L'actualité de la crise : L'OBÉSITÉ CAPITALISTE, par François Leclerc

Billet invité

Avant même d’être ficelé, le paquet se défait décidément par tous les côtés. Le 11 mars prochain, dans moins de dix jours, les dirigeants européens auront à leur agenda l’adoption d’un plan global pour faire face à la version européenne de la crise, alors que les mesures déjà mises en pratique doivent être revues et que des voix discordantes se multiplient à propos de ce qu’il faudrait ou non faire pour la suite.

Dans l’immédiat, Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, a jugé que la version adoucie du pacte de compétitivité proposée par Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, « était une étape encourageante sur le chemin d’un accord », tout en précisant que beaucoup était encore à discuter. Nul doute que des formulations seront trouvées pour le communiqué final, mais que les Allemands devront pour cela mettre de l’eau dans leur vin. Que restera-t-il des contraintes du pacte initial ? Que permettra-t-il d’obtenir en contrepartie à propos des mécanismes de stabilisation financière ?

Au chapitre des délitements, les formations ayant gagné les élections irlandaises ont fait leur campagne en mettant l’accent sur la baisse du taux des emprunts de l’Union européenne et du FMI, tandis que les Grecs préfèrent négocier un allongement de leur calendrier de remboursement avec ces deux mêmes instances. Les Portugais, afin d’éviter de tomber dans le gouffre d’un sauvetage européen – dont ils peuvent constater l’inanité – tentent d’obtenir des Allemands que le fonds de stabilité européen puisse donner suite à leurs prochaines émissions obligataires. Ce n’est plus à une négociation de détails que l’on assiste, c’est à un véritable démantèlement pierre par pierre !

Chacun cherche à négocier des accommodements, afin de desserrer des contraintes insupportables, sans succès à ce jour. Angela Merkel vient de refuser tout allégement significatif du fardeau des Irlandais, sous la pression du FDP qui impose sa politique électoraliste chauvine. Les Grecs attendent toujours qu’il leur soit donné satisfaction et rongent leur frein. José Sócrates, le premier ministre portugais, a pour sa part fait le voyage à Berlin pour rien, si ce n’est pour s’entendre dire par Angela Merkel qu’il fallait encore en faire plus dans la rigueur. Pour faire bonne figure, ils ont ensemble déclaré avoir une « position commune sur la nécessité d’apporter une réponse commune » à la crise. On n’invente rien !

Un tel acharnement est-il longtemps tenable ? C’est parfaitement improbable. L’énoncé d’une stratégie alternative pourrait précipiter les choses, mais elle fait défaut, car elle imposerait de transgresser trop d’interdits. C’est donc le dos au mur que se poursuit la mise au point d’un plan dont le seul et inéluctable destin est d’être tôt ou tard abandonné.

Ici ou là, le petit bout de la raison montre parfois son nez. Ainsi, le moment s’approche où, dans le cadre du processus en cours de restructuration des banques irlandaises sinistrées, va venir à l’ordre du jour la participation financière au sauvetage des détenteurs d’obligations seniors, jusque-là préservés, sous forme d’une décote de leurs créances. Créant un précédent que refuse avec la dernière énergie la BCE.

Pourtant, la Banque centrale irlandaise vient de rendre public un décompte des obligations seniors émises par les six principales banques et non garanties par l’Etat irlandais ou par un adossement à des actifs ou dépôts servant à leur émetteur de collatéraux. Le total est de 16,4 milliards d’euros, soit le tiers du montant global des obligations seniors. Cette révélation va alimenter le débat engagé par le Fine Gael et le Labour – en discussion pour former une coalition gouvernementale – à propos du « partage du fardeau » du sauvetage des banques avec ses créanciers, les banques européennes.

Annonçant la venue d’une délégation fin mars ou début avril à Dublin, sous prétexte d’une classique « mission de revue », le FMI venait tout juste de faire savoir par la voix de sa porte-parole, Caroline Atkinson, qu’il n’envisageait pas de discuter de la possibilité de ne pas rembourser intégralement les créanciers des banques irlandaises. Mais le FMI a parallèlement annoncé une baisse du taux accordé à l’Irlande, conséquence opportune de l’entrée en vigueur d’une réforme des quote-parts et des droits de vote, adoptée en 2008… La balle est dans le camp de l’Union européenne.

Une autre restructuration, celle des obligations souveraines, est également de plus en plus évoquée, sous une forme ou sous une autre.

Croisant le fer avec Angela Merkel, Frank-Walter Steinmeier, ancien ministre et président du groupe parlementaire du SPD au Bundestag, a proposé d’opérer une restructuration de la dette de l’Irlande, de la Grèce et du Portugal, et de leur accorder une remise de peine.

Moins téméraire, Axel Weber – encore président de la Bundesbank pour quelque temps – vient de défendre dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung l’idée d’un moratoire de trois ans de la dette, pour les pays qui bénéficieraient à l’avenir de l’aide du futur mécanisme européen de stabilité, l’ESM (European Stability Mechanism). L’idée serait d’alléger dans ce cas la peine, en rallongeant automatiquement la maturité des obligations émises après 2013 ; afin de conserver toute la rigueur du dispositif de soutien européen, et surtout pour éviter aux créanciers (les banques européennes) une bien plus déplaisante décote. Ce testament d’Axel Weber, connu pour son intransigeance, est en soi significatif des murs auxquels se heurtent les dirigeants européens, tant qu’ils s’inscrivent dans le même cadre immuable.

Gagner du temps, c’est le leitmotiv ! C’est ce que permet la création de bad banks récupérant les actifs toxiques des banques, dont le financement est prioritairement destiné à reposer sur les finances publiques. Que ce soit en Irlande, en Allemagne avec les conséquences que l’on sait sur le déficit public, ou demain – comme prévisible – en Espagne.

Aux premières loges avec leur système bancaire régional sinistré, les Allemands vont taxer les banques, afin qu’elles contribuent à régler l’addition. Mais les rendements prévisibles sont dérisoires, vu les modalités adoptées, et relèguent cette disposition au rang d’une opération destinée à amadouer l’opinion publique. L’Etat payera l’essentiel de l’addition, c’est ainsi.

Dans ce contexte, le marché obligataire reste sur ses positions l’arme au pied, imposant aux pays les plus menacés des taux toujours aussi rédhibitoires, la BCE évitant avec ses interventions de trop importants dérapages, laissant cependant sans solution le financement d’une dette publique devenue obèse.

Faire payer les riches a pourtant un sens, quand il s’agit du capitalisme financier, lui aussi devenu plus qu’obèse. Non pas en raison de dettes cette fois-ci, mais de liquidités qui déséquilibrent par leurs mouvements non contrôlés l’économie. Amenant à considérer que la global imbalance dont on nous a tant parlé – le déséquilibre commercial entre les Etats-Unis et la Chine – existe bien, mais pas nécessairement là où on veut en priorité le débusquer.

Le grand déséquilibre est simple à trouver : les créditeurs ont trop pressuré les débiteurs. C’est aujourd’hui valable pour les finances publiques comme cela l’a été hier pour les prêts immobiliers. Quand vient le moment de payer, les candidatures se font rares ou les candidats n’en ont pas les moyens.

A l’occasion d’une audition devant la chambre des représentants, Timothy Geithner, secrétaire au Trésor des États-Unis, vient de regretter que l’aide de l’Etat à l’achat d’une résidence principale avait trop favorisé les ménages les plus riches et délaissé les locataires, revenant sur la campagne lancée en son temps par Bill Clinton, afin que se réalise le rêve américain selon lequel « chacun devait posséder sa maison » (qu’il fallait traduire par  » que chacun emprunte à sa banque ! »).

Quand reconnaitra-t-on qu’inscrire les Etats dans la même logique aboutira aux mêmes désastreuses conséquences, si ce n’est pis ? La machine a fabriqué trop de dettes. L’édifice de la dette publique n’est pas plus solide que ne l’était celui des prêts hypothécaires. Hier vaches à lait du système financier, ces deux marchés sont sinistrés.

« Faire payer les riches ! ». Une telle vision d’horreur, décriée comme démagogique et impraticable, est pourtant la seule réaliste : il faut imposer au système financier une très sérieuse cure d’amaigrissement. Le reste n’est qu’une aimable plaisanterie.

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50 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : L'OBÉSITÉ CAPITALISTE, par François Leclerc »

  1. Faire payer les riches ?! Vous n’y pensez pas ! Qui oserait ?
    Vous répondez en partie à mon interrogation que j’ai relayé dans des commentaires sur d’autres billets : une fois que les mécanismes mis en place auront montré leurs limites, qui et comment paiera l’ardoise ? Le report sur les plus aisés me semble peu probable à moins d’un changement de paradigme complet. Laisser les actionnaires banques prendre la différence à leur charge n’a pas plus de chance d’arriver, puisque peu ou prou il s’agirait de « prendre aux riches ». Alors verrons nous un accompagnement intelligent de la part de gouvernements pour dégonfler doucement la bulle, ou bien une situation brusque ou les possesseurs d’avoirs, les banques par exemple, seront amenés à reporter leurs pertes sur leurs créditeurs, les citoyens ayant des produits financiers ?

  2. « Faire payer les riches ! »….
    Lourd programme!
    Il faudrait en avoir les moyens, ou vouloir se les donner.
    Et nos hommes politiques, les seuls qui pourraient s’en charger, sont plus sourds que jamais.
    Pas corrompus, non…seulement sourds…

    1. De toutes façons, il n’y a pas à tortiller, il n’y a que deux façons de « faire payer les riches »:

      1. On bloque tout mouvement de capital hors zone Euro et on se met d’accord avec les autres pays de la zone Euro pour augmenter significativement les taux d’imposition sur les riches dans tous les pays de la zone Euro.

      2. La France quitte l’Union Européenne, l’Euro, revient au Franc, impose un corralito et augmente les taux d’imposition sur les riches.

      1. est pour le moment difficile à mettre en oeuvre
      2. on sait où cela commence, on a aucune idée où cela finit. Sans conter le fait que pour le moment, cela m’étonnerait que l’opinion publique française soit prête à accepter un corralito.

      Simplement augmenter significativement les taux d’imposition sur les riches en France unilatéralement tout en laissant nos frontières grandes ouvertes aux mouvement de capitaux ne rapportera pas à un centime aux caisses de l’état.

  3. « faire payer les riches? »
    au moment ou en France on parle d’alleger l’isf sous pretexte de supression du bouclier fiscal, c’est pas gagné!
    les bonnes solutions, tout le monde ici en a une petite idée, mais la vrai question c’est comment rendre possible leur mise en oeuvre. et là, j’avoue, c’est compliqué!

    1. bonsoir bernard

      Le peuple a fait la révolution contre la noblesse au profit de la bourgeoisie. Depuis il a le droit de vote mis en place par la bourgeoisie, au profit du peuple? Non, pour mieux le tenir en laisse.
      La loi lectorale ne garantie qu’une démocratie orientée. Nous sommes toujours en lutte des classes n’en déplaise aux syndicats et aux partis de gauche, on a demandé au monde ouvrier de l’oublier parceque c’était un concept dépassé et ringard mais les riches eux ne l’on pas oublié et veillent au grain, un sou est un sou.

      Ce qui nous revient, nous devrons le revendiquer de force. Aux prochaines élections faisons notre devoir de citoyen sans déposer un seul bulletin dans les urnes ou voter blanc pour mieux marquer notre mépris envers le monde politique vendu, tout le monde dans la rue pour demander justice, la capitale peut être bloquée en quelques heures et aucune force de police ne peut déloger des centaines de milliers de manifestants. Les policiers aussi sont des salariés qui ont du mal à joindre les deux bouts.

      1. Tout a fait d’accord, le problème est que le monde, devrais-je dire la culture occidentale dans laquelle nous baignons, et basée sur la culture du conflit d’intérêt…. (you’v got to bee corporate…)
        Jouer le jeux sinon tu « dégage ».
        Son origine est bien entendu religieuse, ont ne discute pas un dogme, la démocratie laïque est une pâle copie de ce système….
        Bien que ce blog qui est référence et fasse parti de mes lectures et visites quotidiennes, avec qui plus est des commentaires non dénués d’intérêt… Je crains fort que les solutions ne puissent sortirent que par des réflexions écrites, c’est sur le terrain que cela ce passe, et que l’action ce mène…
        et pour ma part sans violence, c’est simple quand ont s’en donne la peine. Cordialement Moll Phi.

      2. (you’v got to bee corporate…)

        mot d’ordre dans les groupes US, anglo-saxons en général, puis dans « nos » multinationales, où c’est asséné à coup de propagande , par le biais du marketing-entreprise, mais pas dans les moeurs françaises en tout cas, ni je pense, dans nombre Pays d’Europe !

    1. Bonsoir JeanLuc

      Pas tout à fait car si Jean- Luc (homonyne?) Mélanchon avait eu l’intention de le faire, c’est ce qu’il aurait donné comme mot d’ordre au lieu de s’appuyer sur des syndicats verreux qui ont encouragé des ouvriers à s’engager dans une grève stérile pour la réforme des retraites. Une seule journée à poser en congé pour des manifestations monstres dans les grandes villes avec ou sans les syndicats.
      Avez-vous remarqué que dans ce pays, pour faire entendre son mécontentement il faut attendre que la manifestation soit AUTORISEE et sur un parcours bien défini, organisée par des syndicats qui noyeautent le monde ouvrier. De qui se moque t’on? Pourquoi ne pas s’excuser en plus?
      Cette fois ci qui était de trop, il fallait, autorisée ou non lancer le mot d’ordre et en plus marcher sur l’assemblée nationnale pour ceux qui étaient sur Paris. Monsieur Mélanchon a manqué une belle occasionde se rendre utile.

      1. marcher sur l’assemblée nationnale pour ceux qui étaient sur Paris.

        cela a été tenté : mais blocage « élaboré » par les forces de l’ordre …
        signe que la Chambre n’est plus guère celle des Représentants du peuple …
        sauf un jour, où jonction entre les Députés du Front de Gauche et des Citoyens.

  4. ….J’essaye comme Lisztfr ceci : « L’Irlande est à l’Europe ce que le Wisconsin est aux états-unis » .;-)

  5. Contris, le FMI vient de faire savoir que « Cette réduction du taux d’intérêt moyen [de l’Irlande] est la conséquence de l’application des politiques existantes du Fonds dans le cadre de l’accroissement convenu des quotes-parts et non pas un changement de politique ».

    Dont acte !

    1. En fait le FMI n’a pas le choix a moins qu’il veuille rééditer sa lamentable expérience Argentine

  6. A propos d’obésité « physique », voir mon post « L’Angleterre, le corps obèse de l’Europe » :
    http://bloginlondon.wordpress.com/2009/07/30/le-corps-obese-de-leurope/

    A propos d’obésité « bancaire » :
    Comme chacun sait, le gouvernement britannique a décidé de faire passer les frais d’inscription à l’université de 3000 à 9000 £. Un beau cadeau aux banques, auprès desquelles un nombre croissant d’étudiants va devoir s’endetter. Dans le numéro de mars du « Monde diplomatique », un article de D. Nowell-Smith explique de surcroît comment ces prêts étudiants – remboursables à partir seulement d’un certain niveau de revenu – sont basés justement sur des niveaux de revenu qui pourraient ne jamais être atteints (pour 50 % d’entre eux), ce qui fait que c’est en définitive l’Etat qui pourrait prendre en charge le remboursement de ces prêts… Autrement dit, l’Etat risque de subventionner l’université au prix du marché, et non au prix coûtant. Par ailleurs, cette dette étudiante, garantie par l’Etat, pourrait être revendue aux investisseurs privés… d’où… jackpot !…

    D’autre part, comme chacun sait, le gouvernement britannique a décidé de confier aux cabinets de médecins généralistes le budget jusque-là confié aux caisses primaires d’assurance-maladie (notamment pour le choix et le paiement des prestataires médicaux, etc. – les recettes étant évidemment assurées par l’Etat). Comme les médecins n’ont aucune envie de se charger de ces tâches de gestion, il est probable qu’elles seront déléguées la plupart du temps à des « consortia », structures ad hoc créées par des entreprises privées, notamment des sociétés outre-Atlantique… d’où… jackpot !… D’autant que – comme le révélait pas plus tard qu’hier la chaîne de télévision Channel 4 – rien n’empêchera que ces consortia n’aient comme actionnaires… les médecins généralistes des cabinets dont ils assureront la gestion – médecins-actionnaires dont les dividendes pourraient donc variés en fonction des « économies » réalisées sur les budgets prévisionnels… d’où… conflits d’intérêt… D’autre part, le marché pourrait être si juteux qu’au bout de trois à cinq ans les investisseurs de la City pourraient s’y intéresser !…
    (http://www.channel4.com/news/leaked-document-shows-how-doctors-can-profit-from-nhs-reform)

    Conclusions de l’histoire ?
    1. On n’est jamais déçu avec l’Angleterre.
    2. La stratégie du choc de Naomie Klein trouve ici de nouvelles illustrations.
    3. La Banque va remplacer l’Etat dans la délivrance des services dits sociaux (éducation, santé…). Au lieu de payer des impôts, les citoyens paieront des intérêts. Sauf qu’ils devront toujours payer des impôts, pour renflouer les crises bancaires passées et futures…

    1. « L’obésité, rappelons-le, résulte d’un déséquilibre entre l’apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques : l’organisme reçoit plus qu’il ne dépense et stocke donc le surplus sous forme de graisse. »
      Ce n’est pas une explication, c’est le constat d’un processus ! Vous confondez cause et conséquence. Il y a des boulimiques maigres, notamment chez les nerveux. Mais jamais inversement on n’a observé un individu grossir par le jeûne !

      L’obésité résulte de causes multiples. Notamment quand il n’y a pas de dysfonctionnement glandulaire, (selon une explication vérifiée), la cause viendrait d’une programmation génétique qui résulte de la meilleure adaptation de l’organisme humain à son environnement. L’individu étant dans un autre environnement continue son ancien mode de vie.

      Par analogie, l’accumulation des richesses monétaires par une classe sociale n’est que la conséquence d’une mauvaise adaptation culturelle de cette classe sociale à l’opulence. La maladie est à double aspect: soit la cupidité, soit le manque de générosité !
      Un créateur de fortune redistribuant systématiquement tous ses biens, voila un saint homme-économique !

      1. Salut Albin,
        jusque là j’avais pas compris,mais t’es franchement rigolo,
        merci.
        mqr

      2. Merci pour votre commentaire utile !
        Cependant, il pourrait venir confirmer aussi mon hypothèse de fond : le néo-libéralisme crée un environnement « nocif » pour l’individu. A développer.

      3. « Cependant, il pourrait venir confirmer aussi mon hypothèse de fond : le néo-libéralisme crée un environnement « nocif » pour l’individu. A développer. »
        Ca, c’est le moins que l’on puisse dire.

        Mon avis est que l’explication réside dans la simple concentration de pouvoir. Soit d’argent.
        Il faut bien que cette concentration serve à peu au détriment de beaucoupssss. (pour faire la quasi-totalité)

        Et lorsque TOUS les contre-pouvoirs ont été abattus alignés contre le mur avec douze balles dans la peau (5 et 6), là, c’est la fête totale, l’apothéose, le nirvana, le maître du monde, … GOLDMAN SACHS !!! 🙂

      4. @ yvan
        Le néolibéralisme n’est pas simplement une collection de recettes économiques et de techniques de maintien au pouvoir. C’est un ordre social qui impose ses normes et ses pratiques politiques, économiques, sociales, morales, etc. D’une certaine manière, c’est un totalitarisme, car fondé sur une définition extrêmement restreinte de l’homme (= un être rationnel qui maximise son intérêt personnel), et qui imprègne les mentalités.

      5. Je dirais même plus…

        E. , coté libéralisme, vous risquez de ne pas m’apprendre grand-chose car j’y ai plongé, comme beaucoup, coté commercial et destruction industrielle.
        La fréquentation de « beaucoup plus riches que soi » est aussi une excellente école pour se faire une idée de la mentalité requise. Et lorsque vous n’adhérez pas, les réactions deviennent épidermiques…

        Ainsi, le « Homo, Hominem lupus est » n’est-il pas une blague ou une légende urbaine, mais une réminiscence animale qui, pour être parfaitement naturelle, ne doit pas se soustraire à une force collective dont les seigneurs du système féodal actuel ont sapé les bases pour leur plus grand bonheur. Et malheur.

        Si vous avez besoin d’un dictionnaire yvan-français, il est en cours de préparation.

      6. fondé sur une définition extrêmement restreinte de l’homme (= un être rationnel qui maximise son intérêt personnel

        ah, comme cela fait du bien de lire cela !
        grand’merci !
        E., je n’irais pas par quatre chemins : vous êtes Eminemment aimable !

      1. Exactement, et en Angleterre aussi on s’aperçoit que les différents partenariats public-privé pour financer les infrastructures de service public sont une grosse arnaque. Même le « Daily Telegraph » (ultra-conservateur) le dit ! Voir cet article à propos des hôpitaux :
        http://www.telegraph.co.uk/news/politics/8279974/Private-Finance-Initiative-hospitals-will-bring-taxpayers-60-years-of-pain.html
        La conclusion est intéressante : ça revient plus cher pour le contribuable, pour un résultat qui répond moins bien aux besoins. Entre-temps, d’autres font des profits colossaux.

    2. Merci pour votre analyse détaillée de ce qui se passe en ce moment en GB.

      Je la trouve importante, car elle répond en partie à l’interrogation suivante :  » pourquoi ne se révoltent-ils pas plus devant le triplement des droits? ». Dans ce que vous rapportez, il semble bien que des dispositifs à court terme existent. Ainsi, à titre individuel, chacun aura l’impression de pouvoir contourner le dispositif par un emprunt bancaire. Et il est évident et naturel quand on commence ses études supérieures, que le court terme soit primordial.

      Ce faisant, globalement, c’est un recours accru à l’économie de l’endettement qui est effectué.

      Je rejoins aussi votre conclusion: on n’est jamais déçu, non pas spécifiquement par l’Angleterre, mais plus globalement par la capacité d’initiative technique presque intacte de ces milieux financiers. Je la discerne moins chez d’autres.

      PS : bravo pour votre article sur l’obésité.

      1. @ François le Sombre
        Il est vrai que j’aurais dû écrire : « On n’est jamais déçu avec la classe dirigeante britannique ». La plupart des gens sont furieux, frustrés, et dans un certain sens désespérés. Il y a quand même un foisonnement d’initiatives diverses contre les coupes budgétaires, contre l’«optimisation fiscale », etc., etc. – mais cela paraît bien faible par rapport au bulldozer gouvernemental. Ce gouvernement est absolument impitoyable. Récemment, un des ministres libéraux-démocrates comparait implicitement ses collègues Tory aux politiciens sud-africains du temps de l’apartheid. C’est dire l’ambiance…
        (http://www.guardian.co.uk/uk/2010/dec/22/liberal-democrats-norman-baker)

      2. « Il y a quand même un foisonnement d’initiatives diverses contre les coupes budgétaires, contre l’«optimisation fiscale », etc., etc. »
        Pourriez-vous nous donner plus d’infos..??

        De mon coté, je n’ai entendu parler que de manifs devant les magasins connus pour contourner l’impôt.

      3. @ Yvan

        1. D’abord, il ne faut pas sous-estimer ces manifs contre les magasins qui contournent l’impôt. Le thème de l’impôt est extrêmement sensible en Angleterre – après tout, du point de vue historique, démocratie parlementaire et collecte de l’impôt sont consubstantiellement liées. Aujourd’hui, la situation est la suivante : plus vous êtes riches (en tant que particulier ou en tant qu’entreprise), moins vous payez d’impôts (proportionnellement) – puisque vous avez les moyens de vous offrir un conseiller fiscal, de déduire telle et telle chose, de placer votre argent à l’étranger, etc. Conséquence : le système fiscal est perçu de plus en plus comme inefficace, injuste, inique, etc., ce qui crée un formidable sentiment de frustration. Je rappelle d’ailleurs à tout hasard que c’est après une révolte fiscale (sur la « poll tax ») que Thatcher a dû démissionner en 1990. En attendant mieux, ce mouvement Uncut (http://www.ukuncut.org.uk/) me semble donc un excellent cheval de bataille – qui fait même école aux Etats-Unis :
        http://www.dedefensa.org/article-uncut_une_special_relationships_contre_les_banques_26_02_2011.html

        2. En ce moment, les municipalités votent leur budget et font des coupes drastiques. Il y a donc quasi-quotidiennement devant telle ou telle mairie des manifs pour protester contre ces coupes. Les délibérations du conseil municipal se font parfois dans un climat si violent que la police est appelée pour évacuer les trouble-fêtes ; à Lambeth, à Londres, le conseil a dû délibérer à huis clos après que des manifestants se sont introduits dans la salle du conseil (lesquels manifestants ont alors tenu un « conseil du peuple » pendant que les élus délibéraient dans une pièce à l’écart…). Un mouvement est en train de se créer pour défendre les bibliothèques qui doivent fermer (et il y en a beaucoup !), etc. Ces micro-actions ne sont certes pas spectaculaires, mais elles sont nombreuses, fréquentes, et manifestent un très fort sentiment d’exaspération.

        http://www.bbc.co.uk/news/uk-england-london-12558702
        http://www.thisislondon.co.uk/standard/article-23926171-angry-clashes-force-lambeth-to-pass-budget-cuts-in-private.do
        http://www.bbc.co.uk/news/uk-england-12239388

      4. @ E. Quligars

        Je m’immisce dans votre discussion avec le mangeur de choucroute, car ce que vous dites sur le budget des municipalités en GB me fait tilt : ont-elle le même type de contrainte qu’en France, c’est-à-dire la nécessité d’un budget en équilibre, tout en recevant une partie du budget par l’Etat ?

        Auquel cas la politique d’austérité mise en place par l’Etat diffuse à travers la société, par le biais de coupes imposée aux municipalités, sans que pour autant l’Etat lui-même soit clairement identifié comme responsable par les citoyens. Un autre trucage…

      5. Ai-je écrit que je sous-estimer..??

        Par contre, pour avoir vécu un peu en Angleterre, j’ai pu constater les RAVAGES de la mentalité capitaliste et je trouve que le flegme anglais est étrange.

        Mais je suis hollandais et belge par mes aïeuls. Soit d’inspiration espagnole et gothe dans l’action.
        En résumé, faut que ça pète ou que ça dise pourquoi. Mais vite.

      6. @ François le Sombre

        Oui, une part importante des ressources des collectivités locales vient de l’Etat (presque 50%). Les autres ressources sont les impôts locaux (presque 25%) et une sorte de taxe professionnelle. Ces collectivités locales doivent présenter un budget équilibré.
        Cependant, en Angleterre, l’Etat assume ses coupes – le gouvernement s’en vante même ! Il n’y a pas de rideau de fumée: tout le monde sait de quoi il retourne.
        http://www.direct.gov.uk/en/Governmentcitizensandrights/UKgovernment/Localgovernment/DG_073311
        http://www.bbc.co.uk/news/uk-11567693

        @ Yvan

        Moi non plus je n’ai pas encore très bien compris la mentalité britannique. Quand j’aurai trouvé, je ferai un billet sur mon blog.
        Ce qui me surprend, c’est le fait que le Royaume-Uni, qui était l’un des pays les moins inégalitaires d’Europe encore dans les années soixante (moins en tout cas que la France et l’Allemagne), soit devenu en 30 ans le pays le plus inégalitaire du continent. Ca me fascine.
        Voir la courbe du coefficient Gini :
        http://en.wikipedia.org/wiki/File:Gini_since_WWII.svg

  7. Faute de pouvoir et vouloir faire payer les riches un impôt progressif des gains en bourse serait peut être possible en décourageant un minimum de gens de délocaliser .
    et parallèlement laisser les pauvres vraiment gagner plus (pas a la sarko!) , mais ça déplairait beaucoup a Mr. Trichet

    1. Toujours aussi bien documenté dissy , un grand merci

      Cette lettre ouverte syndicale m’a laissée rêveur …
      J’en suis a me demander sérieusement si nous autres belges , peuple de 10M d’habitants tous connectés ou presque , ne somme pas en train de faire notre révolution douce dont parlait Jeanne sur le sujet précédent .
      Etant peu nombreux nous sommes beaucoup plus réactifs que les grands pays européens , et petit a petit les clivages gauche-droite disparaissent (il est vrai que dans notre panorama politique , une chatte n’y retrouverait pas ses petits) , pas de manifestations a tout bout de champ et quand nous réunissons plus de 50 000 personnes c’est presque la révolution , par contre comme les Irlandais, il en faut beaucoup pour nous mettre en grève mais lorsque ça doit péter ça pète !
      Chez nous les clivages géographiques n’existent plus contrairement a la France ou Paris c’est la France et le reste on ne sais pas , penser Français revient a penser parisiens .
      Oui d’accord nous avons les Flamands et ils ont les Wallons mais c’est une dérive politicienne juste bonne a gagner des sièges car le peuple est Belge et fier de l’être . Cela toujours été un faux débat qui cachait des choses beaucoup plus graves.
      Et maintenant nous sommes le nez dedans , je suis convaincu que le gouvernement quel qu’il soit qui émergera va en prendre pour son grade et plein la tronche toutes tendances politiques confondues , il ne lui restera plus qu’a démissionner et organiser de nouvelles élections .
      Finalement ne serait ce pas cela la révolution douce que vous attendez tous ?

      1. Quand les Flamands verrons toute la rage taxatoire leur tomber dessus avec le futur gouvernement , je suis convaincu que les politiciens de tout bord devront faire face au Peuple Belge enragé.

    2. extrait de l’article du Soir, cité par Dissy :
      ... »Si nous n’étions pas à ce point habitués à leur arrogance, nous serions tout bonnement abasourdis devant le cynisme, l’indécence et la veulerie de ces brillants esprits. Car enfin : alors que les intérêts privés qu’ils représentent nous ont fait, nous font payer LEUR crise en toute impunité, alors que ces intérêts privés renouent avec des bénéfices, des salaires et des bonus stratosphériques tout en faisant les poches à la collectivité, les revoilà à l’offensive pour nous mettre sur la paille et démolir l’un après l’autre les mécanismes et les systèmes sociaux qui, depuis des décennies, nous protègent tant bien que mal de leur rapacité.

      Sûr qu’il ne s’agit pas là de « bêtises « . Non : ce sont des politiques anti-sociales déterminées et parfaitement coordonnées.

      Il va donc nous falloir leur apporter des réponses également coordonnées et déterminées. Soyons clairs, Monsieur le Baron, Monsieur l’Empereur, messieurs les tristes sires du Bel 20 et de la grosse galette : déjà, la colère du monde du travail est grande face à vos pratiques et intentions prédatrices. Déjà, la colère gronde de tant d’injustices répétées, de ces milliards qui vous engraissent en même temps que vous éludez l’impôt, les cotisations sociales, que vous confisquez ce qui devrait revenir à la collectivité (merci les cadeaux fiscaux en tous genres, les intérêts notionnels et autres entourloupes comptables) et que, cerise sur le gâteau, vous traitez d’assistés d’autres que vous-mêmes, notamment des allocataires sociaux condamnés à vaciller entre la précarité et la misère. … »

      1. Vachement « top-down » comme vision.
        Ceci implique cela et ainsi de suite, donc yauraka guider, stratégiquement, etc., quand les étudiants ne pourront plus, ce seront les boulangers qui prendront le relais… bof bof.

        C’est pas ça qui s’est passé au Maghreb/Machrek (mais c’est bien tôt pour en dire plus).

        En relisant « Comment la vérité et la réalité furent inventé », il me semble que les idées « de proche en proche vers un but » sont typiques d’une pensée « asymétrique », et seront donc détournées du but visé (suivant les schémas que décrit Bruno Latour dans Cogitamus par exemple) .

        Et que la force d’une façon de penser plus symétrique, même si on la perçoit comme « plus primitive », est d’être plus « diffusante », de s’imposer d’emblée comme paradigme.
        Favoriser les associations des extrêmes (producteurs/consommateurs par exemple, à la Pierre Priolet » pour faire naitre une vision qui intègre plusieurs points de vue.

        J’ai la faiblesse de croire que c’est aussi ce qui se passe entre main et cerveau et qui fait leur harmonie, peut être quelques uns des hardis penseurs transverses du quartier comme kercoz ont-ils une réaction à cela…

  8. La misère n’est pas que chez les riches , le portage est aussi chez les pauvres.
    Restructurer fera payer autant les uns que les autres.
    Au lieu de vouloir gérer le futur d’une dette il faut gérer le passé et déspéculer.
    Déspéculer c’est répartir sur les bénéficiaires en amont et non pas tenter de contenir le flot en aval.

  9. Il n’est pas encore fait mention de l’arme ultime : un pays qui déciderait de ne plus rembourser ses dettes. Je ne suis pas sûr que l’option militaire soit possible en Europe pour aller récupérer les « dus ».

    Les sanctions économiques ne seront pas plus coordonnées que ne le sont les réflexions actuelles. Par contre, le vent de panique chez les créanciers sera sans doute dévastateur.

    A force de pousser les pays en difficulté dans la mouise, ce scénario n’est pas exclu. Y compris très prochainement ?

  10. Plate-forme du réseau pour la justice fiscale

    Depuis 1999, deux réseaux d’organisations luttent, en Flandre et en Communauté Wallonie-Bruxelles , contre la spéculation financière et les conséquences désastreuses de la libéralisation débridée des marchés financiers. Ces deux réseaux se rassemblent dans une plate-forme belge.

    Ce texte présente un aperçu des problématiques sur lesquelles elle travaille.
    – Pour réduire les inégalités sociales
    – Pour assurer un développement durable et équitable au Nord et au Sud de la planète
    – Pour financer les services publics et les biens collectifs ainsi que la sécurité sociale

    Nous demandons
    – une réforme de la fiscalité belge et européenne
    – la mise en place d’une fiscalité internationale adéquate.

    Malheureusement, ça n’envisage que le petit bout de la lorgnette fiscale.

  11. A propos de l’Espagne :

    – Emprunt à 3 ans :

    Le 3 février 2011, l’Espagne avait lancé un emprunt à 3 ans : elle avait dû payer un taux d’intérêt de 3,254 %.
    Le 3 mars 2011, elle a dû payer un taux d’intérêt de 3,592 %.

    – Emprunt à 5 ans :

    Le 3 février 2011, l’Espagne avait lancé un emprunt à 5 ans : elle avait dû payer un taux d’intérêt de 4,045 %.
    Le 3 mars 2011, elle a dû payer un taux d’intérêt de 4,389 %.

    http://www.romandie.com/infos/news2/201103031200220AWP.asp

  12. gagner du temps pour attendre quoi ? la reprise ? avec quelle énergie ? une reprise boostée au gaz de schiste qui finira de dévaster la planète dans 15 ans ?
    qui veut de ce monde la ? un « no future » pour nos enfants …
    ca serait vraiment la pire des choses. Cette fois il faudra prendre les armes.

  13. Gagner du temps, c’est le leitmotiv

    Que de temps perdu sous prétexte d’en gagner. La restructuration des dettes publiques voire leur abandon partiel est inévitable. L’économie ne repartira qu’après cette purge et le plus tôt serait donc le mieux.

    Le mieux pour les peuples, bien sur, pas pour l’oligarchie qui ne veut toujours pas comprendre qu’elle n’y échappera pas.

    1. Le passé qui pense
      Aux pensées qui passent
      Pense en passant
      Au temps dépensé
      À penser autant
      Aux pensées passées.

  14. Je trouve François Leclerc bien modéré cette fois !
    Le pacte de compétitivité est le pacte de l’oligarchie financière européenne pour faire payer aux peuples (au sens large) et aux salariés au sens strict les trous qu’elle a creusés partout.

    Non, ce n’est pas seulement un énième plan mal fagoté, c’est le plan qui appuyé sur la BCE incontrôlé et incontrôlable leur permet de croire qu’ils vont parvenir en s’unissant à faire payer une austérité renforcée, type GB ou Grèce.

    Cette austérité est très précisément détaillée dans le pacte (du diable) : coupes sur les salaires des fonctionnaires, retraités à 67 ans pour tout le monde, suppression des services publics sans but lucratif, sécurité sociale aux abonnés absents, mais maintien des impôts et des cotisations qui serviront à boucher leurs trous.

    Cela va se décider entre eux, n’ayez aucune illusion, ils n’ont aucune divergence de vue sur qui doit payer, le seul problème c’est comment le faire accepter par la cible désignée !

    Alors, si ce blog veut continuer à jouer son rôle d’alerte politique, c’est le moment : donner des informations, dénoncer, s’indigner, c’est bien mais il va falloir passer à l’action. Battre le rappel, soutenir tous ceux qui vont se lever contre ce pacte du diable. J’aurais certainement l’occasion d’y revenir, la bataille ne fait que commencer.

  15. C’est le système bancaire qu’il va bien falloir un jour réformer, car se limiter à une restructuration de la dette ne résoudra pas les problèmes de fond.

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