L'actualité de la crise : ILLUSOIRES PALLIATIFS, par François Leclerc

Billet invité

Le simple énoncé de l’exposition des banques allemandes et françaises à la dette italienne suffit pour toute démonstration : un défaut intervenant sur cette dette serait très grave pour le système financier européen et mondial. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), l’exposition des banques françaises est de 280 milliards d’euros en chiffres arrondis, toutes dettes confondues, dont 30 milliards pour les banques et 70 milliards pour le secteur public. Celle des banques allemandes est de 160 milliards d’euros (36 milliards pour les banques et autant pour le secteur public).

Au delà de la dimension nouvelle du problème que créerait l’entrée de l’Italie dans la zone des tempêtes, voilà qui met clairement en évidence le mécanisme de ce deuxième acte de la crise : point d’appui privilégié de la finance, la dette publique n’est plus ce qu’elle était. Si elle s’effrite, le système s’affaisse et risque ensuite de s’effondrer.

Afin de bloquer l’élargissement de la zone des tempêtes à l’Italie et à l’Espagne, il est donc prévu d’accélérer le transfert aux États de la dette des pays les plus fragiles, espérant ainsi consolider l’ensemble. En réalité, cela le fragilise et revient à faire reposer sur un nombre de pays plus restreint une charge de plus en plus lourde. Contribuant à propager le processus qui accroît les risques sur le marché obligataire en général, trompé par la qualité des meilleurs émetteurs qui résulte également du report des investisseurs délaissant les autres trop risqués.

Ces investisseurs devraient lire avec attention le dernier rapport annuel du FMI, et en particulier la partie consacrée à l’Allemagne. « L’Allemagne n’est pas une locomotive économique pour l’Europe », y est-il écrit, « ses perspectives de croissance à long terme restent faibles et majoritairement dépendantes de ses exportations ». A moyen terme, le rapport considère que l’Allemagne dépassera difficilement, sur sa lancée actuelle, un taux de croissance de l’ordre de 1 à 1,25 %. On sait aussi que si les exportations allemandes ont progressé en direction des pays émergents, la Chine n’est que le septième client allemand par rang d’importance, loin derrière la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Autriche. L’attachement du gouvernement allemand à la zone euro n’est pas chose feinte.

Si les États sont en fâcheuse posture, les banques ne sont pas aussi florissantes qu’elles veulent le faire croire. Les stress tests des banques européennes, dont les résultats doivent être publiés vendredi prochain par l’EBA (European Banking Authority), vont à nouveau être un thermomètre mal étalonné. Il a été exclu des risques mesurés ceux qui portent sur la dette souveraine, pour ne s’en tenir qu’à la seule divulgation de leur exposition, ce qui est proprement risible dans le contexte actuel. Sans compter ce subterfuge comptable grossier qui ne prend en compte pour toute dévalorisation que les titres classés dans le trading book, alors qu’ils sont pour l’essentiel comptabilisés dans le banking book, c’est à dire destinés à être conservés jusqu’à leur maturité.

Quoiqu’il en soit, les ministres européens n’ont pas été longs à se décider hier, contrairement à leur lenteur sur d’autres sujets, pour s’engager à soutenir les banques qui malgré tout échoueraient aux tests, selon « des mesures appropriées » ont-ils précisé, pour ne pas dire les mots qui fâchent.

Dans son éditorial, le Financial Times a adopté le ton mesuré du genre et présenté un jugement balancé sur ces tests, voulant y voir un progrès par rapport aux précédents, en dépit de leurs manques. Mais sa dernière phrase témoignait d’une étroite approche du sujet, voulant voir dans cette seconde occasion « la meilleure chance pour l’Europe de séparer les brebis malades du troupeau dans le secteur bancaire. » C’est ne pas reconnaître que tout le troupeau est à un degré ou à un autre malade !

Les banques allemandes en sont davantage conscientes, qui viennent de tenter une nouvelle fois d’éviter la publication détaillée des résultats des tests. ZDA, le lobby des banques, a adressé à ce propos un courrier au régulateur européen, l’EBA. Cette divulgation pourrait en effet, selon lui, rien moins qu’à la fois exacerber la charge de la dette souveraine, violer la confidentialité des affaires et exposer les banques à des risques juridiques.

En réalité, les banques sont en conflit avec l’EBA à propos de la prise en compte des titres hybrides dans la nomenclature des fonds propres durs, et craignent que la simple mise à jour de leur exposition à la dette souveraine, par pays et selon les maturités, leur soit préjudiciable en raison de leur faiblesse intrinsèque.

Comme quoi, les valeurs refuge ne sont plus ce qu’elles étaient et le système financier allemand, après avoir sauté à pieds joints dans les actifs hypothécaires pourris américains, n’est pas pour autant tiré d’affaire en raison de la crise générale de la dette publique qui s’annonce.

Le Comité sur les risques financiers de la BRI vient de rendre public une nouvelle étude, dans le cadre de laquelle il estime que, comme précédemment cité, « La hausse du niveau d’endettement de certains États a d’ores et déjà conduit à ce que les obligations d’État de ces pays perdent leur statut d’investissement sans risque et d’autres pays risquent d’être affectés par cette tendance. » Remarquant que les banques sortiraient affaiblies d’une restructuration de la dette publique et surtout que leur financement deviendrait plus coûteux.

Alors qu’elles tentent de diminuer et d’étaler le plus possible dans le temps les nouvelles contraintes auxquelles elles vont être assujetties, une fois passées par le moule de la régulation européenne dont elles attendent beaucoup pour les réduire, les banques doivent donc faire face au renchérissement du coût de leurs fonds propres ou assimilés. Résignées à voir leur rendement diminuer, elles tentent de limiter les dégâts.

Cette situation n’est bien entendu pas propre aux banques allemandes. Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, évoquait hier celle des banques italiennes pour reconnaître qu’elles ont « une capitalisation basse par rapport à leurs concurrentes étrangères ». Constatant que « sur les marchés, la crise des dettes souveraines s’est étendue aux titres bancaires », pour admettre qu’il y a en Italie « une forte corrélation entre risque souverain et risque bancaire, en raison du caractère élevé de la dette publique [italienne] et parce que les banques détiennent une quantité importante de titres souverains ». Il en tirait comme conclusion que « le processus de recapitalisation des banques devait être accéléré ». Mais comment ? Voilà une bonne question à laquelle il n’a pas répondu.

La fragilité de la dette publique, ainsi que ses conséquences sur la solidité des banques privées, ainsi que sur leur rentabilité, n’est pas un phénomène européen. Les États-Unis sont en situation de prendre le relais, en grand comme ils savent si bien le faire. Si le marché obligataire devait y trembler, vers quoi et qui se réfugieraient les investisseurs qui le soutiennent faute de mieux ?

Dans l’immédiat, les chiffres du mois de mai pour le commerce extérieur américain montrent que son déficit augmente, les exportations diminuant et la facture pétrolière augmentant. De toutes les manières disponibles pour décrire la dette américaine, peut-être la plus explicite consiste à remarquer qu’elle a cru au 1er trimestre de cette année environ six fois plus vite que le PIB. Quel que soit l’accord à l’arraché qui pourrait être trouvé à propos du déplafonnement de la dette, si c’est le cas, le tour du sujet aura été loin d’être fait. Pour être possible à grande échelle et rapidement, le désendettement, l’expérience l’a montré, doit s’appuyer sur une forte croissance et une dévaluation monétaire. La Fed et le Trésor font ce qu’il faut pour que le dollar reste faible, mais ils ne peuvent visiblement rien pour doper les exportations, alors que la consommation intérieure est inévitablement en berne.

Les discussions à propos du relèvement du plafond de la dette ne s’annoncent pas sous les meilleurs augures, si l’on en croit le président de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, qui vient de déclarer : « J’ai peu de doutes sur le fait que tant que ce président est dans le bureau Ovale, une solution est impossible ». De fait, tant la dynamique dans laquelle les républicains se sont engagés que la détermination de nombre d’entre eux à tout faire pour que Barack Obama chute laissent planer une grande incertitude sur la suite des événements dans les tous prochains jours.

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84 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : ILLUSOIRES PALLIATIFS, par François Leclerc »

  1. Merci beaucoup pour cet excellent article, qui pose bien les problèmes ! Mais quelle pourrait-être la solution ? Imaginons (c’est un voeu pieux, je sais, mais bon…) que les dirigeants européens mettent fin à leurs dissensions et se décident enfin à prendre les décisions qui s’imposent (et peu importe l’opposition des banques, lobbies, etc)… Quelles seraient ces décisions d’après vous ?

    1. Pas d’autre solution qu’une restructuration globale de la dette, et pas seulement à l’échelle européenne. La manière d’y procéder est toute la question.

      L’enjeu est de réduire la dimension de la planète finance, car elle fonctionne en vase clos et parasite l’économie à laquelle elle est sensée contribuer.

      1. malheureusement, on est pas prêt (psychologiquement, ni émotionnellement), à l’accepter, par conséquent on va « encore », déplacer le problème et on va en trouver des prophètes de solutions simplistes (haine du différent, culpabilité sur les plus faibles etc…), faut quasiment espérer que les marchés aillent jusqu’au bout de la logique pour que les premières victimes « à moins d’une heure d’avion » (après faut pas déconner non plus, y à toujours eût de la misère, c’est intégrer dans nos systèmes) fassent défaut et assez vite.
        Mais on va attendre avec nos logiques simplistes, la crise de 29 à permit l’inflation qui a permit Hitler, donc si on stoppe l’inflation, Mr Trichet dort bien, donc tout va bien (où comme limiter la misère; l’injustice et l’horreur humaine, en mathématique (du pauvre), « en inflation »).

      2. Un bon gros « reset » vous voulez dire ?

        Quelque chose du genre  » on annule 50 % des dettes pour tous les endettés car la dette et ses intérêts sont devenus tellement importants par rapport au reste de l’économie qu’elle déséquilibre tous les marchés ?

      3. Les banques européennes seraient les perdantes si j’ai bien compris, peut on restructurer et éviter des Lehman Brothers français et européens?

      1. Charles A ne pèche pas par optimiste, voit tes voisins, regarde les.
        Ils veulent la sécurité, un avenir pour leurs enfants, une maison et une voiture, en aucun cas ils ne voient le sort du monde en eux (un peu comme des vendéens, sous le regard de bretons Blogueur,qui n’ont que des cailloux comme terres pour leurs enfants).
        Y aura pas de sorti par le haut, point.
        maintenant, c’est juste l’heure où le système tiens coûte que coute et qu’on est incapable d’en deviner son destin (pour reprendre ton exemple de liberté dans un train, les contrôleurs arrivent et ce moquent de cette notion, tant que le peuple leurs donnent du pouvoir et le peuple n’en sait rien) .

      2. mais c’est peut-être moi qui pèche par pessimisme, à toi de voir tes réseaux Charles A., ça ce joue sur chaque lecteur du blog, soit on nivelle parle haut, soit … (comme d’hab, non comme une humanité 0.8).
        Pour les vendéens, ce n’est qu’un exemple historique, en aucun cas, une accusation (je suis normand, rien ne doit laisser à pensée qu’on peut laisser le mont st Michel à des bretons, 🙂 )

    2. Obama pourrait profiter du séjour de DSK à New York pour bénéficier de ses conseils économiques. Il a certainement pas mal d’idées sur la façon de procéder à cette restructuration globale de la bulle/dette sans passage par une douloureuse crise de liquidité.

      1. Oui mais justement DSK était en général à Washington (son bureau) à côté d’Obama, avant d’aller traîner à NY.

    3. Bonjour,
      Déjà au niveau des politiques fiscales de chaque état : faire rentrer plus de recettes, en supprimant la plupart des niches fiscales (surtout celles favorisant l’évasion fiscale et les importations), et en inversant la fiscalité sur les revenus d’activité et les produits financiers.
      Instituer un régime de TVA favorisant les productions locales (et donc les emplois, donc les revenus, donc les impôts) et pénalisant les productions éloignées des lieux de consommation. Ca peut être institué, soit par chaque pays, au risque d’une cacophonie, soit par l’union européenne toute ensemble. On est une union ou pas ?
      Rappelons en passant que déficit budgétaire = déficit commercial (importations majoritaires).
      Quant à la charge de la dette (les intérêts), il faut interdire aux états endettés d’emprunter aux acteurs privés : créer un fonds fédéral dépendant de la commission ou du parlement (ou des deux) qui prête aux états (quitte à créer de la monnaie à l’occasion) sans versement d’intérêts.

      Tout le contraire de la construction européenne depuis Maastricht…

  2. Si j’étais cynique voire même objectif (!), je dirais que les nouvelles du front sont excellentes ma foi.

    Nous basculons dans la posture D (rien ne va plus), là ? ou on est toujours dans la C (métamorphose forcée) ? La B (survie à l’identique difficile) semble loin derrière nous en tout cas.

    Hmmm, j’avoue que la D me plait bien quand même dans l’idée.

  3. Cette divulgation pourrait en effet, selon lui, rien de moins qu’à la fos violer la confidentialité des affaires et exposer les banques à des risques juridiques.

    Ahhh ! J’adore ces arguments de petits commerçants se retranchant à tout bout de champ derrière la suprême exception à la transparence offerte par les clauses de confidentialité des contrats… Ahhh ! L’épée de Damocles de l’insécurité juridique qui pendouille au dessus des sociétés financières ! C’est sûr que c’est l’problème majeur aujourd’hui…

    1. Je t’aime bien vigneron, tu sais bien qu’on (le peuple) n’est pas prêt, alors les boutiquiers et leurs réflexes ont s’en moque, l’important c’est qui va donner au peuple des solutions, Paul Jorion and co, où ce qu’il y a aussi au fond de nous? (personnellement je me connais assez pour le redouter, non pas qu’un de mes actes soient agressifs au quotidien, au contraire, mais parce que je sais ce que ça cache et toi aussi)

  4. Il n’y a que deux solutions possible, selon moi. Je défends actuellement l’hypothèse suivante:

    Primo: refonte de la zone euro; les pays à faible industrialisation sortent de l’euro pour retrouver une compétitivité adaptée à leur protentiel. Solution extrême, mais moins probable: chaque pays réadopte sa monnaie nationale, du moins pour une certaine durée.
    Secundo: la zone euro se transforme en « Transfertunion », c’est-à-dire que les pays du sud seront continuellement alimentés/subventionnés. Cela veut dire aussi: cadeaux aux banques et aux investisseurs.
    Je ne pense pas que la deuxième hypothèse trouverait preneur.

    1. Une autre possibilité: l’inverse de votre première solution, à savoir la sortie de la zone Euro des pays (les plus) « performants » ===> en poids, essentiellement l’Allemagne. Mais aussi des pays comme l’Autriche, la Hollande et le Luxembourg.

      Avantage? Les dettes des pays « latins » resteraient ainsi en Euros…

      Mais bon: je ne suis pas spécialiste. Et la question est avant tout, par nature, politique.

    2. Et si on revenait à l’ECU (parités fixes mais ajustables…) au moins pour les pays du sud?
      A F Leclerc: d’une certaine façon, est-ce que l’ECU ne fait pas penser au BANCOR?

  5. n sait aussi que si les exportations allemandes ont progressé en direction des pays émergents, la Chine n’est que le septième client allemand par rang d’importance, loin derrière la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Autriche. L’attachement du gouvernement allemand à la zone euro n’est pas chose feinte.

    Soit cinq pays de la zone euro .

    Si l’Allemagne était resté au DM , compte tenu de ses résultats excédentaires sur la balance commerciale , la devise allemande serait réévaluée de 10 à 20% et l’Allemagne vendrait moins facilement ses productions.

    En fait , l’Euro permet d’accéder au marché intérieur de tous les membres de la zone sans subir l’augmentation de prix due aux cours respectifs des devises : ce qui avantage un pays exportateur comme l’Allemagne . On voit pourquoi le gouvernement allemand reste attaché à l’Euro.

    1. L’€ a été une exigence de Mitterrand, face à l’unification allemande; cela a été accepté par l’Allemagne, chacun y trouvant son intérêt.

      Ce que vous décrivez pour l’Allemagne; et pour la France, un coût de l’argent moins élevé, en plus d’éviter ce qui était prévisible de par l’unification (« largage » complet à moyen terme de la France, alors que ces 2 pays étaient « à équivalence » au cours des années 70).

      Mais bon: rien n’est parfait, dans ce bas-monde. Ni éternel.

      1. L’un ( la volonté politique) n »empêche pas l’autre (les intérêts économiques bien partagés) .

        Ce qui est vrai pour la France (crédit moins cher) est encore plus vrai pour l’Espagne ou d’autres .

        Pour ma part , c’est la rupture de cet équilibre ( exportations allemandes facilités contre crédit moins cher) qui est un des moteurs de la crise actuelle.

    2. Petit rappel sur la glorieuse histoire du franc au XXe.

      – Entre 1949 et le « franc fort » Mitterrand/Chirac/Balladur de 1986/1987, soit moins de 40 ans, par multiples dévaluations ou « grappes de dévaluations » de l’ordre de 25 à 35% par décennie, la dépréciation totale du franc par rapport au mark tout puissant fut de près de 65%.
      – Après 1987, soit depuis 34 ans, stabilité de la parité FF/DM, puis €.

      Et par rapport au dollar entre le franc or de 1913 et le « franc fort » de 1987, soit 74 ans, 99,3 de dépréciation… Par rapport à l’or dans la même période ? Houla ! Faut sortir la loupe binocculaire là : 99,9% de perte de valeur.
      http://www.finances.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb227/227_dev.htm

      1. Exact.

        La question que je me pose? Y a-t-il eu une telle « révolution » dans le comportement global de la France, pour que l’on puisse considérer que la non-dévaluation du Franc par rapport à la monnaie allemande depuis 87 soit rationnelle sur le plan économique et financier?

        Ou ce que l’on n’a pas payé sous la forme de dévaluations successives (comme antérieurement), le paye-t-on sous d’autres formes? Manque de compétitivité à l’international (balance des paiements déficitaire), et coût social?

        Considérer la France comme l’Allemagne me paraît être une grave erreur.

        N’a-t-on pas affaire à un artifice financier?

      2. Une pièce d’or de 20F de 1913 vaut aujourd’hui 200 euros, soit 1300 francs nouveaux ou 130 000 francs légers, un rapport de 6500, qui doit beaucoup aux deux guerres, et au choix de l’or comme valeur refuge depuis quelques années.
        Une pièce de 2F de 1913 en argent vaut ce jour 7 euros soit 45 francs ou 4500 francs, un rapport de 2250.
        Une pièce de 10 centimes de 1913 en cuivre vaut 7 centimes d’euro au poids soit 0,45 francs ou 45, un rapport de 450.

    3. @alain21,

      Soit cinq pays de la zone euro .

      La Grande Bretagne (ou plutôt le Royaume Uni) ne fait pas partie de la zone euro.

      A ce point de vue, il est intéressant de tester empiriquement cette « théorie » des dévaluations compétitives qui aident à rééquilibrer la balance commerciale sur ces deux pays, le Royaume Uni et les Etats Unis :

      on s’apperçoit que depuis 2002, le dollar a perdu plus de 25% de sa valeur par rapport à l’euro. Or le déficit de la balance commerciale des USA n’a cessé d’augmenter depuis, battant aujourd’hui des niveaux records, tandis que la zone euro reste excédentaire.
      Qaund au Royaume Uni, dont la livre a dévalué d’environ 25% par rapport à l’euro depuis 2009, même chose, elle bat aujourd’hui des records de déficit de sa balance commerciale.

      Ce que cette belle « théorie » oublie c’est que quand des pays délocalisent leurs productions et se désindustrialisent pour tourner leur économies vers la finance et la spéculation immobilière, c’est pas une dévaluation qui fait revenir les usines et les exploitations agricoles au pays comme par miracle.

      Mais bon, les apôtres des miracles de la dévaluation compétitive sont comme les apôtres des miracles de la main invisible, tous ces grands prêtres du voodooisme économique!

      1. En plus , j’ai bien remarqué …..mais j’ai dû voir l’Espagne (qui n’est pas cité …).

        D’autant plus que la Chine est mentionné comme 7ème client (alors qu’il n’y a que 5 pays nommés) .

    4. « l’Allemagne vendrait moins facilement »
      Les raisonnements « mécaniques » sont trompeurs.
      L’histoire du DM est une suite quasi ininterrompue de réévaluations,
      par rapport aux autres monnaies.
      (le symétrique de ce qu’expose Vigneron pour le Franc).
      Quel a été le résultat pour la balance commerciale allemande ?
      Réponse: soit en excédent et stable, ou soit en croissance.

      La mécanique pourrait être résumée ainsi:
      Quand le DM est stable , « ils » vendaient plus et gagnaient plus.
      Quand le DM monte, « ils » ne vendaient pas moins,
      et donc gagnaient plus.

      Il faut admettre que l’industrie allemande se trouve de fait à l’abri
      des variations de change.
      On peut aussi penser que l’industrie allemande répond à un besoin
      fondamental , que l’acheteur veut acquérir à n’importe quel prix.
      Un truand russe ne peut parader qu’en limousine allemande.

      Je ne comprends pas pourquoi « ils » ne peuvent pas être imités,
      en particulier par nous…

  6. En tout cas ,c’est une mauvaise posture…
    De l’autre côté de l’atlantique ,pas mieux.
    Un site parfaitement neutre et non affilié à un parti politique ,quoi qu’on dise(ou pense trés fort) affiche ce soir un exposé d’une « tête » d’une grande école(sciences sociales je crois…chercher…et vous trouverez…)
    Le discours produit permet aux béats d’aller se coucher quiets.
    Demain matin,ou un de ces prochains matins : mugissement des sirénes dans l’hexagone ???
    Vivement Vendredi !!!

  7. Breaking news:

    Moody’s Downgrades Ireland From Baa3 To Junk…enfin à Ba1.

    Who would have thought a few years ago that Moody’s would be one of the biggest supporters of the gold bulls… »Moody’s Investors Service has today downgraded Ireland’s foreign- and local-currency government bond ratings by one notch to Ba1 from Baa3. The outlook on the ratings remains negative. The main driver of today’s downgrade is the growing likelihood that participation of existing investors may be required as a pre-condition for any future rounds of official financing, should Ireland be unable to borrow at sustainable rates in the capital markets after the end of the current EU/IMF support programme at year-end 2013. Private sector creditor participation could be in the form of a debt re-profiling — i.e., the rolling-over or swapping of a portion of debt for longer-maturity bonds with coupons below current market rates — in proportion to the size of the creditors’ holdings of debt that are coming due. »

    http://www.zerohedge.com/article/moodys-downgrades-ireland-baa3-junk

  8. Méme Touati , nous fait un scénario catastrophe ! C’est un signe !…
    Pourtant Touati est professeur à Science-Po ! Quoique …
    Peut étre y en a t il une de solution : dans une grande solidarité Européenne ne pourrions nous pas :coupez dans les budgets , restreindre les retraites , subventions , allocations de toutes espéces , revendre les établissements publics , augmenter les impots (pas ceux des riches , leurs revenus sont indispensables aux emplois) ; etc … Bref se mettre à la cuisine grecque qui est d’ailleurs meilleure pour la santé , moins de choléstérol , plus de tonus, plus de longévité …
    Je le vois bien cet élan , sur l’air de l’hymne à la joie :  » Freunde schoner goterfunken tochter auf Elysium » …Allez , tous ensembles !

    1. Ben voyons, Armagedon ! =) ça sent le roussi ce nom, et ce n’est point neutre, foi de laïque !

      c’est exactement la sauce qui va s’accélérant partout, y compris ici =) c’est la joyeuse arnaque du neolibéralisme sans freins : tout bénéf. pour une frange de la population : toujours la même !
      et la misère pour les autres …
      Si votre boussole est Marc Touati ( = TINA ) : il n’y a plus rien à dire !!

      il ne s’agit évidemment PAS de solidarité européenne …

      Honte à vous !
      ou alors, vous pratiquez le cynisme au degré le plus élevé : ce n’est pas un compliment de ma part.

      1. There Is No Alternative = TINA

        Ce renversement est-il « linguistly correct ?  » :

        Alternative  » NO  » Is There ……………….

        En anglais, est-ce correct ? Car sinon en Grèce l’ Alternative « NO » est en bonne voie.
        Un palindrome pour éveil des peuples ?
        Oui, bien sûr, il en faudra plus. Mais dire NON c’est déjà faire pression sur les gouvernements et c’est un préalable pour une restructuration globale de la dette.

        Grèce :

        « Le peuple grec lance un avertissement au FMI, à la BCE et aux banques : « nous ne tarderons pas à renverser ce gouvernement  » : http://www.real-democracy.gr/fr/teamvotes/2011-07-03-avertissement-adresse-la-troika-aux-banques-et-aux-investisseurs

      2. Désolé , si j’ai donné l’impression d »étre cynique . Je ne suis pas pour chacun dans son tonneau ,
        au soleil …Mais pourquoi pas si c’est avec convivialité .J’ai voulu faire de l’humour noir . Quand méme je constate beaucoup d’hypocrisie dans le sauvetage Grec . Cela ne profite qu’à nos banques , la récession à laquelle on les contraints ne peut qu’aggraver leurs difficultés , d’une part . D »autre part de leur coté , un budget n’est pas touché , c’est pourtant le plus gros et le plus discutable : le budget militaire ! En proportion le plus élevé d »Europe (les Turcs sont-ils si menaçants ?) , ensuite la corruption , pardon , le copinage, la fraude fiscale et le travail au noir , ne risquent pas de s’estomper dans cette ambiance . Pas un mot de tout cela dans les commentaires , sans doute à cause de la non-ingérence ? Ce qui ne nous empéche pas de leur infliger une purge .

    2. M, tu te méprend, le cynisme est une frontière importante, y sombrer un peu, n’est pas s’y noyer, c’est juste humain (je développe pas si ça te choque trop).
      Mais il a raison, on va tapper sur les faibles, tant qu’ils ne bougent pas, aprés si on tombe sur un saint just on aura la terreur, sinon on tombe sur pire.
      aléa jacta est (le sort en est jeter).
      De la Rome antique à l’occident acceptons qu’on n’en sache rien, au pire les plus dramaturges ne seront que rassurés, les pires efficients que terrifiés.

  9. Mardi 12 juillet 2011 :

    L’agence de notation Moody’s a relégué mardi l’Irlande dans la catégorie des investissements « spéculatifs », en abaissant la note de sa dette souveraine d’un cran de Baa3 à Ba1, avec une perspective négative.

    L’agence a justifié sa décision par « la probabilité croissante qu’à l’issue du programme soutien actuel de l’UE et du FMI fin 2013, l’Irlande ait besoin de nouveaux tours de financements officiels avant de pouvoir revenir sur le marché privé ».

  10. Vu ce qui se passe avec l’Irlande, n’est ce pas la démonstration que les plans d’austérité sont inefficaces pour « rassurer les marchés »?
    l’image qui me vient à l’esprit est celle de l’effondrement d’un château de cartes, la débâcle, en bref!
    sauf à mettre l’Europe tout entière au pain sec et à l’eau durant des décennies, un défaut massif mais ordonné semble être la seule voie.

  11. On sait tous que quand un chateu de cartes s’écroule, il n’y a quasiment aucune chance pour qu’une seule reste debout.

    ça continu, encore et encore,, c’est que le début d’accord, d’accord…………….

  12. Sauvetages, radeaux, vagues d’Elliott et tsunamis… pour empêcher les reflux de la pompe à phynances, comme dirait le navigateur Jorion, souquez les pares ris d’eaux.

  13. point d’appui privilégié de la finance, la dette publique n’est plus ce qu’elle était. Si elle s’effrite, le système s’affaisse et risque ensuite de s’effondrer.

    Afin de bloquer l’élargissement de la zone des tempêtes à l’Italie et à l’Espagne, il est donc prévu d’accélérer le transfert aux États de la dette des pays les plus fragiles, espérant ainsi consolider l’ensemble. En réalité, cela le fragilise et revient à faire reposer sur un nombre de pays plus restreint une charge de plus en plus lourde.

    les valeurs refuge ne sont plus ce qu’elles étaient.

    J’ajouterai que l’utopie non plus n’est plus ce qu’elle était… mais pourtant elle exi-iii-steuh. Et ce pendant que ça spécule quant à l’échéance elle-même, qui non seulement s’approche, mais enfle : tic-tac, tic-tac.

    1. Pour l’échéance fatale, je ne ferai pas de pari tac-tic contre la montre, quand c’est l’autre qui la possède.

      1. Il y a beau temps que d’aucuns ont pris parti pour l’utopie, et donc pour sa critique en vue de son exercice, plutôt que de prendre quelques paris. Mais les tacticiens minuscules s’étant arrogé les moyens capitaux de la marche des choses imposent des circonstances qui les rendent illusoirement stratèges à leurs propres yeux. Or ces moyens sont si formidables qu’ils obligent ces d’aucuns à se préoccupper de stratégie.

        Quant à l’échéance fatale, son dépassement seulement temporel, quelle que soit la sanction pour les parieurs, dans la mesure où il n’élimine pas mais confirme ses conditions de possibilité est déjà gros d’un autre ultérieure et encore plus enflée. Reste que chacune modifie le dispositif général d’une réalité aux principes décidémment bien peu amènes pour les expropriés de tous les pays. Même quand Hal ne machine plus l’odyssée continue : plot dans l’avion mais ho hisse ou pas et souquez ferme ou pas.

        Cependant la fatalité est friable, potentiellement, consciemment et heureusement, surtout à échelle commune.

      2. Je décrypte le référentiel allusif et tronqué, mais pour le final je préfère le Guépard à la Bavière. Expropriés de tous les pays, appropriez-les-vous ? (avec pleins de traits d’unions ?) non quand même pas !

      3. @Rosebud1871 le 15 juillet 2011 à 02 h 07
        Exproprier les expropriateurs, qui sont les propriétaires. Quant à l’appropriation des pays par les expropriés, j’ai bien conscience de la damnation que vous évoquez, mais elle suppose l’idée désormais moribonde de nation. Votre évocation me fait penser à un Janus bifide. Quand on le voit regarder devant il voit socialisme ou bien barbarie, quand on le voit regarder derrière il voit le Guépard ou bien la Bavière. Mais le reste de son corps n’est pas bifide, à moins qu’on l’eût cloné avec l’androgyne d’Aristophane. Même si elle nous fait tourner la tête, l’histoire à un sens, dont nous avons certes bien peu conscience, mais peu n’est pas rien.

  14. Donc quand au Japon la majeure partie de la dette publique est détenue par les banques du pays, c’est un facteur de stabilité, parce que ces mêmes banques n’ont pas vraiment intérêt à laisser leur état faire faillite, et vont donc continuer à acheter cette dette; mais quand c’est en Italie, c’est un facteur d’instabilité, parce que les banques sont du coup exposées à une décôte.

    Y a-t-il là un double-langage anti-euro (classique dans la presse financière), ou bien d’autres éléments de différence? Ce n’est pas

    1. Une hypothèse : une différence au niveau de la répartitions des actionnaires de ces banques ( plus internationaux en Italie et donc moins solidaires).

  15. Je poursuis ici une réflexion entamée dans de précédents messages, suite aux remarques d’un autre intervenant. Il s’agit de la question de la démocratie au niveau européen.
    Partant du constat qu’il n’y a pas de peuple européen, il ne peut y avoir de démocratie européenne.
    Or c’est bien ce que nous observons l’Europe – construction supranationale – est construite de façon non démocratique par une caste dirigeante non élue au niveau européen. Cette caste joue le rôle d’un despote éclairé face aux peuples considérés comme arriérés ou tout simplement mineurs.
    Il ne faut pas oublier cependant que la plupart des états-nations européens, se sont constitués au cours de siècles de batailles et de guerres, par le fer et par le feu. Il en est ainsi de la France, qui ne s’est unifié que sous la férule du royaume de France, limité à l’origine à l’ Ile de France.
    Ce que nous appelons démocratie, n’a été arraché ultérieurement que suite à des mouvements populaires et des révolutions dont la sanglante révolution de 1789. Cette unité nationale s’est parachevée dans les grands bains de sang des guerres de 1870, 1914 et 1940.
    En ce qui concerne l’Europe rien de tel, aucun pouvoir européen, n’a pu dans l’histoire unifier l’Europe par le fer et par le feu.
    D’où la construction actuelle impulsée par des banquiers et dominée par l’économie. Cette Europe dès l’origine ne peut être politique, car elle renonce et l’on ne va pas s’en plaindre à la guerre. La guerre étant la continuation de la politique, par d’autres moyens, cette Europe renonce par la même à ce constituer en tant qu’entité politique.
    C’est là l’origine du malentendu avec les peuples, les peuples sont des entités avant tout politique, et les fondateurs leur ont vendu l’Europe comme un projet politique, or comme je viens de l’expliquer ce projet est avant tout un projet marchand et un projet de banquiers donc un projet a-politique, d’où l’impasse actuelle, et la très forte désillusion des peuples, qui ont lutté dans le cadre des états-nations pour accéder à un certain niveau de vie, à une certaine protection; qui l’on souvent payé de leur sang lors des révolutions ou sur les champs de bataille et qui se voient maintenant dépouillés de ces conquêtes par des banquiers et des bureaucrates lointains, qui n’ont pas de réel projet politique, mais seulement un projet marchand désincarné, qui produit des effets politiques délétères.
    Je pense que le problème de la construction européenne actuelle est là: les peuples demandent du politique, les bureaucrates et les banquiers leur répondent économie et marché. Si cette contradiction n’est pas rapidement adressée, il est à craindre que le processus engagé à Rome en 1957 ne vole en éclat et que tout ne soit à refaire.

  16. Le flexibilité : En 1/4 on peut virer un « fonctionnaire » (guillemets, il n’y a pas de statu) en Pologne. On coupe l’accès à l’internet, on lui dit de ranger le bureau, et au revoir. Ca c’est la vrai flexibilité, l’ultime.

  17. Bonjour,

    De toute façon il y a trop de dettes et pas assez d’argent pour les payer.
    Faisons défaut, l’Argentine ne s’en est pas si mal tirée.
    Il y a de nombreux précédents, ça fera disparaître d’un coup le trop plein d’argent créé ces dernières années.

    Si des banques font faillites tant pis zons joué zons perdu.
    Un ou deux ans de gros temps contre des décennies d’asservissement par la dette, je choisi le gros temps.

    En plus soft, trions dans nos créanciers ceux qui sont clairement identifiés, pour les autres planqués aux îles caïmans et autres paradis fiscaux on annule.
    Prenons une posture bien hypocrite comme savent si bien le faire nos politiques, nous refusons de blanchir l’argent des mafias, des terroristes et des « états voyous ».
    Déjà 20 à 30% effacé en plus ça servira d’avertissement pour les autres.

    1. L’Argentine s’en est tirée parce qu’il restait des gens pour lui prêter de l’argent : ses voisins et le FMI. Si tout le monde fait défaut, qui prêtera quoi que ce soit à qui?

      Si des grosses banques font faillite, on risque l’effondrement systémique : tout s’effondre, et vos économies à la banque sont soit perdues, soit assurées par l’Etat, mais risquent fort de ne plus valoir grand chose à cause de la forte inflation, voir de l’hyperinflation qui s’en suivrait.

      Le système financier est une telle pyramide inversée (d’énormes paquets de dettes reposant sur de faibles quantités de fonds propres) qu’il ne peut être déconstruit et mis hors d’état de nuire que bloc par bloc. Sans quoi on s’expose à de sacré catastrophes.

      1. Bonjour Yann,

        J’aime l’idée de la pyramide mais je dirais plutôt Ponzi.
        Le système effondrera mais entre temps les peuple seront dépossédé de tous leurs actifs réels par les banques.
        Comme toute bonne pyramide de Ponzi les derniers sortis auront tout perdu, autant anticiper.

        Mon dieu, mes éconocroques à la banque vont disparaitre !!!
        Si je fais le calcul entre mon prêt immo et ma cote part de l’énorme dette que nous sommes censé payer tous ensemble, je suis largement gagnant.

        Et la grande majorité de la population le serait, je propose donc un Référendum…

        Pour ce qui est de la forte inflation, on se dirige tout droit vers une stagflation je préfère une forte inflation (la vrai avec les salaires indexés) et de la croissance !

        De toute façon l’argent pour payer toutes les dettes publiques et privées en cours n’existe pas dans le monde réel, donc soit on efface soit on créé encore de l’argent pour continuer à faire gonfler les dettes et repousser l’échéance…

      2. Par forte inflation, je ne parle pas de 5 ou 10%, mais de niveaux correspondant à une perte de confiance généralisée dans la monnaie, ce qui affecte fortement le fonctionnement de l’économie. Cette forte inflation pourrait par exemple être amenée par des états faisant tourner à fond la planche à billets pour garantir les dépôts dans les banques en faillite.

    2. Tant que des gens continueront de s’imaginer que les conséquences d’un défaut de l’eurozone (ou des Etats Unis) seront similaires à celles du défaut argentin de 2002, ils continueront de s’imaginer que les conséquences d’un tremblement de terre de magnitude 9 seront les mêmes que celles d’un tremblement de terre de magnitude 6.

      L’Argentine, c’est 0,5% du pib mondial, le défaut intervint au moment d’un forte reprise de la croissance mondiale : l’argentine trouva rapidement des clients nombreux pour ses exportations agricoles devenues bon marché et pu donc quasiment autofinancer sa reprise.

      L’eurozone (ou les états unis), c’est plus de 20% du pib mondial, et on peut se demander d’où viendra la forte croissance de l’économie mondiale?

      Si vous recherchez des situations historiques dans des conditions macro-économiques et d’un ordre de grandeur similaires à ce qui pourrait arriver si l’eurozone ou les USA faisaient défaut, regardez plutôt du côté des conséquences des défauts allemands durant l’entre deux guerres, ce fut moins joli à voir que l’Argentine!

  18. Très ignare de la chose économique, mais il des choses qui, pour moi sont des signe de  » Droit dans le mur »
    Cela par exemple:
    PARIS (Reuters) – Les investissements publicitaires mondiaux devraient retrouver en 2011 leur niveau record de 2008, selon les estimations de ZenithOptimedia qui a toutefois revu en légère baisse sa prévision de croissance pour l’année.

    La pub ne produit « rien » mais consomme pour faire consommer, et quand le parasite affiche une telle santé, sur que la bête parasitée ne peut avoir qu’une santé inversement proportionnelle.

    En poussant la chose a son extrême, la santé maximale de la pub c’est quand la bête parasitée est totalement vidée, morte.
    Mais… de quoi va se nourrir la pub, alors ? Logique nhiliste et mortifère déguisée en  » dynamisme ».

  19. Tiens donc la bourse remonte et est même passé dans le vert alors que la crise est montée d’un nouveau cran ! C’est pas une découverte pour moi, mais ses derniers jours montrent clairement que les bourses sont manipulées à part si le plan extraordinaire prévu par la zone euro suffit a les rassurers ce qui serait ridicule car il en sortira certainement à nouveau rien de ce sommet.

  20. Bonjour,
    Finalement, le capitalisme financier n’est pas autre chose qu’une partie de Monopoly planétaire.
    Il semble que l’on soit à la fin de la partie. Vous savez, le moment où les gens arrêtent de jouer…
    Cela va s’effondrer partout.
    Il en sortira des grèves, des ruines, des faillites, des conflits sociaux, des émeutes, de la misère, des guerres civiles et des guerres tout court.
    Le chao va durer des mois.
    Il faut faire des provisions de bouche et d’énergie pour amortir le choc car vous n’aurez plus d’argent, plus de commerces, plus de travail. Pour survivre, il faudra être capable de vivre sur soit pendant quelques mois.
    Des micro sociétés vont sortir du chao car les survivants vont réorganiser la vie à l’échelon local.
    Un nouveau système monétaire va émerger peu à peu pour faciliter les échanges.
    Les banquier proposeront à nouveau leurs services pour le plus grand bien des gueux.
    Chaque année, ils devront faire plus de bénéfices que l’année précédente en achetant un peu plus d’hôtels à chaque tour de piste, car c’est la règle du Monopoly.

    Ceci est une caricature car la réalité est pire. Pour le Monopoly de la vraie vie, il n’y a pas de règle dans la boite et les carte « chance » ne sont pas légion….

    Bon courage

  21. Il semble que peu de gens ignorent désormais qu’on va dans le mur, mais la question de quand et comment est primordiale si on se place dans un contexte de lutte entre puissances. Je me demande si le « jeu » n’est pas une sorte de course entre l’UE et les US pour savoir lequel le premier va toucher terre.
    Car de cela pourra déboucher un rapport de force qui peut largement modifier le cours de la suite des évênements. Dans ce cadre, faire durer sachant qu’on va dans le mur, pour l’UE, pourrait être plutôt à voir sous l’angle d’un poker avec les US pour pouvoir imposer, ensuite, sa propre porte de sortie à l’autre, l’enjeu de l’UE étant de pouvoir se désolidariser ou se défaire de l’emprise US (ex: suppression du dollar comme monnaie de référence, condammnation de la spéculation/promotion de la régulation, ré-équilibrage des relations de l’UE vers les BRICS,…). C’est comme dans un conflit ou une guerre, on sait bien que l’entente mutuelle et la paix est la meilleure voie, mais on a tellement peur que l’autre tire profit de notre faiblesse, qu’on joue aux méchants (paraît que c’est une attitude culturellement masculine).
    Je me dis, à mes heures optimistes, que parmis nos dirigeants, il en est qui ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent (pour des raisons stratégiques) mais ne rateraient pas pour autant l’occasion d’agir différemment s’ils estiment en avoir les moyens!?
    N’est-ce pas aussi là-dessus que table Paul avec un Attali ou d’autres, sur l’opportunisme des politiques, sur leur faculté à saisir les occasions quand le vent est favorable (apparemment c’est raté en 2008 mais la rapport de force avec les US n’était pas favorable?), en s’alimentant alors des connaissances actuelles jusque là écartées, type Jorion ou Lordon. Car Paul s’adresse, il me semble, beaucoup aux politiques au travers de son blog et de ses écrits et interventions, y compris ceux qui font semblant de ne pas l’écouter, pour le moment.

    1. Concernant Attali, je suis un peu circonspect. Tantôt il adopte des positions qui semblent proche de ceux qui remettent en cause le système actuel, tantôt il remet aux autorité des plan ultra-libéraux qui décoiffent. De sorte que l’on ne sait quel est son vrai visage…

      1. Bonne remarque.

        Attali, sans doute une homme très, très intelligent, mais il sème plutôt la trouble.

        Peut être devenu trop « politique ».

        Après, n’importe quelle sorti la crise va prendre,il peut faire croire lui même: « j’ai eu raison ».

        A lire avec un clin d’oeil.

  22. C’est un serpent qui se mord la queue cette histoire de dette.

    Les institutions monétaires, dont les banques, ont prêté aux états et aux particuliers de l’argent qui n’existait pas (et qu’elles ne possédaient donc pas) mais qui d’une façon ou d’une autre a été dépensé et a servi a supporter la croissance et a créer de la valeur ajoutée. On se retrouve aujourd’hui avec une dette globale qui dépasse les capacités de remboursement en liquidité de tous les acteurs de ce jeu de dupe.
    Reste plus qu’a faire tourner la planche a billet, euros et dollars, accepter de réduire les taux d’intérêts et couper dans le lard des assets virtuels des balance sheet des banques, et réévaluer les valeurs de l’économie réelle, en particulier les salaires et les produits agricoles, industriels et énergétiques .
    A ce jeu la, le prix d’un écran LCD et d’un kilo de riz risque de doubler et ce sera tant mieux… dévaluation des monnaies, augmentation des salaires à l’échelle mondiale et inflation -en vérité réajustement des prix réels – et on sort de l’impasse. J’ai faux ?

    1. J’ai faux ?

      Oui, au moins en partie, lorsque vous commencez par affirmer que les banques « ont prêté aux états et aux particuliers de l’argent qui n’existait pas (et qu’elles ne possédaient donc pas) ».

      1. c’est pourtant le principe de la création de monnaie – ou de bulle financière, quand tout va mal -par les banques en jouant des crédits et des débits qu’ils inscrivent à leurs comptes, dans une proportion qui n’a rien a voir avec leurs liquidités réelles. Le tout s’équilibrant sur le plan comptable par le seul fait que les règles comptables présentent les equities des sociétés en additionnant liabilities et assets reels…

        1. @ Homere

          Non, seules les banques centrales créent la monnaie.

          Je vous conseille de lire « L’argent, mode d’emploi » (Fayard, 2009)

      2. Tout juste Julien.
        Et il faudrait quand même arriver à saisir (« à un m’ment donné » comme dit l’aut) que les dettes souveraines sont financées par l’épargne et non par « les banquiers ». Et aussi que la simple masse monétaire M1 de la zone euro en juin 2011, soit les billets pour 800 milliards € plus les comptes à vue pour 3 800 milliards, même si elle est plutôt à la baisse depuis cette année, représente pas moins de 50% de la masse monétaire M3. Aux US c’est 12 à 13%. Il y aurait donc, par rapport aux US, de l’ordre de 3 000 milliards en excés sur les comptes bancaires euros-zonards.
        Et pour certains, sans zone euro, une grande partie de ces 3 000 milliards, celle située dans les comptes à vue des Piigs et de France, se trouverait dans les réserves en devises de l’ex Bundesbank… Et n’étant pas où il faudrait qu’ils soient selon eux, ben autant les en faire sortir. Pour quoi en faire ? Ben pour les faire aller oú ils manquent, diminuer M1 pour augmenter les rapports M3/M1 et M3/M2 sans inflation monétaire : financer des déficits étatiques sans impôts nouveaux sur le patrimoine, rembourser des dettes, augmenter des fonds propres bancaires, rassurer les marchés, investir, améliorer les trésoreries des entreprises, etc.

      3. @julien alexandre,

        ça y est, le facteur vient juste de me déposer un joli livre azurin.

        c’est appétissant, en plus l’auteur promet de me faire réfléchir à des choses que je sais déjà!

        allez, je m’y met.

        A plus…

      4. @Vigneron
        Regardez sur le site de l’Agence France Trésor qui détient les OAT ..
        En gros, les banques et établissements financiers détiennent 40% de la dette publique si on extrapole la détention française à la détention mondiale
        D’autre part, Sapir a bien expliqué que les banques empruntaient à 1% (1,25% maintenant) à court terme à la BCE pour reprêter aux États à long terme à 3,5,10% etc.
        Ensuite, les obligations souveraines que détiennent les banques leur permet d’obtenir la monnaie centrale dont elles ont besoin pour assurer les « fuites » de cette monnaie centrale (réserves obligatoires, demande d’espèces, compensation inter bancaire)

  23. bah déjà que la bce et l’état fasse crédit aux vraies entreprises plutôt qu’aux banques et là on verrait de la richesse créée…

    j’ai toujours pas compris pourquoi l’état, en 2008 n’a pas créé un créditfrance ou un truc comme ça qui aurait fait des prêts aux entreprises solvables mais en manque de liquidités, permettant ainsi de squeezer les banques (on est typiquement dans ce cas chez nous : on produit à tour de bras, nos séries sont achetées et diffusées dans le monde entier mais notre boite a toujours des soucis de trésorerie car ses banques, régulièrement, lui coupent les vivres et se mettent à demander des milliards de garanties complètement ahurissante, pour repousser l’échéance du paiement).

    le coût du crédit aurait été public mais au moins il y aurait eu création de richesse en contrepartie.

  24. Arrêtons un moment : un peu de répit. C’est Vital pour tous les Gens encore conscients.
    Si des décideurs passent sur ce blog pour y puiser des sources sûres pour alimenter leur réflexion ,grand bien leur fasse.
    Sans parti pris je leur dis à Tous : modestie,et être trés attentif à ce qui s’écrit ici depuis plus de deux ans = tout s’y trouve afin de vous aider ..pour qu’à votre tour vous aidiez Notre Pays,que vous aidiez-Vraiment- Les Français.
    NON la crise ne durera pas 3 mois !!!comme je l’ai entendu ce matin de la bouche d’ « un conseiller » ..très mal avisé comme dab s’agissant de lui…
    Et,pour vous imposer face aux « financiers » de tous poils,,vous qui êtes nos nos Elus : reprenez enfin Votre Pouvoir,celui là même que nous vous avons confié !

  25. Souvenons-nous de la situation de l’ Equateur dans les années 80

     » La sucrétisation : Il s’est agi d’un mécanisme de socialisation des dettes privées qui a eu lieu en 1983 et 1984. Les dettes privées que l’Etat prendra à sa charge lors de cette
    « sucrétisation », accroît considérablement la part publique de la dette, avec des dettes finalement illégitimes. Avec la sucrétisation, l’oligarchie équatorienne et ses alliés internationaux ont réussi à faire en sorte que la dette privée vis-à-vis des créanciers internationaux, qui s’élevait à 1628 millions de dollars, soit assumée par l’Etat, c’est-à-dire par toute la société équatorienne. Cette sucrétisation s’est faite avec un taux de change moyen de 63,55 sucres pour un dollar, ce qui a multiplié énormément les montants à rembourser par rapport au taux de change en vigueur pendant la décennie 1970 qui était de 25 sucres pour 1 dollar.  »

    Qu’a fait le nouveau gouvernement et le Président Rafael Correa en 2007 ?
    Ils ont engagé un processus  » d’audit des créances  » puis ont présenté un plan de restructuration de la dette du pays :

     » Agencies de nouvelles : L’Equateur a présenté un plan de restructuration du tiers de sa dette extérieure, sous le coup d’un moratoire déclaré pour irrégularités présumées lors de la négociation, prévoyant une remise de 70%, a indiqué lundi la ministre des Finances, Maria Elsa Viteri. L’initiative est destinée aux détenteurs des bons dit Global à échéance 2012 (510 millions de dollars) et 2030 (2,7 milliards de dollars). Les bons à échéance 2012 et 2030 représentent presque un tiers de la dette internationale de l’Equateur, d’un montant de 9,9 milliards de dollars, soit 19% du PIB équatorien. A l’issue d’un audit commandé par le gouvernement, Quito avait déclaré un moratoire affirmant qu’une partie de sa dette bancaire extérieure était « illégitime », en raisons d’irrégularités au moment de sa négociation.
    Les bons Global, à échéance 2012, 2015 et 2030, avaient remplacé les bons dits « Brady » (titres garantis par le Trésor américain, ndlr), renégociés après l’effondrement du système bancaire du pays, qui avait déjà déclaré un moratoire en 1999  »

    Voir documents :
    http://risal.collectifs.net/IMG/pdf/EC40.pdf
    http://cemf.u-bourgogne.fr/z-outils/documents/communications%202009/BarraudArticleDijon.pdf

  26. Ah ben! si l’Argentine s’est sortie de la crise grace aux prêts du FMI, c’est magnifique, extraordinaire, cela prouverait que le FMI sert à autre chose qu’a pousser les états à se dépouiller de leur bien au profit des suceurs de sang.

    Faut avoir un sacré dose de naïveté (je suis poli) pour écrire de telles choses.

    C’est peut-être du comique financier!

  27. Quelques chiffres pour signifier que la monnaie est une chose trop sérieuse pour étre dépendante des politiques ou méme des banques centrales .
    Je ne retrouve pas le post où un ignare à fait arf arf , parce que je disais qu’ à 1.6 euro/$ on ne vendait plus d’airbus . Alors qu’il est notoire qu’Airbus à un probléme là-dessus , et pas qu’eux .
    Celui qui n’a pas compris que le chomage et l’expatriation de la production à un rapport avec
    le Franc ‘fort’ puis l’Euro ‘fort’ …
    Bref suffit de taper  » Airbus Euro » sur google pour avoir accés à non pas le journal de 20 h mais
    au rapport d’Airbus sur sa couverture de change . Je souligne ‘aucune couverture ne saurait nous garantir à 100%’ . On s’en su douté . Mais voyons de plus prés . A la louche .
    72 milliards ! C’est le montant des derniéres commandes au Bourget , pour les 6 prochains mois . 8 milliards , c’est le montant de la Trésorerie selon Gallois . Respectable ! mais surement pas consacréé à la couverture du tx de change . Supposons le quand méme .
    Mettons qu’il existe une méthode sure pour la couverture , que le cours de l’Euro soit un long fleuve tranquille , les statistiques pépéres genre ,courbe de Gauss et test du KI carré nous laisse , une marge d’erreur de 5% . 5% de 72 milliards çà vous entame bien la Trésorerie …

    Mais regardons le spot Euro/$ , c’est tout sauf prévisible . Il n » y a pas de math qui rendent compte de çà . Quel que soit l’habillage mathématique des trucs de Trader , ce n’est que lire
    l’avenir sur des écailles de Tortue (mais çà marche quand méme ) et c’est trés risqué , le genre
    de risque que ne peut pas prendre Airbus .
    Prenons la question sous l’angle qualitatif . Quelqu’un est-il capable de prédire l’issue du vote
    du budget US en sept/oct ? qui aura un gros impact évidemment sur l’euro/$ !
    Quelqu’un est capable de dire quel lapin Bernanke va sortir de son chapeau en Automne ?
    Quel package financier va apparaitre concernant la Gréce ! C’est clair que non !
    On se demande comment des projets à long terme puissent encore exister dans ce bordel .

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