L'actualité de la crise : LA QUEUE DU DRAGON, par François Leclerc

Parmi les discussions qui animent ces temps-ci les longues journées et soirées des ministres des finances européens figure celle de l’épineux sujet des stress tests des banques. Les vingt-sept viennent de se pencher dessus en début de semaine, mais, là encore, l’unanimité n’a pas régné et les compromis n’ont pas été trouvés. Nous n’avons pas fini d’entendre parler de cette deuxième édition des tests, tout au long de ce semestre.

De premiers échos permettent de se faire une idée des sujets débattus et montrent que les désaccords ne sont pas minces. Il en ressort d’abord la curieuse méthode qui est une nouvelle fois employée. Par nature, les stress tests sont destinés à tester des comportements en réponse à des événements extrêmes ; mais une autre conception semble à nouveau prévaloir : le problème est pris l’envers et l’on s’accorde pour ne définir les caractéristiques de ce que l’on mesure et de ces événements qu’en fonction des résultats que l’on veut obtenir ! La finance est une drôle de science expérimentale.

Cela étant dit, de précieuses indications peuvent être sans attendre tirées des débats méthodologiques en cours, précisément parce qu’ils mettent en exergue les sujets les plus importants et sensibles. En creux, ils permettent de mieux cerner les facteurs de plus grande fragilité des banques, avant que ne se tiennent les tests. Quitte à ce que telle ou telle mesure soit écartée, pour cette raison même.

Une fois admis – c’est promis, c’est juré – que les prochains tests ne renouvelleront pas la pitoyable prestation de leurs prédécesseurs, comment se présentent-ils ?

Ils vont en premier lieu – comme la fois précédente – tester la solvabilité des établissements bancaires retenus. Ce qui donne déjà lieu à d’intéressantes discussions sur les thèmes les plus variés : quel ratio utiliser, quelle définition précise des fonds propres retenir, quels actifs prendre en compte et selon quelle valorisation comptable ? On n’entre pas dans les détails, mais ils sont croustillants.

A titre de simple exemple, nous ne mentionnerons que l’interrogation suivante: les tests de liquidité vont-ils prendre en compte uniquement le Trading Book ou bien également le Banking Book, les actifs négociés par la banque ou ceux qu’elle conserve en attendant qu’ils parviennent à maturité ? Les finesses de la comptabilité et les accommodements avec le Seigneur qu’elle permet sont infinies, qui autorisent à mettre au frigidaire, dans une sorte de bad bank interne qui ne dit pas son nom, les actifs dont on diffère la dévalorisation.

Nouveauté, il a donc été question de cette fois-ci tester la liquidité des banques. C’est à dire, en gros, leur capacité à lever des fonds dans un certain délai en vendant leurs actifs, qui doivent donc être liquides, c’est à dire disponibles et négociables. Un très délicat sujet, en raison de la qualité des actifs que l’on semble devoir trouver dans les portefeuilles bancaires, qui justifierait selon nos négociateurs que les résultats de cette partie des tests, contrairement aux autres, ne soient pas rendus publics. La toute nouvelle Autorité bancaire européenne (ABE) avait proposé de tester les liquidités, son intégration dans les tests est beaucoup moins certaine après la réunion des ministres européens.

Dernière tête de chapitre et non des moindres, quel scénario catastrophe doit-il être retenu ? Il a été à ce propos évoqué la possibilité de différencier les scénarios par pays, ce qui, au prétexte de mieux coller à des contextes différents, est la porte ouverte à bien des aménagements. Le débat porte cette fois-ci principalement sur l’éventualité d’un défaut sur les obligations souveraines, une question d’actualité mais pas à l’ordre du jour. Dilemme : est-il vraisemblable d’exclure cette probabilité du scénario retenu, par exemple pour les obligations grecques, ou faut-il au contraire la prohiber, puisqu’elle est déclarée inconcevable ?

Pas plus que les ministres, nous ne sommes pas non plus au bout de nos peines. Il serait dommage de se désintéresser de la question, au prétexte que les jeux sont faits. Les méandres, circonvolutions et chausses-trappes des bilans des établissements bancaires ne sont pas de l’abord le plus facile et du spectacle le plus plaisant, mais ils permettent d’effectuer une plongée dans l’un des chaudrons du système, l’autre étant le shadow banking, plus opaque encore.

Deux ultimes lièvres peuvent déjà être levés. La rengaine officielle est de retrouver une crédibilité que la crise bancaire irlandaise a fait voler en éclats, bien qu’assurée auparavant sur tous les tons. Mais auprès de qui ? Des marchés nous dit-on, est-ce bien sur ? Ceux-ci s’en laissent-ils aussi facilement compter, qui sont à l’origine des trucages que les tests prétendent démonter ? Pouvons-nous nous résoudre à croire que nous sommes les dupes toutes désignées de cet exercice ?

Oublions tout cela, et acceptons par avance le verdict qui nous sera proposé. Pour que nous puissions y croire, il ne pourra pas être déclaré que tout est parfait. Des têtes devront donc tomber, des banques recapitalisées. Qui sera alors en première ligne, leurs actionnaires ou bien les Etats ?

Nos négociateurs cherchent la réponse à cette toute dernière question, dérangeante comme souvent celles des enfants qui voudraient comprendre comment ça marche. Ils vont la trouver en ne chargeant pas la barque, relativisant d’autant la crédibilité hautement revendiquée, avec comme objectif que les Etats pourront y pourvoir. Car c’est là que l’équation doit trouver sa solution.

Au sortir de la réunion de l’Ecofin, selon le commissaire Michel Barnier, l’unanimité s’est au moins faite sur le thème que les tests allaient être beaucoup plus stricts que les précédents. Hélas, la manière d’y parvenir restait encore totalement à mettre au point. Quelles banques allaient être testées ? Le chiffre de 85 minimum était avancé (91 l’avaient été le coup d’avant), mais la liste exacte n’a pas été décidée. Quel calendrier a finalement été retenu ? Les tests devraient avoir lieu entre février et fin mai et les résultats devraient être rendus publics fin juin.

Rudolf Elmer, l’ex banquier devenu whistleblower (lanceur d’alerte) qui a travaillé off-shore dans les iles Caïmans pour le compte de la banque Julius Baer, et dont WikiLeaks se fait le relais, a expliqué lors de sa conférence de presse d’hier que, tirant sur la queue d’une souris, il avait obtenu celle d’un dragon, puis le dragon lui-même, pourvu de nombreuses têtes. Nous en sommes au même point, tirons !

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111 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA QUEUE DU DRAGON, par François Leclerc »

  1. @ Saint françois :
    « Les finesses de la comptabilité et les accommodements avec le Seigneur qu’elle permet sont infinies » : la comptabilité, ordre mineur ou majeur du capitalisme ?

    « Les tests devraient avoir lieu entre février et fin mai et les résultats devraient être rendus publics fin juin. » : mais peut-être qu’à force de tirer le diable par la queue verront nous les résultats plus tôt que prévus …
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/01/19/l-allemagne-plancherait-sur-une-restructuration-de-la-dette-grecque_1467939_3234.html

  2. Des « bad Bank » ? Il me semble, sauf erreur, que les banques centrales se sont déjà substituées à ce rôle.
    Sinon, il faut être naif pour croire que des bilans de banques puissent être sains, avec des comptes de résultats qui distribuent des bonus et dividendes à tours de bras…
    Mais bon, la priorité c’est que le système tourne même si tout le monde doit fermer les yeux.
    Je souhaite bonne chance aux régulateurs, avec des libéraux prêts à tourner leur veste pour sauver le peu qu’il leur reste (et je ne fais pas forcément référence au patrimoine).

    1. Les intervenants sont bons, sur des sujets de fond, c’est souvent le cas, la pluralité d’opinion et d’analyse est loin d’être dogmatique.
      Par contre, regardez bien la mou dubitative de calvi quand les explications sont contraire à ses dogmes. J’ai toujours l’impression qu’il débarque (il doit vivre dans un monde à part). Ou alors,il ne veut voir, que ce qui l’arrange.

    2. OK aussi, l’émission sur la Tunisie était correcte également.
      Pour la démographie, les inquiets d’une majorité « musulmane » dans quelques années seront rassurés et feront moins de cauchemars, marre, marabout, ….
      Je serais plutôt inquiet de la diminution des terres agricoles du fait des résidences principales et secondaires.
      Heureusement que dans certaines banlieues on fait preuve d’intérêt pour l’agriculture en minimisant l’emprise cadastrale. Merci à eux.
      Je ne suis plus les sujets politiques car 4 à 1 en général mon adjudant et Calvi, calva, calvo, pas calvu.
      Je m’amuse à observer les mues de l’animateur parfaitement neutre !

    3. @jeannot14, c’est surtout quand il dit, va falloir planifié … (et pour le coup même nous paysan, plutôt anti-planification on est d’accord, car on est en première ligne)
      @Papiman, c’est surtout les émissions sur la crise avec un consensus des intervenants (et l’austérité de cet été), voir la culpabilité des peuples sur l’immobilier, sans jamais rappeler ce que ce blog nous apprend sur les grosses mains, qui m’énerve.
      (sinon j’aimais bien ces émissions de radio, il y a quelques années le matin (avant qu’il fasse de la télé), où il y avait un seul intervenant, on était plus sur la réflexion)

    4. Oui pour les moues mais pour le conformisme comparé aux autres y-a pas photo. Je me rappellerai toujours quand il a demandé à notre bon Maitre si les sans-papiers n’étaient pas aussi des gens méritants qui se lèvent tôt pour travailler. on n’est pas près de le revoir à l’élysée…

  3. A lire les chiffres des changes Euros/Dollars et l’actualité aux Etats-Unis ces derniers temps, j’ai l’impression que l’actualité de la crise et de la dette et toute l’attention qu’elle porte, va à nouveau se porter vers les US et laisser souffler pour l’occasion notre Vieille Europe.

    Les masques tombent outre-atlantique, et le dollar glisse irrévocablement vers sa valeur de « singe », délaissé par les investisseurs et donc à son sort de moribond.

  4. (Rin à voir mais bon…)
    Le dernier investissement de bon père de famille anglais en ces temps qui demandent tant de rassurance, et ka même un minimum de mordant : les dentiers de Winston Churchill.
    Vendu un 19 000 euros aujourd’hui à Londres, un précédent 18 000 en juillet…

    Winston Churchill, dont le Royaume Uni écoutait chaque jour la voix martiale à la radio pendant la seconde guerre mondiale, avait toujours sur lui deux dentiers de rechange, au cas où. Il aurait même, dit-on, exempté son dentiste des combats.
    Dans un entretien à la BBC, Nigel Cudlipp, le fils du prothésiste qui avait fabriqué les désormais célèbres fausses dents, avait alors raconté que Churchill avait coutume d’expulser son dentier dans un geste de rage lorsque les nouvelles du front étaient mauvaises.
    « Mon père racontait des tas d’anecdotes sur la façon dont Churchill mettait son pouce derrière ses dents pour les éjecter (…). Il disait qu’il pouvait savoir où en était l’effort de guerre à la distance qu’elles parcouraient dans la pièce », avait-il confié.

    PS : Euh, si ya des amateurs, je dois être en mesure de retrouver dans un carton au grenier un exemplaire de ma grand-mère, millésime 1969. Bon il a pas mesuré l’effort de guerre british, mais il a vu passer pas mal de tapioca et probablement mâché deux palettes SNCF de cabécous fermiers du Quercy et autant de fourmes de Salers (entre-deux), ça pèse son poids d’histoire et de mémoriel aussi, enfin y’m’semble…
    Prix de départ d’enchères estimé par Maître Mordsmoil’noeud de la maison Christique & Sautebique, imbattable : 18 euros (avec le verre de trempage… d’origine ! )

    1. Je verrais bien l’Hôtel Mamounia à Marrakech comme acquéreur. Winston Churchill y a passé sa retraite.

      Cela pourrait faire bien dans une vitrine avec l’œil de verre de Dominique Strauss-Kahn, autre personnalité locale, mais qui n’a nullement besoin de descendre à la Mamounia puisqu’il dispose d’un superbe ryad dont il fait profiter à ses amis: Bernard Henry-Levy, et plus surprenant: Nicolas Sarkozy y ont séjourné.

      La prochaine élection présidentielle risque de mettre fin à une longue amitié. C’est triste. Mais on a l’habitude; l’élection de 1995 n’a t’elle pas mis fin à une vieille amitié de 30 ans.

    2. @Tartar
      Ah, c’est bien des méthode de Tatars cela. Quelle cruauté! Comment voulez-vous qu’il fasse de l’œil aux belles du FMI après cela?

    3. @Vigneron

      On pourrait avoir des photos du dentier de mémé ? Et du verre en cristal ? Portent-ils encore des traces de tartre ? (J’ai pas dit de tarte, quoique pour faire plaisir au détective Marlowe, j’aurais p’t’être dû… Jamais rien compris à l’humour noir moi d’toute façon ! )

  5. Tout cela n’aboutira à rien de très utilisable.
    Il reste les faits. Quant la monnaie ne circule plus, on ne peut plus distinguer entre les crises de liquidité et les crises de solvabilité.
    Une liquidité « gelée » est tout aussi manquante qu’une liquidité inexistante.

    1. Je n’arrive pas à comprendre ça.. la liquidité n’est pas gelée, elle circule sans arrêt mais simplement pas là où il faudrait cad dans l’économie réelle. Pour l’instant c’est dans la spéculation sur les matières premières et demain ce sera ailleurs en fonction des opportunités du moment à saisir. Tous les jours dans la zone euro c’est plus de 2000 milliards d’euro qui changent de main.

  6. Effectuer des stress tests POUR rassurer les marches est une aberration. Le simple fait de l’enoncer (dixit Mme Lagarde lors de la precedente edition des stress tests) ote aux stress tests toute leur vraissemblance car, comme vous le soulignez, on n’impose pas a priori un resultat a une analyse qui se veut scientifique/informative.

    Par ailleurs le simple fait de reconnaitre qu’il y a incertitude sur les paremetres de l’analyse est un aveu de foutage de gueule (et je pese mes mots). Car enfin une telle analyse ne prendra pas plus de 2-3 jours sur un simple ordi de bureau (on est loin des modeles de biologie ou de climatologie qui requierent l’usage de supercomputeurs). Donc si il y a ambiguite sur les parametres/assomptions (mise en defaut de certains etats ou non, trading ou banking book, etc …), ils n’ont qu’a faire plusieurs analyses ! La au moins ca aurait un sens …. scientifique et objectif.

    Du grand grand n’importe quoi a l’echelle europeenne. Soit ils ne font rien et envoient « les marches » se voire ailleurs, soit ils le font vraiment. Ce simulacre est vraiment pitoyable et immature !

    1. Je suis totalement d’accord, mais le problème principal (selon moi) reste la comptabilité…
      Tant qu’on peux faire dire n’importe quoi aux chiffres, et que personne n’a le courage de se plonger dans cette complexité, on est pas sorti du sable ! Je suppose que c’est perçu au même niveau qu’une affaire judiciaire dont les dossiers prendraient quatre armoires, et qui patine, encore et encore…

    2. Non ce qui doit prendre des mois c’est de retrouver leurs petits dans tout leur fatras et déterminer qui possède réellement quoi et si ça doit rentre dans la base de données ou non. Aux US j’ai mémoire (selon Zéro Hedge) banque lésée s’est même retrouvées à faire un procès à……une de ses filiale.

  7. (je poursuis mon precedent post, sorry)

    Par ailleurs je ne suis pas sur du tout que la finalite premiere des stress tests soit de rassurer les marches !! La encore, c’est du grand n’importe quoi mediatique (je dis pas ca pour vous M Leclerc).

    Que sont « les marches » ? On a coutume de dire que c’est tout le monde, vu que tout un chacun « place » son epargne a la banque pour le « faire travailler ». Faux !! Lorsque vous prenez une Sicav ou un PEL, que je sache, on ne dit pas a son banquier « je voudrais un PEL plutot irlandais » ou « avec des actions Renault ». Non, les marches sont (i) les traders (personnes tres impusives) (ii) des ordis (si X=3 et Y=25 je vends du Loreal) et (iii) les hauts cadres financiers (personnes tres bien informees). Vous, nous, n’en faisons pas parti.

    Donc si on reprend depuis le debut et qu’on remet les choses dans le bon ordre: les banques effectuent des stress tests pour se rassurer elle-meme. … pas tres logique tout ca !

    D’un autre point de vue, on pourrait aisement concevoir que ces stress tests s’adressent en realite a la population, pour lui dire: « ehh bin, on a les reins super solides. Donc pas besoin de nous nationaliser ET EN PLUS on peut preter de l’argent a profusion aux etats, avec interets bien entendu ». Rien a voir avec « les marches » qui sont tres bien rensignes (il s’agit des meme personnes).

    1. « 

      Non, les marches sont (i) les traders (personnes tres impusives) (ii) des ordis (si X=3 et Y=25 je vends du Loreal) et (iii) les hauts cadres financiers (personnes tres bien informees).

      ces stress tests s’adressent en realite a la population, pour lui dire: « ehh bin, on a les reins super solides. Donc

      pas besoin de nous nationalise

      r ET EN PLUS on peut preter de l’argent a profusion aux etats, avec interets bien entendu ». Rien a voir avec « les marches » qui sont tres bien rensignes (il s’agit des meme personnes). »

      trés bien vu ! quoiqu' »on » veuille nous faire croire !

  8. @ JF
    La monnaie n’existe plus telle que tu la conçoies, et j’adore ta pensée de voir la monnaie comme un échange normal et logique pour une société harmonique.
    Je dis harmonique parceque non harmonieuse…
    Et le problème est là !
    C’est un problème fondamental de fréquence pour assurer une stabilité entre les monnaies.

    Fabolo

  9. « Les finesses de la comptabilité et les accommodements avec le Seigneur qu’elle permet sont infinies » : l’on peut lire aussi, dans ces « accommodements avec le Seigneur« , le signe d’un déclin du capitalisme si l’on se rappelle, qu’à ses origines, il se fondait sur l’exactitude pointilleuse de sa comptabilité.

  10. Kafka journal,
    nuit du 21 au 22 octobre 1917

    Un événement ordinaire ; le supporter un héroïsme ordinaire : A. doit conclure une affaire importante avec B. du village voisin H. Il va à H pour régler les derniers points, fait le chemin aller-retour en vingt minutes, et rentré chez lui se vante d’avoir été particulièrement rapide. Le jour suivant, il retourne à H, cette fois-ci pour conclure définitivement l’affaire, et comme cela nécessitera probablement plusieurs heures, il part très tôt le matin, et, malgré le fait que les circonstances soient les mêmes que la veille, il a besoin cette fois-ci de dix heures pour se rendre à H. Lorsque, le soir, il arrive là-bas fatigué, on lui dit que B., fâché de l’absence d’A., est parti une demi-heure plus tôt pour son village. A vrai dire ils auraient dû se croiser. On conseille à A. d’attendre, car B. devrait revenir de suite. Mais A., inquiet pour son affaire, part aussitôt et se dépêche de rentrer. Cette fois, sans y prêter particulièrement attention, il fait le chemin du retour en un instant. Chez lui il apprend que B. était arrivé tôt, avant même le départ d’A., qu’il l’aurait rencontré devant la porte de sa maison, qu’il lui aurait parlé de l’affaire, mais qu’A. lui aurait dit qu’il n’avait pas le temps, qu’il devait se dépêcher de partir. Malgré le comportement incompréhensible d’A., B. était pourtant resté ici pour attendre A. On lui raconte également que B. avait souvent demandé si A. était rentré, et qu’il était encore en haut dans la chambre d’A. Se réjouissant de pouvoir parler à B. et de pouvoir tout lui expliquer, A. monte les escaliers. Il est presqu’arrivé en haut lorsqu’il trébuche, se fait une entorse, manquant presque s’évanouir de douleur ; et là, incapable même de crier, gémissant dans le noir, il entend et voit B. indistinctement, comme s’il était très loin ou tout à côté de lui, descendre furieux les escaliers et disparaître à jamais.

    1. Lisible ? sans aucun doute même si c’est penché dans les ombres. reconnaître la puissance des forces immergées, en toucher les remous, si désir de sortir de la gangue du passé, pas de programme.

      du même, Cahiers In-octavo, cahier G, le 19 octobre 1917:

      Absurdité (mot trop fort) de la séparation entre personnel et étranger dans le combat intellectuel

      .

      Cahier G., 20 octobre 1917.

      Vu avec le regard maculé par le terrestre, nous sommes dans la situation de voyageurs qui ont eu un accident de train dans un grand tunnel, à un endroit où on ne voit plus la lumière du début mais où la lumière du bout est si infime que le regard est constamment obligé de la chercher et qu’il la perd constamment, tout en sachant que le début et la fin ne sont même pas sûrs. Mais tout autour de nous, dans le désordre des sens ou l’acuité des sens, nous n’avons que des monstres, et, suivant l’humeur et la fragilité de chacun, un jeu exquis ou kaléidoscopique et épuisant.

      Que dois-je faire ? Ou : À quoi bon le faire ? ne sont pas des questions de ces régions.

      Certaines ombres de défunts ne s’occupent de que de lécher les flots de la rivière des morts parce qu’elle vient de nous et a encore le goût salé de nos mers. Dégoûtée, la rivière alors regimbe, elle se met à couler à rebours et ramène les morts à la vie. Mais eux sont tout heureux, ils entonnent des actions de grâce et caressent la rivière courroucée.

      À partir d’un certain point il n’y a plus de retour possible. C’est ce point qu’il faut atteindre.

      […]

      Soir. Promenade jusqu’à Oberklee.

      De l’extérieur on va toujours imprimer victorieusement des théories au monde et tomber du même coup dans la fosse, mais seulement de l’intérieur le maintenir calme et vrai.

      lisible?

    2. Bien j’arrive pas à lire ça, mon regard saute…

      Non seulement Kafka est un mauvais écrivain, mais un écrivain pénible et aussi mal traduit ! La traduction, voilà le mal.

      Il est aussi poussiéreux que son fantasme de bureautique, aussi pénible qu’une Rémington, la mécanique transparent entre les mots. Excès de construction. Lisez le début du Procès : tout peut être filmé.

      Il m’est impossible de lire le Procès, ou Amérique. Ca n’aurait pas du être publié. Je les ai lu quand j’étais plus jeune. Maintenant, Kafka et Dostoievsky sont illisibles pour moi, bien que je me force à lire la fin de l’Idiot puisqu’il dit que jamais on n’ a vu pareille chose.

      Je déteste kafka, je crois que nous ne sommes pas en Tunisie et que j’ai encore le droit d’avoir une opinion …

      Céline est bien meilleur ! Voilà la vrai littérature, pas la schématique…

    3. Voica ce que pense notre jeunesse de la Métamorphose de kafka, et je suis d’accord, ce sont des livres castrateurs, des livres étouffe chrétiens, anémiants, étiques, sans vie, des livres anti vie au possible.

      http://www.mobipocket.com/en/eBooks/eBookDetails.asp?BookID=2225

      quelle horreur !! – (zélika le 14 avril 2002)
      c’est super nul de la part des profs de nous imposer des lectures aussi chiantes, personne de la classe a compris ce pauv’ bouquin…la prof en chie pour nous faire des cours la dessus, elle s’en sortira jamais…ya rien à comprendre tellement c’est pourri comme bouquin. juste un petit conseil : C’EST UN BOUQUIN A NE SURTOUT PAS LIRE !!

      COMPLETEMENT POURRI – (Banken David le 15 janvier 2002)
      Ce livre est vraiment pourri jusqu’à la moelle ! c vrai, on sait meme pas pourkoi il se transforme en un monstrueux insecte, vous allez quand meme pas me repondre parce qu’il vient de sortir de reves agités, sinon vous faites tres peine et la plupart des gars qui ont fait une critique ont raison ! NE LISEZ SURTOUT PAS CE ROMAN, c complétement NUL A CHIEEEEEERRRRRRRR !

      =================

      C’est très bien qu’on ose dire ce qu’on pense dans ce pays, même s’il s’agit de Kafka en personne ou de toute autre idole ! Notre jeunesse n’a pas froid aux yeux. Ce bouquin est nul, parce qu’ils le disent et dans ce contexte, à leur age. De quoi les dégouter de la lecture à jamais… pareil pour md Bovary. Je crois que j’ai du lire Md Bovary en Première, à 15-16 ans…Voilà pourquoi l’éducation mérite d’être privatisée, pour ce genre de crime contre la jeunesse. C’est un assassinat de la sensibilité, une inoculation du dégout de l’existence.

      1) Il faut lire Burroughs, à la recherche du Yage, Céline, Henry Miller, Joseph Conrad, Poe, Mellville, Lewis Carrol. Saul Bellow, Henry Michaux, Breton…Céline, Hugo, Voltaire, Gogol,

      2) A ne pas lire : Kafka, Flaubert, l’escadrille du désespoir. L’écriture comme prison, les mots comme des briques.

  11. La riposte concernant Rudolf Elmer n’a pas trainé:
    Rudolf Elmer arrêté pour avoir livré des secrets bancaires à WikiLeaks

    On ne badine pas avec le secret bancaire en Suisse… fut-il pour des informations concernant un pays hors de la juridiction suisse (les Iles Caïman) et révélé dans un pays tout autant hors de la juridiction suisse (le Royaume-Uni). Comme quoi le concept d’extra-territorialité de la finance est un concept à géométrie variable.

    1. Apparemment, on ne badine pas non plus avec le secret bancaire en France:
      Affaire Falciani: le procureur Eric de Montgolfier dessaisi du dossier par sa hiérarchie

      Au demeurant, la Suisse est encore impliquée dans cette affaire…

      Décidément ce Monsieur de Montgolfier s’entête à ne pas vouloir comprendre qu’il y a d’autres intérêts en jeu que la seule justice. Chapeau bas.

      Ce n’ai d’ailleurs pas la première fois qu’on lui fait des ennuis.
      Eric de Montgolfier, procureur de Nice, mis en examen
      Sur le dossier des loges maçonniques de Nice on lui reprochait de chercher là où il n’y avait rien à trouver.. Pourtant il a trouvé. Visiblement cela n’avait pas plu.

    1. Ah, si j’étais plus jeune…

      moi, ce serait Québec, Amérique du Sud ou Tunisie libre …par exemple.
      mais, suis pas assez jeune !
      faudra continuer de « bouffer » les herbes amères …avant d’aller manger les pissenlits par la racine !
      à moins que ….un jour …un jour
      http://www.youtube.com/watch?v=6TY9CWXgcJQ
      Ferrat-Aragon

  12. Les 17 pays de la zone euro vont emprunter 1 607 milliards d’euros en 2011.

    En valeur absolue, les principaux emprunts seront lancés par la France (386 milliards d’euros), l’Italie (381 milliards) et l’Allemagne (292 milliards).

    Calculés cette fois en pourcentage du PIB des pays concernés, les emprunts les plus lourds seront supportés par la Grèce (25 % du PIB), l’Italie (23 % du PIB), le Portugal (23 %), la Belgique (21 %), la France (18 %) et l’Irlande (17 %).

    Source : Les Echos, mercredi 19 janvier 2011.

    A propos de l’Espagne :

    Espagne : caisses d’épargne : 30 milliards d’euros levés ?

    L’Espagne envisage de lever plus de 30 milliards d’euros afin de recapitaliser son réseau de caisses d’épargne, rapporte jeudi le Wall Street Journal qui cite des sources proches du sujet.

    Une porte-parole du ministère espagnol de l’Economie a reconnu que les caisses d’épargne auraient besoin de fonds, davantage que les 11 milliards d’euros déjà levés à leur intention, mais elle a démenti que les montants nécessaires atteignent la somme évoquée par le WSJ.

    Madrid a créé l’année dernière un fonds dédié à la restructuration des banques, le FROB.
    Le gouverneur de la Banque d’Espagne avait prédit en décembre que les caisses d’épargne n’auraient pas à y recourir cette année.

    Le système espagnol des caisses d’épargne, qui représente près de la moitié du réseau financier du pays, a été durement affecté par l’explosion de la bulle immobilière. À ces difficultés, est venue s’ajouter la hausse des coûts d’emprunts de l’Espagne consécutive à la crise de la dette souveraine européenne.

    Le Figaro

    1. Aux U.S.A.plus c’est gros, plus ça passe. La vrai démocratie c’est ça, faut avoir de l’audace chantait Bécaud. En passant, je crois que le post d’octobre hier s’adressait à moi plutôt qu’à vous, non?

      Cordialement.

    2. Qu’attendre d’un tel pays ?

      « ..Ils l’avaient promis et ça n’a pas traîné. Majoritaires à la Chambre des Représentants depuis janvier, les Républicains ont voté l’abrogation de la réforme de l’assurance santé, le projet phare du Président Obama, surnommé Obamacare.

      Les Démocrates étant toujours majoritaires au Sénat, ce retrait n’a quasiment aucune chance d’aboutir, mais la guerre a pris une nouvelle dimension ce mercredi 20 janvier.

      La Chambre a voté à 245 voix contre 189 le retrait de la réforme ; une loi de 3 000 pages devant mener, en 2014, à l’assurance de 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus mais également à limiter les nombreux abus des compagnies d’assurances privées imposant leur loi.

      Fin octobre, dans un article à lire ici, je revenais sur la mise en place des premières mesures induites par la loi votée en mars 2010. Elle était alors sous le feu de la critique des Républicains, en pleine campagne pour les élections de mi-mandat, accusant le président « socialiste » de mener ainsi le pays « à sa ruine ».
      http://www.mediapart.fr/club/blog/iris-deroeux/200111/quand-les-republicains-contre-attaquent-la-reforme-de-la-sante-america

      Evitons cette catastrophe ! qui nous pend au nez avec le sous-vers-rien , ses affidés et ses maîtres néoconnéolib US

  13. Bonjour,
    Ceci est mon premier post sur ce forum malgré mes 2 années (minimum) d’assidu visiteur.
    En dehors des théories de PJ, je suis très friand des chroniques de M. Leclerc … à un détail près :
    Pourriez-vous M. Leclerc citer systématiquement vos sources ?

    Vos analyses ne sont pas dénuées d’intérêt mais elles ont tout de même très orientées. Lire directement vos sources permettrait un peu d’objectivité.

    En dehors de cela, merci pour votre travail et ne lâchez rien :o)

    Mick

    1. Vous touchez un point faible, je vais tenir compte de votre suggestion, en alourdissant au minimum mes textes, car c’est l’origine de mon parti-pris.

      Mes analyses sont « très orientées  », dites-vous  ! Si vous voulez-dire qu’elles ont un sens affirmé, j’assume… Je suis très objectif, me référant aux faits.

    2. Merci pour votre réponse.
      De façon générale, malgré ma culture politico-économique rudimentaire, je partage vos analyses.

      Par « très orientées », je veux dire que vos analyses (et celles globalement véhiculées dans ce blog) ne sont pas partagées par tout le monde et en particulier les officiels, ou alors très officieusement. En fait, bon nombre d' »économistes » vous classeraient dans la catégorie des Cassandres.
      Opinion « orientée » ne veut pas forcément dire « dans l’erreur » !

      Bien à vous.

    3. En meme temps, il faudrait que Kiki59 élabore sur le concept d' »orientation »

      Lire directement vos sources permettrait un peu d’objectivité.

      Objectivité par rapport à quoi? Au discours officiel qui voudrait vous voir replonger dans la léthargie désinformée?
      Le « parti-pris de l’objectivité » n’a pas à se justifier en période de cataclysme civilisationnel
      Le « bon sens » n’est d’aucun parti

    4. @Sylvain :
      Le bon sens non partisan n’existe pas.

      Il y a le bon sens de droite libérale qui dit qu’il faut laisser faire le marché.
      Il y a le bon sens de gauche (la vraie …) qui dit que l’état devrait gérer directement les services liés aux premières nécessités (énergie, eau, santé, éducation, …)
      Il y a le bon sens d’extreme-droite qui dit que si on arrêtait d’entretenir les immigrés, on stopperait les flux migratoires et ce serait la fin de nos problèmes….
      etc …

      Il n’y a de bon sens que celui de notre propre opinion.

      ——————–

      Cela dit, mon problème au départ, c’était simplement d’éviter les conversations avec des amis du type :
      – ah oui ?! Et d’où tu tiens cette info ?
      – de Francois Leclerc, blogueur émérite du site de Jorion.
      – cékissa ?
      ….

    5. @kiki59 : je ne vous félicite pas d’avoir cherché à contourner votre « problème au départ ». Si vous lisez et appréciez les infos de François depuis 2 ans, alors vos sources sont… François Leclerc, c’est tout. Il n’y a pas de honte à citer un « inconnu », et je crois savoir que c’est encore le meilleur moyen de le faire connaître. (Et de reconnaître en passant le sérieux de son travail.)

    6. @Crapaudrouge : merci pour le compliment, ca fait toujours plaisir. ..
      J’ai du mal m’exprimer,je parlais de pouvoir citer les sources d’une info me venant de FL du type  »
      « De premiers échos permettent de se faire une idée des sujets débattus et montrent que les désaccords ne sont pas minces.  » A moins que M.Leclerc fut sur place, il tient bien cette info de qqpart.
      PS : ben me v’la bien douche pour une premiere participation. .. Bonne nuit.

    7. Il n’y a pas de malaise !

      Je tiens mes infos des agences de presse, de la presse internationale spécialisée (et d’information générale parfois), de blogs spécialisés, le plus souvent américains. J’échange des informations avec Paul Jorion, lis d’interminables rapports, utilise mon mail chaque fois que possible et parfois skype, et suis fort rarement sur place…

    8. Il y a le bon sens de gauche (la vraie …) qui dit que l’état devrait gérer directement les services liés aux premières nécessités (énergie, eau, santé, éducation, …)

      Plus précisément, le bon sens de l’espèce humaine dit que le travail, seule et unique source des biens et services, doit reprendre le contrôle de toute production, mettant ainsi fin à la dictature du capital.

  14. Un exemple parfait de manipulation des agences de presse ‘maintsream’…hausse de l’inflation une bonne nouvelle?Alors que cette hausse proviendrait quasi exclusivement de la hausse des matières premières.Donc je ne vois vraiment pas ou se trouve la bonne nouvelle?
    Nous vivons dans une ‘civilisation'(?) de l’effet d’annonce(souvent faux), ce qui renforce les mauvaises analyses économiques.Qui mentira le plus, tel est le mot d’ordre.

    Irlande: les prix repartent à la hausse en décembre, une bonne nouvelle

    jeudi 20 janvier 2011, 12:39
    Les prix sont repartis à la hausse en décembre en Irlande, une bonne nouvelle pour le pays après une baisse le mois précédent qui avait alimenté les craintes d’un retour de la déflation. Sur un mois, les prix ont monté de 0,2%, portant le taux d’inflation annuel à 1,3%, selon un communiqué publié jeudi par le Bureau central des statistiques irlandais, le CSO. Ils avaient baissé de 0,1% en novembre. Sur l’année, la hausse a été avant tout alimentée par le secteur de l’énergie (+9,9%), en parallèle à l’augmentation des matières premières importées, alors que les prix baissaient de 4,1% dans l’habillement.

    1. Ditto
      Nous vivons une civilisation eminement empreinte de religiosité.
      Le désir/besoin de croire est analysé par « Freud dans l’Avenir d’un Illusion »

      Un exemple surréaliste:
      Une secte chrétienne brésilienne a entrepris d’exorciser le signe Universal Serial Bus (USB) car il représente une fourche, emblème du Malin…

      Pour chaque Paul Jorion qui marche sur cette terre, il doit y avoir 5 millions d’humanoïdes écervelés

    2. civilisationnel ? ou manipulatoire …jusqu’ici, en France …en Europe, en général, ce genre de choses nous paraissent extravagantes ! …nous avons eu quelques philosophes qui nous ont aidés …et toute une histoire . La régression n’est pas une bonne chose .

      profiter d’une crise provoquée, d’une perte du sens commun, d’un abrutissement généralisé : TV, et de l’ignorance maintenue volontairement , …faire monter l’angoisse, mener une politique de la peur …pour faire monter la dinguerie irrationnelle : voilà qui est bien commode pour les cyniques qui nous gouvernent …
      Eux ont la tête froide !

      certaines sectes évangélistes sont un des bras armés de la politique délétère des zuesses : Afrique, Europe de l’Est, Amérique du Sud ( m’étonnerais que les chinois se laissent faire, mais bon ) …qui sait parfaitement ce qu’elle fait …( les « militants de base » comme dans tous les domaines, y sont certainement sincères ) …

  15. Des marchés nous dit-on, est-ce bien sur ? Ceux-ci s’en laissent-ils aussi facilement compter, qui sont à l’origine des trucages que les tests prétendent démonter ? Pouvons-nous nous résoudre à croire que nous sommes les dupes toutes désignées de cet exercice ?

    Tout est dit.

    On est en train de concocter les pages des futurs livres d’histoire qui expliqueront que qui, que quoi ….
    En réalité nous ne sommes pas réellement visés par ces scénarios, mais plutôt les jeunes et futures générations.

  16. whistleblower… Julius Baer

    Julius Baer, au fait, au moment des premières révélations d’Elmer « the hunter » en 2008, c’était ça :

    Julius Baer, Switzerland’s biggest dedicated wealth manager which has roots dating back to the 19th century, is based in Zurich and manages more than 360 billion Swiss francs ($300.8 billion) in assets for rich individuals and institutions.

    (Reuters)

    300 milliards de $ de fortunes en gestion… une paille.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Julius_B%C3%A4r

    Et le big boss charismatique de la boite d’Elmer « the pig« , c’était Alex Widmer, qui a trouvé le bout de la route, en 2008 aussi, comme ça ? :

    PHILIPPE RODRIK | 06.12.2008 | 00:01
    État de choc dans les milieux financiers! Hier, à l’aube, la mort du président du directoire de la Banque Julius Baer, Alex Widmer, est annoncée officiellement. «Deux sources indépendantes nous ont confirmé qu’il s’agissait d’un suicide», indique le quotidien alémanique 20 Minuten sur son site internet à 8 h 26.

  17. J’accuse Jean Claude Trichet d’avoir ouvert la porte de l’Europe à la spéculation initiée aux USA.
    Spéculation favorisée par la déréglementation , entre autres la durée des crédits hypothécaires.
    Après toute spéculation interviens la ruine dans laquelle nous sommes.
    Je demande qu’une commission d’enquête soit ouverte sur sa responsabilité.
    Madoff en comparaison n’est qu’une goutte d’eau.

    1. Le capitalisme financier, basé sur la déréglementation, le libre-échangisme et la liberté de mouvement des capitaux ainsi que toute sa ribambelle « d’innovations financières », instruments de spéculation, produits dérivés, stock options, etc… n’ont pas été introduits en Europe depuis seulement dix ans, mais bien au cours des trente dernières années.

      Trichet, comme tous les autres décisionnaires européens des trente dernières années, a participé au mouvement et partage donc une part de responsabilité. Mais faire de lui le principal responsable me semble être une erreur historique, et d’oublier le rôle, bien plus important, qu’ont joué Margaret Thatcher et son éminence grise Milton Friedman quand à l’introduction en Europe du capitalisme financier.

  18. Pas de fumée sans feu?

    Dette grecque : Bruxelles juge « absurde » un plan européen de restructuration

    jeudi 20 janvier 2011, 13:48 lesoir.be

    La Commission européenne a qualifié jeudi d’ » absurdes » des informations de presse sur un plan de restructuration de la dette grecque, qui verrait le Fonds de soutien de la zone euro prêter de l’argent à Athènes pour racheter ses propres obligations. « C’est absurde », a déclaré le porte-parole de la Commission pour les Affaires économiques et monétaires, Amadeu Altafaj. « Et je pense que ça a été d’ailleurs démenti très clairement par les autorités allemandes en particulier. Donc je vous renvoie à ce démenti, que je partage avec enthousiasme », a-t-il ajouté. L’hebdomadaire allemand Die Zeit et le quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung ont indiqué, dans leurs éditions de jeudi, que Berlin pousserait pour un plan de restructuration de la dette grecque avec l’aide du Fonds de soutien la zone euro, dans le cadre de nouveaux pouvoirs qui pourraient être attribués à ce dispositif. Le ministère allemand des Finances a démenti catégoriquement ces informations.

  19. Ces soi-disant Stress-tests ,visiblement,ne sont là que pour illusoirement se »rassurer »,d’ailleurs,on se demande bien qui au final?
    Le ratio acceptable exigé par ces fameux derniers Stress-tests auxquels les banques devaient se soumettre si j’me rappelle bien, étaient qu’elles devaient détenir au minimum 6% en fond propre par rapport à tous leurs engagements en « actifs »,ça fait quand même 94%de perte potentielle,impressionnant non?
    Le banques irlandaises avaient elles aussi parfaitement passées le Test,on a vu le résultat….
    Comme dit Olivier Delamarche,c’est une blague!

  20. La crise politique déjà bien en cours en UE, au cas où nos élus ne seraient pas au courant :
    « L’opposition estime quant à elle que Brian Cowen va tenter d’utiliser ce remaniement au profit de certains de ses collègues qui risquent d’affronter une bataille électorale difficile. »
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/01/20/nouvelle-serie-de-demissions-au-sein-du-gouvernement-irlandais_1467965_3214.html#xtor=RSS-3208
    Recaser les ‘copains’ qui seront en ‘difficulté’ pour les prochaines élections en leur permettant de toucher un maroquin (et les revenus qui iront avec, après).

    Pouahhhhhh ….

  21. mr François Leclerc
    Pour moi les circonvolutions sur les Stress TEST etc sont de l’INTOX ..
    Comme les cotations AAA BBB
    A mdr..
    J’ai peur de vous .
    Un plaisir de lire vos commentaires qui ne compromettent personnes ,un régal..
    en toute Démocratie …

  22. Pour le Financial Times, la crise belge menace le coeur de la zone euro.

    Pour le quotidien, « ceci n’est pas raisonnable à plusieurs égards ».

    La Belgique est en effet « prospère et compétitive » : les finances publiques sont bien tenues, la balance des comptes courants est excédentaire, la dette des ménages est faible et le pays n’a pas souffert d’une bulle immobilière.

    Mais le pays souffre de plusieurs problèmes, dont le « principal » est la paralysie politique. Jugeant que « de nouvelles élections ne serviraient à rien », le quotidien appelle les politiciens à conclure un accord.

    « Si ce n’est pas pour la Belgique, que ce soit pour la zone euro, mais il est grand temps que les politiciens cessent leurs querelles et forment un gouvernement », conclut le Financial Times.

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/elections_2010/2011-01-20/pour-le-financial-times-la-crise-belge-menace-le-coeur-de-la-zone-euro-816354.php

    Depuis quand le FT a t’il un droit de vote en Belgique?

    1. Pour dissy
      Idem pour la Tunisie,depuis que le Dictateur est partit ils décotent la Tunisie..
      Un dictateur partout pour faire monter la cote,oui je sais la France est bien cotée..

    2. oui, les zuesses ont « colonisé » bien des « esprits » dans l’UE …
      ils expliquent donc ce qu’il faut faire …

      Manquent pas d’air ! qui a provoqué cette crise ? certes, avec les complicités politiciennes, soit endormies, soit bas de gamme …

      Si la civilisation « occidentale » est la somme des non-valeurs véhiculées par les zuesses, je ne veux pas être occidentale .

  23. Jeudi 20 janvier 2011 :

    La confiance des consommateurs se détériore dans la zone euro.

    La confiance des consommateurs dans la zone euro est tombé à un plus bas de cinq mois en janvier, montrent des données publiées jeudi, alors que la région rencontre des difficultés pour contenir la crise de la dette.

    La Commission européenne a annoncé lors d’une estimation flash que le moral des consommateurs des 17 pays membres de la zone monétaire était ressortie à -11,4 en janvier contre -11,0 en décembre.

    Au sein de l’Union européenne qui regroupe 27 Etats, cet indicateur a également baissé, passant de -12,1 à -12,8.

    Les analystes estiment qu’une solide demande privée est nécessaire pour une croissance auto-entretenue de la zone euro, mais les mesures d’austérité mises en place par de nombreux gouvernements et les turbulences sur les marchés financiers limitent la demande des consommateurs.

    « C’est probablement l’inflation plus importante et la fiscalité croissante dans beaucoup de pays qui pèse de plus en plus sur la confiance des consommateurs », a commenté Howard Archer, analyste chez IHS Global Insight.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE70J0IT20110120

    1. « C’est probablement l’inflation plus importante et la fiscalité croissante dans beaucoup de pays qui pèse de plus en plus sur la confiance des consommateurs »

      Sans compter la lecture du Blog de Paul Jorion.

    2. Ben voyons !

      Je ne veux pas être assimilée à un tube digestif ! je ne veux pas que l’on m’appelle consommatrice !

      Tous ces gens là n’ont qu’une idée fixe !

  24. Lagarde : l’art de l’optimisme béat.
    D’ailleurs c’est la spécialiste des bonnes nouvelles, Lagarde. Elle est coutumière des annonces positives : elle a déjà annoncé la fin de la crise, le retour de la « croissance », le chômage qui baisse… Bon, on n’a rien vu, mais au moins elle l’a annoncé.

    Mais dans le cas du Livret A, pas de doute : le petit épargnant va faire fortune.

    http://www.marianne2.fr/Lagarde-l-art-de-l-optimisme-beat_a201896.html

    1. On devrait lui offrir un abonnement à LEAP bien que je suis persuadé qu’elle en reçoit un exemplaire gratos. Elle pourrait nous le commenter.

  25. Question à François Leclerc,ou à tout autre spécialiste de la finance :

    Quel est le rapport entre le TEC 10 ( qui ne fait que monter ) et les taux d’emprunt au particulier ?Qu’est-ce qui les lient entre eux ? Y-a-t-il un calcul savant ? peuvent-ils se décorréler ?

    Ils sont corrélés la plupart du temps,mais je ne sais pas ce qui les lient réellement,cela fesait l’objet d’un débat sur un célèbre site boursier…

    Question de curiosité donc,merci !

    1. Pardonnez-moi, mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Je ne connais pas le débat auquel vous faites référence, mais cela me semble à première vue un vrai débat de boursiers à la recherche d’une martingale.

    2. Pourtant ma question était simplissime.
      J’éspère seulement que votre réponse cynique et méprisante n’est pas l’expression de vos lacunes,du moins sur cette question.
      Pardonnez-moi à mon tour d’avoir voulu être curieux.

    3. Pas forcément un débat de boursier à la recherche d’une martingale : vu l’augmentation depuis Août dernier des taux longs des obligations publiques (eg TEC 10 qui est passé en 5 mois de 2,5% à 3,5%), quel impact ceci va t’il avoir sur les taux de crédit aux particuliers, notamment les prêts hypothécaires, puis sur l’évolution des prix de l’immobilier et enfin sur l’économie en général.

      Ce que l’on peut dire c’est que sur le moyen et long terme, les taux longs des obligations publiques et les taux des prêts hypothécaires évoluent de la même façon : c’est à dire que la différence entre les deux (spread) reste normalement dans une bande relativement stable de 1 à 2% pour les meilleurs taux. A court terme, il n’y a évidemment pas de corrélation, pas de formule magique qui permette de prévoir les spread.

      Mais il arrive que les spread sortent fortement de cette bande, notamment en périodes où les créanciers institutionnels cherchent à tout prix à réduire le risque de leurs portefeuilles et donc cherchent à vendre les placements considérés plus risqués (créances interbancaires, portefeuilles de créances aux particuliers, etc…) et acheter les moins risqués (obligations publiques des états considérés les moins risqués), faisant monter les spreads : c’est notamment ce qui c’est passé en 2008 quand le marché interbancaire s’est fortement décorrélé des obligations publiques.

      On assiste depuis deux mois à une forte remontée des taux hypothécaires (entre 0,4% et 0,5% selon les durées des prêts), en décalage avec les OAT de quelques mois, et amha cela ne fait que commencer…

      Les marchés immobiliers Américain, Britannique, Espagnol sont repartis à la baisse depuis quelques mois. En France, l’augmentation récente (et rapide) des taux hypothécaires est elle le signal d’une rechute des prix de l’immobilier qui ne saurait tarder? Cela m’en a tout l’air… et ce malgré l’introduction du nouveau PTZ Plus.

    4. @Horizon

      Aller voir dans votre proche horizon du net (wikipedia ou France Trésor par ex) et vous comprendrez très vite et tout seul ce qui peut lier causalement – c’est plus qu’une simple corrélation – l’indice journalier du rendement des OAT à 10 ans et les taux de crédit au particulier, immobilier en premier lieu bien sûr. Rien de sorcier ni de très manipulable là dedans… pour l’instant.

    5. En parlant du TEC 10, l’indice des OAT à 10 ans, je n’avais pas compris que vous évoquiez ces dernières. Le cours de l’OAT 10 ans est simplement très souvent pris comme référence pour les emprunts long à taux variable, quand ce n’est pas l’Euribor 1 an.

    6. Pas tout à fait: le taux des OAT 10 sert de référence pour les prêts à long terme à taux fixes, mais pour un type de créance donnée la marge bancaire entre les deux peut varier selon toutes sortes de facteurs et il n’y a donc pas de corrélation directe à court terme entre les deux. Par contre sur le moyen et long terme, ils évoluent dans le même sens puisque généralement cette marge reste dans une certaine bande pour un type de créance donnée..

      L’Euribor (le plus souvent à 3 mois) sert de référence aux prêts à taux variables et comme pour les taux fixes de nombreux facteurs variables déterminent le taux effectif finalement servi à l’emprunteur.

      Les Euribor dépendent du risque interbancaire, c’est à dire du risque des portefeuilles de créances des banques, eux même étant constitués d’une part (de plus en plus importante) d’OAT et donc il est normal que les Euribor évoluent (du moins à moyen et long terme) dans le même sens que les OAT…

  26. Mercredi une journée épouvantable en bourse ! Et 2011 ?
    À ma grande surprise, j’ai lu hier soir des commentaires, incluant ceux du maintenant célèbre Dennis Gartman, alléguant que mercredi avait été une journée horrible et épouvantable dans les marchés boursiers … la pire journée depuis 2 mois !!!

    Ça se peut bien car je ne me souviens même pas d’avoir vu une journée négative depuis 2 mois … (c’est du sarcasme)

    Et pourtant, l’indice Dow Jones était à toutes fins pratiques sans fluctuation (« flat ») et les autres indices mondiaux ont baissé de 0,5% à environ 1,5%. Je ne vois pas ce qui cause tout cet émoi.

    Hé bien il faut peut-être avoir la perspective suivante :

    1- Les algorithmes des traders ont identifié les mercredis comme étant la journée principale de manipulation à la hausse pour les semaines d’échéances dans les options. En effet, les traders (firmes de courtage, banques, hedge funds, certaines caisses de retraite, fonds souverains, etc) identifient des niveaux cibles dans les indices majeurs (S&P et Nasdaq entre autres) et tentent de faire monter le marché au-dessus de ces niveaux pour faire passer les options achetées de « out of the money » (valeur de zéro à échéance) à « in-the money » (valeur positive) pour l’échéance du vendredi. C’est du BIG money comme on dit si bien au Québec…

    2- Et n’oublions pas dans cette liste de spéculateurs … la Fed ! En effet, il a été démontré que la Fed choisit très souvent la semaine d’expiration pour augmenter ses achats de titres dans les marchés (Pomos, etc) ou pour exprimer ses gestes d’allègement de la politique monétaire. Les algorithmes suivent ces tendances aussi.

    3- Les nouvelles depuis quelques semaines supportent l’idée que sans de nouveaux plans d’aide et de support artificiel, la croissance économique n’est pas autosuffisante.

    4- Au plan de sa valeur fondamentale le marché oscille maintenant entre des niveaux de Alice au pays des merveilles et The Wizard of Oz. Dans les deux cas, on doit revenir à la réalité.

    5- Sur le plan technique, parait-il que certains critères très important et qui ont donné des signaux valides dans le passé ont donné des signaux violents depuis quelques jours. Plusieurs, incluant hussman, maintiennent que le marché est surévalué, suracheté, et sur-étiré selon à peu près toutes les mesures existantes.

    Alors voilà les raisons lesquelles une petite baisse anodine a été présentée hier comme un potentiel point tournant dans la folie spéculative des derniers mois (depuis août).

    Alors ce n’est pas à cause de la Chine, ou des statistiques d’emploi, ou des profits de Goldman Sachs … C’est à cause de raisons techniques. Notez que si les traders et manipulateurs décident tous en même temps de changer leur opinion, les indicateurs techniques deviendront très négatifs et ça créera ce qu’on appelle « a self fulfilling prophecy”. Notez aussi que la Fed et ses alliés tentent d’utiliser les points d’inflexion pour ajouter du support et donner l’illusion que les indicateurs techniques tournent au positif … ce qui a fonctionné depuis 2 ans (n’avait pas fonctionné en 2008 et jusqu’à mars 2009).

    Notez finalement que si vous n’avez rien compris à mon jargon institutionnel dans cet article, vous faites partie du 99,9999% de la population, et du 95% des conseillers financiers … alors vous feriez mieux d’avoir un conseiller qui peut vous expliquer ce dont je parle ici car c’est ce qui détermine les prix au marché ces jours-ci. Ça ne nous permet pas de prédire le futur remarquez bien, mais ça nous permet de savoir pourquoi le marché est où il est, et ça nous permet de comprendre ce qui déterminera le futur. Mon opinion est que nous allons éventuellement passer du monde de la spéculation technique et basées sur les algorithmes mathématiques au monde de l’investissement à long terme basé sur la valeur, ce qui créera un marché 2008 phase deux.

    Si vous croyez vraiment que l’économie est autosuffisante et que les nouvelles économiques sont positives depuis plusieurs mois, et que le marché est en bonne position et évalué normalement, je crois que je peux dire sans arrogance que vous devriez tout au moins lire de nouvelles sources d’information. D’autre part, je peux vous dire que beaucoup de professionnels ayant le même niveau de connaissance que moi et plus, sont d’accord avec beaucoup de mes opinions fondamentales mais croient tout de même que la manipulation va se poursuivre en 2010 avec succès.

    Vous devriez savoir que ces professionnels (comme à la table ronde Barrons de cette année) n’anticipent pas tous une hausse de marché pour des raisons fondamentales d’amélioration de l’économie, mais plutôt pour des raisons de support artificiel qui aussi à leur avis est insoutenable. Bref ils admettent que ça va mal, mais que le marché pourrait bien l’ignorer une année de plus.

    Êtes-vous sorti à temps en 1986-87 ? Et en 2000 ? ou encore 2001 ? Et en 2007-08 avez-vous protégé votre portefeuille ? Avez-vous récupéré toutes ces pertes aujourd’hui ? Votre portefeuille est-il protégé ? Personnellement, je préfère avoir manqué toutes les hausses et avoir aussi évité toutes les baisses.

    Je vous garantis une chose : personne n’a la capacité de savoir ce qui va se passer en 2011. Mais ça ne sent pas bon …

    1. « Mon opinion est que nous allons éventuellement passer du monde de la spéculation technique et basées sur les algorithmes mathématiques au monde de l’investissement à long terme basé sur la valeur, ce qui créera un marché 2008 phase deux. »

      ce qui serait bon, puisque que l’argent irait au productif « sain et viable ».

  27. Encore merci MM Leclerc et Jorion pour vos excellents articles.

    Chaque fois que je vous lis, j’ai l’envie d’écrire ce qui me plombe le moral et ce que j’entrevois du futur que l’on nous réserve – car elle est là la peur ultime. Que l’avenir nous réserve-t-il ?
    Aujourd’hui, toutes les sociétés fonctionnent à la peur, quelles qu’elles soient.
    Est-ce normal que tout le monde – ceux qui ont la « chance » de travailler – marchent droits comme des I parce qu’ils ont peur, même plus pour leurs futurs, mais pour leurs présents ? Parce que s’ils n’acceptent pas les conditions infâmes des patrons, on les licencie, car de toutes manières, « 100 attendent derrière » ?

    Personnellement, j’ai connu cette situation. J’ai aussi connu la pauvreté et la misère jusqu’à mes 25 ans, et aujourd’hui, je ne suis que fonctionnaire de la « classe moyenne inférieure » – et nous ne « consommons » pas ! Et nous sommes trois sur mon « traitement » ! Bref, j’ai voulu sortir de la misère… mais même le statut pérenne du fonctionnaire sera bientôt vendu aux enchères… De nouveau la peur me revient, tel un boomerang.

    Et je ne vois pas pourquoi les Riches, les privilégiés, la nouvelle aristocratie en place depuis 1971 laisseraient tomber pour l’intérêt général, leurs privilèges de classe et de caste…
    Ce blog est ce que je lis de plus intéressant sur la Toile et bien des commentaires sont intéressants – mais « on » refait trop facilement le monde ici, alors même que les Riches le refont vraiment eux, et à leurs goûts… Ils sont contre le peuple, point. Ils ne flancheront pas, car ils ont dessinés les plans et ont des atouts dans leurs manches… En vérité, je ne vois plus vraiment de solutions.
    L’Insurrection, je la désire fortement, mais je n’y crois plus, car la Démocratie est morte depuis belle lurette.
    Tous les jours je réfléchis à la solution qui rétablirait tout ce chaos, mais hormis la lutte armée, je n’en vois guère.

    Bien à vous.

    1. « Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience, nous, nous qui avons tout, on est pour la paix. Je sais que je dois leur crier à ceux là, les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous ! Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscient que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir … »
      L’abbé Pierre

    2. oui, du sang sur les mains, ils en ont ! …

      spéculateurs sur les produits de première nécessité = crime contre l’humanité .
      cela doit être inscrit dans la charte de l’ONU …puis, la charte de l’ONU doit être respectée dans son intégralité par tous les pays, sans exception …sinon, tout cela est inutile, hypocrite, malhonnête, inopérant, dérisoire …en tout cas, rend impossible toute mondialisation …dont nous ne voyons à ce jour que les pires effets.
      pour nous autres feues les démocraties, il nous reste à sortir de l’oligarchie …( ce qu’est devenu l’UE) , qui doit, enfin, devenir une union de peuples réellement démocratiques .

  28. Bonne ananlyse, comme d’hab, de François Leclerc.

    En attendant, je me demande comment vont réagir ceux qui sont dans les banques centrales quand les taux d’intérêts vont augmenter.
    Je me demande aussi pourquoi il y a un silence de mort à propos des hausses des matières premières agricoles.

    Ouh le méchant que je suis, il ne faut pas crever la nouvelle bulle spéculative sur laquelle certains se font un fric fou en ce moment.
    Quand je pense que dès 2008 les banques (deutsch bank par exemple) ont inventé des produits fonctionnant de manière identique aux Subprimes: – des ETF « directionnels » sur les matières premières que le jargon financier appellent des ETC; avec aussi des ETC 2.0 short et leveraged (c’est-à-dire de la vente à découvert avec effet de levier)

    Et les journalistes de TV nous ferons comme en 2007/2008 des sujets où ils découvriront avec effarement : « Oh! Ben y a des émeutes de la faim? On savait pas. »

  29. Jeudi 20 janvier 2011 :

    Ce matin, la banque américaine Goldman Sachs organisait un séminaire dans le très select Cercle Interallié, pour présenter ses perspectives économiques et financières de l’année. En gros, expliquer à ses clients quelles étaient les évolutions à attendre en matière de conjoncture et surtout où placer leur argent pour en profiter le mieux possible.

    Mais c’est à la fin, lorsque l’on a abordé la question des obligations que j’ai failli tomber de ma chaise : pour les experts de la banque, il faut acheter de la dette grecque et, dans une moindre mesure irlandaise et portugaise ! Mais pas n’importe laquelle. Dans le cas de la Grèce, il faut prendre les obligations à 30 ans. Surtout pas celle à 10 ans.

    Bizarre : les taux à dix ans sont à plus de 11,30 % et ceux à 30 sont à 8,50 %. Les gourous de Wall Street auraient-ils perdu leur calculatrice ? Non, rassurez-vous !

    « La Grèce va restructurer sa dette à dix ans », nous a annoncé l’air de rien le stratège obligataire de la banque : ce qui signifie qu’il faut la fuir à tout prix.

    Par contre, cette restructuration épargnera la dette à trente ans. Et au contraire, en restructurant à court terme, la Grèce aura plus de chance de nous rembourser à très long terme. Avec des taux à 8,50 % à 30 ans – imbattable – Athènes offre des rendements uniques au monde, qui vont rapporter plein de sous.

    Les clients de Goldman Sachs ont vraiment de la chance. Ils ont appris (c’est un scoop) que la Grèce allait restructurer sa dette et surtout qu’il fallait tout de suite se précipiter sur les taux à trente ans.

    Au fait, ami lecteur, j’ai oublié de vous dire : c’est Goldman Sachs qui a été soupçonné, dans les années 2000 d’avoir aidé le gouvernement Grec à maquiller ses comptes. Une accusation jamais prouvée, je m’empresse de le préciser, mais que les clients de la banque, hier au Cercle Interallié auraient peut-être mérité de savoir.

    Blog.lefigaro.fr

    1. Vu qu’il arrive que GS conseille quelque chose à ces clients et fasse le contraire avec ses fonds propres, on se demande pourquoi il y a encore des gens qui écoutent les « conseils » de GS?

  30. Le BDIY chute régulièrement, en ligne droite selon un angle de 45% depuis Novembre… Je sais bien que c’est la reprise, mais …

    Ils nous aurons gouverné jusqu’à l’exsangue.

    Il ne reste que la compétition avec la Chine… c’est pas gagné.

    La seule solution est d’augmenter l’argent en suspension dans l’économie, au prix de sa dévalorisation.

    1. Si les résultats sont identiques à ceux des véritables G8 et G20, on a pas trop de souci à se faire…

    2. Si les résultats sont identiques à ceux des véritables G8 et G20, on a pas trop de souci à se faire…
      Au contraire, ceux qui contrôlent la manette SARCOzyon peut-être plus avantage à contrôler l’internet que de faire accepter de la réglementation.
      Ces gens la, n’ont pas l’habitude de se laisser aiguillonner et de laisser le contrôle du jeux à quelqu’un d’autre.

    3. Ceux qui ne se soumettront pas à Rome par la raison seront soumis par les légions. Ceux qui ne se soumettront pas aux légions seront soumis par le droit romain.

      Publius Quintilius Varus, an 8 A.D.

      Ceci dit, cette phrase c’est révélée un tantinet présomptueuse. Jamais Rome n’arrivera à contrôler la Germanie. Par contre elle a le mérite d’exposer clairement une pensée qui subsiste encore aujourd’hui.

  31. Le « Banking Book » c’est l’art de congeler de la « M…. » pour nous laisser croire qu’en la dégelant on va retrouver de la bonne nourriture.!!! Nous savons tous que ces actifs sont toxiques et surtout « Bad ».

  32. le simple fait de refaire des tests quelques mois après les précédents prouve la vacuité de ces tests et l’incurie de nos « élites », et ce sans vouloir faire preuve de populisme, mot que ces mêmes « élites » jettent à la tête de ceux qu’elles veulent disqualifier. Le peuple tunisien nous montre la VOIE…

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