L'actualité de la crise : JUSQU'OÙ, JUSQU'À QUAND ? par François Leclerc

Billet invité.

La crise américaine présente trois niveaux de lecture.

Le premier est politique et illustre le violent affrontement en cours, qui vise à faire perdre les prochaines présidentielles à Barack Obama, à tout prix. Le second est social et analyse les effets dans la société américaine, ainsi que ses conséquences politiques profondes. Le dernier est économique et financier et déborde par nature du cadre américain, étant donné le caractère mondial de la crise financière.

Les trois ont leur calendrier propre, mais ils se conjuguent et dominent la scène internationale, étant donné leurs répercussions potentielles, ainsi que le rôle du dollar et de la dette américaine dans le système financier.

S’il devait y avoir accord et rémission, cela ne ferait que faire rebondir la crise politique, dans l’attente probable du prochain épisode qui précéderait l’élection de novembre 2012. Le camp républicain continuerait à se recomposer sous la pression de son aile extrémiste, elle-même composite, tandis que la tentative de Barack Obama de se repositionner au centre de l’échiquier n’en serait pas nécessairement facilitée. Y parvenir est tout son enjeu.

La société américaine évolue à un rythme plus lent, dans le contexte de la poursuite des expulsions immobilières, du maintien d’un très fort taux de chômage et de la diminution du crédit à la consommation. Petit à petit le lacet se resserre et le pays entre dans une nouvelle phase de dépression. La crise financière des Etats fédéraux, des comtés et des villes va se poursuivre, avec ses conséquences sur l’emploi des fonctionnaires, les programmes sociaux et de santé vont être restreints sous l’effet des coupes à leur niveau et à celui de l’Etat fédéral. Les pauvres vont le rester, en plus grand nombre, les classes moyennes vont être progressivement atteintes et perdre pied. Les disparités entre les Etats fédéraux vont s’accentuer.

La crise financière mondiale a également ses exigences. Les banques centrales ne tiennent que du bout du doigt, quand elles y parviennent, un système dont l’implosion se poursuit. Rien ne l’a consolidé en termes de régulation effective. Des Etats-Unis à l’Europe, au Japon, et même à la Chine, la crise s’est généralisée et s’exprime simultanément selon des manifestations spécifiques, mais qui renvoient à la même origine. Les points d’appui du système s’effritent et, s’il ne s’effondre pas, il s’affaisse lentement: une dette publique devenue à risque et qui ne présente plus les mêmes garanties, une monnaie de référence qui attend comme dans le couloir de la mort de perdre son statut privilégié.

Dans ces conditions, qu’il y ait à l’arrivée défaut ou pas ne sera pas sans conséquences, étant donné l’effondrement financier qui pourrait en résulter. Mais le ver n’est pas dans le fruit : il l’a déjà rongé. Si la crise ne devient pas aiguë, elle sera chronique. Aux Etats-Unis, et dans le monde entier où elle se poursuivra.

Ni les républicains, ni les démocrates n’ont de réponse à apporter aux problèmes devant lesquels les Etats-Unis sont placés. S’ils divergent sur les mesures immédiates de réduction du déficit à prendre, ou plus généralement sur le rôle de l’Etat – et demain sur la nature de la fédération – ils n’ont pas les moyens de revenir sur le déclin économique américain. Faudra-t-il appeler ce qui pourrait suivre un Bretton Woods à l’envers ? La grande puissance issue de la seconde guerre mondiale n’est plus ce qu’elle était dans un monde qui est en train de basculer et d’être reconfiguré ; elle ne peut tout simplement plus jouer le rôle qui a été le sien. Il ne faut pas chercher plus loin.

Les milieux d’affaire manifestent à leur manière leur inquiétude devant les spasmes qui se succèdent. Aux Etats-Unis, ils ont clairement exprimé leur volonté qu’un accord soit trouvé, qui n’accorderait tel qu’il se profile qu’un répit de quelques mois. En Europe, l’Institute of International Finance – dont les mégabanques internationales sont les piliers – a pris la main pour dénouer tout aussi provisoirement la crise. Dans les deux cas, on observe les limites de ce dont ils sont porteurs. En bloquant la régulation financière, le système en donne cependant la plus éloquentes des illustrations : il ne veut pas d’une nouvelle chute libre mais est incapable de formuler sa refonte. Il se révèle incapable d’évoluer pour se sauver. En conséquence, les épisodes de la crise s’enchaînent, de rebondissements en rebondissements. Jusqu’où ? jusqu’à quand ?

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56 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : JUSQU'OÙ, JUSQU'À QUAND ? par François Leclerc »

  1. voilà peut être une tentative de réponse que ni vous, ni Paul avez songé à explorer pour tenter de répondre aux quand, aux pourquoi et aux comment de la crise…..

    http://www.slate.fr/lien/41767/taille-penis-pib

    petit extrait savoureux:
    « Westling a trouvé une corrélation «en forme de U inversé» entre les deux indicateurs: la taille de pénis qui maximise le PIB se situe à 13,5 centimètres, tandis que l’étude identifie une nette chute dans le développement économique des pays quand la taille moyenne dépasse les 16 centimètres. Les pays avec une taille moyenne inférieure à 12 centimètres sont également moins développés économiquement. »

    à quant un billet « spécial invité » d’un urologue ou d’un sexologue ???????

    1. Donc dans une mesure de démocratie mondialisée et d’égalité par rapport à l’argent, dorénavant seules des femmes pourront être chefs d’état et d’entreprises. Et ce quelques soient les pays !

    2. Si j’ai bien tout compris, il va falloir que je m’en coupe une tranche de 5 bons cm pour me retrouver dans la maximisation du PIB…

    3. D’après la cartographie, comme il n’existe pas de raison objective de différence physique notable entre les habitants de deux pays européens voisins et que la France se place en seconde position, on peut en conclure que cette moyenne ne se base pas sur des mesures objectives mais uniquement sur les déclarations des messieurs, culturellement plus ou moins vantards en ce domaine suivant les pays .

      Que peut-on conclure de cette corrélation ? Que les plus vantards friment le plus et ruinent le pays en investissant dans de coûteuses stupidités qui brillent et que les moins vantards n’investissent pas assez, freinant aussi le développement du pays.. Entre les deux , les plus raisonnables , feraient des investissements réfléchis favorisant le développement économique du pays …C’est amusant d’essayer de trouver une explication logique aux résultats de cette étude saugrenue . MDR

  2. Une fois de plus vous touchez du doigt le vrai problème : le retournement du capitalisme. Les Etats-Unis, comme les autres « pays riches », n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Les républicains comme les démocrates ont clairement choisi leur allégeance, au profit du pouvoir financier ( http://calebirri.unblog.fr/2011/07/23/pour-qui-roulent-les-politiques/ ). La seule force capable de lutter contre ce pouvoir est la force brute, physique. C’est celle qui a été employée en Irak ou en Afghanistan, et qu’on s’apprête à employer ailleurs, tant que les crédits sont encore là.

    Quel autre moyen possèdent-ils donc ? Un nouveau « Bretton Wood » dites-vous, mais dirigé par qui ? Par les mêmes organismes que ceux qui sont à l’origine de la crise et qui continuent à s’en mettre plein les poches ? ou bien se mettront-ils d’accord pour s’effacer mutuellement leurs dettes à l’occasion de la mise en place du bancor ? ou bien quoi encore ?

    Qu’attendez-vous de ces tractations au juste ? qu’attendez-vous de la part des politiques, qu’attendez-vous de la part des financiers ? qu’ils reconnaissent subitement leurs erreurs et qu’ils reviennent sur le chemin de la justice et du partage, de la transparence et de la démocratie ?

    « Jusqu’où », « jusqu’à quand », ces questions ne devraient pas être posées à propos des tergiversations malhonnêtes orchestrées par des dirigeants criminels aveuglés par leurs propres intérêts ( http://calebirri.unblog.fr/2011/07/27/et-pendant-quon-sauve-les-banques-on-laisse-crever-les-africains/ ), mais plutôt à l’intention des peuples qui, après s’être indignés, devraient devenir « les engagés » !
    engagés pour régler ces questions : jusqu’où, et jusqu’à quand allons-nous les laisser faire sans réagir ??

    1. @Caleb Irri,excusez moi mais cela nous ramene comme le fait Paul Jorion quelque fois a la revolution Francaise ,et quand vous faites reference au peuple en opposition a: »des dirigeants criminels aveugles par leurs propres interets. »l’histoire nous montre que l’on peut rester sceptique ,Deleuze disait: la revolution ca ne marche pas, on le sait maintenant ,ca seule vertue et de momentanement resoudre une crise(dans son abcedaire) .Amities a Tous et merci Francois et Paul

      1. Deleuze , oui même lui , peut se tromper . Je connais son abécédaire . Forme question-réponse , concision ou désinvolture ? D’autre part je lis sous la plume de F. Leclerc que la crise sera chronique (si elle ne devient pas aigüe) et je me demande , à la lumière des évènements récents et actuels en Grèce , si nos dirigeants européens ne sont pas en train de s’organiser pour qu’elle soit chronique . La pilule , bien qu’amère , en sera moins difficile à avaler .

    2. http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-la-mechancete
      Dans « Ca pe peut pas faire de mal », vers les 5/6, tout à la fin, « un extrait de la Chroniques des jours entiers, des nuits entières, Xavier Durringer, Editions Théâtrales, 1996 », description d’un état d’esprit, très encouragé ou très prisé de certains postes à hautes responsabilités des « pourvu que ça gagne », qui feraient peut-être un début d’explication….
      (par ex Alassane Ouatarra, en tant que directeur Afrique du FMI a fait ses preuves, a été très soutenu d’après Jean Ziegler, cela d’autant plus fermement que de la description du déroulement de sa carrière, il a toujours été parfaitement dans son rôle, soit sans état d’âme, pour imposer de restructuer, privatiser sur le dos des populations …
      http://francafrique.over-blog.com/article-cote-d-ivoire-pourquoi-le-mercenaire-ouattara—jean-ziegler-interview-part-1-73586297.html)

      1. oui, Cécile, partout, ils sont « choisis » car étant dans la » droite ligne du Parti »( ici, financier TINA ) – et après, on va se moquer des communistes ! -quelle magistrale hypocrisie !

    3. Oui, tout se passe comme si politiques, financiers, industriels,
      et tous ceux qui tirent encore un avantage, si minime, si précaire soit-il
      de la situation, n’ont même plus assez de force vitale et morale, ou de courage
      pour quoi que ce soit d’autre que conserver leur position, le confort et le pouvoir
      qui vont avec, alors que les désastres déjà en marche, et qu’aucune science ni aucune
      technologie n’ont su éviter ou réparer, progressent et frappent à leur porte et bientôt surgiront
      au milieu de la chambre à coucher, ou dans celle des gosses, avant que d’autres calamités encore en gestation surviennent, non encore envisagées, celles-là, ou imaginées par quelque science ou technologie, prétendant y parer ou y remédier.

  3. Question : dans une societe ou, malgre les beaux discours qu’on assene aux enfants a l’ecole, les valeurs fondamentales qui font avancer les gens sont le mensonge, la dissimulation et la cupidite, que peut on esperer de mieux meme en ce moment critique ?…. que les pays industrialises se mettent gentillement d’accord sur une monnaie mondiale ?….

  4. Le ver n’est pas dans le fruit : il l’a déjà rongé.Constat de l’agence de
    notation chinoise qui publie son rapport sur le $$$ dette,mais les
    peuples ne le savent pas, ils devinnent juste que la crise s’amplifie a leurs depends.

    La contradiction US visible depuis octobre 2010,arret des achats d’obligations US$ par les investisseurs institutionnels etrangers (Chine,Japon, pays petroliers etc)

    LA BAISSE DU DOLLAR = BAISSE DU VOLUME RELATIF DE LA DETTE = DEPRECIATION DES VALEURS et DES DETTES en $ DETENUES PAR LES INVESTISSEURS :

    L’agence de notation chinoise, qui a frappé les manchettes plus tôt cette année pour son AA-vue sur les Etats-Unis, est de retour, avec une autre degradation de la note US.

    Du rapport de 10 pages Downgrade

    Les défauts graves dans le développement économique des Etats-Unis et le modèle de gestion mènera à la récession à long terme de son économie nationale, fondamentalement abaissant la solvabilité nationale. Le nouveau cycle de la politique monétaire d’assouplissement quantitatif adoptées par la Réserve fédérale a entraîné une tendance évidente de la dépréciation du dollar américain, et la poursuite et l’approfondissement de la crise du crédit aux Etats-Unis

    Une telle démarche empiète entièrement sur les intérêts des créanciers, en indiquant le déclin de l’intention du gouvernement américain de remboursement de la dette. L’analyse montre que la crise face aux Etats-Unis ne peuvent pas être finalement résolue par une dépréciation monétaire. Au contraire, il est probable que la crise globale pourrait être déclenchée par la politique du gouvernement américain en permanence de déprécier le dollar américain, contre la volonté des créanciers.

    http://philosophers-stone.co.uk/wordpress/2011/07/chinese-rating-agency-says-u-s-as-creditworthy-as-costco-pegs-u-s-gdp-at-5-trillion-not-14t-and-downgrades-bernanke/

  5. La grande puissance issue de la seconde guerre mondiale n’est plus ce qu’elle était dans un monde qui est en train de basculer et d’être reconfiguré

    Tant que la reconfiguration ne se fait pas au son du canon, c’est un moindre mal…

    Que les populations des pays où les armes parlent déjà me pardonnent, on a tendance égoïstement à voir midi à sa porte.

    Ceci dit l’ordre mis en place après guerre à Bretton Woods et établissant l’Imperium Américain au travers de sa monnaie le Dollar, cet ordre date presque de 70 ans. Il faut se souvenir que l’Imperium Soviétique a duré à peu près le même temps.
    Grâce à Gorbatchev la fin de l’Empire Soviétique ne s’est pas fait accompagnée d’un bain de sang, même si économiquement elle a été traumatisante pour les populations de l’ex-URSS, avec une paupérisation terrible et le développement des mafias.
    Espérons que la fin de l’hégémonie US sera aussi « pacifique » que celle de son ancien adversaire communiste. Mais pour les populations, sur le plan économique ce ne sera pas plus gai que pour les populations ex-soviétiques, ce n’est déjà pas une sinécure.

    1. Il y a eu les guerres de décolonisations, les guerres.. et il y en a encore quelques fameuses démocratisations en cours… la réduction du budget militaire US est seulement derrière, -mais bien derrière- celle du sacrifice d’une assurance minimale pour les vieux étasumiens…

      1. celle du sacrifice d’une assurance minimale pour les vieux étasumiens…

        dont l’immense majorité a soutenu les guerres de Corée, à l’Irak en passant par le Salvador, le Nicaragua, le Panama, Grenade, l’Afghanistan, le Viet Nam ? J’en oublie sans doute, celles-ci sont seulement les officielles.

    2. Grace à Gorbatchev il n’y a pas eu bain de sang,dites vous et la surmortalité en Russie aprés le passage de Gorbtchev plusieurs centaines de miliers ça ne compte pas?

      1. @ Marat dans son bain
        « Apres le passage de Gorbatchev .» Curieux raccourci tout en oubliant le passage ce Eltsine et sa privatisation à bon marché. Que dis-je à bon marché, ça semblait plutôt être une vente de feu aux petits « zamis » sous les conseils des « Chicago Boys »!
        André Lorimier
        Deux-Montagnes Québec

      2. oui, dont un effondrement du Système de Santé publique, arrêt des vaccinations de principe, redémarrage d’épidémies de diphtérie, parfois mortelle car non résolues par la prise d’antibiotique [ voir XIX°siècle et ce qu’on appelait alors le Croup = angine à fausses membranes = mort des enfants par étouffement ( nombre des enfants de nos ancêtres : familles nombreuses du XIX°s. sont morts de cela ) , hépatite A et typhoïde de retour ( comme dans tout Pays en voie de paupérisation / déconfiture socio-économique/guerre =) infrastructures délaissées …promiscuité …vie dans la rue = retour de maladies, que, dans nos contrées, on croyait disparues, ou contrôlées.

    1. Si l’Allemagne ne réclame à la Suisse que 10 milliards sur les 160 milliards de son évasion fiscale qui sont déposés dans les banques helvètes et non la totalité du butin plus une amende conséquente pour le préjudice subi, la Suisse ne sera pas dissuadée de jouer son rôle de recéleur.

  6. En conséquence, les épisodes de la crise s’enchaînent, de rebondissements en rebondissements. Jusqu’où ? jusqu’à quand ?

    hum hum …. jusqu’où et jusqu’à quand … on peut échafauder quantité de scénarios comme par exemple celui-ci :

    -> jusqu’à ce que la décroissance qui découle inexorablement de cet état de faits, fasse chuter l’économie des pays à forte croissance,
    -> que partant de ce principe la demande en matières premières s’essouffle jusqu’à ce qu’elle régresse significativement,
    -> que ce qui est considéré comme une surpopulation par quelques têtes bizarrement faites, soit sous un plafond de verre et régresse aussi pour atteindre un niveau « x »
    -> que les nations soient disloquées par l’éclatement du maillage social, des soulèvements et du manque d’argent qui leur permettait jusqu’alors de maintenir une défense appropriée aux risques de guerre etc.

    Bref quelques idées écologistes appliquées avec un lance flammes.

    1. La surpopulation ne se concoit que par rapport a un mode de vie et aux ressources disponibles.
      Dans un monde ou les ressorces ne sont pas renouvelées et/ou de plus en plus difficile d’accés il y a forcément un moment ou on arrive à une adaptation du mode de vie, soit on on à une adaptation du nombre d’individus soit les deux quand les luttes pour conserver le mode de vie deviennent violentes et détruisent les outils necessaires au mode de vie et diminue le nombre d’individus.

      1. @Philippev

        Sachant pertinemment dans les années 70 que les ressources de la planète devaient être convenablement gérées et que sans être mathématicien, la population mondiale continuerait à s’accoître, que celle-ci pour vivre dépendait de la bonne gestion de ces ressources, je vous laisse réfléchir sur la manière dont les puissants et les gouvernements ont abordé cette question durant 40 ans ….

        Dans les années 90, on entendait de « bonnes âmes » déclarer dans les médias qu’avant la guerre froide les guerres successives et les maladies régulaient cette population.

        Qu’a t-on fait pour expliquer cela aux gens des pays sous développés ?
        Rien, on se contentait d’exploiter leurs ressources en laissant les populations des pays sous développés inconscientes de ce qui était inexorablement en train de se produire.

        Alors aujourd’hui, branle bas de combat !

        Yen a trop d’un côté et pas assez de l’autre, faisons des coupes franches partout dans le monde, après avoir laisser cette situation se développer gravement pour mieux se remplir les fouilles.

        Si la politique de l’enfant unique en Chine a été trop brusque et dirigiste, mettant de côté toute pédagogie, on ne peut pas nier qu’ils ont au moins essayé de faire face à la situation.
        Aujourd’hui, après avoir installé le « laisser faire » mondial, les Américains commencent à trouver que les Chinois sont très génants ….

        Je crains plus que tout leur politique mondiale devant les problèmes qu’ils ont eux mêmes créés.

      1. s’il n’y a pas d’accord d’ici le 2 août, ce sera la première super production américaine qui aurait un peu de poésie depuis belle lurette…

  7. Méfions nous des Etats-Uniens, ils vont tous retrouver de lointains ancêtres et débarquer en force en Europe.
    Une fois de plus Sarko et les siens n’ont rien vu venir, de Grenoble ils fustigent les Roms, en direct du 14 juillet ils conchient les non croyants, mais le danger ce sont les hordes de banlieusards et de démunis Américains qui risquent de débarquer en force.
    « Un tsunami d’endettés rejoint la vielle Europe et fuit la puissante Amérique ».
    CDS Island prend l’eau
    Quid d’un nouvel eldorado ?

    1. tant que l’homo cupidum vivra.

      Voilà une formulation qui me semble s’engager comme trop souvent sur la pente ô combien savonneuse d’une polarisation moralement confortable.

      D’un côté de la barrière, le gentil homo virum, tout empreint d’universalisme, de compassion, d’éthique, et en résumé l’incarnation vivante de la vertu. De l’autre, le vilain homo cupidum entièrement dévolu à la satisfaction de son bien propre.

      La limite de ce genre de description réside dans le fait qu’elle dépeint la réalité de manière toujours incomplète puisqu’elle exclut par définition les aspects de la personnalité humaine que son auteur ne veut pas assumer. Grande révélation en effet, chaque homo sapiens est la synthèse d’un peu d’homo virum avec un peu d’homo cupidum, dans des proportions certes variables.

      Ce qu’en d’autres circonstances, Jorion a nommé le problème « du citoyen et du bourgeois ». Bref, y a encore du boulot…

      1. Oh je vous suis complètement. Vivement l’homo aequus ( oups, j’ai failli écrire aequilibrium, mea culpa). Sisyphe devait en être un.

      2. Bof , une langue voyage selon Saussure …Dans le Sud Ouest , longtemps colonisé , Il y avait une locution interjective courante qui a perduré :
        «  » »Encularé humanum est «  »

      3. « cupidum » au lieu de « cupidus » car cet homo-là n’a plus rien d’humain ni de masculin, il est chosifié, un monstre, donc sans doute à déclinaison neutre !!! LOL

  8. « La crise américaine présente trois niveaux de lecture.
    Le premier est politique et illustre le violent affrontement en cours, qui vise à faire perdre les prochaines présidentielles à Barack Obama, à tout prix. Le second est social et analyse les effets dans la société américaine, ainsi que ses conséquences politiques profondes. Le dernier est économique et financier et déborde par nature du cadre américain, étant donné le caractère mondial de la crise financière. »

    Les oligarchies se sont toujours payées sur la bête: les travailleurs. Toujours plus avides elles comptent intensifier l’exploitation. Pour ce faire elles développent leur politique à trois niveaux.
    Le premier est la politique intérieure. Il s’agit d’installer au pouvoir les partis de la Droite financière qui ont fait voter la grande majorité des lois scélérates pro-oligarchie financière. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

    Le second est la politique anti-sociale. Le programme immédiat de l’oligarchie financière avec sa fraction populiste démagogique dite du Tea Party aux USA mais présente sous d’autres dénominations ailleurs, est de liquider le salaire indirect garanti par l’Etat social et donc les droits à la santé, à l’éducation, à une retraite décente, à des allocations chômage, soit 30 à 40% du salaire direct mais aussi le droit du travail permettant ainsi de baisser le salaire direct.

    Le dernier est la politique internationale économique et financière. Comme disait l’économiste US J.K.Galbraith, le concept fourre tout de mondialisation correspondait surtout à la domination US. Les USA ,le Royaume Uni et un peu plus tard la zone euro et le Japon s’étant placés sous le diktat de l’oligarchie financière ne sont plus capables de diriger le monde, voire de se diriger eux-mêmes. La Chine et l’Inde , dans une phase de rattrapage et de transition socio-démographique favorable (surtout la Chine) ont maintenu une politique keynésienne et tirent leur épingle du jeu. Mais ces nouvelles puissances n’ont pas le poids économique nécessaire pour prendre le relais.

    Jusqu’à quand les peuples des pays développés vont-ils voter pour cette politique injuste, inefficace et qui mène à l’abime des crises financières « globalisées » par la Droite financiariste et que laisse faire une partie de la gauche?

    1. Vous voulez savoir à quoi ressemble un Nazi (*) aujourd’hui ? Regardez donc cette vidéo de Ron Paul – aux bons soins du site « goldsilver.com », ça ne s’invente pas.

      (°) Pas de Point Godwin pour moi : je n’ai pas dit que « Ron Paul était COMME un Nazi », j’ai dit que « Ron Paul EST un Nazi », nuance !

      1. Je veux bien vous croire sur parole, mais ne comprenant pas l’anglais je ne peux que douter. Que dit-il, en gros?

      2. Economie d’extrême-droite avec réduction des prérogatives de l’état fédéral, limitées à la sauvegarde des « libertés » et axées sur la sécurité. Rejet du « welfare state » et promotion de mesures tendant à limiter le pouvoir du sénat?

      3. Ben Ron Paul, c’est le genre de gars qui va vous expliquer que tout va mal et que l’inconvénient de la société américaine c’est de ne pas laisser suffisamment de libertés pour pouvoir se débarrasser des causes de ce mal…évidemment, il défend toutes les libertés, en particulier celles qui nuisent à autrui…

      4. Merci l’albatros, mais je ne comprends pas l’intuition(?) qui consiste à réduire son discours politique à un discours nazi. Je ne sais si cette thèse a été développée sur ce blog (indispensable au demeurant), si ce n’est pas le cas, il le faudrait.

      5. Je ne suis pas spécialiste en politique ni en histoire mais je réserve le mot nazi au national socialisme allemand du début du siècle passé. Celà n’empèche pas que l’idéologie libertariene défendue par Ron Paul serait catrastophique appliquée aux USA aujourdh’hui et pourrait mener à des évenements aussi graves que le nazisme dans l’allemagne de +1930 . Je comprend que les libertariens sont des hybrides anarchistes-extrême droite le libertarisme dans une société aussi inégalitaire que les USA mènerait certainement à des massacres. En fait vu la toute puissance des multinationnales (corporations) on arriverait, pour reprendre un terme du siècle passé, au fachisme.
        Par contre comme c’est le cas de pas mal d’extremistes Ron Paul met le doigt ou ca fait mal et relève les problèmes qui sinon restent dans l’ombre. C’est lui qui est à la base d’une loi pour que le congrès puisse auditer la FED et il semble qu’il ait déjà obtenu quelques résultats et ça me semble une bonne chose. Malheureusement l’idée de Ron Paul n’est pas d’augmenter la démocracie mais est de détruire le systéme actuel. Pour arriver à ses fins il veut mettre au grand jour toutes les manipulations de la FED.

  9. Nous savons déjà depuis le début que les américains vont trouver un compromis et sauver le monde !!!! c’est grâce à eux , sans eux nous sommes rien .. Les médias exagèrent..
    Mais ce qui est plus hallucinant c’est que l’on continue dans le même chemin …
    Donc pour élever le plafond de la dette vous verres qu’il y un accord mais par contre pour dire qu la dette va se renflouer de 3000 milliards de $ c ‘est de la grand foutaise … On continue dans le même chemin qu’on injecet 1000 milliard ou 10000 millirads ça ne change rien qui c les plus forts ce sont les ricains !!!!

  10. Pour le jusqu’où , je ne suis pas sur de bien comprendre la question et donc je ne sais pas ;

    Pour le jusqu’à quand , Jacques Attali , dans « une brève histoire de l’avenir » , s’était mouillé d’un semblant d’agenda ( peut être un peu… Hyper) .Pas certain qu’il maintiendrait son diagnostic sur le leader-ship de Los Angeles conservé sur une trentaine d’années .

    C’était en 2006 et , dans l’aspect « tiré à part  » pour la France , il s’agissait de peser sur le contenu de la présidentielle à venir : ça a foiré .

    On pourrait lui demander ( je suis sur qu’il lit plus attentivement ce blog que le sien propre !) , de reprendre sa copie en vue de 2012 .

    Mais il a du déjà y penser .

    Une réédition et la sortie de la BD promise de Gregory , feraient , j’en suis convaincu , un tabac en librairie et au delà d’ici 2012 .

    En tous cas ça aurait des chances de mettre en perspective et en débat des choses plus vitales et dignes d’arbitrage populaire que les tiroirs sociétaux habituellement jetés en pâture par nos dupont et dupond abrutis par leurs conseillers en communication .

  11. Comme il est dit sur l’impossibilité des américains de revenir sur leur déclin économique me fait penser aux analyses prémonitoires et tellement fondées d’Emmanuel Todd dans « Après l’Empire » paru en 2002.

  12. Un quatrième niveau de lecture est possible. Le système étasunien est en faillite depuis quelques années, bien avant la crise des subprimes de 2007. Il est en cessation des paiements potentielle sans doute depuis longtemps. Au regard de cet arrière-plan le défaut annoncé a aussi une importance sur un plan symbolique. C’est l’érosion ou la remise en question du symbole qui permet le déclenchement technique des conséquences du défaut. Quelque chose qui ne relevait que de l’ordre de la représentation va se retrouver bientôt sérieusement écorné, voire invalidé. Dans la guerre des représentations, représentations dont le bloc BAO (selon l’amusant acronyme posé par Ph. Grasset) fait un usage massif, il existe un risque que le réel mette à mal une partie du décors de théâtre. L’enjeu symbolique est donc important dans un système où ce n’est plus l’onction démocratique qui fait la légitimité mais l’onction médiatique. La défaite possible (au train où vont les choses) des représentations du bloc en question signifierait certainement l’apparition d’une sorte de vide dans le monde des représentations avec à la clé un fort sentiment d’irréalité, propice à la création d’autre chose mais aussi à des aventures risquées.

  13. Sans accord sur la dette US, les premiers échanges sur le CAC 40 vont être assez marrants lundi matin…

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