L'actualité de la crise : C'EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Devant le tir de barrage de la BCE qui se poursuit, ou bien parce qu’il en partagent ouvertement les objectifs pour leurs raisons propres, comme les Français, les dirigeants européens s’engouffrent vers la seule porte de sortie qu’il leur reste : la vente du patrimoine grec, afin de rembourser un trou financier que personne ne veut combler, chacun convaincu de ses bonnes raisons. Un nouveau prêt complémentaire pourrait alors permettre de rouler la dette restante, pour voir venir.

La confiance, longtemps accordée aux Grecs, quitte à fermer complaisamment les yeux quand il l’a fallu – comme pour d’autres, et non des moindres – n’est plus au rendez-vous, et le temps presse. Il est donc fortement question, en sous-main, de créer une agence chargée de la vente de ces actifs, qui ne serait plus pilotée par les autorités grecques elles-mêmes mais par des experts. Ce qui s’apparente à une pure et simple saisie, suivie d’une vente dans des conditions douteuses, puisque effectuées dans la précipitation. Il va y avoir de bonnes occasions à saisir, la financiarisation va y trouver son compte.

Les artisans de cette brillante idée seront jugés à l’aune de leurs résultats. Mais en attendant, il n’est pas inutile de revenir encore une fois sur le blocage de la BCE, dont les motifs s’éclaircissent peu à peu.

Rappelons les faits : bien que représentant 5% du PIB de la zone euro, les banques grecques, irlandaises et portugaises ont à elles seules emprunté 242 milliards d’euro à la BCE, soit 55% de l’ensemble des liquidités que la BCE a apporté au système bancaire dans toute la zone euro. N’ayant pas le choix, celle-ci n’a pas été toujours regardante sur la qualité des actifs pris en pension à titre de garantie. Il est aussi estimé que 150 milliards d’euros d’actifs détenus par la BCE à titre de collatéral proviennent des banques grecques … munies de la garantie de l’Etat. Enfin, parmi les 75 milliards d’euros d’obligations d’Etat achetés par la BCE, au moins les deux tiers des titres sont grecs.

L’édifice financier est donc fragile, même si JP Morgan Chase a calculé que l’Eurosystème pourrait faire face à une décote de 50% des obligations grecques, disposant de 81 milliards d’euros de fonds propres en totalité. Mais il n’en serait pas de même si l’Irlande et le Portugal s’engageaient dans la même voie, une reconstitution des fonds propres aux frais des Etats étant alors inévitable.

Cette exposition de la BCE est donc devenue problématique ; ne pouvant arrêter la distribution de ses liquidités aux banques des pays de la zone des tempêtes, elle ne peut céder en retour les actifs pris en pension et menacés d’être dévalués. Elle roule la dette de ces banques, en attendant mieux. Le plan de sauvetage portugais, après l’irlandais, comporte certes un financement destiné aux banques de ces pays – venant alors en substitution de celui de la BCE – mais il s’est déjà révélé insuffisant dans le cas de l’Irlande.

L’impasse dans laquelle se trouve la BCE n’est pas uniquement le produit d’un enchaînement fatal, fait de ses mesures d’injection de liquidité et des achats d’obligations souveraines destinés à parer au plus pressé. C’est, pour aller au fond des choses, l’expression de la faillite d’un système financier reposant sur un endettement grandissant ainsi que sur l’étroite interdépendance de tous ses acteurs. Avec comme clé de voûte une banque centrale qui n’est pas outillée pour faire face à ce déséquilibre. Ou, pour le dire autrement, sur le bon fonctionnement d’une machine à produire de la dette sur laquelle reposait une bonne partie de la prospérité du système financier, et qui pour le coup fait défaut dans son ensemble.

Ce que la crise européenne de la dette publique et privée conjointe est en train de démontrer, c’est que ce qui est en priorité à redouter n’est pas la reprise des jeux dans le grand casino, comme on pouvait le dénoncer. C’est la constatation qu’un engrenage et levier essentiel du système est grippé, et qu’il ne peut pas être réparé avec les moyens envisagés. Aux Etats-Unis, le même phénomène prend une autre forme, mais il est similaire. L’Etat n’est pas en mesure de digérer son sauvetage du système financier, sauf à pratiquer des coupes budgétaires qui sanctionneront le déclin du pays et rendront structurelle l’aggravation de la crise sociale.

Il en ressort deux conséquences :

1/ La croissance économique reposant sur l’endettement est pour partie compromise, ne pouvant pas retrouver les sommets atteints. Elle est donc désormais condamnée à rester réduite dans les pays occidentaux. L’équation sur laquelle repose leur désendettement n’a alors plus de solution.

2/ En menaçant la solidité financière des Etats, le système s’est mis lui-même en danger, car il est en train de perdre son point d’appui financier : la dette souveraine dont le remboursement est désormais entaché d’incertitude.

La situation que nous connaissons a un côté fin de fête avec d’une part une monnaie internationale de référence dont les années sont nécessairement comptées, et de l’autre des obligations souveraines qui ne sont plus le roc sur lequel le système pouvait s’appuyer pour faire levier.

Avec une bourse toujours incertaine, des matières premières dont le cours monte et baisse sans crier gare, sans autre raison qu’une spéculation orchestrée par un nombre très réduit d’intervenants, et un marché monétaire sur lequel les possibilités spéculatives du carry trade connaissent de premières menaces avec l’élévation de barrières réglementaires au sein des pays émergents (même l’OCDE l’admet du bout des lèvres), les marchés cherchent où placer leurs gigantesques liquidités, les obligations devenues à leur tour suspectes. Le marché des obligations sécurisées, que les banques émettent en ce moment à tour de bras afin de renforcer leurs fonds propres, n’étant pas en mesure de répondre à l’offre…

Annoncée comme résultant d’une surproduction de biens et de services associée à un chômage structurel grandissant, la crise aboutit à une surproduction de capitaux, également à la recherche de leur emploi en quelque sorte…

Le système financier est donc menacé par une singulière situation dont il est lui-même à l’origine. Il a réussi à conserver la maitrise de ses instruments spéculatifs à fort rendement, mais il a lui même sapé le socle qui lui est nécessaire afin de se reposer sur des actifs de qualité, avec un moindre rendement mais de tout repos. Il est parvenu à largement se défausser de sa dette, mais celle-ci ne peut être comme espéré digérée et menace de se représenter à lui.

Que peut faire dans l’immédiat la BCE ? La stratégie qu’elle défend repose sur trois piliers : éviter que les créanciers privés de la dette publique ne soient atteints par une décote, obtenir que les Etats se substituent à elle pour intervenir sur le marché obligataire (via leur fond de stabilité européen), et parvenir à ce qu’ils adoptent un régime de sanctions automatiques en cas de dépassement de leurs limites de déficit, afin de résorber la dette publique par eux-mêmes. Les plans de sauvetage qu’ils adoptent ayant vocation à financer les banques via les Etats qui en bénéficient afin que la BCE puisse stopper ses injections massives de liquidité sous la forme actuelle.

Ce programme reporte sur les Etats européens la totalité du poids d’une dette que les plus faibles ne parviennent pas à supporter, déjà entrés dans la zone des tempêtes ou pouvant vite y être entraînés. Sa réalisation implique de facto une mutualisation de la dette sous une forme ou sous une autre. Faute de celle-ci, la BCE n’aura comme choix que de laisser éclater la zone euro – aux risques et périls de tous – ou de manger son chapeau.

Dans ce dernier cas, elle affrontera alors la situation que rencontrent déjà la Banque d’Angleterre et la Fed, qui ne s’en dépêtrent pas, bien maigre consolation ! La crise européenne de la dette n’est qu’une version particulière de la crise générale de la dette que connaît le capitalisme financier.

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143 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : C'EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc »

    1. Le plan de Jacques Delpa a un gros défaut: il n’est pas à l’ordre du jour ! Il repose sur l’idée que la BCE ne bougera pas et suppose une volonté politique européenne commune qui fait de toute évidence défaut. C’est une construction en chambre.

      Les projets n’ont pas manqué, comme par exemple celui de l’émission d’euro-obligations, qui avaient sur le papier que des avantages et qui sont morts-né.

      1. Il y a pourtant des raisons de penser que sa construction en chambre ressemble fort à celle qui sera bientôt en cours. Non pas parce que ce monsieur a pignon sur rue, au moins pas seulement, mais parce que tout ce qui s’en éloigne beaucoup semble pire pour tous les acteurs (c’est au moins son avis, que je partage assez largement; je sais que d’autres pensent que les grecs seraient mieux avisés de claquer la porte).
        Certes, même à supposer qu’il ait raison sur ce constat, ce n’est pas parce qu’une chose est pire pour tout le monde qu’elle ne survient pas, l’histoire regorge d’exemples en ce sens. Mais il s’agit ici d’argent, pas de chair à canon, alors si celui de tous les acteurs est mis en jeu, on peut peut-être pour une fois fonder notre espoir, in fine, sur la cupidité de ceux-ci. Quand ils l’auront compris.

  1. Concernant le bilan des banques centrales et leur besoin éventuel de recapitalisation,
    voici un document (laissé à tort en libre accès sur le site de la banque centrale
    équatorienne, grand bien nous fasse…) qui aborde les différents aspects de la question,
    ainsi que les pratiques jusqu’alors.
    Le document

    PS1) notez au passage que certaines BC opèrent avec des fonds propres négatifs; dans notre système monnétaire, l’essentiel est dans la « fiat », si j’ose dire, et nombreux sont ceux qui
    estiment qu’une BC n’a pas besoin de fonds propres mais seulement de discipline.
    PS2) si votre blog à l’audience que l’on dit, sauvegardez le document avant qu’il ne soit mis hors ligne ! (boutade?)

  2. Fallait venir sur ce site, Bon Dieu !

    Il leur aura, en effet, fallu 2 ans pour comprendre que l’on ne réglait pas une crise de l’endettement en creusant un peu plus, voire en imprimant de la monnaie. 2 ans passés, par pure démagogie, à aggraver les choses.
    Ne parlons-pas de ces pauvres grecs que l’on tond en leur faisant croire que la tonsure va faire revenir la croissance.

    2 ans durant lesquels la presse a pu donner toute la mesure de son indépendance sur l’air de « Tout va très bien, Madame la M… ». Avec une fin en apothéose lors de l’affaire DSK, le candidat des candidats !

    Malheureusement – car ça va faire mal et personne ne sera épargné – la fin est proche. Les Baby-boomers peuvent toujours, en arrondissant le dos, verser des larmes de crocodile sur le sort des jeunes d’Espagne et d’ailleurs, ni la rente, ni les pensions n’en sortiront indemnes.

    L’occident (+ Japon) est à bout : Population vieillie, endettement abyssal, industrie évanouie. Deux choix possibles :

    1. Apurer le passif en réduisant équitablement TOUTE la voilure, soit un retour vers 1970/80. Le cauchemar du Baby-Boom !

    2. Changer de paradigme. Le plus hardi mais, in fine, le moins risqué à terme (Nouveau pacte social centré sur la justice et l’égalité, redistribution des richesses, sortie de l’Euro sous sa forme actuelle, remise à plat sans dogme des missions de l’Etat et notamment le calamiteux secteur de l’enseignement, agriculture raisonnée, réindustrialisation, économies d’énergie, énergies vertes, …).

    Quoiqu’il en soit, si l’on peut éviter le cataclysme (pas sûr du tout !), ce sera, au mieux, les deux programmes dans l’ordre, au pire, la révolution ou un caudillo.

    1. Lire Edgar Morin : « La Voie. Pour l’humanité » et le tout dernier : « Pour l’avenir de l’humanité ».
      Signalé par le Monde du 22 mai « Edgar Morin candidat ». Extrait :
      « Rimbaud voulait « changer la vie ». François Mitterrand aussi. Admirateur du premier, auquel il a consacré un essai de jeunesse inachevé, et camarade de Résistance du second sous l’Occupation, Edgar Morin propose, ni plus ni moins, de changer de civilisation. Il faut dire que le modèle fondé sur le développement illimité des richesses montre bien des signes de faiblesse. La crise de l’idée prométhéenne de progrès s’est accentuée avec les catastrophes écologiques comme celle de Fukushima, au Japon. Le rejet de l’occidentalisation du monde conduit à une multiplication de conflits et de fractions terroristes ».
      Pour une « politique de l’humanité » et la création d’un « Comité permanent de lutte contre les inégalités » (Super +++).
      Bravo, chapeau bas Monsieur Edgar Morin pour votre opiniâtreté, vos visions d’ensemble et surtout vos axes/pistes de solutions.

      1. Il y certains signes encourageants en ce moment.
        Morin dont les idées sont désormais reconnues alors qu’il est longtemps passé pour une penseur fumeux. Stéphane Hessel succès d’édition en Espagne, et bientôt traduit en chinois !
        Les idées fortes finissent par émerger. Et c’est logique car elles donnent un sens à ce qui apparaît de prime abord chaotique.

    2. Changer de paradigme, pour celui que propose Jean-yves le bon sens même,
      demande d’affronter la classe capitaliste et son Etat.
      Cela s’appelle en France comme ailleurs une révolution.
      Si, on peut donc retarder la disparition de l’espèce.

    1. On dirait que ces déclarations à la gloire de C.Lagarde ne sont que franco-françaises et relèvent plus ou moins de la méthode Coué . Les autres pays semblent ne plus vouloir avant longtemps d’un Européen à la tête du FMI . Enfin on verra bien !

      1. Ah, ce que vous êtes caustiques 🙂

        Avec Mme Lagarde au FMI, la fin de la crise ne peut qu’être plus proche.

        En effet, lorsqu’elle en parle, c’est toujours à l’imparfait ou au passé simple et ce depuis au moins 2009. L’usage du présent ayant été réservé à « la sortie de crise » et, plus récemment à « l’après-crise », donc elle a une vision claire de la situation.

        De plus, elle a bien compris, et dit publiquement, que si les grecs sont dans la mouise, c’est parce qu’ils n’ont pas privatisé suffisamment rapidement les trois bricoles qu’il leur restent de services publics.

        Donc avec tout ça, le système devrait s’effondrer très rapidement après sa prise de fonction au FMI, ce dont on ne peut que se réjouir par avance 🙂

  3. Reuters 2011-05-25 16:13 Zone euro : la Grèce est « menacée »
    La Grèce doit prendre d’importantes mesures pour faire face à sa crise budgétaire sous peine de devoir sortir de l’euro et de revenir à la drachme, a déclaré mercredi le Commissaire européen aux affaires maritimes et à la Pêche Maria Damanaki.
    « Je suis contrainte de parler franchement », a-t-elle dit, citée par l’agence de presse Athens News Agency, proche du gouvernement. « Soit nous nous entendons avec nos créanciers sur un plan exigeant de durs sacrifices (…) soit nous revenons à la drachme », a-t-elle prévenu.

  4. Mercredi 25 mai 2011 :

    Union Européenne : la commissaire grecque évoque le risque que son pays quitte l’euro.

    La commissaire européenne grecque Maria Damanaki a mis en garde mercredi contre un risque de sortie de son pays de la zone euro s’il n’arrivait pas à faire les efforts nécessaires pour réduire son énorme dette.

    « Le scénario d’un éloignement de la Grèce de l’euro est désormais sur la table », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié sur son site internet grec.

    « Je suis obligée de parler clairement », a-t-elle poursuivi, évoquant un « dilemne : soit nous tombons d’accord avec nos bailleurs de fonds sur un programme de durs sacrifices apportant des résultats en prenant nos responsabilités pour notre passé, soit nous retournons à la drachme ».

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp_00347014-ue-la-commissaire-grecque-evoque-le-risque-que-son-pays-quitte-l-euro-168337.php

    1. Comment l’Europe pourrait elle lâcher un tel pays aux atouts prometteurs et doté d’un fort potentiel pour l’avenir, c’est un peu comme si la France abandonnait la Corse.
      Européens réveillez vous et arrêtez de regarder vos nombrils.
      Personnellement je suis très attaché à ma culture régionale mais aussi passionné par celles de nos régions françaises et aussi de l’Italie, de l’Espagne, de l’Allemagne, ………. et même de la Suisse. Quelle richesse incommensurable.

      1. La phynance totalitaire ne fait pas dans le sentiment …
        tout est à vendre : terres, patrimoine, Histoire, Cultures et personnes …

        Les ripoux qui ont mis au point cette arnaque sont à condamner . Point.
        Aucune excuse.

  5. @François Leclerc : je lis votre article et suis, comme souvent, convaincu (attentiste, certes, mais convaincu), à une petite nuance près cependant. Lorsque vous écrivez :

    « Avec une bourse toujours incertaine, des matières premières dont le cours monte et baisse sans crier gare, sans autre raison qu’une spéculation orchestrée par un nombre très réduit d’intervenants »

    Il me semble tout de même que, concernant les métaux et les ressources fossiles (et notamment la première d’entre elles, le pétrole), il existe suffisamment d’éléments qui font penser à une raréfaction de l’offre, notamment pour la raison que les pics de production sont soit passés soit proches, pour que l’on puisse modérer le rôle de la spéculation. A tout le moins, il existe suffisamment d’opacité et d’incertitude sur les données liées aux réserves disponibles pour qu’on n’accuse pas immédiatement la spéculation de tous les maux sur ce point précis.

      1. Personne ne peut clairement dire aujourd’hui quelles sont les réserves réelles de pétroles , sans compter les possibles découvertes … ce manque d’informations , c’est d’ailleurs valable pour des tas d’autres secteurs , fait les choux gras de la spéculation.

      2. @ Logos
        Le pic des découvertes a été atteint en 1962 et aujourd’hui on découvre 1 barril pendant qu’on en consomme 6, les barils qu’on découvre aujourd’hui seront consommés dans 30 ans, imaginez vous les dégats dans 30 ans.
        Il n’y a aucun manque d’informations, on sait tout ce qu’il reste, et c’est bien là le problème qu’on ne veut pas croire.

      3. Il n’y a aucun manque d’informations, on sait tout ce qu’il reste, et c’est bien là le problème qu’on ne veut pas croire.

        Quelqu’un sait-il la quantité de pétrole contenue dans cet immense gisement encore non exploité pour lequel les présidents russe et chinois avaient rencontré Saddam Hussein et signé un accord avec lui quelques jours seulement avant l’entrée des troupes américaines en Irak .
        En droit international, les accords signés par un chef d’état pour des décennies sont toujours valables après l’arrivée de son successeur, non ?

      4. Mianne,

        Il y a tellement de grand champs pétrolier en déclin dans le monde que la découverte ici ou là, d’un gisement même énorme, ne déplace le problème que de quelques mois.

      5. @Mianne

        En droit international, les accords signés par un chef d’état pour des décennies sont toujours valables après l’arrivée de son successeur, non ?

        Ben non!
        Il y a un concept appelé « dette odieuse » qui dit que si un gouvernement est remplacé par un autre, le nouveau gouvernement n’est pas obligé d’assumer les précédents engagements du pays si il les juge contraires aux intérêts du pays. Je sais que ça ouvre la porte a tout un tas d’interprétations, mais pour rester sur le cas Irakien, les ‘libérateurs Américains’ ont utilisé la ‘dette odieuse’ pour refuser le paiement des dettes de Sadam aux Français et aux Russes… Que se passerait-il si la ‘dette odieuse’ était utilisée par les grecs pour refuser le paiement des dettes de leur banques privées? quid pour l’Islande,l’Irlande,le Portugal. Qu’on se le dise! 😉

      6. Mianne a raison. La répudiation d’une dette dit odieuse est très courante et parfaitement légitime.
        Les Etats-Unis en ont été les premiers partisans et bénéficiaires.
        Cela sera bientôt un concept clé de la sortie de crise, sans parler de la démocratie
        Tout sur le concept et sa pratique, hier et au présent:
        http://www.cadtm.org/Dette-odieuse

    1. Bonjour,

      Joseph C. : Votre remarque est pertinente.
      Le soin que prend François Leclerc a justifier par la spéculation la variation des cours des matières premières est suspect.
      Cependant, sur le point précis de la variation des prix, il est indéniable que la spéculation participe.
      En revanche, dès que l’on aborde les tendances de long terme, d’autres explications s’imposeraient … qui ne sont pas pertinentes ici, nous sommes sur le blog de la fin du capitalisme, pas sur celui de l’épuisement des ressource naturelles.

      Alors oui, il y a d’autres raisons que la spéculation qui participent aux variations des coûts des matières premières, de bien des natures : géopolitiques, météorologiques, de difficulté d’accès à la ressource.
      L’explication choisie par François Leclerc est d’ailleurs essentiellement un symptôme par nature, car la spéculation s’intéresse en premier lieu aux marchés dont les variations « naturelles » sont sensées permettre les marges attendues.

      C’est en soi assez amusant, de constater que celui qui décrit avec application les manoeuvres et gesticulations auxquelles se livrent les politiques, pour esquiver les vraies solutions, qui les obligeraient à traiter les vrais problèmes, qui ne sont pas « avouables », ne procède pas autrement lorsqu’il est soumis au même type de contrainte.

      Les difficultés que rencontrent les politiques, les abus qui se multiplient dans le fonctionnement financier et économique sont réels. Il est sain de les dénoncer. mais si l’on aborde le sujet des causes, en les décidant arbitrairement dans le cadre de thèses théoriques, on ne s’aveugle pas moins que ceux que l’on commente.

      1. Compte tenu des réserves de pétrole connues à ce jour, le prix du baril devrait être a 75 dollars, le reste est de la spéculation !

      2. Bonjour,

        Merci au modérateur de supprimer le message 51, qui fait doublon avec celui -ci et résulte d’une erreur de manipulation de ma part

        Je serais très intéressé à connaître les sources et les raisonnements qui justifient votre positionnement.

        Cela fait plusieurs année, qu’inquiet par la pression exercée par les difficultés d’accès aux ressources naturelles sur l’économie, je surveille certains marchés, dont celui du pétrole, en essayant avant tout de comprendre.

        Sachez d’abord que la taille des réserves (Prouvées ? connues ? estimées ?) a assez peu d’importance à un instant I sur le marché, lequel à cet instant I est plus préoccupé de l’offre et de la demande dans les semaines à venir qu’autre chose.
        L’offre est assez bien connue, disons pour simplifier qu’on découvre de moins en moins de pétrole depuis les années 60, que plus de la moitié des gisements exploités ont dépassé leur maximum de capacité de production, et donc produisent de moins en moins, et que donc, depuis le milieu des années 2000, concernant la production de pétrole conventionnel, la messe est dite, cette production est en déclin, il est devenu infiniment peu probable que les rares découvertes nouvelles relancent une production qui va décroître de plus en plus vite.
        Afin de répondre à la demande qui, reste sur une tendance croissante, il est donc fait appel à des productions moins conventionnelles de pétroles qui entrent dans un catégorie appelée “tous liquides”, catégorie qui comprend aussi bien des liquides obtenus à partir de charbon par le procédé Fischer-Tropsch, que de la bio-masse (biodiésels), de sables bitumineux, ou de pétroles dont les caractéristiques sont relativement traditionnelles, mais exploités dans des conditions bien plus exigeantes et risquées que par le passé, ce qu’a mis en évidence la catastrophe récente dans le golfe du Mexique.

        Pour le gestionnaire que je suis, un prix ne peut durablement être inférieur au coût marginal de production. Les opérateurs pétroliers sont très peu diserts sur leurs coûts de production, mais des évaluations donnent une idée approximative, et les évolutions du marché sont encore plus instructives.
        En effet, à fin 2008, le prix du baril de pétrole s’est effondré, repassant en quelques mois de plus de 120 dollars le baril à moins de 40 dollars. Cela a provoqué un peu d”affolement du coté de l’OPEP ; Cette organisation est en effet la gardienne, vis à vis du monde occidental, de la stabilité du secteur de la production pétrolière, et elle venait d’être prise à défaut (on ne peut pas parler de stabilité pour un baril dépassant 140 dollars !), et pouvait craindre pire pour l’avenir ; en effet, la chute de fin 2008 menaçait les investissement d’alors, nécessaires pour répondre à la demande future, mais même la production d’alors, avec le gel entre autres de projets de sables bitumineux en cours de développement. Le risque était alors que la production soit en totale incapacité à répondre à la demande lors de sa remontée.
        L’OPEP a alors réagi en baissant sa production par le moyen de quotas répartis entre ses membres, et à rapidement remonté la prix du baril à environ 75 dollars (votre estimation). Mais le prix a continué de monter assez vite jusqu’à environ 85 dollars, et c’est plutôt vers ce prix que je situe les coûts d’exploitation les plus élevés à l’heure actuelle.
        Mon estimation se base sur les réactions des opérateurs lors de la chute du prix de fin 2008, et sachant que leur coût se décompose en coût de production (sous lequel leur production est remise en cause à court terme), en remboursement des investissements consentis pour l’exploitation en cours, et en frais de recherche et développement, car les gisements s’épuisent, il faut préparer la suite.

        Ensuite intervient un paramètre encore plus important : l’impact du prix sur le niveau de la demande. Il est conventionnel de dire que l’élasticité de la demande par rapport au prix est faible concernant le pétrole. Certes, mais même faible, elle existe, et c’est clairement sur elle que s’appuie l’OPEP pour affirmer que le marché est bien approvisionné lorsque celle-ci perd tout contrôle, comme en 2008.
        Il n’est pas douteux pour moi qu’au niveau de prix actuel, ce paramètre joue nettement.

        Le rôle de la spéculation ? Heu, ce sont des gens qui revendent autant qu’ils achètent, où je me trompe ? Logiquement, par l’effet des intervalles de temps, cela implique surtout une accentuation des variations de prix, plutôt qu’une modification des tendances de moyen et long terme.

        Enfin, un prix n’est pas ce qu’il devrait être, mais ce qu’il est ; environ 110 dollars le baril pour le brent actuellement, qui sert de référence pour environ les deux tiers du pétrole échangé dans le monde.

        La part de la spéculation dans ce prix ? Si vous l’estimez par la différence entre coût de production marginal et prix réel, OK, mais je ne crois pas que ce soit si simple.
        Ni d’ailleurs qu’un “juste prix” existe.
        Je crois pour ma part que les vendeurs peuvent monter leur prix en raison de difficultés de l’offre à répondre à la demande, mais dire que ce phénomène résulte de la spéculation me semble erroné. La rareté a toujours permis aux vendeurs de monter le prix et ils ne s’en sont jamais privés, bien avant même que la spéculation n’existe …

  6. Des milliers de Grecs ont manifesté ce mardi soir sur la place Syntagma, à l’appel d’un collectif intitulé « les Indignés ». Ils étaient 8.000 selon la police, répondant à un appel lancé sur sa page Facebook où 32.000 amis s’étaient inscrits.

    1. et ils sont une centaine à Opera Bastille…
      Il y a fort à craindre que les casseurs (les vrais+les faux) mettent rapidement fin à tout cela chez nous.
      Par contre en Grêce, j’ai bien peur que cela vire à l’extrême (incendies de banques et les colis piégés comme l’année dernière) .

    2. syntagma ? syntagme ?

      « Un syntagme est un ensemble de mots formant une seule unité catégorielle et fonctionnelle, constituant une unité sémantique, mais dont chaque constituant, parce que dissociable (contrairement au mot composé), conserve sa signification et sa syntaxe propres. Un syntagme constitue donc une association occasionnelle, libre, alors que le mot composé est une association permanente (lorsqu’un syntagme se fige, il devient un composé détaché, soit une locution). » wiki

      un nouvel impérarif catégorique ?

      « kant » on a que …

  7. La suggestion de J. Sapir: une politique de quantitative easing conduite par la BCE. Autre forme de mutualisation des pertes via l’émission de monnaie.

    « Nous pouvons tenter de convaincre nos partenaires que la solution réside dans une monétisation brutale par la Banque Centrale Européenne d’une bonne partie des dettes souveraines. En procédant par étapes, dans les six mois, la BCE devrait racheter au taux d’intervention (soit 1,25% par an, voire plus bas), les deux tiers de la dette grecque, la moitié de la dette portugaise et irlandaise, le tiers de la dette de l’Espagne, de la Belgique, de l’Italie et sans doute le quart de celle de la France. Ces rachats massifs auraient pour résultats de faire baisser la valeur de l’Euro face au Dollar, et ils redonneraient du tonus aux économies européennes que l’Euro fort étrangle. Bien sûr, nous n’aurions ainsi fait que gagner du temps. Mais, nous pourrions mettre à profit le deux ou trois années de tranquillité ainsi gagnées pour faire évoluer la zone Euro d’une monnaie unique vers une monnaie commune tenant compte des disparités structurelles entre les pays membres, et pour établir en commun des mesures de contrôle sur les mouvements de capitaux à court terme et sur les opérations financières spéculatives ».

    Conséquences: hausse du prix des actifs, baisse des rendements, risque d’inflation. Et risque que les liquidités qui apparaissent ainsi à l’actif des banques soient conservées et non pas réinjectées dans le circuit économique (ce qui s’est passé après 2008..).

    1. La solution Sapir (QE) est bien sûr la seule qui puisse avoir quelque efficacité. L’austérité, l’impôt… ne vallent pas pisse de renard. Pour rembourser la montagne de dettes il faudra tondre le mouton sans qu’il s’en apercoive. De toute éternité, on a pas connu d’autre moyen radical, et il n’existe pas au monde de méthode qui n’ait été déjà expérimentée quelques part sur la planète.

      1. l’inflation est là (des prix, pas des salaires)
        donc la stagflation
        nous irons vers l’hyperinflation.
        après le nouveau franc
        nous aurons le nouvel euro
        rien de nouveau sous le soleil.

  8. L’Europe a été construite entre autres pour éviter les guerres dit-on. Soit. Les guerres de conquêtes sont évitées, mais le résultat reste le même. Vos terres, l’essence de votre nation ne vous appartiennent plus. Tout sera vendu au lieu d’être conquis. Si j’étais pris d’un élan patriotique, qu’elle serait ma réaction devant cette vente au enchère ? La même que celle d’un soldat indignés et déterminé ? Allez savoir…

    1. Hum…marche pô…
      Le Net est aussi en panne à Athènes?
      Ou bien un filtrage efficace s’est-il mis en place?

  9. Bonsoir à tous.

    Il y a un billet sur 0 hedge concernant un possible problème sur Dexia qui est pas mal exposée sur la Grèce; je ne comprends pas exactement de quoi il retourne mais il y aurait , parmi d’autres, Blackrock à la manoeuvre derrière. Et qui est Blackrock hein?

    Cordialement.

  10. Les marchés cherchent où placer leurs gigantesques liquidités?

    J’ai une solution d’avenir :

    En capital-risque auprès des citoyens, consommateurs, créateurs et des PME-PMI !

    Au moins, l’argent servira à l’économie réelle, créer des emplois, payer des impôts, financer les services publics….

    Ah ! J’oubliais Et si l’argent servait réellement de moyen d’échange ? 8-))

    1. Et si l’argent servait réellement de moyen d’échange

      pour cela, il va falloir tuer tous les gros phynanciers made in USA, qui ont essaimé partout …
      ça va faire du boulot !
      suis fatiguée rien que d’y penser …

      mais, si cela sauve le reste de l’humanité, cela veut peut-être le coup …
      car, en général, ce sont ces gens là qui parlent d’omelette et d’oeufs, les oeufs étant depuis toujours les gueux

      affaire à suivre…

      1. Camarade, je vois bien les oeufs cassés, mais toujours pas l’omelette !

        Si un érudit pouvait me retrouver l’auteur de cette réplique ( contexte révolution russe de 1917 ?) je lui en serait infiniment reconnaissant.

        1. @ Arkao

          C’est une citation de l’écrivain Panaït Istrati. Il me semble d’ailleurs que c’est « … mais où est l’omelette ? »

      2. Grand merci Julien, j’avais entendu ça sur France Inter à propos d’un livre réédité, mais je n’avais pas mémorisé le nom de l’auteur (ni l’exactitude de la citation). Vous m’évitez la relecture des oeuvres complètes de Victor Serge (à qui j’ai un moment pensé, et je n’étais pas très loin) ou de Vassili Grossman (faible probabilité quand même).

    2. tout à fait d’accord
      mais pas tout de suite.
      la monnaie papier meure lentement
      ce sera le moment quand la nouvelle monnaie apparaitra
      ( celle qui ne perd pas de sa valeur)
      pour l’instant, nous devons d’abord aller dans le mur.

  11. Et aux USA, cela commence à faire vilain depuis que lundi, le plafond de l’endettement autorisé a été atteint et non relevé comme certains l’espéraient . L’Etat a donc recours à toutes les combines possibles pour ne pas se déclarer insolvable et a décidé de puiser dans le fonds de pension des agents de l’Etat . Comme l’étape suivante la plus probable sera de puiser dans le 701k des autres salariés, c’est la grogne .

  12. Il faut voire ce qui se passe en Grèce; j’y étais jusqu’à ce midi. Ce n’est plus un drame, c’est une tragédie.
    La prochaine proie des spéculateurs, ce sera probablement l’Italie. Ce pays s’approche à son tour de l’abîme.

  13. En « vendant » la Grèce sur pied, l’Europe coupe ses racines et vend son âme, c’est vil…
    Combien coûteraient les sauvetages des cousins irlandais et méditerranéens en difficulté à chacun de 150.000.000 de ménages européens ??? Peut-on chiffrer ?
    Comme beaucoup d’autres eurocitoyens, je serais prêt à participer…

  14. AVIS DE TEMPÊTE: LES CYGNES NOIRS SONT DE SORTIE… pour les banques !
    La vraie bataille pour l’internet et les énormes changements que le réseau apporte ne fait que commencer. Ce que nous voyons aujourd’hui ne sont que des signes avant-coureurs, de petites disputes où les amis de ceux qui ont le pouvoir (l’industrie du copyright) se plaignent et obtiennent de piètres bénéfices.

    Une des règles générales du progrès technique, c’est que ce n’est pas nécessairement la techno la plus riche en fonctionnalités, la moins chère, ou la plus accessible qui atteint la masse critique d’utilisateurs. En fait, c’est plutôt la technologie la plus simple d’utilisation.

    Je cite fréquemment Youtube en exemple, car Youtube n’était pas le premier site à proposer de la vidéo sur le net. Diable, le porno le faisait depuis 5 ans lorsque Youtube est arrivé, et les techno-geeks le faisaient depuis 10 ans. Il y avait au moins une douzaine de façons ordinaires de partager de l’audio numérisé et des vidéos en ligne avec les autres.

    À ce jour, l’histoire nous apprend que cela prend environ dix ans, depuis la conception d’une technologie, ou de l’application d’une technologie, avant que quelqu’un trouve la recette miracle qui rend cette technologie assez simple à utiliser pour que ça prenne.

    Il serait indélicat de ne pas mentionner Napster dans ce contexte. J’ai commencé à échanger des fichiers sur FidoNet avec un modem 2400 bps en 1989. Textes, musique, images. C’était rudimentaire, mais nous le faisions. Quand un nouveau protocole appelé TCP/IP a débarqué vers 1995, nous avons tous migré. Puis en 1999, Napster est arrivé… et d’un coup, tout le monde s’est mis à échanger des fichiers musicaux. DC++ et d’autres imitations ont fait en sorte que nous partagions tout ce que nous voulions.

    Le partage de musique a mis dix ans à s’emballer, grâce à Napster. Le partage de vidéos a mis 10 ans à devenir assez simple. Donc si vous voulez prédire la prochaine bataille, regardez ce que les geeks font en ce moment même, ce qui est obscur et qui n’a pas encore pris ; quelque chose avec des cas d’utilisations très claires et séduisantes, lorsque ça deviendra suffisamment simple.

    Voici ce qui est sur mon radar : le système bancaire. Il existe au moins une douzaine de différentes variantes de monnaies chiffrées et décentralisées [Ndlr : ce sont des monnaies dématérialisées qui fonctionnent à l’aide de logiciels et d’algorithmes de sécurisation, le tout sans banque centrale], et de systèmes de transaction, très sophistiqués et totalement incompréhensibles, tels que Ripple, BitCoin, ecash, et d’autres.

    De la même façon que BitTorrent a rendu l’industrie du copyright obsolète en un clin d’œil, ces systèmes vont naturellement rendre les banques obsolètes. Eux, ou leurs successeurs, vont atteindre un point de basculement dès que quelqu’un les rendra simples d’utilisation. La technologie est là, les scénariis d’usages sont là — et l’agacement vis-à-vis des grosses banques ne manque pas. Ce n’est plus qu’une question de facilité d’utilisation.

    Quand les gouvernements comprendront…

    Quand ce basculement arrivera, il n’y aura plus aucun point de contrôle central dans l’économie. Ce sera comme si l’on revenait une nouvelle fois au temps où tout le monde faisait commerce en espèces, le bon vieux cash, anonyme. Alors pourquoi cela donne-t-il l’envie aux gouvernements de murer l’Internet ?

    Jusqu’à maintenant, du point de vue des gouvernements, quelques-uns de leurs amis se plaignaient du marasme des ventes de CDs, et ils leur ont donné quelques miettes d’avantages législatifs pour qu’ils la bouclent. Mais comment pensez-vous qu’ils réagiront lorsqu’ils réaliseront qu’ils ont perdu leur capacité à prélever des impôts ?

    Imaginez les ramifications de cela pendant un instant. Les gouvernements dans le monde sont sur le point de perdre leur capacité à regarder dans l’économie de leurs citoyens. Ils risquent de perdre leur capacité à saisir des actifs, ils risquent de perdre leur capacité à collecter des dettes. L’usage de la force dans le monde ne sera d’aucune aide : tout est chiffré, et détruire un ordinateur avec toute la puissance de feu policière possible ne servira à rien.

    Toutes les armes du monde seront inutiles face à la capacité des gens à conserver leur économie chiffrée pour eux. Elles n’y feront pas la moindre égratignure.

    Si vous pensiez que les guerres sur la connaissance et la culture étaient déjà intense et importantes, je crois que nous allons voir des événements bien plus intéressants se dérouler durant la décennie à venir. Ce que nous allons voir, c’est l’émergence de ce que j’appelle l’« économie en essaim », une économie décentralisée et incontrôlable où un emploi à vie n’est plus essentiel à chaque être humain. Et je prédis que cela redéfinira la société d’une façon immensément plus importante que la possibilité de télécharger gratuitement de la musique de rap.

    OWNI.
    Article initialement publié sur le blog de Rick Falkvinge sous le titre “With The Napster of Banking Round The Corner, Bring Out Your Popcorn“, traduit par les soins de Romain Rivière

    1. Alleluya !
      Oui 100% d’accord.

      Enfin, presque, il restera l’énergie décentralisée et libre aussi a mettre en place. Mais bon… si les banques tombent ca sera un bon morceau de fait déjà.

    2. Oui, Lau. Mais non.
      Le net n’est AUSSI qu’un outil. Et même si des sortes de monnaies spécifiques sont développées, va-t’acheter un steack au supermarché avec elles…
      (N.B. : d’autant que les supermarchés ainsi que les assembleurs de voiture ont AUSSI pris le statut de banques.)(et te « fabriquent » parfois une sorte de monnaie en « point de réduction »)

      Et, je te rappelle aimablement que le système bancaire est DEJA une nébuleuse style net…
      Au mieux, lorsque deux nébuleuses se fondent, la moitié des composants de l’une se fait détruire et transformer en nuages de gaz.

      Deux choses intéressantes, néanmoins.
      Le patron de Free, Niel, a annoncé depuis longtemps que le net avait tout intérêt à se transformer en minitel… au détriment des internautes, précisait-il.
      Et, ce qui m’amuse car il y a un pirate caché en moi, le réseau bancaire SWIFT s’est déjà fait pénétrer deux fois. 😉

      Là, il y a à creuser.

      1. Euh, Yvan / c’est pas moi, c’est OWNI.

        Je ne soupçonnais pas cette possibilité >> j’ai relayé l’ article…

  15. Thomas Jefferson avait parfaitement cerné la stratégie de quelques uns, et la jugeait suffisamment menaçante à l’encontre de l’humanité pour écrire ceci, il ignorait seulement que métastases atteindraient la planète :

    Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat.
    Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les instituions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »

  16. Je suis assez d’accord avec l’idée de Lau. Travaillant moi-même dans l’Internet, j’en saisis de plus en plus les possibilités infinies (ou presque). Une me tient à coeur particulièrement: la démocratie directe. En effet, plus rien n’empêche aujourd’hui l’établissement d’une démocratie directe dans nos pays industrialisés. Inutile de rentrer dans les détails, je vous laisse à votre imagination. Mais couplée à des systèmes monétaires parallèles tels que décrit par Lau, cette révolution-là pourrait faie bien plus mal à nos dirigeants devenus les larbins de la finance… Car nous savons tous, ou presque, que tant que peu de gens ont faim, beaucoup des gens restent sages et dociles…

    1. Tant qu’un Homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. Eugène Varlin

      En d´autres termes, ce n´est pas parce qu´on n´a pas faim qu´il ne faut pas s´indigner.

  17. effectivement, la BCE mangera son chapeau et fera comme la fed, la BoE et la Banque centrale du Japon:
    Sinon, ce sera la faillite générale des créanciers, car les dettes ne sont même pas récupérables en vendant le Parthenon!
    ou alors, il faut émettre des SMT, et la crise trouvera sa solution tranquillement.
    Mais parce qu’il ne semble pas en être question, la zone euro éclatera inévitablement, non sans avoir ruiné à peu près tout le monde!

  18. Ca va pétouiller encore quelque temps, en Grèce, et puis, faute de mieux, un quarteron de colonels va prendre les choses en main: l’armée sera chargée de collecter l’impôt à coups de trique…sauvant ainsi mon assurance vie farcie d’obligations portugaises, irlandaises, grecques, etc…
    Non mais!!

  19. Et puis, ma grand mère s’étant fait rincer par les emprunts russes, pas question de se faire avoir une deuxième fois!
    vendez le Parthénon à Mickey et toutes les îles que vous voudrez au club med, du moment que mon 4% ne dégringole pas, tout baigne!

  20. @F. Leclerc
    Qu’ont financé les banques grecs? Je sais qu’il y a de l’armement Francais et Allemand, que les grecs n’auraient pas tord de renvoyer aux producteurs, mais quoi d’autre?

  21. Papimam pose la question à propos de la Grèce : « Comment l’Europe pourrait elle lâcher un tel pays aux atouts prometteurs et doté d’un fort potentiel pour l’avenir ? c’est un peu comme si la France abandonnait la Corse. »

    Papimam a tout dit.

    Peut-être même sans s’en rendre compte lui-même, Papimam a tout dit.

    Papimam, est-ce que tu comprends ton erreur lorsque tu poses cette question ?

    Ton erreur, c’est l’erreur que les ouistes ont faite depuis 1974.

    Ton erreur, c’est d’oser comparer :

    1- La solidarité entre les Français

    2- et la solidarité entre les peuples européens.

    En clair : la solidarité entre les Français, ça existe. La solidarité entre les peuples européens, ça n’existe pas.

    C’est triste, hein ?

    Oui, c’est triste. Mais c’est comme ça.

    Autrement dit : depuis 1974, les ouistes ont bâti leur Europe supranationale sur des fondations … qui n’existent pas.

    Il est donc normal que cette construction finisse par s’effondrer.

    1. la solidarité entre les Français, ça existe

      Pas si sûr. Durant l’automne 1914, les régiments du sud de la France ont été injustement suspectés d’avoir moins bien combattu que les autres. Je ne doute pas qu’en cas d’aggravation de la situation économique on voit refleurir des vieux clichés opposant les « fainéants du sud » et les « bosseurs du nord ».

      1. Bah “fainéants du sud” et “bosseurs du nord” c’est toujours un cliché en vogue de nos jours pas besoin d’aggravation de crise.

    2. la solidarité entre les Français, ça existe. La solidarité entre les peuples européens, ça n’existe pas.

      Ben moi, je fais partie ds Européens qui se sentent tout aussi solidaire des autres européens que des Français. Et à mon avis, vu les réactions sur ce même blog et quand je discute avec mes amis ou relations, ils sont plus nombreux que vous croyez.

      Et la solidarité entre Français, elle est où quand on accepte sans broncher qu’il y ait en France des millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté?

      A mon avis, ceux qui ne se sentent pas solidaires des grecs ou des espagnols sont toujours les mêmes, c’est à dire ceux qui ne se sentent pas vraiment plus solidaires des autres Français…. les ‘chacun pour soi’.

      1. Mercredi 4 mai 2011 :

        Hans-Werner Sinn, professeur à l’université de Munich, président de l’Institut de Recherche Economique IFO :

        « Au final, soit l’euro s’écroulera, soit une union de transferts sera établie dans l’Union Européenne, par laquelle les déficits des comptes courants seront financés par des donations entre pays membres. »

        En une seule phrase, l’économiste Hans-Werner Sinn a résumé ce que nous allons vivre dans les années qui viennent.

        Hans-Werner Sinn a tout dit.

        Rien à ajouter.

  22. Daniel Cohen était ce matin aux Matins sur France Q et il a dit deux choses qui m’ont étonné :

    1/ le cœur de la crise est dans la zone Euro. [moi j’avais compris qu’il était aux USA ce cœur de crise]

    2/ dans cette zone Euro, ce qui se passe c’est que ce sont désormais les États qui se prêtent entre eux et qu’à terme ils sortiront du marché financier. [mais moi j’ai lu ici ou dans le journal que pour payer sa participation de 15 milliards € au plan portugais de 78 milliards au total, la France allait emprunter aux marchés – alors on tourne en rond non ?]

    Quelqu’un peut il nous expliquer ?

    1. @didier

      Le « coeur » de la crise ne signifie nullement l’origine de la crise qu’on peut effectivement situer aux US en tant que seule hyperpuissance économique, financière, politique et militaire. Mais pour le moment le cœur de la crise c’est bien la crise de la dette (ou de la créance plutôt…) des pays de la zone euro depuis un an, C’est comme ça.

      Et quand ce sont les Etats de la zone euros qui garantissent via le FESB les dettes des pays les plus touchés par la crise de la créance publique en Europe, en faisant pour cela indirectement appel au marché en lieu et place de ces pays ou directement pour recapitaliser la BCE, ce sont bien des Etats de la zone euro qui se prêtent entre eux via les marchés et la BCE -celle-ci essentiellement aux banques déconfites de ces pays là – pour le moment.

      1. Mais pour le moment le cœur de la crise c’est bien la crise de la dette (ou de la créance plutôt…) des pays de la zone euro depuis un an, C’est comme ça.

        Vigneron, victime du brainwashing à l’américaine : ça m’étonne de vous!

        La crise de la dette elle est partout dans le monde occidental, en Europe, aux USA, au Japon. Dire qu’il y a un coeur qui est situé en Europe n’a aucun sens, c’est de la pure propagande.

    2. Daniel Cohen … c’est pas cet économiste qui a découvert il y a un an ou deux que la richesse ne faisait pas le bonheur ?

      1. La richesse n’enfante ni la prospérité ni le bonheur

        C’est en tout cas ainsi qu’a résumé sa pensée un de ces fans avoués – à en croire sa critique du livre de 2010 de Cohen, « La prospérité du vice. Une introduction (inquiète) à l’économie », un certain Éric le B… sur slate.fr…
        http://www.notreterre.org/m/article-51021479.html

  23. Depuis au moins un an et demi, L’euro fait l’objet d’attaques spéculatives visant à faire croire aux investisseurs que les créances souveraines des pays de la zone ne valent pas tripette. Or l’état le plus endetté du monde, celui dont les bonds ne valent même pas le papier sur lesquels ils sont imprimés, c’est les états unis, suivis de près par leur clone, le royaume uni (qui tente lui au moins une politique de rigueur).
    Ce que Leclerc appelle les marchés dans pratiquement tous ses billets a un nom et une réalité. Ce sont les dark pools, institutions totalement opaques et non régulées, avec une puissance de feu capable d’orienter ou de détourner les autres investisseurs.
    Ces dark pools sont une émanation du lobby financier anglo saxon et leur mission est de détourner l’attention de la situation réelle du dollar et par extension, de l’économie américaine.
    Ils y parviennent parfaitement et tout le monde tombe dans le panneau. Les problèmes structurels de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande sont tout à fait réglables avec une péréquation et de la rigueur dans la gestion, ainsi que l’abandon de certaines créances douteuses probablement. Avec également une certaine souplesse dans les mécanismes d’ajustement, souplesse qui se met d’ailleurs en place, en dépit des traités signés.
    Ainsi, focalisés sur des problèmes périphériques, les investisseurs seraient censés retourner à la seule valeur sure, à savoir la dette US.
    Mais nous savons maintenant que ce n’est pas le cas, que tous les chiffres de l’économie américaine sont grossièrement truqués, que seule la fed continue à racheter ces créances, que partout dans le monde s’organise rapidement un nouveau système non basé sur le dollar, que les pays créanciers se dégagent par tous les moyens des échanges libellés dans cette monnaie.

    Bref, on ne le dit pas encore, mais le dollar est mort. C’est un zombie qu’on fait tenir artificiellement debout.

    Quoi qu’on en dise, c’est là dessus que spéculent les décideurs européens. Ils savent qu’ils sont l’objet d’attaques spéculatives visant à détourner les investisseurs de l’Euro, et ils jouent la montre, aidés par les brics qui se préparent eux aussi à la sortie de l’économie dollar.
    Seulement la bête agonisante a encore des soubresauts et les européens, encore récemment si totalement impliqués dans l’économie dollar, marchent sur des œufs et tentent de retourner leur veste sans que le grand frère ne s’en aperçoive trop.
    Donc:
    1/ l’euro en tant que tel n’est pas menacé. Il fait juste l’objet d’attaques spéculatives permanentes.
    2/ La zone euro n’a pas joué la carte de la planche à billets et reste la première zone commerciale du monde.
    3/ Les brics ont tout intérêt à soutenir l’euro contre le dollar et c’est précisément ce qu’ils font.
    4/ Seule la fin du système dollar permettra de faire cesser la spéculation, couplée à la définition d’un nouveau standard pour les échanges internationaux. Ce à quoi la Chine et la Russie entre autres travaillent activement.
    5/ D’ici là, l’Euro doit tenir. Qu’on l’admette ou non, cette monnaie est notre bouée de sauvetage face à cette crise de l’économie us. Il est fort probable que les créanciers (les pays détenant des réserves de change) ne laisseront pas les dark pools faire tomber l’euro, ce qui stopperait une bonne part des échanges mondiaux pour un temps plus ou moins long.
    6/ Cette crise permet à la zone euro de mettre en évidence les lacunes de conception de l’euro et va probablement aboutir à de nouvelles règles lorsque la monnaie de sera plus sous le feu d’attaques permanentes. On pense évidement à un mécanisme interne d’ajustement des parités, une monnaie commune.
    7/ L’Euro sera probablement inclus dans le futur « panier de devises » des brics, et il est fort probable que nous voyons le Royaume Uni demander et obtenir son adhésion à la zone d’ici peu.

    L’avenir n’est pas celui qu’on croit. Obnubilés par les erreurs de conception inavouables de la zone, ses gérants avancent à reculons dans la bonne voie, sans le dire. La bonne voie étant le désendettement, une gestion plus rigoureuse, et une relocalisation économique.

    Dans tous ces domaines, l’Europe et la zone Euro sont à des années lumière au dessus de ce qui se pratique aux états unis. Une fois le cancer à métastases dollar éradiqué du commerce mondial, la zone euro retrouvera toute sa place, c’est à dire la première pour l’instant, en attendant la Chine.

    1. La plupart des intervenants sur ce site ne sont pas encore capables de vous comprendre. Même l’auteur de l’article ne semble pas encore avoir compris ce qui se trame réellement.

      Cependant, il manque un point important à votre excellent post : les USA ne laisseront pas le monde se passer d’eux. Les USA sont finis, c’est clair. Ils agonisent. Mais, avant de rendre leur dernier souffle, il voudront entrainer tout le monde dans l’horreur avec eux.

      Reussiront-ils ou pas ? L’avenir nous le dira. Pour ma part, je pense que les pervers feront tout s’effondrer, plutôt que de voir le monde continuer sans eux.

  24. « Autrement dit : depuis 1974, les ouistes ont bâti leur Europe supranationale sur des fondations … qui n’existent pas. »

    L’Europe, au départ, est un remède anti-guerre. Depuis, ce n’est plus que du business.
    La 1ère version a bien résisté et bénéficiait du soutien naturel des peuples concernés (France, Allemagne, Italie, surtout). La seconde, par nature, liait son sort à la bonne fortune du business.

    1. Bonjour Jean-Yves,

      L’Europe, au départ, est un remède anti-guerre. Depuis, ce n’est plus que du business.

      Il me semble que C.E.C.A. signifiait : Communauté ÉCONOMIQUE du charbon et de l’acier…
      Alors, la paix, la sécurité, la solidarité, j’en passe, comme « arguments », on nous les ressert sans arrêt, et ça marche encore ???
      cordialement.
      mqr

  25. A mon sens, il faudrait essayer de maintenir pragmatiquement deux fers au feu.

    1- Dans une optique « suiveuse » et pour la BCE, il est toujours dangereux de s’inscrire en dehors du mouvement général (FED, DOE, BOJ,..) sous peine de très vite apparaitre, à tord ou à raison, comme le maillon faible donc celui qui pourra le plus facilement et le plus rapidement se faire attaquer justement sur le point d’application de ses divergences. Il me parait donc nécessaire pour la BCE de suivre « at arm’s length » les politiques de la FED et de la BOE en jouant sur la pédale de frein pour ne pas se laisser trop vite entraîner dans les plus mauvaises pentes des leaders du peloton.

    2- Dans une optique « volontariste », qui est la plus difficile à concrétiser, le conseil de l’UE et particulièrement les ministres des finances de l’Euroland, devrait rechercher des solutions courageuses qui s’orienteraient vers une plus grande solidarité de la zone Euro et une plus grande stabilité dynamique de son économie d’ensemble. Il ne s’agit pas de pousser à la convergence qui n’a plus de sens, passés certains seuils, mais plutôt à la complémentarité interne de ses membres dans une économie mondiale en grande partie ouverte. Bien sûr, il reste difficile de « faire » l’Europe… surtout en dehors des objectifs politiciens nationaux à court terme de ceux « qui sont en responsabilité » (pour éviter l’euphémisme « qui la dirigent »).

  26. D’une façon plus générale, je pense que cet homme n’est pas très loin de la vérité :
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3099
    « Génération pic pétrolier : une chance extraordinaire de changer le monde, par Richard Heinberg »

    « Un Pascal Bruckner, qui se donne pour un esprit fort et libre, illustre excellemment ce travers, lorsqu’il écrit dans une chronique récente intitulée « la séduction du désastre » que « les discours alarmistes, qu’ils portent sur l’atome, le climat, l’avenir de la planète, souffrent d’une contradiction. Si la situation est aussi grave qu’ils le prétendent, à quoi bon s’insurger. Pourquoi ne pas se prélasser en attendant le déluge ? », « 

    1. article ci-dessus :

      « La génération au pouvoir, repue et vieillissante, est dans sa grande majorité incapable d’effectuer le saut conceptuel requis… »

      oui les vieux trop repus sont morts …(même quand ils sont beaux : on dit « vieux-beaux »)

      les vieux capables d’indignation sont encore vivants, pas forcément beaux : on ne dit pas « vieux-beaux », on dit  » vieux-indignés » ; ils aiment la nouvelle génération et veulent l’aider et la soutenir …
      le flux de vie doit passer, se transmettre …les jeunes montent au créneau : c’est une bonne chose ; c’est la vie !

    2. @Yvan
      Richard Heinberg: Beaucoup moins chiant qu’un Hulot et beaucoup plus réaliste qu’un Yann Arthus Bertrand qui nous bassine avec sa culpabilisation permanente du pékin moyen. Il prend effectivement bien la dimension du problème , s’adresse au bon public et donne envie de faire.
      merci pour le lien

  27. En effet, la BCE tente peut-être un coup de bluff. La Tribune confirme ce matin que la BCE ne prendrait plus en pension des titres de l’Etat grec si la dette publique grecque était restructurée et/ou si le programme de rigueur budgétaire demandé à la Grèce n’était pas respecté. Les banques grecques auraient cédé à la BCE environ 88 MiE de titres de l’Etat grec (encours à fin mars) en échange de liquidités pour un montant équivalent. La BCE aurait par ailleurs acheté pour 50 MiE d’obligations grecques sur le marché secondaire (donc un total ce jour dans son bilan de 138 MiE) pour « donner de la liquidité » sur le marché (en clair offrir une contrepartie afin de soutenir les cours). Jean-Claude Juncker a précisé hier qu’il n’y aura pas d’allongement de la maturité de la dette grecque à défaut de nouvelles coupes budgétaires.

    Moody’s et Fitch viennent de faire savoir qu’un allongement de la maturité sera assimilé à un défaut. Défaut qui en principe ouvrirait normalement la voie à une restructuration de la dette, donc à des pertes pour les détenteurs de ces titres.

    Le risque systématique qui fait frissonner les responsables de l’UE est lui fortement minimisé par Roubini qui considère que ce défaut est supportable par le système bancaire européen.

  28. Un des piliers de la BCE, batie sur la théologie économique néoclassique, célébrée par le gourou Von Mises est le suivant: Le beurre et l’argent du beurre.
    Quand le systeme financier fait tout son possible pour preter 500 fois plus que ses fonds propres, il se met à condamner les Etats qui s’endettent sans pouvoir rembouser grace à leurs impots et taxes. Et qui ont perdu leur droit jadis souverain de battre monnaie, aux USA puis en Europe. Célébré en son temps par les incapables et les ahuris comme une « victoire historique ».
    Quand la finance croule sous les prises de risques délirantes assurées par des concepts style CDS tout aussi délirants, elle demande aux Etats leur sauvetage: Le beurre et l’argent du beurre.
    La théorie néo-classique est morte, faisant preuve de son charlatanisme historique dans le domaine de la science économique.
    Au USA l’Etat a fini par vendre ses bons du trésor directement à la FED, histoire de renflouer des organismes de crédits,des industriels (GM).
    On appelle ça « quantitative easing » ce qui est le mot politically correct de « planche à billet ».
    Mais meme aux USA, la dette de l’Etat à soit disant des limites. Pourquoi?
    Parceque les nantis, les capitalistes rentiers ont peur de la chute du dollar. Chute qui entrainerait la chute des USA en tant que grande puissance mondiale. Des questions de domination et de pouvoir sont en jeu.
    Comme jadis sous nos rois…
    Théoriquement donc, selon Von Mises et la FED, l’état fédéral US est pourri de dettes. Parcequ’on n’admet pas le concept de planche à billet. Dans ce cas la en effet, l’Etat n’a plus aucune dette! Par contre les dollars sont dans la nature, pour rien, pour rembourser de gens qui se sont fait pieger par des produits financiers vides de sens et de « croissance ».
    Mais si l’Etat s’endette pour « sauver la finance », on a le meme effet: Hyper liquidité, états au bords de la ruine. Et a l’horizon inflation et baisse des avoirs capitalistiques. Donc pour compenser, hausses des taux: Cela est démontré vis à vis des états insolvables. Ce qui prouve encore que le spectre de la Grande Dépression ressurgit en Europe grace aux éluculubrations de la BCE et des traités européens neo-libéraux.
    Memes causes , memes effets que jadis. La théorie néoclassique est absurde et n’a visé qu’a détruire les états souverains et qu’a restaurer une sorte de féodalisme financier globalisé. Son principal avantages aux yeux des prédateurs, pour « gagner plus ».
    La plus grand arnaque du siecle: Faire croire que le controle de la monnaie doit etre interdite aux nations souveraines, et organisée par le « marché ». Le reméde fut pire que le mal!

    1. Bonjour Izarn,
      Tu cites le beurre, l’argent du beurre, mais tu oublies la crémière, le sourire du crémier, et encore, au point ou nous en sommes… chez les grecs, je me demande si ça s’arrête vraiment au sourire…
      Cordialement.

      1. Oh, pardon,
        […] « où » nous en sommes […]
        et de plus, j’ai pas signé. Où avais-je la tête ? Dans … les nuages…
        mqr

  29. Les Allemands viennent de fermer la porte qui était encore entre-baillé, Wolfgang Shäuble s’alignant sur la BCE.

    Ils vont pressurer la Grèce autant qu’ils peuvent, pour l’exemple.

    1. Et pendant ce temps…. :
      http://www.lepoint.fr/bourse/l-ocde-suggere-au-royaume-uni-d-adoucir-la-rigueur-si-la-croissance-s-etiole-26-05-2011-1335422_81.php
      « Un responsable de l’OCDE a suggéré jeudi au gouvernement britannique de ralentir ses coupes budgétaires si la croissance continuait à s’affaiblir, tout en maintenant son soutien de principe à cette politique, en pleine montée des inquiétudes sur la reprise au Royaume-Uni. »

      Deux poids…

      1. Le FT évoque désormais la forte probabilité d’un double dip en 2011 pour l’économie britannique. Motif: la baisse trop rapide des dépenses des ménages.

      2. Ce qui paraitrait le plus logique est que les instances de la religion économique commencent à flipper sec en préférant une inflation localisée à une révolte des gogos.
        Or, hors, ors, le sushi est déjà radioactif car l’inflation amène la révolte.

        Lorsque l’argent est plus que roi, et atteint le stade de divinité, ses voies vont-elles devenir vraiment « impénétrables »..???

        Vous le saurez dans le prochain épisode de votre série favorite qui verra un acteur préférer se faire tuer car il n’a pas obtenu son augmentation justifiée.

      3. Me voilà HORS de moi !
        Les manants sont à bout, face aux ORS gaspillés par les prédateurs de feue-la République, de feue-l’Europe !
        OR, que pourrait-il se passer si les gueux, après quelques tours de chauffe pour l’honneur, se rebiffaient ?
        HORMIS partir sur des canots de sauvetage, que feront les « rentiers » ? Partiront-ils avec leurs lingots d’OR ? Fuiront-ils la banqueroute ?
        Entendront-ils raison ? ou, devrons-nous aller jusqu’aux « Raisins de la Colère » ?
        Pour survivre, devrons-nous devenir ORpailleurs ( jardin P.J.) ?
        Justice, équilibre, raison ?
        BancOR-route ou bancOR ?
        That is the question .
        Il ne s’agirait tout-de-même pas de nous acheter, même à prix d’OR !
        Nous ne sommes pas à vendre. Point.

    2. Il y aura probablement un blocage politique en Grèce. Ce qui est demandé à la Grèce est intenable. Le noeud de la contradiction n’est plus à Athènes mais au sein de la BCE, c’est-à-dire au sein de l’Europe financière. Il faudra donc que la BCE se ravise.

  30. Quand je lis cela, je me dis qu’il y a de quoi enrager. Ceux qui comme moi refusaient
    de dire oui au référendum sur le TCE en 2005 (nonistes européens), entre autre parce qu’il n’y avait pas création d’un buget « Fédéral » digne de ce nom, et que le statut de la BCE la rendait indépendante de tout contrôle démocratique; ceux là dis-je se faisaient traiter d’anti-européens, voire de « rouge-bruns ».
    Mais au vu de ce qui arrive, montée des extrêmes partout en Europe, probable éclatement de la zone Euro par manque de solidarité budgétaire et non volonté d’harmonisation fiscale et sociale (et plutôt vers le haut que vers le bas).
    Qui étaient les vrais pro-européens ??? Qui étaient les « rouges-bruns » ?, ou à tout le moins qui étaient ceux qui par leur aveuglement (ouistes béats) préparaient le retour des « rouges-bruns » sur le devant de la scène politique partout en Europe.
    Oui il y a de quoi s’indigner comme à la Puerta Del Sol, mais il y a surtout de quoi enrager !!!

    1. Joan dit :
      26 mai 2011 à 12:42

      oui, entièrement d’accord ! mais il s’agissait d’une** idéologie totalitaire ( les oui-ouistes ): » quoiqu’il advienne, on continue sur notre folle lancée » ( il y avait depuis fort longtemps des non naïfs aux manettes )…qui montrait d’un doigt vengeur d’autres formes de totalitarismes ( réels ), et ne voulaient rien entendre.
      **il nous a fallu du temps pour nous en rendre compte, tant toute autre parole était verrouillée …alors que les idées du « non » étaient en majorité non excluantes …mais voyaient le réel, qui tournait au vinaigre .
      ah, repartir vers la générosité, et la démarchandisation des êtres.

  31. La page facebook  » les Indignés » a atteint les 51000 personnes.
    Le mouvement continu ce soir dans toute la Grèce.

  32. @Fau
    pas trop de réaction à ton message . Je suis pas un spécialiste ni de l’économie ni d’internet mais les perspective que tu évoque m’inquiète à 2 raisons .
    1°) toute ces nouvelles technologies finissent au mieux en oligopole, au pire en monopole
    ex : microsoft , google , twiter , youtube , facebook …;etc
    2°)qui est une conséquence de la première tout le pouvoir en quelques mains voir une seule
    Certes on ce passerait des vilaines banques mais ça risque fort d’être pire.
    Je repense à un billet de Lordon sur son blog  » Ne pas détruire les banques mais les saisir »

    @Paul, François ou Julien
    Pouvez vous prendre un peu de temps pour nous donner votre avis sur ce que Fau nous a dit

    1. Il s’agit en fait d’un article publié sur le site OWNI. La mise en perspective des évolutions du web au regard de la loi de la « simplification » comme préalable à la démocratisation est un fait avéré, et le futur envisagé sera probablement une réalité d’ici quelques années… sauf bien entendu si les pure players devenus mastodontes en position oligopolistique en décident autrement et mettant au pas le net. Ce qui est un peu la pente naturelle que l’on observe actuellement, sous la pression d’une myriade d’intérêts qui convergent vers un web à 2 vitesses comme l’évoque Paul : les sites « prioritaires » et ceux que l’on laisse barboter dans les tréfonds de la toile et dont l’accès est au mieux difficile, au pire prohibé.

      Il y a là un enjeu majeur, c’est évident.

      1. Julien, dans le Libre, nous marchons par adresse IP.
        Le DNS américain peut aller se faire voir…

        Imagine que l’un de nous mette au point un protocole différent…..
        Y’a rien de plus facile, en plus.
        Tu le diffuses avec des noeuds de connections sécurisés et en triant les adhérents, et là, la répression gouvernementale peut se prendre une cure de balnéothérapie en urgence histoire de décompresser.

      2. Les comparaisons ont leur limites, mais le mouvement des radios libres de la bande FM a connu en France cette évolution, passant du stade de la découverte enivrante d’une liberté à l’affirmation d’un monde commercial qui a finalement pris le dessus.

        La même machine est en marche, ce qui peut changer est que les deux logiques devraient pouvoir coexister tant bien que mal, la seconde n’écrasant pas totalement l’autre.

      3. Oui Julien, il faut bien se rendre compte que Google, Amazon, etc… font des investissement en hardware qui se chiffres en milliards de dollars (serveurs, disques durs, etc…). Ce n’est pas que du soft (comme suggère le site d’OWNI). A partir de là, ils contrôlent beaucoup (snif!)

      4. Hhmm.. Monsieur Leclerc.

        Vous vous trompez.
        Ce domptage de la liberté des radios FM fut fait par les états.

      5. Comme je n’aime pas avancer d’infos sans fondements, je vous prie de constater :
        Radio Caroline-Mi Amigo en Mer du Nord détruite par son propriétaire sous contrainte du gouvernement anglais.
        Et pour le fonctionnement d’une radio, les moyens sont dérisoires. Voir la date de naissance de :
        Radio Campus à Lille…

        Ici, le net ne peut pas être comparé. Sinon, les états l’aurait déjà communauchinanisé.
        Mais ils y songent fortement chaque jour…
        Sauf en Islande.

      6. @ Yvan

        Radio Caroline a son histoire propre et devancière. Pour la France, j’y étais ! Cela a commencé par la valorisation financière des fréquences attribuées…

      7. Hé hé hé…

        J’aurais dû me douter que nous avions les mêmes valeurs.

        Mais elle était en eaux internationales…

      8. Rappelez-vous les trafics autour des fréquences, ce n’est pas l’Etat qui les a organisé.

      9. Hhmm…

        Vous avez donc une info que je n’ai pas.
        Car, jusqu’à plus ample informé, la gestion des fréquences dépend AUSSI de l’état…
        C’est en tout cas ce que j’ai toujours cru.

        Julien, regardes, et marres-toi :
        http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/la-france-cree-des-commandos-de-cyberdefense-26-05-2011-1335572_47.php

        Et, là où tu peux constater que la Justice veut bien casser les monopoles :
        http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/05/26/vente-liee-d-ordinateurs-et-logiciels-hp-condamne-pour-pratique-deloyale_1527901_651865.html

        Rappelles-moi quand les US ont interdit le cryptage de plus de 128 bits…????
        😉
        Soit, à la limite, même pas besoin de créer un autre protocole.
        Ca tombe bien, je suis une feignasse. Ce qui demande une vache d’intelligence…

  33. Comprends pas tout
    mais ce que je comprends, c’est qu’un organisme sa profite, va se substituer au gouvernement grec (démocratiquement élu, si cela a encore une valeur) pour vendre les avoirs de tous les grecs (l’état c’est nous) sans que ceux-ci n’est rien à dire.
    Si jamais il y révolte sanglante, certains s’étonneront

  34. Encore un truc qui aurait pu paraitre incroyable juste un an auparavant :
    Un décroissantiste qui demande à la foule d’ouvrir les yeux :

    Dans le MONDE.. !! :

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/26/reunion-de-grands-flambeurs-a-deauville_1527718_3232.html

    Y’a p’tête un truc qui va être marrant.
    Ce sera l’analogie possible à faire entre la chute de la religion de l’argent et la récupération des divinités grecques par les romains.
    On prend les mêmes et on recommence.

    Et d’ici qu’on ait du monothétisque qui se pointe subreptis-ment, là, ça va être feu d’artifice tous les jours gratuit.
    Encore une expression de ma fille : « C’est la fête… » .. Quand tout va mal.

  35. Merci des réponses.
    Oui Francois on voit bien de petites tentatives de résistance exemple à la numérisation des livres par Google, mais cela est bien dérisoire . j’ai la même inquiétude pour les « cultures » au sens large.
    Mais si ça touche à la « monnaie » je pense que « 1984 » d’Orwel en comparaison est une gentille bluette . Pour moi c’est la première fois que je prend conscience de cette possibilité ça m’effraye, apparemment d’autres y ont déjà pensé, mais en n’ont pas beaucoup parlé . Décidément internet c’est vraiment merveilleux, du moins ça pourrait l’être .

    1. ce qui fait peur en plus c’est le sponsoring que ces géants du numérique font à destination des projets « transhumanistes » d’amélioration de l’espèce humaine via la Singularity university de Kurzweil , membre du CA du MIT. Le patron de Google disait récemment que le concept de vie privée n’aurait bientôt plus aucun sens (puisque nos cerveaux seraient bientôt tous connectés ! ).

  36. Le mois qui va se terminer a été très chargé en actualité, dispersant certainement l’attention et amenant à moins fréquenter la fonction affichée du blog destinée aux dons.

    Les résultats s’en ressentent, un sursaut des indignés s’impose  !

  37. Si jamais le Fonds monétaire international (FMI) décidait de ne pas verser la prochaine tranche à la Grèce dans le cadre d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros pour le pays, alors il est attendu des pays européens qu’ils interviennent, a déclaré Jean-Claude Juncker.

    « Si les Européens apprennent que les fonds que doit débloquer le FMI le 29 juin ne peuvent l’être, alors le FMI attend des Européens qu’ils prennent le relais et assurent la part FMI du financement de la Grèce », a déclaré jeudi le président de l’Eurogroupe.

    « Mais ceci ne sera pas faisable en raison de la réticence de certains parlements – en Allemagne, en Finlande, aux Pays-Bas et ailleurs – à intervenir de la sorte », a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/05/26/97002-20110526FILWWW00606-l-ue-doit-aider-la-grece-si.php

  38. Je crois qu’il faut transformer les dettes des pays européens ayant un souci (perdant le AAA par exemple) en dette européenne avec décote (je vois bien -30% du capital). Les acheteurs voient de cette manière le risque se concrétiser (ben oui risque faible mais pas négligeable) et ont espoir que le capital restant soit mieux garanti et payé.
    Dans tous les cas nous ne sortirons pas de la crise tant que les dettes ne seront pas rincées d’une manière ou d’une autres.

  39. Boujour,

    Etant « caution solidaire » au même titre que les autres pays de la zone Euro, la France emprunte sur les marchés pour que la Grèce, l’Irlande… puissent continuer à fonctionner à crédit (pas trop cher) sans devoir vendre leurs biens. La France ne devrait pas continuer à vivre à crédit (on sait bien où cela mène.). Elle devrait vendre Versailles, sa Tour Eiffel, ses monuments, ses musées. Elle devrait aussi privatiser ses centrales nucléaires, l’éducation nationale, l’EDF (pardon, c’est déjà fait), le trésor public, la SNCF, les cuillères en argent, les paniers à pique-nique…
    Cela nous permettrait de renflouer la Grèce, l’Irlande… sans nous endetter d’avantage. Et cela aurait l’énorme avantage d’éviter à ces pauvres pays de devoir vendre leur or, de devoir privatiser leur secteur public et de vendre leurs monuments, musées et œuvres d’arts, acropole et autres.
    Evidement, je fais dans la provoc, mais c’est pour mettre en évidence l’absurdité des plans de sauvetage qui sont une impasse. Comme ils disent sur BFM : « une mauvaise tactique au service d’une très mauvaise stratégie » !!!!!
    Pascal Salomé

  40. Le Fonds monétaire international pourrait décider de ne pas verser sa contribution à la prochaine tranche d’aide que doit recevoir la Grèce s’il n’a pas l’assurance que les pays européens tiendront leurs engagements sur les 12 prochains mois, a déclaré jeudi Jean-Claude Juncker.

    A la suite de ces propos du président de l’Eurogroupe, l’euro a effacé l’essentiel des gains accumulés pendant la journée, évoluant vers 18h30 à 1,4118 dollar après avoir atteint en séance 1,4206 dollar.

    Les Bourses de Paris et de Francfort, également plombées par des indicateurs américains jugés mitigés, ont terminé en baisse.

    « Le FMI ne peut être opérationnel que s’il y a une garantie de refinancement sur 12 mois », a déclaré Jean-Claude Juncker, ajoutant qu’il ne pensait pas que les représentants du FMI, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) d’une mission envoyée à Athènes aboutiraient à cette conclusion.

    Une porte-parole du FMI a confirmé les propos du président de l’Eurogroupe en disant que le FMI ne pouvait continuer à prêter à la Grèce tant qu’il n’avait pas des garanties de financement des pays européens participant au plan d’aide de 110 milliards d’euros mis sur pied en mai 2010 pour venir au secours d’Athènes.

    « Nous ne prêtons jamais si nous n’avons pas l’assurance qu’il n’y a pas de rupture dans le financement », a-t-elle déclaré.

    La Grèce a annoncé lundi de nouvelles mesures d’économies et privatisations pour permettre le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide de 12 milliards d’euros du FMI et de l’Union européenne.

    Le ministre des Finances grec Georges Papaconstantinou a dit cette semaine que, si cette tranche n’était pas débloquée, le pays serait incapable d’honorer ses obligations et, de ce fait, en situation de faillite, des déclarations qui ont une nouvelle fois conforté l’hypothèse que la Grèce n’échapperait pas à une restructuration de sa dette.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE74P0WW20110526

  41. Bonjour à tous.
    À propos de
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=24797#comment-187633
    sur lequel je m’étais permis un commentaire idiot, mais dans le cadre de mes maigres capacités humoristiques :
    J’avais écrit les f.ss.s de la crémière, pour remplacer le calcul – cal de ma première version
    (en vue d’échapper aux antispam, modérateurs de tous oilps, en verlan ça se verra peut-être pas…)
    donc, le calcul – cal, voir plus bas, d’origine, probablement rejeté (dixit le modérateur de service, et chapeau pour le boulot, sans la moindre ironie) par l’antispam du blog.
    Mais même les fe..es disparaissent !!! Je vous dis pas fèces, là c’est carrément caca.
    Avouez que c’est vraiment dommage : imaginez un torero sans fesses, ou pire un danseur de Flamenco…
    Car, en effet, le modérateur a élargi à l’ensemble de la crémière mon propos d’origine !!! Que nenni, car le cheval nennit.
    Alors je dis : faut savoir, faut savoir, faut savoir.
    L’ensemble serait-il moins grave que la partie ?
    (j’écris bien LA partie pas LES parties, ni même LE parti), je fais ce que je peux sans mon Michelin pour ne pas être :
    obscène
    ordurier
    vulgaire (c’est pire)
    insultant
    idiot, et là ça m’est plus difficile
    grossier (et encore, des fois, j’hésite)

    Où s’arrête le découpage (et si c’est pas pire que les adjectifs précédents… Je me les coupe … les cheveux), juste avant la cuisinière ?

    Enfin voilà, comme j’ai pas souvent la possibilité d’être à la hauteur pour commenter les billets du blog, je dis des conner bêtises, mais plutôt pour jouer la mouche du coche…

    C’est ce qui m’amène finalement à vous mettre en garde (à vous… lecteurs) : ceci est un blog du Vatican bip bip ceci est un blog du Vatican bip bip … pib…

    J’avais pas vu jusque là et je m’étonne (air de Brest), j’aurais dû me méfier davantage.
    Car en effet,que reste-t-il pour causer de cette partie de l’anatomie, sans référence aux poètes ?

    – Les carottes sont cuites, je répète, les carottes sont cuites ??? Pas simple…

    À moins qu’une ligne sur deux permette de rire quand même :

    Lettre de George Sand à Alfred de Musset

    Je suis très émue de vous dire que j’ai
    bien compris l’autre soir que vous aviez
    toujours une envie folle de me faire
    danser. Je garde le souvenir de votre
    baiser et je voudrais bien que ce soit
    là une preuve que je puisse être aimée
    par vous. Je suis prête à vous montrer mon
    affection toute désintéressée et sans cal-
    cul, et si vous voulez me voir aussi
    vous dévoiler sans artifice mon âme
    toute nue, venez me faire une visite.
    Nous causerons en amis, franchement.
    Je vous prouverai que je suis la femme
    sincère, capable de vous offrir l’affection
    la plus profonde comme la plus étroite
    en amitié, en un mot la meilleure preuve
    dont vous puissiez rêver, puisque votre
    âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
    bite est bien longue, bien dure et souvent
    difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
    grosse. Accourrez donc vite et venez me la
    faire oublier par l’amour où je veux me
    mettre.

    Malheureusement, je ne suis pas capable (en fait j’ai jamais essayé) d’écrire comme Aurore Dupin (sans cal-
    cul…)

    En ce qui concerne la réponse d’Alfred et la suite :

    http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre1930.html#page_1

    Mis à part cette digression, je fais ce que je peux avec mon pneu (Sarclo, mâtiné des Misfits de A. Miller et J. Huston ).
    Bonne lecture (Aurore & Alfred) à tous, ça pourra vous changer un peu des (indispensables) économisteries du blog.
    Mqr

  42. Bonjour,

    Je serais très intéressé à connaître les sources et les raisonnements qui justifient votre positionnement.

    Cela fait plusieurs année, qu’inquiet par la pression exercée par les difficultés d’accès aux ressources naturelles sur l’économie, je surveille certains marchés, dont celui du pétrole, en essayant avant tout de comprendre.

    Sachez d’abord que la taille des réserves (Prouvées ? connues ? estimées ?) a assez peu d’importance à un instant I sur le marché, lequel à cet instant I est plus préoccupé de l’offre et de la demande dans les semaines à venir qu’autre chose.
    L’offre est assez bien connue, disons pour simplifier qu’on découvre de moins en moins de pétrole depuis les années 60, que plus de la moitié des gisements exploités ont dépassé leur maximum de capacité de production, et donc produisent de moins en moins, et que donc, depuis le milieu des années 2000, concernant la production de pétrole conventionnel, la messe est dite, cette production est en déclin, il est devenu infiniment peu probable que les rares découvertes nouvelles relancent une production qui va décroître de plus en plus vite.
    Afin de répondre à la demande qui, reste sur une tendance croissante, il est donc fait appel à des productions moins conventionnelles de pétroles qui entrent dans un catégorie appelée « tous liquides », catégorie qui comprend aussi bien des liquides obtenus à partir de charbon par le procédé Fischer-Tropsch, que de la bio-masse (biodiésels), de sables bitumineux, ou de pétroles dont les caractéristiques sont relativement traditionnelles, mais exploités dans des conditions bien plus exigeantes et risquées que par le passé, ce qu’a mis en évidence la catastrophe récente dans le golfe du Mexique.

    Pour le gestionnaire que je suis, un prix ne peut durablement être inférieur au coût marginal de production. Les opérateurs pétroliers sont très peu diserts sur leurs coûts de production, mais des évaluations donnent une idée approximative, et les évolutions du marché sont encore plus instructives.
    En effet, à fin 2008, le prix du baril de pétrole s’est effondré, repassant en quelques mois de plus de 120 dollars le baril à moins de 40 dollars. Cela a provoqué un peu d »affolement du coté de l’OPEP ; Cette organisation est en effet la gardienne, vis à vis du monde occidental, de la stabilité du secteur de la production pétrolière, et elle venait d’être prise à défaut (on ne peut pas parler de stabilité pour un baril dépassant 140 dollars !), et pouvait craindre pire pour l’avenir ; en effet, la chute de fin 2008 menaçait les investissement d’alors, nécessaires pour répondre à la demande future, mais même la production d’alors, avec le gel entre autres de projets de sables bitumineux en cours de développement. Le risque était alors que la production soit en totale incapacité à répondre à la demande lors de sa remontée.
    L’OPEP a alors réagi en baissant sa production par le moyen de quotas répartis entre ses membres, et à rapidement remonté la prix du baril à environ 75 dollars (votre estimation). Mais le prix a continué de monter assez vite jusqu’à environ 85 dollars, et c’est plutôt vers ce prix que je situe les coûts d’exploitation les plus élevés à l’heure actuelle.
    Mon estimation se base sur les réactions des opérateurs lors de la chute du prix de fin 2008, et sachant que leur coût se décompose en coût de production (sous lequel leur production est remise en cause à court terme), en remboursement des investissements consentis pour l’exploitation en cours, et en frais de recherche et développement, car les gisements s’épuisent, il faut préparer la suite.

    Ensuite intervient un paramètre encore plus important : l’impact du prix sur le niveau de la demande. Il est conventionnel de dire que l’élasticité de la demande par rapport au prix est faible concernant le pétrole. Certes, mais même faible, elle existe, et c’est clairement sur elle que s’appuie l’OPEP pour affirmer que le marché est bien approvisionné lorsque celle-ci perd tout contrôle, comme en 2008.
    Il n’est pas douteux pour moi qu’au niveau de prix actuel, ce paramètre joue nettement.

    Le rôle de la spéculation ? Heu, ce sont des gens qui revendent autant qu’ils achètent, où je me trompe ? Logiquement, par l’effet des intervalles de temps, cela implique surtout une accentuation des variations de prix, plutôt qu’une modification des tendances de moyen et long terme.

    Enfin, un prix n’est pas ce qu’il devrait être, mais ce qu’il est ; environ 110 dollars le baril pour le brent actuellement, qui sert de référence pour environ les deux tiers du pétrole échangé dans le monde.

    La part de la spéculation dans ce prix ? Si vous l’estimez par la différence entre coût de production marginal et prix réel, OK, mais je ne crois pas que ce soit si simple.
    Ni d’ailleurs qu’un « juste prix » existe.
    Je crois pour ma part que les vendeurs peuvent monter leur prix en raison de difficultés de l’offre à répondre à la demande, mais dire que ce phénomène résulte de la spéculation me semble erroné. La rareté a toujours permis aux vendeurs de monter le prix et ils ne s’en sont jamais privés, bien avant même que la spéculation n’existe …

  43. Jeudi 26 mai 2011 :

    L’exposition de l’Eurosystème à la Grèce serait de 135 milliards d’euros.

    « Il faut savoir que l’Eurosystème (les banques centrales de la zone euro) serait exposé à la dette grecque à hauteur de 135 milliards d’euros, selon nos calculs », explique Andrew Bosomworth, gérant chez PIMCO Europe.

    « C’est pourquoi la Banque Centrale Européenne est contre un défaut de la Grèce. La Banque nationale grecque serait à genou, ainsi que les établissements de crédit du pays. Quant aux banques européennes exposées à la Grèce, certaines pourraient absorber ces pertes grâce à leurs bénéfices, mais d’autres auraient besoin d’être recapitalisées. »

    Un défaut de paiement de la Grèce est-il inévitable ?

    Andrew Bosomworth : « En théorie, la Grèce pourrait y échapper grâce à des privatisations massives, mais la population ne laissera sans doute pas l’Etat céder environ 200 milliards d’euros d’actifs. Il est aussi peu probable d’envisager une annulation de la dette comme pour l’Allemagne après la guerre. Et si l’on choisit un simple reprofilage de la dette, on ne résout pas la question du stock, on ne fait que gagner du temps. »

    http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/0201396529526-l-exposition-de-l-eurosysteme-a-la-grece-serait-de135-milliards-d-euros-168564.php

  44. L’Eurosystème est une institution européenne, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l’Union européenne ayant adopté l’euro.

    L’Eurosystème serait exposé à la dette grecque à hauteur de 135 milliards d’euros, selon Andrew Bosomwoth, gérant chez PIMCO Europe.

    Problème : en capital et réserves, l’Eurosystème n’a que 81,187 milliards d’euros.

    http://www.ecb.int/press/pr/wfs/2011/html/fs110524.fr.html

    Version optimiste :
    Si la Grèce fait défaut, c’est tout l’Eurosystème qui s’effondre. La Grèce ne fera pas défaut.

    Version pessimiste :
    Quand la Grèce fera défaut, tout l’Eurosystème s’effondrera.

  45. Les derniers évènements en Europe montrent que l’analyse de Hans-Werner Sinn est imparable. Hans-Werner Sinn, professeur à l’université de Munich, président de l’Institut de Recherche Economique IFO, a déclaré le 4 mai 2011 :

    « Au final, soit l’euro s’écroulera, soit une Union de transfert sera établie dans l’Union européenne, par laquelle les déficits des comptes courants seront financés par des donations entre pays membres. »

    Cette analyse se confirme de jour en jour. La question qui se pose est donc :

    les chefs d’Etat de l’Union Européenne vont-ils faire ces donations entre pays membres ?

    Autrement dit : les Etats européens riches vont-ils faire ces donations aux Etats européens pauvres ?

    La péréquation aura-t-elle lieu ?

    Là est la question.

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