ça fout les jetons, non? Quoique,pas d’avantage a y réfléchir que l’hypothèse que ce qui est en dessous de la croûte terrestre s’ennerve et s’emballe ( la croute terrestre, dois je vous le rappeler représentant l’épaisseur de l’enveloppe d’un ballon lui même mesurant 1m de diamètre) et dire que nous y sommes dessus…brr ça fait pas peur ça!

    6. Je pense que votre crainte provient du fait que vous placez mal la fontiere entre le tout et ses contituants. Vous placez le « Cyborg planétaire » de maniere separe de ses constituants humains. Prenez l’analogie avec votre cerveau. Vous ressentez une identite humaine, pourtant celle-ci n’est issue que de l’interaction de dizaines de milliards de neurones independant mais connectes. Vous pouvez lire  » L’Homme symbiotique » de Joël de Rosnay. Il fait la meme analyse que vous mais en tire des conclusions beaucoup plus optimistes.

    7. J’avais un ami, brillant informaticien, qui me disait « si un ordinateur t’emm…., coupe le courant ! ». Dans ces conditions, pour se reproduire, ce sera coton !

    8. Il n’y a qu’un seul facteur à modifier pour que votre monstre devienne le plus utile des serviteurs.
      Il suffit de promouvoir la solidarité plutôt que la compétition, et pour cela il s’agit de modifier l’actuel l’endoctrinement.

    9. Votre conclusion :La solution venant d’une éducation en profondeur de tous les membres de l’humanité et cela sans endoctrinement, ne dépend pas uniquement de moyens financiers: l’éducation demande des compétences nouvelles qui restent à acquérir
      me rappelle la conférence donnée par Michel Serres pour les 40 ans de l’inria :
      Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents
      C’était en 2007, il me semble que sa conférence est toujours d’actualité.
      Bonne écoute et meilleur moral à vous !

    10. La seule intelligence dans les réseaux, sur la toile, n’est-elle pas d’une part celle qui a été mise dans les logiciels qui permettent l’interconnexion (et celle des terminaux que nous utilisons pour nous connecter) et d’autre part, toute proportion gardée, celle des interventions de tout un chacun. En voyez vous une autre ?
      En ce qui concerne le permafrost j’ai lu effectivement que l’on mesurait actuellement sa fonte et par ailleurs que le méthane (est-ce bien de ce gaz dont il s’agit ?) qui était libéré était bien plus actif que le CO2 pour l’effet de serre.

  3. L’éditorialiste n°1 de l’organe du comité central de la Droite sarkozyste, Ivan Rioufol du Figaro- Dassault, vient dansun débat sur LCP TV de dévoiler le fond de sa (non) pensée. La crise est uniquement celle de la dette publique et de la social démocratie. Circulez il n’y a rien à voir.
    La conséquence non dite est la privatisation de tous les services publics, la rentabilisation à outrance de la santé, de l’éducation … la baisse des salaires directs et différés, la précarisation totale de l’emploi. Pour ceux qui ont du mal à voir la différence entre la gauche et la droite il n’est pas interdit d’ouvrir ses yeux et ses oreilles.

    1. « la baisse des salaires directs et différés, la précarisation totale de l’emploi. Pour ceux qui ont du mal à voir la différence entre la gauche et la droite il n’est pas interdit d’ouvrir ses yeux et ses oreilles. »

      Vous avez le mérite d’y croire.

    1. @ hema
      Je ne suis pas allé au bout de la vidéo ; ce J. Cazes découvre que les banquiers sont des mecs de pouvoir , qu’ils jouent avec notre argent et que finalement le grand casino veut qu’on privatise les pertes et socialise les bénéfices . Une admiration sans retenue pour  » l’intelligence  » des banquiers
      Des bribes de critiques sémantiques ( la banque  » universelle  » en tant qu’acception irréfutable ) .
      Quelle avancée !
      Ça devient une mode de crier :  » halte au feu !  » ( depuis le travail de P. Jorion et son  » Crépuscule du veau d’or « …? )
      J. Cazes pense qu’il faut que  » la collectivité réagisse  » ; je saute sur l’occasion :

      Des générations entières ont été déracinées au prétexte de projets « d’aménagements » Ça suffit, nous ne les laisserons pas faire !

      Le 24 mars à Nantes, affirmons ensemble notre détermination à stopper l’un d’entre eux : le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

      Des mouvements de résistance existent partout ; contre :
      – l’extraction des gaz de schiste,
      – la construction d’une centrale à gaz à Brest,
      – la ligne THT dans le Cotentin et son EPR associé,
      – la ligne TGV en Val de Suze (Italie),
      – l’autoroute en forêt de Khimki (Russie),
      – l’installation d’une mine d’or à Rosa Montana (Roumanie)…
      La convergence des luttes s’organise.

      Ces projets servent en premier lieu les intérêts des banques, les actionnaires des multinationales et les politiciens. Ils s’imposent par la force quand les simulacres de concertation (débats, enquêtes …) n’ont pas suffi à faire taire les oppositions.

      Concernant l’aéroport, une lubie de Jean-Marc Ayrault, l’État en a confié la réalisation ainsi que la gestion pour 55 ans à la multinationale Vinci. Alors que des plans de rigueur sont à l’œuvre, les décideurs sont capables d’assumer un discours sur l’austérité tout en conduisant ce projet au coût délirant.

      Depuis plus de 40 ans, une épée de Damoclès.

      Dès la première heure mobilisation paysanne.
      En 2000, le PS ressort le projet des cartons ; associations, mouvements politiques et divers collectifs s’organisent pour s’y opposer: information, rassemblements, perturbation des études préliminaires, recours juridiques, études indépendantes, occupation de maisons et de terres sur la zone menacée, pression sur les décideurs et les entreprises impliqués, la lutte déterminée des opposant-e-s revêt des pratiques différentes unies dans un SEUL BUT : L’ARRÊT DU PROJET.

      La construction n’a pas commencé et ne commencera pas !

      Vinci planifie, l’État exécute mais devra vider la zone (expulsions, expropriations) avant le début des travaux. La répression est forte. Elle vise à intimider les habitant-e-s et à diviser les opposant-e-s. Le mouvement collectif de révolte s’intensifie face à l’aveuglement et à la surdité des porteurs du projet. Nous vous invitons à vous y engager.

      SOYONS NOMBREUX-SES SUR LE TERRAIN pour empêcher la destruction des lieux de vie, des terres agricoles, des espaces sauvages .
      Nantes 24 mars : Grande manif contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes :
      3 points de rassemblements pour tracteurs et vélos à 12h :
      – au CARDO (jonction avec piétons à 12h30 au Rond Point de Rennes)
      – à la HALUCHÈRE (jonction avec piétons à 12h30 au Rond Point de Paris)
      – à PIRMIL : tracteurs, vélo et piéton

      RASSEMBLEMENT GÉNÉRAL – 13h – PONT MORAND pour déambulation dans Nantes ; installation place du Cirque à partir de 15h .

      UN NOUVEL AÉROPORT ? NI ICI, NI AILLEURS !

      LE 24 MARS A NANTES MANIFESTONS NOTRE OPPOSITION À CE PROJET ET EXIGEONS SON ARRÊT IMMÉDIAT .

      1. « LE 24 MARS A NANTES MANIFESTONS NOTRE OPPOSITION À CE PROJET ET EXIGEONS SON ARRÊT IMMÉDIAT . »

        La décroissance sans le savoir.

        Comme tous ces villages et ces bourgs qui demandent le contournement de leur lieu de vie ( 2000 véhicules/h ! C’est invivable !).

        Au lieu du NIMBY (pas dans ma cour), dont se gausse le monde productiviste et qui lui sert de repoussoir idéologique :

        Pour la décroissance des déplacements en avion et en automobile et des camions et de la production nuisible (ce qui diminuera les déplacements camions) et des déplacements inutiles tout court.

        Alors pas d’aéroport nouveau, donc pas d’aéroport à Nantes.

        Se déplacer fait partie des besoins fondamentaux, comme se nourrir, mais pas de s’engraisser ni de s’hyperdéplacer.

        Delphin

        (taratata, il avait été envisagé il y a quelques années, d’installer un aéroport dans mon coin. Ma maison se trouvait en bout de piste)

      2. @Taratata
        Tu as raison sur tout, le seul fait nouveau c’est que cette intervention passe sur Xerfi Canal, qui n’est pas spécialement l’organe de diffusion habituel pour les objecteurs de tous poil (dont je fais partie). Ce qui m’intéresse, c’est la vitesse et l’étendue de la pénétration des idées .

        Si des idées proches pénètrent plus ou moins en même temps auprès d’un vaste public, via Jorion, Cazes, Lordon ou autres, on a une petite chance d’avoir un changement positif sans trop de violence. Dans ce cadre, l’intérêt de Cazes est qu’il peut toucher un autre public avec une certaine crédibilité.

        On peut extrapoler ce que dit Cazes de la banque à nombre d’entreprises privées (et même de plus en plus, publiques), pour la plupart des gens qui y travaillent, ils savent que ça ne va plus et qui’il faut faire autre chose, mais ils y a le crédit à payer, les études des enfants,….(sans parler pour les plus vieux des petites économies diverses et variées, au cas où) et pour beaucoup le simple objectif de survie) le fait d’entendre ce type de discours d’un ex-insider oblige à ouvrir les yeux et les oreilles.

        Je suis encore d’accord, ça ne remplace l’action, qui permet d’oublier sa peur. Nantes est un peu loin pour moi, mais j’y aurai quelques potes de la confédération paysanne et je sais que vous ne lacherez rien.
        A+

      3. @Delphin
        Nantes a déjà un aéroport international qui a été primé en septembre 2011 meilleur aéroport européen, et qui est très loin de sa capacité maximum (Gatwick, avec sensiblement la même configuration, passe 11 fois plus de passagers et 6 fois plus de mouvements d’avion).

        Et l’étude économique que laquelle est basée la DUP (déclaration d’utilité publique) est truffée d’approximations, d' »oublis » et d’erreurs.

        Tous à Nantes le 24 mars pour dénoncer ce scandale écologique et économique et exiger l’arrêt immédiat de ce projet.

        Plus d’infos :
        http://acipa.free.fr
        http://www.aeroportnddl.fr
        http://zad.nadir.org/

  4. Les actionnaires de la pomme en croquent …;
    « nous innovons à un rythme phénoménal ».
    « Nous ne voyons pas de limites à nos possibilités »

    Apple, l’une des entreprises les plus riches au monde, a annoncé lundi son intention de verser des dividendes à ses actionnaires pour la première fois depuis 1995, renouant avec une pratique récusée par son fondateur Steve Jobs, décédé il y a cinq mois.

  5. La mafia n’agit jamais avec de bonnes ou mauvaises intentions. Elle agit dans le secret, l’opacité et l’obscurité.
    Allumons la lumière.

  6. Quelqu’un pourrait-il me remonter le moral s v plait?

    Il n’y a bien sur pas de solution simple et globale. Mais je crois qu’un bon moyen de lutter contre les manipulations du virtuel, ou tout du moins de s’en prémunir, c’est d’utiliser ses mains. Pas pour taper sur un clavier, non, mais pour fabriquer des objets, ce qui, finalement, est une des origines de l’art. Le corps, d’une façon générale est à l’origine de l’art; pas l’esprit. L’esprit va susciter l’émotion et il faudra l’intervention du corps pour rendre cette émotion non seulement communicable mais également pour lui donner une forme de pérennité, ce qui est AUSSI une condition de l’art. Pour une obscure raison, même dans ce monde de consommation, on hésite toujours à se débarrasser d’un objet fait à la main. Mieux l’objet est fait plus on voudra le garder et plus longtemps on voudra le garder, ce qui représente tout de même une communication plus fondamentale que les messages Twitter ou les manipulations de photoshop.
    Je ne suis pas en train de dire que l’art va nous sauver du risque numérique; je crois simplement que le corps dans son ensemble et la main en particulier vont reprendre la direction de la communication et donc, à terme celle de l’art. Aujourd’hui, avec tous les moyens numériques à disposition l’art se veut d’abord et avant tout communication, ou, plus précisément, les aspirants artistes veulent obtenir leur récompense tout de suite, soit sous forme de soulagement (j’ai une idée, je la concrétise tout de suite comme ça me vient, ouf! ça va mieux) soit sous forme de reconnaissance (aimer mon travail n’est pas un but suffisant il faut surtout qu’on m’aime). Les origines de l’art sont beaucoup moins auto centrées et beaucoup plus modestes, loin donc de l’impression de puissance individuelle que confère le tout numérique. L’art ne peut naître que d’un travail bien fait. Le besoin de travailler sur autre chose que sa survie immédiate nait de l’inadéquation au moyen de communication accepté par tous. C’est parce qu’il ne peut pas communiquer « normalement » qu’un artiste va tenter de se faire comprendre autrement. C’est parce qu’il est en quelque sorte handicapé qu’il va s’astreindre à développer une autre technique, qui lui permette de « dire » à autrui ce qui l’émeut ou lui fait peur. Le besoin d’un travail « bien fait » nait du respect que l’on a de l’opinion des autres. Ce qui suppose un peu de foi puisque tout le temps qu’on passe sur la confection d’un bel objet on le passe en fonction de ses propres critères d’excellence. L’opinion d’autrui n’intervient à aucun moment au cours de la fabrication. Ce n’est qu’une fois l’objet fini qu’il est proposé au jugement et à l’appréciation d’autrui.
    L’art ne va pas régler nos problèmes. Mais il va devenir nécessaire.
    L’art commence avec la retenue. Les pénuries qui s’annoncent vont rendre la retenue un peu plus naturelle qu’elle l’est aujourd’hui, surtout dans nos sociétés riches et gaspilleuses. L’amour aussi nait de la retenue.
    Il y a donc des raisons d’espérer…

    1. « Sans technique, un don n’est rien qu’une sale manie. »
      de Georges Brassens

      Le travail bien fait nécessite beaucoup de réflexion et de repentir, de tergiversations… tout ce que vous savez faire, une grande firme sera privée de la faire pour vous, ce n’est donc pas « rentable ». Par exemple, cultiver vos légumes, construire des meubles ou même, cuisiner, faire son pain, etc… ses yaourts, son vin, son alcool, cela ne profite à personne. Les savoirs-faire constituent une autonomie par rapport au système qui ne peut que nuire au PIB, et au CAC. Le taylorisme généralisé, l’inclusion obligatoire de l’individu dans le cycle de l’entreprise…

      Un architecte disait l’autre jour qu’un immeuble, c’est un monde, mais même un vieil objet est un monde, aussi je suis plus le conservateur de certains objets que leur propriétaire, ils ne sont pas à moi, ils ont leur histoire, leur vie. Ils ont vécu d’autres histoires avant…

  7. Nos chères banques , très très chères banques.
    Fortis 100 milliards pas évaporés pour tout le monde.
    Dexia idem.
    Fortis condamnée en Belgique à indemniser de 50000 € un client qui à perdu 100000 € pour lui avoir vendu un placement branche 23 non garanti en capital.
    Clients des banques , attaquez , ceci fera jurisprudence.

    1. BNP Paribas va faire appel. Attaquez !!
      Ils réfléchiront pour la prochaine fois… Bon, il n’y aura pas de prochaine fois mais il est important que les braves gens qui ont estimé évoluer dans une économie raisonnable et qui ont été trompé par des cinglés évoluant dans une sphère complétement différente le fassent savoir et se défendent.Sinon il n’y a plus de limites, on finira tous esclaves du système.
      Ce sera d’ailleurs peut-être beaucoup plus efficace que de voter… A vous de voir..

  8. Cher Paul Tréhin

    Voir la remise du prix COAL la semaine dernière à Olivier Darné pour son projet la Banque de Reines

    Par ailleurs, vous avez remarqué la recrudescence du port du casque audio dans les mieux publics. J’y vois le vecteur d’une conquête musicale au quotidien. Imaginez aussi dans un bus, un métro, un train que tous les casquées reçoivent des messages viraux « levez-vous, en marche! » … Une version sociétale du Déclic érotique de Manara ;).

  9. Merci de votre soutien, les activités manuelles sans l’aide des technologies numériques sont en effet le moyen d’échaper localement à l’invasion du « Cyborgh Planétaire » à condition de ne pas prendre de photos numériques du résulta pour le mettre dans un blog ou un forum…

    A propos d’activités manuelles avez vous lu ce petit livre au titre amusant de Matthew B. CRAWFORD « L’Eloge du Carburateur », ou, comment échapper au « bling bling » et à la pression business, en reprenant une activité manuelle. Livre poussant parfois un peu trop loin la critique de la science au profit du savoir faire manuel concret, mais contenant de bonnes remarques sur l’erreur d’avoir cru que les métiers manuels n’avaient pas besoin de compétences intellectuelles… Le geste du travailleur manuel est déjà dans sa tête avant de se transformer en action avec l’outil.
    La civilisation de la connaissance est nécessaire mais ne doit pas faire l’impasse sur la connaissance des savoirs manuels.

    Paul T.
    Paul

    1. Oui oui, et je le recommande, ce livre de M. B Crawford
      (mais il n’y a plus de carburateur sur les véhicules : injection O tempora O mores).

      Dans votre discours reste une réelle dichotomie. L’idée généreuse que je voudrais soumette serait que les « savoirs manuels » ne sont pas des savoirs distincts des savoirs intellectuels, au moins pour qui veut bien voir qu’un cerveau n’est qu’une machine à gambader sur des classes de représentations pour en tirer d’autres. La main est une bonne médiation car elle joue le rôle idéal de « pharmakon », modérateur des excès (on ne pourra pas faire toutes les formes sans outils par exemple) et appreneuse des détails (sentir la veine du bois, l’ébavurage, se rendre compte qu’un clavier est exploitable comme outil « manuel » lorsqu’on choisit des noms de variable en programmation, …)

      Je trouve le titre du Richard Sennett « Ce que Sait la Main » très réussi à ce sujet.
      Je ne sais pas si son interview à France culture en 2009, je crois, est encore en ligne.

      J’oserais dire qu’une société qui aurait contourné la domination masculine et la domination des intellos serait plus proche d’un idéal pour moi qu’une société de « bien commun » à rechercher forcément mais forcément quelque peu illusoire. Comme quand Stiegler parle de l’effort contre la bêtise , effort infini, dans le même sens que le Sisyphe qu’il faut imaginer heureux de Camus.

      Autre incidente sur les intellos : dans le dernier numéro de Books, un allemand livre une analyse de Lacan comme idéaliste refourguant subtilement les idées de Kojève lisant Hegel (« dualisme idéaliste ») avec un bel habit psychanalytique, en contre-pied d’un Freud qui espérait par son analyse « sur-biologique » avoir porté un coup fatal à l’idéalisme. Kojève est donc un personnage intellectuel central de la vie intellectuelle française des 80 ans passés.
      Bien étranges bifurcations à vrai dire, qui font espérer que d’autres, moins tordoïdes, pourraient encore avoir lieu, et tirer vers le meilleur le magma intellectuel qui certes a encore des bouillons aujourd’hui, mais dont la partie « travaux pratiques » me laisse rêveur (l’insuccès des idéologies de gauche à dépasser la somme des causes des minorités par exemple, un peu de Michéa avec des pincettes, de Dany Robert-Dufour etc.)

    2. Votre réflexion me fait plaisir Paul Tréhin…
      Quant à :
      « La civilisation de la connaissance est nécessaire mais ne doit pas faire l’impasse sur la connaissance des savoirs manuels. »
      …à quand cette phrase dans les manuels scolaires ?

      Maxfriend
      Artisan marbrier de profession
      Menuisier par passion
      …le reste par obligation !

  10. @ Tous
    J’invite à la lecture du dernier billet de Lordon sur son site la « Pompe à phynance »
    J’avais déjà eu l’occasion de le dire ici même le marché des produits dérivés représentent environ près de 600 000 milliards € et F.Leclerc à raison de dire que les banques ( disons la trentaine de mégabanques ) sont le Cœur qui alimentent le flux sanguin de ce « marché »

    1. http://www.fredericlordon.fr/triptyque.html#

      (In recherches spinozistes)

      On ne peut qu’être saisi par les dégâts provoqués par l’exégèse de la philosophie de Spinoza dans la pensée française.

      Le texte est un foutoir idéologique :

      « L’autorité, une affaire de puissances et d’affects »

      (Après cela, on est bien avancé)

      « C’est à ce moment précis que l’emprunt spinoziste en sciences sociales peut se révéler de quelque utilité. On pourrait d’abord l’appuyer en notant très généralement que la philosophie de Spinoza est une ontologie de l’activité et de la productivité

      En tout cas il est amusant de lire ce texte avec la diction précise F Lordon. Amusant de noter le nombre d’occurrences du mot « radical », de cette violence logique que l’on fait jouer à Spinoza contre l’ordre établi. Spinoza = gourdin pour intellectuels.

      Puissance, affect, efficacité, conatus. Voilà. L’ontologie basée sur la religion pure et dure finalement (Dieu posé derrière un nuage) requise contre le pouvoir temporel. Je me méfie de ce genre de métaphysique, qui promptement saute sur la première hypothèse venue pour en bâtir un système que vous êtes forcés de suivre jusqu’au bout dans toutes ses conséquences, pour l’amour de Spinoza, parce que Spinoza est du bon côté, comme Mao d’ailleurs en son temps. Pensée sectaire.

      On commence une idéologie sur n’importe quoi, Spinoza, Marx ou etc. On construit une chapelle sur du vent ! Et il y en a beaucoup comme ça :

      Au hasard :

      « Il y a ensuite que Spinoza donne des affects un concept aussi contre-intuitif qu’hétérogène au psychologisme des émotions puisqu’il les définit comme variations de la puissance d’agir du corps »

      Nous sommes là encore, heureux de l’apprendre.

      … par où s’affirme que le corps est le support de l’expérience des rencontres

      « En d’autres termes, mes rencontres (affections) me font quelque chose (affect), et par suite me font faire quelque chose (redirection du conatus). »

      « … et ne cherche qu’ici-bas les origines de toutes les puissances sociales [29]. La puissance de la multitude est l’expression de ce que les hommes s’entre-affectent inter-individuellement et collectivement. »

      Certes, mais à considérer la puissance au lieu des représentations sociales, on bâtit une philosophie aveugle.

      Nous avons ici une philosophie qui prétend se constituer – et remplacer en fait, l’anthropologie et les sciences sociales, et l’ethnologie. Un nouvel idéalisme qui oublie qu’il se fonde sur une hypothèse, et se récupère immédiatement en vérité ultime ! C’est stupéfiant. C’est la manière de procéder d’une pensée sectaire, le spinozisme à ce niveau est le noyau d’agrégation d’une secte, – c’est tout ce qu’on peut en dire.

      Hobbes par exemple procède aussi d’une hypothèse, celle de réduire l’ensemble des individus à des moments égoïstes, mais il ne prétend pas tout expliquer, il ne fournit qu’une esquisse du capitalisme.

      Spinoza récupéré au profit d’un combat idéologique en tant que maître à penser en sciences sociales, alors que Spinoza procède comme Descartes à partir d’une déduction systématique, du haut verts le bas. Il n’y a aucune observation ici, c’est un système philosophique et on veut lui faire jouer le rôle de détenteur de vérité anthropologique. Avons nous mérité cela.

  11. Le débat est d’une grande hauteur et densité, moi je voudrais signaler quelque chose de plus quotidien: la tarification des services ordinaires des banques ordinaires, manque de clarté, et je serai très contente si les institution légifèrent. Dans quelques pays de l’Union les opérations courantes (payments, versements, etc.) sont gratuits, mais pas partout.

    Apart ça, les lois hypothecaires ont montré leur capacité destructive. Si la durée maximale d’un prêt hypotecaire était de 20 ans (25 dans des cas exceptionnels, ou possibilité de proroger de cinq ans) et le principal maximum de 80% ou 85% du prix, le désastre immobilier espagnol ou irlandais ne se seraient pas produits. Que je sache, les lois hypothecaires espagnole et irlandaise n’ont pas changé, et au vu de l’envolée des prix en Belgique, elle a du changer dans le mauvais sense. Et en parlant du « shadow banking », si les banques n’étaient pas autorisées à titriser les prets hypothecaires, les prix de l’immobilier ne serait pas soumis a ces augmentations absurdes.

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