L'actualité de la crise : EN ÉCOUTANT AUX PORTES, par François Leclerc

Billet invité.

En ces temps de divulgation des télégrammes diplomatiques américains par WikiLeaks, on se prend parfois à rêver. A se croire autorisé à regarder par le trou de la serrure, ou bien à écouter aux portes, pour mieux couvrir l’actualité. Par exemple, afin d’être en mesure de rapporter comment les Allemands et les Français poursuivent entre eux les négociations en vue de juguler la crise européenne, ou bien comment les Français préparent leur présidence du G8 et du G20.

Toutefois, si l’on en croit le Spiegel, une autre question aurait pris le dessus en fin de semaine. Wolfgang Schäuble et Christine Lagarde, ministres allemand et français des finances, se seraient en effet rencontrés vendredi soir à Strasbourg, et l’une de leurs décisions aurait été d’inciter le Portugal – qui continue de résister – à demander à bénéficier du plan de sauvetage européen. Afin que l’Espagne et la Belgique, les suivants, ne soient pas dans l’obligation d’en faire autant. On croit revivre l’épisode irlandais.

L’ordre du jour de cette rencontre était chargé et, selon la même source, incluait un tour d’horizon plus vaste. Allemands et Français ne parvenant toujours pas à se mettre d’accord sur les dispositions à prendre.

Déjà, les premiers ont concédé qu’il faudrait si nécessaire accroître les moyens du fonds de stabilité financière, mais obtenu de ne pas devancer l’appel. En attendant de le pérenniser, après l’avoir reconfiguré, ce qui fait débat.

La possibilité de mettre à contribution les créanciers en cas de restructuration de dettes souveraines a déjà fait couler beaucoup d’encre. Mais une autre disposition proposée par les Allemands devrait en faire autant, vu ses implications. Les Etats qui feraient appel au nouveau mécanisme devraient négocier avec lui des engagements de réduction des déficits, sans que les chefs d’Etat et de gouvernement n’aient leur mot à dire. Une nouvelle disposition qui fait écho aux préoccupations de la BCE réclamant que ce processus soit indépendant.

La banque centrale devrait être satisfaite d’une autre proposition allemande, qui prévoit que le futur organisme de sauvetage pourra intervenir sur le marché obligataire, la remplaçant alors qu’elle cherche à se désengager. Il en résulterait un partage du travail : à la BCE le soutien des banques, aux Etats celui de leur concitoyens, via cet organisme auquel ils apporteraient leur garantie financière.

Les Français, pour leur part, tentent de mettre en avant une formule attribuant au Conseil européen, qui regroupe les chefs d’Etat et de gouvernement, les prérogatives plus ou moins étendues d’un gouvernement économique. Afin de se donner un terrain et des marges de manœuvre, d’échapper à une rigueur budgétaire trop sévère et de pouvoir négocier des accommodements.

Il y a du grain à moudre, pour reprendre la formule préférée des négociateurs, mais nous n’en savons pas plus.

La préparation du G8 et du G20, qui vont se tenir sous présidence française, est une autre histoire. Suite à des entretiens préliminaires tenus avec Angela Merkel, Hu Jintao, Robert Zoellick, Dominique Strauss Kahn et Jean-Claude Trichet (*), Nicolas Sarkozy sera lundi à Washington afin de rencontrer Barack Obama. Avec pour objectif faire valider par celui-ci ses intentions : jusqu’où va-t-il va être possible d’aller ?

La réforme du système monétaire international est un sujet bien trop ambitieux, est-il reconnu, pour qu’on puisse espérer autre chose que des déclarations de principe très générales, assorties de quelques gestes symboliques. L’amélioration de la gouvernance mondiale, second axe prioritaire, pourra toujours donner lieu à des effets d’annonce, la formule du G20 s’étant prématurément usée. Mais c’est à propos de la lutte contre la volatilité du cours des matières premières qu’il pourrait être décidé d’axer la communication et d’accomplir de modestes avancées.

Cela ne sera pas une mince affaire, leurs marchés étant répartis entre Chicago et à Londres, les Américains et les Britanniques ayant de gros intérêts financiers à défendre. Mais la question pourra résonner dans l’opinion publique comme celle des paradis fiscaux, précédemment utilisée dans la même intention. Quitte à battre à nouveau du vent.

Vendredi dernier, un article dans le Financial Times de Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, réussissait l’exploit d’énumérer toutes les mesures à prendre pour limiter la volatilité des prix des produits alimentaires, sans mentionner une quelconque réglementation des marchés. Il concluait ainsi : « La réponse a la volatilité des prix des produits alimentaires n’est pas d’intenter des actions contre les marchés ou de les bloquer, mais de mieux les utiliser ». Toujours la même sempiternelle justification du pire…

Que va obtenir Nicolas Sarkozy de Barack Obama ? On en aura une idée plus précise à l’occasion de sa conférence de presse du 14 janvier prochain, où il devrait annoncer la couleur. En attendant, nous ne pouvons pas espérer que le compte-rendu de ses entretiens de Washington fuitera et c’est bien dommage…

——
(*) Respectivement Chancelière Allemande, Président de la Chine populaire, Président de la Banque Mondiale, Directeur général du FMI et Président de la BCE.

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67 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : EN ÉCOUTANT AUX PORTES, par François Leclerc »

  1. J’ai entendu sur je ne sais quelle chaîne de télévision, deux débatteurs d’accord sur un point, la Chine aidera les pays européens embourbés dans des taux d’intérêts insoutenables.
    En dollar, car la Chine en a à revendre.

    Alors pourquoi pousser le Portugal à faire une demande à l’Europe ?

    1. Sacrée bonne question, Edith.
      Et ça commence à me faire penser à une partie de tarots à trois.

      Aux dernières infos (à vérifier), la Chine aurait autant de réserves en dollars qu’en Euros.
      Et il est parfaitement possible que les Ricains influencent pour que la Chine ne diminue pas trop ses réserves en dollars.
      D’où la volonté européenne que la Chine ne nous en achète pas trop. Des obligations en Euros.

      N.B.: je fais peut-être du plan sur la comète… Car il faudrait pouvoir juger du pouvoir de contrainte des US sur la Chine et sur l’Europe.
      Ceci dit, et malgré la menace des US, début 2009, de révéler les contenus des comptes off-shore des dirigeants chinois, ces derniers ont certainement trouvé une parade à la menace.
      Autre indice : le ton des émissaires asiatiques se « durcit », ce qui montrerait, si l’info est vraie, que les Ricains ne pourront pas faire grand-chose.

    2. merci Yvan, tes réflexions me permettent d’avancer dans la mienne.

      Au fait, j’aimerais retrouver sur le net ce débat TV, car il était vraiment question des volontés de la Chine quant à l’Europe (investissement etc.)

      Pour l’instant, j’ai un article du Figaro pour la dette Portugaise :

      « La Chine voudrait acheter 5 milliards de dette portugaise »

      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/12/21/04016-20101221ARTFIG00347-pekin-pret-a-aider-l-europe-pour-sortir-de-la-crise.php

    3. Une piste sur Marianne 2 cet après midi :

      Philippe Simonnot:

      La Chine évidemment profite de cette opportunité de dette souveraine pour venir au secours des pays périphériques.

      On lui déroule le tapis rouge pour la recevoir.

      Le danger c’est que cela représente peu de choses pour les actifs de la Banque populaire de Chine.

      En revanche, il suffirait qu’elle les revende sur les marchés pour qu’immédiatement les taux d’intérêts sur ces dettes retrouvent une tension. Actuellement, ils bougent peu, mais si elle menaçait seulement de les revendre, cela aggraverait la crise souveraine. De fait, la Chine possède désormais un levier politique extraordinaire qui permet de faire passer beaucoup d’autres choses.

      En ce sens, elle s’inscrit aussi dans une logique de long terme. C’est une politique de puissance.

    1. Que va obtenir Nicolas Sarkozy de Barack Obama ?
      Poser la question c’est y répondre: du vent !!

      S »agissant du serviteur et son maitre, c’est la question inverse qu’il faut poser…

    2. @Charles A. : permettez-moi une petite et vaine facétie. En logique booléenne, la question inverse se dirait : « Que va donner non-Sarkozy à non-Obama ? », non-X étant n’importe quel individu qui n’est pas X, ce qui fait du monde. Du coup, c’est encore plus difficile de répondre à l’inverse de la question…

    3. J’avais du mal à dire je ne sais pas dans ma jeunesse.
      Aujourd’hui, j’en ressens une grande satisfaction…

    4. Oui, Dissy.

      Dans la presse, le premier article de compte-rendu sur Séoul indiquait qu’ils étaient tombé d’accord sur un point important : le repas était délicieux.
      (fletan en entrée et une viande aussi en voie de disparition en plat)

      Pour le reste du « résultat », c’était du vent.

      Batracien : en logique booléenne, on cause toujours d’inverse pour la fonction non.
      Hors, le terme plus approprié serait opposé. 😉
      Hors, l’inverse n’est pas l’opposé. Mathématiquement parlant.

  2. Trichet envisage donc (via les allemands) d’imposer la dictature et de carrément retirer toute décision aux gouvernements souverains?Ben voyons….
    Cela risque de chauffer très très fort….

    1. Je ne crois pas . Cela aurait déjà du chauffer « très très fort » lorsque les peuples ont dit non aux traités européens et qu’ils ont été contraints de revoter « correctement » .

    2. Les gouvernements ?
      Cela n’existe plus et a été remplacé par la gouvernance (des experts).
      Vous ne le saviez pas ?

    1. Le plus intéressant c’est le « deuxième ensembles de comptes » des pays occidentaux. Si vous avez plus de détails ne nous laissez pas sur notre faim….

  3. Analyse statistique qui n’a rien à voir. En cherchant « chute libre » (avec guillemets) sur ce blog, (pour y retrouver un article et le commentaire d’un internaute), j’ai eu la surprise de constater que cette locution a d’abord été très utilisée par M. Jorion, puis par M. Leclerc, mais pas par les deux en même temps.

    – de février 2007 au 22 janvier 2009, Paul s’en sert dans 14 billets, François jamais ;
    – du même 22 janvier au 15 septembre 2010, François l’utilise 21 fois, Paul jamais.

    Curieux, non ? Sans doute le doit-on au fait que l’emploi de cette locution se justifie particulièrement pour les sujets qui touchent directement à la crise. Qu’on ne la retrouve plus sous la plume de Paul signifie donc qu’il n’en parle que rarement, laissant à François le soin de le faire.

    1. Le Portugal est une nation qui a pratiquement 900 ans d’Indépendance et de souveraineté et il s’en est toujours bien sorti, même si cela n’a pas toujours été facile. Et voilà que quelques individus au fin fond de leur agence de notation et quelques politiques euroligarchiques qui se croient souverains, veulent le mettre à mort. Je sens que ça va mal se terminer tout ça !
      Vive la Grèce ! vive l’Irlande ! vive la Lusitania ! vive l’Espagne ! vive la France ! et tous les autres

  4. On avance vers les répudiations massives de dette!
    Les peuples soulevés les exigeront aussi en Europe.

    Après la répudiation d’une partie de sa dette par l’Equateur,
    la Cour des Comptes du Paraguay qui réalise un audit,
    vient de déclarer illégale une dette de plus de 4 milliards de dollars !

    1. On avance vers les répudiations massives de dette!

      D’accord, mais alors de l’autre côté il y aura des pertes massives de créances. Et qui sont les détenteurs de ces créances ? Finalement un peu tout le monde.

      D’une part, comme il y a encore peu les dettes des Etats étaient ce qui parraissaient comme étant les placements les plus sûrs, ce ne sont pas les fous de la finance qui se précipitaient sur ces papiers, mais les institutions de placements les plus, comment peut-on présenter cela, disons les plus sages.

      Il doit y avoir de la dette paraguayenne, irlandaise, espagnol, française, dans les produits type « assurance vie » de monsieur tout le monde. De plus, de toute façon, lorsque certains Etats viennent au secours des Etats au bord de la faillite, ce sont les contribuables qui sont mis, comment pouvons nous dire cela, qui sont mis à contribution. Il est certain alors que lorsque une assurance ou une banque va faire faillite à cause de ces défauts, le contribuable « citoyen » sera prié de payer , même indirectement, à la place du gouvernement paraguayen ou autre.

      Ecrire que l’on avance vers les répudiations massives des dettes (au pluriel), c’est surtout annoncer l’explosion de l’ensemble du systéme, à cause de l’effet systémique. Paraguay, Equateur, Japon, Côte d’Ivoire, France, il n’existe plus de cloison étanche.

      La question n’est donc pas: « … Les peuples soulevés les exigeront aussi en Europe.. », la question est de savoir comment les gouvernements (qui influencent encore nettement les peuples, quoi qu’on en dise) vont entres eux, vivrent ces défauts sur les dettes.

      Je pense qu’ils ne vont plus se croire ces différents gouvernements et qu’ils vont tous partir dans des délires xénophobes et guerriers hallucinants.

      Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage, plus aujourd’hui encore qu’hier. Et pour se convaincre de cette certitude historique, nous n’avons pas besoin d’écouter aux portes !

    2. On est d’accord.
      Et on le sera aussi sans doute pour dire:
      cette crise ne se résume pas au cycle des saisons.

    3. @ Eninel :

      « Et qui sont les détenteurs de ces créances ? »

      Les rentiers.

      En France, il n’y en a pas tellement, quelques assurances-vie, mais à cause du déséquilibre de la pyramide des âges en Allemagne, la retraite par capitalisation y est plus présente, il y a plus de rentiers, ce qui explique la politique Allemande.

      Et puis il y a les retraités Américains. Les papy-boomers 68-ards, qui, eux, n’auront rien de leur propre promesses à eux-mêmes qu’ils ont essayé d’imposer au reste du monde. Ca va être une hécatombe là-bas.

    4. Batracien.

      Ca commence à faire un sacré paquet d’hirondelles, néanmoins..
      Et ça risque de nous faire un gros printemps, à ce tarif..

  5. Vendredi 7 janvier 2011.

    Saviez-vous qu’en ce début d’année 2011, les obligations d’Etat des pays émergents sont considérées comme moins risquées que les Bons du Trésor émis par les pays d’Europe de l’Ouest, France et Allemagne comprises ?

    Autrement dit, les investisseurs sont plus confiants à placer leurs deniers dans les pays en développement que dans les nations de la « vieille » Europe.

    C’est ainsi que l’indice mesurant le risque de défaut de paiement des pays émergents dont la Turquie, la Roumanie et même l’Ukraine – le iTraxx SovX CEEMEA – est aujourd’hui au même niveau que celui qui se réfère aux pays d’Europe de l’Ouest – le iTraxx SovX Western Europe – alors que ce dernier était encore en avance de plus de 160 points en Février dernier…

    Nul ne peut donc imaginer dans quelles conditions – et à quel prix ? – cette Europe de l’Ouest devra – ou pourra ? – se financer alors qu’elle se doit de lever environ 825 milliards d’euros en 2011 pour simplement continuer à tourner.

    Et par quel tour de force magistral l’Espagne et l’Italie parviendront-elles à se financer en 2011 alors qu’elles devront se procurer à elles deux quelque 317 milliards d’euros ?

    Le cercle vicieux d’une rigueur ayant pour objectif de diminuer les déficits mais qui, pour solde, brisera net le (petit) élan de croissance ne motive à l’évidence pas les investisseurs vis-à-vis du financement des nations périphériques européennes.

    Le spectre de la déflation par la dette sur le point de faire des ravages au sein de ces pays se traduira par une croissance mièvre, de 1.5 % en 2011 selon le F.M.I. en Europe de l’Ouest, tandis que les pays émergents afficheront plus que le double, soit 3.1 % toujours selon le F.M.I.

    Les Credit Default Swap, jauge du risque de défaut de paiement de la dette souveraine, s’améliorent progressivement pour des pays comme la Bulgarie, la Lituanie et même pour le Kazakhstan, mais ne cessent par ailleurs de se dégrader – parfois de manière affolante, voire terminale – pour la majorité des nations de la vieille Europe.

    C’est ainsi que les CDS espagnols ont accéléré leur descente aux enfers atteignant 346 points de base en ce début d’année, contre 120 il y a trois mois … pendant que leurs alter ego grecs atteignent 1023 points de base … partant de 273 points il y a trois mois !

    Record historique également enregistré pour les CDS irlandais qui se sont aggravés sur la même période de 448 à 640, forçant ainsi ce petit pays à s’acquitter désormais de 640.000 dollars d’intérêts pour chaque tranche de 10 millions empruntée…

    Le coup de grâce ayant été donné aujourd’hui par la Banque Nationale Suisse qui a refusé de prendre des obligations irlandaises en garantie de prêts consentis.

    Et pourquoi ne pas conclure en évoquant le cas de la Roumanie qui prévoit de résorber ses déficits jusqu’à 4.4 % de son P.I.B. pour 2012 (venant de 7.2 % en 2010), alors que ces déficits se montent à 15.4 %, 14.4 % et à 11.1 % de leur P.I.B. respectivement pour la Grèce, l’Irlande et pour l’Espagne.

    Michel Santi.

    http://www.gestionsuisse.com/2011/no-comment%e2%80%a6/

    1. Les européens et surtout leurs dirigeants ont énormément de mal à croire qu’ils sont en récession, et plus encore qu’elle sera « définitive ». Nous sommes sur une pente descendante en matière de niveau de vie, il faut s’y faire même si ce n’est pas agréable.
      Nos chers dirigeants croient en la croissance positive du PIB comme si c’était une réalité, alors que c’est à leur demande qu’elle est trafiquée pour être montrable…

      La Grèce et l’Irlande ont déjà perdu assez brutalement une partie importante de leur niveau de vie, les autres pays aussi dans une moindre mesure, et il faudra qu’ils en perdent encore bien plusse pour retrouver un équilibre et un peu de marge de manoeuvre.
      Ce serait supportable si l’essentiel du poids de cette perte était équitablement partagé, ce n’est pas le cas, c’est même le contraire, du fait du crédo néo-lib qu’impose l’Europe.

      Il n’y a pas d’aménagement possible, ni pour empêcher cette perte globale (au niveau de l’europe) de niveau de vie, ni pour restructurer les contrats, pardon, traités léonins européens : on peut gagner du temps mais il faudra finalement que ça pète un bon coup pour pouvoir refaire quelque chose de cohérent et viable dans un contexte de décroissance. Et dans ce cas gagner du temps en prolongeant la situation actuelle est perdre du temps pour préparer la suite…

      La montée des taux d’intérêts n’est que le reflet de la rigidité de l’Euro et de l’Europe, pour ne pas dire de la foi des Allemands dans le crédo néo-lib et leur intransigeance à ne rien partager. Si ça pouvait à peu près marcher dans un contexte de croissance on n’y est plus, et on n’y sera plus.
      Le château de sable n’est pas attaqué par des armées ennemies, il est affaibli à son pied par la marée. On pourra bétonner les murailles et mettre en batterie toutes les armes possibles, ce n’est pas lasolution.

  6. La réponse s’adressait à Crapaud Rouge…

    et @ Eninel:
    La menace de guerres devient très élevée car elle dépasse l’effondrement du crédit.
    La guerre est la logique d’emballement des guerres comerciales
    qui ne font que commencer (guerre des devises, protectionnisme…),
    et des guerres pour s’assurer les ressources rares dans des contraintes écologiques
    dont le capital est désormais conscient.

  7. Autrement dit, les investisseurs sont plus confiants à placer leurs deniers dans les pays en développement que dans les nations de la « vieille » Europe.

    Et bien c’est qu’ils n’ont rien compris au film !

    De toute façon lorsque cela va commencer à friter, ce sera les pays qui auront les plus gros canons qui rassureront le plus. Et les gros canons pour l’instant, ils sont chez les impérialistes dominants. Souvenons-nous quand même de l’évolution de la rente française sous le Consulat et le premier Empire, évoluant au grès des batailles napoléonniennes.

    Ne nous laissons pas jouer par les inventions journalistiques comme par exemple le fantasme de ces pays soit disant en développement. Ou en est-on sur le plan du développement chez les tigres du sud est asiatique, après la Crise de 1997 ?

    Ces pays sont des pays fondamentalement, ou impérialistes de second ou troisiéme rang (ils comptent pas beaucoup), ou tout simplement des pays semi-coloniaux (comptent pas). Lorsque la Crise fera exploser les pays impérialistes dominants, ils ne pourront que plonger avec.

    Certains encore ne comprennent, ni le principe d’une crise systémique, ni les raisons qui poussent les peuples à s’engager dans un carnage gigantesque. ils devraient se mettre au marxisme.

    J’ai bien fait de poster ce soir, tiens !

    Une fois de plus. Oui lisons réguliérement les chroniques -presque- quotidiennes de notre excellent F Leclerq. Mais commençons aussi à étudier ce document extraordinaire (la IV Internationale et la Guerre) devant nous permettre de pouvoir nous repérer au milieu de la mêlée qui arrive. Construire Le Parti indispensable pour mettre fin à la misére économique et au délire politique bourgeois contemporain.

    1. @eninel : je plussoie: le modèle bourgeois est par définition replié sur lui-même, comptant ses sous jusqu’à la pingrerie, et donc ne facilite pas le marché, tandis que les pays émergents surfent sur des populations jeunes et des traditions anciennes de partage et d’échanges à échelon réduit (local, familial, religieux).

  8. Eninel nous suggère de lire ceci :

    « La guerre et la IVe Internationale », de Léon Trotsky (10 juin 1934).

    http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm

    Je n’ai jamais lu Trotsky, mais je vais essayer.

    Sinon, il y a une information que je trouve intéressante aujourd’hui : la France, l’Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas veulent que le Portugal demande de l’aide.

    Dimanche 9 janvier 2011 :

    La France, l’Allemagne et d’autres pays de la zone euro exercent une pression grandissante sur le Portugal afin qu’il demande un appui financier à l’Union européenne et au FMI, cela pour tenter d’endiguer la propagation de la crise de la dette souveraine, a-t-on appris dimanche 9 janvier de source européenne à Bruxelles.

    En juillet déjà, des premières discussions avaient évoqué cette éventualité, mais pour l’heure, aucune négociation formelle n’a été ouverte, précise-t-on de même source.

    « La France et l’Allemagne ont dit, dans le cadre de l’Eurogroupe, que le Portugal devait solliciter une aide, le plus vite étant le mieux », a dit la source, ajoutant que la Finlande et les Pays Bas avaient exprimé des voeux similaires.

    Un porte-parole du gouvernement portugais a toutefois démenti dimanche une information rapportée par un magazine allemand faisant état de pressions sur Lisbonne de la part de Paris et Berlin.

    Le Portugal passe depuis plusieurs semaines pour être un des pays les plus vulnérables de la zone euro, avec la Belgique notamment, tandis que Moody’s a placé en décembre la note de l’Espagne, pourtant jugée plus solide que certains autres pays de la zone, sous surveillance pour un éventuel abaissement.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE70809220110109

    1. Personnellement je conseille de lire San-Antonio (de Frédéric Dard, et surtout ses romans).

      Par « sont poussés à demander de l’aide » il faut comprendre « sont menacés en vue d’appliquer les théories néo-lib en matière de restrictions sociales » chez les autres pour éviter de devoir le faire aussi chez soi.
      Je me demande à chaque fois pourquoi ces pays n’envoient pas bouler l’Euro et l’UE, son credo d’austérité et ses saints patrons pour vivre leur vie. Pauvre sans doute, mais ils le sont déjà, mais dans une certaine dignité et souveraineté.
      Avec le Portugal et l’Espagne rejoignant la Grèce il y aurait de quoi créer un Eurosud, surtout si l’Italie post-Berlu y adhère aussi.

      Pensé à un truc taleur…
      Supprimer le droit de vote aux pays en état de catastrophe virtuelle permettrait de couper le sifflet (et le droit de faire ch*er les autres) aux anglais, qui ne sont pas, n’ont jamais été et ne veulent pas être européens… Y a pas que du mauvais là-dedans ;o)

    2. Hhmm.. HP.
      D’accord sur santantonio. Pas le reste.

      Ce n’est pas en pleine guerre qu’on change subitement de munitions, et d’autant plus si les munitions sont moins puissantes.
      (pour rappel : Soros avec la Livre en 1993)

      Je ne suis pas partisan absolu de l’Europe, car vu les dissensions actuelles et l’Allemagne qui veut contrôler les finances d’un pays, là, les gars, ils vont trop loin. Mais.
      Vu la situation, ni les ricains, ni les Chinois, ni.. nous, n’avons intérêt à une sortie de l’Euro d’un pays. Et il faudrait se rattacher au dollar ou à l’Euro. Faire un « sous-Euro » ne servirait à rien , de toute façon, et se raccrocher au dollar serait éventuellement couler avec lui.

      Puis, les gars, dites-moi pourquoi sont apparus, si vite après septembre 2008, les BRIC, la libre-échangiste ASEA, la banque commune des Pays du Golf, l’accord SUCRE en Amérique du Sud..???

      Oui, on peut faire original en faisant le mouvement opposé, alors que la Chine ou le FMI veulent au contraire lier les monnaies, mais l’originalité s’arrête là où commence la bêtise.
      Et je sais de quoi je parle.

    3. Ceux qui veulent que le Portugal demande de l’aide ont plusieurs intentions .
      Parmi ces intentions il convient de noter :
      1. Sauver, au moins pour un temps, leurs banques exposées.
      2. Détourner l’attention des catastrophes qui vont se produire dans leurs propres pays.
      3. Accréditer l’idée moderne que la gouvernance doit remplacer les gouvernements.
      4. etc.

  9. Une proposition (la pillule difficile à faire passer) :
    séparer l’activité économique et commerciale des banques, et laisser sombrer la partie spéculative.
    Il y aurait des morts certes, mais n’est-ce-pas le seul moyen pour sortir de la crise par le haut ?
    dommage les leaders politiques ne sont pas près à accepter cette proposition.alors qu’un référendum confirmerait que c’est LA solution. (l’Islande en est la preuve..! au grand damne des banques créancières.et de la City ..).

  10. Qu’est-ce qui vous prend d’écrire « coreligionnaires » quand il faudrait, je suppose « concitoyens » ? On est tellement gavés de considérations sur la religion que même les meilleurs en voient partout !

    1. Il en résulterait un partage du travail : à la BCE le soutien des banques, aux Etats celui de leur concitoyens

      La correction ne me parait guère pertinente. Je suppose que le sens de coreligionnaires dans le texte de F. Leclerc était « Etats-frères sous la bannière (soit, par hyperbole « la religion ») européenne », et qu’il ne s’agit nullement des concitoyens, qu’ils s’agisse des concitoyens de chaque Etat, ni même des évanescents concitoyens européens, dont il était question dans le partage des tâches BCE / Etats. Bref, même un peu outrancière, ou imagée, je préfère de beaucoup, dans la justesse du sens comme dans le style, l’expression leclerienne de « correligionnaires ». On aurait pu dire aussi « compagnons d’infortune » pour correligionnaires, pour ne pas défriser Jeanne. 😉

      « Il en résulterait un partage du travail : à la BCE le soutien des banques, aux Etats celui de leur compagnons d’infortune, »

    2. Alors là, la question est facile et me permet de renvoyer dos à dos tous les protagonistes. Il suffit d’ausculter le contexte : « Il en résulterait un partage du travail : à la BCE le soutien des banques, aux Etats celui de leur *** » ? Le mot juste devant définir la part de travail revenant aux États, et celle-ci n’étant pas définie ailleurs, il faut chercher le mot qui représente le mieux ce dont les États ont la charge. Mais sans ajouter de connotation superflue, ce qui exclut coreligionnaires. concitoyens ne convient pas non plus car on aurait : « aux Etats le soutien de leurs concitoyens » qui laisse entendre que l’on pourrait être concitoyen… avec un État ! Je ne vois guère que administrés. Il en résulte une phrase qui a au moins le mérite d’être correcte : « à la BCE le soutien des banques, aux Etats celui de leurs administrés.« 

    3. Mais cette autre solution serait sans doute plus respectueuse de ce que voulait dire François : « Il en résulterait un partage du travail : à la BCE de soutenir les banques, aux Etats de se soutenir eux-mêmes. »

  11. Lundi 10 janvier 2011 :

    Un sauvetage du Portugal imminent.

    Le gouvernement portugais se débat face aux rumeurs insistantes sur un sauvetage imminent de son économie, après celui de la Grèce et de l’Irlande.

    Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le cas portugais fut au cœur de la rencontre, vendredi, à Strasbourg, entre la ministre de l’Économie Christine Lagarde et son homologue allemand Wolfgang Schäuble. Les deux gouvernements veulent pousser Lisbonne à faire appel, au plus vite, à l’aide financière internationale, afin d’éviter une contagion à l’Espagne et à la Belgique.

    Pour sa première émission obligataire de l’année, à trois mois, le Portugal a dû concéder un prix exorbitant.

    Vendredi, les coûts d’emprunt à dix ans ont battu de nouveaux record à 7,193 %. À ce prix, il devient préférable de se financer via le Fonds européen. D’autant que l’émission, prévue mercredi 12 janvier, de 2 milliards d’euros à trois et neuf ans s’annonce déterminante.

    Mais le premier ministre José Socrates résiste aux pressions. Il redoute les contreparties qui lui seraient imposées par le FMI.

    «Le Portugal fait ce qu’il faut et continuera ainsi… Tout ce que j’ai à dire, c’est que nous allons atteindre l’objectif budgétaire en 2010 qui était de réduire son déficit à 7,3 % du PIB», a-t-il dit samedi. Il n’empêche, la pression monte dans les salles de marchés, mais aussi du côté des politiques, pour un déclenchement du sauvetage.

    Le Figaro

    1. @ Charles, de Charles A.: merci !
      Sur l’Europe, tout est déjà dit!
      Sur la pseudi démocratie aussi…
      Et quel monstre d’acteur, ce Gabin.
      Décidément, le blog est une mine de sources de jouvence!

    2. Il nous manque le troisième Charles 😉

      Et merci à toi de ce rappel qui montre que notre pays voit clair. Malgré la propagande.

  12. Que resultera-il de l’entretien entre OBAMA et SARKOZY. Rien, que du vent, de l’agitaion et de l’excitation, en résumé du « brassage d’air’ c’est à dire du « vent ».On l’a vu pour la suppression des Paradis Fiscaux où cela marche comme avant. Alors Sarkozy.?…. OUT

  13. Selon Jean Marc Daniel, polytechnicien économiste professeur à L’OSCP, 2011 se présente mieux que 2010, mais on n’est pas à l’abri d’une bourde de nos « élites » (avertissement réitéré plusieurs fois).

    Ayez confiansssee …

    1. Pour toute analyse, la qualification de « Polytechnicien » est bien souvent mis en avant par celui qui en porte le diplôme, très utile à en compenser l’incompétence.

      2011 se présente donc sous de mauvaises augures

    2. En effet, bible.

      Un financier vautour est toujours très content d’exploiter un diplômé qui va lui rapporter beaucoup.
      On est vassal ou on ne l’est pas.

  14. Lundi 10 janvier 2011 :

    La BCE rachète de la dette portugaise.

    Selon des traders, la Banque centrale européenne est intervenue lundi sur les marchés pour racheter des emprunts d’Etat portugais à 5 ans et 10 ans.

    Vers 13 heures, les rendements portugais sur ces deux maturités se détendaient d’ailleurs respectivement de 12 points de base et 5 pb, à 5,99 % et 7,01 %.

    La flambée des coûts de financement du souverain, qui devrait encore se vérifier mercredi 12 janvier lors de deux adjudications prévues sur des lignes à 5 et 10 ans, rend cependant probable un recours du Portugal à l’aide européenne.

    La Commission européenne a nié lundi discuter d’une aide d’urgence au pays, un discours déjà entendu en novembre dans le cas de l’Irlande avec le résultat que l’on connaît.

    http://www.agefi.fr/articles/La-BCE-rachete-dette-portugaise-1163922.html

  15. Tunisie: reprise des violences dans le centre-ouest, un mort à Kasserine

    Mis en ligne le 10/01/2011 à 14h38

    Les affrontements entre manifestants et forces de l’odre ont repris lundi dans le centre-ouest du pays, alors qu’un homme blessé dimanche par balles a succombé lors de son hospitalisation, a-t-on appris de sources concordantes. Trois localités – Kasserine, Thala et Regueb – étaient en proie à des violences lundi, signe de la poursuite des émeutes contre le chômage qui secouent la Tunisie depuis la mi-décembre. Ces violences ont fait au moins 14 morts selon le gouvernement, et plus de 20 selon des sources de l’opposition. A Kasserine, un homme atteint de plusieurs balles et admis à l’hôpital dimanche, Abdelbasset Kasmi, a succombé à sa blessure lundi matin, selon Sadok Mahmoudi, membre du bureau exécutif de l’union régionale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale). M. Mahmoudi a également fait état d' »grand nombre » de personnes blessées qui se trouvaient en réanimation à l’hôpital de Kasserine, placé sous contrôle de l’armée. Selon des sources médicales et syndicales, l’établissement manquait lundi de sang pour traiter les blessés.
    (VIM)
    © BELGA
    TUNIS 10/01 (BELGA/AG)

  16. LA LIBRE.BE > ECONOMIE > ACTUALITÉ > ARTICLE

    Le blog Eco net
    La Belgique avance à toute allure sur la liste de la banqueroute
    BELGA

    Mis en ligne le 10/01/2011

    La situation de la Belgique se dégrade à une vitesse impressionnante.
    La Belgique avance à toute allure sur la liste des pays qui risquent la faillite. C’est ce qu’indique une étude réalisée par le spécialiste de l’analyse de marché Credit Market Analysis (CMA), rapporte lundi De Morgen. A la suite de l’effritement rapide de la confiance des investisseurs, la Belgique occupe une inquiétante 16ème place sur cette liste, juste après le Liban et la Roumanie.

    Le bureau d’analyse CMA établit chaque trimestre la liste des pays enregistrant le risque plus important lié à leur déficit. Le pays en haut de la liste est celui qui risque le plus la banqueroute.CMA se base sur la prime d’assurance que les grands investisseurs payent en échange d’un éventuel risque sur les bons d’Etat.

    Cette prime d’assurance n’a augmenté au quatrième trimestre pour aucun pays aussi fortement que pour la Belgique. Cela coûte à présent entre 220.000 et 250.000 euros par an pour garantir des bons d’Etat belges d’une valeur de 10 millions d’euros, contre « seulement » 129.000 fin septembre. C’est la raison pour laquelle la Belgique figure pour la première fois sur la liste des 20 pays ayant le plus gros risque lié à la dette.

    La situation de la Belgique se dégrade à une vitesse impressionnante. Il y a neuf mois, la Belgique occupait encore une rassurante 53ème place sur la liste. Fin septembre, elle était encore en 37 ème position.

  17. On est jamais assez prudent..sarkozy donne la légion d’honneur à Fitch!!

    Or précisément, le 31 décembre 2010, le président de la république a signé un décret par lequel,avec l’accord du conseil des ministres, il élève à la dignité de grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur, un certain Marc Ladreit de Lacharrière, “président de société, membre de l’Académie des beaux-arts, président du conseil d’administration de France Muséums. Grand officier du 8 septembre 2006”.
    Quel est le rapport, me direz-vous, entre ce monsieur qui est certes président de société mais, tel qu’on le présente dans le texte du décret, plutôt tourné vers le domaine artistique et culturel, et la crise financière qui sert d’alibi à tous les gouvernements européens pour nous imposer la perte massive de nos acquis sociaux, le blocage de nos salaires, la privatisation de notre système de santé, des pertes considérables de pouvoir d’achat, des augmentations faramineuses des prix de l’eau, de l’essence, du gaz, de l’électricité, des assurances obligatoires et des impôts, et ceci prétendument pour faire baisser le déficit public?
    Le rapport entre ce monsieur est ce qui précède est très simple. Marc Ladreit de Lacharrière possède 60 % des parts de l’agence de notation Fitch Ratings.
    Etre propriétaire d’une des agences de notation qui sévissent de par le monde, ça n’est pas rien quand on sait que le rôle et la responsabilité des 3 principales agences de notation S&P, Moody’s et Fitch (qui avaient accordé leur note maximale à des titres douteux , entraînant ainsi la crise des subprimes qui a éclaté en 2007, générant des milliards de pertes financières, des millions de suppressions d’emplois, des milliards d’endettements de pays pour renflouer les banques), n’ont pas été sanctionné depuis 3 ans par les nations victimes de l’insouciance de ses agences de notation et encore moins par les membres du G20, bien qu’ils se soient réunis déjà 3 fois en parlant beaucoup de régulation du système financier, mais sans jamais mettre en œuvre quoi que ce soit.
    On peut dès lors s’étonner que Nicolas Sarkozy, qui va très bientôt prendre la présidence du G20, décerne la plus haute distinction honorifique au propriétaire d’une des agences de notation responsable de la perte d’emploi de millions de Français et de l’endettement de plusieurs générations de Français.
    Et, alors même que dans ses vœux de nouvel an, le Président de la République affirme sa détermination à défendre la communauté européenne, les salariés, les retraités, les étudiants, les malades, les petits épargnants du Portugal, d’Irlande, de Hongrie, d’Espagne, seront certainement ravis d’apprendre que la France estime que le propriétaire de l’agence Fitch Ratings a fait preuve de mérites éminents au regard du chef de l’Etat et du gouvernement Français .
    ◦Ils n’oublieront pas que, le 23 février 2010, cette agence de notation, alors que le gouvernement grec essayait de mettre en place un plan de rigueur, craignant les conséquences du plan de rigueur, a abaissé d’un cran la note de la banque nationale de Grèce et de 3 autres banques grecques, déstabilisant totalement ce pays.
    ◦Ils n’oublieront pas que le 28 mai 2010, la même agence de notation, estimant que les efforts du gouvernement espagnol pour réduire le déficit, risquait de poser sur sa croissance, a abaissé la note de l’Espagne.
    ◦Ils n’oublieront pas que le le 09 Décembre 2010 Fitch Ratings a annoncé avoir abaissé de trois crans sa note de la dette à long terme de l’Irlande.
    ◦Ils n’oublieront pas non plus que le 23 décembre, non contente de baisser d’un cran la note du Portugal, Fitch Ratings a abaissé également celle de la Hongrie
    Alors, constatant que pour le moment cette agence n’attaque la France que par morceau, on peut légitimement se demander si ce n’est pas ce dépeçage région par région que le Président de la République et le conseil des ministres récompensent en promouvant à l’ordre de grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur le propriétaire de l’agence de notation Fitch Ratings.
    Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne, je ne vois aucun mérite national dans le fait de faire peser sur des nations une menace qui fait perdre à des millions d’individus leur travail, le moyen de subvenir à leurs besoins essentiels et à ceux de leurs familles. Et plutôt qu’une médaille, c’est un bon séjour en prison qui me paraît le plus approprié pour récompenser les coresponsables de cette crise qui dure depuis 3 ans et que le gouvernement actuel est totalement incapable d’endiguer.
    C’est précisément parce que l’une des plus hautes distinctions honorifiques de notre pays est attribuée aujourd’hui à un des coresponsables de la crise économique qui dure depuis 3 ans, que bon nombre de citoyens français, qu’ils soient salariés, chômeurs, retraités,constatent, et non ressentent comme le prétend Nicolas Sarkozy, à quel point l’injustice et le laxisme, conjugués au cynisme et à l’incompétence, règnent en maîtres dans les sphères du pouvoir français.

    http://bibifa.wordpress.com/2011/01/02/un-mdaill-de-la-lgion-dhonneur-trs-particulier/

    1. @ Yvan,

      oui Yvan… Mais même nos proches ne veulent pas voir ce qui se passe réellement……….

      La révolte des peuples………..?

      @ Dissy,
      merci pour l’info -ignoble-.

    2. …et partout dans le monde…Mère Nature nous inonde et ce n’est que le commencement d’un grand déluge.
      Quand je pense que tous ces charlots ne pensent qu’à leurs réélections!…Elles risquent d’être pour le moins bien arrosées.

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