L'actualité de la crise : "LA SOLIDARITÉ N'EST PAS GRATUITE", par François Leclerc

Billet invité

« Une stratégie de suicide assisté », c’est ainsi que Wolfgang Münchau qualifie dans le Financial Times la politique suivie par l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce. Analysant celle-ci, il en conclut que « nous sommes arrivés à un point où le succès n’est plus compatible avec la démocratie » et que les assurances que les dirigeants européens recherchent sont « extrêmement peu crédibles ».

Si l’on veut y réfléchir, la multiplication de ces assurances, sous la forme de dispositions destinées à assurer le remboursement des prêts – appelées « pilules de poison » par le journaliste – ne fait que refléter le doute grandissant qui s’est emparé des négociateurs européens. Plus elles sont sévères et heurtent l’opinion grecque, plus elles reflètent l’irréalisme des objectifs fixés à la Grèce, dont les Européens sont conscients et cherchent à se prémunir.

La tenue ou non des élections législatives d’avril sera de ce point de vue un test supplémentaire. Comme le fait également remarquer Wolfgang Münchau, l’exigence de leur report, si on était en Allemagne, violerait la constitution, qui accorde au parlement le contrôle absolu sur la souveraineté du pays. C’est sous ses auspices symboliques que les nouvelles dispositions européennes de discipline budgétaire pourraient être ratifiées, si les dirigeants européens en arrivaient là.

Une alternative aurait été de forcer la Grèce au défaut, une option tentante si l’on recense toutes les déclarations en sa faveur ainsi que celles qui mettaient de l’huile sur le feu en Grèce avec ce même objectif en tête. Une autre stratégie semble l’avoir emporté, qui consiste à obtenir un résultat identique, mais à petit feu et plus tard, par étouffement progressif. En débloquant l’aide financière au compte-goutte, tranche par tranche, et en se payant sur la bête au fur et à mesure pour se rembourser, avant de l’abandonner exsangue.

Viviane Reding, désormais commissaire européen à la justice, a déclaré que « la solidarité n’est pas gratuite, la Grèce doit également faire sa part pour gagner cette aide ». Avec cette vision de la justice, elle était toute désignée pour ce poste. Que tous les démunis de la terre se le disent, la solidarité implique désormais des contreparties, elle est payante pour ceux qui en bénéficient. Il suffisait d’être humble, il faut désormais tendre le cou.

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126 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : "LA SOLIDARITÉ N'EST PAS GRATUITE", par François Leclerc »

    1. Au sommet européen de fin octobre, les dirigeants européens, dont l’objectif prioritaire, l’objectif premier, ce point est décisif, est le maintien de l’euro, ont contourné ce qui rendait impossible le transfert budgétaire et la monétisation. Le FESF est en fait un transfert budgétaire potentiel, une caution, une promesse de dépense en cas de crise. En s’appuyant sur les pays les plus dynamiques pour sauver les pays les plus fragiles, il fonctionne comme une promesse de transferts budgétaires. Le système actuel, par l’intermédiaire du FESF, fonctionne donc comme une promesse de transfert budgétaire et bientôt une promesse de monétisation à travers le Mécanisme européen de solidarité (MES) qui sera directement géré par la BCE. En attendant, la BCE financera le FESF par petites doses, à travers le FMI ou d’autre manière. Le moyen a donc été trouvé, sans difficulté, pour contourner les statuts de la BCE. Par ailleurs la BCE a elle-même clairement amendé sa position puisqu’elle reconnaît indirectement, en soutenant le FESF, pouvoir financer les Etats par création monétaire. Ce système, qui certes peut apparaître baroque et instable à bon droit, semble n’avoir fait que « prolonger l’agonie de l’euro », mais il faut bien reconnaître qu’il a permis ce qui semblait difficile: le maintien de la Grèce dans l’euro. Le cœur du problème se situe donc désormais ici: que fait la BCE?

      A cette question il nous semble devoir répondre de la façon suivante: La BCE, par idéologie ordolibérale, se refuse à monétiser les dettes des Etats, car elle considère que la dette est de leur responsabilité et que prendre en charge leur gabegie serait scandaleux. Cependant en dernier recours, devant la possibilité évidente de l’effondrement du système à la tête duquel elle se trouve, elle est contrainte de monétiser un minimum. Nous pouvons donc résumer ainsi sa position, qui se retrouvera sans doute en 2012 dans la gestion du MES: la BCE monétise au compte-goutte. Elle monétise après s’être assurée que les Etats appliqueront les politiques de rigueur qu’elle exige en contre-partie.

      http://lespoir.jimdo.com/2011/12/28/fin-de-l-euro-pourquoi-jacques-sapir-s-est-tromp%C3%A9/

      1. Vous faites des confusions : que le futur MES soit géré par la BCE ne signifie pas qu’il va être financé par elle ! Celle-ci pratique une quasi création monétaire, mais par d’autres moyens. Et son soutien au FESF, comme vous dites, a pour objet de se désengager de ses achats de la dette souveraine sur le second marché.

        Enfin, il y a une différence entre le FESF et le MES : le second est capitalisé par les Etats – même si le capital n’est que progressivement appelé – tandis que le premier ne bénéficie que de leur caution, uniquement destinée à être activée en cas de malheur.

        Ces mécanismes ne sont pas complexes, encore faut-il les décrire pour ce qu’ils sont.

    1. Plutôt la hache !

      Quoique, pour les grecs, c’est à la petite cuillère (mais pas avec le dos de celle-ci) qu’on opère … C’est plus long et très douloureux.

  1. Je l’ai toujours dit! il ne faut jamais donner de l’argent aux pauvres car ils s’en servent pour acheter à boire!
    juste des bons d’alimentation, de chauffage ou de textiles avec un contrôle bien serré!
    avec la Grèce, c’est pareil; un prêt déblocable par tranches juste pour rembourser les créanciers, pas pour faire la java en remettant à niveau le smic ou les retraites…toute la différence entre la solidarité et la charité conditionnelle; dans le premier cas, une confiance partagée, dans le second une mise sous tutelle pour sauver les banques en tondant le populo, la tactique de l’étrangleur Ottoman ( les Grecs qui les adorent vont apprécier )

  2. Merci, François.

    « Une autre stratégie semble l’avoir emporté, qui consiste à obtenir un résultat identique, mais à petit feu et plus tard, par étouffement progressif. En débloquant l’aide financière au compte-goutte, tranche par tranche, et en se payant sur la bête au fur et à mesure pour se rembourser, avant de l’abandonner exsangue. »

    C’est bien ce qui me semble à l’oeuvre depuis des mois. « Se payer sur la bête » autant que possible, aussi longtemps que possible.

  3. Psychédélique!

    les aides à la Grèce vont être déposées sur compte bloqué géré par les prêteurs.
    La Grèce traitée comme un simple ménage, mis sur la liste rouge des mauvais payeurs de la Banque de France.

      1. Tiens ! Ils sont apparemment au courant de ce qu’il faudrait faire pour fermer les paradis fiscaux. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait dans ces cas-là ? À mon avis, il ne faut pas aller chercher midi à quatorze heures : personne n’y avait pensé.

      2. C’est fou la « créativité » quand la « cause » est « bonne » 😉

        C’est révolutionnaire d’utiliser SWIFT pour empêcher des transactions. Manquerait plus qu’on organise la transparence de Clearstream et LCH Clearnet aussi. Ce serait vraiment trop ballot, qu’est-ce qu’on pourrait bien mettre après sur les listes de paradis fiscaux ? Nada. Il faut garder le feuilleton en vie.

      3. Excellent M. Jorion ! Effectivement…LA SOLUTION est là.

        Peut être une question de volonté d’y penser ou non ?…Vous le savez, il y a des questions pour lesquelles il est vivement conseiller de ne pas penser.

      4. Vous ne suivez pas l’actualité ?
        Ou tout simplement le blog de Paul Jorion ou de Denis Robert..
        Je vous ai souvent parlé des « centres d’aiguillage » que sont les chambres de compensation.
        SWiFT semble être la maille au dessus ……
        Tout conspire à l’oublie. 🙁
        À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis ont exploité secrètement les données du réseau Swift sans aucune base juridique. Cependant, la justice belge, où la société Swift est domiciliée, a estimé que celle-ci présentait des garanties suffisantes et a abandonné les poursuites judiciaires à son encontre.

        En novembre 2009, un accord a été conclu entre les États-Unis et les vingt-sept Etats membres de l’Union européenne, mais il a été rejeté par le Parlement européen car il ne protégeait pas suffisamment les libertés individuelles.

        Un deuxième accord, dit « Swift II » a alors été négocié pour prendre en compte les exigences du Parlement. Il est entré en vigueur le 1er août 2010 et donne aux autorités américaines l’accès aux données bancaires européennes stockées sur le réseau de la société Swift, avec un certain nombre de restrictions destinées à protéger les données personnelles des citoyens.

      5. @ Pierre

        Si, si je suis… Je n’oublie pas qu’il y a eu des échanges sur les chambres de compensation sur ce blog et une très bonne émission au sujet de Clearstream sur la 5, il y a peu, qui évoquait le sujet de façon très claire.
        Mais ce qui m’interpelle c’est que soit envisagé (et même plus, puisque la société SWIFT est prête à passer à l’action) d’utiliser le système SWIFT, comme arme bancaire et financière.

      6. @Macrel
        Je m’adressais à Paul Jorion,
        « Utiliser le système SWIFT, comme arme bancaire et financière », comme signalé dans Wikipédia, c’est une REALITE « extra juridique »depuis le 11 septembre 2001.
        Il serait vraiment temps de mettre nos montres à l’heure et nos pifomètres à bonnes consciences au placard.
        … Et n’oublier aucun des événements majeurs de ces temps historiques.
        Avoir un tour d’avance aux échecs, ça aide…….

      7. @ Paul Jorion

        personne n’y avait pensé

        J’ai du mal à le croire. Ou alors, c’est étonnant comme « ils » peuvent être distrait quand il s’agit des paradis fiscaux.

        @ Julien Alexandre

        C’est fou la « créativité » quand la « cause » est « bonne »

        Autrement dit, quand la cible potentielle fait partie de « L’axe du Mal ».
        Visiblement les Paradis Fiscaux sont dans le camp du Bien. Il est vrai que dans Paradis Fiscaux il y a Paradis…

      8. les têtes qui nous gouvernent savent donc très bien ce qu’elles font.

        Inutile d’ironiser .

        Les problèmes économiques ne sont que des instruments politiques malléables par la volonté politique, elle-même soumise à…

      9. «  »Patrick de Courcy, Head of Markets & Initiatives Asia Pacific at SWIFT remarks: « Basically, the industry concerns were with straight-through-processing of offshore Chinese Yuan instruments, because there is only one settlement currency for the Chinese Yuan whether it is onshore or offshore and that is CNY. Industry participants, however, need to differentiate onshore versus offshore settled CNY in their internal systems and between counterparties. The Hong Kong industry asked SWIFT to respond by facilitating industry agreement around a standardised approach towards counterparty communication and this has resulted in market practice guidelines. Given that nearly 80 percent of RMB payments happen in Hong Kong, it was natural that the groups started here. »
        «  »

        http://www.swift.com/news/press_releases/RMB_guidelines_apac

        http://www.iso15022.org/uhb/mt_index.htm

        http://www.fimarkets.com/pages/swift_reseau_messages.php

        http://www.levif.be/info/actualite/international/iran-les-etats-unis-mettent-la-pression-sur-bruxelles/article-4000045035612.htm

        «  »
        Un combat géopolitique

        La tentative de blocage des relations entre SWIFT et l’Iran signifie une nouvelle étape dans la bataille géopolitique en cours. C’est également dans cette optique que certains services mettent l’accent sur le fait que l’Iran reste l’un des principaux pourvoyeurs de fonds du terrorisme international. En 2006, SWIFT avait déjà été impliqué dans la lutte américaine contre le terrorisme : on avait alors appris que le Trésor américain et la CIA avaient eu accès à toutes les transactions passant par ce système. «  »

    1. Je ne sais quoi penser de tout ceci, quand je me remémore mes leçon d’histoire du lycée on ou avait appris la problématique de la SDN et de son échec avant la seconde guerre mondiale.

      J’ai l’impression que l’on se retrouve dans le même triste rouage, échec de la SDN(ONU) humiliation de pays Allemagne ( Grèce), deux axes qui se dessine clairement, les ex-puissances qui ne tienne que par l’arme nucléaire, les émergents qui ne tienne que par la croissance et leur envie de se hisser au plus haut.

      Bref situation compliquée….

    2. La tension monte de façon inquiétante. En Israël, le général Gantz a déclaré que son pays décidera seul de frapper l’Iran ou non. Ceci coïncide avec l’arrivée en Israël du conseiller de sécurité nationale américain Tom Donilon pour « des consultations avec de hauts responsables israéliens sur de nombreux dossiers, dont l’Iran, la Syrie et d’autres questions relatives à la sécurité dans la région ».
      Deux blocs sont en train de se former, et l’Europe semble calquer sa position sur celle des anglo-saxon. Il va falloir que le population européenne réagisse avant que « plus haut » on puisse envisager de nous mêler sérieusement à une confrontation qui mène à la guerre.

      1. c’est déjà fait ! on décide pour nous…. et comme vous pouvez le remarquez… tant que les caddy ont trouvent du stock, ça ne bougera pas….mais quand ça va bouger …..on aura chaud ! le nez dans la crotte là et seulement là, ça va réagir…faut croire que la crotte ne sent pas encore assez fort !

    3. Dans cette affaire iranienne, j’ai comme l’impression que les USA et l’UE, craignent qu’ Israël ne fasse une bêtise, une grosse bêtise, qui pourrait les entraîner au delà de ce qu’ils souhaitent dans la confrontation avec l’Iran.
      Donc ils essayent de faire preuve de « créativité » (embargo sur le pétrole, maintenant menace sur le système bancaire etc …), vis à vis de l’Iran, en espérant que cela calmera les ardeurs d’ Israël.

      1. Pour une attaque de grande envergure [une centaine d’appareil], les Israéliens ont besoin d’un certain nombre de ravitailleurs en vol [au moins cinq]. Or ils n’en ont que deux.
        On verra bien jusqu’où ira la duplicité du ‘prix nobel de la guerre’ dans cette affaire au nombre d’appareils qui iront bombarder les installations iraniennes.
        La duplicité est au demeurant manifeste, vu que les bombes anti-bunker de type GBU-28 fournies gracieusement par les gringos ne sont pas destinées à combattre des commandos du Hezbollah…

        Et sinon? bah, les sociopathes au pouvoir actuellement à Jérusalem me semblent bien capables d’utiliser des armes nucléaires tactiques. Il n’y a pas que Ahmadinejad qui est fêlé…

    4. @ Paul Jorion 20 février 2012 à 13:26

      À mon avis, il ne faut pas aller chercher midi à quatorze heures : personne n’y avait pensé.

      Je suis de votre avis. Il me semble bien, ces derniers jours, avoir vu quelqu’un suggérer de faire intervenir les chambres de compensation. Si ce n’est pas vous c’est probablement une personne qui intervient sur votre blog et/ou qui a donné un lien vers un document qui évoquait cette possibilité.
      Votre blog est lu. Il amène à réfléchir. Il est très utile.

      1. Hmm… il s’agissait de ma part, d’une ironie assez lourde, puisque je propose cette méthode de fermer les paradis fiscaux, ici sur le blog, depuis qu’il existe.

      2. jducac

        On compte sur vous pour activer vos réseaux d’anciens collègues managers pour faire avancer la cause jorionienne. Votre soutien ne sera pas de trop vu la mauvaise volonté évidente de nos décideurs politiques. 🙂

    5. Accélération des tensions diplomatiques.

      Alors que l’AIEA effectue une seconde visite en Iran, Téhéran poursuit ses manœuvres militaires. Après des exercices dans le centre du pays (exercices héliportés, tirs de missiles courte portée…), l’armée de l’air va effectuer une préparation de quatre jours dans l’optique d’une frappe contre ses infrastructures vitales.

      Iran launches aerial defense drill

      Les États-Unis continuent de discuter avec Israël, et les rapports sont assez tendus entre les deux pays. Par ailleurs, des experts US estiment que si Israël envisage une frappe, celle-ci apparaît difficile à mettre en œuvre sur un plan logistique. Ces experts militaires indiquent qu’il faudrait utiliser 100 avions pour mener à bien l’opération.
      Iran Raid Seen As a huge task for Israeli jets

      Concernant l’affrontement Iran-UE sur le pétrole, il y a plusieurs versions: du côté iranien, le régime indique qu’il a lui-même déclenché l’arrêt de la livraison du pétrole au Royaume-Uni ainsi qu’à la France. C’est une mesure purement symbolique – l’Iran ne représentait que 3% des importations pétrolières en France -, mais Téhéran a menacé d’élargir cette mesure aux autres pays de l’UE. Or, du côté de la Commission européenne, on avance que l’Espagne, la Grèce et l’Italie ont déjà commencés à diminuer leurs achats pétroliers provenant de l’Iran. Quant à la Belgique (des informations?), les Pays-Bas et la République tchèque, ces pays auraient d’ores et déjà cessé d’importer du pétrole iranien. Alors info ou intox? Qui gagne au jeu du « meilleur message de propagande » dans cette guerre psychologique?

      En revanche, l’éruption pourrait intervenir avec ce Palestinien en détention depuis mi-décembre et qui mène une grève de la faim depuis. Son état est critique, s’il venait à mourir, il deviendrait une icône avec le risque d’explosion en Cisjordanie, à Gaza et ailleurs… Khader Adnan a déjà perdu 30 kilos. Il a été arrêté par l’armée israélienne en Cisjordanie car il est soupçonné de mener encore des activités terroristes alors qu’il aurait cessé d’être un des porte-paroles du Jihad islamique. Mais, à ce jour, il n’y a aucune preuve tangible.
      L’UE, la Chine et la Russie ont demandé sa libération immédiate.
      Du côté de Washington, c’est silence radio, peut-être préoccupé à faire libérer ses propres prisonniers détenus par l’Égypte. D’ailleurs, le procès débutera le 26 février.
      Notons que parmi les 19 ressortissants étasuniens, il y a Sam LaHood, fils du Secrétaire d’État aux Transports.

      1. P. Escobar toujours pertinent. « wait for March 20, when the Iranian oil bourse will start trading oil in other currencies apart from the US dollar, heralding the arrival of a new oil marker to be denominated in euro, yen, yuan, rupee or a basket of currencies. »
        Qui sait jouer aux échecs?

      2. @ Renou
        Le sieur Koursi, dans El Moudjahid, qui parle encore de l’URSS en 2012, quand même, ça la fout mal!

  4. Les « amis » de la Grèce lui prêtent à 3%, alors que sa « croissance » est de -7%.
    Le défaut est inévitable !!! Avec de tels « amis », pas besoin d’avoir des ennemis.
    Belle Europe que voilà !!!

  5. Les Iraniens devraient se proclamer ‘paradis fiscal’ et prendre les occidentaux à leur propre piège.
    Avec leur cupidité, les banques occidentales ne sauront résister longtemps à de très bonnes offres surtout venant d’un pays aussi riche.Tactique ou ruse Perse.

    1. Il me semble que les dirigeants chinois avaient penser utiliser la lune, mais les USA n’ont pas voulu, sous le prétexte qu’ils connaissaient déjà l’endroit…

    1. Ouais bon, faut pas trop pousser sur Reding, y’a pire quand même. Et si tout ce beau monde, en France comme en Europe, s’était opposé à Sarkozy dans son domaine propre comme elle l’a fait… il n’y aurait pas qu’elle à féliciter au Bundestag ou ailleurs, et pas qu’un Zoni Weisz pour le faire…
      http://mobile.france24.com/fr/20110127-a-berlin-rom-rescape-lholocauste-fustige-france-litalie
      De toutes façons je maintiens : tout ça est fort intéressant pour le débat européen, qui prend enfin, mais sans doute trop tard, la forme qu’il aurait toujours du avoir, purement politique, i.e ouvertement conflictuel; mais au bout du compte les grecs voteront bien en avril, auront leur pognon pour tenir deux ans, ne rembourseront pas, vont continuer de toutes façons à se débattre dans une paupérisation sans nom, et tout le monde de l’eurozone derrière eux. Le tout étant que toute l’Europe, et plus encore, paie les pertes sur les milliers de milliards de créances publiques et privées irrecouvrables, que chaque européen, chaque terrien, à sa hauteur, en paye le prix, décideurs, créanciers, clients politiques protégés, privilégiés de tous poils et fraudeurs en tête de liste évidemment, mais le plus tard possible…
      Dans huit jours on parlera plus des grecs mais des centaines de milliards du LTRO 2, ça au moins on en est sûr… Le timing est impeccable.

      1. Pas difficile ASSVIE ASSVIE ASSMORT ASSMORT çà à été expréssément fait pour XA et c’est AXA que çà va servir YAXA ?

      2. Dans huit jours on parlera plus des grecs mais des centaines de milliards du LTRO 2, ça au moins on en est sûr…

        Pas compris… On arrive à une échéance ?

      3. Long Term Refinancing Operation : Prêt Long Terme accordé par la BCE aux banques.
        Les banques ont reçu 500 milliards en décembre, il s’agit d’une rallonge prévue pour la fin février (250 à 350 milliards, dit-on).

      4. Mardi 28.02.12, Martine, the D date, LTRO 2, last (?) but not least.
        Gars-Huile, faut se sortir l’encéphale de l’huile de paraffine mon gars… un peu qu’elle en a causé d’Orban et un peu qu’elle lui en a envoyées des lettres comminatoires depuis six mois/un an. Sur l’avortement, sur l’indépendance de la justice, sur la liberté des médias…

    2. Viviane Reding qui avait vivement dénoncé la France pour le traitement des Roms, je ne l’ai jamais entendu aussi pugnace sur la question hongroise…

  6. Et pourquoi ne ferait-on pas comme l’Argentine? Sortir du système et de l’emprise du FMI. Penser aux gens plutôt qu’aux banques!

    1. « La première chose qu’on a faite nous, c’est de rallonger les échéances pour les propriétaires endettés. Les fonctionnaires du FMI nous ont alors dit que nous violions les règles essentielles du capitalisme! Ils oubliaient simplement que des gens ruinés ne consomment plus, ce qui obère une relance par la croissance. »

      source
      http://www.liberation.fr/economie/01012390907-nous-avons-sauve-les-gens-plutot-que-les-banques?google_editors_picks=true

  7. Pour cause de fatigue personnelle et de WE épuisant, je m’étais dit que je n’interviendrai pas sur le blog aujourd’hui. Mais faut avouer, l’horreur, la révolte, la rébellion et l’adrénaline finissent par faire leur effet :

    Les derniers articles de Fr. Leclerc me paraissent clairs : nous sommes en présence d’un « putsch ». (Voir par exemple « La Grèce une colonie ? »).

    Le plus beau (?) c’est que nous sommes en présence d’un putsch non-militaire ! C’est beau l’époque moderne : on a plus besoin de troufion !

    Quelques éléments parmi plein d’autres :

    Papandreou suggère un référendum, en moins de 8 jours il est lourdé.

    Son successeur (je rappelle ex-vice-président de la BCE, donc peu suspect de gauchisme extrémiste) Papadimos envisage des élections en Avril, immédiatement l’Europe bloque les fonds qu’elle devait verser à la Grèce (et attend que l’ « actuel » parlement vote, avant qu’on risque d’en changer).

    Divers mouvements populaires (Grèce, Espagne, Royaume-Uni, etc.) ont lieu, on les réprime doucement (pas de troufion je vous ai dit) mais fermement : suffit d’attendre l’hiver !

    Etc.

    Donc, quand Fr. Leclerc intitule son avant-dernier article « La démocratie violée », mes nausées me reprennent. (c’est pas de sa faute, c’est la réalité qui m’indispose).

    1. Nous sommes beaucoup c’est vrai à n’en plus pouvoir de retenir notre colère faute de trouver jusqu’à ce jour un terrain politique où l’exprimer. Chaque jour qui passe apporte son lot d’injustices non corrigées. Nous sommes un peu ici sur le blog comme des spectateurs des premières loges assistant au déroulement d’une très mauvaise pièce, avec le pire scénario et les plus mauvais acteurs. Qui se lèvera pour crier au scandale !

      Les experts eux continuent jour après jour de délivrer leurs critiques élogieuses de la tragédie en cours, imperturbables et sans états d’âmes ils ne voient pas l’infâme. Aujourd’hui encore dans Le Monde : Jean Pisani-Ferrry (économiste et directeur de l’Institut Breughel) pointe du doigt la Grèce fautive :

       » …. Les européens risquent bientôt de se demander qui a perdu la Grèce. La réponse est d’abord : les Grecs. …..Il ne faut pas reprocher aux Européens d’imposer l’austérité aux Grecs, contrepartie de l’effort nécessaire d’un effort financier considérable. Un pays dont les équilibres sont aussi prononcés doit passer par une extrême rigueur… »

    2. @ Leoned,

      Bonjour,

      Pour le doux euphémisme :

      « Hier lundi, l’ordre des médecins à Athènes, par la voix de son président Georges Patoulis, a demandé l’intervention de la justice, « car la santé d’un grand nombre de citoyens a été directement et délibérément mise en péril, par l’usage de produits chimiques, étant à l’origine des brulures dangereuses et des problèmes respiratoires, susceptibles à entrainer des pathologies chroniques. Le centre d’Athènes fut ainsi transformé en chambre à gaz (sic). Nous saisissons alors la justice, afin de déterminer si la composante CS, classé arme chimique, fut incluse dans l’arsenal de la police ». »
      ( dans :
      http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/02/athenes-cs-199.html )

      http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/02/nous-sommes-tous-prets.html

    3. @ Leoned

      suffit d’attendre l’hiver ! oui mais aprés l’hiver, y’a quoi ?? le printemps , des élections, et l’été……….. a voir !

  8. Le centre et la fin de l’article de Mûnchau…

    (…) It is one thing for creditors to interfere in the management of a recipient country’s policies. It is another to tell them to suspend elections or to put in policies that insulate the government from the outcome of democratic processes.
    These demands fail Immanuel Kant’s ‘categorical imperative’ – Germany does not will them to be universally adopted. Nor could they be adopted in Germany – they would be unconstitutional. Only recently the German constitutional court ruled that parliament’s sovereignty was absolute, that parliament must not permanently transfer sovereignty to outside institutions and that one parliament must never constrain the freedoms of its successor. The proposals violate the constrain the freedoms of its successor. The proposals violate the principles of Germany’s own constitution. In short, they are unethical.
    (…) The situation highlights the political vulnerability of the current eurozone rescue strategy. Let us set economic arguments aside for once, and consider the politics. Anybody calling for an increase in the rescue package should remember that solidarity between governments is close to being exhausted. This has happened even before a single cent has crossed a border. It is also the strongest argument for a fiscal union. If you want to shift hundreds of billions of euros around, you simply cannot do this on an inter-government basis, where Germany, the Netherlands and Finland pay for Greece, Portugal and Ireland. For that, you need a federal system. You need it not for reasons of economic efficiency but to prevent a Germany-versus-Greece type conflict. If a fiscal union turns out to be politically unacceptable then we simply have to admit that a transfer insurance system cannot and will not happen.
    The reason the current system is breaking down is the loss of mutua trust. It narrows the political options of crisis resolution. Mistrust is the reason why the Greek rescue package has been delayed until the latest possible moment, and why the latest proposals contain so many poison pills: implementation deadlines, the escrow account, and a permanent representation of creditors and the International Monetary Fund. Soon there will be yet more austerity. At some point, somebody will snap.
    The German strategy seems to be to make life so unbearable that the Greeks themselves will want to leave the eurozone. Merkel certainly does not want to be caught with a smoking gun in her hand.
    It is a strategy of assisted suicide, and one that is extremely dangerous and irresponsible

    http://m.businessspectator.com.au/businessspectator/#!/article/Greece-eurozone-euro-debt-crisis-recession-default-pd20120220-RMRDE?OpenDocument&src=sph&modapt=commentary

    1. Il faut que l’ancien ministre de l’Economie argentin, Roberto Lavagna soit proposé comme candidat au prochain « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». C’est lui qui doit être élu, personne d’autre… J’envoie un mail.. 🙂
      Blague à part, je le fais. Si d’autres écrivent, ils y réfléchiront…
      registratorn@riksbank.se

      1. Correction adresse mail : tuula.elf@kva.se
        et site qui s’occupe des nominations : http://www.kva.se/en/Prizes/Prize-in-Economic-Sciences/
        Candidatures pour octobre, prix décerné en décembre.

        The Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel was instituted in 1968, at the tercentenary of the bank. The awarding ceremony takes place on 10 December, the anniversary of Alfred Nobel’s death. The laureates in economic sciences are announced and published on the Academy’s and the Nobel Foundation web sites every year in mid-October immediately after they have been chosen.

        Les derniers lauréats m’ont l’air particulièrement fades et peu intéressants… De braves petits soldats du capitalisme, modélisant les réactions macroéconomiques à la suite de « chocs inattendus » …

  9. Pouvez-vous, mon cher François Leclerc, me donner votre avis, de la manière la plus succinte possible, sur le MES. Bien à vous.

    1. Le MES devrait être capitalisé par les Etats et non plus bénéficier de leur seule garantie. Ce qui explique que le capital ne sera appelé qu’avec parcimonie, car ceux-ci devront aller sur le marché pour financer leur apport. Pour une large partie d’entre eux à des taux élevés, voire même très élevés.

      Il est question, mais pas décidé, de cumuler ce qui reste de capacité d’emprunt du FESF avec les futurs moyens du MES, estimés au total à 500 milliards d’euros, ce qui représenterait une force de frappe d’environ 750 milliards d’euros au total. Une somme considérée comme encore insuffisante, si l’Espagne et l’Italie devaient être financièrement soutenus. D’où l’actualité d’un renforcement du FMI, à propos duquel les Chinois et les Japonais viennent de déclarer qu’ils se « coordonneraient étroitement pour répondre conjointement au FMI ». Le FMI s’apprêtant à ne participer au second sauvetage de la Grèce qu’à hauteur de 10% du total (13 milliards d’euros) et non plus d’un tiers comme le coup d’avant, on mesure les réticences qui existent parmi les États membres pour aider en grand l’Europe.

      Les dirigeants européens s’inscrivent toujours dans la même logique : ils se donnent plus de moyens pour rouler la dette publique à des taux inférieurs à ceux du marché, afin de contribuer à un lent désendettement qui continue de passer par des mesures d’austérité budgétaire et des réformes structurelles. La récession dans laquelle l’Europe est entraînée par son application rend cette stratégie particulièrement problématique.

      Ils gagnent du temps, font supporter le poids du désendettement sur les salariés, les retraités et les plus démunis et accroissent encore les inégalités sociales, avec l’espoir de relancer la machine sans y toucher, un jour qui est de plus en plus lointain. Certains voudraient saupoudrer un peu de croissance et modérer un peu les coupes budgétaires, pour rendre plus supportable la peine, mais ce n’est qu’une variante porteuse des mêmes effets, un peu atténués.

      1. « Comment en est-on arrivé là maître .
        Aucun contrôle des choses ils n’ont , jeune padawan .
        Pourquoi donc maître Yoda ?
        La force aucun ne maîtrise .
        Apprenez leur !
        Aveuglés par leur reflet ils sont ! Entrainés dans le côté sombre ils seront . « 

      2. Ce n’est pas en rendant plus pauvres des potentiels consommateurs qu’on va aller vers le retour de la croissance, n’est pas H Ford qui veut.

      3. Gagner du temps, c’est en effet le seul horizon.

        Mais là, il s’agit de payer ce temps avec de gros morceaux des principes fondamentaux de toute démocratie : le MES, qui ne répondrait devant personne, alors qu’il aurait autorité sur le budget des Etats, met la sécurité des créances publiques tout en haut de l’échelle des valeurs, avant même la souveraineté du peuple, ou de ses représentants. Un transfert de souveraineté, et un bouleversement de la hiérarchie des valeurs fondamentales, de ce calibre, sans vote solennel de tout le peuple, et en pleine campagne électorale, ça ressemble à un coup d’Etat!

        Infiniment trop cher, ce temps gagné! Car, nous le savons tous, il ne s’agit que de temps gagné…

  10. «  La cité est en feu , les quartiers littoraux ont déjà disparu dans les flammes .
    « Moloch exige de sacrifier plus d’innocents !
    «  Qui connait les exigences du dieu ?
    «  Les prêtres !
    « Et s’ils se trompaient ?
    « Ils ne le peuvent , ils sont la voix de Moloch , ils sont infaillibles !

  11. Italie: Mario Monti veut taxer l’Église pour résoudre la crise.

    Tous les pays de l’Union européenne cherchent des réponses à la crise. C’est l’un des thèmes de la campagne présidentielle française. Et demain, les ministres européens de la zone euro se pencheront sur l’aide à la Grèce. En Belgique le contrôle budgétaire se profile. En Italie, le président du Conseil Mario Monti a des idées: il lève les yeux au ciel et pense à l’Église.

    http://www.rtbf.be/info/monde/dossier/europe-itineraires-de-sortie-de-crise/detail_italie-mario-monti-veut-taxer-l-eglise-pour-resoudre-la-crise?id=7597943

    L’indicateur de confiance des consommateurs au plus bas depuis avril 2009.

    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_l-indicateur-de-confiance-des-consommateurs-au-plus-bas-depuis-avril-2009?id=7604703

    La honte de vivre en Europe…

    Paul de Grauwe, le Professeur d’économie, l’ancien Sénateur VLD dit ceci : « Le drame grec n’est pas seulement dû à la corruption en Grèce, il est aussi dû à l’intransigeance impitoyable des pays européens créanciers. Je suis honteux de vivre en Europe ».
    Lui, c’est un Européen convaincu. 140 caractères pour résumer la situation, Paul De Grauwe a été, on en peu plus concis et percutant et tous les mots sont importants.

    http://www.rtbf.be/info/opinions/detail_la-honte-de-vivre-en-europe?id=7575633

  12. La pièce viendrait elle enfin de tomber?

    David Cameron and EU leaders call for growth plan in Europe:

    David Cameron and ten other European leaders have written a letter to Brussels urging the EU’s economic policies to become more growth focused ahead of a March 1 summit. Here is the text in full.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9093478/David-Cameron-and-EU-leaders-call-for-growth-plan-in-Europe-full-letter.html

    We are copying this letter to colleagues on the European Council.

    David Cameron, Prime Minister of the United Kingdom

    Mark Rutte, Prime Minister of the Netherlands

    Mario Monti, Prime Minister of Italy

    Andrus Ansip, Prime Minister of Estonia

    Valdis Dombrovskis, Prime Minister of Latvia

    Jyrki Katainen, Prime Minister of Finland

    Enda Kenny, Taoiseach, Republic of Ireland

    Petr Nečas, Prime Minister of the Czech Republic

    Iveta Radičová, Prime Minister of Slovakia

    Mariano Rajoy, Prime Minister of Spain

    Fredrik Reinfeldt, Prime Minister of Sweden

    Donald Tusk, Prime Minister of Poland

    Le ‘candidat’ du peuple brille par son absence, mais il ne va sans doute pas tarder à récupérer
    cette initiative…idem pour Di Rupo.Problème de traduction sans doute pour Di Rupo? …(rires)

    1. Si on lit attentivement la lettre pour la croissance en Europe de David Cameron and co, il s’agit de procéder à de nouvelles dérégulations et de nouveaux accords de libre-échange.

      1. « Effectivement, c’est : « Relançons la croissance… par une nouvelle dose de libéralisme ! » Plus ça change, plus c’est la même chose. »

        Croissance et libéralisme sont indissociables, parce que derrière l’étiquette croissance, synonyme, pour la plupart -on nous l’assène assez – de développement et d’emploi, se cache en fait l’instrument de guerre de l’enrichissement forcené de ses tenants, dont les victoires croissancistes n’ont pas vraiment à voir avec le mieux-être de tous.

        Le malentendu, discret tant qu’il s’agit d’économie théorique, se révèle clairement lorsqu’on intègre l’objet même de la réflexion économique, la réalité.

        La croissance du produit agricole, par exemple, qui fait effectivement grossir le résultat de Monsanto et consorts, se révèle bien illusion à qui regarde la réalité :

        – Le 100 quintaux l’hectare ne reposent que sur le dopage pétrole (engrais, pesticides, échanges) et s’effondrent avec sa raréfaction.
        – Le substrat de ces 100 quintaux, la terre nourricière, est mortellement ébranlé par les méthodes croissancistes pour parvenir à ces résultats mirifiques
        – Le contexte, l’air et les eaux et les sols est définitivement affecté par les instruments de la croissance, les engrais, les pesticides, les OGM etc.
        – Les humains, normalement bénéficiaires de cette croissance, sont les dindons de la farce : ils ont plus de pain, mais quel pain ? (insipide, caoutchouteux), plus de porc, mais quel jambon (suiffeux, aqueux).

        Il est visible ici – parce que la nature est un livre ouvert, ce qui rend impossible l’écran de fumée habituel – que cette sacro sainte croissance, fantasme propagé par le libéral jusqu’à la nausée, est en fait terrible régression.
        L’agriculture la plus archaïque, du pays le plus reculé, fait beaucoup mieux puisqu’elle peut se maintenir indéfiniment, alors que la nôtre conduit à la disparition biologique et du substrat (les sols) et des acteurs (les paysans, inefficaces avec un pétrole à 200 $ le baril), voire de la vie humaine (réchauffement).

        Amicalement,

        Delphin

      2. c’est vraiment qu’une question de doctrine là, qu’il faille faire ça plutôt que cela,… pour élever le débat il faudrait être capable de discuter les fondements profonds des uns et des autres, psycho, philo, ethno, socio, etc rien de scientifique seulement des humanités, … tout le monde a ses raisons.

    2. Pour resumer:

      We need to inject political momentum into deepening economic integration with the US, examining all options including that of a free trade agreement;

    1. Ce qui est curieux, c’est que tout le monde parle et parle, réfléchit sur les solutions possibles, les issues à envisager pour re-fonder le système, voir même pour sortir du cadre, alors que tout pointe dans vos reflexions vers le dedans, vers l’intérieur même du cadre, vers son noyau : l’argent. Je remercie Fayçal de cette vidéo où l’on a un exemple très précis (brillant même) d’une solidarité gratuite, et qui s’en passe (et comment) des strucutres imposées par le système capitaliste. Ce que Bunker Roy a réalisé n’est pas loin de ce que l’on finira un jour tous par réaliser : l’issue est dans l’inventivité (voir vidéo de Jorion du 6 janvier 2012), le partage, l’inteligence naturelle et, aussi, et cela est important à signaler, la pauvreté. Oui, la pauvreté est une solution, pas un problème… Que personne n’ait repéré cette vidéo en dit beaucoup sur la cécité qu’une reflexion (sans fin) autour de l’agonie du capitalisme peut, elle aussi, causer dans les esprits. Faire, voilà l’issue. Parler, convaincre les puissants, donner une forme théorique aux solutions à envisager, tout cela est très bien, mais, en fin de comptes, et face à des exemples comme celui-ci, cela demeure encore très peu de chose…

      Je citerai Debord (La société du spectacle), à mode de conclusion :

      56

      Les fausses luttes spectaculaires des formes rivales du pouvoir séparé sont en même temps réelles, en ce qu’elles traduisent le développement inégal et conflictuel du système, les intérêts relativement contradictoires des classes ou des subdivisions de classes qui reconnaissent le système, et définissent leur propre participation dans son pouvoir. De même que le développement de l’économie la plus avancée est l’affrontement de certaines priorités contre d’autres, la gestion totalitaire de l’économie par une bureaucratie d’Etat, et la condition des pays qui se sont trouvés placés dans la sphère de la colonisation ou de la semi-colonisation, sont définies par des particularités considérables dans les modalités de la production et du pouvoir. Ces diverses oppositions peuvent se donner, dans le spectacle, selon les critères tout différents, comme des formes de société absolument distinctes. Mais selon leur réalité effective de secteurs particuliers, la vérité de leur particularité réside dans le système universel qui les contient : dans le mouvement unique qui a fait de la planète son champ, le capitalisme.

      217

      Le parallélisme entre l’idéologie et la schizophrénie établi par Gabel (La Fausse Conscience) doit être placé dans ce processus économique de matérialisation de l’idéologie. Ce que l’idéologie était déjà, la société l’est devenue. La désinsertion de la praxis, et la fausse conscience anti-dialectique qui l’accompagne, voilà ce qui est imposé à toute heure de la vie quotidienne soumise au spectacle ; qu’il faut comprendre comme une organisation systématique de la «défaillance de la faculté de rencontre», et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social : la fausse conscience de la rencontre , l’«illusion de la rencontre». Dans une société où personne ne peut plus être reconnu par les autres, chaque individu devient incapable de reconnaître sa propre réalité. L’idéologie est chez elle ; la séparation a bâti son monde.

      218

      «Dans les tableaux cliniques de la schizophrénie, dit Gabel, décadence de la dialectique de la totalité (avec comme forme extrême la dissociation) et décadence de la dialectique du devenir (avec comme forme extrême la catatonie) semblent bien solidaires.» La conscience spectaculaire, prisonnière d’un univers aplati, borné par l’écran du spectacle, derrière lequel sa propre vie a été déportée, ne connaît plus que les interlocuteurs fictifs qui l’entretiennent unilatéralement de leur marchandise et de la politique de leur marchandise. Le spectacle, dans toute son étendue, est son «signe du miroir». Ici se met en scène la fausse sortie d’un autisme généralisé.

      219

      Le spectacle, qui est l’effacement des limites du moi et du monde par l’écrasement du moi qu’assiège la présence-absence du monde, est galement l’effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la fausseté qu’assure l’organisation de l’apparence. Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d’imitation qu’éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. Selon les termes que Gabel applique à un niveau pathologique tout autre, «le besoin anormal de représentation compense ici un sentiment torturant d’être en marge de l’existence».

      220

      Si la logique de la fausse conscience ne peut se connaître elle-même véridiquement, la recherche de la vérité critique sur le spectacle doit aussi être une critique vraie. Il lui faut lutter pratiquement parmi les ennemis irréconciliables du spectacle, et admettre d’être absente là où ils sont absents. Ce sont les lois de la pensée dominante, le point de vue exclusif de l’actualité, que reconnaît la volonté abstraite de l’efficacité immédiate, quand elle se jette vers les compromissions du réformisme ou de l’action commune de débris pseudo-révolutionnaires. Par là le délire s’est reconstitué dans la position même qui prétend le combattre. Au contraire, la critique qui va au-delà du spectacle doit savoir attendre.

      221

      S’émanciper des bases matérielles de la vérité inversée, voilà en quoi consiste l’auto-émancipation de notre époque.

    2. @Anna, le 21 février 2012 à 16 h 15

      En « conclusion », vous avez oublié de citer, la fin de la dernière thèse, 221, ou d’en signaler l’existence.

  13. Une autre stratégie semble l’avoir emporté, qui consiste à obtenir un résultat identique, mais à petit feu et plus tard, par étouffement progressif.

    A supposer qu’on puisse encore appeler ça une stratégie. Parce que franchement, que l’Allemagne opte pour telle manière plutôt que pour telle manière, qu’est-ce que ça change au dernier acte ? La Grèce file tout droit vers le défaut. L’Espagne est dans une situation absolument dramatique. L’Italie et le Portugal glissent vers une récession économique sans fin, la France tente désespérément d’y échapper. Les partis politiques d’extrême-droite vont vraisemblablement faire des percées spectaculaires aux prochaines élections. Et l’Allemagne… la si solide, si pragmatique, si vertueuse, Allemagne… et bien elle est à mon avis tout bonnement entrain de nouer le bout de la corde à sa balance commerciale exportatrice — et ce n’est pas la Chine qui va se précipiter pour la dénouer quand elle s’étranglera à la fin ! Dans le genre stratégie, on a déjà connu mieux. Suicide collectif serait plus proche de la vérité, non ?

    1. Pas encore irrémédiable, mais état dépressif profond.

      « le bout de la corde à sa balance commerciale exportatrice  » et
      démographie en chute libre : depuis 20-30 ans les malveillants pronostiquent
      le pire pour l’Allemagne. Il faut lui reconnaître une certaine classe,
      d’ordre esthétique , pour y échapper. Comme s’ils étaient hors règles admises.
      Qui vivra… Certains , chez eux, doivent se sentir invulnérables: le couperet
      tombe, mais par une contorsion genre salto inversé, leur cou n’y est plus.
      La guerre ( Copyright Vigneron) économique se gagnera par les résidus, les fonds de tiroir. Ils en ont beaucoup et j’ai lu que chez eux les SDF ne mourraient pas dans les rues. Un signe comme un autre, bon en Allemagne, moins ici.

    2. c’est aussi pourquoi je n’aime pas le jeu de monopoly, on s’emmerde, c’est long, et finalement le but ne vaut pas tout ce temps perdu !

  14. Bonjour à tous,
    Mon impression est que la commission européenne
    et une grande partie des gouvernants européens sont dans une logique psychopathologique:
    seul un psychopathe est capable de nier l’inefficacité de mesures aussi cruelles et coercitives
    sans s’en émouvoir, sans douter.
    Plus la victime est « à terre »,et plus le psychopathe l’enfonce, le culpabilise, le brime…
    Et le seul moyen pour sortir des griffes d’un psychopathe est de l’ignorer, de l’éviter absolument,
    ce qui n’est pas évident quand il s’agit d’un peuple!
    Le seul moyen apparemment est donc de faire une économie parallèle, basée soit sur une monnaie parallèle, soit d’une manière beaucoup plus informelle par l’échange, le troc.

    Cher François Leclerc, avez vous lu Le chapitre 27 du MES?
    le voici:
    « L’article 27
    Le statut juridique du MES, les immunités et privilèges
    1. Pour permettre au MES de remplir sa mission, le statut, les immunités et privilèges énoncés dans le présent
    article sont accordée au MES dans le territoire de chaque Membres du MES. Le MES s’efforcera d’obtenir la
    reconnaissance de son statut, les immunités et privilèges dans les autres territoires dans lesquels il exerce des
    fonctions ou détient des actifs.
    2. Le MES a la pleine personnalité juridique, il doit avoir la pleine capacité juridique:
    (A) pour acquérir et aliéner des biens immobiliers et mobiliers;
    (B) pour contracter;
    (C) pour être en justice et
    (D) pour entrer dans un accord cadre et / ou des protocoles nécessaires pour s’assurer que ses statuts, privilèges
    et immunités sont reconnus et mis en vigueur.
    3. Le MES, ses biens, fonds et avoirs, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le détenteur, jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire, sauf dans la mesure où le MES renonce expressément à son immunité dans le but de toute procédure ou par les conditions de tout contrat, y compris la documentation sur les instruments financiers.
    4. La propriété, le financement et les actifs du MES, où qu’ils se trouvent et quel qu’en soit le lieu, sont exempts de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation ou de toute autre forme de saisie, de prise ou forclusion par action de l’exécutif, judiciaire, administrative ou législative.
    5. Les archives du MES et en général, tous les documents lui appartenant ou détenus par elle, sont inviolables.
    6. Les locaux du MES sont inviolables.

    7. Les communications officielles du MES accorderont à chaque Membres du MES et à chaque Etat qui a reconnu le statut, les privilèges et immunités du MES, le même traitement qu’il accorde aux communications officielles d’un Etat qui est un Membre du MES.
    8. Pour mener à bien les activités prévues dans ce traité l’ensemble des biens, fonds et avoirs du MES devront nécessairement être exempt de restrictions, réglementations, contrôles et moratoires de toute nature.
    9. Le MES est exempté de toute obligation d’être autorisé ou agréé en tant qu’établissement de crédit, de services d’investissement ou toute autre entité autorisée sous licence ou réglementée en vertu de la législation de chaque Membres du MES. »
    Et l’article 30:
    « L’article 30
    Immunités des personnes
    1. Gouverneurs, Gouverneurs suppléants, Directeurs, Directeurs suppléants, le Directeur Général et Membres du personnel doivent être à l’abri de poursuites à l’égard des actes accomplis par eux dans leur qualité officielle et jouissent de l’inviolabilité à l’égard de leurs papiers officiels et documents, sauf lorsque le Conseil des Gouverneurs renonce expressément à cette immunité. »

    Je comprends donc que ce « MES » a tous les droits, est inattaquable , que leurs membres ont une immunité totale et que leurs dossiers et lieux sont inviolables.
    Il s’agit donc d’une dictature totale de cette entreprise, privée, sur les 17 États qui auront accepté de se mettre sous sa coupe.
    Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi c’est un coup d’état.
    Et vous?
    Cordialement.
    A tous,
    Ce traité sera voté demain par l’assemblée, et je ne saurais trop vous recommander d’écrire un petit mail aux députés pour les mettre devant leur responsabilité.
    Voici un lien avec toutes les adresses mail de ces derniers:
    http://www.cdca.asso.fr/cdca/cdca-e_mail_deputes_ensemble.htm
    Bonne soirée à tous,
    Et merci aux auteurs de ce blog pour leur travail!

    1. Où avez-vous trouvé le texte FRANÇAIS du MES et pendant qu’on y est celui du TSCG ?

      Dont, je rappelle, qu’ils doivent être tous deux votés demain 21 Février, en procédure d’urgence, par le Parlement français.

        1. Merci.

          Mais sais-tu l’ « officialité » de cette traduction ?

          Parce que pour qu’un traité soit ratifié par un Parlement, il me semble quand même que ….

          Or, y’a quelques points ou phrases où la traduction semble être du quasi-mécanique allemand-français !!

      1. MES : sarkozi, hollande et bayrou sont pour …

        donc le 21, fermez là , y a rien à voir, rien à dire , rien à faire

      2. @ Morvandiaux

        Je renouvelle mon merci, mais, renseignements pris, CE N’EST PAS la traduction officielle !

        Je rappelle que le vote de l’Assemblée nationale a lieu demain soir, donc, sauf miracle (?) et capacité de lecture ultra-rapide de nos députés adorés, ils vont voter POUR (puisque le PS compte s’abstenir) un texte qu’ils ne connaîtront pas !

        Quand ce midi, je vous parlais de putsch !!!

      3. @ j. gorban

        Je me permets d’insister : c’est pire !

        « Si le Front de gauche votera contre la ratification du MES, le PS a décidé de s’abstenir tout comme il l’avait fait, le 7 septembre 2011, sur l’extension des moyens du FESF. « Nous contestons le lien entre le MES et le traité budgétaire », m’a expliqué Harlem Désir, député européen et numéro 2 du PS. Une position qui s’explique aussi par ses divisions internes, l’aile gauche du parti étant partisan d’un vote négatif… « Mais nous sommes très clairs, nous sommes pour le MES », affirme Désir ».

        C’est clair, non ?

        Extrait de http://bruxelles.blogs.liberation.fr/

    2. ce qui ressemble le plus, historiquement, à l’union européenne, c’est l’empire romain.

      Il ne faut pas donc s’étonner du coup d’état que vous avez l’amabilité de nous faire apparaître très clairement.

      Je recommande à tous la lecture des livres de Philip K. Dick écrits durant les années 70…quand il se croyait vivant sous la tyrannie de l’empire romain (sous Nixon, de fait)

      L’art est consolateur.

      1. @ Asclepios

        Y doit pas rester beaucoup de romans ou de nouvelles de Dick que n’ai pas lu ! (Et y’a longtemps faut pas croire !)

        Merci, du conseil, mais là ça ne me consolerait pas, sans doute même au contraire !

    3. Emanation d’un traité signé entre Etats, le MES est un élément constitutif de la stratégie de désendettement choisie, dont le statut est celui d’une organisation intergouvernementale. Il lui est donné des caractéristiques ne laissant pas de prise à la mise en cause de ces décisions, pour les mêmes raisons qu’il a été tenté de donner à la règle d’or budgétaire le caractère d’une disposition constitutionnelle, ce qui est ou va être le cas dans certains pays. A rapprocher également de l’indépendance de la Banque centrale européenne qui lui permet d’échapper à tout contrôle.

      1. @ Fr. Leclerc

        Lire par exemple l’« Attendu 5 » de la traduction (provisoire ?) du MES.

        Lire aussi l’article 9.

        (Et le reste, si le cœur vous en dit, ou plutôt supporte)

      1. @ Léoned

        Veulent, me semble t-il, créer une BCE bis; une Go(o)d Bank, quoi!
        Alors ils lui donnent les mêmes statuts qu’à la BCE.
        Mélenchon trouve cela très grave; la Jorion’s team: bof…
        En même temps, on a pas fait la révolution quand ils ont voté les statuts de la BCE…

  15. Bonsoir,

    ce qui est absolument dramatique maintenant, c’est que le processus délirant en cours depuis des années et qui jusqu’à présent ne cherchait qu’à « se payer sur la bête » : les populations Grecques ( et pour notre plus grand confort franchouillard … jusqu’à présent) ; en vient maintenant à remettre même en cause le fonctionnement de la démocratie grecque, j’imagine bientôt des attentats, peut être d’extrémistes gauchisants révoltés, mais aussi peut être sciemment provoqués par des forces d’argent visant à justifier ensuite l’instauration d’un pouvoir policier là-bas afin que le jeu maléfique et les apparences puissent perdurer encore un peu coûte que coûte, une sorte d’acharnement thérapeutique, une sidération face aux échéances vertigineuses de nos élites en est la cause.

    Je crois que la seule façon d’aider rapidement nos amis grecque va être de voter Mélenchon dans quelques semaines , ça remettra aussi à l’honneur l’idée Européenne centré sur le citoyen.

    Y’a pas photo, dans une pareille situation il nous faut un type qui doit être capable de rentrer dans le lard du systéme qui là perd complétement la boule.

    Cordialement

    1. @ Léoned

      Me semble que le texte initial a été rédigé en Anglais.
      Alors de l’Anglais traduit en Allemand et sous-titré en Français… Manquerait plus que se soit un peu interprété…

  16. Bonsoir et merci pour ce billet.
    « Viviane Reding, désormais commissaire européen à la justice, a déclaré que la solidarité n’est pas gratuite, la Grèce doit également faire sa part pour gagner cette aide ».

    Depuis Athènes nous avons envie de paraphraser ainsi : « désormais l’exécution est payante, et la Grèce doit également faire sa part pour acheter les balles » ! Seulement ce n’est pas par la paraphrase que le salut arrivera. Je pense que cette nouvelle typologie de faillite… infaillible restera dans les annales, mais post mortem pour nous ici évidemment. Entre temps, le Mémorandum II, instaure l’enfer fiscal pour tous, le transfert de la collecte des impôts aux banques et une méta-démocratie réellement existante. Nous nous organisons comme nous pouvons, survivre, résister, sauver notre sociabilité et notre sens d’analyse. En plus il faut instituer un imaginaire politique, en extraire du nouveau à partir de l’ancien, inventer une stratégie anti-mémorandum, suivre la recomposition du paysage politique et faire appel au… chamanisme, déjà pour deviner ce que les Troïkans ont en tête pour ce qui est des élections. Le fait d’exiger un accord préalable sur tout et de la part de toutes les forces politiques, y compris de la gauche ici en Grèce, a eu un retentissement énorme. Néanmoins, nous nous trouvons sous le régime de l’aporie dans la praxis, tandis qu’au même moment les bancocrates… commandent le dessert. Notre cas sert évidemment à faire valider les nouvelles dispositions européennes de discipline budgétaire, autrement-dit, à changer de régime politique en Europe et ceci assez rapidement, élections obligent. Paul Jorion a retenu une petite phrase de François Hollande qui depuis Londres, rassurait le petit monde de la finance. Si c’est ainsi, et étant donné notre… chantier lumineux entre le premier et le second Mémorandum, eh bien je pense que ce printemps sera celui des banques, qu’en pensez-vous ?

    1. j’en pense que si vous ne vous remuez pas méchamment en Gréce , vous qui êtes le laboratoire expérimental, on va se manger le même menu que vous autres parce que visiblement l’opération aura été concluante.
      Luttez ! si vous vous laissez tondre j’ai bien peur que les autres peuples baissent les bras n’ayant pas eu l’exemple de la lutte possible.
      J’aime la Gréce, j’aime la Crête, j’aime Hania, j’aime Fournes. Redevenez comme vous étiez.
      Une ancienne cueilleuse de portocallia

    2. @ Panagiotis Grigoriou,

      Bonsoir,

      «  »
      Un militant du parti a décrété que le peuple avait perdu la confiance du gouvernement et ne pourrait la regagner qu’en redoublant d’efforts. Si c’est le cas, ne serait-il pas plus simple que le gouvernement dissolve le peuple et en élise un autre ? Bertolt Brecht » »

      http://www.lapasserelle.com/billets/crise_grecque_commentaires.html

      Mi-figue, mi-raisin..l’Eurogendfor est-elle présente ou non en Grèce, selon les informations et témoignages dont vous disposez ?

      Belle soirée, sympathie et soutien à vous comme au peuple grec; merci de témoigner sur votre blog comme vous le faites. On croit en vous, en France et ailleurs.

  17. Le scénario de base est que la Grèce ramènera sa dette à 129% du PIB d’ici 2020 contre 160% actuellement, soit au-dessus de l’objectif officiel qui est de 120%, suivant l’analyse de neuf pages préparée pour l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro).
    « Les résultats montrent un besoin d’aide supplémentaire de la part des secteurs public ou privé pour infléchir vers le bas la trajectoire de la dette », lit-on dans ce rapport daté du 15 février.

    Le rapport estime que la dette pourrait être ramenée de 129 à 120% en restructurant les intérêts cumulés des obligations grecques, ce qui retrancherait 1,5 point à la dette.
    Abaisser les taux d’intérêt sur les prêts bilatéraux à la Grèce accordés suivant le premier plan de renflouement retrancherait encore 1,5 point.
    Restructurer les portefeuilles d’obligations grecques détenues par les banques centrales de la zone euro enlèverait 3,5 points, tandis que si la Banque centrale européenne renonçait à encaisser tout profit sur ses propres obligations grecques rachetées depuis 2010, 5,5 points seraient à leur tour retranchés de la dette.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E8DK87D20120220

    2020 c’est dans 8 ans, mais qui croit que la Grèce pourra sortir de la spirale infernale « austérité > aggravation des déficits > + d’austérité » d’ici-là?

    Les principaux partis politiques grecs se sont, par écrit, engagés à tenir leurs promesses y compris après les élections d’avril. Le budget de cette année a été amputé de 325 millions d’euros, notamment en rabotant les dépenses militaires et en sabrant un peu plus encore dans les salaires. Le plan d’austérité a été adopté par le Parlement. Et enfin, la Grèce a convaincu ses créanciers privés, banques, assurances, etc, de laisser tomber la moitié de ce que leur doit le pays et de rallonger les délais de remboursement.

    Certaines de ces mesures devront être appliquées sur le terrain avant le déboursement du premier chèque européen. Une partie des 130 milliards d’aide pourrait être bloquée sur un compte pour garantir le remboursement de la dette. Certains ministres auraient aimé ne débloquer qu’une partie de l’aide et reporter le reste du plan à la fin du mois d’avril après les élections mais plusieurs pays ont refusé. De toute façon, les 130 milliards seront versés au fur et à mesure des besoins et pour autant que la Grèce remplisse les engagements tenus devant ses partenaires.

    Problème: l’enveloppe d’aide publique ne pourra excéder 130 milliards d’euros, a prévenu le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
    Le vice-premier ministre a rappelé les sondages d’opinion montrant que trois quarts des Grecs souhaitent rester dans la zone euro.
    Les pays partageant la monnaie unique doivent à leur tour montrer qu’ils « peuvent résoudre le problème grec de manière solidaire et responsable ».

    http://www.rtbf.be/info/monde/detail_eurogroupe-jour-j-pour-la-grece?id=7602163

    Seulement 50% pour les dettes privées? On avait parlé sérieusement de 70%, et d’une indemnisation, ce qui va diminuer sensiblement la diminution…
    S’ils décident finalement de lâcher quelques sous, on va de nouveau assister au même cinéma pendant un mois tous les 3 mois.

    Pas plus de 130mds, et pas plus de 120% du PIB.
    Le premier n’est pas suffisant pour atteindre le second et tout le monde le sait, même Reuter : alors, à quoi ils jouent, au juste??

    Qui a dit que la Grèce devait quitter l’Euro en cas de défaut? Qui refuse ou fait une infinité de manière pour la sauver?

    On voit combien l’UE est solidaire, responsable et généreuse… pour ses banquiers.
    Je n’aime pas cette europe-là.

  18. Cher monsieur Leclerc,
    je ne viens plus très souvent sur le site de Paul Jorion car je suis las des commentaires souvent totalement inappropriés auxquels je me soumettais pourtant en toute honnêteté.
    Je voudrais vous relater un fait qui m’a été rapporté par une amie et ancienne collègue sévissant comme professeur à UCLA où Paul Jorion a également sévi, plus précisément au VA Hospital, au coin de Wilshire Boulevard et Sepulveda Boulevard, si ma mémoire est bonne.
    Depuis plus de deux ans l’Etat de Californie est en virtuelle banqueroute et les fonctionnaires de UC ont vu leur salaire diminué de 40 %, ce qui se traduit dans les faits par trois jours travaillés et rémunérés et deux jours travaillés mais non rémunérés. Mon amie est depuis bien longtemps propriétaire de sa petite maison sur McLellan Drive, à la limite de Santa Monica et elle n’a plus de prêts à rembourser, mais elle me disait il y à quelques jours que la situation est tendue pour ne pas dire à la limite de l’explosion sociale.
    Je souligne que la Californie abrite trois des plus grandes capitalisations boursières du monde : Google, Microsoft et bientôt Facebook… A l’échelle du monde, la Californie serait la septième puissance économique mondiale !
    Les sacrifices des grecs, c’est des cacahuètes , tous les californiens se serrent la ceinture depuis trois ans. Les grecs ne payent pas d’impôts fonciers ni de taxes d’habitation, les armateurs sont exonérés de taxes, les militaires ne payent pas d’impôts (je rêve) et l’Eglise, le plus gros propriétaire terrien de la Grèce est exonéré d’impôts sur les locations des terrains agricoles.
    Enfin la Grèce, qui a poussé la paranoïa à son maximum, continue à acheter des armes …
    Des Grecs émigrent en Californie parce que malgré tout, la vie y est un peu meilleure.
    Il faut relativiser et que les Allemands comme les Français prennent conscience que nous avons tous contribué au désastre grec que tous les contribuables européens finiront par payer en leur vendant des armes sans scrupule et en acceptant que ce pays fasse partie de la zone euro pour des considérations purement politiques et stratégiques.
    Quel gâchis !

    1. Je n’ai pas « sévi » à UCLA. On m’a attribué par amitié de statut de « chercheur associé » du centre « Human Complex Systems », qui a disparu depuis, victime des coupes budgétaires.

    2. Et allez…! À qui aura le plus longtemps la tête sous l’eau ! ‘tain c’est un concours de souffrance ? Lamentable.

    3. Les sacrifices des grecs, c’est des cacahuètes, tous les californiens se serrent la ceinture depuis trois ans.

      Les malheurs des autres sont toujours beaucoup plus supportables, c’est bien connu.

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