L'actualité de la crise : ET DE TROIS, SANS SURPRISE !, par François Leclerc

Billet invité.

Avec le Portugal, une nouvelle victime expiatoire est offerte à la réalisation d’un plan déjà en faillite. Il est intimé au pays d’affronter une nouvelle épreuve, présentée comme rédemptrice mais en réalité inutile.

Avec opiniâtreté, les autorités européennes poursuivent leur marche en avant vers ce à quoi ils ne veulent toujours pas se résoudre : restructurer la dette d’Etats sommés de payer les faux frais de la crise financière, pour au moins la partager avec ses artisans. Conjuguer assainissement fiscal et redressement économique, comme ils l’exigent, ne fonctionne que sur le papier ; c’est comme faire rentrer des ronds dans des carrés et revient à aligner sur le carreau leurs victimes, afin de conjurer un mauvais sort que l’on ne fait que précipiter.

2013 est bien loin, où il est timidement prévu une contribution des créditeurs des Etats – les banques européennes pour l’essentiel – et risque fort de ne pas être atteint sans de gros rebondissements.

Comment éviter que la crise de la dette publique ne fasse rebondir celle des banques, qui n’a toujours pas de solution ? Des tests bancaires vont permettre une nouvelle fois un camouflage. Les banques allemandes, ces grandes malades que l’on découvre tardivement atteintes, vont bénéficier de complaisantes exemptions salvatrices, à propos des « participations silencieuses », mais elle estiment encore trop durs les critères retenus pour les tests. C’est avec elles que va se jouer l’essentiel de la partie.

La dureté des tests est comme prévu mise en avant, mais il s’agit d’un savant cocktail, en deçà de ce que l’on connaît de la réglementation de Bâle III, l’exposition à la dette souveraine n’étant pas prise en compte dans le scénario étudié. Un ratio de 5% des fonds propres par rapport aux engagements est mis en avant, mais ceux-ci seront « pondérés » suivant le risque qu’ils représenteront, ce qui ouvre les portes à des aménagements.

Les caisses d’épargne espagnoles s’engagent pour leur part dans une restructuration qui rencontre déjà des obstacles et ne va pas manquer d’utiliser des artifices. La vérité des comptes n’est pas exigée de toutes parts.

Au jeu qui se poursuit, les pays de la zone euro peuvent désormais être classés en trois catégories : 1) ceux qui sont sauvés et dont on ne voit pas comment ils pourront à nouveau voler de leurs propres ailes, condamnés à un sort peu enviable, 2) ceux qui cherchent à tout prix à ne pas être sauvés, voyant cela, mais doivent finalement y consentir, et enfin 3) ceux qui ne doivent absolument pas être sauvés car ce n’est pas dans les moyens des sauveteurs, quoi qu’ils en disent.

Dans l’immédiat, leur économie présentée comme « un rempart indestructible », les Espagnols nient farouchement être les prochains sur la liste, encouragés par ceux qui n’ont comme seule crainte qu’ils soient contraints d’y figurer, ce qui signerait l’abandon forcé de la pauvre stratégie qui continue d’être coûte que coûte suivie.

En terme de sauvetage, on a vu mieux. Le sort de ceux qui en bénéficient étant réglé, il faut se pencher sur les motivations des sauveteurs.

A tout seigneur, tout honneur, la BCE joue un rôle central dans le dispositif. Son président faisant état des « encouragements » prodigués au Portugal pour qu’il rentre dans le rang et demande à bénéficier d’un sauvetage. Une étonnante manière de décrire la manière avec laquelle il l’a poussé dans le dos, en stoppant ses achats d’obligations souveraines et en donnant consigne aux banques portugaises d’en faire autant, donnant le signal de la curée.

Les banques centrales ont besoin de l’ombre pour leurs basses oeuvres assassines, effectuées sous couvert d’une indépendance qui leur permet de s’aventurer hors de leur mandat lorsqu’elles le considèrent nécessaire. Une indépendance qui dissimule mal leur allégeance à un système financier qu’elles défendent envers et contre tout, ce qui, à défaut d’être leur mandat, est leur véritable mission.

Au nom de la lutte contre l’inflation, et afin de retomber publiquement sur ses pieds, la BCE joue pour la première fois de son existence les francs-tireur vis à vis de ses collègues américains, britanniques et japonais et relève son taux principal. S’agit-il vraiment de lutter contre une inflation importée et ses effets de second tour, comme elle le prétend ? Son intention n’est-elle pas, plutôt, d’imposer par cet artifice monétaire que tous les gouvernements se plient sans tergiverser à sa politique de réduction précipitée des déficits publics, en prenant par le col leurs banques ?

La politique du gouvernement allemand est beaucoup mise en cause, mais il ne faudrait pas que cela masque l’identité du vrai patron de cette affaire ! Les échéances électorales des Allemands et des Français pèsent d’un poids certain dans les décisions qui sont prises – ou plutôt qui ne le sont pas – mais ces deux gouvernements ne sont, avec leurs nuances, que les maîtres d’oeuvre ; le vrai maître d’ouvrage est la BCE.

Le jusqu’auboutisme dont celle-ci fait preuve n’a rien d’étonnant : il est le pendant de la détermination aveugle dont font preuve les acteurs du système financier en prétendant reprendre comme si de rien n’était leurs juteuses petites affaires. Ne faisant que démontrer que ce système n’est pas amendable, puisqu’ils s’y refusent catégoriquement, en dispensant la preuve par le contraire.

Où va mener la logique de cette obstination ?

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138 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : ET DE TROIS, SANS SURPRISE !, par François Leclerc »

  1. Je ne comprends pas.
    Toujours plus d’argent qui sort du chapeau du magicien Trichet générant de l’inflation – pas tant que ça visiblement –
    Mais d’ou vient l’argent ?
    Des dictateurs que nous renversons ici et la et de leur suite qui rapatrient des fonds en Europe ?
    De nos futurs gains sur nos futures guerres ?
    D’un endettement général qui n’est pas aujourd’hui – comme hier – dans nos moyens ?

    1. Dette en zone euro : le pire n’est pas sûr

      http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0201281421116.htm
      Patrick Artus est directeur de la recherche et des études de Natixis

      « la pression fiscale en Grèce devrait représenter 13 points du PIB de plus que les dépenses publiques (hors intérêts sur la dette) ! D’où la conviction que semblent partager de plus en plus les agences de rating, que ces pays feront défaut et donc que les prêteurs privés subiront des pertes.

      Mais le mécanisme de soutien mis en place change complètement la situation. (…)
      (European Stability Mechanism, ESM) pourra accorder, aux pays en difficulté, 500 milliards d’euros sous forme de prêts ou d’achats de leurs émissions de dettes publiques, sur une longue période de temps et à des taux d’intérêt assez faibles. (…)

      l’excédent budgétaire primaire nécessaire, en Grèce, pour stabiliser le taux d’endettement public, descend à 2 points de PIB (contre 12), et devient tout à fait réalisable. (…) Dans dix ans, la quasi-totalité (85 à 95 % selon les pays) des dettes publiques présentes dans ces trois pays aura été remboursée, pleinement, aux prêteurs privés et la quasi-totalité de la dette de ces pays sera dans les mains de prêteurs publics.

      1. Francis.

        Il m’embête ton post car le stratège de Natixis a un tel palmarès que quand il montre le chemin j’ai tendance à regarder ce qui se passe dans la direction opposée.
        Ceci étant, la possibilité donner au fond de pouvoir se porter à l’achat des émissions non seulement, exonère la BCE de sortir encore une fois de son rôle, mais fait effectivement bien baisser l’excédent primaire des pays soutenus.
        Je pense qu’il faudra monter l’enveloppe rapidement au moins au 1T$ symbolique pour calmer les marchés sur leur prochaine cible déclarée, l’Espagne, et laisser du temps au temps, histoire que les agences de notation s’intéressent de plus près à la Grande Bretagne et aux US et desserent l’étau sur la zone Euro. D’un autre côté, cette pression permanente depuis plusieurs mois fait aussi évoluer les choses et pas nécessairement que dans le mauvais sens.

        Pourtant, cette volonté d’éviter toute restructuration au détriment du social à travers des plans d’austérité de plus en plus durs et donc impopulaires pourrait très bien complètement gripper la machine et ruiner tous les efforts. Il faudrait dans le même temps envoyer des messages clairs à ceux qui ont encaissent les intérêts sans prendre vraiment de risque et ainsi faire porter au privé une partie du fardeau. 2013 c’est un peu loin… Un peu d’équité ne ferait pas de mal dans cette histoire.
        Le problème reste les agences de notation, comment réagiraient-elles à une perte en capital ???

    1. Quand le taux des obligations à 10 ans atteindra 6%, l’Espagne entrera en zone rouge.
      A partir de là, si rien n’est fait (et je ne vois pas pourquoi ce le serait autrement que ce qui a été fait jusqu’à maintenant), c’est une question de semaines avant d’arriver à 7%.
      Ensuite, c’est fini (quelques semaines encore, avant l’annonce officielle, pour retarder l’inéluctable).
      Personnellement, je dirais avant septembre.
      Mais je me suis trompé de 3 semaines pour le Portugal (avant le printemps) …

  2. Résumé très clair.
    « Où va mener la logique de cette obstination ? »
    Lordon déclare dans le Monde Diplomatique que dans un an ou un peu plus Trichet et autres fanatiques se rendront à l’évidence, mais les dégats seront commis.

    La solution alternative, s’ils campent sur leurs diktats, c’est de trouver et/ou déclencher une guerre de moyenne importance en Europe pour effacer toutes les ardoises, il me semble. En tous cas, c’est une solution bien connue des capitalistes acculés par les exigences sociales ou insatisffaits de la rentabilité du capital.

  3. C’est fort bien écrit, comme d’habitude, mais n’est-ce pas un peu… négatif? Au point d’en être relativement « manichéen » ?…

    Vous décrivez la BCE comme le « grand méchant loup », qui ne cherche qu’à spolier les pauvres gens, et à servir ses maîtres les banques et le milieu financier. Certes, il y a du vrai là dedans. Mais n’oubliez vous pas que l’Europe ne vit pas en autarcie? Que les marchés financiers sont mondiaux? Que nous luttons peut-être en ce moment avec les USA pour… être les derniers à « tomber »?

    Pour faire simple, si l’Europe plie la première, les USA n’en profiteront-ils pas pour s’ériger en donneurs de leçon, et se tailler la part du lion lors de futures réformes internationales des dettes et de la finance, quand elles auront lieu?
    La BCE, dans ce cas, n’essaye t’elle pas en effet simplement de cacher les choses suffisamment de temps pour que « la nudité du grand Roi USA » soit enfin découverte?

    1. Les Européens paieront pour les Américains.
      Les responsables actuels s’entêtent dans le traité de Lisbonne et vont casser l’Europe, de bonne foi, en se focalisant sur une monnaie plutôt que sur un changement civilisationnel européen.

    2. bonsoir
      puisque vous avez l’air d’avoir des doutes, expliquez-nous donc OÙ est la faute économique ou politique du Portugal (à l’inverse de la Grèce et de l’Irlande par exemple)??? Moi j’ai cru comprendre que ce sont LES BANQUES LOCALES qui ont refusé de jouer leur rôle (avec l’appui de le BCE comme conseiller invisible, a priori)… Mais à vous lire, je dois avoir mal compris, donc j’espère vos explications!!!
      Chris

    3. Clairement les Etats Unis se débattent dans des problèmes sans fin et qui empirent. Leur situation n’a rien d’enviable, celle des millions d’américains au chômage sans aucune protection sociale non plus. La précarité là bas c’est le tiers monde.
      Les financements il n’y en aura pas pour tout le monde, c’est une vraie guerre, principalement entre l’Europe et les USA.
      Pour l’instant les agences de notation chantent pour les anglo saxons mais, qui sait, avec le temps les rôles peuvent s’inverser.
      Effectivement, la nudité du roi dollar… ou quand le bel étalon se transformera en papier WC, ceci dit, ils auront toujours de gros portes-avions.

      1. gros portes-avions.

        oui, mais c’est de l’entretien, tout ça : rouille…soudures qui lâchent ….ça finit par prendre l’eau.
        faut autre chose que de la monnaie de singe …

      2. Pi, faut payer les gens pour faire fonctionner de gros porte-avions, aussi gros soient-ils (surtout s’ils sont très gros) …

      3. c’est de l’entretien : oui mais « ils » sont pas assez bête pour ne pas avoir protégé l’ensemble des technologies et savoir-faire nécessaires. Quant-au reste il suffira de créer un new-dollar. La où cela sera plus « tricky » c’est pour compenser la perte du statut de monnaie de réserve fait au dollar.

    4. Il faut penser à changer le vieux logiciel …, les européens, américains, chinois, les français, les allemands … Sont-ce des catégories avec lesquelles on peut comprendre ce qui se passe de Tunis à Fukushima … Quand je ne veux pas passer pour un « radical » qui remonte trop souvent à la racine des problèmes, j’aime bien citer Einstein Albert :

      « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré »
      Celle là me plait aussi :
      « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire »
      Mais « bloguer » est-ce faire ????

      1. « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré »

        Je bronche un peu. Avons-nous, sur ce blog, un mode de pensée, ou son ébauche, qui nous permettrait de résoudre les problèmes actuels ? Je sais, il y a déjà l’interdiction de paris sur les fluctuations de prix

        Mais ne devrons nous pas inventer un système intérieur de « censure », de contrôle sévère, qui nous permettra d’amender, le cas échéant, un mode de pensée qui pourrait dériver et s’agglutiner à ceux que nous dénonçons ?

        En vérité, je ne me sens pas très claire sur ce sujet qui cependant me taraude

      2. Oui Jacqueline, c’est frustrant, mais est-ce le rôle de ce blog qui selon Paul Jorion lui-même, si j’ai bien compris, le considère justement comme une confrontation d’idées, un think-tank. Faire de l’agit-prop sur la base d’un fond idéologique cohérent, faire de la méta-politique en quelque sorte pour affronter l’idéologie dominante maître des médias et offrir à qui le veut un support pour son programme électoral, est, en effet, de mon point de vue indispensable mais sans doute pas le but ici.

      3. Il lit le blog, ouvre la fenêtre, regarde, et se dit : « Comment ? le monde n’a pas changé ! »

        On appelle ça le syndrome Facebook…

  4. Où va mener la logique de cette obstination ?

    comme khadafi , bagbo , et tous les autres ,
    jusqu’aux bout de la logique

  5. Avant longtemps, la BCE mangera son chapeau, elle reprendra l’achat des dettes souveraines, d’où qu’elles viennent, et « à l’insu de son plein gré », tout simplement parce que, sinon, ce sera une vraie grosse déflation!
    La banque centrale n’a en rien les moyens de la politique qu’elle veut imposer, car quand ça craque comme cela est certain très prochainement et à cause même du relèvement des taux qu’elle tente, ça craque…et nous allons retrouver des « facilités de caisse » sans véritable limite!
    Quant à l’exposition des banques allemandes aux créances pourries, elle est effectivement stratosphérique…

    1. Le système financier, par son attitude, encourage les prochaines dictatures officielles, car la brèche sociale ne sera plus, bientôt, au stade de la fracture.

      1. On sait que le système financier n’en a rien à en faire des populations, lui qui dans son ensemble ( sauf exceptions ) a soutenu hier Hitler et a financé son ascension. Non seulement le système financier encourage les dictatures mais ils les fomentent bien souvent. Aujourd’hui comme hier, nous devons trouver des solutions par nous-mêmes. Si j’ai bien compris, M. Jorion a plusieurs idées sur la question. Il est sidérant que les politiques français susceptibles d’entendre n’entendent pas ! Sont-ils à ce point sourds, corrompus ou si conditionnés par leur propres petites mythologie qu’ils ne voient rien venir, qu’ils n’entendent pas ? Mais alors franchement à quoi servent -ils s’ils sont inaptes à représenter l’intérêt général ? L’intérêt supérieur de la république française ? Le peuple est souverain, parait -il ? Alors qu’il s’en souvienne ! Vite.

      2. @ jeff ci après

        « Il est sidérant que les politiques français susceptibles d’entendre n’entendent pas ! Sont-ils à ce point sourds, corrompus ou si conditionnés par leur propres petites mythologie qu’ils ne voient rien venir, qu’ils n’entendent pas ? » dites-vous.

        Les politiques au pouvoir sont embarqués dans un porte avion, pour une guerre qui n’est pas la leur. Ils sont totalement impuissants et le savent . Comme la médecine qui a des médicaments à sa disposition mais qui ne guérit plus que les infections, nos politiques, essaient de donner des calmants et d’éviter que le mal ne se propage. Du social et de la lutte contre l’insécurité. Cautère sur une jambe de bois. Le dire sans solution de rechange c’est ôter tout crédit à ceux qui nous gouverne et nous conduire à désespérer ( ce qu’il faut nous interdire de faire ici).
        Les ficelles de la communication jouent leur rôle. Nier les problèmes tant qu’on a pas trouvé de solution. Un même concept qui s’applique à la finance et au nucléaire.

    2. Monsieur Finckh,

      Avez vous des estimations ou des sources donnant ce niveau d’exposition aux créances pourries ?

      Je me jetterais dessus avec délice. Les donneurs de leçons seraient fauchés. Ça me plairait de voir pourquoi et combien.

  6. @Leclerc-san

    pourquoi donc dites vous que ce plan est inutile? Bien au contraire. Grâce à lui, le Portugal va:
    -prélever un peu plus sur la force du travail
    -privatiser à tout va
    -faire reculer la qualité de service public
    -casser le code du travail

    il ne restera plus qu’à ressusciter Salazar. Ouaiiiiiiiiiiiiiiii.

    Par contre, dans ma voiture, j’ai pensé très fort à vous et j’ai souris quand, après l’annonce de ce plan, l’officier de propagange, pardon, le journaliste de France Info a immédiatement embrayé en disant que l’Espagne n’avait aucun risque…..

    1. L’Espagne est vertueuse .. (sic) Elle n’a fait que bâtir des petits chateaux ……. en Espagne , avec un matériau dérivant de la pierre , appelé  » pierrette »

    2. Kerjean,

      J’ai aussi vu sur Euronews un type de la Deustche Bank expliquer que l’Espagne avait pris les mesures idoines (celles demandées au Portugal) un an à l’avance et que cela faisait toute la différence.
      Il n’a pas dit pourquoi. Il avait juste l’air convaincu et convainquant et un costume superbe avec une coupe de cheveux impeccable. Son expression était fluide et exprimait une énergie très forte, un sentiment de puissance très assumé. Bref, l’argument d’autorité dans toute sa splendeur.
      Il faut digérer le Portugal. On passera ensuite à l’Espagne. J’ai confiance.

  7. Bon, les trois petits cochons, c’est fait !

    Il manque plus que l’Espagne.

    PIG…………………………………………… S
    (2011) (2012)

    Et après ? A qui le tour ?
    Franchement, faut qui s’arrête maintenant, c’est plus crédible leur histoire de monnaie, tout le système est corrompu et illogique.

    1. PIG…………………………………………… S

      A qui le tour ?

      ……………………………………………………………………………..F ?……

    2. Il y aurait un calcul à faire pour ces pays. Combien leur coûte l’Euro ? Combien leur coûterait une sortie de l’Euro ? Le résultat pourrait être une sortie de l’Euro. Pour ses défenseurs, ce serait un choc. Leur légitimité serait remise en doute. Ils l’auraient vraiment mauvaise.

    1. @ papyjo

      Cet article très intéressant me gêne quand il dit « Si ces gigantesques renflouements accroissent le risque d’un défaut, c’est parce que ce sont des renflouements à la Tony Soprano — il n’y a pas un centime pour les pays eux-mêmes, tout l’argent va directement dans les caisses de leurs créanciers, les banques européennes et, de plus en plus, les fonds spéculatifs américains. »

      C’est effarant qu’on continue à défendre des idées comme celles-ci. Allons-y pour la métaphore maffieuse.
      Si l’argent va aux créanciers ( fonds spéculatifs et banquiers) c’est parce qu’ils détiennent en otage les économies. On a vu en 2007, ce que donnait une panique des fonds spéculatifs dont les effets de levier sont de nature à faire chuter les banques. On a pas encore vu ce que donnerait la faillite avérée d’un grand établissement financier européen. Mais ça s’appelle le risque systémique ( je dirais plutôt le chantage ).
      Notre argent, celui dont nous avons besoin pour vivre sur notre compte à vue ou d’épargne coulerait avec les banques, elles même entraînées par le fonds par les Hedge funds véritables aspirateurs de liquidités.
      Plus d’argent, plus de consommation, plus d’économie, plus d’Europe, un chaos social. Mais peut-être faut- il en arriver à toucher le fonds pour reconstruire dans la douleur.
      Sacrifier les otages pour arrêter les terroristes ? C’est un peu tard.
      La BCE a une vision claire de la situation, j’en suis convaincue. Il n’y a qu’elle qui peut faire quelque chose, les politiques n’ont plus la main. Pour l’instant elle pose des snippers.

      1. sounion,

        pourquoi ces plans de « sauvetage » ne seraient pas extrêmement rentables pour les créanciers ? La BCE ne place pas les snipers, elle paie les preneurs d’otages et explique qu’il faut absolument les satisfaire.

        Pour votre souci, il y avait un autre scénario possible pour ces banques. Elles sont nationalisées, puis nettoyées des actifs pourris. Leurs actionnaires sont complètement lessivés. Puis elles sont remises sur la place pour faire leur travail (la partie qui justifie le chantage). Les pertes nominales des actionnaires se seraient comptées en trillions d’euros ou de dollars. Les secteurs financiers US et GB auraient passé de 40 % et plus du PIB de ces pays à une fraction (4%). Le coût aurait été supporté par les créanciers (des gens se vantant aimer le risque) et les états auraient été dans un bien meilleur état. Naturellement, toutes les privatisations auraient été bloquées. Cela aurait été un coup terrible à tous les défenseurs de la société de marché. Il aurait alors fallu revoir la notion d’Europe. Le traité de Lisbonne serait devenu une feuille vide et insensée. Il faudrait aussi trouver un autre but que l’augmentation de la taille de la finance pour faire tourner l’Europe. Etc… Toutes nos zélites auraient dû aller se rhabiller et admettre avoir fait une erreur de 30 ans au moins.
        La BCE ne pose pas de snipers, elle veille à ce que les preneurs d’otages soient satisfaits. Ils ont beaucoup d’alliés dans la police qui pense comme elle. Merkel est reconnue comme une libérale. Elle est toujours prête à négocier quand elle est en position de force. Sinon, elle temporise.

  8. Si le Portugal avait exigé une restructuration de la dette, donc haircut sur les banques allemandes et françaises, quelles auraient été les répercussions tant en Europe qu’aux Etats-unis, puisque toutes les banques entre elles et les fonds de pensions sont imbriqués, tout comme on vient d’apprendre que Dexia a été financée par la Fed par exemple.

    Y’a-t’il quelqu’un qui imagine le jeu de dominos le plus probable qui aurait pu en découler?

    1. Est ce réellement prévisible avec exactitude?Car dans un autre pays (USA) quand on voit les manoeuvres des républicains ce vendredi qui échangent le refinancement du ‘fédéral’ pour quelques semaines ou mois, ce en échange..accrochez-vous: de suspension d’aide pour les femmes qui doivent avorter…à quoi peut tenir l’économie.Si les républicains reviennent au pouvoir en 2012, je crains le pire car leur idéologie aveugle peut mener à un Lehman 100ème puissance.Un républicain bloquera toujours tout tant qu’il n’obtiendra pas un taux d’imposition zéro, ce qui est contradictoire car ils veulent réduire le montant de la dette.Faudra leurs expliquer qu’un gouvernement ca ne vit pas d’amour et d’eau fraiche.Par contre pour faire des guerres inutiles on ne compte jamais.

      1. Oui dissy, c’est très difficile à prévoir car il est quasiment impossible de faire un état des participations croisées des banques, qui garanti quoi et à qui d’autre. On a vaguement l’impression que toutes les grandes banques internationales sont interdépendantes, et que par conséquence le défaut d’un seul des Pigs va entrainer une faillite en chaine, qui aboutira certainement à ce que l’un des blocs Usa/Europe tombe. Le premier à tomber verra partir tous ses capitaux vers celui des 2 qui aura résisté le plus longtemps.

        J’ai bien peur que les Usa aient décidé que ce sera l’Europe, et que la marge de manœuvre politique et économique, voire militaire soit pour l’instant en leur faveur.

        Cela pourrait expliquer la marche forcée vers l’austérité que la BCE est en train d’imposer, je ne crois même plus que la reprise soit le véritable but, mais plutôt la chute de l’un ou de l’autre des 2 protagonistes. Ajoutez à cela les autres blocs économiques qui ne veulent pas voir le dollar se réduire à néant, nous allons avoir un très rude combat.

        Je n’ose même plus regarder l’endettement des banques françaises comparé à notre PIB, ni le ratio de leurs fonds propres et encore moins de quoi ils sont constitués.

        Finalement, je suis la BCE, je n’ose pas imaginer le tsunami qui s’ensuivrait en cas de défaut, si il arrive, car il n’y aurait plus rien à faire!

      2. @Cavalier Ponzi
        Je partage totalement votre sentiment. A une différence près. je pense que via la Finance, l’Europe et les Etats Unis sont totalement liés. Voire, la visite de Geithner pour accélérer le processus de résolution de la dette européenne il y a un an.
        C’est plutôt d’après moi, le basculement des équilibres que peuvent craindre les US : que la Chine ne soit que le seul recours. ( J’ai une vision : des hordes d’esclaves blancs et noirs, le joug au cou, fouettés par des chinois).

      3. @ sounion

        Oui je tiens en effet compte de ce lien de dépendance interbancaire, mais je persiste à penser que si ce lien casse, il va en sortir un dominant qui va rafler la mise des capitaux qui vont vouloir se mettre à l’abri. Le dominant même si il est en grande difficulté du fait des pertes qu’il aura enregistré sera capable de racheter les restes du perdant une poignée de cerise afin que le jeu continue. J’ajoute qu’il faut tenir compte que les forces militaires Us sont capables d’influer sur tout ce théatre géostratégique notamment sur l’accès aux matières 1eres, ce que l’on constate en ce moment. Pour ce qui est de la Chine, je pense qu’elle joue contre la montre pour s’assurer de conserver une position autonome, et négociera son soutien selon ses propres intérêts.

        C’est pourquoi je pense qu’il faut qu’un des 2 blocs « tombe » et encaisse toutes les pertes de son adversaire pour rétablir un nouvel ordre, économique (ou mondial selon la terminologie que l’on attribue aux théoriciens du complot) ;-))

        Pour conclure, vu la cacophonie politique, la structure imparfaite et l’absence d’une force militaire, l’Europe ne part pas gagnante, à moins qu’on ne nous provoque une nouvelle guerre mondiale pour résoudre le problème occidental sur le dos des autres.

      4. Cavalier Ponzi, Dissy, Sounion…

        Je suis persuadé que vous êtes dans le vrai. Nous assistons à une réelle guerre d’usure où tout semble planifié pour faire exploser la Zone Euro et où tous les coups sont bons.
        Même les institutions communautaires à 27, avec la GB qui fait un travail de sape à travers par exemple la commission européenne, jouent contre nous. La France tente de l’expliquer depuis 10 ans et l’Allemagne commence enfin à l’accepter en travaillant à 17 dans le cadre de l’Eurozone.
        Les anglo saxons restent peut être des alliés dans l’Otan mais sont des ennemis redoutables dès que l’on touche à l’économie et aux financements. Leur rève le plus cher est évidemment de voir l’euro exploser en vol et ainsi d’affaiblir considérablement l’Europe pour laisser l’oligarchie financière américaine régner en maitre sur le monde et imposer leur vision ultra libéral et prédatrice. La Chine l’a bien compris et ne souhaite pas se retrouver seule face au dollar, raison pour laquelle entre autre elle soutien aussi l’Euro.
        N’oublions quand pas que ce sont les USA qui nous ont vendu leur merde de subprime caché dans les produits qu’a détaillé Paul Jorion dans « LA CRISE » et qui ont été à l’origine de tout ce que l’on traverse depuis 3 ans.
        La BCE joue la montre et quand je vois ce qu’il s’est passé la nuit dernière et les coupes budgétaires hallucinantes que les républicains ont obtenu pour l’adoption du budget, et bien je commence à me demander si ce n’est pas la bonne solution de jouer la montre et le long terme, même si c’est dur.
        Les Etats Unis vont visiblement rentrer dans une période d’austérité très douloureuse car ils sont dopés à la croissance bien plus que nous. La FED a plombé le dollar dans sa fuite en avant et a jeté ses dernières forces dans la bataille avec QE2, mais la chambre des représantants avec sa nouvelle majorité n’acceptera pas de sacrifier complètement le dollar. Avec 11% de déficit budgétaire les USA vont connaitre leur déficit le plus élevé depuis WW2 !!!

        On va peut être souffrir encore quelques mois mais les USA sont tout autant que nous au bord de la rupture, peut être même plus, avec leurs munis prèts à exploser et leur dette fédérale chaufféé au fer rouge.

      5. le joug au cou, fouettés par des chinois).

        sounion dixit

        =) il faut arrêter le champignon hallucinogène, surtout irradié …

      6. Non ce n’est pas les USA qui nous on vendus les produits toxiques, c’est des escrocs et des suivistes basés aux USA, il y a une nuance vu que parmi eux il y a un peu de tout et de partout, y compris votre caisse de retraite. Par contre la guerre de monnaie que vous décrivez est irréaliste, car nous sommes tous dans le même bateau, bien que pas forcément de notre plein gré. Vous parlez de rafler les capitaux : que croyez vous donc que vaudront les capitaux du premier qui ferra faillite?

      7. @ Bernique

        Qu’importe le moyen, celui qui restera debout imposera les règles quelque soit la forme, nouvelle monnaie ou revalorisation du dollar, il pourra faire ce qu’il veut car la situation sera un véritable marasme mondial, ces règles seront bien entendu à son avantage et à ceux qui soutiendront cette politique.

        Les USA sont prêts à tout pour conserver leur hégémonie, ils sont en faillite depuis longtemps et pourtant ils adaptent les règles selon les besoins au mépris des autres, ce n’est pas un scoop!
        Le système militaro-industriel et l’économie de guerre physique ou économique en sont les principales composantes, ajoutez la collusion Fed/Trésor/Wall Street comme outils, vous avez là les fondements de l’Empire, comparez avec l’Europe.

    2. Ce qui aurait été intéressant à observer c’est une décision de la banque centrale portugaise d’imprimer des euros pour combler le trou. Qui aurait pu l’en empêcher? La « constitution » européenne? Et alors, l’UE allait pousser le Portugal au milieu de l’atlantique? Donner le fessée cul nu au premier ministre à Strasbourg?
      Le Portugal aurait aussi pu décider de sursoir au remboursement de ses obligations en présentant la chose comme une prolongation implicite à taux zéro des accords, mais bonjour la panique dans les banques. Là on aurait vu le défilé des chefs d’états venir à genoux à Lisbonne pour proposer des solutions… Au lieu de l’enfoncer tout le monde aurait cherché à lui éviter le défaut de payement.
      Je ne comprend pas pourquoi Socratès a accepté de jouer le jeu de l’UE contre le Portugal.

      1. parce que c’est un « socialiste » (au sens post-moderne que nos PS européens donnent à ce mot: en Europe, les directeurs du FMI ou de l’OMC sont « socialistes ». on n’est pas en Amérique Latine, ici !…)

        Papandreou aussi était socialiste.

  9. C’est le carême

    Faites pénitence, Européens

    Laissez vos oligarchies faire leurs petites affaires, sans Trichet
    Quitte ou double ?? joker ??
     » Je fais appel à l’ami SINGER  » ( souvenir d’1 jeu radiophonique

    Merci pour ces articles Mr Leclerc

  10. Pour rebondir sur ce que vous dites, voici deux articles de Georges Ugeux, financier et banquier d’affaire qui anime un blog attaché au journal le Monde, qui dresse un portrait au vitriol des banques européennes et souligne le peu de sérieux des stress-tests qui vont leur être soumis :

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/04/06/les-stress-tests-europeens-l%E2%80%99allemagne-sera-t-elle-responsable-de-lechec/

    et aussi (très intéressant) :

    http://finance.blog.lemonde.fr/2011/03/09/l%E2%80%99aveu-de-faiblesse-des-banques-europeennes-discredite-les-nouveaux-stress-tests/

  11. Bah, on peut mettre un rond dans un carré si le rond est plus petit que le carré 🙂

    A part ça, je n’ai strictement rien compris, mais vous ne m’en voudrez pas n’est-ce pas ?

    Je ne comprends que ce que je vois ou expérimente. Alors ce que je vois dans le pays où je vis, c’est que nous avons des banques tout plein, qu’on leur donne des milliards pour les remercier d’avoir fait des « bêtises » et que pendant ce temps nos petits vieux sont hospitalisés trois fois par année pour dénutrition parce que leur retraite pourtant cotisée toute une vie ne suffirait pas à nourrir un puceron. Que nous payons plus de SFR 400.00 obligatoires par personne pour une assurance maladie qui ne rembourse presque plus rien du tout. Que les invalides doivent faire des recours onéreux au Tribunal pour obtenir les moyens auxiliaires dont ils ont besoin. Que…

    Non, je vais m’arrêter là, sinon je vais pourrir votre blog.

    La seule chose qui me vienne à l’esprit, c’est que les femmes depuis des millénaires doivent gérer le budget d’un ménage au centime près et sont très expertes en matière économique. Alors pourquoi ne pas les laisser gérer le budget des pays pendant une vingtaine d’années, juste pour voir… Lorsqu’un femme arrive avec un projet économique en politique, tous les bâtons lui sont mis dans les roues pour que son projet parte à veau l’eau ou s’il passe, soit tellement transformé qu’il n’a plus rien à voir avec le projet initial.

    Il y a en tous cas une femme en France qui a démontré par A + B que ses projets économiques tiennent la route dans sa région…

    En Suisse, ça reste à prouver.

  12. Bonsoir François.

    « Les banques centrales ont besoin de l’ombre pour leurs basses oeuvres assassines, effectuées sous couvert d’une indépendance qui leur permet de s’aventurer hors de leur mandat lorsqu’elles le considèrent nécessaire. Une indépendance qui dissimule mal leur allégeance à un système financier qu’elles défendent envers et contre tout, ce qui, à défaut d’être leur mandat, est leur véritable mission. »

    Vous avez résumé la situation et j’irai même plus loin, c’est un programme qui est en cours d’éxécution. Si vous regardez les choses de plus près, quand vous parlez du système financier, à combien d’acteurs pourriez- vous le ramener? Qui sont ces hommes, ces familles qui dans l’ombre font la pluie et le beau temps, ont-elles un point commun?
    Sérieusement, je pense qu’il va falloir appeler un chat un chat car rien de ce qui se passe n’est le fait du hasard. Le premier des remèdes face à une maladie consiste à la nommer.

    « Le jusqu’auboutisme dont celle-ci fait preuve n’a rien d’étonnant : il est le pendant de la détermination aveugle dont font preuve les acteurs du système financier en prétendant reprendre comme si de rien n’était leurs juteuses petites affaires. Ne faisant que démontrer que ce système n’est pas amendable, puisqu’ils s’y refusent catégoriquement, en dispensant la preuve par le contraire.

    Où va mener la logique de cette obstination ? »

    Ce qui renvoie au livre de Paul »Le capitalisme à l’agonie ». Humblement, il serait à mon sens faux de penser que le capitalisme est à l’agonie parceque ceux qui en sont les victimes sont en train d’agonir car c’est justement le but à atteindre. Le capitalisme est utilisé comme une arme.

    L’empire est en cours de construction et c’est la raison aussi pour laquelle il est voulu que partout dans le monde soit installé la « démocratie bling bling » car il a besoin de la dictature de la loi pour légaliser son emprise une bonne fois pour toute. Le cacul est habile car autant il est possible qu’un peuple se révolte face à une « dictature » pour la remplacer par autre chose comme la démocratie mais par quoi un peuple pourrait-il remplacer une démocratie? Allez demander aux roumains ce qu’ils en pensent, je parle de l’homme de la rue.

    1. les victimes sont en train d’agonir

      oui, au lieu d’agoniser, les victimes du Système feraient mieux d’agonir les ploutocrates en place…
      déjà ça peut soulager ! nom d’un petit bonhomme !

  13. Vous connaissez l’humour Espagnol?

    L’Espagne est un « rempart » et donne des garanties à la zone euro.

    L’économie espagnole est devenue un « rempart indestructible » et donne des garanties à la zone euro grâce aux réformes du gouvernement, assuré vendredi le numéro deux du gouvernement espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba.

    « Nous étions un domino de plus et nous sommes devenus un rempart indestructible » et par conséquent « une garantie de sécurité pour la zone euro », a déclaré M. Rubalcaba à l’issue du conseil des ministres.

    « Les choses ont changé en Espagne ces derniers mois », a-t-il ajouté, alors que l’Espagne est considérée par les marchés comme un prochain candidat potentiel à une demande d’aide extérieure, après le Portugal.

    « Tout ceci est le fruit des réformes que nous avons mises en place (…) tout le monde dit que l’Espagne a fait les réformes qu’elle devait faire et c’est pour cela que la situation est différente » de celle du Portugal, a poursuivi M. Rubalcaba.

    Plus tôt dans journée, la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado avait assuré que le Portugal serait « bien sûr » le dernier pays de la zone euro à bénéficier d’un plan d’aide financière international.

    Belga

    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_l-espagne-est-un-rempart-et-donne-des-garanties-a-la-zone-euro?id=5918273

    1. « Plus tôt dans journée, la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado avait assuré que le Portugal serait « bien sûr » le dernier pays de la zone euro à bénéficier d’un plan d’aide financière international. »

      Ces paroles peuvent s’entendre de plusieurs façons et je crois qu’elle a raison. L’Espagne sera un trop gros morceau. Elle ne pourra pas bénéficier d’un plan d’aide. Le Portugal est donc bien le dernier… avant l’implosion éventuelle de la zone euro.

      1. En plus de se trouver dans une situation économique dangereuse, l’Espagne rentre dans une guerre pour le pouvoir chez les socialistes qui risque d’être très dure, entre la vieille garde (Rubalcaba, bientôt 60 ans et malade) et la nouvelle génération (Carmen Chacón, que vient d’avoir 40 ans, catalane). Pendant un an, jusqu’aux élections de 2012 ils ne vont penser qu’à ça. Sauf si les élections locales et régionales du mois prochain sont tellement catastrophiques pour eux qu’ils sont obligés de convoquer des élections anticipées.

  14. Lu dans Le Soir d’aujourd’hui (devrait être en ligne demain) :

    « Trichet met les syndicats en garde »
    « M. Trichet l’a dit à plusieurs reprises ces derniers mois : augmenter les salaires serait « la dernière bêtise à faire ». Il l’a répété hier : « Nous ne tolérerons pas d’effets de second tour. (…) C’est notre message à l’intention de tous ceux qui fixent les prix et notamment les partenaires sociaux », a-t-il dit. »
    « un relèvement important du loyer de l’argent freinerait inévitablement l’activité économique. Un dilemme dont M. Trichet tente de sortir en pariant sur le fait que la mise en garde de ce jeudi – une hausse limitée des taux – suffira à mater les syndicats. Notamment (mais pas seulement) en Allemagne, où les récents accords salariaux, par exemple dans la chimie, prévoient de substancielles augmentations. Après, faut-il le rappele, dix ans d’austérité salariale. »

    En regadant la conférence de presse de Trichet d’hier, j’ai « savouré » son sophisme en réponse au journaliste de France Inter (vers 1h04), en résumé : on augmente le taux directeur afin d’assurer une stabilité des prix, ce qui « rassurre » tout le monde sur l’inflation à MT et donc a pour pour effet magique de maintenir les taux bas. « Nous permettons aux taux de rester plus bas, toutes choses égales par ailleurs, parce que incorporant des anticipations inflationistes à bas niveau, et donc nous aidons directement et indirectement tous les pays. » C’est merveilleux le monde de Mickey !

  15. Hausse du chômage en Espagne: 42 397 chômeurs de plus le mois dernier (+ 0,8% par rapport à février et + 4,01% par rapport à mars 2010). Ce qui fait un total de 4 822 291 (le vrai chiffre, pas l’officiel). Un record historique.
    http://www.libremercado.com/2011-04-04/nuevo-record-de-paro-4822291-desempleados-en-marzo-1276419286/

    Le chiffre le plus dramatique (et dangereux): 43,5 % des jeunes de moins de 25 ans voulant travailler sont au chômage. Un autre chiffre étonnant: 20 % des espagnols de moins de 30 ans n’ont jamais pu travailler.
    http://www.cotizalia.com/valor-anadido/2011/engorda-bomba-social-puesto-calle-zapatero-20110405-5207.html

    Et pendant ce temps-là on continue de gaspiller l’argent dans les Autonomies: on a construit une ligne d’AVI (le TGV espagnol) entre Zaragoza et Huesca qui a coûté 221 millions d’euros et qui est utilisé par… 19 personnes les meilleurs jours. (L’Espagne est le 2e pays au monde en kms de lignes de train à haute vitesse derrière la Chine et devant le Japon et la France). Idem pour les aéroports: la France en a 35, l’Angleterre 28, l’Allemagne 18 et l’Espagne… 46 !!, dont certains sont séparés entre eux par moins de 100 kms et dont la plupart ne sont utilisés que par quelques dizaines de personnes par jour
    Celui de Huesca, qui a coûté 40 millions d’euros il y a 4 ans et qui a eu 700 passagers en 2010, a été fermé il y a 3 jours.

    http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/terreno_de_juego
    http://www.libertaddigital.com/economia/espana-mucha-infraestructura-y-escasa-rentabilidad-1276417983/
    http://www.abc.es/20110405/espana/abci-aragon-aeropuerto-201104050343.html

    À part ça, la chute des crédits à la consommation dans les deux premiers mois de l’année 2011 par rapport à il y a un an a été en Espagne de 55 %.
    http://www.eleconomista.es/empresas-finanzas/noticias/2959682/04/11/Los-creditos-al-consumo-caen-a-la-mitad.html

    Conclusion;
    « Kenneth Rogoff believes there is a high probability that Europe has to help Spain ».
    http://economicsnewspaper.com/policy/spain/kenneth-rogoff-believes-there-is-a-high-probability-that-europe-has-to-help-spain-8747.html

    1. @Pablo
      Tous ces chiffres que vous énoncez sont dramatiques.
      Que vont faire tous ces jeunes au chômage, ils n’ont de dictateur à renverser, quel est leur état d’esprit ?

      1. la résignation…

        ?!…

        jusqu’à ce que …
        un jour …

        ça va faire mal ! les jeunes pousses vont lâcher leur tétine ! et ne plus dire arreuh arreuh !

        d’ailleurs la gauche, comme nous le savons n’est plus à gauche.
        et comme nous sommes un certain nombre à ne pas vouloir chanter « TINA » …
        recherche en cours ….

      1. vigneron, je doutais par anticipation ! Aujourd’hui on compte en centaines de milliards, aux US c’est en milliers, et d’ici peu ce sera en centaines de milliers… 🙂

  16. Pour ma part, j’ai deja acheté une petite maison isolée dans le cantal, car lorsque cela va partir en sucette, il y a une chose dont je suis sure, c qu’ il vaudra mieux être loin des villes, avec de quoi faire subsister sa petite famille. Je sais ce genre de propos ne risque pas de faire avancer le débat, mais là où on en est, je ne vois pas d’autre chemin que celui d’une bonne purge…………Surtout ne vous trompez pas le problème ultime c la bombe démographique…….(Téléphone : nous chantait déjà àl’époque la bombe humaine)

  17. à Pablo75

    En conclusion, en venant en aide au Portugal on tente surtout d’aider les banques espagnoles déjà très mal en point confirmant en cela les propos de M Leclerc.

    1. Vous avez tout compris… Et en aidant les banques espagnoles on aide les françaises et allemandes, très engagées, donc, en Espagne.

  18. De toute façon il n’y a qu’une seule solution, c’est l’éclatement de l’euro -monnaie unique mal née dans un contexte politique d’une zone monétaire qui n’a rien d’optimale) pour permettre aux banques centrales de financer les économies de leurs pays, sans passer par les banques privées génératrices de « la dette » par les intérêts qu’elles demandent.

    A partir de la 2 alternative:
    – des monnaies nationales non convertibles au sein d’une monnaie commune seule convertible (comme le propose Nicolas Dupont Aignan et plusieurs économistes)
    – euro sud et euro nord comme le propos l’économiste C. Saint Etienne

    1. Les errants, les émigrants, étaient devenus des nomades. Des familles qui avaient jusque-là vécu sur un lopin de terre, dont toute l’existence s’était déroulée sur leurs quarante arpents, qui s’étaient nourries — bien ou chichement — du produit de leurs quarante arpents, avaient maintenant tout l’Ouest comme champ de pérégrinations. Et elles erraient à l’aventure, à la recherche de travail; des flots d’émigrants déferlaient sur les autostrades et des théories de gens stationnaient dans les fossés bordant les routes. Et derrière ceux-là, il en arrivait toujours d’autres. Les autostrades grouillaient de véhicules de toutes sortes. Ces régions du Centre-Ouest et du Sud-Ouest avaient été habitées jusque-là par une population agrarienne que l’industrialisation n’avait pas touchée; des paysans simples, qui n’avaient pas subi le joug du machinisme et qui ignoraient combien une machine peut être un instrument puissant et dangereux entre les mains d’un seul homme. Ils n’avaient pas connu les paradoxes de l’industrialisation à outrance et avaient gardé un jugement assez sain pour discerner toute l’absurdité de la vie industrielle.

      Et brusquement, les machines les chassèrent de chez eux et les envoyèrent peupler les grandes routes. Et avec la vie nomade, les autostrades, les campements improvisés, la peur de la faim et la faim elle-même, une métamorphose s’opéra en eux. Les enfants qui n’avaient rien à manger, le mouvement ininterrompu, tout cela les changea. Ils étaient devenus des nomades. L’hoslilité qu’ils rencontraient partout les changea, les souda, les unit – cette hostilité qui poussait les habitants des petites villes et des villages à se grouper et à s’armer comme s’il s’agissait de repousser une invasion — sections d’hommes munis de manches de pioches, calicots et boutiquiers munis de fusils de chasse — de défendre le monde contre leurs propres concitoyens.

      Le flot perpétuellement renouvelé des émigrants fit régner la panique dans I’Ouest. Les propriétaires tremblaient pour leurs biens. Des hommes qui n’avaient jamais connu la faim la voyaient dans les yeux des autres. Des hommes qui n’avaient jamais eu grand-chose à désirer voyaient le désir brûler dans les regards de la misère. Et pour se défendre, les citoyens s’unissaient aux habitants de la riche contrée environnante et ils avaient soin de mettre le bon droit de leur côté en se répétant qu’ils étaient bons et que les envahisseurs étaient mauvais, comme tout homme doit le faire avant de se battre. Ils disaient : ces damnés Okies sont crasseux et ignorants. Ce sont des dégénérés, des obsédés sexuels. Ces sacrés bon Dieu d’Okies sont des voleurs. Tout leur est bon. Ils n’ont pas le sens de la propriété.

      Et cette dernière assertion était vraie, car comment un homme qui ne possède rien pourrait-il comprendre les angoisses des propriétaires? Et les défenseurs disaient : ils apportent des maladies avec eux, ils sont répugnants. Nous ne voulons pas d’eux dans nos écoles. Ce sont des étrangers. Vous accepteriez que votre sœur fréquente un de ces êtres-là?

      Les indigènes se montaient la tête et s’excitaient mutuellement jusqu’à n’être plus que haine et cruauté implacables. Alors ils formaient des sections, des escouades et les armaient de matraques, de grenades à gaz, de fusils. Le pays nous appartient. Il faut leur serrer la vis à ces maudits Okies. Et les hommes auxquels on avait donné des armes n’étaient pas des propriétaires, mais ils finissaient par se figurer que le pays leur appartenait. Les petits employés. qui faisaient du maniement d’armes la nuit n’avaient rien à eux, les petits boutiquiers ne possédaient qu’un plein tiroir de dettes, mais une dette c’est encore quelque chose à soi, et une bonne place c’est quelque chose à quoi on tient. L’employé se disait : je gagne quinze dollars par semaine. Si jamais un de ces sacrés Okies accepte de travailler pour douze dollars, je serai frais; et le petit boutiquier se disait : jamais je ne pourrais lutter contre un homme qui ne serait pas endetté.

      Les émigrants déferlaient sur les grand-routes et la faim était dans leurs yeux et la détresse était dans leurs yeux. Ils n’avaient pas d’arguments à faire valoir, pas de méthode; ils n’avaient pour eux que leur nombre et leurs besoins. Quand il y avait de l’ouvrage pour un, ils se présentaient à dix — dix hommes se battaient à coups de salaires réduits.

      Si ce gars-là travaille pour trente cents, moi je marche à vingt-cinq.

      Il accepte vingt-cinq? Je le fais pour vingt.

      Attendez… c’est que j’ai faim, moi. Je travaille pour quinze cents. Je travaille pour la nourriture. Si vous voyiez les gosses, dans quel état ils sont — ils ont des espèces de clous qui leur poussent; à peine s’ils peuvent remuer. Leur ai donné des fruits tombés et maintenant ils ont le ventre enflé. Prenez-moi, je travaillerai pour un morceau de viande.

      Bonne affaire. Les salaires baissaient et les cours se maintenaient. Les grands propriétaires se frottaient les mains et envoyaient de nouveaux paquets de prospectus pour faire venir encore plus de monde. Les salaires baissaient sans faire tomber les prix.

      D’ici peu, nous serons revenus au temps des serfs.

      Là-dessus, les grands propriétaires et les Sociétés Foncières eurent une idée de génie : Un grand propriétaire achetait une fabrique de conserves, et dès que les pêches et les poires étaient mûres, il faisait baisser les cours au-dessous du prix de revient. Et en qualité de fabricant, il se vendait à lui-même les fruits au cours le plus bas et prenait son bénéfice sur la vente des fruits en conserve. Mais les petits fermiers qui n’avaient pas de fabriques de conserves perdaient leurs fermes au profit des grands propriétaires, des Banques et des Sociétés propriétaires de fabriques. Les petites fermes se raréfiaient de plus en plus. Les petits fermiers allaient habiter la ville, le temps d’épuiser leur crédit et de devenir une charge pour leurs amis ou leurs parents; et finalement ils échouaient eux aussi sur la grand-route, où ils venaient grossir le nombre des assoiffés de travail, des forcenés prêts à tuer pour du travail.

      Et les Sociétés et les Banques travaillaient inconsciemment à leur propre perte. Les vergers regorgeaient de fruits et les routes étaient pleines d’affamés. Les granges regorgeaient de produits et les enfants des pauvres devenaient rachitiques et leur peau se couvrait de pustules. Les grandes Compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à la recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

      John Steinbeck, Les raisins de la colère, Chapitre XXI

      1. dans l’extrait, que vous citez, de Steinbeck :

        « L’employé se disait : je gagne quinze dollars par semaine. Si jamais un de ces sacrés Okies accepte de travailler pour douze dollars, je serai frais; et le petit boutiquier se disait : jamais je ne pourrais lutter contre un homme qui ne serait pas endetté. »

        « Il accepte vingt-cinq? Je le fais pour vingt…. »

        « Bonne affaire. Les salaires baissaient et les cours se maintenaient…. »

        = « concurrence libre et non faussée« , dogme ingéré par la Commission européenne et non remise en cause par le PSE =) majorité en faveur de cela au Parlement européen….le but est là !

        Postes préservés, voire « hérités » pour le « haut du pavé »
        Peau de hareng pour les manants.

  19. « Conjuguer assainissement fiscal et redressement économique, comme ils l’exigent, ne fonctionne que sur le papier »

    « l’Europe » nous gave de ce « sirop typhon » dernière trouvaille en date qui serait la panacée

    où trouver une analyse des instances européennes qui explique comment le fait d’assainir va amener le redressement économique.
    Où alors, n’est ce qu’une « prescience» de plus qui émane des dieux Bruxellois.

    Sinon pour le Portugal, il y a cet interview faite par Hervé Nathan :
    Portugal: ce sont les traders qui ont organisé la crise!

    « On a mis beaucoup de temps à le comprendre, mais en Europe, ce sont les marchés financiers de la renégociation permanente qui font la pluie et le beau temps. Maintenant, c’est sûr : Il faut bien prendre cette variable en compte dans les prises de décisions
    politiques. »

    http://www.marianne2.fr/Portugal-ce-sont-les-traders-qui-ont-organise-la-crise_a204784.html

    Le « rabattage » utilisé par les chasseurs marche à plein.

    1. Je vais fabriquer un tampon numérique, et je donnerai un coup de tampon à chaque dépêche qui le mérite, comme celle-ci :

      INTERDICTION DES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX !

      1. Ce que je crains, c’est que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ne soient qu’une des composantes du problème.

        L’idéologie Friedmanienne tend au démantèlement (je dirais au dément-èlement) complet des états.

        Si par un miracle ce que vous préconisez à juste titre était appliqué, je ne doute pas un instant que d’autres moyens soient mis en œuvre pour arriver à cela.

      2. Super. Bon zalors, vous proposez quoi pour passer le temps ? Tarot ou crapette ? Camomille ou tilleul ? Ou a tea-party maybe ? On pourrait inviter Nicolas Dupont-Aignan aussi, pour rire un peu.
        Ou Richard Antony ?

      3. Peut-être mais interdire de toute cette spéculation redondante, délétère et absurde, permettrait d’y voir tellement plus claire

      4. Paul, Cécile, vigneron,

        Ce n’est qu’en passant par des étapes qu’on arrivera à se débarrasser de toutes ces tiques qui se jettent sur nous.

        Les interdictions des paris sur les fluctuations de prix sont évidemment à la base de ce nettoyage.

        J’ai tellement intégré cela, que j’en suis déjà à après.

        J’y peux rien si Paul Jorion nous rend notre libre arbitre et notre capacité à penser autre chose.

        Ce combat me prépare au suivant.

    2. @Vigneron

      Je propose qu’on mette une barrière à insectes (allez une fois n’est pas coutumes) sur les contours de l’Hexagone, en attendant que ces petites bébêtes atteignent les limites de vie qu’ils se sont eux mêmes concoctée. 😀

      Bon à part ça, on peut lire les livres de Paul (achat prévu le mois prochain pour moi).
      Une véritable source de vie et pour pas cher le plein d’espoir qui nous permet de nouveau un horizon devant nous. Pas d’accord ?

    3. Dans l’article cité on lit « ! Le summum de l’irrationalité exubérante des marchés financiers secondaires, c’est qu’il y avait déjà eu trois plans d’austérité au Portugal qui n’avaient pourtant pas permis d’apaiser les tensions. »

      Aujourd’hui, ça me fait rire. Cela pré-suppose que les marchés ont un comportement rationnel, mesuré et même éthique quelque part.
      C’est la plus énorme connerie que la canaille financière a réussit à vendre au politique et à un certain nombre de citoyens.

      Les traders et leurs patrons sont là pour le ble, le fric, la thune, les laubés, la fraiche et même l’oseille. Point barre. Hubris totale. Tant qu’on ne leur aura pas arraché les ongles, les mains et les bras ensuite, ils continueront. C’est d’une évidence tellement aveuglante qui a pour imparable et immédiatte conséquence de nous faire comprendre que ceux qui acceptent, alors qu’ils pourraient la contrecarrer, cette façon de fonctionner des financiers alors qu’elle nous tue, sont eux-mêmes des criminels.

      Le meilleur endroit ou Camdessus, Trichet, Barroso et autres dirigeants des institutions étatiques et supra-étatiques, qui opèrent leur propre soumission à cette maladie de l’hubris généralisé devraient être remis à la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’humanité.

  20. Excellent papier Mr Leclerc.
    Je suis frappé par la différence de politique entre la FED et la BCE. Comme si quelque part elles étaient « complémentaires ». On imprime à fond du dollar et on « austérise » en Europe. De là à penser que la BCE fait ce qu »on » lui dit de faire serait me laisser aller à mon goût malsain pour les théories du complot.

  21. « Une aide de 80 milliards d’euros des pays de la zone euro pour le Portugal  »
    http://www.rfi.fr/europe/20110408-une-aide-80-milliards-euros-pays-zone-euro-le-portugal
    Je ne sais pas combien d’habitants au Portugal, ni quel est le salaire moyen de ce pays
    mais s’ils étaient 10 millions d’habitants, l’investissement de 80 milliards représente 8 000 € par habitants
    avec un salaire moyen de 1000€/mois, cela offrirait un salaire moyen possible à tous les habitants, iccompris veillards et enfants pendant 8 mois

  22. En déplacement et bénéficiant de connexions hasardeuses, je participerai dès que je pourrai à la discussion !

    1. En clair:
      L’Espagne ne risque même pas un plan d’aide car il n’est même pas envisageable, mais surtout il est impossible à réaliser !
      Ne vous inquiétez pas, cela va passer!
      Cigare?

      1. En clair: PERSONNE aujourd’hui connaît la vraie situation de l’Espagne, le vrai montant de ses dettes publiques et privées. Sur ce thème le gouvernement ment, les banques mentent, les gouvernements des Autonomies mentent, le Banco de España ment…

        La seule chose sûre qu’on sait est que la situation est bien plus grave qu’on ne le dit.

  23. Un point de vue pour le problème de la dette Espagnole :

    Après la Grèce et l’Irlande, c’est au tour du Portugal de se tourner vers le système de soutien aux pays de la zone euro mis en place en catastrophe durant la crise. Doit-on s’attendre à ce que l’Espagne soit le prochain pays à y recourir ?

    Évariste Lefeuvre : Non je ne crois pas. L’Espagne a fait d’importants efforts pour consolider son système bancaire. On a beaucoup glosé sur la fragilité des banques espagnoles. La chute de l’immobilier qu’elles ont financée massivement aurait pu faire craindre à une déstabilisation de leur bilan. Mais les Espagnols sont moins cigales qu’on ne l’a dit. Les obligations des banques en termes de garantie furent, bien avant la crise, plus importantes qu’ailleurs. Mieux depuis la crise, le gouvernement a pris à bras le corps la réorganisation du système et poussé efficacement aux rapprochements des Caisses d’Epargne, établissements les plus fragiles.

    http://www.marianne2.fr/Si-la-dette-espagnole-est-attaquee-le-fonds-europeen-s-effondrera_a204776.html

      1. Sur l’état des Caisses d’épargne espagnoles:
        http://www.cotizalia.com/el-observatorio-del-ie/2011/falacia-20110406-5214.html

        Rien que Bankia (la nouvelle union de Caja Madrid, Bancaja et 5 autres caisses d’épargne) avoue avoir 53 Mds d’actifs toxiques. Et quand on sait qu’il n’y a pas, depuis des années en Espagne, un seul banquier capable de dire une seule vérité (surtout mauvaise) le concernant…
        http://www.elconfidencial.com/en-exclusiva/2011/bankia-banco-aislar-activos-toxicos-poder-20110406-77137.html

        Un article (technique) sur la situation (mauvaise) des banques espagnoles, dont la conclusion est (en mauvais espagnol, donc ambigu pour un profane comme moi) :
        « la dependencia de los bancos españoles en el BCE en Enero ha podido aumentar en unos 2bn€, rompiendo la buena tendencia de los últimos 6 meses »
        (la dépendance des banques espagnoles vis-à-vis de la BCE a augmenté en Janvier de quelque 2 000 Mds €, interrompant ainsi la bonne tendance des 6 derniers mois):
        http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/eurozona_reestructurar_la_deuda_es_vital…pero_lo_soportarian_las_cuentas

  24. …réétatiser tout ce qui a été privatisé …reconstruire ce qui a été morcelé ..syndicats plus puissants ..grèves qui ralentissent la production ..l’économie ..qui nous redonnent le temps de penser et d’élaborer des projets de sociétés viables …étêter la gauche caviar …
    …en vrac …

  25. …..interdire la spéculation ..bannir les traders ..rendre hors la loi les paradis fiscaux …poursuivre la criminalité en col blanc …dissoudre les armées pour consacrer ces nouvelels recettes à la recherche ..énergie ..santé …cultures ..
    J’aime bien mes utopies …

  26. …limiter le salaire et les mandats des politiques ..( vocation et non intérêt( s) pour l’argent qu’il(s) procure ( nt ) )…
    Pensions de crises …relevées pr les plus basses ..plafonnées pr les plus hautes …
    Contrôle sévère de l’évasion fiscale ..avec énooorme amendes en cas de délit + confiscation de TOUT le patrimoine …
    Fuite des capitaux ? Bof .. il ne pourrait pas aller plus mal pour le pays …si?

  27. 17 août 2007 :

    Christine Lagarde ne croit pas à une crise financière durable.

    Christine Lagarde tient à rassurer les français sur la crise des subprimes. Un jour après la lettre envoyée par Nicolas Sarkosy à Angela Merkel, notre Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi participe à ce qui est objectivement une opération de communication bien huilée. On ne pourra pas accuser au moins nos gouvernants de paresser pendant leurs vacances !

    Christine Lagarde dans une interview publiée ce matin au journal Le Parisien, a résumé de façon lapidaire son opinion sur la baisse spectaculaire que partagent les principales bourses mondiales : « il faut raison garder, ce n’est pas un krach ».

    On remarquera que techniquement parlant, elle a raison, et que de toute façon les logiciels qui équipent les bourses ont des mécanismes d’auto-régulation qui stoppent temporairement les transactions en cas de trop fortes baisses. Autrement dit, les krachs sont devenus informatiquement… impossibles. Mais ça n’empêchera pas les bourses de chuter lourdement sur une plus longue période, comme en 2001/2002.

    Christine Lagarde justifie sa déclaration en ajoutant ensuite qu’ « il s’agit d’une correction brutale des marchés qui trouve son épicentre dans un sous-marché immobilier aux Etats-Unis, celui des ‘subprimes’, des prêts hypothécaires agressifs aux ménages à revenus aléatoires. Il y a eu là-bas de gros excès en la matière. Nous assistons aujourd’hui à un ajustement ». Il s’agit pour les petits porteurs de « garder tête froide » (traduction : ne vendez pas) ; « du point de vue immobilier (…) le marché français est bien plus solide et stable que le marché américain ».

    Certes. Mais que vont faire les plus gros intervenants sur la bourse NYSE EURONEXT, c’est à dire les institutionnels ? Ecouteront-ils notre Ministre et garderont-ils leurs actions (BNP PARIBAS par exemple) en attendant des lendemains plus propices ? Ce serait une grande première !

    En attendant, Chistine Lagarde va demander « des explications au directeur général de la banque BNP Paribas Baudouin PROT, qui a gelé trois fonds d’investissements en raison de la crise des subprimes » et qui accesoirement a déclenché une tempête médiatique en plein milieu des vacances du Président.

    On doit en trembler à BNP PARIBAS, dont la capitalisation boursière fait encore 69 milliards d’euros, à comparer aux 1 856 milliards d’euros du PIB français prévu pour 2007…

    Christine Lagarde a dû démentir qu’elle avait abrégé ses vacances à cause de la crise en cours. Mais, appliquant à la lettre les conseils qu’elle donne aux petits porteurs, notre Ministre de l’économie maintient sa prévision de croissance pour la France. Il faut po-si-ti-ver, je vous le dis.

    http://www.leblogfinance.com/2007/08/christine-lagar.html

    1. Tiens, par curiosité, ce que j’écrivais exactement au même moment sur le blog : Le champ de mines s’étend à l’infini

      “La façon dont je m’étais représenté en 2005 la crise à venir était un champ de mines où, ici et là, et de manière imprévisible, une mine exploserait en entraînant ou non d’autres à sa suite. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer : on consulte les nouvelles financières sur Bloomberg, Reuters ou sur le site en ligne du Wall Street Journal et on lit qu’une autre « mortgage bank », un autre organisme de financement de prêts immobiliers prend le bouillon, ou bien comme hier, Sentinel, une firme qui avance à très court terme des fonds à ceux qui traitent sur les marchés de futures et qui se trouve à court de liquidités. Qu’une firme comme celle–là, au cœur même de Wall Street, ait des ratés, jette un froid : ça fait le même effet qu’un obus qui éclaterait au beau milieu de la zone verte à Bagdad. Aujourd’hui, la rumeur qui a fait baisser les marchés, c’était celle de la faillite imminente de Countrywide, la plus grande « mortgage bank » aux États-Unis, c’est–à–dire, bien entendu, la principale compagnie au monde accordant des prêts hypothécaires. Un analyste de Merrill Lynch conseillait ce matin aux actionnaires de vendre leurs titres Countrywide et la bourse entamait sa plongée. Et en effet, si Countrywide devait faire faillite, plus aucune institution financière américaine ne serait à l’abri !


      Comme je l’écrivais le 23 juin dans La semaine qui s’annonce : le champ de mines s’étend à l’infini. »

      1. zone d’États désunis

        certes, mais les USA de la grande Dépression étaient-elles franchement unies ? cela reste à démontrer….

  28. du grand Leclerc, l’ami sort de l’ombre pour rejoindre la lumière ; pourquoi Taddei refuse de vous inviter ?

  29. Ce n’est qu’une anecdote, mais elle peut faire réfléchir.

    Hier, Vendredi 8 Avril 2011, je faisais mes courses sur le marché traditionnel de Saint Cyr en Indre et Loire (37).

    Pour payer la marchande de fromage je fourrageais dans mon porte monnaie en pestant contre ces « nouvelles » pièces en euros et centimes que je ne parviens toujours pas à reconnaître du premier coup.
    – Ne vous en faites pas me dit-elle, elles disparaîtront bientôt.
    – Que voulez-vous dire ?
    – On voit bien que l’euro ne marche pas, il faudra trouver une autre monnaie
    – Revenir au franc ?
    – Pourquoi pas ?

    Si la confiance dans l’euro commence à baisser à ce point, il est vraiment mal barré.

    Mais peut-être est-elle une exception. On peut vendre du fromage et, par ailleurs, lire de ce blog ou écouter Emmanuel Todd. J’ai quand même du mal à le croire.

  30. Icesave : le «non» a encore gagné en Islande !

    Le nouveau projet d’accord sur le remboursement de 3,9 milliards d’euros réclamés par Londres et La Haye après la faillite de la banque Icesave en 2008, a été rejeté par les Islandais à l’occasion d’un référendum le samedi 9 avril 2011. Selon des résultats encore partiels, le «non» l’emporterait – une nouvelle fois – avec plus de 55% des voix.

    Pour la seconde fois en un an, les Islandais étaient appelés à se prononcer sur l’accord Icesave encadrant le remboursement par l’Islande de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, dont les citoyens avaient été spoliés par la faillite de la banque islandaise en ligne. Quelque 340.000 Britanniques et Néerlandais avaient alors perdu leur épargne.

    Selon les premiers chiffres officiels portant sur 70% des bulletins dépouillés, le «non» l’emporterait avec 57,7 % des voix, contre 42,3 % pour le «oui». Pour les partisans du «non», rien n’oblige les citoyens islandais à assumer financièrement la dette d’une banque privée. Ceux qui soutiennent l’accord pointent les effets désastreux d’un vote négatif en terme d’image pour l’Islande.

    Le gouvernement, qui a fait campagne pour le «oui», a fait part de sa déception. Johanna Sigurdardottir, Première ministre du gouvernement de coalition, a déclaré que le résultat était un «choc». Le Parlement islandais avait également soutenu le projet d’accord qui était plus favorable à l’Islande que la première mouture du texte rejetée à une écrasante majorité (93% des voix) en mars 2010. Ce dossier, outre les tensions qu’il génère avec les gouvernements britannique et néerlandais, suscite également un large débat politique en Islande.

    1. @patatrac
      Doublé, vous êtes un peu plus matinal que moi.
      http://www.rfi.fr/europe/20110410-icesave-le-non-encore-gagne-islande
      C’est marrant ça me rappelle furieusement le vote sur la constitution européenne en France, dans les 3 à 4 mois qui ont précédé le vote, l’ensemble des médias pronostiquait le oui, et ce qui est assez significatif, prévoyait l’enfer si par hasard le non passait. Idem en Islande, les sondages en faveur du non ne sont apparus que les tous derniers jours à ma connaissance, et le résultat est le même.
      Que vont décider les Elites « représentatives »…..
      Que vont faire les puissances financières
      Que va faire le peuple si on continue à le consulter, ou si on ne veut plus le consulter parce qu’il répond mal aux questions.

      A suivre ou plutôt , à Anticiper…

      1. Et oui hema, les partisans du rejet pensent à juste titre que l’accord représente une charge incroyable et injustifiée pour les islandais. Ils nous rappellent également qu’il n’y a jamais eu d’obligation légale pour des citoyens d’assumer les pertes de banques privées ayant leurs sièges sociaux dans leurs pays..

        Les islandais, à l’instar des irlandais dans une situation assez similaire, l’ont parfaitement compris, dit, et redit encore une fois hier… c’est définitivement NON et c’est historique !!!

        La ploutocratie anglaise et néerlandaise ne va pas être contente… les citoyens « moutons » commencent à ne plus obéir aux diktats des banquiers « bergers »… dure dilemme pour eux, car comment faire pour contraindre un peuple qui dit démocratiquement à ses politiques gouvernants : NON, nous ne paierons pas les pertes de spéculateurs privés !

        Le point de vue du monde.fr (avec AFP et Reuters) est nettement plus conventionnel et représentatif de la « pensée unique » oligarchique encore en vigueur dans l’UE :
        http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/04/10/l-islande-rejette-l-accord-icesave_1505601_3234.html

        Mais pour combien de temps encore… libération.fr nous annonce (*), à défaut de libération immédiate, une possible émancipation de notre « tutelle » financière par la mise en place d’un contre-pouvoir citoyen au niveau européen… le mouvement est en cours et il est réellement symptomatique d’une prise de conscience collective progressive de la nature profondément ploutocratique du système qui nous dirige et gouverne le monde.

        (*) Finance Watch sera un contre-pouvoir à la finance de marché :
        http://www.liberation.fr/economie/01012330685-finance-watch-sera-un-contre-pouvoir-a-la-finance-de-marche

  31. Qu’attendent donc les autres peuples européens concernés pour exiger ce type de référendum et y répondre négativement comme les Islandais ? N’oublions pas que nous risquons assez rapidement d’être confrontés au même genre de soucis. Bel exemple à suivre !

    1. Faudrait-il déjà que l’on respecte la réponse du peuple aux référendums comme le non exprimé en France, Irlande et Pays-Bas, par exemple, superbement ignoré par nos dirigeants!

      L’Islande ne joue pas sur la même échelle.

      Ensuite, ce n’est pas si simple car les fonds de pensions feraient faillite avec des conséquences qui ne seraient pas plus maîtrisables, nous sommes bloqués tout le reste n’est qu’illusion, c’est un autre système qu’il faut mettre en place.
      Il nous faut une patience toute asiatique:

      « Celui qui arrache des vices doit s’appliquer à détruire les racines. (Chou King – philosophe chinois) »

      1. fonds de pensions

        c’est pour cela que l’on veut nous faire adopter ce système …en France, ce n’est pas, et cela n’a jamais été notre choix …
        que les oligarques qui s’en sont mis plein les poches dans les Pays à fonds de pension, remboursent leur population …nous n’y sommes pour rien !
        si les zuesses & c° nous ont refilées leurs dettes pourries, par le biais des malversations financières, la population n’y est pour rien…ici, nous avons choisi la ré-par-ti-tion .
        que les multinationales qui ont fait rentrer des actionnaires souvent douteux chez elles, se débrouillent …
        de toute façon, elles délocalisent, ont fait disparaitre notre industrie, mis un nombre trés important de personnes au chômage, embauché parfois des jeunes dans le précariat le plus total, et viré les vieux : rien à attendre de ces multinationales !

      2. Ce n’est pas si simple M, les multinats représentent 70% du business, le modèle de retraite par répartition est aussi une pyramide de Ponzi qui ne fonctionne plus du fait qu’un déséquilibre entre le nombre de cotisants et pensionnés est défavorable et plus le temps passe moins il y aura de salariés à abonder, il faut trouver d’autres sources de financement.

        Pour les créances pourries, hélas je crois qu’ils en ont tous acheté et vendu partout dans le monde, banques, assureurs (même mutualistes, un comble!), Corporates, Etats etc… Tout le monde y compris les salariés et retraités actionnaires voulaient du rendement.

        Ce sont vraiment les règles du jeu qui sont à revoir, et d’une manière globale, le tout c’est de savoir comment faire. Dans cet enchevêtrement financier quand on commence par tirer un fil, on ne sait pas où cela va nous mener.

  32. Encore une preuve accablante que tous les chiffres économiques du gouvernement espagnol sont faux et que les vrais sont vraiment alarmants:
    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/2011/mentiras-salgado-cuentas-salen-20110411-5244.html

    À part ça, la dette espagnole doublera dans les 5 prochaines années, après avoir augmenté de 19 % en 2010 et de 71 % depuis 2007.
    http://www.expansion.com/2011/04/10/economia/1302451746.html?a=b25bcd4454803cde78c91a4849f34cdf&t=1302471740#

    Et le vrai chiffre de la dette est 1 040 Mds € et non de 667 Mds € comme l’affirme le gouvernement:
    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/2011/mentiras-salgado-cuentas-salen-20110411-5244.html

    Ce qui n’empêche l’Espagne doit prêter 20 Mds € à la Grèce, l’Irlande et le Portugal:
    http://www.libremercado.com/2011-04-11/espana-desembolsa-mas-de-20000-millones-para-rescatar-a-los-pig-1276420084/

    Selon l’économiste Xavier Mena, qui plaide pour la création d’une « bad bank » nationale, les banques et caisses d’épargne espagnoles ont 445 Mds € d’actifs douteux:
    http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/la_caixa_bankia_cam…no_seria_mejor_un_banco_malo_un_banco_toxico_a_nivel

    Et pourtant l’Espagne n’est que le dixième pire marché immobilier du monde (mais les chiffres espagnols aucun spécialiste ibérique ne les croit):

    The 11 Worst Housing Markets In The World
    http://www.businessinsider.com/worst-housing-markets-in-the-world-2011-3?op=1

    La situation catastrophique du Portugal: le pire chiffre de croissance en 90 ans, la dette la plus élèvée depuis 160 ans, le plus fort chômage depuis 30 ans, le pire taux d’épargne depuis 50 ans, le plus fort taux d’émigration depuis 150 ans (700 000 portuguais sont partis entre 1998 et 2008).

    http://www.elpais.com/articulo/economia/politicos/ceden/mando/Portugal/elpepieco/20110410elpepieco_1/Tes

    Et les banques espagnoles ont prêté aux Portuguais 70 Mds € et les entreprises espagnoles ont investi plus de 40 Mds € dans leur pays.
    http://www.cotizalia.com/disparate-economico/2011/mentiras-salgado-cuentas-salen-20110411-5244.html

    Pour Wolgang Munchau, après le Portugal, ce sera l’Espagne:
    « Complacent Europe must realise Spain will be next »
    http://www.ft.com/cms/s/0/dc2955ea-63ab-11e0-bd7f-00144feab49a.html#axzz1JDKbh2Wv

    Et pour montrer à quel point l’Espagne est foutue, un dernier chiffre: plus de 100 candidats (de gauche et de droite) aux élections regionales du mois prochain sont inculpés par corruption et se présentent quand même:
    http://www.elpais.com/articulo/espana/corrupcion/presenta/elecciones/elpepuesp/20110410elpepinac_1/Tes

    Ce qui resume très bien l’excellent dessinateur de El País, El Roto (le brisé, déchiré, cassé):

    http://www.elpais.com/vineta/?d_date=20110411&autor=&anchor=elpporopivin&xref=20110411elpepivin_3&type=Tes&k=

    (Le Maire m’a nommé asesseur. Comme première mesure je lui ai conseillé de monter son salaire. Il est très satisfait avec mon travail).

  33. Le fait est que personne ne sait si l’Espagne aura besoin d’une aide extérieure dans les mois à venir, mais que tout le monde sait que la décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux d’intérêt va intensifier ses difficultés.

  34. M dit « Nous sommes dans une zone d’états désunis… »
    C’est tout à fait le cas, chaque état de l’Union Européenne tire la couverture à lui et se fiche pas mal de l’Union Européenne, cela dans le domaine financier comme dans d’autres domaines.

    Exemple de ce jour:
    Published: 13 April 2011 The British government is « highly likely » to block European Commission proposals for a carbon tax contained in a widely-circulated draft version of the Energy Taxation Directive, EU diplomatic sources said yesterday (12 April).

    Je traduis rapidement:
    « Le gouvernement britannique va très probablement bloquer la proposition de la Commission Européenne pour une taxe sur le carbone telle que largement mise en circulation dans la directive de taxation de l’énergie… »

    En matière d’investissements publics européens tels que ceux financés par le fond européen de développement, c’est encore le Royaume Uni d’Angleterre qui s’oppose à toute augmentation du budget européen dans ce domaine, demandant au contraire des restrictions…

    Avec ces deux genres de politiques, c’est l’ensemble des pays européens qui va se trouver à relativement moyen terme dans une situation semblable à celle des pays actuellement pauvres, c’est à dire avec des taux de pollution du même niveau que ceux observés dans certains endroits d’Afrique d’Asie ou d’Amérique du Sud et des services de santé et d’éducation inappropriés et des infrastructures d’équipements publics en état tout autant déplorable que celui observé dans ces mêmes régions de la planète…

    De plus, si on écoute madame la ministre Christine Lagarde il ne faut pas aggraver la dette publique pour ne pas laisser une ardoise financière catastrophique à nos enfants et petits-enfants… (Elle l'(a redit lundi matin dans une interview à France Inter… Mais la dette que nous allons laisser à nos enfants et petits-enfants en n’investissant pas maintenant dans les services et les équipements publics sera bien plus lourde financièrement et durera bien plus longtemps qu’une dette due à des déficits publics car il s’agira de reconstruire à partir de zéro tous les équipements publics sans lesquels n’importes quelles société ne peut fonctionner, même une société fondée sur le capitalisme de marché a besoin de services publics et d’infrastructures de communication. Cela sera aussi nécessaire et même plus pour une société qui se serait débarrassée du capitalisme et du marché.

    Par-delà l’Europe c’est aussi dans les régions défavorisées de la planète qu’il faudrait que les états dits riches investissent massivement et intelligemment aussi: Education Santé infrastructures de communication et de production d’énergies propres… Cela pour au moins deux raisons: au-delà de leur caractère catastrophique au niveau humanitaire, les révoltes de la faim et de la misère et du manque d’éducation ne vont pas rester sans effets sur nos petits conforts d’habitants de pays riches. Deuxièmement; les « nuages » des pollutions dans les pays pauvres se répartirons sur toute la planète, et ne seront pas plus stoppés par les frontières que ne l’avait été le nuage de Tchernobyl…

    Paul

  35. J’ai oublié de donner l’adresse du site web de l’article dont j’ai cité un extrait:

    « Britain set to veto EU carbon tax plans
    Published: 13 April 2011
    The British government is « highly likely » to block European Commission proposals for a carbon tax contained in a widely-circulated draft version of the Energy Taxation Directive, EU diplomatic sources said yesterday (12 April). »

    http://www.euractiv.com/en/transport/britain-set-veto-eu-carbon-tax-plans-news-504022?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=9a3eea0b96-my_google_analytics_key&utm_medium=email

  36. Pablo75 dit :
    12 avril 2011 à 08:06
    Encore une preuve accablante que tous les chiffres économiques du gouvernement espagnol sont faux et que les vrais sont vraiment alarmants:

    Je vous crois aisément Pabvlo. Le peu d’informations directes que j’ai sur l’Espagne me viennent de mes deux frères qui ont travaillé dans le bâtiment au niveau matériel, pas côté finance. Ils m’ont dit qu’ils ont constaté que de nombreux immeubles ont été construits de façon purement spéculative en fonction d’un prox théorique du Metre carré… Prix évalué par des financiers vendant des produits spéculatifs, pas de logements à habiter ou même à louer… Grand nombre d’investiseurs n’ont même pas été voir sur place à quoi pouvaient ressembler les emplacements de construction…De nombreux immeubles ont été construits sur des emplacements tellement peu intéressants que les appartements sont invendables bien qu’ils aient été acheté comme « de la pierre », valeur sure… Les banques ne peuvent même pas envisager de revendre ces logements, même à perte… Personne n’en veut…

    C’est ce qui se passe quand l’économie financière est coupée de l’économie réelle.

    Si les investisseurs avaient acheté ces logements soit pour y habiter eux même soit même pour les louer, ils n’auraient certainement pas acheté ces logements, mais comme ils ont acheté purement pour spéculer sur le prix du mètre carré dont les cours s’envollaient, ils ne sont même pas allé voir à quoi resemblaient les logements et leurs emplacements: pour un financier en train de spéculer, un mètre carré est un mètre carré… Et comme le mètre carré monte on achète…

    Remarquez qu’il n’y a pas qu’en Espagne que l’abstraction financière a fait des dégâts… Et même pas que dans le domaine de labanque et des crédits…

    Dans une grande entreprise informatique deux laboratoires se trouvaient dans des situations symétriques: l’un avait trop de programmeurs, l’autre en manquait. Vu au travers de livres comptable la solution parraissait simple: Prenons les programmeurs où il y en a trop et transférons les là où il en manque…

    Premier oubli: sur un marché alors demandeur de programmeurs, un grand nombre de ceux qui étainet en trop là où l’entreprise n’en avait plus besoin, ont trouvé sur place d’autres entreprises pour les embaucher et n’ont donc pas accepté les propositions de l’entreprise…
    Mais il y a pire, dans le premier lieu les programmeurs étaient des programmeurs d’applications genre traitement de texte et mise en page… Dans le lieu où il en manquaiot, il y avait besoin de programmeurs spécialisés dans la microprogrammation: domaine très pointu demandant des compétences très différentes de celles des premiers programmeurs…

    Mais sur un document financier, un programmeur est un programmeur… On ne va pas entrer dans de tels détails techniques, non?

    Ceci n’est pas un scénario inventé à titre d’exemple, cette anecdote est tirée d’une situation réelle…

    Voir la gestion économique privée ou publique rien qu’à travers des nombres inscrits dans des livres comptables ne peut aboutir qu’à des érreurs graves lesquelles peuvent conduire à des désastres…

    Cela est d’autant plus vrai que les nombres sont énormes…

    1 milliard d’Euros c’est beaucoup, mais beaucoup comment???

    Il me semble que faire une petite conversion dans l’économie réelle permet de se rendre compte de la taille du « beaucoup »…

    J’ai la chance d’habiter sur la côte d’Azur. Bon, même ici, avec 1 million d’euros on peut acheter une très belle villa… Donc avec un miliard on peut en acheter 1000… Il me semble que ça donne une idée de l’énormité de ce nombre… Et de l’énormité de l’injustice quand on entend parler de primes annuelles de cet ordre… Ou de cadeaux d’une dame très riche à son « ami »…

    Combien d’économistes, de financiers et autres analystes font ce genre de test de l’ordre de grandeur en rapport avec la réalité et de bon sens en regardant leurs résultats avant de les publier?, Vous savez!!!, ce que nos professeurs de physique chimie nous recommandaient de faire avant d’encadrer le résultat à la fin du problème: Le résultat final représenterait 5 fois la masse de la Planète terre… J’ai donc bien du me tromper quelque part dans mes calculs…

    Je me rappelle d’un patron de projet qui voulant pousser la direction à financer le développement de son projet ( un terminal informatique destiné aux officines de détail en pharmacies) avait donné une estimation prévisionnelle en nombre de treminaux, correspondant à environ dix fois plus de terminaux qu’il n’y avait de personnes employées dans l’ensemble de l’industrie pharmaceutique tout types d’emplois confondus…

    C’est le est du réel, « Sanity check » en anglais: mon résultat a-t-il un sens?

    Il semblerait que bien peu de dirigeants politiques ou économiques ne se donnent la peine de faire ce test avant de sortir leurs analyses soit disant scientifiques…

    Paul

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