L'actualité de la crise : DÉSESPOIR DE CAUSE, par François Leclerc

Billet invité.

Il y a des fois où, comme on ne sait plus quoi faire, on se résout faute de mieux à des expédients. Les exemples ne manquent pas en ce moment.

Attendant que se concrétisent des aménagements adoucissant sa peine, après avoir plongé dans l’austérité le pays, le gouvernement grec tire le diable par la queue, n’ayant accès au marché obligataire qu’à court terme et à des taux très élevés. Il coule donc les yeux doux à la diaspora, nombreuse de 7 millions d’âmes, le pays en comportant 11 millions. Un emprunt qui leur serait réservé est à l’étude, d’un montant qui pourrait être selon le quotidien Kathimerini d’un milliard d’euros, à échéance de moins de 10 ans, et selon des taux inférieurs à ceux du marché. Cela a un petit côté fond de tiroir.

En Irlande, où de prochaines élections anticipées créent de fortes incertitudes au sujet de la mise en œuvre du plan de sauvetage européen, la banque centrale a carrément pris le relais de la BCE, afin de continuer à alimenter en liquidités les banques sinistrées. 51 milliards d’euros leur auraient été déjà versés. Celles-ci ne disposaient plus d’actifs à mettre en pension (en garantie) à la BCE, qui leur a déjà prêté 132 milliards d’euros à fin décembre, et il a fallu improviser une solution. C’est donc avec l’aval de la BCE que cette opération de création monétaire hors normes est désormais en cours.

Des fonds vautours se sont vite manifestés en Espagne, après l’annonce par le gouvernement qu’il recherchait des investisseurs privés pour ses Cajas, son réseau de caisses d’épargne lourdement plombé par les crédits immobiliers. Mais, selon El Pais, ces fonds de capital-risque ne sont prêts à investir qu’à des « prix cassés », en application de très faibles valorisations. Dans la nécessité d’agir rapidement devant l’impatience des marchés, c’est le Frob – le fonds d’aide public, administré par le ministère de l’économie et la Banque d’Espagne – qui va intervenir par défaut, « à titre temporaire » et pour pas plus de 5 ans assure la ministre Elena Salgado.

Le tout en dépit de l’objectif prioritaire de réduction du déficit. Un ratio de 8% minimum de fonds propres (par rapport aux engagements) sera appliqué, les besoins financiers estimés en conséquence à 20 milliards d’euros par la ministre, avant même que les Cajas n’aient comme prévu divulgué leur exposition à la bulle immobilière…

L’emploi de solutions de fortune n’est pas réservé aux Européens. Aux Etats-Unis, une discrète réflexion est entamée au Congrès, en vue d’élaborer une loi permettant aux villes et aux Etats de se réfugier derrière la protection de la loi sur les faillites, comme les entreprises le peuvent. Cela semble en effet la seule issue possible dans certains cas, celui de l’Illinois étant pour commencer sur toutes les lèvres.

Dans de pareilles circonstances, la loi permet de négocier avec ses créanciers. En l’occurrence, l’objectif poursuivi serait de pouvoir revenir sur les obligations des fonds de pension des travailleurs du secteur public, afin de les réduire. Un choix serait proposé entre cette solution ou bien la réduction des services publics, par exemple de l’enseignement et de la santé.

A regret, il est aussi envisagé de proposer aux détenteurs de munis, les obligations de ces collectivités, de consentir à une restructuration, ce qui ne va pas favoriser un marché déjà en crise, d’où les investisseurs se retirent (25 milliards de dollars en deux mois), où la demande grimpe et les taux montent.

Devant la difficulté de faire passer au Congrès une loi de ce type, et la mauvaise publicité qui en résulterait auprès des investisseurs et risquerait d’envenimer encore plus la situation, il est envisagé d’utiliser une formule moins ostentatoire qui a fait ses preuves, notamment pour la ville de New York : la création de structures ad hoc d’assistance, en charge de telles négociations.

De son côté, l’administration Obama va manquer un rendez-vous, en retard pour la remise d’un rapport décrivant ses intentions à propos de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux principaux organismes de garantie du crédit hypothécaire. Ils ont déjà reçu 134 milliards de dollars de soutien financier, depuis qu’ils sont passés sous contrôle public en 2008. A eux deux, ils possèdent ou garantissent environ la moitié du marché immobiliser résidentiel, estimé à 10,6 milliers de milliards de dollars. Tenant à bout de bras le marché, ils protègent aux frais du contribuable les établissements financier d’une catastrophe et accentuent le déficit. D’où l’ire des républicains qui, depuis une dizaine d’années, ont fait de la réforme de Fannie Mae et Freddie Mac leur croisade.

Déjà, la loi Dodd-Frank de régulation financière avait préféré ne pas traiter du sort réservé à Fannie et Freddie, cette question particulièrement épineuse dont le Congrès va s’emparer, les républicains en ayant fait l’un de leurs chevaux de bataille. Toutefois, après des mois consacrés à la réflexion, le rapport de l’administration ne devrait pas apporter de réponse précise et va selon la presse se contenter d’uniquement envisager des pistes possibles, analysant leurs avantages et inconvénients.

Il est de toute façon exclu, devant l’imbroglio et l’enjeu que représente ce sujet, que des mesures législatives soient prises dans l’année, aucune solution ne pouvant espérer avoir besoin de moins de 15 à 20 ans pour être progressivement mise en place. Les mécanismes qui sont étudiés sont complexes et, avant toute chose, s’appuient sur la poursuite de garanties publiques sous une forme ou sous une autre. Il n’y a pas de solution de marché viable, si ce n’est partielle et encadrée, l’idée étant d’engager au moins symboliquement le processus… En attendant, le simple énoncé des options possibles tarde.

Tel un serpent de mer, la question de la relance du marché de la titrisation réapparaît périodiquement, sans grands effets à ce jour. Hier regardé avec les yeux de Chimène par les banques, ce marché est toujours en panne. Bien qu’elles rêvent de le voir redynamisé, puisqu’il leur permettait avant la crise de générer une dizaine de milliers de milliards de dollars de liquidités, ensuite prêtés par leurs soins aux entreprises et aux particuliers. Mais la titrisation continue d’être la grande absente des marchés

En vue de la revitaliser, la SEC – l’organisme régulateur américain qui en a la charge – vient d’adopter de nouvelles mesures destinées à apporter de la transparence sur le marché des Asset-Backed Securities (ABS), les titres adossés à des crédits immobiliers subprime ainsi qu’à des crédits autres que des crédits immobiliers. Transparence, le maître-mot est lâché. La SEC propose de rendre public l’historique des transactions auxquelles les titres ont donné lieu et de mieux décrire ces crédits, une révolution ! Mais un profond fossé va subsister entre ces modestes mesures et la perte de confiance des investisseurs, qui ont payé pour en avoir trop fait preuve. Là également, la pente à remonter est raide, le passif trop important. Il n’y a pas d’illusions à se faire, les beaux jours de la titrisation sont pour longtemps révolus et la SEC bricole faute de mieux.

Non, ces exemples ne sont pas des cas limites épinglés pour les besoins de la démonstration ! Au contraire, ils reflètent l’improvisation générale qui règne et illustrent les expédients qui sont utilisés, en désespoir de cause.

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51 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : DÉSESPOIR DE CAUSE, par François Leclerc »

  1. Lundi 24 janvier 2011, la France a emprunté.

    Les emprunts que la France a lancés aujourd’hui nous permettent de faire des comparaisons à l’intérieur même de la zone euro.

    – Emprunt à 3 mois :

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt de 0,574 %.

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 3 mois ?

    En janvier 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 1,67 %.
    Mardi 20 avril 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 3,65 %.
    Jeudi 20 janvier 2011, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    Le Figaro

    – Emprunt à 6 mois :

    Quand la France lance un emprunt à 6 mois, elle doit payer un taux d’intérêt de 0,668 %.

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

    En janvier 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 1,38 %.
    Mardi 13 avril 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,55 %
    Le 9 novembre 2010, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,82 %.
    Mardi 11 janvier 2011, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,90 %.

    Le Figaro

  2. @ François Leclerc

    Vous écrivez que pour sauver les Cajas espagnoles :
    « ces fonds de capital-risque ne sont prêts à investir qu’à des « prix cassés » »

    Cela m’inspire 2 remarques:
    – au moins sont-ils plus conséquents que les états et les banques centrales, qui sauvent depuis plus de 2 ans les mêmes institutions financières en leur rachetant 100 ce qui ne vaut plus que 30.
    – c’est une occasion rêvée pour les gouvernements de mettre ces mêmes institutions au pied du mur : puisqu’elles reconnaissent de fait le défaut de solvabilité des banques, les états peuvent conditionner leur soutien à l’acceptation par les banques de leur propre défaut… donnant – donnant. C’est ce qu’il fallait faire en 2008. Et il ne faut pas laisser passer l’occasion deux fois !

    Qu’en pensez-vous?

    1. C’est ce qu’il fallait faire, oui, mais les banques pensaient à leur réputation : en France, BNP et SG rechignaient à accepter l’aide de l’état, pour ne pas envoyer un signal inquiétant aux marchés. C’est du moins ce que j’avais compris à l’époque. C’est pourquoi la décote ne peut être une solution qu’après que les espoirs (ie les illusions) de sauver ceci ou cela ont disparu.

    2. Ces constructions financières que sont les mégabanques sont en réalité trop fragiles pour supporter un tel traitement, et trop interconnectées entre elles, c’est bien pourquoi il leur a été évité et tout va être fait pour qu’il continue à en être de même. C’est le syndrome Lehman Brothers !

      Trois récents exemples :

      1/ Les Cajas espagnoles qui se portent le plus mal vont être partiellement nationalisées, à l’Irlandaise, sans que la profondeur du trou soit réellement connue.

      2/ Des acrobaties sont en préparation pour éviter toute décote à la dette grecque: rééchelonnement, baisse des taux, financement d’achats obligataires par l’Etat…

      3/ Les banques irlandaises sont financées par la banque centrale d’Irlande, à qui la BCE a donné l’autorisation de pratiquer à grande échelle une politique de création monétaire (au sein de la zone euro!).

    3. Monsieur Leclerc…
      Dans la série des colosses aux pieds d’argile.

      Pourriez-vous nous confirmer que Lehman s’est fait « aider » pour couler.
      Soit, dans la même logique, il faudrait que deux banques se bouffent entre-elles…

    4. Et je ne retrouve pas cette info disant qu’une autre banque avait joué à la baisse des actions de Lehman pendant 15 jours…

      Soit, ma question est : Lehman est-elle tombée toute seule ou a-t’elle été « aidée »..???

    5. Merci ! Hélas, je ne sais pas répondre : la décision de laisser couler Lehman fait partie des zones grises. Vous pouvez lire cela.

    6. Merci, Monsieur Leclerc.

      Et, j’ai trouvé ceci dont la crédibilité mériterait d’être vérifiée.
      http://www.lesmotsontunsens.com/contrefacon-actions-escroquerie-monumentale-wall-street-6086
      « Lehman Brothers a subi le même sort

      Le pire, c’est que trois mois plus tard, les tueurs ont encore frappé. Le 27 Juin 2008, une avalanche d’actions virtuelles s’est abattue sur Lehman Brothers. Puis, selon le scénario bien huilé, les rumeurs ont commencé. Une semaine plus tard, l’action de la banque avait perdu 44% de sa valeur. Une véritable orgie cannibale. Les banques commençaient à se manger entre elles. Le 12 août 2008, 60 millions d’actions virtuelles étaient ainsi sur le marché, la compagnie n’a eu d’autre choix que de se déclarer en faillite. »

      Si ces faits étaient exacts, cela signifierait que pour un nouvel écroulement bancaire, il faudrait qu’une banque en attaque une autre.
      Et que l’état ne veuille ou ne puisse la sauver.

      Ai-je tort..?
      (contrairement à l’habitude 🙂 )

    7. Sur les Cajas espagnoles – rappelons le, sociétés sans but lucratif, statutairement, et devant en partie réinvestir les bénéfices réalisés en finançant des œuvres sociales régionales
      (développement économique, progrès social et culturel)
      , quelques chiffres relatifs à la bulle immobilière espagnole quand même :

      – Entre 1984 et 2008 le prix nominal moyen du mètre-carré résidentiel neuf est passé de 250 euros à 2 800 euros.
      – Entre 1998 et 2008, ce même prix est passé de 1 000 à 2 800 euros.
      – Entre 1984 et 2011, une simple corrélation avec l’indice de l’inflation aurait vu passer cet indice-prix de 250 à 700 euros.

      Aujourd’hui le prix tel qu’exprimé ci-dessus est d’un peu moins de 2 500 euros. La baisse n’a même pas atteint les 15% (13% selon Natixis). On est dans le « bull-trap », le marché résiste à la baisse avant l’effondrement à la japonaise – résistance grandement et provisoirement aidée par les États et la politique monétaire des Banques centrales, il est vrai .
      Le chemin vers le krach immobilier inéluctable est à peine entamé en Espagne depuis bientôt trois ans. Comme ailleurs (la fiction surréaliste des prix immobiliers sur Paris étant l’expression la plus caricaturale de l’aveuglement, de l’effarement, et du bull-trap), mais l’Espagne cumule tous les handicaps avant de devoir l’encaisser et tous les « atouts » imaginables pour qu’il soit dantesque (le crash…).
      Le scénario « pessimiste » de Natixis pour les Cajas et banques espagnoles dans leur flash du 21 janvier 2011 – baisse globale des prix de l’immobilier de 20% par rapport à 2008, hausse de 50% du taux de créances douteuses, perte de valeur de 40% des actifs immobiliers à vendre détenus par l’ensemble des banques et Cajas, avec un besoin de recapitalisation estimé au final à 80 milliards d’euros – est bel et bien, encore et authentiquement, très optimiste.
      Tout cela est dérisoire et tragique.

    8. Je suis allé lire la succession de faits, Monsieur Jorion.
      Donc, il s’agirait plus, si on ne voit que les causes, au fait d’un précédent (bearn), doublé de l’utilisation de 2 procédures de secours (augmentation capital et mise en gage) qui dé-crédibilisent complètement la banque.
      Hors, cela se fait maintenant plusieurs fois par mois par quelques banques qui ne coulent pas pour autant.

      Un truc me gêne, il me manque un élément dans l’équation.
      J’arrive toujours à faire couler la banque, au monopoly…
      Le faible rendement de leurs opérations me parait léger comme argument. L’effet subprime ..??

    9. Dans le même courant… puisque nous sommes passé, en astrologie, dans le « signe de la régulation »,
      Les banques chinoises sont passées à 19,5% de fonds propres, alors qu’elles ont leur garantie gouvernementale depuis toute petites..
      Un bon signe. Un qui ne trompe pas.

    10. @Yvan

      Si qu’j’serais un petit écureuil chinois, je m’inquièterais sévère pour mon p’tit tas d’or…

  3. La cessation de paiement généralisée de la zone dollar et de la zone euro semble arriver. L’encadrement du crédit, le contrôle des prix, le contrôle des changes ne vont pas tarder à nous être annoncés. Les droits de douane vont devoir être instaurés pour procurer des liquidités aux Etats en faillite. La grande différence avec les années soixante-dix, c’est que les Etats-Unis vont devoir se mettre à l’économie administrée autant que l’Europe. Pour les Etats-Unis cela revient à adopter le régime économique de la deuxième guerre mondiale alors qu’ils ne sont officiellement en guerre contre personne. L’opinion étatsunienne risque de ne pas comprendre. Cela débouchera sur une crise politique majeure. Peut-être le Président Obama ne pourra-t-il même pas terminer son mandat.

    1. PSJ, c’est une vraie révolution que vous nous annoncez! Droits de douane, contrôle des changes et des prix, économie administrée, qui l’aurait dit?

    2. Obama serait remplacé par qui qui ferait quoi?
      Ceci dit, cela m’inspire pour proposer un début de « solution administrée » facile à mettre en oeuvre:
      Les états en faillite n’ont qu’à émettre des titres des dette en petites coupures qui circuleraient comme des billets de banque et à côté des billets des banques centrales.
      Ces titres de dette auraient la particularité de n’avoir qu’une durée de vie de l’ordre d’un an, après quoi, ils seraient échangés contre des titres nouveaux avec une décote de l’ordre de 5%.
      Dans le commerce, l’état confère à ces titres de dettes (en coupures de 10 ou 50 euros par exemple) le même pouvoir libératoire qu’à la monnaie. Il seraient acceptés comme monnaie complémentaire par la force de la loi.
      Nous verrons alors la circulation rapide et efficace de ces titres, nous verrons aussi un retour rapide et anticipé de ces titres vers le trésor public – qui les a émis, moyennant quoi, le désendettement de l’état pourra s’amorcer assez rapidement.
      Qui payerait un tel tour de passe-passe?
      En fait, un peu tout le monde, mais nous assisterons à un maintien de tous les salaires et de la demande maintenue solvable au-delà de la prochaine faillite en euros, certaine. Dans cette situation d' »économie administrée », le prix à payer serait d’accepter un titre de dette à validité temporaire à défaut de pouvoir obtenir les euros à valeur permanente.
      Il sera assez aisé de payer tout, car nous assisterions à un rapide recul du chômage, le retour au plein emploi et à des rentrées fiscales spectaculaires et faciles à supporter (plein emploi).
      Il en résulte que les titres ne pourront être placés en banque et générer des intérêts. Autrement dit, ceux qui « en seraient de leur poche » à la fin seraient ceux qui garderaient ces titres en poche au lieu de les utiliser pour acheter, consommer ou rembourser ses dettes. La banque les accepte de la part de ses débiteurs – et elle pourra rembourser ses créanciers: les épargnants et les autres investisseurs « avec ça ». Et les créanciers préféreront ce genre de « décote » à celle liée au défaut de paiement, mais cela réduirait l’intérêt de la dette et le revenu du capital à peu de chose.
      Cette proposition révèle aussi ce que nous savons déjà largement pour l’observer couramment: le capitalisme actuel est lié à la monnaie elle-même et à son mode d’émission, et le maintien de ce mode d’émission ne fait que tenter de protéger toujours et encore ce capitalisme. Ce capitalisme qui conduit pourtant inévitablement à la faillite.
      En clair, nous aurions par ce biais une monnaie nouvelle en contournant le fait que la banque centrale se révèle incapable, et avec elle l’ensemble de la Caste des économistes, de repenser la monnaie telle qu’elle devrait être pour avoir une « économie sans crise »: une monnaie qui circule inconditionnellement, car elle doit être suffisamment « précarisée » comme ces titres de dette pour pouvoir être monnaie en toute circonstance.
      Cela révélerait aussi que le fait de pouvoir être thésaurisée est bien le principal inconvénient de la monnaie actuelle (90% de la monnaie liquide est, selon une publication de la Bundesbank en juin 2009, thésaurisée: elle ne sert donc à rien).
      Soyons clairs: en se contentant de simplement substituer les titres de dette quand la monnaie fait défaut dans les caisses, ces titres ne seront jamais générateurs d’inflation.
      Et puisqu’ils circulent rapidement et reviennent rapidement, il n’y aura pas besoin d’en rajouter tout le temps mais simplement de les maintenir en circulation en payant les dépenses publiques « avec ça » quand la monnaie manque en euros.
      Voilà une autre voie pour maintenir les gouvernements à flot et « maîtres chez eux » sans créer de désordres sociaux.

    3. Paul Jorion n’a-t-il pas envisagé une gestion « chinoise » des USA, il y a quelques lunes ?

    4. Eh bé Sartron, on se lâche je vois ! Affirmations péremptoires, phrases courtes, verbes à l’indicatif ou au futur simple, de l’allant (la forme « vont » employée trois fois, avec « vont devoir » deux fois), à peine un « semble » en intro et un « peut-être » en conclusion. Ça envoie du bois dites donc !

      Menfin ok avec le diagnostic clinique et les perspectives, sauf que les US sont bien en guerre, depuis très longtemps, trop longtemps, et que le petit Nicolas, même incommensurablement plus fort institutionnellement, n’a pas un meilleur avenir que le brave petit camarade Barack – d’ailleurs je suis allé mater une de ses dernières « vidéo-confidence » sur le site de la Maison Blanche, il fait vraiment peine à voir. Une sorte de mix entre la créature ectoplasmique et l’apparition zombiesque, 15 ans de plus, livide, décharné, le regard éteint, épuisé. C’est tout son corps qui nous dit : « No I can’t, No I can’t, No I can’t, No I can’t,... »

    5. N’oublions pas que Roosevelt avait fait du quasi-communisme-dictaturement-économique.

      La « légère » différence est qu’à cette époque, les banques n’avaient pas la puissance actuelle.
      Donc, les mesures…
      Si c’est pour nous pondre un dossier de 2500 pages, autant les transformer tout de suite en cocotte en papier, on trouvera bien une batterie, ici, en Bretagne, pour les mettre au chaud pendant l’hiver.

    6. @Pierre Sarton du Jonchay

      Vous écrivez : « […] les Etats-Unis vont devoir se mettre à l’économie administrée autant que l’Europe. Pour les Etats-Unis cela revient à adopter le régime économique de la deuxième guerre mondiale alors qu’ils ne sont officiellement en guerre contre personne. »

      En fait c’est déjà le cas en comparant les budgets de la défense US en 2009/2010, on a :

      – 2009 : 512 Milliards de dollars.
      – 2010 : 768 Milliards de dollars.

      Moi je dis, chapeau bas Monsieur Obama !

      Les USA sont entrés dans une économie de guerre « post moderne », officiellement en guerre contre personne, mais disposant du budget le plus faramineux en temps de paix pour se préparer aux conflits contre le monde entier. Qui êtes-vous vraiment Mr Obama ?

    7. Hhmm.. Bertrand.
      C’est la même logique que renforcer les services de sécurité intérieurs, ils savent ce qui va se passer.
      La Chine a un stock de ciment, d’acier et de matières premières absolument faramineux et qui est loin de correspondre à une urbanisation même galopante.
      Mêmes préparatifs au cas où.

    8. @Vigneron :
      Enorme cette chronique d’Adler ! je trouve ses commentaires pire que de la propagande. Son aveuglement est typique de la classe dominante : des gens intelligents dont l’analyse stipule d’avance  » que tout doit redevenir comme avant 2008″. Alexandre Adler, et les décideurs dont il est le porte voix, se rassurent eux-mêmes en évoquant la chimère de la reprise économique américaine. C’est effectivement drôle.

    9. Allez, je sais que je vais me faire taper sur les doigts, mais il paraît que les astres ressemblent un peu à leur configuration de 1765 (Pluton en particulier)

      Ca fait quelque part entre la banqueroute de Law et la révolution francaise, non ?

    10. bien vu, Obama risque fort de ne pas aller jusqu’à la fin de son mandat .!
      il reste la solution du rétablissement de la loi Glass Steagall….ce qui donnerait à nos leaders européens (qui ne font que copier/coller) la possibilté de…
      mais je crains qu’il ne faille attendre 2012 et l’élection de nouveaux leaders politiques ayant moins de connivences avec les banques.

    11. D’accord avec Vigneron et Bertrand_M.

      Jusqu’à présent, je trouvais un véritable intéret à écouter la chronique d’Alexandre Adler qui s’est fichtrement décridibilisé à mes oreilles ce matin.

    12. Comme tout Président des USA, M. OBAMA est une marionnette actionnée par Wall Street et le Pentagone, quand dieu ne s’en mêle pas (ne s’emmêle pas) d’une manière ou d’une autre comme avec son prédécesseur le « buisson ardent ».

    13. @Victor FIGUEIRA et Vigneron,
      Toute analyse contient du réel, de l’imaginaire et du bien moral. Quand le bien est exclu par hypothèse du système, le réel n’est plus perturbé par l’imaginaire et l’on peut se montrer objectif en étant péremptoire. La logique financière a divergé du réel avec la crise des subprimes. L’axe du temps financier s’est inversé et remonte subjectivement le temps en sens inverse du réel. Il n’est pas difficile de prévoir qu’on nous allons revenir aux vieilles recettes en affirmant qu’elles sont la logique sous-jacente éternelle de la finance moderne.

  4. PSDJ : les Cygnes noirs ne sont-ils pas dans le dos de ceux qui croient entrevoir des cygnes noirs ?

    Ceci dit, je trouve aussi l’idée de Bourby intéressante;

    sauf que le processus a une limite, il y a un bien un moment où Bank of America n’a plus été en mesure de racheter Lehman Brothers pour un dollar symbolique. Ceux qui s’appellent Bob l’Eponge, levez la main…

  5. Le nombre d’endettés augmente encore en Hongrie
    Posté par hu lala , site d’information hongroise en français•
    20 janvier 2011 à 9:29 • Version imprimable
    Selon l’édition de mercredi du Magyar Nemzet, relayé par MTI, le nombre de personnes endettées à augmenté de 57.000 sur le dernier trimestre de l’année 2010.
    En Décembre l’année dernière, 929.000 personnes avaient des arriérés de paiements supérieurs au salaire minimum depuis plus de trois mois, contre 789.000 un an plus tôt. Soit une augmentation de 140.000 individus sur l’ensemble de l’année 2010, +18%.
    Toujours selon le journal Magyar Nemzet, 161.000 de ces débiteurs ont néanmoins réussi à s’acquitter de leurs dettes dans les délais impartis et seront bientôt rayés de cette liste noire.
    (je précise que ce nombre représente presque 10% de la population totale.)

  6. Essayant de percer le mystère insondable de la fin de Lehman Brothers, j’ai découvert le manuscrit suivant dans une bouteille 😉 :

    Lehman Brothers

    En 2007, Bear Stearns était la plus petite des cinq grandes banques d’affaires de Wall Street. Avec Bear Stearns absorbée le dimanche 16 mars par la banque commerciale J.P. Morgan Chase, Lehman Brothers était automatiquement devenue la plus petite des quatre grandes.

    Or le scénario qui s’était déroulé dans les quelques semaines qui ont précédé la fin de Bear Stearns semblait se répéter en juin 2008 avec Lehman Brothers : même accent mis par la presse sur un portefeuille dangereusement chargé de prêts de mauvais aloi, mêmes déclarations relatives à la nécessité de recapitaliser (3 à 4 milliards de dollars nécessaires – après les 6 milliards en 2007) et surtout, mêmes rumeurs relatives au fait que les contreparties de Lehman Brothers seraient en train de se dégager des transactions qui les lient.

    Le prix de l’action était tombé lundi 2 juin de 8% et de 9,4% mardi. La grande chute précédente, de 19% celle–là, datait du lundi 17 mars, au lendemain du sauvetage de Bear Stearns : ce qui veut dire que le rapprochement dans les esprits entre Bear Stearns et Lehman Brothers ne datait pas de ce jour-là.

    Un commentateur jetait les bras au ciel : « Si un établissement financier est à la merci de la moindre rumeur, il est nécessairement en phase terminale et il vaut mieux que nous en fassions notre deuil et passions à autre chose ! » J’ai évoqué les « falaises de crédit » dans un ouvrage précédent : Investing in a Post-Enron World. J’y écrivais :

    « La présence d’une falaise de crédit signifie que le risque de crédit qu’une compagnie représente pour ses contreparties est non-linéaire. Une chiquenaude et ce risque pourrait s’amplifier considérablement, les agences de notation traduiront alors cette chute brutale en rétrogradant cette compagnie de plus d’un cran, selon le barème qu’elles établissent entre risque de crédit et notation. La compagnie sera encore exposée davantage si elle a eu la folie de lier sa bonne santé financière au maintien d’une notation particulière » (Jorion 2003 : 188).

    C’est ce à quoi on pense quand on affirme de manière « impressionniste » que les marchés reposent sur la confiance. Je proposerai plus loin une formalisation ce que l’on entend exactement par « confiance des marchés », disons d’emblée que quand on évoqua la « confiance des marchés » durant la crise des subprimes, on voulait simplement dire que les conditions à remplir pour qu’un acheteur potentiel décide d’acquérir un produit financier devenaient de plus en plus restrictives. Le nombre d’obstacles à franchir et la quantité d’information à réunir pour qu’une transaction ait lieu, n’arrêtaient pas de croître : information sur le produit tout d’abord, à savoir s’il contient ou non des prêts subprime, information ensuite sur la contrepartie : quelle est sa solvabilité, estimée par rapport à la quantité de prêts subprime que contient son portefeuille.

    Autrement dit, « Dans le doute, abstiens-toi ! » : il suffit qu’un nombre suffisant de contreparties éventuelles de Lehman Brothers se disent comme moi : « Tiens, cela me rappelle Bear Stearns ! », pour que cela devienne Bear Stearns et ceci, non pas pour une raison « mystique », comme s’exprimait Lévy–Bruhl, mais tout simplement parce que le fait que cela rappelle Bear Stearns veut dire que la quantité d’information à réunir pour qu’une transaction puisse encore avoir lieu avec Lehman Brothers n’arrête pas de croître, à quoi s’ajoute le fait que si la banque X se dégage alors de ses transactions avec Lehman, les notateurs devront revoir sa notation à la baisse (comme Standard & Poor’s le fait le 3 juin 2008, la rétrogradant de A+ à A), poussant Y et Z à se retirer à leur tour… précipitant la firme du haut d’une « falaise de crédit ».

    La chute de Lehman Brothers serait une très très mauvaise nouvelle pour le monde financier. Primo, parce qu’on s’était dit à propos du sauvetage de justesse de Bear Stearns que l’opération serait très difficile à répéter, en pensant essentiellement aux 29 milliards de dollars avancés par la Fed. Or il était apparu, comme je l’ai signalé, que J.P. Morgan Chase aurait été la plus exposée au cas où Bear Stearns faisait faillite. Mauvaise nouvelle secundo parce que, serait-on même arrivé à sauver in extremis Lehman Brothers comme on avait pu le faire avec Bear Stearns, que, des trois qui resteraient en piste à Wall Street, il s’en trouverait automatiquement une qui serait cette fois « la plus petite des trois grandes sociétés de courtage de Wall Street », mettant en évidence que la spirale infernale était toujours là bien présente et qu’on serait à nouveau prêt à partir pour un tour.

    La recapitalisation de Lehman Brothers

    Un nouvel épisode devait intervenir une semaine plus tard. Le 11 juin, le titre de Lehman Brothers s’était vendu dans un vent de panique à la bourse de New York, chutant de 13,64 % dans la journée (23,75 $ en clôture) et entraînant le marché boursier tout entier à sa suite (-1,68 %). Après une faible reprise jeudi dernier, les affaires n’allaient déjà pas très bien, le titre ayant perdu 12,4 % de sa valeur entre le mercredi 4 et le mardi 10 juin.

    Le 9 juin, Richard Fuld, le P-DG de Lehman, annonçait que la firme se recapitalisait à concurrence de 6 milliards de dollars, une somme à comparer à la valeur que la bourse assignait à celle–ci ce jour-là : 19,2 milliards de dollars. 6 divisé par 19.2, cela fait 31,25 %, c’est dire si les actionnaires de Lehman durent rire jaune à l’annonce de la nouvelle : une dilution de la valeur du titre de près d’un tiers ! Le même jour, Fuld annonçait une perte probable pour le 2ème trimestre de 2,8 milliards de dollars, un montant quatre fois plus élevé que celui auquel s’attendaient les analystes.

    Après la période des grands chocs qui caractérisa 2007, la « drôle de crise » de la finance signale une ère de lente déliquescence où l’on ment – comme les grandes banques commerciales américaines qui revalorisent les pertes encaissées sur leurs dettes comme « gains », même si de tels « gains » ne pourront jamais se concrétiser. Dans le cas de Lehman, de tels gains s’élevaient, pour la période qui s’étend du 1er janvier 2007 au 29 février 2008, à 1,9 milliards de dollars, soit en moyenne 400 millions de dollars par trimestre. Période de rabibochage aussi, où l’on colle des rustines, sans grand espoir que cela tienne – comme les notateurs, qui seront dorénavant rétribués par tous ceux qu’ils notent, même si la notation est défavorable – et l’on laisse mourir les condamnés à mort d’une longue agonie, en leur refusant cruellement le coup de grâce, parce que celui-ci ferait la une des journaux – comme les « monolines », les rehausseurs de crédit que les notateurs refusent d’achever, même s’ils publient désormais de manière très hypocrite, parallèlement à la notation optimiste qu’ils accordent eux-mêmes.

    Short sales et rumeurs

    Deux mesures furent annoncées par la Securities and Exchange Commission, le régulateur des marchés boursiers américains, la première, le 15 juillet, la seconde, le lendemain 16 juillet : une interdiction pour trente jours du « naked short selling » et l’enquête, préalable à d’éventuelles poursuites, contre cinquante « hedge funds », cinquante fonds d’investissement spéculatifs, pour avoir répandu des nouvelles alarmistes à propos de Bear Stearns en son temps et de Lehman Brothers par la suite.

    « Short selling », vendre à découvert, consiste à parier non pas sur la hausse du cours d’une action mais sur sa baisse. Pour parier à la hausse, on commence bien sûr par acheter des titres et on les revend plus tard après que le prix a grimpé et on empoche la différence des deux prix. Pour parier à la baisse, il faut faire l’inverse : d’abord vendre et ensuite acheter. L’opération semble à première vue paradoxale mais est plus facile à réaliser qu’on ne l’imagine : on commence par emprunter des actions de la firme dont on suppose que son cours va baisser et on les vend aussitôt, après quoi on attend que le prix baisse, puis on rachète le même nombre d’actions que l’on retourne à celui à qui on avait emprunté : le prix à la vente était plus élevé que celui à l’achat, et le tour est joué : dans ce cas-ci aussi, on empoche la différence.

    « Naked short-selling », la vente à découvert « nue », joue sur le fait que les autorités boursières américaines accordent une période de grâce de trois jours entre le moment où l’on donne l’ordre de vente des actions que l’on a empruntées et celui où il faut effectivement les livrer. Certains en profitent pour donner des ordres de vente qu’ils annuleront durant la période de grâce, n’ayant en réalité jamais eu l’intention de livrer les titres – et ne les ayant du coup jamais empruntés – afin de jouer simplement sur la pression à la baisse que leur ordre vendeur exerce sur le prix.

    Depuis des années, les autorités américaines avaient fait la sourde oreille quand certaines entreprises en difficulté réclamaient l’interdiction du « naked short selling », jugeant son influence sur les marchés négligeable. Mais au sein du nouveau climat, tout ce qui pouvait faire une différence – aussi minime soit-elle – comptait et l’interdiction tomba le 16 juillet. Elle s’appliquait en particulier, expliqua la SEC, à Fannie Mae, Freddie Mac, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley et Lehman Brothers mais en fait, à l’ensemble des primary dealers : les organismes bancaires habilités à traiter directement avec la Fed et qui bénéficient en retour du droit de mettre des titres en pension auprès de celle-ci par l’intermédiaire du Primary Dealers Credit Facility (PDCF). La liste des primary dealers offerte sur le site de la Federal Banque de New York était cependant légèrement différente de celle de la SEC. Sont présentes sur la liste de celle-ci mais manquaient sur celle de la Fed de New York : Allianz SE et Royal Bank ADS ; à l’inverse, manquent de la liste de la SEC : Cantor Fitzgerald & Co., Dresdner Kleinwort Securities LLC et Greenwich Capital Markets, Inc.

    L’avenir de Lehman Brothers

    Le 3 juillet, Lehman Brothers fit passer la part maximale de la rétribution de ses employés pouvant être versée en titres de la firme de 50 % à 65 % ; c’est ce qui explique paradoxalement qu’isolé parmi les établissements financiers, le cours de son titre gagnait ce jour-là 6,7 %.

    Que va-t-il se passer maintenant ? Certains, sur les marchés financiers, affirment que Lehman est à l’abri d’une aventure semblable à celle de Bear Stearns et ceci parce que la Fed a depuis étendu aux banques d’investissement la discount window qu’elle offrait jusque-là uniquement aux banques commerciales et qui leur permet d’obtenir des crédits en mettant en pension des obligations puisées dans leur portefeuille. Ce type d’opération empêche en effet une dégradation brutale comme celle qui entraîna Bear Stearns par le fond mais cela ne résout pas l’ensemble des problèmes de la firme. Pourquoi ? Parce que, même si Lehman tirait parti de cette option – ce à quoi elle hésite, comme l’a montré sa promptitude à dénier au début juin qu’elle y avait eu recours – les opérations auxquelles elle peut encore se livrer sont d’un faible rendement et le moment pourrait rapidement se présenter où elle aurait épuisé le fonds d’obligations qu’elle est susceptible de mettre en gage de cette manière. Avant même qu’elle n’en arrive là, il se pourrait que la Fed mette le holà à sa capacité d’emprunter parce qu’il s’agit après tout – même si c’est de manière indirecte aux États–Unis – de l’argent du contribuable et que celui-ci n’a guère apprécié le sauvetage de Bear Stearns où il a vu ce que les Anglo–Saxons appellent un « moral hazard », ce que je traduirai par « une prime à l’imprudence ».

    L’opération de rattrapage in extremis de Bear Stearns par la Federal Reserve de New York et la banque commerciale J. P. Morgan Chase ne pourra pas être renouvelée. Le ministre des finances américain, Henry Paulson, à Londres le 3 juillet, s’inquiétait : il rappelait qu’un système de redressement judiciaire semblable à celui en vigueur pour les banques commerciales n’existe pas pour les banques d’investissement. C’était d’ailleurs cette particularité qui avait justifié l’opération inédite accompagnée d’une avance de 29 milliards de dollars consentie par la Fed à J. P. Morgan Chase pour l’aider dans son absorption précipitée de Bear Stearns. Dans les jours qui suivirent, la Fed avait autorisé l’ensemble des banques d’investissement à emprunter auprès d’elle en mettant des titres en gage, comme seules avaient le droit de le faire jusque–là les banques commerciales. Les acteurs du monde financier comptent sur le gouvernement américain pour tirer d’affaires les firmes « trop grosses pour tomber » ou « trop interconnectées à d’autres pour tomber » – comme ç’avait été le cas de Bear Stearns – mais personne n’est dupe : mises ensemble, cela fait aujourd’hui beaucoup trop de monde.

    Les événements ne tardèrent cependant pas à se précipiter. Durant le weekend des 6 et 7 septembre, le ministre des finances Henry Paulson et Ben Bernanke, le patron de la Fed, avaient mis au point le plan de sauvetage des Government–Sponsored Entities. Durant la semaine qui suivit les nouvelles relatives à la santé de Lehman Brothers devinrent rapidement alarmantes. On apprenait ainsi le mardi 9 septembre que la Korea Development Bank (KDB), un fonds souverain coréen comme l’indique son nom, qui envisageait une prise de participation dans le capital de Lehman Brothers, venait de se le voir interdire par son autorité de tutelle. Il devenait soudain évident que les fonds souverains avaient cessé d’être les chevaliers blancs qui sauveraient tous les établissements financiers en perdition à Wall Street : ils n’étaient venus à la rescousse que tant qu’il restait un espoir de rentabilité. Les marchés boursiers prirent très mal la nouvelle : l’action de Lehman Brothers perdit ce jour-là à la bourse de New York, près de 45 % de sa valeur.

    Les choses ne firent encore qu’empirer les jours qui suivirent. On ne fut pas surpris dès lors d’apprendre le vendredi 12 septembre, que les principaux acteurs des marchés financiers américains étaient convoqués au chevet de Lehman Brothers par leurs autorités. La réunion n’était pas sans en rappeler une autre qui s’était tenue dix ans auparavant quand il s’était agi de désamorcer le risque systémique créé par le naufrage de Long Term Capital Management, un fonds spéculatif créé en 1994 par une vedette de Wall Street, John Merriwheter, bien connu du public en raison du portrait qu’avait dressé de lui Michael Lewis dans son livre à succès Liar’s Poker, fonds qui s’enorgueillait de la présence parmi ses dirigeants de deux Prix « à la mémoire d’Alfred » Nobel d’économie : Myron Scholes et Robert C. Merton. La déconfiture retentissante de la firme attira l’attention sur l’écart qui existait entre la théorie économique et la réalité des marchés financiers.

    Ce même vendredi 12 septembre, l’éditorial de François Vidal dans Les Echos s’intitulait : « Faut-il sauver le soldat Lehman ? » et analysait le sauvetage du courtier en termes de « confiance ». Or la confiance n’avait plus rien à faire dans la situation désespérée de Lehman Brothers : seule sa solvabilité était désormais en cause. Les grandes banques d’affaires de Wall Street s’étaient partagé jusqu’en 2007 des commissions aux montants astronomiques parce que la finance regorgeait de fonds. Lorsque ces sommes s’évanouirent avec le tarissement du crédit engendré par la crise des subprimes, ce type d’affaires cessa brutalement d’être rentable. Il ne restait plus dans le cas de Lehman que d’infrastructures à se partager comme dépouilles et… de l’écheveau à démêler des paris que les établissements financiers avaient pris sur la mauvaise santé financière les uns des autres sous la forme de Credit-Default Swaps.

    La manière dont le sauvetage était envisagé au début des discussions qui se tinrent durant ce weekend était que l’on séparerait dans les avoirs de Lehman, d’un côté, la part qui était revendable, pour constituer une « bonne » banque, et de l’autre, les déchets toxiques, dont on ferait une « mauvaise » banque : une citerne parfaitement étanche pour contenir ceux-ci et dont aucun liquide corrosif ne devrait s’écouler – sous peine de faire s’effondrer le prix de ces produits et avec eux la partie encore indemne de Wall Street.

    Les candidats pour la « bonne banque » ne manquaient pas : la Barclays, la troisième banque britannique, Bank of America et HSBC (Hong Kong Shanghai Banking Corporation), la première banque britannique. Mais personne ne se portait candidat pour acheter la « mauvaise banque » : nul ne se portait volontaire pour assurer la maintenance de la citerne à déchets toxiques. Les banquiers étaient d’avis que la responsabilité en incombait à l’Oncle Sam. « Pas du tout ! », rétorquait celui-ci : « si vous voulez emprunter, j’ai mis en place en mars dernier une structure de prêt, tout spécialement pour les courtiers de Wall Street : c’est fait pour ça ! »

    En l’absence de garanties gouvernementales suffisantes, Barclays se retira de la discussion dans la matinée du dimanche. Trois heures plus tard, ce fut le tour de Bank of America de se retirer. À la surprise générale, le représentant de la banque assortissait sa déclaration à la presse de l’annonce que la première banque des États–Unis envisageait … une fusion avec Merrill Lynch !

    Lehman Brothers ne trouva pas acheteur. Et alors que tous les yeux étaient tournés vers Lehman, le numéro 4 des banques d’affaires de Wall Street, le numéro 3, Merrill Lynch, en avait profité pour se vendre à Bank of America.

    Le lendemain, le lundi 15 septembre, Lehman Brothers se mettait en redressement judiciaire. Dans les jours qui suivirent, la Barclays se porta acquéreuse de la partie américaine de la firme, tandis que la banque japonaise Nomura rachetait ses filiales en Asie, au Moyen-Orient et en Europe.

    Le fait le plus remarquable – je l’ai déjà fait observer dans L’implosion – est qu’aucun des innombrables coupe-feux en place au sein du système financier n’avait pu retarder d’une seule seconde l’avancée de l’incendie. Désormais, ne subsistait plus que son cœur-même, alors que toutes les défenses étaient tombées.

    Paul Jorion, La crise, Fayard 2008, pp. 54-59

    1. Merci Paul,

      Cet extrait de la crise est clé pour comprendre ce qui se passe actuellement entre les Etats. La guerre de l’information n’oppose plus seulement les banques mais les Etats. Comme vous l’avez dit, tout se passe désormais par le Net et par les média classiques. Le complexe politico-militaro-financier étatsunien joue la guerre de l’intelligence contre tout intérêt qui paraît ne pas s’aligner. Le président français est allé à Washington pour en obtenir la confirmation à propos de la réforme du SMI et des marchés de matières premières. Le jeu médiatique étatsunien consiste à saturer toute capacité d’analyse de l’ennemi en le saturant d’informations qui orientent l’opinion publique avant toute observation de la réalité concrète. Les dirigeants européens apparaissent particulièrement vulnérables à cette manipulation.

      Le dollar étant devenu toxique, les Etats-Unis jouent la stratégie du chaos en inondant le monde d’information biaisée par la monnaie. Du « naked short selling » avec du dollar contre les autres monnaies. Ils fomentent la guerre civile des possèdant contre les non-possèdant dans le monde entier. Quand un grand pays chutera, ils pourront apparaître avec l’armée comme principal rempart à la décomposition du monde. Malheureusement l’Europe reste sans réaction devant la fuite en avant impérialiste de la ploutocratie étatsunienne. Finalement, la fin de ce jeu dangereux va venir des Etats-Unis mêmes. Le pouvoir politique va se fragmenter sous la révolte populaire contre le complexe politico-financier de la côte est. L’Europe cherchera-t-elle à se rassembler ou reproduira-t-elle les divisions de la société étatsunienne ?

      Qu’en pensez-vous ? Et François ?

    2. Suis pas parano, mais cette affaire d’intoxication mortelle soi-disant après un repas chez Quick, ça tombe bien mal pour la Caisse des Dépôts :

      Trends.be, avec Belga.vendredi 22 janvier 2010 :
      CDC Capital Investissement, la filiale de gestion de portefeuille de la CDC, a fait appel à Rothschild afin d’étudier toutes les possibilités, y compris une vente totale ou partielle de Quick. CDC évalue Quick à quelque 800 millions d’euros.
      Fondé au début des années ’70 en Belgique, Quick est la deuxième plus importante chaîne de restauration rapide en Europe, derrière McDonald’s. Quick faisait auparavant partie du groupe GIB. Désormais dans des mains françaises, Quick réalise une grande partie de son chiffre d’affaires dans l’Hexagone.
      La CDC a acheté Quick en 2006 pour 730 millions d’euros. Les principaux actionnaires étaient auparavant la CNP, holding d’Albert Frère, et le holding Ackermans & van Haaren. L’acquisition par la CDC s’était accompagnée d’un retrait de Quick de la Bourse.
      Selon Bloomberg, il y aurait une douzaine de parties intéressées, principalement des sociétés d’investissement privées.
      Quick compte environ 18.000 collaborateurs, pour un parc de 468 restaurants dont 361 en France.

  7. toutes ces discutions ne ressemblerai pas cet enseignement du Bouddha

    C’est comme si un homme avait été blessé par une flèche fortement empoisonnée et que ses amis et parents aient demandé à un médecin de venir, et que le blessé disait: Je ne me laisserai pas extraire cette flèche, avant que je ne sache par qui j’ai été blessé: un kshatriya, un brahmane, un vaiçya ou un shûdra. Ou qu’il disait: je ne me laisserai pas extraire cette flèche, avant que je ne sache, quel prénom et quel nom de famille porte le tireur, s’il est de taille grande, petite ou moyenne…, si son visage est de couleur noire, sombre ou jaune…, s’il vient de tel ou tel village, de telle ou telle bourgade, de telle ou telle ville…, ou avant que je ne sache, si l’arc par lequel j’ai été blessé était un arc châpa ou un arc kondanda, ou avant que je ne sache si la corde de l’arc était d’origine animale ou provenait d’un bambou ou était faite de chanvre, si le bois de l’arc provenait d’une plante cultivée ou sauvage, ou s’il était décoré avec les plumes d’un vautour, d’un héron ou d’un faucon, ou s’il était entouré, ou s’il était entouré avec un tendon de bœuf, de buffle, de cerf ou de singe… ou avant que je ne sache si c’était un arc ordinaire ou pourvu d’un crochet ou si c’était une flèche en fer, si elle avait la forme d’une dent de veau ou d’une feuille de laurier-rose. Cet homme, ô Mâlunkyâputta, mourrait, avant qu’il ne sache tout cela.

    1. Je me mets aussi à boud’ha, du coup :

      Imagines qu’un obama (ou son successeur) dise à son peuple : « En vérité, je vous le dis : tous nos malheurs sont issus de ce peuple de Chinois qui, en travaillant tant pour nous, nous ont trop pris notre argent. Attaquons-les avant qu’ils ne nous prennent le reste. »

      Ceci lui étant bien entendu discrètement chuchoter à l’oreille par quelques banquiers, milliardaires et grands patrons… qui feront TOUT pour trouver des boucs émissaires alors qu’ils sont les vrais responsables.

      Alors trouver les causes et cerner les responsabilités afin de les MONTRER AU GRAND JOUR me parait de plus en plus important.
      Et ta flèche, tu … en fais ce que tu veux. Mais je me contiens fortement.

  8. Nous savons tous que la dette globale est notre épée de Damoclès.
    Nous ignorons si et quand elle tombera.
    Elle tombera après un défaut/restructuration d’état lorsque les préteurs refuseront de prêter.
    Elle tombera lorsque une banque européenne ne trouvera plus de renflouement de la Bce.
    Elle tombera lorsque un état du golfe fera défaut sur sa dette immo.
    Elle tombera lorsque les prêts immo aux pays de l’est feront défaut.
    Elle tombera peut être en Juin 2011 lorsque les US auront dépassé leur quota de dette.
    Alors tout sera entrainé dans le gouffre.
    Il suffira d’une goutte d’eau pour que tout commence.
    L’immolation d’un Islandais , d’un Irlandais , d’un Grec.
    Nous sommes à une étincelle du déluge.
    Transformez vos monnaies en biens consommables et rien d’autre , ni immo , ni or.

  9. comme l’a dit Vigneron. Ce matin sur France Culture dans les matins; A. Adler a déclaré que les états Unis connaissent un « miracle économique » et un redressement « spectaculaire » de leur economie, permis par le QE2 particulièrement efficace de la FED.
    Je pense qu’une petite missive de la part de auditeurs à la chaîne pour demander un peu de sérieux des intervenants est le minimum. Marre que la redevance serve le décervelage.

    1. Quant on pense qu’en plus du Grand Alexounet on doit maintenant en plus se fader la Petite Laurette dans l’A de l’Air (surtout et même que des grands) patronymique dans les petits matins blêmes de France-Q… Je sais bien qu’elle a fait bosser le taulier Popaul dans la boite (F-Q), ce qui l’a amené (très) indirectement à la finance, mais bon kââmême.
      Zaurez remarqué que Voinchet était encore plus pressé que d’hab qu’il en finisse, l’expertoracle expectorant pluripotent et ventripotent, au point d’envoyer la zique avant ses dernières saintes paroles. Même en retard, c’est rarissime. Va nous en faire une jaunisse l’Alex.

    2. Ça ne m’étonne pas d’Alexandre ADLER, personnage qui a démontré son allégeance aux USA à de nombreuses occasions.

  10. Y z’auraient dû passer à l’Euro.. (coucou BA 😉 )

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110125trib000595359/severe-coup-de-froid-pour-l-economie-britannique.html
    « Sévère coup de froid pour l’économie britannique »
    « Mais surtout, et c’est le vrai problème, l’austérité va bientôt entrer en vigueur. »

    Ce n’est en effet que le début de leur descente. Sachant que la période du dernier trimestre est habituellement un rally (terme anglo-saxon à vomir) qui dope l’économie réelle par la consommation des ménages.

    On hésite, ma femme et moi, entre deux pays à visiter : l’Angleterre ou le Sahel.
    Mais on va choisir le Sahel : c’est mieux équiper et plus riche.

    1. C’est bon pour le BTP ça ! Tain ! J’va m’payer des actions d’chez Bouigues et Vinci (à crédit…) ! Va falloir remonter le Mur de l’Atlantique ! Ben ouais, pour refoul… euh… contenir la foule des britishs qui vont rappliquer à la nage pour v’nir vivre au pays qu’il parait que même le bon dieu y voudrait y habiter pour sa p’tite retraite (qui devrait pas tarder à mon avis).

    2. Vigneron, pauvre veau.

      Le bon dieu ne peut vivre en France qu’entouré de quarante gardes du corps…

      Il va nous faire du Ben Ali comme toutes les stars du shaud bise, tout simplement.

  11. Mardi 25 janvier 2011 :

    « Perspectives de l’économie mondiale », par le FMI.

    Le risque que les remous financiers se propagent de la périphérie au coeur de l’Europe est une conséquence de la faiblesse persistante des établissements financiers dans de nombreux pays avancés de la région, ainsi que d’un manque de transparence en ce qui concerne leurs engagements.

    Les établissements financiers et les États souverains sont donc étroitement liés, et la contagion entre les deux secteurs se produit dans les deux sens.

    Bien que les pays de la périphérie ne représentent qu’une faible partie de la production et du commerce de la zone euro, leurs relations financières importantes avec les pays du coeur de la zone, ainsi que la contagion financière, sous la forme d’une plus forte aversion au risque et d’une baisse des cours des actions, pourraient entraîner un ralentissement de la croissance et de la demande qui freinerait la reprise de l’économie mondiale.

    En particulier, la persistance de tensions sur les marchés pourrait causer de sérieux problèmes de financement pour des banques et des États souverains importants, et les effets de débordement sur les pays du coeur de la zone euro seraient d’autant plus probables.

    Le graphique 4 présente un autre scénario, qui illustre comment une contagion plus forte pourrait amputer la croissance. Ce scénario — qui est plus ou moins similaire à celui qui est présenté dans la Mise à jour des PEM de juillet 2010 — suppose qu’un choc majeur suivi d’une action trop lente et pas assez vigoureuse des pouvoirs publics entraîne d’importantes pertes sur titres et prêts dans la périphérie de la zone euro.

    En conséquence, les ratios de fonds propres diminuent considérablement dans plusieurs pays, tant dans la périphérie qu’au coeur de la zone euro. Dans ce scénario, les banques européennes durcissent les conditions de prêt dans les mêmes proportions que lors de l’effondrement de Lehman Brothers en 2008.

    En conséquence, la croissance dans la zone euro est réduite d’environ 2½ points de pourcentage par rapport au scénario de référence. En supposant que les effets de contagion financière sur le reste du monde sont limités — le durcissement des conditions de prêt aux États-Unis étant deux fois moindre qu’en Europe —, la croissance mondiale en 2011 est inférieure d’environ 1 point de pourcentage à celle qui est prévue dans le scénario de référence.

    Mais si la contagion financière est plus forte — avec une montée généralisée de l’aversion au risque, un tarissement des liquidités et de fortes baisses sur les marchés d’actions —, les répercussions sur la croissance mondiale seraient bien plus prononcées, et amplifiées par les faiblesses des bilans dans les autres principaux pays avancés.

    Dans les pays avancés, le plus urgent est d’atténuer les tensions financières dans la zone euro, ainsi que de faire avancer les réformes nécessaires du système financier et le rééquilibrage à moyen terme des finances publiques.

    Ces mesures propices à la croissance seraient utiles pour s’attaquer au chômage, qui reste élevé — un enjeu capital pour ces pays. Elles auraient aussi des effets bénéfiques sur les pays émergents, où les pouvoirs publics ont pour tâches principales de faire face de manière appropriée aux entrées de capitaux, de maîtriser les risques de surchauffe et de faciliter le rééquilibrage extérieur.

    Dans la zone euro, une action globale, rapide et résolue est nécessaire face aux risques de dégradation de la situation.

    Des mesures importantes ont été prises depuis mai au niveau national et au niveau de la zone euro, notamment une consolidation des soldes budgétaires et l’exécution de réformes structurelles, le renforcement de l’aide exceptionnelle en liquidités et la mise en place du programme de rachat d’obligations souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que l’établissement à titre temporaire du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent après 2013.

    Mais, dans beaucoup de pays, il reste essentiel de renforcer encore l’action au niveau national afin d’assurer la viabilité des finances publiques et de raviver la croissance.

    Les marchés restent inquiets à propos des pertes potentielles des banques de la région et n’ont pas été apaisés par les tests de résistance qui ont été effectués jusqu’à présent.

    De nouveaux tests de résistance, qui sont plus réalistes, plus exhaustifs et plus stricts, clarifieront la situation. Ils devront être suivis rapidement d’une recapitalisation.

    Il convient aussi de donner aux marchés l’assurance que le centre mettra à disposition des ressources suffisantes pour faire face aux risques de dégradation et que la stratégie globale est cohérente.

    Donc, le FESF et le MES permanent qui est prévu doivent être en mesure de mobiliser des ressources suffisantes et de les déployer avec souplesse, en fonction des besoins. Entre-temps, la BCE devra continuer de fournir des liquidités et d’acheter des titres afin de préserver la stabilité financière.

    Les Echos

    1. BA…

      Non seulement tu véhicules des idées de séparatisme monétaire qui servent les souverainistes dont j’espère que tu ne fais pas trop parti… même si tu vends aussi dupont-aignan… et un site d’extrême-droite…

      Mais, de plus, tu reviens ici avec un discours d’assurance des marchés qui ne laisse plus de doute sur tes idées qu’il faut tuer la finance mondiale à tout prix quitte à descendre le FMI qui se sert comme toi du malheur des peuples.

      Là, BA, tu viens d’atteindre la cote maximale.

      Je ne vais pas de demander de proposer des solutions alternatives à la situation actuelle car la réflexion d’extrême-droite est assez limitée. Force et haine.

      Mais tu commences à me taper sur le système et cela se finit souvent mal pour un extrémiste.

  12. D’autant plus que je n’ai jamais voté à droite de ma vie, et jamais voté à l’extrême-droite.

    Pour info, je poste aussi sur des sites MODEM : je suis donc un fanatique de François Bayrou.

    J’éclate de rire !

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