L'actualité de la crise : DE NOUVEAUX EFFETS D'ANNONCE, par François Leclerc

Billet invité

« Nous sommes au bord de la récession technique » vient de reconnaître Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroupe, une notion qui correspond à deux trimestres successifs de recul du PIB. Réaffirmant que “la consolidation budgétaire est une approche qui ne connait pas d’alternative”, il a aussi attiré l’attention « sur la nécessité qu’il y a de doter l’Europe d’une véritable politique de croissance”. Rappelant que cette question est inscrite à l’ordre du jour du sommet du 30 janvier prochain, il a estimé que “la consolidation budgétaire est nationale et que la croissance doit pouvoir disposer d’éléments d’inspiration européenne”.

On s’arrêtera sur cette dernière formulation, qui exprime par son flou les contraintes politiques dans lesquelles la réflexion est menée sur ce terrain. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’ont en effet comme projet que de créer un “fonds de croissance et de compétitivité” en raclant les fonds de tiroir des crédits non utilisés l’année dernière dans le budget communautaire, puis en leur apposant un label ronflant.

Il ne s’agit là que d’un des volets d’une offensive médiatique qui en comporte deux autres : le lancement d’une taxe sur les transactions financières, destinée à faire valoir que les financiers sont également mis à contribution, puis une première mesure de “convergence fiscale”, présentée comme le fruit du démarrage de la gouvernance économique européenne, destinée à harmoniser la taxation des bénéfices des entreprises en éludant de se pencher sur la manière dont les transnationales y échappent.

Angela Merkel résiste contre vents et marées pour que se poursuive sans faiblir l’application de sa stratégie de réduction à marche forcée des déficits publics, Nicolas Sarkozy l’accompagne pour tenter de se donner des marges de manœuvre. Il ne reste plus à cet attelage qu’à amuser la galerie, ainsi qu’à prier que le vent tourne pour qu’elle fonctionne enfin après avoir sans cesse trébuché.

La baisse des dépôts nocturnes des banques à la BCE ainsi que la détente constatée ce matin sur le marché obligataire, avec la réussite des dernières émissions espagnole et française, en serait-il le signal ? L’affirmer serait prématuré. Ces dépôts restent très importants et des raisons techniques liées à la baisse des “réserves obligatoires” que les banques doivent déposer auprès de la BCE pourraient être à l’origine de leur diminution. Quant aux taux sur le marché de la dette souveraine, le refinancement de la dette est une opération qui va se poursuivre tout au long de l’année, ces résultats vont donc devoir être confirmés.

La placidité des marchés surprend même les analystes, qui l’attribuent à l’annonce du FMI ainsi qu’à la conviction qu’un accord sera en fin de compte trouvé à Athènes, l’ensemble intervenant après l’injection massive de liquidités de la BCE et dans l’attente de la prochaine.

Dans l’immédiat, les projecteurs vont être à nouveau braqués sur les banques, car la crise rode, elle disparait ici pour réapparaître là. Les 31 banques européennes, à qui l’EBA – leur régulateur européen – ont enjoint de renforcer leurs fonds propres d’ici juillet prochain, doivent communiquer demain vendredi leurs plans en vue d’y parvenir. On jugera s’ils sont crédibles. D’une manière générale, on analysera comment seront répartis les montants des fonds que les banques espèrent lever, leurs ventes d’actifs ou la diminution de leurs crédits, une fois les réserves utilisées et les conversions d’obligations hybrides réalisées (si l’EBA les accepte). Car les banques font feu de tout bois et utilisent tous les moyens à leur disposition, en essayant de n’aller sur le marché que quand elles ne peuvent pas faire autrement. Cela va être l’occasion toute trouvée de bénéficier d’un petit cours sur certaines ficelles des bilans bancaires, si les informations sont fournies…

La situation de Commerzbank, la seconde banque allemande qui tente à tout prix d’éviter d’avoir recours à des fonds publics, est suivie attentivement. Les banques espagnoles sont pour leur part en tête de la course, si l’on considère le montant des renforcements des fonds propres qu’elles doivent accomplir. Par leurs retraits des banques de plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est, les établissements autrichiens pourraient durement les affecter et cela va être examiné de près. Enfin, les plans des banques italiennes vont également être particulièrement scrutés, après l’accueil mouvementé reçu par Unicredit sur le marché qui conduit ses consœurs à chercher d’autres solutions.

Accréditant que tout ne va pas pour le mieux dans le secteur, Moody’s prévoit de placer des banques européennes non identifiées sous surveillance au cours de ce trimestre. « La plupart des banques européennes sont vulnérables à la crise de la dette en zone euro qui reflète l’érosion de la confiance des investisseurs et l’affaiblissement de l’économie régionale », estime l’agence, qui s’interroge à propos de la « capacité de beaucoup de banques européennes à conserver la confiance des investisseurs », ainsi qu’à refinancer toute leur dette cette année.

Selon Greg Bauer, l’auteur du rapport qui l’annonce, « l’abaissement attendu des notations de banques reflète l’accentuation des pressions sur le secteur bancaire depuis la seconde moitié de 2011 ».

Pour revenir aux grandes et petites manœuvres des dirigeants européens, une tentative d’élargir le directoire franco-allemand en y faisant participer Mario Monti a tourné court, étant donné l’offensive que celui-ci mène en faveur des euro-obligations, l’annulation du mini-sommet prévu à Rome entre eux trois le sanctionnant. “Je continue de chercher en quoi nous devrions faire plus” s’est interrogée Angela Merkel, avant de mettre les points sur les “i” : “Je voudrais conseiller à mes collègues de moins se préoccuper de l’Allemagne et davantage de leurs déficits budgétaires et de leur dette externe”. Cela s’appelle claquer la porte.

Sur un autre front, Christine Lagarde essaye plutôt de les ouvrir. Elle va officiellement explorer la possibilité de donner au FMI la force de frappe financière dont les Européens n’arrivent pas à se doter et dont le fonds ne dispose pas. Mais à peine en a-t-elle fait l’annonce que chacun a émis des réserves ou mis des conditions à sa participation financière.

Le refus catégorique des Etats-Unis réitéré, David Cameron a rappelé que la vocation du FMI était de sauver les pays et non les monnaies, une manière de faire monter les enchères afin d’obtenir que soit mis un coup d’arrêt à la régulation financière européenne, en contrepartie de la participation financière britannique. Exprimant le sentiment général et se réfugiant derrière l’anonymat, un fonctionnaire japonais a confirmé que “le Japon est prêt à apporter son soutien pour stabiliser les marchés, y compris via un prêt au FMI, si les pays européens eux-mêmes font des efforts importants”. Une position partagée par le gouverneur de la banque centrale canadienne, Mark Carney. Plus gros contributeur potentiel en raison de ses réserves, la Chine en reste à ses intentions : elle réclame une augmentation de ses droits de vote au sein du FMI, que les Américains bloquent.

Les dirigeants chinois ont fait donner l’agence de notation Dagong Global Credit Rating, choisissant comme toujours un biais quand ils veulent faire passer des messages. L’agence constate donc qu’à “une bulle de dettes des gouvernements s’ajoute une bulle de dettes du secteur bancaire” et que “L’interaction entre les deux prend l’eurozone dans un cercle vicieux”. Elle prolonge son analyse en préconisant de s’appuyer sur la BCE, les fonds du FMI et du futur MES étant selon elle “très insuffisants”.

S’ajoutant à des mesures européennes cosmétiques, la décision du conseil d’administration du FMI pourrait dans ces conditions se résumer à l’un de ces effets d’annonce auxquels nous sommes à force devenus coutumiers. Un premier point pourrait être fait au G20 finances de Mexico, du 25 au 28 février prochains.

La politique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiciens.

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74 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DE NOUVEAUX EFFETS D'ANNONCE, par François Leclerc »

  1. @Francois Leclerc

    Une question technique. La BCE peut augmenter la taille de son bilan à l’infini tant qu’elle n’essuie pas de perte, c’est bien cela?. ( quitte à posséder un levier de 50). Je crois que la BCE à 13 milliards de fonds propre en janvier 2012 si je ne me trompe pas pour des engagements sur les obligations souveraines s’envolant au delà de 220 milliards. (bien au-delà même)

    Concernant la FED, comment peut elle entretenir un bilan qui dépasse les 3000 milliards ( fourchette basse il a même été évoqué 9000 milliards ). Combien a-t-elle de fonds propres? Le jeu peut-il durer à l’infini?

    1. Les banques centrales doivent aussi équilibrer leur bilan. Mais la première question à se poser est de savoir comment elles valorisent leur actif pour y parvenir !

      La taille de leur bilan est tel qu’une faible dévalorisation de celui-ci la mettrait en faillite très vite, vu leur capitalisation.

      Pour y remédier, elles disposent de deux moyens: soit de faire appel à leurs actionnaires (les banques centrales nationales, dans le cas de la BCE), soit de procéder par création monétaire. Mais cette dernière faculté est potentiellement créatrice d’inflation.

      1. Ce qui me fait sursauter c’est que les banques centrales offrent tellement de liquidités aux banques qu’avec le dernier prêt de la BCE à 3 ans il y avait assez d’argent pour qu’une banque achète toutes les entreprises du CAC40 quasiment. On se retrouve après dans une situation où, » comme hasard « , on constate que 737 organismes financiers ont un levier tel qu’ils possèdent 80% des richesses des multinationales mondiales…
        Je comprends pas comment les agents économiques peuvent encore avoir confiance dans une monnaie qui se distribue à coup de 1000 milliards !

        Aux Etats Unis entre le QE1, QE2, opération twist et prêt le 1200 milliards à 0% c’est plus de 3500 milliards de liquidité soit près de 25% du PIB américain qui ont été déversé et visiblement cela ne choque personne. Je crois me souvenir que l’Argentine avait eu des difficultés pour moins que ça

      2. si ça nous choque ici mais les 3/4 des gens de la rue n’imaginent même pas ne vous croient pas et s’en tapent totalement l’individualisme il n’est pas qu’en haut, il sévit aussi en bas ça arrange bien ceux d’en haut d’ailleurs,

  2. Ils commencent à nous gonfler avec leur guerre économique déguisée en crise arnaque des Peuples.
    Eh bien qu’ils la détruisent l’Europe, comme ça nous n’achèterons plus leur daube du tout.
    Il garderont leurs produits pour les épousseter tous les jours dans leurs magasins musées !!

  3. Gaël Giraud, chercheur en économie au CNRS. Ses travaux portent un regard original sur l’économie financière et explorent les aspects éthiques des sciences économiques. Jésuite, et ancien praticien de la finance, il apporte des propositions de gouvernance…

    http://vimeo.com/34613599

    Philippe Maystadt, président de la Banque européenne d’investissement (BEI), à la table ronde « Vers une économie au profit des Hommes » lors du colloque international Gouvernance et responsabilité organisé les 8 et 9 décembre 2011 par le CCFD-Terre Solidaire à l’occasion de ses 50 ans.

    http://vimeo.com/34603024

    The EU fiscal draft treaty: in full.
    An EU fiscal treaty draft states that bailout aid is only for countries that ratify the new budget pact. Here is the draft in full.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9026142/The-EU-fiscal-draft-treaty-in-full.html

      1. Pas vraiment original, non, cet exposé de Gaël Giraud jésuite. C’est un rappel et un condensé de ce qui s’écrit sur certains blogs depuis 2007 au moins. Il propose de grands travaux genre New Deal dans le domaine de l’énergie, mais d’une part ce n’est pas original et surtout il ne va même pas jusqu’à proposer que l’augmentation de la masse monétaire de la zone euro soit indexée sur le taux de pénétration des énergies renouvelables (hors nucléaire, SVP!!!). Voilà qui serait un bon aiguillon pour avancer dans ce domaine! Pas mon idée, chercher dans google « Hellasious » et « Greenback ». Mais tout jésuite qu’il est, il est aussi un académicien, et par conséquent il ne peut pas aller trop loin, sous peine de se faire virer par ses pairs.

      1. Et quand à la Banque Centrale, c’est une banque, elle est là pour soutenir les banques commerciales, POINT BARRE. Je ne vois pas pourquoi elle aurait une autre mission. Même si ça m’empêche parfois de dormir. Mais personne pour remettre en cause ce système, même pas aux extrêmes politiques. Alors pour le moment il n’y a rien d’autre à faire que de penser à un nouveau cadre à mettre en place après que le nôtre soit tombé. Il n’est pas vraiment sur ce terrain là non plus, Gaël Giraud, jésuite.

      2. @Arnould
        Même si c’est un ‘condensé de ce qui s’écrit sur ce blog depuis 2007’, c’est quand même très bien dit et assez clair !
        C’est une voix de plus, et il est urgent de continuer à enfoncer les portes ouvertes, car nous sommes en réalité encore très peu à entendre ce genre de discours, l’accès aux médias dominants étant presque nul pour le moment…
        Simple et clair : « en France, la part des dépenses publiques de l’Etat dans le PIB a baissé au cours des 15 dernières années… » Amen !
        Je suis certain que si vous faites un sondage aujourd’hui, vous trouverez que 75% des gens pensent le contraire !
        C’est dire l’ampleur de la propagande quotidienne que nous subissons…

  4. Debout ! Les friqués de la terre !
    Debout ! Les magnats de la faim !
    La pension tonne en son cratère.
    C’est l’irruption de la fin.
    Du passé faisons table rase,
    Foule l’esclave, debout ! debout ä
    Le monde va changer de base :
    Nous sommes tout, soyons rien !

    C’est la panique finale
    Groupons-nous, et demain
    L’internationale
    sans le genre humain

    Je sèche un peu pour la suite de l’Internationale revisitée par les financiers. Je pense que c’est un peu beaucoup la panique à bord. Ils en sont à faire semblant. Ça me fait peur.

    Alors rions !

    Il n’est pas de cadeaux suprêmes.
    Ni or, ni prime, ni emprunt
    Profiteurs sauvons-nous nous-mêmes !
    Décrétons le fond commun !
    Pour que le payeur rende gorge,
    Pour tirer le fric de sa poche
    Soufflons nous même notre note
    Battons le pendant qu’il est ko

    etc…

    1. @ DidierF

      Je les sens moins paniqués que vous, mais, un ptit troisième, pour la route ?

      A bas les foules affamées,
      Paix entre nous, moraux tiers-ren, (verlan)
      Grands patrons, faut nous dépêcher(e) :
      Gros salaires, Stock options déments.
      S’ils s’obstinent à occuper Wall
      Street autour de leurs braseros
      Nous f’rons que le chomag’ s’emballe :
      Sabrons dans les frais généraux.

      (Taratata-tsoin, au refrain)

    2. Suite:

      L’Euro décline,la loi lynche
      L’impôt épargne les crapuleux;
      Nul avoir n’indispose le riche,
      Le droit du pauvre est un mot creux.
      C’est sans fond mon escarcelle.
      « L’inégalité c’est notre foi:
      Tous les droits sans devoirs, dit-elle
      Inégaux, les avoirs aux adroits! »

      Peinards dans notre adipose
      Nous rois de l’humain bétail,
      Faisons-nous autre chose
      Que dévaliser le travail ?
      Dans nos coffres-forts, dividendes,
      Ce qu’il a créé s’est perdu.
      En décrétant qu’on lui rende,
      Le peuple sera tondu.

      etc. Il reste encore deux couplets.
      Au suivant 😉

      1. @ DidierF
        Non Monsieur, c’est du vécu bien saignant.
        Y a plus de sous pour les vieux, y a plus de sous pour les jeunes.
        Vu :
        une seule infirmière pour gérer un service hospitalier de gériatrie, la nuit. Idem pour un service de psycho-gériatrie.
        Les jeunes se défoncent la santé pour gagner leur croûte et élever leur progéniture.
        L’enseignement ? D’autres sont plus qualifiés que moi pour aborder ce sujet.
        Elle était si belle la société de consommation lorsque l’on disait : »ma voiture c’est ma liberté » et que la pub matraquait les frustrés qui n’avaient pas de piscine dans leur jardin.

        Bien éduqués que l’on était.
        Manuel du bon petit consommateur:
        http://www.youtube.com/watch?v=Ysd8fdWlxwg

      2. Béotienne,

        Vous avez raison.

        Le pire est que cela ne fait que commencer. Mais je pense ici à ces gens qui faisaient de l’humour avec le goulag, avec le nazisme. Je pense à Begnini qui est arrivé à faire de l’humour avec un camp de la mort. Dans le film, le fils gagne le gros lot « un tank américain ».

        C’est atroce mais avec du rire, il est possible de prendre un peu de distance avec ça. En URSS, c’était puni de deux à trois ans de camp de rééducation. C’est donc efficace.

      3. @DidierF
        Je vous reçois 5/5 ,
        je crois aussi aux vertus du rire.
        Ne dit-on pas qu’une des caractéristiques de l’art françait c’est  » le sourire en larmes » à ne pas confondre avec le rire aux larmes.

  5. Depuis quelques temps, Madame Merkel multiplie les déclarations de fermeté à l’égard des pays endettés et en proie à la mainmise des spéculateurs et des marchés financiers sur l’état de leur finance publique. Non, dans l’Union Européenne aucun mécanisme automatique de sauvetage des finances publiques d’autres pays, qui commanderait à chaque pays un secours mutuel en cas d’avarie momentanée des finances publiques, ne serait possible. Car après tout, et c’est la position de Madame Merkel et de son gouvernement de coalition chrétienne-démocrate et libérale, il ne peut y avoir de sauvetage mutuel que si les autres pays s’engagent à ne plus dépenser sans compter. C’est, peu ou prou, l’idée selon laquelle les pays du Sud de l’Europe, seraient trop enclins à dépenser, quand les Allemands seraient eux, toujours les « vaches à lait » de l’Europe. Critiquer ces positions mériterait de futurs articles en profondeur, mais notre analyse aujourd’hui nous portera sur un autre thème, intimement lié : l’influence permanente et quasi officielle des points de vue idéologiques allemands dans les politiques économiques européennes et sa concomitance : le déclin affirmé et net des exigences françaises de gouvernance économique européenne.

    La suite de cet article est disponible sur le lien suivant: http://lespoir.jimdo.com/2012/01/19/vous-ne-vouliez-pas-du-deutsche-mark-vous-avez-eu-l-euro/

    Amicalement

    1. Si j’ai bien lu l’article, certains ont pu faire un PTZ pour « shorter » l’immobilier???

      je rigole, mais bon peut être pas…

  6. Portugal to need « debt haircut » as economy tips into Grecian downward spiral
    Portugal’s borrowing costs have jumped to record highs and are tracking the moves seen in the culminating phase of Greece’s debt crisis, dashing hopes that the country will be able to stave off contagion by embracing drastic austerity.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9026144/Portugal-to-need-debt-haircut-as-economy-tips-into-Grecian-downward-spiral.html

  7. Et pendant ce temps là, le CAC a pris encore presque 2 % à la clôture alors qu’hier, je lisais un article excellent comme toujours de notre irremplaçable François Leclerc nous expliquant qu’on avait déjà quelques orteils dans le gouffre.
    J’avoue que je ne comprends plus rien ! Si les savants de ce blog pouvaient m’éclairer sur cette hausse anormale de la bourse je leur serais éternellement reconnaissant. J’en viendrais presque à me demander s’ils ne sont pas capable de manipuler les cours persuadé que le signal sans équivoque de notre plongeon prochain irrémédiable sera acté par une dégringolade vertigineuse et soudaine de la bourse. Alors que là, elle va dans l’autre sens…
    Quand aux taux des obligations de la France : ils baissent depuis qu’on a perdu notre triple A. J’en perds mon latin. Eclairez-moi, je voudrais comprendre.

    1. C’est étrange en effet et j’en suis à me demander si ceux qui détiennent le pouvoir financier n’ont tout simplement pas la trouille de tout foutre en l’air.
      Avec les CDS, les différents produits spéculatifs, leurs effets de levier vertigineux, ils ont le pouvoir d’envoyer les marchés au sous-sol avec des conséquences inimaginables alors que les tensions partout s’exaspèrent.
      1929 et ses conséquences sont dans toutes les mémoires.

      Imaginez que vous soyez gérant de plusieurs centaines de millards d’euros ou dollars et que vous envisagiez de tout larguer comme vos confrères demain matin créant immédiatement un cataclysme.
      Le feriez-vous ? Avoir la bombe atomique entre ses mains peut être paralysant au vu des conséquences.

      Quant aux marchés, ils sont manipulés, aux  »mains » des ordinateurs en mode  »UP ».
      L’avantage d’avoir un CAC à 3300 points c’est qu’il peut perdre 10/15%, il sera toujours à proximité des 3000. C’est ce que le quidam moyen regarde.

    2. En réalité :

      http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND/chart

      Le transport de fret maritime ne remonte pas.

      Je trouve que c’est de plus en plus désespéré, avec les licenciements de Lejaby, les vaines gesticulations du chef, la Grèce etc, etc, et la campagne présidentielle sans aucune idée. On essaye de nous refaire le scénario de 2007, remettre dans la campagne, lourdement, des thèmes sécuritaires (toute la journée étant vouée à Marseille, capitale du crime)… On remet Bayrou en selle, comme un vieux canasson, on en a besoin, puis le FN joue sa partition…
      Ca à l’air de plus en plus grotesque. Une campagne spectrale, sans objectifs, sans idées, qui n’embraye sur rien… ca devient lugubre.

    3. Comme si les fameux « thermomètres », que seraient les agences de notation, qu’il serait malséant d’injurier (position des billettistes de ce blog) a fortiori de casser (allez le dire à Mélenchon), avaient jamais eu la moindre compétence (Enron, subprimes et autres titrisations).
      On assiste à une nouvelle chute de crédit : celle de ces agences, biaisés en faveur des finances anglo-saxonnes, auprès des acteurs financiers (lémarchés), qui commencent sérieusement à faire leur prospective tout seuls, comme des grands : la France est dans le trou, c’est sûr, mais pas dans le maëlstrom comme les US/GB (pour continuer la métaphore maritime).
      http://fr.wikisource.org/wiki/Une_descente_dans_le_maelstrom

    4. Si les savants de ce blog pouvaient m’éclairer sur cette hausse anormale de la bourse.

      Keynes disait que la bourse est comme le concours de la plus jolie femme. Celle que vous sélectionnez n’est pas forcément celle que le public retiendra. il faut essayer de deviner celle que le public retiendra. Si nous avions une méthode infaillible pour anticiper la décision des autres nous ferions fortune à condition de ne pas diffuser la méthode.

      Vous cherchez de la rationalité dans un monde qui est mêlé d’irrationnel.

      Ce n’est pas la bourse qui doit dicter votre moral et votre analyse mais les faits avec la dimension psychologique de l’économie, science humaine donc entachée d’incertitudes.

      Vous voulez la vérité ? regardez plutôt les fondamentaux de l’économie que la bourse des magouilles. Budget, balance commerciale, endettement, évolution des grandes masses… Alors vous verrez que Leclerc a raison, sa précision sur les faits montre que la crise est énorme. Il serait le premier à positiver si les tendances et les mesures prises allaient dans le sens positif.

      Allez à l’économie réelle, pas la virtuelle.

      Cordialement

    5. il faut bien que les banques fassent quelque chose de l’argent facile obtenu de la BCE, et comme l’économie réelle se casse la gueule … reste le casino boursier et les obligations d’états.

  8. Les prix de l’électricité vont augmenter de 30% d’ici 2016
    Le médiateur de l’énergie estime inéluctable une hausse rapide des tarifs de l’électricité, en raison des investissements nécessaires dans la modernisation du parc et des réseaux.
    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-prix-de-l-electricite-vont-augmenter-de-30-d-ici-2016_279178.html#xtor=AL-189

    En Espagne, l’Andalousie ne paie plus aucune facture et à Valence les écoles, collèges et lycées n’ont plus d’argent pour payer le chauffage ou acheter des fournitures.

    Dans les deux régions les investigations et les procès des politiciens pour fraude et corruption continuent.

    L’Espagne: une Italie composée de 17 Grèces.

    http://www.abc.es/20120119/espana/abcp-junta-andalucia-ordena-dejar-20120119.html
    http://politica.elpais.com/politica/2012/01/18/actualidad/1326922897_600049.html

  9. Le Baltic index a fait une chute vertgineuse depuis le début d’année pour être à son + bas niveau depuis 3 ans. Souvent précurseur. Cette fois encore ???

    1. Belle réactivité d’Anon suite a la fermeture de mégaupload et de l’arrestation de ses dirigeants par le fbi. J’aime les grains de sable dans les engrenages maudits.

  10. Tant que les autorités européennes et mondiales dans leur ensemble continueront d’essayer de résoudre les problèmes uniquement par des mesures financières, rien ne pourra arriver de positif car les aspects financiers de cette crise ne sont que la partie visible de l’Iceberg de la crise profonde de l’infrastructure de nos économies et plus largement de nos sociétés.

    Il faudrait pour relancer la machine une politique néo-Keynésienne au niveau au minimum Européen, mais mieux au niveau du G20 si possible élargi aux pays émergents. Cela de manière à avoir une relance simultanée dans tous les pays, en évitant ainsi le dumping social et fiscal qu’entraine immanquablement des politiques de relance au niveau national dans le cadre de la mondialisation.

    L’autre mesure fondamentale serait une harmonisation des fiscalités et des réglementations sociales et cela en tirant les conditions sociales vers le haut: ce ne sont pas les travailleurs français qui gagnent trop et travaillent trop peu, ce sont les travailleurs des pays émergents et des anciens pays de l’Est qui gagnent trop peu et ont trop peu de protection sociale.

    Mais comment faire comprendre aux dirigeants de la planète que ce sont le chômage et les inégalités sociales qui sont à l’origine de la présente crise. Sans chômage ni inégalités sociales les banques n’auraient pas eu à se lancer dans des politiques de crédit à des taux ridiculement bas et à autoriser des emprunts auprès d’emprunteurs insolvables, juste pour essayer de compenser la baisse de demande causée par la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée des pays de l’OCDE (-10 % de 1970 à 2008)
    Mais nous avons vu que ces ‘essais de relance par des politiques monétaires ont tous échoué. Qui emprunterait même à 0% sans avoir une stabilité de l’emploi à moyen terme.
    Il en va de même pour les entreprises même à un taux très bas elle n’investiront pas dans un avenir incertain. Dans le même ordre d’idée quoiqu’en dise le MEDEF, les entreprises n’investiront pas non plus seulement parce-que les charges salariales auraient baissé: les entreprises investissent parce-qu’elles espère vendre leurs produits. La baisse des charges sociales a d’autant moins d’effet que la part des salaires a fortement diminué dans une grande partie des production industrielles où le tra humain a été remplacé par des machines.

    Pour renflouer les banques n’aurait-il pas mieux valu relancer directement l’économie réelle par des politiques Néo-Keynésiennes générant de l’activité économique réelle, de l’emploi et des flux monétaires, alimentant les comptes bancaires des particuliers et donc des dépôts dans les banques.

    Mais les fondamentalistes néolibéraux des institutions de gouvernances considérant toute intervention Keynésienne comme hérétique, continuent de prêcher pour la réduction des interventions des états quand bien même les chiffres leurs donneraient tort. Ces fondamentalistes de l’économie de marché sont le plus souvent des employés à la Commission Européenne , au FMI ou dans les divers ministères des finances des états, agissant plus par idéologie que par un raisonnement rigoureux tenant compte des réalités du fonctionnement économique.

    Il en va de même avec les soit disant spécialistes des agences de notation: la plupart prennent leurs décisions selon des critères idéologiques. Quelques un se sont cependant rendu compte des risques présentés par les politiques d’austérité: voir l’article du journal « Le Monde »
    http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/18/l-austerite-jugee-inefficace-berlin-est-appele-a-debloquer-la-situation_1631074_1581613.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20120119-%5Btitres%5D
    au titre évocateur:
    « L’AUSTÉRITÉ COMPARÉE À LA « SAIGNÉE MÉDIÉVALE » terme employé par Joseph Stiglitz, tout comme le terme de « fondamentalistes de l’économie de marché »

    Qu’attendent les candidats de « gauche » pour mettre le nez du président français dans la M… en lui ressortant les arguments du Pr Stiglitz qu’il avait lui même enrôlé pour écrire un rapport sur l’état de l’économie française et dont le président n’a bien entendu pas tenu compte…

    Pour revenir au début de mon propos, il serait vain de tenter une politique nationale en la situation actuelle de liberté de circulation des biens et des personnes dans l’Union Européenne, toute politique de relance ne pourra passer au minimum qu’au niveau européen sinon au niveau du G20.

    Même si ces dirigeants voulaient sauver le capitalisme ce serait le prix à payer : faire des politiques Keynésiennes coordonnées entre tous les pays… Assurer une meilleure redistribution des gains de productivités faits depuis les années 1970. Ils ne peuvent cependant pas le voir car leurs conseillers ont tous une vision fondamentalistes de l’économie de marché ou du même s’ils ont vu leurs erreurs, ont trop peur d’annoncer aux dirigeants qui les emploient que ce qu’ils leur avaient conseillé n’est plus valable.

    Mais les fondamentalistes des institutions et les soit disant spécialistes économiques qui les entourent continueront à « croire »en leurs théories et dire aux dirigeants de la planète que la seule solution reste la purge des états et des dettes publiques. Il n’y aurait pas de dette publique sans le taux de chômage actuel dans les pays de l’OCDE…

    Qu’attendent les candidats de gauche pour dire que la réduction du temps de travail sous quelque forme que ce soit, n’est pas destinée à partager le travail, mais à partager les gains de productivité afin d’augmenter la demande finale « pour éviter le Krach ultime »…
    Paul T.

    1. J’approuve votre point de vue.
      Il reste dans le cadre du capitalisme mais je crois qu’il permettrait à tout le monde de sortir la tête de l’eau.
      On pourrait ensuite avec un peu de recul travailler à rééquilibrer le partage des ressources et pousser par étape jusqu’à sortir du cadre.
      Quant aux candidats de gauche, leur manque de vue et d’audace est désespérant.
      Ils n’ont donc que la confrontation et la violence à nous proposer?

      1. Dans mon message je ne prône pas de rester dans le capitalisme, je dis que même les tenants du capitalisme auraient intérêt à ce que soient développées des politiques Keynésiennes modernes et coordonnées entre les pays.

        Pour ce qui est des candidats de Gauche la « primaire » socialiste et ses séquelles ont montré que ce sont principalement des batailles d’égo qui restent la coloration dominante de cette campagne, d’ailleurs à Gauche comme à droite.

        Sur un autre plan j’ai été atterré par l’annonce purement électoraliste d’une baisse du prix de l’essence faite par François Hollande. Cette annonce est une marque d’irresponsabilité écologiques grave et de manque de courage politique surtout quand on analyse bien l’évolution en prix constant des carburants tirés du pétrole: malgré deux chocs pétrolier ce prix reste inférieur à celui pratiqué dans les années1950-1960. Il faut travailler moins de temps aujourd’hui pour acheter un litre de carburant qu’en 1950.

        On aurait pu s’attendre à plus de sens des responsabilités d’un personnage se disant de gauche d’autant qu’il a signé un accord avec Europe Écologie les Verts, vis-à-vis du gaspillage des ressources planétaires et de le pollution.
        En gros toutes le méthodes sont bonnes pour récupérer des voix.

        A ce propos il va falloir éviter de commettre les mêmes erreurs avec une autre ressource limitée: la bande passante sur les réseaux. Dans cette perspective l’arrivée sur le marché de la téléphonie portable de « FREE » avec des tarifs ridiculement bas procède de la même inconscience vis-à-vis du gaspillage de ressources.
        Cependant FREE est un opérateur privé et pas en charge de la politique de gestion des ressources alors que François Hollande s’il devenait président de la république devrait prendre des décisions concernant la préservation de ces ressources et qu’il ait le courage d’affronter l’opinion des automobilistes et autres professions du transport privé afin de préparer une migration vers des énergies propres et renouvelables.

        Je me suis fendu d’un commentaire sur le blog des Échos au sujet de l’offre de FREE il y a quelques jours pour porter le message chez des gens qui n’y croient pas…
        http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/mobilite/221142113/free-mobile-guerre-communication-plus-quune-#commentaires

        Paul T.

      2. à Paul Trébin

        Je crois que malheureusement , F Hollande n’a que ce genre de gadget à proposer pour exister dans la campagne.
        Bien entendu , s’il est élu , il ne pourra pas tenir ce genre de promesse .
        A moins peut être ( on peut toujours espérer ) qu’il attende encore avant de dévoiler un projet original et décoiffant , qui soulèvera d’enthousiasme le pays …

    2. Qu’attendent les candidats de « gauche » pour mettre le nez du président français dans la M… en lui ressortant les arguments du Pr Stiglitz qu’il avait lui même enrôlé pour écrire un rapport sur l’état de l’économie française et dont le président n’a bien entendu pas tenu compte…

      Mr Melanchon vient de le faire dans son discours de Nantes.

  11. Les hedge-funds menacent de poursuivre la Grece devant les tribunaux europeens des Droits de l’homme pour avoir refusé de leur payer ce qu’ils demandent.
    voir ici
    Les hedge-funds commenceraient-ils a avoir de l’insomnie?

  12. Jean-Claude Juncker:  » sur la nécessité qu’il y a de doter l’Europe d’une véritable politique de croissance  »

    il a trouvé un puit de pétrole dans son jardin ? A moins qu’il ait decidé de chercher la croissance avec ses petits bras (bon courage )

    j’y suis , c’est de l’humour ! Quand il parle de croissance , il s’agit de croissance pour l’oligarchie . Bandes de farceur 😉

  13. A propos de la cyberguerre entamée cette nuit :

    1. Fermeture de megaUpload par le FBI et arrestation de ses fondateurs :

    http://www.lalibre.be/societe/cyber/article/714220/megaupload-ferme-par-la-justice-americaine.html

    2. Nicolas est ravi :

    http://blogs.lexpress.fr/sarkozysme-culturel/2012/01/20/megasarkozy-et-megaupload/

    http://www.numerama.com/magazine/21336-sarkozy-applaudit-la-fermeture-de-megaupload-et-demande-hadopi-3.html

    3. Replique immédiate d’anonymous : les Anonymous se sont mis en action avec virulence pour attaquer et mettre à bas certains des sites les plus symboliques, devenus immédiatement inaccessibles :
    Justice.gov
    RIAA.org
    MPAA.org
    UniversalMusic.com
    Hadopi.fr

    http://www.numerama.com/magazine/21335-megaupload-la-cyberguerre-a-commence.html

    Après plus de deux heures et une dizaine de sites internets hackés, le site internet de partage le plus utilisé au monde est de retour sous une autre adresse.
    Les Anonymous ont revendiqués cette acte par le biais de leur compte twitter: « BREAKING- MEGAUPLOAD IS BACK, NEW #MEGAUPLOAD SITE – http://megavideo.bz/ | #megaupload #opmegaupload »

    http://bethune.lavenirdelartois.fr/EPSI/News/article_1517888.shtml

    http://anonops.blogspot.com/2012/01/internet-strikes-back-opmegaupload.html#comment-form

  14. Si les annonces devaient suffire pour arranger le problème des dettes qui croissent inexorablement (et donc les défauts qui menacent tout aussi inexorablement), alors dormons donc tranquilles et spéculons à qui mieux mieux!

  15. si l’on admet une croissance =0 ,dans les equations de nos economistes
    est ce la fin du monde ?
    je vis ce problème depuis une dizaine d’années,sans plus de soucis…

  16. « Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des « meilleurs citoyens » au lieu du gouvernement par le peuple tout entier ». Aristote, Politique IV,1300b4-5 http://www.le-message.org. C’est vrai Aristote est dépassé (384 – 322 avant J.C.) ! Vous retournerez dans le berceau de la Grèce qui vous a vu naître. Mais dans quel Etat ( oh excusez état ! ….)

    1. C’est pas la peine.
      Élitisme inconscient, défiance instinctive envers les masses populaires, découragement devant l’ampleur de la tâche, ils ont des tas de raisons de se défier de la démocratie.
      Mais la confiscation de l’information est la seule entrave véritable.

  17. Sur France Culture ce matin à 10 h, dans « Les nouveaux chemins de la connaissance » : « Pour une politique de l’argent » (avec Laurence Duchêne et Pierre Zaoui, auteurs de « L’abstraction matérielle. L’argent au-delà de la morale et de l’économie » (Ed. La Découverte, 2012).

    Un commentaire sur ce livre:

    Qu’est-ce que l’argent ? Voici la question à laquelle essaient de répondre les deux auteurs. Ils interrogent pour cela la philosophie morale, la science économique orthodoxe et hétérodoxe ainsi que la réflexion politique. Ils en concluent qu’aucune n’apporte de réponse satisfaisante sur l’essence même de l’argent. Et ils ne sont pas loin de faire leur les conclusions de Rabelais sur le sujet,  » c’est-à-dire apprendre à pester contre quand on en manque, à faire bombance quand on en a, et à tâcher de s’en moquer le plus souvent possible  » ! On regrette qu’ils n’aient pas eu l’occasion de lire les dernières réflexions d’André Orléan sur le sujet, dont la présentation des thèses et leurs critiques ne convainquent pas toujours. On regrette surtout une réflexion très abstraite et écrite dans une langue difficile.

      1. Je brule la politesse à notre hôte pour vous répondre…en vous aiguillant vers un livre d’Albert Ducrocq paru en 1984 et intitulé « 1985-2000, Le futur aujourd’hui ».
        Ducrocq, qui n’était pas économiste, disait (en seulement quelques pages,ce n’était pas le thème du livre!) que l’argent était une école d’honnêteté au sens où la consommation de chacun était plus où moins la même d’année en année ce qui n’aurait pas été le cas dans un monde totalement dépourvu de monnaie où chacun,de bonne foi,aurait accru sa consommation tout en croyant consommer la même chose que précédemment . Il parlait également du pouvoir libératoire de la monnaie puisque (vérité de La Palisse !) « quand on a payé on ne doit plus rien !  » à la différence,par exemple, des « SEL » où on peut être toujours « en dette » de « minutes » envers celui-ci où celle-là !<—— Ça , c'est mon exemple à moi, pas celui d' Albert …

        Voilà,résumé très grossièrement, comment était abordé (et m'a fait comprendre) le "pourquoi de la monnaie".

        PS: Nos problèmes actuels sont donc bien des problèmes de distribution (manque la courroie ? 🙂 plutôt que de fâcherie avec les billets!

  18. Oui, laissons les spéculateurs tuer le capitalisme. En spéculant ils tuent le capitalisme industriel et commercial et donc tuent par la même occasion l’ensemble du capitalisme, mais de manière bien plus sauvage que ne le ferait une révolution idéologique. Les spéculateurs n’ont pas d’idéologie autre que de faire un maximum de fric sans avoir aucune autre perspective. Ils tuent le capitalisme dans le désordre le plus complet.

    Malgré les reproches qu’on peut et doit faire au capitalisme industriel et commercial, il produisait au moins des richesses et fournissait du travail et des revenus même si ces richesses et ces revenus étaient mal redistribués. A l’inverse, la spéculation financière ne crée aucune richesse réelle et pratiquement aucun emploi.

    Paul T.

    1. La spéculation financière étant bien entendue la fille naturelle de la mauvaise redistribution des revenus…

  19. Impossible de rembourser une dette irremboursable , ni par le temps , ni par les manipulations .
    Seul un retour sur le passé peut le faire.
    Les banquiers seront obligés de déspéculer pour réduire leurs dettes.
    Ils devront forcer leurs emprunteurs à répartir le crédit sur les propriétaires précédents , sinon ils sont morts tous les deux.
    C’est le principe de la répartition du portage pratiqué couramment par les professionnels de l’endettement que sont les producteurs d’immobilier.

  20. Sur un sujet différent, les crédits à la consommation et au petits investissements des ménages sont en baisse (nouvelle entendue ce matin à la radio) cette baisse a été interprétée par certains analystes comme un retour à la sagesse des consommateurs. Je pense que cette baisse devrait surtout être attribuée à la précarité croissante des ménages où l’on trouve de plus en plus de personnes employées en CDD ou en intérim dont les perspectives de revenus futurs sont de moins en moins prévisibles. Dans ces conditions même avec des taux d’intérêts très bas personne ne veut ou ne peut emprunter en étant incertain de pouvoir rembourser le prix de base, même avec un intérêt à 0%,

    Contrairement au crédo néolibéral, la soit disant « flexibilité » de l’emploi ne favorise pas l’emploi car elle sape la demande finale qui dans une économie de marché reste le moteur fondamental par lequel toutes les demandes intermédiaires sont animées.

    La flexibilité telle que pratiquée au Danemark avec une sécurité garantie de revenus serait un moindre mal mais au prix d’une mobilité le plus souvent inacceptable, surtout quand plusieurs membres du ménage ont un travail, car elle implique une séparation des membres du ménage. Elle est aussi inacceptable quand un de membres de l’unité familiale a besoins de services spécifiques tels que services aux personnes handicapées, lesquels services sont rarement disponible sur l’ensemble du territoire, empêchant alors de fait la mobilité quand bien même elle serait sécurisée.

    Les CDD sont à mon avis un plus grand frein à l’économie que ne le sont les CDI. Mais allez faire comprendre cela au MEDEF, même si cela est la base même du sauvetage de leurs activité à moyen terme.

    1. @Paul Tréhin
      Rediffusion d’une émission de ‘là-bas si j’y suis’ de Daniel Mermet, mercredi dernier 18/01.
      Histoire de la précarité :
      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2353
      « La précarité n’est pas le fruit du hasard. Elle est instaurée par des lois depuis trente ans : »
      1972 – l’intérim est légalisé,
      1979 – de même pour les CDD,
      1982 – la gauche valide,
      jusqu’au CNE de 2005, et au CPE.

  21. Une question à M. F Leclerc :
    Quasiment tous les économistes disent que si certains pays sortaient de la zone Euro, ce serait une catastrophe (au moins pour eux): Ils le répètent sans cesse et le présentent comme un axiome sans jamais préciser le pourquoi, le comment.
    Ils précisent tous que cela entrainerait pour les uns des dévaluations et pour les autres des réévalutions de leur monnaie nationale. Ils s’aventurent même, pour certains, à chiffrer ces mouvements :
    Pour la France : dévaluation de l’ordre de 20-25 %
    Pour l’Espagne et l’Italie : de 35-40 %
    Pour la Grèce : de 50-60%
    Pour l’Allemagne : réévaluation de 20-30 %
    Etant complètement incapable de juger la pertinence de ces pourcentages, il me semble quand même évident que la présentation de leur vérité porte en elle-même la non efficience de la monnaie unique.
    N’est-ce pas un non-sens de dire à la fois qu’on ne peut pas sortir de la monnaie unique et en même temps reconnaitre que cette monnaie n’est pas adaptée aux différentes économies nationales , car si tel était le cas, il n’y aurait pas lieu de craindre les dévaluations pronostiquées?

    1. La construction européenne est inachevée, ce qui explique le déséquilibre que vous soulignez. L’Europe sociale, pour commencer, n’a jamais vu le jour. L’Europe des 27 ou des 17 sont restés des sortes de zones de libre-échange améliorées, par définition instables pour la seconde. De mon point de vue, la vraie question est la nature de la construction européenne et non pas le maintient ou non d’une union monétaire qui n’en est qu’un aspect.

      1. Mais maintenant, c’est constitutionnalisé (monnaie unique, libre circulation des capitaux, dans la zone UE et entre cette zone et le reste du monde, le marché de concurrence libre et non faussé comme meilleur « allocateur » de richesses, et la « politique sociale », du ressort de la commission ou sinon, et seulement si elle ne s’exprime pas, du ressort de l’unanimité*) :

        connaissez vous les procédures de révision du traité dit « constitutionnel »?
        (Et ils ne savent même pas s’accorder sur un fond de soutien (le traité interdit l’entre aide entre les états (« sauf catastrophe naturelle » dixit), ou à la BCE d’intervenir (raison pour laquelle elle ne rachète qu’auprès des banques))!!!)

        De mon point de vue, c’est çà, sa « nature ».

        [*Rappel :
        Titre I : catégories et domaines de compétence de l’Union
        Article 2
        1. Lorsque les traités attribuent à l’Union une compétence exclusive dans un domaine déterminé, seule l’Union peut légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s’ils sont habilités par l’Union, ou pour mettre en œuvre les actes de l’Union.

        2. Lorsque les traités attribuent à l’Union une compétence partagée avec les États membres dans un domaine déterminé, l’Union et les États membres peuvent légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants dans ce domaine. Les États membres exercent leur compétence dans la mesure où l’Union n’a pas exercé la sienne.

        Article 3
        1. L’Union dispose d’une compétence exclusive dans les domaines suivants:

        b) l’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur;
        c) la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro;
        etc…

        Article 4
        1. L’Union dispose d’une compétence partagée avec les États membres lorsque les traités lui attribuent une compétence qui ne relève pas des domaines visés aux articles 3 et 6.

        2. Les compétences partagées entre l’Union et les États membres s’appliquent aux principaux domaines suivants:
        a) le marché intérieur;
        b) la politique sociale, pour les aspects définis dans le présent traité;
        c) la cohésion économique, sociale et territoriale;
        etc…

        Titre III : l’agriculture et la pêche
        Article 39
        1. La politique agricole commune a pour but:
        a) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre,

        Titre IV : la libre circulation des personnes, des services et des capitaux
        Article 48

        Lorsqu’un membre du Conseil déclare qu’un projet d’acte législatif visé au premier alinéa porterait atteinte à des aspects importants de son système de sécurité sociale, notamment pour ce qui est du champ d’application, du coût ou de la structure financière, ou en affecterait l’équilibre financier, il peut demander que le Conseil européen soit saisi. Dans ce cas, la procédure législative ordinaire est suspendue. Après discussion et dans un délai de quatre mois à compter de cette suspension, le Conseil européen:

        a) renvoie le projet au Conseil, ce qui met fin à la suspension de la procédure législative ordinaire, ou

        b) n’agit pas ou demande à la Commission de présenter une nouvelle proposition; dans ce cas, l’acte initialement proposé est réputé non adopté.

        Article 63
        1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.

        2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.

        Titre VIII : la politique économique et monétaire
        Article 119
        1. Aux fins énoncées à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, l’action des États membres et de l’Union comporte, dans les conditions prévues par les traités, l’instauration d’une politique économique fondée sur l’étroite coordination des politiques économiques des États membres, sur le marché intérieur et sur la définition d’objectifs communs, et conduite conformément au respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre.

        2. Parallèlement, dans les conditions et selon les procédures prévues par les traités, cette action comporte une monnaie unique, l’euro, ainsi que la définition et la conduite d’une politique monétaire et d’une politique de change uniques dont l’objectif principal est de maintenir la stabilité des prix et, sans préjudice de cet objectif, de soutenir les politiques économiques générales dans l’Union, conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre.

        3. Cette action des États membres et de l’Union implique le respect des principes directeurs suivants: prix stables, finances publiques et conditions monétaires saines et balance des paiements stable.

        Article 127
        1. L’objectif principal du Système européen de banques centrales, ci-après dénommé « SEBC », est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du traité sur l’Union européenne. Le SEBC agit conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l’article 119.]
        http://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_le_fonctionnement_de_l%27Union_europ%C3%A9enne

        D’où les « effets d’annonce » à mon sens : comment faire autrement…?

      2. Si la construction européenne est inachevée c’est parce que c’est une illusion de penser que les états pourront faire plus que cela. L’euro, de par sa conception, en est une illustration dramatique qui le voue à la mort. A moins que dans un ultime sursaut les dirigeants européens ne transforment en monnaie commune et non plus unique comme le propose l’économiste Jacques Sapir. Ce que je ne pense pas une minute mais on peut toujours rêver!
        Si la politique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiciens on peut être sûr que le pire est de la confier à des technocrates ou banquiers comme Mario Monti, Mario Draghi et Luca Papademos! En effet les banquiers sont pire que les politiciens pour bafouer la volonté populaire du 29 mai 2005 comme Sarkozy l’a fait par son traité de Lisbonne. L’UE n’a aucune légitimité démocratique puisqu’à chaque fois que l’un des peuples est autorisé à s’exprimer sur l’UE son vote est négatif mais tenu pour nul et non avenu par les oligarques européens comme du temps de l’URSS.

  22. Permettez moi de dire que l’idée de « marché de concurrence libre et non faussé » n’existe pas en Europe, puisque les états membres pratiquent le « dumping social et fiscal » et en fait ne veulent surtout pas d’une concurrence « non faussée »

    Comme beaucoup d’acteurs du système capitaliste, les états membres de l’Union Européenne sont pour l’économie de marché en théorie, mais contre la concurrence dans la pratique, il faut bien préserver son électorat….

    Lors de mes activités associatives au sein de la Plate-forme Sociale Européenne il y avait une sujet tabou dans les discussions qu’il nous arrivait d’avoir avec des représentants de la Commission Européenne ou du Parlement Européen : l’harmonisation fiscale et sociale, que bien entendu nous demandions pour tirer les lois sociales vers le haut. La commission européenne elle même n’osait pas aborder le sujet avec les états membres, chacun de ces états tirant la couverture à lui en opposant le principe de « subsidiarité » à toute tentative d’harmonisation sociale ou fiscale et s’opposant aussi à une supranationalité au niveau fiscal, comme par exemple la création d’un impôt européen qui aurait pu financer directement les divers fonds d’intervention européens, sans que l’Europe ait à quémander des ressources à chaque sommet européen dans le cadre d’une présidence tournante. Un financement direct par l’Europe aurait empêché une grande partie du dumping social et fiscal entre pays. Cela aurait aussi permis une politique Keynésiennes au niveau européen, aucun des états membres de l’UE ne voulant ou ne pouvant se lancer seul dans une telle politique, craignant les ripostes fiscales et sociales de ses voisins, bien plus que les critiques de la Commission Européenne, laquelle crie très fort mais ne fait rien de concret.

    C’est ce « dumping social et fiscal qui a foutu l’Europe dans « la merde »: pour lutter contre le dumping fiscal de certains états, comme l’Irlande, qui avaient considérablement réduit les charges sociales et les impôts sur les dividendes des sociétés, tous les autres états se sont lancés dans des politiques semblables de réductions de taxes sur les dividendes des sociétés.
    De ce fait les impôts sur les dividendes des sociétés sont inférieurs en Europe à ceux pratiqués aux USA…
    Une augmentation harmonisée au niveau européen de ces impôts sur les dividendes des sociétés et directement versés à l’Europe puis redistribué par l’Europe assurerait un financement à des interventions Keynésiennes européennes dont l’impact serait proportionnel à la taille de l’ensemble de l’économie européenne.

    Une partie de l’accroissement des dettes publiques en Europe trouve sa source dans ces réductions de taxes sur les dividendes des sociétés et sur les réductions de taxes faites aux contribuables les plus riches. Privant ainsi tous les pays de l’UE des moyens d’intervenir, faute de ressources fiscales, sans aggraver leur dette publique.

    Je rappelle que la tellement décriée Commission Européenne a publié en 2003 un document intitulé « Le coût de ne pas avoir de politiques sociale », Il y a au moins des groupes de personnes à la Commission européenne qui savent que le capitalisme ne peut pas fonctionner sans mettre de l’huile dans les engrenages.

    La Direction « Emploi et affaires sociales à la Commission Européenne fait partie de ces groupes, mais elle a des adversaires internes tels que la Direction Générale Marché intérieur et concurrence.
    Les associations du secteur social où j’exerçais mes activités pendant plus de 15 ans ont souvent apporté des arguments à la Direction « Emploi et affaires sociales » dans ses luttes internes contre la Direction Générale Marché intérieur et concurrence.

    Mais les pires ennemis de la Direction « Emploi et affaires sociales » à la Commission Européenne sont au dehors de la Commission Européenne. Ce sont les états membres de l’Union Européenne : ce sont eux qui retoquent les moindres tentatives d’harmonisation et d’amélioration des politiques sociales européennes proposées par cette Direction « Emploi et affaires sociales » fussent-elles timides et fort modestes.

    A titre d’exemple, ce sont les états membres qui ont exclu du projet de traité constitutionnel, la charte des droits fondamentaux européenne, que les associations consultées par la « convention sur le futur de l’Europe » étaient arrivées à grand peine à faire inclure dans le corps du texte même du traité et non en annexe.

    Paul T.

  23. Hypothèse:
    Probablement pour des raisons géopolitiques, les dirigeants européens ont choisi d’intégrer la mondialisation par l’élargissement au détriment d’un approfondissement de l’harmonisation.

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