L'actualité de la crise : LES MÉGABANQUES, LEURS MEILLEURS ENNEMIS, par François Leclerc

Billet invité

Peut-on revenir sur notre promesse de ne pas parler de Davos ? Sans regret oui, car perdu dans le nombre, un petit débat sans importance auquel Gary Cohn participait y incite. Mais de qui s’agit-il ? Du numéro 2 de Goldman Sachs, moins médiatique que Lloyd Blankfein qui fait si souvent parler de lui, et sans doute pas autant habitué des micros.

Croyant bien faire – s’écartant semble-t-il du texte écrit de son intervention – Gary Cohn pensait avoir trouvé l’argument décisif pour contrer tout durcissement de la régulation des banques, lorsqu’elles sont considérées comme trop importantes pour faire faillite en raison de leur risque systémique. En fin connaisseur d’un monde que sa banque finance, il a mis en garde contre l’adoption de mesures supplémentaires en raison de leur dangerosité. Elles auraient comme effet, a-t-il expliqué, de pousser vers le monde opaque et non régulé des hedge funds les opérations financières les plus risquées. Un argument non sans fondement, il est vrai, à condition de ne pas l’utiliser pour justifier moins de contraintes pour les banques.

Pour enfoncer le clou, Gary Cohn en est venu à déclarer : « Ce qui me préoccupe le plus, alors qu’en ce moment le pendule de la régulation oscille, c’est qu’il faudra la prochaine fois sauver les activités non régulées avec l’argent des contribuables, comme il a fallu le faire pour les banques, et qu’elles ne seront pas nécessairement en mesure de rembourser ».

L’argument n’était pas nouveau et d’autres représentants des mégabanques l’avaient déjà utilisé, mais c’était dans une enceinte moins propice aux polémiques. Richard Baker, le président de la Manager Funds Association, la plus importante des organisations regroupant les hedge funds, n’a donc pas tardé à répliquer, en visant entre les deux yeux les banques : « la dernière crise financière a été causée par des établissements qui ne savaient pas comment adéquatement gérer le risque et utilisaient de trop forts effets de levier ; et je m’inquiète de savoir si, au cas où une nouvelle crise interviendrait, elle n’aurait pas comme origine les mêmes établissements qui n’ont pas tiré les leçons des erreurs du passé. »

Les loups se dévorent entre eux ! « Jusqu’à il y a dix-huit mois, Goldman était le plus grand hedge fund du monde ! », a fait remarquer dans les couloirs de Davos un autre représentant de la profession, faisant référence à la taille de la banque et l’importance de ses activités sur fonds propres d’avant la loi Dodd-Frank. Depuis, de nombreux hedge funds ont été créés par d’anciens cadres de la banque qui l’ont quittée, dans des conditions que l’on ignore.

Plus policé dans la forme et discret dans ses interventions, l’Institut International de la Finance (IIF) vient de faire savoir par la bouche du Pdg de la Société Générale, Frédéric Oudéa, qu’il ne souhaitait pas que la liste des établissements considérés comme « systémiquement importants » soit rendue publique. Celle-ci doit être établie conjointement par le Comité de Bâle et le Conseil de Stabilité Financière (FSB) pour juin prochain. En cas de publication, il a averti que « cela aura tendance à les différencier aux yeux du marché » et pourra « intensifier le problème du too big to fail » (trop gros pour faire faillite).

L’idée défendue est que les mégabanques de la liste seront de facto dotées d’une garantie des Etats, les incitant à prendre plus de risques, mais est-il un seul instant vraisemblable de penser que ne pas publier la liste permettra de prévenir ce risque ? Car le contenu de cette liste d’une trentaine de mégabanques s’impose de lui-même, à moins que cette confidentialité ne soit un prétexte pour en écarter certains établissements qui devraient y figurer et n’auraient ainsi pas à supporter les contraintes afférantes ? La discrétion bancaire, décidément, n’est jamais un vain mot ; les arguties non plus, quand il s’agit de défendre les affaires.

Nout Wellink, le président du Comité de Bâle – en charge de la définition du nouveau cadre réglementaire des banques – n’était pas à Davos, mais en Afrique du Sud. Il a rappelé la procédure d’établissement de la liste : chaque pays devra d’abord déterminer la sienne, aux fins de concertation ultérieure avec le Comité de Bâle et le FSB. Nul doute, dans ces conditions, que la transparence dont il est fait si grand cas dès que l’on aborde les questions financières sera au rendez-vous. Viendra ensuite le moment de définir le contenu de la boîte à outils destinée à diminuer le risque, les mégabanques voulant éviter des surcharges supplémentaires en capital et en matière de liquidité, au prétexte que cela nuirait au financement de l’économie (diminuerait la rentabilité du capital, faut-il plutôt comprendre).

Le prochain grand épisode de la régulation financière n’est pas encore écrit, même si son dénouement ne laisse que peu de place au doute. Car d’autres mesures moins douloureuses sont parallèlement étudiées, notamment l’obligation de rédiger des sortes de « testaments » destinés aux régulateurs et permettant à ceux-ci de démanteler en cas de besoin une mégabanque afin d’éviter la contagion (à condition, comme l’épisode Lehman Brothers l’a montré, d’en avoir le temps…).

Enfin, les experts font assaut de créativité pour trouver des formules qui éviteraient à la fois la chute libre du système financier et la nationalisation des pertes, qui a été retenue pour le tour actuel. A cette occasion, on sent à nouveau se répandre le discret et enivrant parfum des obligations hybrides contingentes, en espérant que les régulateurs d’un côté, les investisseurs de l’autre, pourront favoriser leur éclosion. Une hypothèse qui n’est pas à exclure, et qui revient à bâtir un nouveau château de cartes.

Faute de mieux, la prévention du risque systémique repose sur l’hypothétique renforcement de chacune des composantes du système, étant supposé que le renforcement des fonds propres et de la liquidité doit y pourvoir. Cette piste est la seule envisagée : mieux vaut pour les principaux concernés blinder les structures plutôt que d’interdire ou strictement réguler les instruments financiers porteurs de risques, deux options impensables.

A tort présenté comme une panacée, le niveau de renforcement des fonds propres fait toutefois débat. Une étude réalisée par des experts de la Bank of England considère en effet que le ratio optimum fonds propres/engagements devrait être plus du double de celui qui a été décidé pour Bâle III. Ils estiment que celui-ci devrait se situer dans une fourchette de 16 à 20%, alors que la nouvelle réglementation prévoit 7%. Ce serait la mort des petits et surtout des grands métiers, tels qu’ils sont pratiqués.

Une toute récente décision du FASB, l’organisme chargé de définir les normes comptables aux Etats-Unis, est heureusement venue mettre du baume au cœur de la profession. Tout en confortant ceux qui sont convaincus que le système bancaire a planqué sous le tapis beaucoup de ses pertes, et veut continuer à faire ainsi. L’Association américaine des banquiers (ABA) l’a en effet emporté, les banques ne seront pas contraintes à valoriser au prix du marché les prêts qu’elles ont consenti, le FASB venant de décider d’abandonner ses intentions initiales. L’ABA s’en est félicitée, selon un communiqué qui déclare « C’est un virage dans la bonne direction et une rupture bienvenue par rapport à la volonté du FASB d’étendre la comptabilité à la juste valeur à presque tous les instruments financiers ».

On croyait avoir tout vu et tout entendu, mais ce n’est pas fini. Une dernière étape concernant les mégabanques reste donc encore à atteindre, avant d’aborder la dernière ligne droite, celle qui mènera à l’homogénéisation des dispositions prises des deux côtés de l’Atlantique. Se vérifiera alors la loi qui veut que dans un système complexe, c’est la partie la moins performante qui détermine la performance de l’ensemble.

Fort de ses succès, le système financier peut dans le contexte actuel s’estimer proche de la victoire. Les événements ont toutefois montré qu’il savait être son meilleur ennemi…

Dans l’immédiat, la surprise est venue de John Vickers, ancien membre de la Bank of England et président de la Commission bancaire indépendante nommée par David Cameron, le premier ministre britannique. A l’occasion d’un discours devant la London Business School, et dans l’attente du rapport de la Commission, il a envisagé la nécessité de séparer les activités de banque d’investissement et de banque de dépôt, afin de prévenir une nouvelle crise financière majeure.

Une telle réforme de structure est défendue au gouvernement par le secrétaire d’Etat au Commerce, le libéral-démocrate Vince Cable, tandis que HSBC et Barclays, qui seraient atteintes, agitent vigoureusement la menace de se délocaliser en Asie chaque fois que la mesure est évoquée. Le discours de David Cameron à Davos, défendant les bienfaits de la dérégulation, laisse toutefois difficilement augurer de l’adoption d’une telle mise en cause du modèle de la banque universelle qui associe les deux métiers au nom de l’étalement des risques. Pour appeler les choses par leur nom, la possibilité d’amortir les pertes enregistrées par la banque d’affaires avec les résultats de la banque de dépôt…

PS: Difficile d’écrire sur les finasseries des mégabanques alors que les rues du Caire, d’Alexandrie et de Suez, après celles de Tunis et de Sfax, retentissent d’une même clameur.

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151 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LES MÉGABANQUES, LEURS MEILLEURS ENNEMIS, par François Leclerc »

  1. C’est toujours pareil : si l’on admet que leur seul but est de maintenir coûte que coûte la rentabilité des banques, on comprend tout, par exemple que « les banques ne seront pas contraintes à valoriser au prix du marché les prêts qu’elles ont consenti. » Mais si l’on pense à la situation globale, au bord de l’abîme, alors là on n’y comprend plus rien, et l’on s’étonne qu’ils aient si peu le sens du ridicule.

    1. Batracien…
      Il est possible que le « second couteau » ait sorti ça par excès de zèle. Les gars sont mercenaires jusqu’au bout du porte-feuille, ne l’oublions pas.

    2. Yvan, ce n’est pas ce que je voulais dire. J’ai été frappé par l’accumulation de réponses secondaires (dérisoires) à des questions d’importance capitale. Voici un résumé :

      1. La régulation a pour « effet (…) de pousser vers le monde opaque et non régulé des hedge funds les opérations financières les plus risquées » : réponse : ne pas réguler ! Comme si « le risque » était mieux « géré » par les banques « non opaques » et déjà non régulée.

      2. « la prochaine fois sauver les activités non régulées avec l’argent des contribuables,  » : comme si ce n’était pas déjà le cas !

      3. « les mêmes établissements qui n’ont pas tiré les leçons des erreurs du passé » : et c’est une association de hedge funds qui le dit ! Les problèmes sont donc bien connus. Mais l’on devine que les hedge funds prêchent pour leur paroisse.

      4. « de nombreux hedge funds ont été créés par d’anciens cadres de la banque qui l’ont quittée » : osmose délibérément orchestrée entre activités de dépôts et de spéculation, voir 1.

      5. « est-il un seul instant vraisemblable de penser que ne pas publier la liste permettra de prévenir ce risque » ? Non bien sûr, puisque les méga-banques en jouent.

      6. « écarter certains établissements qui devraient y figurer [dans la liste] et n’auraient ainsi pas à supporter les contraintes afférantes » : on cause soit disant pour apporter des solutions aux terribles problèmes de la finance, mais l’on cherche seulement à continuer comme avant.

      7. « a rappelé la procédure d’établissement de la liste : chaque pays devra d’abord déterminer la sienne » : subtile et complexe la procédure, faut sortir de Polytechniques pour imaginer ça ? On se croirait devant des collégiens boutonneux qui préparent on ne sait quel jeu.

      8. « Viendra ensuite le moment de définir le contenu de la boîte à outils destinée à diminuer le risque » ==> questions sérieuses remises aux calendes grecques ; contradiction avec point 1 puisqu’on ne veut pas de régulation ; on a bien conscience du risque systémique mais on préfère laisser courir.

      9. « les mégabanques voulant éviter des surcharges supplémentaires en capital et en matière de liquidité, au prétexte que cela nuirait au financement de l’économie » : c’est sans doute la seule chose qu’elles veulent vraiment, et le seul point sur lequel on peut leur faire confiance, si l’on ose dire.

      10. « l’obligation de rédiger des sortes de « testaments » destinés aux régulateurs et permettant à ceux-ci de démanteler en cas de besoin une mégabanque afin d’éviter la contagion » : merveilleuse protection contre « le risque systémique » : on pourra démanteler sans risque, comme on découpe un poulet.

      11. « le discret et enivrant parfum des obligations hybrides contingentes » : miser sur la bonne volonté des investisseurs pour leur faire endosser les pertes. Parachute contre la « chute libre » ou pour la « chute libre » ?

      12. « Ils estiment que celui-ci [le ratio de fonds propres] devrait se situer dans une fourchette de 16 à 20%, alors que la nouvelle réglementation [Bâle III] prévoit 7% » : les experts crachent en l’air puisqu’on n’arrive déjà pas à 7%.

      13. « les banques ne seront pas contraintes à valoriser au prix du marché les prêts qu’elles ont consenti » : c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! (Note : les bonus, eux, sont octroyés au prix du marché.)

      14. « étendre la comptabilité à la juste valeur à presque tous les instruments financiers » : la falsification érigée en règle canonique !

      15. « homogénéisation des dispositions prises des deux côtés de l’Atlantique » : faisons tous pareil, et ainsi personne ne sera dans l’erreur.

      16. « Se vérifiera alors la loi qui veut que dans un système complexe, c’est la partie la moins performante qui détermine la performance de l’ensemble. » : eh oui, François, on est bien d’accord, mais ne pensez-vous pas que c’est un peu trop compliqué pour eux ?

      17. « nécessité de séparer les activités de banque d’investissement et de banque de dépôt, afin de prévenir une nouvelle crise financière majeure. » : question éminemment sérieuse mais prise à la légère.

      18. « agitent vigoureusement la menace de se délocaliser en Asie chaque fois que la mesure [point 17] est évoquée » : c’est bien le seul moment où ces gens se montrent sérieux.

      19. « possibilité d’amortir les pertes enregistrées par la banque d’affaires avec les résultats de la banque de dépôt » : goto 1. (Ou goto 2, ou n’importe où, de toute façon ça boucle.)

    3. Tout à fait Zébu. Tout est bon.

      Et ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce second couteau peut en effet se permettre des réponses secondaires sur des questions primordiales tout simplement à cause du point 18.

      Donc, rien à attendre en matière de régulation et il faudra qu’ils poursuivent leur logique jusqu’au bout.
      Cela fait deux ans et demi que je le dis.
      Et il n’y a pas que la délocalisation, mais sa conséquence en terme de perte de « PIB »… alors que ce fameux « PIB » est déjà gonflé par les injections de liquidités.

  2. Parler de l’Egypte?
    Why not?
    « Des manifestations d’une ampleur exceptionnelle se déroulent actuellement en Égypte, en particulier au Caire. Il est conseillé de différer tout voyage qui n’aurait pas un caractère d’urgence. Les Français sur place sont invités à limiter leurs déplacements au strict nécessaire et à se tenir éloignés des attroupements.
    Un couvre-feu est en vigueur de 18h00 à 7h00 sur l’ensemble du territoire. »

    -T’avoueras qu’on a pas de bol!C’est rapé pour le pyramides!
    -C’est de ta faute y avait des promos pour Djerba!
    -En Tunisie ?on en apprend tous les jours…

  3. Au Caire et à Tunis en attendant qui sait plus tôt qu’on ne le pense d’autres de ce coté de la méditérranée..après la prochaine chute du système de ponzi?

    1. A propos de pyramides sans doute…
      Le PS de François replace l’histoire à sa place devant le politique et l’économique.
      Toutes les prévisions basées sur la logique des chiffres et des stats seront peut-être rendues caduques en quelques heures par les mouvements sociaux globalisés.
      Sociaux et/ou religieux, car il faut penser qu’il y a aussi un islam puissant en extrême orient.

  4. Le peu que je comprend à tout cela, je vous le dois. Mais,
    « A cette occasion, on sent à nouveau se répandre le discret et enivrant parfum des obligations hybrides contingentes, en espérant que les régulateurs d’un côté, les investisseurs de l’autre, pourront favoriser leur éclosion. Une hypothèse qui n’est pas à exclure, et qui revient à bâtir un nouveau château de cartes. » …
    là, si je vous suis bien, vous êtes en train de nous dire que l’on envisage un nouveau « système » – comportant certainement des risques encore inconnus – afin d’affirmer que cet inconnu nous protégera désormais des catastrophes récentes encore cuisantes à nos porte-monnaies; promis -juré, bien sûr.
    C’est bien ça?

    1. Il s’agit d’un nouveau produit financier. Au départ une obligation émise par une banque, puis, selon un critère déterminé à l’avance ou sur décision d’un régulateur, elle est transformé en action de la banque afin de renforcer ses fonds propres.

  5. @François :
    « PS: Difficile d’écrire sur les finasseries des mégabanques alors que les rues du Caire, d’Alexandrie et de Suez, après celles de Tunis et de Sfax, retentissent d’une même clameur. »

    Pas forcément. Sur un autre post, je citais un article du Diplo, montrant l’impact des politiques des agences mondiales, FMI en tête, sur le pays. Notamment quant à la privatisation.
    Or, qui en a bénéficié, entre autres ?

    Les mégabanques.

    « Avant la privatisation de la banque d’Alexandrie, le secteur public demeurait dominant avec 60% du marché répartis entre la banque Misr, la National Bank of Egypt (NBE), la banque du Caire et la banque d’Alexandrie.
    Les banques étrangères peuvent ouvrir des bureaux de représentation en Égypte dont l’activité est limitée à l’analyse du marché et des possibilités d’investissement. Actuellement, 26 bureaux de représentation de banques étrangères opèrent en Égypte.
    Les filiales de banques étrangères sont principalement arabes et européennes comme BARCLAYS, HSBC, Crédit Lyonnais, BNP et Société Générale ; Natexis-Banques Populaires dispose d’un bureau de représentation.
    En novembre 2004, il y avait en Égypte 21 compagnies d’assurance, 614 caisses de retraite privées, trois fonds de prévoyance d’État et cinq pools d’assurance. Le gouvernement a vendu à des investisseurs étrangers des participations majoritaires dans deux compagnies d’assurance. Quatre compagnies (trois compagnies d’assurance directe et la seule compagnie de réassurance) dont la part de marché dépasse les 70%, appartiennent à l’État. Le gouvernement prévoit de les privatiser au milieu de 2006, après évaluation (terminée) et restructuration. »
    http://www.animaweb.org/pays_egypte_financesbanques.php

    Une bonne partie du gotha bancaire …

    La liste des ‘opportunités’ d’investissements bancaires, assurantiels et autres :
    http://www.animaweb.org/opportunities.php?type=projet
    On y trouve notamment nos banques françaises, bien à nous : le Crédit Agricole, au 16/07/2010, y a ouvert sa 70ème succursale …
    Mais on pourrait aussi parler de BNPParibas, de la Société Générale et de la BPCE, d’HSBC, de Barclays, de Rabobank, de banques grecques, de fonds d’investissements suisses, anglais, américains, saoudiens, koweitiens, émiratis, libanais, etc etc etc).

    Concernant les IDE (Investissements Etrangers Directs) en Egypte, la CNUCED considère que l’Egypte est le premier pays du proche-orient récipiendaire des IDE et le second après l’Angola (mais avant le Maroc) en Afrique. Le 3ème dans le monde arabe, derrière l’Arabie Saoudite et l’EAU, c’est dire …
    L’Egypte a été le premier pays à signer la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international en 2007 :
    http://www.oecd.org/document/27/0,3746,fr_2649_33763_38908699_1_1_1_1,00.html
    Bref, un pays ‘modèle’.
    Un peu comme la Tunisie, avec son ‘attractivité touristique’ ou l’Irlande et ‘compétitivité’ tant vantée.

    Sauf que depuis la crise bancaire, mondialisée, les fameux IDE qui avaient explosés depuis quelques années (croissance de +19% entre 2007 et 2008, 8,2% du PIB en 2008), ces flux … ont reflué, probablement vers leurs sources d’origine (because ‘need of cash’), et ont diminué de … 50% en 2 ans entre 2008 et 2010 !!
    http://www.grenoble-ecobiz.biz/ccig/grexbcdoc.nsf/TBVSchDoc/9a9ee503a6a6662cc12577e6003acb17/

    Il est donc clair qu’avec une telle baisse des IDE, qui permettait de maintenir à flot le régime égyptien tant qu’ils étaient croissants, la crise financière mondialisée aurait un impact important sur un tel pays si ‘ouvert’ à ces IDE.
    Et la crise financière s’est alors transformée en crise d’investissements pour l’Egypte, générant alors chômage et réduction de la croissance, produisant aussi l’augmentation, en sus de la spéculation sur les ‘commodities’, des prix des produits de tous les jours, produisant ensuite une crise sociale, puis politique.
    On y est.

    C’est tout un pan de la mondialisation libérale qui part en vrille. Et l’Egypte avec.
    Et un risque supplémentaire pour les investissements des mégabanques aussi.
    Vous n’êtes pas si loin, François …

    1. Si on prend maintenant l’analyse de la Tunisie, on constate la même chose :

      1/ pays ‘modèle’, concernant l’ouverture aux investissements étrangers (IDE)
      « Les rapports du forum économique mondial de Davos sur la compétitivité mondiale de 2009 et 2010, placent la Tunisie comme le pays le plus compétitif d’Afrique. »
      http://www.animaweb.org/actu-detail.php?actu=15192
      « La Tunisie est l’un des premiers pays signataires de l’Accord d’association avec l’UE dans le cadre du processus de Barcelone, conclu le 17 juillet 1995 et entré en vigueur le 1er mars 1998, mais le démantèlement tarifaire a été appliqué par anticipation par la Tunisie à partir du 1er janvier 1996. Cet accord prévoit la libéralisation réciproque des échanges de marchandises à l’horizon 2008. »
      2/ l’importance de ces IDE dans l’économie du pays (bien que de manière moindre que pour l’Egypte)
      « A fin 2005, plus de 2 700 entreprises étrangères ou mixtes opéraient en Tunisie employant près de 260 000 personnes. 72% de ces entreprises sont totalement exportatrices. Les IDE représentent 10% des investissements productifs, génèrent le tiers des exportations et un sixième des emplois. De 1990 à 2005, les investissements directs étrangers (IDE) sont passés de 78 millions de dinars à environ 1016 millions de dinars (2,7% du PIB). Plus de 32% des montants investis l’ont été dans les industries manufacturières ; 38% dans l’énergie ; 22,4% dans les services dont 2,8% dans le tourisme et l’immobilier et 1,3% dans les activités agricoles. Les IDE proviennent principalement de l’UE, des États-Unis, et des pays du Moyen-Orient. »
      http://www.animaweb.org/pays_tunisie.php
      3/ le pays attire fortement les mégabanques, qui y ont un environnement ‘favorable’, notamment les banques françaises : BPCE, BNP, … mais aussi des fonds ‘exotiques’ (îles vierges britanniques, Hong Kong)
      http://www.animaweb.org/opportunities.php?type=projet
      4/ les IDE y ont, tout comme pour l’Egypte, très fortement chuté avec la crise : -32,2% de 2008 à 2009 !!
      http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2557p086-087.xml5/

      On peut dire tout l’impact qu’a pu avoir la crise financière sur ces pays où les IDE ont une importance capitale car possédant une économie la plus ‘ouverte’ (libéralisée et privatisée) possible, pour pouvoir attirer ces IDE.
      Et quand ces IDE affluent moins, cela provoque du chômage et des crises. Notamment politiques.

      A fortiori quand ces mêmes pays dépendent à la fois des IDE et des exportations vers les MEMES pays (la France et l’UE en général, pour la Tunisie) !!
      Double effet boomerang garanti …
      « Or, la croissance a nettement ralenti avec la crise. Elle a mis à nu les faiblesses d’un modèle de développement fondé sur des secteurs nécessitant peu de main-d’œuvre qualifiée, comme le tourisme low cost, les activités de sous-traitance dans le textile ou les centres d’appels. Avec un écart de plus en plus marqué entre les zones côtières et l’intérieur du pays d’où est partie la révolte. Le tout accentué par une forte dépendance à l’égard de l’économie européenne, qui représente 75 % des exportations. Du coup, la Tunisie a subi de plein fouet la crise qui frappe le Vieux Continent depuis 2008 et a vu croître encore le sentiment de déclassement de sa jeunesse. »
      http://www.alternatives-economiques.fr/tunisie—l-epuisement-d-un–modele–economique-_fr_art_633_53014.html

      On a trop vite parlé de la ‘surchauffe’ économique et financière des pays du Sud, à cause notamment des IDE se dirigeant vers ces pays, sans voir qu’en fait, au sein des pays dits ‘du sud’, il y avait une grande diversité de cas :
      – les pays ‘périphériques’ (pour utiliser une mauvaise expression) des zones de consommation (UE, Etats-Unis), très libéralisés et très fragiles aux retournements de tendances mondiales car dépendants des IDE et/ou des exportations vers ces pays ;
      – les pays producteurs et exportateurs, avec un marché de consommation interne peu ou prou développé, comme la Chine et le Brésil, régulant plus ou moins les IDE et leurs monnaies.

      Ni la Tunisie, ni l’Egypte n’appartiennent au second groupe, mais bien au premier.
      Ce n’est pas le cas de l’Algérie : elle possède des ressources en gaz et en pétrole, comme le Libye. Ceux-là ont conservé la main sur les ressources prioritaires, socialement et politiquement.
      Bien leur en a pris.
      Les ‘bons élèves’ de la libéralisation, Tunisie et Egypte en tête, ne l’ont pas fait.
      On peut y ajouter l’Irlande.
      Ils savent maintenant ce qu’il leur en coute.
      Les autres le savent aussi, maintenant.

    2. Il faut repartir des valeurs ONUsiennes, à l’origine …

      Le FMI est catastrophique partout …( l’Argentine aussi avait été la « meilleure élève du FMI !!)
      L’OCDE et ses politiques d’ajustement sont calamiteuses.
      La Banque Mondiale, on n’en parle pas …

      Les Pays sont rendus exangues, par le biais de ces organismes .

      L’ONU doit reprendre la mise. C’était une belle idée, mais ses principes ne sont pas suivis, sont détournés, servent aux uns mais pas aux autres.
      C’est de l’ONU qu’il faut redémarrer.
      L’OTAN est une calamité. Nous devons en sortir.

    3. @M,

      vous vous attaquez aux symptômes, pas aux causes.

      Tant que les administrations publiques, qu’elles soient supranationales, nationales ou locales, seront capturées par les mêmes intérêts particuliers elles n’écouteront et ne défendront que ces mêmes intérêts.

      Comment voulez vous que l’ONU reprenne la mise quand les gouvernements nationaux l’ont eux mêmes perdu?

      Nous sommes arrivé à ce moment particulier de l’histoire où il est devenu impossible d’espérer quoi que ce soit de positif pour l’intérêt général qui vienne d’en haut.

    4. le socialisme c’est fini aussi, trop naïf, trop normatif… il faut être créatif, trouver autre chose.

      La monarchie tempérée par l’assassinat peut-être… quoi que je préfère la démocratie pondérée par le soulèvement populaire.

      Mais on fait quoi après

    5. Chris06,

      Nous sommes arrivé à ce moment particulier de l’histoire où il est devenu impossible d’espérer quoi que ce soit de positif pour l’intérêt général qui vienne d’en haut.

      Donc, ces organismes n’étant pas « réformables » [ car « ils » ne le veulent pas ] …ne restent plus que la révolte des Peuples, etet leur jonction par des processus de réseaux, et de mise en commun de contre-pouvoirs, avec l’appui de *syndicats non alignés, et non pyramidaux [ c’est là la plus grande « blague du néolibéralisme,avoir noyauté et capté, ce qui devait rester un contre-pouvoir : il faut voir la tête réjouie de l’actuel  » dirigeant  » de la CFDT, qui « s’y croit » – et dont le MEDEF doit allégrement « se gausser »…].
      * car, s’il faut des électrons libres, il faut aussi une trame, même souple, qui « tienne » …/ peut-être sous une autre forme, je ne sais pas…
      et là, il y aura, ceux qui refusent le travail, en tant qu’aliénation ( comme Fab, qui me semble être un peu « pied tendre » ) : ce qui est particulièrement vrai actuellement, car les marges de manoeuvre ( afin de baisser son niveau d’aliénation ) sont devenues inexistantes, et ceux qui devront bien travailler pour survivre …mais sans y mettre quoi que ce soit d’eux-même [ ce qui veut dire que cela équivaudra à un « sabotage » …puisque si l’intelligence ( y compris des « manuels ») n’est pas laissée libre : les systèmes meurent [ex. l’URSS , entre autre]]
      Le trop et le trop peu se rejoignent …et mènent au néant .
      question :
      que faire du système UE, fonctionnant de la même façon anti-démocratique et rigide, càd sans se soucier de la casse humaine provoquée …que les organismes internationaux mondialisés ? si je suis votre idée, l’UE n’est pas réformable non plus …
      pourquoi donc penser que un « pot » commun améliorera quoique ce soit ,qu’ une privatisation généralisée et fonds de pension, pour obéir aux zuesses, avec les catastrophes que l’on voit, pourra être empéchée ? et qu’un quelconque frein à la phynance folle pourra être mis en place ?
      Vous êtes donc ( encore plus) désespéré que moi !
      Rien ne sert à rien et réciproquement ?
      A quoi sert le blog de Paul Jorion ?

    6. Je propose que pour calmer l’hubris des dirigeants on leur interdise les sommets et les 5 étoiles et qu’on les cantonne aux vidéo conférences depuis leur bureau avec un sandwich et une salade. C’est un adoucissement par rapport aux méthodes de Mao et aux champs de patates des pionniers soviétiques, non ?
      @Charles: oui pour une fois on peut être fiers que la Tunisie ait été plus colonisée par les Francais, car c’est grâce à cela qu’ils ont cette tradition syndicale; tandis que le modèle US suivi à marche forcée par l’Egypte signifie: pas de santé et d’éducation gratuites et surtout, pas de syndicats.

  6. Un truc qui me rends chèvre …mais peut-être que je me trompe…Dexia ( banque des communes belges et françaises) qui a bien mis les dites communes dans le caca ( si je me souviens) avec ses actifs pourris en 2008…nous annonce que …vraiment, la crise pèse sur les CPAS ( en belgique Centres Publics d’Aide Sociale) et donc…sur les finances communales…suit une explication des dépenses en wallonie et à bruxelles…et de ses conséquences …; « Les CPAS, qui risquent de devoir réduire leur offre de services, et leur personnel, pour se concentrer sur les aides de base liées à la précarité accrue »…Et cela passe…Hop là! dans le vent, et pour le même prix,… ça va être la faute aux pauvres qui sont trop nombreux, et dexia qui nous fait des rapports pour nous l’expliquer…et tous les belges de base qui plongent dans le « truc » …ouais, c’est la faute à trop d’étrangers chez nous…et quand je poste (p3) pour expliquer, y’en a 6 qui suivent…fait peur !
    http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/340458/les-finances-des-cpas-wallons-et-bruxellois-toujours-marquees-par-la-crise.html

    1. Dissy, tu vas un peu (très) vite en besogne.
      Que la CIA ait manipulé un activiste pour préparer un de ses 10 000ème plans concernant un pays, y compris allié, je ne vois pas en quoi ce serait un scoop …
      Et à fortiori de dire que parce qu’il y a des preuves qu’1 activiste a été manipulé par la CIA, la révolte l’est : un pas que personnellement je ne franchirait pas.

      A l’inverse, je peux te démontrer l’utilisation manipulée à laquelle ton info pourrait servir.
      En produisant ce genre d’info, ‘on’ fait accroire, justement, que la révolte est manipulée par la CIA et ce depuis longtemps, afin de préparer une potentielle alternance qui finira bien par bénéficier aux US.
      Mais en prouvant cette manipulation, par des voies qui plus est ‘opposée’ aux US (wikileaks), donc ‘neutre’ quant à la diffusion de ladite info, on permet ainsi de délégitimer la dite révolte en cours, délégitimation qui sera ainsi reprise par le régime en place, déclarant : regardez, égyptiens, vous êtes manipulés par l’étranger et les opposants sont à la solde de la CIA !!

      Classique. Genre d’opé que la CIA pourrait très bien monter, par exemple.
      En diffusant ‘l’info’ à Daily Telegraph.

      Bref, au mieux, cela pourrait prouver, si l’info est vrai, que la CIA avait des ‘plans’ concernant l’Egypte. Comme pour pratiquement tous les pays au monde, surtout leurs alliés.

    2. Ça veut surtout dire que WikiLeaks profite encore une fois aux plus forts et que les services US sont beaucoup moins obtus et impéritieux impérieux que certains voudraient croire ou d’autres nous faire accroire et qu’il était temps pour eux d’anticiper la chute d’un régime dont ils savaient qu’il avait perdu tout soutien dans la population depuis le milieu des années 90. Quant à l’image de l’Egypte et de Mubarak dans le monde arabe, n’en parlons pas…

      RappelAssistance militaire US officielle reçue par l’armée égyptienne entre 2002 et 2009 : 15 milliards $ (quatrième bénéficiaire mondial derrière l’Afgha, l’Irak et Israël. Deuxième au classement entre Camp David, 1979, et le 9/11, 2001, avec 38 milliards de dollars au total. Mais pour les généraux égyptiens, apparemment c’est pas ce qu’ils appellent très bien payer la soumission

      Et donc les câbles de WikiLeaks à propos de l’armée égyptienne :
      Il y a trois ans déjà, notait un télégramme diplomatique de l’ambassade américaine, obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde, rien n’allait plus, en août 2007, entre l’armée égyptienne et les Etats-Unis. « Les généraux furent longtemps nos meilleurs alliés, mais la
      situation a changé », regrettait le diplomate signataire. Les choses ne se sont guère améliorées par la suite.

      « L’armée égyptienne, note un télégramme américain daté du 23 septembre 2008, est une institution en déclin » mais qui reste « puissante » à l’intérieur du pays en ce qu’elle « garantit la stabilité du régime » et qu’elle opère « un vaste réseau d’entreprises commerciales particulièrement actives dans les secteurs de l’eau, l’huile d’olive, le ciment, la construction, l’hôtellerie et les stations d’essence ». L’armée possède également « de larges domaines immobiliers et des terrains dans le delta du Nil et sur les côtes de la mer Rouge ».

    3. @zébu: « A l’inverse, je peux te démontrer l’utilisation manipulée à laquelle ton info pourrait servir. En produisant ce genre d’info, ‘on’ fait accroire, justement, que la révolte est manipulée par la CIA et ce depuis longtemps, afin de préparer une potentielle alternance qui finira bien par bénéficier aux US. »

      Tout à fait de ton avis. D’ailleurs, même une chatte ne va plus y reconnaître ses petits avec les infos et intox qui vont se succéder. Toujours comme ça dans les révolutions. Infiltrations, manipulations, etc. Le pouvoir est très malin.
      De toutes façons, manipulation ou pas manipulation de la CIA derrière ces révolutions au Maghreb, ce qui est sûr c’est qu’ils doivent marcher sur des oeufs les ricains. Parce que le peuple, une fois qu’il est réveillé, on ne sait jamais dans quel sens ça va partir…
      A mon avis, mais c’est juste un avis d’observateur distant, les ricains vont essayer de contrôler le mouvement sachant qu’ils ne peuvent plus s’opposer aux révoltes populaires (sans montrer qu’ils n’en ont rien à foutre des droits de l’homme, je veux dire). Il s’agira donc pour eux de miser sur les forces « démocratiques » (ce qu’on appelle ainsi dans les média), c’est-à-dire les bourgeois libéraux. Ils les contrôlent sans doute déjà (prévoyant que ceci pouvait arriver).
      Si ça dérape trop populo, là l’armée du coin sera moins coulante et les média occidentaux beaucoup moins sympas.

      Je sais pas, mais y’a quand même un air de chute du bloc de l’est en 1989 dans tout ça. Tous ces pays alliés de l’occident qui partent en couille, ça la fout mal quand même à la Maison Blanche.

    4. @ zebu et vigneron. Je suis bien content de ne pas me retrouver comme seul québécois sur le forum. 😉

    5. zébu, je souscris à ton interprétation des faits. Il est bien possible que la CIA ait contribué à l’apparition de cette révolte, (qui survient un peu trop rapidement après celle en Tunisie, comme si elle avait été préparée), mais les évènements prennent une tournure qui dépasse sans doute ses calculs : d’où le besoin de continuer à manipuler l’information pour « corriger le tir », éviter l’apparition d’une vraie démocratie, et installer un régime à la convenance des US.

      vigneron, chui d’accord, mais pas totalement avec « WikiLeaks profite encore une fois aux plus forts » : ce sont les plus forts qui profitent de WikiLeaks. Pour moi, la nuance est de taille : ça veut dire que WikiLeaks pourrait profiter aux peuples, mais à condition qu’il (elle ?) utilise autrement ses informations. Actuellement, elle le fait de façon très bête, son seul but sensé étant de se tailler une réputation pour faire autorité. Mais la guerre de l’information exige de jouer ses coups (révélations) à bon escient, en fonction des coups adverses. En diffusant l’info comme elle le fait, elle grille ses cartouches pour rien.

    6. Assimiler les événements en cours en Tunisie et en Egypte (ainsi qu’en Jordanie et au Yemen), à une manipulation de la CIA, c’est magistralement passer à côté du rejet de ces régimes, aboutissant à un effondrement de la peur. Quand la révolte est plus forte que la crainte et emporte tout.

      Votre vision de l’histoire serait altérée si elle devait s’en tenir à la toute puissance manipulatrice du malin.

    7. Je m’étonne que les cables de wikileaks n’ont pas encore démontré que c’est la CIA qui a organisé la prise de la bastille.

      On a aussi entendu que c’est « grace » au coup de fil de Clinton à Ben Ali que la révolution Tunisienne a pu avoir lieu.

      Tout cela conforte une certaine partie de l’opinion publique Américaine dans l’idée que se sont encore eux les chefs d’orchestre du monde, l’exceptionalisme Américain.

    8. @ François Leclerc

      Absolument d’accord et on peut même considérer que le « pragmatisme » de la politique US vis à vis du régime égyptien depuis la reprise en main du pays par Sadate (le héros de la guerre de Kippour en 73, ne l’oublions pas) et son successeur Mubarak est en train d’atteindre ses limites sous la pression des populations arabes. Il n’empêche que l’on ne peut qu’être admiratif devant la manière d’agir des agences et de la diplomatie américaines dans leur gestion des crises en cours dans le monde arabe. Il en est d’autres qui n’ont pas eu cette prudence…
      Cette façon de mettre en balance leur aide financière avec la modération du pouvoir et la soudainement « nécessaire » démocratisation du régime politique en Égypte est en cela exemplaire.

      LEMONDE.FR avec AFP et AP | 28.01.11 | 19h07 • Mis à jour le 28.01.11 | 21h43 :

      Optant pour une fermeté plus affichée, les Etats-Unis se sont dits prêts à revoir l’aide, notamment militaire, qu’ils apportent à l’Egypte. « Nous réexaminerons notre assistance en fonction des événements qui auront lieu dans les prochains jours », a indiqué Robert Gibbs, porte-parole du président Obama. Cette initiative suggère que les Etats-Unis reconsidèrent l’éventail des moyens dont ils disposent pour faire pression sur Le Caire. Avec quelque 1,3 milliard de dollars d’aide militaire par an, l’Egypte est un des grands bénéficiaires de l’aide américaine.(…)

      L’armée égyptienne a bénéficié l’an dernier de subventions américaines à hauteur de 1,3 milliard de dollars. Les Etats-Unis ont toutefois financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars des organisations de promotion de la démocratie en Egypte, au grand dam du président Moubarak, selon des notes obtenues par WikiLeaks et publiées vendredi par le journal norvégien Aftenposten.

      On est bien d’accord, pas sûr du tout que ce discours officiel US,modèle de duplicité et de menace à double détente, trompe en quoi que ce soit les peuples égyptiens ou arabes qui relèvent enfin la tête sans plus de retenue après 30 ans d’humiliation, de spoliation, d’oppression et de paupérisation. Mais il n’empêche que la situation économique ou géo-stratégique de l’Égypte est ce qu’elle est. Et la question reste pendante ; qui pour remplacer les USA derrière elle et pour quelle politique vis à vis d’Israël, du conflit israélo-palestinien, du monde arabe en général, de l’Iran ?

      Les raisons qui avaient poussé le héros de la guerre de Kippour jusqu’à Camp David 5 ans plus tard ont-elles disparu ? Qui fera mieux que Sadate, l’ancien jeune affilié des frères musulmans, le nassérien de la première heure, le premier vainqueur de Tsahal dans une bataille, le « pharaon » assassiné ?

    9. L’invasion de l’Irak, selon Washington, devait inaugurer une vague de démocratisation de la région.
      Nous nous en approchons, contre les pantins et dictateurs du capital.

    10. @ Vigneron

      L’histoire ne s’écrit qu’après !

      Un bras de fer est engagé, un manifestant du Caire disait ce matin « nous ne sommes pas des bêtes, mais des humains ! ». Cette espèce-là a besoin d’un avenir, surtout quand elle est aussi jeune, nombreuse et démunie. Ce qui en résultera reste imperceptible.

      Il y a des moments où les systèmes les plus établis de domination sociale craquent et ne s’en relèvent pas. Peut-être en vivons-nous un.

    11. Òn peut tout penser les gars, mais il est certain que les ricains n’ont plus les épaules pour « peser » sur une telle situation. D’autre part n’importe quelle révolution est toujours aidée de l’extérieur – aussi. J’en viens à penser que ces soulèvements sont le fait de populations jeunes, plus intelligentes que leurs dirigeants, et qu’elles inquiètent tous les dirigeants du globe, de plus en plus perdus pour toutes les raisons qu’on sait, parce qu’ils sentent confuséement que les soulèvements vont probablement se propager comme des dominos.
      Je le souhaite en tout cas… d’autant que jusque là ces deux omelettes n’ont pas cassé trop d’oeufs.

    12. Ce qui est sûr c’est que la diplomatie américaine et très active et manœuvre pour que les évènements ne se retournent pas contre elle et ne déstabilisent pas la région d’une importance considérable pour le pétrole.
      . L’Amérique n’a aucun intérêt à la victoire d’une démocratie en Egypte avec une possible victoire des islamistes qui peut remettre en question la paix avec Israêl. Elle aurait bien plus d’intérêt à une dictature militaire éclairée.
      Tous les commentateurs soulignent cet aspect de la question – Juppé pas plus tard qu’hier soir parlait des drapeaux verts dans les manifestations. Nul ne voudrait reconnaître qu’une révolution à caractère démocratique puisse mettre en danger cette région du monde mais le silence de certains commentateurs plus prolixes habituellement est révélateur de l’inquiétude réelle suscitée par ces tentatives d’instauration de démocratie se basant sur des élections.N’importe comment les évènements égyptiens suscitent plus d’inquiétude que de joie et Zébu souligne avec raison que voir la main des Etats Unis dans la genèse de ces évènements permet de ne pas la voir dans leur déroulement actuel, mais du côté des pouvoirs en place qui tentent de perdurer appuyés par les armées et les police en attendant que la colère populaire s’éteignent.
      Les commentateurs et lecteurs de ce blog qui attendaient tout de la fin du capitalisme ne peuvent pas rester indifférent a ces premiers soubresauts. La fin du capitalisme ne sera pas le résultat de plans keynesiens ourdis par des spécialistes mais de la volonté populaire qui si ces gens ne connaissent rien de la mécanique des affaires en expérimentent pas moins les résultats dans leur chair

    13. Selon Carl Bildt, premier ministre suédois, à Davos, il y a un « tsunami démographique » en Afrique du Nord: « 32 pour cent de la population égyptienne a moins de 15 ans et l’âge moyen est de 23 ans. En Tunisie, les chiffres sont de 23 pour cent et 29 ans ».

    14. @ François :
      Complètement d’accord. Nous sommes des pays vieux et de vieux. C’est aussi un de nos problèmes, et pas que démographique.
      Le fait que la tranche +65 ans soit le seule à avoir été favorable à la ‘réforme’ des retraites, eux les retraités, en dit long sur le vieillissement civilisationnel que nous vivons.
      La décadence dont parlait Paul Jorion part aussi de ces caractéristiques. L’empire romain avait vieilli, face aux ‘barbares’, en pleine croissance.

    15. Il faudrait expliquer aux gens à Davos que la différence entre un tsumani et la démographie des pays pauvres c’est que le premier est imprévisible et l’autre moins. Mais bon, faire pression sur les lobbys religieux à l’Onu, ca n’est venu à l’idée de personne depuis le temps…

    16. @ vigneron :
      Attention Vigneron à ne pas se méprendre sur Sadate. Sa figure de ‘héro’ (figure toute relative car ce fut une véritable défaite militaire ‘in fine’ et surtout économique, dont l’Egypte est sortie exsangue) de Kippour masque la répression de septembre 1981, qui fut une des véritables causes de son assassinat.
      De ait, Sadate ‘assassina’ Nasser, en détruisant sa réforme agraire, la clef de voute du nationalisme arabe. De même, très symboliquement, Sadate mis fin à la République Arabe Unie, en septembre 1971.
      Il prit l’option de la paix avec israel à la fois pour des raisons économiques (poids trop important du budget de l’armée) et politiques internes (ruptures d’avec le nassérisme).
      Les manifestants actuels brandissent des portraits de Nasser. Pas de Sadate.

    17. « mais y’a quand même un air de chute du bloc de l’est en 1989 dans tout ça. »
      Absolument, Moi.
      Ce que l’on appelle : un changement de situation « habituelle »…

      Monsieur Leclerc, les deux sont imbriqués.
      Et raison de plus pour mettre en avant toute récupération par le « malin ». Juste histoire de tendre vers un soupçon d’ébauche de projet de Démocratie.

    18. @k abouli,

      L’Amérique n’a aucun intérêt à la victoire d’une démocratie en Egypte avec une possible victoire des islamistes qui peut remettre en question la paix avec Israêl. Elle aurait bien plus d’intérêt à une dictature militaire éclairée.
      Tous les commentateurs soulignent cet aspect de la question – Juppé pas plus tard qu’hier soir parlait des drapeaux verts dans les manifestations. Nul ne voudrait reconnaître qu’une révolution à caractère démocratique puisse mettre en danger cette région du monde

      Comment une démocratie peut elle décider qu’il en va de l’intérêt général des Egyptiens de faire la guerre avec Israël?

      Comment une révolution « à caractère démocratique » peut elle mettre en danger cette région du monde?

      Si cette révolution débouche sur une guerre avec Israël et/ou la mise en danger de cette région du monde, c’est qu’elle aura été détournée par les intérêts particuliers et donc qu’elle n’aura pas été « à caractère démocratique ».

      N’importe comment les évènements égyptiens suscitent plus d’inquiétude que de joie

      Suscitent plus d’inquiétude que de joie pour qui? Les Mubarak, le roi Saudi et Alain Juppé, ou pour les Egyptiens?

    19. Le plus grand danger pour les optimistes type Lagarde et Cie: Un troisième choc pétrolier dévastateur pour des économies capitalistes -très- convalescentes.

      Le vecteur le plus puissant qui va exporter les troubles insurrectionnels de Tunis, du Caire, à New York, Londres, Paris.

      Nous ne sommes déjà plus à une situation pré-révolutionnaire.

      La Révolution mondiale a commencé.

      Moubarak Honni ! « Dégage ! »

      Qui est le prochain bonze à préparer ses valises ?

      Bouteflica ou Sarkozy ? Eux aussi sont honnis.

    20. « En diffusant l’info comme elle le fait, elle grille ses cartouches pour rien. » (wikileaks)
      Au contraire, Batracien.

      Si c’est fait sans calcul, de façon neutre et innocente, cela est aussi l’inverse du mouvement auquel nous sommes TROP habitués, non..??

    21. à Moi,

      L’idée que la chute des dictatures en Tunisie et dans des pays voisins ressemble à la chute de l’Empire dit soviétique est séduisante.
      La question n’est donc plus celle de l’effondrement mais celle de savoir ce qui viendra après. et donc de savoir et quand les mêmes causes produiront des effets similaires.

    22. @Marlowe: si c’est le cas, difficile de dire ce qui viendra après parce qu’ici contrairement à 1989 il n’y a pas un Etat vainqueur doté d’une idéologie et d’un système qui serviraient de modèle (la Chine n’a pas de modèle). Il y aurait alors sans doute plusieurs blocs et plusieurs systèmes côte à côte. Enfin, bon, c’est de la politique-fiction, à l’heure actuelle il est impossible de dire vers où ça va partir. Les ricains peuvent tout aussi bien encore reprendre le contrôle de la situation et l’amener à leur avantage.

    23. à Moi,

      Je pense que vous négligez un point important en ce qui concerne la Chine.
      Elle n’a pas un modèle, elle en a plusieurs ou plutôt elle a les deux faces de la même pièce qui paraissent opposées.
      Ces deux faces sont le économie libérale née et cultivée en Occident et la concentration des pouvoirs dans un despotisme qui est l’héritier de l’histoire chinoise et des partis dits communistes de l’URSS.
      Contrairement au bloc dit soviétique, la Chine semble avoir réussi son accumulation de capital en prenant le rôle de la production des marchandises réelles, quoique frelatées, dans la distribution mondiale des tâches.

    24. à François Leclerc,

      Bien entendu nous vivons un moment de l’histoire humain, ou plus exactement nos frères, en Afrique du Nord, le vivent.
      Ils ont besoin de notre soutien et nous devons le leur offrir sans rien demander en retour.
      Notre misère est de ne pas pouvoir les accompagner, avec les mêmes gestes.

  7. Le pouvoir intoxique: alors qu’on le donnait parti et qu’on attendait une annonce du président du parlement sur la chaîne nationale (dont le bâtiment avait été pris par l’armée un peu plus tôt), on a vu débarquer Mubarak sur une autre chaîne ! Il annonce que tout va bien et qu’il a viré tout son gouvernement mais que dès demain tout ira bien et qu’il fera plein de réformes. Ca vous rappelle rien ?

  8. bligblogalain

    Une façon comme une autre de minimiser la puissance des peuples tout en garantissant la crainte de  » dieu  » , l’oncle Sam, le « grand frère américain » : celui qui fait tout, prévoit tout et est partout.

    Du bel enfumage quand on sait que l’Egypte est une dictature « américaine  » parmi d’autres au Moyen Orient. Les USA délocalise la torture jusqu’en Syrie pour ne pas attirer les foudres sur eux de la justice internationale, alors pourquoi ne pas véhiculer aussi l’impuissance du peuple Egyptien – après celui Tunisien – à se libérer du tyran à la solde des USA ? C’est bien simple, à écouter certains, l’oncle Sam est à la fois le bourreau et le libérateur ! Ben, voyons !

    Longue vie au peuple Egyptien ! Qu’il apprenne à s’administrer en toute indépendance et qu’il choisisse librement ses alliances dans le futur, après l’ère Mubarack . Pas encore gagné !
    A bas l’ Empire US, vive la démocratie !

    1. Bonjour,

      Il y a pire que le diable, il y a ses valets.

      Bonne chance à touts ses peuples, et merci à ses peuples pour cette leçon de citoyenneté.

      Bien à vous

    2. Il y a des moments de l’Histoire où le désir de vie est plus fort que tout !
      Il faut le célébrer, sans bouder notre plaisir ! et honorer le courage des Peuples qui cherchent à se libérer …
      ça nous parle ! (les oligarchies ont peur)

      Quelque soient les magouilles des services de l’ombre ..des grains de sables finissent par gripper les rouages les plus sophistiqués .

      Ces grains de sable sont des humains portés au dessus d’eux-même, et qui risquent leur vie !
      La vie est plus forte, au bout du compte, que les calculs sordides de la réalpolitik .

    1. article cité par dissy:
      ce n’est pas le « salaire de la peur », c’est celui de la HONTE ! celui des responsables de terribles pertes humaines !

      « La banque d’affaires américaine Goldman Sachs a annoncé vendredi que le salaire annuel de son PDG Lloyd Blankfein était porté de 600.000 dollars à deux millions de dollars. Les quatre autres cadres de l’entreprise voient les leurs tripler. Le salaire des quatre autres principaux cadres dirigeants de la banque était jusqu’à présent également de 600.000 dollars.

      Le directeur d’exploitation Gary Cohn, le directeur financier David Viniar, et les deux vice-présidents Michael Evans et John Weinberg, toucheront chacun désormais 1,85 million de dollars, a précisé la banque dans un document publié vendredi. Ces sommes ne comprennent par les primes que pourraient en outre toucher ces cadres dirigeants.

      L’an dernier, M. Blankfein avait perçu une prime de 9 millions de dollars au titre de l’année 2009, versée uniquement en titres et sans numéraire, tout comme M. Cohn.

      Ces hausses de salaires sont annoncées alors que Goldman Sachs a enregistré un bénéfice en recul de 37% en 2010, à 7,7 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires qui a reculé de 13% à 39,2 milliards de dollars. »

    1. Pauvre banquiers…

      « Not all banks are the same and I just think that this constant refrain ‘bankers, bankers, bankers’ is just unproductive and unfair. People should just stop doing that. »

      [Dimon] echoed comments by Barclays CEO Bob Diamond, who told a UK parliamentary committee this month that « the period of remorse and apologies for banks » needed to be over.

    2. Pôv de nous!
      Sarko est un pro des bruits avec la bouche et des mouninets de bras sans conséquences.
      On attend toujours de voir à l’oeuvre ce Quichotte des paradis fiscaux …

    3. Le pire qui puisse arriver à un bonimenteur c’est d’être obligé, pour se sauver, de faire ce qu’il a annoncé très fort et qu’il s’est gardé d’entreprendre.

  9. Il y a pas besoin de s’appeler CIA pour savoir qu’en Egypte la cocotte minute allait exploser. La tension était palpable, dans la rue et depuis longtemps. Les dernières élections, voulues transparentes par les Américains (ah ah), et encore moins par le pouvoir en place qui avait tout à perdre ont été la goutte d’eau (novembre dernier). Ca faisait déjà 2 ans que par exemple dans la rue ou les transports en commun la parole s’était un peu libérée et que les gens se mettaient spontanément à parler à un total anonyme de leur haine des policiers, des services secrets, des businessmen etc. Le film Immeuble Yacoubian décrit en détail un système où tout le pouvoir est concentré dans les mains d’une personne tout en haut de la pyramide de l’état, touchant sa dîme pour chaque contrat signé avec l’étranger etc.
    Mais il se passe des choses en arrière-plan: le discours de Mubarak était annoncé par CNN pour 18h, puis rien. Après le briefing de la maison blanche où le ton a monté et l’annonce que l’aide économique US allait être revue, on a appris que le chef de l’armée qui se trouvait là-bas avec une délégation pour des entretiens avait décidé d’écourter sa visite et prit l’avion. Vers 22h on annonce à la télé égyptienne que le président du parlement va annoncer quelque chose d’important très prochainement. Et à minuit, coup de théâtre, c’est Mubarak qui s’invite (il est possible que le discours ait été enregistré quelques heures avant) et explique que le pouvoir est dans ses mains. Mais il avait des trémolos dans la voix et je ne donne pas cher de sa peau. De 15h à 22h on voyait le bâtiment du parti brûler sur Al Jazeera sans que personne ne soit aux commandes pour envoyer des pompiers, qui ont une caserne à moins d’1 km (ou alors les pompiers manifestaient ?). Autre détail intéressant, à 18h, en même temps qu’on annoncait sur les télés nationales un couvre-feu de 18h à 7h, la police se retirait du centre du Caire, mais aussi d’Alexandrie et surtout de Suez (où les Frères musulmans sont très puissants et qui est une ville pauvre, malgré la présence de grandes compagnies dont les employés ne sont pas forcément de Suez…). A la place, des camions de l’armée arrivaient (pas très vite et pas très nombreux). On dirait qu’ils veulent laisser assez de vide pour tester la stratégie des FM, mais sans réseau de téléphone portable ils auraient eu du mal à s’organiser.

  10. Meme sujet en français

    Etats-Unis: le salaire d’un cadre de Goldman Sachs va tripler
    La banque d’affaires américaine Goldman Sachs a annoncé vendredi que le salaire annuel de son PDG Lloyd Blankfein était porté de 600’000 dollars à deux millions de dollars. Les quatre autres cadres de l’entreprise voient les leurs tripler.

    Le directeur d’exploitation Gary Cohn, le directeur financier David Viniar, et les deux vice-présidents Michael Evans et John Weinberg, toucheront chacun désormais 1,85 million de dollars, a précisé la banque dans un document publié vendredi soir par les autorités boursières. Ces sommes ne comprennent pas les primes que pourraient en outre toucher ces cadres dirigeants.

    L’an dernier, M. Blankfein avait perçu une prime de 9 millions de dollars au titre de l’année 2009, versée uniquement en titres et sans numéraire, tout comme M. Cohn.

    Ces hausses de salaire sont annoncées alors que Goldman Sachs a enregistré un bénéfice en recul de 37% en 2010, à 7,7 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires qui a reculé de 13% à 39,2 milliards de dollars, en raison de recettes de courtage et de produits obligataires en forte baisse.

  11. Il y a cependant matière à connecter l’effondrement de l’Empire à la situation dans les pays du Maghreb et du Machrek.
    Le point nodal auquel le monde est suspendu n’a pas pour nom G20, mais plus certainement conflit israélo-palestinien.
    Ce prurit innommable alimente à juste raison les fureurs et ressentiments de la « rue arabe » (noter au passage la qualité dépréciative de cette métaphore coloniale qui n’a d’ailleurs rien à envier à l’acronyme PIGS). La politique constante de l’Empire ne s’est elle pas toujours faite contre le peuple palestinien en maniant entre autres, le sabre égyptien et le goupillon saoudien ?
    L’Empire (too big to fail ?) se décompose, la faute à qui ? Les psychologies se libèrent, et rien ni personne ne pourra arrêter l’histoire en marche.
    Bien fou, par contre, celui qui pourrait se targuer d’en donner un calendrier.

    1. Ce qui serait amusant, néanmoins, serait que les deux pays à rester un tant soit peu capitalistes soient la Chine et la Russie…
      Car ce sont les deux pays du monde où les populations sont déjà sous contrôle ouvertement.

    2. Ce qui serait moins amusant, néanmoins, serait que le seul pays à ne pas rester un tant soit peu capitaliste, soit la France.

      Remarquez, cela ne risque pas d’arriver puisque même en France, les deux tiers des citoyens pensent qu’il faut conserver des éléments du capitalisme et de l’économie de marché. Dans tous les autres pays du monde, on est au dessus de 80% de la population.

    3. Ha bon, Chris…?
      Business as usual is good for you..?

      Dommage pour toi. Cela semble rouler sur la jante, actuellement.
      Maintenant, il serait temps de sortir de la pseudo-démocratie de l’ordolibéralisme afin de se dire qu’une « pauvreté » est toute relative.
      Soit, lorsque je sais être millionnaire voire multi, suis-je si riche que ça par rapport aux seigneurs multi-milliardaires…????

      Comme disait Einstein : « tout est… bon dans le cochon ».

    4. Hhmm..
      Chris, j’affine car il ne faut pas confondre nécessité de l’argent et empêcher à la fois la concentration par un pompage obligé.
      Les amalgames sont toujours faciles, lorsque l’on veut tirer son épingle du jeu. Au détriment des autres, bien sûr.
      Car le problème, c’est les « autres ».

    5. Business as usual is good for you..?

      Raisonnement anticapitaliste :
      conserver certains éléments du capitalisme et de l’économie de marché = tout conserver du système actuel

      Avec des raisonnements pareils, l’immense majorité des citoyens risque pas de faire confiance aux anticapitalistes pour mener à bien la révolution qui s’impose : celle qui doit assurer un fonctionnement démocratique des institutions publiques.Car sans cela, tout système économique, qu’il soit capitaliste, collectiviste ou un ennieme mélange des deux débouchera automatiquement sur son dysfonctionnement au profit d’une petite minorité d’oligarques.

      Les anticapitalistes sont comme les libertariens; tous certains que la source de tous nos maux provient des mots qu’ils abhorrent : appropriation privative et capitalisme pour les uns, gouvernement et collectivisme pour les autres.

      Comment ne pas s’indigner contre de tels dogmatismes?

    1. Qu’est-ce qui est important, Dissy.

      Que la retraite « passe » à 67 ans ou que le système privatif veuille détruire la répartition..??? Et en profiter, bien sûr.

  12. @François Leclerc
    La seule chose qui m’intéresse c’est la séparation des Banques de dépot avec les Banques d’affaires. Quelles jouent « au Casino » avec leur prore fric c’est leur affaire mais pas la mienne.

    1. C’est très exactement la position défendue aux Etats-Unis par Paul Volcker.

      Hélas, c’est un peu plus compliqué que cela: quand elles jouent avec leur argent, comme vous dites, elles spéculent par exemple sur les matières premières alimentaires…

  13. Voici une déclaration de Christine Lagarde que je propose de sauvegarder sur votre PC ou Mac….qui risque bien de rentrer dans le bétisier 2011?

    Crise de la dette: l’euro a « franchi le cap », affirme Christine Lagarde.Le pire de la crise de la dette derrière elle, a déclaré samedi la ministre française des Finances, Christine Lagarde, devant les décideurs économiques et politiques du monde entier rassemblés à Davos (Suisse).

    http://www.rtlinfo.be/info/economie/monde/771442/crise-de-la-dette-l-euro-a-franchi-le-cap-affirme-christine-lagarde

  14. Important
    Sur Al Jazeera, en live :
    L’armée est en désaccord d’avec le gouvernement (donc Moubarak) sur la manière de gérer les manifestations.
    Elle refuse totalement d’utiliser la violence contre les manifestants.

    Si je ne m’abuse, c’est en train de basculer. L’armée a choisi son camp.
    De toute façon, avec le nombre de conscrits qu’elle a en son sein, difficile aussi de leur demander de tirer sur leurs pères, leurs frères, leurs soeurs.

    Il faut attendre la confirmation.

    1. Et l’armée a abandonné al-Arish et la protection de la frontière avec Gaza. Donc les événements vont s’accélerer. Restons optimistes, c’est la seule force qu’il reste à nos sociétés vieillissantes.

    2. L’armée fraternise?
      C’est bon signe, un général va prendre la tête du gouv. provisoire.
      La CIA a gagné.
      En fait on ne sait rien de rien vu que les comm. plus ou moins fiables.
      C’est embêtant cette incertitude de l’avenir.
      Je préfère le passé, là au moins on sait où on va.

    3. Deuxième interview surréaliste sur al jazeera d’un prisonnier qui explique que la police tire à vue sur les prisonniers qui ont chanté des slogans de soutien aux manifestations (beaucoup de « politiques » = frères musulmans, ou pauvres types qui étaient au mauvais endroit au mauvais endroit). Pendant que le prisonnier dit être entouré d’une cinquantaine de cadavres, la présentatrice lui dit « parlez plus doucement, nous allons de toute façon vérifier les informations », etc. Si avec ca les forces fidèles à Mubarak n’arrivent pas à envenimer la situation, c’est qu’ils se seront donnés de la peine.

      Et à part ca, tout va bien à Davos ? La neige est bonne ? Vos enfants apprennent le russe ou le chinois ?

    4. Le lieutenant général Omar Suleiman un Ministre sans portefeuille égyptien, pressenti pour prendre le relais de Mubarak en tant que vice-président. Il est le chef depuis 1993 du Jihaz al-Mukhabarat al-Amma, le plus puissant service de renseignements égyptien

    5. Omar Suleiman est le chef effectif de la politique étrangère égyptienne et des négociations avec Israël ou les palestiniens en plus d’être le chef des renseignements. Il faisait partie des favoris pour l’élection de septembre. Il serait très bien vu par l’armée. Sa nomination en tant que vice-président est le signe que Mubarak essaye de sauver le soutien des USA et d’Israël. Il sait que c’est sa dernière chance de contrôler sa succession dans l’urgence. Ses soutiens aussi. C’est une course de vitesse avec la rue. Pas sûr qu’il ne soit pas trop tard.

      Libération 03/03/2009 :

      (…)Cependant, bien qu’il soit impossible de connaître le choix des généraux, Suleiman, qui est également apprécié des milieux d’affaires, pourrait partir favori, si ce n’était son âge… Si Hosni Moubarak, octogénaire, venait à mourir soudainement, Suleiman serait probablement le mieux placé. Mais en 2011, date de la prochaine présidentielle, sera-t-il toujours d’attaque à 76 ans ? En a-t-il d’ailleurs envie ? Rien n’est moins sûr, affirment de nombreux observateurs. Les fastes du pouvoir suprême ne semblent pas intéresser cet homme qui n’a de cesse de démêler les nœuds du Proche-Orient. Mais toujours en coulisses.

    6. Omar Souleimane est l’ombre de Moubarak.
      Et des américains. Et des services israéliens.
      Et la tête pensante du régime policier et dictatorial égyptien.
      Je ne vois pas comment les égyptiens pourraient s’accommoder de cette nomination.
      « Dès l’annonce de cette nomination, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au nouveau numéro deux du régime. »
      http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/29/001-egypte-samedi-moubarak.shtml
      Actuellement, et malgré le couvre-feu, l’armée n’a toujours pas fait de gestes meurtriers en direction des manifestants et la police s’est retirée.

      A priori, les américains ont ‘décidé’ de retirer Moubarak du jeu. Mais cela semble à la fois trop tardif et bien trop transparent, en la personne de Souleimane.
      Ils auraient du le faire il y a une semaine déjà.
      La seule solution qui permettrait aux américains de sauvegarder l’essentiel pouvait être Baradei.
      Occasion qu’ils n’ont pas saisi : marqué trop ‘favorable’ aux iraniens sur le dossier du nucléaire.

      Maintenant …

    7. @Vigneron: nommer officiellement celui qui déjà détenait tout le pouvoir (les Mukhabarat = les services secrets, symbole même du système contre lequel les gens protestent), puisqu’il était le confident de Mubarak et le principal acteur des négociations avec les Israéliens, les Palestiniens, le Hamas, etc., revient tout simplement à déclarer la guerre à cette révolution en marche. Mubarak est honni pour son accaparement des richesses, avec sa bande (famille, parti, businessmen associés, du Golfe, d’Israël et d’ailleurs), et les Mukhabarat sont honnis pour interférer en permanence dans la vie privée de gens.

    8. Une bonne présentation de l’homme en question :
      http://www.lefigaro.fr/international/2009/01/27/01003-20090127ARTFIG00012-souleiman-l-homme-qui-sait-parler-a-israel-et-au-hamas-.php
      Pour ceux qui ont vu le film ‘Mensonges d’Etat’, il verra que la ressemblance est frappante.

      Petit manque : l’homme n’est pas un ‘militaire’, bien qu’il ait participé à deux guerres contre Israël.
      Il a fait toute sa carrière dans les services.
      Il ne ‘contrôle’ donc pas l’armée de ligne.
      De même, les officiers supérieurs ont toujours fait allégeance au régime.
      Mais les officiers intermédiaires ?
      Se rappeler un certain ‘Nasser’, Lieutenant-Colonel du ‘Mouvement des officiers libres’.

    9. @zébu : « De toute façon, avec le nombre de conscrits qu’elle a en son sein, difficile aussi de leur demander de tirer sur leurs pères, leurs frères, leurs soeurs. »

      Ouaip. Au moins sous nos contrées le pouvoir y a pensé et a professionnalisé tout ça. Comptez pas sur l’armée en cas de révolution en France. 🙂
      Dans nos chères « démocraties », c’est verrouillé à double tour.

    10. « (…)
      Dans son ouvrage The Ghost Plane: The True Story of The CIA Torture Program, l’auteur états-unien Stephen Grey détaille la coopération « sécuritaire » entre les USA et l’Egypte sur le transfert clandestin des prisonniers et révèle que Suleimane était « le partenaire égyptien principal dans la collaboration avec la CIA (…) et a représenté pendant de nombreuses années le principal canal de communication entre les USA et Moubarak, même dans les questions qui n’ont rien à voir avec les renseignements généraux et la sécurité ».
      Les documents révélés par Wikileaks ont confirmé la relation priviliégiée entre Suleimane et les services américains.
      Enfin, l’ex-prisonnier australien Mamdouh Habib, transféré par la CIA du Pakistan en Egypte, a raconté dans ses mémoires les tortures dont il a fait l’objet par les services égyptiens, et révélé que Suleimane a ordonné l’exécution d’un prisonnier turkestanais devant lui pour le faire « parler ».
      Source : Al Safir »
      le cœur du pouvoir se resserre. cette nomination d’un homme de 74 ans à un poste vacant depuis 30 ans présente les signes d’un infarctus. A moins qu’intérêt bien compris des généraux entre business et nationalisme; « La liberté d’expression de forme pacifique est garantie pour tous », affirme le porte-parole de l’armée, cité par l’agence officielle Mena et la télévision d’Etat. A la veille de la grève générale nous ne pouvons que nous en réjouir et souhaiter aux deux fils de Moubarak, Alaa et Gamal, ainsi que leur famille, à Londres, une bonne austérité.
      Sur la place Tahrir, les manifestants chantent « Moubarak, un avion t’attend à l’aéroport » ! »…
      Ahmad Chafic, ministre de l’aviation, est chargé de former le nouveau gouvernement.
      Avant Suleimane vice-président je ne connaissais que son homonyme
      http://www.dailymotion.com/video/x3ul6g_omar-souleyman-leh-jani_music

    1. Au moins Hoover il a eu pour successeur Roosevelt. Vu la bande de crétins qu’il y a au Tea Party Républicain, j’ai pas beaucoup d’espoirs que ça soit le cas pour Obama…

    2. Dans la suite – non reproduite évidemment – de la citation de dedefensa, ce n’est ni Roosevelt, ni Hoover mais bien Kennedy qu’Obama invoque : …  » but to win the future, we’ll need to take on challenges that have been decades in the making. »
      Qui rejoint son « Sputnik mioment » :  » We will meet that Sputnik moment, but we’re going to all have to do it together,  »
      Vous êtes bon public chez dedefensa.

    3. Il faut dire que les discours de BHO sont d’une platitude au point qu’un canal s’y est pendu.
      Quant à M. DEDEFENSA c’est un réaliste observant l’empire « américaniste » atteint d’une maladie auto immune.
      On dirait le Dr House guettant la chute de tension d’un patient en soins palliatifs.

    1. Y sait mais y fait juste de grands gestes, bien que son discours soit très bien reçu de la presse.
      SI Il veut marquer l’histoire en tant que chef du G20…
      Foin des rodomontades, qu’il passe à l’acte et
      Qu’il commence par nous montrer comment il cimente les paradis fiscaux!

    2. Encore une fois – et sans prendre parti quant à ce qui sera fait ou ne sera pas fait par rapport à ce qui a été dit – pour ce qui touche au contenu de l’allocution de N. Sarkozy, et comme vous vous en doutez si vous avez visionné la vidéo, je n’aurais pas pu dire autre chose que ce qu’il a dit lui quant à la monnaie et à la spéculation, et en particulier dans sa réponse à Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan.

    3. C’est moi qui avais cité le compte rendu Reuters plus haut.
      Nous sommes d’accord Paul, dans le discours not’ président présente toujours des arguments pertinents et convaincants.
      C’est dans les actes qui ne suivent presque jamais les mots, que réside le problème.
      Notamment en ce qui concerne le « détail » que constitue l’invulnérabilité des zones off-shore!
      C’est bien d’en causer, mais j’aimerais consulter le plan réaliste de leur « régulation » ,à minima, et de leur neutralisation si possible.
      Quant à son attitude vis à vis de Dimon elle est louable bien sûr!
      On va bien voir si la finance se venge…

  15. Mr Leclerc,
    Nous citoyens devons absolument nous engager dans les partis, les associations, Nous devons contester et enlever aux banquiers et aux financiers le pouvoir qu’ils confisquent aux démocraties. les pages de ce blogs et les discours aux convaincus ne suffisent pas à faire ce travail c’est evident. Mais il faut que nous mettions les mains dans le cambouis.
    Cf notre ami Zebu le prix democratique de mon vote
    Présent au colloque de Grenoble ce matin voilà pourquoi j’en reviens à l’activisme de Zebu :

    plus modestement que mrs Bob Diamond devant les communes ou mr Cohn à Davos, lors du débat de ce matin « Crise Financière, Crise Sociale », aux Etats Généraux du renouveau, Mr Zinsou President du conseil d’aministration de PAI Partners (ex Paribas Affaires Industrielles) a affirmé devant l’auditoire (ainsi que Paul et Pierre Larouturou) que la crise financière (de liquidité sic) était derrière nous, que la spéculation ne jouait qu’un rôle minimal dans l’envolée des prix des matières premières qui est tirée par l’essor des émergents, que nous connaissions une année de croissance sans égale depuis la deuxième guerre mondiale.
    Que le développementd es emergents contrebalançait largement la chute US et européenne; Et que Sarkozy devait surtout s’occuper de garder le AAA du pays plutot que de se ridiculiser sur le dossier de la speculation.
    Son ancien prof d’économie Mr Mistral (présent au débat) était visiblement très fier de son élève.
    Ceci pour dire la pugnacité de nos amis banquiers qui n’hésitent pas à sortir en milieu découvert, avec toute leur morgue et une mauvaise foi hallucinante.

    1. C’est bien dommage. Mais j’ai quand même du mal à croire que nous sommes les seuls, ici, à profiter de vous…

  16. Pourquoi n’a-t-on que peu (ou pas) d’infos sur la position israélienne ? Le mouvement géopolitique ne restera pas confiné à deux pays; et, égoïstement, je me dis qu’il risque d’atteindre l’occident, donc nous, via Israel, et que cela peut aller très vite en fait. Non ?

    Pour le fond de l’arictle de FL, les citations données sont « juste » uneillustration de ce que ce blog et d’autres disent depuis longtemps, mais qui n’est pas encore l’information officielle : le déin politique peut-il encore durer ?

  17. Que va faire l’armée ?
    La situation est infiniment complexe et rien n’indique un basculement quelconque de l’armée en faveur des manifestants.
    Avoir toujours en tête le poids symbolique et réel immense que représente l’Égypte au regard du monde Arabe.
    L’Egypte, dans sa forme actuelle, même partiellement modifiée à la marge, représente pour l’Empire, un bastion essentiel pour la préservation de ses intérêts géostratégiques.
    Mais revenons au rôle de l’armée:
    . Moubarak est issu du sérail: ancien général, chef d’état major de l’armée de l’air, ayant eu le mérite de laver partiellement en 1973 l’affront subi en 1967 durant la guerre des 6 jours, l’armée, a-priori, ne développe pas à son égard de sentiments hostiles.
    . l’armée a été jusqu’à présent en arrière plan. Rien n’indique aujourd’hui qu’elle pourrait quitter cette position.
    . elle est garante, comme ce fût le cas en Turquie, des institutions (barrière contre l’islamisme des Frères Musulmans) et de l’intégrité territoriale du pays.
    Voir à ce sujet l’article très intéressant publié par Médiapart

  18. « Encore une fois – et sans prendre parti quant à ce qui sera fait ou ne sera pas fait par rapport à ce qui a été dit – pour ce qui touche au contenu de l’allocution de N. Sarkozy, et comme vous vous en doutez si vous avez visionné la vidéo, je n’aurais pas pu dire autre chose que ce qu’il a dit lui quant à la monnaie et à la spéculation, et en particulier dans sa réponse à Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan…. »
    .
    L’eau fer… l’eau ferrugineuse, comme son nom l’indique, contient du fer… du fer (rire). Et le dire, c’est bien, mais le faire, c’est mieux !…

    Pour rappel, le discours de Toulon 😉 :
    « On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! […]
    L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. […]
    Et qui pourrait admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier dans la situation dont il se trouve aujourd’hui ? Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. L’impunité serait immorale. […]
    … ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique. […]
    En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d’agir s’impose à tous, j’appelle l’Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l’urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L’Europe doit se donner les moyens d’agir quand la situation l’exige et non se condamner à subir. […]
    Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Discours de Toulon, le 25 septembre 2008.

  19. Nout Wellink, le président du Comité de Bâle – en charge de la définition du nouveau cadre réglementaire des banques – n’était pas à Davos, mais en Afrique du Sud.

    …serait-il il est en train de préparer le sommet BRICA 2011 ?

    Comme à Davos on y attend en fevrier là aussi les « Financial institutions », « Corporate and private investors » et autres « Decision makers from public and private sector ».

    Aurons nous droit à la grand messe médiatique pour celui-ci? Perso j’ai un doute…

  20. bravo pour la qualité des articles de Mr Leclerc qui sont toujours, toujours, toujours très intéressants.
    Pour les autres auteurs la qualité est moindre car moins factuels.On peut avoir parfois le sentiment de se perdre dans des débats intellecto intellectuels qui ne servent qu à se gargariser chacune, chacun.
    A suivre….

  21. Dimanche 30 janvier 2011 :

    Soudan : manifestations pour réclamer le départ du gouvernement.

    Des manifestations pour réclamer la démission du gouvernement soudanais ont eu lieu dimanche en divers endroits de Khartoum et la police a procédé à des arrestations d’étudiants dans le centre de la capitale du Soudan, ont rapporté des témoins.

    «Des dizaines de policiers se sont mis à tabasser les étudiants à coups de matraques sur la place Jackson», a déclaré l’un de ces manifestants, Mohamed Salah, à Reuters. «Certains ont été arrêtés.»

    La police anti-émeutes a tiré des grenades lacrymogènes et encerclé des étudiants dans au moins deux universités de la capitale, a rapporté un journaliste de Reuters.

    (Dépêche Reuters)

    1. Terre brûlée version Mubarak: les pillages continuent au Caire, la police est confinée dans ses casernes avec ordre de ne pas intervenir (vus en habits dans leurs baraquements par un journaliste BBC), des forces spéciales tirent sur la foule ici et là et les prisons ont été ouvertes et semblent-il des armes distribuées.
      Alors que les pillages se concentrent sur un temple de la consommation des riches comme le Carrefour de Maadi au Caire, on parle de nombreux morts à l’intérieur mais personne n’ose s’y rendre. On installe près de Tahrir des hôpitaux de fortune dans les mosquées. Les hôpitaux ont accueilli depuis vendredi au moins 150 morts et 4000 blessés et on parle de dizaines de viols selon le directeur de l’administration des hôpitaux. A la question pourquoi les ambulances ne se rendent pas sur les lieux, il répond il y a 2 problèmes: 1) c’est « la sécurité » qui donne l’ordre aux ambulances de se rendre quelque part, et pas les médecins (même problème donc que l’absence d’envoi des pompiers vers les bâtiments en flamme ici et là depuis vendredi); 2) depuis vendredi on a trouvé que plusieurs ambulances étaient remplies de miliciens en civil avec des armes qui tirent au hasard sur les gens (même chose en Tunisie il y a peu).
      Une ONG sur place annonce qu’elle va déposer plainte et prévient les policiers de ne pas participer aux exactions sous peine de poursuites futures ayant recu des documents montrant que les US ont refusé une demande égyptienne de gaz/munitions etc et peut-être forces supplémentaires, tandis que les israéliens auraient envoyé 3 hélicoptères de ces produits.
      Les autorités ont fermé le bureau d’al Jazeera au Caire et retiré les cartes professionnelles des journalistes.
      Pour ceux qui n’ont pas al Jazeera (arabe ou anglais), le Guardian est le plus crédible
      http://www.guardian.co.uk/news/blog/2011/jan/30/egypt-protests-live-updates
      Il semble aussi que les autorités rassemblent les frères musulmans dans des prisons spéciales et qu’ensuite on tire sur les prisonniers ou on y met le feu. Hier 35 personnages importants des FM ont été rassemblés dans une prison au nord du Caire, amenés de toutes les prisons où ils étaient, et à l’aube des balles ont été entendues et le feu a pris la prison. Ils sont sortis pour certains, d’autres sont blessés, et ils expliquent maintenant sur al Jazeera qu’ils se sont enfuis « sans même l’avoir décidé mais pour sauver leur peau », et qu’ils appellent les Egyptiens à ne pas commettre de pillage et à continuer leurs efforts pour faire tomber le régime. Les autorités qu’ils ont vu pendant leur transport et là où ils ont été amené (une direction dépendant du ministère de l’intérieur) hier semblaient déconcernées et disaient ne pas savoir quels étaient les ordres. Une dizaine de membres du bureau directeur des FM et responsables locaux sont maintenant libres et attendent de savoir ce qu’ils doivent faire (ils précisent qu’ils ne se sont pas enfuis, qu’ils ne souhaitent pas fuir ni de la prison ni de leurs responsabilités).
      Le problème d’un pays où tout le pouvoir est dans les mains du président et des services secrets devient clair: il n’y a que le haut de la pyramide qui est organisé. Le reste vit dans un état de semi-anarchie et de soumission.

  22. Dimanche 30 janvier 2011 :

    8h55.

    Décrochage des bourses arabes dimanche matin à l’ouverture : Dubaï perd plus de 6%, Abou Dhabi près de 4% durant les premiers échanges, plus de 2% de perte à Koweit.

    Liberation.fr

  23. Au fond, la liste des TBTF est certainement impossible à établir.
    Car les risques systémiques sont trop nombreux.
    Nous sommes en pleine crise systémique, car c’est le fonctionnement de la monnaie qui est ce risque systémique lui-même.
    Même sauvées, les mégabanques listées ou non continuent de détenir des créances pourries.
    Les créances sont pourries, car les dettes ne sont plus remboursables pour un nombre croissant d’acteurs.
    La pratique actuelle des banques centrales cherche tout simplement à gagner du temps. Comme je l’ai déjà souvent rappelé, nous vivons une époque un peu bizarre depuis le début de la crise systémique que l’on peut sûrement situer au début de la crise japonaise.
    On s’est aperçu au Japon qu’un effondrement systémique peut être différé en émettant toujours autant de monnaie nouvelle que nécessaire pour tenter de boucher le trou noir du refinancement.
    On observe que les créanciers se contentent manifestement de la monnaie de singe ainsi émise et qu’ils en font un usage non-monétaire. En effet, l’essentiel de la monnaie centrale émise ne circule pas et n’est pas disponible pour des crédits, car elle n’est pas disponible aux guichets des banques. Cette situation des liquidités gelées est sans doute nouvelle au sens où elle concerne désormais l’ensemble des grandes économies du monde. Et personne n’a envie que ces liquidités s’injectent trop massivement et en même temps, car cela serait l’hyperinflation garantie.
    On observe donc un ralentissement extrême de la circulation monétaire, et celle-ci est compensée par un arrosage en monnaie liquide, désormais permanent malgré les dénégations acrobatiques de la BCE.
    Parce que les intérêts des crédits continuent de s’ajouter aux sommes dues, les défauts de paiement et le surendettement continuera à croître, cette situation forcera toujours les banques centrales à émettre encore de la monnaie nouvelle.
    Si on émettait une monnaie non thésaurisable, la monnaie et le crédit ne pourraient plus exiger des intérêts, et le désendettement s’enclencherait aussitôt. Cette sortie en douceur me semble plus efficace que la douloureuse voie des restructurations des dettes, toujours insuffisante.

    1. Et si, Johannes, il était possible de construire une vie tranquille, pépère, peinarde, sans avoir BESOIN de s’inquiéter de la « fonte » de son capital et avoir le réflexe de devoir chercher des TAUX D’INTERET de plus en plus élevés…???

      Réflexion de ma femme ce matin en regardant notre vieux lave-vaiselle : « tu te rends compte : on construisait du solide, dans le temps… »

      Tu proposes une société d’hyper-consommation, je VEUX une société d’hyper-distribution.
      Et que cette distribution permette à un humain d’envisager l’avenir de façon assez sereine, sans trop se soucier de l’argent, devenu TROP nécessaire dans la vie.

    2. La machine à faire de la dette en panne, les dettes insolvables s’accroissant, les liquidités distribuées par les banques centrales alimentent une spéculation financière destinée à rééquilibrer progressivement le bilans des banques, aux accommodements comptables près.

      En fermer le robinet n’est toujours pas envisageable pour les banques centrales, en dépit du danger inflationniste qu’elles peuvent induire en se répandant par porosité dans l’économie réelle.

      Dans l’immédiat, ce sont d’autres phénomènes inflationnistes interviennent. Dans les pays émergents, où les afflux de capitaux à la recherche de meilleurs rendements perturbent la parité des monnaies et l’économie. Dans le monde entier, en raison de la hausse des commodities, à cause du refuge financier que celles-ci représentent, et de leurs conséquences dans les prix à la consommation.

      Une particularité de la situation est la menace simultanée des deux dangers que représentent la déflation et de l’inflation, ainsi que l’étroitesse de la ligne de crête qui les sépare, signe du profond dérèglement du système financier.

      En Europe, la solution préconisée n’est pas fonctionnelle : planquer la dette privée sous le tapis et résorber la dette publique à toute allure. Les Américains restent arc-boutés sur la ligne de défense que représente le statut du dollar, afin de ne pas y procéder. Les Japonais, également à la tête d’une dette publique colossale, sont toujours à la recherche d’une introuvable discipline budgétaire.

      Dans tous les cas, il n’y a pas d’accommodements possibles, mais seulement des fuites en avant, assorties d’échappatoires sans avenir.

    3. Je vais répondre à ces deux réactions:

      1) jf à Yvan:
      Non, vous faites erreur, ce que je propose n’implique aucune hyperconsommation. Bien au contraire! Quand la monnaie ne peut être refuge pour former des trésors et pour entraver l’échange, les individus vont, au contraire, se « réfugier » dans des biens les plus durables possibles, afin de se protéger du mieux qu’ils peuvent. Cela aura pour effet de conduire à des saturations généralisées des marchés, et la seule solution intéressante pour l’individu, quand il aura suffisamment de ce qu’il souhaite avoir, sera la réduction de son activité et de son travail. Car il ne pourra plus obtenir les intérêts de son capital, personne ne sera là pour gaver les rentiers, la redistribution des biens sera meilleure, mais la consommation globale plutôt stabilisée, voire en recul sur la situation actuelle où le surtravail ne fait que gaver les plus riches. La contrainte à la croissance économique aura disparu dans les pays développés, et elle s’arrêtera dans le reste du monde au fur et à mesure que la prospérité s’étendra, grâce à cette nouvelle monnaie.

      2)jf à François Leclerc:
      Je suis tout à fait d’accord avec vos remarques.
      J’ai simplement fait observer que si les banques centrales émettaient une monnaie différente, un signe monétaire marqué par le temps, il n’y aurait plus besoin d’en rajouter toujours davantage de monnaie nouvelle, plus besoin de nourrir la spéculation que vous pointez.
      De plus, les dettes non recouvrables deviendraient à nouveau solvables, car la nouvelle monnaie (le SMT) viendrait irriguer toute l’économie immédiatement: les créanciers ne pourraient plus se retirer ni spéculer en raison du risque lié au marquage du temps. Ils seraient amenés à chercher des placements et des investissements non spéculatifs, les seuls encore susceptibles de les « protéger » un tant soit peu de l’inéluctable « fonte ». L’argent irait vers le développement durable, la meilleure façon de sécuriser ses biens quand la thésaurisation aura disparu. Dès lors, l’activité reprendra et le chômage reculera pour tous ceux qui doivent travailler rembourser leurs dettes. Ceux qui estiment avoir assez, et puisqu’ils ne peuvent plus s' »enrichir en dormant », vont ralentir leurs activités, et cela sera un « bien » du point de vue écologique. La contrainte à la croissance généralisée aura totalement disparu.
      Le résultat sera une sécurisation de l’épargne, car les insolvabilités disparaîtront. Bien entendu, le rendement attendu du capital sera moindre, mais c’est peu compte tenu du fait que les défauts de paiement ne seront plus. C’est aussi peu si on songe que la crise systémique ne sera plus.

    4. @ Johannes
      Vous êtes « épatant » comme disait Dutourd 😉

      Vous reconnaissez que nous sommes dans une situation d’insolvabilité (en fait de surendettement généralisé, tous acteurs confondus : ménages, entreprises, états), mais vous proposez une « solution » technique comme s’il s’agissait d’un simple problème de liquidités. En fait vous reprennez à votre compte les croyances magiques monétaristes : « Ah si seulement la monnaie circulait, tout serait réglé ! ».

      « Quand la monnaie ne peut être refuge pour former des trésors et pour entraver l’échange, les individus vont, au contraire, se « réfugier » dans des biens les plus durables possibles, afin de se protéger du mieux qu’ils peuvent. »

      Je le crois aussi. Mais, dans la situation actuelle où les actifs sont concentrés dans un petit nombre de mains, cela alimenterait encore plus la spéculation entre riches et pour les riches. Et donc renchérir encore plus le coût de la vie dont les démunis sont les premières victimes. De plus cela n’améliorerait pas en soi la solvabilité de ceux qui sont déjà surendettés : par quel tour de magie deviendraient-ils solvables, les intérêts sur les contrats existants seraient-ils revus autoritairement à la baisse, les salaires revus autoritairement à la hausse … ?

      Le SMT serait peut-être utile, mais uniquement après avoir opéré une redistribution, après avoir comblé le gouffre entre « ceux qui ont trop d’argent à ne savoir qu’en faire sauf à spéculer » et « ceux qui ont trop de dettes ». Votre solution purement technique n’en est pas une.

      « Il suivait son idée. C’était une idée fixe, et il était surpris de ne pas avancer. » Jacques Prévert

  24. Dimanche 30 janvier 2011 :

    Egypte : les Bourses du Golfe plongent.

    Plusieurs Bourses arabes du Golfe plongeaient dimanche, avec une baisse de plus de 6% à Dubaï, dans la foulée des tensions en Egypte, secouée par une contestation populaire sans précédent contre le régime.

    A la Bourse de Dubaï, l’indice DFM a chuté de 6,7% à 1.505,62 points, peu après l’ouverture à 06H00 GMT, selon le site internet de la Bourse.

    Après une heure de cotations, l’indice était encore en baisse de 6,27%.

    Le géant immobilier, Emaar Properties, titre vedette de la Bourse de Dubaï, perdait à l’ouverture 10%, le seuil maximum autorisé par les régulations du marché.

    Emaar Properties, qui a construit Burj Khalifa, la tour la plus haute monde, compte plusieurs projets en Egypte.

    Pour sa part, la compagnie aérienne Air Arabia de Charjah, l’un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, plongeait de près de 10%. Ce transporteur à bas prix a un hub en Egypte.

    D’autres marchés du Golfe étaient également en chute.

    La Bourse d’Abou Dhabi perdait 3,74% à 2.559,89 points durant les premiers échanges.
    Le titre du géant des télécommunications Etisalat, qui opère en Egypte par le biais d’Etisalat Misr, perdait 3,35%.

    A Koweït, la Bourse, le deuxième marché arabe après l’Arabie saoudite, perdait aussi 2,14% à 6.795,6 points.

    La Bourse du Qatar a ouvert sur une baisse de plus de 5%.

    Le marché saoudien, le plus important du monde arabe, avait cédé 6,43% et clôturé à 6.267,22 points samedi, au premier jour de cotations de la semaine dans le royaume saoudien. Dimanche, il ouvre plus tard dans la journée.

    « Une exposition directe à la violence en Egypte est un problème pour certaines compagnies saoudiennes qui ont pris des participations dans des firmes égyptiennes », a indiqué dimanche le bureau de conseil, Jadwa Investment, dans un communiqué.

    L’Egypte est en proie depuis mardi à un mouvement de contestation populaire sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans. Au moins 102 personnes, dont 33 samedi, ont été tuées depuis le début de ces manifestations, selon des sources de sécurité et médicales.

    Boursorama

  25. La restructuration de la dette grecque a l’air d’être toujours étudiée ..

    «  »Das Vorhaben orientiert sich am „Brady-Plan“ des ehemaligen US-Finanzministers Nicholas Brady, der Lateinamerika in den 80er-Jahren vor dem Bankrott rettete, berichtet die griechische Zeitung „To Vima“ unter Berufung auf einen hochrangigen Banker.  » = qq lignes tirées d’un article de  » Die Welt »

    Le journal grec  » To Vima » parle d’un plan analogue auu Plan Nicolas BRADY, qui avait été mis en oeuvre dans les années 80 pour Amérique Latine ..

    A force, ça a l’air sérieux .. non ?,

  26. Dimanche 30 janvier 2011 :

    11h10 : Les Etats-Unis proposent de rapatrier leurs ressortissants.

    L’ambassade des Etats-Unis a proposé dimanche d’organiser à partir de lundi l’évacuation vers l’Europe des Américains souhaitant quitter l’Egypte.

    «L’ambassade des Etats-Unis au Caire informe les citoyens américains en Egypte désireux de partir que le département d’Etat est en train de prendre des dispositions pour fournir des moyens de transport jusqu’à des lieux sûrs en Europe», écrit l’ambassade dans un communiqué.

    Ces vols commenceront à partir de lundi, ajoute-t-elle, en soulignant que cette évacuation se fait sur une base volontaire.

    Plus tôt, la chaîne Al Arabia avait annoncé que Washington allait inviter ses ressortissants à quitter l’Egytpte au plus vite.

    20minutes.fr

  27. Dernières nouvelles à 16h concernant l’Egypte :
    La manifestation cet après-midi a commencé plus tardivement, du fait des enterrements aujourd’hui des morts (plus de 150, selon al Jazeera).
    Mohamed El Baradei a été chargé par plusieurs organisations d’opposants et les Frères Musulmans d’entrer en contact avec l’armée et le gouvernement pour organiser la transition.
    Le mouvement du 06 avril appelle à une grève générale illimitée à partir d’aujourd’hui.
    Le dernier fournisseur internet, Noor, celui des grosses entreprises et de la bourse du Caire vient de s’interrompre.
    Plus de 20 000 manifestants sur la place Tahrir au Caire.

  28. La secrétaire d’État – jeannette Bougrab a été convoquée dimanche à Matignon, après avoir évoqué l’usure du président égyptien et appelé à son départ. Elle précise qu’il ne s’agissait pas de la position officielle de la France.

    Brave jeannette Bougrab. Les soutiens au peuple egyptien insurgé sont réjouissants mais honte à ce Mélenchon qui affirme qu’une secrétaire d’état ne devrait pas critiquer un chef d’état étranger et qu’avec lui cette secrétaire d’état aurait été virée dans l’heure. Les propos rapportés ne sont pas tout a fait exacts mais l’esprit certainement. Nous comprenions l’attitude Mélenchon quant il s’était agit de la Chine rappellant l’attachement du peuple chinois au Tibet mais le cas présent est tout a fait différent le peuple égyptien ne veut pas de son Rais.

  29. @ k abouli : en effet, les propos rapportés ne sont pas tt à fait exacts .
    Si l’on admet que JDD bon journal (sic !), la phrase complète est :

    «  »En s’exprimant ainsi, Jeannette Bougrab va plus loin que le Premier ministre et même que Nicolas Sarkozy, qui a publié un communiqué commun avec David Cameron et Angela Merkel. Dès dimanche matin sur Europe 1, Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon ne se sont pas privés de dénoncer le faux pas. Pour le premier, « il y a un président, il y a un Premier ministre, il y a une diplomatie, c’est à eux de s’exprimer ».
    Jean-Luc Mélenchon s’est montré plus sévère. « Le militant que je suis dit à Moubarak ‘dégage!’; si j’étais le président de la République, je me garderais bien de tenir un tel discours à l’égard d’un autre peuple souverain et libre » , a avancé le président du Parti de gauche, qui a promis que si l’un de ses ministres s’exprimait de la sorte, « alors là, il prendrait la porte deux secondes après! » Même Alain Minc, conseiller du président de la République, a critiqué l’attitude de Jeannette Bougrab sur RadioJ. « Il faut qu’elle apprenne le métier qui est désormais le sien (…) et donc en l’occurrence à ne pas faire une déclaration comme ça », a sermonné le “visiteur du soir” de Nicolas Sarkozy. «  »

    Donc JLM sait bien faire « des dédoublements de personnalité  » : une casquette de militant, une casquette de  » grand chef politique » ..
    Par ailleurs, une boutade :
     » Avant de devenir ministre, un politicien devrait faire un stage …. de SOUMISSION vis à vis des 2  » Big chiefs » que sont le Pdt de Républik et le 1st Minister ..
    Obéissance ! sinon pas  » la carotte de ministre » Boutade ?,
    Mais bien sûr la  » solidarité gouvernementale  »

    Mr Ollier a t il été éduqué par MAM, son épouse ??

    1. je remarque que vous avez bien raison de souligner que seuls mes propos n’étaient pas tout a fait exacts, je puis en tirer la conclusion que le sens l’est pourtant bien . Où Mélenchon a-t-il vu un peuple souverain libre et souverain ?..malgré tout .la logique de Mélenchon est absurbe parce qu’elle laisse supposer que la politique est indépendante de la justice et de la raison.
      Les américains et les européens pourraient eux aussi invoquer l’argument que la politique ne se fait pas avec de bons sentiments pour justifier qu’ils continuent de renvoyer dos à dos le dictateur et le peuple qu’il fusille. Aujourd’hui il est notoire que nous assistons en Egypte à l’enterrement hypocrite de la démocratie dans ce pays par les oligarchies américaines et européennes sous le prétexte d’un danger islamiste qui en fait ne menace non pas la démocratie mais tout simplement les intérêts pétroliers de l’occident ..
      Les médias occidentaux préparent le monde à une répression militaire en Egypte qu’ils comptent aider de tous les moyens dont ils disposent et dont le principal et le plus évident est les nouvelles médiatiques soigneusement sélectionnées.
      Il n’est pas certain que cela sera suffisant pour arrêter un peuple qui tente de se trouver des dirigeants à son image.
      Les prisons s’ouvrent et l’on voudraient nous faire croire qu’elles ne contenaient que des islamistes et des criminels endurcis et qu’ainsi Moubarak était justifié. Les prisons justifient un régime alors qu’elles l’accusent.

  30. Dimanche 30 janvier 2011 :

    15h05 :

    «Situation insurrectionnelle».

    L’ambassadeur français en Egypte a déclaré à BFM TV que «la situation» était «insurrectionnelle» dans le pays.

    S’il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation donné par la France, l’ambassadeur recommande la plus grande «prudence» aux ressortissants français et leur demande de respecter le couvre-feu.

    20minutes.fr

    1. « Force les mensonges d’entre camarades.
      Détruis les liens forgés dans la guerre dans le mensonge.
      Détruis les vérités accommodantes pour continuer la guerre
      dans la paix.
      (…)
      Celui qui change le sens des mots prépare des massacres.
      La paix c’est d’appeler un chat un chat. »

      L. Grisel. Publie.net

  31. Très bon article qui analyse le pas de deux actuel de la diplomatie américaine :
    http://www.slateafrique.com/177/diplomatie-americaine-moyen-orient-egypte-tunisie-israel

    Je suis très ‘intéressé’ par l’hypothèse 3, l’hypothèse 1 n’étant pas à mon sens ‘plausible’.

    D’abord parce que la ‘faiblesse’ du régime face à une montée de l’islamisme est très hypothétique. Ensuite, parce que les Frères musulmans, aujourd’hui comme en avril 2008, n’ont pas participé aux mouvements. S’ils ont appelé à y participer cette fois, c’est bien pour ne pas rater le train et le prendre … 4 jours après. Qu’ils soient en ’embuscade’, c’est possible mais cela ne date pas d’hier.
    De sorte que pour cette hypothèse, les américains auraient eu largement le temps de ‘gérer’ une transition du régime face aux islamistes, notamment en imposant au Raïs de renoncer à proposer la candidature de son fils, véritable provocation, y compris aux yeux des militaires.
    Et imposer ce que Moubarak a finalement fait : une vice-présidence ‘incarnée’ par Omar Souleimane, par ailleurs formé par les américains :
    « Très peu de journalistes et de politiques Occidentaux savent qu’il a reçu, par la suite, une formation réservée à l’élite de l’armée américaine, à la US Army John F. Kennedy Special Warfare ­School and Center, à Fort Bragg. C’est de cette époque que datent ses rapports professionnels privilégiés avec les services de renseignements et les militaires américains. »
    http://gruzelle.blog.fr/2011/01/29/egypte-le-general-omar-souleimane-prend-les-commandes-la-diplomatie-francaise-se-montre-prudente-les-manifestations-de-rues-se-poursuivent-en-tun-10462216/
    Si un plan pour le ‘Grand moyen-orient’ avait vraiment été esquissé autrement que les grandes lignes d’un ‘schock and awave’ d’un Bush, par ailleurs désastreux en Irak, une ‘transition’ plus ‘organisée’ se serait mise en place.
    En lieu et place, fureur et improvisations.

    Concernant l’hypothèse 2, elle est plausible, vu les réactions antagonistes parfois américaines. Il est possible aussi qu’n ‘plan’ ait pu avoir été prévu et que l’insurrection tunisienne, puis son ‘extension’ en Egypte ait pu surprendre les américains dans la mise en oeuvre de leurs plans.
    Néanmoins, la thèse du hasard ne tient pas bien la route, notamment provenant de l’Elysée, qui veut ainsi faire oublier son attentisme démesuré quant à la Tunisie, quand Obama en profitait pour surjouer le rôle du ‘bon américain’ défendant les droits des peuples à s’auto-déterminer, lançant ainsi une pierre dans le jardin français.
    Certaines réactions américaines sont surprenantes, connaissant le passé relatif aux deux pays, notamment en termes d’appui militaire. Ainsi, les USA ont refusé aux autorités égyptiennes des gaz et des munitions, tandis que ce fut 3 hélicoptères … israéliens qui livrèrent les égyptiens.

    D’où l’hypothèse 3 : mettre la pression sur Israël, qui, avec son premier ministre, n’a pas hésité à braver la position de son protecteur concernant les colonies et leur gel. Car si l’Egypte ‘tombe’ (du moins le régime actuel), même sans les Frères musulmans, il apparaît assez clair qu’un autre régime (hors d’un régime militaire) politique n’aura évidemment pas les mêmes relations avec Israël que ce que peut entretenir comme relation Moubarak avec celui-ci.
    Si on tient compte du fait que le Liban, qui est aussi à ses portes, vient de se donner un premier ministre provenant du Hezbollah, un changement en Egypte ‘radical’ (démocratie ou régime islamiste) finaliserait alors la hantise des israélien depuis 1967 : l’encerclement (pour peu qu’en Jordanie aussi, les manifestations ne débouchent sur quelque chose d’autre que de ‘simples manifestations’).

    Car le plus gros revers d’Obama en politique étrangère n’est pas l’Afghanistan, ni même Guantanamo mais il réside bien dans le proche-orient, concernant la Palestine.
    Qu’il réussisse sur ce sujet à ‘forcer la main’ aux israéliens quant à des négociations, voir à aboutir, et tous ses échecs seront oubliés.
    Les révélations récentes concernant les négociation de paix ont accéléré cette nécessité, en prouvant qu’il y a bien un partenaire pour la paix (contrairement à ce que dit et redit Netanyahou depuis lurette).
    http://www.rue89.com/node/187065

    Reste à savoir quelle solution choisiront les américains.
    Ils en ont les moyens, en rappelant récemment que ‘pour l’instant’, l’aide militaire n’était pas remise en cause.
    La nomination de Souleimane est une étape, tardive.
    Mais elle ne résoudra pas l’équation et les américains, comme les israéliens le savent, sauf à vouloir jouer un va-tout très risqué en cette région d’un bain de sang.
    DE fait, il semble leur rester deux solutions :
    – un coup d’état ‘à la Nasser’, d’officiers intermédiaires (un junte militaire ‘populaire’ et nationaliste),
    – Mohamed El Baradei, pour une option démocratique, intégrant les Frères musulmans.
    La dernière option, à priori, ne devrait pas plaire aux faucons israéliens, qui ‘rêvent’ de bombarder l’Iran.
    Mais, justement, cette option devrait plutôt, dans le cas de l’hypothèse 3, plaire aux américains.
    Stratégiquement. Et politiquement.

    Reste à gérer ‘la transition’, qu’Obama appelle de ses voeux, ‘en bon ordre’.
    http://www.europe1.fr/International/Egypte-une-transition-en-bon-ordre-Obama-393005/

    1. Effectivement en cas de défaut de l Egypte c est la Syrie qui pourrait devenir l allié le plus précieux des Israéliens, et croyons qu ils auront la capacité de leur tenir tête mieux que les Egyptiens. Haaretz envisageait la possibilité hier. Or justement en ce moment les US font tout pour gagner les faveurs syriennes, et ils y ont remis un ambassadeur depuis un mois. Mais en échange, ils souhaitent voir les Syriens renoncer à l accord de défense mutuelle avec l’Iran.

    2. @Zébu,

      J’ai posté sur un autre fil une dépêche du Figaro relative à ce sujet. Par ailleurs, les USA demandent un rapatriement de leurs ressortissants. Je ne suis pas rassuré du tout, car ils se préparent donc à toute éventualité. L’option folle d’une opération purement militaire, sous pression d’Israel, avec maintien de Moubarak, n’est pas à écarter. C’est celle qu’aurait chois Bush sans hésiter. Obama, lui, hésite, ce qui est un progrès. Le lobby des faucons Israelo-américain (car y’a-t-il encore lieu de distinguer entre ces 2 pays?), pris de vitesse en Tunisie, est à l’oeuvre. Sans autre perspective que de figer la situation pendant quelques mois tout au plus.

    3. @ Jeanne :
      Pas gagné gagné la Syrie alliée d’Israël.
      Va falloir lâcher le Golan …
      Je ne vois pas pourquoi la Syrie irait sur cette galère, sans biscuits la concernant au premier degré.

  32. @Zébu: pourquoi dites-vous que le premier ministre libanais provient du Hezbollah? Il est sunnite et un ancien du parti de Hariri que je sache.

    La question est aussi, point de vue marchés financiers: est-ce que le Qatar ne joue pas un peu gros dans son pari contre l’Egypte (via al Jazeera). BA pourrait-il nous expliquer ?

    1. Quant au Qatar, voici un bref rappel des ‘rapports’ avec l’Egypte (où on y parle de Souleimane) :
      http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/qatar/egypte-ni-accord-ni-rupture/id-menu-957.html
      L’interdiction d’Al Jazeera est donc ‘logique’.
      Mais Qatar a la main semble-t-il : il organisera la prochaine coupe du monde de foot (et celle de handball) !

      Je ne suis pas loin de penser que les US ‘utilise’ Qatar dans son ‘reformatage’ du Grand moyen-orient, si tant est qu’ils aient une ‘vision’ de ce reformatage …

    2. @ Jeanne :
      Ouch …
      ‘provenant du Hezbollah’, effectivement.
      Mes excuses, donc.
      J’aurais dû effectivement préciser son origine politique et le fait qu’il doit sa nomination au soutien que le Hezbollah et le parti de Wallid Joumblat lui ont apporté. Et qu’il n’a pas renié. Ce qui signifie, en ces terres libanaises, qu’il a accepté l’origine du pouvoir qui l’a fait, adoubement consacré par Damas.
      Bref, effectivement, il ne provient pas du ‘parti de Dieu’ mais en accepte néanmoins son empreinte (ce qui n’est pas identique mais n’est reste pas moins signifiant politiquement).
      La ‘rupture’ politique du front nord, formé un temps par le Liban et la Syrie, lui-même associé à un pacte avec le front ouest (Iran), n’a duré qu’un temps bref pour les israéliens et les américains.
      Il semblerait que les américains en aient pris acte.
      Et en aient tiré les conclusions qui s’imposent, pour Mme Clinton : comme elle ne peut pas modifier l’intransigeance israélienne sur la question des colonies (et sur d’autres, en fait, sur toutes les autres) et qu’elle ne peut pas non plus aller au ‘fight’ avec son allié (rapport au lobby israélien à Washington), elle a décidé … de laisser faire.
      Au Liban (bien qu’elle n’ait plus la main en ce pays, si tant est qu’elle ne l’ait jamais vraiment eu).
      Mais surtout en Egypte.
      En faisant surtout croire qu’elle y est pour quelque chose.
      Ce qui n’est apparemment pas le cas.
      Jusqu’à preuve du contraire.
      Sauf que concernant le Liban, Mme Clinton déclare que ‘c’est aux libanais de définir leur avenir’.
      Et prend ça dans les dents.
      Mesquine, la Clinton …

    3. M’enfin, buse de buse, Zébu, tu as lu sa fiche sur wikipedia ou ailleurs ? Ce n’est pas un politicien professionnel mais un businessman, et il a déjà assumé le gouvernement après l’assassinat de Hariri, donc arrête d’agiter l’épouvantail Hezbollah ! Les partisans tout aussi fanatisés de Saad Hariri (politicien médiocre dont le seul slogan est « votez pour moi car je suis millionnaire et je possède des chapines de télé et radio Orient en France ») sont d’ailleurs descendus dans la rue brûler des pneus et attaquer l’équipe tv d’al jazeera avant même la nomination de Mikati, dont on attendait pas la nomination si tôt semble-t-il car il y avait des pourparlers que la violence dans la rue a rendu urgent d’achever.

      Dernières nouvelles d’Egypt: selon certains milieux de renseignements US (cités tjrs par al jazeera), le putch mililtaire doux a déjà eu lieu en Egypt mais le vieux fait comme si de rien était. C’est ce que je disais vendredi dans mon post où j’expliquais que c’est par un coup de théâtre c’était Mubarak qui était apparu à la télé au lieu du président du parlement.

      L’armée sur place dit ne pas avoir de nouvelles du gouvernement, et elle construit un mur d’un mètre autour de Tahrir (pour protéger les gens et empêcher les forces spéciales d’attaquer).
      ca y est au moment où j’écris, un type de l’armée annonce en direct que l’armée considère que les revendications du peuple sont légitimes. pour mémoire, le nouveau gouvernement était assez dans la panade cet après-midi: lire cette déclaration du ministre des finances, relevée sur le site de la bbc:
      Egypt’s new Finance Minister, Samir Radwan, tells the Reuters news agency that he has a « national mission at a very critical time ». « So far there have been no instructions given to me from the president, there are no decisions regarding economic policies, it is still too early to do or say anything, » he adds.

    4. @ Jeannette :
      Eh, la jeanne, ‘la buse de buse’, tu me la refais pas, sinon, sinon je vais t’envoyer paître les marguerites dans tes champs, entiendo ? 🙂
      Je persiste et signe. Et c’est d’ailleurs ce que disent tous les éditorialistes.
      Le revirement des druzes de Walid Joumblatt, qui faisaient partis de la coalition en sont partis, pour s’allier avec le Hezbollah. D’où nomination d’un sunnite, mais ‘ami personnel’ d’Al HAssad.
      Syrie. Hezbollah. Tout ça …
      Réfutation ?
      Sinon, pour l’Egypte, le ‘coup d’état’ en interne militaire, c’était pas du tout cuit, il y a deux jours. Mais apparemment, les choses se décantent.
      Attendre la confirmation.

    5. @ (A)-bu-zé : envoie mes amitiés aux éditorialistes, les marguerites ont plus d’intelligence. Le Hezbollah va être super content de savoir qu’un milliardaire de chez Forbes avec un doctorat de Harvard est membre chez eux.

    6. @ Jeanette :
      As-tu vu ‘The Godfather’ ?
      Si oui, tu connais la signification de ‘pantin’ ?
      Sais-tu, par exemple, que le dit premier ministre, est actionnaire majoritaire du journal ‘Al aKhbar’ ?
      Pas un journal franchement hostile au hezb …
      http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/25/01003-20110125ARTFIG00770-au-liban-un-premier-ministre-pour-eviter-le-chaos.php
      Et ce n’est pas sa ‘dotation’ au think tank ICG qui y change grand chose : il a été élu par les députés du hezb et les druzes, a accepté cette nomination et Saad Hariri refuse de le voir.

      Il est là pour temporiser. Cause le tribunal international.
      Je contacte un ami au Liban et je pose la question. On verra bien.

    7. Hariri s’est décridibilisé en passant son temps à se soumettre aux injonctions de Washington et de Paris. Il n’y a qu’à voir les Guignols libanais sur LBC qui montrent Hariri et son gouvernement dansant et chantant dans les avions qui les amènent aller-retour en permanence…

      Voir aussi:
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/28/97001-20110128FILWWW00368-liban-les-sunnites-divises.php

      Mikati est un homme providentiel comme Hariri le fut en son temps. Les Chrétiens aussi sont divisés au Liban: les phalangistes avec Hariri et les amis de Michel Aoun avec le Hezbollah.

      Si Mikati est un pantin, cela voudrait dire que le politique prime sur la finance, or si tu lis ce blog tu sais bien que ce n’est pas le cas.

    8. @ Jeanne :
      « Si Mikati est un pantin, cela voudrait dire que le politique prime sur la finance, or si tu lis ce blog tu sais bien que ce n’est pas le cas. »

      Ben non. Dans ‘Le parrain’, justement, le ‘politique’ n’empêche pas le fric. Et vice versa.

      Le Liban a toujours été ‘parrainé’.

      Je ne vois pas en quoi la situation actuelle est modifiée.

      Hormis que les parrains ‘changent’.

      Comme dans la mafia.

      Mikati, selon moi, dans tout ceci, c’est la figure de l’avocat, de l’avoué, de l’homme d’affaire.
      De quelque bord que l’on soit, on en a besoin, pour les apparences.
      Mais le vrai pouvoir ne réside pas en cette figure.

  33. En prévision du bras cassé… Amortir les pertes des banques d’affaires avec les résultats des banques de dépôt. Ils sont tombés sur la tête. L’apocalypse est vraiment pour décembre 2012. Les Mayas sont trop forts!

  34. Ce qui aussi intéressant c’est de se poser des questions sur l’attitude de l’armée égyptienne dont on peut penser que traditionnellement humiliée par des défaites retentissantes face à Israël elle pourrait se venger sur son propre peuple. Ce fut le cas de la France lors de la Commune.
    On peut aussi penser que cette armée bien qu’entièrement équipée par l’Amérique est néanmoins une armée comptant de nombreux appelés qui pourraien t basculer si le peuple accentuait sa pression. Le rôle des islamistes sera certainement fondamental: choisiront-ils l’option insurrectionnel ou mais plus probablement l’option d’élections démocratiques qui présente plus de garanties. Cependant si leur soutien permettrait un relâchement de la pression populaire, elle accentuera la pression sur Israël
    La révolution russe elle aussi commença sans les bolcheviks mais ils ne tardèrent pas a y tenir un rôle central.
    L’attitude occidentale est qu’elle est complètement surprise par cette insurrection et procède par replâtrages. Dans l’immédiat seul un statut quo genre dictature militaire éclairée serait satisfaisante mais reporterait simplement les problèmes tout en donnant du temps pour se préparer à un affrontement futur, le peuple égyptien peut aussi tenter de précipiter les choses en débauchant l’armée. Maintenir une armée d’appellés au contact d’une population se radicalisant est une option très dangereuse pour ses promoteurs.

  35. « Ce qui est triste, c’est qu’un nombre écrasant d’Egyptiens supporte les islamistes fondamentalistes », déplore-t-il avant de souligner l’absence de « mouvement politique important et organisé » en dehors des Frères musulmans. »
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/31/israel-redoute-les-freres-musulmans_1472886_3218.html#xtor=RSS-3208

    Ce qui est triste surtout, c’est le niveau actuel des éditorialistes israéliens, notamment de Haaretz, pourtant grand journal s’il en est.
    Ce qui est triste, pourrions-nous dire en réponse, c’est qu’un nombre écrasant d’israéliens supporte les juifs orthodoxes et un likoud xénophobe et colonialiste. Et de souligner l’absence de mouvement politique important et organisé en dehors de ce type d’orientation (Kadima et le parti travailliste ne sont que des variantes d’un même ‘programme’).

    Ce qui est navrant, c’est que tous ces éditorialistes soutenaient peu ou prou Moubarak et son régime, contre toute alternative, contre les Frères musulmans, qu’ils auront sans doute quand même, à cause du soutien à ce régime.

    Ce qui est délirant, c’est que ces éditorialistes qui envisagent maintenant El Baradei comme ‘troisième voie’ oublient combien il fut conspué par le gouvernement israélien et parfois ces mêmes éditorialistes, comme homme de main des iraniens.

    Ce qui est révélateur de la myopie de ces éditorialistes, c’est de ne même pas percevoir (ou ne pas oser le révéler) que ‘l’absence’ des américains n’est pas forcément une faiblesse : il ne leur viendrait évidemment pas à l’esprit qu’Obama puisse reprendre la main du jeu qu’ils considéraient gérer, ad vitaem aeternam.
    Que d’un coup ils découvrent une réalité bien différente de ce qu’ils projetaient, à savoir un ‘splendide’ isolement, comme en 1967.

    Ce qui est hallucinant, de la part d’Haaretz, c’est d’imaginer un seul instant que la Syrie pourrait devenir une alliée, sans même parler du plateau du Golan.
    Ou faire un parallèle entre l’Egypte et la bande Gaza, en rêvant à voix haute que les gazaouis se saisissent d’internet et entament une protestation face au Hamas, pourtant élu démocratiquement en 2006 (ce que le quotidien se garde bien de rappeler).

    Et d’imaginer, seule option ‘optimiste’, une version ‘Disneyland’ d’un Grand moyen-orient où comme par magie, les haines recuites des pays arabes et de leurs peuples disparaîtraient à la seule apparition de la démocratie, sortie de la gangue des régimes qu’ils ont contribué à soutenir. Et qu’ils appelent encore à soutenir, au nom de la sacro-sainte ‘stabilité’.

    J’espère qu’en Israël, les éditorialistes ne représentent pas les israéliens.
    Sinon, cela signifierait qu’Israël s’est transformé en vaste parc d’attraction, où Mickey l’israélien et Donald le syrien vivent ensemble et heureux, sous le regard enfin bienveillant de l’Oncle (sam) picsou.

    Ce serait définitivement bien ‘triste’. A pleurer.
    Car pendant que les éditorialistes israéliens s’attristent du sort futur des égyptiens, ceux-ci pleurent leurs morts et crient ‘dehors !’.

    1. Sur ce blog même il me semble que cette hypothèse a été rejeté en son temps…. C’est du moins ce que j’avais compris à l’époque c’est à dire lorsque la crise a eu lieu et ou les états avaient été appelés pour renflouer les caisses des pauvres banquiers.

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