L'actualité de la crise : LA PHASE II, par François Leclerc

Billet invité.

Longtemps, on a cru qu’avec la disparition des hiérarques portant chapeaux emmitouflés dans leur grand manteau, en rang d’oignons sur la tribune de la Place Rouge, on avait assisté à l’effondrement final de toute pensée figée orthodoxe. Au profit d’un pragmatisme devenu valeur suprême avec la mort proclamée de l’idéologie.

C’était sans compter avec de redoutables institutions, épargnées par la pensée libérale triomphante, et les hiérarques qui les personnifient. Aujourd’hui, les banques centrales sont les plus intransigeantes gardiennes d’une nouvelle orthodoxie, références ultimes d’un monde en décadence, à un point tel que l’on pourrait croire que leurs représentants ont en quelque sorte pris la relève. Investis d’une mission qui procède par conséquent du sacré, intransigeants dans son exercice et porteurs d’une parole ne souffrant pas la contradiction. Autres buts, mêmes méthodes, fin identique ?

On regrettera certainement Jean-Claude Trichet et le rituel de ses conférences de presse. Son art de tenir des propos sibyllins et d’en dire le moins possible, sa capacité à éluder l’essentiel pour ne retenir que l’accessoire, son approche quasiment divinatoire du grand mystère de la monnaie, dont il est le dépositaire. Ainsi que le magistral corpus théorique qui lui sert d’assise en tous temps, en tous lieux et à tout instant. Le pragmatisme étant réservé aux banquiers centraux américains, la rigueur doctrinale l’apanage des Européens.

Afin de ne pas être accusé de prononcer une charge gratuite – ce qui serait un comble – venons-en aux faits. Le président de la Banque Centrale Européenne prononçait hier vendredi une allocution devant des parlementaires, à Wildbad Kreuth en Bavière, fief de la CSU. Dans le contexte d’une nouvelle montée subite de la crise obligataire européenne, dont le Portugal est à échéance très rapprochée la prochaine victime, les suivantes poursuivant leur tour de chauffe. Alors que des rumeurs faisaient état de nouveaux achats de la dette portugaise par la BCE, afin de limiter une progression des taux qui dépassait dans la journée la barre des 7%.

C’est l’occasion que choisissait Jean-Claude Trichet pour administrer une nouvelle admonestation. La décision d’acheter des obligations, a-t-il expliqué, « n’était certainement pas de financer les Etats chargés de dette, mais de faire face à de sévères dysfonctionnement du marché » ; selon la thèse qui attribue la fièvre obligataire à la spéculation financière davantage qu’à une crise de solvabilité. Vint ensuite la conclusion attendue : « Permettez-moi de solennellement souligner que notre politique monétaire est conçue pour assurer la stabilité des prix dans le moyen terme », lui assurant de se retrouver en terrain solide, mais totalement hors sujet. Ainsi que d’écarter avec cette référence au moyen terme toute contestation à propos de la poussée d’inflation révélée par Eurostat : en bonne orthodoxie, les faits ne peuvent contredire la théorie.

Une fois le wagon raccroché aux fondamentaux, il devenait possible de lancer que « la responsabilité de la politique monétaire ne peut pas se substituer à l’irresponsabilité gouvernementale », en référence au credo des banquiers centraux drapés dans leur indépendance et sûreté de jugement, préservés des miasmes du suffrage universel et des compromissions du monde politique. Précisant sa pensée, il ajoutait : « Nous devrions être inflexibles dans l’application des sanctions quand les règles sont transgressées », celles du Pacte de stabilité et de croissance européen. Une allusion à l’automaticité de celles-ci, ou à tout autre mécanisme les faisant échapper à la décision des responsables politiques.

Comme d’autres avant lui, le président de la BCE s’accroche à ses vérités. Il prétend trouver dans la « responsabilité fiscale » la réponse à l’irresponsabilité financière. Afin de sortir du piège dans lequel il est tombé, quand il n’a pu faire autrement que de substituer la BCE aux Etats. Non seulement parce qu’il considère comme contre nature de les soutenir, mais aussi parce qu’il connaît ses propres limites.

D’autant que la crise obligataire n’est pas européenne, elle est mondiale. Alan Greenspan, ancien président de la Fed, vient à ce sujet de mettre les pieds dans le plat dans le Wall Street Journal. En référence aux discussions bipartisanes de la Commission nationale sur la réforme et la responsabilité fiscale, et à ses suites incertaines au Congrès, il a laconiquement remarqué que « la seule question qui se pose est de savoir si des décisions seront prises avant ou après la crise du marché obligataire ». Lui-même considérant que ce risque est si grand qu’il est en faveur d’une augmentation des impôts immédiate, car « la probabilité que nous traversions les deux ou trois prochaines années sans problème obligataire et sans inflation est probablement un peu supérieure à 50-50, mais pas beaucoup plus  ».

Nul besoin de chercher plus loin, le facteur déclenchant de la phase II de la crise est trouvé. Les tenants du moment de l’orthodoxie vont devoir descendre de leur tribune.

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58 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA PHASE II, par François Leclerc »

  1. Les maîtres de vérité dans la Grèce archaïque Marcel Detienne

    « Les Maîtres de vérité, sont trois types de personnages que leurs fonctions qualifient, dans le contexte social et culturel de la Grèce archaïque, comme détenteurs d’un privilège inséparable de leur rôle institutionnel. Ces trois personnages sont l’aède, le devin, le roi de justice ; leur commun privilège est de dispenser la « Vérité ». Du moins traduisons-nous ainsi le mot grec « Aléthéia » dont les valeurs, dans la pensée religieuse ancienne, ne débordent pas moins le cadre de notre concept du vrai que ne le fait, par exemple, le « Rta » des Indo-Iraniens : cette « vérité » qui n’est séparable ni de l’ordre rituel, ni de la prière, ni du droit, ni de la puissance cosmique assurant le retour régulier des aurores. Livre passionnant, que les sociologues de la religion comme les historiens de la philosophie doivent lire. » J.-P. Vernant

    Les maîtres de vérité dans la modernité du banquier central.
    Au printemps 2010 Greespman a declare que la Fed «disclosing too much to the public… lose control of a process that only we fully understand».
    Charles Goodhart (2008) recently noted that “a central bank, as we have now graphically seen, will lend against almost anything when a real crisis hits”.

    In line with this insight, one central bank report (Kearns and Lowe 2008, 20-25) recently observed: « Through its open market operations, the central banks can create assets with unquestionable liquidity. . . It has been common place for central banks to conduct these operations primarily in repos. Doing so makes it possible to undertake operations in a wide range of assets. . . As we have seen recently, during a period of strain in financial markets the demand for assets of unquestionable liquidity increases significantly. The central bank can also accommodate an increase in demand for liquid assets by altering the structure of its own balance sheet…In particular, it can reduce its holding of assets that are highly liquid (primarily government securities) and, in exchange, increase its holding of assets that are less liquid. . . A related issue that has attracted considerable attention is the range of assets that the central bank is prepared to purchase. . . Historically, in many countries . . . the list of eligible assets has been relatively low. The logic was that central banks simply did not need to accept a wide range of assets to conduct its operations. . . One alternative to this historical view is that, in principle, all assets on the balance sheets of financial institutions should be eligible”.

    Encore Goodhard (2010) dans une intervention a BIS:
    “One of the main concerns of the Bank of England in the 19th century was how to make its Bank Rate effective in the market. Under normal circumstances, the main task of the monetary management desk in central banks is to undertake OMOs so as to drive market rates into line with the separately set official rate. At such ordinary times, this is a somewhat humdrum exercise, hardly noticed by most people but of considerable technical interest to the cognoscenti. But, under conditions of financial disturbance and crisis, liquidity management takes on a life of its own, potentially independent of official interest rates. This is patently obvious once nominal interest rates hit the zero lower bound, so that subsequent unconventional measures, whether quantitative easing, credit easing or the ECB’s suite of market measures, all involve OMOs and manipulation of the central bank’s balance sheet”.

  2. Descendre ou chuter de la tribune, c’est cela qui les travaille actuellement.
    Passons. Ils sont trop peu pour être signifiants, même si leurs discours sont ravageurs pour qui veut oser regarder la réalité en face.
    Lorsque tant de contradictions sont nécessaires, la crédibilité d’un quelconque « responsable » à l’échelle d’un continent, d’un pays, ou d’un organisme ayant un pouvoir sur une population devient une poussière de virgule dans l’infini des possibilités.
    Ne reste alors que la force pure de l’ordolibéralisme dans toute sa splendeur de répression de révolte du consommateur.

    D’après une intuition de quelques mois, l’Europe va finir par faire comme tout le monde : faire tourner la planche à billets pour alimenter en monnaie de singe des marchés affamés.
    Bon app tout le monde…. 🙁

    1. à Yvan,

      Comme tu dis, plus rien n’est prévisible, mais tout est permis, même l’impensable, surtout l’impensable.

    2. Marlowe, 1929 aussi était impensable. Mais pourtant, c’est arrivé.

      Lorsque je parle d’équilibre dans le déséquilibre en citant Pareto qui n’a rien d’un extrémiste, ce n’est pas pour rien.
      Ne pas confondre une dictature du peuple avec une dictature tout court…

  3. Vendredi 7 janvier 2011 :

    Obligations : les inquiétudes sur les dettes des pays fragiles persistent.

    Les taux des pays fragiles de la zone euro, notamment ceux de l’Espagne et du Portugal, ont poursuivi leur envol vendredi, franchissant de nouveaux sommets dans un marché obligataire toujours inquiet de leur capacité à mener à bien le redressement de leurs finances publiques.

    Vers 18H00 (17H00 GMT), les taux espagnols à 10 ans se tendaient à 5,526 % contre 5,460 % la veille à la clôture, après avoir atteint un plus haut depuis 2000 à 5,543 % dans la matinée.

    Les taux portugais s’envolaient à 7,193 % contre 6,957 % jeudi, un record depuis l’entrée du pays dans la zone euro.

    Les propos du Premier ministre portugais José Socrates, qui a réaffirmé vendredi que le déficit du pays serait bien ramené à 7,3 % du produit intérieur brut en 2010, n’ont pas réussi à rassurer les opérateurs.

    « L’Espagne et le Portugal ont une croissance et une inflation faibles. Ajoutez à cela des taux obligataires élevés et le cocktail est explosif », commente Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.

    Les investisseurs restent aussi prudents car « les vrais tests pour le marché sont à venir la semaine prochaine » où l’on attend des émissions du Portugal (mercredi), de l’Italie et de l’Espagne (jeudi), souligne René Defossez chez Natixis.

    « Il y aura de la demande mais à quel prix ? voilà toute la question. Si les taux d’emprunt sont encore plus élevés, cela deviendra très alarmant », ajoute-t-il.

    Boursorama

    1. On sait maintenant, depuis la Grèce, puis l’Irlande, qu’une fois le cap des 6% passé, il devient très difficile de ne pas pas entrer dans le cap des fameux 7%, porte d’airain de l’enfer obligataire, où irré-mais-diablement les pays iront jusqu’au collapse.
      Le Portugal s’en approche.
      L’Espagne la suit, à un point près.
      Dès que les portes s’ouvriront pour le Portugal (et on ne voit pas bien pourquoi elles ne s’ouvriraient pas), l’Espagne se placera sur le même parcours.
      Comme un wagon attaché au wagon précédent.

      The midnight train.


      Gladys Knight -Midnight Train To Georgia

      Jolis, les costumes, isn’t it ?

  4. Bon, je vais faire l’extrémiste.

    Je ne comprends pas pourquoi on entre encore en matière (comme commentateurs) sur ces taux, puisqu’on sait qu’ils sont complètement assujettis aux gangsters de Wall-Street via les agences de notation. Pensez : les taux ricains sont encore quotés AAA…

    C’est combien déjà, la dette us ?

    1. Merci pour le link HP…

      Me voilà rassuré quand à mon intervention.. o/

      😉

      Cette interrogation. Devant le consensus général d’une cata annoncée, jusqu’alors temporisée par ceux qui tiennent le manche (dollar mainly). Combien de temps la machine US peut-elle tenir?. C’est vraiment là qu’on verra s’ils tiennent vraiment le couteau par le manche.

      Je dis ceci parce que j’ai de la peine à croire qu’ils soient si stupides et n’anticipent pas mieux…

  5. Effectivement, les choses se passent hors « orthodoxie ». On n’en a vraiment rien à foutre du contenu du discours de Trichet, car, de toute façon, la BCE intervient quand le marché est « trop méchant ». Et son blabla fait bonne mesure pour les prêtres du temple BCE.
    Et, de toute façon, dans la mesure où de plus en plus de monnaie disparaît dans les bas de laine, la BCE doit injecter pour éviter le déflation, exactement comme les autres banques centrales.
    Naturellement, le tout est instable, et un inflation incontrôlable n’est pas à exclure.
    On observe aussi que la Chine et les autres pays émergents, pas plus que l’Europe ou le Brésil, n’acceptent pas la dévaluation unilatérale du dollar, et, pour éviter cela, les dollars en trop sont achetés même si l’économie américaine est manifestement incapable de fournir autant qu’elle consomme. Et c’est ainsi que ces pays créent aussi beaucoup de monnaie, plus que ne nécessiterait leur croissance. Du coup leur climat inflationniste tire les prix mondiaux à la hausse, et nous avons droit à notre part d’inflation qui touche surtout les matières premières et le foncier, pas nos salaires.

  6. Pauvre Greenspan…

    Il sait parfaitement qu’il n’y a pas de crise obligataire aux USA, a part une crise politique avec des prise de position extrême en faveur de coupe budgétaire pour l’État providence US (ce qu’il en reste…)
    Soit disant « L’Etat n’a pas d’argent » et ne peut pas faire de déficit pour le social et ce qui revient de droit a la classe productive, mais ne se formalise pas quand ce même déficit est le résultat de baisse d’impôt pour les plus riches (0.2%)…et la classe moyenne continue d’être appauvrie par des taxes trop élevées en raison de peur inflationniste mal placée.
    En attendant, le chômage s’accroit, les entreprises tournent a 70% de leur capacités et la demande continue de s’écrouler.
    Le déficit budgétaire n’est pas un problème et n’a pas besoin d’être financé par l’impôt (qui repose systématiquement sur la classe moyenne btw).

    Pourquoi la Commission sur la Fiscalité ne sert pas le peuple Américain Par James K. Galbraith

    « 9. En réalité, le gouvernement des États-Unis dépense en premier et emprunte plus tard; La dépense publique est ce qui crée la demande pour les bonds du trésors par le secteur privé.
    [Il décrit comment un système monétaire fiat fonctionne (ici, les États-Unis mais c’est valable pour le Japon, le Canada, L’Australie, la Grande-Bretagne)]:

    Comme je le fait remarquer, l’argument ci-dessus est basé sur la croyance commune que le gouvernement doit emprunter pour pouvoir dépenser, et par conséquent, que le gouvernement fait face a des « risques de financement » sur les marches financiers.
    De tels risques existent, bien sur, pour les particuliers, les entreprises, les états (US) et les gouvernement locaux, et pour les nations tel que la Grèce qui ont cédé leur souveraineté monétaire a une banque centrale.

    Mais la situation du gouvernement des États-Unis est tout a fait différente.

    Le gouvernement des États-Unis dépense (et la Federal Reserve prête) d’une façon très simple. Il le fait en écrivant des chèques — en fait, simplement en marquant des nombres sur un ordinateur.

    Ces nombres apparaissent alors sur le compte bancaire des bénéficiaires, qui peuvent être des employés du gouvernement, des fournisseurs privés, ou les bénéficiaires des programmes de transfert de l’État Fédéral.

    Le résultat de ces chèques écrit par le gouvernement est de créer un dépôt dans le système bancaire. Mais c’est une « réserve sans intérêt » et les banques privées, bien sur, préfèrent gagner des intérêts sur leurs réserves.

    Par conséquent, ces banques demandent un bond du trésor américain qui paie des intérêts sans comporter de risque de défaut. (C’est comme un transfert de dépôt d’un compte courant a un compte épargne.)

    Le trésor américain peut satisfaire la demande pour ces bonds, ou non, c’est son choix — il peut permettre, ou ne pas permettre, l’augmentation de la quantité de bonds du trésor en circulation.

    Aussi longtemps que les banques privées américaines sont requise d’accepter les chèques du gouvernement –ce qui revient a dire aussi longtemps que la République existe– alors le gouvernement peut et dépense sans emprunter, s’il choisit de le faire.

    Et s’il choisit d’émettre des bonds du trésor pour satisfaire la demande, il peut faire cela aussi. Il n’y a jamais un manque de demande pour les bonds du trésor; les ventes de bonds du trésor n’échouent jamais.

    Dans le monde réel, le gouvernement crée la demande pour les bonds du trésor en dépensant au dessus du niveau de taxation (créant un déficit budgétaire).

    Dans quelle mesure ces bonds sont détenus localement, ou a l’étranger (une autre source d’inquiétude très commune) dépend du déficit extérieur du gouvernement des États-Unis.

    Et cela n’a rien a voir avec l’approbation ou la désapprobation de la politique de déficit extérieur des États-Unis par les banquiers étrangers, les banquiers centraux ou leurs gouvernements.

    Une nation étrangère ne peut pas acquérir des bonds du trésor américain a moins que quelqu’un en dehors des états-Unis ai acquit des dollars pour les acheter, ce qui est généralement fait en entretenant un excédent commercial avec les États-Unis.

    Et quand ces étrangers entre en possession de ces dollars, tout comme les banquiers nationaux, ils préfèrent gagner des intérêts et c’est pourquoi ils achètent des bonds du trésor.

    Insolvabilité, faillite, ou même des taux d’intérêts plus élevés ne sont pas parmi les risques du gouvernement des États-Unis. Les risques de ce système sont (a un degré mineur) l’inflation, et a un degré plus important, la dépréciation du dollar.

    Cependant, en ce moment il y a un large accord pour dire qu’un dollar plus bas serait une bonne chose — contre le RMB Chinois et aussi l’euro.

    Donc il est difficile de croire que le but de réduction du déficit en soi sert un objectif économique cohérent ou désirable.

    Nous pouvons conclure qu’il n’y a aucune justification économique a la réduction des déficits a zéro pour 2015 ou tout autre date.

    Les vrais objectifs économiques sont de régler les problèmes réels, pas ceux construit de toute pièce par certains économistes.

    Réduire rapidement le chômage, s’occuper proprement d’une population vieillissante, nettoyer le Golfe du Mexique, affronter notre insécurité énergétique et le changement de climat sont de loin bien plus important que la reduction de futurs déficits.  »

    Casting Light on “The Moment of Truth”

    Whose Side is the White House On?

    1. Réduire les impôts donc les déficits est le crédo de base du politicien démagogue, notamment américain. Très généralement ils ne sont pas assez intelligents pour comprendre quoi que ce soit en économie, il utilisent du prêt à penser fourni par leur parti, simpliste mais bien rôdé sur des électeurs abrutis de propagande et qui n’y comprennent pas plusse qu’eux.

    2. @HP

      oui, réduire les impôts sur la classe moyenne réduira le déficit (défiscaliser le travail).
      Cela relancera la demande et l’emploi.
      Réduire l’impôt des plus riches ne changera rien par contre.

      Les Democrats (soit disant pro-labor) pensent malheureusement que les taxes financent le déficit budgétaire.
      Les Republicans (anti-labor) savent que ce n’est pas le cas mais ne font du déficit que pour les plus riches.

      Et la classe moyenne américaine vote toujours pour des baisses d’impôts sans réaliser qu’elles ne sont jamais pour elle malheureusement.

  7. L’inflation ? Non, M Greenspan, ce qui menace nos économies est en tout premier lieu la déflation comme le souligne Nouriel Roubini dans une de ses dernières chroniques :

    http://lecercle.lesechos.fr/les-economistes/nouriel-roubini/221132673/egarement-budgetaire

    Par contre, M Greenspan a raison d’évoquer les problèmes obligataires car ceux-ci, vu la montée des taux actuelle, vont se faire cruellement sentir dans toutes les économies occidentales dans les mois qui viennent.

  8. @François Leclerc
    « lui assurant de se retrouver en terrain solide, mais totalement hors sujet »
    L’introduction était bien partie, mais là j’ai vraiment ri de bon cœur.
    Merci

  9. Etats-Unis : quel est le pourcentage de la population qui travaille réellement ?

    Réponse :

    Le pourcentage de la population qui travaille réellement est la courbe noire sur le graphique ci-dessous :

    http://cr4re.com/charts/charts.html#category=Employment&chart=EmployPopDec2010.jpg

    Autrement dit :

    En janvier 2000, le pourcentage de la population qui travaille réellement était de 64,8 %.

    En décembre 2010, le pourcentage de la population qui travaille réellement est de 58,3 %.

  10. Samedi 8 janvier 2011 :

    Berlin et Paris veulent forcer le Portugal à demander l’aide de l’Union Européenne.

    Les gouvernements allemand et français veulent contraindre le Portugal à demander à son tour une aide financière dans le cadre du plan de sauvetage européen, affirme l’hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi 10 janvier.

    Sans citer de source précise, Der Spiegel affirme que « des experts gouvernementaux » des deux pays s’attendent à ce que le Portugal ne puisse bientôt plus se financer sur les marchés.

    « Le signal d’alarme a été tiré, selon eux, lorsque le Portugal a dû proposer la semaine dernière 3,69 % d’intérêts pour une émission obligataire à six mois. A titre de comparaison, le même jour, l’Allemagne a placé un emprunt à 2,87 % sur dix ans sur le marché », écrit l’hebdomadaire.

    Le Portugal doit rapidement se placer sous l’assistance européenne pour éviter une contagion à l’Espagne voisine ou à la Belgique.

    Les membres de la zone euro devraient s’engager dans le même temps à fournir tous les moyens nécessaires pour défendre la monnaie unique, quitte à dépasser les 750 milliards d’euros déjà mis à disposition, assure encore le magazine.

    Dépêche AFP

    1. « Les rois mages arrivent de Chine »

      06.01.2011

      La Razón

      Le vice-Premier ministre chinois Li Keqiang a affiché le 5 janvier à Madrid sa confiance dans l’économie espagnole durement touchée par la crise et au centre des inquiétudes des marchés. Il a promis d’augmenter les achats d’obligations d’Etat espagnoles par la Chine, plus grand bailleur de fonds de la planète, et annoncé la signature d’accords commerciaux avec l’Espagne pour une valeur de 5,6 milliards d’euros. La Chine s’était récemment engagée à souscrire des obligations d’Etat de la Grèce et du Portugal.

      http://www.courrierinternational.com/breve/2011/01/06/les-rois-mages-arrivent-de-chine

    2. En 2011, l’Italie va emprunter 220 milliards d’euros.

      L’Allemagne va emprunter 195 milliards d’euros.

      La France va emprunter 184 milliards d’euros.

      L’Espagne va emprunter 94 milliards d’euros.

      Les Pays-Bas vont emprunter 50 milliards d’euros.

      La Belgique va emprunter 34 milliards d’euros.

      Le Portugal va emprunter 19 milliards d’euros.

      Les Echos

      En 2011, la Chine va-t-elle acheter les 220 milliards d’euros d’obligations de l’Etat italien ?

      En 2011, la Chine va-t-elle acheter les 94 milliards d’euros d’obligations de l’Etat espagnol ?

      En 2011, la Chine va-t-elle acheter les 19 milliards d’euros d’obligations de l’Etat portugais ?

      Le suspens est insoutenable.

      Dernière question :

      Les rois mages sont-ils arrivés à pied par la Chine ?

    3. @ BA :
      Ce serait une façon intelligente, je crois, pour les chinois de diversifier leurs réserves de change, qu’ils ont fort en dollars.
      Acheter des obligations libellées toutes en euro mais payées en dollars, voilà, la bonne occasion pour eux de diversifier leurs réserves, eux qui s’échinent (oups) à augmenter le % d’or physique dans ces réserves (mais les ventes se font rares et les montants faibles, malgré le cours montant), voient dans ceci la possibilité de le faire.
      Si en plus il en tirent un statut de ‘sauveur’ internationalement et que cela leur permet ensuite de mieux ‘négocier’ la mise en place d’un système monétaire internationale digne de ce nom, parce que justement ils auront moins de dollars et plus d’euro, que demandez de plus ?
      De fait, ils pourraient très bien racheter la totalité des obligations portugaises, espagnoles et italiennes (ce qui n’est pas un problème pour eux) qu’ils ne saurait toujours pas quoi faire de leurs réserves en dollar ‘excédentaires’ …

      Les chinois jouent au go. Les américains jouent aux échecs. Et ils y jouent mal de surcroît.

    4. Pour finir, les allemands et les français jouent le même jeu qu’ils ont joué avec les irlandais mais comme les ont appris (un peu), ils le jouent plus tôt.
      A moins qu’à l’insu de notre plein gré, la situation n’en soit, déjà, à ce que la situation au Portugal ne ressemble à la situation irlandaise en novembre 2010.
      Ce qui me ferait alors dire que les dits allemands + français ont, encore, un train de retard.

      A usual.

    5. @BA

      >Les rois mages sont-ils arrivés à pied par la Chine ?

      Hm, ce n’est pas sur. Mais d’un autre cote, sont-ils arrives a passer par l’hirondelle?

  11. La question centrale reste.
    Faut-il maintenir une régulation oligarchique conservatrice, laisser-fairiste, financiariste, inégalitariste mise en oeuvre depuis 1980 et Thatcher-Reagan avec quelques variations dans le temps et l’espace?
    Ou peut-on adopter une régulation démocratique, sociale, économique, écologique et comment?

    1. N’est-il pas écrit dans le ciel-THERE IS NO ALTERNATIVE- que tous les politiciens d’occident ont adopté et radoté comme une chorale de perroquets envoûtés.
      THERE IS NOTHING SUCH A SOCIETY…et toc…la société,ça n’existe pas disait Miss Maggie, alors une régulation sociale, c’est quoi ça?

    2. de plus, impossible d’en faire des animaux de compagnie par la suite :
      ils répètent toujours la même chose, sont dans l’incapacité d’apprendre autre chose, et n’ont pas un trés beau plumage …

  12. je viens de faire connaissance avec ce blog très intéressant j’apprends beaucoup de chose moi qui suis nul en économie. (ne le dites à personne) mais vous me faites tous le cafard, j’ai créé une boite en génie climatique je suis un modeste artisan quand je l’ai fais je me suis projeté dans l’avenir et lorsque je lis les commentaires, le tableau est plutôt noir. c’est si désespérant que ça?

    1. Si on dispose d’une bonne santé, d’un grand potager et d’un peu de bois pour la cuisine et se chauffer que peut-il arriver de grave? Des tas de gens ont vécu, jusque dans les années ’50, sans utiliser de pétrole ni de dollars.
      Par contre, si l’idée est de rentrer dans la classe moyenne grâce à son travail il va y avoir un problème.

    2. Tout dépend de ce que vous faite en génie climatique; mais rien que ce terme me semble surfait, ou markettisé. Bon courage et ne désespérer pas, l’avenir et à l’eau chaude thermique solaire et son stockage désotkage, beaucoup de main d’oeuvre quand à la fortune, se sera autour du pot.

    1. Les US font du soutien fiscal a leurs banques mais infligent l’austérité a la population.
      Comme en Europe d’ailleurs, le seul problème et que dans un système monétaire de change fixe (monnaie unique), le risque sur les taux de changes est transformé en risque de faillite des États.
      Ce qui n’est pas le cas pour les US, Canada, Japon, Australie, UK…
      Les US font du soutien fiscal a leurs banques mais infligent l’austérité a la population.
      Comme en Europe d’ailleurs, le seul problème et que dans un système monétaire de change fixe (monnaie unique), le risque sur les taux de changes est transformé en risque de faillite des États.
      Ce qui n’est pas le cas pour les US, Canada, Japon, Australie, UK…
      Le déficit budgétaire, en fournissant des actifs financiers nets (monnaie) a l’économie productive, entre directement en concurrence avec le secteur financier et réduit sa rente.

      Et pour être clair, le QE n’est pas de la création monétaire NETTE. C’est un échange entre actifs financiers illiquide et liquide (obligation pour du cash), mais la masse monétaire n’a pas change et c’est comme si les obligations n’avaient pas été émise en premier lieu.

      La spéculation financière existe toujours, qu’il y ai beaucoup de liquidité dans le système ou non, ce n’est pas le problème, le problème est de laisser le secteur financier continuer sa prédation sans régulation, de le laisser fonctionner alors qu’il est en faillite complète, de ne pas poursuivre la fraude, etc, etc…

      1. Ce que vous appelez des « actifs illiquides » ce n’est pas du « cash », ce sont des reconnaissances de dette. Vous faites équivaloir de la richesse : de l’argent liquide, avec un constat d’absence de richesse : des reconnaissances de dette.

        Du coup, dire : « c’est comme si les obligations n’avaient pas été émises en premier lieu », c’est faux, cela découle de cette équivalence faite entre argent liquide et reconnaissance de dette. Je sais, Ben Bernanke fait la même erreur et il est à la tête de la plus grosse banque du monde, ce n’en est pas moins une erreur. J’ai écrit L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009) pour expliquer les véritables mécanismes monétaires.

    2. Il n’y a encore aucune mesure d’austérité aux USA..faut pas demander…ce que ca va donner quand les Rep vont s’y mettre….et quand les taux vont remonter….la chute finale?Avec les rep au pouvoir entre 2013 et 2017 vu leur idéologie(remember lehman brothers not too big to fall)…on se dirige vers une guerre de diversion car la situation économique sera proche du chaos.

    3. M. Jorion,

      Ce que vous décrivez est un mécanisme monétaire valide dans un système monétaire de change fixe ou un système monétaire base sur une commodité (or).

      L’émission monétaire dans un système de change fixe ou un système monétaire base sur une commodité est contrainte par le stock d’or ou le stock de réserve de devises étrangères sur lequel la parité de la monnaie est basée.
      Il y a un risque de faillite très réel (comme l’Europe en fait l’expérience en ce moment) et la dette est de la dette au sens prive du terme.

      Ça n’est absolument pas valable dans un système monétaire fiat, système des US, Japon, Australie, Canada, UK.

      La différence cruciale entre un système monétaire basé sur une monnaie convertible en or et une monnaie fiat est que sous un système étalon-or, le gouvernement national doit émettre de la dette pour couvrir ses dépenses au delà des revenus de l’impôt.
      La fin de Bretton Woods fut l’interruption finale entre les commodités qui ont une valeur intrinsèque et les monnaies nominales. Depuis ce moment, les gouvernements ont utilisés la monnaie fiat comme base du système monétaire.

      Lorsque votre monnaie est inconvertible, il n’y a AUCUNE nécessité d’émettre de la dette pour couvrir le déficit, le paiement et le service de la dette se font par émission monétaire dans tous les cas et le QE « est comme si les obligations n’avaient pas été émises en premier lieu ».

      C’est le point de mes interventions, vous utilisez un paradigme monétaire qui n’est pas valable dans un système monétaire fiat et vous n’êtes pas diffèrent des néo-libéraux dans ce sens. Désolée.

      Et dites vous bien que le politicien moyen fait exactement le même genre de confusion et le résultat est une crise économique qui n’en finit pas et l’obsession sur la dette et le déficit donne le prétexte rêvé pour les conservateurs de supprimer toute dépenses sociales et détruire nos démocraties.
      C’est atterrant et gravissime.

    4. Et pour votre information concernant la prochaine bagarre US au sujet du « plafond de la dette »:

      « But aren’t bond obligations equally sacrosanct? No, they’re MORE sacrosanct. [than debt limits]

      Some government spending, including, but not restricted to, bonds, is for “Government Obligations.”
      These are explicitly and implicitly CONSTITUTIONALLY PROTECTED.

      Debt limits, 1-1 matching, no overdraft etc, are ordinary federal law, which is trumped by Government Obligations, just as if each debt obligation were included in the Constitution.

      There is a long line of Supreme Court cases, and a recent relevant Obama DOJ opinion – thank god somebody there knows the law – that says that earlier spending authorizations creating government obligations supersede, trump, override, grind into the dust any later congressional or executive action, and held that the natural interpretation of a recent act of Congress should be ignored because it conflicted with well settled constitutional law.

      What should happen is that bond and obligation holders would be paid.
      If this required breaking lower level law – so what? It would be by that token unconstitutional law, not binding on the executive.
      But since Congress has seignorage power, and delegated it to the Treasury secretary, he might even be legally forced to “print” / coin a zillion dollar coin and deposit at the Fed, if that is the only way the administration could figure to satisfy both the higher and lower level law. »

      « Section 4 of the Fourteenth Amendment: « The validity of the public debt of the United States, authorized by law,… shall not be questioned. »
      On this, the Supreme Court said in 1935 in PERRY v. UNITED STATES, 294 U.S. 330: « … the government is not at liberty to alter or repudiate its obligations ». »

      Les autorisations de dépenses antérieures créant des obligations du gouvernement remplacent et supplantent toute action ultérieure du Congrès ou du gouvernement.
      Les obligations du gouvernements US sont constitutionnellement protégés.

    5. @aliena

      J’ai fait un tour sur votre site. Franchement, si vous comprenez les démonstrations et les théories des auteurs que vous y reprenez aussi maladroitement que vous les traduisez – et j’ai bien peur qu’il ne puisse en être autrement, hélas ! – je comprends mieux votre confusion…

    6. @Gullirouge

      Gardez vos attaques personnelle en veilleuse svp.
      Si vous avez une critique articulee a faire, faites la, ou taisez-vous.
      Et je pense que le jour ou M.Jorion arrivera a la cheville de James K. Galbraith (no offense) n’est pas encore arrive.
      Je suis parfaitement bilingue, merci

    7. @aliena

      Je suis parfaitement bilingue, merci

      Contentez vous donc modestement, Miss Aliena, de vous astreindre à être ou paraitre juste convenablement monolingue, ce serait dèjà pas mal. Je vous épargnerai l’épreuve des citations de vos « déchiffrages » de ces Mitchell et Galbraith que vous chérissez tant et de façon si exclusive (Ah, la MMT ! ) ; chacun étant libre de s’en faire une idée par lui même en cliquant sur votre pseudo (où l’on pourra trouver un savoureux florilège , là opportun, de vos contributions importunes et inopportunes opportunément retoquées ici-bas, sur ce blog Jorion veux-je dire…).
      Votre usage, en exergue de votre blog, du terme de « commodité » pour l’étalon-or constituant un exemple emblématique de votre style, mélange confus et confusionnant de barbarisme langagier rédhibitoire et d’hérésie économique disqualifiante. Ceci dit amha, comme de bien entendu.

    8. @Gullirouge

      C’est une erreur de traduction, et je vous remercie de la souligner.
      Je ne suis pas traductrice, c’est un métier.
      Quand je parle anglais, je parle anglais.
      Quand je parle français, je parle français, je ne traduis pas.

      Vous continuez votre attaque personnelle et elle ne « pisse » pas loin, desolee.
      (I’ve got a potty mouth 🙂 , so what?)
      Mettez-la en veilleuse svp.

      Je vous le répète et votre attaque et mes erreurs de traduction ne changent pas les faits, malheureusement pour vous:

      La différence cruciale entre un système monétaire basé sur une monnaie convertible en or et une monnaie fiat est que sous un système étalon-or, le gouvernement national doit émettre de la dette pour couvrir ses dépenses au delà des revenus de l’impôt.

      La fin de Bretton Woods fut l’interruption finale entre les « matières premières » qui ont une valeur intrinsèque et les monnaies nominales.
      Depuis ce moment, les gouvernements ont utilisés la monnaie fiat comme base du système monétaire.

      Lorsque votre monnaie est inconvertible, il n’y a AUCUNE nécessité d’émettre de la dette pour couvrir le déficit, le paiement et le service de la dette se font par émission monétaire dans tous les cas et le QE « est comme si les obligations n’avaient pas été émises en premier lieu ».

    9. Quand quelqu’un de la stature et de la renommée tel que James K. Galbraith s’avance pour dire les choses telles qu’elles sont, a savoir que nous sommes dans un système monétaire moderne (fiat) ou les monnaies sont inconvertibles en or ou dans une devise étrangère et ou les taux de changes sont flottants, et qu’il n’y a donc AUCUNE nécessité d’émettre de la dette pour couvrir le déficit, vous pouvez lui faire confiance.

      Stiglizt, Krugman, pour les plus connus, sont parfaitement au courant, mais aucun d’eux ne prendra le risque de le dire.
      J’ai été censure pour cette même raison et je ne le suis plus uniquement grâce a ce post qui met en lumière le comportement de M. Jorion et son équipe.

      La Fed le dit elle aussi, mais ces documents sont lu par tellement peu de gens, une poignée de spécialistes, que la vérité n’émerge pas.
      Et la propagande néo-libérale est partout, même chez les gens de « gauche ».

      http://www.newyorkfed.org/research/staff_reports/sr223.html

      “the Treasury would be issuing securities not because it needs cash, but because market participants need securities.”
      (Le Trésor devra émettre des bonds du trésor non pas parce que l’état a besoin d’argent mais parce que les marches financiers ont besoin des bonds du Tresor)
      L’émission d’obligation pour chaque unité monétaire émise est une relique du système monétaire étalon-or.

      La terre est ronde et non pas plate:

      Flat earth theorists – dumb but sneaky

      Flat Earth theory returns – budget aftermath

      1. Vous défendez une théorie monétaire qui a eu son heure de gloire mais qui ne compte plus beaucoup de représentants. Ceci dit, si vous tenez à la défendre ici, il faudra le faire par l’argumentation, comme tout le monde. Pas par l’imprécation, ni en prétendant être la victime d’une persécution.

    10. En francais:

      Pourquoi la Commission sur la Fiscalité ne sert pas le peuple Américain Par James K. Galbraith

      « 9. En réalité, le gouvernement des États-Unis dépense en premier et emprunte plus tard; La dépense publique est ce qui crée la demande pour les bonds du trésors par le secteur privé.
      [Il décrit comment un système monétaire fiat fonctionne (ici, les États-Unis mais c’est valable pour le Japon, le Canada, L’Australie, la Grande-Bretagne)]:

      Comme je le fait remarquer, l’argument ci-dessus est basé sur la croyance commune que le gouvernement doit emprunter pour pouvoir dépenser, et par conséquent, que le gouvernement fait face a des « risques de financement » sur les marches financiers.
      De tels risques existent, bien sur, pour les particuliers, les entreprises, les états (US) et les gouvernement locaux, et pour les nations tel que la Grèce qui ont cédé leur souveraineté monétaire a une banque centrale.

      Mais la situation du gouvernement des États-Unis est tout a fait différente.

      Le gouvernement des États-Unis dépense (et la Federal Reserve prête) d’une façon très simple. Il le fait en écrivant des chèques — en fait, simplement en marquant des nombres sur un ordinateur.

      Ces nombres apparaissent alors sur le compte bancaire des bénéficiaires, qui peuvent être des employés du gouvernement, des fournisseurs privés, ou les bénéficiaires des programmes de transfert de l’État Fédéral.

      Le résultat de ces chèques écrit par le gouvernement est de créer un dépôt dans le système bancaire. Mais c’est une « réserve sans intérêt » et les banques privées, bien sur, préfèrent gagner des intérêts sur leurs réserves.

      Par conséquent, ces banques demandent un bond du trésor américain qui paie des intérêts sans comporter de risque de défaut. (C’est comme un transfert de dépôt d’un compte courant a un compte épargne.)

      Le trésor américain peut satisfaire la demande pour ces bonds, ou non, c’est son choix — il peut permettre, ou ne pas permettre, l’augmentation de la quantité de bonds du trésor en circulation.

      Aussi longtemps que les banques privées américaines sont requise d’accepter les chèques du gouvernement –ce qui revient a dire aussi longtemps que la République existe– alors le gouvernement peut et dépense sans emprunter, s’il choisit de le faire.

      Et s’il choisit d’émettre des bonds du trésor pour satisfaire la demande, il peut faire cela aussi. Il n’y a jamais un manque de demande pour les bonds du trésor; les ventes de bonds du trésor n’échouent jamais.

      Dans le monde réel, le gouvernement crée la demande pour les bonds du trésor en dépensant au dessus du niveau de taxation (créant un déficit budgétaire).

      Dans quelle mesure ces bonds sont détenus localement, ou a l’étranger (une autre source d’inquiétude très commune) dépend du déficit extérieur du gouvernement des États-Unis.

      Et cela n’a rien a voir avec l’approbation ou la désapprobation de la politique de déficit extérieur des États-Unis par les banquiers étrangers, les banquiers centraux ou leurs gouvernements.

      Une nation étrangère ne peut pas acquérir des bonds du trésor américain a moins que quelqu’un en dehors des états-Unis ai acquit des dollars pour les acheter, ce qui est généralement fait en entretenant un excédent commercial avec les États-Unis.

      Et quand ces étrangers entre en possession de ces dollars, tout comme les banquiers nationaux, ils préfèrent gagner des intérêts et c’est pourquoi ils achètent des bonds du trésor.

      Insolvabilité, faillite, ou même des taux d’intérêts plus élevés ne sont pas parmi les risques du gouvernement des États-Unis. Les risques de ce système sont (a un degré mineur) l’inflation, et a un degré plus important, la dépréciation du dollar.

      Cependant, en ce moment il y a un large accord pour dire qu’un dollar plus bas serait une bonne chose — contre le RMB Chinois et aussi l’euro.

      Donc il est difficile de croire que le but de réduction du déficit en soi sert un objectif économique cohérent ou désirable.

      Nous pouvons conclure qu’il n’y a aucune justification économique a la réduction des déficits a zéro pour 2015 ou tout autre date.

      Les vrais objectifs économiques sont de régler les problèmes réels, pas ceux construit de toute pièce par certains économistes.

      Réduire rapidement le chômage, s’occuper proprement d’une population vieillissante, nettoyer le Golfe du Mexique, affronter notre insécurité énergétique et le changement de climat sont de loin bien plus important que la reduction de futurs déficits. »

    11. En anglais:
      Notez bien que cela vient du site New Deal 2.0 un projet du Franklin et Eleanor Roosevelt Institute et que James K. Galbraith fait cette déclaration a la Commission au nom des Américains pour l’Action Démocratique, organisation fondee par Eleanor Roosevelt, John Kenneth Galbraith, Walter Reuther, Arthur Schlesinger, and Reinhold Niebuhr.
      Vous pouvez toujours rejeter tous cela bien sur et fuir l’argumentation, en pretendant que c’est une « théorie monétaire qui a eu son heure de gloire « .

      Le probleme est que ce n’est pas une theorie, c’est la realite.
      Cheers 🙂


      Why the Fiscal Commission Does Not Serve the American People

      9. In Reality, the US Government Spends First & Borrows Later; Public Spending Creates a Demand for Treasuries in the Private Sector.

      As noted, the above argument is based on the common belief that the government must borrow in order to spend, and thus that the government faces “funding risks” in private markets. Such risks exist, of course, for private individuals, for companies, for state and local governments, and for national governments such as Greece that have ceded monetary sovereignty to a central bank. But the situation of the United States government is quite different.

      The U.S. government spends (and the Federal Reserve lends) in a very simple way. It does so by writing checks — in fact simply by marking up numbers in a computer. Those numbers then appear in the bank accounts of the payees, who may be government employees, private contractors, or the recipients of federal transfer programs.

      The effect of government check-writing is to create a deposit in the banking system. This is a “free reserve.” Banks of course prefer to earn interest on their reserves. Thus they demand a US Treasury bond, which pays more interest without incurring any form of credit or default risk. (This is like moving a deposit from a checking to a savings account.) The Treasury can meet that demand, or not, at its option — it can permit, or not permit, the stock of US Treasury bonds in circulation to increase.

      So long as U.S. banks are required to accept U.S. government checks — which is to say so long as the Republic exists — then the government can and does spend without borrowing, if it chooses to do so. And if it chooses to issue Treasuries to meet the demand, it can do that as well. There is never a shortfall of demand for Treasury bonds; Treasury auctions do not fail.

      In the real world, the government creates demand for bonds by spending above the level drained by taxation from the system. The extent to which those bonds are held locally, or abroad (another common source of worry) depends on the US current account deficit. This also has nothing to do with approval or disapproval by foreign bankers, central bankers, or their governments of American deficit policy. A foreign country cannot acquire a US Treasury bond unless someone outside the United States has acquired dollars to pay for them, which is generally done by running a trade surplus with the United States. And when foreigners do acquire those dollars, then like domestic banks they prefer to earn interest, which is why they buy Treasury bonds.

      Insolvency, bankruptcy, or even higher real interest rates are not among the actual risks to this system. The actual risks in this system are (to a minor degree) inflation, and to a larger degree, depreciation of the dollar. However at the moment there is wide agreement that a lower dollar would be a good thing — against the Chinese RMB and now also the euro. So it is difficult to believe that the goal of deficit reduction per se serves any coherent, or presently desirable, economic objective.

      We can conclude that there is actually no economic justification for the target of reducing the primary deficit to zero by 2015 or any other date. The right economic objectives are to meet real problems, not those conjured from thin air by economists. Bringing about a rapid end to unemployment, caring properly for an aging population, cleaning up the Gulf of Mexico, coping with our energy insecurity and with climate change are all far more important objectives than reducing a projection of future budget deficits.

  13. Et un pas de plus vers le chaos aux USA avec la fusillade sur la parlementaire démocrate Gabrielle Giffords d’Arizona.

    Elle figurait parmi les « cibles » sur le site de Sarah Palin″ . Un jeune homme d’une vingtaine d’années l’aurait-il prise au mot?

    Les journalistes US semblent rester abasourdis. Certains accusent la Palin d’incitation au meutre. D’autres accusent la rhétorique de plus en plus guerrière des politiciens de chaque bord. Mais de désespérance et de chute de l’empire il n’est pas question…

    1. Cette affaire est vraiment choquante.. les Etats-Unis sont en train de partir vraiment à la dérive. Ce qui accusent Sarah Palin d’incitation au meurtre n’ont pas vraiment tord et dire que cette femme se trouve à la tête d’un mouvement qui est en train de gagnée en puissance, pour moi cette fusillade est directement liée à la Tea Party et ils viennent de nous prouvée de quoi certain élément de la Tea Party sont capable!

    2. Il arrive souvent qu’un être normal, mécontent des politiques de son gouvernement, se vide le coeur dans une assemblée publique. Aux USA c’est souvent un chargeur qui se vide hélas.

  14. @ François Leclerc

    La phase II, c’est la chute du Portugal et de l’Espagne avec une grande crise obligataire européenne? Avec un possible éclatement de l’Euro?

    1. non, la phase 2 c’est avant la phase 3, il y aura une multitude de phases dans ce monde déphasé pour faire couler l’encre sur le blog avant le sang dans les tranchées. Quelle emphase … !

  15. « Révolution » dans la coordination budgétaire de l’UE
    BELGA

    Mis en ligne le 10/01/2011

    Les Européens se sont mis d’accord notamment pour surveiller de beaucoup plus près leur niveau d’endettement global, alors que l’attention se focalise surtout aujourd’hui sur le niveau des déficits publics annuels.

    L’Europe engage à partir de mercredi une mini-révolution qui verra les gouvernements obligés de faire viser leurs projets de budgets par la Commission européenne avant de pouvoir les adopter, dans l’espoir d’éviter à l’avenir de nouvelles crises de la dette.

    […]

  16. WikiLeaks perd plus de 480.000 euros par semaine

    C’est ce qu’affirme le fondateur du site, dans un entretien aux journaux suisses La Tribune et 24 heures.

    Interrogé sur le fait que les multiples pressions qu’il subit pourrait avoir raison de ses activités, M. Assange a expliqué : « d’un point de vue personnel, non. Je dirais même que les pressions renforcent ma détermination ». « Mais d’un point de vue financier, c’est autre chose ». « Nous perdons plus de 600.000 francs (480.438 euros) par semaine depuis le début de la diffusion des câbles diplomatiques. Pour continuer nos activités, il va falloir d’une manière ou d’une autre récupérer cet argent », a-t-il ajouté.

    [… ]

    (afp)

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