L'actualité de la crise : ILS NE VEULENT PAS EN DÉMORDRE, par François Leclerc

Billet invité

Présentées à tort chaque jour comme sur le point d’aboutir, les tractations à propos du second plan de sauvetage de la Grèce sont désormais « sur le fil du rasoir », si l’on en croit Evángélos Vénizélos, le ministre des finances grec. Nouvelle date butoir, ce dimanche soir. D’autres, comme François Baroin, annoncent prudemment un report de cette échéance au 13 février.

Dans cette phase où tout est encore possible, les négociations se poursuivent parallèlement sur deux terrains, identifiés par les acronymes de PSI et d’OSI (private et official sector involvement). Avec d’un côté des efforts supplémentaires demandés aux créanciers privés de la Grèce, qui s’y refusent au nom de la « générosité » dont ils ont déjà fait preuve, et de l’autre de nouvelles mesures d’austérité exigées du gouvernement grec, qui cherche à esquiver les plus explosives. Drôle de jeu qui s’éternise et va devoir trouver une fin.

Jean-Claude Junker vient de mettre en garde à propos du risque de faillite de la Grèce, si les réformes exigées n’étaient pas adoptées et menées à bien, car « nous ne reculerons pas sur le thème des privatisations ». Apportant de l’eau au moulin de ceux qui pensent que cette éventualité n’est plus le tabou qu’elle était. Tandis que d’autres, notamment Josef Ackermann, président de la Deutsche Bank, exprimait la crainte que « si nous laissons la Grèce s’effondrer, je pense que nous ouvrons la boîte de Pandore ». On aurait tendance à dire qu’il en sera ainsi dans tous les cas !

L’objectif est de créer les conditions permettant de réduire la dette publique grecque, à l’horizon 2020, de 160 % à 120 % du PIB, selon le butoir placé par le FMI, qui selon les Français pourrait être un peu augmenté. Cela a comme conséquence de lier les deux négociations, car si les effets du PSI sont moindres que prévus, ceux de l’OSI doivent le compenser, toujours en application de l’équation posée par le FMI.

Tout s’annonçait bien : la dette devait être réduite de 100 milliards d’euros, et 130 milliards d’euros être prêtés par l’Union européenne et le FMI. Mais voilà qu’une quinzaine de milliards d’euros ont manqué à l’appel, faute à la récession et aux difficultés que rencontre l’État pour accroître ses rentrées fiscales, et que tout en dépend. D’une manière qui pourrait paraître surprenante, vu la modicité de la somme comparée à ce qui était acquis. Que s’est-il donc passé ?

L’attention a été focalisée sur les négociations du PSI, ainsi que sur la participation éventuelle de la BCE, faisant oublier l’importance de celles de l’OSI. En particulier à propos des salaires du secteur privé, du montant du salaire minimum et des retraites complémentaires. Or c’est pourtant là que se trouve maintenant la clé des négociations. Le gouvernement grec est sommé de réaliser ses promesses non tenues, notamment dans le domaine des privatisations, et de ne pas s’en tenir aux coupes budgétaires et aux impôts qu’il a levés dans l’urgence. Comme disent les financiers qui affectionnent cette expression, il faut gratter jusqu’à l’os. L’enjeu est toujours de le faire plier, après s’être traduit par la tentative inachevée de le mettre sous tutelle.

Dans toute l’Europe, la diminution du coût du travail apparaît de plus en plus comme au centre de la stratégie suivie par les dirigeants européens. En application de l’analyse selon laquelle il faut ainsi accroître la compétitivité pour relancer la croissance ; une pirouette que la Grèce a le redoutable honneur de réaliser en premier, afin d’éviter à l’Allemagne d’infléchir son propre modèle tourné vers l’exportation. Celui-ci s’appuie sur des salaires contenus sur son sol et le développement de la sous-traitance dans les pays d’Europe Centrale et de l’Est à bas salaires.

Pour le reste, il faut encore et toujours gagner du temps, ce à quoi la BCE s’emploie. En inondant de liquidités le système bancaire européen, elle est parvenue à détendre un peu le marché obligataire (sauf pour le Portugal), en attendant la suite. Elle finance les banques des pays sous le feu d’attaques sur le marché obligataire, afin qu’elles achètent sa dette. Ce qui la conduit à prendre ensuite ces titres en pension, faisant d’elle la bad bank que les gouvernements n’ont pas créée, ne sachant plus comment la financer. Après la quasi monétisation par des prêts à trois ans pour sauver les banques, nous assistons à la création d’une structure de défaisance by proxy (par procuration) afin d’en faire autant avec les États ! Ceux qui réclament l’intervention de la BCE comme allant tout régler feraient mieux de s’apercevoir qu’elle a lieu, sous des formes appropriées pour employer le vocabulaire des banquiers centraux, et qu’elle représente une fuite en avant.

Depuis, la menace s’est déplacée. La BCE constate elle-même que le crédit aux entreprises et aux particuliers diminue. Afin de reconstituer leurs fonds propres, les banques contribuent à la récession dans un monde qui dépend de la croissance comme d’une énergie vitale, car il a été ainsi calibré.

La démonstration qui est en train de nous être administrée est à contre-pied de ce qui est revendiqué, pour être repoussée à plus tard. Résumant l’analyse de la situation à une simple question, si l’on ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez : combien de temps va-t-il falloir donner aux banques pour qu’elles puissent relancer la machine, et comment tenir en attendant ?

Pour ce faire, le FMI est attendu comme le Messie par ceux qui ont compris que ni l’Espagne ni l’Italie ne pourront longtemps se financer aux conditions actuelles, mêmes adoucies, et qu’il faudra leur trouver un relais. Cherchant des fonds, Christine Lagarde vient de s’y employer en Arabie Saoudite, et Angela Merkel en Chine. Mais quelles seront les conditionnalités de demain du FMI, s’ils sont finalement réunis ? Est-il possible de suivre toujours la même stratégie en se contentant de moins en précipiter le déroulement, une fois les États en difficulté provisoirement soustraits aux rigueurs du marché ? Cette variante n’abandonne pas le cœur de la stratégie poursuivie, la recherche illusoire d’une compétitivité reposant sur la diminution du coût du travail, dans un monde où celui-ci est à bas prix et le demeurera longtemps.

L’autre question pendante n’est pas moins lancinante : si la machine à faire de la dette et du crédit ne peut plus prétendre aux mêmes performances, son mécanisme brisé, ne va-t-on pas accélérer le déclin des pays avancés, dont la croissance repose sur la consommation ? Pour déséquilibrer encore plus le monde, car le succès des pays émergents repose sur leurs exportations vers les premiers, leur marché intérieur ne pouvant pas prendre le relais sans une profonde réorientation de l’appareil de production et d’importantes remises en causes sociales.

À bien y réfléchir, pour réussir, l’exercice reviendrait à tout simplement inverser les grands flux d’échanges commerciaux… Tant qu’à faire de retourner le cadre, il vaudrait alors mieux carrément en changer.

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117 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : ILS NE VEULENT PAS EN DÉMORDRE, par François Leclerc »

  1. ** ils ne veulent pas en démordre car il y a encore de la viande autour de l’os **

    Logiquement les banquiers prédateurs lorgnent sur les privatisations exigées et non encore finalisées par l’Etat grec. Je songe aussi que le parc immobilier de la Grèce n’est pas forcément inintéressant. Bref tant qu’il y a du pillage à faire je ne vois pas pourquoi les charognards s’en iraient. Même avec un peuple affamé, il y a de quoi se servir à bon compte.

    On aurait tort de penser que nous sommes en face de gens qui pensent au bien commun de la Grèce. Le bien commun c’est un gros mot pour les banquiers.

    Ils iront jusqu’au dépeçage complet du pays puisque rien ne leur résiste sérieusement.

    C’est une liquidation en cours.

  2. « Cette variante n’abandonne pas le cœur de la stratégie poursuivie, la recherche illusoire d’une compétitivité reposant sur la diminution du coût du travail, dans un monde où celui-ci est à bas prix et le demeurera longtemps. »

    Je voudrais juste contredire cette notion de coût du travail. Le travail n’a pas de coût pour l’économie. Il est la condition de son existence physique et de sa rentabilité. Personne ne s’enrichit en travaillant.Cela veut donc dire que les salaires repassent intégralement dans l’économie. On s’en doute mais la culpabilisation est si forte que parfois le lien ne se fait pas surtout quand on nous parle de compétitivité des entreprises…

    1. Tout à fait d’accord sur cette analyse pertinente !

      C’est effectivement, au sens propre, une véritable tragédie grecque !

      Peut être pourrait-on également rappeler ici la «loi d’airain» énoncée par l’auteur socialiste allemand Ferdinand Lassale (1825-1864). Cette loi d’airain des salaires semble actuellement au mieux de sa forme, et pèse malheureusement sur la Grèce d’une manière dramatique.

      1. Ben oui. Et les conclusions qu’on peut tirer de ce constat sont aussi vertigineuses que la crise. Le coût pour l’économie vient de la façon dont le marché est organisé, notament le marché des capitaux (les politiques de taux de la finance), la constitution des monopoles qui confisiquent les politiques d’investissement et de transition (écologique par exemple). Le seul coût objectif qui soit est le fait de l’action de ceux-là mêmes qui réforment nos économies au nom de la compétitivité. Hallucinant.

  3. Certains commencent à parler de porter le cas grec devant le Conseil de sécurité de l’ ONU :
    Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »

    Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.

    Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à l’Etat grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.

    Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime.

    Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…

    Ce discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette et du CADTM international, a été prononcé devant la Commission Sociale de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe qui s’est tenue le 24 janvier 2012 à Strasbourg sur le thème : « Les mesures d’austérité – un danger pour la démocratie et les droits sociaux ».

  4. Et pendant qu’on regarde la pseudo-crise grecque (avantageuse aux spéculateurs et artificiellement instrumentalisée pour faire passer les traités européens austéritaires) le commerce international s’effondre : il est désormais au point bas de la crise de 2008.

    Conséquence directe, un nombre de plus en plus grand de bateaux sont en train de rouiller dans les ports asiatiques et les banques vont perdre l’argent qu’elles ont prêté pour en construire de nouveaux au moment du pic de 2008 (juste avant la catastrophe du dernier trimestre).

    Les banques vont devoir trouver des fonds supplémentaires pour boucher les trous… la vraie crise va commencer, dans le monde entier, pas seulement en Grèce.

  5. Je vais reprendre ma comparaison saugrenue :

    Quelle est le montant (en % de son PIB) de la dette de la Corse par rapport à la France ?
    (S’il y a des Corses dans la salle, qu’ils ne prennent pas ça comme une attaque, mais juste comme une illustration !)

    Donc, si on suit les raisonnements européens actuels, il faut :
    – baisser le SMIC corse
    – diminuer le RSA corse
    – privatiser tous les services publics corses
    – dévaluer l’euro corse (comme je l’ai déjà suggéré)
    – etc.

    Oh et puis marre, on vire la Corse de la France, ce sera plus simple …

    (Pour les mal-comprenants : c’est de l’humour au énième degré !)

      1. Ben tiens !

        L’Italie n’existe que depuis 151 ans.
        L’Allemagne en gros pareil.
        La Belgique est à peine plus vieille.
        etc.

        Certes l’Europe n’a qu’une petite 60aine d’années. Sale gamine, va !

  6. le cadre de la dette n’est pas infini, contrairement à celle envers le dieu de la civilisation occidentale. C’est peut-être cette théorie de dette éternelle qui nous mène au big crunch, seule l’expansion de l’univers peut tous refroidir et éteindre l’enfer et ses bonnes intentions.

  7. Ils ne veulent pas en démordre

    Mais un jour il faudra qu’ils dégagent, tout comme les apparatchiks de l’ex-URSS . Le « Communisme » y a durée 70 ans, cela fait 37 ans que le « Libéralisme » sévit en occident, faudra-t-il attendre encore 33 ans pour la chute du mur de l’argent. Tout dépend de la capacité d’endurance des peuples.
    Les bolchéviks étaient des révolutionnaires de gauche qui voulaient faire table rase du passé, ils n’ont réussi qu’à porter une nomenklatura au pouvoir et à réveiller les nationalismes.
    Les néo-libéraux sont des révolutionnaires de droite, qui veulent eux aussi faire table rase du passé, mais pour permettre l’enrichissement éhonté d’une oligarchie arrogante, ce faisant ils sont en train de réveiller immanquablement les nationalismes.
    La fin des idéologies, ce ne sera seulement que lorsque le « Libéralisme » ou plutôt le Néo-libéralisme sera rejeté par les peuples, tout comme le « Communisme » ou plutôt le Stalinisme l’a été en son temps. Mais que de souffrances inutiles entre-temps.

  8. C’est plutôt rééquilibrer un peu le monde dont il s’agit, François !
    Et, comme celà, sous la pression et dans l’incohérence, beaucoup de dangers agitent leur spectre à l’horizon. Mais un basculement du monde sur son axe ne peut se faire à moins !
    Merci pour vos magnifiques chroniques qui, comme un flash quotidien, rendent lisibles tout le paysage.
    J’espère qu’un jour, quand tout celà sera apaisé, vous saurez les réunir en un volume qui prouvera à tous les sceptiques et les cyniques qu’il était possible de comprendre et de savoir en temps réel… et donc d’agir réellement !
    S’il faut souscrire, j’en serais, évidement !

  9. Il serait très marrant que les CDS grecs se réalisent. Je ne sais même pas comment les politiciens expliqueraient aux gens que les banques doivent rembourser PLUSIEURS FOIS la faillite de la Grèce après avoir martelé que la dette grecque était une goutte d’eau pour les banques.

  10.  »et aux difficultés que rencontre l’État pour accroître ses rentrées fiscales, et que tout en dépend. Que s’est-il donc passé ? »

    Il est pathétique de constater que Mr Juncker, à la tête d’un paradis fiscal, en arrive à envisager avec crainte la faillite de la Grèce alors que son pays est un acteur principal et bénéficiaire de la crise actuelle via les banques et hedges funds qui y sont domiciliés.

    Il manque 15 milliards ?
    Invitons Mr Juncker à regarder dans les comptes des banques et succursales financières installés à Luxembourg-Ville si – à tout hasard – il n’y aurait pas eu quelques virements en provenance d’Athènes ces temps-ci.
    Il pourrait probablement rétrocéder quelques recettes fiscales à l’Etat grec.

    Mais il ne faut pas se faire d’illusion …

    1. Les grecs ont déjà regardé et signalé que le montant total des dépôts dans leurs banques avait baissé en 2 ans de plusieurs dizaines de milliards.

  11. Je trouve que vous allez un peu vite sur l’intervention de la BCE. Elle est mal dirigée mais elle a permis une détente des taux et c’était la seule solution pour l’obtenir. Il faudrait aller plus loin que le milieu du gué bien évidemment, on continuant sur l’idée que la banque centrale peut desserrer l’étreinte des marchés et permettre en finançant directement les états, d’organiser un défaut global mais sélectif en imposant des pertes à certains, en les compensant pour d’autres. Le faire à l’échelon européen serait viable et permettrait de faire levier pour discuter avec la Chine d’un nouveau système monétaire. Le défaut, c’est risqué, économiquement et diplomatiquement, mais il faudra bien à un moment, si l’on veut éviter l’effondrement subi, qu’une des parties avance un pion. La BCE peut couvrir cette position…

    1. @ Nicks

      Le faire à l’échelon européen serait viable et permettrait de faire levier pour discuter avec la Chine d’un nouveau système monétaire.

      Creuser notre tombe nous permettrait de faire pression sur les autres ? Oui, à la manière d’un forcené qui rentre en négociation ceinturé de bâtons de dynamite…

      1. Expliquez moi le lien de cause à effet ? Pour le moment c’est la dette et les créanciers qui nous entrainent par le fond. D’une façon ou d’une autre, il va falloir que le politique reprenne la main.

        1. @ Nicks

          Expliquez moi le lien de cause à effet ? Pour le moment c’est la dette et les créanciers qui nous entrainent par le fond.

          Comme la dernière fois Nicks, tout est dans votre « pour le moment ». Mais vous le savez bien, c’est pour cela que vous l’avez écrit ainsi. Penser que les autres ne le savent pas non plus, c’est les prendre pour des idiots. Et ça, vous savez que ce n’est pas une mince affaire que d’y réussir en ces lieux…

    2. Bouge pas Julien, laisse faire, qu’on se marre un peu, vont pas tarder à virer carrément au chartalo-charlatanisme les zigs du Front bas de Gauche.
      De toute façon Nicks nous perrhoquète là, texto, les évangiles selon Saint Jean-Lumière…

      1. @Vigneron

        Cela fait belle lurette que je promeus l’idée d’un retour de la banque centrale dans le giron de la souveraineté citoyenne. Ca vous arrangerait de me faire passer pour un disciple sectaire, de la même façon que d’autres incriminent ce blog comme une agglomération gourou-centrée. C’est vrai, c’est pratique, cela évite d’argumenter.

      2. Cela fait belle lurette que je promeus l’idée d’un retour de la banque centrale dans le giron de la souveraineté citoyenne.

        Un « retour » ? Un retour à quelle époque dorée de la monnaie citoyenne, please ? Celle des assignats peut-être ? Ou celle de la BdF de Wilfrid Baumgartner ?¿

        @Jean « veux » Nîmes, ben oui, c’est un compliment discret, rapport au méchant Front, au Front de « ceux d’en haut », au Front haut de Droite quoi…

      3. @Vigneron

        Un retour à la souveraineté monétaire dans un premier temps. Pour la socialisation ensuite, voir Lordon.

      4. J’suis pas sûr du tout du tout que la création monnaitaire dans les pognes de l’État soit tellement la tasse de thé de Lordon et quant à sa « communitarisation du crédit », c’est séduisant mais encore un peu brumeux.

      5. Ouais ouais Kercoz, j’ai vu le cortège de bagnoles, Augey et Hilaire en tête jouant les croquants, sur la route de la demeure de Messire Arnault, paraît qu’ils ont fait un pique-nique saucisson cubits de rouge sur la route en bas du château pas loin de chez Peugeot à Guiraud, de chez Rotschild à Rieussec, de chez AXA Bébéar à Suduiraut, une heure qu’ils ont bloqué la petite route avec les schtroumpfs à roulettes qu’encadraient la kermesse… z’ont pas dérangé messieurs, qu’étaient pas là t’façons… Un peu de buzz pas chéro pour Jean-Lumière quoi.
        Faudra qu’j’demande à un vieux pote, qui devait en être, si au prochain happening ils comptent faire leur procession devant la demeure de Messire L….., le très très gros baron local et tentaculaire de la GD à l’enseigne de la gloire de Landerneau… J’me fais pas d’soucis pour le vieux L…. comme pour le jeune dauphin de la dynastie L…., on les laissera dormir tranquille, sur leurs deux oreilles, les loulous, c’est pas Augey et Hilaire qui vont mener le commando à casseroles charivaresques sous leurs fenêtres, ça c’est sûr camarade.

      6. @Vigneron

        Même un jacobin peut s’accorder sur le danger d’une émission monétaire utilisée à discrétion et décidée par quelques personnes. C’est d’ailleurs déjà le problème en ce moment, aggravé de la distance mise entre l’institution bancaire centrale et les citoyens. Si l’Etat retrouve la souveraineté monétaire, ce qui est selon moi une nécessité pour désarmer la finance, il faut poser les jalons nécessaires pour le contrôle citoyen. La solution évoquée par Lordon n’est peut-être qu’une ébauche, mais c’est une piste intéressante.

      7. @vigneron

        Je lis régulièrement votre prose répétitive et inutilement agressive et je ne comprends pas ou vous voulez en venir. Compte tenu que je suis passablement stupide comparé aux éminences intellectuelles telles que vous qui gendarment sur ce blog, je m’interroge sur la nature de vos invectives. Si le Front bas de Gauche fait partie intégrante du problème, quelle est votre solution politique (qu’elle existe ou non)?

      8. Au nord de que dalle, un conseil : plutôt que l’honneur vain de me lire sans me lire, faites moi le plaisir d’agir à mon égard comme je me fais une joie de le faire au vôtre, faites court et simple, ignorez moi.

      9. rapport au méchant Front, au Front de « ceux d’en haut », au Front haut de Droite quoi…

        heu… à part l’affront national, un « haut front de droite » j’ai du mal là.

    3. @vigneron

      Je n’ai pas pour habitude d’ignorer les problèmes. Soit je les affronte, soit je les fuis.
      Quant à vos conseils je ne les suivrai pas de crainte que vous ne cherchiez à m’engager sur la même voie que vous : il n’est rien que je ne redoute plus que de finir par me prendre au sérieux au point de jouer au policier électronique de la pensée correcte sur un blog économique.

      Pour le reste vous répondez par une pirouette, encore faudrait il que vous retombiez sans vous briser toutes les papattes. Nous ne saurons donc jamais quelles sont les affiliations politiques de l’illustre Vigneron du blog de PJ. Sans doute la sagesse due à votre omniscience vous dicte-t-elle de ne pas vous abaisser à en adopter une.

      1. Etant donnés la liberté de ton et le niveau des injures que l’on vous autorise il ne fait aucun doute que vous vous êtes attiré les faveurs des censeurs maîtres de céans. La flagornerie serait elle l’une de vos innombrables qualités?

      2. Détrompez-vous inspecteur Labévue, vous me faites trop d’honneur, juste de la très banale prévarication de modo d’une part et de la corruption active d’autre part. Je paye très cher mes passe-droit. Je suis fort riche et fort généreux; qu’y puis-je ? Voulez-vous un coup d’pouce mon ami ?

      3. Décidément il n’est donc aucune circonstance atténuante que l’on puisse vous trouver. Soit.
        J’abandonne même si je sens chez vous que des dehors bourrus en forme de carapace dissimulent maladroitement la sensibilité à fleur de peau d’un congénère prévenant et raffiné que les aléas de la vie n’ont pas épargné et à qui l’on pardonnera tout dès lors que l’on aura pris la peine de se hisser à son niveau d’exigences pour saisir toutes les nuances délicates qui composent sa chatoyante personnalité.

        Alors surtout ne changez rien et n’oubliez pas les deux mamelles nourricières d’un bon débat constructif et réussi :
        – C’est celui qui dit qui est.
        – Le dernier qui parle a toujours raison.

      4. Le fil est encore vif?

        Plutôt que perdre votre temps à mettre l’adversaire à terre, lisez Claude Lefort, lorsqu’il expose les raisons qui l’ont conduit, lui et Castoriadis, à se barrer de la IV° Internationale (et pour la prochaine nuit d’insomnie le début du Contrat naturel de Serres, son commentaire du tableau de Goya, Duel à coups de gourdin).

        Il me semble que vous avez des divergences, pas des différends, non?

      5. à Au sud de nulle part,

        Un conseil : ne soyez pas paranoïaque, même si vous êtes persécuté.
        Ce blog est comme une scène de théâtre, avec des rôles pour chacun, et des spectateurs plus ou moins passifs.
        Le masque vigneron est celui d’un clown triste et envieux, comme un autre rêve de faire fondre la monnaie alors que moi-même je suis le masque qui n’aime pas les masques…
        Il faut trouver sa place ou passer son chemin.

      6. @Julien Alexandre

        Je ne vous cache pas mon immense surprise de vous retrouver à la manoeuvre dans cette affaire.
        Cependant ne comptez pas sur moi pour vous flagorner car je n’envisage pas d’insulter publiquement qui que ce soit ni d’avoir jamais à le faire. Ce faisant je vous conseillerai aussi modestement que possible de songer à faire recalibrer de temps en temps votre balance de Salomon qui vous sert à « peser le pour et le contre » car je ne voudrais pas que vous soyez suspecté injustement -non seulement pour vous mais surtout pour la grande qualité de tenue de ce blog- d’être sensible à la flatterie.

      7. @Marlowe et jicé : vous avez raison tous les deux les amis mais on a aussi le droit de s’amuser un peu non?

  12. Merci François d’écrire enfin à l’attention des innombrables pleureuses et autres criailleurs appelant à la monétisation sur l’air des lampions ou de la carmagnolle, et noir sur blanc :

    Ceux qui réclament l’intervention de la BCE comme allant tout régler feraient mieux de s’apercevoir qu’elle a lieu…

      1. Mais oui, c’est ce qu’ils font pour noyer le débat. Ils préfèrent que les banques gèrent bien leur argent à leur profit, plutôt que ce soit les Etats qui pourraient peut-être défendre l’intérêt général (il y a une chance si nous ne laissons pas faire n’importe quoi par de pseudo-représentants).

        La monnaie est un bien public captée par des banques privées soutenues par une banque centrale qui est pilotée par des banquiers qui défendent leurs copains-coquins.

        Les 3 millions d’euros de bonus du patron de Barclays nous indiquent comment l’intérêt général est défendu. Attendons les boni des Pdg de « nos banques » d’euroland.

      2. @Jean de Nîmes

        Mais malheureux, vous n’y pensez pas ! Cette crise doit être le moyen d’en finir avec l’Etat. On le tue d’abord et on verra ensuite. C’est vrai quoi, y en a marre des structures qui peuvent être dévoyées et surtout qui empêchent chacun de vivre comme il l’entend (en bonne responsabilité émancipée bien entendu).

    1. Etrange versatilité de la pédagogie vigneronne, qui ne fait pas l’effort de distinguer monétisation de crise, qui ne se déclenche que sous la pression spéculative (des fonds spéculatifs américains, notamment) et la monétisation directe et continue, au sens d’avance aux Trésors nationaux, ouvrant des marges de manoeuvre aux Etats sans passer par les dealers primaires du marché secondaire. La construction politique du marché de la dette publique ne semble pas vous poser de problème : iriez-vous jusqu’à dire qu’elle est inflationniste, monsieur le maître sifflet, contrairement à celle, nécessairement vertueuse, qui compense l’incurie des banques privées européennes sur les money market funds ?

      1. Maître de Chai, vous n’arbitrez plus les élégances? La dernière distinction proposée est-elle ou non pertinente (à court ou moyen terme en tout cas)?

  13. « une pirouette que la Grèce a le redoutable honneur de réaliser en premier »

    Vous oubliez la Lettonie suivie de près par Michael Hudson. Ce ne sont bien sûr que l’application aveugle des politiques d’ajustement structurel imposées de longue date par la Banque Mondiale et le FMI. Sans oublier les déflations Brüning, Laval…

    « Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les grandes Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait. » John Steinbeck, Les raisins de la colère

  14. Hors sujet, encore que !
    45 centaines, 45 millions, 45 milliards.
    45 centaines, c’est les 4500 employés licenciés cette année chez RBS
    45 millions de livres, c’est le bonus touché par Hourican directeur de la partie banque d’investissement de RBS.
    45 milliards de livres est le montant de l’investissement public lorsque RBS a été sauvée de la faillite en 2008.

  15. Ce n’est pas encore qu’on trouvera des journalistes de cette trempe face à Sarko !

    Un journaliste qui fait son métier, il y en a encore, mais faut chercher longtemps !

    Ci-dessous: CONFERENCE DE PRESSE avec la BCE en Irlande; ça en dit long sur la rigidité de la BCE (J’ai entendu que 50% des actifs de la BCE appartiennent à la City.?) Ceci explique cela….

    http://www.dailymotion.com/video/xnz79t_journaliste-contre-bce-vostfr_news#from=embediframe

  16. On va beaucoup plus loin, pratiquement parlant, dans la démolition du pays. Et ce n’est pas uniquement les intérêts étrangers qui plongent leurs mains dans la fange.

    Je vous donne un exemple qui me tient à coeur et me révolte : dans la région Sud-Ouest du Péloponnèse, province de Messénie, à la pointe, on trouve une zone très préservée – on n’y compte pas (encore) « d’usines à touristes » – qui accueille d’ailleurs sur la partie la plus au Sud une zone Natura 2000 : la région de Koroni – Xomatero – Falanthi. Par deux fois, cette zone a été menacée par un privé qui voulait d’une part ouvrir et exploiter des mines de lignite (un petit coucou aux anti-nucléaires sans nuance et doctrinaires en passant) et d’autre part démolir une zone côtière pour y faire un port où le lignite pourrait être acheminé et puis amené là où on le vendait – je rappelle que la Grèce a un « tout petit » problème d’approvisionnement en électricité et n’a pas de centrale nucléaire, mais bien plein de mines de lignite qui polluent superbement des zones de montagnes qui sont désormais devenues des poubelles « naturelles » (voir la région des montagnes autour de Megalopoli par exemple). Par deux fois, l’union des habitants et de leurs autorités locales a permis de refermer la porte sur l’appât du gain facile d’un privé dont on sait que les revenus seront de toute façon « exfiltrés » à l’étranger et ne profiteront donc pas à l’état grec.

    Cette fois, le même privé, sous un autre nom (« Couvra Holding Limited »), a remis ça. La différence, c’est l’opportunité formidable qu’offre la crise. On invoque la « nécessité ». On court-circuite allègrement les procédures et les obligations d’information des populations locales, qui l’apprennent par pure chance (fuite dans un journal national : Eleftheria Online), et qui, du coup, ne parviennent à se mobiliser qu’en dernière minute contre un projet d’exploitation pendant 20 ans de deux mines de lignite à ciel ouvert, qui condamne de facto la merveilleuse nature environnante – sans parler des risques pour la santé des populations locales, risques au niveau allergies, maladies pulmonaires, etc. – les rares réserves d’eau dans cette région qui souffre de manière chronique de la sécheresse et de coupures d’eau en été. On condamne le tourisme responsable, qui amenait de l’activité, on condamne la zone Natura 2000… Et en plus, il semble que le projet ait pour but secondaire – bonus collatéral – de faire baisser les prix des terrains, pour le plus grand intérêt de promoteurs immobiliers qui bavent et ne se sentent plus à la pensée de pouvoir faire des clapiers à touristes dans la région.

    Voilà, le genre de conséquence dont on ne parle jamais. Et pourtant… Génial, non ?

    Pour ceux qui lisent le grec ou n’ont pas peur de google translate (source Eleftheria online) :
    Ο Σύνδεσμος Κορωναίων κατά του λιγνιτωρυχείου 
    Θανάσης Πετράκος: Από πότε οι Οικολόγοι συζητούν τη δημιουργία επιφανειακών λιγνιτωρυχείων;

    Les gens se mobilisent dans l’un des petits villages concernés :
    Μεγάλη συγκέντρωση κατά του λιγνιτωρυχείου στο Χωματερό

    1. @ Hououji Fuu
      « …un petit coucou aux anti-nucléaires sans nuance et doctrinaires en passant … »
      Tu peux t’expliquer ? Merci .

    2. Y en a qui n’ont pas l’aire d’avoir entendu parler de Fuku’s et autres Shima’s…

      Vu que la Grèce est situé sur une zone de forte intensité sismique, c’est encore heureux qu’ils n’en aient pas, de centrales nucléaires!

      La distance Athènes-Paris, c’est moins que Tchernobyl-Paris, figurez-vous. Et l’on sait aujourd’hui que pour un peu [si le régime n’avait pas autoritairement envoyé tant de gens au casse-pipe pour enrayer la réaction], c’est la moitié de l’Europe qu’on aurait dû évacuer…
      Maintenant, pour ce qui est de la lignite : comme si le nucléaire était la seule alternative? Technique habituelle du lobby…

      C’était mon petit coucou aux pro-nucléaires sans nuance et doctrinaires en passant…

      Ceci étant dit, merci pour l’info. Ça confirme une fois encore combien ce système productiviste est mortifère.

      Bon, ceci dis, merci de cette information

  17. Nous fonçons vers la déflation, qui signe la mort clinique du système. Maintenant, quand serons nous débranchés?
    Serons nous tous japonais demain et pour combien de temps, ou basculerons nous vers un nouveau système très vite?

    NB : à F Leclerc.
    En quoi, la création monétaire est une fuite en avant. Elle existait bien avant 1973 pour les états, obligeant les banques à aller chercher leurs revenus ailleurs, sans que le système s’en porte mal.

    1. Non, nous serons tous chinois : capitalisme d’État. Nettement pire.

      @Fr. Leclerc
      On est d’accord, ce n’est qu’un palliatif. Donc, par définition, provisoire. Mais elle peut (pour un court instant) dégripper la machine. Ce serait déjà pas si mal.
      Reste que je ne vois personne (ni ici, ni ailleurs) proposer de vraies réponses au problème des « origines » comme vous dites.

      Et ça, ça m’emmerde ! Les diagnostics c’est bien, les remèdes c’est mieux !

      1. Dans le traitement actuel de la crise, toutes les trois semaines on trouve des remèdes qui ne soignent que l’égo de ceux qui les appliquent alors qu’en vérité l’on s’épuise continûment au gaspillage et à la désespérance.
        Il faut bien se dire que le mouvement perpétuel du crédit n’existe pas. Il vient un temps où ça s’arrête. La finance fonctionne sur le mode Madoff. Elle est par avance menottée.
        Ce n’est pas le fait de changer l’émetteur aujourd’hui (privé ou public) qui peut remédier à la crise. Si la BCE prêtait directement aux Etats, ça ne changerait pas grand chose. On ne ferait que changer de maitre ou de chaines pour être plus indicatif.
        Il faut comprendre qu’il n’y a pas de remèdes, que changer de cadre veut dire sortir du système et en inventer un autre.
        Vaste programme!

      2. @ Hervey

        Je répète que je ne dis pas que c’est une solution de « long terme », mais le principe du prêt direct d’une BC à un État c’est le taux zéro !
        Donc, pas d’accumulation capitalistique par le jeu des intérêts.

      3. @Léoned
        Dans le cadre actuel (Européen) et vu les échanges internationaux tels qu’ils sont, même à 0%, les sommes empruntées ne permettraient pas de rééquilibrer durablement les finances des Etats.
        Je n’ai pas de formules mathématiques pour être pertinant mais je ne vois pas la solution sur ce terrain.
        Actuellement, pour le pays France et dans ce système mondialisé tel qu’il est, la concurrence des pays à forte populations et attractifs aux délocalisations donc aux investissements est trop forte, disproportionnée, les écarts de coût trop importants et plus le temps passe plus cet état de fait se confirme et plus le temps passera plus les salaires des pays occidentaux glisseront vers le bas même si le salaire indou ou chinois progresse, l’ajustement se fait au prorata de la masse, pas besoin de faire un dessin. Cet ajustement est la morale des « libéraux tier-mondistes » mais pour eux, c’est aussi tout de suite et sans attendre une histoire juteuse.
        Et j’oublie le poids du règlement du passif de la dette.

      4. @ Hervey

        Je vais te proposer un exemple :

        L’ État (européen, français, peu importe) décide de (faire) construire 200 000 logements sociaux. Pour cela il a besoin d’un financement de, disons, 20 milliards d’euros.
        Il présente sa demande à sa BC qui les lui avance à 0% pour, disons, 20 ans.
        Il lance les travaux (et là il y a réel « ruissellement » sur les entreprises de BTP et sur leurs ouvriers).
        Puis, il les louent et/ou vend à ses autochtones.
        Il récupère ainsi lesdits 20 milliards et sans doute même plus, rembourse la BC au fur et à mesure, la monnaie a été « détruite » et l’économie a fonctionné.
        Mieux : 200 000 foyers ont maintenant un logement !

        Il n’y a eu aucun « intérêt » détourné de manière capitalistique.
        Il n’y a eu aucune « dette » de fabriquée sur le long terme. (Même si une (petite) partie des matériaux utilisés a été importée).

        Ça s’appelle la social-démocratie ou (variante libérale) le keynésianisme, et ça marche. Mieux : ça a marché, jusqu’à l’arrivée des Miles, Hayek et autres crapules.

      5. Bien sûr Léoned mais là on est dans une économie en circuit fermé et on suppose (favorablement) que les acquéreurs des ces logements ont des revenus provenant d’un travail non délocalisable d’une région à l’autre (ce qui risque de se faire de plus en plus rare).
        Dans ce cas de figure particulier ça marche en effet, même avec les taux d’intérêt du circuit bancaire.
        Le Hic c’est que l’on est dans un système ouvert et lorsqu’on regarde l’ensemble des activités, l’économie France est déficitaire.
        Elle dépense donc plus qu’elle ne gagne. On va par reprendre les trente dernières années…ni évoquer la période très clivante du temps présent qui se cherche un avenir.
        Pour sûr, à déficit d’argent, de confiance, d’espoir, il y a de nombreuses raisons… Une probablement qui tire toutes les autres : maladroitement je dirai la convoitise, la peur de, tout ce qui oriente les activités humaines à plus de pouvoir, plus d’argent, plus d’influence. C’est pour servir ces inclinations toutes très personnelles que ces trésors de guerre des grandes entreprises, sociétés ou particuliers échappent à l’impôt et donc à la société et vont se réfugier dans ces paradis en attente de plus de gain, comme ces iles où se terraient la flibuste des siècles passés.
        Bien que ces paradis soient tous cartographiés, Il y a là toute un inventaire à faire (certains s’y sont essayés) pour expliquer les rouages et la marche politico-financière de cette société de consommation version 2000.
        Paradis visibles ou cachés mais acceptés par consensus.
        Pour l’instant inattaquable.

      6. Dans ce cas de figure particulier ça marche en effet, même avec les taux d’intérêt du circuit bancaire.

        Justement, non !

        C’est même là le problème.

        Pour être plus explicite : dans l’exemple que je donnais, j’avais viré le « capitaliste  » et sa rente !

  18. Dans toute l’Europe, la diminution du coût du travail apparaît de plus en plus comme au centre de la stratégie suivie par les dirigeants européens.

    Vous savez la disette ne touchera pas que l’Europe,

    Faut voir en proportion l’augmentation petit à petit du coût des choses, oui c’est bien une très très mauvaise stratégie de la part des premiers renards ou rentiers de la planète, en conséquence faudrait jamais pareillement les payer de la sorte.

    Ah si seulement nous pouvions partout plus mal payés les êtres, alors c’est sûr le grand commerce mondial pourrait repartir sur de meilleures bases ou de pingrerie totale sur toute la terre. Peut-être pour ça que la notion de solidarité et de charité se délite graduellement au sein des premières nations humaines.

    Les dirigeants Européens ce ne sont en fait que de simples exécutants à la solde des plus grands groupes maléfiques et cosmétiques de ce monde, c’est pourquoi faut pas plus y voir un complot de la part de gens très sinistres, mais tout juste quelque chose qui se répand progressivement dans les familles, tout d’abord la disette et puis …

    Bref devenons tous des gens sans aucun états d’Ames à l’égard de notre prochain, ne vous en faites pas plus que ça quand bien même le monde deviendrait de plus en plus verdâtre, faudrait partout devenir des lézards, un peu voyez-vous comme dans « V » la nouvelle série américaine.

    A vrai dire nous sommes tous plus ou moins des morts en sursis sur la terre des marchands, bientôt peut-être le retour du cannibalisme et la brutalité il est vrai que toutes les civilisations ne se valent pas pour nos élites.

  19. Aucun accord n’a été trouvé dimanche entre les chefs des trois partis de la coalition gouvernementale en Grèce et la troïka des bailleurs de fonds du pays sur les réformes, et la réunion chez le premier ministre reprendra lundi, ont indiqué deux chefs de parti.

    La troïka demande encore plus d’austérité, que le pays est incapable de supporter, a déclaré le leader de la Nouvelle Démocratie (droite) Antonis Samaras en sortant d’une réunion de cinq heures chez le Premier ministre grec.

    Le leader d’extrême-droite Georges Karatzaferis a fait valoir qu’il ne voulait pas contribuer à l’explosion d’une révolution en acceptant les mesures demandées.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Grece_pas_d_accord_avec_la_troika_la_reunion_reprendra_lundi_050220122002.asp

  20. Chômage de masse, misère généralisée , suicides, mal-nutrition, enfants abandonnés, population désespérée : quand la politique de génocide social imposée par la troîka ( FMI -BCE-Commission européenne) sera-t-elle qualifiée de crime contre l’Humanité?

    1. « génocide social », en bonne logique, ça s’appelle un sociocide… [tout comme un ‘génocide culturel’ est un ethnocide]

      Evitons d’utiliser le mot génocide à tort et à travers, car ça le dévalue.
      Et la précision sémantique contribue à la qualité du débat; je gage que messieurs Jorion et Leclerc ne me contrediront point.

      Sinon, je suis bien d’accord, pareille politique ‘sociocidaire’ est criminelle.

  21. Les hommes riches et éduqués qui étranglent depuis des mois la Grèce connaissent sûrement et ont applaudi, au théâtre, le marchand de Venise. Dans l’univers fictif de la scène ils comprennent aisément qu’une clause léonine et atroce -donner une livre de sa chair si on manque à ses obligations- est tout à fait inapplicable, même quand elle a été acceptée et signée. Cela ne les empêche nullement de faire souffrir depuis des mois la nation grecque, au point que les maladies s’y répandent et que la mortalité y augmente, sans que l’on sache vraiment de quel droit ils agissent. On peut s’étonner qu’ils maintiennent leurs exigences malgré leurs effets désastreux. Aveuglés par l’économie ils ne voient pas les hommes qui sont la réalité et exigent leur livre de chair malgré le sang qui coule.

    PS merci à Béa (commentaire 17) pour la vidéo accablante pour la BCE qu’ils nous signale.

    1. Eh bien justement, faisons comme dans la suite du texte : d’accord messieurs, prenez votre livre de chair, mais sans qu’une goutte de sang ne coule. Car ce n’est pas dans le contrat, que ce sang doit couler.
      S’il coule, par conséquent, vous violez les termes du contrat, et donc, vous perdez votre affaire et vos biens seront saisis.

      Vous renoncez à réclamer votre dû? Fort bien.
      Dans ce cas, rupture de contrat, vos biens seront saisis et de plus, vous devrez vous convertir au… socialisme.

      Convenez que ce dénouement shakespearien est grandiose 😀

  22. Crise : les banques françaises financent plus l’économie que les allemandes

    Les chiffres publiés par la Banque centrale européenne démentent que les établissements français soient à la traîne.

    Ecrit par Catherine CHATIGNOUX LES ECHOS

    « On se demande à qui les banques commerciales prêtent de l’argent », s’interrogeait, il y a quelques jours, le président de la République. « Nous avons les banques les plus importantes d’Europe et quand il faut prêter de l’argent aux PME c’est l’état qui doit créer Oséo ». Des propos qui tranchent avec les statistiques de la Banque centrale européenne qui montrent que non seulement que les banques françaises n’ont pas cessé d’accroître leur prêts aux entreprises et aux ménages depuis le début de la crise, en 2008, mais qu’en plus, elles leur ont prêté bien davantage que les banques allemandes à leur propre économie.

    Ainsi entre décembre 2008 et décembre 2011, les crédits bancaires distribués par les banques françaises à l’économie ont augmenté de 187 milliards d’euros. Sur cette somme, 33 milliards ont été accordés aux entreprises et 154 milliards aux ménages. Sur la même période, les banques allemandes ont réduit de 17 milliards le financement de l’économie allemande. Si les ménages se sont vu prêter 24 milliards, les prêts aux entreprises ont reculé de 41 milliards sur les trois dernières années. L’écart de financement entre la France et l’Allemagne envers les entreprises représente donc 74 milliards d’euros et 204 milliards si l’on prend l’ensemble de l’économie.

    Les banques de la zone euro dans son ensemble ont fourni 244 milliards, dont 351 pour les ménages. Les crédits ont reculé de 107 milliards d’euros pour les entreprises .

    CATHERINE CHATIGNOUX

  23. « Ceux qui réclament l’intervention de la BCE comme allant tout régler feraient mieux de s’apercevoir qu’elle a lieu »

    De qui parlez-vous ? Et de quoi, expliquez-moi ? Car je n’ai à ma connaissance que le fait de ceux qui réclament l’intervention directe de la BCE auprès des Etats. Comme le préconise Die Linke ou le Front de Gauche. Les mêmes qui, comme vous, ne suggèrent pas de retourner le cadre, mais d’en changer.

    1. Il faudrait mieux voir au delà du bout de son nez, démonter la machine à fabriquer la dette et non simplement tenter de la remettre en marche en substituant la BCE au marché. Sortir du cadre et non en préserver l’essentiel.

      1. Oui, tout-à-fait!

        Cesser de poursuivre le mirage productiviste.
        Ne pas essayer de relancer la machine, puisque dans le monde aux ressources limitées qui est le notre, celle-ci ne peut que conduire invariablement à l’impasse.

        C’est une question de survie pour l’humanité!

    2. Facilité à court terme qui consiste, comme le dit Lordon, à «apporter des solutions monétaires à des conflits qui n’ont pas été réglés politiquement.»
      Et encore «on voit mal par quel miracle l’Etat unique détenteur des moyens de la création monétaire résisterait à la tentation de devenir l’émetteur pour compte propre.»

      1. Par quel(s) miracle(s) l’Etat parvient-il à fournir des services publics ? L’Etat n’est jamais que ce que l’on en fait, et il existe, vous le savez, toute une gradation (comme les planchers minimum de dettes publiques, par exemple) permettant la mise en oeuvre de la politique monétaire : pourquoi ne pas les utiliser au niveau européen, d’ailleurs (mais il me semble que ça va coincer chez les ordolibéraux allemands, qui n’ont curieusement pas la même rigueur en matière de politique de crédit (privé), comme le montre l’état calamiteux de leur secteur bancaire, qu’en matière budgétaire) ? A court terme, les vertus de la monétisation directe seraient essentiellement défénsives, permettant de bloquer le « conatus » spéculatif, pour parler comme le maître ; à plus long terme, il s’agit de donner des marges de manoeuvre à l’intervention publique sans pression des marchés. Etendre progressivement la part de monétisation tout en contrôlant l’allocation du crédit (services publics, protection sociale) me semble plus justifiable démocratiquement que la spéculation via les CDS, si justement décrite par le taulier de ce blog.

  24. J’ai parfois l’impression assez effrayante que nous avons inventé l’épouvante et la détresse pour nous consoler.
    Pascal Quignard

  25. Je suis d’accord avec Oysterhead.

    Ca ne fait pas très longtemps que je suis ce blog, et je le lis avec mon seul bon sens, n’ayant aucune notion d’économie. Mais là je ne m’attendais pas à ce qu’on y confonde ceux qui réclament le crédit aux états directement par les banques centrales à taux faible voire nulle, et l’intervention actuelle de la BCE qui se contente de gaver de façon pornographique les banques privées sans aucune contre-partie.

    Ce n’est pas possible d’assimiler les deux, expliquez-moi ?

    1. Vous évoquez une inégalité de traitement manifeste: les établissements bancaires se financent à des taux privilégiés par rapport aux États. Mais la crise actuelle pose une question d’une toute autre ampleur: celle de la finalité et des effets d’activités financières hypertrophiées.

      En ce sens, elle peut être analysée comme une machine à produire de la dette, c’est à dire de la rente. L’activité économique des entreprises et des particuliers a été orientée afin de susciter une demande croissante de financements tandis que les États ont vu leurs recettes amoindries, produisant le même effet.

      Voilà la cause à laquelle il faut s’attaquer ! Laissez les outils monétaires à ceux qui veulent ne rien y changer !

      1. @François

        On ne peut pas vous suivre là dessus. Vous vous gardez trop de l’Etat. Il faut le réinvestir avant qu’il ne soit trop tard. Je ne vois pas comment on pourra restructurer le secteur financier sinon.

      2. François Leclerc, j’admire votre travail quotidien d’analyse de l’évolution de la crise mais je ne comprends pas les raisons qui vous poussent à disqualifier a priori l’outil monétaire et surtout, à utiliser un ton assez déplaisant à l’égard de ceux qui estiment cet enjeu décisif, relégué au rang d’archaïques (« ceux qui ne veulent rien changer »). Encore une fois, qu’est-ce qui justifie à vos yeux la privatisation intégrale de la dette publique ? La dette privée dont vous parlez n’est-elle pas intrinsèquement liée au laxisme monétaire des banques centrales « indépendantes » (i.e. pro finance) ? Les travaux de Steeve Keen, par exemple, ne sont-ils pas assez éloquents sur ce point) ? L’un des enjeux de la monétisation directe est donc bien de fournir à l’Etat un levier nouveau d’intervention, découplée des délires spéculatifs des établissements financiers ; la différenciation des taux d’intérêt par la banque centrale, en fonction de la nature des intervenants (cf. F. Lordon), pourrait être une autre solution, sur la base d’une distinction claire des intervenants (pourquoi pas en fonction de l’ampleur de l’effet de levier). Une question plus générale aux différents contributeurs de ce blog : d’où vous vient cette peur de l’Etat et plus généralement de l’intervention publique ? Est-elle nécessairement inefficace ? Préférez-vous le free lunch monétaire quotidien à destination des responsables de la crise actuelle ?

        1. Si mon ton est ressenti comme « assez déplaisant », telle n’est pas mon intention. Parfois, je fais court.

          Qui en priorité je vise ? Ceux qui pourraient venir aux affaires et dont les déclarations m’affligent en raison de ce qu’elles annoncent. Voici ce qu’a déclaré le 31 janvier Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande: « ce sera très dur », a-t-il prédit, observant que « le principe de quelqu’un qui est en situation de diriger le pays, c’est d’affronter les difficultés ». Comment ? « François Hollande a fixé un chemin duquel il ne sortira pas, qui consiste à faire diminuer le déficit de la France à 3% en 2013 et vers 0% en 2017 » [quelles que soient les perspectives de croissance économique].

          Faire d’un volet complémentaire consacré à la relance de la croissance, actuellement absent, l’axe de sa stratégie, c’est esquiver toute mise en cause du cadre dans lequel la crise actuelle est apparue et prospère. Même en y ajoutant un Glass-Steagall Act (séparation des activités banque de dépôt et banque d’affaires) à la Française ! Ou bien en réclamant l’intervention de la BCE et l’émission d’euro-obligations avec la même intention.

          Par ailleurs, il ne s’agit pas de disqualifier l’outil monétaire, mais de le remettre à sa place. Ce qui implique une réflexion non seulement sur le financement de la dette, mais sur celle-ci elle-même ! Sur le gonflement des besoins de financements, que ce soit des États, des entreprises et des particuliers, et sur la manière d’y remédier.

          Je ne justifie en rien la privatisation de la dette publique, mais considère qu’il faut élargir le sujet ! Je ne crains pas l’État (qui n’est qu’une formation historique), mais suis favorable à son dépérissement à terme, ce qui ne signifie pas au profit du marché.

      3. @Oysterhead

        Beaucoup sur ce blog défendent des solutions in vitro qui ne sont pas si loin de celles des libertariens, du moins dans leur moteur (l’individualisme), d’où leur profusion sur ce blog d’ailleurs. Les hyènes ont du flair. En général, elles restent les dernières…Vouloir la mort de l’Etat, c’est leur offrir sa charogne sur un plateau et leur laisser le terrain libre. Suicidaire…

      4. à F. Leclerc

        Sur le fétichisme monétaire, et l’idée que cette question soit le seul problème, je vous suis, tout comme sur l’idée d’un salut par la simple voie des euro-obligations. On reste dans le « cercle » et je comprends mieux qui étaient les destinataires de votre critique. Le levier monétaire reste toutefois un outil décisif de politique économique, qu’il est dramatique de laisser à disposition (discrétion) de la finance contemporaine. Contre le dépérissement de l’Etat, je crois qu’il faut plutôt suivre la voie de son réinvestissement et tenter d’utiliser sa puissance dans le sens de l’intérêt général (en commençant, a minima, par interdire le pantouflage et à reconsidérer les carrières de la haute fonction publique : les fonctionnaires ne sont-ils qu’un corps parasitaire commis de la classe bourgeoise ? Il y a dans certaines parties de l’oeuvre de Marx une étrange passerelle avec les pires écoles théoriques du public choice) : un Etat (européen ou non) puissant, au service du public, contrôlant l’émission monétaire, les flux de capitaux et le rôle des banques aurait peut-être permis d’éviter la navigation de ces établissements dans les eaux troubles des subprimes, de présenter des bilans un peu plus reluisants que ceux qu’elles masquent aujourd’hui par les stratagèmes décrits en détail sur ce blog et surtout, d’éviter de leur fournir un espace de jeu spéculatif de « rechange », après avoir laminé l’économie réelle.

      5. @ François Leclerc,

        Depuis des mois, j’ai exprimé à plusieurs reprises l’idée que la croissance était au service de la dette, ce que vous semblez confirmer.
        Mon idée est que produire des marchandises (biens et services) est devenu insuffisamment rentable, à cause de la concurrence, mais aussi parce que la mondialisation a certes amené sur le marché des millions de nouveaux consommateurs, mais dont la majorité a un pouvoir d’achat très faible. (le luxe industriel prospère lui au niveau mondial avec la frange des nouveaux cadres des pays émergents)
        Il a fallu aux détenteurs de capitaux et à ceux qui les servent à la fois mettre à la disposition des consommateurs pauvres un crédit permanent pour garantir les ventes et trouver des rentabilités plus importantes en créant des produits financiers dont certains à hauts risques.
        Cette pyramide s’est écroulée mais ceux qui en profitent encore grâce à des pratiques inventives et mafieuses ne veulent pas que le monde en tire la seule conclusion qui s’impose : tout détruire pour reconstruire sur d’autres bases.
        En ce qui concerne le dépérissement de l’Etat à terme, je suis d’accord avec vous.
        Tous ceux qui veulent s’emparer de l’Etat, et particulièrement le parti dit socialiste en France, ne le veulent que pour continuer comme avant tout en disant qu’ils veulent revenir en arrière, vers un Etat dont ils affirment qu’il a été plus social mais en oubliant que cet Etat, parfois appelé Etat-providence, a existé pour reconstruire des économies épuisées par la guerre et, dans ce contexte, a bénéficié d’une croissance facile.

      6. @ François Leclerc (trompé de fil)

        Mince, je bogue là… Je comprends et approuve tout ce que vous dites, mais pas la conclusion stratégique… Médecin, votre diagnostic est exact, la maladie est décrite dans le détail de ses mécanismes, mais le patient…, bon dieu le patient… y songez-vous un instant? Vous vous rappelez sans doute Aristote : c’est le malade que soigne le médecin, pas la maladie. Parce que pour guérir, là, dans la cadre que vous suggérez, il nous faut au moins une Cavalerie Rouge, non? A moins que vous ne rêviez à une conversion des élites (je le demande naïvement)? Bref, guérir le patient ce n’est pas mettre à bas le système, MAIS BATTRE -LITTERALEMENT- CEUX QUI L’INCARNENT, est-on bien d’accord? Donc soyez un peu cohérent : appelez derechef à l’insurrection, sinon vous serez l’inutile chroniqueur de la catastrophe annoncée.

        Nb : Je vous dis ça avec sérieux et gravité, pas pour faire du style.

      7. Vous évoquez une inégalité de traitement manifeste: les établissements bancaires se financent à des taux privilégiés par rapport aux États.

        « Se financent à des taux privilégiés » à la BCE. Mais faudrait leur rappeler à nos zoziaux que le financement des banques auprès de la BCE c’est peanuts dans l’endettement des banques. Peanuts à coté de l’endettement obligataire des banques, hors de prix pour des banques infiniment moins bien notées que leurs États, et bien sûr à coté de leur endettement vis à vis de leurs clients, qu’il s’agisse des comptes à vue, certes gratuits, que des comptes rémunérés, ceux là beaucoup beaucoup plus chers que les LTRO…
        Et je rappelle qu’en France en tous cas les banques ne prêtent quasiment rien à l’État français, pas rentable l’affaire. Ce sont les titulaires d’assurance-vie qui prêtent à l’État. Aux États-Unis ou au RU c’est encore moins ce que les banques privées prêtent au Trésor.

    2. @ Nicks

      C’est un vieux débat, celui qui tourne autour de l’investissement de l’État pour mieux réformer la société. Il faut pour cela des marges de manœuvre, dont la social-démocratie profite quand elle parvient au pouvoir. Où sont-elles aujourd’hui ?

      1. Elles sont là où on peut les récupérer si la volonté politique existe. Au niveau européen, on peut amorcer une dynamique, en s’appuyant sur notre statut de première économie mondiale, incontournable pour les exportateurs que sont encore les pays émergents. Si l’Union décide de retrouver la souveraineté monétaire, d’organiser un défaut et propose à la Chine notamment de discuter d’un nouvel ordre monétaire, on peut lancer un mouvement. Bien sûr, c’est compliqué, bien sûr, cela va tanguer. Mais je ne vois pas comment ignorer la géopolitique. Si on n’isole pas les Etats-Unis, la crise n’a aucune chance d’être solutionnée, si on ne met pas les émergents devant un fait accompli, tout en leur proposant un rééquilibrage économique et politique, nous allons être dissous.

        Bien entendu, on nous dira que personne parmi nos partenaires ne veut de cette solution politique volontariste très française. Mais il se trouve que plus personne ne porte ces idées depuis quasiment trente ans. Il est temps de s’y remettre…Les chances sont ténues, mais c’est ça ou la dépression puis la guerre.

      2. Si on n’isole pas les Etats-Unis, la crise n’a aucune chance d’être solutionnée

        « Isoler les États-Unis » ? Rien que ça ? Parce-que tu crois vraiment avec ton petit Maître Jean-Lumière qu’on trouvera une « solution » satisfaisante contre les États-Unis ? Et avec la Chine et la Russie des grands réformateurs humanistes et anticapitalistes Hu Jintao et Poutine, qui plus est ? Oh misère de gauche…

      3. @Vigneron

        Parce que vous croyez qu’il y a une solution contre la finance que les Etats-Unis accepteront volontiers ? Vous savez bien que le coeur du problème est là.

      4. Nicks. Les taux marginaux d’imposition à 90 % c’était les USA ou la France ? Les lois anti-trusts, anti-Rockefeller, du début du XXe ou le Glass-Steagal Act c’était les USA ou la France ? Laval au pouvoir après 29 c’était aux USA ou en France ? Roosevelt élu et réélu, c’était en France ou aux USA ? Galbraith aux commandes c’était aux USA ou en France ? Au même moment, Pinay, Debré, Rueff, Baumgarthner aux commandes, c’était aux USA ou en France ? Obama c’est aux USA ou en France ? Au même moment, Sarkozy c’est aux USA ou en France ? L’imposition suivant la nationalité et non la résidence, c’est aux USA ou en France ? Etc, etc, etc.

      5. à Vigneron,

        Il est pourtant vital de s’opposer non pas AUX Américains mais à la frange radicale de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir soit 1/ à la clique des democracy makers va-t-en-guerre à géométrie (pétrolière) variable, et plus largement à tous ceux qui se répandent en leçons de démocratie, et s’étonnent de voir des pouvoirs radicaux émerger sur les lieux de leurs méfaits (Iran de Mossadegh, Venezuela de Chavez : par parenthèse, Vigneron, vous réagiriez comment à une tentative d’attentat, en tendant l’autre joue ? 2/ à l’élite de l’innovation financière qui, en raison de l’état dans lequel elles laissent le monde ne devraient plus avoir voix au chapitre. Notons que ces deux espaces du champ du pouvoir américain ont partie liée puisque les délires de la finance et la profondeur (de la c…) des marchés financiers tentent de compenser l’expansionnisme militaire, dans la logique du conflit Vietnamien. Les financiers européens, qui avaient inspiré la belle construction européenne, se sont tirés une balle dans le pied en « jouant » les subprimes et en participant, dès la première heure, aux joies de la production des dérivés (Deutsche B., BNP, etc.). Une grande chambre de compensation pour déboucler tous ces produits avariés entre financiers intelligents et inovateurs pourrait être un premier pas (en lieu et place des bad banks sous perfusion publique); une interrogation sur la légitimité de l’OTAN un second, qui reviendrait notamment sur le (double) jeu dangereux américain autour du bouclier anti-missile. Un peu moins d’hégémonie bienveillante, une once de multilatéralisme… ça doit pas être si difficile, sous réserve d’une modération des radicalismes (financier, géopolitique, etc.)… et d’une politique RADICALEMENT modérée.

      6. @Vigneron

        Vous parlez d’un des modèles les plus inégalitaires au monde à l’instant t et dont la mythologie est fondée sur l’individualisme (vous n’avez pas l’air de saisir l’importance de ces menues choses dans le phénomène politique et social). Les mesures dont vous parlez ont été prises parce que les dérives d’un modèle étaient devenues létales et on sait ce qu’il est advenu après 1929. On sait aussi ce qui s’est passé après la guerre. Le coeur de la finance est aux Etats-Unis , avec un satellite où vous savez. Il faut l’asphyxier. Le peuple américain peut y contribuer pour son propre bien, mais je crains qu’il ne faille d’abord y « encourager » son gouvernement…

      7. Eh oui mon Nicks, ils ont plus d’inégalité que nous – quoique quand on voit nos glorieux représentants dans le top 50 du gratin de l’appropriation mondiale, on est pas mal, élève douée au minimum la fRance, ou peut-être avec de très beaux restes d’ancien régime ou de la « Belle Époque » ou des « années folles » ou des baronnies de l’économie administrée des glorieuses…
        Mais à moins que t’aies pas suivi le film depuis 5 ans, voire 10 ans ou plus, c’est p’têt ben qu’ils sont beaucoup plus près du bout du chemin que nous, vois-tu. Un peu comme il y a 100 ans, un peu comme il y a 80 ans, mais en plus brutal encore le bout du chemin ce coup ci. Mais je confirme tes vues, ils viendront pas chercher la lampe-torche à manivelle de ton Jean-Lumière pour trouver un nouveau chemin à défricher, ça c’est sûr.
        Et n’oublie pas une chose, ton empire US honni, bien plus que l’empire de l’Individualisme ou de je ne sais quelle idéologie bien souvent d’ailleurs d’origine européenne et continentale, c’est d’abord l’empire du pragmatisme, plus un sens aigu de la communauté, plus un nationalisme messianique quasi-barbare…
        Je l’ai dit déjà et je le répète : la plus grande part du changement à venir ne viendra pas d’Europe, ni des émergents, ni d’ailleurs que des USA. Ce monde changera avec ce pays, pas contre lui. Mets ça dans ta p’tite tête.
        En 1864 Marx félicitait chaudement Lincoln pour sa réélection. S’était planté le Carlito, comme souvent. Rien ne dit que ton Jean-Lumière soit plus éclairé ou plus éclairant sur les US aujourd’hui que le barbu ne le fut alors.
        Le reste, tes criailleries d’arrière-cour ou d’outre-tombe, c’est chimère au mieux, râle guerrier de nuit d’EHPAD en fait. L’Europe n’a plus de voix(e). Une plante grasse, ça s’arrose d’€au, ou ça végète, et ça se tait, sans bouger bien sûr. T’as plus l’âge des guerres, vieille Europe. Reste près du feu, fais bruler tes meubles, allume la télé ou vote Eva Joly comme ta tatie Madeleine va.

      8. « Isoler les États-Unis » ? Rien que ça ? Parce-que tu crois vraiment avec ton petit Maître Jean-Lumière qu’on trouvera une « solution » satisfaisante contre les États-Unis ? Et avec la Chine et la Russie des grands réformateurs humanistes et anticapitalistes Hu Jintao et Poutine, qui plus est ? Oh misère de gauche…

        Ne plus satisfaire aux intérêts américains en Europe déjà. Prendre des mesures à l’encontre de l’hégémonie des US en peut faire que des adeptes. Comme précipiter leur effondrement.

        Et cette façon de réduire l’immense territoire américain, le gigantesque territoire russe et le non moins énorme territoire chinois et les milliards d’individus qui y vivent, à trois pelés, ça commence à bien faire.

        Parce que c’est ça, la droite. Tout hiérarchiser pour n’en mettre qu’un seul, bien viril, en haut de la pyramide (de Ponzi). J’ai bon?

      9. Visa pour l’Amérique

        « Amérique vois-tu ton lyrisme m’émeut
        Tes grattes-ciel s’en vont par trois comme à l’école
        Apprendre leurs leçons dans l’azur contagieux

        Ils s’amusent parfois des riches cabrioles
        Que font vertigineusement sur la cohue
        Tes insectes maçons qui perdent la boussole

        Peuple d’enfants éclos dans un tohu-bohu
        Germe d’un premier lit d’une Europe malade
        Tes races dans les milk-bazars font du chahut

        O peuple des gitans géographes nomades
        Western perpétuel qui dors à Washington
        Tes peaux-rouges n’ont plus le sens de l’embuscade

        Ils plient sous le fardeau de tes sine qua non
        Le fusil mort debout au fronton des réserves
        Et le râle employé à des éléisons

        Le poétique végétal mis en conserve
        Moisit dans le gésier de tes adolescents
        Qui mettent des cocardes aux fesses de Minerve

        Toi tu vis aux crochets de la banque et du sang
        Fabriquant des monnaies à l’étalon des autres
        Garce qui prend son lait au monde vieillissant

        Nous avons une église et tu as des apôtres
        Qui viennent mitraillette au poing tous les vingt ans
        Dans notre moyen âge où leur carne se vautre

        Les abattoirs de Chicago sont débordés
        Notre-Dame à Paris est en pierre d’époque
        Les grèves à New York ça fait mauvais effet

        Amérique vois-tu ton lyrisme est baroque
        Tes pin-up font la peau aux enfants de Pantin
        Le coeur éberlué sous leurs pauvres défroques

        Tes gangsters d’Épinal couvent des assassins
        Qui sortent des cinés les menottes aux pognes
        Le coeur arraisonné battant sous ton grappin

        Bohémienne domptés au service des cognes
        Tes hôtels sont barrés tes amants sans papiers
        Donneraient bien tes cops pour un bois de Boulogne

        Tu crains de ne pouvoir brûler tous les fichiers
        Qui se baladent dans la tête des fantômes
        Visiteurs importuns de tes blancs négriers

        Pendant que leurs enfants improvisent des psaumes
        Dans les temples de jazz la trompette aux abois
        La peine dans le blues et la crampe à la paume

        L’échéance inflexible et le chèque à l’étroit
        Le cordonnier a la voiture américaine
        Et siffle des cireurs au dollar dans la voix

        Paradis mensuel du bonheur à la chaîne
        Les machines électroniques font crédit
        Les frigidaires rafraîchissent la migraine

        Le dollar ouvrier se fait des alibis
        Le soir sur son grabat doublé de gabardine
        Il n’a plus que deux jours pour payer tes habits

        Deux mois pour la maison sept pour la zibeline
        Que tu prêtes à sa femme à chaque bal public
        Où elle va geignent des désir de cantine

        Quand je vois de tes fils mâchant leur ombilic
        Sur quelque char à bancs où s’étale ton chiffre
        Je pense à la misère noble du moujik

        Au berger provençal au Belge qui s’empiffre
        A l’Allemand nazi qui dort sous quelques fleurs
        A l’Italien qui travaille dans le fifre

        Aux valses de Ravel au rite d’Elseneur
        Au juif déraciné qui fuit la Palestine
        Au Carrousel le mois d’octobre au lac Majeur

        Au Chartre à Reims à Caen aux chansons de Racine
        Aux chevaux de Paris qui fuient les abattoirs
        A Diaghilev à Beethoven aux Capucines

        Qui fanent en dansant juillet sur les trottoirs
        A tout ce que j’oublie aux Alpes Misanthropes
        A l’Orgueil au Refus à l’Allure à l’Espoir

        Images se brouillant au kaléidoscope
        Que me fait l’oeil de tes gamins frais importés
        Et j’y vois doucement mourir la Vieille Europe

        Léo Ferré – 1987 – On n’est pas sérieux quand on a dix sept ans –

      10. @Vigneron

        Vous avez aussi le pouvoir de lire l’avenir ? L’aruspice a parlé mes frères, les américains sont le peuple élu et Rome n’a jamais chuté. Répondez donc à Oysterhead, qui ne fait qu’expliquer en y mettant la nuance qu’il faut ce que j’essaie de vous faire comprendre. Mais je me demande si vous n’avez pas davantage votre place dans les coulisses de Bruxelles que sur ce blog. En tout cas, vous seriez un excellent intervenant orthodoxe : européiste, donc atlantiste bien évidemment, un peu en rogne contre la finance, mais façon Jean François Kahn quoi. L’anti-système politiquement correct , le tout en aboyant, pour la forme…

        Enfin bref, votre argument, c’est ainsi soit il en somme ?

  26. La banque, le crédit, la monnaie sont des services publics.

    La banque, le crédit, la monnaie doivent devenir des monopoles d’Etat.

    1. à BA,

      L’actuelle monnaie unique n’est pas un monopole d’Etat.
      La banque et le crédit sont nécessaires pour des économies en développement et pour compenser une distribution très hiérarchisée des richesses produites.
      Vous ne voulez pas combattre les causes profondes.

      1. Les causes profondes, c’est ignorer l’exception française.

        Les causes profondes, c’est ignorer la particularité française :

        « En France, l’Etat a créé la nation. »

        (Bernard Guenée, « Etat et nation en France au Moyen Age », Revue historique 481, 1967, page 30)

        « Jamais, dans aucun moment de son histoire, on n’a remis la France debout, on ne l’a tirée du danger autrement que par l’Etat. C’est un fait. »

        (Charles de Gaulle, Lettres, notes et carnets, tome 6, Plon, p. 401)

    2. A François Leclerc

      « Si mon ton est ressenti comme « assez déplaisant »,  »

      Votre ton est toujours agréable et respecteux contrairement à ce qu’on retrouve systématiquement chez d’autres.

  27. Bonjour,

    IL y a un livre :  » La stratégie du choc » de N. klein qui décrit comment des états comme le Chili ( de pinochet) ont été forcés d’appliquer les mêmes « reformes » que l’on veut faire appliquer a la Grèce aujourd’hui.
    Bien sur avec un résultat catastrophique !

    1. Oui, ce bouquin est à lire absolument car ce qu’elle écrit est entrain de s’appliquer à tous les peuples d’Europe

  28. Lundi 6 février 2012 :

    Dette : la Grèce est déjà au-delà des délais.

    Les discussions entre la Grèce et ses créanciers pour éviter au pays le défaut de paiement au pays en mars sont déjà au-delà des délais prévus, a averti lundi un porte-parole de la Commission européenne.

    « La vérité, c’est que nous sommes déjà au-delà des délais », a déclaré Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, ajoutant que la balle est dans le camp des autorités grecques à ce stade.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Dette_la_Grece_deja_au_dela_des_delais_060220121302.asp

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