L'actualité de la crise : L'EUROPE COMME REPOUSSOIR, par François Leclerc

Billet invité

Pas à pas, les représentants français cèdent du terrain à Bruxelles et les Allemands enfoncent le clou. Après avoir lâché du lest à propos du mécanisme faisant du FESF une banque afin qu’il puisse se financer auprès de la BCE, ils ont dû concéder un mandat de négociation avec les banques d’une décote de la dette grecque bien supérieure à leurs souhaits, devant les conclusions du rapport de la Troïka. Mais attendons la suite…

Aux Etats-Unis, le coup d’après se précise. La Fed se dirige vers de nouvelles injections monétaires massives, n’ayant pas d’autres ressources pour faire face au danger de la récession.

En Europe, un volet politique se prépare. Son nouveau décor a déjà été dressé, devant lequel tous les dirigeants européens se préparent à venir saluer pour se faire applaudir. Sous leur impulsion, l’Europe va selon eux accomplir un nouveau grand pas en avant, pour lequel les mots ne manquent pas pour écrire les futurs discours : convergence, intégration, coordination, gouvernance…

De quoi s’agit-il ? De préparer une nouvelle révision des Traités européens et d’enlever le morceau auprès de l’opinion publique en s’appuyant sur une dramatisation qui n’a pas besoin d’être exagérément forcée dans le contexte actuel. De courageusement faire front devant la montée du populisme et d’instituer un fédéralisme budgétaire qui ne dira pas son nom, avec pour mission de gérer l’austérité permanente promise.

De prétendre retrouver une cohésion économique à l’ensemble européen en réformant la législation du travail et en réduisant l’action de ce que l’on appelle l’Etat providence. De substituer à une logique de cohésion appuyée sur la distribution de fonds communautaires la règle du chacun pour soi. D’y opposer, reproduite à l’échelle européenne, une politique identique à celle qui est par exemple défendue en Italie par ceux qui opposent la riche Padanie du Nord au Mezzogiorno assisté du Sud. Obéissant à une logique qui fait florès, les riches se regroupent et abandonnent les pauvres à leur triste sort.

Si une illustration de ce nouvel élan devait être sans plus attendre trouvée, il suffirait de se référer aux discussions en cours à propos du programme d’aide aux démunis (PEAD), grâce auquel les associations caritatives européennes bénéficient de 500 millions d’aide annuelle alimentaire, qui permettent de nourrir 18 millions d’Européens. Un groupe de pays emmené par l’Allemagne s’oppose à sa reconduction, ce qui aurait pour effet de diminuer ces crédits de 80%, pour une raison de principe : l’action sociale n’est pas dans les prérogatives communautaires et reste sous la responsabilité des Etats.

Les nouveaux transferts de souveraineté qui se préparent, et que le projet de traité du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) annonce crûment, seront donc limités à l’essentiel : l’Europe ne sera pas sociale, ce n’est pas de saison.

Gagnera-t-elle en démocratie ? Cela n’en prend pas le chemin lorsqu’on lit ce projet et que l’on entend les odes à la gouvernance économique ainsi que la description des dispositifs sur lesquelles elle devrait s’appuyer. Dans la droite ligne de ce qui est institué dans le cours de cette crise, où la banque centrale indépendante (c’est-à-dire sans aucun contrôle démocratique) joue un rôle déterminant. Modèle dont on voudrait s’inspirer pour gérer les nouvelles prérogatives fiscales communautaires. Dans les faits, le Bundestag allemand est le seul à aujourd’hui s’opposer à cette logique, mais c’est pour imposer à la Chancelière un mandat précis avant de signer de nouveaux engagements financiers.

La nouvelle Europe qui nous est vendue est toute aussi bancale et incomplète que l’actuelle. Etant donné sa configuration, elle sera un repoussoir. L’Union monétaire n’avait pas de sens si elle n’était pas accompagnée d’une union fiscale, nous est-il expliqué. Mais quel sens va avoir celle qui se dessine, si des règles budgétaires de fer sont décidées et ne reposent pas sur une mutualisation de l’effort exigé, tant entre pays qu’au sein de la société, à la faveur d’une redistribution de la richesse ? Sans péréquation et solidarités, sans dimension sociale, sans politique économique reposant sur l’adoption de nouvelles priorités et une autre conception de la croissance, cette Europe-là s’annonce particulièrement rétrograde et réactionnaire.

Les bienfaits du capitalisme financier n’étant plus disponibles pour tous, comme jusqu’à maintenant prétendu, ils vont désormais être réservés à ceux qui le méritent, ou plutôt qui en héritent. Aux accidents de parcours près.

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81 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L'EUROPE COMME REPOUSSOIR, par François Leclerc »

    1. En fait le vrai ennemi du peuple ce sont les insitutions européennes, dont tous les membres sans exception SE GAVENT A NOS DEPEND.

    1. C’est terrible pour un gouvernement de supprimer quelque chose de si peu couteux qui est immédiatement redistribuer dans la société et qui permet de diviser les citoyens à son avantage.

  1. Et oui !

    le MES est dite depuis longtemps.

    Il suffisait que le levier de la « crise due à des trucs très très compliqués » fasse suffisamment frémir dans les chaumières, pour l’imposer.
    Nous ne croyons pas à ces balivernes qui lui servent la soupe ?
    peu importe, ce qui est écrit dans les journaux servira pour confectionner les prochains livres d’histoire.

    Amen !

  2. c’est bien inquiétant tout cela! l’eurodictature est en marche!
    Que faire? faire sécession (la Grèce en premier) et émettre une monnaie nationale + moratoire de deux ans + redémarrage économique, bref, faire comme on a toujours fait et comme on sait faire et comme a fait avec succès l’Argentine etc…

    1. Il faut se méfier des analogies; l’Argentine n’est pas la Grèce, le contexte aussi est différent.

      Seul point commun: il faut être circonspect à l’egard du FMI, à l’exclure même de toute intervention qui dépasse le stricte nécessaire.

      1. ok, mais il reste vrai qu’un surendetté est soulagé quand la dette ne peut plus grossir du fait que la faillite est actée. C’est pourquoi une amélioration de la situation grecque au quotidien sera certaine dès que le défaut sera acté!

  3. le sinistre sauve qui peut va bientot retentir au plus fort de leur profonde ivresse.Il est plus que temps de redécouvrir le livre « l’humanisphère « de joseph Dejacque inventeur du mot libertaire, qui clamait « rat de cale « ,je prépare leur naufrage;ce naufrage peut seul mettre fin à mes maux comme aux maux de mes semblables.Vienne la révolution,les souffreteux n’ont ils pas,pour biscuits ,des idées en réserve,et pour planche de salut…..le socialisme etc

  4. mouais, ça promet; va falloir leur répéter qu’il n’y a pas d’impôts sans représentation.

    Bref si ils mettent en place un quelconque système chargé de gérer le fruit de nos impôts et ou il n’y a aucune représentation du peuple je ne suis pas sur que cela sois bien constitutionnelle.

  5. Savez-vous déjà si le referendum sera exclu ? Vu ce que vous nous annoncez, on peut supposer que les peuples n’auront pas leur mot à dire. Si c’est le cas, il est urgent d’envisager une riposte.

    1. NS n’organisera certainement pas un référendum. Mais FH le ferait-il? En 2005, il en avait réclamé un mais, vu les résultats du oui pour lequel il avait pris position, il serait étonnant qu’il souhaite à nouveau un référendum.

  6. Vous écrivez:
    « Sans péréquation et solidarités, sans dimension sociale, sans politique économique reposant sur l’adoption de nouvelles priorités et une autre conception de la croissance, cette Europe-là s’annonce particulièrement rétrograde et réactionnaire. »
    J’applaudis des deux mains: j’ai toujours soutenu que la lutte contre contre la pauvreté et les grandes inégalités en cours aujourdhui en Europe,devait être la priorité des priorités.
    J’ajoute aujourdhui:une autre conception de la croissance

  7. En 2008, Emmanuel Todd publiait un livre au titre fracassant: Après la démocratie. Comment imaginer une chose pareille ? Trois ans plus tard, nous y sommes.

    1. Ambiance démocratique:

      « Nicolas Sarkozy a répété partout une anecdote vacharde sur Angela Merkel pendant leurs déjeuners communs: « Elle dit qu’elle est au régime…et se ressert de fromage » »

      AAA, il cherche à faire rire avec du fromage de vache.

      Et alors, si c’est du camembert ou de l’époisses, ça fait tourner l’agro française, c’est aussi un hommage au pays des fromages, en tous genres d’ailleurs, pas de quoi en faire un fromage. Tout ça sent mauvais pour l’avenir.

      Les grecs devront substituer la féta au steak et les allemnands le Allgäuer Bergkäse au Schnitzel.

      « Ils se parlent mais ne se comprennent pas. Ils chuchottent. Mais les chuchottements entre deux sourds n’ont jamais donné de résultat »

      http://elysee.blog.lemonde.fr/2011/10/22/les-europeens-entre-eux-a-propos-de-sarkozy-tu-me-dis-les-mechancetes-quil-a-dites-sur-moi-ou-cest-moi-qui-commence/#xtor=RSS-3208

    2. Vous savez, la démocratie n’a jamais été qu’un idéal jamais vraiment atteint, car les élites se sont toujours méfiées du Peuple, qu’elles assimilent facilement à la populace.
      Ce que l’on peut dire c’est qu’il y a eu des périodes historiques où il semblait que l’on se rapprochait de cet idéal, et d’autres comme maintenant où on s’en éloigne…

  8. Vive les frigo vides !
    Après le blablabla

    Ils ne savent pas faire autre chose que ce qu’ils savent faire. Ce qui paraît logique, et puis nous sommes beaucoup trop nombreux. Le pire c’est que nous sommes nombreux, mais muets, sourds et amorphes.

    Le boumboumboum !!!

  9. Dire qu’il y en a qui surveillent avec anxiété le retour du petit brun à moustaches qui menacera la démocratie en Europe. Je crois, qu’il est déjà là mais, pas sous la forme qu’on attendait.

    1. En effet. Bientôt ils vont essayer de nous faire passer la pilule en nous disant qu’il faut un système comme ça pour lutter contre la crise..

  10. Euro+Europe version actuelle,c’est la dictature..j’ai d’ailleurs de gros doutes sur la ‘spontanéité’ de la crise de la dette.Quel merveilleux prétexte à la TINA non?Comme disait Paul,ce n’est pas vraiment un complot mais c’était le but recherché depuis le début.DSK ne s’en était pas caché et avait même naivement reconnu:on y arrivera pas sans crise majeure’ car…les peuples n’en veulent pas.De Villepin avait dit à peu près la même chose d’ou la sortie de son revenu citoyen à 850 euros,qu’il voyait comme une compensation sociale pour faire avaler la couleuvre au peuple.
    Comment voulez vous expliquer au peuple abreuvé de TF1 et de magazines people les enjeux du MES.La est tout le problème.Pire il y a très peu de partis qui sont contre à part les extrêmes G et D.
    Je suppose que certains pays sont obligés de faire un référendum et je vois mal ce machin passer en Irlande par exemple.Mais bon en EURSS quand on perd un référendum on refait voter jusqu’à obtenir le résultat souhaité(remember l’Irlande justement).
    La rigueur à perpette de toute façon ça ne marchera pas longtemps.Espérons que tout le système s’écroule finalement c’est un moindre mal,ensuite on pourra reconstruire sur des bases nouvelles et démocratiques.

    http://blogs.rue89.com/sylvain-gouz/2011/10/20/le-mes-de-sarkozy-et-merkel-un-moloch-techno-europeen-225489

  11. N’acceptons plus qu’on nous raconte n’importe quoi, n’importe comment.

    On nous présente de malheureuses banques obligées de faire « hara-kiri » (enfin ici qui ne rit pas) pour 50% de leurs créances.
    Il serait sans doute judicieux d’expliquer au bon peuple (qui a dans la tête une réduction -par exemple- de 50% de ses rémunérations) ce que cela peut vraiment signifier….

    Pour un banquier, la créance, c’est capital ET intérêts (il convient de se rappeler que des misérables banquiers ont prêté à la Grêce à des taux d’usuriers allant quasi jusqu’à 25%, l’an).

    Dans ces conditions une réduction de 50% de la créance cela veut donc signifier faire l’impasse sur tout ou partie… des intérêts !

    C’est pas très grave (sauf pour l’exemple, le précédent), mais ces salauds de financiers on l’habitude de hurler à la mort avant même d’avoir eu mal.

    Quand à nos politiques, ils appliquent (à la lettre) les trois maximes qui résument leur activité :

    Phase 1 : Il est urgent d’attendre (encommissionnement)
    Phase 2 : Là Nicolas S., « champion des points G » excelle :
    Ces mystères nous dépassent feignons d’en être l’organisateur.
    Phase 3 : Courage, fuyons !

    1. « C’est pas très grave (sauf pour l’exemple, le précédent), mais ces salauds de financiers on l’habitude de hurler à la mort avant même d’avoir eu mal. »

      Il est vrai que ce n’est pas très grave pour certains d’entre-eux….

      C’est un des rares secteurs d’activité ou plus on est incompétent, plus on gagne…

      Mais de quelle pathologie souffre donc cette caste ?

      http://www.news-banques.com/etude-alphavalue-sur-les-remunerations-des-dirigeants-et-administrateurs-dans-les-banques-europeennes/012189242/

  12. Avant de vouloir donner des leçons, la France, ses « experts » et ses « critiques » devraient déjà balayer devant leur porte.
    Avec un déficit primaire de 4.9% de son PIB , notre beau pays vit totalement au dessus de ses moyens.
    On nous casse les C en permanence avec les agences de notation, les investisseurs étrangers, les marchés… mais ce n’est pas que ça le sujet.
    Imaginons que la dette publique Française n’existe plus, qu’elle disparaisse d’un coup de baguette magique, comme les créanciers internationaux d’ailleurs, qui disparaissent eux aussi, et que donc l’état ne puisse, comme une entreprise, ne compter que sur ses recettes pour payer ses dépenses, à savoir ses fonctionnaires, les prestations sociales, les retraites… et bien entendu sans s’endetter puisque la dette n’existe plus !
    Et bien tout s’arrête car ça ne fonctionnerait pas, il nous manquerait : 90 milliards d’euro, rien que ça !!!
    La moindre des choses, avant de l’ouvrir, serait déjà de faire le ménage chez soi.

    1. @Pop

      Vous pensez que l’Allemagne a vraiment des leçons à donner de son côté ? Le sujet, c’est bien ce système et ses dérives désormais incontrôlables, que ça vous plaise ou non. La dette est d’ailleurs assez largement le produit de la libéralisation de la finance…

    2. Plus de dette donc plus de banques.Tout est basé sur la dette,donc retomber au niveau zéro dette cela n’arrange aucune des parties.

    3. D’accord sur le déficit primaire , mais ces presque 5% pourrait facilement être compensés par une augmentation des recettes….(niches fiscales et bouclier supprimé, impôts réellement payé par les « cac 40  » etc…et taxation des revenu du capital comme ceux du travail )

    4. Combien ça fait « optimisation fiscale » + « évasion fiscale » + « fraude fiscales » + « Niches fiscales » ?
      C’est probablement très supérieur à 90 Milliards d’€.
      En 40 ans le PIB de la France a été multiplié par 4:
      http://www.les-crises.fr/historique-pib-france/
      Manifestement les 90 milliards d’€ manquants ne sont pas perdus pour tout le monde!

    5. Faire le ménage chez soi pour un état c’est, en priorité, arrêter de payer des intérêts à des banques privées.

    6. Non vraiment, pop est prêt à parler de tout sauf de l’essentiel : mais où est donc partie la richesse de l’occident ? Rèponse qui fâche pop : au paradis. Et ce n’est que le début, cette richesse risque fort, avec la crise financière, de revenir nous assaillir sous forme de nouvelles féodalité : la propriété pour les uns, les corvées pour les autres…
      Bienvenue dans la modernité sauce américaine

    7. il nous manquerait : 90 milliards d’euro

      tiens à comparer aux 80 milliards que nous coutent, chaque année, les baisses d’impôts aux riches et aux entreprises décidé depuis 10 ans par la gauche comme par la droite …………………

      pour rappel : toute cette vermine libérale qui sévit depuis les années 1980 est né de la rencontre de milliardaires US et d’une poignée d’économistes à la fin des années 30 : leur point commun ?
      ils jugeaient que Roosvelt était un bolchevik avec sa tranche d’impôt à 90% oui oui à 90%

      la vermine, un seul moyen de s’en débarrasser

    8. @ Pop
      Pas de problème, on rapatrie les 100milliards d’euros annuels de profit que les entreprises du CAC40 dissimulent dans les paradis fiscaux et on taxe un peu plus sérieusement les patrimoines et les successions (cf. les études de Pinçon et Pinçon Charlot : les grandes fortunes en France )

    9. Cher pop,

      Votre raisonnement pourrait sembler correct de prime abord…si la France était un ménage, une famille. Mais, voilà, votre raisonnement oublie toute une série de mécanismes, oublie comment est supposé fonctionner un état, et ces oublis le rendent complètement faux…sans compter vous classe immédiatement dans les voix de l’ultra-libéralisme le plus pur. Vous pourriez être l’un des éditorialistes de « Valeurs Actuelles »…

      Mais trêve de plaisanteries. Puisque vous semblez ignorer comment fonctionne un état, il peut-être utile de rappeler quelques éléments :

      un état fournit des services à sa population, à ses citoyens. Ces services sont universels, à savoir qu’ils ne sont pas réservés à ceux qui peuvent se les payer, ils sont mis à la disposition de toutes et tous, que cela soit rentable ou non (par exemple, délivrer du courrier dans un village d’une petite vallée non touristique perdue au fond du massif central, ou lui fournir l’électricité, ou l’eau courante, etc). Ce sont les services publics, attaqués de toute part par les lobbies privés, par la Commission Européenne, qui est leur marionnette, les fumeux accords commerciaux transatlantiques et autres directives de libre concurrence – poudre aux yeux pour gogos qui gobent n’importe quoi.

      – pour fournir ces services publics à la population, l’état emploie des gens, utilise des bâtiments et des moyens. Pour ce faire, il lui faut des recettes.

      – Les recettes d’un état viennent de l’impôt. L’impôt peut être direct, ou indirect. Dans nos pays, l’impôt direct sur les personnes est un impôt progressif par tranche, qui permet que ceux qui ont le plus de moyens contribuent plus à la communauté. L’impôt indirect, lui, inclut sous ses formes les plus connues la TVA et les Accises (essence, diesel) : il s’agit bien entendu de l’impôt le plus injuste qui soit, puisqu’il s’agit d’un montant forfaitaire à payer,pourcentage du prix de l’élément que l’on achète, et que ce montant est identique que l’on soit au RSA ou alors que l’on s’appelle Vincent Bolloré ou Liliane Bettencourt. Il est d’ailleurs très amusant de remarquer que l’une des grandes différences entre des programmes de gauche et des programmes de droite est que, sur le chapitre des impôts les programmes de gauche tendent vers le rajout de tranches supérieures dans l’impôt sur le revenu ou de faire tomber les déductions bonus sur l’impôt des sociétés, tandis que la droite, elle, préfère évidemment dire qu’il faut baisser l’impôt sur les sociétés, surtout ne pas faire de tranche supérieure et plutôt passer par des taxes sur les denrées, des augmentations de TVA, etc.

      – parmi les services que l’état rend, il y a ce qu’on appelle les services régaliens : la sécurité, la justice et la défense en font partie. Cela, la droite ne veut pas le démanteler. Ces services sont, après tout indispensables pour maintenir l’ordre…enfin, pudiquement, on dit, « défendre le territoire » au lieu de « briser les grèves et les révoltes sociales ».

      – je n’ai pas encore parlé des soins de santé, allocations de chômage et de pension. Ces derniers éléments sont financés par la sécurité sociale. Les recettes de cette sécurité sociale proviennent de cotisations sur le travail. Pour ne pas dire des bêtises, je reviens sur la Belgique (je pense qu’en France ce doit être fort pareil, mais bon). En Belgique, donc, le salaire d’un individu est composé de la manière suivante :

      Salaire plein = Salaire brut + cotisation sociale dite (abusivement) « patronale »
      Salaire brut = Salaire net + prélèvement impôt personne physique (à la source) + cotisation sociale dite (et c’est trompeur, cf. plus haut) « part travailleur ».

      Cette découpe date de la fin de la seconde guerre mondiale, et des accord trouvés à l’époque entre patronat, syndicats et gouvernements pour retrouver la paix et pouvoir reconstruire le pays. Le « Salaire plein » est le salaire de l’individu. Les deux cotisations – « patronale » et « part travailleur »‘ – en font intégralement partie. Ce n’est donc absolument pas le « pauvre patron » qui doit sortir de sa poche des cotisations. Il ne fait que payer le salaire de l’individu. Simplement, les différents éléments vont à différents endroits : les cotisations sociales à la sécu, le prélèvement impôt à l’état (et puis en partie à la sécu, mais bon je vais pas vous faire le détail du financement en Belgique), et le salaire net dans la poche du travailleur. Les parties qui vont à l’état et à la sécu sont appelées le salaire différé : en effet, on bénéficie de l’infrastructure routière, des transports en commun, de policiers dans les rues, d’hôpitaux où on peut se faire soigner, de médecins, de remboursements sur les médicaments, de pensions versées lorsqu’on part en retraite, de revenus de remplacement si on est frappé par la maladie, si on perd son emploi, etc.

      Pourquoi ce système de recettes, qui donne lieu à des dépenses, s’est-il si déglingué ?

      On peut sans doute – en partie – répondre : « parce qu’il a été mal géré ». Mais, cher Pop, cette mauvaise gestion n’est pas celle que vous croyez. Cette mauvaise gestion est, au contraire, l’excellente gestion qui a servi les intérêts des grandes entreprises, des multinationales, des immenses fortunes et des prédateurs de la finances comme Albert Frère et d’autres. Comment ? Mais très simplement :

      1) en faisant des cadeaux aux entreprises et en baissant l’impôt des sociétés, en inventant des niches qui permettent aux entreprises les plus riches de ne quasi pas payer d’impôt –> premier élément de siphonnage artificiel des caisses de l’état et de la sécu. En Belgique, le scandale des intérêts notionnels n’est plus à démontrer. Electrabel – honteusement cédée par l’état belge à Suez, qui a mis la main sur le trésor de guerre théoriquement destiné à assurer la fin de vie de nos centrales nucléaires – fait des bénéfices faramineux (plusieurs milliards d’euros) et ne paie pas un eurocent d’impôt ! C’est-y pas beau, la vie ?

      2) en faisant d’autres cadeaux aux entreprises – scandaleux de mensonge et de malhonnêteté intellectuelle – tels que « baisser » voire « supprimer » les « charges » ou « cotisations » dites « patronales » (quand ce n’est pas une exonération complète des charges) –> effet immédiat de siphonnage des caisses de la sécu, on baisse artificiellement les recettes, alors que les dépenses, elles, ne peuvent pas baisser, sauf si on décide de fermer des hôpitaux, de ne plus rembourser aussi bien des médicaments, etc (et donc de sacrifier des pans entiers de population, n’est-ce pas). Mais le pire dans cette seconde recette, c’est l’arnaque que l’on fait gober aux gens : car c’est leur salaire qui est ainsi raboté, hé oui ! On permet de baisser les salaires des gens, car le salaire différé demeure un salaire ! Mais ça, évidemment, aucun gouvernement ne le rappelle jamais. (je n’aborde pas le piège à cons que ces emplois subsidiés représentent, ça ne fonctionne pas, ce ne sont que des effets d’aubaine pour employeurs qui recyclent sans arrêt des travailleurs subsidiés :ils les engagent et les gardent le temps que dure le subside, et puis les jettent et les remplacent par d’autres, le cycle est sans fin).

      Cette tendance s’est développée à partir des années 80, et elle ne fait que s’accélérer. Il ne s’agit pas de dépenses immodérées pour des paresseux, des parasites comme certains voudraient le faire croire. C’est un vol organisé de la richesse produite par toutes et tous : cette richesse était auparavant plus ou moins redistribuée, mais grâce à tous les mécanismes d’évasion mis en place par les gouvernements de droite surtout (mais de gauche aussi, quand elle a cru aux mirages ridicules genre « emplois jeunes »), les caisses sont sont vidées aussi sûrement qu’une baignoire dont on a retiré le bouchon alors que le débit d’écoulement du robinet se réduit peu à peu à un léger filet d’eau.

      Donc, cher Pop, soyez sympa, et réservez plutôt vos leçons de morale à ceux qui en ont bien besoin. Il s’appellent la Commission Européenne, la BCE, le FMI, les partis de droite européens, les organisations patronales, les immenses fortunes, etc. Ils en ont d’autant plus besoin qu’ils n’en ont rien à faire : tout ce qu’ils veulent, c’est que ça tienne encore un peu, juste le temps pour eux de continuer à se vautrer dans leur richesse volée, et après eux, les mouches !

      PS : bien sûr, il y a d’autres éléments, mais bon la tartine est déjà assez longue comme ça 😛

    10. Visiblement tout le monde ici à des idées sur les recettes.
      Perso, je vous laisse récupérer les profits maquillés des sociétés du CAC 40, je vous laisse la main sur le rapatriement des capitaux français des grandes fortunes qui se baladent dans les paradis fiscaux, je vous laisse expliquer à nos créanciers que nous allons arrêter de leur payer des intérêts tout en leur demandant de nouveaux prêts etc etc .Pas de problèmes, je vois qu’il y a plein de bonnes volontés.

      Par contre, personne ne dit rien sur les dépenses :
      Je veux donc bien prendre les dépenses. Sur les 600 milliards de dépenses sociales en France (Champion du monde) et sur les plus de 1000 milliards de dépenses de l’état, il doit bien y avoir quelques économies à faire et une bonne marge d’efficacité pour améliorer notre croissance. Mais restons sur les dépenses.
      – l’assurance maladie : Mettre en place un barème de remboursement sous condition de ressources pour les soins simples.
      Par exemple jusqu’à 2000€ de soins par an : 100% de remboursement pour les ménages qui ont un revenu inférieur à 2500€/M, 90% pour 3000€/M, 80% pour 4000€/M… 0% pour 10.000/€
      Au delà de 2000€ par an, tout le monde à la même base de remboursement.
      – Branche vieillesse : Mettre en place des modalités de revalorisation des retraites sous condition de ressources. 2% pour une retraite inférieure à 2500€/M, 1.5% pour 3000€/M, 0.5% pour 3500€/M, 0% pour 4000€/M. On pourrait même, sur ce sujet, baisser les retraites pour les pensions très importantes. -1% pour les retraites supérieures à 8000€/, -1,5% pour 9000€/M…
      – Branches familles : s’il y a bien un système mal foutu c’est celui là. Les allocations familiales et diverses aides doivent être réservés à ceux qui en ont vraiment besoin. Toucher les allocations familiales quand on gagne 10.000€/M est scandaleux.
      Donc là aussi mise en place d’un barème de remboursement sous condition de ressources.
      – Maladie professionnelle et accident du travail. Ici, par contre, je ne vois pas d’économie simple.
      Il faut rationnaliser les dépenses sociales, les concentrer sur les personnes en difficulté et les ménages les moins aisés qui ne peuvent pas en assumer le coût. Est-il normal que Me Bettencourt ait les mêmes remboursements de soins pour les dépenses mineures, les mêmes revalorisations de retraite ou de réversion, ait bénéficié des mêmes allocations familiales qu’un smicard, moi je trouve ça incroyablement injuste.

      Il nous manque 90 milliards pour commencer à être crédible, au moins autant que l’Allemagne, qui elle, est évidemment en excédent primaire.
      Plusieurs Think tanks estiment qu’il faut travailler sur 2/3 de dépenses en moins soit 60 milliards et 1/3 de recettes en plus soit 30 milliards.
      Visiblement quand je vous lis je me dis que les 30 milliards de recettes seront faciles à trouver. Pour les 60 milliards de dépenses ce ne sera pas simple mais sur plusieurs années ce doit être possible, sans pour cela ruiner la croissance.

      1. Pop, vous affirmez que la France avec ses 600 milliards détiendrait un record en matière de dépenses sociales. C’est le langage du Medef. Un pays comme l’Allemagne dépense beaucoup plus, mais la facture sociale est réglée surtout par les communes et les laender (d’où la situation catastrophique de certains d’entre eux); le pouvoir central n’en assume qu’une partie, contrairement à la France.
        Parmi les réformes, il faudrait aussi revoir le système de « parts pour enfants » dans l’imposition. Les gros revenus en profitent largement, alors que les petits revenus ont une remise nulle (les non-imposables) ou très réduite. En renonçant à des impôts, l’Etat fait un « cadeau social ».

        La vraie réforme sociale consisterait en la gratuité des soins pour tous, gratuité scolaire (meilleur encadrement : 15 élèves par classe comme en Autriche), gratuité de la justice, etc.le tout compensé par une imposition progressive allant jusqu’à 90 ou 95 % des revenus dépassant, p. ex. 10 000 euros par mois.
        Les réformettes que vous proposez ne changent rien au système, elles font penser au programme du PS.

      2. Pop,

        Vous avez raison sur les postes dépenses mais êtes-vous conscient que même ces remises à plat seront insuffisantes tant que la fuite des capitaux via les paradis pedura : c’est le problème du tonneau des Danaïdes inversé ! Le vrai problème est ailleurs, me semble-t-il. Et puis sur le poste dépense, celui du paiement de l’intérêt de la dette a sa propre valeur, n’est-ce pas ?

      3. Ces « réformettes » nous feraient simplement économiser des dizaines de milliards, une paille effectivement, mais suffisamment pour nous mettre en excédent primaire. De plus, je n’ai rien ni contre le Medef, ni contre les socialistes, il y a des gens très bien dans ces organisations, et si et la droite et la gauche traditionnelles en sont conscientes, tant mieux.
        Depuis 2007, la France détient bien le glorieux titre de pays champion du monde des dépenses sociales en % du PIB. Ce n’est pourtant pas un secret, seul les démagogues et les populistes en mal de reconnaissance électorale peuvent défendre un modèle complètement déséquilibré et insolvable dans le temps.
        On dépense beaucoup, toujours plus et mal.
        Pour la fiscalité il faut évidemment voir ce qu’il se passe depuis 10 ans sur la baisse de la pression fiscale, en réalité tout le monde le sait. J’ai connu des tranches à plus de 60%. Nous devons revenir à une vraie progressivité de l’impôt, les propositions ne manquent pas, celle de Terra Nova sont particulièrement judicieuses, il y a beaucoup de grain à moudre.
        Mais cela ne suffira pas, loin de là. Sur les 11 milliards que le gouvernement vient de trouver on a 10 milliards d’impôts et 1 milliards de social. Une direction purement électoraliste et complètement déséquilibrée.
        On doit baisser les dépenses aussi. Rarement la France n’aura été aussi longtemps championne du monde dans une discipline, de 2007 à 2011, 5 ans de suite.
        Mais ça reste assez logique, les dépenses de l’état ont été de 1095 milliards en 2010 soit plus de 56% de notre PIB, une histoire nationale, le poids de la dépense publique reste inscrite dans nos gènes. C’est une bonne chose d’avoir un état fort et je suis personnellement fier d’être dans un pays avec une telle tradition redistributive, mais c’est une mauvaise chose que d’avoir un état en permanence déficitaire depuis aussi longtemps, des dizaines d’années, que ce soit dans les bonnes et les mauvaises périodes, nous sommes les rois du social à crédit. A trop tirer sur la bête on va la tuer et perdre tous nos acquis sociaux, comme les Grecs, qui font l’amer expérience d’une politique dispendieuse et d’un clientélisme d’état qui les a mené droit dans le mur de la dette.
        L’insolvabilité n’est plus réservée au monde financier, la France a inventé « la pyramide de Ponzy des dépenses sociales », difficile de se sortir d’un tel piège.
        Bon, espérons que notre pays devienne, dans quelques heures, championne du monde dans un domaine moins sérieux mais bien plus jouissif.
        Même s’ils sont seuls contre tous, challenger, et en plus, en blanc, ALLEZ LES BLEUS, crévendiou de non de diou !

      4. @ pop,

        Le problème est que celui qui prêche une réduction drastique de toutes les dépenses publiques pour contrer l’action des lobbies (Philippe Marini) est également celui qui introduit le trust anglo-saxon en droit français pour fluidifier la circulation des capitaux entre la France et les paradis anglo-saxon. Voyez-vous le problème ?

      5. l’assurance maladie : Mettre en place un barème de remboursement sous condition de ressources pour les soins simples.

        c’est ce que défendent les ultra-libéraux masqués !!

        comme il est pour l’instant ( la pseudo-crise de la dette est en train de changer les choses ) impossible d’attaquer frontalement la sécu , c’est par de multiples moyens détournés que la casse avance.

        celle des conditions de ressources est un moyen , à terme , que ceux qui sont au dessus ne veuillent plus payer les cotisations et soient de fervents défenseurs des assurances privés !!

        non tout le monde sur le même pied d’égalité pour les remboursement et les cotisations en fonction des revenus ( salariaux et autres , taxés de la même manière )

      6. Oui, c’est un argument pertinent et souvent avancé, mais je pense qu’il ne tient plus dans cette période critique, en veillant bien entendu à ce que les cotisations ne changent pas. Le risque de tout perdre prime sur tout le reste.

  13. Un scenario couru d’avance. La seule possibilité de maintenir le système, c’est d’étouffer la démocratie. Mais mettre un couvercle sur une marmite en ébullition n’est jamais une solution durable.

    Un mot également pour souligner à quel point les deux piliers européens auront été en dessous de tout pendant cette crise, avec alternativement des éléments de solutions pertinents, mais jamais pour la bonne raison et jamais accompagnés des compléments indispensables. Ainsi l’Allemagne a raison de vouloir que le privé paye, mais la France devrait être entendue sur la BCE, sachant qu’il faut les deux pour dessiner la solution…Cette victoire des allemands sera funeste pour l’Union et pour eux-mêmes…

  14. Ben voyons!
    un: d’un côté, les pays du club med dont les facécies budgétaires ont foutu le bazar que l’on connait, allant jusqu’à faire vaciller les banques ( là, on rentre dans le dur, l’iconoclaste ), donc décote de 50-60%…évidemment, appel au bon peuple! vous ne pensez quand même pas que le 1% qui s’est déjà fait secouer sur le marché actions va en plus, prendre sa perte sur les obligations, non ? ou alors c’est que tonton Staline est de retour! et pi, une décote pareille, ça va donner des idées, à Zaza, à Berlu, etc etc…
    deux: Nicolas est en train de capituler en rase campagne au sujet du FESF avec en adossement la BCE ( normal, elle est pas faite pour ça ); du coup, c’est chacun pour sa pomme; à nous la recapitalisation de nos banques! va y avoir du sport; c’est plié, le cordon sanitaire sera trop riquiqui!
    trois, le MES, ça me fait penser à la bonne époque de l’organisation Todt….en avant vers le 4° Reich?
    enfin, après les Munichois, les Bruxellois ?
    mon tout, ça sera la causerie de Nicolas jeudi soir à la télé, qui va essayer de nous faire passer Munich ( avec Daladier et Chamberlain )pour une grande victoire….
    Pauvres de nous!

    1. L’expression « les pays du club med » est une insulte. Les pays en difficulté ont eu l’aval des ministres des finances européens, à l’époque où N.S. était ministre des finances ! Le « club med » avait l’appui des instances européennes. Facile de leur jeter la pierre après-coup. Les aides européennes à tout-va en faveur de la Grèce étaient dénoncés par les grands quotidiens allemands dès les années 90. La main-mise de la mafia italienne sur une grands partie de l’économie grecque était de notoriété publique. Où sont passées ces aides européennes, ces fortunes mafieuses ? En Suisse, au Luxembourg et dans d’autres paradis fiscaux. Qui songe aujourd’hui à les rapatrier ?
      Et maintenant le MES, pour faire croire au peuple qu’ils vont sauver le monde, par une mesure hors de la démocratie. » Passez, il n’y a rien à voir ».
      Notre réponse : Messieurs le Dirigeants, Mesdames, Messieurs les députés qui votez ces lois iniques, nous ne fermons pas les yeux, nous comptabilisons tout. Un jour, nous vous demanderons des comptes.

  15. toujours pas de solution en vue?
    A part le SMT dont les autorités ne veulent entendre parler, il n’y en a pas.

  16. Exigeons un référendum et dans tous les pays de l’Euroland, car je suppose que les mirifiques propositions de fédéralisme budgétaire ne concernent que les malheureux pays sous la férule de l’euro-mark?

  17. @casque à pointe

    Mauvais et funeste orientation de votre part. Les allemands sont dans l’erreur, c’est manifeste et porteur d’un danger certain. Mais que penser de la France qui renie son modèle depuis 30 ans ? Le déséquilibre vient de là. Les allemands n’ont personne à qui parler alors que notre pays a encore de quoi être à la hauteur et largement. Mais il faut à sa tête des gens qui en soient convaincus, pas des renégats…

      1. La situation est inextricable. Rien n’est dit ou proposé qui permette de sortir du cadre. Or c’est ce cadre qui pose problème et non les politiques qui y sont appliquées. Les dirigeants européens croient prendre des initiatives quand ils ne font que suivre la voie de la plus grande pente. Ils croient agir et pouvoir peser sur le cours des évènements alors qu’ils ne font que leur obéir et approfondir encore davantage l’ornière. Tout se tient et tout est étroitement interdépendant. L’Allemagne elle-même n’aura sans doute aucune possibilité d’échapper à la crise qui va son train si les pays importants du club sombrent dans la dépression. Il y a une forme de guerre sociale qui semble se profile devant nous (et pour les Grecs c’est maintenant) et dont l’issue déterminera où se placera le curseur du réglement de l’ardoise entre classes populaires/moyennes/upper class. L’assassinat indigne et barbare de Kadhafi (chef d’Etat que je ne porte pas dans mon coeur, loin de là) démontre que les responsables qui prennent les décisions aujourd’hui sont plutôt des cyniques que des romantiques et que faire couler le sang est loin d’être un tabou gênant pour peu qu’on sache habiller le massacre de la narrative qui convient. On risquerait alors l’émergence d’une nouvelle barbarie.

  18. et pour faire passer tout ça, on fera un référendum. Et ceux qui auront mal répondu auront le droit de revoter jusqu’à ce que bonne réponse s’en suive.

    1. avec le revolver sur la tempe …

      pour plus de justice, et pour éviter les « bruits de bottes »( qu’y-disaient !)

  19. Et après le grand discours de jeudi prochain, Nicolas s’envolera pour la tournée du siècle en Chine et au moyen orient….que va t-il y chercher?
    du pognon pour tenter de continuer à alimenter la cavalerie!

  20. La nouvelle Europe qui nous est vendue (…) sera un repoussoir.

    oui, c’est bien triste de voir ce que « ils » en ont fait, de cette belle idée. Ceci-dit, ce n’est pas aux allemands à le reprocher, car en lisant les commentaires des lecteurs dans des journaux allemands, les opinions y sont tout aussi hostiles qu’ici.

  21. « je stigmatise les allemands »

    pas les allemands, le gouvernement allemand. Ce que vous dites est aussi insultant que si un allemands vous condamnait à cause des idées et actions de Sarkozy et sa bande du 92. Si vous savez lire l’allemand, je vous invite à lire les commentaires des lecteurs de journaux en ligne allemands … et vous y laisserez vous préjugés.

    1. Sarkozy veut sauver les banques françaises, Merkel son pays. Voilà le résumé de la situation quand on lit la presse allemande d’hier et d’aujourd’hui.
      Pour le reste, on est en désaccord au sein de tous les partis allemands, même chez Die Linke (leur « Front de Gauche »). C’est dire qu’il y a encore du travail à faire.
      Certains députés allemands avouent publiquement ne rien y comprendre.

      Alors vouloir convaincre une bonne partie de la population de suivre les recommandations de Paul Jorion, c’est s’engager dans un travail qui peut durer des décennies. Eh oui, remettre en cause, par exemple, la notion de propriété telle qu’elle est actuellement définie par la loi, c’est difficile, voire impossible pour la plupart des Européens.
      La méthode des Indignés américains est prometteuse : commencer par déconstruire, en montrant Tout ce qui ne marche pas dans le système actuel. Et ça fait beaucoup. Et quand les gens ont compris, expliquer qu’on pourrait faire autrement, puis construire ce nouvel édifice, montrer la direction, les étapes. Et prévenir qu’on ne sait pas tout d’avance, qu’il faudra improviser, se tromper, recommencer. Comme les Indignés, travailler dans le dialogue permanent.

      A l’image de ce blog : Déconstruire (critique), dialoguer pour reconstruire (du nouveau).

  22. L’Europe comme repoussoir,au JT de la 3 ce 22 octobre à 19 h35 le commentateur a exposé que Merkel devait pour les décisions en référer au parlement ,MAIS QUE SARKOZY ETAIT MOINS ENTRAVE,vous avez bien lu le peu de démocratie restante entrave encore ces messieurs-dames…Il faut dire que constitutionnellement Sarkozy non-entravé ne l’est pas non plus par sa pseudo-opposition qui (en majorité)a voté une forme du Traité de Lisbonne et qui n’a pas été entravée par les problèmes sociaux posés par le libéralisme…Au fait puisque les représentants du peuple entravent ,où se situent les fachos en Europe?????

  23. « Un groupe de pays emmené par l’Allemagne s’oppose à sa reconduction, ce qui aurait pour effet de diminuer ces crédits de 80%, pour une raison de principe : l’action sociale n’est pas dans les prérogatives communautaires et reste sous la responsabilité des Etats ».

    De la même veine égoïste, le programme d’aide alimentaire mondial a perdu 50%, ce qui révolte un éternel révolté.

    Sur la route ce samedi, j’ai été surpris d’entendre dans une émission littéraire sur F. Inter un homme en colère, très en colère, Jean Ziegler.
    « Jean Ziegler, conseiller aux Nations Unis, nous parle du scandale de la faim dans le monde. Dans son dernier livre « Destruction Massive ».
    « Toutes les cinq secondes un enfant de moins de dix ans meurt de faim, tandis que des dizaines de millions d’autres, et leurs parents avec eux, souffrent de la sous-alimentation et de ses terribles séquelles physiques et psychologiques.
    Pour saisir enfin le ressort des deux grandes stratégies à travers lesquelles progresse à présent le fléau : la production des agrocarburants et la spéculation sur les biens agricoles ».

    A écouter intégralement, un témoignage courageux d’un homme engagé et responsable., Bravo & chapeau bas.
    (dès la minute 4, durée 25′).
    http://www.franceinter.fr/emission-la-librairie-francophone-nicolas-pagnol-jean-ziegler-genevieve-damas

    Pour gens pressés, que dit Jean Ziegler ?

    Nous assistons à une destruction massive : 37.000 personnes meurent de la faim dans le monde chaque jour., 1 Ma de personnes sont sous-alimentées.
    Aujourd’hui 12 Mo de personnes sont au bord de la mort.
    Les solutions pour éviter ces meurtres de masse sont connues.
    C’est le scandale du siècle.

    Les spéculateurs qui ont ruiné les marchés financiers ont ruiné le système bancaire.
    Les Etats doivent renflouer les banques et ne payent pas.
    Les spéculateurs TUENT à ce jour, c’est un crime contre l’humanité à juger devant un « tribunal de Nuremberg ».
    La spéculation boursière sur l’alimentation de base fait exploser les prix, riz : + 110% en 18 mois, les pauvres ne peuvent plus manger.

    Le marché alimentaire mondial est dominé par 7 multi-nationales, très puissantes, ce sont des monstres froids qui ont pour principe de maximaliser les profits.
    Nous sommes tous manipulés par l’ordre mondial. (je dirais plutôt le désordre).

    Responsabilités : grands groupes alimentaires, FMI, OMC
    Que faire ? Désespérer ?
    En démocratie on peut se mobiliser et forcer les gouvernements
    Stopper les spéculateurs
    Stopper les bio-carburants (au nom mal choisi)
    Il faut une insurrection des consciences pour forcer les gouvernements.

    Jean Ziegler nous retrace quelques récits qu’il a vécu et qui laisse les autres participants et auditeurs émus, bouleversés, scandalisés, révoltés.
    . la maladie NOMA provoque chez les enfants de 1 à 6 ans une gangrène foudroyante, il faudrait 1 à 3 euros pour éviter cela.
    . les enfants du Bangladesh sont particulièrement victimes (on a pu en voir certains, au cours d’un reportage diffusé par « envoyé spécial » cette semaine, être exploité dans les mines de charbon en Inde !)
    . on trouve des pommes de terre saoudiennes dans un super d’Oslo, elles sont produites en Éthiopie sur des terres riches, pour être exportées et vendues là où il y a du pouvoir d’achat. (Les autochtones peuvent c….). Faits constatés il y a juste 15 jours.

    Une invitée a remercié Jean Ziegler d’appeler « un chat un chat », 1 voleur 1 voleur » et « un assassin un assassin ».

    1. Bonjour a tous. Nous sommes tous des rouages der cette machinerie infernale. L’état d’esprit de chacun des rouages est par nature différent. Ca bouge un peu partout, avec des vécus partagés très intéressants, de Wikileaks aux Indignés, générant une pédagogie, permettant une évolution des attitudes, pouvant à un moment donné un passage à l’acte constructif d’une réalité alternative à celle qu’impose la « machine ».
      Pour participer avec profit à cette pédagogie il ne suffit plus de décrire le fonctionnement de la « machine », mais de porter une partie de nos efforts à l’identification de la chaudière qui génère cet enfer.
      Apparemment, 147 entreprises fonctionnent en réseau avec des caractéristiques de « gouvernement » mondial. J’ai peut-ëtre raté, mais je n’ai pas encore vu la liste de ces entreprises sur ce blog. Cette liste nous permettrait d’affiner dans le projet de passage à l’acte. La description des modalités de ce « gouvernement » également.
      La destruction de la Grèce et sa mise en servage inaugure une série d’impositions similaires à une liste de pays européens dont on ne connaît pas la fin. La question centrale de savoir que, « puisque cette solution appliquée à la Grèce conduit à des résultats opposés à ceux recherchés explicitement, pourquoi continuer ainsi », ne me semble pas suffisamment bien posée de la part de ceux qui cherchent à comprendre. Nous ne savons pas pourquoi « ils » continuent sur ce chemin. Mais force nous est de constater qu »ils » sont en train de détruire une Europe et qu’il s’en perfile une autre dans le MES.
      La question de savoir le rôle du « gouvenement des 147 » dans la suite de ces événements se pose évidemment.
      Derrière la violence générée par la machine économico-politique il y a des personnes qui prennent des décisions. Identifions-les. Ils sont responsables de ce qu’ils décident, et doivent rendre des comptes. D’accord donc avec Ziegler. J’ajoute que la « machine » ne se laissera pas arrêter sans résistence. La question de la force et de la violence a exercer contre la « machine » reste posée.

  24. Il y a une grand antagonisme entre Merkel et Sarkozy: Sarkozy aimerait faire imprimer des euros à volonté, Merkel fait usage de sa calculatrice – deux tempéraments opposés et deux systèmes politiques différents. Le Bundestag a beaucoup de pouvoir, alors que le pouvoir en France se concentre à l’Elysée, en la personne du président.
    On dirait, observé de près, que Merkel ait de plus en plus du mal à s’entendre avec son partenaire.

  25. La seule solution, pour arrêter rapidement la dictature des banques en restant dans la légalité ,est de retirer notre argent:
    Bon à savoir:
    Le salaire doit obligatoirement être payé par chèque ou virement bancaire ou postal lorsque son montant excède 1 500 € net par mois.
    Si la somme due est inférieure ou égale à ce montant, le salarié peut exiger d’ être payé en espèces.

  26. Un point de vue d’éditorialiste français, plutôt mieux éclairé que certains confrères parisiens :

    On semble vouloir ignorer à Paris que l’Allemagne est une démocratie parlementaire avec de forts tiraillements au sein de sa majorité gouvernementale. Conforté par les arrêts de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, le Bundestag ne veut pas être une chambre d’enregistrement : la chancelière n’a pas mandat pour aller au-delà de ce que les députés ont voté fin septembre pour le FESF.

    http://www.dna.fr/politique/2011/10/23/panne-francaise
    « Démocratie parlementaire » : Peut-on en dire de même de la France ?

  27. Considéré le fait que cette Europe-là est indécrotablement néolibérale et s’oriente fermement vers une dictature de fait, il va falloir voter pour le parti qui s’engage à faire sortir le pays de cette UCP [Union Contre les Peuples].

    Problème.

    Aux Pays-Bas, ce parti n’existe pas [alors même que la ‘demande’, elle, existe]. Ah, si, le GDP [Grand Dirigeant Péroxydé] a bien affirmé un jour que si la Turquie était admise dans l’union, les PB devraient en sortir. Peut-être une idée? Malheureusement, les Turcs n’en ont plus envie… 😀

    En France, on a le choix entre une entreprise familiale habilement relookée et les épigones d’Arlette et Alain. Pour l’instant.

    L’avenir semble drapé de couleurs sombres, ne manquent encore que les bruits de bottes dans nos rues.

      1. Euh, vous n’avez pas compris, j’ironisais sur les choix ‘not done’, les extrémistes donc; et l’entreprise familiale relookée était naturellement une allusion au parti dirigé actuellement par la blonde fifille à son borgne de papa breton… 😀
        Quant au parti de gauche – qui a plutôt mes faveur, bien avant tout autre parti [avec Eva Joly, tout de même, mais pour d’autres raisons – la chasse aux pourris] – il ne va pas jusqu’à proposer de faire sécession. Mais je veux bien croire qu’il est le seul parti ‘fréquentable’ à être aussi un parti de rupture, et que face à la fuite en avant du système, Mélanchon devrait savoir dire non; aura-t-il les moyens de concrétiser ce non, c’est une autre question.

  28. 224 commentaires. Trop.

    Mr Leclerc,

    L’Europe que vous décrivez est un repoussoir. Elle s’installe et s’annonce comme un désastre. Pire, tous ces efforts s’annoncent inutiles.

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