UNE CRISE DU SYSTEME BANCAIRE, PAS DE L'EURO, par Philippe Legrain *

Depuis Bruxelles, Eurointelligence adresse quotidiennement ses News Briefing – qui commentent avec pertinence l’actualité de la crise européenne – et publie également des articles d’analyse. Dont ceux de Wolfgang Münchau, publiés par les éditions allemande et britannique du Financial Times, dont il est chroniqueur.

Avec l’autorisation de Eurointelligence ainsi que celle de son auteur, nous publions une traduction de la contribution de Philippe Legrain.

Billet invité.

Les dirigeants européens doivent regarder la réalité en face : leur stratégie contre la crise qui traverse l’eurozone échoue lamentablement. Loin de prévenir la contagion, elle la favorise. Elle n’allège pas le problème de la dette, elle l’aggrave. Elle provoque des conflits entre pays et en leur sein. Et elle n’aborde pas le problème de fond : le pétrin du système bancaire européen. N’est-il pas temps de s’y prendre autrement ? 

Le problème provient en partie d’une analyse erronée de la crise. Celle-ci est d’abord une crise non de l’euro, mais du système financier mondial. Il y a peu de temps, la préoccupation majeure du marché était le dollar et l’assouplissement quantitatif de la Réserve Fédérale américaine. Aujourd’hui, la question clé en Europe n’est pas celle des mérites de la monnaie unique mais l’état périlleux du système bancaire. 

Durant les années de la bulle, le système financier a sous-estimé le risque et mal alloué le capital. Trop de ressources ont été prêtées à des prix trop bas aux emprunteurs américains « subprime » ainsi qu’aux promoteurs immobiliers espagnols, aux banques islandaises et irlandaises, à Dubai et à la Grèce. 

Les banques européennes étaient parmi les plus gros prêteurs. Aujourd’hui, elles ont à l’actif des montagnes de crédits – souverains, bancaires et hypothécaires – qu’elles préféreraient ne pas avoir financé. Beaucoup d’entre elles ne sont pas liquides, ce qui les fait dépendre du financement à bas prix de la BCE. Beaucoup ont accumulé d’énormes pertes, qu’elles n’ont que partiellement reconnues. Résultat : certaines d’entre elles sont insolvables. Les « stress tests » des banques de l’Union européenne n’ont pas été assez rigoureux pour le mettre en évidence – après tout, ils ont accordé à la Bank of Ireland et à l’Allied Irish Bank un bulletin de santé vierge. 

Au fond, la « crise de l’euro » est une bataille acharnée pour déterminer qui devra subir ces pertes bancaires. Jusqu’à présent, les gouvernements européens ont décidé que les détenteurs d’obligations bancaires devaient être protégés à tout prix, et ont préféré en reporter la charge sur les contribuables. Au risque de mettre en question la solvabilité des Etats. Cela est manifeste en Irlande, beaucoup moins ailleurs. 

Vu que les électeurs ne tolèrent guère plus les renflouements des banques, les gouvernements agissent subrepticement : ils prêtent d’énormes sommes à la Grèce et à l’Irlande, afin que ces pays puissent rembourser les banques allemandes, arançaises et britanniques – tout cela sous prétexte de « défendre l’euro ». Le « sauvetage » de l’Irlande est en fait un prêt à taux élevé de 20.000 euros par habitant. Ceci appelle des réactions populistes et extrémistes, par exemple le succès récent du Sinn Fein. Cela érode aussi la popularité de l’euro et de l’Union européenne. Les prudents Allemands sont furieux du sauvetage des Grecs « extravagants » et des Irlandais « irresponsables » ; les Irlandais des « réparations » imposées par l’Union européenne, alors qu’ils devraient s’en prendre aux bénéficiaires finaux : les banques. Les gouvernements encouragent la spéculation financière, notamment des banques en difficulté : face elles gagnent, pile les contribuables perdent. 

En garantissant les dettes bancaires, les gouvernements européens mettent en cause leur crédibilité et en fin de compte leur solvabilité. Les marchés obligataires mettent déjà à l’épreuve leurs promesses : « vous avez sauvé les détenteurs d’obligations souveraines grecques et des banques irlandaises, qu’allez-vous faire de la dette portugaise, espagnole, et des autres pays ? » De fil en aiguille, quand le marché se refuse à prêter, même les crédits sains sont atteints. 

Le sauvetage de la Grèce a coûté 110 milliards d’euros, celui de l’Irlande 85 milliards, celui de l’Espagne pourrait se monter à 400 milliards, et ensuite qui sait ? La crise pourrait atteindre l’Italie, la Belgique, la France, et même l’Allemagne. A un moment donné, le coût du sauvetage des banques pourrait devenir insupportable – la capacité et la volonté d’emprunter de l’Allemagne ne sont pas illimitées – et l’euro pourrait tomber victime de la tourmente politique et financière sans raison évidente. 

Même si la capacité et la volonté des gouvernements européens ne sont pas poussés jusqu’à leur limites, cette stratégie n’en reste pas moins erronée. Au lieu de sacrifier les contribuables afin de protéger les détenteurs d’obligations, puis d’observer l’écroulement des dominos des obligations souveraines sans régler le problème sous-jacent des banques, l’Europe devrait forcer les banques à reconnaître leurs pertes et les détenteurs d’obligations à les recapitaliser si nécessaire. 

Cela impliquerait des « stress tests » beaucoup plus rigoureux. Les banques devraient être forcées d’accroître leurs fonds propres, en commençant par lever du capital sur le marché, puis en convertissant leurs obligations en actions. Les plus faibles seraient vendues ou fermées.  D’ici là, la BCE continuerait à fournir aux banques autant de liquidité que nécessaire. 

Une fois réglé le problème de la dette bancaire, la dette de la plupart des gouvernements serait gérable ; seule la Grèce devrait la restructurer. Moins d’austérité masochiste serait nécessaire ; l’Union européenne pourrait faire une émission obligataire pour financer des infrastructures, afin de stimuler la croissance. La crise financière serait stoppée et la croissance ravivée. Les tensions politiques et sociales s’atténuerait et l’euro serait sauvé. 

Le moment est décisif pour l’Europe. Quels intérêts vont prévaloir : ceux des financiers ou de ceux de la société dans son ensemble ? 

============

(*) Philippe Legrain publie régulièrement dans le Guardian. Certains de ses articles ont également paru dans The Economist, le Financial Times, le Wall Street Journal, le Times, The Independant, ainsi que dans des magazines et revues comme Foreign Policy, The New Statesman et The Ecologist. Il a publié de nombreux ouvrages, dont le dernier s’intitule « Aftershock : Reshaping the World Economy After the Crisis » (Refaçonner l’économie mondiale après la crise). [Compte Twitter : @plegrain]

Recommandez par mail Recommandez par mail

Partagez

102 réflexions au sujet de « UNE CRISE DU SYSTEME BANCAIRE, PAS DE L'EURO, par Philippe Legrain * »

  1. C’est tout le système financier mondial qui est à réformer. L’euro est actuellement dans l’oeil des observateurs car il est le plus exposé et le plus mal défendu par les autorités politiques qui le manipulent, tout en étant en désaccord total entre eux.. Les USA et la FED en particulier ont un problème avec leur déficit mais pour le moment le Dollar ne leur coûtent que la valeur de l’encre et du papier.

  2. C’est quoi ce délire?
    On s’en fout de savoir comment est coter un Pays et combien il coute ?
    Les gents en on mare des magouilles qui servent juste à enrichir quelques uns; bêtes à pas savoir donner du foin à leurs esclaves qui à genoux (cailloux etc)implorent du Travail..
    Jusqu’où l’absurdité auras raison de nous?

  3. Belle et gentille synthèse.

    Juste un détail…. qui sont donc ces détenteurs d’obligations que l’on obligerait à remettre au pot ?

    La réponse ne manquera pas d’illuminer nos faibles esprits.

    1. « Europe devrait forcer les banques à reconnaître leurs pertes et les détenteurs d’obligations à les recapitaliser si nécessaire »

      Je rejoins la question d’Eomenos :qui sont ces détenteurs?

      Parmi les détenteurs d’obligations d’Etat européennes, il y a par exemple les titulaires d’assurance-vie (le total de l’encours atteint environ 1250 milliards d’Euros pour la France seulement, dont une majorité – mais je n’ai pas trace de la proportion exacte – en obligation d’Etat européennes).

      Dans la solution préconisée, mettre à contribution les détenteurs, revient donc à ponctionner en partie l’épargne des classes moyennes, sauf à imaginer un mécanisme de garantie ad-hoc. C’est un risque politique considérable. …

    2. @ François Le Sombre et eomenos

      Il parle d’obligations bancaires, cocos et autres, pas des obligations d’États – lesquelles, soit dit en passant, devront bien elles aussi faire un petit tour chez le coiffeur, un peu moins dégagé autour des oreilles mais quand même, au cas, très hypothétique, de banques européennes assainies…

    3. Evidemment, les épargnants.
      Plus précisément, ceux qui possèdent une épargne, sous une forme ou sous une autre (OPCVM, assurance-vie ‘euro’, …) des obligations libellées en euro.
      Si certes le risque politique est majeur (l’assise sociale des gouvernements est constitué de ces épargnants là depuis plus de 30 ans), le risque financier, économique et social l’est bien pire.

      Il faudra bien choisir entre les deux maux (ou mots).

      Je serais tenté par la solutions de la transformation des obligations faillies en actions, non pas évidemment des états mais bien des banques qui les détiennent. De sorte que les banques seraient ainsi ‘socialisées’, lors de leurs mises en faillites coordonnées.

      Certes, l’épargnant perd de son épargne mais il gagne plusieurs choses :
      1/ ne pas tout perdre : et ça, c’est bien pire pour un épargnant
      2/ la valeur des banques redevient réelle et cette valeur est alors répartie en fonction du nombre des actions détenues, y compris par les épargnants (exemple : si BNP vaut 100 milliards pour 100 000 actions avant puis 50 milliards pour 500 000 actions après la restructuration, certes le prix par action a pris sa claque, pour tout le monde, mais l’épargnant en obligation reçoit en contre-partie des actions possédant une certaine valeur, plus réelle, par ailleurs plus facilement valorisables si l’épargnant à l’intelligence de la garder par devers soit).
      3/ le droit de vote, d’autant plus conséquent que les pertes auront été importantes : droit qui lui permettra de faire valoir ses droits bien mieux dans l’avenir que ce qu’il n’a jamais faire auparavant.
      4/ en cas de faillite complète, la banque est nationalisée et l’Etat indemnise les épargnants, en fonction de la limite de garantie des dépôts.

    4. Dans son esprit c’est surement les classes moyennes qui sont concernées : les pauvres n’ayant pas d’argent et les très riches ayant déjà venu venir le coup car avertis par l’un ou l’autre de leur canal informel de renseignement (vous savez ceux de la concurrence libre et non faussée….). En fait il faudrait négocier des restructuration de dette ou transformer les obligations en leur contre valeur en actions de la banque tout en interdisant la vente des actions pour éviter que leur valeur ne s’effondre. Cependant les nouvelles obligations prendrait certainement un gros coup de booster au niveau des taux exigés par les souscripteurs pour compenser le risque alors perçu comme réellement inclu d’une forte décote possible et non « socialisable ». Un autre problème est que les pertes que les détenteurs d’obligation serai obligés de reconnaitre si ce sont des entreprises ou d’autres banques provoqueraient probablement des effets de second tours, etc….Bref ce serait une machinerie plutôt lourde devant être imposée par des pouvoirs publics, judiciaire ou autre, soucieux de l’intérêt général…..

    5. @ Eomenos :

      « Juste un détail…. qui sont donc ces détenteurs d’obligations que l’on obligerait à remettre au pot ? »

      Les rentiers. Les papy-boomers 68-ards qui ont détruit l’environnement, construit une économie de casino, aboli les frontières, le tout pour quoi ? Pour rien ! Aujourd’hui, je ne suis pas plus riche que mes parents, mais la planète a été abîmée au passage. Quand je vois ma vie quand j’étais jeune ou celle de mes enfants, on n’a rien gagné, rien. Elle est passée où la sacro-sainte « croissance » ?

      Et ce sont ces rentiers qui vont perdre, bien fait pour eux, il y a une justice.

    6. Zolko, pas d’emballement, votre vision réductrice vous aveugle, le mouvement de 68 si facilement critiquable n’est pas concerné par vos propos, vous ramenez cela à un problème générationnel, mais c’est plus compliqué. Le mouvement de 68 a bien fait trembler les bourgeois conservateurs, mais ceux-ci étaient en alerte, et par le jeu des urnes et de la « narcotisation » médiatique spectaculaire a su reprendre les rênes pour diriger le bal, de nouveau. Faut pas vous tromper de cible, et les premiers mouvements écolos sont nés de cette période. Pour ma part, j’étais beaucoup trop jeune, mais je me souviens de ce « truc » qui ne se déclenche pas aujourd’hui, comme une certitude dans l’action, un écœurement expulsé, refusé jusque dans la rue !

    1. Yvan ,c est peut etre pas le sujet mais c est le moment!C est historique ce qui se passe en Tunisie,c est un tournant dans la crise globale,un exemple pour tous les peuples Grecs,Iralndais Anglais,Portugais,Espagnols bientot Francais ou Americains.Je suis etonné que Paul Jorion n est pas mentionné la Tunisie « dans le temps qu’il fait »…
      Lorsque l on apprend (apparament) que le conseiller en com(Jacques Seguela) de notre président était sur place hier pour conseiller Ben Ali pour son discours d’hier…..tout est lié désormais .Paul Jorion le rappellait la semaine passée ,c est d abord à cause du prix des matières premières ,de la spéculation qui s accentue,du système en fin de parcours…

    2. bien au contraire, c’est justement le moment, car toute cete configuration: mise à mort du service social, dogme comptable et marché vs contribuables comme payeurs en dernier ressort, engendre la tension sociale, en France aussi peut-être bientôt..la Tunisie montre l’exemple, l’Islande aussi.

    3. Ce qui se passe en Tunisie est bel et bien Historique est je m’étonnais aussi que l’on passe cela sous silence ici.

    4. Lau.
      Cela deviendra historique lorsque d’autres pays prendront exemple et que leur nombre sera suffisant pour rejeter l’ensemble du système.
      Et puisque c’est le moment d’en parler :

      Regardez l’Islande.
      Piotr a complètement raison sur le maquereau dont l’UE refuse les bateaux dans ses ports.
      Soit : payez ou vous aurez de plus en plus de contraintes qui vous couleront au niveau économique.

      Pour la Tunisie, cela peut devenir absolument identique. Mais au niveau politique.
      Soit : quelque soit le dirigeant que vous voulez mettre en place, il faudra qu’il suive bien la ligne que nous lui indiquerons sinon, pépins économiques.
      (et avec un bonus en enveloppe discrète à la fin du mois ou sur un compte suisse)

    5. Ben oui, ce qui se passe en Tunisie est historique, encore faudra-t-il s’en souvenir quand un nouveau La Boétie se pointera pour parler de « servitude volontaire », au lieu de voir dans son fameux discours un sommet de philosophie politique. N’est-ce pas monsieur vigneron ?

    6. Yvan, c’est justement une corrélation sans équivoque, il y a un peuple qui arrive à ce stade de l’écœurement généralisé, qui bascule dans la rue car le bruit du temps est en marche, plus puissant que la peur. Il y a cette spéculation sur les matières premières et l’inflation des prix (cf. 1789 et la brioche), il y a même les « blogueurs » qui sont arrêtés ; il y a dans cet évènement une traduction vivante des répliques de ce blog (voyez aussi ma réponse plus haut faite à Zolko). Évidemment, une « révolution » tourne souvent mal, mais c’est un passage obligé.

    1. pour dissy

      merci de partager avec nous cette liberté de dire de penser sans contrainte pour l’instant…..
      Bravo au peuple Tunisien chez qui les gaz lacrymogènes tuent..
      voyez sur OBS les journaleux commenter cela ..

    2. @regoris : les Tunisiens méritent plus qu’un bravo, ce qu’ils ont fait n’est pas un spectacle. D’abord un jeune homme qui s’immole, puis des dizaines de morts : ceux qui ont payé le plus cher n’entendront jamais les cris de la victoire.

    3. un peuple qui fait sa révolution, au risque de la vie de nombreuses personnes …

      accès direct à « arrêt sur images » du vendredi à midi .. ».les Tunisiens ont enfin pris leur information en main »

      … »la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, Soulayr Belhassen, d’origine tunisienne, Neila Latrous, blogueuse franco-tunisienne, qui a écrit un post plutôt pro Ben Ali sur le blog Comptoir. Sélim Ben Hassen, avocat, président du mouvement de jeunes opposants Byrsa, et Jean-Pierre Tuquoi, du service étranger du Monde, spécialiste du Maghreb. « …(~80 mn)

  4. Fitch très en forme ce vendredi soir abaisse encore un peu plus la notation de la Grèce

    Fitch downgrades Greece to BB+ from BBB-; outlook negative RATING AGENCY COMMENTS The downgrade acknowledges that while Greek economic and fiscal performance under the EU-IMF programme has in may respects exceeded expectations, its heavy public debt burden renders fiscal solvency highly vulnerable to adverse shocks. Moreover, despite the significant progress made in reducing the budget deficit in 2010 – by 6% of GDP despite a severe recession – the fiscal consolidation effort will still have to be sustained over several years to firmly anchor confidence in Greek sovereign creditworthiness.
    The negative outlook reflects that public debt sustainability is still very fragile and renewed access to market financing uncertain. Failure of the economy to rebalance and emerge from recession would place further downward pressure on Greek ratings.

    http://ransquawk.com/headlines/115130

    Et la réplique de la Grèce n’a pas tardé.

    Greece says Fitch downgrade shows need to revise ‘rating agencies’ framework’ .

    http://ransquawk.com/headlines/115135

  5. Merci à Philippe Legrain, et à F.Leclerc (mais lui, c’est habituel), de remettre les pendules à l’heure.

    Ceci dit, ça ne va pas plaire à certains manipulés qui se sont fait involontairement trompés de cible au cas où les choses tourneraient mal.
    Et là, nous avons un sacré boulot d’information.

    La formule « se faire tromper de cible » a un copyright dans 268 pays et ne peut être utilisée qu’après avoir signé un contrat de 2500 pages écrit en gris sur beige et caractères réduits.
    Prévoir un chèque d’acompte avant signature.

  6. Suis nulle en économie mais …
    « Eomenos :Belle et gentille synthèse.Juste un détail…. qui sont donc ces détenteurs d’obligations que l’on obligerait à remettre au pot ?La réponse ne manquera pas d’illuminer nos faibles esprits. »
    …Si j’ai bien compris Lordon, : Je cite : »Ce ne sont autres que d’ordinaires salariés impliqués dans la finance par le truchement de leurs fonds de pension et de leurs fonds mutuels …Voilà donc le simplissime secret de ce qu’on pourrait appeler l’économie politique de la financiarisation : à quoi la finance carbure-t-elle en effet sinon… à l’épargne ? Et d’où viendra majoritairement l’épargne une fois les masses énormes des pensions jetées dans la bataille sinon… des salariés eux-mêmes ? Collectivement opprimés à leur frais comme salariés alors qu’ils essayent tous de défendre individuellement leurs intérêts comme pensionnés ! N’est-ce pas là manœuvre d’une suprême rouerie ? – et l’on comprend qu’Henri de Castries se morde l’intérieur des joues pour ne pas hurler de jouissance. La grande, l’immense intelligence stratégique du capital financier c’est de s’être retiré du rapport d’antagonisme frontal pour laisser se refermer sur elle-même la boucle salariale-épargnante et n’apparaître plus que comme un « simple » intermédiaire.( relire Le point de fusion des retraites )

    1. Pas compliqué l’économie politique financiarisée avec Lordon…Rappel, Henri de Castries, qui, aujourd’hui, jouit bien que se mordant les joues jusqu’au sang, président du directoire d’AXA, descendant du divin marquis de Sade, Promotion Voltaire de l’ENA, dont ont fait partie Dominique de Villepin, François Hollande et Ségolène Royal ou encore Jean-Pierre Jouyet.
      AXA comme « AXA m’fait jouir  » ou « AXA m’fait marrer » , ou « AXA m’fait plaisir » , ou « AXA m’fait du bien par où qu’ça passe » , etc.

    2. oui, mais si tu crois :

      Axa va xa va durer toujours
      La saison des za, saisons des zamours
      Ce que tu te goures, ce que tu te goures …

    3. je m’étonne de la confiscation des fonds collectés, ….
      et donc aussi qu’aujourd’hui les mutuelles d’assurance , déjà par ex la MGEN, mais il semble qu’aujourd’hui jusqu’à la MAIF, en passant par …..

    1. lady caca aussi..

      de dious IDLE sauvez nous …
      la mercedes ,le chauffeur dors,..
      J’arrive …
      donnez nous vos coordonnées cher IDLE…
      que cela reste entre nous ,nous sauverons la planète…
      on me surveille
      à pluche…

    2. Ben Ali et son ami Sarkosy, son ami Berlusconi, son ami Boutéflika, son ami …., son ami ……
      (et si la profitation, la corruption … la ploutocratie ….. )

  7. … Les propos d’Eva Joly sur BFM … surtout de mettre les scellés sur les avoirs financiers des notables de l’entourage de l’ex-président de la Tunisie toujours en fuite pour le moment.

    1. Salut régoris, je crois que Crapaute rouge nous prend pour des trolls. La séparativité va commencer sur ce blog, comme chez Assouline. Les putains d’intelloKs vont commencer à se prendre au sérieux… c’est pas pour demain la révolution avec ces cons, nous risquons le pire et dire qu’ils se croient supérieur et ils pensent même être intelligent et intéressant c’est vous dire.
      Les bourgeois c’est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient con.

    2. Je ne visais personne, {madame,monsieur}* idle, sinon les trolls eux-mêmes. En disant qu’ils hantent ce blog, (lire ici), je pensais aux fantômes qui hantaient jadis les demeures obscures en y faisant des bruits mystérieux et inquiétants. Mais que pourrais-je conclure du fait que vous vous êtes senti visé(e) ? Que mon innocente invocation aura réussi à faire sortir un troll du grenier où il se cachait ?

      * Merci de rayer la mention inutile.

    3. l’Europe ou je ne sais qui, ou quoi, a possibilité de geler les avoirs d’untel ou d’unetelle, …
      les avoirs de Bébé-Doc sont-ils gelés, les avoirs de Ben Ali sont-ils gelés …. ????

  8. Hormis les trolls qui hantent ce blog, personne ici ne sera surpris par une telle analyse, mais quand même, je lui trouve un petit parfum d’incomplétude. En effet, si les autorités cherchent à sauver les banques pour sauver l’euro, ne serait-ce pas parce que les banques et l’euro ont leurs sorts liés, et ce depuis la fondation de notre monnaie ? Avant de tracer la ligne de démarcation nette que son titre annonce, l’article devrait répondre à cette question ou montrer que la reconnaissance des pertes aurait pour effet de restaurer la confiance dans l’euro. Ensuite, quand on parle de « sauver l’euro », s’agit-il seulement de la monnaie ou de la zone euro, c’est-à-dire l’Europe ? A mon avis, les autorités cherchent à sauver l’Europe. C’est peut-être là tout le problème qui nous échappe, à nous, pauvres administrés.

    1. Bien sûr… certains naïfs demandent « qui » est propriétaire des obligations et autres produits financiers. Eh bien : peu ou prou, tout les gens qui ont une retraite, voilà. Le souci n’est pas quand à savoir qui est le détenteur, mais comment on régule. Et comme on n’arrive plus à réguler à cause des gogols de la haute finance….

    2. L’autre souci étant bien sûr le poids « irrémédiable » de la dette.

      Et l’épuisement des ressources.

      Vaste programme pour tous les théoriciens en chambre.

      Est-on allé trop loin ?

    3. C’est comme « Ceci appelle des réactions populistes et extrémistes » …
      N’a pas pu s’empêcher celui-là, hein …

      Touché juste Crapaud Rouge : on parle bien, sans cesse, de sauver l’euro, mais pas de sauver l’EUrope.
      En tendant à faire accroire que c’est kifkif-bourricot, ce qui est faux, of course de baudets : comme l’écrit Pierre Sarton du Jonchay, il serait enfin temps de commencer à parler ‘une monnaie commune assise sur des échanges réels. Mais ça, évidemment, c’est pas l’EUrope, très cher, c’est pas l’euro …

      L’EUrope, z’en ont rien à foutre, de fait, ces Financial Timeux.

    4. Mike – Simplificator dit : Bien sûr… certains naïfs demandent « qui » est propriétaire des obligations et autres produits financiers. Eh bien : peu ou prou, tout les gens qui ont une retraite

      ben en france non ! les retraites venant des cotisations, elles ne passent pas par la case des financiers ; c’est justement ce qui les fait chier !

      par contre, tous ceux , qui en bons pères de familles ( comme disent les idéologues libéraux ) ont préféré des plcaements en euros ( genre assurance vie ) au lieu de la bourse et ben ils sont propriétaires d’obligations d’état ………………..

      de toute façon, les petits qui ont quelques économies sont des pigeons de première pour cette maffia financière.

  9. L’euro en tant que monnaie n’est pas un problème. Le véritable problème réside ailleurs, dans l’endettement de tous les pays membres, en particulier celui des pays dits PIIGS. Les pays du nord leur ont vendu des marchandises et services, souvent à crédit, la manne bruxelloise les a incité à dépenser « sans refléchir », alors que ces pays n’ont pas un historique industriel ni de structurelles industrielles pouvant assurer le remboursement des dettes. D’où la formation des bulles. A cette catégorie de dettes se rajoute les dettes imputables au fonctionnement de l’état des différents pays, les « frais fixes » si l’on veut. On voit donc mal comment la classe politique pourrait trouver et réussir une sortie de ce bourbier financier, même si elle essayerait de supprimer la totalité des budgets sociaux. La seule solutions sera probablement une inflation « maîtrisée ».
    La crise a mis en relief les faiblesse de la « construction européenne », ainsi que celles de l’Euro:
    trop de différences entre les états membres, une politique européene néo-libérale focalisée sur l’économie, sur le primat de l’argent.
    Les spéculateurs ne sont pas responsables de tout. Ils interviennent quand il y a des incohérences au sein d’un système monétaire. Ce qui les intéresse, c’est le profit à court terme. Il faut s’imaginer un requin qui réagit à certains signaux avant de passer à l’attaque pour dévorer sa proie.

  10. Si, effectivement le but recherché des agences de notation dans son jugement et son droit à dire la pénalité et l’amende qu’elle inflige aux Etats n’était tout simplement qu’une rouerie qui ne consisterait par un habile jeu de compensation (plus tordu qu’habile) qu’à saler la note des Etats afin de remplir généreusement les coffres des banques et les renflouer par cette usure qui se pare de bon sentiment …. il faut le hurler sur tous les tons !
    Sauver le systéme bancaire une fois ça passe déjà mal.
    Deux fois, il faut mettre les banquiers en prison.

  11. une usure ,fatigue,l’abominable suggestion d’un Bonheur ….
    Cela existe .
    comment supprimer les sentiments?
    intelok vous aides .
    même à crédit souscrivez une assurance sentiments garantis..
    supprimer le stress .INTELOK vous sauve..

  12. C’est toujours intéressant de savoir ce qui agite l’ennemi.
    Car ces trucs de recherche et de renseignements ,
    ces « bureaux d’études » font partie de la superstructure
    ennemie: par le pognon, pour le pognon
    avec du pognon, au nom de plus de pognon.
    D’un autre côté, faut bien des réceptacles tels que celui-ci
    pour occuper des bacs+5 à 10 ayant manifestement
    manqués une étape dans leur orientations professionnelles…

    Pour ce qui est des origines de la crise,
    une lecture de ce blog permettrait à ces messieurs
    de lever le nez du guidon.
    Voir loin et haut, et dans la profondeur, est le garant
    d’un pognon judicieusement investi. Et, ici, c’est gratuit…
    Faute impardonnable, dans « leur » monde, une info
    (y disent une analyse) est d’autant plus valable qu’elle est coûteuse.

    News Briefing ou breaking news me font vomir.

    Un espoir: une finance cintrée à 20% de son enveloppe
    actuelle et rendue transparente -la vraie égalité
    d’information pour les acteurs économiques- rendrait
    inutile l’activité de ces gens. Et en prime, un conflit d’intérêts potentiel
    qui disparaît… (‘conflit d’intérêts’ lire prophétie autoréalisatrice interessée.)

    1. rendue transparente

      le capitalisme avec la transparence, ce n’est plus le capitalisme.

      l’ouverture des livres de compte et la fin du secret commercial et c’est la mort du système : c’est la dissymétrie de l’information qui permet à certains de s’enrichir et à la majorité de vivoter.

    2. J’ai dû mal m’exprimer.
      Si le capitalisme financier est devenu un casino spécial
      (où des malades de la tronche encaissent l’argent qu’ils n’ont pas)
      alors cet article est comme le ‘tuyau donné par le cheval’
      dans ce qui serait devenu un champ de courses hippiques;
      pendant un très court instant, naturellement,
      plus précisément la durée de cet article.
      Et le tuyau est crevé. Rassurant.
      Vivre adossé à la Bête n’est pas toujours drôle.

  13. Retirer l’Euro de l’équation semble quand même un peu hâtif. Certains Etat n’auraient pas pu accumuler une dette privée ou une dette publique si ils étaient restés avec leur monnaie nationale. Si la Grèce, la portugal ou l’Espagne ont pu s’endetter avec un taux d’intérêt proche du taux d’intérêt Allemand, c’est bien grâce à l’Euro.
    De plus on ne peut pas ne pas penser que la zone Euro a été une zone de faible croissance en partie en raison des dynamiques internes liées à la mise en place de la monnaie unique qui équivaut à fixer dans le marbre les parités monétaires entre pays différents. Dans un contexte où les Etats ne peuvent plus dévaluer, chaque pays pris individuellement a une incitation à développer des politiques non coopératives pour exporter son chômage chez ses voisins en faisant du duming fiscal ou social. Il n’est pas étonnant de voir que les Etats les moins compétitifs ont été ceux qui ont utilisé l’arme de la dette privée ou de l’endettement public pour soutenir une croissance poussive.
    Contrairement à ce qui est avancé, la question de l’avenir de l’euro est aussi à introduire dans un traitement globlal de la crise.

  14. Une analyse malheureusement succincte du cas Européen vue du Québec :

    http://www.lesaffaires.com/blogues/les-investigateurs-financiers/l-europe-n-inquiete-plus-personne/523498

    …Analyse s’intéressant uniquement à l’avenir des créanciers et des investisseurs…mais pas à celui des États en situation de soumission face aux exigences des marchés financiers et des agences de notation internationale, ni des citoyens et contribuables largement touchés par les plans d’austérité.

  15. Certes, certes, mais il manque tout de même une dimension, celle de la gestion monétariste de l’Euro, qui a largement contribué à sa fragilisation par la finance. C’est l’ensemble d’une idéologie qui est toxique, pas seulement une de ses conséquences…

    1. une des raisons de son assassinat

      quand on voit tous les dirigeants progressistes ( Mosadegh, Lumumba et tant d’autres ) du sud assassinés par les occidentaux , on comprend mieux l’arrivée et le maintien de dictatures ……

      les élites « démocratiques » occidentales se satisfont de dictatures parées de toutes les vertus ( entre autre de barrage anti-islamique ) au sud ; et quand les peuples se soulèvent et gagnent , ces mêmes occidentaux alors rejètent la dictature abattue pour mieux aider à l’avenement de la prochaine.

      la Tunisie en est le dernier exemple : il y a quelques jours, le gouvernement sarkosiste proposait ses services de maintien de l’ordre ; maintenant il applaudit le peuple tunisien et demain ?

      les peuples peuvent tout ; en dernière analyse, les élites possédantes ne sont rien quand le peuple se met en branle . les tunisiens viennent une nouvelle fois de le montrer.

    2. les peuples peuvent tout ; en dernière analyse, les élites possédantes ne sont rien quand le peuple se met en branle

      Certes, mais j’ai beau chercher, depuis la révolution française, et avec toutes les limites et réserves que vous voudrez, je ne vois que deux authentiques révolutions politiques originales, « accomplies » ou fécondes : 1917 en Russie et 1978 en Iran. Enlevez « ça » , marxisme et islamisme, et rien, nada. Et une révolution d’un genre nouveau adapté à un contexte démocratique libéral moderne (moderne depuis deux siècles et demi quand même) , ça reste à inventer, inconnu au bataillon.

    3. Gullirouge 15 janvier 2011 à 09:18

      1917 et 1978 marxisme et islamisme

      Pour compter comme ça, seulement 2, vous avez 2 contraintes : les masses en mouvement + une pensée théorique charpentée.
      Je vous lis bien ?

    4. @ Rosebud1871

      On peut le dire comme ça, oui. Même si je dirais idéologie critique – ou de combat en l’espèce – enracinée, plus que pensée théorique charpentée. Pour ces rares moments là, l’idéologie s’apparenterait plus à une pression racinaire sur une sève ascendante qu’à une harmonieuse ramure bien charpentée. Une pensée politique bien charpentée, c’est celle qui produit une idéologie qui gagne, uniquement. Comme le libéralisme a su le faire en regroupant toute ses forces et en trouvant un accord en 1938, lors du colloque Lippmann à Paris. Il s’agissait juste alors pour eux de sauver l’idéologie libérale, de fonder le néo-libéralisme, mission accomplie.

    5. Je ne sais si certains ont participé à la manifestation d´hier en soutient au peuple tunisien, mais j´en suis sorti avec un grand sentiment de malaise. On a pu y admirer des personnes encravatées qui arboraient un magnifique slogan demandant le maintien du gouvernement transitoire avec demande d´aide à la France et l´Europe. Des Girondins probablement. De « braves gens » qui veulent que tout change mais que tout reste comme avant pour leurs petites affaires…
      Avec mon drapeau rouge et noir, je me suis senti comme un athée s´invitant à un concile entre catholiques et protestants en leur demandant d´arrêter leurs conneries et de massacrer les gens au nom de leurs intérêts et dogmes.
      Bref, pour ma part, en partageux que je suis, mon parti pris est de continuer à émanciper les sans-culottes et de participer autant que possible avec eux sans chercher à les instrumentaliser. C´est le seul espoir que je pressens pour voir aboutir réellement une révolution.

    6. moi aussi, je suis allée à la manifestation pour le peuple tunisien, là où j’habite , donc à Marseille ….
      je n’ai pas vu d’encravater, et même si je ne comprenais pas tout, vu que je ne comprends pas l’arabe …
      il y avait pas mal de monde, une belle manif, des gens conscients ……

    7. @ Gullirouge 16 janvier 2011 à 00:31

      Avec la charpente j’étais plutôt du coté du charpentier que de sa matière, et pression racinaire ou sève ascendante m’évoquent poule et œuf. « Une idéologie qui gagne » au sens de la victoire ou de l’extension du terrain de jeu ? Chacun à sa montre, l’idéologie a le temps, pour paraphraser les afghans. Lippmann je le découvre grâce à vous, quasiment rien dans l’E.U. mais deux textes étoffés dans Wiki. Effectivement ces braves gens ont du compter en fin de guerre et dans l’après, coulisses ou pas. L’article évoque ce colloque comme modèle du Mont Pèlerin. Vraisemblable. Les libéraux se sont avec beaucoup de retard organisés à l’international pour s’opposer à ce que Marx avait inventé pour son bord avec la 1ère Internationale. C’est ma lecture.
      J’ai été sensible à l’expression « manufacture of consent » « fabrique du consentement » que Lippman utilise dans son bouquin sur l’opinion publique.
      Cette notion de « consentement » aussi psychologique que juridique est l’os à ronger nécessaire au contrat. Aussi opaque que l’envie : d’où viennent les envies, comment se fabriquent-elles voire sont-elles fabriquées. Ce qui est fabriqué se démonte et s’analyse…

  16. Comment distinguer les « détenteurs d’obligations » des « contribuables?
    il faut savoir que les banques et assurances placent l’épargne nécessairement dans des obligations, y compris pourries, car elles veulent « garantir le rendement de épargnants-contribuables tout venant.
    De toute façon, on en revient au jeu du mistigri: qui se trouvera finalement en possession des dettes pourries (des créances pourries)?
    Encore une fois: il n’y aura pas d’issue sans réforme de l’émission monétaire de type SMT, tout simplement parce que la dette grossit dans tous les cas et inexorablement tout comme les créances, et tout cela aboutit à la production de débiteurs insolvables, donc de créanciers floués.
    Sans doute, l’euro finira-t-il par éclater après avoir coûté fort cher, l’Europe ne pourra pas et ne voudra pas renflouer le défaut de l’Espagne;
    Mais, au fond, une faillite ordonnée serait moins coûteuse que continuer comme maintenant.
    Je rappelle que l’Argentine, il y a dix ans, et, plus récemment, L’Islande se sont bien remise d’une insolvabilité, au bout de peu d’années.
    C’est cela qui arrivera pour l’Espagne, et, au fond, cela n’est peut-être pas complètement « dramatique ».

    1. dissy, lisez d’abord la critique qu’en fait le Diplo… Bien sûr que cette émission, (si nous parlons de la même), est « intéressante », car fort bien ficelée comme savent le faire les profs de l’audiovisuel. Mais fort creuse aussi, ce qui se voit moins.

  17. Bonsoir,

    ici il me semble bon de rappeller que l’une des propositions des économistes « éffondrés » était de recenser précisement les détenteurs d’obligation d’état, sans doute pour permettre ainsi de séparer le bon grains de l’ivrai, séparer l’épargnant convenable de l’autre à la richesse indécente et aider ainsi le politique à tailler avec justice dans le vif en ajustant le curseur de la garantie d’état de cette épargne à un bon niveau d’acceptabilité sociale.

    Mais cet appel a t il était seulement entendu ? Pour beaucoup, la politique de l’autruche est la meilleure qui soit afin de faire perdurer leur portefeuille : cf la maxime « business as usual »

    cordialement

  18. Amha on peut élargir le débat : quelles promesses tiendra-t-on, lesquelles reniera-t-on ?

    Les salariés ont cotisé dans tous nos pays pour une retraite décente. Revenir en plein milieu de leurs carrières sur le mode de calcul de cette future retraite, c’est renier une promesse morale; tous les pays ont pu la renier car le mode de calcul des retraites n’est pas juridiquement un composant essentiel du contrat qui les lient à la Sécu (branche vieillesse) ou aux caisses complémentaires. Ce qui est un comble!

    Idem pour les soins : les cotisations ne donnent plus aujourd’hui droit aux même soins qu’hier..

    Bref en sauvant les banques on sauve souvent la mise des actionnaires et jusqu’à présent celle des obligataires en volant les citoyens lambdas.

  19. Lu sur boursorama:

    « Le Trésor des Etats-Unis a annoncé vendredi que l’Etat fédéral avait augmenté sa part dans le capital de l’assureur AIG à 92%, et qu’il prévoyait de sortir du groupe au fil du temps, en fonction des conditions du marché. » –> ils augmentent leur part du capital pour sortir du groupe. 🙂

    « Conformément à ce qui était prévu, AIG a remboursé les 47 milliards de dollars qu’il devait à la banque centrale, a indiqué le Trésor.
    Pour ce faire, le groupe a utilisé le produit de diverses cessions d’actifs récentes, et a emprunté 21 milliards de dollars au Trésor. »
    A l’issue de ce tour de passe-passe[…]
    Le total de son investissement dans AIG s’élève à présent à 68 milliards de dollars. » –> Les comptables sont des artistes. 🙂

  20. Mr Legrain à tout à fait raison.
    La dette des états même si elle est irremboursable sans accaparement de l’épargne des habitants n’est rien car l’épargne des habitants est là ainsi que l’activité obligatoire des habitants.
    En revanche la dette des banques n’a en contrepartie que des actifs volatils , disséminés , non liquides , investis , à valeur non garantie et représente en France plusieurs fois la dette de l’état.
    C’est donc bien la faillite des banques qu’il faut déclencher et faire supporter par leurs actionnaires , le marché boursier et les clients.

  21. @ crapaute rouge un petit cadeau pour vous :
    http://www.youtube.com/watch?v=dCHi5apc1lQ
    Je trouve vos interventions sur le blog de Paul Jorion toujours très désagréables pour les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, enfin tout quoi.
    J’ignore, si il existe un manuel à consulter afin de corriger toutes vos imperfections, mais soyez certain que nous vous y aiderons de la même manière que vous avez si souvent aidé et soutenu les plus faibles.

    1. Il est probable que j’ai dû vous vexer quelque part, monsieur/madame idle. Si tel était le cas, j’eusse apprécié que vous me le fîtes savoir explicitement, en me donnant quelques adresses de commentaires d’où s’exhalerait ma prose si agressive pour vos sens.

    2. Il est vrai que crapaud rouge est parfois peu amène.
      Toutefois il aurait raison, vous êtes un troll. Un troll d’extrême-gauche comme il y a des trolls libertariens. Les réflexes pavloviens, l’invective trop facile, le carcan idéologique qui affleure à la surface de la prose… Je me suis plusieurs fois demandé si ce n’était pas un exercice de style… mais non, il semble que tout soit bien à prendre au premier degré…
      Encore quelques uns comme vous, et ce qui apparaît encore comme un laboratoire de recherche collective et indépendante apparaitra bientôt comme une succursale des anciens des jeunesses communistes… Il serait bon de siffler la fin de la récrée les modos.

    3. @Gullirouge : exact et irréfutable. Aucune excuse.

      @KillXS : il est vrai aussi que je suis parfois (souvent ?) « peu amène ». Assez sec, pour tout dire, parce que lire les commentaires et y répondre me prend déjà beaucoup de temps. Du coup, les ronds de jambe passent à la trappe.

      Pour ce qui est des trolls : j’avais seulement besoin d’une intro à mon com’. Ouaf ! Ouaf ! Les trolls peuvent troller comme bon leur semble, ce n’est pas mon problème.

    4. @HP : « De qui Crapaud Rouge a-t-il reçu sa mission et quelle est-elle? » : j’adore !!! C’est une question digne d’un certain K. dans Le Château. Avec Paul Jorion dans le rôle du comte West-West ? 🙂

    5. La mission de Crapaud Rouge ? Cette question m’avait follement amusé ! Non seulement parce qu’elle faisait de moi un avatar de K., mais aussi parce que j’étais, depuis la fin de mes études, la proie d’une obsession : résoudre le paradoxe EPR et la question des fentes d’Young. Depuis toujours j’aime la physique, mais celle qui se comprend, celle qui fait correspondre avec précision des faits et des concepts. Or, dans mon école d’ingénieur, j’ai été très déçu et scandalisé par son enseignement : on ne fait que vous balancer des équations, et l’on vous dit : « ça, c’est de la physique ! » Moi, j’appelle ça se foutre de la gueule du monde. Alors j’ai cherché, et j’ai fini par trouver. Le résultat se présente sous forme de deux petits textes que le taulier publiera peut-être, c’est son problème maintenant, pas le mien. Je suis tellement sûr de mon coup que je ne serais pas du tout vexé s’il oubliait d’en faire des billets. Pour moi, c’est sans importance, je suis déjà passé à autre chose, parce que je ne pense qu’à penser, le reste m’indiffère. (Honnêtement, je voudrais bien quand même qu’ils soient publiés, par curiosité pour les réactions.)

      Mais comment puis-je prétendre avoir trouvé le graal ? Je m’explique ça fort bien, évidemment, mais le quidam un brin connaisseur doit se dire : « Non, ce n’est pas possible, il y a entourloupe quelque part votre Honneur, si un truc pareil était possible, ça se saurait ! »

      Le quidam un brin connaisseur mesure la portée de l’évènement, mais ne peut pas y croire, parce qu’il s’attend à ce que le graal soit un machin prodigieusement complexe, genre théorie des cordes, gravitation quantique, géométrie non commutative, etc. Qu’il puisse tenir en quelques pages de français vernaculaire ne faisait pas partie de ses prévisions. Difficile de lui donner tort, en effet, car ce graal ne le sera vraiment qu’après qu’il aura été reconnu comme tel par la communauté scientifique, laquelle raisonne à ce sujet comme le quidam un brin connaisseur. Dans l’immédiat, je n’ai fait que découvrir une piste, dans une direction radicalement opposée à toutes les autres. Les chercheurs officiels veulent réunir Relativité et Mécanique quantique par le haut, en les mettant sous le même chapeau, alors que j’ai cherché en bas, au niveau des fondations, qui sont toujours très rustiques. A ce niveau, tout est très simple, c’est au-dessus que tout se complique, quand on rentre dans les détails et qu’il faut répondre à des tonnes de questions.

      Il va se passer maintenant un truc tout bête : ma solution n’étant qu’une piste, elle ne deviendra vraiment solution que si d’autres la suivent, car il y a beaucoup de boulot pour l’explorer. Pour l’heure, elle n’est rien du tout, je n’ai donc pas trouvé le graal, et cela devrait rassurer le quidam un brin connaisseur : le principe de réalité est sauf, et Crapaud Rouge n’est pas maboul. C’est l’essentiel.

  22. en fin de compte, tout ceci me rappelle CHURCHILL : « vous avez eu le choix entre le déshonneur et la guerre, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre !!! »

    il faudra bien un jour prochain « nettoyer » ce panier de crabe et remettre au pas la finance.
    c’est au moment où nous nous précipiterons vers l’abime que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix pourra être adoptée.

    Nos dirigeants, si empêtrés dans leurs conflits d’intérêts, leurs ignorances et couardises électorales, n’oseront jamais faire ce qui doit être fait, pas avant une vrai grande crise générale et mondiale !!!!

    Oserons nous, à ce moment, « prendre la bastille » ou serons nous suffisamment abrutis par les discours pour accepter en courbant l’échine ?

  23. Vu de loin, et avec pour seule connaissances celles de la gestion courante de ma tréso, celle de ma boite, ses bilans, et les nécessaires dialogues bancaires, les placements obligatoires et facultatifs – bref, un petit bout de la lorgnette, celui d’où laborieusement je suis considéré comme un « créateur de valeur, plus ou moinsinstrumentalisé à titre collectif, surtout par la droite, et plutôt regardé de travers par les sympathisants de gauche, avec un soupçon de profit indécent, on sait jamais, hein.

    Donc, muni de ce bagage parfaitement pratique, très limité, et pas du tout théorique, le nuage d’analyse et de cris d’effroi que je lis partout me conforte dans un scepticisme éminemment stable.

    Toutes ces discussions réfèrent – implicitement en général – à des présupposés dont je ne vois toujours pas le fondement. Exemples: l’intérêt d’une monnaie unique, sans même parler du sens de cette notion pour des états souverains divers en culture, tradtions, économie et gouvernance. Ensuite la peur de la faillite – pour les petites entreprises, c’est un mode asez naturel « d’assainissement », et oui nous avons des impayés, et oui des moments douloureux quand l’administrateur nous signifie la décision, mais c’est juste essentiel au système.

    Autre sujet d’étonnement, la finance appréhende le monde de l’économie dite réelle (la finance étant donc une économie irréelle et c’est elle qui le dit !) sur des paramètres parfaitement subjectifs et incroyablement éloigné des valeurs industrielles objectives. J’ai mille exemples en tête, vécus, mais le principe même des actions cotées en bourse indique bien que c’est la croyance dans un gain futur – qu’il soit le résultat de profits réels et ou de manips de com – qui prévaut sur la réalité, très banalement faite de production et vente.

    Plus globalement, le système craque, et pas uniquement qur le plan financier. La lecture financière est donc insuffisante à trouver des solutions. Quelques décennies de vie à crédit nous ont faussé nos références : bien sûr qu’il faut atterrir sur du moins riche, mais plus sain. Bien sûr qu’on va y perdre. Alors qu’attendez-vous, les compétents, pour nous annoncer la descente ? La manière de faire ? Le gain de réalité contre la perte de richesse – qui plus est plus ou moins fictive ?

    C’est peut-être ça, que les besogneux du quotidien, dont je suis, proches des billets plus que des actifs titrisés, attendons. Même plus d’explication sur le pourquoi on en est là : on ne s’attend pas à ce que l’écroulement de la tour de Babel épargne ses pierres saines. Mais que les maisons suivantes soient agréables, et moins hautes.

  24. Je débarque, scotché aux news de Tunisie et d’ailleurs sur le pourtour méditerranéen.
    Il semble qu’en Tunisie on manque de tout, sauf de courage et de volonté. Mais le manque des autres choses pourrait tout de même être une menace : nourriture, médicaments, etc.
    Aussi j’ai une question que je pose un peu partout, pour l’instant sans réponse. Est-ce qu’il existe une ou des organisations fiables en mesure d’apporter une aide? Et que l’on pourrait soutenir d’une manière ou d’une autre?
    Dans La liberté a un prix: nous sommes disposés à le payer », l’auteur explique comment ce qui est vraisemblablement l’ancienne police de Ben Ali fait tout pour rendre la vie à la population impossible, pille et brûle les magasins, boulangeries, pharmacies… Et il se pose la question de comment faire. Je ne fais que relayer la question.
    Si vous avez des idées n’hésitez pas à le faire savoir. Merci.
    me contacter par e-mail

  25. Même si les banques étaient recapitalisées (parce que c’est un problème de capital, pas de réserves) ou mises en liquidation, ça ne changerait pas le problème de la zone euro.
    Le secteur privé productif est surendetté et n’est pas demandeur de prêts bancaire.
    Le seul moyen de fournir les actifs financiers (monnaie) nécessaires est de faire du déficit budgétaire.
    Et c’est un défaut bien visible dans le système de l’euro: il n’y a pas de possibilité de faire plus de 3% de déficit budgétaire et la limite au ratio dette/PIB est de 60%.
    L’Irlande et les autres nations de l’Union qui sont contraintes à l’austérité vont entrer en dépression.
    Cela augmentera leur ratio de dette/PIB davantage pendant que les niveaux de leur PIB baisseront plus rapidement que les déficits ne sont réduits.
    La crise se produira une fois que la perception générale réalise ce cercle vicieux et le point d’inflexion est atteint.
    A ce point d’inflexion le destin de l’Union sera déterminé: ce sera soit l’effondrement, comme les gouvernements des nations membres seront forcés de quitter l’Union par leurs électeurs ou les autorités monétaires de Francfort se rendront (enfin) compte que des déficits plus importants sont une exigence impérative pour la reprise économique dans la zone euro.
    Taxer les riches et les corporations ne suffira pas a boucher le trou béant crée par la crise, l’émission monétaire par le déficit en direction de la population est la seule solution.

    « Et que l’Union européenne prenne la mesure de sa malformation constitutionnelle, qui provient finalement de l’inexistence d’un dispositif de stimulation macroéconomique.
    L’Union aurait besoin d’un régime fiscal intégré, d’une banque centrale dédiée à la prospérité économique et d’un secteur financier mis hors d’état de nuire.
    Il lui manque avant tout un mécanisme budgétaire automatique tourné vers le plein emploi, qui jugule la récession et compense les baisses de la demande dans ses régions les plus pauvres. »

    Quelle Europe pour briser les marchés ? Par James K. Galbraith

    « Encore une fois: sans le crédit privé, les plans de réduction du déficit a travers l’austérité fiscale, maintenant ou dans le futur, vont échouer.
    Ces plans ne peuvent réussir. Si au moment ou les coupes budgétaire prennent effet, l’économie compte toujours sur la dépense publique pour le financement de l’activité économique, réduire les dépenses (ou augmenter les taxes) va simplement réduire le PIB et le déficit refusera de disparaitre. »

    « A la limite, s’il n’y a pas de reprise privée financière, le ratio de dette/PIB convergera a une valeur stable, probablement près de 100 pour cent – un nombre normal dans certains pays – et a ce moment, le déficit public sera le seul engin de la nouvelle croissance économique future. Mais c’est seulement quand le secteur privé (par l’endettement) prendra la relève que le ratio dette/PIB commencera a décliner. »

    Pourquoi la Commission sur la Fiscalité ne sert pas le peuple Américain Par James K. Galbraith

    —————

    « La solution est de redémarrer le flux de monnaie en le dirigeant non pas vers ceux qui ont déjà un surplus de monnaie mais vers ceux qui n’en ont pas assez.
    Donner plus d’argent a ceux qui en ont trop ne fera que retirer encore plus de monnaie de la circulation dans une épargne inactive et prolongera la dépression.
    La solution est de donner la monnaie a ceux qui en ont le plus besoin et vont le dépenser immédiatement.

    La seule institution qui peut faire ce transfert de monnaie pour le bien du système est le gouvernement fédéral, qui peut émettre ou emprunter la monnaie soutenu par la pleine confiance et le crédit de la nation et le mettre dans les mains des masses, qui le dépenseront immédiatement, créant ainsi la demande dont l’économie a besoin.
    Le transfert de la monnaie a travers l’emploi (salaire) n’est pas la même chose que le transfert de fortune. Le financement des dépenses fiscales par le déficit est le seul moyen d’injecter de la monnaie et d’améliorer la liquidité dans une économie au point mort. »

    Les leçons de la Grande Dépression Par Henry C.K. Liu

    Et le problème est le même aux US, les banques sont sous capitalisées mais le gouvernement a décidé de laisser les plus grosses fonctionner, de ne pas appliquer la loi sur le receivership (redressement judiciaire), la Fed les inonde de réserves et le gouvernement vient se plaindre que les banques ne « prêtent pas » (les vilaines).
    Et pour cause, la population est surendettée! La population a besoin de revenus, pas de crédit bancaire!
    Les US, contrairement a l’Europe, n’ont pas de limite au déficit budgétaire qu’ils peuvent faire (pas de risque de faillite).
    Mais les conservateurs et les terroristes du déficit veillent a ce que rien ne soit fait.
    Et utilise cette peur pour détruire le système social. Et la gauche chante en chœur.

    « Bien-sûr, sous ce pretexte, ils ont succombés à la culture néo-libérale, uniquement préoccupés par la taille des déficits budgétaires et de la dette publique.
    Tous les faux arguments habituels ont été utilisés par les conservateurs pour limiter l’utilisation de la politique budgétaire – par exemple, les arguments de l’effet « d’éviction » (déficits plus élevés cause des taux d’intérêt plus élevé) et l’eurosclérose (archaism) qui a engendré les privatisations et la déréglementation. »

    Le desastre que la zone euro s’impose a elle-même Par Bill Mitchell

Les commentaires sont fermés.