L'actualité de la crise : C'EST RATÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est raté ! Une discrète réunion devait se tenir à Luxembourg à propos de la dette de la Grèce et des irresponsables de la presse ont tout foutu par terre en publiant l’information, « sapant l’effort de la Grèce » et alimentant la spéculation. C’est tout du moins ce qu’a fait savoir dans la nuit George Papaconstantinou, le ministre grec des finances.

Une belle brochette de hauts responsables avait pourtant tenté de s’y retrouver en catimini : Elena Salgado et Christine Lagarde, Wolfgan Schaüble et Giulio Tremonti, ainsi qu’Olli Rehn et les deux Jean-Claude pour fermer la marche (Juncker et Trichet). A l’arrivée, ils ne sont parvenus à se mettre d’accord que sur ce qu’ils ne voulaient pas : ni de sortie de la Grèce de la zone euro – une « option stupide », selon Jean-Claude Junker – ni de restructuration de sa dette, tout en reconnaissant que cette dernière option est « activement discutée sur les marchés financiers ». Piètre résultat.

Il ne reste alors que deux solutions sur le tapis, soit un inévitable défaut de la Grèce, dès 2012 quand elle devra revenir sur le marché pour financer sa dette – où elle est attendue de pied ferme – soit lui accorder une nouvelle grosse rallonge financière pour sortir de ce mauvais pas. La première issue est impensable, la seconde n’est politiquement pas praticable. Voilà au moins ce qui ressort de cette réunion loupée.

Il ne restait alors plus d’autre ressource que de demander aux Grecs de « redoubler d’efforts », maigre viatique qu’a présenté Jean-Claude Juncker. Une impasse de plus sur laquelle il faudra – comme à l’accoutumée – revenir à chaud, puisque rien décidément ne peut être décidé à froid. Le simple fait que la réunion était destinée à rester secrète en disait d’ailleurs long sur les chances que se donnaient leurs organisateurs d’aboutir à quoi que ce soit.

Dans cette affaire, les autorités européennes n’auront fait que précipiter une nouvelle crise, à laquelle on va assister dès lundi prochain. L’origine allemande réitérée des fuites ne laissant pas de doute sur la volonté du gouvernement de mettre les uns et les autres devant leur responsabilité. C’est en effet ces mêmes Allemands qui, depuis des mois, tentent en pure perte de faire partager le poids du sauvetage du système financier aux banques. Par une taxe bancaire nationale dont on a appris que son rendement serait au final ridicule, ses obligations contournées par les banques. En poussant désormais à une restructuration de la dette grecque, pour ne pas avoir à la financer à nouveau sur fonds publics.

Que soit exclue même une restructuration de velours, dont la possibilité circulait et qui porterait sur un allongement du remboursement de la dette obligataire grecque, sans décote, voilà qui en dit long sur les craintes ou les refus qu’une telle perspective suscite. Ainsi que sur la situation réelle du système bancaire européen. En dépit des forfanteries de ceux qui prétendent, comme la BNP Paribas, avoir les moyens de l’assumer.

Ou bien faut-il admettre que ces banques ne veulent tout simplement pas payer et considèrent avoir les moyens de l’imposer, un blocage qui ferait rebondir la crise ? A bien y réfléchir dans la logique de la mansuétude complice dont elles ont bénéficié de la part des autorités politiques et qui les encouragerait à persévérer.

Ces dernières n’ayant pas la ressource de s’étonner de cette intransigeance dont ils sont à l’origine, il ne leur reste plus qu’à essayer de la masquer, pris dans leurs propres contradictions.

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43 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : C'EST RATÉ ! par François Leclerc »

  1. @FL
    Vous atteignez petit à petit le score d’un billet par jour, sans compter le fil de Fukushima qui est le plus long jamais publié sur le blog. Vous êtes un cas étonnant d’ubiquité littéraire 🙂
    Merci à vous, sincèrement.

      1. Si Marlowe était premier ministre grec, ou simplement conseiller en communication, il annoncerait avoir découvert un gisement d’or, de pétrole ou d’uranium, dans le sous sol d’Athènes et demanderait un peu de temps pour l’exploiter et en tirer de quoi rembourser les dettes.

  2. Les masques ont de courts et vilains jours devant eux…Ils tomberont les uns après les autres, comme le font si naturellement les feuilles des arbres à l’automne…Mais ne vendons pas les feuilles avant d’avoir abattu l’arbre qui cache la forêt.

  3. Ben oui !!!!! il faudra tordre le cou , le bras et bien + pour obtenir quelque argent que ce soit des banques…….la guerre est déclarée.

  4. Continuer l’application de ce traitement à la Grèce équivaut à faire une signée pour le guérir à un malade en train de mourir. Nos « Hommes politiques » qui font pression sur les Banques, sont surtout préoccupés de leur « carrière » comme l’a dit la Directeur du FMI plutôt que des problèmes économiqes de leurs concitoyens..

    1. je rajouterai !!! Mais de quel problème économique parlez-vous car d’après nos politiciens la crise est derrière nous ….
      De toute façon il va falloir tout remettre à plat et les banques rien à changer on continue le même délire …
      nous arrivons à la fin d’un cycle par contre il va y avoir un gros badaboum une fois que la bulle immobilière va s percer en France

  5. Baah, les chinois feront une rallonge…
    Pendant que 2-3 bonnes grosses banques font faillite…
    Puis on se mettra à renflouer les ménages (puisque le renflouement des banques aura foiré) et les salaires augmenteront (prime de 1000 euro par exemple…) .. et l’inflation se mettra à galoper, et la dette publique donc à diminuer d’autant, et l’Euro à baisser à mesure que le Yuan se rapprochera de son nouveau statut de monnaie de réserve international. Le dollar sera réduit sur la scène internationale au niveau de ce qu’est le « dollar convertible » pour Cuba.

    Sur ce…

    Les révolutions? Parlons-en!
    Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer
    Parce qu’elles vous servent,
    Parce qu’elles vous ont toujours servis,
    Ces révolutions de « l’histoire »,
    Parce que les « histoires » ça vous amuse, avant de vous intéresser,
    Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu’il s’en prépare une autre.

      1. je suis pas sur qu’un gouvernement moin populoste ait fait autre chose… meme d’un point de vu electorale.
        Economiquement il commence à ne pas rester beaucoup d’autres options pour relancer la croissance, donc la conso…
        Et au vu des masses donquichottesques d’actif pourris qui attendent d’etr mis au jour, on peut se dire que c’est une goutte d’eau cette affaire de 1000 euros, qui reste d’ailleurs mieux qu’une tarte dans la gueule non?!?

  6. La presse grecque foisonne ce matin d’informations non vérifiables à propos de la réunion européenne consacrée hier soir et cette nuit à la situation du pays.

    Selon le Naftemboriki, un quotidien financier, le rallongement de la durée des obligations venant à maturité en 2011 et 2012 (représentant un montant de 65 milliards d’euros), aurait été envisagée. Kathimerini va plus loin en expliquant qu’il a aussi été discuté du report des objectifs de réduction de la dette. Une autre option aurait enfin été mise sur la table, consistant à accorder une période de grâce de deux ans, pendant laquelle les intérêts seraient annulés, avant de les augmenter ensuite (par rapport aux taux actuels).

    Les calculettes ont du chauffer, sans qu’un accord soit comme on le sait intervenu ! Il s’est par contre facilement fait autour d’une idée qu’a exprimé Jean-Claude Juncker  : « nous pensons que la Grèce a besoin d’un programme d’ajustement supplémentaire », qui va être discuté en détail lors de la réunion de l’Eurogroup du 16 mai prochain.

    Le leader de l’Eurogroup n’a pas précisé si les idées défendues par Daniel Gros, dans un rapport du Center for European Policy Studies (CEPS), seraient discutées. Suite aux coupes des salaires du secteur publique, il ne reste plus selon ce dernier qu’à réaliser « une dévaluation interne, à savoir une baisse des salaires nominaux dans le secteur privé », faute de laquelle « même la poursuite du versement de financements publics de grande ampleur au pays ne lui évitera pas un défaut ».

    1. Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir….
      En d’autres termes… Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche.

      1. Mais aussi:
        « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour perséverer »

    2. Dans la mesure où personne ne veut payer pour les grecs, et que personne ne veut se risquer à « casser l’euro » en permettant à un de ses membre de le quitter, il ne reste comme solution provisoire qu’à mettre la dette au surgélateur. Repousser l’échéance d’un an ou deux, avant d’annoncer 3 ou 5 et ainsi de suite. Laisser la Grèce faire faillite mais en faisant semblant de rien. Et presser le citron jusqu’à l’os.

      Et ne surtout pas désigner de responsables de la situation, à part bien sûr le grec de base, le lampiste qui n’a ni les compétences ni les chiffres pour prévoir le problème et le corriger. Problème qui n’est pas apparu en mai 2010 avec la découverte du « déficit caché », qui est une goutte d’eau parmi beaucoup d’autres, problème qui était visible depuis longtemps.

      Casser l’euro serait pourtant la voie à suivre pour le recrédibiliser, d’un côté un Euromark sain ou presque, non plombé par un « accident » prévisible, de l’autre un EuroSud dévalué pour la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, mais toujours lié structurellement.
      Parce que si la Grèce est en point de mire ce weekend, on peut se souvenir qu’elle n’est pas seule au banc des accusés et qu’une solution pour son seul cas ne changera rien aux problèmes des autres.

    3. Vendredi, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel avait évoqué le scénario d’une possible sortie de la Grèce de la zone euro. «De tels articles constituent une provocation, sapent l’effort de la Grèce et de l’euro et servent des jeux spéculatifs», a dénoncé le gouvernement grec.

  7. Bonjour
    Les banques se défendent plutôt bien et elles sont toujours en position de force . Au cours de cette dernière réunion « secrète » il est demandé à la Grèce de privatiser à tours de bras ( on multiplierait les privatisations d’un facteur 10 ! ) C’est en tout cas ce que croit savoir le site des Echos .

    1. A part vendre en bloc la Grèce aux Turcs, il ne doit plus rester assez à vendre pour rembourser tout d’un seul coup? Parce qu’on ne peut pas prendre aux gens plusse que ce qu’ils ne possèdent, et que je sens bien venir un refus massif de payer des impôts ou quoi que ce soit à l’état. Si l’état grec devient une façade pour vampiriser la population au seul profit de l’étranger, je vois assez bien les grecs l’envoyer aux oubliettes.
      Plus (dans le sens « fini »,pas dans le sens « plusse », y m’énerve ce mot) d’impôts, plus de fonctionnaires, plus de poursuites pour impôts non-payés…
      Refus de vote si l’offre politique est insuffisante, plus de gouvernement, plus d’état…
      Effondrement de l’économie et retour à la subsistance provenant de la terre.
      La Grèce pourrait être une « expérience » pour les autres pays en voie de submersion (par opposition à émergents).

      1. « des pays et des peuples en voie de submersion par les dettes et les paris privés » – j’applaudis votre formule ! Bien trouvé.

  8. Mettez vous dans la peau du propriétaire de la Grêce……..allez que fais-je:
    Je vends un max de biens privés.
    J’allonge mes crédits.
    Je réduis la paie de mon personnel.
    Je réduis mes employés , mes conseillers , mes gardes chiourme.
    Je fais une petite dévaluation , une + grosse plus tard.
    J’achète et vends avec une autre monnaie que l’€.
    Il y à des mois que toutes nos transactions externes sont faites avec autre monnaie.
    Et puis surtout j’envoie paitre tous ceux qui veulent ma peau , me vendre des agios hors de prix , je calme le jeu , je les menace de tout.
    Et je tiens bien la barre.
    Et qu’est que çà peut bien faire que je dévalue ou sorte de l’euro ou crée un euro interne , dans le monde tous les jours des monnaies se dévaluent , tous les jours des régions ne font pas face à leurs crédits.
    Personne ne leur aboie dessus comme çà.
    C’est de l’acharnement pour vendre de la peur comme un assureur.
    Faites votre boulot , circulez , y à rien à voir , les bouzeux.

    1. La seule solution, c’est la répudiation et l’expropriation des capitalistes.
      Mais évidemment, les socialistes en peau de lapin au pouvoir en Grèce
      se couchent devant leur maitre le capital.

      A suivre de près car en France ce sera la même chose.
      Sarko est usé.
      Le capital a choisi de nouveaux valets: D$K à la tête des deuxièmes couteaux PC-PG-PS et quelques débris du Centre…
      Remake américain de la Gauche Plus Rien.

    2. ENFIN , j’ai fait déclencher le porte monnaie des eurimbéciles , alors maintenant je m’en tape de leurs demandes , ils ne pensent quand même pas que je vais leur rendre leur argent ? non mais……ils prennent vraiment les grecs pour des idiots.
      Bien mieux je vais encore leur en demander du fric et ils seront obligés de casquer.

  9. Les allemands ne veulent pas payer pour les autres dit-on.
    Mais il me semble avoir lu en son temps que la réunification allemande a été financée en partie par les autres pays européens, via le mécanisme des taux d’intérêt. Quelqu’un a-t-il des lumières la dessus?
    Au hasard: F. Leclerc!:-)

    1. L’Allemagne a pour l’essentiel payé le coût de sa réunification en empruntant sur les marchés. Ce qui a eu pour conséquence d’augmenter les taux qu’elle devait consentir. Dans le cadre du Système monétaire européen (SME) de l’époque, les monnaies européennes étaient arrimées entre elles. Il en a résulté une augmentation des taux des autres pays, qui les ont subit, non sans conséquences économiques et sociales (chômage).

      1. Ouais et puis pas des clopinettes le coût en question… Un demi PIB allemand de 2008 grosso-merdo, 1300 milliards € selon les derniers calculs sortis en 2009. Pour le moment le PIB de l’Est par tête n’est toujours que de 70% de celui de l’Ouest et il a fallu 15 ans de galére pour l’Allemagne et à un moindre niveau pour l’UE toute entière pour en sortir plus ou moins, avec austérité à la clef et à la sortie pour les allemands depuis 6/7 ans et pour tout le monde aujourd’hui…
        Et l’Euro concédé en compensation pour l’Europe non germanique. Tu parles d’un deal…
        http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-11-07/le-cout-de-la-reunification-allemande-evalue-a-1-300-milliards/916/0/393182

  10. Bonjour à tous.
    Avec un peu de chance et de patience, Ben Bernanke aura imprimé suffisamment de dollars pour que la JP Morgane puisse acheter l’acropole aux enchères sur Ebay. Si les grecs mettent un prix de réserve qui va bien, ils pourront certainement effacer une bonne partie de leur dette. Avec un peu de chance, il pourraient même réintégrer les critère de Maastricht.
    A première vue, ce que je raconte est une boutade, mais à y réfléchir un peu, il y a peut être quelque chose à faire… Certains collectionneurs dépensent une fortune pour avoir la brosse à dent d’Elvis, la robe de Marilyn ou la guitare du King. Pourquoi ne pas vendre aux enchères les théâtres antiques, les statues … Il faut convier les richissimes collectionneurs à une méga vente aux enchères, organiser une brocante internationale pour éviter une guerre civile chez nos amis grecs.

    Cordialement,
    Pascal.

    1. Bonsoir Salomé.

      Une autre bonne idée. Pourquoi ne pas envisager de donner à Athénes le statut de ville ouverte et pendant que l’on y est, pourquoi ne pas ouvrir un bordel où toutes les femmes de bonnes familles grèques devront se prostituer au profit des caisses de l’état.
      La question que vous devez vous poser est la suivante: Comment les richissimes collectionnneurs sont devenus richissimes? Et méditer ce dicton: Petite fortune, petite bassesse, grosse fortune, ignominie.

      Cordialement
      Marc

      1. Bien sûr Marc….

        Mais pour faire baisser l’endettement de la Grèce, ce n’est pas en sachant comment les collectionneurs se sont enrichis que l’on va avancer beaucoup ! Je vous laisse la paternité de vos bonnes idées, mais je vous signale quand même que la Grèce est devenue aujourd’hui la « putain » du FMI et de l’Europe. On les fait trimer et on les tond… Il faudra bien trouver quelque chose pour casser ce cercle vicieux infernal qui amène les pays du nord à mettre les pays du sud sur le trottoir.

        En général, on garde quelques valeurs pour pouvoir les vendre lorsque les temps sont durs. Pour les grecs, il me semble que c’est le moment. Certains même disent qu’ils pourraient vendre de l’or. Cette info que l’on trouve ici et là concerne aussi le Portugal et me pose un problème de compréhension. Ces pays préféreraient donc réduire leurs citoyens en « esclavage » plutôt que de vendre leurs actifs (or, oeuvres d’art) !!!!!!!! J’imagine que leur or est vendu depuis longtemps. Au mieux, ils doit leur rester de « l’or papier ».

        Pascal

      2. Salomé dit :
        8 mai 2011 à 08:44

        Merci pour la Grèce ! et autre PIIGS …F…et si nous demandions un referendum, pour savoir qui veut s’allier avec qui ! Perso., je ne me sens pas nordiste ! j’y peux rien, c’est comme ça !

        Tiens, Salomé, et pour vous acheter, vous, à combien pourrait-on lancer les enchères ? …
        Le monde du fric est infect ! =) l’UE : la paix !
        Quelle paix ? on brade ! tout s’achète, tout se vend ! tiens comme du bétail ! mentalité de cow-boys …
        Dégoût.
        Fin de civilisation.

        Si le « merveilleux monde » décidé par nos « pseudo-genious », est celui-là, passons à un autre regard !
        Voyons ce que font les Pays encore civilisés, si on les laisse tranquille. ( Ceux qui ont une culture ancienne.)

  11. La « bonne entente » jusqu’à ce jour entre les banquiers-investisseurs et les entrepreneurs-politiques n’est plus aussi évidente. On se rencontre en cachette et la presse cafte manoeuvres et dissumulations. Lorsque la majorité aura compris que la combine c’est de faire casquer les innocents ou les innocents involontaires, à priori les plus nombreux, à ce moment là le citoyen voyant où est son intérêt sera apte à se manifester et ce moment là n’est plus trés loin. Merci encore à ce blog pour cette mise en forme de la crise, des crises, et des échanges continus qui nous enchantent.

  12. On a caché les risques toujours plus grands qu’on était obligé de prendre pour obtenir des
    rendements de plus en plus exorbitants.
    On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de
    plus en plus de risques inconsidérés.
    On a fait semblant de croire qu’en mutualisant les risques on les faisait disparaître.
    On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de
    mobiliser l’épargne au profit du développement économique et d’analyser le risque du crédit.
    On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur.
    On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs.
    On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs
    dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation.
    On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la
    bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu
    d’amortir le choc.

    C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui !

    C’est pas moi qui le dis

  13. Il paraît que les Grecs ne veulent pas diminuer leur budget de la Défense, très important ; si c’est vrai n’est-ce pas inconcevable qu’un petit pays au bord de la faillite ait encore de telles exigences ?
    De plus le clergé grec a un patrimoine immense, ne peut-il mettre la main à la poche ?

    1. Te manques des infos, Ripo.
      Les Grecs sont d’ EXCELLENTS clients de l’industrie de l’armement européenne… Et, de plus, ils sont en limite de l’Union Européenne et proche de la Turquie…
      Soit, les autres pays ne veulent absolument pas qu’ils réduisent leur budgets militaires.

      Pour le clergé, vois juste en France, pays laïque.
      Déjà chez nous, les églises ne sont pas vendues tous les jours… Alors qu’il y a un paquet d’édifices à l’abandon qui pourraient être reconvertis.

      1. De plus le clergé grec a un patrimoine immense, ne peut-il mettre la main à la poche ?

        Bien sûr c’est à la communauté des croyants de telle ou telle confession d’éponger les dettes de l’ensemble de la communauté politique (justifiées ou non)… C’est tout à fait « logique »… Pourquoi ne pas prendre dans votre poche (imaginons que vous soyez charpentier et que la guilde des charpentiers soit très riche…), pendant qu’on y est (remarquez, c’est ce qu’on fait… plus ou moins indirectement)? La séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais seulement quand ca arrange (sic).

        Sans compter que les cartes d’identité grecques mentionnaient (je ne sais si c’est toujours le cas) l’appartenance religieuse du citoyen grec. Ainsi ce genre « d’idée de génie » stigmatiserait de facto les autorités religieuses dans lesquelles une partie non négligeable de la population a placé sa confiance (à tort ou à raison là n’est pas la question), et auxquelles elle est attachée, et risquerait fort de jeter les ferments d’une guerre civile parfaitement justifiée. (justifiée car dans une telle situation des citoyens imposent à d’autres citoyens une charge supplémentaire, sur la base de considérations qui n’ont strictement rien à voir avec l’origine du problème en question, et ne traitent donc pas ces derniers comme des égaux, contrairement aux devoirs politiques qui sont les leurs, en tant que citoyens).

        Evidemment si le clergé souhaite mettre la main à la poche, et renflouer des escrocs (tendant la célèbre joue salvatrice), il peut toujours le faire…

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