Flash : LES ZORROS SONT ARRIVÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Dans leur rôle de pompiers, les banques centrales sont à la manœuvre. Déterminées, selon le communiqué publié par le G7 cette nuit juste avant l’ouverture des marchés asiatiques, « à agir de manière coordonnée chaque fois que cela est nécessaire, à assurer la liquidité et soutenir le bon fonctionnement des marchés, la stabilité financière et la croissance économique ».

La BCE, pour sa part, a annoncé son intervention accrue sur le marché obligataires, évitant de désigner explicitement la dette souveraine italienne et espagnole, mais sinon le coeur, l’intention y est. Les marchés ne s’y sont pas trompés : les taux espagnols et italiens se détendent et les spreads (primes de risque) diminuent.

Sur les places boursières européennes, les choses sont moins claires. De discrètes interventions sont coordonnées afin de permettre d’afficher un mieux et la fin de la glissade. En Asie, par contre, de fortes baisses sont toujours enregistrées, comme si les investisseurs étaient plus préoccupés par la dégradation de la note américaine et ses suites que par le sort qui attend l’Italie. Madrid reprend par contre du poil de la bête, ainsi que Milan.

Ce sont les réactions provenant de Chine qui attirent l’attention. Un éditorial du Quotidien du Peuple, l’organe du Parti communiste, ne mâche pas ses mots : « Si les pays développés, parmi lesquels les Etats-Unis et l’Europe, refusent d’assumer leur responsabilité, cela va avoir de graves conséquences sur la stabilité du développement de l’économie mondiale ».

Recommandez par mail Recommandez par mail

Partagez

45 réflexions au sujet de « Flash : LES ZORROS SONT ARRIVÉS, par François Leclerc »

  1. D’abord félicitations à l’équipe: un dimanche du mois d’août, 7 billets et 460 commentaires, c’est un record qui ne sera pas battu de si tôt, je pense… Quoique?

    1. @ Alain A
      Je m’associe pleinement à vos felicitations.
      Un grand bravo à toute l’équipe du blog de Paul Jorion: reactivité, pertinence des papiers et videos,et rigueur dans les termes employés.

      1. Je me joins à votre commentaire .

        En notant que tout ça se passe sans que le montant de la dotation mensuelle ne monte en flèche .

        A vous dégouter de faire des heures sup et de travailler plus pour gagner plus .

        Attention cependant, à ce que la pression ne fasse pas péter la cafetière , ou diminuer la qualité du café .

  2. Finalement, la BCE n’est-elle pas en train de faire comme la FED, à trois ans d’intervalle ?
    Allons-nous en Europe appliquer le même remède mortifère que les USA en sachant très bien qu’il n’a rien solutionné et pire, a amené la perte du AAA ?
    Y a-t-il une différence de taille ou nos dirigeants sont-ils à ce point des crétins ?

    1. Ben pour nos dirigeants je ne sais pas, mais par contre pour les journalistes du Monde, là j’ai un élément de réponse…

      Titrer, comme le Monde.fr vient de le faire: « Le Krach annoncé n’a pas eu lieu » une heure et demi seulement après l’ouverture des marchés, c’est une belle prouesse.

      1. Merci, avec vous on apprends aussi l’histoire !

        http://ariane-genealogie.net/france1/nungesser_charles.htm

        Charles Nungesser est né à Paris le 5 mars 1892. Passionné de l’aviation naissante, il est un des as de la chasse aérienne de la Première Guerre mondiale. Avec 45 victoires homologuées, le lieutenant Nungesser figure au troisième rang du palmarès de la chasse française, derrière le capitaine René Fonck (75 victoires) et le capitaine Georges Guynemer (53 victoires).

        Au lendemain de la guerre, la reconversion de Charles Nungesser est difficile. Plusieurs de ses tentatives échouent. Finalement, il se porte volontaire pour tenter, au cours de l’année 1927, la traversée de l’Atlantique Nord en avion.

        La tentative est fixée au 8 mai 1927, à partir du terrain du Bourget. L’appareil, nommé l’Oiseau-Blanc, est un avion marin biplan Levavasseur équipé d’un moteur Lorraine-Dietrich de 450 chevaux. Son rayon d’action est de 6000 km, soit près de 30 heures de potentiel, grâce à ses 4025 litres d’essence. Mais, pour emporter une telle quantité de carburant, il a fallu sacrifier bien des charges, y compris le poste de radio.

        A 5 h 21, l’Oiseau-Blanc décolle; Charles Nungesser est aux commandes, François Coli au poste de navigateur; les prévisions météorologiques sont bonnes: vent arrière sur 2000 km; le train d’atterrissage largable est exposé au jourd’hui au musée de l’Air. On voit l’Oiseau-Blanc à Étretat, à 6 h 04; il aborde la Manche à 200 m d’altitude.

        Le 9 mai, une édition spéciale d’un grand quotidien titre: «L’Atlantique est traversé. Ils sont arrivés à 16 h 50. Nungesser et Coli ont amerri en rade de New York.» Mais le premier message officiel reçu d’Amérique au ministère du Commerce est ainsi libellé: «Nungesser pas encore arrivé. Temps très mauvais.» L’Oiseau Blanc n’arrivera jamais. Charles Nungesser et François Coli se sont abîmés dans l’océan Atlantique le 8 ou le 9 mai 1927. Ont-ils été repérés une dernière fois au-dessus de Terre-Neuve? Rien n’est moins sûr. Toutefois, lors de l’inauguration d’un monument dédié aux deux aviateurs disparus, un officiel déclarera: «Signalé successivement en Irlande, à Terre-Neuve, au cap Race, où il est repéré le 9 mai à 10 heures du matin, l’Oiseau-Blanc est passé. C’est vraisemblablement au moment où Nungesser et Coli, au-dessus de l’île du Cap­Breton, atteignaient le continent américain que la tempête de neige, qui déchaînait ses rafales sur l’embouchure du Saint-Laurent, eut raison du courageux équipage, épuisé déjà par 37 heures de vol»

        Quelques jours plus tard, le 21 mai 1927, Charles Lindbergh atterrit au Bourget, à bord du Spirit of Saint Louis, après 33 heures de vol, venant du terrain de Roosevelt Field, près de New York. L’Atlantique Nord est vaincu. Après son exploit, Lindbergh rendra visite à la mère de l’infortuné Nungesser.

      2. Ou les titres des journaux titrant sur le retour de Munich des Daladier et Chamberlain: »La Paix! »

      3. Bel effort des manipulateurs de cours: de 9h01 à 9h29, augmentation de 2,51% du CAC40. Hélas pour eux, de 9h30 à 10h20, le marché, décidément ingrat, reprend ses droits: chute de 2,17%. A 10h45, la chute se ralentit mais continue. Comme prévu, la journée risque d’être animée.

      4. Le CAC est à -0,42%, 11ieme baisse consécutive, record depuis au moins 35 ans…
        La baisse continue…
        Se contenter des chiffres à l’ouverture est extremement imprudent! La plupart du temps se sont des ordres passés dans la nuit et mis au frigo avant l’ouverture….

    1. pas de jardin, plus de velo, pas de cocon, pas de fusil, pas de cartouche …

      juste a mano ! le beau jeu, quoi !

      obligée de redevenir jeune ! ça passe ou ça casse !

      Nungesser et Coli, quelle belle fin, au bel âge ! sont partis dans les nues …

  3. La dette est conflictuelle entre pays riches et émergents. Sur un autre registre, Occident et pays émergents ont leurs réservoirs « d’otages ». Va-t-on assister à des formes d’instrumentalisation des « otages » dans un premier temps comme épouvantail ? Et comment peuvent se comporter les dits « otages » ?
    Du déjà vu. Inquiétant aussi.

  4. J’aurais titrés plutôt « les zéros sont arrivés » car ils ne sauvent que les apparences et limitent les pots cassés à court et (peut être) à moyen terme.
    Je lisais à l’instant l’interview d’Alain Minc dans le JDD
    S’il fait le bon constat du risque imminent de collapsus mondial, le reste de son analyse est édifiant de mauvaise foi ou de surréalisme. Ce monsieur croit à un retour à l’équilibre et à une croissance à 2% grâce à l’émission d’euro-bonds et à (je cite) « une politique de rigueur socialement juste et acceptable ».

  5. Dans leur rôle de pompiers, les banques centrales sont à la manœuvre

    ça fait penser aux pompiers de fukushima, arroser un cœur nucléaire ça n’éteins pas la fusion, mais ça baisse un chouille la température et ça produit énormément d’eau contaminé !!

  6. Pour l’instant la chine est toujours payée en dollars, car ses principaux clients sont des firmes US qui les payent en dollars pour produire moins cher en chine au détriment de l’emploi aux USA et en Europe alors quand la chine refusera le dollar nous pourrons parler d’avancée pour l’instant c’est du blabla de part et d’autre chacun étant l’otage de l’autre dans ce système sauf à accepter qu’il explose ce qu’aucun dirigeant actuel ne veut car il y perdrait tout par l’avènement d’une nouvelle élite donc les petits moutons d’en haut tentent par tous les moyens de reconduire la machine pour un tour.

  7. “C’était un démon et que, tenant la bourse, il dérobait ce qu’on y mettait” (Jean 12,6).

    “Une discussion s’éleva entre eux : lequel d’entre eux pouvait bien être le plus grand ? ” (Luc 9,46)

    “Des mauvaises villes de ce monde, que peut-il donc sortir quelque chose de bon ?”

  8. Forcément.
    Il ne peut pas y avoir de krach quand on l’attend ou alors, il faut le faire exprès. Rien que le fait d’annoncer un krach, va forcément l’éviter.
    C’est comme si tu savais que tu allais avoir un accident au km 123 à 15h45 sur la route 56 et que tu prenais quand même le volant en passant par cette route à ce moment là.
    On peut être trader mais pas débile. On a pris une autre route ou est passé plus tard.
    Pour le moment, leur annonce de krach permet des achats à bon compte.
    Par contre quand plus personne ne s’y attendra, alors la baisse redeviendra lucrative parce que c’est encore et pour un sacré bout de temps, sacrément baissier !
    Pour les joueurs du bas, il aurait fallut que l’annonce de S&P soit faite en pleine séance mais ce n’était pas leur but.
    Maintenant, faut attendre la dégradation de Moody’s mais à mon avis, ils feront pareil, un week-end ou un jour férié, après la cloche.

    Pour les obligs. Rien de changé.
    les taux US ne bougeront pas ou quasi pas.
    Ceux qui ont des $, n’ont pas le choix, pas de concurrence, que des obligs US.
    Ceux qui ont des € peuvent jouer la concurrence, choisir de 2.5 allemand, des 3.3 français, des 6 italiens ….il y a le choix.

  9. Tiens? Aujourd’hui encore, ça ressemble au scénario « business as usual »: on annonce un plan, les bourses reprennent des couleurs, puis la glissade reprend. C’est reparti. ça devient lassant.

    1. Très très chaud en effet
      Extrait choisi

      Selon le Corriere, la BCE demande à l’Italie d’accélérer la libéralisation de son économie et la privatisation des sociétés municipales, qui en Italie gèrent souvent les transports publics, la collecte des déchets, la distribution d’électricité et de gaz, etc.

      Les Mafias Italiennes doivent se frotter les mains.

  10. Nous y sommes ! En rangs dispersés. Vite ! Vite ! Ca glisse !
    Ils avancent masqués. Les Zorros sont arrivés.

    Situations rocambolesques, où certains sont montés
    sur leurs grands chevaux, et d’autres continuent de rire sous cape.
    … et vice-versa ou les deux en même temps

    1. Ils se font la gueguerre, sans courir le moindre risque pour eux-mêmes, ont leur petite décharge d’adrénaline, se repoudrent le nez, et se prennent pour des phenix ! c’est-y pas beau !…

      enfin, attention à la spéculation sur la poudre ( de riz) …surtout qu’il risque d’y avoir des pesticides
      …et, pour peu qu’elle soit recoupée au strontium : ça va être chaud !
      va falloir prévoir des inhalations, voire des irrigations, peut-être même en circuit fermé, parce que
      sinon, les eaux polluées vont contaminer les Bourses internationales . Après, faudra fermer !
      Et mettre un beau sarkophage ! ( d’une pierre, deux coups ) …ouf !

      on passe à autre chose …

  11. La bourse? Je n’y comprends strictement rien!!!!
    quelles seraient les conséquences les plus dramatiques en France si une cette fichue bourse dégringolait très, très bas?
    – Impôts?
    – fermeture ou délocalisation d’entreprises?
    – coût du crédit?…
    Merci de me fournir qqs explications basiques. J’ai découvert ce blog hier soir et je le trouve très intéressant

    1. La bourse n’est pas l’économie réelle, mais on peut tout de même anticiper raisonnablement que :
      – les impôts vont augmenter pour combler les déficits et la dette.
      – les fermetures d’entreprise vont se poursuivre, pour chercher des marchés en croissance et s’éloigner des marchés en récession, en plus du dumping social et fiscal.
      – le coût du crédit va se renchérir, du fait de l’augmentation du risque de non-remboursement lié aux incertitudes qui pèsent sur l’ensemble des acteurs publics et privés.

    2. En l’état actuel, que ça monte ou baisse, les augmentations d’impôts serviront la dette qui elle devient de plus en plus rapidement non remboursable. Les Banksters formeront l’oligarchie rentière au niveau planétaire …
      Bref travailler plus pour rembourser plus …

  12. Cac – 1,50
    J’ai l’impression que les Zorros sont allez manger,
    On les reverra peut etre après le cafe ..!!!?

    1. Je viens de vérifier . La Société Générale a repris sa chute ( baissé de moitié en un an ) . Par contre Unicredit et Intesa remontent ( promesses de bail out ?) . Les trois n’étaient plus cotées sur la plupart des sites boursiers en ligne depuis le 5 août .

  13. Nouvelles du Portugal. Tous les lundis, c’est le même cauchemar pour retirer 200€ (la limite) aux distributeurs qui sont … vides. Certaines agences bancaires seulement remplissent leurs DAB et on les repère facilement à la queue qui s’y presse.
    200€ … c’est pas grand chose, d’autant que beaucoup de commerces n’acceptent pas les CB internationales !

  14. Bonjour à tous
    Certes les taux des « périphériques » relâchent un peu mais au détriment des taux allemands et français qui se tendent. Comme l’abaissement de la note française commence à être discutée sur les marchés, l’Allemagne se retrouvera peut être bientôt seule bailleur de fonds avec ses satellites….
    Selon Zero Hedge lorsque les allemands se retrouveront ,bientôt, face à des engagements se montant à 133% de leur PIB, ce qui mettra leurs finances en l’air, ils décideront d’arrêter les frais…..
    Autre alerte de zero hedge sur le changement brusque du taux USD/ yuan: signal aux USA complétant leurs propos sur la politique américaine…..

    Comme le dit Marc Faber, nous allons bientôt voir si Bernanke est un vrai imprimeur de monnaie ou juste un amateur….
    Pour nous, il semblerait prudent de surveiller attentivement la cuisson des carottes…
    Cordialement.

  15. La bourse? Je n’y comprends strictement rien!!!!
    quelles seraient les conséquences les plus dramatiques en France si une cette fichue bourse dégringolait très, très bas?
    – Impôts?
    – fermeture ou délocalisation d’entreprises?
    – coût du crédit?…
    Merci de me fournir qqs explications basiques. J’ai découvert ce blog hier soir et je le trouve très intéressant

    A ton avis, ils viennent de où les sous qui sont empruntés par les états ?
    Si les bourse s’écroulent, il n’y aura plus d’inquiétudes sur les dettes puisque plus personne ne pourra emprunter faute d’argent !
    C’est pas comme en 2008, ce coup ci, il n’y a plus bézef de réserves. C’est quasi du flux tendu !

    C’est pour ça aussi que les états et les banques craignent grave que les bourses s’enfoncent mais que les spéculateurs font tout pour que ça arrive 🙂
    Si demain, les bourses s’écroulent et qu’ils arrivent à la maintenir bas pendant …je ne sais pas, peut ètre quelques semaines ou moins ???…les banques seront rétamées, les états en difficultés seront rétamés, les autres ne pourront plus emprunter sauf aux taux décidés par les détenteurs qui auront ainsi la main sur tout.
    Le risque n’est pas trop en Allemagne, en France ni même en Italie mais surtout pour tous les pays qui n’ont plus aucune possibilité de vivre sur eux mêmes (comme les USA, le Japon….)
    C’est ça la principale motivation de S&P pour la dégradation des US et la raison de leur confiance dans la France ou l’Allemagne.
    Bien sûr, politiquement, peuvent pas le dire !

    1. «  » Le risque n’est pas trop en Allemagne……..mais surtout pour tous les pays qui n’ont plus aucune possibilité de vivre sur eux-mêmes(comme les USA,le Japon…) » »

      Pourriez expliciter SVP…?? surtout pour l’Allemagne ( à partir des stats de son commerce extérieur…)
      Merci.

  16. Je ne peux rien expliquer du tout. Je ne suis pas philosophe mais trader.
    Tout ce que je connais ce sont les paramètres avec lesquels je travaille et très bien le milieu de la finance.
    Je sais ce que cherchent les spéculateurs et pour qui et dans quels buts travaillent les agences de rating.
    S&P est une agence à visée plutôt politique avec un penchant socio-libéral avec la définition européenne (centriste …)
    Moody’s est une agence à visée plutôt ultra-libérale orientée spéculation court / moyen terme.
    Fitch est une agence opportuniste bien intégrée au gouvernement français.
    Comme Fitch et S&P travaillent main dans la main contre Moody’s….on a compris.

    La France et l’Allemagne (aussi l’Italie) sont dans la poche de S&P et MFitch pour leurs politiques sociales.
    Si les Rép avaient accepté les réformes sociales aux US, les USA n’auraient surement pas été dégradés.
    Le véritable problème commencera quand Moody’s sera obligé (à contre coeur) de descendre les US et quand la France sera obligé de laisser tomber le RU si celui ci ne change pas son fusil d’épaule.
    A ce moment là, le RU sera décalqué par les agences ….

    On travaille comme ça. On ne cherche pas à savoir ni à comprendre la philo ! Il n’y a rien à comprendre dans l’économie. C’est juste une affaire d’opportunité et de copain/copain.

    1. On travaille comme ça. On ne cherche pas à savoir ni à comprendre la philo ! Il n’y a rien à comprendre dans l’économie. C’est juste une affaire d’opportunité et de copain/copain.

      définition magistrale de l’IRRESPONSABILITE individuelle …

  17. On travaille comme ça. On ne cherche pas à savoir ni à comprendre la philo ! Il n’y a rien à comprendre dans l’économie. C’est juste une affaire d’opportunité et de copain/copain.

    Pourtant:

    – il semble d’après vos propos que SetP, MFitch et Moody’s prennent leurs décisions en fonction de considérations relatives à la question du meilleur gouvernement ou du meilleur mode d’organisation de la coopération sociale (philosophie politique: capitalistes contre socio-démocrates, si l’on vous suit).

    Notez que cela pose quand même un problème démocratique, leur influence politique usurpant celle des citoyens eux-mêmes dans leur pouvoir de définition des politiques publiques… Le conseil constitutionnel sursoit parfois à statuer… mais pas les agences de notation (!), qui se permettraient donc de noter les « performances de Etats » (sic) en fonction de leurs préférences politiques, quand les orientations des décisions « souveraines » des peuples ne leur plaisent pas. On croit rêver.

    Ou bien ces sociétés sont clairement apatrides, comme le suggère Paul Jorion, ou bien elles sont rattachées à des sphères d’influence étatiques, comme vous semblez l’affirmer. Il va falloir trancher. J’aurais une interprétation différente: elles sont toutes les trois pro anglo-saxonnes, jusqu’à ce que leurs intérêts vitaux soient en jeu. Tout en étant pro anglo-saxonnes, elles peuvent considérer qu’une distribution plus ou moins égalitaire du produit de la coopération sociale est plus ou moins favorable à l’économie à court/moyen/long terme (d’où les divergences que vous observez).

    – il semble que vous confondiez l’économie et le business (où effectivement on est souvent dans le registre du copain/copain, mais l’économie ne se réduit nullement au business, loin s’en faut), ainsi que les institutions (les règles du jeu auxquelles il y a matière à réfléchir) et les organisations (les joueurs, dont la réflexion se réduit souvent il est vrai au simple calcul stratégique/opportuniste).

    – Toutefois les joueurs ne sont nullement dispensés de penser ce qu’ils font. C’est même là un devoir politique, que vous soyez trader ou coiffeur pour dames. Ceux qui s’en abstiennent ou qui font mine de ne pas s’y intéresser ne méritent pas d’être considérés comme des membres de la communauté, et devraient être farouchement rejetés par cette dernière. Car c’est moyennant cette obligation de « penser » leur fonction économique qu’en dernière alternative la communauté politique concède le droit d’accéder au rôle de « joueur-trader » ou « joueur-coiffeur »!

    Les institutions (les règles du jeu), ne sont pas seulement un élément qui sert de cadre pour la poursuite de ses fins (en tant que trader ou coiffeur par exemple), par rapport auxquelles on ne serait jamais que dans un rapport purement instrumental/ technique (on dit alors que la loi ne s’adresse qu’à la volonté), mais elles contiennent avant tout de l’information sensée éclairer le citoyen sur le sens et la finalité de l’association politique (la totalité de la procédure législatives et des arguments invoqués de part et d’autre au cours de celle-ci sont contenus dans chaque règle), auxquels ce dernier est sensé contribuer/participer PAR SA PRATIQUE ELLE MEME A LAQUELLE IL INCORPORE AU JOUR LE JOUR SA REFLEXION SUR CETTE DERNIERE (on dit alors que la loi s’adresse à l’intelligence, non à la volonté). Et cette contribution n’est bien sûr pas du lobbying, qui en est tout le contraire. C’est la le sens originel du « nul n’est sensé ignorer la Loi », complètement dévoyé depuis.

    Évidemment cette obligation tend à être (fort opportunément…) méconnue dès lors qu' »on » se pense comme élément d’une « société civile » (apatride) plutôt que comme membre d’une communauté politique (fusse t-elle même l’humanité dans son ensemble), dès lors que « citoyen » ne désigne rien de plus qu’un chapeau parmi d’autres, qu’on enfile tout au plus une fois tous les 5 ans, dès lors que n’importe qui peut avancer sans honte que son travail consiste à jouer contre la communauté à laquelle il appartient (à laquelle il doit même d’occuper le rôle qu’il occupe!), chaque fois qu’une telle situation constitue pour lui une « opportunité de business »…

Les commentaires sont fermés.