L'actualité de la crise: ACTE II, LE RIDEAU S’OUVRE, par François Leclerc

Billet invité

Que n’a-t-on pas déjà dit du nouveau plan de sauvetage de la Grèce, alors qu’il est loin d’être bouclé ? Et que la soudure financière de la mi-juillet permettant d’éviter un défaut immédiat n’est même pas garantie, puisque si les Européens ont donné leur accord pour verser cette tranche de leur prêt, il est conditionné au versement par le FMI de sa quote-part. Or ce dernier ne s’est pas encore engagé, attendant l’adoption du plan de sauvetage qui garantira son remboursement sur fonds publics, dont il est à son tour dit que « des semaines » vont être nécessaires afin d’y parvenir. Sans plus attendre, septembre et l’automne sont évoqués comme calendrier ! Le serpent se mord le bout de la queue.

Des détails techniques d’une extrême complexité (sic) doivent encore être réglés pour que soit bouclé le dossier de la participation en façade des banques à ce deuxième plan, ce qui fait office d’explication au retard qu’il prend. L’Institute of International Finance (IIF), le lobby mondial des mégabanques, est même monté au créneau, assurant « être résolu à travailler avec ses membres et d’autres institutions financières, les autorités et la Grèce pour fournir un soutien substantiel en liquidités ». En d’autre termes, les autorités européennes, dont on doute ouvertement Outre-Atlantique de la capacité à résoudre le problème, sont priées de céder la place aux spécialistes qui vont le régler… Charles Daralla, le directeur général de l’IIF, avait précédemment déclaré au Wall Street Journal, « la voie est étroite, je ne le nie pas ». Va-t-il mettre ses talents de persuasion au service de ses mandants ou bien des États européens qu’il vient épauler ?

Les autorités européennes ont eu cet avantage de devoir faire face aux crises les unes après les autres. Celle de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, puis à nouveau celle de la Grèce, leur permettant à chaque fois de s’en tirer dans l’improvisation par des bouts de ficelle. Mais est-ce que cela va durer longtemps ainsi ?

De nouveaux rebondissements s’annoncent. L’Irlande veut renégocier son propre plan, tandis qu’à force de scruter la situation espagnole, on en est venu à mettre l’Italie dans le même bateau et inscrire ensemble les deux pays sur la liste des prétendants à un prochain sauvetage. Tout cela pourrait se presser en même temps au portillon, balayant les dispositifs péniblement mis au point par les gouvernements européens, qui ne sont pas dimensionnés pour y faire face.

Un discours prononcé le 15 juin à Francfort par Vitor Constâncio, vice-président de la BCE, est passé inaperçu et c’est bien dommage, car il donne la clé des tensions structurelles et durables sur le marché obligataire. Présentant le rapport semestriel de stabilité financière de la BCE, il a évoqué les améliorations enregistrées et les risques qui persistaient. Notamment « les vulnérabilités du financement des banques, l’évolution des prix de l’immobilier, la perspective d’une hausse inattendue et soudaine, déterminée par le marché, des taux d’intérêt à long terme », ainsi que les flots de capitaux qui se dirigent actuellement vers les pays émergents.

Pour en venir au financement des banques, « talon d’achille » de beaucoup d’entre elles, il a rappelé que 30 % des crédits des banques de la zone euro devaient être refinancés en 2011 et 2012. « Un défi pour les banques à l’accès détérioré aux marchés », a-t-il expliqué, le coût de ce refinancement risquant d’être très volatil (d’augmenter) en raison des besoins de financement des gouvernements avec lesquels elles vont entrer en compétition.

Pour diminuer ces tensions, il est donc nécessaire que les États fassent moins appel au marché en réduisant leur déficit ; voilà le fond du problème, et rien d’autre.

Autre aspect de la situation, que la Grèce a mis en évidence, bénéficier d’un plan de sauvetage est une chose, en sortir ensuite à son terme pour revenir sur le marché en est une autre, proprement inconcevable dans le contexte actuel. Quelle autre conclusion peut-il en être tiré, si ce n’est que le marché se met dans ce cas hors jeu mais que les États ne savent comment s’y substituer, bien que condamnés à persévérer ? Encore un paradoxe de plus sur la longue liste qui ne fait que s’allonger. On tente d’imposer la poursuite du « moins d’État » dans la conduite de l’économie, au prétexte de faire des économies, et celui-ci joue dans les faits un rôle grandissant et même majeur dans le maintien et la stabilité du système financier. Cherchez l’erreur.

Pendant ce temps, les plans d’austérité s’accumulent pays après pays, laissant fort peu d’espace à la croissance de l’économie et des recettes fiscales des États, rendant le pari tenté illusoire. Dernière en date, l’Italie vient d’adopter pour les années 2013 et 2014 un nouveau plan d’austérité de 43 milliards d’euros, après le précédent de 25 milliards d’euros en cours pour 2011 et 2012. Réduction des retraites, des dépenses de santé, prolongation du gel des salaires et des embauches dans la fonction publique sont au menu, accompagnées d’une baisse de l’impôt sur le revenu et d’une hausse des taxes sur les revenus financiers.

Une telle situation est porteuse de l’implosion du dispositif mis en place, qui vise à refinancer sur fonds publics la dette privée, afin d’assurer que son remboursement soit garanti. Progressivement, le fonds de stabilité financière aujourd’hui, et le MES à partir de 2013 – si le Bundestag allemand donne son feu vert à l’automne – sont de plus en plus mis à contribution. Des voix s’élèvent déjà pour réclamer que leurs enveloppes financières soient à nouveau augmentées. Mais c’est une fausse solution.

Elle revient en effet à faire financer – ou garantir – la dette privée des pays entrant dans la zone des tempêtes par ceux qui bénéficient de bonnes conditions de marché. Les investisseurs se tournant vers leurs émissions au détriment de celles des autres, ceci explique cela. Un nombre de plus en plus restreint de pays va donc soutenir financièrement un nombre de plus en plus grand d’autres pays qui ne peuvent plus accéder au marché. Jusqu’où et jusqu’à quand ce mécanisme va-t-il pouvoir fonctionner ? Les marchés savent faire les comptes… Un nouvel échafaudage de dettes est en train d’être construit pour consolider le précédent qui vacille, cette brillante construction tiendra-t-elle le choc ?

Refuser de prendre le problème à bras le corps, le saucissonner et l’étaler, toute cette cuisine mitonnée dans les cabinets ministériels faute de mieux risque fort d’aboutir à ce que soit présentée demain une addition encore plus lourde à payer qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’émission d’euro-obligations, la restructuration ordonnée de la dette publique et le refinancement des institutions financières privées qui en découlerait ont été écartés comme autant d’horreurs, mais il va falloir tôt ou tard en assumer les conséquences imprévisibles.

Ce ne sont pas seulement les États-Unis qui sont entrés dans ce qui est là-bas appelé la zone dangereuse, celle qui précède les échéances fatidiques. Car le déplafonnement de la dette par le Congrès est toujours bloqué par les républicains. La simultanéité des deux crises, assortie de la poursuite de celle que connaît le Japon et qui a été accentuée par la catastrophe qu’il vient de subir, fait entrer toute l’économie occidentale dans la deuxième phase de la crise financière. Ce n’est plus la bulle de la dette privée qui éclate, c’est celle de la dette publique – sur qui les efforts ont été reportés – dont le financement est en panne.

Moody’s vient de prévenir qu’une diminution de la note de la dette souveraine américaine aurait un effet domino important. Ce seraient les notes des États eux-mêmes, de Fannie Mae et Freddie Mac qui seraient également affectées, ainsi que Federal Home Loan Banks et Federal Farm Credit Banks. L’Europe n’a pas l’exclusivité de cet effet, qui serait tout aussi redoutable aux États-Unis.

L’interrogation ne porte pas sur la possibilité de trouver ou non, à la dernière minute, des pis-aller permettant à nouveau de gagner du temps. Encore que cela ne soit pas garanti, comme affectent de le croire ceux qui se réfèrent aux épisodes précédents pour en tirer la conclusion que tout s’arrangera. Elle porte sur la nature des expédients qui doivent être improvisés, ainsi que sur leur fragilité. A force d’être tendues, les cordes se cassent.

Nous sommes en train d’assister au début de l’acte II de la crise. Après la chute libre du système financier rattrapé du bout des doigts, voici venu le moment du blocage de la finance publique, chroniquement malade pour avoir assisté et payé les faux frais du premier. Prêteur en dernier ressort, l’État n’a personne auprès de qui il peut se retourner, à l’exception des contribuables. Est-ce bien raisonnable ?

Les banques centrales passent quant à elles la main, dépassées par les événements et dépourvues de leviers efficaces. La Fed laisse l’État américain orphelin de ses achats obligataires, qu’elle ne renouvelle pas dans l’immédiat. La Banque d’Angleterre fait du surplace, prise entre les impératifs contradictoires de la lutte contre l’inflation et le soutien d’une économie frisant la stagflation, la Banque du Japon continue de soutenir via l’État l’économie du pays, atteinte dans ses œuvres, enfin, la BCE joue les matamores tout en mettant également les pouces, effrayée par ses propres audaces.

Il faut s’arrêter un instant sur la situation de cette dernière, placée devant le choix de continuer ou non à soutenir les banques grecques, et par ricochet les banques européennes, en acceptant comme collatéral pour ses prêts la dette souveraine du pays après restructuration. L’IIF s’y est mise pour inciter la BCE à poursuivre ce qu’elle a engagé et de s’impliquer encore plus dans la politique fiscale des États, qui n’est pas de son ressort, mettant en cause son indépendance et détruisant par là même sa crédibilité auprès des marchés… Décidément, tout fout le camp !

La crise s’étend au marché obligataire souverain, l’un des deux piliers – avec le dollar – sur lequel repose le système financier. Ce dernier résiste encore, les investisseurs se tournant vers lui comme un dernier refuge, on devrait dire comme si c’était un expédient de plus. Pour combien de temps ? Quand il craquera, rien ne résistera.

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162 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise: ACTE II, LE RIDEAU S’OUVRE, par François Leclerc »

      1. Dans notre grande série « Les jeux de l’été », voici une devinette :

        Quel est le point commun entre tous les oligarques de cette vidéo ?

        (Celui qui trouve a gagné un iPhone)

        Réponse :

        Ce sont tous des ouistes.

    1. Comment on dit qu’il y en a beaucoup de ces « ligo » en grec ?
      (ligo = peu).
      « C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a un problème », disait Brice.

    2. La présence de Guigou, Joffrin et Védrine reste étonnante à mes yeux, pour le reste rien de très surprenant.

    3. Peut-on savoir quel était au juste l’objet de cette charmante soirée ?
      Levée de fonds ? Réflexion sur l’œuvre d’un artiste « comptant-pour-rien » ?

    4. La prochaine fois , il y aura DSK, qui aura rejoint notre continent en ayant marché sur les eaux!
      Cette méchanceté étant dite, je suis convaincu que pour la plupart, c’est une corvée. Et en plus vu leur age, il faudra qu’ils regardent les petits fours et le champagne avec circonspection pour cause de poids, de cholesterol ou autre!!
      Bon sang, que la vie est difficile.

    5. Mes félicitations à Mediapart. Confondre Arnault avec Prot, faut quand même le faire… Du grand journalisme d’investigation.
      Les plus « étonnants » des invités : Weber et Val (seul représentant des médias publics…) et Ockrent sans Kouchner, Colombani sans Casanova… et Méluche qu’a dû prendre discrètement l’entrée de service…
      Mais vraiment rien à foutre de toutes ces conneries.

      1. @Vigneron

        Mais vraiment rien à foutre de toutes ces conneries.

        Dans ce cas pourquoi faire un commentaire ? 🙂

      2. Cela a quand même un intérêt Vigneron: rappeler que JAMAIS un des partis du système ne proposera quoique ce soit qui soit en accord avec les propositions émises sur ce blog (la critique des termes de l’allocation du capital et des paris spéculatifs, parmi d’autres choses).
        Croire l’inverse, c’est vraiment croire au Père Noël.

        Les seuls munitions que nous avons sont:
        – le référendum d’initiative populaire
        – Internet (même si yahoo actualités y refait le sale boulot de TF1/M6 etc.)
        Le reste, c’est de la contre-influence de base, et beaucoup de pédagogie.

      3. moi ce qui m’a fait flipper ce sont tous les fachos qui ont pris le temps de commenter cette vidéo, je me suis tapée la petite tartine de commentaires sous la vidéo sur le site médiapart et franchement c’est assez gerbant…entre théories du complot, chanson antisémite etc.

        c’est vraiment le règne de la connerie…

        un peu à l’image de cette vidéo balancée sans info, le BABA du journalisme c’est quand même qui, quoi, où, comment, pourquoi…là nada…ce qui fait bien fantasmer les porcs cités ci-dessus.

        assez d’accord avec Vigneron…aucun intérêt…

      4. @ghostdog

        La vidéo est hébergée par dailymotion mais elle fait partie d’un article de médiapart que vous pouvez lire et qui a ce baba du journalisme dont vous parlez.

        Cette vidéo est une info brut ; libre à vous de vous faire une opinion avec vos propres outils d’analyses ou de vous documenter s’ils vous semblent incomplets.

        Vous conviendrez qu’il est assez étrange de juger un document par les commentaires dont il fait l’objet. Mais peut-être ne savez vous pas que ce type de commentaires est assez courant sur le site de dailymotion.

  1. Les hasards du calendrier… Lever le voile pendant que le bon peuple est parti en vacances 😀
    Décidément, on voudrait le faire exprès qu’on y arriverait pas !

    Il n’y a qu’une seule solution pour résoudre (en deux coups de cuiller a pot) la crise financière. Il s’agit bien évidemment d’une solution politique. Qui peut être validée par un référendum (mondial si on veut, la majorité absolue n’en serait que plus écrasante). Ce n’est pas la première fois que j’essaie de l’expliquer de ci de là et jusqu’ici je n’ai jamais eu la moindre contradiction. LA seule réaction est de faire comme si je n’avais rien dit. Du coup je ne vous la donnerai pas dans cette réponse. Non mais !

      1. (Fallait Cliquer « répondre » sur Claude L bougre d’andouille, mais tant pis, t’es là, t’y reste)

        J’aime bien lire Vigneron, à cause que j’apprends plein de trucs stupéfiants sous son clavier.

        Par exemple son classement des classes à la « Forbes » ! Dingue, je ne savais pas que les pauvres se classaient entre eux ou du moins qu’on les classait entre eux. Plus que pauvre que moi, moins pauvre que toi, et des masses de pauvres en comparaison avec d’autres masses de pauvres. J’en reste baba.

        Non parce que y a bien que des pauvres dans son classement. 4,5 millions d’euros de patrimoine ça reste quand même assez pauvre non ? Allez, mais si ! Réfléchissez : n’importe quel travailleur du privé, voir du public, un peu chanceux, doué ce qu’il faut, bien marié, arrive cahin-caha à ce genre de montant après la cinquantaine.

        Faisons le compte, une maison principale de banlieue, en périphérie d’une grande ville, un peu cossue avec piscine et tennis, deux trois appartements en ville T2 T3, un petit appartement sur la côte d’azur, sans oublier le petit bateau à moteur pour pêcher un peu, un autre à la montagne, un pied à terre à Paris, quelques tableaux, un peu de mobiliers ancien et moderne, des bijoux, une Rolex, un contrat d’assurance vie, un reste de parts de société, un confortable portefeuille boursier, des petites économies couleur OR au coffre, deux ou trois belles bagnoles de moins de 2 ans, quelques comptes en banque bien garnis, un peu de liquide dans le placards du garage et puis quoi, ben voilà on y est aux 4,5 millions d’euros, facile. Bé ça reste quand même plutôt pauvre je vous dis. Non ?

        Mais enfin, même pas en mesure d’avoir de véritables propriétés avec service incorporé (on dit All inclusive en anglais non ?) dans plusieurs pays du monde, incapables de se déplacer uniquement en Jet privé et hélicoptère avec pilote et copilote, hôtesse on board sur des destinations transcontinentales. Sans capacité à traverser les mers chaudes vers des îles dédiées en bateau trois ponts particulier avec petites pépétes de l’est toutes fraîches et appétissantes embarquées. Et alors là encore moins en mesure de téléphoner dans la nuit directement à dieu le père ou presque parce qu’une nouvelle idée pour faire fructifier ce beau patrimoine planétaire vient de germer dans ton esprit. Impossible aussi d’asseoir son pouvoir sur des milliers d’individus et d’être respecté, craint, adulé, adoré pour cela.
        Merdum enfin, 5 millions de patrimoine, réveillez vous même pas de quoi se payer une caution aux States si vous êtes devant un procureur coriace.

        C’est donc bien ce que je disais, vigneron nous parle des pauvres. Et oui il y en a trop ! 99,9% de la population mondiale. C’est l’excès de pauvre sur cette planète qui interpelle.

        Des pauvres partout. Et ils vont se déchirer et se dévorer entre eux si je vous lis bien Chris06. Vigneron a raison leur nombre fait qu’ils sont en fait la source du problème (additionnés ils pèsent lourd in fine) et la cause de toutes les paralysies (la moitié d’entre eux se croit riche et ne veut surtout rien changer :D).

    1. @Le Joker

      Dans l’expression que vous utilisez, la cuiller à pot désigne le sabre d’abordage, avec lequel, dans la mêlée, il fallait trucider rapidement (en deux coups), son adversaire, pour ne pas risquer de se faire estourbir par derrière.
      La solution est radicale, mais peu politique. Je vois donc une contradiction dans votre propos.

      1. Mille sabords !!!
        Saborder la flotte des financiers est une décision stratégique éminemment politique…..
        MISE EN FAILLITE « ORGANISÉE » du système financier, et DÉCOUPE AU SABRE DE LA BANCASSURANCE !
        Pas de quartiers ! Les requins aux requins ! Le capital au capital de l’investissement productif ! L’assurance à la mutualisation du risque « naturel », et non à l’assurance coupes jarrets du « risque systémique » artificiellement créé !
        Montjoie Saint-Denis, à l’abordage ! Mort à la rente de situation !

      2. C’est bien évidemment parce que c’est une solution radicale qu’il faut une véritable volonté politique pour la mettre en oeuvre. Un chef d’état avec des couilles par exemple et une vraie vision.
        Et bien que radicale, je reste persuadé qu’un référendum sur la question validerait cette solution avec une écrasante majorité. Ce qui pose de fait un problème de démocratie derrière le problème financier.
        Et pour en revenir avec votre analogie, quand un membre est gangrené jusqu’à la moelle, il vaut mieux effectivement un bon coup de sabre que des compresses de laudanum comme vous le confirmerait ce bon vieux docteur Oexmelin 😉

      3. @Le Joker,

        qu’est ce qui vous fait croire qu’il y a une écrasante majorité de Français qui doivent plus d’argent qu’on leur en doit?

        Annuler toutes les dettes ferait le bonheur de tous ceux qui doivent plus d’argent qu’on leur en doit et le malheur de tous ceux à qui l’on doit plus d’argent qu’ils en doivent. Vu comment sont répartis le patrimoine et les dettes dans un pays comme la France la conséquence serait sans nul doute une guerre civile opposant les épargnants, petits et gros, contre les endettés, petits et gros.

      4. @Le Joker le 5 juillet 2011 à 09 h 37
        La radicalité de la testostérone, ça c’est un super concept, coco !

      5. @chris06

        Effectivement, il y a bien plus de débiteurs que de créanciers et c’est une tendance qui se raffermit d’année en année.
        Secundo, une telle mesure devrait etre appliquée mondialement (pour une fois que la mondialisation ne serait pas contre l’intérêt de la majorité)et là, les chiffres exploseraient encore davantage.

        L’interdiction de l’usure faisait partie de ces mesures de bon sens qui prévalaient au moyen age avant de les gouvernants de l’époque prennent la mauvaise habitude (qui se perpétue depuis) de dépenser plus que ce qu’il possédaient.

        D’ailleurs, pour tenter le point goodwin je pourrais aussi rappeler que l’usure est la cause principale de l’antisémitisme car à l’époque les juifs ne pouvant pas acquérir de biens fonciers était les mieux placés pour prêter (avec des taux d’intérêts qui feraient pleurer Cofidis et consorts) leurs liquidités aux riches en ayant besoin.

      6. @Le Joker,

        Effectivement, il y a bien plus de débiteurs que de créanciers et c’est une tendance qui se raffermit d’année en année.

        prière de citer vos sources.
        vu que vous affirmez qu’une « écrasante majorité de français » seraient en faveur d’une annulation de toutes les dettes et donc des créances en contrepartie, je suppose que vous avez le chiffres de débiteurs nets et créanciers nets tout près de vous?

        Secundo, une telle mesure devrait etre appliquée mondialement (pour une fois que la mondialisation ne serait pas contre l’intérêt de la majorité)et là, les chiffres exploseraient encore davantage.

        même question
        (sans vous demander comment vous comptez vous y prendre pour convaincre tous les gouvernements du monde d’annuler toutes les dettes et interdire l’endettement, un coup de cuillère à pot? ou de baguette magique?)

        L’interdiction de l’usure…

        est ce l’usure que vous voulez interdire ou l’endettement?

      7. je suppose que vous avez le chiffres de débiteurs nets et créanciers nets tout près de vous?

        Bah ! On va se contenter du patrimoine net, puisque c’est bien ca qui reste, non ?

        Alors je sors mon Landais, Piketty, Saez 2010 :

        Les 50% des « classes populaires » : 25 millions d’adultes, 14 000 € de patrimoine moyen par adulte, soit 375 milliards €, soit 4% du patrimoine total des français.

        Les 40% de « classes moyennes : 20 milions d’adultes, 154 000 € de patrimoine moyen par adulte, soit 3080 milliards, soit 34% du patrimoine total.

        Les 10% de « classes supérieures » : 5 millions d’adultes, 1 128 000 € de patrimoine moyen par adulte, soit 5640 milliards, soit 62% du total.
        – dont les 1% de « classes trés supèrieures » : 500 000 adultes, 4 368 000 €, soit 2182 milliards, soit 24% du total.
        – dont les 9,5% restant, 4,5 millions d’adultes, 768 000 € de patrimoine moyen par adulte , soit 3458 milliards, soit 38% du total.

        Bref, la moitié qui ont tout, la moitié qui n’ont rien. C’est clair là ? Comptez vous…

      8. @vigneron,

        Bref, la moitié qui ont tout, la moitié qui n’ont rien. C’est clair là ?

        oui, ça correspond bien à l’idée que j’avait.

        C’est pour ça que quand Le Joker pense qu’une annulation de toutes les dettes (et donc des créances correspondantes: épargne de toutes sortes) serait validée par une « écrasante majorité » de français, il se fourvoie complètement.

        Je pense plutôt qu’une guerre civile serait la conséquence inéluctable.

        Sans compter le fait que les 50% qui ont tout représentent beaucoup plus que 50% de ceux qui votent à chaque élection et donc cela m’étonnerait fort que les gouvernements au pouvoir et leurs armées et moyens de maintient de l’ordre se mettent du coté des 50% qui n’ont rien.

        Par contre, ce qui pourrait, à mon avis, remporter une « écrasante majorité » de citoyens serait une répudiation d’une partie significative des dettes (environ un tiers) et la répartition progressive de l’annulation des créances correspondantes suivant les niveaux de patrimoine, c’est à dire faire peser la quasi totalité de l’annulation de la dette sur les 10% des ménages les plus fortunés. Par exemple en calculant un plafond de garantie maximum.

      9. Les 40% de la classe moyenne, c’est 154 000€ de patrimoine moyen par adulte. ça correspond en gros à la valeur de leur (petite) maison.

        Cela me semble faux de dire « la moitié qui a tout, la moitié qui n’a rien ». La classe moyenne détient 34% du patrimoine global mais compte 20 millions d’adultes. Je vois mal ces gens-là se dire qu’ils sont dans la moitié qui a tout. Avec des raisonnements pareils, on peut imaginer une situation où sur une population de 100, une classe composée de 99 personnes aurait 50% du patrimoine et une autre composée d’une seule personne aurait aussi 50%, et on dirait « la situation est équilibrée entre les deux moitiés » (le gars qui fait partie des 90% se disant « je fais partie d’une classe possédante », ben ouais quoi, 50% du patrimoine total).

        En bref, vigneron, pourquoi tu mets les membres de la classe moyenne dans la « moitié qui a tout »? Tu trouves que 154 000€ par adulte c’est plus proche de 1 128 000€ que de 14 000€?

        Faudra m’expliquer aussi en quoi un membre de la classe moyenne sortirait perdant d’une annulation des dettes. Son patrimoine, c’est en gros sa baraque (qui c’est le gars de la classe moyenne qui a 150 000€ en banque?). Qu’est-ce qu’il en a à foutre des créances des banques?
        D’ailleurs, on voit clairement dans la même référence (Saez et Picketty), si on regarde les revenus annuels, qu’un gars de la classe populaire gagne 1600€ euros mensuels alors que le gars de la classe moyenne gagne 3000€ mensuels (363 000€ pour le 1% le plus riche). Y’a presque pas de différence à ce niveau. La différence entre la classe populaire et la classe moyenne, c’est le patrimoine. Autrement dit, un gars de la classe populaire n’a rien hérité alors que le gars de la classe moyenne a probablement hérité de la maison de ses parents. Voilà toute la différence. Et il va se sentir faire partie de la moitié qui a tout? Avec 3000 euros mensuels et sa petite baraque qui lui sert au mieux de maison de vacances (au pire, c’est sa résidence principale)? Il n’y a que la propagande des riches (et de certains gauchôs dont on voit mal quelle est leur stratégie dans cette lutte des classes) pour faire croire que ce petit patrimoine met la classe moyenne dans leur camp et qu’elle a les mêmes intérêts.

      10. @moi

        Cause toijours mon poulet.
        4% pour une moitié vs 96% pour l’autre moitié.
        Et c’est 154 000€ par adulte middle-class, soit 308 000 par foyer. Ce qui fait deux barraques.
        Et entre 14 000 et 150 000 c’est bien plus que onze fois plus, c’est la différence entre l’indigence et l’à l’aise, quand entre 150 000 et un million l’écat n’est que quantitatif et la communauté d’intérêt une évidence.
        Et les ceusses qui sont du mauvais coté, celui du bottom, devraient pas trop s’intéresser aux 500 000 du top one, ni même aux 5 000 000 du top ten, soit ceux qui turlupinent les malheureux autres membres du top fifty, mais bien à cette inégalité première.
        Et je remarque qu’ironiquement, les seuls qui défendent un des derniers moyens de combattre les inégalités de richesse, comme les piètres reliefs de taxation successorale aux USA, pays des inégalités triomphales, ce sont les Gates, les Rockefeller, les Soros, les Buffet. Ce sont eux qui ont sauvé l’Estate Tax – la Death Tax comme l’appellent ses innombrables adversaires – qui ne concerne pourtant que 0,5% des successions…
        Bref, ce sont les petites fortunes et en premier lieu les classes moyennes qui sont les plus acharnées et les plus efficaces à défendre de fait les privilèges variables mais toujours réels du top fifty. Contre le bottom fifty. Je vais pas vous refaire une démonstration par sarkozysme interposé. C’est le (petit) secret de Sarko comme ce le fut de Bush, de Clinton, de Reagan, comme des fascistes du vingtième siècle, de Pinochet à Hitler en passant par Franco, Pétain ou Salazar . La solidarité bien comprise de ces petits comptables-électeurs se manifeste par le haut, toujours. Quoiqu’en dise monsieur Môa. Puisqu’il ne fait que dire.

        1. Je plussoie, Vigneron. Ne pas oublier ce sondage qui date de quelques années maintenant et qui faisait apercevoir qu’aux Etats-Unis par exemple, près de la 40 % se considère comme « riche » ou en passe de l’être dans un futur proche. Ces gens là ne sont pas prêts d’abolir les privilèges auxquels ils pensent pouvoir prétendre !

      11. Exact Julien, même si, à leur décharge, les ricains peuvent encore se targuer d’une mobilité sociale, bottom-top comme top-bottom – qu’elle soit le fait pour d’aucuns du struggle for life ou pour d’autres de l’Empire de la liberté, incommensurablement supèrieure à celle de nos sociétés européennes irrémédiablement bloquées, avec la France résolument installée dans la contre-révolution en tête de peloton, oeuf corse…

      12. La mobilité sociale aux USA est inférieure à celle de l’Europe. Tout ça c’est l’American Dream, un mythe. Voir: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-07-20-Mobilite-sociale

        Si la classe moyenne se place souvent dans l’intérêt des classes supérieures, ce n’est pas par intérêt propre bien compris, c’est sous l’effet de la propagande. Je vous ai donné des arguments à l’appui du fait que les classes moyennes ont des intérêts plus proches des classes pauvres (et non « laborieuses » car la classe moyenne est tout autant laborieuse), vous me répondez qu’elles sont du côté des riches. La question est : pourquoi les prolétaires (car la classe moyenne vit aussi de son travail) sont-ils divisés? Rien dans les chiffres ne l’explique. La raison est d’ordre idéologique, sociale, imaginaire. Nombre de membres de la classe moyenne agissent souvent contre leur intérêts de classe, c’est un fait que je ne nie pas. Et je remarque que même des gens comme vigneron sont dans l’illusion idéologique propagée par des Sarko.

        La classe moyenne elle-même est déjà un mythe qui arrange bien les riches. Voir les travaux du sociologue Jean Lojkine. Ici: http://www.gabrielperi.fr/L-eclatement-de-la-classe-moyenne

      13. @moi

        C’est vrai que les US et la GB, depuis l’enclenchement des politiques inégalitaires ultra-lib de Thatcher et Reagan ont globalement rejoint le lot des « médiocres de tradition » en terme de mobilité sociale inter-générationelle au sein de l’OCDE, soit la France, l’Italie et les pays latins, globalement. Alors que les pays du nord de l’Europe ou le Canada, moins pour l’Allemagne, sont un cran devant.
        Mais il faut considérer l’hétérogénéité des populations respectives et l’énorme biais statistique constitué par l’incapacité des USA à réduire et maintenant contenir l’inégalité subie par la communauté afro-américaine.
        Mais c’est surtout de mobilité inter-générationelle dont je causais en évoquant le « struggle for life », rebondissant sur les chiffres du sondage donnés par Julien. Et là, désolé, mais le rêve américain, même écorné, c’est pas qu’un idéal-type obsolète dans les têtes comme dans les chiffres. Moins d’héritiers parmi les riches que chez nous, moins de rentes de situation, moins de sécurité, plus d’opportunités pour s’élever, se relever comme pour tomber ou retomber, c’est comme ça, qu’on le veuille ou non.

        Pour la partie la plus intéressante de l’étude OCDE de 2010, celle concernant les liens instruction-mobilité intergénérationelle, voir le lien ci-dessous.
        http://www.inegalites.fr/IMG/pdf/Une_affaire_de_famille.pdf

      14. @vigneron: je veux bien que l’hétérogénéité de la population soit l’une des causes de ce manque de mobilité sociale inter-générationnelle mais toujours est-il que c’est le cas et que d’ailleurs nous avons aussi une certaine hétérogénéité (ce qui explique sans doute aussi en partie le mauvais classement de la France). Je ne comprends d’ailleurs pas bien ta réponse, tu commences par dire que oui il n’y a pas beaucoup de mobilité inter-générationnelle aux USA et tu finis par dire que oui il y en a tout de même plus qu’ici. Ce qui est faux comme les études le démontrent. J’ai regardé le texte que tu proposes en lien et il ne fait que confirmer la mobilité sociale inter-générationnelle est la plus faible aux USA (graphique 5.1, graphique 5.3, le graphique 5.4 situe juste l’influence de la filière scolaire et ne préjuge pas de la faible ou forte mobilité sociale). D’où sors-tu qu’il y a moins de rentes de situation aux USA? La possibilité de passer du premier au dernier quintile (bottom to top) ou l’inverse (top to bottom) est de beaucoup inférieure aux USA que dans les pays scandinaves. Il est vrai que l’écart entre le premier et le dernier quintile est plus grand aux USA mais ça n’enlève rien au fait qu’un fils à papa a tout intérêt à naître aux USA plutôt qu’en Suède et qu’un fils de pauvre a tout intérêt à éviter les USA (et probablement la France aussi) s’il veut grimper dans l’échelle sociale.

        Par ailleurs, que penses-tu de ce que dit Jean Lojkine? En gros et en caricaturant, et si j’ai bien compris, la classe moyenne comme séparée de la classe prolétaire est une invention des social-traîtres, c’est-à-dire les sociaux-démocrates. En tous cas, c’est à peu près ma position, Lojkine ou pas Lojkine.
        Diviser pour mieux règner, depuis toujours.

      15. @Moi,

        Faudra m’expliquer aussi en quoi un membre de la classe moyenne sortirait perdant d’une annulation des dettes.

        Je vais vous l’expliquer : « les classes moyennes » (c’est à dire les 40% entre les 50% qui n’ont rien et les 10% qui en ont vraiment beaucoup) détiennent environ 35% du patrimoine financier net, c’est à dire tout de même environ 1100 milliards en produits d’épargne et placements financiers divers et variés. Le reste étant détenu par les 10% qui en ont vraiment beaucoup.

        Annuler toutes les dettes reviendrait à faire une croix là dessus. Je vois difficilement « les classes moyennes » perdre ces 1100 milliards et l’accepter sans broncher! Par contre je vois très facilement les « classes moyennes » s’associer aux riches pour l’éviter : c’est d’ailleurs ce qui se passe!

        L’idée que vous avez que les classes moyennes ne disposent, pour tout patrimoine, que de leurs maisons est complètement erronée. Il suffit de lire les enquêtes patrimoine les plus récentes de l’INSEE pour s’en rendre compte. Peut être pourriez vous faire cet effort avant d’avancer des idées fausses.

    2. @Le Joker

      l’annulation de toutes les dettes se produit quand il y a hyperinflation de la monnaie Une dette de mettons 100,000 Euros est soldée très rapidement par le montant équivalent qui ne représente même pas le prix d’une baguette de pain.

      C’est exactement ce qui s’est passé durant la république de Weimar en Allemagne durant les années 20. La conséquence de « la mort de l’argent » ne fut pas simplement de résoudre la crise que connaissait l’Allemagne mais d’en causer une plus grande encore.

      Je vous conseille de lire (si vous comprenez l’anglais) le texte de Adam Fergusson, « When money dies » (quand l’argent meurt : disponible gratuitement en ligne), qui décrit de façon très précise ce qui se passe quand cela arrive.

      Le choc que ceci produit en Allemagne fut tel que les Allemands sont restés à tout jamais radicalement anti-inflationnistes. Et encore, ceci s’est produit à une époque où l’épargne et l’endettement étaient beaucoup moins distribués dans l’ensemble de la population qu’ils ne le sont aujourd’hui en France et dans la plupart des pays de l’OCDE.

      Ce que vous pensez être une solution politique radicale simple et heureuse qui emporterait un large consensus populaire n’en est malheureusement pas une!

      1. Tout d’abord, Merci pour cet éclairage argumenté, qui a le mérite de permettre enfin un débat sur la question.

        Il semblerait donc que ce ne soit pas « aussi simple » ?
        Notez que je me doutais bien qu’il y ait quelques récalcitrants à ma proposition radicale. Néanmoins…

        Je ne pense pas qu’il faille interdire le prêt mais bien l’usure,
        c’est a dire la spéculation sur les dettes d’autrui.
        On pourra toujours continuer a prêter.
        Mais sans autre bénéfice que la satisfaction d’avoir bien agi.

        Effectivement le risque de guerre civile que vous évoquez resterait néanmoins bien présent puisque ceux qui ont des moyens peuvent toujours en payer d’autres pour se battre a leur place. Et les surarmer qui plus est. Mais il serait peut etre possible de mettre en place quelque compensations pour limiter une partie des pertes subies par certains afin de désamorcer ce qui finalement, nuirait a tout le monde..

        De plus ce qui est en jeu, c’est un changement radical de l’utilisation de l’argent et non pas sa disparition. Et l’annulation de la dette que je propose n’est qu’une remise a niveau des compteurs avant un retour a des pratiques plus honorables.

        La comparaison avec la crise allemande ne peut donc être aussi harmonieuse que vous le suspectez puisque d’une part il n’est nul besoin de recourir a l’inflation pour annuler la dette et que d’autre part ce n’est que le point de départ d’une politique et non la résultante d’une politique comme dans le cas allemand. Mais ca a le mérite de faire réfléchir à la question.

        Pour ce qui est du livre en anglais, je ne pourrais le lire qu’à travers google translate et j’ai bien peur que celui ci ne mélange un petit peu le sens des phrases traduites de temps en temps. D’ailleurs je pense que depuis l’Angleterre n’a pas produit grand chose de bon en économie depuis la mort de Captain Ludd mais ceci est un autre débat. Mais si vous me trouvez une traduction, je vous promet d’y jeter un oeuil plus que sérieusement.

        Je continue donc de penser, que ma propositiuon reste la seule solution qui nous évite l’effondrement et bien que nous soyons un des pays les plus riches du monde, je fais le pari que si la question était posée nous serions loin des 50/50 auquels vous concluez. Mais il me semble maintenant incontournable qu’un véritable débat sur la question puisse avoir lieu avant que la question ne soit posée.

        Maintenant, si quelqu’un a autre chose que des compresses a proposer à la place… 😀

  2. Il n’y a pas de problème avec le déficit la dette publique en dehors de l’euro-zone.

    Irlande contre US: un seul des deux a une crise de la dette (publique)
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/06/irlande-contre-les-us-un-seul-des-deux.html

    Au-delà de l’austérité
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/05/au-dela-de-lausterite.html

    Les taux US (QE2 est terminé)
    Date 1 mo 3 mo 6 mo 1 yr 2 yr 3 yr 5 yr 7 yr 10 yr 20 yr 30 yr
    07/01/11 0.01 0.02 0.10 0.20 0.50 0.85 1.80 2.54 3.22 4.12 4.40

    http://www.treasury.gov/resource-center/data-chart-center/interest-rates/Pages/TextView.aspx?data=yield

    Sur la dette publique, le gouvernement US ne peut pas légalement faire défaut.
    Mais en attendant, c’est un excellent prétexte pour Obama pour supprimer Medicare et Social Security.
    Les menaces des républicains sont vides, il n’a pas a les écouter, il le fait parce qu’il EST republicains.

    The Debt Ceiling: Why Obama Should Just Ignore It
    http://www.tnr.com/article/politics/90659/debt-ceiling-obama-congress

    The Speech Obama Could Give: ‘The Constitution Forbids Default’
    http://www.theatlantic.com/politics/archive/2011/04/the-speech-obama-could-give-the-constitution-forbids-default/237977/

    Je ne sais toujours pas ou vous voulez en venir avec cette crise de la dette publique imaginaire?

      1. Comme pour le Japon qui aurait du faire faillite il y a bientôt 20 ans maintenant?
        Ça fait 20 ans que des crétins nous annoncent la remontée des taux japonais et sa faillite imminente si le déficit et la dette publique ne sont pas mis sous contrôle, et depuis 20 ans, il ne se passe rien de tout cela. Incroyable, non?
        Les taux du Japon sont toujours a presque zéro parce que c’est la que la BoJ souhaite garder ses taux. La dette et le déficit public dans un pays émetteur en monopole de sa monnaie ne sont pas de la « dette ». Il n’y a pas de différence entre la « dette » et la monnaie.
        A part pour l’euro-zone, c’est bien une crise de la dette publique imaginaire.

        Can Sesame Street Help Europe’s Finance Ministers Understand the Debt Crisis? (Members of Congress Take Note)
        http://neweconomicperspectives.blogspot.com/2011/06/can-sesame-street-help-europes-finance.html

        The Mosler Plan for Greece
        http://moslereconomics.com/2011/06/29/the-mosler-plan-for-greece/

      2. @Aliéna,

        je vous signale que tout comme pour la BCE les autres banques centrales (FED, BoJ, BoE…) ont l’interdiction formelle de financer directement leurs états respectifs et qu’ils sont tous obligés de passer par le marché secondaire.

        Si l’état Japonnais a pu continuer à se financer ces dernières 20 années à des taux très bas malgrè l’explosion de son niveau d’endettement c’est que durant cette période l’économie mondiale (hors Japon) a connu une forte croissance et le Japon a pu maintenir une balance commerciale excédentaire et donc financer la quasi intégralité des ses dettes publiques avec son marché secondaire doméstique.

        Ceci n’est pas du tout le cas des Etats Unis. Comparer le Japon des 20 dernières années avec les USA d’aujourd’hui est une erreur grave.

      3. chris06

        Le Japon est la seule entité a émettre des yens, que la balance commerciale extérieure soit excédentaire ou déficitaire.
        Les banques commerciales (primary dealer) achètent les obligations avec les réserves créés par la dépense du gouvernement (déficit). C’est juste logique.
        La BoJ ne « finance » pas le gouvernement Japonais.

        Une erreur grave? Les taux US sont a zéro, comme au Japon et sont en déflation.
        Le Japon devrait donc faire faillite bientôt donc selon votre théorie, puisque la croissance mondiale est en berne.
        Pourtant leur taux sont toujours a zéro. Pas de faillite en vue.
        Vous pouvez continuer de pérorer votre histoire de défaut des US, le problème c’est qu’aucun fait ne la supporte.
        Et je viendrai régulièrement vous le démontrer même si j’ai bien conscience que les convictions profondes ne s’embarrassent pas des faits (au contraire!), mais ce n’est pas forcement a vous que je cherche a montrer l’erreur.

        Treasury reports that the auction was at a bid-to-cover-ratio of 5.46, which looks like it may be an all time high for these securities.
        http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=USB6MBC:IND

        L’abc du déficit budgétaire – Première partie
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-premiere.html

        L’abc du déficit budgétaire – Deuxième partie
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-deuxieme.html

        L’abc du déficit budgétaire – Troisième partie
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-troisieme.html

      4. @Aliéna,

        ou ai je écrit que le Japon ou les Etats Unis étaient en faillite? De toutes façons s’est une expression qui ne veut rien dire et que vous ne me verrez jamais utiliser quand il s’agit d’un état. Les entreprises font faillite et disparaissent, pas les états.

        Ce que j’ai écrit (mais que visiblement vous ne voulez pas accepter) c’est que la situation du Japon des 20 dernières années était complètement différente de celle de l’ensemble des pays de l’OCDE d’aujourd’hui.

        Tirer des conclusions du premier pour en déduire ce qui va se passer dans le futur pour les autres est une erreur grossière.

        Voila ce que j’ai écrit. Donc si vous voulez répondre à cela plutôt qu’à quelque chose que vous avez imaginé me voire écrire, je vous écouterait avec plaisir. Merci.

        Aussi, quand vous dites « les taux US sont à zéro », de quel taux voulez vous parler? Ceux des treasuries à long terme? Ils sont bas, mais ils ne sont pas à zéro, ils sont d’ailleurs supérieurs aux taux des bunds allemands et pour ainsi dire identiques aux taux des OAT françaises.

        Ne peuvent ils pas monter? Visiblement vous semblez en être convaincu, et comme seul argument vous considérez que puisque cela a été le cas pour le Japon durant les vingt dernières années, cela sera aussi le cas pour les Etats Unis dans le futur. Moi, j’en suis beaucoup moins sûr.

      5. chris06

        Le sujet de discussion est la faillite des US et, par extension, du Japon. Vous êtes intervenu a ce sujet, non?
        Je vous le redis encore une fois, le déficit pour un État souverain dans sa monnaie n’est pas lie a la balance commerciale.
        C’est spécifique aux États souverains émetteur en monopole de leur monnaie dans un monde à taux de change flottant (fiat).
        Ce n’est pas valable pour un système de change fixe ou un système base sur l’or.
        Dans un tel système, le gouvernement contrôle les taux, a court et a long terme et ne peut absolument pas faire faillite.

        History Made Today: US Treasury Issues 0.000% 4-week Bills
        http://www.treasurydirect.gov/instit/annceresult/press/preanre/2011/R_20110706_1.pdf

        http://alienaeconomics.blogspot.com/

    1. @ Aliena

      « cette crise de la dette publique imaginaire »

      C’est quoi qui est « imaginaire »? La crise ou la dette publique?

    2. @Aliena

      Très joli votre pseudo!
      La méthode Coué a ses limites.

      Je vous fais une réponse à l’américaine?

      L’Euro est notre monnaie, et maintenant aussi votre problème!
      (vous pouvez venir quand vous voulez auditer nos réserves d’or!)

      🙂

      1. On a absolument rien à cirer des petites manigances politicardes des petits chefs de l’État du Minnesota.
        BAh et Dis z’y ont déjà relayé ce pneu crevé ad nauseam hier et encore un qui s’y colle. Comme me disait mon vieux voisin, paysan totalement illettré : « T’inquiète pas mon drôle, des pigeons, ya rin à faire, y s’en lève des nouveaux tous les jours, et ça s’arrêtera pas de sitôt ! »…

    3. Molière est mort en jouant « Le malade imaginaire »……. 🙂
      Les nations sont des alliées nées Aliena !
      L’imagination est au pouvoir……. pour pouvoir pouvoir.
      Dieu est mort avec des dettes……..
      Si dieu c’est nous, le diable c’est qui ?

    4. Bilan QE2 :

      – 600 milliards $ de titres du Trésor rachetéspar la FED en huit mois.
      – Toujours 9% de chômage.
      – Prix de l’immobilier toujours en baisse (-6,5% sur la pèriode QE2 indice des prix des logements Case-Schiller) depuis Jackson Hole.
      – Bourse (S&P 500) depuis l’annonce de Bernanke au « Trou de Jackson » : +26%.
      – Cours du baril de WTI dans les huit mois : +25% (72$ le 28 aout 2010, 90$ le 29 juin 2011).

      Jeudi 30 juin 2011, fin du QE2. Depuis :

      – Dow Jones la semaine derniére : +5,44% Nasdaq : +6%, CAC 40 : +5,88%.
      – Taux de rendement T Bond 10 ans la semaine dernière : +10% (2,9 à 3,2%)…

      Mais le président de la FED de Saint Louis, le doublement bien nommé James Bullard, siègeant sûrement sous le chêne de la Justice – et de l’extra-lucidité – nous raconte que les effets positifs de la politique accomodante pour l’économie US et donc pourlemondentieravec « devraient se faire sentir d’ici six à douze mois (sic) »…

      PS : à Paul. A y est ! BofA a versé 14 milliards $ pour solde de tout contentieux à ses malheureuc clients zinvestisseurs et zorganismes parapublics en réparation des coupables égarements subprimesques de Countrywide Financial… et prend du coup 2,21% de gain au DJ la semaine dernière… Tout baigne.

      1. @ vigneron
        quand vous donnez votre avis, dites je
        ne dites pas on, vous ne représentez personne.

      2. @dansnorue touvabien

        « On » comprend « je ». « On » pige « je ». « je » pige « on ». Pigeon. « Rourou rourou rourou… »

      3. @vigneron,

        on peut aussi faire le bilan de QE1+QE2 et des autres QE européens, britanniques, japonais, et autres : l’intégralité des sommes injectées par la FED et les autres banques centrales sont allées dans les poches des détenteurs de titres divers et variés (actions ,obligations…) tandis que les revenus du travail n’ont en pas vu un centime (ou un cent) puisque le nombre de chômeurs est toujours aussi élevé et les salaires n’ont pas augmenté.

        En fait, le QE est un transfert massif et accéléré de valeur ajoutée des revenus du travail vers les revenus du capital.

        Mais chuuuuutt, il faut surtout pas le dire à Aliéna et aux autres chartalistes qui n’ont toujours pas compris que leur théorie monétaire, la MMT, est complètement bidon.

    5. @aliéna,

      si la crise de la dette publique aux USA est imaginaire pourquoi l’état ne s’endette t’il pas d’un autre $15 000 milliards cette année et demande à la FED d’effectuer le QE correspondant? Comme cela, tous les problèmes seraient réglés, avec 15 000 milliards le gouvernement américain pourrait embaucher tous les chômeurs et leur faire creuser des trous et les reremplir et donner un joli chèque à tous les autres avec lequel ils achèteraient plein de jolis produits qui ferait tourner l’économie américaine et chinoise.

      Vraiment, je me demande pourquoi ils n’y pensent pas, c’est si facile! (sarcasm off)

      1. chris06

        Garder vos sarcasmes et éduquez vous sérieusement.
        La Fed n’imprime pas de monnaie. Le Congres a ce pouvoir, en faisant du déficit budgétaire (dépense plus qu’il ne taxe).
        Le QE n’est pas de la création monétaire. Le QE est censé relancer la création de crédit bancaire mais cela ne fonctionne pas dans une économie ou l’endettement est déjà a saturation et ou les revenus du travail sont insuffisant a relancer la production, les ventes, et la consommation.
        Le QE est impuissant a arrêter la destruction de la masse monétaire, la déflation et la dépression économique qui s’ensuit.

        L’ABC du « Quantitative Easing » (QE)
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/05/labc-du-quantitative-easing-qe.html

        Et c’est pas compliqué, si vous restez assis toute la journée sur votre derrière a ne rien faire, vous vous appauvrissez. Croyez-moi 🙂
        Et c’est ce que la dépression économique fait, elle force les gens a rester assis a ne rien faire. Se bouger et allez bosser est la solution et c’est ce que les programmes d’emploi de type Keynésien / New Deal / MMT, financés par le déficit public, proposent.

        Oui, c’est facile, très très facile même. Mais la malveillance des gens au pouvoir n’a pas de limite, surtout quand leurs électeurs égarés réclament leur propre éradication en demandant la réduction des déficit publics.

        1. Aliena,

          La Fed n’imprime pas de monnaie. Le Congres a ce pouvoir, en faisant du déficit budgétaire (dépense plus qu’il ne taxe).
          Le QE n’est pas de la création monétaire. Le QE est censé relancer la création de crédit bancaire mais cela ne fonctionne pas dans une économie ou l’endettement est déjà a saturation et ou les revenus du travail sont insuffisant a relancer la production, les ventes, et la consommation.

          Vous continuez à présenter comme des faits avérés ce qui n’est qu’une grille de lecture politique. Il n’y a pas de terrain de discussion possible : Chris06 parle de ce qui est et vous de ce qui pourrez être.

      2. Free money creation to bail out financial speculators, but not Social Security or Medicare: Only the “Crazies” Get the Bank Giveaway Right By Michael Hudson
        http://neweconomicperspectives.blogspot.com/2011/06/free-money-creation-to-bail-out.html

        « If there was a silver lining to all this, it has been to demonstrate that if the Treasury and Federal Reserve can create $13 trillion of public obligations – money – electronically on computer keyboards, there really is no Social Security problem at all, no Medicare shortfall, no inability of the American government to rebuild the nation’s infrastructure. The bailout of Wall Street showed how central banks can create money, as Modern Money Theory (MMT) explains. But rather than explaining how this phenomenon worked, the bailout was rammed through Congress under emergency conditions. Bankers threatened economic Armageddon if the government did not create the credit to save them from taking losses.

        Even more remarkable is the attempt to convince the population that new money and debt creation to bail out Wall Street – and vest a new century of financial billionaires at public subsidy – cannot be mobilized just as readily to save labor and industry in the “real” economy. The Republicans and Obama administration appointees held over from the Bush and Clinton administration have joined to conjure up scare stories that Social Security and Medicare debts cannot be paid, although the government can quickly and with little debate take responsibility for paying trillions of dollars of bipartisan Finance-Care for the rich and their heirs. »

      3. Julien Alexandre

        Je ne suis pas sure de comprendre ce que vous dites, mais ce sont des faits avérés. Les banques centrales sont impuissantes a relancer l’économie par la politique monétaire. Seule la politique fiscale et budgétaire permet d’injecter des actifs financiers nets dans l’économie et c’est le congres qui décide de ces politiques.
        Il n’y a pas de problème de la dette aux US, il y a une prise d’otage par les républicains qui sont opposes a tout ce qui pourrait relancer l’économie et il y a une croyance ignorante de la part d’Obama que les US « n’ont plus d’argent ». Il n’y a pas de problème autrement.
        Est-ce que les taux montrent une faillite imminente? Non.

        1. Que les banques centrales sont impuissantes à relancer l’économie par la politique monétaire, c’est un fait. Que les banques centrales ne créent/impriment pas la monnaie comme vous le dites dans votre précédent message et que c’est le gouvernement qui le fait via son déficit, c’est une lecture politique qui ne correspond pas exactement à la réalité.

          Le fait que les taux ne montrent pas de faillite imminente n’est plus vraiment un indicateur considéré comme fiable depuis 2007, pour des raisons assez évidentes. Pour ce qui concerne les Etats-Unis en particulier, il faut tenir compte du statut particulier de leur monnaie. Ceci étant dit, il me semble que les agences de notation ont émis des avertissements récemment… sur les Etats-Unis.

      4. Julien Alexandre

        La politique fiscale et budgétaire n’est pas aux mains des banques centrales, c’est un fait incontournable.
        « Emprunter » pour un gouvernement veut simplement dire « émettre » la monnaie.
        La BCE est recapitalisee par les États membres. Toutes les banques centrales sont capitalisées par les obligations emise par leurs gouvernements.
        Les banques centrales font partie du gouvernement et leur rôle est de réguler et superviser le système de paiement, pas de se substituer au gouvernement élu.
        Le statut du $ ne change pas le risque de faillite des US, qui est de zero, comme celui du Japon, Australie, Canada, et GB, un Etat souverain dans sa monnaie ne peut pas faire faillite.

        1. « Emprunter » pour un gouvernement veut simplement dire « émettre » la monnaie.

          Non, c’est faux. Emprunter pour un gouvernement signifie émettre des obligations (OAT, BTAN, BTF) qui peuvent être acquises par des acteurs économiques comme les banques, les compagnies d’assurance et les particuliers.

          La monnaie est émise par la banque centrale, qui est indépendante de l’Etat. L’Etat ne peut pas se financer directement auprès de la banque centrale, le concours de cette dernière aux financements publics étant proscrit depuis 1973 en France (idem pour les statuts de la BCE et les membres de la zone euro depuis). Les banques centrales sont indépendantes des pouvoirs politiques : « Les moyens d’assurer cette mission se traduisent par l’interdiction faite au gouverneur et aux membres du Conseil de solliciter ou d’accepter des instructions du gouvernement ou de toute autre personne (loi du 12 mai 1998 article 1er, alinéa 3).

          Je vais vous accorder un point néanmoins, auquel vous ne pensez probablement pas : l’Etat émet la monnaie divisionnaire et la monnaie-papier. Enfin, disons plutôt qu’il la fabrique pour la revendre à la banque centrale à sa valeur faciale. Ca ne pèse pas lourd !

      5. @Aliéna,

        la théorie monétaire chartaliste, la MMT, ne correspond pas à la réalité.

        Le quantitative easing c’est l’augmentation de la taille du bilan des banques centrales, quand elles acceptent de prendre une quantité supplémentaire d’obligations de leurs états respectifs en guise de réserves des IFM. Cette décision appartient seule à la banque centrale, pas aux états : ceci est valide pour toutes les banques centrales qui émettent des monnaies convertibles selon les système des changes flottants BCE, FED, BoJ, BoE…).

        Les banques centrales n’ont pas le droit de financer directement leurs états respectifs: ceci est valide pour la BCE, la FED, la BoJ, la BoE… Les états sont obligés, par loi, de passer par le marché secondaire (la souscription de leurs obligations par les banques privées) pour se financer. Si vous continuez à nier ce qui est un fait indéniable, il est clair que vous continuerez à ne rien comprendre.

        D’ailleurs il suffit de comparer le volume des obligations de leurs états respectifs qui sont au bilan des banques centrales avec le volume de la dette émise par ces états pour se rendre compte que le premier n’est qu’une petite partie du second. Visiblement c’est là quelque chose que vous ne voulez pas voir.

        Dans l’état actuel des lois et des textes constitutifs des banques centrales, il n’y a en fait aucune différence entre ce que le gouvernement des Etats Unis a le droit ou pas le droit de faire vis à vis la FED et ce que l’ensemble des gouvernements de la zone euro ont le droit ou pas le droit de faire par rapport à la BCE.

        Le congrès des Etats Unis pourrait bien entendu modifier, à tout moment, ces textes de lois (si ces modifications obtenaient la majorité nécessaire), mais ceci aurait pour conséquence d’annuler les accords internationaux qui existent entre les différents pays qui émettent les monnaies convertibles selon le système des changes flottants mis en place depuis l’abandon des accords de Bretton Woods en 1971 (et entérinés en 1976 par les accords de la Jamaïque). Il va sans dire que les parlements européens se verraient obligés de faire de même.

      6. @Julien: « La monnaie est émise par la banque centrale, qui est indépendante de l’Etat. »

        Tant qu’à parler de ce qui est et non de ce qui devrait être, il vaudrait mieux dire que la banque centrale est indépendante de l’Etat en théorie, pas en pratique. Lorsque la BCE a soutenu les obligations grecques, c’était pas par pure indépendance. Non seulement l’indépendance parfaite n’existe pas, mais pour ce qui concerne la banque centrale (européenne comme les autres), je ne vois pas bien ce qui concrètement garantit cette indépendance. Autant dire aussi que la justice est indépendante du pouvoir exécutif, c’est dans les textes aussi. On sait ce qu’il en est en réalité.

      7. @Moi,

        Lorsque la BCE a soutenu les obligations grecques, c’était pas par pure indépendance.

        En fait si, cela l’a été. Si la BCE a jugé bon d’augmenter son bilan avec ces obligations grecques (et autres), c’est à dire en fait un assouplissement quantitatif à l’européenne, c’est qu’elle a jugé que ceci lui permettait de maintenir l’inflation dans la zone euro au niveau de 2% +/- bande de tolérance comme elle en a été mandaté par l’eurogroupe.

        Il est clair que vu les pressions déflationnistes qui existaient à ce moment, les banques centrales allaient devoir opérer des programmes d’assouplissement quantitatif nécessaires pour maintenir l’inflation à un niveau légèrement positif.

        Maintenant que la situation est différente, vous remarquerez que la BCE a arrêté ce programme et que la FED et toutes les autres banques centrales hésitent grandement à se lancer dans un programme d’assouplissement quantitatif supplémentaire qui pourrait avoir pour conséquence une montée spectaculaire de l’inflation et perte de confiance irrémédiable dans les monnaies de réserve.

      8. la banque centrale est indépendante de l’Etat en théorie, pas en pratique. Lorsque la BCE a soutenu les obligations grecques, c’était pas par pure indépendance.

        Non, c’est à la demande expresse et suppliante qui lui était faite par 47 grandes banques européennes de jouer le rôle d’acheteur de dernier recours de dette souveraine et privée sur le marché secondaire. Les États s’étaient mis d’accord avec le FMI sur les 750 milliards d’aide du plan de sauvetage et, pour stopper la chute des bourses et surtout celle des valeurs bancaires durant cette semaine mémorable – sauf pour Môa ! , la BCE vint au secours des banques le 10 mai. Et ceci malgré l’opposition, affirmée, de Weber et du camp allemand, mis en minorité à la BCE.
        Dans cette semaine là, au Portugal, en Italie en Grèce et en Espagne les bourses perdent entre 10 et 14 %, Santander 20 %, Crédit Agricole 15%…

        Alors, monsieur Môa, c’est les États qui ont contraint Trichet et la BCE, ou les banques, et le marché ?
        Zêtes décidément prêt à refaire l’histoire encore toute chaude pour votre bon plaisir, monsieur Môa. Le problème, c’est que ce blog, comme à peu près toute les sources d’information juste fiables et basiques chantent un autre air.

      9. Julien Alexandre

        Les obligations sont acquises par les « primary dealers », les établissements qui ont un rôle privilégié avec le trésor et la banque centrale.
        Les primary dealers achètent et revendent ensuite au public.
        http://en.wikipedia.org/wiki/Primary_dealer

        « Un gouvernement souverain dans sa monnaie n’est jamais contraint financièrement parce qu’il est l’émetteur en monopole de la monnaie. Il n’a ni besoin de taxer ou besoin d’emprunter pour dépenser et logiquement, il doit dépenser avant de pouvoir collecter les taxes ou emprunter des fonds. »
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/10/la-mythologie-neo-liberale-par-bill.html

        « On peut aussi voir que la crainte de la hausse des taux d’intérêt face a des déficits budgétaires en hausse n’a pas beaucoup de sens quand l’impact de la dépenses du déficit gouvernemental est pris en compte, parce que l’offre de titres du trésor offerts par le gouvernement fédéral est toujours égale aux fonds nouvellement créés.
        L’effet net est toujours fictif (« wash ») et le taux d’intérêt est toujours celui que la Réserve fédérale décide.
        Notez qu’au Japon, qui a la dette publique la plus haute jamais enregistrée, déclassée de façon répétée, le gouvernement Japonais émet des bons du trésor à .0001 %! Si les déficits causaient vraiment la hausse des taux d’intérêts, le Japon aurait fermé il y a longtemps!  »
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-troisieme.html

        « Une des conclusion fondamentale de MMT est qu’il n’y a pas de différence fonctionnelle (pour un État souverain émetteur en monopole de sa monnaie dans un monde à taux de change flottant) entre un « bon du Trésor » et la « monnaie », sauf en ce qui concerne le terme (intérêts contre aucun intérêt) et la durée. Ainsi, il n’y a pas de différence entre un déficit « financé » par l’émission d’obligations et par la création monétaire directe – les deux sont « inflationnistes » (ou non) dans le sens où ils ajoutent à la demande globale, et les deux ajoutent des actifs financiers nets (monnaie) au secteur privé. »

        Les banques centrales ont étés déclarées « indépendantes », mais cela ne change pas le fait qu’elles soient partie intégrale du gouvernement !!
        Le problème de l’euro-zone en ce moment est qu’il n’y a pas de préteur en dernier ressort !
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/06/irlande-contre-les-us-un-seul-des-deux.html

        Il y a plus que la monnaie divisionnaire et la monnaie-papier:
        ELA: An Emperor without Clothes?
        « Why does anyone accept payment in ELA liabilities? Is it because no-one can tell the difference between an ELA deposit at the CBI and a Eurosystem deposit at the CBI? »
        http://www.nber.org/~wbuiter/ela.pdf

        Trichet interview – the cult master speaks!
        http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=10694

        Central bank independence – another faux agenda
        http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=9922

        Understanding central bank operations
        http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=9392

        The US Federal Reserve is on the brink of insolvency (not!)
        http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=12414

      10. vigneron

        Moi a raison, meme si le role de la banque centrale est de superviser les banques et eviter leur faillite.
        Ce sont les Etats qui ont apportes leur garanti aux banques, et cela se retrouve (en partie) dans leur deficit.

      11. @aliena

        Qu’est ce que c’est que gloubi-goulba ??? Vous mélangez tout. Supervision des banques par la BCE, quantitative easing à la Trichet pour calmer l’affollement boursier et des banques en mai 2010, bail-out bancaire et garanties étatiques de 2008, déficit des États, FESB décidé par les autorités politiques en 2010 pour repousser l’échéance pour la Grèce et les autres…
        C’est bien le dysfonctionnement financier global et la demande subséquente d’intervention de la part des grandes banques commerciales européennes qui ont déterminé les achats de la BCE et l’ont poussée dans ce piège, après l’action des États et du FMI sur leur domaine de responsabilité politique (FESB, rigueur, etc). Qu’il y ait eu négociations entre les États et la BCE, c’est l’évidence. Dépendance de cette dernière vis à vis des premiers, comme le dit Môa, évidemment que non. C’est même bien plutôt le contraire dont on se plaindrait, me semble-t’il…

      12. vigneron

        La faillite d’un Etat membre entraine de facto la faillite de son systeme de paiement et la contagion a tout l’eurosysteme (et la fin de l’euro).

  3. La probabilité : caractère de ce qui est probable, vraisemblable…Math : nombre positif et inférieur à 1…Le calcul des probabilités est fondé sur la mesure de l’apparition ou de la non-apparition de certains événements…Une loi de probabilité est une application sur un ensemble d’événements…Elle fait correspondre à chaque événement un nombre réel positif et inférieur à 1 appelé probabilité…La probabilité d’un événement certain est égal à 1…La probabilité d’un événement incertain est un nombre positif et inférieur à 1…Celle d’un événement impossible est égale à 0…Donc la somme des probabilités de deux événements contraires est égale à 1…Exemple : (1) (-1) = ?…Un rayon lumineux RI qui tombe sur un prisme se réfracte selon II`…I-1-…Les nombres et leurs mystères, tout un programme.

    1. d’autant plus inquiétant quand on voit la mainmise de l’état sur les affaires de la vie courante… que se passerait il si l’état français, en plein comas -imminent- ne pouvait plus s’occuper de réguler les marchés des produits de base ou la « garde présidentielle » (police + gendarmerie) et ses annexes provinciales ?

      à force de vouloir enlever tout pouvoir aux citoyens et de tout (dé)réguler au profit des grands groupes industriels et à l’aristocratie républicaine (loppsi,acta etc etc), on en arrive dans une situation de crise humanitaire latente, même dans les pays dits développés…

      une seule défaillance de l’état, et boum on repart dans le féodalisme le plus brutal…

  4. J’ai échangé quelques propos avec une jeune énarque (très jeune) aujourd’hui, socialiste…

    – L : Alors, selon vous quand allons-nous sortir de cette crise ?
    – Ena : Alors là bonne question… en France ?
    – Oui en France par exemple…
    – Ena : En tout cas, Md Lagarde a fait du bon travail depuis 4 ans, elle a fait progresser les choses… elle est très compétente et appréciée par les anglo saxons.
    La situation de l’italie est moins pire que celle de l’espagne.

    Du coup j’ai préféré me taire… ne connaissant pas trop le bilan de Md Lagarde.

    1. 1) C’était on ou off vos « quelques propos » avec cette à peine nubile « Ena PS » ?
      2) C’est qui « Md » Lagarde ? MDR Lagarde vouliez-vous dire Mt Lisztfr ?

    2. elle est très compétente et appréciée par les anglo saxons

      c’est une répétition car les 2 parties de la phrase veulent dire la même chose dans le merveilleux monde libéral finissant.
      J’ai répondu à ta question ?

      1. Faux. L’Ena a été concue dès l’origine en45 comme une fabrique de clones de hauts fonctionnaires. Elle le serait plutôt moins aujourd’hui qu’hier, sûrement pas plus.

        Avant 1945, l’État n’assurait pas une formation unique pour les fonctionnaires responsables de sa haute administration. En effet, si le système du concours – considéré alors comme la seule garantie d’un recrutement impartial et fondé sur le mérite – était déjà généralisé depuis la fin du XIXe siècle, chaque corps ou ministère organisait son propre concours, sans considération pour l’homogénéité de la haute fonction publique. Certains risques de corporatisme ou de népotisme en résultaient.

        En 1848 déjà, le ministre de l’Instruction publique Lazare Carnot avait eu l’idée de créer une École d’administration, chargée de la formation des administrateurs gouvernementaux. Un décret de création sera rédigé (décret du 8 mars 1848), mais l’école, installée dans l’ancien bâtiment du Collège du Plessis, sera fermée quelques mois après son inauguration, lorsque Carnot quitta son poste de ministre.

        À partir de 1936 et consécutivement à l’arrivée au pouvoir du Front populaire et de son ministre de l’éducation nationale Jean Zay, l’idée de créer une unique école de sélection et de formation des hauts fonctionnaires voit à nouveau le jour. Elle se heurtera à un vote défavorable du sénat.

        Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux projets aux apparences similaires mais aux objectifs opposés émergent. L’École des cadres d’Uriage, créée par Vichy en 1940, a pour objectif l’instauration d’une nouvelle aristocratie basée sur le sens du service de l’État. S’éloignant de l’idéologie vichyste, elle sera finalement dissoute par Pierre Laval en décembre 1942. Le second projet, qui est quant à lui conduit peu après la libération par Michel Debré et Emmanuel Monick[3], aboutira à la création de l’ENA.

        Création de l’ENA

        Maurice Thorez, figure du Parti communiste français et signataire des décrets fondateurs de l’ENA
        L’École nationale d’administration (ÉNA) a été créée par l’ordonnance no 45-2283 du 9 octobre 1945[4] par le Gouvernement provisoire de la République française, alors présidé par le Général de Gaulle. Cette décision, qui devait profondément bouleverser la structure même de l’administration publique française, avait été préparée par la Mission provisoire de réforme de l’administration, placée auprès du chef du gouvernement et dirigée par Maurice Thorez, vice-président du Conseil et secrétaire général du Parti communiste français. Après la démission du Général de Gaulle de la présidence du Conseil le 20 janvier 1946, c’est Maurice Thorez qui va réussir à mener à bien la réforme administrative et l’élaboration du statut de la fonction publique, en se préoccupant d’assurer d’abord la naissance de l’École nationale d’administration créée avant son entrée au Conseil. Michel Debré, maître des requêtes au Conseil d’État et commissaire de la République à Angers, animait cette mission de création de l’école. Il a assuré provisoirement les fonctions de directeur de l’école.

        ENA = Consensus soviéto-gaulliste..

    3. en tout cas, à l’ENA , on ne leur apprends pas à parler français :  » moins pire  » n’existe pas …

      1. Le « moins pire », c’est du Lisztfr tout craché, comme le reste probablement d’ailleurs…
        Quant au niveau des énarques en français, arrétez le délire. C’est des monstres en facultés d’expression et en capital culturel accumulé, bien souvent des rejetons de profs hyper-coachés dès in-utero… Essayez juste de réussir le concours d’entrée à Sciences-Po et après on en reparle…
        Le problème n’est pas le niveau de connaissances ou culturel de nos élites, pas plus que leur niveau éthique, mais bel et bien le niveau de connaissances et le niveau éthique de ceux qui leur délèguent la souveraineté, nous, point, point. et repoint.

      2. Pas d’accord avec vous Mr Vigneron , s’ils ont des têtes bien pleines , elles ne sont pas bien faites.
        il leur manque justement l’expérience de la vie et de plusieurs niveaux sociaux pour comprendre.
        Ce ne sont que des répétiteurs de ce qu’on leur à bourré le crane.
        Et en plus ils se croient supérieurs , c’est ce qui fait leur ruine.
        Car de toutes les générations le savoir des parents ne profite pas aux enfants , le vécu ne se transmet pas , d’ailleurs ce que font leurs parents , les enfants le défont.

      3. Le concours d’entrée à sciences- po est facile. Il n’est prétendument difficile qu’à Paris… et encore c’est du bachotage bête et méchant. Par ailleurs l’aptitude à passer un concours compte bien davantage que le niveau réel des candidats.
        S’agissant du concours d’entrée à l’ENA, l’accent est mis sur les compétences techniques pures (techno-juridiques), et moins encore sur la créativité ou la capacité à « penser » des candidats. Surtout ne pas sortir du cadre du politiquement incorrecte déjà balisé ! Pour ceux qui passent le concours en externe, disons qu’il s’agit simplement d’un numéro de claquettes doublé d’un peu de jeu de rôle… ça ne vaut guère la peine de s’étendre.

        Dans tous les cas, ce n’est clairement pas du niveau de l’Ecole Normale par exemple (je ne parle pas de Cachan, qui est un cas à part). Pas besoin d’être un génie pour avoir ces concours:simplement beaucoup de mémoire, une grande capacité de travail, et l’ethos de « classe » qui va bien. La preuve: les étudiants issus de la « diversité » dispensés de concours d’entrée réussissent aussi bien que les autres dès la deuxième année, ce qui prouve bien que l’aptitude à passer des concours compte davantage que le talent individuel, qui n’est pas ce qui est évalué, et également à mon sens que ces écoles ne sont que des « labels », des « marques » dont la réputation n’a aucun rapport avec la qualité de l’enseignement dispensé (cela vaut aussi pour les MBAs anglo-saxons).
        L’université de Vincennes a été euthanasiée par J.Chirac, justement parce qu’elle était dotée d’une réputation intellectuelle supérieure à celle des lieux fréquentés par « l’élite » (sc po – Sorbonne), tout en étant fondamentalement hostile à l’élite, jusque dans les valeurs qui animaient son mode de fonctionnement. Cela faisait clairement désordre, et il convenait de mettre un terme brutal à cette expérience traumatisante et humiliante pour la bourgeoisie parisienne.

        Évidemment que les énarques ne sont pas la caricature que le bon peuple en fait. Mais ils ne sont pas, dans leur majorité, des types particulièrement brillants. En revanche, une fois le concours de l’ENA réussi, commence leur formation de « killer suffisant/méprisant ». En début d’année, les jeunes énarques recevaient en effet – je ne sais si c’est toujours le cas -, la liste alléchante des postes qui leur sont réservés à la sortie. Le gâteau quoi… Le but est simple: se faire remarquer, finir premier à la sortie de l’école, et écraser ses camarades de classe (jusqu’aux humiliations publiques des « amis » moins fortunés), puisque c’est la loi du plus fort qui régit la répartition du butin : »inspecteur des finances » vient en premier par exemple, et « juge administratif de Trifouillis les Oies » vient en dernier. Je crois que les étudiants ont obtenus l’abolition du concours de sortie: le résultat c’est que c’est le retour au système de la cooptation pure ( jusqu’à récemment l’anonymat des copies n’était pas pleinement assuré…, et certaines épreuves sont difficilement évaluables, sur un mode comparable aux vrais-faux « concours » du CNRS).

        Ces formations font plus pour gâcher le talent initialement présent que pour l’aider à s’épanouir (et le drame c’est que c’est un passage obligé pour certaines carrières). Certaines formations refusent désormais tacitement les étudiants issus de sc-po/Dauphine-HEC etc, non par souci de concurrence, mais parce-que les étudiants sont considérés comme dépersonnalisés (moins intéressants), et parce-que le simple fait d’avoir réussi le concours témoigne de certaines prédispositions qui ne sont plus du tout considérées comme des qualités dans le monde « chaotique » qui vient. Tout cela est très encourageant.

        Je m’étonne surtout qu’on s’intéresse à l’avis d’une jeune énarque, qui plus est tenue par l’idée même de « haute fonction publique » de trouver tous les ministres « géniaux », au rythme des alternances successives, et qui doit voir dans le »succès » de Mme Lagarde l’image même de l’avenir qu’elle souhaiterait peut-être pour elle-même. La déférence à l’égard de la vision anglo-saxonne est inquiétante cependant, mais elle n’a sans doute fait que restituer sa fiche « Lagarde », non sans brio oratoire, soyons en certain.

      4. @AntoineY

        Qui vous parle de génie ? On parle juste de compétence minimale en francais. Et vous n’êtes pas un génie, ni moi, et je sais pas ce que c’est de toutes façons. Et aucune grande école ne demande ni ne produit de « génie », sont pas là pour ça, pas plus la rue d’Ulm que l’ENA, Polytechnique ou Sciences-Po Paris…
        Quant à affirmer du haut de je ne sais où que les concours d’entrée à Sciences Po ou l’ENA sont « pas difficiles », tout en concédant un petit à-priori positif envers celui d’Ulm – sans doute parce que Mossieur Y l’aurait réussi, ou plus probablement raté – permettez moi de vous dire que vous vous foutez royalement du bon petit peuple…

        PS : Je crois qu’un énarque lambda ne commettrait pas la faute d’employer « quoique » (conjonction = bien que..) en lieu et place de « quoi que » (locution pronominale = quel que soit..)au beau milieu d’une phrase argumentative…
        Vous l’avez fait deux fois depuis hier. Ce n’est plus une erreur, c’est une faute ou une lacune vous aurait dit le « sphinx », dans les deux cas un barbarisme susceptible d’induire un contresens. Éliminatoire.

      5. @bertrand

        Parce qu’elle est « bien faite » votre tête ? Dans le sens qu’y mettait Montaigne bien sûr…

      6. D’accord avec AntoineY mais d’accord avec vigneron aussi. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour finir énarque, le pedigree social compte beaucoup plus. Ceci dit, le problème essentiel c’est bien le niveau de ceux qui leur délèguent la souveraineté. Je ne sais pas si c’est une question d’éthique ou d’intelligence, mais faut bien admettre que si un peuple se laisse arnaquer ainsi, il a une part de responsabilité. Ne serait-ce que parce qu’il accepte ce jeu aux dés pipés.

    1. Cela pourrait effectivement… mais en fait la crise grecque est notre crise et Attali devient gaga.

      Quand je lis

      « Elle (l’Europe) ne trouvera pas sa stabilité sans un budget commun, capable de financer ses dettes. Ce budget ne pourra être justifié que par la perception de la nécessité d’une défense commune. Et donc d’une menace commune. »

      je n’ai plus assez de larmes pour pleurer devant tant de renoncement à toute forme de civilisation face au pouvoir de l’argent.

      … tout juste encore assez de fluide pour communier avec la sagesse hilare et authentiquement africaine de SAIDOU ABATCHA

    2. « Bel » exemple de sortie par le bas ….

      Vraiment triste à mourir de genre de réflexion qui sous prétexte de nous épargner un mal économico financier plus grand voit dans la menace d’une guerre, même seulement imaginaire, la seule issue pour rassembler les Etats de l’Union. A force d’entendre Attali évoquer le spectre de la guerre on finit par se demander s’il ne la souhaite pas ….. A quand l’Attali qui prendra le parti des indignés sans détour et sans prêchi-prêcha ?!

      1. Il faut rencontrer ATTALI, lui parler. Pas seulement le lire.
        Ses écrits sont une posture pour exister dans le paysage médiatico-truc-machin.
        En réalité, ATTALI à l’oral est même plutôt contre certaines idées qu’il défend par écrit.
        Ce Monsieur a besoin de vendre ses livres.
        Chacune de ses interventions écrites ou retranscrites prépare son prochain livre.
        C’est dommage car le bonhomme est intéressant en soi. Le problème est qu’il raisonne comme s’il était encore un sherpa de Président, ce qu’il n’est plus depuis bien longtemps maintenant. Il n’a donc aucune prise sur l’entourage de SNPAT (Sarko Notre Président à Tous) qui le considère comme un idiot utile. C’est là qu’est l’os !

      1. @Pad

        Pas par « pragmatisme financier » que par « idéologie », mais bel et bien comme une évidence politique et stratégique. Attali a raison quant il dit :

        Tres dangereuse conjoncture : L’Histoire devient tres périlleuse quand la tension militaire y devient une nécessité logique et financière.

      2. C’est une évidence politique et stratégique depuis plusieurs décennies ! Le dollar est indexé sur le pentagone …

      3. Attali serait plus crédible s’il parlait non de menace, réelle ou non, « nécessaire » ( pour fédérer), venant du Sud ou de l’Est, et pourquoi pas des quatre points cardinaux !…
        Moi qui pensais que la guerre économique avait été lancée par les USA !
        Le danger viendrait donc de l’Ouest, là, tout-de-suite, sur le champ, dans l’urgence …vous savez : Morgan’s sachs et maudit fitchu freddy moody …
        demain sera un autre jour pour autres pirates venus d’ailleurs …
        Et qu’ils n’aillent pas encore nous inventer une guerre des civilisations !
        C’est à pleurer : tout cela, uniquement pour le pognon ! les humains, on s’en fout !
        Ah non, plus de discours pseudo-humanistes de ces gens là !
        Quelle amère déception !
        Et faire un parallèle entre l’histoire des USA et celle de l’Europe est absurde (il est gagné par son obsession atlantiste qui lui fait perdre toute mesure !) : 5 ans pour fédérer des gens venant de partout et de nulle part, sans Histoire précisément, Pays en friche, Indiens contraints à l’Histoire niée, …et cette UE construite par un groupe de personnes déconnectées des populations, et sans les Peuples =) oui, une seule chose pourrait fédérer : aller vers plus de justice sociale, avec des économies mixtes, dont des services publics communs, pour une amélioration de la vie du plus grand nombre; et avec une mise en commun des qualités de chaque Peuple, en allant vers le mieux disant ! une préservation des ressources …un idéal enfin !
        Or, on nous promet la fin des services publics; la privatisation généralisée = les truands en liberté et les Peuples contraints et se serrant la ceinture ! des riches toujours plus riches; les pauvres toujours plus pauvres ! =) parlez d’un programme !
        Pas d’autre ennemi que ceux qui ont froidement concocté cette politique honteuse !

        Ô Attali
        Feu notre ami
        pourquoi donc du Peuple
        devenu es-tu l’ennemi !

  5. Pour diminuer ces tensions, il est donc nécessaire que les États fassent moins appel au marché en réduisant leur déficit ; voilà le fond du problème, et rien d’autre.

    Prêteur en dernier ressort, l’État n’a personne auprès de qui il peut se retourner, à l’exception des contribuables

    Mais lorsque l’Etat s’endettait en empruntant sur les marchés, il ne le faisait pas déjà aux frais du contribuable ? Et derrière ces fameux marchés, il y a bien quelques personnes voire des centaines qui ont pu à cette occasion encaisser des intérêts et qui sont eux-mêmes des contribuables quelque part ?

    D’après vous avec la crise du marché obligataire, les options restantes vers lesquelles les Etats tels qu’ils sont actuellement gouvernés se dirigent sont essentiellement d’approfondir la réduction de la dépense publique et peut-être revenir à la marge sur des années d’allègements fiscaux à destination des plus riches ?

    l’évolution des prix de l’immobilier […] ainsi que les flots de capitaux qui se dirigent actuellement vers les pays émergents

    Hum hum… Ca me semble mal parti pour la seconde option s’il s’agit de « planquer » les capitaux…

    En tant qu’immense transfert d’argent, cette reprise de la dette privée par la dette publique n’est pas comme un impôt inversé ou « retro-progressif » si je puis dire (et que les plus pauvres paieront en soins médicaux qu’ils n’auront pas comme aux Etats-Unis par exemple) ?

  6. Prêteur en dernier ressort, l’État n’a personne auprès de qui il peut se retourner, à l’exception des contribuables. Est-ce bien raisonnable ?

    Pas de soucis ils s’y emploient avec toujours cet adage « prenez au pauvres ils sont tellement plus nombreux ».

    avez vous eu vent des déclarations de Junker sur l’indépendance grecque ?

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/07/03/pour-juncker-la-grece-devra-se-resoudre-a-perdre-une-grande-partie-de-sa-souverainete_1544220_3234.html#ens_id=1508090&xtor=RSS-3208

    Comment dire… le nouvel ordre mondial, un technocrate non élu décide de l’étendue de la souveraineté des états en tant que porte parole du nouvel ordre « financier mondial ». Vivement un automne européen.

    1. De 1999 à 2010, les salaires ont augmenté de 106,6 % alors même que l’économie ne se développait pas au même rythme.

      QUI c’est « l’économie » pour Junker?
      Portes confortablement ouvertes aux futurs adepte de « Michael Rottmann ». Et je crains que l’UE ne soit ni à la hauteur ni à l’intéressement de la RFA de l’époque pour les repérer.

    2. Ce type, Junker, croit-il vraiment ce qu’il dit?
      Comment dit on ‘Aller se faire voir chez les Grecs’ en Allemand?

  7. Bonjour à tous

    La video citée par Dissy est assez « normale » et les invités pas tous sarkozystes…. C’est le « modèle haut de gamme » , mais n’importe quel pince- fesse de sous préfecture à des fins de self promotion du pouvoir local ressortit au même principe… S’en offusquer ou s’en étonner relèverait ‘une certaine naïveté … Rien de nouveau sous le soleil!

    Je n’entends pas beaucoup parler de mise en place de structures pour pallier la corruption et l’évasion fiscale en Grèce! mais j’ai peut être zappé les annonces de M Junker sur ce chapitre?

    Les états empruntent beaucoup à seule fin de payer les investissements électoraux ( achats des votes) des entrepreneurs politiques: réductions fiscales pour les entrepreneurs politiques de droite, emplois subventionnés pour ceux de gauche ….
    En France, le pouvoir a toujours été dépendant des financiers pour financer son clientélisme
    ( monarchique ou républicain), son ego et sa mainmise sur le peuple…

    Cordialement…

  8. Rembourser la dette française = une heure de travail chaque heure versée au remboursement durant 30 ans ni+ ni -…….fuyez ou devenez moujik.

  9. L’avenir……………….Torquemada…………..ou l’inquisition financière………..cachez vous.

  10. La dette moyenne des pays de la zone euro (Ménages, Etat, Entreprises, Institutions financières) est supérieure à 400 % du PIB, soit plus que les USA. La France étant légèrement au-dessus, grâce à ses entreprises et ses banques.

    A elle seule, la dette globale des USA représente le PIB mondial.

    La production pétrolière débute un irrémédiable déclin, aggravé par les difficultés croissantes d’extraction et son coût prohibitif.

    Avec l’Inde et la Chine, 1/3 d’humains en plus s’invitent désormais à la table du banquet de ressources en berne.

    Jamais l’humanité n’a eu à affronter de tels défis.

    Il est bon de conserver ces chiffres en mémoire. Ils signifient que, quoique l’on fasse, le désastre est en vue.

    Quant à nos élites, je crois qu’elles l’ont compris et se contentent d’accaparer ce qui peut encore l’être en espérant un illusoire salut. Glaçant mais logique ; que pourraient-elles faire d’autre ?

    1. Que faire d’autres ? … Un bon livre le soir éclairé à la bougie et chauffé au feu de bois. Simple mais si bon !

    2. @ jean-yves 4 juillet 2011 à 10:17

      .Jamais l’humanité n’a eu à affronter de tels défis.

      Pourtant, cela fait 40 ans que le problème a été identifié, suite aux travaux du Club de Rome. http://storage.canalblog.com/52/19/338284/34742826.pdf

      Puisque vous imaginez que les élites sont conscientes, elles devraient logiquement tenir à jour un catalogue les possibilités d’actions actualisées. Mais, tout compte fait, elles ont peut-être décidé de laisser faire la nature.

      Subsisteront alors, les humains les mieux adaptés à la situation d’après effondrement. Il y aura encore des dominants et des dominés pour un bon bout de temps. http://generationsfutures.chez-alice.fr/petrole/olduvai.htm

      1. « Donnez, donnez … »
        Non, non, donnent pas dans la guimauve : on ne leur en demande pas tant : juste un petit choeur a capella de grrrros banquiers zé politiciens ; tiens faisons bonne mesure, quelques traders et agences de notation en prime ( prime ? …chasseurs de primes ? mise à prix ? =) ben qu’est-ce qu’ils font les pilgrim fathers ? c’est plus ce que c’était : retrouver les saines traditions : ya qu’ ça de vrai !) :  » Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa !  »

        cela fait tout-de-même trois ans et des brouettes qu’on l’attend ce petit chant : ça leur ferait du bien : conscience soulagée …
        ah bon, zont pas de conscience ?
        déçue je suis, définitivement.

  11. Pardon de faire un (léger?) hors-sujet, mais le traitement des développements de cette crise financière par les médias me semble quasi-surréaliste, tout comme l’est le traitement de ce qu’on appelle « l’ affaire DSK », ou toute autre affaire sensible, d’ailleurs.

    Emballement, omerta, rideaux de fumée, unanimisme de façade, infos suivie aussitôt de leurs contre-infos, aboutissent à une véritable sidération du spectateur, comme aurait dit Debord.
    La société dite « de l’information » est en train de muer en un parfait simulacre, en réalité destiné à désinformer le spectateur, consentant par défaut, du coup.

    Le plus drôle, c’est que cela n’est même pas « voulu »…
    C’est le répugnant triomphe de la lâcheté ambiante, le soulagement du « on-va-échapper-au-pire »…
    Cela finit en général en « eau de boudin », comme on dit…

  12. «  »Bien que nous ne considérons pas les deux options présentées par la FBF comme étant strictement un échange (de dette), nous estimons que chacune d’entre elles tombe dans la catégorie d’une quasi restructuration au regard de nos critères », fait valoir Standard and Poor’s dans ce communiqué.

    En conséquence, si l’une de ces deux options devait être retenue, l’agence de notation déciderait d’abaisser la note de la Grèce pour la placer dans la catégorie « défaut sélectif », considérant de fait que le pays a « effectivement restructuré une partie, mais non la totalité, de sa dette obligataire ». »
    http://www.20minutes.fr/economie/752481-grece-plan-europeen-pourrait-constituer-defaut-selon-sandard-and-poor#xtor=RSS-148

    Pendant que le FMI appelle ce mercredi les Etats-Unis à relever rapidement le plafond de leur dette.

  13. Encore de mauvais chiffres en Espagne (dont l’économie dépend à 60 % du secteur privée):

    Les ventes en détail chutent de 5,8 % en un an.
    Les ventes de voitures tombent de 31,4 % en juin par rapport à juin-2010. Dans le premier semestre 2011 on en a vendu 26,8% de moins qu’au premier semestre 2010 (les pires chiffres depuis 1993).

    L’activité des entreprises hors secteur financier a chuté de 3,2 % en un an.
    Le taux d’épargne a été au premier trimestre 2011 de presque la moitié que celui d’il y a un an.
    Les banques et caisses d’épargne doivent rembourser cette année 77 Mds € et l’année prochaine 89 Mds €.
    La chute des prix dans l’immobilier continue : en un an la baisse dans le neuf est de 4,7 % et dans l’ancien de 8,2 %. Et pourtant les ventes ne décollent pas, à cause du chômage, le manque de crédits et le fait que tout le monde sait que les prix doivent baisser beaucoup plus.

    En juin, mois où, grâce au tourisme, le chômage baisse chaque année, on s’attendait à – 86 000 chômeurs et la baisse n’a été que de 67 858. La Sécurité Sociale a perdu 5 612 cotisants le mois dernier.

    La dette des régions était fin 2010 de 10,9 % du PIB espagnol. Dans plusieurs autonomies elle dépassait 15 % de leur PIB. Et cela sans compter la dette de leurs plus de 2 000 entreprises publiques et celle cachée « sous le tapis ». Rien que le déficit dans le secteur de la Santé serait aujourd’hui de 10 à 15 Mds €.

    Et pendant ce temps-là le gaspillage de l’Etat en infrastructures inutiles continue. Il est de plus de 8 Mds €. Quelques exemples: dans la région de la Galice il y a une ligne de train utilisée par 250 voyageurs par an. La ligne de l’AVE (le TGV espagnol) entre Tolède, Albacete et Cuenca a été fermée le premier juillet parce qu’elle n’était utilisée que par 15 passagers par jour. À Huelva il y a un pont vers le Portugal que personne n’emprunte. À Huesca, ville au pied des Pyrénées où les gens vont en hiver faire du ski, on a construit un aéroport qui n’a que 16 passagers par jour de moyenne. Celui de Ciudad Real (ville de 74 000 habitants située à 185 kms de Madrid) dont le coût de construction a été de 1,1 Mds €, a 65 passagers par jour et le nombre baisse chaque mois – en 2010 la chute a été de 37 % par rapport à 2009. À Castellón de la Plana, ville située à 50 minutes des aéroports de Reus et de Valence, on a inauguré en mars dernier un autre aéroport, dont le fonctionnement coûtera entre 6 et 8 millions d’euros par an et pour lequel on a toujours pas sollicité les autorisations de vol.

    http://www.cotizalia.com/valor-anadido/2011/espana-extrano-donde-consume-ahorra-20110704-5749.html
    http://www.eleconomista.es/ecomotor/motor/noticias/3199345/07/11/Espana-cierra-las-ventas-de-coches-del-primer-semestre-a-niveles-de-1993.html
    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/2011/debate-enanos-espana-borde-abismo-20110704-5748.html
    http://www.cotizalia.com/vivienda/2011/precios-previsiones-caidas-inmobiliario-20110704-70766.html
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/3204494/07/11/El-paro-bajo-en-67858-personas-en-junio-hasta-un-total-de-41-millones-de-desempleados.html
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/3204268/07/11/Las-provincias-y-minimunicipios-un-lujo-territorial-que-cuesta-22000-millones.html
    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/3204297/07/11/El-gasto-en-Sanidad-absorbe-ya-en-Espana-el-95-del-PIB.html
    http://www.eleconomista.es/flash-ecodiario/noticias/3203950/07/11/El-despilfarro-de-Fomento-en-obras-inutiles.html

  14. Monsieur Leclerc,

    J’aime beaucoup votre idée que les banques ont absolument besoin des marchés pour lever de l’argent frais et faire face à leurs échéances.

    Les dettes des états, même celles qui ont servi à sauver les banques, deviennent une concurrence intolérable pour elles. Vous le notez.

    Une autre idée que j’aime beaucoup ici est un souvenir très vague sur la valorisation des banques et autres institutions par actions. Je crois que c’est un truc à rendement financier futur. Les rentrées prochaines sont comptabilisées dans la valeur de la banque. Cela date de la dérégulation des années 80. La valeur de ces boîtes à actions a alors augmenté de façon gigantesque. Cela a permit des opérations financières (que je vois comme des dettes) sur une échelle incroyable. Bref, les banques et d’autres sont horriblement endettés. Au sens ancien de la valeur d’une entreprise, ces boîtes sont en faillite. Mais au sens actuel (intégrer les bénéfices futurs dans la valeur), elles manquent de liquidités car le niveau de leurs dettes ne dépasse pas leur valeur. Elles sont, selon leur modèle d’estimation de leur valeur, saines du point de vue financier.

    Ce modèle d’estimation des gains futurs ne marche pas pour les états. Leurs dettes souveraines en deviennent donc logiquement malsaines au moindre changement d’opinion sur la solvabilité d’un état. La Corée du Sud est pour moi un exemple superbe de pays ruiné par un tel changement d’avis. Ces pays doivent donc payer à n’importe quel prix.

    Une ironie très noire est que les banquiers se sont fait des dettes privées énormes au point d’être insoutenable face aux marchés. Les liquidités disponibles ne sont simplement pas suffisantes pour faire face. Les rentrées futures ne sont pas disponibles lorsque la dette est échue. Je suis d’avis que si les banques étaient traitées comme l’état grec, elles seraient toutes déclarées en faillite. Cette maturité de leurs dettes les amène dans cette situation à la grecque.

    Que ce soit privé ou public, le système de lever de l’argent sur les marchés arrive en bout de course. Ce système a été rendu possible par la nouvelle façon de calculer la valeur d’une entreprise (dont les banques), qui ont eu subitement des sommes énormes d’argent nominal à placer. Cela a encouragé les états et les spéculateurs à se lancer à fond dans la finance. L’expansion de la finance, son interconnexion, sa dérégulation devaient augmenter la solidité de l’édifice mondial, arrêter les crises, optimiser l’usage de l’argent, enrichir tout le monde, etc…. La finance avait besoin de plus en plus d’argent.

    Elle a commencé par réduire les salaires, puis réduire et délocaliser les postes de travail, lutter vigoureusement contre la stabilité de l’emploi (700 000 nouveaux emplois aux USA avait terrifié Wall Street), les hausses de salaire. Elle a continué en touchant des subventions des états, en se faisant baisser leurs impôts. Puis elle a directement obtenu de l’argent des états. Maintenant, ces derniers sont mis en coupe réglée (Grèce). Ils sont dépecés pour que la finance puisse continuer. Ce n’est pas fini et ça va encore empirer. Je pense que l’esclavage est une option d’avenir. Il aura un autre nom, mais ce sera quand même de l’esclavage et pour le plus grand bien de tous.

    L’ennui est que les populations et les états sont essouflés. Leur pressurage ne suffit plus à suivre les demandes croissantes des financiers. Je ne vois pas l’esclavage comme une chose très efficace du point de vue financier. Les seuls à s’en sortir sont ceux qui vendent aux pays en proie à la crise de la dette.

    L’échec du lever d’argent sur les marchés est simplement énorme. J’ai le vertige quand je le contemple. Les financiers et les banquiers en particulier ont, comme les états, de la peine à suivre le service de la dette. En fait, ils ne peuvent plus suivre la machine enclenchée dans les années 80. Vous le notez. Je pense que vous avez raison.

    Le moindre défaut n’importe où va provoquer des cascades de versements obligatoires pour des gens qui n’ont pas les « liquidités » nécessaires (CDS). Le système actuel de valorisation des actifs va se révéler (poliment) erroné dans l’opération. C’est équivalent à dire que toutes les comptabilités en cours seront bonnes à jeter. Toute l’idée des marchés financiers, au sens actuel du terme, deviendra au mieux aussi respectable que le communisme. Un arrêt complet de l’économie est envisageable. Nous n’avons pas les moyens intellectuels pour faire face à cet arrêt.

    Nos élites ne peuvent pas imaginer que faire si tout s’arrête. Ils sont bloqués par leur formation en finance et en économie. Dans cette vision de la finance et de l’économie, un arrêt est simplement impensable. L’économie, c’est la société. Tant qu’il y a des hommes, elle continue et ils possèdent la forme « scientifique » des relations humaines, la meilleure possible. Ils sont bloqués par l’idée qu’ils sont ce qu’ils ont fait. Se dédire équivaut à un suicide (même s’il n’est que symbolique). Ils sont bloqués par leur carrière, leurs amis, leur bonne opinion d’eux-mêmes. Changer de cap revient à renoncer à cela. il leur faudrait admettre que leur vie a été rigoureusement vaine. C’est pourquoi elles se battront pour se sauver « jusqu’au dernier Grec vivant » comme disait l’autre.

    Ils ont échoué, ne peuvent pas l’admettre, ne peuvent pas imaginer que faire pour traiter cet échec. Il faudrait pratiquement mettre à la porte tous les financiers d’un seul coup. Il faudrait aussi disposer d’une vision alternative de la finance admise de façon générale. Ce ne sont pas les socialistes, champions de la lutte contre toutes les discriminations, qui vont apporter une solution à ce désastre en cours.

    Pour l’explosion, je me tâte. Est-ce que ce sera la faillite des USA, de la Grèce, du Portugal ? de la renégociation irlandaise ? des banques chinoises ? J’en oublie sûrement.

    L’échec est systémique. Comme le système qui le sous-tend est plus grand et plus complexe que toute pensée humaine, il est inéluctable. Je vais détester.

    1. Vous n’avez pas compris DidierF. Ce n’est pas l’inconscience ou l’aveuglement qui mènent le monde et les hommes de pouvoir, qui sont censément les représentants des citoyens, les politiques ou des bourgeois, les financiers. C’est la peur. La peur pour chacun d’entre-eux d’être désigné par l’Histoire comme celui qui, par une seule décision, un seul acte, aura déclenché l’embrasement final.
      Comme le tout-puissant Paulson a failli l’être en lâchant Lehman il y a 3 ans. Comme un presque impuissant Papandreou peut l’être aujourd’hui, juste en claquant des doigts…
      Un monde de culs serrés. Et d’incendiaires en Puissance.
      Au premier qui bouge le petit doigt, ça va défourailler de partout…

      1. Coluche n’avait pas tort qui disait:

        « Les hommes politiques ne sont pas bêtes. Vous vous rendez compte de la gravité? Ils sont intelligents. Ca veut dire que tout ce qu’ils font, ils le font exprès. Ils y réfléchissent, ils y pensent. Parce que, vous comprenez, si c’était des cons, ça irait tout seul. On dirait: « Bon, beh, c’est des cons. » Nan, nan, nan, nan. Les présidents et les dirigeants des pays qui ont laissé crever l’Afrique, l’Amérique du Sud et bientôt les Indes, c’est des gens qui le font exprès. »

      2. J’admets ne pas associer la peur à ces gens. C’est vrai que celui qui provoque l’étincelle de l’explosion sera très très mal vu. Il sera stigmatisé comme la cause de la catastrophe, la pomme pourrie qui explique tout.

        Les autres se comporteront comme je le pense.

      3. Il est tout à fait possible d’associerpour ceux qui sont intelligents, et capables d’introspectionla peur de se rendre compte qu’ils ont mené le monde à la catastrophe, que leurs actions ont conduit à une situation bloquée, absurde, et extrêmement dangereuse qu’ils ne peuvent plus se faire d’illusions sur eux-même, la peur d’avoir eu une vie menée par l’Hubris, et parfaitement vaine . ( ce pourrait être le cas d’Attali, s’il se retirait dans un coin désert, sans moyens de communication, pour méditer …si …c’est pour cela qu’il ne saurait être totalement antipathique, à mon humble avis) …J’aimais bien cet homme, je ne sais pas pourquoi …tristesse …

      4. M,

        Ça fait deux peurs possibles pour ces gens. La première est d’être celui par qui la catastrophe arrive. Cela les mettra dans la catégorie des « moutons noirs » et ils serviront d’explication à l’implosion. Le bénéfice secondaire pour les autres sera de ne pas devoir se remettre en cause. Leur réponse au drame devrait être quelque chose comme « On ne jette pas tout à cause de quelques pommes pourries ». Cet argument a déjà servi efficacement. Je ne vois pas pourquoi il ne nous sera pas resservi. En attendant, personne ne sait qui servira de pomme pourrie. Cette incertitude doit en terrifier quelques uns. La deuxième, vous la donnez, est celle de se rendre compte que leur vie a été menée par l’Hubris (vous en donnez une très jolie définition). Cette peur est conditionnée par l’intelligence de ces gens et leur capacité à l’introspection. Pour l’intelligence, je pense qu’elle est la règle parmi ces gens. L’introspection est une autre affaire. Elle exige calme, solitude et un arrêt de toutes les activités visibles. Ça ce n’est vraiment pas la règle. Mais cela reste une peur non négligeable. J’ai été impressionné par le témoignage d’un collaborateur d’un financier racontant pourquoi son patron s’est suicidé. Il travaillait pour Madoff et s’est rendu compte que sa vie a été totalement vaine. Cette deuxième peur ne doit pas être très répandue mais elle doit vraiment faire mal. La peur de l’hubris en implique une troisième. Il y a le vide derrière cet hubris. Si quelque chose était accessible à ces gens derrière cet hubris, le suicide cité plus haut n’aurait pas eu lieu. Si ce quelque chose existait pour ces gens, ils n’auraient pas peur de l’hubris.

        Mon impression est qu’il y en a d’autres. C’est un nouveau chemin de réflexion qui est ouvert là. Quelles sont les peurs spécifiques de ces gens ? Ils sont humains. Ils en ont. Cette question implique une autre question. Comment ces gens font face à ces peurs ? Est-ce qu’une partie de leur comportement ne résulterait pas de ces peurs ? Est-ce qu’ils ne nous font pas payer pour calmer leurs peurs ? Ce sont des humains. Mettre ces points en lumière pourrait se révéler très intéressant.

        PS : Attali, si c’est celui auquel je pense (il y en a deux en circulation), a permis a Paul Jorion de sortir son premier livre. À cause de cela, je vous rejoins. Cet homme ne peut pas m’être totalement antipathique. Je vous rejoins aussi sur l’enthousiasme limité.

      1. L’assemblée de Syntagma ? Combien

        « Sous moi donc cette troupe s’avance,
        Et porte sur le front une mâle assurance.
        Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
        Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
        Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
        Les plus épouvantés reprenaient du courage ! … »
        Le Cid / Corneille

  15. Je suis d’accord avec Aliena:
    La Fed ne laissera pas tomber l’Etat fédéral US, et la Fed ne peut etre en faillite. A moins d’etre dirigée par un malade mental qui évaluerait selon le marché, les actifs toxiques dans ses coffres. Surtout que le « mark to market » a été suspendu ou supprimé.
    En clair c’est du vent. Une pression stupide sur ces idiots d’américains républicains, qui ne comprennent meme pas leur économie libérale.
    Ce dont les marchés ont peur, c’est la dépreciation du dollar qu’entraine les QE, c’est à dire cette forme de planche à billet.
    En Europe c’est la meme chose. Avant la crise, la Gréce n’était pas en danger, mais l’attaque des marchés sur sa dette, l’a mise en perdition.
    Les taux imposés à la Grece pour rouler (Roll over) sa dette sont totalement délirant, encore une fois les agences de notations font n’importe quoi vis à vis de la réalité pour en profiter.
    Or les autorités euopéennes trouvent ça normal, et continuent à trembler sans rien faire devant ces agences, donc Mister Market.
    Si on imagine justement qu’on peut rouler sa dette avec 0% d’interet, il n’y plus aucun problemes de charge de la dette pour la Grece!
    Haaaaaaaaaa! Mais non! Que fait-on de « l’aléa moral »?
    Bien sur, un pays mal géré qui profite de la planche à billet sans souci, c’est irresponsable…
    Pour moi c’est le point central de l’Europe: L’Europe de l’euro est inepte. On nous a vendu ça à la place de l’Europe politique.
    C’est de l’arnaque. On a mise la charrue avant les boeufs.
    C’est pourtant ce que disait Friedman, et les autres comme Soros, Roubini, etc…
    La Grece hors zone euro aurait fait attention à ses dettes, et son marché interieur serait plus compétitif. De plus les marchés ne se seraient pas acharné sur la Grece. Pourquoi? Mais parcequ’évidement, les marchés savent qu’il y a la zone euro derriere la Grece, et qu’ainsi il n’y a aucun risque à terme de dévaluation ni de défaut, malgrés le chantage actuel sur les grecs! C’est excellent pour la spéculation sur la dette! La dévalutaion d’une monnaie est aussi une arme contre les marchés spéculatifs. C’est pourtant simple, investir dans une drachme 50% plus faible que l’euro c’est avoir des revenus 50% plus faibles qu’avec l’euro. Donc ça n’interesse pas les rentes à cours termes. Le marché spéculatif grec devient un terrain de jeu trop dérisoire. Ensuite le défaut sur la dette est bien plus probable!
    Ce que veulent les marchés? Une stabilité de la monnaie. Sans cela leur spéculation devient dangereuse et aléatoire.
    C’est pourquoi il n’est pas utile comme dit Jorion d’interdire les paris sur les prix. Il suffit au contraire de faire disparaitre toute monnaie mondiale, tel le dollar. Ainsi l’actuelle globalisation financière est morte, et tout ce systéme de produits dérivés basés sur le risque devient totalement obsoléte. Depuis les crises des années 1990 le sud-est asiatique à commencé a se proteger sur les transferts de capitaux, ainis que récemment le Brésil. Sans compter la Chine, bien sur. Ce n’est pas du tout étrangé a leurs succés dans l’économie réelle.
    De fait ils montrent la voie, malgrés les hurlements des économistes néoclassiques et les prophetes de la mondialisation heureuse.
    Il est évident que l’Europe avec ses preceptes de libre circulation des capitaux est totalement à coté de la plaque, et est en train d’aller contre l’Histoire. Cette thése basée sur l’autorégulation des marchés est totalement obsolete. Si on accpete que les capitaux ne peuvent pas s’échanger ni circuler n’importe comment (Voir la spéculation dangereuse sur les matieres premieres), le bancor, ni l’interdiction des paris sur les prix, ni meme la taxe Tobin ne sont utiles. Mais la on va me prendre pour un Léniniste.
    Ma thése, c’est qu’une bonne anarchie régulée, est meilleure que n’importe qu’elle direction mondiale. (Rien à voir avec le libertarisme qui refuse les Etats et toute instance régulatrice). Les pays émergeants qui curieusement ont tous trés bien résités à la crise en sont la parfaite démonstration!
    Encore un fait extraordinaire: Malgrés leurs auto-protections ils s’échangent trés bien entre-eux! Donc les théories du vaste marché mondial sans contrainte qui développe la planete (TINA!) c’est du pipeau total.
    Les régulations ne doivent pas etre une, mais multiples et differentes selon les zones.
    C’est d’ailleurs ce qu’a toujours fait la Vie sur Terre depuis des milliards d’années.

    1. Il suffit au contraire de faire disparaitre toute monnaie mondiale, tel le dollar

      C’est justement le problème, on ne peut l’isoler de la dimension géo-stratégique des USA, et seul un évènement majeur pourra les y contraindre, et encore, nous ne savons pas quelle serais leur réaction, mais il y a fort à parier qu’ils veulent conserver un leadership sur le système à venir, quel qu’il soit.

      L’Europe, inféodée au système américain se cherche dans la nouvelle donne créée par le développement de nouveaux blocs, son positionnement (tant qu’elle reste une entité) pèse sur le rapport de force qui se profile dans cette négociation qui est désormais inéluctable.

      En clair, d’autres puissances en devenir ont besoin de l’Euro, il n’y a pas vraiment d’alternative, là aussi TINA pour la Chine et ses alliés!

  16. Bonjour :

    Question : sur les 60 à 70% de dette publique française détenus par des étrangers qui peut me dire les nationalités de ces créanciers ?

    çà fait un moment que je cherche mais pas trouvé….

    Grâce à vigneron nous avons un début de réponse, nous avons donc identifié un tiers des 70%, reste 1000 milliards hors zone.

    http://gesd.free.fr/flas0124.pdf

    Sur les 500 milliard intra zone, je vois Suisse : 32.3, Luxembourg : 83.8, Royaume-Uni Autres institutions financières : 26.5 pour ne citer que ces pays…
    Volontairement je cite des provenances qui peuvent être particulièrement opaques, à qui payons nous des intérêts ?
    Trafiquants de drogue ?
    Mafias en tout genre?
    Exilés fiscaux ?

    Et quid des 1000 milliards restants, à qui payons nous des intérêts ?

    Si quelqu’un a des infos merci.

  17. Lundi 4 juillet 2011 :

    Standard & Poor’ sème le trouble sur l’issue de la crise grecque.

    Standard & Poor’s a jeté lundi de nouveaux doutes sur l’issue de la crise grecque en prévenant que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de titres reviendraient à placer Athènes en situation de défaut sélectif.

    La mise en garde de l’agence de notation a du coup donné un coup d’arrêt au rally boursier observé la semaine dernière sur les valeurs bancaires européennes alors que les ministres des Finances de la zone euro ont donné samedi leur feu vert à une nouvelle tranche d’aide de 12 milliards d’euros à la Grèce.

    Par l’intermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), les banques françaises, qui sont les banques étrangères les plus exposées à la Grèce, ont proposé deux plans d’action pour le rollover de la dette grecque pour couvrir les besoins d’Athènes de 2011 à 2014.

    Mais, selon S&P, l’un comme l’autre impliquent des pertes pour les créanciers privés de la république hellénique.

    « Si l’une ou l’autre de ces options étaient mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et à défaut d’information complémentaire, nous considèrerions probablement cela comme un cas de défaut », prévient l’agence de notation américaine dans un communiqué.

    « Dans ce cas, nous abaisserions probablement la note souveraine grecque à ‘SD’, ce qui indiquerait la restructuration dans les faits d’une partie, mais pas de la totalité, de sa dette obligataire. »

    En Bourse, les valeurs bancaires européennes, qui avaient profité la semaine dernière d’un certain optimisme autour du dossier grec, sont repartis à la baisse.

    Vers 13h15, l’indice de référence Stoxx 600 des banques européennes est en baisse de 1%.

    A Paris, les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses du CAC 40.

    BNP Paribas, Crédit agricole, et Société générale abandonnent respectivement 1,76%, 1,95% et 2,05%.

    CDS GRECS EN HAUSSE

    « Le soulagement venu la semaine dernière du vote des députés grecs est maintenant quelque peu éclipsé par cette annonce (de S&P, NDLR) », fait remarquer Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities.

    La mise en garde de S&P « pourrait venir perturber la succession d’annonces crédibilisant que la situation grecque était de nouveau sous contrôle à horizon 12 mois », soulignent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.

    Après le court répit de la semaine, les primes de CDS (credit default swaps) de la Grèce sont d’ailleurs repartis à la hausse. D’après le fournisseur de données Markit, les CDS à cinq ans, qui protègent contre un défaut de la dette publique grecque, ont augmenté lundi de 48 points de base.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110704.REU3701/standard-poor-seme-le-trouble-sur-l-issue-de-la-crise-grecque.html

    1. BA

      De toutes les façons la Grèce est techniquement en défaut, que celui -ci soit acté ou non par les agence de notation. (je me demande quel mécansime aurait l’agrément de ces agences).

      Est ce que la notation SD enclencherait le mécanisme de règlement des CDS, partiellement ou totalement ?

      Est ce qu’un défaut et/ou une restructuration ne coûterait pas au final moins cher que ces plans à répétition ?

      1. « Est ce que la notation SD enclencherait le mécanisme de règlement des CDS, partiellement ou totalement ? »

        Ca dépend de ce que décidera l’ISDA.

        Lisez cet article :

        Mais au fait, qui jugera si la Grèce se trouve ou non en situation de défaut de paiement quand la dette de celle-ci sera réaménagée ? Le «défaut de paiement» n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une notion clairement établie. On peut en fait distinguer trois types de défauts, et encore plus d’arbitres qui auront à prendre position :

        • Le défaut peut être une notion comptable. Il est alors caractérisé par le constat d’une dépréciation des obligations dans les bilans des banques, même quand celles-ci ne sont pas inscrites à leur valeur de marché. Qui en décide? Les commissaires aux comptes, guidés par les normes comptables édictés par l’International Accounting Standards Board, un organisme professionel et indépendant basé à Londres.

        • Le défaut est aussi caractérisé quand il constitue un «évenement de crédit» qui provoque le paiement des CDS (credit default swaps), ces produits dérivés qui font office de contrats d’assurance sur les obligations souveraines. Et ici, c’est l’ISDA (International swaps and derivatives association) qui juge s’il y a ou non défaut. De nouveau, on a affaire à une organisation professionnelle, toujours basée à Londres.

        • Le défaut est un critère de l’échelle de notation des agences, dont les «ratings» sont toujours – même si les régulateurs s’en émeuvent – des opinions intégrées dans les textes prudentiels qui s’appliquent aux banques et autres gestionnaires de fonds. Pour ce défaut-là, trois arbitres sont principalement à la manoeuvre: S&P, qui a donc douché ce matin les espoirs de trouver un plan de réaménagement de la dette d’Athènes neutre à ses yeux, Moody’s et Fitch.

        http://www.lefigaro.fr/societes/2011/07/04/04015-20110704ARTFIG00400-defaut-grec-deux-enjeux-cinq-arbitres.php

        « Est ce qu’un défaut et/ou une restructuration ne coûterait pas au final moins cher que ces plans à répétition ? »

        Moins cher pour qui ? Moins cher pour les créanciers de la Grèce ? Ou alors moins cher pour les contribuables européens ?

        Nos dirigeants politiques vont devoir choisir qui va payer les dizaines de milliards d’euros du défaut grec :

        – Est-ce que les dirigeants politiques vont demander aux créanciers de la Grèce de cracher au bassinet, sans contrepartie, sans aide, sans subvention ? J’ai bien peur que non.

        – Ou alors est-ce que les dirigeants politiques vont demander aux contribuables de payer ? J’ai bien peur que oui. Le Mécanisme Européen de Stabilité sera peut-être chargé de racheter la dette grecque. Concrètement : les contribuables européens seront peut-être chargés de racheter la dette grecque après les élections française et allemande (après 2013).

      2. @BA: bien sûr que les contribuables payeront. Qui d’autre sinon? Même si on augmente les impôts uniquement sur les riches et les entreprises c’est quand même encore une catégorie de contribuables qui paye. A partir du moment où on n’a pas laissé les banques faire faillite sans toutefois les nationaliser complètement, on a décidé que le contribuable payerait. La question est plutôt: quelle catégorie de contribuable va-t-elle payer? Et mon petit doigt me dit que ce n’est pas celle qui a déjà bénéficié du plan de sauvetage des banques.Pourquoi sinon ne les aurait-on pas nationalisé illico et pourquoi maintenant ne fait-on pas défaut sur les dettes quitte à nationaliser les banques perdantes? L’objectif premier n’est pas de sauver le système, c’est de sauver ceux qui bénéficient du système (ce qui passe par le sauvetage du système mais pas de n’importe quelle manière).

  18. Le titre de cet article m’a rappelé histoire russe sur l’histoire de la Russie communiste où il est justement question de rideaux. Je ne me souviens plus précisément de cette parabole ferroviaire, mais je vais tenter de vous la rendre du mieux que je peux.

    Staline, Krouchtchev, Brejnev et Gorbatchev sont dans un wagon du Transsibérien pour une tournée d’inspection de l’URSS. Soudain, le train s’arrête en rase campagne. Au bout d’une heure, le train ne repartant toujours pas, Staline sort du wagon pour aller au nouvel. A son retour, il annonce : « Le train est en panne, j’ai fait fusiller les conducteurs de train ».

    Après une autre heure d’attente, Krouchtchev, sort du wagon. A son retour, les autres lui demandent ce qu’il a fait. Il répond : « J’ai écrit un communiqué annonçant au Peuple Russe la réhabilitation des conducteurs du train ».

    Une autre heure passe, Brejnev se lève et ferme les rideaux du wagon. Quand on lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je tire les rideaux et nous allons faire comme si le train avançait ».

    Malgré ces brillantes solutions, le train n’avançant toujours pas, Gorbatchev se lève et annonce à la cantonade : « Je vais réparer la locomotive ». Il est descendu du train. On ne l’a plus jamais revu et le train rouille depuis fort longtemps sur les voies délabrées du Transsibérien.

    A quel moment de l’histoire du capitalisme sommes-nous ? Je serai tenté de dire que nos gouvernants économiques et politiques sont en train de tirer les rideaux.

  19. En révisant mes connaissances sur la BCE (ou ECB pour les anglophiles)
    Je tombe sur cet excellent diaporama :
    http://www.ecb.int

    Intriguées par l’extension .int je regarde sur le site allemand .de http://www.ecb.de

    Et je termine par le site .fr http://www.ecb.fr

    Et là effectivement je comprends mieux, les différences de points de vue entre la France et l’Allemagne sur la compréhension du problème et les solutions mises en oeuvre.

  20. La crise s’étend au marché obligataire souverain

    si c’est un scoop, j’ai l’impression que vous en parlez depuis des lustres sur ce blog !

      1. oui d’ailleurs si je me souviens bien, souverainiste c’est un gros mot, ou alors cela désigne un pessimiste.

  21. http://www.lepoint.fr/economie/standard-and-poor-s-menace-de-declarer-la-grece-en-defaut-de-paiement-04-07-2011-1349074_28.php

    S&P menace de déclarer la Grêce en défaut de paiement. Comme le dit l’article, à chaque fois qu’un pas en avant est fait (même si tout ça pue la mise en pièce organisée du pays), les agences de notations abaisse la note sur les marchés.
    Sont-elles réellement autonomes ou sont-elles pilotées par la maison blanche ? Franchement je pose la question….

  22. HOP LA !!!!! On craint pour la grêce , l’euro et nos économies ?
    Minnesota , gouvernement fermé , 20000 fonctionnaires dehors sans leur paie , services publics fermés , faillite , manque 5 Md$ …….
    CA C’EST ENCORE AUTRE CHOSE.
    Arrétez de vous plaindre les français , arretez de réver et de bavasser , regardez autour de vous et mettez vous à gagner du pognon pour rembourser les dettes dont vous avez bénéficié et que vous avez laissé faire par vos représentants , caissiers , élus , énarques , menteurs , etc….
    C’est votre faute d’avoir laissé faire.

    1. puisque c’est caché, interdit, inabordable, noyauté, opacifié, flouté, floué, foulé aux pieds ( la Loi, pas le raisin …quoique le raisiné n’est pas loin, quand Al Capone est de sortie), ya qu’à dire que c’est peanuts : impossible de mettre la main dessus : or, c’est non autorisé, hors la Loi, wanted :
      malversation = 0 + 0 = la tête à toto !
      Y’a plus ! la fête est finie !
      On redémarre à zero. Disparu par pertes et profits ( ont profité ; y perdent : pas pleurer, non !)

      En fait, tout est si simple! Virtuels sont les paradis fiscaux : virtuel est l’argent frauduleux ou rendu frauduleux par en dessous . Le virtuel n’existe pas. Donc, pas d’argent ; pas de dettes ; juste les comptes courant (leur valeur déposée) =) si les banquiers ont fait joujoux : qu’ils se démerdent.
      Nous ne voulons pas savoir . Point .
      Qu’ils se débrouillent entre mafieux.

  23. La vidéo d’Apathie, aimablement glissée sur le blog par eric, me conforte dans mes inclinaisons…voyons, voyons, si nous avons bien tout compris, la dette française serait détenue pour une bonne part par d’obscurs edge funds planqués bien au chaud dans les îles Caïman….un paradis….surtout pour le pognon légèrement ou franchement sale, celui de la drogue, des trafics d’armes, de la fraude fiscale, de la corruption, etc etc etc
    en bref,imaginez un seul instant que Don Corléone , Pablo Escobar, Victor Bout et Léonid Minin ( ah celui là! toujours en fuite) et associés auraient planqué leur pèze dans des placements de père de famille, après avoir passé tous les montages destinés à égarer les fins limiers chargés de pister l’argent sale….
    Comme ça, juste une idée: et si on leur disait d’aller se faire foutre, confisqué, l’argent noir! ya une justice, m….
    bon, faudrait faire le tri entre les éconocroques de la veuve de Carpentras et le reste, et si les proprios de l’île en question se rebiffent, on pourrait leur expédier le Charles De Gaulle avec un groupe aéronaval au complet, à mon avis, ça devrait le faire ( avant, on envoie De Villepin faire un beau discours à l’ONU )
    Ca mérite d’être creusée, cette petite idée, après tout, les corsaires, c’est bien nous qui les avons inventés, non ?

    1. Corsaires? Nelson disant à Surcouf: « Vous vous battez pour l’argent. Nous, c’est pour l’honneur. » Réponse de Surcouf: « On se bat toujours pour ce qui manque le plus… »

      1. à l’époque, ils avaient de la branche au moins ! de fortes personnalités =) maintenant les minus habens sont de sortie !

    2. Groucho la « tortue-caïman » est britannique ou hollandaise……
      Et puis le Loyds refusera de classifier votre navire…….
      De plus « votre » Charles de Gaule est affrété par L’OTAN……. Et l’invincible armada Espagnole depuis longtemps par le fond…… La couronne tient toujours les cinq caps.
      Vous allez finir pendu haut et court ami « pirate » des caraïbes.
      Votre « corsaire » c’est un « vaurien » qui fait de l’esprit ! 🙂

  24. Le problème est que les déficits publiques ne diminuent pas, ne peuvent diminuer pour de mulitples raisons, bien au contraire.
    La France est à 84,5 pourcent du PIB, l’Italie est dans une situation critique, peut-être la prochaine cible des agences de notation et des marchés financiers. La classe politique essaye, en ce moment, de gagner du temps, de rassurer les marchés, elle promet de faire des économies, de taper sur les pauvres et chômeurs et cétera. Mais cela ne résoudra nullement le problème global, pas maintenant, ni après 2012.
    La Grèce est partout, à des degrés différents.

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