L'actualité de la crise : L’ÉTRANGE PAYSAGE DU DÉSENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité

Dans le désordre, un intéressant débat se poursuit à propos de ce que les anglo-saxons ont appelé le PSI (Private Sector Involvement – implication du secteur privé) : la participation au programme de restructuration de la dette publique, qui est actuellement négocié dans le cadre du nouveau plan de sauvetage de la Grèce.

Les uns considèrent qu’il faudrait impérativement revenir sur une telle participation, car celle-ci serait à l’origine des tensions qui se sont généralisées sur le marché de la dette souveraine, qu’il faut impérativement calmer. C’est le cas d’Athanasios Osphanides, gouverneur de la banque centrale de Chypre et membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

D’autres sont au contraire favorables à ce que la décote consentie par les créanciers soit plus importante que les 50% de départ. Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, vient d’en défendre la perspective, au vu de la détérioration de la situation économique grecque.

Aspect moins évoqué du processus, s’il se poursuit, l’autre partie de la dette grecque est progressivement transférée vers l’Union européenne et le FMI, qui la refinancent via leurs prêts, et vers la banque centrale, qui l’achète sur le marché secondaire. La participation de la BCE – grande détentrice de la dette grecque – à cette restructuration volontaire va ensuite se poser, or elle avait d’entrée de jeu affirmé qu’il n’en était pas question. Puis viendra le tour de la restructuration des nouveaux prêts de l’Union européenne et du FMI…

Derrière ce débat à propos de la dette grecque s’en profile un autre. Il a été dit sur tous les tons que le cas de la Grèce était une exception, et qu’il était hors de question de s’engager dans le même processus pour d’autre pays. Mais les marchés savent ce que vaut la parole des dirigeants politiques et s’inquiètent du précédent ainsi créé. Ils se rappellent que, lors de la première restructuration de la dette grecque qui avait reposé sur une décote de 21% à l’été dernier, il avait déjà été affirmé que l’on n’y reviendrait pas…

Dans l’immédiat, les dirigeants européens cherchent à tourner la page, et exigent une conclusion rapide des négociations qui s’éternisent entre le gouvernement grec et l’Institute for International Finance (IIF). Elles s’orienteraient vers l’adoption d’une décote allant nettement au-delà des 50% de départ, pour tourner autour de 60%, afin de crédibiliser le nouveau plan de sauvetage. Les banques n’auraient pas le choix.

Le processus en cours a eu sans attendre d’importantes conséquences pour le système financier, qui concernent le marché des Credit Default Swaps (CDS), ces instruments permettant de s’assurer contre notamment le défaut sur la dette souveraine. Le comité de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), chargé de décider de l’activation des CDS, a en effet dès le début décidé qu’il n’y avait pas lieu de le faire, étant donné le caractère volontaire de la participation à la restructuration de la dette grecque, en dépit de l’importance de la décote.

Cette position a protégé les établissements financiers qui avaient émis les CDS sur la dette grecque, n’ayant pas à régler le montant de la décote. Leur identité ne peut faire l’objet que d’hypothèses sur ce marché opaque, mais on peut supposer qu’ils sont bien représentés dans le comité en question, qui regroupe les principaux acteurs de ce marché. Mais elle a également eu un effet secondaire important : s’il n’était plus possible de s’assurer contre les défauts, une conclusion dès lors s’imposait, il ne fallait plus prendre de risques sur un marché de la dette devenu imprévisible. En affaiblissant la demande, la décision de l’ISDA a eu comme effet de faire monter les taux obligataires. Ce n’était pas la restructuration qui a été à l’origine de leur hausse, comme affirmé par ceux qui n’en veulent sous aucun prétexte et qui ne désarment pas, mais l’impossibilité de s’assurer contre tout défaut.

Ce qui conduit à s’interroger sur les motivations réelles du comité. A-t-il eu comme unique intention de protéger les intérêts des émetteurs de CDS, ou n’a-t-il pas également engagé une stratégie de tension sur le marché obligataire, afin de dissuader toute velléité de nouvelles restructurations ?

Jusqu’il y a peu indistinctement considérées comme étant à zéro risque, à ce titre véritables piliers de soutènement du système financier, les obligations souveraines ne sont plus ce qu’elles étaient, et cela fait problème. Rendant primordial d’imposer le retour au strict respect des intérêts des créanciers, et au-delà du système dans son entier, afin que tout rentre dans l’ordre le plus vite possible et que l’investissement obligataire redevienne une valeur sans risque. Disposant d’un côté de banques centrales généreuses en liquidités et de l’autre côté de placements garantis, les banques pourraient ainsi à nouveau voir l’avenir en rose.

Mais cette histoire est un feuilleton, et nous n’en sommes qu’aux tous premiers épisodes. La logique économique dans laquelle les pays européens sont enfermés rend forte – si ce n’est inévitable – la probabilité de nouveaux défauts, tandis que leur sauvetage devient de plus en plus hors de portée financière. Dans ces conditions, de nouveaux plans de sauvetage pourront-ils éviter de comporter un volet PSI, afin de réduire les besoins de financement public ?

Dans ses tentatives de maîtriser le processus de désendettement, le système se trouve placé devant des impératifs contradictoires : pour boucher un trou, il en creuse un autre ! Parviendrait-il à ses fins qu’il ne serait pas pour autant au bout du chemin. Car une chose est de refinancer la dette publique de bric et de broc, une autre sera de se représenter plus tard sur le marché, le regard clair et la tâche accomplie, et d’y être bien accueilli. Rien, dans la situation actuelle, ne permet de prévoir dans quels délais et sous quelles conditions ce retour à la normalité sera possible.

Petit à petit, il se dessine ainsi un étrange paysage, où le financement du désendettement public serait par la force des choses partagé, mais où les banques resteraient in fine soutenues à bout de bras par la banque centrale, peinant de plus en plus à se recapitaliser face à leurs pertes. Combien de temps une telle situation pourrait-t-elle durer ?

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100 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L’ÉTRANGE PAYSAGE DU DÉSENDETTEMENT, par François Leclerc »

  1. Mardi 10 janvier 2012 :

    L’agence de notation Fitch annonce que l’Italie risque de perdre son A+.

    Il y a de fortes chances pour que la note de l’Italie, actuellement à « A+ », soit dégradée lorsque Fitch aura terminé sa revue des six pays de la zone euro que l’agence de notation a mis sous surveillance avec implication négative, a dit mardi l’un de ses responsables.

    « L’une des choses qui pourrait aider l’Italie, mais sur laquelle le pays n’a aucune prise immédiate, serait de retirer la prime liée à la crise de liquidités, une situation qui suppose la nécessité d’une protection », a déclaré David Riley, responsable mondial des notes souveraines, à des journalistes.

    « Pour l’instant ce n’est pas possible, et c’est une réelle source d’inquiétude concernant l’Italie. C’est l’une des raisons pour laquelle l’Italie est sous surveillance avec implication négative, et c’est l’une des raisons pour laquelle, lorsque nous aurons terminé la revue, il y a des des chances significatives pour que la note du pays baisse », a-t-il ajouté en marge d’un séminaire organisé par Fitch.

    Les cinq autres pays de la zone euro placés sous surveillance avec implication négative par Fitch sont la Belgique, l’Espagne, la Slovénie, l’Irlande et Chypre.

    http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/10/fitch-annonce-que-l-italie-risque-de-perdre-son-a_1627739_1581613.html

  2. On en à carrément marre de toutes ces dettes , qu’ils fassent comme ils veulent , qu’ils remboursent sur 2000 ans , mais qu’ils fassent quelque chose , sinon , on va les envoyer au septième ciel tous ces fonctionnaires , banquiers , politiques , on va les virer avec perte et fracas , et ce sera fini , on n’en parlera plus , on va les enfermer dans la chambre et y mettre le feu.

    1. Ladreit de Lacharrière n’est plus majoritaire dans son groupe depuis qu’il a fait appel, précisément en 2010 me semble-t-il à des fonds d’investissements anglo-saxons.
      J’avais posté un truc sur lui mais il y a deux ans (et ne sais comment retrouvé le binzzz) …

      1. @ François :
        Ah ben, vous avez retrouvé mon cerveau !!
        Dire que je le cherchais partout …
        (complètement zappé que j’avais fais un billet dessus ; me rappelle Bernard Blier dans ‘Les tontons flingueurs’ : « Ben v’la que j’ai plus ma tête … »)
        « Dans le cas de Fitch, le focus mis sur 3 états de note ‘AAA’, tous européens, n’est pas pour déplaire aux Etats-Unis, qui sont pourtant bien au même niveau (sinon pire) d’endettement public que l’Espagne, le Royaume-Uni et la France : on oublie ainsi un peu leurs difficultés et le risque de dégradation de note pour les USA (impensable !). »
        « « Tout changer pour ne rien changer » ? »

        Ouch …

  3. Ce qui conduit à s’interroger sur les motivations réelles du comité. A-t-il eu comme unique intention de protéger les intérêts des émetteurs de CDS, ou n’a-t-il pas également engagé une stratégie de tension sur le marché obligataire, afin de dissuader toute velléité de nouvelles restructurations ?

    …ravi de constater que la « théorie du complot anglo-US » – 60% des directors du Board de l’ISDA sont Anglo-saxons, les autres, d’évidents collabos de l’oligarchie mondiale – commence à avoir droit de cité sur ce blog 😉

    1. C’est plus compliqué que cela, désolé ! Les mégabanques européennes pourraient aussi être dans le coup.

      1. Effectivement, il me semble bien me souvenir que DeutschBank a été soupçonnée d’avoir émis massivement des CDs sur la dette grecque, me semble-t-il … (à vérifier par je ne sais quelle source)

      2. Mais non François, voyons, pas « les mégabanques européennes » – type BNP ou Deutschbank qui ont lancé le bin’s contre la Grèce en 2009, c’est avéré. C’est pas comme ça qu’on dit ! Répétez bien les mots de la pensée unique nerima-qu’unienne, imprégnez vous des mots sacrés :

        d’évidents collabos de l’oligarchie mondiale

        vous pouvez dire – avantageusement : « collabos du »

        complot anglos-US

        Ou bien encore, l’inusable et très neutre, très chic français : « collabos des »

        anglo-saxons

        Compris ?

      3. @ Zebu

        En tout cas, la Deustche bank affirmait, il y a peu s’être couverte sur les obligations de la dette italienne qu’elle détient, à 88% via (l’achat ?) de CDS.

        Superbe comme mécanisme; vraiment efficace…

      4. @ Vigneron :
        « c’est avéré »
        Comme François vient de retrouver mon cerveau, j’en profite pour te demander si tu aurais pas par hasard deux-trois sources à grignoter sur ce point ?

      5. Zeb, les banques européennes étaient en position vendeuses net sur les cds de dettes souveraines de la zone euro en 2009 selon le rapport très complet de la BCE sur les produits dérivés d’août 2009.
        Lis le résumé du rapport page 5 (le rapport fait plus de 50 pages, top, mais un chouïa shakespearien)
        http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=5&ved=0CCUQFjAE&url=http%3A%2F%2Fwww.ecb.int%2Fpub%2Fpdf%2Fother%2Fcreditdefaultswapsandcounterpartyrisk2009en.pdf&ei=xMcMT7OZOM2IhQfpv_GmBA&usg=AFQjCNGV1s4KsP-p9VwvwaEAxUSe5E6PFA

      6. L’histoire jugera que le capitalisme néolibéral « finance-is-all » aura bien été d’impulsion anglo-saxonne (Chicago boys, Thatcher, Reagan, Greenspan…), que l’épicentre initial de la crise aura bien été aux USA (subprimes, TARP, Q1,2,3…) et qu’au final, qui va s’écrire de 2012 à 2015, les pays les plus impactés auront été les USA et la GB.
        …maintenant, il y aura toujours eu des collaborateurs inféodés à ce système, répliqué au sein des structures politico-financières locales et naturellement antinationaux (l’éternel parti de l’étranger et de la « modernité »). L’oligarchie politico-financière est la seule classe, ou même caste, sociale réellement mondialisée, comme le font observer nombre d’analystes. L’UE telle qu’elle s’est déconstruite puis reconstruite depuis 1973 (entrée GB dans le Marché Commun ; « Europe des marchands ») et 1992 (Maastricht ; « Europe des financiers ») est évidemment une construction anti-européenne, antinomique des idéaux de solidarité, de fraternité et de culture européenne et aussi des formes continentales du capitalisme (capitalisme rhénan, colbertisme et Plan gaullien, secteur public et nationalisations stratégiques, conférence ACP, etc.).

      7. Ah oui M Leclerc, utile rappel de notre Savpnarole anti-anglo-us de Mer du Japon, j’allais oublier, rajoutez bien dans votre champ lexical « collaborationniste » :

        parti de l’étranger antinational inféodé à la caste de l’oligarchie antinomique des idéaux de solidarité, de fraternité et de culture européenne

        Ça fait riche de suite..

      8. Elles sont dans le coup bien évidemment. Chaque service juridique des grandes banques a activement participé à la définition des mécanismes ISDA pour la période 2006-2011.
        Apres, pour chaque définition, méga conf call entre goldman, BNP, SG, JP, Nomura, BOA, citi etc puis discussion sur chaque point, puis validation par vote.
        Vue que les banques sont majoritairement vendeuses de CDS (avec comme contrepartie des gros hedge fund qui speculent sur les défauts probables), au moment de la prise de décision sur un déclenchement, ce sont ces même banques qui statuent…
        Au final, MF global (qui n’était pas une banque mais un broker) en a fait les frais…
        CQFD…

      9. Tu te fous de qui là monsieur ne rime à qu’un ? De moi, des lecteurs, de toi ou des innombrables dangereux pauvres types qui perrhoquètent strictement tes mêmes mots – méticuleusement et fidèlement recensés, rassemblés par moi au-dessus– pour la même sempiternelle diatribe anti-américaine ? Parce qu’il y aurait besoin d’arguments contre ça ? Parce qu’il y aurait besoin d’autres arguments que votre haine, à toi et à tes clones pathétiques, pour vous designer comme ennemis ?

      10. C’est votre propre haine qui est effrayante et inadmissible sur ce blog, Vigneron.
        Et je vais y répondre par des arguments, moi…

        Vous venez de faire un collage à l’effet de me caricaturer, mais on dirait que ce genre de manipulation vous est si naturel que vous ne le voyez pas … et vous me désignez comme « ennemi », c’est réellement pathétique et pathologique, tout comme vos injures. Ce n’est pas comme cela qu’on argumente, mon cher.
        Sur le fond, « diatribe anti-américaine », dites-vous ? Fichtre, j’ai tous les droits de dénoncer les USA comme la plus grande menace actuelle contre l’humanité, après la chute des fascismes et autres communismes de sinistre mémoire :

        – guerres illégales (au sens de la Charte de l’ONU et du Conseil de Sécurité) et monstrueusement sanglantes et déstabilisantes : Irak : +1 M morts, AfPak : + 0,2 M ; puisque vous faites vos fiches, vous connaissez les sources, notamment Lancet et ORB. Chacune de ces guerres relève des chefs d’inculpation du Tribunal de Nuremberg : « crime contre la paix » qui emporte tous les autres : crime contre l’humanité, crimes de guerre. La lâche guerre des drones au Pakistan représente d’ailleurs un pas de plus dans l’ignominie de la déshumanisation.
        – USA, plus grande nation écocide de la planète : historiquement et actuellement (chiffre par habitant). Rien n’y est fait pour atténuer le pillage des ressources et les émissions de gaz à effet de serre, c’est même le contraire. Si cette attitude ne représente pas une menace pour toute l’humanité !??…
        – USA, dernier empire : 700 bases et +1M de soldats à l’étranger dans 170 pays. Wikileaks et Assange, odieusement persécuté, auront révélé à jamais l’ampleur de cet empire, de ses manipulations, et l’inféodation des décideurs nationaux.
        – je passe sur l’acculturation des esprits par le soft power US (blockbusters hollywoodiens, industrie du braiement chanté, promotion du fast-food et autres modes de vie absurdes, infotainment, etc.). Ce n’est pas là un vrai motif d’incrimination, bien sûr, je ne suis pas Savonarole ! Et les premiers coupables sont les Européens qui sabordent leurs cultures bi- ou tri-millénaires. Mais j’ai tous les droits de trouver ce formatage des esprits, éminemment pernicieux, qui les prépare à la sujétion réelle. Il y a (eu) une vraie culture américaine, que j’aime et admire : elle a toujours été authentiquement populaire, et non pas consumériste imposée d’en haut par des majors – et rebelle, surtout : jazz, littérature, art moderne, etc. ...you name it !
        – comment peut-on encore nier que les malheurs financiers et économiques actuels du monde proviennent d’une matrice de pensée néolibérale élaborée surtout dans le monde anglo-saxon (Chicago Boys, Thatcher, Reagan, Clinton, Blair, Bush, Greenspan, Paulson, Bernanke, etc.) et pratiquée d’abord et toujours majoritairement par les agents financiers et les places financières de l’anglosphère ?
        Après, que cette maladie psycho-sociale TINA, qui autorise la finance prédatrice à mettre en coupe réglée l’économie réelle et les peuples (y compris le malheureux peuple états-unien), que cette pathologie sociale, qui ne le cède en rien au credo communiste ou fasciste en tant que superstructure d’oppression, se soit diffusée auprès des dirigeants et autres décideurs non-états-uniens, qui la reprennent à leur compte, formatés et fascinés qu’ils sont par la « modernité » et/ou l’espoir du profit maximum, presque partout dans le monde au point de pervertir, par exemple, un projet aussi humaniste et nécessaire que la construction européenne, c’est une évidence que personne ne contestera, pas plus moi qu’un autre. Au temps du stalinisme triomphant, le PC faisait, en France, 25% des voix ! …c’est du même ordre, et pire, puisque les néolbéraux sont partout au commande (presse, monde politique, monde des affaires) et qu’il faudra le remplacement générationnel pour desserrer l’étreinte de cette énième idéologie mortifère.
        – je n’ai aucune haine pour le peuple états-unien, profondément victime, à l’égal du peuple russe naguère et encore, de cette immense aliénation matérialiste. J’ai même conservé quelques attaches aux USA, pour y avoir vécu brièvement. Même s’il peut se poser, en purs termes d’actions-réactions (rapports karmiques), la question d’une responsabilité collective (comme pour les Allemands vis-à-vis du nazisme, comme pour les Français vis-à-vis du colonialisme) et qui concerne d’abord la gestion des conséquences, je sais pertinemment qu’il y a bien 80 à 100 M d’Etats-Uniens, une minorité, restés conscients des valeurs démocratiques et atterrés par l’effondrement financier et moral de leur pays. Vivant au Japon, il m’est donné de rencontrer parfois d’anciens GIs de la guerre du Vietnam, démobilisés voire déserteurs (il y eut, ici, dans les années 60, un mouvement citoyen pour les cacher), et installés dans ce pays où ils finiront sans doute leurs jours : ils sont bien plus durs que moi vis-à-vis de leur pays et de leurs compatriotes !
        – simplement, et pour finir, il faut appeler un chat un chat. Je n’ai aucune sympathie pour les mouvements extrêmes (même si je m’apprête à voter pour un candidat un peu en dehors du cadre : Joly ou Mélenchon) et surtout pas pour le nationalisme imbécile incarné par le FN. S’il faut se coller une étiquette, alors oui, je me réclame du gaullisme… après tout le monde 😉

        …tout cela ne devrait pas déclencher de pareils excès verbaux et j’aimerais bien savoir, Vigneron – si vous êtes encore accessible à la discussion – ce qui se passe en vous quand on se contente de faire la simple recension des crimes états-uniens, car crimes il y a maintenant, depuis des décennies, lourds et nombreux… mais le vague bouddhiste que « je » suis un peu devenu, réalise que ces crimes, hélas pour leurs auteurs et complices, actifs et passifs, trouveront leur rétribution naturelle « dans l’ordre des choses » et qu’elle sera dure, à leur mesure.
        Simplement ne plus y prêter la main et le dire…

      11. « 80 ou 100 millions d’états-uniens, une minorité, restée consciente des valeurs démocratiques…  »
        « Y’ennnn a des bien…ens. Y’ennnn a des bien….ens ! »
        Misère.
        An amerikan impérialist, a Texas Oligarch’s son. Je donne un milliard de barils de ne rime à qu’un européo-tokyoïde contre un couvercle défoncé de baril de Townes Van Zandt américano-texan.
        http://touch.dailymotion.com/#/video/x32rxx
        http://touch.dailymotion.com/#/video/x3dana

      12. @ Vigneron et Nerima-kun

        Baston!

        Alors ce soir, à la foire
        Avec deux trois lascars
        Il ira au baston
        Comme le prolo va au charbon
        Il ira au baston, au baston
        Fil’ra des coups, prendra des gnons
        C’est p’t-être con, mais tout est con !

        Renaud Séchan: Baston, 1980

      13. Faut prendre les petites pilules roses là, Vigneron, parce qu’on comprend plus rien à ce que vous dites… Arkao, la baston, oui… d’aucuns voudraient nous contraindre, sur ce blog ou ailleurs, à rester dans une forme de « dialogue » mésolithique, que vous devez connaître si j’en crois votre camée, mais qui éteint toute lueur de bonne intelligence.

      14. @Nerima-kun

        « parce qu’on comprend plus rien à ce que vous dites… »

        Si si, sans doute pas tous de la même manière. Moi en tout cas j’ai compris qu’une guêpe vous a piqué, qu’elle a été baptisée Savonarole et qu’en anglais ça donne « wasp ». Il est recommandé de se déplacer avec lenteur près d’un nid de guêpes ou de frelons asiatique..

      15. Schizo, je suis sûr que vous pouvez échapper à l’emprise de Vigneron et que vous n’avez pas besoin, à chaque fois, de jouer les rémoras, comme ça ; essayez de penser par vous-même, c’est possible !

      16. Me parle pas de pilules colorées cher yoyotant zazou zen pfizerisé sinon j’te cause de tes pilules d’iode et de tes pilules bleues. T’as surement l’écrasante majorité des blaireaux décervelés qui ne savent que dénoncer l’Empire du Mal ou le Grand Satan dans ton camp. Garde les autour de toi tes blaireaux à barbe ou sans barbe, reste bien au chaud, prends ta petite laine et ne prends pas froid surtout mon petit biquet. Je préfère mes Didier Super, mes Townes Van Zandt à tes recensions de platitudes. Que tu pipes dalle, ou soi-disant, ça m’arrange. Que Schizo pige et se marre c’est normal, il a deux ou trois dimensions de comprenance, de finesse critique d’avance sur toi ou moi, c’est cadeau bonux.
        Te voir qualifier Schizo de « rémora » et lui demander « pensez enfin par vous-même », c’est mon deuxième cadeau bonux, tu fais pas dans la demi-mesure hein ? du Grandiose ou rien.

    2. Cette décision de ne pas activer les CDs est un sacré révélateur du fonctionnement du système, de l’écart entre la façade présentée et la réalité du système.

      Lorsque la façade ne tient plus debout, on accroche un bout de ficelle au premier pilier venu pour essayer de la consolider, tant pis si la ficelle passe au milieu de la salle de bain !!!

      Donc, les CDS sont une assurance, mais c’est l’assureur qui décide si vous avez eu un sinistre et s’il veut bien vous rembourser.

      Et les comptes de l’assureur sont si calamiteux qu’il est obligé de déclarer qu’il ne se passe rien en Grêce, faute de quoi l’ensemble du système financier mondial menace de s’effondrer.

      Déjà, un assurance où l’assureur peut décider de manière arbitraire s’il va vous rembourser n’a pas un grand intérêt. Ici, c’est plus drôle; La seule chose réellement assurée, c’est la faillite du système. Soit les CDS sont activés et ceux qui les ont achetés font faillite, soit ils ne le sont pas et c’est au tour de ceux qui les ont vendus !

      Les uns et les autres se tenant par la barbichette …

      On a mis Madoff en prison pour moins que ça, … quelle injustice !

      1. D’un autre côté, un acheteur de CDS doit quand même bien se douter de la valeur réelle de la chose…Il sait très bien que c’est du maquillage pour triple-A-iser un paquet de m.. en branche et qu’il ne vaut pas plus que les réserves de l’émetteur, et encore uniquement en cas d’événement non-systémique (en cas d’événement systémique le payeur potentiel a disparu).

  4. Est ce que tout cela ne plaide pas en faveur d’une autorisation de la BCE à pouvoir prêter aux états directement ?
    Même si cette mesure ne traite pas du fond, certains ont récemment joué les créatifs pour contourner les traités à un niveau national et faire appel à leurs ressources propres.
    Et dans cet ordre d’idée, ne serait il pas plus facile de parvenir à un accord sur une procédure d’urgence entre états membres de la zone euro afin de contourner les mesures ineptes de ces traités face à cette situation « exceptionnelle » ?

    Également pourquoi accorder 0,25% aux dépôts des banques à la BCE ?
    Pourquoi pas zéro (comme font la plupart des banques avec leur client lambda) ou tout autre seuil qui les forcerait à les replacer sur le marché comme cela est leur rôle?

  5. Je comprend plus rien ,j’ai comme l’impression que si une mauvaise nouvelle est moins forte qu’attendue cela en fait une bonne nouvelle ,un exemple sur boursorama :
    Le marché « applaudit les résultats d’Alcoa, qui marquent le début de la saison des résultats de sociétés »
    Le géant de l’aluminium a enregistré une perte légèrement plus marquée qu’anticipé au quatrième trimestre 2011

    1. Puisque les sigles et acronymes sont de langage courant, et que les méconnaître rend analphabète, il y avait le CTA (Contre Toute Attente), et maintenant le PMA (Plus Marqué qu’Anticipé)… On va lancer un concours !

    2. Les marchés ont été rassurés par l’absence de grosse catastrophe qu’aurait pu annoncer le management comme des perspectives de ventes médiocres,une baisse des prix de l’aluminium….

      De toute façon, mieux vaut ne pas accorder trop d’importance à l’évolution des résultats trimestriels pour juger de l’opportunité d’un investissement en bourse.Pas plus qu’il ne faut s’appesantir sur le (gros) dividende, puisque quand il est payé, le cours baisse du même montant (toute chose restant égale).

  6. Cette décision de l’ISDA, de ne pas activer les CDS, car ils considèrent que la décote est volontaire et négociée, n’est elle pas tout simplement un »missile » de plus pour couler l’euro?

    Car l’euro doit couler ou être faible par rapport au dollar au moment de la création d’une nouvelle monnaie mondiale. Cette nouvelle monnaie sera certainement adossée pour 50% à un panier de matières premières et le reste sur un pannier de monnaies où le dollar souhaite garder une place importante .

    1. L’euro est surévalué pour les pays du sud de la zone euro, qui ont une production industrielle moins sophistiquée que l’Allemagne et donc plus concurrencée par des pays de la zone $.

      Par exemple notre première industrie exportatrice est l’aéronautique qui travaille en $.

      Quand l’Euro a dépassé 1,1$ EADS a cherché à délocaliser une partie de sa production dans la zone $ ainsi qu’au Maroc et en Tunisie.
      Pour analyser l’effet des parités monétaires, il faut analyser l’impact sur les consommateurs (plus l’Euro est fort et plus ils gagnent du pouvoir d’achat
      et celui sur les producteurs : France est Italie se désindustrialisent dès que le € dépasse 1,1$
      Ce n’est pas le cas de l’Allemagne.

      1. Il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre: la France a l’une des toutes premières productivités au monde, et, malgré cela, a une balance commerciale déficitaire (de 80 milliards d’€, si je ne m’abuse). Contre par exemple une balance bénéficiaire de l’ordre de 200 milliards pour l’Allemagne. La monnaie étant la même (jusqu’à nouvel ordre…).

        A son niveau actuel, le niveau de l’euro serait d’ailleurs (trop) haut pour la France, et (plus) « optimisé » pour l’Allemagne. Si ce n’est pas dû à une différence de productivité, la France étant au moins aussi compétitive sur ce plan là que l’Allemagne: à quoi est-ce dû?

        Où est le problème, pour en être là?

        Nota: même si ce sont deux plans différents, le problème de la balance commerciale me paraît autrement plus important que le déficit public…

  7. HORS SUJET

    M.Jorion, M.Lecler,

    je viens vers vous, car de tous les sites que je consulte, vous êtes le plus « pro » et la lecture de vos ouvrages me conforte dans ce sens.
    Depuis 2/3 jours nous voyons apparaitre une info concernant la réelle valeur des billets euro.

    Je sais qu’un billet euro est une reconnaissance de dette de la banque du pays qui l’a émise.
    Par contre, il se dit que la lettre qui précéde les numéros(inscrits sur le billet) permet d’indentifier la banque qui l’a émis et que la lettre x identifierait un billet comme étend émis par la banque centrale allemande.
    Première question : avez vous entendu parler de ça et si oui la lettre x identifie t elle une émission par la banque d’Allemagne.
    Deuxième question : la banque de gréce peut elle faire faillite et donc voir des établissements bancaires refuser des billets émisent par elle?

    Merci pour vos réponses et merci pour la qualité de vos analyses et l’ouverture d’esprit que vous laissez dans les commentaires.

    1. Je ne résiste pas à l’envie de répondre à la place des deux experts sollicités: stockez, thésaurisez les pièces de 2 €, 1€, etc… »made in Deutchland, liquidez les autres, les pièces de 1 et 2 euros grecs, italiens, espagnols…auprès de votre boulangère, la buraliste…
      Pour le reste, wikipedia fonctionne très bien; refourguez donc les biffetons suspects à votre petite nièce pour les étrennes, par exemple…..http://fr.wikipedia.org/wiki/Billets_de_banque_en_euro
      voir les lettres codes d’origine….

      1. Déconne pas Groucho ! Faut garder les 2€ avé de Gôôlle dessus ! Vu la tripotée de gogos-gôôllistes au portillon, ça va grimper le prix du bazar, on pourra les vendre en amulettes, montées en sautoir, le sautoir de Gaulle, multi-usages, jeux, amour, fortune, santé, protection divine…sûr. Et pis quoi, c’est sacré, merde.

      2. Je confirme ! J’avais moi-même une pièce grecque de 2 euros… Je l’ai simplement frottée entre mes doigts : et bien elle s’effrite ! Le côté pile de ma pièce est tombé en poussière !

    2. En décembre j’ai été visiter les marchés de Noël de Munich et Francfort. J’ai récupéré plein de billets Euro-X. Je suis riche!!! (c’était une blague, cette question, n’est ce pas skipper50?)

  8. @skipper
    Meuuu non! Impossible. Les billet émis en Grece valent 100% ceux des allemands.
    Enfin! Sinon Les traités ne seraient qu’un chiffon….
    Si les grecs pouvaient faire de la planche à billet en solitaire, ils n’auraient pas de problèmes, cher skipper!

    1. Ils pourraient imprimer des euros, ils en ont légalement le droit, mais sans autorisation (l’Irlande en a une, limitée) ils se feraient jeter des institutions. C’est une solution s’ils se font éjecter de l’euro, par contre, et là ils n’auraient plus de limite à respecter.
      Mais même s’ils n’avaient pas le droit ils pourraient l’utiliser, il est impossible d’empêcher un pays d’utiliser la monnaie d’un autre (sauf à le conquérir par la force).

  9. Tout cela me lasse de plus en plus et au risque de me répéter, j’ai l’impression que ça ne finira jamais. Sans compter que messieurs les financiers nous inventent sans arrêts des trucs de plus en plus compliqués dont le qualificatif est « tordu ».
    Rien que le fait de dire qu’on’achete de la dette est une ineptie.

    Demain, ils annoncent des vagues chez moi. Je vais surfer, ça me videra la tête et remettra mes idées dans le bon ordre en me redonnant l’ordre des priorités dans ma vie avec la conclusion suivante : « le plaisir n’est pas dans l’argent mais dans la glisse (gratuite avec dame nature). »

    Pour le reste, à quand le grand plongeon dans l’abîme ? A force d’attendre et finalement de l’espérer, j’ai l’impression qu’on va continuer ainsi encore 10 000 ans (quoique…)

  10. Bonjour Messieurs Jorion et Leclerc,

    Voudriez-vous bien expliquer le yo-yo des valeurs banquaires à la bourse qui provoque régulièrement celui des indices boursiers comme le CAC40? Comment peut-il y avoir autant de variation d’un jour à l’autre?

    Concernant l’effondrement du système capitaliste, ne pensez-vous pas que l’on puisse faire un parallèle entre ce qui se passe et les 3 phases du stress chez l’être humain?
    http://schwann.free.fr/coursstress.html
    J’aime beaucoup le passage sur l’effet débilitant…

    Merci votre implication et la générosité de votre action.

      1. Et les dividendes, alors ?

        PS et hors sujet, mais alors vraiment: le brassage du jour sur le quotient familial, montée au créneau des aboyeurs de l’UMP….bref, si les riches font des gosses, c’est pour payer moins d’impôts….et si les pauvres font des gosses, c’est pour toucher les allocs!
        on vit une époque formidable!

      2. comment gagner de l’argent si les cours ne fluctuent pas?
        pour info tout simplement avec des stratégies d’options dites « gamma negatif »…
        je vais pas rentrer dans le detail mais ce sont des stratégies extrémement remuneratrices si les cours ne bougent pas, en pariant contre d’autres qui pensent que les cours vont bouger…

        merci les options, ensemble tout devient possible (mouarfff…)

      3. Sur les marchés action, le court terme c’est la nanoseconde, le moyen terme la minute, et le long terme le fixing de clôture.

        Si la séance de bourse était un centimètre, le dividende serait à plusieurs années lumières.

        Mais je sens que je prêche un convaincu 😉

  11. « …nouveau plan de sauvetage de la Grèce. » : vous mettez « plan de sauvetage » en italique et vous avez raison. Mais ne faudrait-il pas aller plus loin et dire « coup sur la tête » au lieu de « plan de sauvetage » ? N’y verront-on pas plus clair si, chaque fois que l’occasion s’en présente, on disait « nouveau coup sur la tête de la Grèce » au lieu de « nouveau plan de sauvetage de la Grèce ?

  12. La logique économique dans laquelle les pays européens sont enfermés rend forte – si ce n’est inévitable – la probabilité de nouveaux défauts, tandis que leur sauvetage devient de plus en plus hors de portée financière

    Drôle de façon de transformer un point de vue personnel en vérité « inévitable » pour tenter de démontrer que le système actuel ne pourra plus fonctionner. Et pourtant je déteste le système actuel et j’espère un changement profond.
    Je ne suis pas d’accord du tout avec cette remarque de défaut global inévitable, en tout cas spécifique à la zone euro. Il y a très largement suffisamment de capitaux en circulation et d’épargne disponible pour refinancer les dettes et déficits publics et privés de la zone euro et bien plus encore.
    Il ne s’agit que d’un déficit de confiance et non pas d’un déficit de capitaux disponibles. Et ce déficit de confiance peut très bien ne durer qu’un temps pour peu que la BCE rassure sur ses intentions tout au long de l’année 2012, que l’intégration européenne avance à un rythme aussi soutenue qu’en ce moment et que les peuples continuent à accepter comme des moutons qu’on les tonde toujours plus court.
    Il arrivera bien un seuil de production réelle en deçà duquel on ne descendra pas, surtout si entre temps les US grâce à la surproduction de $ et les émergents grâce à la croissance de leur production intérieure, tirent la croissance mondiale, permettant ainsi à l’Europe de limiter la part de sa dépense publique dans sa production sans pour autant rentrer en dépression, au moins en moyenne puisque de toutes les façons, certains pays comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal voir l’Espagne, n’y échapperont pas.
    Penser que le système est mort en prennant ses désirs pour la réalité me semble être une terrible erreur d’appréciation.

    1. Je n’ai jamais évoqué un déficit de capitaux, mais bien ce que vous appelez un déficit de confiance. D’où provient celui-ci si ce n’est de l’augmentation du risque, pour parler clair ?

      Il faut refinancer en 2012 un mur de dettes, privées ou publiques, tout le problème est là. Les investisseurs en sont à accepter des taux négatifs sur les bunds, les banques à confier leurs liquidités à la BCE, alors…

      Le pari d’une machine réembrayant ne s’est toujours pas concrétisé, pourquoi ?

      1. D’où provient celui-ci si ce n’est de l’augmentation du risque, pour parler clair ?

        Non et renon, ce n’est pas une augmentation du risque, mais une augmentation du sentiment du risque, et ce n’est pas du tout pareil. Comme la réalité et le sentiment de la réalité. La zone euro n’est pas « réellement » plus risquée que la zone dollar ou la zone livre, peut être même au contraire. Les capitaux sont là, près à être investis et si le sentiment du risque diminue, les taux vont s’effondrer aussi rapidement qu’ils sont montés.
        Ce qui explique les taux d’intérêts négatifs (et ne parlons même pas des taux d’intérêts réels, qui deviennent eux très très trés négatifs), les dépôts à la BCE et tout le reste.

        Il faut refinancer en 2012 un mur de dettes, privées ou publiques, tout le problème est là.

        Ce mur de dette ne fera pas le poids face à la montagne de capitaux disponibles si le sentiment de confiance revient.

        Le pari d’une machine réembrayant ne s’est toujours pas concrétisé,

        La vision que l’on a de la machine ne doit pas être une vision axée sur que sur l’Europe. La machine est mondiale. La machine en Asie a réembrayé il y a un bon moment, la machine émergente n’en parlons pas, la machine aux US a l’air de vouloir repartir au moins sur ce premier semestre 2012.
        Le pire est loin d’être certain.

        PS : j’espère que les choses ne vont pas se calmer, bien au contraire.

      2. Pourquoi vouloir prédire le pire, puisqu’il suffit de décrypter le présent ? Le débat n’oppose pas les tenants de l’apocalypse et les adorateurs des happy ends.

        Le sentiment de confiance auquel vous donnez tant d’importance est une pauvre créature métaphysique, une pythie qui disparait ou apparaît suivant les circonstances, sans que l’on sache jamais ni quand ni pourquoi.

        Vous êtes dans le registre de l’invocation.

      3. Anarchie,

        Non et renon, ce n’est pas une augmentation du risque, mais une augmentation du sentiment du risque, et ce n’est pas du tout pareil. Comme la réalité et le sentiment de la réalité. La zone euro n’est pas « réellement » plus risquée que la zone dollar ou la zone livre, peut être même au contraire. L

        J’vous rassure tout d’suite, vous avez raison. Il n’y a plus de risque. Tant qu’il y a de la vie y’a du risque. Quand on est mort, plus de risque – hors l’enfer pour les saints peut-être… Le système financier mondial est mort, comme un vieux cèdre foudroyé, toujours debout mais sec, avec la vermine qui le boulotte, la pourriture qu’en fait de l’amadou et des peuples qui le haubanent et l’étayent pour que tchi. Le premier marc
        à tomber sera la bancassurance européenne, parce que la plus fragile, le reste en suivant. C’est comme ça. Sortez vous de dessous.
        Vous ne voyez pas que tout ce que les banques européennes font depuis bientôt 5 ans augmente toujours leur risque, que tout ce qu’elles ne font pas augmente aussi leur risque, que tout ce qu’elles prêtent augmente leurs risques, que tout ce qu’elles empruntent augmente leurs risques, que toute entité qui les touche augmente ses propres risques, que tout ce qu’elles contiennent augmente leurs risques, que tout ce qu’elles lâchent augmente leurs risques, que toute entité qui les « contient » augmente ses risques,.. ?
        Et parce que ça durerait depuis cinq ans il n’y aurait peut-être plus de risque ? Vous le voyez reverdir le cèdre sec ? C’est long à tomber un cèdre sec.

      4. Ou quand celui qui nous explique avec talent depuis plus de 2 ans que le chaos est inévitable, me dise que je suis dans le registre de l’invocation…. faut quand même oser !

        Vigneron : of course yes. But, rien de tout ça ne me semble proprement spécifique à la zone euro. Le monde capitaliste n’est qu’un grand risque, qu’un grand pari, qu’une grande reconnaissance de dette et depuis bien plus de 5 ans.

      5. n’y a t-il pas d’autres solutions que relancer un système qui broie les hommes, pollue la planète, la pille et ne laissera au final que des ruines après l’affrontement pour ce qui restera de matières premières et de ressources naturelles qui ne vont césser de rétressir alors que le nombre des consommateurs explose ?

      6. Anarchie, je suis bien d’accord avec vous.
        Ce blog suit de très près, en la détaillant de manière experte, une actualité qui condamne, avec toutes sortes de raisons objectives, le système financier européen ; mais enfin, ce n’est pas le seul à être pourri ! …et si le cèdre européen est sec et mort, que dire du sequoïa états-unien entièrement vidé de substance et de subsistance ! …à trop suivre une actualité, que j’estime – comme tant d’autres – passablement manipulée par les media anglo-saxons, on perd la vue d’ensemble et l’on ne voit même plus l’épicentre odieux de la crise : les USA et leur logiciel financier et culturel failli.
        Et cette myopie finirait même par exonérer le fauteur de crises mondiales, en tout cas, à ne plus pouvoir repérer et prédire avec acuité ses prochains clashs : nouveau psychodrame sur le relèvement du plafond de la dette (aux montants déjà cosmiques) ; aggravation de l’ingouvernabilité de ce pays à l’occasion des primaires et des présidentielles ; retour tangible de la menace d’agression sur l’Iran, comme supposée diversion qui – pour le coup – déclenchera l’effondrement du système financier et économique mondial vermoulu :
        cf. Ralph Nader : http://www.commondreams.org/view/2012/01/11-9
        cf. Zéro Hedge : http://www.zerohedge.com/news/guest-post-iran-oh-no-not-again
        cf. Philip Giraldi et le désastreux scénario d’un engagement de cow-boy dingue contre l’Iran : http://original.antiwar.com/giraldi/2012/01/11/what-war-with-iran-might-look-like/

      7. @ Anarchie. 10 janvier 2012 à 20:31

        Non et renon, ce n’est pas une augmentation du risque, mais une augmentation du sentiment du risque, et ce n’est pas du tout pareil.

        N’oublions pas néanmoins que nous vivons sur une planète terre, dans un espace fini et que nous avons besoin en sus d’eau potable et d’air respirable, d’une matière essentielle à la vie : l’énergie.

        N’oublions pas que l’humanité a vu ses effectifs passer d’à peine 1 milliard à plus de 7 milliards d’individus en seulement 2 siècles, essentiellement grâce au surcroît d’énergie qui a pu être pris principalement, dans des stocks d’énergies fossiles non renouvelables que la nature avait élaborés et mis en réserve au cours de millions d’années.

        N’oublions pas qu’il y a, pour l’humanité et pour les pays les moins pourvus en réserves d’énergie fossiles au regard de leurs consommations, un sérieux risque de décrochage de la croissance de leur production industrielle et donc de leur capacité à rembourser leurs dettes, tel que le montre le rapport Meadows/MIT du début des années 70 établi au profit du Club de Rome
        http://storage.canalblog.com/52/19/338284/34742826.pdf

        En conséquence, si vous pensez que ce risque bien identifié n’existe pas, ce serait très utile d’en apporter la preuve ou, si vous n’êtes pas en mesure de le démontrer vous-même, ce serait bien de fournir les liens sur lesquels vous vous appuyez, pour rassurer ceux qui, comme moi et les prêteurs, ont besoin d’être confiants sur les capacités de l’Europe à rembourser ses dettes.

  13. Il arrivera bien un seuil de production réelle en deçà duquel on ne descendra pas, surtout si entre temps les US grâce à la surproduction de $ et les émergents grâce à la croissance de leur production intérieure, tirent la croissance mondiale, permettant ainsi à l’Europe de limiter la part de sa dépense publique dans sa production sans pour autant rentrer en dépression, au moins en moyenne puisque de toutes les façons, certains pays comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal voir l’Espagne, n’y échapperont pas.

    Raisonnement totalement incompréhensible: si vous êtes en surproduction, comment voulez vous écouler votre camelote sans vous coller?

    Vous faites de la marge où?

    1. quel curieuse façon de dire les choses : écouler la camelote . comme si on se débarrassait de quelque chose , on laisse couler les flux, et ramasse le courant inverse .

  14. Je me demande bien qui sont les établissement émétteurs de CDS sur les dettes souveraines du globe, sur quels pays et pour quels montants ?

    J’ose à peine me poser la question de savoir si les détenteurs de CDS possèdent en portefeuille le sous-jascent…

    L’opacité est en soit une réponse qui n’est pas de nature à me rassurer : probablement des établissements systémiques vendeurs de CDS à des fonds spécualitifs.

  15.  » Ce n’est pas une augmentation du risque, mais une augmentation du sentiment du risque.  »

    Jean-François Copé, sors de ce corps !

    1. Marche aussi avec Claude Guéant :
      « c’est une augmentation des expulsions, ce n’est pas un sentiment d’augmentation des expulsions »
      (ah ben non, tiens, quesqysepasse, ça fonctionnait pourtant bien tout à l’heure … ?)

      1. Et le blog de Paul Jorion, ce n’est pas une justesse de l’analyse, c’est un sentiment de justesse de l’analyse.
        🙂

  16. L’austérité comme unique horizon ne peut pas être l’unique proposition faite aux peuples. Ce dernier peut accepter du sang et des larmes s’il obtient l’assurance ou l’espoir de jours meilleurs. Or les propositions faites par les néo-libéraux ne consistent qu’à voir les plans d’austérité se succéder les uns après les autres. Le peuple ne supportera pas de voir tous ses avantages sociaux se réduire en fumée.
    Dévaluer l’euro (ou une autre monnaie si l’on en sort) apparait comme une solution si cela se combine à un contrôle des capitaux. L’histoire nous montre que l’efficacité de ces politiques dans les années 30. Vous trouverez une étude à ce sujet sur le lien suivant: http://lespoir.jimdo.com/2011/12/03/la-d%C3%A9valuation-ou-le-chaos/
    Amicalement

    1. Intéressant.. vraiment.
      Notamment l’article sur le « Général social ». Une des pièces du puzzle que je cherchais depuis longtemps..

  17. L’Allemagne réalise le tour de force de se faire prêter de l’argent avec un taux d’intérêt négatif, c’est dire l’inquiétude des investisseurs.
    La Grèce s’enfonce rapidement et on parle de lui couper les vivres. L’Irlande et le Portugal suivent à leur rythme, sans espoir de revoir le jour avant au moins deux ans. L’Espagne et l’Italie se raccrochent du bout des ongles, mais on sait bien ce qui va se passer.
    La France attend, paralysée entre impuissance et élections, la prochaine dégradation de sa cote qui fera imploser le FESF et le MES, les plans de sauvetages de l’euro.

    Et il ne se passe rien, sauf sur ce blog, du moins en surface. Plus personne ne sait quoi faire, à part se rencontrer de façon informelle pour bavarder, les rencontres au sommets n’ayant rien donné.
    On attend comme si de rien n’était. C’est le calme avant la tempête.
    AA+ 😉

  18. Preter à un taux d’intéret négatif. Il y a quelque chose que je ne comprend pas. Je ne suis pas un pro de la finance, bien au contraire mais un taux d’intéret négatif ne reviendrait-il pas à ce que le créancier donne de l’argent au débiteur pour que celui-ci lui emprunte? Donc au final à donner de l’argent pour que le débiteur en fasse l’usage?
    C’est un cadeau ca c’est comme si je prétais à un amis 100euros à taux -1% donc je lui donne 110 et il ne m’en doit que 100 j’ai donc peut etre prête de l’argent mais j’ai payé pour qu’il m’emprunte quel est l’avantage pour celui dont proviennent le fonds si il y perd?

  19. Le Monde du 10/1 « La course contre la montre des banques pour se recapitaliser »
    En Europe, elles doivent trouver 115 milliards d’euros d’ici le 30 juin.

    http://abonnes.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/09/la-course-contre-la-montre-des-banques-pour-se-recapitaliser_1627441_1581613.html
    Extraits
    « Elles doivent trouver 115 milliards d’euros de capitaux nouveaux avant le 30 juin, soit en puisant dans leurs bénéfices, soit auprès des investisseurs sur les marchés financiers ! En cas d’échec, les fonds publics seraient mis à contribution. »
    « Un effort inédit – Vendredi 6 janvier, l’augmentation de capital de la première banque italienne, Unicredit de 7,5 milliards d’euros, à des conditions bradées (- 43 % de décote), dans un marché tétanisé par le risque, a donné un signal préoccupant. »

    « Les banques constituent l’un des grands risques d’une année 2012 particulièrement redoutée, à multiples inconnues, estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Les cartes seront rebattues, le poids des anciens actionnaires dans le capital des banques va se retrouver dilué. »
    « On a appliqué la notion de valeur de marché au capital réglementaire, c’est un non-sens, dit-il. En pleine crise, le remède sera pire que le mal. » M. Véron prédit un credit crunch (crise du crédit) majeur. « Le bilan de cette recapitalisation sera négatif, les banques n’avaient pas toutes besoin d’être recapitalisées en urgence. Or elles n’ont d’autre choix que de vendre ces actifs ou de bloquer le crédit. »

    Article associé :
    La Grèce veut effacer plus de la moitié de son endettement privé
    http://abonnes.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/01/09/la-grece-veut-effacer-plus-de-la-moitie-de-son-endettement-prive_1627442_1581613.html

      1. Désolé, je ne me suis rendu compte de la mention « abonnes » dans le lien au dernier moment.
        Et pourtant, de mémoire, je ne m’étais pas identifié comme abonné.
        Je viens de tester le lien sans « abonnes », résultat : je me retrouve effectivement dans l’édition abonnés, toujours sans identification préalable.
        Conclusion, le lien est utile pour les abonnés, hélas les non abonnés doivent se contenter des extraits, dommage.

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