L'actualité de la crise : UNE CHATTE N'Y TROUVERAIT PLUS SES PETITS, par François Leclerc

Billet invité.

Partie pour durer, la confusion s’est hier encore intensifiée en Europe, au départ de Rome, Berlin et Francfort. Aucune solution n’est toujours en vue à propos de la participation des institutions financières au second plan de sauvetage de la Grèce. Au contraire, la BCE a du agir dans l’urgence afin d’éviter que le Portugal soit précipité dans l’abîme, risquant d’entraîner l’Espagne. On connaît le scénario.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fait pour le Portugal ce qu’il se refuse à accepter pour la Grèce : il est passé par dessus l’avis des agences de notation en suspendant le seuil minimum de notation des obligations souveraines permettant de les accepter comme collatéral. Ce faisant, il a sauvé le système bancaire portugais ainsi que tous les grands émetteurs de dette, publics et privés, du pays.

Afin de couper court à l’idée que cette décision préfigurerait celle qu’il devra prendre dans le même sens vis-à-vis de la dette grecque (ce qui vaudrait acceptation de la restructuration actuellement repoussée), Jean-Claude Trichet s’est voulu inflexible : « Notre position n’a pas changé. Pas d’événement de crédit, de défaut ou de défaut partiel. Point » a-t-il martelé dans le détail, pour parer à toutes les subtilités. Il s’est refusé à commenter plus avant le sujet, arguant qu’il est du ressort des Etats de trouver la solution. Ayant toutefois en magasin, sans en faire état à ce stade, la possibilité d’effectuer des prêts d’urgence aux banques grecques (on l’a vu en Irlande, selon un montage scabreux qui en déléguait le pouvoir à la Bank of Ireland).

C’est à la recherche de ces subtilités introuvables que, pour la seconde fois consécutive en deux jours, non plus à Paris mais à Rome, les grands financiers tous genres confondus se sont réunis. Représentants des mégabanques (et de l’Institute of International Finance, qui joue un rôle pivot), de la Commission de Bruxelles, de la BCE, du Trésor Italien et du gouvernement grec – la liste exacte n’est pas connue – constituent désormais un étrange dispositif informel, à géométrie variable suivant les jours, qui mélange les torchons et les serviettes ! Symbolisant de manière crue une réalité du pouvoir financier généralement masquée. Les temps imposant d’aller à l’essentiel, quitte à se découvrir.

On ne sait plus très bien ce que les participants à ces réunions cherchent, sauf à accentuer un désordre bien avancé. Les hypothèses se multiplient, leur étude ne donnant jamais satisfaction, la participation des institutions financières relevant d’une nouvelle quadrature du cercle et les meilleurs esprits de la finance ne parvenant pas à la résoudre.

Voilà qui semble donne raison à ceux qui commencent à publiquement reconnaître qu’un défaut grec est inévitable et, après tout, peut-être pas si redoutable. Ou à Wolfgang Schaüble, ministre allemand des finances, qui a considéré hier depuis Berlin que, puisque aucune forme de restructuration – même les plus sophistiquées – n’avait l’heur de plaire à la BCE et de faire accord entre mégabanques, autant procéder à un échange de titres, tout simplement. Ce qui reviendrait à étaler la dette de la durée des nouvelles obligations émises, ou de diminuer à maturité identique leur taux.

La multitude des acteurs de cette plaisanterie va-t-elle sortir de l’imbroglio actuel pour parvenir à un compromis ? Ce sera l’un des deux feuilletons de l’été, avec celui de la dette américaine.

Il est beaucoup question, aux Etats-Unis, que le gouvernement américain puisse jouer une seconde fois les prolongations, si un accord au Congrès n’’intervient pas avant la date fatidique du 2 août à propos des mesures d’économie à prendre et du plafond de la dette à relever. L’alinéa 4 du 14éme amendement de la Constitution pourrait le permettre, est-il évoqué dans la presse, évitant un défaut de paiement agité comme un chiffon rouge dans le cours de la bataille politique qui fait rage (ce qui n’enlève rien à la réalité de ses dangereuses conséquences). Son application permettrait de recourir à de nouveaux expédients et gagner à nouveau du temps, peut-être même plusieurs mois, soit en différant certaines dépenses pour en privilégier d’autres, soit même en vendant de l’or en dernière extrémité…

Les conséquences d’une telle échappatoire sur le marché obligataire, déjà soumis à d’importantes demandes et de fortes tensions, dans le contexte qui s’annonce très dur des prochaines élections présidentielles, ne sont pas prévisibles.

Aux Etats-Unis et en Europe, les autorités sont entrées dans la dernière ligne droite. Le temps qu’elles peuvent encore espérer gagner leur est compté, le prix qu’il va falloir le payer est ignoré. Que les agences agissent ou non en bons conseils des marchés n’empêche pas moins ceux-ci de réagir, faisant à nouveau grimper les taux d’un groupe de plus en plus important de pays, associant à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande, l’Espagne et l’Italie. Une évolution qui a fort peu de chance de s’inverser et sonne le glas de tous les espoirs de contenir la crise de la dette par les moyens actuellement envisagés. Car si les taux varient, il est à remarquer qu’ils se tendent bien plus qu’ils ne se détendent ensuite, pour finalement ne faire que monter.

Nous connaîtrons aujourd’hui les acrobaties que le FMI va effectuer, afin de selon toute vraisemblance débloquer le versement de la tranche déjà accordée de leur prêt, et par ricochet la part des Européens. Car le défaut grec n’attendrait pas, sinon. Mais dans quelles circonstances et comment la BCE va-t-elle devoir se résoudre à manger son chapeau, car il ne semble pas se dégager d’autre issue ? Le suspens va s’intensifier, toutes les autres solutions allant continuer d’être en priorité explorées. Mais ce qui sera déterminant et incontournable, ce sera le simple déroulement de la logique imparable de la crise de la dette : elle est trop grosse pour être digérée, ce que le marché obligataire anticipe.

La BCE estime avoir fait sa part et donné en engrangeant sous forme d’achats ou de prises en pension une masse importante de titres de la dette, à la valeur incertaine, et veut désormais que les Etats, c’est dire les contribuables, assument la suite. Elle ne veut pas de défaut, car elle craint que les tensions qui en résulteraient sur le marché obligataire n’atteignent non seulement les Etats, mais aussi les banques et les grandes entreprises. Car si les émetteurs sont divers, le marché est unique. Les gouvernements, quant à eux, cherchent à minorer le montant de ce qu’ils vont de nouveau avoir à débourser ou à garantir.

Les banques, les agences, la BCE… la liste des méchants qui se disputent entre eux s’allonge, les gouvernements qui voudraient éviter d’y figurer en première ligne acculés à avaliser cette perspective tout en cherchant à la rendre politiquement et socialement pour eux soutenable. Ce qui est en cause, c’est de soulager la pression grâce à une soupape, sous la forme de l’affichage d’un partage de la charge financière avec les banques, telle une opération de relations publiques. Dans l’immédiat, les contradictions s’expriment en se renforçant. A l’arrivée, les apparences seront décisives, les habillages feront foi.

Certaines compagnies transnationales cherchent à se faire une image flatteuse, en développant sous leur marque ce qu’elles présentent comme la création de la valeur partagée, celle-ci n’étant plus entièrement réservée aux actionnaires (et aux gestionnaires). Dans des domaines vitaux les plus variés, de nouveaux produits sont commercialisés à l’intention des plus démunis des pays pauvres, fonctionnels mais adaptés à leur faible pouvoir d’achat, sans autre prétention que d’atteindre l’équilibre économique sur ces marchés assez particuliers.

Les banques européennes sont appelées à appliquer cette même stratégie de marketing défensive. Soit en diminuant sous d’amicales pressions gouvernementales certaines commissions facturée à leur clientèle de dépôts, soit en participant à des montages pour le moment introuvables, leur permettant d’apparaître sous leur meilleur jour tout en étant dans les faits garanties contre les pertes. Voilà l’un des enjeux des conciliabules en cours. Aux Etats-Unis, on a observé comment la problématique des frais bancaires abusifs a suscité et continue de le faire, autour de la question de l’agence gouvernementale de protection des consommateurs et de la nomination à sa tête d’Elizabeth Warren, une des plus virulentes levées de boucliers…

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43 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : UNE CHATTE N'Y TROUVERAIT PLUS SES PETITS, par François Leclerc »

  1. François Leclerc écrit : la Banque Centrale Européenne « ne veut pas de défaut, car elle craint que les tensions qui en résulteraient sur le marché obligataire n’atteignent non seulement les Etats, mais aussi les banques et les grandes entreprises ».

    … mais aussi la Banque Centrale Européenne !

    La BCE a dans ses livres 444 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries.

    L’Eurosystème regroupe la BCE et les banques centrales des Etats membres de la zone euro. L’Eurosystème ne possède que 81 milliards 479 millions d’euros en capital et réserve : c’est beaucoup trop peu.

    En cas de défaut, c’est tout l’Eurosystème qui s’effondre.

    Jean-Claude Trichet le sait : c’est pour ça qu’il dort très mal en ce moment !

    1. Le scénario n’est pas exactement celui-là. Si l’Eurosystème devait faire face à des pertes insurmontables, il devrait se recapitaliser et se retourner vers les Etats.

      Ce qui n’est pas non, plus, je vous l’accorde, une perspective réjouissante !

      1. Et les Etats recapitaliseraient l’Eurosystème avec quel argent ?

        Avec quel argent ?

        Les Etats devraient se surendetter encore plus pour recapitaliser l’Eurosystème.

        La situation deviendrait alors explosive.

      2. Je ne résiste pas ( pour ne pas être la proie de tentations, il faut savoir y succomber) :
        En bref, cher FL, la perspective c’est le Ruiné appelant à la rescousse les Fauchés…pour renflouer des Ratés ?

    2. Trichet s’en fiche il quitte en octobre et après moi le déluge.Quand on sait qu’on va avoir un ex GS à la tête de la BCE…la chute finale n’en sera que plus proche.

    3. Si on considere la BCE comme une banque privée, en appliquant les normes de la BRI, ses 82 milliards lui permettent de se couvrir sur 1025 milliards.
      De plus pourquoi voulez vous que les obligations d’états soient si toxiques?
      Je crois surtout que ce sont les agences de notations qui sont toxiques pour les cerveaux.
      En effet si la Grece roule sa dette, il n’y a pas de probemes. Si le marché déclare que les obligations grecques ne valent que 50% de leur valeur, pourquoi s’en soucier? Du moment que le BCE ne les revends pas sur les marchés avant terme, ce qui serait totalement débile de sa part, aucun probleme.
      Les obligations arrivant à terme on les roule à taux trés faible et cela suffit. En effet la charge de la dette d’un état consiste seulement a payer les interets. Si les interets sont faibles, ça soulage leur déficit.
      CQFD et halte à la tartufferie! Et que je sache la BCE n’est pas une banque d’affaire, ce n’est pas son role.

      Il faut savoir que les banques privées roulent aussi leurs emprunts à cour terme pour les faire durer. Elles utilisent l’euribor, peu cher à coté des taux plus long plus onéreux. La banque A emprunte à la semaine à la banque B. Puis au terme elle emprunte à la banque C pour rembourser B. Ensuite elle réempruntera à B pour pouvoir ensuite rembourser C. Et ainsi de suite jusqu’a la fin des temps. Au taux faible de l’euribor.
      Faire la leçon aux états ou à la BCE quand on fait exactement la meme chose, c’est quand meme assez gonflé!

      Quand on déclare que passer une dette de 4 ans à 30 ans est un « défaut » c’est se fiche du monde. La BCE a tout le temps devant-elle, no probleme.
      Quand aux rentiers et aux banques privées, ils ralent parceque les taux proposés ne sont pas ceux des marchés manipulés par les agences de notation.
      Ils ralent parceque la BCE leur fait concurrence en achetant des obligations portugaises à bas taux! C’est contre la théologie néolibérale; L’Etat et les banques centrales ne doivent pas concurrencer le privé. Thése totalement inepte dont on verrait le résultat: L’implosion complete du capitalisme. Trichet mange son chapeau néolibéral. Il ne peut pas faire autrement, ne comprenant pas que sa théologie de charlomaniaque libéral est fausse.
      On croit rever…Ou cauchemarder.
      Et je passe sur les inepties des républicains américains contre Obama, c’est déprimant…Ou alors c’est du Marx Brother’s aprés les Lehman…

      Mais de quoi se plaignent-ils? Ils ne pourraient pas un peu arreter de jouer au casino en nous bassinant d' »aléa moral » et autres tartufferies?
      Cette histoire de défaut des états c’est de la vaste blague. Ce qu’ils veulent c’est pressurer le contribuable un max pour gagner un max, ou renflouer des dettes de jeux par derrière. Dans leur « OTC », hors bilan.

      1. En décembre 2010, les chefs d’Etat membres de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles. Ils ont vu arriver les dirigeants de la Banque Centrale Européenne qui leur ont expliqué le problème :

        les dirigeants de la Banque Centrale Européenne ont demandé aux 16 chefs d’Etat membres de la zone euro de recapitaliser la BCE car elle était surchargée d’obligations pourries (obligations de l’Etat grec, obligations de l’Etat irlandais, obligations de l’Etat portugais, obligations de l’Etat espagnol).

        En décembre 2010, la BCE avait dans ses livres 72 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries.

        Les 16 chefs d’Etat membres de la zone euro ont alors accepté de recapitaliser la BCE. En décembre 2010, les 16 Etats de la zone euro ont recapitalisé la BCE.

        Concrètement : en décembre 2010, les contribuables européens ont recapitalisé la BCE : ils ont payé 5 milliards d’euros.

        Lisez cet article :

        « Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.

        Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen du vendredi 17 décembre. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize états de la monnaie unique.

        Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque Centrale Européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.

        Cela rappelle que les contribuables des seize Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les Français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.

        Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner du jeudi 16 décembre. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseils des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des seize banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).

        Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai 2010 pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.

        Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts. »

        Frank Paul Weber, La Tribune, lundi 20 décembre 2010, page 6.

        Cet article est très important : il montre que la BCE ne pourra racheter les obligations d’Etat des cinq PIIGS que si les Etats acceptent de la recapitaliser au fur et à mesure que son bilan se dégrade.

        Concrètement : la BCE ne pourra racheter les obligations d’Etat des cinq PIIGS que si les chefs d’Etat demandent à leurs électeurs de payer davantage d’impôts pour recapitaliser la BCE.

      2. @BA

        la BCE ne pourra racheter les obligations d’Etat des cinq PIIGS que si les chefs d’Etat demandent à leurs électeurs de payer davantage d’impôts pour recapitaliser la BCE.

        La France (par exemple) aura probablement un déficit de près de 100 milliards d’euros en 2011 (dont une charge de dette de 45 milliards). Elle va devoir emprunter ces 100 milliards. Même une augmentation d’impôts ne les couvrira pas, et à fortiori si on augmente les emprunts pour recapitaliser la BCE. De plus, cela m’étonnerait qu’un prochain plan de soutient à la Grèce et au Portugal (plan auquel la France participe pour 20% en empruntant sur les marchés) puisse cette fois passer dans l’opinion publique.
        En fait, il n’y a pas de solution si ce n’est le défaut: tant pis pour les banques et les rentiers.

  2. …Au moins sur le Titanic, il y avait un orchestre ( plus prèèès de toaaa, mon Dieu…); pour le présent, l’effet « tricostéril » cher au capitaine Haddock bat son plein: on croit se débarrasser d’un problème en le refilant au voisin, et on vous le refile! et là, il y a plusieurs tricostérils qui s’additionnent, chacun ayant sa propre dynamique, les protagonistes ne sachant plus où donner de la tête….c’est plié, les gars, début Août, le grand Krach ?

  3. M’est avis qu’il vous est toujours plus difficile de trouver un titre à vos billets. So far vous vous en sortez très bien 😉

  4. soit même en vendant de l’or en dernière extrémité…

    L’état fédéral emprunte environ 20 milliards de dollars par semaine.
    La réserve US d’or est au mieux (des rumeurs courrent) de l’ordre de 10.000 tonnes soit 500 milliards de dollars, soit 6 mois de dernière extrémité.

  5. Moody’s abaisse la note de Dexia de deux crans

    vendredi 08 juillet 2011, 14:43
    L’agence d’évaluation financière Moody’s a abaissé de deux crans la note des trois filiales opérationnelles du groupe bancaire franco-belge Dexia, de « A1 » à « A3 ». Cette décision est justifiée par la structure de financement de la banque, qui s’appuie encore de manière importante sur le court terme, par des moins-values latentes sur certains de ses actifs et, dans une moindre mesure, sur la contraction de son activité de prêts aux collectivités.

    USA : embauches au point mort, le chômage poursuit sa remontée

    vendredi 08 juillet 2011, 14:43
    Les embauches sont restées au point mort pour le deuxième mois de suite aux Etats-Unis en juin, où seuls 18.000 emplois ont été créés, tandis que le taux de chômage poursuivait sa remontée, à 9,2 %, selon le rapport sur l’emploi du département du Travail publié vendredi. Les chiffres du ministère ont l’effet d’une douche froide car ils sont à l’opposé du bon résultat de l’enquête ADP sur l’emploi privé publiée jeudi. Les analystes tablaient qu’ils feraient apparaître des créations d’emploi quatre fois plus forte et un chômage stable à 9,1 %.

    agences

    1. je vous cite juste sur un seul point .

      USA : embauches au point mort, le chômage poursuit sa remontée

      Si pour vous le chômage est un dommage c’est que vous êtes contre le progrès .
      Comme si le travail n’est pas remplacé par la technique ?
      Des productions sans recourt à la main d’œuvre sont de plus en plus faisable,(Usines de montages )
      ET VOUS DITES …….. le chômage poursuit sa remontée,…..

      Le chômage est une calamité ???
      j’arrete car on me censure aussi non..

  6. Voyons il y un truc que je comprends pas bien : la grece ne peux pas rembourser principal + interets qui arrivent a maturite si « on » ne l´aide pas; « on » va donc lui preter l´argent pour qu´elle puisse le faire; on semble dire que ce « on » ca va etre les banques elles meme…. c´est a dire qu´en termes vernaculaires les banques acceptent de reporter l´echeance du remboursement c´est bien ca ? ou les banques qui vont preter pour le reboursement du pret ne sont pas les memes que celles qui ont prete ? mais meme dans ce cas j´ai l´impression que ca revient au meme, l´ensemble des banques formant un tout inseparable non ?….

  7. Zapatero dans un accès de lucidité: « Nous allions réformer les marchés et c’est les marchés qui nous ont réformé ».
    http://www.eleconomista.es/mercados-cotizaciones/noticias/3216698/07/11/Bombardeo-de-ratings-al-euro.html

    Esperanza Aguirre, la présidente de la région de Madrid, l’une des plus riches d’Espagne, au maire de Madrid, sans se rendre compte qu’il y avait à côté un micro ouvert: « No tenemos ni un puto duro » (Nous n’avons plus un sou – littéralement: Nous n’avons plus un putain de sou).
    http://ecodiario.eleconomista.es/politica/noticias/3215419/07/11/Aguirre-a-Gallardon-No-tenemos-un-puto-duro.html

    La croissance espagnole: 0,2 % au 2e trimestre.
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/3217457/07/11/La-economia-espanola-crecio-un-02-en-el-segundo-trimestre-segun-BBVA.html

    Ikea va ouvrir un magasin à Valladolid: pour 250 postes de travail ils ont reçu en un mois plus de 34 000 candidatures.
    http://www.eleconomista.es/castilla_y_leon/noticias/3214448/07/11/Ikea-recibe-mas-de-34000-solicitudes-para-los-250-empleos-que-creara-en-Valladolid.html

    1. @ Cyberpipas

      L’humour nous sauvera-t-il ?Comme le dit cette jeune Russe, les tétons à l’air : « nous le faisons pour attirer l’attention des politiques parce que nos corps sont sexuellement attirants « . Est-ce à dire qu’elle considère que les politiques qui ne sont pas des hommes hétérosexuels ne valent pas la peine d’être interpelés ? Le machisme a encore de beaux jours devant lui .
      Quand verrons nous des jeunes hommes , aux torses dénudés tout aussi attirants sexuellement , défiler ainsi devant nos femmes politiques ? LOL

  8. Bref, aucune solution n’est en vue en dehors des restructurations qui, elles, vont déclencher une crise systémique…
    A quand les SMT?

    1. l’annulation des dettes annule les créances, y as-tu songé?
      Ce sera la crise de confiance généralisée, en un mot, la crise systémique,;

      1. La prise de confiance des peuples,et leur survie,
        est désormais au prix de la crise du système des banksters…

  9. Vendredi 8 juillet 2011 :

    En zone euro, la situation est totalement incontrôlable.

    Plus personne ne contrôle quoi que ce soit.

    Les taux sont en train d’exploser.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 17,496 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 19,402 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 12,928 %.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 16,427 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 16,925 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 12,913 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 30,380 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 28,931 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,861 %.

    Irlande : CDS à 5 ans : 899 900 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Portugal : CDS à 5 ans : 1 022 928 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Grèce : CDS à 5 ans : 2 177 523 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    1. @BA,

      à moins d’être vous même un spéculateur sur les obligations de ces pays, qu’est ce que vous voulez que cela nous fasse ces taux? Aucun de ces pays ne risque d’aller se financer sur les marchés puisque se sont désormais les institutions publiques européennes (UE et BCE) ainsi que le FMI et d’autres pays (eg la PBOC) qui financent quasiment l’intégralité des besoins des administrations publiques de ces pays donc dire que la situation est « totalement incontrôlable » au vu de ces taux est une affirmation complètement dénuée de sens qui émane de quelqu’un qui est soit un spéculateur qui essaye de se faire du beurre sur la montée de ces taux, soit une personne qui n’a strictement rien compris à la situation.

      Si la situation est effectivement « totalement incontrôlable » (ce que je n’affirme ni ne conteste) ce n’est certainement pas au vu de ces taux que l’ont peut s’en rendre compte.

      Vous feriez mieux d’aller regarder du côté des taux français, allemands, britanniques et américains, c’est à dire des principaux bailleurs de fonds du système si vous voulez avoir une idée du degré de contrôlabilité de la situation.

  10. La Grèce emprunte sur les marchés.

    Le 14 juin 2011, la Grèce a emprunté sur les marchés.

    Le 21 juin 2011, la Grèce a emprunté sur les marchés.

    Le Portugal emprunte sur les marchés.

    Le 6 juillet 2011, le Portugal a emprunté sur les marchés.

    Et, à chaque fois, les taux étaient en hausse.

    Autrement dit : plus les jours passent, plus la Grèce et le Portugal se surendettent.

    1. Mardi 21 juin 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois, 1,625 milliards récoltés à 4,62 %.
      Julien, Paul et modos associés. BA diffusant sa daube à temps plein sur absolument tous les sites économiques et autres du web, est-il absolument nécessaire ou éthiquement impératif de continuer de subir cette pollution cumulée de la voix du Marché et de l’anti-européisme le plus bas de plafond qui puisse s’imaginer ?
      Bref, une modération radicale ne serait-elle pas légitimement envisageable ? Histoire de distinguer un peu plus cet endroit du tout venant BAtisé…

      1. La voix du Marché ? Oui, dans le monde de Vigneron.

        Dans le monde réel, je suis contre le Marché.

        L’anti-européisme ? Oui, dans le monde de Vigneron.

        Dans le monde réel, je suis pour l’Europe des Etats.

      2. @BA,

        je suis pour l’Europe des Etats

        oui, on sait, c’est la version langue de bois de BA pour dire
        « je suis farouchement contre l’union européenne »

        Franchement BA ça devient de plus en plus ridicule…

      3. Enfin, merci Vigneron…
        Le scénario BA se répète depuis plusieurs années sur tous les sites éco de la place.
        Au début il séduit grâce à ses liens Bloomberg et son côté anti-système, puis on supporte ses élucubrations avec indulgence jusqu’au moment où le seuil de tolérance à l’encontre de ses analyses primaires et nauséabondes soit franchi.
        Ouf !

      4. « Analyses nauséabondes » ?

        Les masques tombent.

        Tout ce qui n’est pas pour l’Union Européenne, c’est des « analyses nauséabondes ».

        Tout ce qui est pour une autre Europe, par exemple l’Europe des Etats que voulait Charles de Gaulle, c’est des « analyses nauséabondes ».

        Les masques tombent, et c’est très bien comme ça.

      5. Anasthasie Vigneron ? …. Qui aurait cru ! il faudrait censurer l’ anti-européisme et l’ amalgamer à la « voie du marché » ! …. Que fait la police joriondienne ..? radicale on la veut la censure !

  11. Avertissement adressé à la Troïka, aux banques et aux investisseurs

    Date de l’assemblée :

    dimanche 03/07/2011

    Face à l’oppression et au pillage de l’oligarchie financière, l’Assemblée populaire de la Place Syntagma invoque le devoir de résistance inscrit dans sa constitution, exerçant ainsi la pleine souveraineté du peuple alors les autorités légales ont capitulé. Voici le texte de la déclaration adoptée le 3 juillet à Athènes [1]

    AVERTISSEMENT ADRESSÉ À LA TROÏKA, AUX BANQUES ET AUX SOI-DISANT INVESTISSEURS, LOCAUX OU ÉTRANGERS, QUI FANTASMENT SUR LES BIENS PUBLICS GRECS

    Un gouvernement grec déchu et dictatorial qui n’est plus représentatif du peuple de ce pays, vient de voter des lois avec lesquelles il a l’intention de brader les biens publics et les territoires grecs, contre la volonté de la grande majorité du peuple grec.

    Nous informons tous ceux qui y distinguent une occasion d’investissement, que nous ne tarderons pas à renverser ce gouvernement, qui sera appelé rapidement à rendre compte de ses crimes devant le peuple et le pays. Les signatures et les lois sont nulles et non avenues. Elles ne sont pas validées par le peuple grec, qui ne les reconnait pas.

    Nous mettons en garde tout soi-disant investisseur, qu’il ne lui vienne pas même à l’esprit de s’approcher de quelque vente aux enchère de nos biens publics ou braderie de nos territoires, et encore moins de penser à les acheter. À part le fait qu’il perdra tout ce qu’il a acheté quand nous retrouverons la souveraineté de notre pays en tant que peuple, les sommes qu’il aura dépensées pour ces achats illégitimes ne lui seront pas remboursées.

    De même nous le prévenons que jusqu’à ce que nous recouvrions le contrôle du pays, dans le cadre de la défense de nos droits tels qu’ils découlent de la constitution grecque (2) mais aussi des droits des peuples et des personnes reconnus internationalement, nous ferons tout ce qui est nécessaire par le biais de notre auto-organisation pour annuler en fait et en acte et pour saboter tous les éventuels investissements de ce type.

    Que nul soi-disant investisseur n’ose faire ses courses dans les biens publics soldés et les territoires bradés en Grèce, sauf s’il se rend compte des hauts risques que courent ses investissements. Dans ce cas, ses investissements seront « bien reçus » dans notre pays, qui, quand son peuple se voit privé de liberté, sait donner naissance à des héros et se livrer à de haut-faits de résistance.(3)

    L’assemblée populaire de la Place Syntagma le 3-7-2011.

    [1] cf. le site des indignés grecs : real-democracy.gr.

    [2] La Constitution grecque adoptée en 1975 après la chute de la dictature des colonels, dispose clairement d’un droit de résistance (article 120) :

    3. L’usurpation, de quelque manière que ce soit, de la souveraineté populaire et des pouvoirs qui en découlent est poursuivie dès le rétablissement du pouvoir légitime, à partir duquel commence à courir la prescription de ce crime.

    4. L’observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes, qui ont le droit et le devoir de résister par tous les moyens à quiconque entreprendrait son abolition par la violence.

    [3] Dans la déclaration originale, ce passage se réfère directement à l’Amiral Constantin Kanaris, héros de la Guerre d’Indépendance de 1821, et au sabotage par la Résistance du pont ferroviaire stratégique de Gorgopotamos durant l’occupation nazie.

    http://real-democracy.gr/fr/teamvotes/2011-07-03-avertisseme

  12. La crise belge: une conflit fiscal?

    L’énième rejet d’un début de commencement des négociations plonge la Belgique dans le surréalisme qui lui sied si bien. Le plus intéressant dans ce nouvel échec, c’est le refus catégorique de la N-VA et du CDV de toucher à la belgique « paradis des propriétaires et des détenteurs du capital ». En effet, Elio di Rupo proposait dans sa note une refonte de la fiscalisation au niveau fédéral:

    – Harmonisation du taux de précompte mobilier à 20% pour les intérêts et à 25% pour les dividendes.
    – Harmonisation de la fiscalité (IPP) sur les plus values sur actions et titres.
    – Augmentation de la taxe sur les opérations en Bourse
    – Réallocation optimale du régime des intérêts notionels
    – Cotisation temporaire de crise de l’ordre de 0,5% sur le grand patrimoine (au delà de 1,25 million d’euros

    Ces mesures, sans être révolutionnaires, devaient assurer des recettes supplémentaires et une meilleure répartition des richesses dans le royaume en temps de crise, alors que le dette publique commence à être insoutenable.

    Avec 75% de propriétaires, la Belgique est la championne du monde du taux de propriété, un éléctorat qu’il faut brosser dans le sens du poil. Le pays est un véritable paradis fiscal pour les propriétaires et les détenteurs de capital. Selon plusieurs rapports de l’OCDE, les taxes sur l’immobilier et les revenus de l’immobilier sont parmi les plus faibles d’Europe tandis que la taxation du travail est l’une des plus élevées (jusqu’à 50%). Les études de l’OCDE qui recommande d’importantes réformes sont ici:
    http://www.oecd.org/country/0,3731,fr_33873108_33873261_1_1_1_1_1,00.html

    Ce rejet de tout effort fiscal fédéral démontre que le conflit communautaire entre le nord et le sud, entre francophones et néerlandophones, n’est pas la principale source de la crise. Il s’agit avant tout de « prétextes communautaires » pour défendre des solutions simplistes et populistes: le repli sur soi, la défense de son électorat et le refus de la solidarité. Il ne faut pas prendre la crise belge à la légère, car ce qui se joue dans ce petit pays, se joue aussi au niveau européen: Le retour aux nations perdues dans le un monde globalisé où chacun protège ses petites économies ou la solidarité fédérale européenne.

  13. « (…)de nouveaux produits sont commercialisés à l’intention des plus démunis des pays pauvres, fonctionnels mais adaptés à leur faible pouvoir d’achat, sans autre prétention que d’atteindre l’équilibre économique sur ces marchés assez particuliers. »…Une sorte de prorata évalué…Un prorata de la pauvreté…ca en dit long sur la suite des événements…Amen!…

  14. Cet article sur la confusion ambiante parle à mon avis d’un sentiment nouveau dans l’opinion , je l’estime tout à fait à propos et significatif de quelque chose qui n’est pas précisé .
    Jamais depuis que la crise est reconnue (comme celle des subprime à l’origine) on a assisté à de telles controverses publiques , ni à de tels revirements en si peu de temps .
    Une idée s’impose nos dirigeants occidentaux non seulement s’opposent mais sont dépassés .
    Et ils le savent ! Ils ont un pas à franchir , selon moi c’est l’hyperinflation et rechignent , essaient de croire encore qu’ils pourront y échapper .
    Toujours est-il , et c’est selon moi le fait initial ,que l’inflation apparait en Chine, en Inde,etc … et ne semble pas sous controle suffisamment , en conséquence le gateau se rétrecit entre les USA , le Japon et l’Europe , d’ou d’atroces déchirements en perspective .

  15. Ce qui est dingue quand même c’est que la Grèce (et autres pays des pigs) sont contraints de payer un taux astronomique sensé rétribuer le risque pris par les investisseurs !

    Hors des risques ils (pays de l’eurozone et BCE) font tout pour qu’il n’y ai pas.

    A prime élevé risque élevé ?
    La Grèce aurait du faire défaut tout de suite et porter plainte contre GS et les politiciens de l’époque … les investisseurs aurait du tout perdre, ce qui les aurait peut-être rendu un peu plus prudent pour la suite.

    Mais non, pour le capital le grand casino aujourd’hui c’est face je gagne pile tu perds, plus de risque mais prime énorme… de toute façons c’est les Etats qui payent avec de l’argent qu’ils doivent m’emprunter.

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