L'actualité de la crise : VERTUEUSE ALLEMAGNE, par François Leclerc

Billet invité.

Deux seuls pays semblent compter dans l’Europe d’aujourd’hui : la Grèce et l’Allemagne. Le premier parce qu’il est celui par qui le malheur pourrait arriver, et le second pour la même raison.

Les dirigeants européens sont engagés dans une course d’obstacles – qui se multiplient – afin de sauver la Grèce en finissant de l’étrangler. C’est à ce prix, quitte à l’exclure de la partie commence-t-on à admettre, que le reste de l’édifice pourrait continuer à tenir debout. Une chanson que les marchés n’apprécient plus. Eux ont enregistré que les liaisons incestueuses entre la dette publique et privée alimentent une machine infernale dont on entend distinctement le tic-tac.

La confusion règne à ce point à ce propos qu’en même temps Moody’s annonce étudier la dégradation des banques françaises et que Christine Lagarde procède à une diplomatique retraite sur le montant de la recapitalisation du système bancaire européen.

Tous les regards se braquent sur l’Allemagne, en position d’arbitrage, afin d’essayer d’anticiper l’évolution de sa politique européenne. Toutes les suspicions affleurent à nouveau, sans que pour autant le paysage ne s’éclaire. Les uns parient que son intérêt bien compris l’emportera et que l’Europe s’en sortira (mais dans quel état ?), les autres constatent que les blocages sont profonds et que la zone euro ne peut plus qu’éclater. Sans pour autant, dans les deux cas, parvenir à appréhender ce que cela représentera pour la suite.

Grand cas est fait d’un plan d’urgence qui utiliserait les ressources disponibles du Fonds de stabilisation financière pour soutenir les banques en cas de défaut grec et empêcher que l’Italie et l’Espagne entrent franchement dans la zone des tempêtes en leur accordant des lignes de crédit sur lesquelles elles pourraient tirer. Une autre hypothèse, qui pourrait rétrospectivement expliquer la démission de Jürgen Stark, le chef économiste de la BCE, serait que celle-ci n’aurait pas d’autre choix que de s’impliquer fortement pour éviter que tout ne s’écroule, les nouvelles missions du Fonds n’ayant pas été ratifiées.

En réalité, cette situation reflète l’impasse totale dans laquelle se trouve la résolution de la crise de la dette, dont un seul de ces volets, celui de la dette publique, continue d’être reconnu, sans pour autant le maîtriser. En dépit du fait que la dette privée, des banques en premier lieu, s’est réinvitée dans le panorama et ne va désormais plus le quitter.

Un éclairage à propos de la vertueuse Allemagne s’impose à ce sujet. Deux bad banks (structures de défaisance) créées en 2009 y stockent plus de 250 milliards d’euros d’actifs, les experts ne s’accordant pas sur l’estimation du montant des pertes sur ceux-ci qui vont devoir au fil du temps être couvertes sur fonds publics. Il y a en effet de tout dans ces actifs, depuis des obligations d’Etat de la zone euro jusqu’à des titres adossés sur des crédits américains de l’immobilier, notamment dans le secteur commercial, pour lequel 2012 est l’année de tous les dangers.

Les dépréciations en cours et à venir, sur lesquels la plus grande clarté ne règne pas, vont rapidement épuiser le capital dont sont dotées ces deux bad banks, imposant des recapitalisations. C’est en réalité l’équilibre budgétaire allemand qui est potentiellement mis en question par cette situation explosive. Gagner du temps et ne rien dire est dans l’immédiat la politique suivie, sans plus de visibilité pour la suite, car rien n’est prévu par le gouvernement.

Le monde bancaire est à son tour suspendu aux événements. Le discours favori des Français sur leurs banques les plus solides du monde ne pouvant plus être tenu, la ligne de repli est pour le moment d’affirmer qu’elles n’ont nul besoin d’être recapitalisées, ce qui n’impressionne pas les investisseurs en bourses, pas plus que ne le font les injections de liquidité de la BCE. Les banques britanniques vont de leur côté obtenir que leur réforme soit repoussée à plus tard, ce qui n’est pas vraiment signe de leur excellente forme, car elles tiennent à garder ensemble pour se consolider leurs activités de détail et sur fonds propres. Quant à la recapitalisation du secteur financier espagnol, elle se poursuit difficilement, au fur et à mesure que le taux de leurs créances douteuses augmente. L’Etat va déjà devoir injecter dans cinq établissements (des Cajas, les caisses d’épargne) 7,5 milliards d’euros. Le reste aura été épongé à la faveur de regroupements ou d’entrées en bourse, à la faveur de valorisation bradées.

La semaine va commencer… Le conseil d’administration du FMI se réunit mercredi à propos de la Grèce, les ministres des finances européens se retrouvent en Pologne en fin de semaine, le décor est planté, les bourses européennes peuvent ouvrir demain lundi matin pour l’acte qui suit.

87 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : VERTUEUSE ALLEMAGNE, par François Leclerc »

  1. L’acte qui suit sera conditionné par ce simple constat des investisseurs vis à vis des dirigeants européens : VOUS ETES DES MENTEURS !

      1. “On n’exorcise pas une telle tragédie en refusant d’y réfléchir. Et puisque les gouvernements ne semblent pas prêts à agir sérieusement pour l’éviter, pourquoi ne pas demander au Parlement européen de se réunir en session extraordinaire, de se déclarer « Assemblée constituante », votant la mise en place d’un véritable fédéralisme budgétaire, dont dépend la survie de tout ce que nous avons construit, depuis que l’Europe a renoncé à la barbarie. Il n’y a
        pas si longtemps. ”

        => Magnifique, comme ça nous en serions au même stade que les USA et nous nous porterions beaucoup mieux. Les USA sont un pays fédéral, l’Allemagne est fédérale, la Suisse est fédérale, l’Espagne est fédérale.

        Donc je finis l’histoire, “quelques mois après l’Europe fédérale serait elle aussi banqueroute”.

        Magnifique, comme les gens qui veulent à toute force établir le libéralisme (ultra) en France alors qu’il suffit de voir les dégâts qu’il fait aux USA. Le fédéralisme est la dernière planche de salut, ou plutôt le débris qui flotte et qu’on prend pour un poutre.

      2. Attali évoque la fin de la démocratie qui est effectivement une possibilité avec la mise en place d’une gouvernance mieux adaptée à l’état d’urgence.
        Toutes les considérations sur les élections à venir, en France et ailleurs, ne sont plus alors que de bruyantes gesticulations.

      3. @ Cécile => confédération = fédération. La Suisse confédérée est en réalité une fédération.
        @ tous => gouvernance = anti-démocratie ou encore = oligarchie.

  2. Ah ! l’échéance de l’immobilier commercial étatsunien. 2012 : on avait presque fini par l’oublier dans le maelström de la débâcle en cours… Merci du rappel ! Comment cette prochaine échéance, au-delà des bad banks allemande, va-t-elle venir percuter l’ensemble des économies vacillantes ?

  3. Messieurs Jorion, Leclerc, Zébu, Yéti et autres, un simple mot de remerciement pour votre vigilance et votre rigueur… ainsi que pour leurs effets sur ce blog effervescent.

    Par ailleurs, que penser de ceci ? Ne serait-ce pas désespérément logique… et susceptible d’expliquer, entre autres, la partie de chaises musicales à la BCE ?

    Concerted Easing? (source Morgan Stanley, 09/09/2011)

    Immediate and aggressive easing (is) difficult to justify on an individual basis. However, monetary easing might come as soon as this weekend’s G7 meeting as part of a coordinated effort – akin to October 2008, when seven central banks cut their policy rates together in the aftermath of the Lehman bankruptcy.

    (…)

    Back in October 2008, seven central banks – the Fed, the ECB, the Bank of England, the Bank of Canada, the Swiss National Bank, the Swedish Riksbank and the People’s Bank of China – cut their policy rates by 50bp (the PBoC cut by 27bp). This time around, the players as well as the tools may be different. If there is a coordinated move, we expect the four major central banks – the Fed, the ECB, the Bank of Japan and the Bank of England – to participate. (…) The Bank of Japan and the Bank of England could both respond with additional quantitative easing measures. These measures would be much easier to justify as part of a coordinated move rather than in isolation, in which case the threshold for each of these moves on an individual basis appears to be relatively high.

  4. J’ai parié une bouteille de vin que la Grèce allait faire défaut dans le mois, me voilà de tout coeur avec les grecs. 🙂
    Plus sérieusement, ils pourraient avoir recours au principe des dettes odieuses pour ne pas avoir à les rembourser. Possible que les discussions avec la troïka sont là pour éviter ce scénario qui créerait un précédent, en Europe tout du moins.

    1. @ Bidule,oui mais un des probleme a mon avis c’est que leur dette est due en partie aux banques europeenne,je pense qu’on les accuserait de jouer contre leur camp,deja que se sont des faineants notoires et que sais- je encore, dixit les journaux a sensations allemand

      1. Ne pas oublier l’armement que les industriels français et allemands leur ont fourgué sans état d’âme et que les banques ont financé sans sourciller.

    2. “J’ai parié une bouteille de vin que la Grèce allait faire défaut dans le mois” : C’est un CDS ? une position nue ? Attention, vous allez vous faire tancer par le maitre de ces lieux…

      1. J’ai vérifié, j’ai bien les sous sur mon compte pour payer la bouteille. 🙂
        Ceci dit peu importe le gagnant, on boira le vin ensemble. Donc il n’y a pas vraiment de perdant, un peu comme la finance mondiale en fait. 🙂

    3. Répudier la dette vis à vis des banskters, cela s’est fait souvent!
      Voici même la recette juridique, pour ceux qui veulent le faire “dans les clous”
      Que le peuple grec commence et le reste de l’Europe suivra.
      Ce sera le premier coup de balai annonçant le printemps des peuples européens
      http://www.cadtm.org/Plaidoyer-juridique-pour-la

      1. “Ce sera le premier coup de balai annonçant le printemps des peuples européens”….
        1 chance sur 1 million , 1 milliard ? ….
        J’ajoute ceci,c’est de l’histoire . Comment le 4 août 1914 les socialistes ont soutenu Guillaume II dans sa perspective de guerre .Car je crains que ce ne soit plutôt la guerre qui survienne .
        Le 4 août 1914 http://www.lescommunistes.org/spip.php?article566
        Rien à voir ( mais c’est pas certain ) , prendre l’habitude d’occuper la rue , énorme manif (j’espère)FuckNuk à Rennes ET AILLEURS LE 15OCT.

  5. Les banques françaises BNP, Sté générale et Crédit agricole annoncent ce matin que l’agence Moodys va “dégrader” leur note!
    Sté générale dans un communiqué annonce qu’elle s’apprête à des réorganisations importante et des ventes d’actifs non moins importants…
    Les allemands préparent la sortie de la Grèce de la Zone euro et se préparent a adopter les “eurobonds”…
    Les grandes manœuvres commencent!

    1. Impossible les eurobonds car Moody’s ou S&P ont déja prévenu qu’ils seraient notés sur base du plus pays le plus faible, donc cela ne fait pas avancer le schmilblick.

  6. Toutes ces dettes ne peuvent être réduites et contenues , seul un retour sur le passé permettra de stabiliser la situation.
    DESPECULONS , REPARTISSONS LA DETTE , CHACUN SA PART.
    Toute fuite en avant du style inflation serait mortelle pour l’activité.
    Plus vos prix sont élevés plus vous en réduisez l’accés.
    Pourtant le doublement des prix immobilier en 10 ans ouvrirait la voie à une inflation de 50 % en 5 ans.
    L’inflation c’est la facilité.
    Aucun pays n’a jamais déspéculé ni répartit les dettes , il faut innover.

  7. l’Allemagne, au sortir de la guerre, a été condamnée à payer des “frais de reconstruction etc…”,
    ce que les gouvernants successifs de ce pays non jamais fait, au cours d’aujourd’hui cela représenterait 100 milliard d’€ pour la seule Grèce !!.

    Cette information est-elle exacte ?
    cela devrait, pour le moins, inciter les gouvernants actuels à…un peu plus d’humilité et de solidarité ?

  8. Le propre de la vertu c’est de se croire meilleur que les autres, c’est ce qui me fait doucement sourire quand on évoque l’Allemagne. Car si l’allemand est “vertueux” avec un peu de bière il en va tout autrement, il devient falabrac.
    C’est ce qui s’est passé avec la balance commerciale trop excédentaire et le placement en subprime en tout genre des banques allemandes, et c’est ce qui se passe avec l’Europe où Angela avait les moyens d’arrêter le carnage bien avant, car les fameux excédents commerciaux allemands ne sont que les déficits des autres.
    Il faut être d’une mauvaise fois totale pour croire possible un monde de balance commerciales à l’équilibre dans une société de libre échange à la mode chicago boys.

      1. Non, pas “delenda est Chicago” . Elle n’est plus à détruire, elle est déjà quasiment détruite, ou du moins son industrie et ses emplois, comme Detroit .
        A moins que vous n’ayez une dent contre ses habitants, ce que je ne pense pas .

    1. “Car si l’allemand est « vertueux » avec un peu de bière il en va tout autrement, il devient falabrac.”, propos inutilement, stupidement et dangereusement xénophobe.

      1. « Car si l’allemand est « vertueux » avec un peu de bière il en va tout autrement, il devient falabrac. », propos inutilement, stupidement et dangereusement xénophobe.

        on va la mondialiser la phrase … c’est la mode
        Car si humanoïde est « vertueux » avec un peu de bière il en va tout autrement, il devient falabrac

        Là, ça devient plus clair non 🙂

  9. la vertueuse Allemagne

    La vertu c’est plutôt de s’affranchir (autant que faire se peut) de son déterminisme !L’Allemagne, comme la Grèce est déterminée à être ce qu’elle est (environnement, climat, histoire…) sachant que le libre arbitre est la grande illusion humaine car nous sommes tous déterminés.
    La vertu, pour l’Allemagne c’est de s’extraire de son déterminisme, de son nationalisme, de son égoïsme, de comprendre et d’aider les autres, de coopérer… C’était bien là la philosophie européenne, non ?

  10. La GLE met en vente ses bijoux de famille

    PARIS (Dow Jones)–Société Générale SA (GLE.FR), dont la capitalisation boursière a presque été divisée par deux au cours du mois écoulé, a annoncé lundi qu’elle allait accélérer et adapter son plan stratégique de transformation “Ambition SG 2015”, afin de répondre aux récentes évolutions du marché et aux inquiétudes soulevées par les investisseurs quant à la liquidité, la solvabilité et l’exposition à la dette souveraine du groupe bancaire.

    Société Générale “sera ainsi en mesure d’être au rendez-vous des nouvelles exigences réglementaires, avec un ratio Tier one Bâle III bien supérieur à 9% à fin 2013 sans augmentation de capital”, a déclaré Frédéric Oudéa, le président-directeur général de la banque, dans un communiqué.

    Le groupe a annoncé un programme associant cessions d’actifs pour renforcer ses fonds propres, réductions de coûts et d’effectifs dans la banque d’investissement et à l’étranger, et diminution de son exposition aux actifs toxiques.

    Parmi les mesures annoncées, SocGen va réduire de près de 2.000 personnes ses effectifs dans ses réseaux internationaux, et de 5% ses coûts dans la banque d’investissement. La banque va accompagner ces mesures de cessions d’actifs qui permettront de “libérer” 4 milliards d’euros de capital et donc de renforcer de 100 points de base son ratio de solvabilité “Core Tier One” à l’horizon 2013.

    Parallèlement, la banque a souligné que son exposition à la dette souveraine des pays les plus fragiles de la zone euro – Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne – était de 4,3 milliards d’euros au 9 septembre, soit moins de 1% de la taille de son bilan consolidé. Cette exposition est “limitée, en baisse et gérable”, a précisé la banque, en ajoutant que son exposition à la Grèce se montait à 900 millions d’euros.

    Elle a également indiqué que son portefeuille d’actifs toxiques avait été réduit de 8 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 4,3 milliards d’euros depuis le début du troisième trimestre.

    Par ailleurs, la banque a indiqué avoir pris des mesures qui ont permis de compenser la baisse depuis juin du financement en dollars des banques européennes, et que son programme annuel 2011 de financement à long terme a été réalisé en totalité.

    Le communiqué de Société Générale fait suite à un article du Wall Street Journal, qui révèle que l’agence de notation Moody’s Investors Service pourrait déclasser les notes de crédit des trois grandes banques françaises cotées, dont Société Générale, dès cette semaine en raison de leur exposition à la dette grecque.

    Lors d’un entretien dimanche sur la chaîne de télévision M6, Frédéric Oudéa a affirmé que les inquiétudes au sujet de l’impact de la crise de la dette souveraine de la zone euro étaient exagérées, et que les banques françaises étaient solides et capables de faire face à un défaut de la Grèce, cette dernière étant un petit pays.

    Il a souligné que les prêts des banques françaises à l’Etat grec représentaient moins de 0,4% des prêts à l’économie française. Il a assuré que les banques étaient même en mesure de supporter un défaut de l’Italie, un tel défaut étant néanmoins selon lui très improbable.

    1. Stratégie de communication de crise.
      Rassurer les investisseurs et éventuellement les clients.
      Rétablir la confiance.
      Ainsi soit-il!

  11. Bonjour
    Intéressant que votre billet sur ces deux pays qui focalisent en ce moment les investisseurs.
    Que fait encore la Grèce dans la Zone Euro : C’est un mystère !
    Quant à l’Allemagne pour le moment elle a encore le beau rôle et ce malgré ces bad banks mais pour combien de temps encore vu le très faible taux de ses naissances qui est inférieur à celui du renouvellement des générations.
    N’oublions surtout pas les pays qui avec la Grèce font les PIGS ne sont pas en meilleure santé mais c’est la Grèce qui pourquoi retient tant l’attention et non l’Espagne avec ses 2 millions d’appartements invendus est se 20 % de chômeurs ?

  12. Je vient d’aller faire un tour sur boursorama,c’est spectaculaire toutes ces fleches et ces chiffres rouges

    1. Ce qui me fais pas mal rire, c´est le panneau de pub :

      séance sponsorisée par TOTAL

      C´est cocasse, je trouve .
      Ai tenté de prévenir la direction comm de TOTAL, mais suis pas sûr qu´ils aient compris… en attendant, je prends des captures d´écran, pour l´album photo…
      Je vais peut-être laisser les titres des autres onglets sur lesquels je navigue aussi, pour un souvenir plus précis.

  13. Ah mais vous ne vous reposez donc jamais le dimanche, M LECLERC ?

    Vous ne savez pas faire ?

    C’est pourtant très simple : on éteint PC et portable et on va à la pêche ou en forêt, seul ou accompagné. Puis, on se perd un peu, soit parce que la pêche est bonne (équinoxes), soit parce que les champignons sont sortis (c’est l’automne), soit parce qu’on n’est pas entravé par un PC ou un mobile et qu’on peut faire plein d’autres trucs sans clavier ou écran tactile.

    Dans l’absolu, le dimanche, les cours de la bourse, le FMI, la BCE, la FED, La BUNDESTRUC, et consors n’ont pas grand-chose à cirer de nos incantations même si tous savent plus ou moins que nous sommes dans le vrai. Autant profiter du répit.

    Bref, on oublie une journée entière les affaires du monde et on se regonfle à bloc.

    Bonne semaine, Monsieur LECLERC !

  14. La presse semble plus explicite ces temps-ci. Incroyable mais vrai.

    Quelqu’un pourrait-il enfin m’expliquer pourquoi Michel BARNIER semble tant peiner à mettre en place cette interdiction des positions nues quand l’Allemagne semble l’avoir fait sans trop de difficulté ? C’est technique, c’est ça ?

    Qu’est-ce qui coince ? Arriver à trier les bons des mauvais joueurs de casino ? Poursuivre les contrevenants ? L’Allemagne n’a pas réellement mis d’interdiction en place ? Certains n’y comprennent rien et opposent un veto ?

  15. Avec l’effondrement du système (dit par euphémisme “crise du capitalisme”), l’histoire va-t-elle bégayer ? 1929-2008 ? 1933-2012 ? 1939-? ?

  16. Eric Besson prend le relais de Christine Lagarde :
    “Lundi, Eric Besson, le ministre de l’industrie français, juge “totalement prématuré” d’évoquer l’hypothèse d’une nationalisation partielle des banques françaises pour prévenir des retombées graves de la crise de la dette.”

    PRÉMATURÉ, -ÉE, adj.
    A. − 1. Qu’il n’est pas encore temps d’entreprendre, qu’il convient de différer.

    Mais pas ‘infondé’ :
    INFONDÉ, -ÉE, adj.
    [Correspond à fondé B 1] Qui n’est pas fondé. Critique infondée; craintes infondées.

    Bon, Besson-Lagarde, soyons patients …

    1. Après le lapsus de Valérie Pécresse, notre Ministre du budget défaillant, sur “la résistance des banques aux stress test” (sic), on ne peut pas dire que le gouvernement ne dise pas la vérité aux français.

  17. Rien n’est confirmé et tout peut encore être bousculé.

    Il semblerait ce matin que le plan du gouvernement allemand serait en deux temps: 1/ débloquer la tranche du prêt à la Grèce en attente pour pouvoir attendre que les nouvelles missions du Fonds de stabilité aient été ratifiées, puis 2/ organiser le défaut grec (afin d’éviter l’intervention de la BCE, s’il devait s’imposer prématurément).

    Mais combien de semaines vont être d’ici là nécessaires ?

      1. “Grand cas est fait d’un plan d’urgence qui utiliserait les ressources disponibles du Fonds de stabilisation financière pour soutenir les banques en cas …”
        Des fois je me demande de qui on se moque ????
        car si la question est de soutenir les banques, ….

  18. Quand les autorités publiques vont-elles mettre en place un structure avec l’autorité capable de gérer les dettes non honorées et donc les faillites en cascade qui vont avoir lieu? Cette politique de l’autruche commence à m’énerver au plus au point. Et ce communiqué du G7 est un foutage de gueule incroyable: personne n’en croit un mot. Finalement, c’est l’hypocrisie des dirigeants qui ne reconnaissent pas que le problème les dépasse qui est plus dangereuse que la situation financière des banques et des états…

  19. Flash spécial : CAC à -5 % à 10h10 du matin !

    Avis de grand vent à tempête, mer agitée à très agitée, avec des creux dépassant les 7 mètres.

    Titre de F LECLERC le 7 août dernier : VITE ! VITE ! CA GLISSE !
    On ne peut plus d’actualité.

    Quel visionnaire, ce François !

    1. Demain Oudéa est à New York pour mander la charité à des investisseurs et ce n’est pas une blague. S’il communique avec le même talent qu’en France, je lui prédis un succès fou.

    1. Quels petites gens ?
      Ceux qui ont des placements ?
      Et qui sont coupables de ce cirque qui as servis a faire fructifier leurs placements en prenant au petites gens les vrais ceux qui ont rien ?

  20. Nos “ancêtres les Gaulois” redoutaient plus que tout la crainte de la chute du “ciel” sur leurs têtes…
    Mais ce matin ,et depuis l’été en particulier,ce n’est plus cela ni d’ailleurs la bérésina :
    Personne n’y peut plus rien,rien,rien (avec l’accent de RTL ).
    Reste un “espoir” : partir instantanément et tous ensemble,par exemple du fait d’une naine brune (on connaît la méchanceté liée à ce qui est qualifié de “brune”…)
    Complot dites vous ?
    Mais enfin ,nous y sommes plongés bien avant la révélation des “747” et/ou des 43 000 ou encore des “50”…

  21. Bonjour,
    Paul avait parlé dans un de ses billets d’un voilier au milieu d’une tornade , quand le vent tombe mais que l’on sait qu’il va reprendre encore plus fort , je crois que sa y est la bourrasque est de retour .Pour ma part j’ai diminué la voilure et je crois que je vais mettre mon voilier en Panne , “Un voilier en panne ne signifie pas que le vent n’a plus d’effet sur ses voiles, mais que celui-ci ne fait plus avancer le bateau ; il le fait seulement dériver” ça va secouer très fort , seule la peur peut être mon ennemie .
    Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est qu’elles pensent qu’on va leur jeter des sardines.
    E.Cantona

      1. @eric c’est pas faux , mais je crois que les ports sont déjà pleins , y sont nombreux a avoir pensé cette solution , @fnur alors ce sera la fuite ,si vous voyez un voilier en haut du Mont Aigoual c’est que cela aura mal tourné

  22. Les paris sont ouverts ? OK, je me lance.

    Ayant pu observer ces derniers temps comment la bourse se comportait le soir par rapport au matin, je table sur une baisse historique à la fermeture. Disons, – 6 %.

    Si l’Allemagne ne communique pas aujourd’hui même sur ces intentions réelles avec la Grèce, on pourrait même aller au-delà.

    A vous lire.

    1. Détail troublant :
      Le titre du site LesEchos.fr a été modifié dans la matinée
      A 10h30 ce matin : “La déprime tourne au krach”
      A 10h44 : “La déprime tourne à la déroute”
      SURTOUT ne pas parler de Krach !
      L’ancien titre est toujours visible dans l’url …

      1. On y va decrescendo !
        A 10h50 : “Nouveau plongeaon des valeurs bancaires”
        Avec en prime une magnifique faute de frappe…
        Circulez, y’a rien à voir !

      2. Ah, je vais peut-être gagner : -5,10 % à 14h12

        Alors -6 ou -7 % ?

        J’ai appelé le service client d’une des principales agences parisiennes de la SocGen pour savoir ce qu’ils comptent faire avec une telle glissade. Réponse : “Monsieur, si vous avez des actions de notre établissement, ne vendez surtout pas”. Ah bon ? Ai-je demandé, vous avez des informations que j’ignore sur le rétablissement prochain de la situation ? “Monsieur, même nationalisée, l’action de notre banque remontera, c’est évident” m’a-t-on répondu.

        Un commentaire ?

    2. Besson sur RMC/BFM ce matin
      Besson écarte l’hypothèse d’une nationalisation partielle des banques
      Le ministre a affirmé sa confiance dans la solidité des banques françaises, soulignant qu’elles ont “très bien passé” les tests de résistance européens cet été.
      Alors pourquoi en mars 2009 on leur a fait un prêt avec une action a 17 pour la SG , et maintenant que celle-ci est à 15.7 tout baigne je crois que ce Monsieur doit avoir l’ORTF sur son minitel

      1. Ecarter veut bien dire ce que cela veut dire, l’hypothèse est seulement éloignée, elle n’est pas éliminée. Autant dire qu’on y pense très fort. Besson “communique”. Sinon il aurait dit : “jamais on nationalisera.”

  23. En résumé, “le système” se débat avec son savoir post-1929.

    En 2008, les États ont été massivement mis à contribution, pour sauver les amis agioteurs sous couverts de sauver “les banques”. Il aurait “suffi” de nationaliser les guichets et l’activité bancaire utile à l’économie productive, et d’abandonner les spéculateurs à leurs jeux et à leurs pertes – après tout, c’est ce qu’ils ont toujours prétendu souhaiter, que l’État leur fiche la paix. Mais cette solution, simple et bon marché, n’est possible que si un mouvement social bouscule l’idéologie. Les gouvernants ne sont pas là pour assurer une rationalité sociale et une éthique démocratique, ils sont là pour servir le veau d’or et la règle du même nom.

    Donc, par rapport à 1929, on a déplacé les risques du privé vers le public. Il y a actuellement une plainte en cours de l’État islandais demandant à l’UE d’enquêter sur ce “mystère” par lequel l’Europe a un jour exigé que le contribuable islandais rembourse les dépôts britanniques et néerlandais perdus par les gestionnaires privés (islandais.)

    Ce contre-feu de l’engagement des États arrive, aujourd’hui déjà, au bout de ses possibilités. Les banquiers ont pendant deux ans rétabli leurs revenus indécents (Orwell), permettant à Paul de dire en avril : “Moi, j’appelle cela vider la caisse avant fermeture définitive.”
    Aujourd’hui, comme le dit François ci-dessus, voici que “la dette privée, des banques en premier lieu, s’est réinvitée dans le panorama et ne va désormais plus le quitter.”

    Nous sommes donc de retour à la case 2008, avec “juste” un élément de plus: les États sont solidaires de la perdition privée.
    C’est fascinant.

    L’Euro, qui n’est après tout qu’un fétiche pas spécialement populaire, ne va pas survivre dans sa forme actuelle, c’est impossible. Les gouvernants ont déjà plusieurs scénarios de sortie. Certains voudraient au contraire une fuite en avant dans la construction européenne, une créativité « fédéraliste » forte, mais ne s’imposeront pas, car il y a encore trop d’incohérence dans les cercles du pouvoir, de nombreux États ou grands acteurs privés espérant toujours s’en sortir individuellement.

    Je fais personnellement le pari que la créativité des pouvoirs n’adviendra que le couteau sur la gorge. Ce qui ne peut être qu’un mouvement social qui fait trembler les possédants, quand localement il crée d’autres rapports sociaux, d’autres rapports de force. On n’y est pas du tout, il y a un début de quelque chose, qui n’est pas rien, dans les pays les plus exposés. C’est ce mouvement social qui, in fine, a produit la “créativité” du New Deal, qui était un plan de sauvetage des élites autant qu’une édulcoration de ce qui se passait dans les quartiers populaires des grandes villes américaines.
    Les élites sont créatives quand il faut que « tout change pour que rien ne change », selon les mots d’un personnage de Lampedusa dans Le Guépard, qui est la chronique de la fin d’une époque.
    Le risque de faillite généralisée n’est pas suffisant pour faire abandonner aux élites les vieilles pratiques de sauve-qui-peut permanent et individuel.

    Je fais le pari, et je prends date.
    Guy Leboutte, Liège, le 12 septembre 2011.

    Bonne journée ! 🙂

    .

    P.S.: vous avez déjà “senti” les possédants trembler? Ce serait intéressant de donner des témoignages. J’en ai eu une idée au Chili de l’Unité populaire, où je suis passé pendant deux semaines, et surtout, bizarrement, en Belgique, quand les usines de Volkswagen à Forest (Bruxelles) et dans la sidérurgie liégeoise ont débrayé en pleine journée, dans l’heure qui a suivi l’information à la radio que le “bon” juge Connerotte était déssaisi du dossier Dutroux. Là, ça a été une grande frayeur pour l’ordre des choses. Le “pire” paraissait possible!

    1. En 68, pendant deux ou trois jours, les fonctionnaires souvent absents, De Gaulle parti en Allemagne consulter l’Etat-Major, le rabibochage avec les fascistes OAS.
      La bourgeoisie a du céder gros!
      Pour en finir avec la dictature du capital, il aurati fallu un projet et parti révolutionnaire.
      Il aurait fallu autre chose que des partis du système,
      les mêmes mitterrandiens qu’aujourd’hui, du PC au PS,
      rêvant d’aller à la soupe. Ils ont attendu jusqu’en 1981…

  24. Une question, pourquoi quand une banque a des pertes il faut “recapitaliser”? Quand un particulier ou PME fait des pertes, il/elle accepte les pertes, personne ne le “recapitalse” et si on est endetté et on n’a plus d’actifs on déclare concours ou faillite. Est-ce que on ne va jamais reconnaitre les pertes? Quelques dettes ne sont pas seulement odieuses, elles sont surtout impayables. Les Grecs on mis pas mal d’entreprises publiques et autres actifs en vente, mais que je sache il n’ont rien vendu, puisque personne n’achète … Et pour des actifs plus modestes, comme les appartements, en Espagne par exemple, même à des prix de 2003 on vend très très peu, puisqu’il n’y a pas de crédit.

  25. Messages reçus !

    Rendez-vous pour la grève générale en France. J’espère que l’on ira jusqu’au bout cette fois-ci ! J’ai acheté une tente pas chère.

    P.S.: vertueuse Allemagne, quand tu feras la grève générale…

    Papillon

  26. Jürgen Stark a donné un interview au Irish Times, paru aujourd’hui lundi.
    Dans cet interview, il souligne le fait qu’aucun pays est à l’abri de ce qui arrive en ce moment à la Grèce. Il vise l’Irlande, mais aussi l’Espagne et l’Italie (!)……….
    Une phrase qui peut s’appliquer à tous les cas:
    “Stark warning Ireland needs to spend up austerity effort to ensure bailout success”.
    Je pense que Stark dit la vérité; il n’a plus rien à gagner ni à perdre, c’est un homme libre maintenant.
    Le public en France et en Allemagne a intérêt à faire attention, à être vigileant; les guvernements on raconté des bobards au sujet de la situation économique en Europe – et cela continuera.

  27. Qui veut l’adresse ?

    Mon banquier me fait savoir vendredi dernier par l’intermédiaire de son employé, Monsieur mon conseiller, que si je voulais souscrire à l’émission obligataire de son établissement au taux de 4 % à l’échéance de huit ans, il me faudrait être très rapide ce lundi car les quantités disponibles seront limitées et trouveront preneur dans la journée même, comme toujours. Autrement dit : « Il y a urgence mon cher Monsieur si vous voulez bénéficier de cette offre très avantageuse . »
    Je me dis : « chouette, la crise financière est terminée ; le banquier vend sa dette plus facilement que le boulanger ses petits pains, et à des taux à faire pâlir plus d’un premier ministre européen. »
    Je règle donc, hier soir, mon alarme avec une demi-heure d’avance sur l’heure habituelle et j’ajoute deux autres réveils dont un mécanique car j’ai bien remarqué le sourire de mon voisin en sortant mes poubelles hier soir. On ne me la fait pas… 4% ,« c’est quand même nettement mieux que le livret A ».
    Bref, que du bonheur.
    Sauf qu‘avec l‘attente au téléphone, je n’ai pas pu vous prévenir avant. Et à l’heure qu’il est, il est sûrement trop tard pour vous, désolé. …Allez va, il y a quand même une bonne nouvelle : c’est comme ça tous les trois mois !
    … Mais faut pas dormir ; compris ?

  28. Lundi 12 septembre 2011 : l’Italie a lancé un emprunt à 3 mois. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 1,907 %. Les taux sont en hausse : c’était 1,034 % lors de la précédente émission.

    En outre, l’Italie a lancé un emprunt à 1 an. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 4,153 %. Les taux sont en hausse : c’était 2,959 % lors de la précédente émission.

    Grèce : taux des obligations à un an : 117,211 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 69,551 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 23,544 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  29. La croissance des dettes suit une courbe de croissance EXPONENTIELLE!
    k(n)=k(1+i) puissance n
    où k est le capital, n le nombre des années et i le taux d’intérêt.
    A 7%, le capital double tous les dix ans. A 3,5%, il faut sans doute quinze ou seize ans pour doubler. En tenant compte des montants existants, il n’y a pas à attendre longtemps pour atteindre toujours plus vite à nouveau des insolvabilités générales!
    Et les laps de temps entre des restructurations successives seront de plus en plus courts.
    Et si un état devait se désendetter, cela ne serait qu’au détriment des dettes privées ou de celles d’autres états.
    Autrement dit, avec la monnaie obtenant des intérêts, il n’y a aucune sortie possible du dilemme!
    Les dettes doublent tous les dix ans à peu près sans ralentir! C’est ainsi, c’est la loi même de la monnaie capital!
    Le capital croit ainsi, et la dette est sa soeur jumelle à tout moment!
    Pour arrêter cela, il n’ya qu’une chose de faisable:
    Changer la construction interne de la monnaie elle-même, en émettant des SMT (ou “monnaie fondante” ou monnaie franche = Freigeld)
    Alos toutes ces pseudosurprises sur les insolvabilités ne sont que des vastes blagues!

Les commentaires sont fermés.