L'actualité de la crise : UN PLAN BIDON, par François Leclerc

Billet invité

« Solidaire, l’Europe apporte aux Grecs une aide de 237 milliards d’euros et leur exprime toute sa compassion pour les souffrances qu’ils endurent. » A un soupir de soulagement près, voilà ce que l’on peut entendre ce matin, au terme de la conclusion des longues négociations qui se sont terminées dans la nuit bruxelloise. Les marchés sont plus circonspects, si l’on regarde du côté des bourses européennes dont l’accueil est bien froid, exprimant qu’ils ne croient pas à une heureuse issue.

Fin d’un long suspens, début du suivant : sauvée du naufrage, la Grèce rejoindra-t-elle le rivage ? A quoi correspondent donc ces 237 milliards ? 107 d’entre eux résultent d’une réduction de la dette de 350 milliards d’euros de la Grèce et 130 de prêts de l’Union européenne et du FMI (dont le montant, qui ne pourrait être que de 10% du total au lieu du tiers la fois précédente, sera fixé en mars).

Mais à y regarder de plus près, ce prêt est prioritairement destiné à financer la restructuration de la dette et ne va contribuer à financer l’économie grecque qu’à la marge. 23 milliards d’euros vont être consacrés à la recapitalisation des banques grecques, 30 milliards à une compensation versée aux créanciers apportant leurs titres à l’échange et 35 milliards vont permettre à l’État de racheter sa dette (probablement aux fonds publics garantissant les retraites, mais ce n’est pas précisé).

Dans ces conditions, le rétablissement économique du pays résultera avant tout de son retour à la compétitivité, lui-même résultat des baisses de salaires et des retraites ainsi que des réformes structurelles entreprises et qui doivent se poursuivre. Le succès est-il garanti ? Pas vraiment, si l’on en croit le texte du rapport de la Troïka évaluant l’accord, dont Reuters et le Financial Times ont profité de la fuite.

On peut y lire que « Il y a des risques notables », car « la perspective pour la Grèce de retourner sur le marché dans les années qui vont suivre la fin du programme est incertaine (…) étant donné que la dévaluation interne rendue nécessaire afin de restaurer la compétitivité de la Grèce va inévitablement conduire à un accroissement du ratio dette/PIB dans le court terme ». Un soutien prolongé du secteur public pourra se révéler nécessaire. L’éventualité d’une nouvelle aide chiffrée à 50 milliards d’euros et qui pourrait très probablement devoir intervenir en 2014 est même évoquée.

Le rapport précise enfin que « étant donné les risques, le programme grec est enclin à connaître des accidents, des interrogations planant à propos du fait qu’il soit soutenable. » Dans la langue des organisations internationales, cela ne vaut pas satisfecit !

Quant à l’effort des créanciers privés, il faut le relativiser. Une clause d’action collective rétroactive va d’ailleurs être votée par le parlement, afin de rendre obligatoire la participation à l’échange de titres. L’identité des créanciers privés de la Grèce qui vont participer à la restructuration n’est pas clair. Ils sont censés apporter au moins 200 milliards d’euros de titres (pour que le désendettement soit de 100 milliards après décote), mais les banques et les compagnies d’assurances européennes déclaraient ne plus détenir fin décembre qu’environ 20 milliards de titres de la dette grecque, après s’en être le plus possible délestées…

En juin dernier, Barclays chiffrait à moins de 50 milliards d’euros le montant de la dette grecque possédée par les banques et compagnies d’assurances, hors banques grecques (environ 34 milliards d’euros, si l’on considère que 25 milliards sont nécessaires pour les recapitaliser). 76 milliards d’euros étaient par ailleurs détenus par d’autres créanciers, sans plus de précision et sans savoir s’ils sont tous privés. Les créances privées pourraient être encore moindres prochainement, si l’on prend comme hypothèse que le prochain LTRO de la BCE (l’opération de prêts aux banques à trois ans) – qui va intervenir avant la restructuration effective de la dette – pourra permettre aux banques de continuer à se délester de ces titres en les apportant en collatéral. Le mystère reste donc entier.

Derrière les effets d’affichage, les deux volets du second plan de sauvetage de la Grèce témoignent de l’expression d’une solidarité nettement moins généreuse qu’il n’y paraît à première vue, renforçant l’idée que ce plan n’est pas destiné à autre chose qu’à gagner du temps, car il repose sur des calculs biaisés et des hypothèses économiques non dévoilées et que l’on peut supposer de circonstance.

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90 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : UN PLAN BIDON, par François Leclerc »

  1. En somme ils ont rajouté de la dette à la dette.
    Rien pour la raisonnable gestion.
    C’est du propre.
    Esclaves levez vous.

    1. Encore une fois les dirigeants européens appuient sur l’accélérateur alors que nous nous dirigeons droit dans le mur.
      Encore une fois nous assistons à un défaut partiel de la Grèce sans que cette dernière ne sorte de l’euro.
      Encore une fois cet accord ne règle que très partiellement le problème grec.

      La question qui se pose est de savoir si le sauvetage de la Grèce est réellement le but de l’accord? N’était-il pas plutôt, consciemment ou non, de maintenir coûte que coûte en place l’euro et avec lui le néolibéralisme?

      La troïka continue de maintenir le malade dans le coma sans le tuer. Jusqu’à quand?

      (Pour une précédente analyse du sauvetage de la Grèce: http://lespoir.jimdo.com/2011/12/28/fin-de-l-euro-pourquoi-jacques-sapir-s-est-tromp%C3%A9/ )

      1. C’est vrai, on va dans le mur. Mais le mur recule, et il y a du brouillard, et on ne le voit pas du tout. C’est vrai qu’il faudrait au moins ralentir.

    1. Ca ne manque pas d’un certain réalisme…
      Tout dépend, d’après ce que vous nous avez déjà dit, de ce que l’équipe de FH aura(it) déjà négocié avec les « marchés », en fait de l’identité de ces marchés. Aura-t-il une position souverainiste ou restera-t-il dans le « giron » actuel ? Là est la question, à mon avis.

    2. C’est bien pour cela que l’art de la prudence conseille de voter Mélenchon au premier tour et Sarkozy au deuxième !

      Plus sérieusement, Charles A aurait raison de dire que le troisième tour devra se jouer dans la rue.

      1. Ce n’est pas moi qui le dit, mais toute l’histoire de l’humanité…
        Jamais nulle part, aucune classe dominante n’a cédé la place devant les urnes.
        Elle se défendra par les moyens approprié à l’attaque
        si Hollande ou autre politicien professionnel la mettait vraiment en cause.

        La « révolution par les urnes » est de la poudre aux yeux
        qui ne sert qu’à la lutte des places dans le système.
        C’est le slogan d’un capitaine de barque à rame dans le vide.

      2. @ Marlowe
        Vous n’imaginez pas le tombé de mâchoire que j’eus en lisant « voter Sarkosy »

        le « plus sérieusement » m’a remise d’aplomb !

        @ Osiris
        Manifester est gentillet, Brûler toutes les banques est réaliste quand cela devient un réel combat (et de toutes façons tout un chacun n’aura plus rien dedans qu’il le veuille ou non!)

      3. à Efarista,

        Je suis fatigué par tous ceux qui nous recommandent de voter.
        Ma (mauvaise) plaisanterie renvoie à la fois à l’histoire des dix ans et à l’article de Fiorentino.

        Petite remarque : brûler une banque n’est pas brûler l’argent, mais c’est un début.
        Comme pour aller dans une banque réelle il faut aller dans la rue, il faut bien commencer par la rue, qui est, de plus, un lieu de rencontre réel.

    3. Hollande la girouette n’a pas fini de se contorsionner dans tous les sens pour faire plaisir à tout le monde ( déjà entre les discours du Bourget et de la City il nous a fait un sacré grand écart !)

    4. On comprend mieux à l’aune de cet article la déclaration « tapageuse » de FH commise dans un journal britannique dernièrement. Le vassal récalcitrant qui aurait décidé de montrer sa loyauté à son seigneur en espérant que cela suffise à endiguer le courroux de ce dernier ? Pitoyable.

      Dans tous les cas une chose est certaine. La France aura finie de manger son pain blanc ‘sic, je sais) à compter de la fin de la présidentielle. Les grandes manœuvres commenceront. Et là je dis pauvres de nous…

    5. Je suis très surpris du relais accordé par Mr Jorion à un tel article propagandiste faiblement étayé, dont le seul but est de réduire les positions à blanc ou noir pour faire voter en faveur du président sortant.
      Jamais les marchés n’attaquerons qui que ce soit du président sortant ou de son challenger prétendu puisque de toute façon c’est bonnet blanc et blanc bonnet. L’UMPS est verollé de l’intérieur par les grands argentiers de la GS. Hollande, »Young leader » de la « French American Foundation » fera ce qu’on lui dira… comme l’autre.

      1. J’ai aussi l’impression que le candidat socialiste ne se lancera pas réellement dans des réformes du capitalisme… Pour ça, il faut avoir un plan, une vision d’avenir qu’il n’a pas l’air d’avoir malheureusement (en ce qui concerne une restructuration du capitalisme j’entends. Je ne remets pas en cause qu’il a des idées pour la France à l’interne).

        L’exemple historique qui me vient, c’est celui de Roosevelt qui fort de son élection a prit très vite des mesures drastiques avec notamment la fermeture de la bourse pendant 1 semaine pour pouvoir faire passer ses réformes. Je pense cependant que le contexte était différent car, à l’époque la crise avait atteint le peuple avec une autre dimension qu’aujourd’hui (Je ne parle pas pour les Grecs). Il avait donc le peuple avec lui pour entamer ces réformes.

      2. Alex V.

        A l’heure de la politique marketing il n’y plus de peuple pour les candidats, seulement l’addition de niches potentiellement favorables à un paquet de mesures qui n’engagent aucune vision du monde réellement consistante.
        Il s’agit donc de courir après une tendance statistique plutôt que d’insuffler un dynamique de longue haleine avec des idées.
        Bref la politique devient un sous-produit de la gestion managériale. On ne fait pas de politique avec des hommes normaux mais avec des hommes qui veulent changer les normes.
        Ce ne sont pas les élections représentatives qui sont en cause, mais la conception que les politiques se font eux-mêmes de la politique.

      3. C’est aussi mon avis. Il y a longtemps que les gouvernants ne gouvernent plus. A part placer leur gens et faire quelques voyages, ils font quoi ? Déjà en France, on a fait 5 ans sans premier ministre. Vous autres Belges, avez passé de longs mois sans gouvernement. Alors qui gouverne ? la finance, bien sûr ! Le capitalisme n’a besoin du politique que pour faire passer le message du capitalisme: gagner un max de sous. C’est réducteur, je sais. La seule chose qui fait peur au capitaliste, c’est le peuple uni contre lui. Là, il laisse faire l’armée qui instaure une dictature. Battre le capitalisme ne se fera surtout pas dans la rue. Mais peut-être, avec ce qu’on a vu en Tunisie, Egypte, les anonymous, Wikileaks, sur internet.

    6. ce fiorentino semble regretter un  »amalgame » entre petit épargnant, fonds spéculatifs, etc… comme si ce n’était pas un seul et même capitalisme !!
      Avec une analyse pareille en plus de voter blanc il pourrait aussi s’abstenir de donner son avis.

      1. J’ai le même sentiment impulsif que vous.

        Cela étant, il est vrai que le travailleur de base (et plus encore, le petit indépendant), dans un monde où on nous promet l’effondrement des retraites ‘publiques’ depuis plus de 20 ans (promesse tenue !), a été contraint de souscrire assurance-vie, plan d’épargne retraite et autre sicav d’épargne pension qui, vu de son côté, sont une gestion a minima d’une simple épargne imposée par le cours de l’histoire, mais qui sont bel et bien dans le flot du capitalisme financier honni…

        Difficile de faire justice en faisant exploser l’ensemble…

      2. a été contraint de souscrire

        Je préfère dire  »c’est laissé contraindre de », les avertissements n’ont pas manqués de toutes la sphère  »alter » et de tout-es celles et ceux qui dénoncent ce système, seulement pendant un temps ces dénonciations étaient; farfelues,  »gauchiste » au sens le plus péjoratif, ou utopique. Maintenant ils et elles sont isolés avec leur pognon aux mains du grand capital, ben faut les retirer de suite ou pas se plaindre. C’est comme les petits porteurs qui pleurnichent, sans déc’ !!
        Pas question de faire de différence, si j’achète une bagnole pourri au prix d’une neuve, personne ne viendra me plaindre voire on se foutra de ma gueule, ben pareil pour les  »petits épargnants ». De toutes manières à court terme l’épargne ça sera plus le problème elle aura soit disparu, soit ne vaudra plus rien (la BCE imprime demain je crois) !! Ah si peut être que 10 ans d’épargne serviront à s’acheter 100 kils de patates 😀

      3. @ Leo
        On trouvera un trafic de patates sous le manteau !
        ben faut les retirer de suite ou pas se plaindre.
        nous sommes bien d’accord.
        Et les investir dans les bons outils, les bonnes semences,…..bref prévoir qu’il nous faudra pourvoir par nous même à nous mêmes ; Les réseaux sociaux locaux ont de l’avenir….Les regroupements jardiniers également ; la famille a la campagne va voir les branches familiales citadines renouer le contact. Se la jouer perso va devenir ridicule….Ceci étant, les rutabagas frais c’est pas mauvais

    7. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire plusieurs fois ces derniers jours, la vraie échéance ce n’est pas le 6 Mai 2012 (ou le 7 pour l’attaque), la vraie échéance c’est la date des élections allemandes de 2013.

      Le vrai nœud actuel du problème est là : Angela Merkel et ses troupes veulent gagner ces élections. Donc, d’une part carressage dans le sens du poil d’un électorat allemand vieillissant (et donc plus soucieux de son épargne-retraite que de la relance de l’économie européenne), et d’autre part, gages sans fin donnés à l’aile droite de son alliance.

      Je vais aller plus loin que l’article cité : peu importe qui gagnera le 6 Mai ! Même si c’est Sarkozy (et j’insiste : on en prend le chemin quoiqu’en disent les sondages) qui, lui pourtant, fait allégeance à Merkel actuellement, la France sera attaquée.
      L’apparente accalmie sur les marchés actuellement est un leurre (aidant d’ailleurs à la réélection du Nicolas).

      1. Quoi qu’il se passe: les Français auront (comme dans le passé), le président – et le staff qui va avec… -, qu’ils auront mérité.

        Collectivement, j’entends! Ainsi le veut tout système démocratique.

      2. Erreur. 50% des Français, 50%. Ça fait beaucoup de monde qui ne méritent pas cela non ? Quoi que, il n’y a rien à mériter pour l’instant. Le jour ou on pourra voter pour une constitution des méga-banques, là on pourra parler de mérite.

    8. J’avais reçu ce texte par mail il y a plus d’une semaine, mais dans le genre provoc et affoler le peuple craintif il y a mieux, un texte de l’éminent Jean d’Ormesson, reçu également par mail il y a quelques jours :
      http://www.jeandionis.com/dionis2012.asp?id=1375

      Comme avis d’anciens ma préférence va tout de même très nettement au toujours actif et engagé Stéphane Hessel.
      Jean d’Ormesson est sans conteste un éminent représentant du peuple au même titre que le journal dans lequel il s’exprime.

      Le problème avec ces mails est de savoir qu’elle en est l’instigateur et quel en est ou en sont les émetteurs initiaux. Le but est évident.

      La chronique de Marc Fiorentino dans Challenges :
      http://www.challenges.fr/revue-de-presse/20120209.CHA2091/la-finance-se-vengera-t-elle-des-francais-s-ils-elisent-hollande.html

    9. Vous avez peur ?? Alors restez chez vous le jour de l’élection, ne prenez pas parti, subissez et taisez-vous. Accessoirement quittez ce blog si c’est juste pour y faire des commentaires et ne pas agir.
      Que les financiers de la City et les hedge funds attaquent la France le 7 mai, si possible de front et à visage découvert, c’est très bien. On verra bien ce qui se passera à ce moment…

      1. @ Erix le belge

        à visage découvert, voila qui serait nouveau ! ces gens là sont si humbles/pudiques qu’ils préfèrent l’anonymat….

    10. So ! Pour qui travaille Mr Fiorentino
      Face à cet prophétie, opposons ce qui nous resterait alors : des armes, des munitions, l’envie de tout renverser.
      les allemands ne mettront plus les pieds dans le sud de l’Europe.
      Les vacances, sur la Baltique, ou la mer d’Aral…
      Dégagez.

    11. Entre temps F. Hollande s’est rendu à Londres pour faire allégeance à la Finance.
      On peut penser à juste titre qu’à la City, ils en rient encore mais ça a dû quand même faire des dégâts de ce côté ci de la Manche, même si on en a pas beaucoup causé dans le poste.
      Je ne suis loin de là un pro Hollande mais ça m’a quand même fait un coup !

    12. On avait compris à vous lire que Hollande ne ferait aucun mal à la finance. Par conséquent, il ne faut pas voter Hollande.

      Mais la finance ne le sait pas. Elle va organiser une catastrophe en France s’il est élu. Par conséquent, il ne faut pas voter Hollande.

      Comme il ne faut voter ni Hollande, ni Hollande, le choix est maintenant clair.

      Ah, si Hollande avait choisi les bons experts…

      1. Est-ce qu’Hollande est suffisamment calculateur et roublard pour se faire élire et faire ce qu’il faut une fois élu ?

        ça me parait évident de ne pas abattre son jeu avant que la partie ne soit commencée.

    13. Fiorentino n’a jamais rien prévu dans sa vie même la météo du prochain week end à échéance de deux jours(95 pct de fiabilité).Relisez ses brillantes déclarations de 2007/2008, cela vaut du bon Lagarde de l’été 2008.

    14. D’aucuns vous l’avaient signalé, mais on ne peut décortiquer tous les commentaires.

      Encore une fois, il n’y a pas de complot, bien évidemment, mais simple convergence d’intérêts, presque fortuite. Chasser en meute n’est qu’une façon de concrétiser cette convergence.

    15. Quand on cherche le lien entre la présence d’un gouvernement de gauche et une attaque sur les taux, on trouve facilement. Et on observe que ça se calme quand c’est un gouvernement conservateur pro-finance qui arrive. Cherchez.
      Les taux français ne seront pas attaqués massivement le 7 mai mais dans les mois qui suivent les taux vont monter.
      Fiorentino n’a pas tort de dire qu’en se plaçant dans la main du marché, la France a perdu le droit de le critiquer ou de pouloir le réformer.

      Une attaque massive donnerait l’occasion à Hollande de prendre des mesures structurelles avec un fort soutien populaire, comme de rétablir l’obligation pour les banques de souscrire des bons du trésor, et reréglementer les transferts financiers vers les paradis fiscaux par exemple. Donc ce sera une attaque soft du genre qui oblige à multiplier les petits pas dans « la bonne direction ».

    16. Peu probable que cela se passe comme cela au vu des déclarations actuelles de Hollande qui ne sont pas très précises. En agissant ainsi la finance se mettrait ouvertement la France à dos. Par contre si le prochain président a des intentions précises et répétés lors de la campagne c’est clair que « La finance » ne va pas rester les bras croisés. Mais comme vous l’avez vous-même souligné Hollande n’est pas plus dangereux qu’Obama pour la finance.

  2. La Grèce pourrait être mise sous tutelle de la troïka

    L’idée de mettre la Grèce sous tutelle de la troïka n’est plus un tabou. Une telle surveillance serait considérée par les Grecs comme une insulte à la souveraineté nationale.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120221trib000684104/la-grece-pourrait-etre-mise-sous-tutelle-de-la-troika.html

    Hallucinant ce qui est en train de se passer en Grèce… les Grecs sont en train de perdre leur souveraineté comme le fesait les vainqueurs lors d’une guerre avec les pays envahis ! Elle est belle l’Europe actuelle, elle est en train d’écraser la démocratie et la souveraineté des peuples. Les Grecs vont perdre leur souveraineté et le MES doit être voté aujourd’hui, une belle journée pour les peuples européens !

      1. Il n’a pas le temps. Il aime la France. Il l’a répété, rabâché, annoné 52 fois dans le discours de Marseille. (Pas la grande foule attendue, en passant.)

  3. Il y a tout de même quelque chose qui ne sera pas « bidon » dans ce plan de voyous : la nouvelle baisse des salaires et des retraites de ces malheureux Grecs

  4. On enlève 107 milliards et on en prête 137. Si mes calculs sont bons, ce plan de sauvetage va encore augmenter le ratio dette/PIB. Est-ce si simple ou y a-t-il quelque chose qui m’échappe ?

  5. Tout cela ne tiendra pas longtemps, on aura gavé les créanciers un peu plus, mais ce sont des voraces parce que c’est le capital lui-même qui est vorace.
    Prochain sketch: Le Portugal où la troïka est déjà.

  6. On pourrait toujours dire : Eh bien, après tout, les grecs feront machine arrière et se referont une santé. Mais non, le capitalisme ne marche pas comme ça.

    Lorsque la mer de la finance se retire et laisse un pays le cul à l’air, tout, dans l’intervalle a changé :
    – l’agriculture est devenue productiviste et largement dépendante du pétrole et autres énergies importées.
    – la polyculture auto-suffisante, a laissé place à la spécialisation intensive.
    – les circuits de micro-distribution, pourvoyeurs d’emploi, ont été remplacés par des chaînes généralement en des mains étrangères, et, quoiqu’il en soit, supra-nationales.
    – la pêche intensive a pillé les ressources ; la pêche traditionnelle ayant connu le sort du petit commerce.
    – les structures familiales ont périclité au profit d’un individualisme winner (prononcer « ouineur »).
    – L’endettement s’est généralisé avec apparition du surendettement.
    – Les infrastructures ruineuses (endettement initial + coûts d’entretien) couvrent le pays.
    – …

    Alors, machine arrière : bernique ! Ce qui rejoint le débat, cher à Marlowe,sur les possibilités de réforme du capitalisme : Le capitalisme fait table rase.

    1. à jean-yves,

      Merci d’évoquer ce débat qui m’est si cher parce qu’il me paraît fondamental.
      Je pense la révolution démocratique peu possible pour la raison que les hommes n’aiment pas la liberté, et comme chaque jour qui passe, ils sont contraints de l’aimer pour vivre, bientôt ils ne vivront plus.

      1. @Marlowe, le 21 février 2012 à 16 h 53

        Quelle prétention d’annoncer à leur place ce que « les hommes n’aiment pas » !, surtout s’agissant de liberté.

      2. c’est pas du tout certain.

        l’agriculture est devenue productiviste et largement dépendante du pétrole et autres énergies importées.
        sauf que : elle est devenue en France productiviste bien avant la Gréce. Donc on part du principe que les grecs se souviennent encore de la façon de production nationale d’antan.
        Oranges, olives, féta, concombre, tarama, tomates, volaille, citrons. Ils ont de quoi se nourrir frugalement certes comme fut un temps en Espagne. La population est maigre mais elle survie.
        + je me souviens être arrivée en février en Grèce une année, (1983 je crois) ; j’ai ramassé pendant 3 semaines les oranges moisies tombées au sol, les grecs partaient avec leur pick up pleins a la pesée des sacs d’orange pourrie. Au final, la raison était que la communauté européenne leur avait demandé un prix très bas de leur production d’oranges avec la menace de la leur laisser sur les bras et d’aller négocier avec Israël, ..Prix qu’ils avaient refusé. Sauf qu’Israël n’a pas eu la récolte escomptée….l’UE est repassée voir la Grèce en étant plus raisonnable. Les Grecs ont dit d’accord mais vu le plan foireux que vous avez tenté, vous payez d’abord tout ce qui est tombé au sol, et après vous avez droit au consommable.
        Bref tout ça pour dire qu’ils ont les moyens de regimber si tant est qu’ils se débarrassent de leurs serpents politiques. Ils ont également les moyens de s’autosuffir en revenant aux vieux moyens de production. Et nous de même. C’est une question de courbatures et de manches retroussées.

  7. Et puis je suis aussi dubitative sur l’Argentine. J’y suis allée il y a 1 an. La plupart des terres agricoles sont plantées de soja transgénique pour le commerce international et nos chers bio carburants…Même Buenos Aires est une ville très contrastée ressemblant à s’y méprendre aux grandes métropoles du moyen-orient comme Le Caire. L’extrême développement au sens où nous l’entendons (la défense X 5, internet et la pub partout, toutes les grandes marques et des immeubles flambant neufs) côtoyant l’extrême misère (bidon villes accolés au centre ville, insécurité,pauvreté, désoeuvrement, chômage et débrouillardise, jeunesse en perdition, etc…). Le capitalisme y est le roi, le maître et bafoue toutes les règles que nous défendons.

  8. Sur son site, l’économiste grec, Yanis Varoufakis, a posté un reportage qu’il a tourné pour Channel 4. Au cours de ce reportage, il interview un banquier de Francfort. Ecoutez l’interview du banquier dans sa totalité sur le site de Channel 4, c’est édifiant!
    Vous trouverez les liens sur le site de Yanis Varoufakis ( site et reportage sont en anglais):
    http://yanisvaroufakis.eu/

    1. Merci pour cette ressource précieuse, l’interview du banquier de Francfort en dit effectivement long sur la pensée outre-Rhin.

  9. Selon le « Handelsblatt », les investisseurs privés ne seraient pas du tout rassurés, mais plutôt inquiéts à propos de la dette grecque et le résultat des tractations hier à Bruxelles.

    1. +1
      Payer des impôts pour engraisser des banques et des rentiers obèses ? Pendant que la majorité meurt de faim ou se débat dans des difficultés sociales insoutenables ? Ils feraient bien de réfléchir avant d’imposer des mesures contre le peuple. Qu’il faille une meilleure gestion?, peut-être… Mais imposer des mesures aveugles mènera à la révolution.
      Si on paie des impôts, ils doivent servir au bien de tous. Sinon on ne paie pas… Si on nous force à payer, alors on se révoltera… Si la révolte pacifique ne suffit pas, alors cela ira plus loin… Et on n’est plus nombreux…
      C’est juste de la logique, les politiques feraient bien d’anticiper tout cela…. Et retirer aux financiers leurs jouets maudits. Allez au coin, espèces de voyous !… Comment ne le voient-ils pas venir?

      1. En France, l’appel à la désobéissance fiscale est pénalement répréhensible ( si si je ne blague pas pour une fois )

      2. Il va falloir faire la différence entre ce qui est légal et ce qui est légitime… Des choix vont être nécessaires dans un avenir proche…

  10. Francois, il ne faut pas trop vous fier au bourse, car hier était férié aux EU, donc on ne pouvait monté plus sans ranger une partie du « bordel » qui a été fait hier ;), ce qui a été fait à l’ouverture US… Les algo ne font pas n’importe quoi

  11. Pardon, mais quid du déclenchement des CDS ?

    J’avais cru comprendre que les CDS permettaient aux créanciers de s’assurer contre un défaut de paiement ? L’échange de titre permet il de ne pas avoir à s’en servir ?

    Merci de m’éclairer !!

    1. C’est les mêmes créanciers (en partie du moins) qui ont achetés de la dette et vendus des CDS (en gros les banques). C’est même un peu plus subtil puisqu’ils se sont donnés le droit de vendre plus de CDS que de dette émise. Donc si ils activent les CDS ils se tirent une balle dans le pied (à part les fonds de pension que ça ne gênait pas vraiment un déclenchement des CDS).
      En revanche, en échangeant des titres de dette avec une décote, ils s’assoient sur une partie de leur pognon mais ils ont en échange des nouveaux titres (pas encore couvert par des CDS). On peut croire par contre que ce coup ci les banques ne vendront plus de CDS à nu (sans être sûre que l’acheteur de CDS ait un titre à assurer), cela étant rien n’est moins sûr, c’est des boulets les banquiers !!
      Voilà ce que j’ai compris du cas de la Grèce. Maintenant reste les CDS du Portugal, Irlande, etc… auxquels je ne me suis pas trop intéressés mais y a pas de raisons qu’il en existe pas des milliards. Est ce que cette décote créera un précédent ??…. Plein de questions restent ouvertes.

  12. La troïka s’inquiète de l’insuffisance de l’aide à la Grèce.
    80 mds pour le 1er plan, 130 pour le second, 107 mds divisé par deux, du moins sur papier, ça représente à peu près la dette grecque en 2009. Ils auraient commencé par là, l’affaire était oubliée dans la semaine.
    Or
    « Il y a une tension fondamentale entre les objectifs du plan (d’aide) de réduire la dette d’un côté et d’améliorer la compétitivité de l’autre, dans la mesure où la dévaluation interne requise pour restaurer la compétitivité de la Grèce conduira inévitablement à un ratio dette/PIB plus élevé à moyen terme », souligne le rapport.
    (trad > l’austérité imposée va continuer de faire chuter le PIB et faire monter relativement la dette)

    « Compte tenu des risques, le programme grec restera exposé à des dérapages, la question de sa viabilité restant posée », poursuit le document.
    (> c’est mal parti pour le niveau de la dette)

    Les experts se disent particulièrement préoccupés par le fait qu’un report des réformes économiques structurelles très impopulaires et des privatisations réclamées à la Grèce pourrait aggraver la récession qui frappe le pays depuis cinq ans. « Cela conduirait à infléchir vers le haut la trajectoire de la dette, au risque de la laisser à 160% du PIB en 2020 », préviennent-ils.

    A la lecture du rapport, le scénario de base sur lequel tablent les ministres des Finances européens pour parvenir à leur objectif apparaît des plus fragiles. « Les autorités grecques pourraient ne pas être capables de fournir les réformes structurelles et les ajustements politiques au rythme escompté », disent les experts.

    Utilisant un jargon technocratique consacré, ils estiment que les « agents économiques » (les salariés) pourraient résister aux réductions de salaires et à davantage de flexibilité, que de « forts bénéficiaires des droits acquis » pourraient continuer à s’opposer à l’ouverture de certaines professions et à la libéralisation du marché ou encore que la bureaucratie pourrait continuer à entraver les réformes.
    (une révolte populaire pourrait bloquer le processus)

    Le plus grand danger réside cependant dans une possible incapacité de la Grèce à tenir ses objectifs, disent les experts, qui énumèrent une série d’écueils possibles.
    Si l’excédent budgétaire primaire (avant déduction du paiement des intérêts de la dette) ne dépasse pas 2,5% du PIB, contre -1% en 2012, la dette ne cessera (pas) d’augmenter.
    Si les revenus des privatisations n’atteignent que 10 milliards d’euros en 2020, au lieu des 46 milliards escomptés, la dette atteindra 148% du PIB.
    Si la croissance économique est supérieure à 1% par an jusqu’en 2020, la dette tombera à 116% du PIB, mais si elle reste inférieure à cette marque, elle montera à 143%.
    (compter aumoins 1% /an,la bonne blague)
    Si les taux d’intérêt d’emprunt du Fonds européen de stabilité financière augmentent de 100 points de base, la Grèce, qui dépend de ce financement, verra enfin sa dette atteindre 135% en 2020.
    et tout ensemble ça donne quoi?

    Conclusion du rapport: « Les résultats montrent un besoin d’aide supplémentaire de la part des secteurs public ou privé pour infléchir vers le bas la trajectoire de la dette. »

    Vous avez aimé les précédents épisodes? ne ratez pas Grèce saison 6 dès avril 2012 et peut-être le dénouement !

  13. On vous a posé une question, Mr Jorion, et je n’ai pas vu de réponse.
    En quoi peut consister la contre attaque offerte à la finance telle que la voit Mr Fiorentino?
    Je serais votre obligé si vous apportiez un élément de réponse et vous en remercie à l’avance.

    1. Bonjour,
      Vous pouvez commencer par faire un stage d’action non-violente, vous allez apprendre énormément de choses très utiles, que vous pourrez diffuser. Puis militer dans n’importe quelle structure qui lutte pour une meilleure société, à vous de choisir. Rencontrer des gens, lire des livres, vous familiariser aux techniques numériques et de communication… bref, vous préparer… Vous verrez, ce n’est pas du temps perdu 🙂

  14. Mardi 21 février 2012 :

    Le montant des deux plans s’élève donc à 340 milliards d’euros, sans que la Grèce ne voit le bout du tunnel, au contraire. La volonté des dirigeants européens est toujours de maintenir la Grèce dans la zone euro, ce qui est absurde tant chacun comprend que cela n’est pas viable économiquement.

    On note cependant que ces 130 milliards d’aide seront déposés sur un compte dédié, c’est-à-dire dont l’activation ne pourra pas se faire sans l’accord de l’Europe. Ceci peut préluder à une prochaine sortie de la Grèce de la zone euro : un compte alimenté par le FESF garantit la dette émise en euro, ce qui permettrait de sortir le pays sans effet de contagion… Ce sera sans doute le troisième plan.

    http://ladettedelafrance.blogspot.com/2012/02/230-milliards-pour-gagner-du-temps.html

  15. et les shadoks pompaient… ils sont endettés, prêtons-leur donc davantage d’argent ! Tant que les intérêts sont remboursés et que le principal reste inscrit dans les livres de compte, tout semble fonctionner normalement.

    depuis 7 ans je rembourse un emprunt équivalent environ à un tiers du capital investi dans ma boite. Dans 5 mois, j’aurais fini de rembourser ce prêt : j’aurais alors enfin un cashflow suffisant et je pourrais augmenter sensiblement les salaires de mon staff et payer le mien… Ce serait sans doute le moment de me reendetter de façon à augmenter le capital de la boite, mais je préfère me financer désormais sur mes bénéfices. Fini ce jeu de dupe.

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