L'actualité de la crise : PLONGÉE EN APNÉE, par François Leclerc

Billet invité

Rendus publics hier vendredi, les résultats des stress tests d’une sélection de 91 banques européennes (représentant 65 % des actifs bancaires) ont un mérite incontestable et un inconvénient criant. Instructifs et occasion d’une leçon de chose toujours bonne à prendre, ils ne permettent toujours pas d’apprécier la solidité réelle du système bancaire européen.

A la fois maître d’ouvrage et d’œuvre des tests, l’European Banking Association (EBA) s’est pourtant appliquée, avec le handicap de précédents tests ayant totalement perdu leur crédibilité en raison des banques irlandaises qui les avaient réussi pour ensuite chuter lourdement. Mais elle a répondu à une commande politique, car il était impératif que les tests soient cette fois-ci crédibles, pour l’être elle-même, sans qu’il soit question de découvrir un champ de ruines. Dans le contexte actuel, autant mettre de l’huile sur le feu.

Jamais, cependant, cet exercice n’avait été fait aussi systématiquement, levant un peu le voile sur les comptes des banques, à tel point que nombre d’entre elles ont protesté…

Voilà le résultat brut : huit banques ont officiellement failli, une (allemande) s’étant retirée de la course en contestant les critères de l’EBA.

Mais, si on cherche à mettre ce résultat au net, c’est une toute autre histoire. L’EBA a largement exclu des tests la vulnérabilité des banques à un défaut sur la dette souveraine, le principal danger qui pourtant les menace. En effet, les banques ont grâce à un jeu d’écriture légal comptablement inscrit dans leur banking book 80% des obligations souveraines qu’elles détiennent, sans avoir à les dévaloriser en attendant qu’elles arrivent à maturité, dans l’attente d’être remboursées à 100% si aucun défaut n’est enregistré. Tout le problème est là. L’EBA n’a appliqué des dévalorisations qu’aux titres inscrits au trading book – catégorie comptable destinée aux titres n’étant pas conservés jusqu’à maturité – et s’est contenté « d’accroître les provisions » des autres sans plus de détails.

Pour référence, les banques testées ont déclaré être au total exposées à environ encore 200 milliards d’euros aux obligations grecques, irlandaises et portugaises, bien qu’elles s’en soient le plus possible délestées ces derniers mois.

Mais l’information la plus utile n’est pas fournie : la ventilation par banque, par pays d’émission de la dette et par maturité de l’exposition, en référence à son enregistrement dans le banking book. On sait seulement que, dans les trois cas de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande, les banques nationales sont très fortement exposées à la dette de leur propre pays, ce qui rajoute à leur fragilité financière, quand cela va mal et c’est le cas. C’est aussi celui de l’Italie.

Le ratio de 5% du Tier one des fonds propres qui a été choisi comme barre est par ailleurs très modeste, en dessous de deux points des 7% qui seront requis par la réglementation de Bâle III, dès 2013. Ce qui permet d’affirmer que le scénario « adverse » étudié (par opposition à « de base ») est très sévère, sans trop devoir en conséquence recaler. Par contre, si les tests ont été réalisés sur la base des résultats 2010 des banques, les augmentations de fonds propres qui sont intervenues entre janvier et avril 2011 ont été prises en compte. Les résultats ont été améliorés de 50 milliards d’euros. L’EBA reconnaît que, faute de ces capitaux, ce sont 20 banques qui auraient échoué aux tests. C’est d’ailleurs ce résultat qui est mis en avant par l’EBA, à juste titre, mais qui ne sera pas retenu par les gouvernements.

Il est également notable que 16 banques ont des ratios compris entre 5 et 6%, ne réussissant que de peu les tests, dont sept espagnoles, deux grecques, deux portugaises et deux allemandes. 25 banques sont donc au minimum dans le besoin (9 qui ont chuté et ces 16 autres), sur 91 testées, soit plus du quart. Après intégration dans leurs comptes de 50 milliards d’euros postérieurs à l’établissement de leur bilan de référence.

Enfin, comme Paul Jorion l’a souligné dans sa vidéo d’hier, les banques ont été testées une par une, comme si elles étaient sans étroites relations financières entre elles ; aucune étude n’a été entreprise sur les effets de ce risque systémique. La méthodologie qui permettrait de l’effectuer n’est pas arrêtée par le Comité de Bâle, qui s’est encore réuni fin juin à ce propos. Pourtant l’évaluation du risque par réseau bayésien n’est pas davantage d’avant-garde que d’autres méthodes mathématiques un peu pointues utilisées dans la finance avec beaucoup moins de scrupules !

Les banques retenues pour les tests l’ont été sur la base de propositions faites par les autorités nationales, obligation leur étant faite de proposer au moins 50% de leurs établissements. On peut raisonnablement penser qu’elles n’ont pas été amenées à systématiquement retenir les banques les plus faibles et que des réglages fins ont pu précéder l’établissement de la liste finale. Par ordre décroissant d’importance, sur les 91 établissements retenus, l’Espagne venait en tête (25), suivie de l’Allemagne (13) et de la Grèce (6), ce qui donne néanmoins une image des points les plus faibles du système bancaire européen.

L’EBA, enfin, a eu l’élémentaire prudence de relever qu’en dépit de tous ses efforts, elle a dépendu des données fournies par les banques et de leur supervision par les autorités nationales. Elle a d’ailleurs du demander que certaines copies soient revues, en raison d’hypothèses ou de prévisions peu réalistes.

Au passage, les tests ont mis en évidence l’hétérogénéité du système bancaire européen, notamment en ce qui concerne la structure de ses fonds propres. La banque allemande Helaba a ainsi véhémentement réfuté l’analyse de l’EBA, considérant que ses 1,92 milliards de capitaux hybrides devaient être pris en compte dans les fonds durs, à l’inverse du régulateur qui s’y est refusé. Il s’agit de ce que l’on appelle des « participations silencieuses », émises en l’occurrence par l’Etat de Hesse.

La question des capitaux hybrides reste au centre des discussions en cours au sein du Comité de Bâle, justifiant des flous artistiques. Le cas des banques espagnoles est à cet égard également instructif. En pleine restructuration, elles sont dans l’attente de l’injection de capitaux privés, ou publics par défaut, qui doivent intervenir d’ici à fin septembre. Les deux établissements déclarés fautifs par l’EBA ont de leur côté prétendu être bons pour le service. Afin de parvenir au seuil fatidique de 5% de fonds propres, elles avaient inclus dans ceux-ci des provisions ou des émissions convertibles en actions (produits hybrides), ou bien encore le produit non inscrit dans les résultats 2010 d’une cession intervenue ultérieurement. A noter que si les banques britanniques ont été déclarées avoir passé le test, leur emploi immodéré de la titrisation, dont il aurait été tenu compte, a été souligné par l’EBA.

En attendant qu’une cote mal taillée soit décidée à propos des titres hybrides, on mesure avec ces tests le poids limité du régulateur, une banque allemande pouvant se permettre de le réfuter et de refuser la publication de ses résultats ! Des établissement espagnols, sans aller jusque là, mettant en cause les critères retenus, au nom des « spécificités espagnoles ».

Dans le sens contraire, l’agence Moody’s a également mis en cause indirectement l’EBA en dégradant la note de sept banques portugaises, dont les quatre sélectionnées qui ont victorieusement passé les tests.

Quoi qu’il en soit, l’heure est désormais à l’application des bonnes résolutions. Les banques recalées et celles qui ont juste le nez hors de l’eau vont devoir renforcer d’ici la fin de l’année – sauf circonstances exceptionnelles – leurs fonds propres et les Etats y contribuer si nécessaire. L’EBA a également recommandé que les banques ayant des expositions conséquentes à la dette souveraine et dépassant de peu le ratio de 5% retenu comme seuil procèdent à des diminutions de dividende ou de leur encours de prêts, apportent de nouveaux capitaux ou convertissent les produits hybrides de plus faible qualité inscrits dans leurs livres.

Le FMI « recommande fortement que les mesures nécessaires soient prises pour s’attaquer efficacement aux faiblesses, non seulement des établissements qui ont échoué à ces tests, mais aussi de celles qui l’ont réussi de peu ». Il va falloir ajouter ces nouveaux montants, limités pour les banques ayant échoué à 2,5 milliards d’euros, à ceux destinés au futur nouveau plan de sauvetage de la Grèce, pour lequel un sommet européen a finalement été convoqué le 21 juillet, puisqu’il le fallait bien.

Il faudra attendre lundi matin pour connaître le verdict des marchés. On scrutera plus particulièrement le sort réservé aux banques espagnoles et italiennes, celles du Portugal, de l’Irlande et de la Grèce étant de toute façon déjà sous perfusion de la BCE.

En définitive, qu’est ce que les stress tests de l’EBA ont bien pu montrer ? Que la mesure des risques financiers que font prendre les banques est un art dont l’apprentissage ne fait que commencer et dont l’aboutissement est très incertain, faute d’interdiction ou de stricte régulation des instruments financiers qu’elles utilisent, en raison d’un shadow banking, dont la seule existence n’a même pas été évoquée par le régulateur en chef.

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75 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : PLONGÉE EN APNÉE, par François Leclerc »

  1. Bientôt tout le monde se moquera de la Grèce, du Portugal ou de l’Italie.
    Tous à vos claviers pour un long, très long voyage aux USA !

    1. Le plafond de la dette sera augmenté une fois encore.
      Le blocage actuel est électoral.
      Les républicains veulent pouvoir dire … j’ai empêché les hausses d’impôts
      Obama veut pouvoir dire j’ai taxé les riches.
      Au final l’un ou l’autre cèdera à moins qu’ils veulent déclencher un cataclysme.

      1. Qu’ils disent blanc, ou qu’ils disent noir, de toute façon il y a plus de 1000 milliards de dollars qui vont partir en fumée. On va se prendre une bonne claque. Nous seront sonnés, mais pas KO.

      2. cataclysme: Obama, puisque la constitution l’autorise, met l’etat US en faillite manière facile de se débarrasser de 15000 milliards de dette et attend que la Chine déclare la 3ieme guerre mondiale

  2. Voilà de l’information . Cela fait plaisir de savoir qu’il existe encore un véritable journalisme .
    Ces stress-test c’est quand méme une vaste blague . Encore récemment il était question d »évaluer les actifs au prix du marché , ce qui à mon sens est totalement incompatible avec le capital , et n’a pas été suivi , mais révéle à quel point on plane dans les hautes sphéres .
    La ruse serait la distinction entre banking et trading book . C’est rassurant cette créativité .
    Quoiqu’il en soit les banques sont invitées à plus de réalisme , c’est toujours bon à prendre .
    Il me semble quand méme que le rythme de la mise à jour est quelque peu lent et surtout réactif ,les anticipations sous-rationnelles pour tout dire .
    On en est pas encore à soupçonner le role des états , je veux dire qu’on pourrait aussi leur étendre la notion de stress-test comme pour la Gréce , et tant quà faire à l’étendre aussi aux
    peuples comme les Grecs , peut étre aboutirait-on à l’dée que les plonger dans une récession
    n’est pas une bonne maniére . Parce qu’au fond quel est le sous-jacent ?

    1. « Cela fait plaisir de savoir qu’il existe encore un véritable journalisme. »

      Fait par de non journalistes sur de non journaux.

  3. On ne prend hélas jamais bien le temps de tester à fond les choses grandement périssables.

    Si je vais par exemple tester un grand Chateau de cartes avec une toute petite plume de rien du tout, alors aucun problème nous pouvons réellement mieux dormir tranquille pour nos vieux jours, mais si alors un autre vient plutôt tester tout ceci et cela avec sa mauvaise bouche et qu’il se mette même à souffler de plus en plus fort, que se passera-t-il donc ensuite sur le grand Echiquier du mal de ce monde, la grande basse-cour. Que font d’abord les renards entre-eux ? Que font d’abord les chacals et les rapaces entre-eux ?

    A-t-on vraiment besoin de voir autant de banquiers et de banques partout ? A-t-on vraiment besoin de voir autant
    de gens n’ayant plus guère d’Etats d’Ames et de scrupules à l’égard de leur prochain comme pour l’histoire de leur propre pays. POurquoi vouloir toujours avoir un meilleur esprit de richesse qu’autrui et d’avidité sans bornes ?

    Quel beau spectacle, quelle grande pagaille, quel grand cirque c’est même parfois tellement divertissant et consternant que les gens et les petits enfants ne se déplacent même plus pour aller au cirque Pinder et compagnie.

    C’est sur les prochains épisodes risquent d’en surprendre plus d’un, vous avez vu plus ils essaient de sauver leur monde à tour de rôle et plus ils en perdent bien tous la face et le bon teint des beaux jours, les bons tests.

    Tant qu’ils peuvent encore aller bien manger et se dandiner dans les meilleurs restaurants de nos villes toujours bien sur bien loin des caméras, tant de gens bien hypocrites, par devant ils vous disent ceci et par derrière enfin bref.

    Mais quelle honte, moi à leur place je baisserais plutôt grandement la tête en société.

  4. Bon, alors, quand change t’on les devises en B.A. en libellant les prix des produits et services en minutes de bonnes actions réalisées, au lieu de devises attisant la cupidité ??
    Autant orienter la cupidité vers les bonnes actions..
    Une seule chose manque à ce monde corrompu:
    Faire le bien ou autrement dit faire preuve d’ Amour..

    Univers d’ondes

    De la Source limpide, elles s’écoulent
    En cascades et gerbes se répandent
    Tel un torrent d’écume, elles déboulent
    Sur tous les mondes, elles s’étendent

    Les voilà qui s’additionnent
    Et le tangible jaillit à nos yeux
    Les voilà qui se tamponnent
    Et l’intangible alors, dirige le jeu

    L’hirondelle et son nid ne font qu’un
    Le saumon et sa source sont réunis
    Comme les deux pics de l’iceberg serein
    Par le même corps noyé, sont unis

    Tout autour ce sont des ondes
    Ne cherche plus de ta sonde
    Tu fais partie de cette ronde
    Nous sommes unis en ce monde

    Tu es toi aussi, parcelle d’éternité
    Tu fais partie de cette vaste humanité
    Quand chaque perle sera illuminée
    La trame entière sera de toute beauté

  5. La Libre le 16-07-2011

    Papandreou et les socialistes européens pour des euro-obligations
    AFP

    Mis en ligne le 16/07/2011

    Cet appel a été formulé à l’issue d’une réunion téléphonique à laquelle ont participé outre M. Papandréou, la Française Martine Aubry, ainsi que le nouveau ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja et son homologue irlandais Eamon Gilmore, ainsi que le chef du groupe SD au Parlement européen Martin Schulz.
    Le Premier ministre grec Georges Papandréou et les principaux responsables du Parti des socialistes européens (PSE) ont appelé samedi à la création d’une agence de restructuration de la dette et à des euro-obligations.

    Cet appel a été formulé à l’issue d’une réunion téléphonique à laquelle ont participé outre M. Papandréou, la Française Martine Aubry, ainsi que le nouveau ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja et son homologue irlandais Eamon Gilmore, ainsi que le chef du groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, Martin Schulz.

    Il stipule qu’il « est temps pour les gouvernements de la zone euro d’affirmer leur primauté sur les marchés financiers » et réclame des Etats des « mesures courageuses et résolues ».

    Parmi ces mesures, ils proposent « une agence de stabilité, pour le reprofilage (délais de remboursement plus longs, NDLR) de la dette des Etats de la zone euro et en même temps assurer une correction d’un Etat dont l’économie court le risque de perdre sa stabilité ».

    « A cet égard, la zone euro pourrait bénéficier de l’émission d’euro-obligations », précise leur déclaration.

    La chancelière conservatrice allemande Angela Merkel, dont le pays bénéficie sur les marchés des meilleures conditions d’emprunt de la zone, est fermement opposée à une telle mise en commun des risques que constituerait l’émission d’euro-obligations.

    « Des mesures doivent être prises urgemment en vue d’une solution durable pour la Grèce », relève le texte.

    Il prévoit aussi « un mécanisme véritablement efficace de la zone euro, avec des garanties conjointes, prévu pour aider les pays attaqués par les spéculateurs et qui assure que les investisseurs privés (…) prennent également en charge leur part des coûts des mesures de stabilisation ».

    Il propose aussi « une taxe européenne sur la spéculation pour lever de nouveaux revenus sans faire du mal aux citoyens ordinaires » ainsi qu’une réforme financière qui « limite le pouvoir des agences de notation » et une « agence européenne de notation indépendante », financée sur des deniers publics.

    « Si nous échouons une nouvelle fois à mater le marché, l’Europe risque de retomber dans la récession et de perdre sa souveraineté », prévient le texte. Les dirigeants du PSE réclament également « une stratégie européenne d’investissement afin de promouvoir une croissance équitable et la création d’emplois ».

    Le texte, qui critique au passage l’attitude des dirigeants conservateurs de la zone euro qui « ne parviennent pas à saisir l’urgence de la situation », est publié au terme d’une semaine noire pour la zone euro et à quelques jours d’une réunion extraordinaire des dirigeants de l’Union monétaire. Ces derniers sont convoqués jeudi prochain à Bruxelles pour plancher sur les modalités d’un nouveau plan d’aide à la Grèce.

    1. Les dirigeants socialistes européens font une nouvelle fois la démonstration qu’ils sont incapables de s’entendre sur un système fiscal harmonisé, incapables d’imaginer un changement de système de financement des dépenses publiques, .
      Par ailleurs que signifie le « courage » de Papandréou sinon le sacrifice des intérêts du peuple Grec sur l’autel de la finance ?
      Enfin faut il rappeler qu’en France les gouvernements socialistes partage une lourde responsabilité avec les gouvernements de droite quand au développement du pouvoir financier (lire « les dettes illégitimes » de François Chesnais aux Ed. Raisons d’Agir) ?

      1. c’est la forme qui devient british je ne sous-entendais aucunement une traduction

        évidemment basé sur des nouvelles forcément inaccessibles en langue française je peux comprendre à la longue ça déforme le language

  6. Oui il y a bien parfois une très grande connivence et complicité de conduite de nos jours entre les banquiers et les premiers politiciens de ce monde. On teste c’est vrai en période de crise beaucoup plus les pauvres êtres mais pas trop tout de même les banques, histoire quand même de moins faire de mal au marché comme aux informations.

    A ce sujet quand est ce que l’on pourra réellement mieux tester la plupart de nos élites, des gens qui ne pourraient même pas vivre et endurer sur plusieurs années ne serait-ce que le seul dixième de votre propre vie sur le terrain, dans le réel, dans la vraie vie quoi.

    Dans le confort et une meilleure place qu’autrui, comme il est toujours plus facile de tester la patience et
    la bonne santé des êtres jusqu’au bout, évidemment un jour ça éclate et c’est bien normal pour tant de pauvres gens en plus, c’est même parfois comparable au moment et à une période où de plus grands Orages éclatent sur terre.

  7. Une chose qui ne cesse de me faire halluciner : on parle de milliards à tous bouts de champs, mais tous ces sous… on ne les voit pas ! Ce ne sont que des chiffres, accumulés dans des ordinateurs !!!
    Notre monde, physique, va s’écrouler du fait d’une mauvaise gestion d’un monde virtuel…

    1. La dette américaine actuelle de 14 294 milliards représente un volume de :
      200 . 200 . 400 = 16 millions de mètres cube en billets de 1 $
      La tour Eiffel rentrerait sans difficulté dans ce volume !

      1. Cette somme, ce volume de billets a-t-il été émis ? Existe-t-il ? Imaginons, un sabotage électronique et hop, les PC crashent et on a perdu toute trace informatique de cet argent virtuel…? Ce que je veux dire par là, c’est qu’on parle d’argent virtuel – si on peut encore appeler cela de l’argent !

    2. Au surplus, ces milliards et autres billions sont pour moi, citoyen lambda, « hors de portée », « sans sens ». Que j’aimerais avoir tous ces nombres (PIB, dettes, etc.) rapportés « par habitant » (de la zone économique concernée).

  8. Le stress test ne sert pas à grande chose. Il repose sur la vieille croyance selon laquelle l’économie serait une science (exacte), ce qu’elle n’est pas; elle est, au contraire, exclusivement fractale.
    Par conséquence, une simulation peut donner des indications situatives (souvent embellies par les banques concernées), mais la réalité sur le terrain est et sera toujours plus forte que tout les calculs et simulation que l’on peut faire pour rassurer (!) des intéressés.

    1. S’il vous plait, n’utilisez pas le concept de « fractal(e) » à tout bout de champ. Ce concept mathématique a une définition précise, et on ne voit absolument pas quel est le lien entre cette définition et votre utilisation du mot/concept. La langue française est suffisamment riche pour utiliser les mots simples, compréhensibles et adéquats.

  9. Finalement c’est dommage que ces tests soient peu crédibles et fiables et que vous les démontiez, parce que sinon, cela serait rassurant, la Grèce et les autres pourraient défaillir sans gros dégats.

    Quoi, comment, j’ai pas compris quelque chose?

  10. une simple question
    Si les banques se délestent d’obligations? qui sont les acheteurs de ses obligations?
    d’autres banques? ou sont elles placés uniquement dans les portefeuilles de leur clients particuliers (vous et moi)?
    à partir de quel moment on arrive à distinguer les fonds d’une banque et les fonds des dépots qu’elles gèrent?

  11. il est piquant de savoir que Papandréou à participer à écrire cela: « est temps pour les gouvernements de la zone euro d’affirmer leur primauté sur les marchés financiers » et réclame des Etats des « mesures courageuses et résolues ».
    Pourquoi ne l’a -t-il pas, ne le fait-il pas dans la situation où il se trouve?

    1. Non, ça me paraît logique. Le PSE a voté toutes les saloperies européennes avec la droite, et il reste fermement déterminé, en chacun de ses membres dans les différents pays, à servir la soupe au néolibéralisme marchand forcené qui tient lieu de boussole à l’Europe depuis sa création. Et c’est ce que Papandréou fait dans la vraie vie…
      Mais comme le « S » de PSE est censé signifier « socialiste », alors il faut bien proclamer en lieu et place d’agir ?
      Souvenez-vous, dans Carmen de Bizet, des mignons petits enfants qui chantent « Nous sommes la garde montante, nous arrivons, nous voilà », en piétinant gentiment, immobiles au bord de la scène… Ben voilà, le PSE, c’est la garde montante, qui piétine en chantant, au lieu d’agir…

  12. En général, les métiers d’argent sont réservés aux âmes novices, afin que celles ci apprennent la premiere leçon de la vie, à savoir, l’argent ne fait pas le bonheur..
    C’est pourquoi, dans ce goulot d’étranglement qu’est la Terre et qui est un passage obligé pour toute évolution, il y aura toujours ces problèmes ..
    En somme la Terre est une vaste aérogare ou des millions d’âmes passagères cherchent un envol vers la lumière ..

    1. Et voila… encore une intervention d’un clown en plein débat sérieux. Il aurait tout de même pu faire l’effort de mettre un nez rouge pour se signaler à l’assistance. Remarquez, ils l’ont démasqué d’emblée et ont ri de bon coeur, preuve s’il en est que son numéro était réussi.

      Mention spéciale évidemment pour la question du téléspectateur : « Que peut-on faire pour sauver nos petites économies personnelles ? »
      On t’a reconnu Alfred !

      1. Bien sur que tout va bien, c’est juste que pour l’instant les choses vont juste un peu moins bien, mais c’est sur ça ira mieux.

        Cela dit, j’ai regardé l’extrait de l’audition de M. Bernanque et les questions posées par M. Ron Paul. Ce qui me surprend tout de même c’est que les réponses de ce premier ne me paraissent pas absurde, au contraire. Et si finalement ils avaient raison? Je dois m’égarer : que les USA réussiront à payer leur dette grâce à une dévaluation massive du dollar, et que l’UE, grâce aux euro-bonds, réussissait à sortir de la période des tempêtes. Est complètement impossible? Certes ce sera au détriment des plus pauvres de plus en plus nombreux, mais avec des forces de l’ordre suffisamment « efficaces » voir même « efficientes », ce ne serait pas impossible (bien que non souhaitable).

        Et je me fais la même réflexion à la suite de l’émission que vous citez en référence.
        Font-ils tous de la méthode coué ? Ou est ce que je trouve ici des gens qui partagent mon délire paranoïaque et pessimiste?

      2. très bonne analyse mitch, effectivement les USA ont choisi une voie différente de celle de l Europe.
        Alors que l’ampleur de la récession est à peu près équivalente , problématique politique en plus pour l’Europe, les USA ont décidé de sortir de cette crise par l’inflation. Je m’ explique : au début de la crise, de par son ampleur, les taux d’ intérêts réels ont bondi ( avec la déflation) ce qui a cassé la dynamique de consommation et / ou d’ investissement des agents économiques. Les agents économiques passaient leur temps à se désendetter ou à désinvestir. La crise économique a donc coïncidé avec une hausse du taux d’épargne. Cette situation est caractéristique de ce que l’on appelle en économie la trappe à la liquidité. ( japon des années 90, grande dépression des années 30). Dans cette configuration, la politique monétaire devient inefficace. La Fed a baissé ses taux, abaissé aussi le taux de réserves sans conséquence sur l’ activité économique. Bernanke a alors décidé d employer des outils  » non conventionnels  » pour influer sur la distribution de crédit en concentrant tous ses efforts pour que les agents dépensent à nouveau ce cash. Pour ceci, il était indispensable de créer de l’ inflation de manière à modifier les anticipations déflationnistes des agents. C’est l’objet du quantitative easing 1 et 2. En agissant sur les taux d’ intérêts via ses QE sur le 10 ans Mortgage, les taux d’ intérêts réels deviennent négatifs. Les agents ont donc intérêt soit a consommer ou a investir.
        En Europe, en plus des problématiques politiciennes propres à chaque pays , la BCE est gardienne de son dogme consécutif à sa création : maitriser l’inflation. On a donc un éventail beaucoup moins large que les USA en terme de politiques économiques ( monétaires ou budgétaires, fiscales). Soient les agents font défaut, soit on casse les déficits commerciaux , budgétaires et donc la croissance.Bien évidemment, la première solution induit un risque systémique qui rend cette politique impraticable dans les faits. Reste donc la deuxième possibilité. Casser les déficits commerciaux et budgétaires implique de ne pas consommer ou de désinvestir. Ce qui a pour conséquence directe de relever le taux d’épargne. Or relever le taux d’épargne c’ est avoir des taux d’intérêts réels positifs, à la plus grande joie des rentiers.
        Si je résume : 2 solutions différentes : 1 / USA = taux d intérêts négatifs , hausse de la consommation et de l’ investissement 2 / Europe = taux d’ intérêts positifs , hausse du taux d épargne et du désendettement , croissance molle voire récession. Ce qui est terrifiant dans cette analyse c’est qu en Europe on a une banque centrale qui agit véritablement contre les peuples avec la montée en force du paradigme libéral. Heureusement, il y a fort à parier que le volet politique reprendra le dessus dans chaque pays, jugeant cette porte de sortie totalement inacceptable. L Europe est un vrai laboratoire de l’ultra libéralisme triomphant.

      3. @françois,

        sauf que dans la réalité quasiment l’intégralité des sommes injectées par le QE1 et le QE2 sont allées dans les poches de Wall Street et n’ont pas eu les effets escomptés sur l’économie réelle : pas de relance de la consommation, pas de relance de l’investissement et un chômage toujours aussi élevé.

        Alors vous savez, la jolie théorie monétariste comme quoi l’assouplissement quantitatif va résoudre les problèmes des gens ordinaires, elle ne vaut pas tripette. Il a surtout résolu les problèmes de ceux qui avaient de l’argent placé en bourse, tout particulièrement ceux qui l’avait placé sur des actions du secteur financier qui ne valaient pour ainsi dire plus rien en Février 2009, et fût du pain béni pour tous ceux qui ont acheté de l’or et des ETFs sur les matières premières…

        Mais bon, continuez d’y croire si ça vous fait plaisir.

      4. @François
        Dans « Les mensonges de l’économie » J.K.Galbraith souligne bien que les taux de refinancement n’ont aucun effet sur la demande de crédit …  » Les entreprises empruntent quand elles peuvent gagner de l’argent, et non parce que les taux d’intérêt sont bas. »

    2. Je ne regarde même plus la télévision dite ‘mainstream’ depuis 2008…elle a perdu toute crédibilité.J’attends avec impatience le moment ou tout va s’écrouler, je suis quasi certain qu’ils vont continuer à nier la réalité…pathétique.Et ils se disent ‘experts’.Au secours!!

  13. Stress-test? En fait on va voir lundi le résultat sur les bourses mondiales ? maintenant j’ai compris, le stress-test consiste à lancer un bobard pour tester la réaction des bourses financières , pas des journalistes, eux sont là pour relayer le bobard, en l’occurrence: tout baigne!!

  14. http://www.spiegel.de/

    Griechenland spart – und die Zahl der Menschen, die in bitterer Armut leben, wächst dramatisch. Zu Tausenden strömen die Hungrigen zu Essensausgaben, suchen im Müll nach Brauchbarem. Neben der finanziellen Pleite droht dem Land nun der soziale Bankrott.

    = > La Grèce épargne – et le nombre de personnes qui doivent subir la pire pauvreté augmente dramatiquement. Par milliers les affamés affluent aux soupes populaires, fouillent les poubelles….

    C’est sûr qu’ils vivaient au dessus de leurs moyens…

  15. Monsieur Leclerc,
    Pour une fois, vos propos ont l’allure d’une gentille ritournelle à côté de ceci dans le Monde. Je reste encore tout estomaqué du ton de ce brûlot accusateur.

    Demain dimanche, jour du Seigneur (enfin, pour un bon peu occidental), un ange passera sans doute dans les esprits de nos petits traders bien affutés. Il faut tout de même respecter les convenances.

    Rdv est donc pris pour lundi matin, à l’ouverture des bourses 🙂

    Comment dites-vous « zone des tempêtes » en irlandais ? Aberlour ? Irish Scotch ? Loch Ness ?
    Comment dites-vous « zone des tempêtes » en portugais ? Porto blanco ?
    Comment dites-vous « zone des tempêtes » en espagnol ? Rioja ?
    Comment dites-vous « zone des tempêtes » en italien ? Grappa ?
    Comment dites-vous « zone des tempêtes » en américain ? Four Roses ?

    Va y avoir de sacrés gueules de bois, non ?
    Bon dimanche.

  16. Faites des provisions, n’attendez pas non plus le dernier moment dans votre vie, pour ouvrir et lire ne serait-ce qu’une seule page d’un livre, celui que je préfère avant tout ne jamais vous faire voir et parler le premier.

  17. Une info, Une image, Une Apocalypse celui de tout un monde de marques, de commerciaux, de banquiers, d’économistes, de politiciens, de bureaucrates qui vous précipite hélas un peu tous dans le royaume de l’abime.

    Attention, Attention, les ami(e)s ou premiers ennemi(e)s du propro tous ces gens ne voient toujours pas mieux où
    ils conduisent les êtres dans le seul boire et manger d’abord, se faire la guerre ou bien faussement la paix,

    Au temps de Noé tout le monde le prenait pour un fou, Au temps de Lot tout pareillement, et pourtant certaines choses bien dérangeantes se sont produites dans l’histoire surtout au niveau du matériel, aussi bien pour Sodome et Gomorrhe que pour les premières personnes de Babylone.

    Faites des provisions les ami(e)s, faites même des provisions vous les Jeunes et cela même si vous vous fichez pas mal de remercier et d’honorer la mémoire des premiers ou derniers prophètes de l’écriture.

    Car il n’est pas dit que tous les premiers politiciens du monde puissent toujours vous faire le même petit numéro d’acteur et d’assurance vie à l’image.

    Quand tout cela se produira beaucoup d’importants vont grandement tomber de haut et directement palir sur place, mais là bien sur il sera déjà trop tard pour aller revenir voir et baisser la tête devant le pauvre et modeste JJ, qui ne sera d’ailleurs plus là pour venir vous en reparler autrement.

    Oh s’il te plaît, Oh s’il te plaît Jérémie ouvre nous la porte, dehors bandes de chiens, rappelez-vous comment vous avez surtout préférer me faire durement travailler dans la violence et la dureté dans votre temps, et ces mêmes préférences de lecture et d’abétissement généralisé partout, comme chez d’ailleurs pas mal de bêtes féroces en
    mal de jugement de plus à l’égard des pauvres hommes, pas forcément plus rassurantes en matière de raison et de prudence, à chacun surtout sa gamelle et ses tics, j’ai déjà bien du mal à nourrir mon propre chien chez moi, les bêtes de la politique, les bêtes du marché, les bêtes de la bureaucratie comme elles en ont encore bien de la chance et de la morgue dans la bouche, mais attendez de voir la tête qu’elles feront demain, lorsqu’il y aura déjà moins de gens à illusion, à affamer, à battre, à vendre, à égarer, à faire tomber, à dévorer et à déchirer dans le seul boire et manger d’abord sur terre com en société.

    Faites des provisions les ami(e)s et pas seulement non plus que pour du périssable et du tout jetable à la petite semaine. Des fois je viens vous voir, vous prévenir, et puis des fois je préfère aller faire mes petites provisions en apnée, vous verrez un jour ils en finiront même par ne plus vous permettre de pouvoir entendre JJ, pourtant en
    ce temps là je n’étais peut-être pas non plus le plus rasoir des êtres surtout pour les plus marqués par la grande bétise des hommes de notre temps.

    Une info, une image, quelque chose qui est dans l’air ce n’était en fait et tout juste que les premiers soubresauts de quelque chose, celle peut-être d’une plus grande convulsion à venir, imaginez alors à la suite si plus personne ni plus grand monde ne fait même plus attention à ça, com pour les votres enfin bref à chacun sa propre préférence d’expression des choses.

    Bref un très grand nombre de gens importants.

  18. « …tous les prix sont augmentés de 8% en moyen… à partir le 1 aout 2011… »

    Dear Valued Customers,

    Herein, we would like to have your attention: in order to enable our factory to run normally, we are going to adjust the quoted price.

    As we know, during the past year, despite the global economy is still unstable, but in China, the economy has been recovering rapidly. Change is undergoing in many aspects and the company operating costs rise considerably:

    ●RMB has a continuous appreciation in terms of the US dollar, exchange rate from 6.66 December, 2010 to 6.45 now, increased by 3.3%. This trend is expected to continue.
    ●The material costs have been rising by more than 9%, especially those of the common material such as Chemical, MDF and petrol.
    ●The essential source striking to companies is the wage of the workers. As you know, across China, we are experiencing labor shortage unprecedentedly. To cope with this, all companies are continuously raising the wage and enhancing welfare in order to comfort workers. It is said that the range of the increment reaches 25% from last year.
    Being with these running costs increasing, we are at the edge of overwhelming and are forced to increase the price. Please give your attention to the following notices and kindly do the needful to cope with these adjustments:

    ●All prices are increased by 8% in average.
    ●New prices will be effective from the new orders placed on or after Aug. 1st 2011 or the shipments delivered after Oct. 31st, 2011.
    ●The validity is to Dec. 31st, 2011 provided the exchange rate is above 6.35. It will be invalid if the exchange is below 6.35 and lasts for over 1 month.
    ●MOQ for each product is 20 pieces. For quantity below 20, the price of this produce will be increased by 5%; for quantity below 10, the price of this produce will be increased by 10%;
    ●Due to the labor shortage and weekly power cutting in Guangdong, the lead time is badly affected.

    In order to cope with the continuous cost incensement in future and long lead time, we are taking new measures. We plan to stock some best sellers from this November by standardized mass production. This way we can save the cost, shorten the lead time, fix the MOQ issue. As these models are standardized and particularly selected, the availability of the color, carton marking and variety is limited. We are looking forward to your valuable comments and feedback.

    If you have any question, please be free to let us know. Your understanding and support is greatly appreciated.

    http://pragcap.com/the-chinese-black-swan

    Donc (hyper)inflation chez nous.Mais du dettes en moins.

  19. Je remercie François Leclerc pour ses chroniques si éclairantes et qui, dans quelques décennies, constitueront pour les historiens une source extrêmement précieuses pour écrire l’histoire de la crise que nous traversons et qui remet en cause les fondements mêmes de la « science » économique.
    Je me permets de lui poser la question suivante (ou à Paul Jorion) :
    Lorsque la BCE rachète de la dette souveraine (grecque, par exemple), utilise-t-elle des euros dont elle dispose déjà, ou se contente-elle de « monétiser » cette dette, c’est-à-dire d’imprimer de nouveaux euros (comme le fait la Fed dans sa pratique du « quantitative easing ») ?
    Merci de m’éclairer.

    1. Pour ces achats sur le second marché, comme pour les prêts qu’elle consent aux établissements financiers, la BCE – et d’une manière générale les banques centrales – injecte des liquidités, avec pour objectif de les absorber ensuite sur le marché par différents moyens.

      Avec un résultat qui reste à démontrer, si l’on se réfère aux assurances données en permanence par le président de la Fed, qui tient ainsi a rassurer les marchés, face aux craintes de l’inflation qui y sont exprimées.

      1. Le résultat est clair, il saute aux yeux même !

        Superbe cadeau pour Wall Street, perte de pouvoir d’achat pour les gens ordinaires et chômage toujours aussi élevé. Un transfert massif et accéléré de valeur ajoutée de la part revenant au travail vers la part revenant au capital.

        Mais bon, il y en a encore qui croient que l’assouplissement quantitatif à la sauce bernanquienne va faire des miracles pour l’économie réelle et les gens ordinaires.

        Allez savoir.

        Entre QE1 et QE2 Bernanke a injecté 2000 milliards. Ils sont allés où : dans les poches de Wall Street.
        Bernanke aurait mieux fait d’envoyer une enveloppe à chacun des 90% des ménages les plus pauvres, enveloppe garnie de 200 billets de 100$. Au moins cela aurait servi à quelque chose.

        Alors QE3 ça sera quoi? Encore un cadeau de 1000 ou 2000 milliards pour Wall Street? Tant qu’on aura un crétin de monétariste aux commandes de la FED, c’est pas prêt de s’arrêter.

      2. @ Chris 06
        La solution que vous préconisez (que Ron Paul a aussi énoncée) a été écartée car aurait eu un effet inflationniste. Mais cette analyse part du postulat que donner de l’argent aux ménages les aurait poussé à plus dépenser. Pourtant je pense que les ménages américains pour la plupart, auraient utilisé cet argent pour se désendetter, du coup il y aurait eu une inflation très limitée car une bonne partie de la masse monétaire aurait été détruite.

        Il me semble que Keynes avait distingué l’inflation par insuffisance de la demande et inflation par excès de demande. La conjoncture actuelle me semble être marquée par une compensation par le crédit de la baisse de la rémunération du salariat. Aujourd’hui le crédit se contracte et engendre une crise par insuffisance de la demande, donc les solutions Keynésiennes sont pertinentes dans la crise actuelle.

      3. @Mitch,

        ce que je dis c’est que quitte à distribuer de l’argent mieux vaut le mettre dans les poches de ceux qui en ont besoin que dans celles de ceux qui en ont déjà beaucoup trop.

        Il y a plus de chances que ceux qui en ont réellement besoin le dépense (pour vivre tout simplement) que ceux qui en ont tellement qu’ils ne savent plus quoi en faire.

        Et ne dites pas que mettre de l’argent dans les poches de Wall Street c’est une politique keynesienne. Vous allez le faire se retourner dans sa tombe, ce brave Mr Keynes. C’est pas du keynesianisme ce que fait Bernanke et la clique au pouvoir aux Etats Unis, c’est du pillage accéléré!

      4. @Chris

        Bernanke aurait mieux fait d’envoyer une enveloppe à chacun des 90% des ménages les plus pauvres, enveloppe garnie de 200 billets de 100$. Au moins cela aurait servi à quelque chose.

        Et bé oui. Ça « aurait servi à quelque chose », c’est sûr…
        120 millions de ménages US * 90% = 108 millions de ménages.
        108 millions * 20 000 $ = 2160 milliards $ en images vertes en plus sur le marché.
        Soit le double des QE 1 et 2, soit trois fois le TARP de Paulson, deux fois et demi la somme totale des billets de banques (dollars) en circulation, dont la majorité sont à l’étranger…
        « Servi à quelque chose ? » Bè oui. Dynamique hyperinflationiste garantie et la chaise électrique à court terme, ou le pentotal, ou le lynchage par les « septembriseurs » des tea-partys pour le sémillant directeur du Trésor Chris06…

      5. @Chris 06
        On est d’accord: le choix de M Bernanke n’est pas une politique Keynésienne. Ce qui est troublant, est que sur beaucoup de sites américains, cette politique est qualifiée de keynésienne.

        @ Vigneron

        votre raisonnement part du postulat que les bénéficiaires des fonds de la Fed auraient tout dépensés en produits de consommation, et n’auraient rien utilisé pour réduire leur endettement (corrigez moi si je me trompe).

      6. @vigneron,

        je sais pas d’où vous sortez vos chiffres, moi ce que je vois c’est qu’avant que la FED démarre son programme d’augmentation massive de son bilan il totalisait environ 900 milliards et qu’il est aujourd’hui à 2882 milliards :

        http://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/bst_recenttrends.htm
        (tapez sur ‘all’ pour voir l’évolution sur 4 ans)

        donc on est presque à 2000 milliards d’augmentation, c’est à dire $20 000 par ménage pour les 100 millions les plus pauvres.

        Bien sûr que cela aurait eu un effet inflationniste, puisqu’ils l’auraient dépensé, eux.

        C’était pas le but recherché, relancer l’économie par l’inflation monétaire pour éviter la déflation?

        Alors vous allez me dire qu’il fallait plutôt injecter 2000 milliards et le donner aux plus fortunés car comme cela il n’y a pas de risques qu’ils le dépensent! Comme ce que Bernanke a fait?

        Alors il faut surtout pas donner l’argent à ceux qui en ont besoin car cela pourrait causer de l’inflation mais par contre il faut le donner à ceux qui en ont trop comme cela il ne le dépenseront pas!

        Génial vigneron…

      7. Je me demande d’ailleurs comment il se fait que l’idée selon laquelle il ne faut surtout pas grever les grosses fortunes d’impôts est absolument essentielle pour l’investissement.
        Est-ce le raisonnement suivant qui fonde cette politique :

        Les agents à capacité de financement sont les riches.
        Si on impose plus les riches, alors il y a moins d’investissements car ces sommes sortent du circuit privé.

        D’ailleurs, ce raisonnement semble crédible. Où est la faille logique de ce raisonnement que je ne perçois pas?

        Merci

        1. Comme le pouvoir d’achat des ménages est faible, les capitaux qui pourraient être investis dans la production sont constamment en excès. Il serait plus intéressant de les éponger plutôt que de les laisser aller se placer sur des paris sur les fluctuations de prix, qui tuent les consommateurs à la hausse et les producteurs à la baisse, et créent du risque systémique (risque d’effondrement généralisé) à la pelle.

      8. @mitch

        Et si les ménages américains avaient utilisé ces 2000 milliards pour payer leurs dettes, ils auraient fini dans quelles poches ?
        Et les 150 milliards $ sous forme de chèques envoyés par Bush aux 120 millions de contribuables à moins de 75 000 $ de revenus par ménage en 2008, ils sont partis oú ? Revenus dans les tuyaux de la finance par l’épargne… Mais c’est vrai que les ménages non-imposables, ceux qui auraient peut-être consommé, c’était qu’un chèque de 300 $… et encore, à condition de toucher moins de 3 500 $ d’aide sociale par an… Républicain un jour, républicain toujours.

        @Chris

        Qu’est-ce que tu me causes de mes chiffres ? Ils sont pas clairs ?
        On change pas moins la répartition de la valeur ajoutée en bail-outant à bloc des sociétés financières ou fonds d’pension et les dizaines de millions de gus qui sont derrière qu’en distribuant l’équivalent aux 90 % des « plus pauvres ricains », soit 2 000 milliards de monnaie à bonobos. Tu fais juste péter le truc plus vite si un changement radical du rapport de force entre politique et finance n’est pas imposé en parallèle, comme le souligne Lordon.
        Sinon c’est juste un autre déni, une autre fuite vaine, un autre mensonge.
        Tout ça n’a plus de sens de toutes façons, on refait pas l’histoire, trop tard. Mais la solution « efficacement traumatisante » au scandale des subprimes aurait pu être de sanctionner à la fois les marchands de crédit immo, les titriseurs ou les détenteurs de RMBS tout comme les promoteurs, constructeurs, agents immo ou revendeurs de l’époque dorée en leur imputant tout de suite une partie de la perte de valeur sur l’actif immobilier ricain, par abandon de créance en capital de 25 à 30 % sur crédits hypo ou taxation rétroactive sur plus-values ou bénéfices. Avec ça plus les aides directes aux emprunteurs hypothécaires en difficulté, on resolvabilisait une bonne partie des 11 millions de ménages underwater, on entérinait le retour des prix immobiliers à un étiage acceptable et on reprenait la main politiquement. Politiquement inimaginable évidemment. Dont acte.
        Tu sais bien que la FED est – à raison hélas – obnubilée par les prix immobiliers. Et les 6 000 milliards perdus depuis 2007 par les menages américains sur leurs homes sweet homes, ils sont pas près de réapparaître. C’est que 27% de perte ok, mais 6 000 milliards, ça pèse, plus dur à faire bouger que le DJ, surtout quand ça dure et que ça s’alourdit sans cesse depuis 4 ans… J’te rappelle pas la part correspondant directement ou indirectement au secteur immo dans le bilan de la FED….
        PS : quant-est-ce que t’as vendu les parts de ta boite au zuesses ? C’est bien la mobilité, hein ?

      9. ça y est j’ai compris !
        Merci M Jorion

        Ce qui cause l’insuffisance de la demande c’est l’excès de richesses thésaurisées.
        Il n’y a pas assez de monnaie disponible pour les plus pauvres car extraite de la circulation.
        Quand il y a trop de monnaie à investir, le surplus réduit à néant l’efficience des marchés.
        Donc il faut exproprier les plus riches d’une partie de leur richesses, pour la remettre en circulation.
        Afin de pérenniser la situation, il faudra interdire les paris sur les fluctuation de prix.

        La boucle est bouclée.

      10. La soluce Dufrénot 2011. Où un économiste brillant constate – au détour d’un panorama géopolitique et macroéconomique où curieusement le rôle des Etats-Unis d’Amérique n’apparaît pas – que les Etats européens perdent leurs poils à je te tiens tu me tiens par la barbichette, chute que seule une soudaine, mais totalement improbable, philanthropie des banques « qui se sont exposées à la dette grecque » saurait enrayer. « L’Europe a peur ! » aurait dit Roger Gicquel.

  20. A propos du « débat » Republicains vs Démocrates aux US, il serait intéressant de dessiner les conséquences qui résulteraient du choix de l’une au l’autre option, tant au plan intérieur US (réduction des budgets sociaux // à l’option Rep.) qu’au plan international (qui paiera la dette US dans le cas d’une victoire du scénario Obama).

  21. Pour l’économiste espagnol (libéral) Alvaro Recarte, dont les diagnostics sur la situation économique et politique de l’Espagne sont très lucides (beaucoup plus que les solutions qu’il propose), le système financier espagnol est en train de sortir la tête de l’eau. Fin 2008 il avait « un trou » de 200 Mds €, réduit de moitié aujourd’hui et qui, selon lui, fin 2012 pourrait être entièrement « comblé ».

    http://www.libremercado.com/2011-07-12/alberto-recarte-la-falta-de-solvencia-del-sistema-financiero-esta-en-vias-de-solucion-60346/

    Un entretien d’il y a quelques jours à la TV sur la crise espagnole et européenne où il est à nouveau étrangement optimiste sur le système bancaire espagnol.
    http://videos.libertaddigital.tv/2011-07-12/es-la-noche-de-cesar-entrevista-a-alberto-recarte-MxOfbI-M30c.html

  22. Bonjour,

    j’aurais conclu que le stress test des banques c’est de la chimie patissiére appliquée à un maccabé à embaumer.

    cordialement

  23. Dimanche 17 juillet 2011 :

    Le chef de la Bundesbank opposé aux euro-obligations pour aider Athènes.

    Le chef de la banque centrale allemande a fustigé dimanche dans la presse l’idée d’émettre des euro-obligations garanties par les Etats de la zone euro afin d’aider la Grèce, et douté de l’efficacité d’un allègement de la dette grecque dans le contexte actuel.

    « Il n’y a rien de mieux pour détruire rapidement et durablement une solide politique budgétaire qu’une garantie commune des dettes des Etats », fustige Jens Weidmann dans un entretien au journal allemand Bild am Sonntag.

    « C’est exactement ce que certains politiques et économistes proposent, avec les euro-obligations, pour résoudre les problèmes de la Grèce », précise-t-il.

    M. Weidmann estime qu’avec cette option « les contribuables européens, en particulier allemands, auront à assumer la totalité de la dette grecque », et qu' »il s’agirait d’un pas important vers une union des transferts, que l’Allemagne a jusqu’à présent écartée à juste titre ».

    Par ailleurs, selon le banquier central, « la Grèce consomme bien plus qu’elle ne produit, les comptes nationaux montrent des déficits importants » et « tant que cette situation perdurera, même un allègement de la dette n’apportera pas de véritable amélioration ».

    L’idée de créer des euro-obligations garanties par des Etats mieux notés que la Grèce par les agences d’évaluation financière, et bénéficiant de ce fait de taux d’intérêts plus bas, est avancée par certains pour répondre aux problèmes d’Athènes et à ceux des pays plongés dans une situation économique similaire.

    Alors que les Allemands rejettent catégoriquement toute option se traduisant par une augmentation des impôts, les euro-obligations entraîneraient une hausse du loyer de l’argent pour les pays qui la mettraient en place.

    Dans un sondage publié par Bild am Sonntag dimanche, 60 % des Allemands disent avoir « peu ou très peu confiance » dans la monnaie européenne, contre 54 % en décembre.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=408cad97af5db7a5d81dd7d7413561b7

  24. Qu’est-ce qui empêche de porter dans le bilan des banques les titres en question à leur valeur actuelle sur le marché ?

    Peut-être la forte baisse par rapport à leur valeur nominale. Dans ce cas, il faudrait passer en contrepartie de larges provisions pour déprécisation.

    Donc le résultat du bilan serait certainement négatif, horresco refferrens !

    Il vaut alors mieux conserver ces titres hors bilan, donc les cacher sous le tapis (ce que l’on fait depuis le début) et dire que tout va très bien, madame la marquise.

    Seuls les mauvais esprits diraient que l’on ne respecte pas les règles comptables et que l’on présente de faux bilans, délit prévu et réprimé par les lois en vigueur.

  25. Bonjour

    Intervenant pour la première fois, je tiens d’abord à souligner le plaisir que je prends à lire ces chroniques quotidiennes de qualité.

    J’interviens sur le sujet de la prise en compte des obligations souveraines. A vous lire, j’avais eu l’impression que la partie de ces obligations dans le banking book (la majeure partie sans doute) n’était que peu ou pas prise en compte.

    Entre autres, dans ce billet :
    « L’EBA n’a appliqué des dévalorisations qu’aux titres inscrits au trading book – catégorie comptable destinée aux titres n’étant pas conservés jusqu’à maturité – et s’est contenté « d’accroître les provisions » des autres sans plus de détails. »

    Or il me semble que quelques détails ont été donnés. Les banques ont du prendre en compte des changements de probabilité de défaut des obligations souveraines au même titre que sur le reste du portefeuille de crédit. Ceci change le montant des encours pondérés au risque (RWA) qui est le dénominateur du ratio de fonds propre sur lequel a eu lieu l’essentiel de la communication (avec le fameux seuil de 5% à dépasser). Certes cela ne change pas la valorisation comptable des obligations souveraines dans le banking book mais cela n’était pas le but.

    Des détails peuvent être trouvés sur le site de l’EBA http://stress-test.eba.europa.eu/, en particulier p28 du summary report et surtout dans l’additionnal guidance. On y apprend notamment qu’il y a eu un recadrage à mi parcours des stress tests pour homogénéiser le traitement du risque souverain entre les différentes banques.
    On voit aussi le traitement préconisé : le stress test correspond à une dégradation des notes actuelles des agences de notation avec un seuil à CCC (juste au dessus du défaut) et des taux de recouvrement à 60%.

    “The following notch downgrades, which depend on the starting rating levels,
    are to be applied to the exposures vis-à-vis sovereign and institution
    exposures:
    • AAA / Aaa no downgrading;
    • AA / Aa2 to A- / A3: two notch downgrade; and
    • BBB+ / Baa1 or below: four notch downgrade with a floor at CCC. “

    Après, on peut évidemment s’interroger sur l’impact pratique de ces choix sur les pays les plus attaqués. Si on fait des petits calculs pour la Grèce, avec des taux à 25, 30 ou 35% à 2 ans, le marché prévoit sans aucun doute un scenario plus fort que le stress scenario proposé. En faisant des calculs à la grosse louche, si la probabilité de défaut est CCC (en moyenne selon les agences de 36%) et si on prend en compte un recouvrement de 60%, on arriverait à un taux demandé de 15%, bien en dessous.

    Donc si en conclusion le stress test reste critiquable et pas très stressé, sur le risque souverain comme sur le reste, il y a eu prise en compte partiel de ce risque souverain (sans bien sur envisager un défaut honni) ce qui n’était peut être pas le cas lors du précédent exercice.

    1. Bonjour,

      Vos précisions sont justifiées et cela ne m’avait pas échappé à lecture du document de l’EBA. Mais, en l’absence de données sur le montant des provisions qui ont été effectuées, et au vu des résultats, force est de constater que le coup de rabot a été fort modeste.

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