L'actualité de la crise : ILS NE CHANGERONT DONC JAMAIS !, par François Leclerc

Billet invité.

L’idée d’une pause estivale, dont les Européens pourraient bénéficier, n’était pas une bonne idée. Les marchés continuent de manifester leur scepticisme à propos du plan qui leur a été donné en pâture, quand ce n’est pas leur appétit pour de nouvelles proies. Surtout, elle ne tenait pas compte de l’accélération de la crise de la dette made in USA, qui tient à juste titre la vedette et dont tous les commentateurs cherchent à cerner à l’aveuglette les effets, faute de précédent et en raison de la complexité de l’échafaudage financier mondial.

A peine a-t-il été décidé, l’entrée en application du plan européen lui-même fait question. Pris dans l’engrenage de la hausse de leur taux obligataires, les pays de la zone des tempêtes – ou ceux qui s’en rapprochent du bord – doivent engager de nouvelles mesures de rigueur qui vont encore faire baisser leur capacité à diminuer leur déficit. On court après les événements qui se succèdent à un rythme élevé.

Venant de l’extérieur, une menace n’est pas encore levée. L’implication du FMI dans le deuxième plan de sauvetage de la Grèce n’est toujours pas formellement acquise. « Il y a à bord le sentiment que nous sommes sur le même bateau mais que nous n’avons pas beaucoup de prise sur les décisions et que nous sommes liés par les erreurs des Européens » a déclaré une source anonyme du FMI à Reuters, exprimant un malaise perceptible.

Venant de l’intérieur, les signaux annonçant de nouveaux obstacles s’accumulent. Le même cycle de nouvelles alarmantes a repris : quand une agence ne baisse pas à nouveau sa note d’un pays, les marchés sanctionnent une émission obligataire par une hausse des taux. L’Espagne et l’Italie, prochaines victimes toutes trouvées, en font irrésistiblement les frais.

Moody’s est à la manoeuvre en Espagne, qui prend de l’avance dans sa course avec l’Italie vers le précipice, annonçant successivement qu’elle envisageait de baisser la note du pays, de six régions et des trois principales banques ainsi que de la Confédération des caisses d’épargne (les Cajas). Santander, numéro un de la zone euro, a de son côté dû reporter à l’année prochaine l’introduction en bourse de deux de ses filiales étrangères, au vu des conditions de marché.

L’agence de notation a assorti son annonce d’une éventuelle prochaine dégradation de la note espagnole d’une explication alarmante et significative : le plan grec a « créé un précédent » en impliquant le secteur privé, ce qui marque un accroissement du risque pour les investisseurs d’obligations des pays fragiles de la zone euro.

Extrêmement endettées, les 17 régions espagnoles, désormais toutes sauf une aux mains de l’opposition qui criaient au loup à propos de leur déficit pour maintenant se taire après leur victoire, ont pris l’engagement de limiter leur budget. Mais cette mesure contre-cyclique est destinée à entrer en vigueur quand l’économie commencera sa reprise, d’après Elena Salgado, ministre des finances. Cela servira donc pour le coup d’après et n’a pas rassuré les agences, dont Moody’s, qui dans un premier temps a exprimé la crainte que les régions ne ratent leurs objectifs de réduction du déficit, pour ensuite abaisser d’un cran les notes de six régions, dont la Catalogne, la plus riche.

Enfin, le gouvernement espagnol semble empêtré dans son plan de recapitalisation privé-public des Cajas, une dernière introduction en bourse de l’une d’entre elles ne pouvant se faire qu’au prix d’une très forte dévalorisation, afin de baisser le cours d’introduction de ses actions proposées à l’achat.

Le taux des obligations espagnoles à dix ans a hier jeudi dépassé la barre des 6%. José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement, s’apprête selon la presse à annoncer des élections législatives anticipées

Du côté italien, les taux se sont envolées à l’occasion de plusieurs émissions intervenues depuis le début de la semaine. Le coût de refinancement (roll-over) de l’énorme dette italienne de 1.900 milliards d’euros ne cesse d’augmenter. Le taux des obligations à dix ans – indexées sur l’inflation en zone euro – est sorti à 4,07% hier jeudi contre 2,51% le 27 mai dernier. Les valeurs bancaires continuent de chuter à la Bourse de Milan.

Pourtant, un nouveau plan d’austérité de 48 milliards d’euros avait été adopté en urgence le 15 juillet dernier, sans effet.

La Grèce n’a pas été mieux servie, les trois grandes agences l’ayant depuis le sommet européen dégradée ou menacé de le faire, plaçant dans l’immédiat sa note un cran au-dessus du défaut de paiement dans l’échelle. Le taux grec à 10 ans continue de monter, en dépit de l’annonce du plan de sauvetage, atteignant hier 14,435%…

En provenance d’Allemagne un autre signal est envoyé, qui fait douter de la suite prévisible des opérations de sauvetage. Tout à son désir de minimiser l’impact politique interne des engagements pris par son gouvernement, Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances, a écrit dans une lettre aux parlementaires de la majorité de coalition qu’il n’avait pas « signé un chèque en blanc » au Fonds de stabilisation financière européen (FSFE) pour des rachats obligataires de grande ampleur sur le marché secondaire. Longtemps refusée par les Allemands, cette nouvelle mission du FSFE sera, selon lui, « encadrée très étroitement ». Les marchés n’ont pas failli à réagir, imprimant aux taux de nouvelles hausses.

Indicateur nerveux de leurs états d’âme, les indices vedette des places boursières européennes chutaient dès ce vendredi matin à l’ouverture.

Les facteurs d’inquiétude ne s’arrêtent en effet pas là. Le nouveau plan est assorti de trop de zones d’ombre, à commencer par la participation effective des établissements financiers, dont l’effort est présenté sous un jour trompeur pour des raisons politiques. 54 milliards d’euro sont évoqués, mais on ne sait toujours pas très bien comment ils sont comptabilisés et ce qu’ils recouvrent effectivement. Ils semblent additionner des pommes et des poires, une décote dans certains cas et dans l’autre l’effet sur les trois années à venir du rééchelonnement des remboursements.

En brandissant flatteusement une participation des établissements français de 15 milliards d’euros, le ministre François Baroin n’a pas décrit leur effort mais le montant facial des titres qu’elles vont échanger, suivant les différentes options qui leur sont proposées. Pour mémoire, ils en valent sur le marché moitié moins, ce qui est une belle incitation à entrer dans le dispositif plus que l’expression d’un grand sacrifice ! Selon François Pérol, président de la Fédération bancaire française, l’effort effectif serait de trois milliards

L’écran de fumée s’est vite dissipé pour les marchés, qui ne s’en laissent pas si facilement compter. Les questions affluent à propos du danger de réintervention des établissements financiers au sauvetage éventuel d’un nouveau pays, des moyens financiers insuffisants du FSFE au regard de ses missions élargies, et enfin du temps que va prendre la mise en œuvre des différentes composantes du plan, qui suppose notamment son adoption par les Parlements des pays de la zone euro, exercice dans certains cas périlleux.

D’autres interrogations se font jour. En relation avec ce qui est devenu une tarte à la crème à la recette inconnue : les progrès estimés indispensables de la gouvernance économique et du fédéralisme économique. Et, pour aller plus loin, mais du bout des doigts, à propos de la pertinence du ratio du déficit de 3% par rapport au PIB… Une piste plus prometteuse mais ô combien escarpée.

Les progrès de deux volets du plan sont scrutés de près. Les conditions dans lesquelles le plan de privatisation grec va être lancé, ainsi que son calendrier. Le gouvernement grec résiste en effet à ce qu’il aboutisse à un bradage des joyaux de sa couronne. Ainsi que les procédures détaillées et la durée des échanges des titres de la dette grecque avec ses détenteurs privés. Des représentants de l’Institute of International Finance (IIF), dont le rôle central n’est plus à relever, sont à Athènes pour superviser l’ensemble.

Tout additionné, que reste-t-il du magnifique plan européen ? On se croit revenu au temps des G20 mirifiques qui faisaient valser les milliers de milliards de dollars et annonçaient une régulation financière que l’on allait voir. Ils ne changeront jamais !

Devant l’évidence si ce n’est l’obstacle, en route vers un nouveau plan, François Baroin et Wolfgang Schaüble ont expliqué ce matin dans un article cosigné publié par le Financial Times qu’il fallait augmenter les moyens du Fonds de stabilisation financière…

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66 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : ILS NE CHANGERONT DONC JAMAIS !, par François Leclerc »

  1. Par contre motus des agences de notations en ce qui concerne la dette US !!??
    Seraient elles assez lâches pour ne pas oser s’attaquer au gros morceau de fromage, lui préférant de petits pays sans défense ??

    Vivement qu’on supprime les devises et qu’on les remplace par une carte de pointage-consommation-retraite, qui ne prendra en compte que le temps passé à faire des B.A.
    Tu fais de bonnes actions, tu manges.. Tu ne fais pas de bonnes actions, tu ne manges pas..
    Comment voulez vous améliorer le monde, si aucune bonne action n’est réalisée et qu’il n’y a que des coups bas ?? J’aimerais qu’on me l’explique ..

      1. Si vous en êtes arrivé à ne plus savoir distinguer le bien du mal, autant boire une bière, en attendant la fin de la partie ..

      2. Oh, mais chacun de nous a une idée très claire là-dessus.

        Le truc, c’est qu’il nous faut tous tomber d’accord, et ça c’est une autre paire de manche.

      3. Alors, disons qu’un odirnateur programmé par un collectif de sages qualifiera le bon et le mauvais.. Pour la gestion matérielle de la planète, deux cononnes suffiront dans l’ordinateur.
        Ue colonne des ressources disponibles du moment et une colonne du coût de tous les vouloirs vouloirs du moment.. Si la colonne des ressources excède la colonne des vouloirs, nous réaliserons l’union de tous les vouloirs.. Dans le cas inverse, nous réaliserons l’intersection des tous les vouloirs, jusqu’à hauteur des ressources du moment.
        La suite de la réalisation des vouloirs étant remise à la prochaine mise à jour.

        A suivre ..

  2. cela me donne l’impression que le train commence à échapper à tout contrôle et que même si la sonnette d’alarme était tirée, son inertie est énorme

  3. Jamais depuis 2000 ans la situation n’a été aussi favorable pour une nouvelle économie mondiale.
    Que les états unis rejettent leur dette et tous les pays suivront.
    Alors seulement l’avenir s’éclairera.

    1. Non, quand ça va dégénérer il reviendront aux mêmes recettes, patience… il faut visiblement descendre plus bas.

    1. Les espagnols diraient aussi « la bonde de la baignoire » : on remplit mais ça coule par en dessous, presque au même rythme…

    2. @Joan

      Tant que l’on ne reverra pas de fond en comble l’architecture du système, tous ces plans élaborés dans l’urgence ne serviront à rien. Si ce n’est à différer le naufrage final.

      D’accord, mais c’est bien sûr le « on » qui est important.
      1 – Nous sommes pas en démocratie (C’est la dictature des marchands des oligarques et des banquiers qui règne)
      2 – Y parvenir sera long et douloureux, si cela est seulement possible. Une démocratie engageant des millions d’individus gavés d’individualisme et de surconsommation !! ??

      1. @ Merlin.
        Oui, mais on peut au moins profiter des impasses du passé largement mises au ban d’essai:
        – la solution social-démocrate est une impasse qui conforte l’oligarchie: la bourgeoisie n’a jamais autorisé une révolution par les urnes
        – la solution bureaucratique est l’autre impasse et conduit à la dictature: ne jamais donner le pouvoir à un parti, toujours défendre la démocratie directe la plus large possible.

    3. Il suffit de faire le bien. Pour ceux qui ne savent pas faire le bien, qu’ils s’abstiennent au moins de faire le mal.. Aucun système ne fonctionnera dans la corruption généralisée.. Et la corruption généralisée vient de la perte de la raison et du mal réalisé ..
      L’Amour, c’est tout simplement FAIRE LE BIEN ..

  4. @ F. Leclerc : A 4 paragraphes de la fin, je suppose que vous voulez dire 3% = DEFICIT sur PIB et non dette sur PIB ?

    Sinon plus on avance plus ce plan ressemble à une gigantesque pantalonnade. Comment ne pas penser que c’est l’ensemble des « PIIGS » qui était visé par le véritable pilonnage des agences ? Comment les dirigeants européens ont finalement cédé aux sirènes de la fuite en avant, alors qu’il est temps d’ériger des sacs de sable et de régler les bruits de bottes face aux agences, et au secteur financier (une forme de moratoire géant concernant les dettes européennes, avec suspension des marchés financiers, gel des positions, etc…). C’est utopique mais c’est une question filet de sécurité, un peu à l’image de ce qui se passerait en cas de conflit militaire (j’en suis à ce niveau de réflexion)…

    Quant aux USA, nul doute qu’ils devraient faire de même, si on tient compte du déficit fédéral qui devient structurel, et de la probable dégradation, aucun plan de rigueur ne saura être à la hauteur du challenge. Un défaut devient ainsi la seule solution « raisonnable » à leur arc, sauf à sacrifier leurs working classes et pauvres…

  5. On mon avis , on ne perçoit pas assez le sous-jacent à tout cela : la frénésie immobiliére
    . En Gréce , en Espagne et ailleurs , y compris dans les pays limitrophes de l’Euro mais
    financée en Euros .
    En Allemagne elle a été stoppé net , il y avait pourtant de quoi faire avec la réunification et
    la rénovation de Berlin .
    Comme pour les US mais d’une maniére différente la chose est faite . Il s’agit d’investissements énormes et à long terme . Cela ne se réglera pas en quelques mois , à mon avis , mais va plomber pour longtemps les finances en Europe et aux USA . (Comme çà l’a fait au Japon) .
    Qui a le plus péché , de l’Europe ou des US , difficile à dire et l’approche est complétement
    différente , mais plus claire aux USA .

  6. Le taux des obligations espagnoles à dix ans a hier jeudi dépassé la barre des 6%. José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement, s’apprête selon la presse à annoncer des élections législatives anticipées

    C’est fait, ZP anticipe de 4 mois les élections législatives.

    http://politica.elpais.com/politica/2011/07/29/actualidad/1311929850_613039.html

    En janvier les héritiers du franquisme auront toutes les manettes…….. On verra bien si c’est la « solution ».

    1. C’est que le bonhomme n’a plus envie d’être là ou il est en ce moment; il anticipe peut être un lynchage des dirigeants d’ici la fin de l’année, alors mieux vaut foutre le camps tant qu’il est encore temps.

  7. LA PROPRIÉTÉ A-T-ELLE LA PRIORITÉ ?

    À l’heure où l’âge de la retraite vient d’être repoussé à 62 ans et où l’universalisation du profit et de la misère semble sur le point d’atteindre son acmé, la question posée en 1840 par Pierre-Joseph Proudhon – Qu’est-ce que la propriété ? reste d’autant plus d’actualité.
    Tout d’abord, ne serait-il pas légitime que les richesses produites par tout un chacun au cours de son existence professionnelle et laborieuse lui assurent, pour ses vieux jours, une juste rétribution ? Les fortunes dégagées par les entreprises, le commerce, les échanges de toutes sortes ne devraient-elles pas être redistribuées comme le clame Proudhon, à ceux-là même qui ont au moins la moitié de leur existence été les artisans et donc les légitimes bénéficiaires de ces profits souvent énormes ? « Quiconque travaille devient propriétaire ; ce fait ne peut être nié dans les principes actuels de l’économie politique et du droit. Et quand je dis propriétaire : je n’entends pas seulement, comme nos économistes hypocrites, propriétaire de ses appointements, de son salaire, de ses gages ; je veux dire propriétaire de la valeur qu’il crée, et dont le maître seul tire le bénéfice . »
    Ne sont-ce pas là les véritables actionnaires, autrement dit ceux qui, par leur action ouvrière ont participé à la transformation de la matière brute ? L’ouvrier, l’employé, le salarié de manière générale n’a-t-il pas droit au même statut que l’inventeur qui perçoit sur chaque produit manufacturé et vendu un juste bénéfice ?
    « Mais la propriété privée des moyens de production autorise le capitaliste à rémunérer le travailleur non sur la production à laquelle il a contribué comme élément du groupe, mais sur la base individuelle de ce qu’il aurait produit s’il avait été privé de la force collective de l’atelier. Le capitaliste empoche la différence et ce surplus engendré par la collectivité est soustrait aux travailleurs. Le propriétaire perçoit une rémunération du fait de sa propriété sans y apporter son propre travail . »
    Sur des salaires le plus souvent injustes au vu du travail fourni et des richesses produites en commun, l’ouvrier est à nouveau mis à contribution. Ceci afin de gaver des caisses de retraite et d’assurance-maladie dont il ne sera jamais assuré de retrouver l’argent qu’il y a contre son gré englouti. Les gains et les dividendes qu’il a générés tout au long de sa vie par son propre travail seraient largement à même d’assurer les dépenses quotidiennes de ses années de retraite amplement méritée. Qui plus est, tout cet argent arbitrairement et injustement ponctionné sous couvert d’une solidarité intergénérationnelle de façade, ne servira, par l’intermédiaire des organismes financiers les plus divers, qu’à alimenter la spéculation et enfler les profits grâce à l’argent et donc au travail de l’ouvrier sous-payé, abusé, exploité, corvéable à merci et souvent remercié. Un ouvrier le plus souvent dépouillé de sa vie, de son temps libre, de sa santé physique et parfois mentale ; de ses rêves, de ses idéaux, de sa liberté et parfois même de sa dignité. Enfin, cet argent habilement extorqué à tous les travailleurs du monde par les professionnels de la spéculation et de la spoliation puis « blanchi » par les différents organismes patentés de l’économie dite libérale, est finalement prêté à des taux scandaleux à ces mêmes travailleurs contraints de s’aliéner leur vie durant pour rembourser au centuple des sommes qui leur revenaient de droit. Enfin, ces dividendes, quand ils ne sont pas ponctionnés par les différents organismes privés ou d’État ; quand ils ne sont pas aussi réinjectés dans l’outil de travail afin d’en accroître toujours plus la productivité et le trésor de guerre, sont arbitrairement reversés à ceux-là seuls qui se sont arrogé un droit de propriété illégitime. Car l’outil de travail lui-même, s’il est né de l’initiative d’une poignée de décideurs, n’en demeure pas moins le fruit du travail de tous. La survie et la croissance de n’importe quel organisme, qu’il soit biologique ou mécanique et industriel, ne sont pas seulement dues à sa seule « matière grise ». Chaque fibre, chaque cellule participe de la cohésion et de la croissance du tout. À partir du moment où le concepteur ou inventeur s’est vu dans l’obligation de s’adjoindre différents collaborateurs afin de faire vivre et développer son entreprise ; cet outil de travail lui-même est devenu implicitement la possession de tous, présents ou absents, parce que fruit du travail et de la participation de chacun. […] (Lire la suite sur http://les-naufrages-de-dieu.over-blog.fr ).

    Sébastien Junca.

    1. Le pamphlet, “How the Miners are Robbed” (Comment on vole les mineurs), eut un impact considérable avant la première guerre mondiale. Son analyse de classe demeure valable pour les travailleurs d’aujourd’hui, qui continuent de se faire voler. Dans l’extrait qui suit, le juge interroge les témoins. La première personne à se présenter à la barre est le propriétaire de la houillère.
      Source :
      http://2ccr.unblog.fr/2011/07/19/comment-on-vole-les-mineurs/

  8. Quand les agences pèsent comme un couvercle
    Sur la finance gémissant en proie à de profonds ennuis,
    Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
    elles nous versent des jours noirs plus tristes que les nuits ;

    Quand la dette est changée en un gouffre humide,
    Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
    S’en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des impasses pourries ;

    Des indices tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des traders errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

    – Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement sur la toile ; l’Espoir,
    Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
    Sur la finance inclinée plante son drapeau noir.

  9. Merck va supprimer quelque 14.000 postes.
    Le groupe pharmaceutique américain Merckx compte mettre en place un programme de restructuration visant, d’ici 2015, à supprimer 12 à 13% supplémentaires de son effectif.

    http://www.lecho.be/actualite/entreprises_pharma/Merck_va_supprimer_quelque_14.000_postes.9086601-3002.art

    Les chiffres du PIB(gdp) s’écroulent aux US….

    A simply unprecedented miss in Q2 GDP well below the consensus range, with the official number printing at 1.3%, giving it upside room for revisions in case QE3 does not pass, although at this point it is more than obvious that this number is goalseeked to give Bernanke the carte blanche to start more easing any second.

    Q1 plunging from 1.9% to 0.4%. The GDP internals were simply appalling: Personal Consumption tumbled from 2.1% to 0.1%, on expectations of 0.8%! The US consumer is dead despite not paying mortgage payments.

    Bernanke en route pour au moins un méga QE3 etc….et l’OR au plus haut en réaction!

    http://www.zerohedge.com/news/and-scene-q2-gdp-13

    1. Estimation à 1,3% pour T2, càd une croissance du PIB sans doute nulle voire négative après la révision du taux. La croissance étasunienne chute très vite. Un double dip ?

  10. Contagion Spreads To Sleepy Denmark, As CDS Surges By 20% Overnight.

    When one things of Europe’s default contagion, one traditionally thinks of the Club Ded countries along the Mediterranean. It may be time to change that after Denmark’s CDS has surged by nearly 20% overnight, from 74 to 88, and by over a third since June 7, making it the worst performing government in the past month. The reason for this is that the country, which unlike other European nations, has allowed its insolvent banks to actually fail without masking their poor state.

    http://www.zerohedge.com/news/contagion-spreads-sleepy-denmark-cds-surges-20-overnight

  11. Juste une question : La dette française semble être actuellement possédée par 65% de non résidents ? Qui pourrait me donner la bonne info ???

      1. Bien vu pour l’agence France-Trésor , c’est récent elle fait un gros démarchage à l’international .
        Mais apparemment çà s’essoufle . Dommage , si çà continue y aura méme pas besoin de créer
        une régle d’or , elle s’appliquera d’elle méme !

      2. quels types de résidents rachètent la dette de l’état ? Est-ce que l’AFT se préparerait progressivement à un défaut de la France ?

      3. ça serait bien si l’AFT était un peu moins opaque et donnait, comme l’US treasury, le lieu de résidence de ces non-résidents.

        Impossible de trouver cette information. Pourtant, elle a une grande importance pour l’avenir!

  12. Euronext ne changera jamais non plus : pas de cotation depuis l’ouverture (en forte baisse) de WS.

    Je dirais « lol ».

    1. A la reprise, le cac a repris 1%.

      Et là je dirais  » lol de lol  » .

      Franchement, amusez vous à ça au bingo du village….vous aurez la maréchaussée à vos trousses en moins de deux, et faudra rendre le cochon, je vous le garanti !

      Du goudron et des plumes si le village est au far west.

  13. Ah ah ah, cac bloqué à -1.98 depuis 15h32, à 3638.97.

    Non que je suive mes petites actions, je n »en ai jamais eu, mais depuis qu »un commentateur de ce site a donné le lien, je m’amuse à suivre les échanges des traders sur forum, dont je vous remets le lien ci dessous. En fait, je découvre un autre monde, avec fascination. Fascination surtout de leur aveugle capacité à-parfois-critiquer le système dont ils vivent. Quelle belle schizophrénie.

    http://www.daily-bourse.fr/forum-CAC-40-Elliott-balises-et-autres-methodes-vtptc-12455-start-6216.php

  14. Bonjour!

    Attendre que le système crève, de toute façon comme l’ enfant qui joue avec le
    feu tant qu’ il ne s’ est pas brulé il continuera……

    Ensuite ça sera chacun pour sa gueule ( très différent d’ aujourd’hui ….. ) !

    Pour PAUL JORION : on ne change pas le système en parlant mais en fusillant des gens
    cela à toujours été comme ça je ne vois pas pourquoi cela changerais!

    Trop de blabla, trop de prédiction à la madame irma font que vous perdez de la crédibilité!

    Et pour beaucoup de commentateurs arrêtez SVP de vous mastuber intellectuellement vous reproduisez le même shéma ( d’ ailleur beaucoup ici ont des intérets donc beaucoup à perdre)
    que cette mascarade de lèches-cul qu’ on retrouve dans TOUS les partis politiques!

    A tchao bonsoir

    1. Vous, je ne sais pas…mais PJ est plus efficace en parlant et en écrivant que dans un peloton d’exécution.

      Vous l’avez vu face à Woerth ? C’était la grosse Bertha (sauf son respect) !

      Après que les RH ne soient pas votre truc, vu le pseudo, je peux comprendre.

      Sinon, concernant les actions fondées sur l’argument bien connu de la poudre et du plomb (dans la cervelle), vous aurez constater que l’occident est une région du monde dans laquelle plus personne ne se risquerait à bouger une oreille…sauf pour des manifs stupides dont tout le monde se fout et qui ne servent plus à rien.

      Bonne chance l’ami.

      1. Vu l’ambiance qui reigne en ce moment je ne parierais pas tout mon fric la dessus.
        De plus en plus de gens veulent que ça change,mais aucun moyen concret ne leur permet de le faire.Quelle option vont ils choisir selon vous? Surtout que la plupart ne comprennent rien ou presque à ce qui leurs arrivent.

      2. « … vous aurez constaté que l’Occident est une région du monde dans laquelle plus personne ne se risquerait à bouger une oreille… sauf pour des manifs stupides dont tout le monde se fout et qui ne servent plus à rien. »
        Moins d’une semaine après l’effroyable tuerie en Norvège, votre remarque sonne un peu faux… Ceux qui parlent – à droite, de plus en plus à droite, et à l’extrême-droite, telle qu’en elle-même – distillent un fiel (c’est l’anniversaire du trop fameux « discours de Grenoble » de notre honorable Président) qui arment certains des épouvantables abrutis qui ne se structurent que dans la haine et le mépris de l’autre. Quant aux manifs, celles contre la loi sur les retraites ont été sciemment cassées par un syndicalisme « d’accompagnement » qui se soucie davantage du confort de ses apparatchiks que de « sa » base…
        Ça pourrait changer, à mesure que la régression et la dépression s’approfondissent…

    2. Le seul avantage de la peine de mort , c’est qu’on est sur que le zigouillé ne recommencera pas ses forfaits.

      Des millénaires de mise en application ont démontré qu’elle n’avait jamais eu de valeur exemplaire .

      Plus que souvent ce sont les zigouilleurs qui chaussent les bottes des zigouillés.

      J’espère que votre juste colère saura trouver l’efficacité d’autres chemins .

      Quant aux donneurs de leçons illuminés et solitaires à la norvégienne….

  15. Pour ce qui est de l’impact sur les banques du nouveau plan, il suffisait d’écouter F. Pérol ( Natixis,BPCE) sur France Inter ce matin.
    A la question du journaliste sur ce point précis sa réponse fut: » nous provisionnons un peu moins de 100 millions€ sur 45 milliards de réserves »
    une pécadille..!

  16. Tiens bizarre, la bourse a de nouveau fait la même chose que la dernière fois ! Elle dégringole, la cotation est arreté, puis quand elle reprend la bourse repart à la hausse ! Les bourses ne sont pas manipulée parait il.. j’ai comme l’impression que la crise est en train d’échapper a tout contrôle, mais ils s’entêtent à faire croire que la crise est finie, vous n’êtes pas d’accord madame Lagarde, la crise est derrière nous non ?

  17. Figaro.fr, vendredi 29/07/11, 17H08

    La banque Credit Suisse prévoit, dans le cas extrême d’une faillite temporaire des États-Unis, une chute des cours des actions américaines de plus de 30% et une récession profonde pour l’économie du pays, équivalente à une chute de 5% du produit intérieur brut.

    1. prévision à deux balles : ce sont les chutes qui avaient eu lieu durant l’automne et l’hiver 2008-2009…ne sachant pas quoi dire, ils ont repris ces chiffres…

  18. Allez, bon we à tous et bonnes vacances à ceux qui en prennent.

    Lundi prochain ou lundi 15 août, le monde aura peut-être changé de visage.

    RESET – RESET – RESET 🙂

  19. Les 99% de producteurs (90% de travailleurs et chômeurs, 9% d’entrepreneurs, chiffres valables pour les pays capitalistes les plus développés),doivent prendre conscience de leurs intérêts antagonistes à l’oligarchie financière qui contrôle la majorité des media, la Droite y compris centriste et la partie de droite de la Gauche. Les politiques bien en Cour, bien médiatisés et sondagisés, ne veulent pas nationaliser les banques privées et donc s’emparer du pouvoir de création monétaire pour garantir le salaire indirect ou les prestations sociales et les services publics non marchands, soit environ 40% du salaire direct en moyenne. Au contraire ils veulent s’attaquer à l’Etat social dit « providence », c’est à dire au salaire indirect. Sarkozy et Bayrou veulent appliquer la « règle d’or « de l’oligarchie financière du zéro déficit public qui, appliqué de 1929 à 1932 a mené au fond de la crise et à Hitler. Sarkozy nous fait le coup de « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Depuis 2002 qu’il est au gouvernement la dette publique a doublé. Le pseudo-socialiste Manuel Valls veut lui aussi s’attaquer à l’Etat providence: « L’Etat providence c’est fini » se situant ainsi clairement à droite.

    Les citoyens doivent se réunir autour d’objectifs clairs: ne pas payer la dette illégitime, par exemple celle qui est possédée par des institutions financières qui ont une activité dans ou avec les paradis fiscaux, séparer les banques de dépot de leur département de banque d’affaire spéculative, si les travailleurs ne veulent pas se retrouver bientôt fortement appauvris; en effet ce sont eux qui paient les impôts qui permettent d’éviter les faillites préfabriquées des banques et autres institutions financières privées comme en 2008, l’oseille étant récupérée par l’oligarchie comme on l’a appris depuis; on devrait interdire les agences de notation privées qui ont des « conflits d’intérêt  » , en clair des intérêts communs évidents avec les méga-banques qui les financent sans doute discrètement via les paradis fiscaux.

    Les vrais petits épargnants vont se faire plumer dans les prochaines crises et seraient très heureux sans doute qu’on leur offre des obligations d’Etat ou bons du Trésor à un ou deux pour cent garantis au dessus du taux d’inflation, ce qui compte tenu du non paiement des dettes illégitimes permettrait avec la nationalisation des banques de faire face au service de la dette.

    Des taux d’imposition élevés pour les revenus supérieurs par exemple à un million d’euros permettraient de diminuer significativement les inégalités.

  20. L’histoire moderne est une longue liste de repudiations et suspensions de dettes.
    Quelques exemples:

    – En 1776, les 13 colonies d’Amérique déclarent nulles les dettes dues à l’égard de Londres.
    – Dans les années 1860 les 8 Etats du Nord répudient 75 millions de dollars dus aux banques du Sud.
    – En janvier 1918, la nouvelle URSS annule sans conditions toutes les dettes.
    – En 1867, Benito Juarez refuse d’assumer les emprunts que l’empereur Maximilien avait contractées auprès de la Société Générale pour financer l’occupation du Mexique par l’armée française.
    – En 1914, le Mexique suspend complètement le paiement de sa dette extérieure.
    – D’autres pays, comme le Brésil, la Bolivie et l’Équateur, ont suspendu aussi totalement ou partiellement les paiements à partir de 1931.
    – Dans les années 1930, au total 14 pays ont suspendu les paiements de manière prolongée.

    Détails et autres exemples dans:
    http://www.cadtm.org/IMG/pdf/Etude_plaidoyer_en_faveur_de_l_annulation.pdf

  21. Je viens de demander à un un collègue amèricain à combien il parierait sur un défault. Il m’a dit que si il avait 100$ à parier, il en mettrait 90 sur le fait que le plafond de la dette sera relevè pour le deux aout.

  22. Bonsoir,

    Une question relative au ratio déficit / PIB de 3%. Il a été arrêté au niveau du traité de Masstrich. Mais comment son niveau (3 %) a-t-il été déterminé ? Sur quelles bases, critères, analyses… ? Ou n’est-ce que le fruit d’un « hasard » qui, depuis, s’est transformé en dogme ?

    Merci d’avance pour les réponses et éclaircissements

      1. Bien que l’auteur soit effectivement un peu cabot ( petite rancoeur de ne pas avoir été reconnu par la suite à sa juste valeur ? ) , son récit est tout à fait crédible , car à moindre niveau , il m’est arrivé d’être victime ( ou forgeron…) de ce type de commande lourde dans l’urgence .

        Il arrive paradoxalemnt qu’on tombe parfois pile dans la plaque ( c’est l’application en suite qui le démontre ou pas ) , mais c’est sans doute que, comme Newton , on y avait toujours pensé sans le savoir et qu’il a fallu le stress de la contrainte urgente pour que « ça sorte » .

        Là visiblement ça n’était pas le cas et Newton était aux abonnés absents . Et la « loi » qui en est sorti de pacotille.

  23. Lorsque la vitesse d’évolution du marché dépasse celle de l’organisation, la fin est proche.

    [Jack Welch]

    Ancien de pdg de Général Electric ( la boite qui à vendu les centrales de fukushima à tepco) ,promoteur de la méthode d’organisation Six Sigma ou lean (assez dévastatrice humainement ) partisan des golden share parachute et autres primes sans restriction .

    c’est dire !

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