L'actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc

Billet invité.

Le G8 de Deauville venait vendredi à peine de se terminer que la Commission de Bruxelles signalait par voie de presse que « le temps presse » pour trouver une issue au rebondissement de la crise grecque, qui risque de tout entraîner avec elle. Les semaines qui viennent ne seront pas de trop pour tenter de dénouer le nœud de contradictions aggravées que cette affaire révèle.

Cela part mal en cette fin de week-end, le commissaire européen Olli Rehn laissant entendre que l’Union européenne pourrait ne pas débloquer la prochaine tranche du prêt de 110 milliards d’euros, d’un montant de 12 milliards, le rapport de la Troïka chargé d’examiner sur place les comptes grecs pouvant être négatif. Tout se joue sur le programme de privatisation de 50 milliards d’euros, qui représente la seule garantie de remboursement possible, en raison de la situation dans laquelle le plan de sauvetage a plongé la Grèce.

Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, avait sonné le tocsin dès jeudi, mais c’était prématuré : il ne fallait pas brouiller la communication du sommet. Il avait mis en garde contre le risque que le FMI ne débloque pas, le 29 juin prochain, la tranche prévue de son prêt, entraînant l’Union européenne dans un même refus, plongeant alors la Grèce dans un défaut sur sa dette, faute d’avoir obtenu ce versement. Le même évoquait sans prendre plus de gants le méchant calcul d’un FMI cherchant à ce que les Européens se substituent à lui, éventualité hautement improbable en raison du blocage prévisible de nombreux pays.

Caroline Atkinson, porte-parole du FMI, confirmait par la suite le bien-fondé de cette alerte, reconnaissant que « les marchés ne sont pas où nous prédisions qu’ils seraient » – en référence aux taux exorbitants exigés par eux – tout en s’appesantissant avec des formules générales sur la nécessité pour le FMI d’avoir la garantie d’être remboursé quand il effectue des prêts. « C’est comme cela que nous assurons la sécurité de l’argent de nos Etats membres », a-t-elle fait valoir.

N’ayant pas l’intention de réintroduire une situation à l’Irlandaise et d’être suspendu aux effets d’un changement de majorité gouvernementale, dans l’intention au contraire de reproduire le schéma portugais ayant permis de dégager un consensus entre les partis de gouvernements s’affrontant aux prochaines élections du 5 juin, le FMI et la Commission ont mis le maximum de pression pour que les partis grecs procèdent de même, sous les auspices du président de la république, Carolos Papoulias. La mission de la Troïka avait été prolongée, afin de différer le rendu de son rapport, sur la base duquel la décision finale doit être prise.

Mais George Papandréou, le premier ministre grec, a du prendre acte de l’impossibilité d’y parvenir, pour annoncer vendredi : « Nous remplirons cette mission [sortir le pays de la crise] avec ou sans consensus », ne répondant pas cependant à la demande pressante…

Dans cette nouvelle séance de Guignol – où les petits enfants préviennent le gentil lorsque le méchant survient à pas de loup par derrière – Nicolas Sarkozy est apparu dans le décor de Deauville pour tenter d’amorcer une ébauche alambiquée de compromis. Il va bien falloir en trouver un, ou se résigner à assister au premier épisode du démantèlement de la zone euro. « Si la question est ‘est-ce que l’on peut réfléchir à la façon dont des agents privés ou des partenaires privés puissent prendre une part du fardeau’ – s’est-il interrogé dans son français inégalé – on n’est pas du tout dans la restructuration. Il y a des formules, il n’y a pas de problème, et c’est dans cette direction que chacun devra converger ». « La participation du secteur privé, il y a moyen de le faire sans porter atteinte à cette crédibilité [celle de la défense de l’euro]. Je vous confirme que la France n’emploie pas le mot restructuration parce que je pense que c’est un mot qu’il ne faut pas employer et une réalité qu’il ne faut pas envisager ».

La parole est maintenant à Jean-Claude Trichet, président de la BCE, qui s’est pour l’instant contenté de marquer son avantage, après avoir réussi à faire reculer des Allemands plutôt favorables à un rééchelonnement de la dette grecque, en réitérant dans une déclaration au Aachener Zeitung (le quotidien d’Aix-la-Chapelle) que « Nous avons besoin de sanctions automatiques contres les auteurs de déficit. Tout le processus – depuis la constatation d’une situation budgétaire critique jusqu’à l’instauration d’amendes – doit se dérouler automatiquement ». Une position intransigeante qui vise à totalement enfermer les Etats dans la logique d’une politique fiscale qui n’est pas de son ressort, au prétexte de la défense de l’euro.

Dans l’immédiat, les positions défendues par le FMI, la BCE et semble-t-il la majorité des pays de l’UE, sont franchement opposées les unes aux autres. Une grande réussite encore jamais atteinte ! La partie de poker menteur qui est engagée va se poursuivre jusqu’au dernier moment, George Papandréou ayant obligeamment donné le timing de la fin de partie en annonçant que le pays pouvait financièrement tenir jusqu’au 15 juillet dernière limite. Nous incitant à bien entendu regarder le dessous des cartes des joueurs.

On peut déjà observer que, vu des Etats-Unis et selon les analystes financiers cités par le Wall Street Journal, l’Espagne et l’Italie sont dorénavant en ligne de mire. Développant une analyse divisant la zone euro en trois catégories, ils considèrent que celle de la zone des tempête va désormais s’élargir aux pays de la seconde, qui n’étaient pas les plus menacés – la Belgique, l’Italie et l’Espagne – le plein ayant été fait des pays dont c’était le sort prévisible.

La BCE a de son côté donné un signal inquiétant, en accroissant la décote qu’elle effectue sur les obligations portugaises lorsqu’elle les prend en garantie de ses prêts aux banques (elle ne prête qu’un certain pourcentage de la valeur nominale des titres pris en pension). Elle resserre ainsi le filet autour des banques portugaises et de l’Etat, et cherche à accréditer sa menace de refuser de continuer à prendre en garantie la dette grecque, si celle-ci devait être d’une manière ou d’une autre restructurée. Mais elle met en même temps en valeur la fragilité de l’ensemble de l’édifice dont elle est la clé de voûte.

Sans entrer dans les amorces des méandres révélées des négociations et les grosses ficelles mieux connues de la technique financière, il se joue une autre partie en parallèle, toute aussi décisive, et qui éclaire la précédente. Elle se déroule actuellement ainsi : les mégabanques récupèrent auprès de la BCE les collatéraux qu’elles y ont mis en pension – ne se présentant plus à son guichet pour y obtenir des liquidités – préférant les utiliser pour les adosser à des émissions d’d’obligations sécurisées (covered bonds) – pour 120 milliards d’euros au 1er trimestre 2011 – afin d’accroître ainsi leurs fonds propres. Simultanément, elles sont en passe d’obtenir des autorités européennes – qui comme Michel Barnier s’en offusquent, quand on le lui fait remarquer – des aménagements favorables à cette opération, profitant de la transposition européenne de Bâle III. En particulier, un allongement du calendrier selon lequel ce type d’obligation continuera d’être comptabilisé dans les fonds propres pris en compte dans le calcul des ratios obligatoires.

En termes plus simples, cela signifie que les banques européennes émettent de la dette pour répondre à leurs obligations de renforcement de leurs fonds propres, donnant comme garantie aux investisseurs que les titres auxquelles leurs émissions obligataires sont adossés sont d’excellente qualité puisqu’ils ont été auparavant acceptés par la BCE (qui n’a pas été si regardante que cela à leur sujet).

La BCE a d’ailleurs réuni dernièrement à deux reprises des experts en obligations sécurisées afin d’étudier la possibilité de leur voir attribuer une sorte de label de qualité, destiné à rassurer des investisseurs échaudés, reprenant en cela les propositions du Covered Bond Investor Council. La question est délicate, car les intérêts des investisseurs et des émetteurs ne coïncident pas ! Mais, à l’arrivée, la question est de savoir si les investisseurs vont éponger l’énorme offre qui se présente, ce qui n’est pas du tout certain. Une offre qui par sa dimension est aussi le signe, s’il en est besoin, des importants besoins des mégabanques qui affectent une insolente santé.

La confiance, toujours la confiance ! Comment la créer, en bénéficier, et puis la tromper ! Le système financier a besoin d’assises qu’il ne trouve plus, vu sa dimension, dans l’économie, ni dans des référents monétaires qui s’effritent et risquent de le faire encore plus demain avec le retour de la stagflation. L’immobilier est un piège si l’on n’y prend garde, les matières premières un jeu trusté par les plus puissants, le Forex (le marché monétaire) demandant également de disposer d’importantes liquidités.

Il faut disposer de sommes de plus en plus importantes pour accéder aux tables du casino et, même en Bourse, c’est le High Frequency Trading qui se répand et se développe, associant marges faibles et gros volumes. Nous sommes plus que jamais dans l’ère des mégabanques, qui s’affranchissent des régulations, ayant discrètement les pieds dans le shadow banking. Les Etats et la puissance publique ne font plus le poids. En conséquence, les mégabanques sont juges et parties, réalisation la plus achevée du conflit d’intérêt dont elles font leur affaire et leurs business.

En agitant en pure perte et de moins en moins vigoureusement le risque systémique, tout en reconnaissant ne pas savoir le mesurer, ceux qui prétendent encore l’encadrer se méprennent ou amusent la galerie, car il est consubstantiel au système.

En attendant la suite, que permet d’observer la partie qui se joue actuellement dans l’arrière salle  ?

1. Une nouvelle inégalité de traitement entre les Etats et les établissements financiers : les premiers sont sommés de réduire leurs déficits tandis que des facilités sont à nouveau accordées aux seconds, afin de recommencer à s’endetter. Ils sont sommés de s’effacer devant les seconds, car il n’y en aura pas pour tout le monde au meilleur prix sur les marchés. Par ses interventions, la BCE suggère d’ailleurs aux investisseurs de donner leur préférence au financement de banques hautement rentables plutôt qu’aux Etats mauvais gestionnaires, dont les obligations pourraient subir une décote, puisqu’elle même prend ses précautions.

2. Le système financier veut à nouveau garantir de la dette par d’autres dettes, reconstruisant un échafaudage plus ou moins solide, en utilisant des instruments financiers qui assimilent dette et capital ! Le retour de la titrisation étant remis à des jours meilleurs, faute de confiance des investisseurs, il est nécessaire pour les banques d’accumuler en quantité ces quasi fonds propres, afin d’être en mesure de réalimenter la machine à faire de la dette, tout en respectant formellement les nouvelles normes prudentielles. En attendant de pouvoir utiliser les bénéfices attendus du fonctionnement de cette même machine, qui seront pour partie affectés aux réserves et pourront permettre d’augmenter le capital. Une vraie gymnastique de financier comme ils les aiment, sauf que nous en sommes le filet de sécurité !

Sans susciter d’incommensurable surprise, les mégabanques se sont donné comme but de remettre en marche les mécanismes qui leur ont pendant longtemps si bien réussi. En s’adaptant aux petites servitudes d’une régulation taillée très large et leur laissant leurs aises.

Une fois acquis que les faux-frais de la crise sont financés sur fonds publics, les déficits doivent ensuite être réduits, afin de libérer le marché à leur intention. Symboles du système, les mégabanques reproduisent ainsi l’histoire du noyé qui en se débattant fait couler le maître nageur pour rester hors de l’eau.

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45 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc »

      1. Les mercenaires du capital ont évacué la Bastille.
        Ils croient remaner les peuples à l’hiver.
        Ce n’est qu’un début…

  1. Souvenons nous avec affection de tous ces experts économistes français qui nous garantissaient il y a quelques annees que la Grèce ne posait pas problème car c’etait peanuts dans le PIB européen (4%);
    Je pense à O; Pastré mais il etait loin d’être le seul.

  2. Quel exp(l)osé!
    Une question

    La BCE a de son côté donné un signal inquiétant, en accroissant la décote qu’elle effectue sur les obligations portugaises lorsqu’elle les prend en garantie de ses prêts aux banques (elle ne prête qu’un certain pourcentage de la valeur nominale des titres pris en pension).

    On sait que la BCE est une institution de plus de cette Europe anti-démocratique, et donc non transpararente, mais est-il possible d’avoir une idée de cette décote et comment elle évolue par rapport aux CDS?

    1. La décote a augmenté de 5%, passée de 5,5 à 10,5% (pour certaines catégories d’obligations).

  3. Un pas de plus vient d’être franchi dans l’absorption de votre assurance vie lorsque Bruxelles déclare autoriser les banques européennes à inclure vos dépots dans leur capital manquant pour respecter Bäle 3.
    L’état était déjà collé à votre ass-vie par sa dette , maintenant les banques aussi , on risque de vous absorber 2 fois.
    YAXA ?

  4. Puisque le système repose sur de la dette il est impératif, pour qu’il puisse redémarrer, qu’il trouve les moyens de créer encore de la dette, tout en ne purgeant pas (ou très peu) le stock de dette né avant et après octobre 2008. Les cas italiens et espagnol se profilent désormais derrière le cas grec. Le processus est inévitable. De même que les cas britanniques ou français finiront un jour ou l’autre par occuper le premier plan. Ne serait-ce que parce qu’il est dans l’ordre « normal » des choses (normal au sens d’un enchaînement logique tiré d’un rapport de forces) que les prêteurs mettent en avant un risque théorique de défaut pour justifier l’accroissement continu des primes de risque (spread). Ce faisant ce qui n’était qu’un cas de figure simplement théorique devient un cas de figure pratique (prophétie auto réalisatrice) dans un univers où la puissance publique refuse, ou ne peut plus, poser de garde-fous.

  5. Des nouvelles du système bancaire étasunien: «compte tenu de la demande limitée de crédit de la part d’emprunteurs solides, les banques ont fini par utiliser ces financements pour accumuler des réserves ou investir dans des actifs peu risqués et à bas rendement, plutôt que de prêter».

    « Les banques américaines sortent péniblement de la crise »
    http://www.agefi.fr/articles/Les-banques-americaines-sortent-peniblement-crise-1180871.html

    Hélas non, elles ne sortent pas de la crise. La « crise » est en quelque sorte gelée, mais point du tout résolue.

    1. Il s’agit d’une analyse de la FDIC qui concerne d’abord le tissu des banques régionales, pas les mégabanques ! L’activité de crédit est réduite, les banques accroissent leurs réserves. Ce n’est pas spécialement un bon signe pour l’économie et les particuliers.

    2. D’ailleurs avec les liquidités accumulées (USA : mégabanques env. 1 tr. usd et entreprises env 1,8 tr. usd) il vaut peut-être mieux que le crédit ne redémarre pas trop vigoureusement…On se console comme on peut.

  6. La ploutocratie tient la barre fermement et il y a encore une classe moyenne a dépouiller avant que le filet présente des faiblesses !

  7. Paris : quelques milliers de manifestants place de la Bastille pour une « réelle démocratie ».

    A l’image des « indignados » espagnols, quelques milliers de personnes se sont rassemblées dimanche place de la Bastille à Paris pour soutenir l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid, avec le souhait d’impulser en France un mouvement similaire pour dénoncer les plans d’austérité, le chômage, la précarité et réclamer une « réelle démocratie ».

    Les manifestants, essentiellement des jeunes, se sont rassemblés sur les marches de l’Opéra dans une ambiance d’assemblée générale permanente, au milieu d’une forêt de banderoles et pancartes, a-t-on constaté sur place.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=62777a12515f45625c58bca6ce2b4a67

  8. Qui veut mon ‘bailout’, qui veut mon ‘bailout’??

    Les Irlandais vont demander un second plan d’aide selon Reuters(agence reine en manipulations dramatiques chaque dimanche soir, sur ordre de qui au fait?)

    Ireland may need more EU/IMF cash: minister.

    (Reuters) – Ireland may have to ask for another loan from the European Union and International Monetary Fund because it will struggle to return to debt markets to raise funds next year, a government minister said on Sunday.

    http://www.reuters.com/article/2011/05/29/us-eurozone-idUSTRE74Q1YV20110529

  9. « Nous avons besoin de sanctions automatiques contres les auteurs de déficit. Tout le processus – depuis la constatation d’une situation budgétaire critique jusqu’à l’instauration d’amendes – doit se dérouler automatiquement « .

    Aucun parti politique français ne s’élève actuellement contre ces propos qui sont une déclaration de guerre aux peuples.

    Seul le Parti de gauche s’insurge spécifiquement contre cette situation, le PS ne dit rien sur l’europe et l’Euro idem pour EELV pour l’instant , ni sur le blog d’Eva Joly.
    Rien dans la plupart des médias!

    1. Avec quel argent vont donc payer ces pays leurs ‘amendes’?Ridicule….alors qu’ils ne savent déja pas rembourser ni intérêts ni principal….

    2. Seul le Parti de gauche s’insurge

      Heureusement c’est faux. De plus de plus de français refusent de payer pour les banquiers, et pas seulement pour négocier des places auprès du PS.
      Crise de la dette publique : sommes-nous condamnés à l’austérité ?
      http://www.npa2009.org/content/crise-de-la-dette-publique%E2%80%89-sommes-nous-condamn%C3%A9s-%C3%A0-l%E2%80%99aust%C3%A9rit%C3%A9%E2%80%89
      Conclusion de l’article:

      La seule issue est la mise en place d’un gouvernement des travailleurs eux-mêmes, en rupture avec les institutions nationales et européennes, qui aurait la capacité de répudier la dette tout en s’attaquant au pouvoir des capitalistes sur l’économie.

      1. Charles oui j’ai oublié le NPA, mais ce que je trouve navrant c’est que ce soient les seuls partis qui mettent les pieds dans le plat. (Et il y a aussi el FN bien sur avec la sortie de l’Euro)
        Ce matin sur France Culture Arnaud Montebourg était bien gêné de dire qu’il defendait une démondialisation alors que le PS est muet sur le sujet.

      2. Les partis d’extrême gauche s’insurgent contre le capitalisme!

        Ben c’est pas vraiment nouveau, c’est le cas depuis qu’il existe un parti communiste et toutes ses différentes versions et réincarnations. Ce qui est nouveau c’est qu’avant, tous ces différents partis d’extrême gauche représentaient plus de 20% des électeurs, maintenant on est à moins de 10%.

        Evidemment, tous ces camarades-partisans anti-capitalistes n’ont toujours pas compris que la grande majorité des Français n’ont que faire de leurs sornettes et continuent à croire que leur désirs deviendront réalité, qu’une ‘révolution socialiste’ verra bientôt le jour et espèrent pouvoir récupérer les mouvements de la jeunesse pour une démocratie réelle…

        Pourtant, si ces partisans d’extrême gauche voulaient un peu observer de plus près tous ces mouvements pour une démocratie réelle Européens et les révolutions pour la démocratie et contre la corruption qui ont eu lieu dans le monde arabe, ils se rendraient compte qu’il s’agit de mouvements apolitiques et certainement pas d’inspiration anti-capitaliste.

    3. Chris 6 je voudrais bien savoir ce que vous pensez de la phrase de JC Trichet.
      Merci d’avance de votre réponse

  10. Si je dis que la Grèce a 200 milliards d’actifs susceptibles d’intéresser des multinationales et qu’elle doit en vendre 25% avant le 18 juillet, est-ce un raccourci choquant ?

    1. Oui c’est choquant car un Etat n’est pas une entreprise.
      La théologie libertarienne a franchement la peau dure!
      Vous ne voyez pas que c’est justement cette théologie qui est à la base de la Crise?
      Seul l’Etat peut réorganiser une économie en déroute, et certainement pas le marché!
      C’est comme le paysan qui pour rembourser sa dette vends ses outils…
      Pour rembourser vos dettes vous etre pret à vendre un poumon?
      C’est a peu prés ça…

  11. ils considèrent que celle de la zone des tempête va désormais s’élargir aux pays de la seconde, qui n’étaient pas les plus menacés – la Belgique, l’Italie et l’Espagne –

    Les US font à peu près ce qu’ils veulent… pourquoi même tenir compte de ceci. Pourquoi les européens ne créent-ils pas une agence de notation indépendante ?

    c’est le High Frequency Trading qui se répand et se développe, associant marges faibles et gros volumes. Nous sommes plus que jamais dans l’ère des mégabanques, qui s’affranchissent des régulations, ayant discrètement les pieds dans le shadow banking.

    Exact. Maus il y a des pays, comme la Suisse, qui tentent, difficilement certes, de réguler de plus en plus.. très difficilement certes, du à leur petitesse dans ce vaste monde… Pourquoi les européens sont-ils infoutus de s’affranchir de la tutelle des ricains. Qui ont gagné la guerre, certes.. mais ça commence à dater. On en vient à regretter De Gaulle…

  12. Aux dernières nouvelles, les autorités européennes essayeraient de se mettre d’accord sur un package comprenant un train de mesures grecques d’environ 30 milliards d’euros et un nouveau prêt du même montant. Le tout assorti de mesures draconiennes de suivi de son exécution.

    Une réunion de l’Europgroup pourrait adopter ce nouveau dispositif le 6 juin prochain, afin de permettre le déblocage de la tranche du prêt précédent par le FMI. Ce plan va être très difficile à adopter et ne fera, si c’est le cas, que repousser les échéances: appelé à être suivi par un autre, il roule la dette.

    Les Irlandais commencent de leur côté à demander à bénéficier d’un aménagement de leur propre plan de sauvetage.

    1. Qui peut croire à des plans de sauvetage d’un ordre de grandeur dépassant les capacités des uns et des autres ?

  13. Les peuples au pain sec et à l’eau.

    Ceci dans le meilleur des cas et s’ils sont sages.

    Bientôt, vu la rareté de la farine et de l’eau, il faudra se faire à l’idée de les payer (au cours du « marché »).

  14. Tout celà est un gigantesque foutage de gueule vis-à-vis du citoyen. Le but, justement, poursuivi par ces individus au pouvoir, au mieux pleutres, mais plus certainement achetés, n »est pas de redonner confiance au marché. Pas du tout. L’objectif est de coller une espèce de label débile sur sur la tonte généralisée. Plus la confiance est moindre, comme le dit Leclerc, plus les marchés se gavent, puisque les taux sont au taquet.

    Eh bien, in fine, ça se cassera la figure, et bien sûr nous paieront l’addition. Avec, corollaire sécuritaire obligé, de nouvelles chasses aux « mauvais payeurs », aux clandos, aux abus des allocataires sociaux. Pendant que ces canailles en conclave claquant plusieurs centaines de millions à chacune de leurs nuisibles réuniions.
    Pour aboutir à cette capitiuiation nouvelle devant les vautours bancaires et acter l’assasinat programmé de Khadafi. On croit rêver.

    1. Je regarde avec intérêt ce qui se passe en Allemagne depuis trois jours une mystérieuse bactérie infecte le consommateur lambda. nN’oublions pas que nous sommes en guerre avec la Libye , qui sait, l’Espagne risque de se retrouver à genou si il n’y a plus d’exportation de légumes , vous savez les services aiment jouer au billard à bande. La guerre bactériologique est l’arme du pauvre

  15. Axa IM : pertes de 30 à 50 % sur les titres grecs à échéance après 2013.

    « Aujourd’hui, les responsables européens doivent prendre une décision stratégique avant la fin de l’année, qui sera probablement un compromis entre une restructuration douce (rééchelonnement de la dette) et le refinancement des prêts. Selon les montants des actifs qui seront vendus par l’Etat grec (nous doutons de la valeur des actifs, estimée par certains journaux, du fait du manque de marché liquide), les pertes sur la valeur actuelle des obligations arrivant à échéance après 2013 pourraient s’élever entre 30 et 50 %. Nous ne pouvons exclure des pertes pour les titres arrivant à échéance avant 2013. »

    http://www.zonebourse.com/actualite-bourse/AXA-IM-pertes-de-30-a-50-sur-les-titres-grecs-a-echeance-apres-2013–13645681/

  16. Concernant la Belgique: la mettre dans la zone des pays « à risque » au même titre que l’Espagne illustre parfaitement que les « fondamentaux » n’ont plus rien à voir avec cette affaire. Tout est une affaire consensus: il suffit que « les marchés » se mettent d’accord pour faire payer un pays une prime pour que cette proclamation soit auto-réalisatrice (le pays est en difficulté parce que ne parvient pas à lever d’argent à une taux raisonnable sur les marchés).

    Le déficit en Belgique est un des plus faibles de la zone euro, ce qui veut dire qu’il n’y a aucunement de « cercle vicieux » de la dette actuellement. Certes la dette avoisine les 100% du PIB, mais ce n’est pas beaucoup plus que les autres pays (>85% pour la France), et cela vient de la gestion calamiteuse du choc/contre-choc pétrolier durant les années 80 (la dette faisait 128% du PIB en 93!). On dit que le pays n’a pas de gouvernement, ce qui n’est pas réellement vrai: le gouvernement en affaires courantes continue à fonctionner (il a d’ailleurs toujours la majorité à la chambre) et les gouvernements régionaux fonctionnent normalement. D’ailleurs personne ne dit précisément quels dossiers posent problème: on dit « pas de gouvernement » implique « problème de dette » sans expliciter quel est le lien précis entre ces deux choses (quelles mesures sur quel dossier le gouvernement ne prendra-t-il pas?). Tout est basé sur des affirmations à l’emporte-pièce. Voilà où nous mène la gestion de la chose publique par « les marchés » (aka les gros détenteurs de patrimoine).

    Tout ça est vraiment du grand n’importe quoi, mais avec des vraies conséquences.

    1. Oui,bon,certes…La Belgique n’est pas plus endettée que le Royaume-Uni, que les USA ou que le Japon.
      Bravo!
      Mais l’ennui c’est qu’est elle est dans la zone euro, et que la planche à billet est encore impossible et trés mal vue.
      En fait le QE existe bien en Europe, quand Trichet rachete en sous-main la dette des PIIGs aux banques, parceque la Grece est désormais Out, hors marché sur sa dette. C’est a dire que la Grece est forcement en faillite technique. Insolvable au point de vue des marchés.
      C’est le refus de la BCE, et des Allemands au début de faire du QE suffisant qui a conduit à la ruine les PIIGs. Ha, la lutte contre l’inflation et la stabilité de l’euro à contre courant complet! Bravo les charlots!
      Posture qui peut faire imploser l’Euro, justement!
      Il semble que visiblement Merkel a pigé. Mais Trichet et Draghi s’y refusent, sous pretexte d’inflation et de la stabilité de l’euro,leur monomanie, euro qui pourtant coule en synchronisme avec le dollar US.
      Falsh back à Deauville:
      Les crédits offerts aux grecs par la Goldman Sachs n’avaient jamais figuré dans la comptabilité nationale grecque dans le poste des crédits et donc de dettes, mais comme un accord swap de devises. Le trader de la Goldman Sachs était à cette époque Mario Draghi, le vice-président pour Goldman Sachs International à la City de Londres pendant 4 ans. Mario Draghi était aussi le supérieur de l’actuel Secrétaire d’État américain au Trésor, Tim Geithner. Mario Draghi est actuellement président de la Banque Centrale d’Italie et candidat à la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne.
      Ha! Ha! Elle est bien bonne, non?
      Un ancien de Goldman Sachs à la tete de la BCE!
      A Guignol, on rigole bien!
      Il n’empeche, que malgrés le Quantitative Easing, cela aurait conduit comme aux USA au probleme d’une hyperliquidité: Grosso Modo de suivre les USA vers une liquidation de la dette par l’inflation.
      Interdiction de la planche à billet ou non, selon moi, c’est du pipeau, ça revient au meme.
      De toute manière on est dans le meme bain.
      L’idée qu’un pays, comme la Belgique ou la France, soit disant « bon éléve », puissent s’en sortir au détriment des PIGGS c’est de la foutaise néolibérale.
      Qui croit encore à ces mensonges?

    1. La croissance est de 2.4 pct(revue à la hausse par l’ocde), le déficit sera proche de 3.5 cette année et le taux d’épargne est un des plus élevés du monde occidental, sans parler que le pays exporte beaucoup comme son voisin Allemand.La dette Belge est majoritairement nationale.
      La Belgique a déja diminué sa dette de 144 pct à 85 pct(en 2008),sans la crise financière on serait proche des 80 pct.Donc je veux dire que le pays a déja démontré par le passé sa capacité réelle à la réduire vu ses fortes exportations.Le chômage est en forte baisse et on prévoit créer 300.000 emplois ce qui pour un pays de 11 millions d’habitants est énorme.60.000 postes de travail sont même vacants, avis aux amateurs(50.000 Français sont d’ailleurs venu s’installer en Belgique pour y trouver un boulot ou une discrétion fiscale).
      Les fondamentaux du pays n’ont rien de commun avec d’autres pays de la zone euro.Ils sont bien meilleurs et plus proches de ceux de l’Allemagne sans atteindre sa qualité.
      Par contre Dexia et KBC en cas de défaut Grec et surtout irlandais poseraient un problème systémique non seulement à la Belgique mais à l’Europe.La France étant aussi actionnaire de DEXIA.
      Il n’y a pas de bulle immobilière en Belgique, encore moins financière hors problème soulevé au niveau de ces deux banques.
      Les profils Italiens et Belges sont assez semblables et diffèrent de ceux des PIGS.
      L’absence de gouvernement fédéral en ce moment n’est que virtuelle, le gouvernement en affaires courantes élargies gère très bien le pays voire mieux qu’un gouvernement ‘régulier’ vu que toute nouvelle dépense est prohibée.Les 4 autres gouvernments régionaux fonctionnent à 100 pct et ils ont de très larges compétences, beaucoup plus que celles d’une Région en France par exemple.
      Et ces comptétences vont encore prochainement s’étendre avec la réforme de l’état en cours.

  17. @ FL

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    Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, avait sonné le tocsin dès jeudi, mais c’était prématuré : il ne fallait pas brouiller la communication du sommet.
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    En tout cas, ce qu’il ne faut surtout pas faire c’est brouiller l’écoute!

    Desole j’ai pas pu m’empecher…

  18. quels vont être les effets sur les devises ? Ursina Kubli prévoit un franc suisse à parité avec l’euro (aujourd’hui à 1.22, il y a 6 mois à 1.40) que faudrait il faire pour préserver son capital ?

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