L'actualité de la crise : BOUTS DE COURSES, par François Leclerc

Billet invité.

Continuer d’épingler comme des papillons dans une boîte les déclarations contradictoires à propos de la restructuration de la dette de la Grèce n’a pas de sens. Comprendre en quoi ce serait « une recette pour la catastrophe » que certains annoncent (Jürgen Stark de la BCE) ou un sujet qu’il n’est « pas question de mettre sur la table » (Christine Lagarde) pourrait être plus instructif, sauf que les raisons données en restent vagues, une fois insisté avec des larmes de crocodile sur les lourdes conséquences qui en résulteraient pour la Grèce elle-même.

Une telle véhémence doit pourtant bien avoir sa justification ! Mais il ne faut pas en chercher l’origine du côté des banques françaises, qui ont toutes déclaré qu’elles pourraient soutenir l’épreuve. On croit donc comprendre qu’il est difficile, après avoir tant claironné que les banques n’avaient plus de souci, d’admettre qu’elles pourraient être déstabilisées par les effets domino potentiels d’une telle mesure honnie.

Jean-Claude Trichet, dont ce n’est pas le thème de prédilection, revient d’ailleurs ces derniers temps sur celui de la régulation du système financier, en faisant état de sa fragilité maintenue. Une fois n’est pas coutume, il évoque aussi, mais sans employer le terme, le secteur non régulé du shadow banking.

Faut-il aussi citer, pour éclairer la scène du crime, Ben Bernanke, le président de la Fed, qui déclarait dans un récent discours à Chicago : « Il reste beaucoup à faire pour mieux comprendre les sources du risque systémique » ? Ce qui, dans sa bouche, voulait dire qu’il n’était pas écarté. Il y a certainement de cela, mais alors pourquoi ne pas accepter la version douce de la restructuration, un rééchelonnement ? Craint-on simplement le précédent et d’être ensuite entraîné sur une pente fatale ?

Ce sont les Allemands qui entretemps glissent irrésistiblement sur une autre pente. Elle les incite à refuser tout nouveau sauvetage, créant les conditions d’une rupture pas plus tard que dans un an, quand la Grèce fera un défaut non négocié si rien n’intervient entretemps. Le choix est entre donner du temps – ce qui ne mange pas de pain – ou prêter à nouveau de l’argent. Si ni l’un ni l’autre ne se révèlent toutefois possibles, il est totalement illusoire de parier sur la capacité des Grecs à financer leur besoins par des privatisations dans ce très court laps de temps.

Pour la suite, on attendait l’Espagne – on l’attend toujours – et on a eu la Grèce ! Une version un peu améliorée des plans de sauvetage était prévue pour 2013, sans avoir compris que c’était l’éternité. Sans vouloir se résoudre à admettre que le pari imposé est impossible, n’ayant pas de plan B.

Les Européens sont en bout de course au sein de la zone euro, et les Américains le sont tout autant dans la zone dollar.

Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor, vient de déclarer que le projet des républicains abaisserait les Etats-Unis au rang d’un pays en développement. Car il prévoit « des coupes claires dans les dépenses, mais alloue une portion considérable des économies ainsi dégagées au maintien de bas taux d’imposition pour les riches, et non uniquement pour la classe moyenne. » Cette approche « imposerait des coupes d’une ampleur invraisemblable dans les prestations sociales pour les personnes âgées et les pauvres ».

Mais, signe des rapports de force, le Sénat où les démocrates restent majoritaires vient de rejeter l’examen d’un projet de loi supprimant les avantages fiscaux des compagnies pétrolières – qui ont annoncé de très copieux bénéfices (37,5 milliards de dollar au 1er trimestre pour le 5 principales) – afin de contribuer à la réduction du déficit public. Opposés à cette mesure, les républicains ont expliqué qu’elle aurait pour conséquence une augmentation du prix de l’essence, les bénéfices des compagnies étant selon leur vision du monde intouchables et incompressibles.

Qu’importe à ce propos celle que la Banque Mondiale dévoile à l’horizon 2025 dans son rapport sur « La nouvelle économie mondiale », prédisant audacieusement l’avènement d’un système monétaire reposant sur le dollar, le yen et l’euro, pour remplacer la suprématie actuelle du dollar. Elle s’appuie sur des projections selon lesquelles la moitié de la croissance sera alors assurée par six pays : Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie et Russie.

Les échéances sont bien plus proches et, comme en Europe, il va falloir trancher d’une manière ou d’une autre. Seul un nouveau programme de Quantitative Easing de la Fed permettra de gagner du temps. Une ressource alimentant à nouveau une spéculation financière qui a redoublé, les grandes frayeurs oubliées.

Le désaccouplement entre l’économie – mal en point – et la finance florissante s’accentue. Comme augmentent d’ailleurs les inégalités sociales, si l’on en croit une étude du groupe britannique Compass, qui la détaille sur la base des données délivrées par l’administration des impôts du pays. Les marchés des matières premières et monétaires restent des terrains de jeux incomparables. Si la machine à fabriquer de la dette n’est plus ce qu’elle était, celle à faire de l’argent avec l’argent fonctionne à plein rendement. Jusqu’à quand ?

Les pays émergents se protègent comme ils peuvent de l’afflux des capitaux qui les déstabilisent ; les Britanniques ne parviennent pas à se prémunir contre l’inflation importée qui en résulte. L’inflation monte et atteint 4,5% sur un an en Grande-Bretagne, alors que les prévisions de croissance ne cessent de décroître, engageant le pays sur la voie maudite de la stagflation, renouant avec les années 70. Certes la stagflation favorise le désendettement, mais elle colle à une faible croissance économique.

Au Japon, enfin, une contraction du PIB est déjà intervenue au dernier trimestre 2010, dans l’attente des résultats du premier trimestre 2011. La production industrielle et la consommation se sont alors effondrés en raison de la catastrophe, l’économie totalement désorganisée. L’impact sera durable, la réduction imposée de la consommation d’énergie électrique y contribuant.

Contrariant les espoirs qui fondaient le retour de la croissance économique sur la prospérité retrouvée du système financier, pour laquelle tout a été fait, l’ensemble du bloc occidental rencontre des problèmes dont il devrait être reconnu – pour employer son langage – qu’ils sont structurels et réclament des remèdes hors normes. Bien que ce ne soient pas ceux qui sont en cours et ont pour nom privatisations, coupes dans les budgets sociaux ou lutte contre les rigidités du marché du travail

C’est le système lui-même qui a dorénavant un grave problème structurel dont il ne parvient pas à se débarrasser.

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62 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : BOUTS DE COURSES, par François Leclerc »

  1. « privatisations, coupes dans les budgets sociaux ou lutte contre les rigidités du marché du travail… »

    Un concentré des violences imposées non pas par son directeur d’opérette, mais par le FMI, exécuteur de la tyrannie du capital.

    « Le FMI en tant qu’institution doit être poursuivi en justice pour les violations multiples des droits humains fondamentaux qu’il a commises et qu’il continue de commettre dans de nombreux pays. »
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article21571

      1. C’est le titre de l’article qui a commencé.

        L’éclair ne se contente pas de peu, en tout cas (mille excuses François, c’est sur la lancée…)

  2. La demande est le point crucial

    On s’est vanté de faire des politiques de l’offre, ce qui est … une pitoyable farce. Bref je vais pas explique ici à nos grand économistes pourquoi la système se casse la figure, après tout.. s’il sont si intelligents n’est-ce pas, de quoi je me mêle ?

    DSK par son passage à l’acte, a révélé la vérité du système. Le système au point actuel de l’histoire, n’a pas d’autre signification, il ne vaut pas davantage; DSK (son passage à l’acte) est la signification exacte du FMI;

    Il n’y a pas de capitalisme heureux
    même notre capitalisme à tous les deux.

    pas de capitalisme viable,
    même avec une finance fiable.

    Car il est prévu par Say
    Qu’on manquera de Money

    il est absolument impossible de sauver ce système, sauf à le détruire avec des QE n, ou a effacer les dettes ce qui revient de toute façon a congédier l’argent tel que nous le connaissons.

    Si l’argent arrive à la demande, la seule véritable, celle du consommateur, il ne correspond plus à un travail produit, il ne correspondra plus à une richesse équivalente ailleurs, bref si l’on veut sauver la demande, c’est en détruisant le libéralisme car il faudra contrôler les prix, expliquer pourquoi l’on « donne » un salaire de subsistance, etc.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=BDIY:IND.

  3. je n’ai pas tout lu, m’etant arrette a cette phrase:
    « Mais, signe des rapports de force, le Sénat où les démocrates restent majoritaires vient de rejeter l’examen d’un projet de loi supprimant les avantages fiscaux des compagnies pétrolières – qui ont annoncé de très copieux bénéfices (37,5 milliards de dollar au 1er trimestre pour le 5 principales) – afin de contribuer à la réduction du déficit public. »
    … il me semble qu’il y a la une petite coquille, comme une negation de trop (« rejeter » ou « supprimant », ou …), non ? 😉

    1. Pas de coquille ! Il était bien proposé au Sénat de supprimer des déductions fiscales, avec l’intention d’augmenter les recettes du budget.

      1. heu, j’ai ben conscience que cela n’a pas grand interet, mais autant aller jusqu’au bout: je continue a penser que « rejeter un texte qui vise a supprimer des deductions fiscales », cela conduit a abaisser les recettes de l’etat et non les augmenter.
        Ou alors le concept d’avantage fiscal n’est pas le meme ici et aux US.

      2. Reprenons : il y a des déductions fiscales actuellement / le gouvernement veut les supprimer pour accroitre ses recettes / le Sénat ne veut pas / les recettes n’augmentent pas.

      3. ok, reformule comme cela je comprend … merci, et desole pour cette question de peu d’interet.

  4. Le Japon est tombé en récession au 1er trimestre 2011, et il est attendu la poursuite de cette tendance au second trimestre. Le gouvernement espère que le démarrage de la reconstruction des zones dévastées va ensuite l’inverser.

    1. je traduis votre dernière phrase François : plus il y a de dégats plus la reprise sera la.
      Il suffit donc de provoquer une bonne petite guerre qui detruira tout et ensuite la bourse repartira vers les sommets : il suffisait d’y penser

      1. les US peuvent en parler avec la 2eme guerre mondiale, une guerre est une excellente opération financière si elle ne touche pas ton territoire.

  5. A mon avis tous les propos sur ce blog sortent de la pensée de gens aigris , revenchards , laissés pour compte.
    Vous pensez bien que si un défaut de paiement des grecs devait écrouler l’économie européenne , les dirigeants donneraient , je dis bien donneraient, aux grecs tout l’argent nécessaire pour payer leurs dettes…………..Cessez de croire que le monde peut s’écrouler.
    tout ceci n’est entretenu que par ceux qui ont intérêt à vendre de la peur.
    Les instigateurs de ce blog en font partie , ils ne vivent que de la peur qu’ils génèrent.
    Ils feraient mieux de vous dire que Marcel à récolté de bons radis et que jean va avoir des cerises superbes , mais avec çà ils ne gagneraient rien.

    1. Voilà, c’est dit : « Marcel à récolté de bons radis et jean va avoir des cerises superbes ».
      Enfin, si la sécheresse le permet 😉

      Bertrand, si les nouvelles étaient bonnes, ça se saurait !

    2. Akira aura des cerises fluorescentes cette année;
      Marcel n’a plus un radis;
      C’est le paradis!

    3. Pour Christine Lagarde, « tous les clignotants sont au vert ».

      Le Premier ministre se dit donc désormais convaincu d’atteindre les 2% de croissance en 2011, « sauf en cas d’accident international imprévisible ». Christine Lagarde n’a pas manqué de saluer non plus cette « très bonne nouvelle pour l’économie française » alors que « tous les clignotants sont au vert » selon la ministre de l’Economie qui se dit aussi « très confiante dans la réalisation de la prévision de 2% de croissance cette année ».

      http://www.boursier.com/actualites/economie/pour-christine-lagarde-tous-les-clignotants-sont-au-vert-8544.html?sitemap

      Cette phrase de Christine Lagarde sera désormais ma devise :

      « Tous les clignotants sont au vert ».

      1. Enfaîte il faut comprendre le contraire, « Tous les clignotants sont au rouge ». Je me demande franchement ou la France a chercher cette croissance alors que dans les autres pays, la croissance est revue a la baisse..

        Je vous conseille cette article aussi.

        L’ère de l’abondance est “finie”, annonce un gourou clairvoyant de la finance

        http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/05/18/lere-de-labondance-est-finie-annonce-un-gourou-clairvoyant-de-la-finance/#more-289

        “peut-être l’événement économique le plus important depuis la révolution industrielle”

    4. C’est très bien d’être optimiste Bertrand, c’est très bien… très joli…

      Surtout sur ce genre de blog – prévu pour d’ailleurs, ça ne vous aura pas échappé.

      Les petits oiseaux pépient dans les bégonias, chacun sur terre aura bientôt son auto, son Internet, son chalet à la montagne et son frigo.

      C’est le plein emploi partout, les perspectives globales (surpopulation, pollution, dettes des états…) sont au beau fixe.

      La jeunesse est heureuse et peut être fière des valeurs qu’on lui propose… (argent facile en faisant du trading sur le Web, bronzage DSK à tout moment de l’année, écologie monsantesque, bagnoles clinquantes pour épater les esprits faibles… )

      Obama est très beau, il est fort, indépendant, garant de l’intégrité des banques américaines, porteur de valeurs indiscutables…

      Israël est dans son plein droit en opprimant les palestiniens… et aurait bien raison d’utiliser ses bombes nucléaires en cas de clash avec l’Iran.

      Etc..

      Il n’y a aucune raison de se faire du souci, vous avez raison, tout est géré avec bon sens, honnêteté et rigueur, rien ne peut arriver puisque la société humaine dans son ensemble, via de courageux et éclairés dirigeants, anticipe à merveille l’avenir.

      On en reparle dans quelques années ?

    5. Il s’agit de la chronique de la dérive du système financier,élément-symptôme d’une crise plus globale.Ce constat n’est pas fantasmatique.Il y aura des années de vaches maigres …Et au delà ,nous l’espérons, un retour à un équilibre plus judicieux;beaucoup de gens s’y emploie.
      Ne préjugez pas de l’état d’esprit des lecteurs et contributeurs de ce blog.
      A bertrand.

  6. Le concept de la DETTE ODIEUSE dans la loi internationale a été développé en 1927 par un théoricien du droit Alexander Nahum Sack.
    Ce concept est basé sur un évenement du 19em siècle: Le refus de l’état Mexicain d’assumer le remboursement des prêts donnés précédemment a l’empereur Maximilien avant sa chute.
    Récemment les USA, après avoir envahi l’Irak ont utilisé le concept pour refuser le paiement des armes et équipements achetés, entre autre a la France et a la Russie, par Sadam Hussein.
    Le Président Equatorien Rafael Correa a pour les mêmes raisons refusé de repayer des milliard de dollar de prêts contractés par les gouvernements précédents: Selon l’AFP, Correa a dit « Comme Président, je ne peux accepter de continuer a payer une dette illégitime et immorale » Voir ici
    Tous ces exemples, et il y en a d’autres comme les dettes contractées par les autocrates des pays Africains, montrent que le droit international basé sur la « DETTE ODIEUSE » pourrait aussi s’appliquer aux dettes des pays Européens dont on parle sur ce blog.
    Ainsi les dettes contractées par les dirigeants de certains états a travers le support de leurs banques privées: Après tout pourquoi l’état, et la population qui en dépend, devraient-ils couvrir des prêts privés dont ils ne sont pas responsables? C’est bien le cas de l’Islande et de l’Irlande par exemple. La DETTE ODIEUSE n’est-elle pas la base juridique pour effacer ces dettes?
    Comme autre exemple: Les prêts consentis a la Grece pour acheter de l’armement, a la France et l’Allemagne entre autres, alors que la Grece fait parti de l’Europe et est donc supposée être protégée par elle, les prêts pour ces armements ne tombent-ils pas dans le concept de DETTE ODIEUSE: « Une dette nationale obtenue par un régime pour des raisons qui ne servent pas les intérêts de la nation ».
    L’extension de la DETTE ODIEUSE devrait s’appliquer également aux prêts immobiliers, comme aux États Unis et en Espagne, consentis par les banques privées aux particuliers a des taux d’usure dont ils savaient pertinemment qu’ils allaient les ruiner.
    En 2003, un rapport du ‘Center for International Sustainable Development Law‘ a défini trois critères qui fondent le caractère « odieux » d’une dette:

    l’absence de consentement : la dette a été contractée contre la volonté du peuple.
    l’absence de bénéfice : les fonds ont été dépensés de façon contraire aux intérêts de la population.
    la connaissance des intentions de l’emprunteur par les créanciers.

    J’y ajouterai plus particulièrement la connaissance par le créancier que l’emprunteur ne pourra pas payer la dette dans un temps raisonnable.
    Je ne suis pas un juriste international, et j’aimerai avoir l’opinion de l’un d’eux pour savoir si ce concept peut être utilisé par de nouveaux gouvernements, en France et en Europe par exemple, pour alléger ou même supprimer la dette nationale et utiliser les économies ainsi faites pour développer réellement nos pays par l’enseignement, le droit social, les nouvelles énergies et industries du 21em siecle.

  7. @ Bertrand :
    Déni de la réalité : Un des multiples mécanismes de défense dont le moi dispose pour se préserver de l’angoisse.
    Son fonctionnement consiste à nier la réalité perçue. Lorsque ce mécanisme est utilisé par le sujet, celui-ci transforme inconsciemment la signification des faits qu’il perçoit, car ses perceptions sont cause d’angoisses.
    La réalité perçue est niée et à elle se substitue un monde imaginaire, plus confortable. Ce mécanisme est aisément mis en place par l’enfant.
    Nous le retrouvons aussi dans la schizophrénie, dans laquelle le sujet vit dans un monde imaginaire, où il peut satisfaire, par exemple, son désir de toute puissance….;-)

    http://www.dicopsy.com/dictionnaire.php/_/psychologie-generale/negation-deni-realite

    1. Les deux sont une très bonne lecture…. je vais rechercher un Franquin, à votre santé.

  8. « C’est le système lui-même qui a dorénavant un grave problème structurel dont il ne parvient pas à se débarrasser »

    Pour se débarasser d^’un problème grave, un système devrait être capable de se raconter une autre histoire qui puisse prendre du sens. Un peu comme dans une psychothérapie, la personne va mieux quand elle donne du sens à ce qui lui arrive, elle peut à ce moment-là devenir créative. Le drame c’est qu’un système ne change pas depuis l’intérieur.

  9. Hello Paul vous oubliez les radis…Hier en faisant mon marché, j’ai constatée que les radis avaient doublés de volume en une semaine, du coup je ne les aient pas achetés…Les radis irradiés, ça c’est le futur…Enfin les queues de cerises seront pour la fin du mois…Même pas peur…Merci Paul pour votre blog, certainement le plus conséquent et le plus proche de la réalité, donc celle des pauvres pèlerins en demande d’explications vrais… Bertrand vous vous trompez ou alors vous le faites volontairement pour nuire à ce blog et à l’équipe du blog… Je ne vous félicite pas et je pense que vous devriez lire ailleurs au lieu d’incendier Paul et son équipe.

    1. Ce n’est pas parce qu’on est d’un avis différent (… »Bertrand vous vous trompez ou alors vous le faites volontairement pour nuire à ce blog et à l’équipe du blog… ») qu’on veut nuire. Ce blog manque d’interventions dérangeantes (donc stimulantes) par rapport au paradigme dominant qui y règne. Si on veut que les intéressantes idées de PJ progressent, il faut qu’elles soient confrontées.

      1. Merci pour le soutien.
        Si l’on veut être crédible en annonçant des catastrophes alors il faut aussi annoncer le moyen de les éviter , et non se complaire dans la cata.
        L’intelligence c’est justement de savoir les éviter ces catas.
        lorsque vous écroulez une maison vous avez au préalable fait un projet de reconstruction.
        Ne donnons pas du désespoir , mais de l’espoir , et tout ira plus vite.

  10. Le monde explose à partir de septembre 2011.

    – C’est ce que dit LEAP2020 depuis plusieurs mois
    – c’est en septembre que les municipalités US bouclent leurs budgets, et devront virer des millions de gens, fermer les écoles, commissariats…
    – en aout, l’Etat US aura atteint sa limite d’endettent
    – et, nouvelle nouvelle, les Palestiniens vont déclarer à l’ONU un état Palestinien dans les frontières de 1967, ce que les Israeliens refusent bien-sûr, ce qui, combiné au printemps Arabe, va déclancher une guerre générale dans la région, sur fond de pénurie de pétrole et d’armes atomiques.
    – et en Europe, les jeunes en auront vraiment marre des papy-boomers qui nous dirigent dans l’abîme et déclancheront *leur* printemps Européen (en automne, faudra trouver un autre nom)

    Faites les plein de riz, sucre, farine, sel, pâtes, café, conserves. Le Mordor s’est réveillé, l’Apocalypse arrive.

      1. « Faites les plein de riz, sucre, farine, sel, pâtes, café, conserves. Le Mordor s’est réveillé, l’Apocalypse arrive. »

        Ma vie courageuse d’insecte…

    1. Il y a un paquet de gens, ici, qui n’ont pas vécu la guerre. Ou n’ont jamais écouté ceux qui l’avait vécu.
      Alors que, lorsque vous ne VOULEZ pas regarder, nous sommes déjà en guerre économique.

      Je constate, pour ma part, dans mes connaissances pas seulement aisées, un nombre grandissant de personnes en bout de course.
      Plus de munitions.
      Limites à rejoindre les 800 000 foyers sur-endettés français. Si ce n’est déjà fait mais caché, honteux, lépreux, tenus dans leur condition…

      Mais invisibles, dans la rue. Car le manque d’argent tue tous les jours discrètement, comme la radio-activité.
      A se demander pourquoi des rassemblements spontanés surgissent en Espagne et ailleurs…

      1. Ah quel bel exemple d’auto-pardon.

        Il me semble aussi que les cours de bourse sont à bout de course.

        A propos des stress tests et de la météo, je signale aussi que les canicules sont entre les tests.

        Désolé Yvan, c’est tombé sur une réponse à votre post. Mais vous m’inspirez : je me pardonne.

    2. Attention à un point quand même: si GEAB a en général raison sur le long terme (= ce qu’ils anticipent se réalise en général), leurs prévisions sur la date des événements sont plus sujettes à caution. Ne sous-estimez pas la capacité des USA à repousser les échéances (ou l’Europe dans une moindre mesure).

    3. @ Paul Jorion :

      Vous ne lisez pas le LEAP2020 ? Je suis surpris.

      « toutes les conditions sont désormais réunies pour que le second semestre 2011 soit le théâtre de la fusion explosive des deux tendances fondamentales qui sous-tendent la crise systémique mondiale, à savoir la dislocation géopolitique globale, d’une part, et la crise économique et financière globale, d’autre part. »

      http://www.leap2020.eu/GEAB-N-55-est-disponible–Crise-systemique-globale-Confirmation-Alerte-Majeure-pour-le-second-semestre-2011-Fusion_a6506.html

      1. @ Paul Jorion :

        Ce n’est pas « il » mais « ils« , c’est un groupe de gens.
        Ça veut dire « non » je suppose ?

      2. @Zolko
        En raison de ses connaissances, et de l’objet même de son blog, Paul Jorion n’a pas à lire d’autres synnthèses que celles qu’il fait.

        Donc non seulement il n’y a pas de scandale à ce qu’il ne soit pas un lecteur assidu du LEAP 202; même si à l’ocasion, je suppose que la confrontation des analyses l’intéresse; mais il y a plutôt, pour les lecteurs que nous sommes un signe intéressant dnas la convergence.

        D’auatnt qu’au-delà de l’acuité et des compétences, ce blog a une ligne éditoriale fort différente du LEAP. Ici, c’est l’objet finance avec tous ses acteurs comme le coeur noir d’un système en fin de vie, à l’agonie pour reprendre le mot du tenancier, et dont les ramifications obscures de cupidité, jeux de pouvoir, sont dévoilées autant que faire se peut, en dehors de la finance également, pour qu’apparaisse les mensonges et les misères que nous subissons, d’une et que nous devons changer, de deux. (corrections des uns et des autres si vous n’êtes pas d’accord, c’est juste mon point de vue).

        La ligne du LEAP, sa thèse même, c’est l’Europe, et même l’Europe contre les Etats-Unis. Le LEap ne met pas en accusation l’oligarchie comme cela est fait ici; inversement, les problèmes financires aux USA sont beacoup moins traités ici.

        Il se trouve que le LEAP m’a lassé par son parti-pris anti-américain et son catastrophisme continuel. Par contre il fait de l’anticipation, qui manque un peu ici à mon goût. Mais dnas mes faibles temps internetables, c’est plutôt ici que je viens.

    4. Zolko,

      Le Mordor s’est réveillé

      Ne vous inquiétez pas. La communauté de l’Anneau est peut-être déjà en train de se former. Le dollar va finir dans les flammes du volcan afin que puisse venir le règne du Bancor.

    5. @Zolko
      Me…, j’étais justement en train de me dire que Bertrand avait raison et qu’il fallait POSITIVER?

    6. C’est quoi pour une source d’information ce LEAP ?

      A part de l’anonymat et des citations circulaires, il n’y a pas grand chose à trouver sur les gestionnaires du site, les rédacteurs,… Pour un magazine qui se prétend aussi lu, c’est étrange et donc suspect… Un peu de critiques des sources ne fait pas de tort.

      En savez-vous plus ?

      A.

  11. Bonjour,

    Pour reprendre le début du post de M. Jorion, la catastrophe annoncée de la restructuration ne viendrait-elle pas aussi du poids des CDS d’obligations d’états. Les CDS ne devant pas être provisionnés, une restructuration mettrait à genoux tous les acteurs qui ont vendus ces assurances. Et sachant qu’il y a plusieurs assurances pour une même obligation, l’effet « levier » marcherait de manière incontrôlé.

    Et je rajoute une question pour M. Jorion, les CDS sont-ils eux aussi en quelque sorte un pari sur les prix? ce contre quoi vous luttez ardemment.

    Merci d’avance.

    ps: pour bertrand: il n’y a pas de gens aigris ici, juste des gens réalistes et pragmatiques. 🙂
    certes, ça semble péssimiste, et l’histoire en a vu d’autres. mais à chaque fois, l’épreuve est quelque peu difficile… la dernière ayant terminé avec la seconde guerre mondiale tout de même.

  12. « sujet qu’il n’est pas question de mettre sur la table » : est-ce que ça pourrait avoir un rapport avec les désaccords entre la France et l’Allemagne sur la participation des banques en cas de faillite d’un état à laquelle l’Allemagne et d’autres pays européens tiennent absolument ? Les discussions de lundi sur le cas de la Grèce auraient capoté à ce propos, comme l’écrit P.Ricard dans Le Monde de ce jeudi. La BCE et C. Lagarde seraient résolument contre.
    On peut se demander quelle aurait été la position de DSK s’il avait été là …

    1. Je me demande ce que cache le désaccord : en général il y a des problèmes de gros marchés industriels derrière. Rien pourtant, Siemens a sa partie informatique rachetée par Breton, pardon par Atos, après avoir consommé son divorce avec Areva dan le nucléaire, mais pourtant, j’ai un doute… quelqu’un a des infos ?

      1. J’ai une petite théorie que je ssoumet :
        A chaque fois l’Europe presse les états pour qu’ils acceptent une « aide » afin de renflouer leur banque. Si on ne marque pas que ce n’est pas obligatoire et que les banques peuvent en être de leur poche et même faire faillite, il faudra peut être un jour que l’Allemagne soutienne ses banques régionnales. Et il me semble avoir vu que cela ferait beaucoup.

      2. j’avais compris ça comme un refus net des banques « d’aller au pot » en cas de necessité, pas de responsabilité.

  13. Ce matin, dans la presse financière, et dans le contexte actuel, une petite phrase à retenu mon attention, ici à la fin de l’article.

    « dés que l’ élite financière aura terminé son transfert de produits toxiques et atteint son but principal , à savoir obtenir suffisamment de pouvoir au sein du futur organe de controle financier mondial , probablement le FMI . »

    Transférer la dette aux pays et aux contribuables, s’assurer une rente Ad vitam æternam, prendre le contrôle de l’institution de gestion de la dette…

  14. Si la Grèce privatise « tout ce qu’elle peut », ses difficultés financières ne seront que reportées : les investisseurs qui achèteront ces biens nationaux exigeront un retour sur investissement pendant des années. Ce flux financier sera aussi intolérable pour la Grèce que le service d’une dette.

    Au mieux (ou au pire) on peut imaginer que des plages privatisées, payantes, rapporteront à leurs propriétaires augmentant ainsi le PIB du pays. Une fois de plus on aura étendu le champ économique en monétarisant ce qui aujourd’hui échappe au marché.

    Au passage le citoyen grec de base aura perdu le droit de se baigner gratuitement dans la mer dont il disposait depuis toujours….

    Perte sur tous les tableaux.

  15. « Certes la stagflation favorise le désendettement, mais elle colle à une faible croissance économique. »

    Je ne comprends pas comment est possible, puisque dans une stagflation les revenus ne bougent pas, c’est juste l’inflation qui grignote le pouvoir d’achat….Comment cela peut il favoriser le désendettement?

    Vous m’avez perdu là!

  16. Certes la stagflation favorise le désendettement

    ..si le salaire augmente avec l’inflation, ce qui n’est plus le cas depuis sa des-indexation sur l’inflation (la bce y veille). Dans le cas d’une inflation sans augmentation du salaire, c’est la mort du rentier mais aussi de l’endetté non ?

  17. Oui, c’est pourquoi la consommation en prend un coup, ce qui alimente la tendance à la récession.

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