L'actualité de la crise : LES 99 %, par François Leclerc

Billet invité

Puissance des symboles, on ne compte plus les ralliements au mouvement des anti-Wall Street occupant la place du parc Zuccotti à New York, qui disent d’eux-mêmes être les 99 %, par opposition au 1 % des Américains qui accaparent la richesse.

Cela a commencé par George Soros, qui a déclaré avoir de la « sympathie pour leurs opinions ». John Larson, président du groupe démocrate à la Chambre des représentants a tenu ensuite à les saluer, tandis que la représentante démocrate de New York, Louise Slaughter, s’est dite « fière » de les voir se dresser « contre la cupidité rampante des entreprises ».

Ben Bernanke, le président de la Fed et Tim Geithner, le secrétaire d’État au Trésor, ont enchaîné. « Ils reprochent non sans raison au secteur financier de nous avoir menés à la pagaille dans laquelle nous nous trouvons et sont mécontents de la réponse », a déclaré le premier, tandis que le second expliquait plus sobrement que « les banques accusent les réformes et le gouvernement de tout, y compris de nombreux problèmes dans lesquels elles portent une responsabilité centrale, et la plupart des gens sont très agacés et très en colère à cause de ce qu’ils voient, et ils veulent que les choses changent ».

Barack Obama, tout en défendant sa politique vis-à-vis des institutions financières, en venait à déclarer qu’il avait vu les manifestations à la télévision, et pensait « qu’elles expriment le mécontentement que ressentent les Américains ». Un tournant a depuis été pris par Vikram Pandit, directeur général de Citigroup, qui a tenu à préciser depuis sa salle de conférence : « je serais heureux de leur parler à tout moment ».

Ce vaste mouvement de solidarité a dépassé les frontières. Georges Papandréou, premier ministre grec, a tenu a préciser en plein conseil des ministres : « nous luttons pour changer le système économique mondial, comme beaucoup de citoyens anti-Wall Street, qui protestent à juste titre contre les inégalités et les injustices du système », tout en expliquant qu’il fallait les distinguer des manifestants d’Athènes.

À Kermanshah, à l’Ouest de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei a prédit que « un jour, ce mouvement jettera à terre le système capitaliste occidental, qui est dans une impasse totale ». Enfin, une manifestation spontanée de plusieurs centaines de Chinois était signalée à Zhengzhou, la capitale de la province du Henan, sur le thème « je soutiens vigoureusement la grande révolution du peuple américain contre Wall Street », selon des photographies largement reproduites dans la presse d’État et montrant une banderole tendue devant le Palais de la Culture des Travailleurs.

Les républicains américains n’ont pas été en reste, sur un autre registre. Eric Cantor, numéro deux de leur groupe à la Chambre des représentants, a déclaré : « je suis de plus en plus inquiet du nombre de voyous qui occupent Wall Street et les autres villes à travers le pays », tandis que Herman Cain, l’un des candidats aux primaires américaines, a apostrophé les manifestants (dans les colonnes du Wall Street Journal, et non dans la rue) : « Cessez d’accuser Wall Street ou les grosses banques, si vous n’avez pas de travail et que vous n’êtes pas riche, c’est de votre faute ! ».

À titre anecdotique, les indignés new yorkais ont par ailleurs reçu le soutien de nombreux syndicats des employés des secteurs publics, des commerçants, des enseignants et des transports, qui regroupent des dizaines de milliers de travailleurs. À Washington, Boston, Seattle et Los Angeles, ils ont fait des émules, ainsi que dans une trentaine de villes des États-Unis.

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143 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LES 99 %, par François Leclerc »

  1. Si j’ai bien compris , la « droite » Americaine attaque mollement le mouvement OWS et la gauche tente une récupération pendant que le reste de la planète se marre. Ca sent le sapin.

    1. Je sais pas, mais la preuve est maintenant faite que les étasuniens peuvent être autre chose que des libertariens surarmés. Ce mouvement pacifiste et les quelques idées qu’il va véhiculer, quoi que puisse être son avenir à court terme, fera date et pose les premières pierres pour d’autres batailles.

      1. C’est bien sur un tour de chauffe pour rassembler, unifier,
        apprendre,et organiser un tous ensemble,
        qui coincidera avec l’extension de l’indignation,
        des révoltes puis dans quelques années,
        face au désastre économique et écologique,
        des révolutions imposant une démocratie réelle.

        L’important du mouvement aux Etats-Unis se lit dans la mobilisation des travailleurs,
        appelés ou non par leurs syndicats,
        et dans l’extension géographique du mouvement.

        Lire à ce propos les témoignages des acteurs du mouvement en dehors même de NY
        http://www.solidarity-us.org/current/node/3412
        et deuxième partie ici:
        http://www.solidarity-us.org/current/occupy_together_pt_two

  2. Les Indignés Américains et non cowboys ont fait une carte gogole des plus riches de Niou-work. C’était fugace ment présent dans « Le Monde » et a disparu.
    Quelqu’un pourrait-il me ressortir cela..???

      1. Donald Trump semble déchaîner un enthousiasme particulier et unique sur sa personne. Jugez plutôt: Donald Trump (Billionaire, asshole) millardaire et trou du cul pour ceux qui ne liraient pas l’anglais ! 🙂

      2. oui et alors? si ça finit comme les indignés espagnols…

        « la grande révolution des américains ».. pardon je me suis fais dessus tellement j’henri…lol

    1. At your disposal !

      http://gawkernet.com/occupywallstreet/gawkerguide.html

      A Guide to New York City’s 1%

      A Guide to New York City’s 1%After weeks of literally protesting Wall Street, Occupy Wall Street has realized that billionaire CEOs actually don’t live in lower Manhattan. So they’re headed uptown! To help them, here’s a map of where the richest of New York’s rich live.

      By camping out on Wall Street, the NYC residents that protesters have probably most inconvenienced are the small business owners whose bathrooms they’ve been befouling. Sure, there are rich people in the apartments surrounding Zuccotti Park, but no self-respecting billionaire CEO would live in the Financial District.

      But today, protesters took a « millionaire’s march, » protesting outside the homes of News Corp CEO Rupert Murdoch, billionaire republican David Koch, and JP Morgan Chase CEO Jamie Dimon. Strangely the protests are occurring during the day when all these billionaires are probably out of the house, busy stuffing wads of $100 bills into burlap sacks.

  3. À titre anecdotique, les indignés new yorkais ont par ailleurs reçu le soutien de nombreux syndicats des employés des secteurs publics, des commerçants, des enseignants et des transports, qui regroupent des dizaines de milliers de travailleurs

    Pourquoi « à titre anecdotique » ? C’est un élément intéressant à mon avis, justement. Les appareils et les structures peuvent aider le mouvement. Enfin, c’est peut-être moi qui comprends mal le terme « anecdotique ».

    Un élément qui fait sourire, c’est la méfiance initiale lorsque les organisations syndicales sont venues frapper à leur porte pour les rejoindre, de ce que beaucoup considèrent comme un mouvement « sans leader ». Sauf que, bien entendu, même s’ils n’ont pas cette dénomination là, il y a tout de même des leaders, qui justement ne voudraient pas se faire souffler leur leadership…

    Ce mouvement et les organisations syndicales US ont énormément à gagner l’un de l’autre. Plus les Républicains et le Tea Party pousseront des cris d’orfraie, mieux ce sera.

    PS : Obama, immense déception. Mais bon.

    1. tout à fait oki avec vous, je ne comprends pas cette qualification d' »anecdotique » , car cet appui me semble au contraire essentiel pour la poursuite du mouvement, bien plus significative que l’appui de Soros par exemple !. Mais il est vrai que le mouvement se méfie comme de la peste de toute tentative de récupération politique ou syndicale

    2. Il me semble que cet « anecdotique » est une litote,
      autrement dit encore un pied de nez de l’anthropologue espiègle de Paul.

      C’est parce que les travailleurs, et certains de leurs syndicats,
      commencent à s’indigner, et pourraient se révolter,
      que les bourgeois et politiciens tentent de se rapprocher et d’endiguer…

      Pour mesurer la dimension sociale du mouvement, lire ce tract,
      il est vrai diffusé par une organisation ouvertement socialiste et révolutionnaire:
      http://solidarity-us.org/current/files/ows2.pdf
      La photo de l’arrestation sur Brooklyn Bridge, en page deux, est de plus remarquable !
      Et puis la conclusion:

      How amazing and exciting that we’re here. We have to learn from the Egyptians in Tahrir Square, the indignados in the plazas of Spain, and the workers of Wisconsin. Occupy Wall Street has led to Occupy movements throughout the country. We’re part of an international movement for democracy and social justice around the world. We’re part of a new movement that can change history and the direction the world’s headed. A movement that can save the planet and its people by bringing about a different system.

  4. J’avais lu une étude qui montrait que les plus jeunes générations des USA étaient bien plus sensibles au discours socialiste que leurs aînés. C’était loin de faire 99% par contre : au mieux 30%…

    il y a de la logistique : le Open Society Institute, fondation créée par George Soros (wiki)
    un lobby « démocratique » à lui tout seul…

  5. Voilà ce que l’on peut trouver ici à Montréal, à propos du mouvement Occupy Wall street, dans un blog dont les textes sont haineux, démagogiques, déviants…bref, de véritables odes à la violence :

    http://www.antagoniste.net/2011/10/06/occupy-wall-street-le-germe-du-totalitarisme/

    http://www.antagoniste.net/2011/10/09/occupy-wall-street-paye-par-le-gouvernement/

    http://www.antagoniste.net/2011/10/09/imaginez-si-cetait-le-tea-party/

    1. Opinion ultra minioritaire au Québec qui vient de voter en force pour le Parti Social Démocrate au Fédéral.Les ‘conservateurs’ n’ayant plus que quelques députés hors Montréal(plus progressiste).
      Au provincial,le parti Libéral(centre droit)sera écrasé aux prochaines élections vu la corruption qui y règne en maitre en son sein.

    1. @ zébu
      Dis-donc , l’animal , y sont où , les ennemis ? moi j’les connais mais apparemment c’est pas très répandu .

  6. Il va bien falloir que le mouvement d’indignation se propage à la France. Je viens d’abandonner le débat de la primaire socialiste, écœuré par l’incompétence de Martine Aubry (il paraît que le Glass-Steagall act aurait été réinstauré aux USA) et la soumission de François Hollande aux marchés financiers : après avoir promis l’austérité à 9h57, il a expliqué que les banques allaient payer dans le cas du défaut partiel de la Grèce, en ayant pris soin de signaler au préalable qu’elles seraient recapitalisées par les états (et donc les contribuables) en raison de ce même défaut ! Il faut quand même le faire…

    1. Vous regardez encore ? moi pas, j’ai même du retard à lire le blog.
      J’attends les défauts qui arrivent…. et je lis Tolstoï …

    2. JTélévisé.
      A leur décharge, nous sommes dans un système capitaliste jusqu’à nouvel ordre…

      En échange, en Corée du Nord, ils crèvent de faim. Et grave. A cause d’un monarque qui a envoyé pété les US.
      Chercher le moindre mal…

      1. vous connaissez quelqu’un en Coree du nord?
        Ou bien est ce que vous repetez la propagande occidentale.

        Surement le meme etat des lieux qu’en Libye pour bien laver les cerveaux.

      2. le genre de comparaison à la Paris-Match qui doit sûrement faire peur aux occupants de la maison de retraite de Vierzon (cela dit sans moquerie pour Vierzon).

      3. Beaucoup trop de gens ont oubliés que c’était un moindre mal, c’est pas parce qu’ils sont bête ou qu’ils n’ont pas de mémoire, c’est parce qu’ils souffrent, voilà tout.

      4. Dire que le régime de la Corée du Nord est une abomination comparable au joug nazi, c’est l’évidence (entre 2 et 4M de morts de faim dans la dernière décennie) ; ce n’est pas pour ça qu’on doit encenser le capitalisme moribond ! Il n’y a pas à choisir entre la peste (mortelle) et le cancer (dont on peut guérir à condition d’opérer et de changer de style de vie).
        Il ne faudrait pas que ce blog tombe dans les échanges primaires et creux, pour ça, il y en a tant d’autres (Libé, Rue89, Le Post… et encore, ce ne sont pas les pires).

      5. C’est le pauvre Alain Madelin et le pauvre Coppé qui parlent de Corée du Nord à propos des propositions Montebourg ou autres qui sont lucides quant aux remèdes de choc qu’il va falloir se résoudre à appliquer.

      6. Le régime de la Corée du Nord est comparable, en fanatisme et en chiffres d’extermination de masse (aux proportions gardées), au régime nazi et supérieur au régime stalinien.
        C’est un fait. Remballez votre point Godwin et votre dérision…

      7. Corée du Nord: je n’y suis pas allé – je ne dépasse l’ Ouest du Thiou que très rarement- mais à France-Culture aujourd’hui, Jean Ziegler en a parlé:
        « Règime abominable, terroriste… » et autres horreurs.
        « 5 à 6 millions d’enfants, d’hommes et de femmes sont en danger de mort
        par sous-alimentation ou famine. » ( toutes citations de mémoire )

        Jean Ziegler est une personnalité officielle de l’ ONU, victime de l’hostilité
        des USA, et d’autres…
        Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ziegler.

    3. A défaut du Glass-Steagall act, les ricains font tout de même un peu mieux que nous dans la réglementation de leurs banques avec la loi Dodd -Franck de 2010 , qui prévoit tout de même l’interdiction de l ‘étatisation des dettes des établissements financiers en cas de crise ou de démantèlement. En bref, le contribuable américain lui est à peu près protégé de l’incurie bancaire…
      A méditer dans ces temps où Dexia et la recapitalisation des banques risquent de passer par la voie du contribuable.

      1. Elizabeth Warren, qui a fait part de l’équipe d’Obama, a une opinion moins optimiste sur l’aplication de la loi Dod-Franck: pour ceux qui lisent l’anglais un trop long article ( ne pas hésiter à commencer par la fin!) où on apprend beaucoup de choses sur les hauts et les bas de la présidence d’Obama.

    4. Il va bien falloir que le mouvement d’indignation se propage à la France

      Ne vous désespérez-pas ! Il se pourrait que vous n’attendiez plus très longtemps…

      Le journal « Les Echos » signale que l’équipe charmante qui s’occupe de nous, détient dans ses cartons un projet de loi autorisant des variations d’amplitude hebdomadaires comprises entre 48h certaines semaines et 10h certaines autres.

      L’intense lobbying engagé pour vider de sa substance l’héritage de 1946 finira bien, lui aussi, par donner quelques résultats. En chassant la mauvaise graisse sociale c’est bien le diable si nous n’arrivons pas à égaler les performances économiques de la Grèce. A coeur vaillant rien d’impossible.

      Quand les salaires auront suffisamment étés écornés, quand le porte-monnaie du citoyen sonnera creux, quand les restaurateurs n’auront plus de clients à midi, quand les caisses de l’état seront vides, notre fragile équilibre social devrait entamer une danse originale… Ça pourrait même être spectaculaire.

      Le compte à rebours est enclenché. Si Nicolas veut bien encore faire un effort, on y est !

      1. Les variations d’amplitude hebdo ça se fait déjà !
        Je l’ai vécu il y a quelques mois en travaillant dans la fonction publique territoriale :
        une semaine 50h 30 travaillées
        la semaine suivante 7 h !!!!
        Les gens sont tellement désarmés face à de telles pratiques que personne ne bouge :
        manque d’information sur le Code du travail, peur de perdre son emploi (tous ne sont pas fonctionnaires dans la FPT !!), démarches longues et compliquées, absence des syndicats……..

        Actuellement tout est fait (et partout) pour optimiser le temps de travail:
        plannings tordus au possible pour avoir le minimum de personnel pour effectuer le maximum de tâches
        pauses décomptées du temps de travail
        non remplacement des petits arrêts
        accent mis très très fort sur le fameux « esprit d’équipe » tout le monde doit s’entraider pour obtenir le résultat demandé
        etc…..

  7. Quelle bande de faux-jetons ! C’est à vomir… A les écouter, ils sont tous des Indignés, des 99%.. Ils n’ont même plus la décence de se taire !

  8. Wall Street espère que la période hivernale mettra un terme aux occupations des rues et places à New York et ailleurs.
    Un autre problème: les 99 pourcent n’ont pas de programme directeur à proposer, il n’y a pas de leader en vue, sauf peut-être Naomi Klein, mais je n’y crois pas. Cependant, le mouvement peut s’amplifier dans le cadre des prochaines élections, en 2012, d’autant plus que
    Obama est dans une position d’extrême faiblesse, avec 11 pourcent de sympathies selon les sondages…..Même Jimmy Carter a fait mieux.

    1. Si, le mouvement Occupy Wall Street a des objectifs précis.
      Ici la Déclaration de l’AG Occupy Wall Street
      http://www.youtube.com/watch?v=N8o3peQq79Q&feature=player_embedded

      Traduction:
      « Tant que nous nous rassemblons en solidarité pour exprimer un sentiment d’injustice de masse, nous ne devons pas perdre de vue ce qui nous a réunis. Nous écrivons pour que tous les gens qui se sentent lésés par les forces des entreprises du monde sachent que nous sommes vos alliés.
      Comme un seul homme, autrefois divisé par la couleur de notre peau, sexe, orientation sexuelle, religion, ou l’absence de celle-ci, de parti politique ou de contexte culturel, nous reconnaissons la réalité : il n’y a qu’une seule race, la race humaine, et que notre survie exige la coopération de ses membres.
      Notre système doit protéger nos droits, mais également contre sa propre corruption, il appartient aux individus de protéger leurs propres droits et ceux de leurs frères; qu’un gouvernement démocratique ne tire sa puissance que de la population, mais les sociétés ne cherchent aucun consentement à extraire la richesse du peuple et de la Terre, ainsi aucune véritable démocratie n’est réalisable lorsque le processus est déterminé par la puissance économique.
      Nous venons à vous à un moment où les entreprises qui placent le profit au dessus des gens, l’intérêt personnel au dessus de la justice, et l’oppression au dessus de l’égalité, dirigent nos gouvernements. Nous nous réunissons ici en paix, comme c’est notre droit, pour que ces faits soient connus.
      * Ils ont pris nos maisons par un processus d’éviction illégale, en dépit de ne la non possession de l’hypothèque initiale.
      * Ils ont pris les plans de sauvetages payés par les contribuables et continuent à donner des bonus exorbitants aux PDG en toute impunité.
      * Ils ont perpétué l’inégalité des sexes et la discrimination au travail.
      * Ils ont empoisonné l’approvisionnement alimentaire, et sapé le système d’élevage par le biais de monopolisations.
      * Ils ont constamment cherché à mettre fin aux droits des travailleurs à négocier leurs salaires et leurs dépôts de plaintes au sujet de la sécurité de leur lieu de travail.
      * Ils ont pris en otage des étudiants avec des dizaines de milliers de dollars de dette sur l’éducation, qui est en soi un droit humain.
      * Ils ont fait systématiquement de la sous-traitance et utilisées cette externalisation comme levier pour réduire les coût des rémunération et de la santé des travailleurs.
      * Ils ont influencé les tribunaux pour obtenir les mêmes droits que les personnes, sans aucune contrepartie de culpabilité ou de responsabilité.
      * Ils ont dépensé des millions de dollars en équipes juridiques qui cherchent des moyens pour les faire sortir des contrats en ce qui concerne l’assurance santé.
      * Ils ont vendu notre vie privée comme une marchandise.
      * Ils ont utilisé la force militaire et policière pour empêcher la liberté de la presse.
      * Ils ont délibérément refusé de rappeler des produits défectueux qui mettent des vies en danger dans la poursuite de but lucratif.
      * Ils déterminent la politique économique, malgré les échecs catastrophiques de leurs propres politiques et continuent à produire.
      * Ils ont donné de grosses sommes d’argent aux politiciens censés les réglementer.
      * Ils continuent à bloquer les formes alternatives d’énergie pour nous garder dépendants du pétrole.
      * Ils continuent à bloquer les formes génériques de médicaments qui pourraient sauver la vie des gens dans le but de protéger les investissements qui ont déjà généré un profit substantiel.
      * Ils ont délibérément dissimulé des déversements d’hydrocarbures, d’accidents, la tenue des livres de bord (faulty book), et les ingrédients inactifs dans la poursuite du profit.
      * Ils maintiennent délibérément les gens mal informés et craintifs par leur contrôle des médias.
      * Ils ont perpétué le colonialisme chez eux et à l’étranger.
      * Ils ont participé à torturer et assassiner des civils innocents à l’étranger.
      * Ils continuent à créer des armes de destruction massive afin de recevoir des contrats du gouvernement.
      * Ils ont directement participé à une action raciste par l’acceptation du contrat par l’Etat de Géorgie pour assassiner Troy Davis.

      Pour les peuples du monde,

      Nous, l’ Assemblée générale d’occupation de Wall Street à New York City, dans Liberty Square, vous exhortons d’affirmer votre pouvoir.

      Exercez votre droit de s’assembler paisiblement, d’occuper l’espace public, de créer un processus pour résoudre les problèmes auxquels nous faisons face, et de générer des solutions accessibles à tous.

      Pour toutes les communautés qui prennent des mesures et qui forment des groupes dans l’esprit direct de la démocratie, nous vous offrons un soutien, de la documentation et toutes les ressources à notre disposition.

      Rejoignez-nous et faites entendre votre voix! »

      1. Merci, Charles A. pour le texte.
        Ce n’est pas un programme politique, ce sont des accusations, c’est un ensemble de contéstations – justifiées à mon sens. Mais pour lutter il faut un programme, c’est-à-dire indiquer grosso modo une méthodologie « comment enclencher le changement ». Le problème posé ne sera pas traité sans aborder la question « comment et par quels moyens » aboutir à un résultat c o n c r e t.
        La gauche francaise a le même problème. Il ne suffit pas d’asperger le public de phraséologies grandiloquentes du style « changement », « rassemblement », « plus de justice sociale…… », ou simplement faire des constats. Ce qui compte, c’est le résultat au bout de la chaîne et non pas la répétition des phrases.
        La magie par les mots n’existe pas.

      2. Je suis d’accord, ce n’est pas un programme abouti.
        Il propose des objectifs anticapitalistes, écologiques, etc
        qui reviennent à cesser les soins palliatifs donnés au capitalisme à l’agonie.
        Mais comment y arriver , comment paralyser l’appareil d’Etat de l’oligarchie ?

        C’est dans les mobilisations croissantes que le peuple américain, comme les autres,
        découvrira qu’il faut savoir résister et désarmer cet appareil, par le nombre et la force.

        Ils ne le disent pas.
        Mais c’est beaucoup plus honnête que le mensonge des politiciens professionnels
        aux States comme ici, promettant la « révolution par les urnes »,
        ce qui n’a jamais eu lieu nulle part.
        la

    2. @ Germanicus 12 octobre 2011 à 22:29
      Si ! Ils ont un programme, mais les leaders d’opinion préfèrent ne pas en parler.
      Pourquoi répéter bêtement ce que disent les médias bien-pensants ? La solidité de ce blog, c’est d’aller rechercher les sources le plus loin possible, comme l’a fait Charles A. en cette occasion.

    3. Pas de programme, pas de leaders: mais ce n’est pas un problème, au contraire.

      « Ce vaste mouvement de solidarité a dépassé les frontières. Georges Papandréou, premier ministre grec, a tenu a préciser en plein conseil des ministres : « nous luttons pour changer le système économique mondial, comme beaucoup de citoyens anti-Wall Street, qui protestent à juste titre contre les inégalités et les injustices du système », tout en expliquant qu’il fallait les distinguer des manifestants d’Athènes. »
      C’est à cause de cette distinction que le gouvernement du socialiste Papandréou ( famille de premiers ministre depuis etc…)songe à baisser le salaire minima (750€), qui est vraiment trop élevé par rapport au Portugal et à l’Espagne: c’est la façon socialiste de lutter contre les inégalités salariales et sociales, cela est prometteur: vivement…

      1. Ça me gonfle , le réchauffement climatique !
        Alors voilà :
        Je me suis tapé l’intégralité du rapport du GIEC et je te livre ceci :
        – 95 pour cent des réserves d’eau douce de la terre se trouvent dans L’ANTARCTIQUE et les glaces là-bas augmentent d’année en année . Quand j’ai lu ça j’en suis resté baba !
        – le métier de climatologue n’existe pas . C’est une invention très récente de qques gugusses qui sentent le vent et se font ainsi des carrières faciles . Le problème du climat est une affaire d’une complexité telle que ceux qui travaillent sur ce sujet sont complètement dépassés , ça transparaît lourdement ds le rapport .
        – Al Gore et son joli film ( le CO2 ! le CO2 ! Le CO2 ! ce qui est archi-faux : d’après le rapport du GIEC , le problème est en fait celui du méthane ) … Ce même Al Gore qui , alors qu’il était au plus haut niveau et participant à Kyoto , a refusé TOUT relativement au protocole ! Sans commentaires !
        – je ne suis pas un pote d’Allègre
        – tout ceci dans un catastrophisme ambiant qui sert qui ?
        LA TERRE EST SOLIDE .

      2. @taratata
        Ben voyons! Grâce à votre brillante synthèse le monde entier apprend que le réchauffement climatique n’existe pas! Vous n’êtes pas encore un pote d’Allègre? Rassurez-vous vous allez le devenir! A vous le Nobel… La terre est solide, oui. Elle s’en balance du chaud ou du froid: elle tourne toujours. C’est l’espèce humaine qui est menacée par le réchauffement, pas la terre!

  9. Ça sent le roussi, les » rats » qui ont soutenu Wall Street commencent à quitter le navire : signe que le bâtiment coule

  10. Les américains essayent de sortir d’un bipartisme finalement à peu près aussi bien verrouillé que certains régimes de « parti unique ». (n’était-ce pas Julius Nyerere, qui disait quelque chose comme « nous, en afrique, n’avons les moyens d’avoir seulement un parti unique. Tandis que vous – il parlait, je crois, de l’Angleterre – vous êtes riches et pouvez vous payer deux partis uniques. »).

    Grâce à leur primaire et à une extraordinaire collusion des médias, les socialistes font tout ce qu’ils peuvent pour nous y amene (au bipartisme sclérosant. Il faut dire que cette collusion est intéressée : d’une part, cela fait de l’audience pour pas cher, d’autre part, cela place les médias dans leur rôle favori, celui de faiseur de rois (avec leur bons amis les instituts de sondage).

    Le plus pitoyable, c’est ce pauvre Montebourg, qui sert de caution, par un discours plus à gauche à l’ensemble du dispositif, et nous fait croire aujourd’hui qu’il peut survivre politiquement dans un tel système parce qu’il a écrit une belle lettre aux deux éléphants.

    Je vous livre juste la conclusion de sa lettre :

    « C’est donc confiant dans votre intelligence politique et dans votre volonté de l’emporter demain face à la droite que je vous ai écrit. Beaucoup de Français, avec moi, attendent votre réponse.

    Chère Martine, Cher François, soyez assurés de ma meilleure estime et de toute mon amitié socialiste. »

    Bon, il est donc confiant … Nous voilà rassurés ! Il n’y a plus qu’à attendre.

    1. Les actes politique qu’il fera dans les jours/semaines à venir nous diront s’il s’agissait là de naïveté ou d’ironie.

      1. Oui, bien d’accord avec vous. Il y a sûrment un peu d’ironie face aux « impétrants » qui se ressemblent et s’assembleront.
        Montebourg à mon humble avis n’appellera pas à voter pour l’un ou l’autre… pas fou non, avec ce score?
        La lettre? Un moyen de poser par écrit ses exigeances porgrammatiques

        Quant à Ségolène, ou Sinclair, qui se couchent politiquement et psychologiquement devant leurs mecs… je serai plus méchante… normale, je suis une femme et je n’ai pas l’intention de me « coucher » ( avec un mec) sinon dans un lit! Ne confondons pas les situations… la politique, et l’affection.
        Bien à vous tous,

        Bettina
        Mon blog: Fictions et frictions…

      2. Bon, il va voter Hollande … à titre personnel.

        Si c’est personnel, pourquoi ne le garde-t-il pas pour lui ?

        En revanche, il s’est bien gardé de répondre à Mélenchon, qui lui, a répondu à sa lettre, point par point, démontrant que le seul programme à mettre en cause le pouvoir des banques, le système anti-démocratique de la 5ème république européannisée, … était celui du Front de Gauche .

        En tous cas, le ralliement général des personnalités et des médias finit par rendre la candidature Aubry sympathique (ceci n’est pas un jugement politique).

  11. We are anonymous,
    we are legion,
    we are 99%,
    we don’t forget,
    we don’t forgive,
    expect us!

    N’essayez pas de donner un sens politique!
    Juste ECOUTEZ ce que le peuple dit.

    Pour ceux qui font autres choses de leurs dix doigts que de taper au clavier:
    http://www.15october.net

  12. Tax the wealth where it is.
    Tax the wealth where it has been accumulating.
    Tax the wealth that hasn’t been taxed before.
    Tax the wealth that, by avoiding taxes, was able to make money by lending to our governments.
    Stop doing it to us (99%)
    Do it to them (1%)

    http://rdwolff.org/

  13. Sortez un peu, les gars ! (Et les filles !)

    Allez lire Naomi Klein à Occupy wall Street.

    Et Frédéric Lordon, brillant, avec ses valeurs qui sont les nôtres, celles des frères et soeurs humains, pas celles de la finance, ici à l’oral, à la fête de l’Huma, en vidéo avec les images et en couleurs, intelligent, clair, vif, vif, vif !, et drôle autant qu’on peut l’être en la matière: http://www.la-bas.org/

  14. La lecture de ce billet me laisse comme un espoir (trompeur ?)
    D’un seul coup, un changement de discours adopté par ceux-mêmes qui ont participés ou cautionnés (à) la spéculation.
    Est-ce un discours de la prudence à la Balthazar Gracian ?
    Ou le simple fait de le dire, va-t-il (même s’ils ne le pensent pas eux-mêmes) avoir des effets ?
    Le capitalisme déchoira-t-il vertueusement à la manière d’une « révolution des oeillets » ?
    Comme la feuille se détache d’un arbre ?

  15. En 2011, il y a 1210 milliardaires recensés par Forbes dans le monde entier ( http://www.lemonde.fr/international/article/2011/03/09/classement-forbes-record-absolu-du-nombre-de-milliardaires-dans-le-monde_1490845_3210.html ), et 11 millions de millionnaires ( http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/22/04016-20110622ARTFIG00607-onze-millions-de-millionnaires-dans-le-monde.php )… Soit moins de 2% de la population mondiale.

    Nous sommes donc un peu moins de 99% à vouloir que cela change, mais c’est déjà pas mal !

    Pourquoi alors continuons-nous à nous laisser ainsi rouler dans la farine ?

    Engagez-vous monsieur Leclerc, engagez-vous monsieur Jorion, et profitez de votre visibilité pour soutenir les initiatives qui veulent faire bouger les lignes ! Nous sommes près de 99 % à désirer ce changement.

    Il n’est plus temps d’analyser la situation, car bientôt on renflouera encore les banques, on taxera encore les plus fragiles, on continuera de détruire l’Etat social, et tout cela sans même prendre la peine de consulter les principaux intéressés, c’est-à-dire les 99 % qui forment le peuple. Et on finira quand même par devoir se révolter… alors pourquoi pas maintenant ?

    http://unricpouruneac.unblog.fr

    1. @Caleb

      11 millions cela fait environs 0,2% de 6 milliards. Donc il y aurait plutôt 99,8% de la population qui voudrait que cela change.

      1. … d’autant qu’on est même plutôt 7 que 6 (6 775 235 700 d’après Google) !!
        Après la distanciation, la guérison ??

  16. Je me permet de faire partager cette petite histoire, qui a tout de même un lien avec ce que nous vivons..

    Droit dans la brume

    La béante bouche du métro cracha comme tous les matins son flot d’humains dans l’allée centrale. Une marche rectiligne et ryhtmée qui ne pensait pas. Lehrman n’avait pas eu le temps de prendre son café et peinait à suivre une telle cadence. Essouflé, il ralentit et aussitôt encaissa le pare-choc de la locomotive qui le poursuivait. « Voyons, faites attention Monsieur! ». Dans un dernier effort, il se fraya une chemin hors du torrent et s’abrita contre un buisson épineux dont les feuilles brunes tressaillirent. Il regarda passer les longs manteaux, les chapeaux en velours, les visages figés, les paires d’yeux sans lueur. Bientôt le flux devint moindre et il put reprendre la marche à son rythme.

    Au bout de l’allée centrale, se dressait la grande tour en verre avalée par la brume. La base du tronc était encore visible, mais le bureau de Lehrman situé au 65ème étage, se retrouvait de l’autre côté du rideau gris. Dans le hall, des tableaux représentant des formes géométriques superposées de milles façons envahissaient tous les murs. « Lehrman, entreprise Dexley & Co » dit-il en se présentant à la reception pour recevoir son badge. Il se rendit machinalement aux ascenceurs: une série de bulles vitrées donnant sur l’extérieur qui chutaient le long de la façade comme des larmes. A l’intérieur, il poussa sur le bouton 65 et la bulle démarra en trombe, croisant les gouttelettes de pluies en sens inverse. A l’horizon, s’étendait une forêt de semblables troncs carrés, dont seule la couleur du verre différait quelque peu, separés par des voies rapides de 12 lignes blanches. La brume grisâtre se rapprochait à toute allure et fut bientôt percée.

    En arrivant au bureau, Lehrman fut avertit par la secrétaire. « Vous êtes en retard et le chef est bizarre aujourd’hui. Il vous attend immédiatement ». Lehrman se délesta de sa malette et courut toquer à la porte du directeur. Il s’engagea avec peu d’assurance dans un antre transpirant la frayeur. « Ah enfin vous voilà Lehrman. Je ne pouvais plus attendre! Nous avons un gros problème.
    – Quel problème?
    – Au dessus, ils veulent nous larguer.
    – Comment, Machinari ne veut plus de nous?
    – J’ai reçu un mail avec accusé de réception. Ils veulent nous larguer je vous dit. C’est la fin pour nous.
    Le directeur Dexley semblait déjà porter le deuil avec son costume noir épousant parfaitement son corps sportif et une cravate grise. Mâchant frénétiquement son stylo-plume, il ajouta:
    – Mais il reste une solution.
    – Laquelle? Je ne vois pas. Je vous avais dit qu’avoir un seul client est suicidaire.
    – Hé bien, il faut que Machinari nous garde. Par tous les moyens.
    – S’il a pris sa décision, je ne vois pas comment.
    – Par tous les moyens… répéta le chef qui regardait la masse de particules d’eau en suspension contre les vitres. Il se dirigea vers un des tableaux géométriques et en dechira la toile d’un seul geste. D’une cachette, il sortit un sac remplit de billets.
    – Voici le moyen. Avec ces réserves liquides nous pouvons tenir quelques semaines, même si nous proposons de réduire le prix de 70% pour tous nos services. Nous aurons le temps d’organiser notre fuite.
    – M. le directeur, vous êtes fou!
    – Maintenant allez-y. Proposez une réduction de 70%. Il ne pourra pas refuser. Je vous fait confiance, vous êtes le plus humain d’entre nous.
    – Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu.
    – Moi non plus! Qu’est-ce que vous croyez. Allez-y, ne perdez pas de temps. Hop hop, tout en haut, au 155ème. Nous n’avons plus que 40 minutes avant l’expulsion. »
    Lehrman sortit du bureau et tituba jusqu’aux aux bulles vitrées. Ses muscles étaient si contractés qu’il ne pouvait respirer normalement. Ecrasé par la responsabilité, il ne put se retenir de vomir tout son être sur la moquette dont les lignes traçaient des rectangles à l’infini. Levant la tête, il croisa le regard horrifié d’une femme qui passait dans le couloir. Elle évita avec soin la flaque nauséabonde, puis actionna le point de contact avec la centrale afin de commander un robot nettoyeur « en toute urgence ».

    Seul dans la bulle filante, Lehrman s’élevait vers l’inconnu. Jamais il n’était monté au-delà du 65ème étage. A présent, il ne restait plus que 30 minutes pour sauver l’entreprise. L’ascenceur s’arrêta net au 140ème etage. On ne pouvait aller plus haut! Se précipitant a l’extérieur, il agrippa un employé à lunettes qui déambulait avec une pile de documents.
    – Répondez-moi vite, pourquoi ne peut-on aller au 155ème?
    – Vous n’êtes pas au courant? C’est à cause de la grande réorganisation, il n’y a plus de 155ème depuis deux semaines déjà!
    – Mais alors… je suis quand même bien au dernier étage, chez Machinari?
    – Oui, oui, bien sûr. Suivez les lignes, tout droit.
    Lehrman se lança dans le couloir blanc. Les néons défilaient, projettant verticalement leur lumière spectrale sur son visage en sueur. Suivant les lignes de la moquette, il prit le couloir de droite, puis encore le couloir de droite, puis encore le couloir de droite. Perplexe, il atteignit enfin un imposant sas circulaire, ressemblant à un coffre de banque. Il consulta sa montre et se rendit compte qu’il ne restait plus que 20 minutes. Une réceptioniste l’accueilla avec le sourire.
    – Bonjour, vous désirez?
    – Bonjour, je travaille à Dexley & Co. J’aimerais m’entretenir de toute urgence avec M. Machinari s’il vous plaît.
    – Bien sûr, M. Machinari a toujours du temps pour répondre à ses sous-sous-traitants. La salle 250 je vous prie, après le sas, sur votre droite.
    Lehrman contempla la lente ouverture du sas, dont le méchanisme tiquetait comme une horloge. A ses côtés, un autre employé muni d’une volumineuse malette attendait également. Il tremblotait et semblait tout aussi paniqué. Lehrman espéra qu’il serait le premier à pouvoir s’entretenir avec Machinari. Il était prêt à le doubler sans manière car la fuite du temps s’accélérait, comme si les grains d’un sablier glissaient de plus en plus vite. Dès que ce fut possible, ils se ruèrent tous les deux à l’intérieur. L’autre employé pénétra dans la salle 249. Lehrman, soulagé de ne pas devoir attendre son tour, entra dans la salle voisine.

    La pièce était plongée dans la pénombre. Un pointillé de veilleuses blanches au sol lui permit de se rendre jusqu’à un confortable siège au milieu. Dès qu’il posa son postérieur dans le cuir moelleux, un écran translucide s’illumina devant lui, affichant une phrase:
    – Bonjour M. Lehrman, je suis Machinari. Que puis-je pour vous?
    – Cher M. Machinari, nous venons d’apprendre que vous avez décidé de nous expulser. Nous aimerions en connaître les raisons, car nous avons été si fidéles et si efficaces pendant toutes ces années. C’est un véritable choc pour nous.
    – Nous réorganisons la structure. D’après le traitement objectif des données disponibles à propos de votre firme, vous rapportez moins que le nouvelle application qui effectue le même travail de traitement de données.
    – Nous vous demandons de nous garder encore 3 semaines!
    – Quelle donnée objective présentez-vous pour avancer une telle demande?
    – Une réduction du prix de l’ordre de 70% pour tous nos services.
    L’écran s’éteignit. Lehrman se retrouva seul dans son fauteuil, plongé dans une nuit artificielle qui l’enveloppait comme un retour précoce au néant. Pas un son, pas une onde ne vint troubler l’air de la pièce pendant de longues secondes.
    L’écran se ralluma un court instant, le temps d’afficher le dernier jugement.
    – La donnée objective fournie ne permet pas de revenir sur cette décision. Au revoir et bonne journée.

    Les veilleuses blanches indiquèrent la sortie. Lehrman, la tête basse, retourna au bureau annoncer la triste nouvelle. Il ne restait plus que quelques secondes quand il retrouva le directeur. Soudain, une sirène hurlante perça leurs tympans. Alors que les murs commencaient à grincer, le directeur murmura un « tant pis » qui fut etouffé par une violente compression de l’espace. En effet, la tour en verre possédait un méchanisme permettant de rajouter ou de supprimer les étages en fonction des besoins.

    Ce jour là, elle ne s’élevait plus que jusqu’au 138ème.

  17. Eric Cantor, numéro deux de leur groupe à la Chambre des représentants, a déclaré : « je suis de plus en plus inquiet du nombre de voyous qui occupent Wall Street et les autres villes à travers le pays »

    Bigre! Les voyous ce sont ceux qui spéculent sur tout et en particulier sur les produits alimentaires. Et il semble qu’ Eric Cantor soutienne ces voyous…

  18. « Cessez d’accuser Wall Street ou les grosses banques, si vous n’avez pas de travail et que vous n’êtes pas riche, c’est de votre faute ! ».

    Tant mieux s’ils ne sont pas riches. En dernier ressort c’est la vie qui décide. Entre les oubliettes de l’histoire et la pierre d’achoppement ça se maintient. La culpabilité ? : formulation expressive du lâche toujours et gratuitement. Si on savait ce que recouvre le mot « vertueux » ou encore mieux « peuple vertueux » on aurait tous honte. Les vers de terre, eux, travaillent la terre – point.

  19. Et dire que je n’ai même pas eu le temps de sécher mes larmes de rire! Après Davos, Porto Alegre et Alain Juppé altermondialiste, en revoilà une couche, et pas des moindres.
    Un discours de Toulon bis ne suffirait plus à nous rassurer. Nous devrions observer, sous peu, après Madrid et Wall Street, notre Nanoléon indigné…

    Zélatrices hesselliennes, toutes indignées seulement qu’elles sont, les récentes émanations d’Espagne n’en sont pas moins réconfortantes en ces temps indélicats. Hélas, les voilà dramatiquement engourdies. Déjà galvaudées. Comme si la colère et le mépris qu’elles expriment de façon très policée face à l’ubris institutionnalisée suffisaient à faire osciller cette dernière… Il nous faudrait encore redoubler de vigilance, tant il est crucial de ne pas confondre exhalaison et évolution : conspirationnistes et sympathisants d’extrême droite côtoient universitaires situationnistes ou révolutionnaires marxistes dans ce même élan d’indignation, qui faut-il le redire se targue d’être apolitique …
    Offusquons-nous, hélas, de ces alliances contre-nature, nécessairement éphémères, ineptes mais déjà là, et tout ce qui nous opprime perdurera. Réjouissons-nous, hélas bis, de ces ententes passagères, de leur propagation obséquieuse à d’autres nations, et fatalement, d’un regard attendri, transi de condescendance, tout ce qui nous opprime perdurera. Est-ce à dire que la chute de l’oppresseur est au prix d’un pacte avec le diable ? Que ce dernier peut encore être raisonné ? Est-il possible de « fédérer les tribus » autrement que sous couvert d’apolitisme? Pire même ! Lorsque la goutte d’eau fera déborder le vase, aurons-nous seulement le choix ?

    Fort heureusement, en l’absence de cohérence politique, l’idée progresse et sera tantôt convenue : chaque manifestation est l’ersatz folklorique d’une révolution reculée, attendue comme une sorte de jugement dernier par le précariat (ou autre indignariat en passe de le rejoindre) ; attendue comme une épreuve de plus par nos hiérarques farcis de solutions techniques et coercitives, désireux de sauvegarder la configuration actuelle. Chaque vote, quant à lui, reste l’abdication politique majeure dans la contemplation d’un simulacre de démocratie.

    Les Tunisiens, eux, n’étaient pas seulement indignés!

    Qu’attendons-nous, au juste?

    1. @ Cyberpipas
       » …conspirationnistes et sympathisants d’extrême droite côtoient universitaires situationnistes ou révolutionnaires marxistes dans ce même élan d’indignation, qui faut-il le redire se targue d’être apolitique … »
      Bien vrai ! Et je subodore que , ce qui lie tous ces votards, c’est la conscience qu’il y a un fort risque qu’ils ne puissent accéder au jolis postes de petits cadres qu’ils convoitaient .
      Ah le vieil ambassadeur ! Drapé de dignité ! Quel succès !
      Pendant ce temps les banquiers hurlent de rire et les banques…
      FLAMBENT !

      1. Exact, la peur grandissante du déclassement et l’illusion d’un retour à l’équilibre possible contient l’indignariat dans une protestation dramatiquement policée. De quoi amuser les banquiers, mais pas seulement.

    1. Merci. C’est toujours un plaisir de lire Flore Vasseur.
      J’ai envie de dire, cette Amérique là je l’aime ! Et tant pis pour les grincheux.

    2. Merci du tuyau. Elle n’a pas beaucoup de visite sur son blog, alors que la qualité de sa rédaction et le ton me semblent toujours très juste (je n’en dirais pas autant à l’oral où sa chronique sur FC n’est pas la moins bafouillante… la critique est facile…)

  20. « La culture jusqu’ici n’a progressé qu’a coup de pied au cul administrés par cet être aveugle qu’est la pression de nécessité. La vie quotidienne du citoyen l’a suivi au pas cadencé. Je souhaite une culture faisant l’école buissonnière, le nez barbouillé de confiture, les cheveux en broussaille, sans pli de pantalon et cherchant à travers les taillis de l’imaginaire le sentier du désir. »
    Henri Laborit

  21. Apparemment, le mouvement #occupy wallstreet n’aiment pas beaucoup le journalisme d’opinion, et certainement à raison quand celui ci n’est plus simplement de donner son avis sur des faits, mais plutôt de manipuler ou exclure des faits pour influencer votre avis 🙂

    ici c’est à Fox News qu’ils le font comprendre 🙂
    http://www.youtube.com/watch?v=HxQHys4Tmf4

  22. @ Guillaume de Montréal
    Ce n’est pas ce que le Québec, dans son ensemble, pense car Antagoniste.net est un des sites web du mouvement libertarien québécois et canadien sous patronage bienveillant de l’Institut Économique de Montréal, caisse de résonance par excellence du néo-libéralisme canadien et du grand financier canadien Paul Desmarais dont la fille, si je ne m’abuse, est un de ses membres directeurs.
    Paul Desmarais est un grand ami de Sarko…

    André Lorimier
    Deux-Montagnes Québec

  23. Tant qu’ils ne sont qu’indignés, Ben Bernanke et ses amis peuvent dormir du meilleur sommeil.
    C’est tout juste une soupape.
    Par contre si la situation perdure et s’aggrave, le indignés feront place aux révoltés.
    Là-bas et ici…

    1. @ FL
      « … les indignés feront place aux révoltés.  » à la seule condition que ce mouvement soit écrasé !

  24. L’on se rend un peu plus compte de l’imposture du mouvement à l’aune de ses ambitions, souvent autocensurées, systématiquement revues à la baisse dans le sens où il moins question de post-capitalisme que d’aménagement acceptable de ce dernier par ses déçus, ces derniers se contentant de clamer leur frustration. Malheureusement donc, les propos d’Herman Cain trouveront encore du crédit au delà de son cercle des 1%… chez ces « chanceux » ayant un emploi, une situation comme l’on dit, une petite propriété…

    Imaginez-vous les Parisiens s’arrêter aux portes de la Bastille, le 14 juillet 1789, pour clamer haut et fort leur indignation?
    Imaginez-vous les communards se prenant en photo dans les rues, sur les places publiques, avec leurs petites pancartes scandalisées?

    N’allez surtout pas prendre ces gardes à vues à ciel ouvert pour des révolutions! Occupy Wall Street, hélas n’occupe pas Wall Street. Si l’objectif initial était bien la prise et la suspension de la Bourse pour y installer une plate-forme de revendications, nous en sommes bien loin à présent. Et l’on ne pourra s’étonner que ce « faire semblant », apprécié de tout hiérarque, tourne rapidement au ridicule.

    1. Personne que je sache, n’a prétendu qu’il s’agissait — à stade — d’une révolution, exceptés peut-être quelques myopes.
      C’est un peu facile derrière un écran d’ordinateur de dénoncer une soi-disant imposture.
      C’est un mouvement pacifique, et son immense mérite est de donner une visibilité au désir d’une société moins inégalitaire. Aux Etats-Unis c’est un signe fort. Avez-vous lu ce qu’ont dit certains républicains ? Les indignés sont par eux qualifiés de voyous. Ce seul fait à lui seul disqualifie l’idée selon laquelle il s’agirait d’une imposture.

      1. C’est cela même: la visibilité (transparence, sors de ce corps!) est le but ultime de tout simulacre…
        Quand à l’assouvissement du désir d’une société moins inégalitaire, à défaut de révolution vers une société égalitaire, cet assouvissement ne surgira pas de gardes à vues géantes d’indignés en plein air, dussent-elles avoir lieu sur les plus grandes places des plus grandes villes du monde en attendant l’hiver…

        C’est facile de critiquer, certes, cela l’est d’autant plus depuis un ordinateur, c’est même pour cela que nous les avons inventé! En partie…

        Sinon, moins facile, les économistes enragés de Grenoble ont ouvert un cycle et font chauffer leur bulbe pour de meilleurs lendemains.

    2. tout a fait, comme Baudrillard aurait pu le dire, nous sommes dans un « simulacre »… y a un très beau spectacle il parait sur 1789….. SUR SCENE…LOL

    3. C’est vrai, c’est bien plus révolutionnaire de rester chez soi à surfer!
      En clair: que proposez-vous, Cyberpipas?

      1. Mais je suis père au foyer depuis 15 jours! Ok un peu geek au foyer quand même, 8) je trouve cependant le temps de participer à la fabrique du futur, cycle de réflexion à Grenoble, qui articulera dans un avenir proche nos pratiques informelles ou associatives et nos stratégies pour les valoriser; le tout débouchant sur un modèle économique viable débarrassé de ses oripeaux capitalistes!

        En vrac, déjà fait, à refaire, à étendre:
        -maisons passives OSB toiture végétale en auto-construction avec les voisins du quartier, mise en commun des outils, échange de temps de travail (anciennement banques, crédits immobiliers et Bouygues)
        -aide à l’installation de paysans, récupération de terres autour de Grenoble, création d’un réseau d’entre-aide, plante de patates, récolte, etc, échanges de biens et de services associatifs monétisés (AMAP) ou non mercantiles (anciennement banques, crédits à la consommation, et Monsanto)
        -construction de cuves à biogaz, pose de panneaux solaires, pompe à bélier hydraulique, transition vers l’autonomie énergétique (anciennement EDF, GDF, Areva, actionnariat)
        -crèche parentale (anciennement exclusion des parents)
        -prise de précaution avant équipement, récupération en amont des bennes de déchèterie, promotion du don, redistribution… (anciennement décharges débordantes)

        Ce que je vous propose? Quelques pistes encore chaotiques… Je veux bien vous prêter ma boussole, je n’en ai nul besoin, pas plus que d’un itinéraire fixe, pour arriver à destination…

        À faire
        -crèche enfantale, sur le modèle des crèches parentales (anciennement exploitation de l’or gris)

        En fait ce post me motive à créer une meilleure liste, que je n’aurais qu’à actualiser et à copier coller lorsqu’on me demandera que proposez-vous, Cyberpipas?

      2. Rien de tout cela n’est contradictoire, au contraire
        avec se compter, se rassembler, permettre à tout un peuple l’ouvrir,
        démontrer son nombre et sa force, dans l’indignation, pour aller vers la révolte,
        et nécessairement une révolutin de civilisation, là-bas et ici.

        A propos, bon travail sur Hanel. Cela m’intéresse.
        J’aurais aimé être à Grenoble pour participer.
        Il faudra signaler docs et discussions si disponibles.

  25. Bonjour à tous,

    Le 15 octobre à Paris, c’est 14h00 à Gare du Nord…

    Vous ne m’y verrez pas…je serais à Bruxelles 😀

      1. Je ne parviens pas à accéder à la carte. Je suis plutôt en campagne, la préf la plus proche est La Roche sur Yon, Nantes c’est jouable aussi…??

  26. Seven core demands:
    1) End the Collusion Between Government and Large Corporations/Banks, So That Our Elected Leaders Are Actually Representing the Interests of the People (the 99%) and Not Just Their Rich Donors (the 1%).
    2) Investigate Wall Street and Hold Senior Executives Accountable for the Destruction in Wealth that has Devastated Millions of People.
    3) Return the Power of Coining Money to the U.S. Treasury and Return to Sound Money, End the Fed
    4) Limit the Size, Scope and Power of Banks so that None are Ever Again “Too Big to Fail” and in Need to Taxpayer Bailouts
    5) Eliminate “Personhood” Legal Status for Corporations
    6) Repeal the Patriot Act, End the War on Drugs and Protect Civil Liberties
    7) End All Imperial Wars of Aggression, Bring the Troops Home from All Countries, Cut the Military Budget and Limit The Military Role to Protection of the Homeland

  27. Ce n’est pas le secteur financier qui à mis la pagaille , ce sont les états qui se sont trop endettés.
    NA

    1. @ bertrand
       » Ce n’est pas le secteur financier qui à mis la pagaille , ce sont les états qui se sont trop endettés. »
      Tu viens d’arriver ? gros bêta , va !

      1. » Ce n’est pas le secteur financier qui à mis la pagaille , ce sont les Etats qui se sont trop endettés. »
        Merci de ta réponse, taratata. D’où sors-tu, bertrand ?

    2. Dans l’acte de prêt il y a toujours deux parties : le prêteur et l’emprunteur, et tous deux ont leur part de responsabilité si quelque chose se passe mal.

  28. Hors sujet

    A propos de la fermeture de la sidérurgie liégeoise à chaud qui vient d’être annoncée (deux hauts fourneaux et une foule de service périphérique du groupe Arcelor-Mittal), les propos des uns ou des autres mentionnent l’expression que c’est « structurant pour l’économie ».
    Est ce que quelqu’un peut m’expliquer ce que cela veut dire ?

    1. Une Europe politique?
      Non, non, non, une bonne grosse banque autorisée à extorquer les états avec une immunité supérieur à celle de nos hommes politiques…

  29. Ce ne sont pas les « néo-bolchéviks type Montebourg » qui provoqueront la démondialisation,
    c’est la rareté et donc la cherté de l’énergie qui vont obliger de facto à relocaliser.
    Certains prospectivistes prédisent un baril de pétrole à 400$ le baril en 2020!
    Ce problème n’est toujours pas au coeur du débat électoral, mais c’est bien cette contrainte
    qui va nous obliger à changer un certain nombre de choses dans les années et les décennies à venir, dans nos modes de vie plus précisément.
    Le monde réel va se rappeler de plus en plus à nous, et nous obliger à regarder les vrais problèmes en face.
    Car la crise de l’énergie est bien plus fondamentale qu’une crise financière, même si celle que nous vivons est majeure. Mais la seconde peut se résoudre par des décisions politiques et des lois interdisant les formes de spéculation les plus éhontées, par contre la première concerne le substrat physique de notre activité économique.
    Si l’énergie se fait de plus en plus rare, et donc chère, des décisions politiques et des lois ne pourrons pas faire jaillir du pétrole là où il n’y en a plus.
    A titre d’illustration la Chine construit chaque année l’équivalent de 50 centrales nucléaires. En fait elle construit surtout des centrales au charbon et nucléaires. Ceci est prévu de se continuer sur les deux décennies à venir. Je ne parle même pas des effets sur le climat, ni sur la biosphère.
    La question qui se pose est: « L’humanité veut-elle survivre au un ou deux siècles à venir », ou veut-elle, apparemment par cécité volontaire, continuer à se suicider en tant qu’espèce.
    Lorsque le climat aura basculé, lorsque les radionucléides auront pollué des territoires entiers, il sera trop tard. Ceci dit si l’espèce humaine disparaît, le Cosmos s’en souciera comme d’une guigne, c’est nous que cela devrait soucier.
    Dans ce genre de situation toute la problématique est de provoquer une prise de conscience collective suffisamment tôt pour que des mesures de sauvegarde puisse être prises à temps.
    Mais au moment où l’on parle les dangers évoqués ne sont encore que virtuels, d’où la difficulté de se faire entendre. D’autant plus qu’il y a toujours des gens qui encouragent la politique de l’autruche.
    En conclusion sans être devin il est fort probable que nous allons à continuer à faire comme si de rien n’était. Lorsque les problèmes aujourd’hui virtuels, deviendront bien réels alors ils se résoudront dans des convulsions violentes et dévastatrices. Mais comme cela concernera les générations de nos enfants, petits-enfants ou arrière petits-enfants…
    Egoïsme générationnel quand tu nous tient!
    Certains prospectivistes disent par ailleurs que les seules énergies renouvelables – l’énergie solaire en fait – ne permettraient de faire vivre dans des conditions matérielles telles que nous les connaissons dans les pays encore riche, que 500 à 1 milliard d’hommes et de femmes, dans le meilleur des cas 1,5 milliard. Or nous sommes déjà 7 milliards…
    A l’égoïsme générationnel, s’ajoute l’égoïsme géographique: égoïsme dans le temps et dans l’espace en quelque sorte.

      1. Joan:

        Faites gaffe que si vous ne traitez que l’environnement, et que si vous privilégiez l’approche démographique (qui a pour caractéristique de considérer un chiffre de population historiquement asexué), vous passerez à côté de la question de sociale.

        En d’autres termes, vous faciliterez une forme ou l’autre d’éco-fascisme déjà tout prêt à éclore, qui est la pente naturelle de la domination.

      2. @Leboutte

        Bien évidemment il ne s’agit pas de « supprimer » 5,5 milliards d’êtres humains qui seraient déjà surnuméraires, plus que du fascisme ce serait carrément du nazisme.
        Non le but d’une prise de conscience le plus en amont possible des problèmes qui plus que probablement vont assaillir l’humanité dans les deux siècles à venir, est de prendre des mesures correctives tant qu’il en est encore temps, tant sur les plans de la consommation d’énergie-matière globale, que de la croissance démographique.
        Sachant que si l’on prend ces mesures aujourd’ hui, elles ne feront effet que dans 30 ou 40 ans au mieux. Nous avons affaire à des constantes de temps très longues par rapport à une vie humaine.
        Le but n’est certainement pas de faciliter l’éclosion d’un écolo-fascisme, mais au contraire d’anticiper pour éviter que nos descendants ne soient confrontés à des situations dantesques.
        Pour le reste à plus court terme il y a effectivement des combats à mener sur le plan social, pour un répartition plus équitable des richesses, à l’intérieur des pays, mais aussi entre les pays. Je n’ignore en aucune façon la question sociale et la crise financière actuelle.
        Mais on ne doit jamais oublier la toile de fond du monde physique qui a mis a notre disposition (gratuitement) des ressources non renouvelables – en quantité considérables certes – mais malheureusement non illimitées comme certains sembleraient vouloir le croire ou le faire croire. Ces ressources, en particulier le pétrole, ont permis une explosion de productions matérielles et de la consommation afférente, mais aussi une explosion démographique corrélative. Certains appelle cette période historique l’ Oléocène, mais sur le plan historique ce sera une période très courte (2-3 siècles maximum), et encore plus courte à l’échelle géologique.
        Notre agriculture productiviste s’écroulerait sans un pétrole bon marché et cela entraînerait sans aucun doute encore plus de famine dans le monde qu’il y en a aujourd’hui et pourtant il y a déjà trop d’habitants de cette planète qui meurent de faim. Encore une fois sur le cour terme une meilleure répartition mondiale des richesses (et des savoirs faire) ferait baisser le nombre de gens qui meurent de faim et il faut bien sûr oeuvrer dans ce sens, mais cela n’empêche pas que nous devons aussi nous préoccuper dès à présent de problèmes qui vont être de plus en plus aigus à échéance d’un siècle ou deux.
        Pour conclure, je dirais: s’occuper dans l’immédiat de la question sociale tout à fait d’accord, mais en parallèle anticiper les questions liées à l’écologie et prendre des mesures dès à présent.
        Il est clair qu’il y a une grande difficulté à faire rentrer cela dans la conscience collective, sans doute parce que l’humanité n’a jamais été confrontée à pareils défis depuis qu’elle existe sur cette planète. C’est pour cela aussi que je suis convaincu qu’elle joue son avenir en tant qu’espèce.

    1. Bonjour,

      Homo sapiens a violement supprimé Homo Neandertal.
      Homo sapiens est tellement crétin et stupide qu’il n’a même pas besoin d’attendre le prochain chainon de l’évolution pour être éliminé.
      Mr homo sapiens réalise tout cela sans aucune aide.
      Le seul à conserver un sourire béat pendant qu’il coupe la branche sur laquelle il est assis.
      Personnellement, je pense qu’homo sapiens n’en a plus pour très longtemps.
      La nature ou l’univers travaille sur une échelle gigantesque car nombre de graines ne donneront aucun arbre, aucun fruit, aucune récolte.
      La nature ou l’univers ont la fâcheuse habitude d’étêtér et d’élaguer les branches mortes pour ne laisser pousser que celles qui sont prometteuses.
      Les voies sans issues n’ont pas leur place dans cet univers, il suffit de regarder autour de nous pour s’en rendre compte.
      Homo sapiens a eu sa chance et n’a pas su valoriser le capital énergétique qui lui a été prêté.

      Cordialement.

      1. En fait, nous ne sommes pas « sapiens », mais « homo sapiens sapiens », celui qui sait qu’il sait:
        tous les espoirs sont donc encore permis!

      2. Je ne sais pas d’où vient cette certitude que Homo Sapiens Sapiens a éradiquer l’homme de néanderthal.

    2. @ Joan 13 octobre 2011 à 09:41
      Je partage à 100% votre vision des choses. C’est d’autant plus dramatique que la situation critique a été identifiée il y a 40 ans avec le Club le Rome et les travaux de Meadows au MIT. http://www.pauljorion.com/blog/?p=29415#comment-237481

      Le grand malheur de l’humanité est d’être tombée sous la coupe de personnes plus idéalistes que réalistes, plus manipulatrices d’immatériel que de créatrices de richesses matérielles, plus producteurs de paroles et d’illusion que de moyens indispensables à la vie, laquelle ne peut exister en l’absence d’énergie à consommer.

      Depuis que les alertes sont données, y compris sur le présent blog, sans que cela provoque de réaction, il faut se rendre à l’évidence. Les gens manquent de courage et préfèrent détourner le regard plutôt que voir le problème en face et s’y attaquer collectivement. Il faut partir de prises de conscience locales qui devront rapidement s’étendre à la globalité terrestre, car c’est à ce niveau, que le problème se pose maintenant, même s’il est plus critique dans certaines zones comme l’Europe et le Japon.

      Malheureusement le dernier sommet de Copenhague a montré que, tout comme les individus, les nations ne sont pas prêtes à prendre leur destin en main. C’est suicidaire.

    1. Plus de billets dans les distributeurs, plus de carte bleue, plus de chèques, tu fais comment?
      T’as combien dans ton porte-monnaie?

      J’ai essayé, c’est concret, ça marche.

  30. Ce blog rattrape enfin (un peu) son retard sur ce sujet.

    Je pense que ces manifestations auraient mérité un meilleur traitement, pas forcément dès le 17 septembre mais au mois dans les jours qui ont immédiatement suivis, ne serait-ce que pour compenser le black out médiatique total des débuts.

    En revanche, les commentaires évoquent bien ces manifestations depuis le 1er jour.

    1. Oui, mais le premier jour, personne n’aurait pu dans un billet
      détecter la dimension du mouvement.
      Et trois semaines plus tard, le billet de François le fait remarquablement.

  31. Bonjour à Toutes et Tous!

    Pour ceux qui ont lu mes quelques commentaires sur ce blog, ils me comprendront…

    « Cessez d’accuser Wall Street ou les grosses banques, si vous n’avez pas de travail et que vous n’êtes pas riche, c’est de votre faute ! ». –> C’est à me faire hurler! J’ai actuellement 3 « emplois » (1 salarié à 80% et 2 libéraux en cours de développement), une conjointe à charge car libérale ne pouvant plus exercer et non couverte par sa complémentaire santé. J’ai beau courir de 7h du matin à 20h/21h, et ce 5 à 6 jours sur 7, j’ai franchement du mal à m’en sortir. Urssaf, RSI, IR, CIPAV,…. de quoi en faire des cauchemars la nuit… Et pendant ce temps là, l’état (qui ne mérite plus son « E ») va recapitaliser les banques, avec mes (vos, nos) sous?!?

    Quelqu’un à de l’info pour le 15 Octobre sur Avignon??? Je pense qu’il est plus que temps que les Français (pourtant si réputés pour leur coup de gueule) décident de se réveiller, histoire que l’on arrête de se faire plumer pendant que certains (nos politiques) se gavent (et le mots est faible…)

    Bonne journée à tous!

  32. Ne boudons pas notre plaisir, le mouvement d’occupation, à Wall-Street ou ailleurs, me semble tout-à-fait inédit et vraiment porteur d’espoir. Personnellement, je n’y vois aucune imposture, mais des tentatives qui s’inventent au jour le jour, une occasion à saisir pour essayer de construire collectivement un langage commun. Au fond, ce mouvement m’apparaît un peu comme une incarnation de ce qu’est ce blog, sorte d’agora et d’université populaire en temps réel. Et pourquoi pas maintenant en « lieu réel »?
    Alors quand je vois la qualité et la diversité des commentaires qui s’expriment ici, je me dis, allez-y, faites-en aussi profiter le terrain, cette intelligence collective qui se construit ici, au risque de ne rester qu’un « jeu des perles de verre », mériterait de se frotter à la rue.

  33. Un comique est né:

    Georges Papandréou, premier ministre grec, a tenu a préciser en plein conseil des ministres : « nous luttons pour changer le système économique mondial, comme beaucoup de citoyens anti-Wall Street, qui protestent à juste titre contre les inégalités et les injustices du système », tout en expliquant qu’il fallait les distinguer des manifestants d’Athènes.

    Georges lutte, vous ne le saviez pas?

    1. oui qu’il est doux d’observer une rhétorique de pouvoir réduite en miette, même ce genre d’individu doit s’entendre mentir en parlant, et si ça se trouve ça résonne encore après !

  34. c’est vrai que ça commence à faire un peu beaucoup de bruit !! Cette menace d’attentat de l’Iran dénoncée par Hilary Clinton tombe vraiment à pic ! Tout rentrera dans l’ordre très bientôt .

    1. les capitalistes s’humanisent

      avant nous aurion eu droit à la guerre ; maintenant un bon gros attentat et tout le monde resserre les rangs ……………..

  35. Discour de Noami Klein devant les indignés US à NY :

    Naomi Klein : « Le mouvement Occupons Wall Street est actuellement la chose la plus importante au monde »

    Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de La Stratégie du choc, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières existent, qui permettraient de construire une autre société.

    J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant les manifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été (honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété par des centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de « microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a donc été très court. Voici la version longue de ce discours [publiée initialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].

    Je vous aime.

    Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondent en criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages de ce système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.

    Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : « Nous nous sommes trouvés. » Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se crée ici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peut être contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.

    S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéal pour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiques pro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce qui se passe partout dans le monde.

    Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande chose heureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, de Madison à Madrid, en disant : « Non, nous ne paierons pas pour votre crise. »

    Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France, en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même où la crise a commencé.

    « Pourquoi protestent-ils ? » demandent à la télévision les experts déroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : « Pourquoi avez-vous mis autant de temps ? », « On se demandait quand vous alliez vous manifester ». Et la plupart disent : « Bienvenus ! »

    Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre Occupy Wall Street et les manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attention à Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial, dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visant directement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoir participé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».

    Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisi pour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale du commerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils ne durent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. On apparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait. Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivi l’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement, au moins en Amérique du Nord.

    Occupy Wall Street, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vous n’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage. C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser. C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup trop de mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement. Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à long terme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sont emportés.

    Être un mouvement horizontal et profondément démocratique est formidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur de construction de structures et d’institutions suffisamment robustes pour traverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va se passer ici.

    Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à être non-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images de fenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent si désespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté implique que c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police que l’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvement grandit de plus en plus. Plus de sagesse.

    Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions le capitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage était bas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinés par l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas de fermetures d’entreprises.

    Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût. Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciable aux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantes que les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties. Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité, attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile à faire admettre, au moins dans les pays riches.

    Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Juste un tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant les biens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.

    Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système est profondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagé l’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nos océans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forage en eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie les plus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Et l’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons, créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont les catastrophes en série. Économiques et écologiques.

    Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents, qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et de construire un mouvement rapidement.

    Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.

    La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre.

    Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devons réussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter les taxes pour les riches, même si c’est important.

    Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notre société. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication, compréhensible par les médias. Et il est difficile également de déterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.

    C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dont vous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageant librement les informations et fournissant des soins de santé, des cours de méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que je préfère ici, c’est : « Je me soucie de vous. » Dans une culture qui forme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire : « Laissez-les mourir », c’est une déclaration profondément radicale.

    Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelques choses qui ne comptent pas :

    Comment nous nous habillons,
    Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,
    Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans une phrase-choc pour les médias.

    Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :
    Notre courage,
    Notre sens moral,
    Comment nous nous traitons les uns les autres.

    Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiques les plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que ce mouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore. Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner vers des cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté de vous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui est plus facile à gagner.

    Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous faire mutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns les autres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dans les batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche qui nous attend n’en demandera pas moins.

    Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.

    Naomi Klein, le 6 octobre 2011

    Discours publié dans Occupied Wall Street Journal. A lire : le blog de Naomi Klein (en anglais).

    Traduction : Agnès Rousseaux / Basta !

    reproduit de :
    http://www.bastamag.net/article1812.html

  36. « J’ai deux grands ennemis : l’armée sudiste en face de moi, et la haute finance dans mon dos. Des deux, c’est la seconde qui est la plus dangereuse… Je vois s’approcher rapidement une crise qui m’inquiète au point que j’en tremble pour l’avenir du pays… Nous avons abandonné le pouvoir aux grandes entreprises, et nous allons connaître une vague de corruption qui va s’infiltrer jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État. Les forces de l’argent vont tenter de se maintenir au pouvoir en excitant les classes sociales les unes contre les autres jusqu’à ce que toute la richesse soit concentrée en quelques mains et que notre République s’effondre. J’éprouve en ce moment plus d’inquiétude pour mon pays que je n’en ai jamais eue, même en temps de guerre. »

    Abraham Lincoln (1809-1865), 16e président des États-Unis (1861-1865) cité dans The Five Macro Crises of our Times, Rodrigue Tremblay, 9 octobre 2011.

  37. Je guette les infos sur la mobilisation de ce jour, mais il semblerait qu’en France, on ait 99% de soumis au diktat des financiers !
    Oups c’est vrai j’oubliais, il y a le rugby, le foot, secret story et puis ca fait peur de remettre en question un systeme qui nous assure (pour un temps encore) notre petit confort !

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