L'actualité de la crise : LA VALSE DES MILLIARDS, par François Leclerc

Billet invité.

Faut-il s’atteler à l’écriture du scénario de la crise européenne en 2011 ? C’est bien entendu illusoire, car on ne sait jamais à l’avance comment un château de cartes va s’écrouler. Par contre, mettre en place pour 2013 un échafaudage permanent, afin de remplacer le provisoire, c’est faire un calcul qui a toutes les chances de se révéler faux.

Si l’expression n’était pas usée, on dirait que 2011 va être une nouvelle année de tous les dangers.

Car d’autres calculs plus prévisibles risquent en effet d’imposer leurs effets, une fois considéré dans son ensemble le marché obligataire, sur lequel viennent se financer à la fois les Etats, les banques et les grandes entreprises. L’addition cumulée des besoins de tous est chargée et l’on va se bousculer au portillon.

Dans les prévisions d’émissions 2011 des pays les plus sensibles, aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, les milliards d’euros valsent déjà : environ 20 pour les premiers et presque 95 rien que pour les seconds, mais c‘est l’Italie qui devrait ouvrir le bal dès le premier trimestre, en émettant de la dette à concurrence dans un premier temps de près de 50 milliards d’euros. On sait aussi que les émissions européennes vont se concentrer dans les six premiers mois de l’année et que les risques de contagion d’un pays à l’autre vont rester très élevés. Selon la mégabanque JP Morgan, la zone euro devrait au total lever 760 milliards d’euros en 2011, un montant à rapprocher des besoins de ses banques.

Dans son dernier rapport semestriel, publié début décembre dernier, la BCE les chiffrait à plus de 1.000 milliards d’euros tout confondu, une enveloppe équivalent à celle des banques américaines. Voilà qui situe le problème du financement de la dette souveraine dans son contexte.

Il est temps de se rappeler ce que la BCE écrivait à cette occasion : « La principale source d’inquiétude vient de l’interférence entre les problèmes de dette souveraine et la vulnérabilité de certains segments du secteur bancaire de la zone euro ». Une phrase que son vice-président, Vitor Constancio, commentait en évoquant le risque que cela aboutisse à « une concurrence pour l’épargne sur le marché des capitaux » entre les Etats et les banques.

Un autre aspect des difficultés que pourraient rencontrer les banques a été souligné par l’agence Standard & Poor’s. On sait qu’on attend beaucoup du capital contingent – les obligations nommées CoCos – qui permettent de lever des fonds éligibles au rang de fonds propres sans avoir besoin d’augmenter le capital. Or ce marché est balbutiant et la réaction des investisseurs face à l’énorme demande qui se profile est une inconnue, en particulier en ce qui concerne les taux qui devront être proposés pour que l’offre soit suffisante. Seules les banques les plus solides et importantes pourraient être servies dans ces conditions, mettant les autres dans l’obligation d’augmenter leur capital ou de revoir leur modèle économique. Deux nouveaux ferments se précisent du processus de concentration bancaire qui se prépare.

Pour que ce panorama soit complet, les grandes entreprises doivent être également prises en compte. Car elles ont accès à ce même marché, contrairement aux plus petites qui se financent auprès des banques. Une certaine inquiétude se fait jour de leur côté, vu la tendance à la hausse générale des taux. Tous les analystes recommandent d’ailleurs aux investisseurs de déserter le marché obligataire – quand les taux montent, la valeur des obligations baisse – un avis dont l’on constate déjà les effets.

Pour les grandes entreprises, qui ne peuvent emprunter à 20 et 30 ans que sur le marché, une fenêtre est en train de se refermer. Les banques en ont tiré profit en bénéficiant de leur position d’intermédiaires, sans avoir besoin de mobiliser des fonds propres devenus précieux dans la perspective de l’accroissement obligatoire de ceux-ci. Mais ces opportunités vont pour les uns et les autres se restreindre. Quant aux moyennes entreprises, qui n’ont que les banques comme source de financement, l’avenir s’annonce tendu, car ces dernières ont déjà annoncé qu’elles vont devoir limiter leurs prêts.

Signe annonciateur des tensions qui se profilent, plusieurs projets de création de banques par les soins de grandes entreprises ont vu le jour ces derniers mois. Le dernier en date est intitulé Corporate Funding Association et regroupe une vingtaine de grands noms. L’idée étant de ne pas avoir à dépendre des banques et de pouvoir se présenter directement sur le marché, offrant aussi au passage une alternative intéressante aux moyennes entreprises.

Si le marché obligataire va globalement se tendre – on ne sait jusqu’à quel point – les bourses vont se retrouver par contre toutes ragaillardies, alimentées par les liquidités fournies par les banques centrales, quand elles ne créent pas de la monnaie par wagons entiers. Pour le plus grand bonheur des banques qui vont pouvoir renforcer leur réserves avec les bénéfices qu’elles en attendent, afin de renforcer leurs fonds propres.

Les jeux en cours sur les marchés des capitaux visent à renforcer le système financier, mais vont se faire au détriment des Etats et des entreprises, pesant dans les deux cas sur la croissance et accentuant les tendances récessionnistes. Cette spirale là n’est pas contrôlée et ne peut que s’accentuer.

Mais là n’est sans doute pas l’inconnue la plus forte. 2011 s’annonce comme l’année de la montée en puissance de la crise sociale en Europe. Car si les plans de rigueur se sont succédés, ils ne sont encore entrés en application que dans un nombre réduit de pays : la Grèce, l’Irlande et l’Espagne en premier lieu. De nouvelles mesures sont attendues dans ces pays, car il en faut toujours plus pour tenter d’équilibrer des comptes qui ne pourront jamais l’être. Elles vont par contre entrer en vigueur avec leur plein effet en Grande-Bretagne et au Portugal.

Les autres pays, dont la France, tentant de reculer le moment où il faudra faire de même, si possible après les élections. Seuls des signes avant-coureurs de cette crise pour l’instant rampante se sont encore manifestés dans cette partie de l’Europe qui apparaissait comme privilégiée, mais où l’on pressent que l’on ne perd rien pour attendre.

La liste des mesures d’austérité, pays par pays, met en évidence leur ampleur et la charge qui va peser sur les classes moyennes et ceux d’en-bas. La presse britannique a, tous titres confondus, dressé en guise de Nouvel An un tableau apocalyptique de ce qui les attend les uns et les autres. Le Telegraph estimait que la perte de revenu pour une famille de la classe moyenne allait être de 3.000 livres en moyenne en 2011, si l’on additionne hausse de la TVA, inflation et gel des allocations familiales et des salaires, hausse du prix des transports, de la nourriture et de l’énergie, ainsi que la hausse des taux d’intérêt. Dans le Times, le représentant des associations caritatives se contente de prédire pour les ONG et les plus pauvres qui en dépendent un « tsunami ».

Il faut un invraisemblable génie créatif à Richard Lambert, le président de la Confederation of British Industry, pour trouver à l’économie une « élasticité naturelle » lui permettant donc de rebondir ; même s’il ne se fait pas trop d’illusion sur la hauteur de ce rebond, pronostiquant sur la BBC des mois à venir « agités et cahoteux « .

A un autre bout de l’Europe, la même liste peut être dressée : augmentations de deux points de la TVA, du prix des transports, de l’électricité et de l’essence, baisse des salaires et des retraites des fonctionnaires, hausse des impôts et des cotisations, diminution des prestations sociales et des remboursements de santé… C’est au Portugal, dont la mémoire des années de misère est ravivée après avoir été enfouie grâce à son entrée dans l’Europe. Une misère qui revient et dont on tente autant que possible de dissimuler les premières manifestations, pour en avoir honte.

D’autres rêves sont brisés en Espagne, chez le cousin à qui on a longtemps tourné le dos. Un million et demi d’émigrés latino-américains, attirés par l’envol économique espagnol et l’embauche dans le secteur du bâtiment se retrouve sur le carreau. Sans compter tous les saisonniers venant du Maghreb et d’Europe de l’Est, qui assuraient les récoltes (5,7 millions d’émigrés officiels en tout). Un programme de retour volontaire a été mis sur pied pour les premiers par le gouvernement, mais les Latinos s’accrochent comme ils peuvent, car ils savent ce qui les attend dans leurs pays, où les bienfaits de la croissance ne sont pas pour eux.

C’est bête à dire, mais derrière les chiffres, il y a des gens.

Deux signaux viennent d’être donnés, qui ne devraient pas être davantage ignorés. Selon un quotidien grec, l’ex vice-Président de la BCE, Lucas Papademos, devenu conseiller du premier ministre, négocierait avec les banques détentrices de la dette souveraine grecque un rééchelonnement de remboursement, parallèlement aux discussions déjà en cours avec l’Union européenne et le FMI pour en faire autant avec les 110 milliards d’euros de leurs prêts.

D’importants reports de remboursement des obligations venant à échéance de 2013 à 2015 seraient recherchés, en sortie du plan de sauvetage européen. L’idée serait non seulement de soulager en l’étalant la charge de remboursement mais surtout d’écarter l’idée qu’un défaut de remboursement est inévitable et de contribuer ainsi à une baisse des taux obligataires, qui continuent de monter.

Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, vient par ailleurs de déclarer que « la réforme du fonctionnement de la zone euro doit aboutir aussi vite que possible, en particulier afin de rendre effectif le pacte de stabilité et de croissance, et le Mécanisme Européen de Stabilité doit se concrétiser avant 2013, si possible ». Il dit tout haut ce que tout le monde ou presque pense tout bas.

Le compromis politique franco-allemand qui a abouti à la mise sur pied du fonds de stabilité européen (EFSF), ainsi qu’à un assouplissement des sanctions pour les pays ne respectant pas à l’avenir le pacte de stabilité, est un vilain petit canard boiteux. Ces négociations grecques d’un côté – qui demandent à être confirmés – la déclaration du gouverneur de la BCE de l’autre, concourent pour le confirmer.

Dans le secret des antichambres, des discussions se poursuivent entre les Allemands et les Français, afin d’essayer de crédibiliser une volonté commune. Mais faute de se traduire par la définition d’une stratégie économique européenne et de prendre en compte l’insolvabilité publique et privée qui affecte l’Europe, le nouveau compromis politique qui se prépare ne résoudra toujours rien.

Les tensions accrues sur le marché obligataire et la crise sociale montante vont exacerber la situation, et les seuils de rupture, pour n’être pas prévisibles, n’en sont pas moins vraisemblables.

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141 réflexions au sujet de « L'actualité de la crise : LA VALSE DES MILLIARDS, par François Leclerc »

  1. Monsieur, Leclerc,

    Je vous remercie encore une fois de vos excellents articles, sans lesquels, si on devais se fier à la presse traditionnelle, on serait loin du compte pour comprendre la nature des dangers auxquels on doit faire face.

    Permettez-moi de vous souhaiter, malgré tout, un bonne année 2011 à vous et vous amis tels Monsieur, Jorion. Que votre Blog puisse continuer à nous informer et à faire ce merveilleux travail pédagogique sans lequel nous serions loin de comprendre les tenants de ce système moribond
    .
    Merci encore de votre travail acharné et bonne route pour 2011.

  2. C’est bien fâcheux, mais tellement prévisible, en tout cas pour moi.
    Je rappelle: Il est théoriquement et pratiquement impossible de réduire la charge de la dette avec la monnaie actuelle. Elle ne peut qu’augmenter, même en temps de récession.
    Les possibles rééchelonnements (même pratiquement certaines) ne vont cependant pas réduire les charges de beaucoup, car les crises de liquidité que cela entraîne inévitablement vont renchérir les financements nouveaux, toujours nécessaires.
    Sans une nouvelle monnaie (SMT) : pas de solution.
    Je rejoins les craintes de François Leclerc: la crise sociale va être vraiment méchante, partout!

    1. Mais qui peut croire un instant que ces ‘dettes’ exponentielles sont remboursables??
      C’est juste une ‘stratégie du choc’ pour imposer un tas de contraintes
      et réduire les peuples.

    1. Une question naïve, Johannes, de quelqu’un pour qui la Monnaie est un problème aussi familier que la théorie quantique des champs ou la géométrie symplectique: vous êtes seul à penser ce que vous répétez ici avec une admirable constance de prêcheur dans le désert biblique ou il y a des économistes, une école de pensée économique même, qui le pense et l’a théorisé sérieusement?

      Aimant dans tous les domaines les franc-tireurs, les solitaires qui n’ont pas peur de ramer contre courant, je vous lis toujours et je suis sans cesse surpris du fait que presque personne vous réponde – et pourtant il y a par ici des gens calés en économie qui font souvent des commentaires pointus. Pourquoi ce silence, à votre avis?

      (Vous m’êtes d’autant plus sympathique que vous me rappelez l’un de mes films préférés: « Ordet » de Dreyer, où le personnage principal, qui s’appelle Johannes comme vous, est un « illuminé » qui « produit » à la fin du film la plus belle scène de cinéma que je connaisse – tout le film n’est qu’une longue préparation à cette brève scène, dont je ne vous dis pas plus pour préserver la surprise si vous ne connaissez pas ce chef-d’oeuvre et voulez le voir).

    2. a Johannes Finckh : vous avez tout à fait raison, et je dirais malheureusement….même en situation de croissance, la charge de la dette ne pourra qu’augmenter, même si au même moment des restrictions budgétaires sont mises en places : la crise sociale qui s’annonce va être cruelle, et même les bonnes décisions, si elles sont prises, seront aussi cruelles, pas le choix.

    3. merci pour vos encouragements.
      Je ne suis pas tout à fait isolé, mais il est vrai que j’aimerais bien entendre les économistes se mouiller davantage. Je ne crois pas qu’ils ne comprennent pas, en tout cas, dans le tas il y a bien sûr quelques-uns qui ont compris.
      J’avoue ma perplexité que ces idées ne sont pas davantage reprises. En tout cas, je lance un défi à quiconque de me réfuter!

  3. Merci Monsieur Leclerc pour ce nouveau billet…
    Ah ce style, reconnaissable entre tous….. Que ça fait du bien là où ça fait mal.
    2011 en votre compagnie, c’est déjà çà……. 😉

  4. vous devriez deposer votre texte (ainsi que celui de Paul sur l’annee passee) a la Bibilotheque de France. Ils pourraient etre utiles aux historiens des prochaines decennies.
    merci et bonne annee

    1. Bibilotheque de France.

      ou, feue la Bibiothèque d’Alexandrie ?

      Le monde sera-t-il alors plus « libre », ou dans une opaque-transparence, et donc censuré …

      archives « brutes » et donc exploitables …ou archives savamment « bricolées », donc propagande ?

      Chi lo sa ?

  5. En dehors du fait qu’un tribunal des flagrants délits pourrait juger que vous vous obstinez à contredire nos élites et à saper notre moral, je suis d’accord avec vous sur le fait que dans ce monde plus rien n’est prévisible alors que tout est possible, surtout le pire.

    1. Mr Marlow
      vous oubliez juste qu’un TRIBUNAL (c’est pour rire la parenthèse)peut décider de linéarisabilité d’une demande ..
      remarquer que l’orthographe inhérent à la non recevabilité n’est pas souvent répertorié…
      Ainsi vas le délire d’une justice au service de la décadence et ceci sans scrupules et avec la Légion d’Honneur..

  6. D’après la blogosphère observatrice de l’austérité britannique

    «Cuts». Ces temps-ci, il n’est plus question que de ça outre-Manche: les «coupes budgétaires» imposées par la coalition au pouvoir depuis le mois de juin, sous la houlette du premier ministre, le conservateur David Cameron, décidé à apparaître comme le bon élève de l’austérité en Europe. Sitôt élus, «Tories» et libéraux-démocrates ont annoncé une gigantesque cure de rigueur extrême: 91 milliards d’euros d’ici 2015, avec l’objectif de réduire d’ici là par cinq le déficit public qui culmine à aujourd’hui plus de 10%. Il s’agit du plan d’austérité le plus dur depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Même Margaret Thatcher n’avait pas été aussi loin. L’âge légal de départ en retraite sera porté de 65 à 66 ans d’ici 2020, quatre ans plus tôt que prévu. La BBC va voir ses crédits réduits de 16% sur les six prochaines années. Même la reine va voir son argent de poche annuel amputé de 14%.

    Avec 330.000 emplois supprimés, les services publics sont particulièrement mis à l’épreuve. A part la santé et l’éducation, les dotations des ministères seront amputées de 19% en moyenne (voir infographie ci-dessus), ce qui aura des conséquences en cascade: disparition de nombreuses agences gouvernementales, annulation de chantiers de transport et hausse du prix du train, réduction des crédits aux collectivités locales, fusions d’hôpitaux, arrêt de programmes militaires, fermeture de prisons et de 157 tribunaux, ou encore la vente de la moitié des forêts domaniales du pays…

    Côté prestations sociales (un tiers du budget de l’Etat), les chômeurs de longue durée qui refusent une offre d’emploi ou de participer à des programmes de travail bénévole seront sanctionnés. L’aide juridique en cas de conflit administratif sera supprimée, les allocations logement et famille seront soumises à des conditions de revenus. L’aide aux adultes handicapés est diminuée, l’aide au logement plafonnée, ce qui pourrait exclure les plus modestes des grandes villes, dixit le maire (conservateur) de Londres, Boris Johnson, qui craint un «nettoyage social du type Kosovo». En plus de la hausse des frais d’inscription à l’université, la prime de 35 euros pour les 16-18 ans qui étudient est supprimée: deux mesures qui alimentent depuis plusieurs semaines la colère étudiante.

    «La vraie bataille commence maintenant», estime l’hebdomadaire The Economist, qui soutient les mesures de Cameron sans en nier les déflagrations sociales. «Des millions de gens vont voir leurs allocations baisser […] Il y aura des oppositions, pas seulement de la part des syndicalistes de gauche, mais aussi de la part des supporters naturels des conservateurs, comme la police dont les effectifs vont être réduits, ou les parents de la classe moyenne.» L’ONG Oxfam pointe un risque de «basculement dans la pauvreté» pour de nombreux Britanniques.

    Selon divers calculs, l’austérité pourrait entraîner la destruction de 500.000 à 700.000 emplois dans le privé au cours des prochaines années. Le plan d’austérité risque de faire baisser le revenu disponible des Britanniques. Afin de recréer de l’activité, le gouvernement table sur un hypothétique retour de la croissance et une politique de taux d’intérêt très bas de la Banque d’Angleterre (le Royaume-Uni n’est pas dans l’euro). Pari «à haut risque», juge The Economist…

    Déjà 50.000 emplois supprimés dans les collectivités locales

    Pour justifier ses mesures, le gouvernement Cameron reprend l’adage de Maggie Thatcher, le fameux «Tina», «there’s is no alternative». Et affirme que les économies sont «justes», car elles toucheront d’abord les plus aisés.

    En fait, l’Institute for Fiscal Studies a calculé que les efforts toucheront surtout la moitié la plus pauvre des foyers britanniques, affectant particulièrement les 10% les plus modestes. Selon son directeur, «les changements fiscaux et sociaux sont régressifs pour la grande majorité des revenus». D’après la Resolution Foundation, qui a publié un rapport sur l’impact de la crise sur la classe moyenne, le plan d’austérité risque d’accroître encore le ressentiment de cette tranche de la population déjà «pressée» comme un agrume. Dans un rapport publié en novembre, la New Economic Foundation met en garde contre la montée de la «pauvreté extrême, du chômage, de la détresse et de la conflictualité sociale». Femmes, jeunes et pauvres risquent d’être les plus touchés, avertissent de nombreux experts.

    Un peu partout, les premiers effets de la réduction des crédits sont déjà visibles. Dans la foulée des annonces gouvernementales, plusieurs blogs ou sites participatifs ont été créés pour en visualiser les impacts.

    ← Un journaliste social du Guardian, Patrick Butler, a ouvert son «Cuts Blog», chronique de l’austérité qui vient.

    «Le plus grand perdant, ce sont les collectivités locales», écrivait-il dès le 20 octobre, la veille des annonces gouvernementales. Chaque jour qui passe le confirme: avec 26% de réduction des dotations pendant les quatre ans à venir, les collectivités locales sont très violemment touchées. Surtout dans le nord-est pauvre du pays, où l’économie locale est sous perfusion des crédits publics. Résultat: «Beaucoup de bibliothèques, de piscines, de centres communautaires risquent de fermer, avertit le journaliste. Des services d’aide aux jeunes, des centres d’orientation professionnels, des projets type actions locales contre le racket ou amenant de la cohésion sociale vont être démantelés.» C’est la porte ouverte à une privatisation des services publics, déjà largement sous-traités au Royaume-Uni.

    Les syndicats (TUC) tiennent eux aussi leur blog de l’austérité, «Cutswatch». →

    Ils recensent déjà 50.000 emplois détruits depuis les annonces gouvernementales, 43 collectivités locales ayant déjà annoncé des suppressions de postes. Par exemple:

    «Conseil municipal de Bradford: 2000 emplois; conseil de Gateshead: 600 emplois; district d’Ealing (Londres): 300 emplois; conseil du comté de Cumbria: 600 emplois; conseil du comté de Northumberland; conseil de l’île de Wight: 300 emplois; conseil municipal de Newcastle: 2000 emplois; conseil de North Tyneside: 300 emplois; conseil du comté de Lincolnshire : 1000 emplois; district de Harringay (Londres) : 1000 emplois; district de Brent (Londres) 350 emplois; Bath and North East Somerset 300 emplois; conseil d’Hartlepool 150 emplois.»

    Autre exemple, donné par le journaliste du Guardian, Patrick Butler: le conseil de Blackburn-with-Darwen (un des plus pauvres du pays, près de Manchester) va voir ses crédits rabotés de 36%, car les crédits spéciaux pour les collectivités défavorisées sont également réduits. Non loin, Stoke City va supprimer 700 emplois et cessera de financer les éclairages de Noël dès l’an prochain.

    Programme de rénovation des écoles gelé, services sociaux menacés…

    ← WhereAreTheCuts, créé par la Open Knowledge Foundation, propose aux internautes de faire remonter les coupes budgétaires près de chez eux. Le tout est affiché sur une carte interactive, ville par ville. «Il n’y a pas de liste officielle des coupes budgétaires, alors aidez-nous», demandent les créateurs du site.

    Avec plus de 1200 entrées, la liste des «cuts» recensés (et le plus souvent vérifiés) est déjà pléthorique.

    A Gloucester, des lignes de bus en milieu rural vont être supprimées. A Borehamwood (grande banlieue de Londres), un centre de jour pour personnes âgées est menacé tandis qu’à Chingford Waltham Forest, le conseil municipal ferme les toilettes publiques, faute d’argent, selon la presse locale. Réduction des crédits militaires oblige, les quinze implantations du Defence Support Group, une agence gouvernementale d’équipement des armées qui emploie 3000 personnes, vont être vendues.

    L’agence régionale de développement du comté de West Midlands (au centre du pays) va devoir trouver 43 millions d’euros d’économies, ce qui remet en cause 121 projets urbains, mais aussi des financements pour le tourisme, l’agriculture ou les énergies renouvelables.

    Vaste programme de rénovation de 3500 établissements scolaires lancé par les travaillistes en 2004, le programme «Building Schools for the future» est annulé, et remplacé par un programme moins «bureaucratique», «plus rapide», «plus écologique», selon le gouvernement.

    Le Guardian (encore lui) dresse également la liste des réductions de crédits pour les théâtres, associations et institutions culturelles soutenues par le Arts Council.

    L’Opéra Royal perd 167.000 euros, le National Theatre 116.000 euros, la Royal Shakespeare Company 94.000 euros…

    ← Le même journal a lancé Leeds Cutswatch, projet collaboratif destiné à rendre compte «à la rue près» de l’impact des mesures à Leeds, ville industrielle du nord du pays en crise depuis les années 80.

    Ainsi, le musée des Armoiries basé à Leeds (193 salariés) va réduire ses effectifs de 15% du fait de la baisse de ses subventions; le Children’s Workforce Development Council (178 employés), un service social, pourrait être supprimé en 2012; la crèche de Scott hall pourrait fermer…

    Le plan d’austérité est si massif que de nombreuses voix se demandent s’il sera réalisable. Selon l’Institute for economic and social research, le gouvernement Cameron ne pourra mettre en œuvre que la moitié des coupes prévues d’ici 5 ans. Car d’après l’OCDE, l’Etat providence a déjà été si réduit ces dernières décennies que les coupes budgétaires risquent «d’aggraver la montée des inégalités»: «Comme les budgets ont déjà été diminués à certains endroits, l’Etat providence risque de se fragmenter plus rapidement encore.»

    1. @ Jochige chèche et arci chèche

      Pas grave et tout le monde s’en fout en France. Tant qu’ils auront pas baissé les salaires nets des stars de la Premier League, et qu’on pourra toujours pas se les payer ici, ça change ren pour le pékin français moyen. On verra au mercato d’été où ça en est chez les rosbeefs. Nous tiendrez au courant. 😉

    2. Merci de ce panorama britannique, nous avons déjà l’équivalent espagnol grâce à Pablo75 (pour les hispanistes seulement). D’autres vocations seraient bienvenues, au Portugal, en Belgique, en Grèce, etc…

      Il est absurde, même si Internet le permet, de suivre l’actualité dans un pays où on ne vit pas, à moins de très bien le connaître !

      PS : pardon à Dissy, dont j’ai oublié de signaler les informations sur la Belgique.

    3. Pour la Belgique toujours pas de gouvernement fédéral(les gouvernements régionaux fonctionnent par contre) depuis les élections du 13 juin…on s’attend à de nouvelles élections en février ou mars….mais le FMI rode aux frontières de la future ex Belgique.
      Par conséquent aucune mesure de rigueur n’a encore été prise.On parle d’un plan d’économies de 22 milliards sur 5 ans…mais pour le voter il faut tout simplement…un nouveau gouvernement…la quadrature du cercle.
      Par contre la croissance a plutôt été bonne cette année (+ 2%) ce qui est une conséquence de la non prise de mesures de rigueur.Ce qui prouve bien que ces mesures de rigueur ne font que tuer la croissance.Le déficit est relativement sous contôle(-4.8%) mais notre dette est proche des 100 % à nouveau(on a déja connu un ‘bon 130 %’ il y a quelques années).Cette dette étant semble t’il majoritairement détenue par des nationaux ce qui n’est pas le cas du tout et en Irlande et en Grèce (Portugal, Espagne etc).Les situations Belges et Italiennes sont assez semblables.

    4. Merci pour tous ces »détails » qui permettent de prendre concrètement la mesure de ce que la « crise » signifie pour les populations concernées .

    5. Ce qui me sidère c’est cette obligation de travaux forcés pour les chômeurs… comme s’ils étaient payés par l’état et pas par les travailleurs, justement, à qui ils font concurrence.

      Un effet certainement inattendu de cette extraordinaire austérité sera la décohésion ou la stratification des royaumes-unis mais aussi des classes sociales ou d’autres clivages, devenant « des » sociétés juxtaposées mais n’interférant plus sauf à leurs frontières (géographiques). Ce devrait être passionnant pour un sociologue anglais qui connaisse parfaitement les différentes populations locales.

      La GB a été le pays le + puissant du monde au 19ème s., elle a beaucoup perdu avec la 1GM puis la seconde, sans pourtant avoir été jamais occupée. La perte de l’Inde et l’autonomisation des colonies ont été d’autres coups importants, jusqu’à l’arrivée de M. Tatcher, qui l’a lancée sur une pente dangereuse. On arrive doucement au bas de la pente, on aperçoit déjà bien le mur…
      La fuite de la finance sous des cieux moins austères et sentant moins la mort, la dette qui augmente + vite que la croissance malgré un déficit budgétaire limité ou même positif (mais dont les intérêts se sont emballés) menant à la faillite et quasi disparition de l’État, l’inflation de + en + forte et des importations à l’arrêt, la montée de la violence au quotidien et les groupes d’auto-défenses terrorisant les populations allochtones (ou pas, d’ailleurs)…
      Tout ça à côté de chez nous.

      Je suis curieux de voir ce qui va s’y passer, je considère la GB comme une sorte d’expérience préfigurant le devenir de l’Europe et des USA. Car il va s’y passer des choses, violentes et spectaculaire sans aucun doute, mais aussi discrètes, marquant les changements profonds de mentalités et de mode de vie.
      Merci à Jogiches de nous tenir au courant.

    6. Il restera aux anglais la possibilité de remplir les stades pour s’enthousiasmer des explots de Manchester United, Arsenal et autre Chelsea…
      C’est avec cela qu’on amuse le people…

    7. Les Ecossais auront de plus en plus de raisons de faire sécession.

      Petit rappel : Al’Faïded (le milliardaire père de celui mort avec Diana) a proposé de donner sa fortune aux Ecossais en échange de devenir leur souverain mi 2009.

    8. l’Etat providence

      à chaque fois que l’expression  » état providence » est utilisée, le capitalisme sans frein gagne !
      le terme n’est pas anodin !

      payer des impôts, avec juste répartition à la clef, n’est en aucun cas attendre la manne divine !!
      c’est une redistribution de ce qui a été versé par les salariés …

      les anglais retournent à l’époque victorienne – encore plus misérable que la France, pendant la montée de l’industrialisation …l’aristocratie , et le clergé ,anglais étant souvent « actionnaires », en quelque sorte,de fait « propriétaires cachés » des taudis de Londres – zones de non-droit – et vivant grassement de ces fort mauvaises actions, sans aucun remord ni aucune conscience ( sauf exception ) : aucune grâce divine ni providence à aucun moment : ni dans le pire ni dans le meilleur ! …
      la seule chose – profondément immorale -qui tient encore – jusqu’à ce que ? – c’est la place financière de Londres [ ils sont prêts à suicider leur propre pays pour cela ]: colonie résiduelle …mais les BRIC sont sur les starting block : s’il faut absolument parler « providence », remettons-la à sa place : la justice immanente n’est pas loin ! ( 10 à 20 ans, qu’est-ce donc ! ) …étant donné la décomposition avancée des élites « occidentales », je ne serais pas loin d’applaudir ! – cela ne changera rien pour les gueux ! Démocratie, quelle rigolade, dans l’état actuel des choses !!

  7. USA : ne pas relever le plafond de la dette serait « catastrophique »

    Un conseiller de Barack Obama a averti dimanche que ne pas relever le plafond de la dette des Etats-Unis serait une « folie » aux conséquences « catastrophiques », telles que le défaut de paiement des obligations américaines, une première dans l’histoire de ce pays. « Ce n’est pas un jeu. Il ne faut pas s’amuser avec le plafond de la dette », a dit sur la chaîne ABC Austan Goolsbee, qui dirige la commission des conseillers économiques de la Maison Blanche. Il ne reste plus que 400 milliards de dollars aux Etats-Unis avant d’atteindre le plafond actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. Mais l’opposition républicaine au Congrès s’oppose à augmenter cette limite, la jugeant déjà suffisamment élevée. Pour M. Goolsbee, refuser d’augmenter le plafond résulterait « essentiellement à être en défaut de paiement de nos obligations, ce qui est totalement sans précédent dans l’histoire américaine ». « L’impact sur l’économie serait catastrophique. Ce serait une crise économique et financière bien pire que tout ce nous avons vu en 2008 », a-t-il ajouté.

    lesoir.be agences

    1. Pour qu’un conseiller de la maison blanche puisse se permettre de parler _publiquement_ de possibilité de défaut de payement, c’est que la situation est encore + grave qu’on ne croit…
      Dans le jeu Tétris, au début tout est facile, on s’amuse. Mais les briques tombent de + en + vite et ça devient de + en + difficile de les orienter. Arrive un moment où celles accumulées en vrac bloquent toutes possibilité de manoeuvre, et crac, fini.
      Là j’ai l’impression que le conseiller commence à se sentir mal à l’aise. On sait comment ça finira, on ne sait pas encore quand (ni quel sera le score).

  8. Du fait de la réduction de son déficit budgétaire et des rachats de dette effectués cette année, l’Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l’Etat, a annoncé mardi qu’elle émettra moins l’an prochain.
    Après 188 milliards d’euros de dettes à moyen et long termes en 2010 (nettes des rachats de dette), l’AFT placera 184 milliards d’euros en 2011, soit 2 milliards de moins qu’initialement annoncé le 29 septembre dernier.
    Ce programme est inférieur à celui de l’Allemagne, qui a annoncé la semaine dernière un montant d’émissions d’environ 195 milliards d’euros.

    (Source : La Tribune)

    En 2011, combien de milliards d’euros vont devoir emprunter les 10 Etats européens les plus importants ?

    – En 2011, l’Italie va devoir emprunter 205 milliards d’euros.
    – L’Allemagne va devoir emprunter 195 milliards d’euros.
    – La France va devoir emprunter 184 milliards d’euros.
    – L’Espagne va devoir emprunter 97 milliards d’euros.
    – Les Pays-Bas vont devoir emprunter 52 milliards d’euros.
    – La Belgique va devoir emprunter 36 milliards d’euros.
    – L’Irlande va devoir emprunter 24 milliards d’euros.
    – Le Portugal va devoir emprunter 20 milliards d’euros.
    – L’Autriche va devoir emprunter 17 milliards d’euros.
    – La Finlande va devoir emprunter 15 milliards d’euros.

    Total : en 2011, ces dix Etats devront emprunter 845 milliards d’euros.

    Les Echos

    1. En 2011, l’Italie va devoir emprunter 205 milliards d’euros.
      – L’Allemagne va devoir emprunter 195 milliards d’euros.
      – La France va devoir emprunter 184 milliards d’euros.
      – L’Espagne va devoir emprunter 97 milliards d’euros.
      – Les Pays-Bas vont devoir emprunter 52 milliards d’euros.
      – La Belgique va devoir emprunter 36 milliards d’euros.
      – L’Irlande va devoir emprunter 24 milliards d’euros.
      – Le Portugal va devoir emprunter 20 milliards d’euros.
      – L’Autriche va devoir emprunter 17 milliards d’euros.
      – La Finlande va devoir emprunter 15 milliards d’euros.

      C’est bien là que l’on voit l’absurdité des agences de notation américaines qui s’acharnent davantage sur les 20 milliards d’euros d’emprunt du Portugal et les 24 milliards de l’Irlande, même si ces pays ne sont pas très peuplés.

      Et l’on sait bien qu’avec les intérêts qui s’entassent, ces dettes ne peuvent que se creuser et ne seront jamais remboursées. De l’accumulation sans fin pour les spéculateurs-usuriers, une misère croissante pour les peuples sous les plans d’austérité, sans jamais voir la fin du problème qui serait le remboursement final de la dette, prétexte hypocrite auquel les gouvernements font semblant de croire.

      Tous les gouvernements ont apparemment choisi le camp des spéculateurs-usuriers . Sinon ils se diraient que, comme il est impossible que la dette creusée chaque année par les intérêts soit remboursée un jour, autant l’annuler tout de suite et stopper immédiatement la misère du peuple. Les seuls lésés seraient, pour changer, les spéculateurs-usuriers dont la plupart ont des fortunes telles que leur niveau de vie ne baisserait pas pour autant .

  9. Les tensions accrues sur le marché obligataire et la crise sociale montante vont exacerber la situation, et les seuils de rupture, pour n’être pas prévisibles, n’en sont pas moins vraisemblables.

    Les tensions accrues sur le marché obligataire et la crise sociale vont exacerber les situations politiques conflictuelles, intérieur et extérieur ….

    Cela est une erreur de ne pas lire les crises iranienne, istraèlienne, coréenne et ivoirienne en relation avec la crise générale. C’est parce que l’infrastructure financiére et économique implose, que la superstructure politique, juridique et culturelle bouge. Une guerre régionale, si elle éclate, ne peut que hâter l’écroulement du chateau de carte. Non ?

    A part cela, toute mes félicitations pour vos billets « matérialiste historique » Monsieur François Leclerq.

  10. « …..derrière les chiffres,il y a des gens ».
    C’est le problème, on sousestime le facteur humain. Suivant le principe: Les chiffres d’abord, le reste suivra.
    Zapatéro a annoncé des mesures restrictives visant les retraités: sauf exception, la retraite à 67 ans sera la norme, et cela avec un taux de chômage de 20 pourcent, des allocations de chômage maigres et à duréee limitée. D’autres gâteries suivront. Le gouv. espagnol estime que la crise durera encore 5 ans (hypothèse optimiste).
    Quand on parle avec des gens en Espagne et au Portugal, on se rend compte à quel dégré l’euro et la crise financière dévastent ces pays, des pays qui n’ont pas de structures industrielles notables. Celles qui jusqu’à présent maintiennent des emplois sont en général des industries « mobiles », produisent à bas coûts, donc toujours prêtes à délocaliser…….

    1. .derrière les chiffres,il y a des gens ».

      les chiffres, le quantifiable, les quotas, les procédures figées, une(non) culture du résultat à tout prix, une volonté de « perfection » glacée, une société du contrôle, la négation de l’autre, la négation de ce qui est humain en nous =) lire (et voir) ‘La question humaine » …
      Il est grand temps de mettre du sable dans les rouages !

      l’être humain est, heureusement, imprévisible …

      l’imprévu advient toujours …tout n’est pas égal à tout …il y a des choix à faire …et aucune certitude
      sur l’avenir : ce qui provoque de l’angoisse, mais qui est le fruit de notre Liberté !

  11. Derrière les chiffres, des gens :
    300.000 portugais sur les routes de l’immigration dont 30.000 (re)partis en Angola dans leur anciennes colonie; des familles irlandaises disloquées : les grands-mères gardent les petits enfants pendant que les parents sont partis à Vancouver ou en Australie à la recherche d’un travail; des marchands de primeurs à Thessalonique priés de baisser le prix de leurs fruits et légumes pour garder leurs clients et leur commerce, l’exclusion de facto de milliers d’étudiants anglais par le triplement des droits d’inscription dans l’enseignement supérieur…….
    Et pendant ce temps-là, les déficits budgétaires des états se creusent, et dans la foulée, les autorités exigent plus d’austérité des peuples. Derrière les chiffres des déficits budgétaires, on veut nous faire croire que ce sont les gens qui ont vécu sur un trop grand pied qui les ont créés . Or, derrière les déficits des états, se cachent la défiscalisation des riches et des bénéfices des entreprises ainsi que l’aide aux banques sans contre partie . Pour maintenir les avantages aux plus riches, il faudra prendre à tout prix dans les poches des classes moyennes, les poches des ouvriers ayant été déjà faites depuis lontemps. Et pour cela, il faudra des régimes plus autoritaires. La Grande bourgeoisie financière des CAC40 et autres Footsie continuera à aider les pouvoirs en place(qu’ils soient de droite ou de gauche) qui sont prets à garder ce cap : austérité pour le peuple et remplissage des poches pour les autres. .

    1. L’économie espagnole était détenue au deux tiers par le capital étranger avant juillet 1936. C’est une des raisons de leur soutient aux insurgés fascistes qui devinrent Franquistes lors du décès des deux aitres membres du triumvirat. La France et l’Angleterre firent tout leur possible pour que les peuples ne puissent intervenir aux côtés des révolutionnaires. Car cette guerre fut aussi une révolution en marche, une révolution sociale. Je vous recommande si ouïs me permettre, la lecture de l’ouvrage de Mr Hessel, même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui.

    2. @ Parpahol

      « La France et l’Angleterre firent tout leur possible pour que les peuples ne puissent intervenir aux côtés des révolutionnaires. »

      C’est faux. La France et l’Angleterre n’ont pas aidé les Républicains espagnols (après de longues discussions avec les intéressés, surtout en France où il y avait au pouvoir le Front Populaire), ce qui n’est pas la même chose.

      Il y a un excellent livre sur ce thème (que j’ai lu il y a trop longtemps) de l’ambassadeur américain en Espagne à l’époque, un vrai démocrate qui ne comprenait pas pourquoi personne en Europe voyait dans le coup d’état fasciste de Franco le prélude à une nouvelle guerre mondiale et la nécessité stratégique donc d’aider les démocrates espagnols pour éviter que l’Espagne ne s’allie pas plus tard à l’Allemagne et l’Italie (la 2e guerre mondiale a commencé 5 mois pile après la fin de la guerre civile espagnole).

    3. les grands-mères gardent les petits enfants pendant que les parents sont partis à Vancouver ou en Australie à la recherche d’un travail;

      Heureusement, il y a parfois des grand-mères …
      C’est ce que d’aucun trouve trés « fun » : confondant le nomadisme « higt tech », avec la survie …

    4. pour éviter que l’Espagne ne s’allie pas plus tard à l’Allemagne

      Il est honteux que la France n’ait pas soutenu les Républicains espagnols, certes, mais, la suite était de toute façon prévisible : les fascistes s’alliant aux fascistes .
      Leçon : la lâcheté n’est pas bonne conseillère .
       » Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers Ju 52 de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de bombardement expérimental (composée de Heinkel He 111 et de Dornier Do 17), escortées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) et des avions de chasse allemands (Messerschmitt Bf 109), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L’attaque commence à 16h30, aux bombes explosives puis à la mitrailleuse et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 50 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 19h40″Wikipedia

    5. bsna
      Certes, mais il ne faut pas omettre que le PS grec a utilisé la manne de Bruxelles (et d’autres crédits) pour gagner des électeurs: en distribuant des avantages sociaux et des emplois dans le secteur public. La crise actuelle pourrait donc contribuer à transifugerer le paysage politique du pays. Bref, la bulle de l’euro a enrichi un grand nombre de gens partout en Europe du sud, beaucou d’entre eux sont d’origine modeste mais suffisament malins pour profiter des opportunités.

  12. M… !
    On fait quoi?
    Attendre ?!!

    Un blog visité par des lecteurs de 147 pays !!
    Et on n’arriverait à rien ???

    Je sais: ‘le peuple’ ne souffre pas encore assez’.
    Regarder souffrir n’est pas tenable. Je trouve.

    1. Rien de Rien. Tous au plus à une meilleure compréhension du système.

      Mais ne vous inquiétez pas. Les choses vont s’arranger. C’est juste une question de temps. Tic Tac Tic Tac…..

    2. Oui, patience. La blogosphère fait ce qu’il faut : faire du monde autant que possible une maison de verre. Le monde politique et le monde des affaires n’y échapperont pas. Le jour où çà pètera, les gens seront moins facile à tenir qu’il y a 10 ou 15 ans car ils sauront des choses qui leur auront fait perdre confiance en leurs dirigeants et leurs relais dans la presse. Leur mentir sera alors très difficile. D’où la violence à redouter car elle sera à la mesure de la frustration emmagasinée depuis longtemps.

    3. @ Lau

      Christophe et Kohaagen ont fort bien répondu.

      Il faut continuer à informer sur la racine la plus profonde de la crise:
      la contradiction entre socialisation croissante de la production et accumulation privée.

      Il faut continuer à informer sur l’incapacité des gouvernements,
      qu’ils le veuillent ou non, à réformer le capitalisme.

      Il faut s’unir, se préparer et lutter sous toutes les formes,
      dans le respect de chacun, en fonction de sa situation, de ses informations, de sa compréhension,
      jusqu’à imposer la démocratie, ce qui commence par mettre à bas la dictature du capital,
      par la légitimité du nombre et la raison de la force.

    4. Il est important aussi de bien suivre les manoeuvres de l’ennemi.

      Car les dérives ultra-sécuritaires n’ont pas lieu QUE dans notre pays. (nous sommes même à un stade « soft » pour l’instant)

    5. Merci mais quelque chose m’échappe :

      les anglais, TOUS, à ce stade, doivent avoir compris les tenants et les aboutissants..

      Y a t’il là une grande révolte? Pas que je sache.
      Comment liguer les forces et les ressources de tous ceux qui sont pénalisés dès maintenant eu Europe (Grèce, Irlande……) ??

      Sachant que notre tour viendra….

    6. @ Lau

      Au Royaume Uni comme ailleurs, la crise ne fait que commencer,
      la majorité des victimes n’en a pas pris la mesure.
      Beaucoup croient encore qu’une alternative réformiste nous en sortira.
      Il faudra dans beaucoup de pays en passer encore par une « gauche plus rien ».
      En France, la « gauche solidaire » annoncée par PC-PG-PS.

      Et même si cette conscience progresse, avec ou sans un nouvelle démonstration
      de l’impuissance réformiste des politiciens de gauche plus rien,
      pour que la crise aboutisse à un soulèvement, il faut une alternative.

      Or il faudra encore beaucoup d’années pour que le projet socialiste,
      cad la mise de l’économie au service des besoins apparaisse comme la seule solution.
      Les échecs des prototypes socialistes du XXème siècle restent un souvenir très amer.

    7. Je suis actuellement au Royaume Uni. A Manchester précisément, vile à tendance ouvrière…

      Et on peut apercevoir un « léger » ras-le-bol, mais encore rien de méchant. On voit apparaître des pics de colère dû aux triplements des frais d’inscription dans le supérieur, dû aux suppressions de milliers d’emplois de fonctionnaires, allongement des retraites, gel de salaire dans certains secteurs, baisse des allocations pour le logement, et depuis peu l’augmentation du taux de TVA ^^

      Sur le court terme, ça change pas grand chose sur la vie des gens… mais on en reparle dans une dizaine de mois…. enfin bon d’ici là, je serai revenu en France 🙂 on doit bien avoir 6 mois de décalage au point de vue de la coupe des acquis sociaux !

    8. Je trouve ça vraiment super de pouvoir lire les infos d’une personne qui vit ailleurs.
      Ca me semble tellement important d’entrer en contact les uns avec les autres et de se raconter les choses…

      Pourvu que ce soit de plus en plus fréquent, on a tout à y gagner.
      Merci Christophe 🙂

    9. Bonsoir Charles A.

      Il faut continuer à informer sur la racine la plus profonde de la crise:

      Sauf que la situation s’aggrave bien plus vite que l’information et sa compréhension…

      Quand tout le monde aura pigé la crise de 2007, nous en serons à la crise 2027 sans que rien n’ai été fait…

      Oui, d’accord, la pédagogie, mais ce ne sera pas par elle seule que se fera la révolution nécessaire… Il faut en même temps développer des actions de résistance, de désobéissance civile… C’est la guerres, Charles, la guerre… !

      même si vous excellez au plan intellectuel, il faudrait que ça serve à quelque chose avant qu’il ne soit trop tard…

      Bien à vous – Philippe

    10. Rebonsoir Philippe.

      Je suis tout à fait d’accord.
      Lorsque je recommande de continuer à expliquer les racines de la crise,
      c’est pour qu’un nombre croissant de gens non pas sachent, mais agissent.

      Et pas n’importe comment. Pas en suivant les politiciens de toujours,
      en mal de place dans le système qui parlent de transformation ou de « peser à gauche »
      et autres illusions sur la crise,
      Mais en rassemblant autour de la seule alternative:
      un affrontement victorieux avec le capital et son Etat.

      Cela implique de comprendre, mais aussi de s’organiser,
      dans un parti révo, dans les syndicats et associations,
      et mener toutes les luttes partielles qui permettent d’apprendre,
      de prendre confiance dans la légitimité du nombre et la raison de la force.

    11. @ Philippe Méoni et Charles A,

      Vous avez tout à fait raison.
      Mais ce que vous dites, Charles, me semble encore, trop abstrait, flou…

      Nous pourrions ici, si Monsieur Jorion le permet, envisager les choses de manières plus concrètes, (où, quand, comment…) pour entamer de véritables actions.
      Il me semble qu’il n’est plus trop tôt……

    1. Quand le gouvernement français a fermé les plus grands sites industriels et fait partir toute la sidérurgie lorraine et l’industrie normande de l’électro-ménager vers l’Allemagne, obéissant aux directives de l’Europe, on sait bien pour qui roulait cette Europe. Il nous restait l’agriculture, évidemment bien moins rentable, et un PIB minable.

  13. En 2010, l’Union Européenne et le FMI ont décidé de « sauver la Grèce » : ils ont décidé de prêter à la Grèce 110 milliards d’euros sur 3 ans.

    Aussitôt, Christine Lagarde nous a fait son numéro habituel devant les caméras de télévision : « La Grèce commencera à rembourser ces 110 milliards d’euros à partir de 2013, et en 2015 la Grèce aura tout remboursé. Les contribuables français ne perdront pas un centime. Et patati, et patata. »

    Dans le monde réel, nous venons d’apprendre que la Grèce ne pouvait pas rembourser ce prêt de 3 ans.

    La Grèce aura fini de rembourser ce prêt de 3 ans … en 2023 … ou peut-être en 2043.

    « Le journal rapporte que la restructuration envisagée impliquerait un allongement du délai de remboursement compris entre 10 et 30 ans, notamment pour les papiers dont l’échéance était fixée entre 2013 et 2015. »

    Le Figaro

    En clair : la Grèce ne peut pas rembourser ses emprunts.

    La Grèce sera le premier Etat européen à se déclarer en défaut de paiement en 2011.

    Après la Grèce, d’autres Etats européens se déclareront en défaut de paiement en 2011.

    1. Le Dollar et l’Euro sont sur un bateau. L’Euro tombe à l’eau. Que reste-t-il ?

      Ce qu’on nous dis pas, c’est que c’est les méchantes banques d’investissement qui ont commencé à pousser la petite Athènes à l’eau… et le petit Porto peu de temps après.

      Nous sommes à une époque où les rapports de force sont plus que déterminants.

      Tous le monde est en défaut de paiements. La Grèce compte pour une goutte d’eau dans la sphère économique mondiale. Que les États-Unis commencent à balayer devant leur porte, ensuite on en reparle. Le rapport de force est peu être en notre faveur. A nos politiciens de ruser avec les deux géants contemporains et essayons de tirer les marrons du feu… (avant que ce ne soit trop tard).

    2. @ christophe :

      Tirer les marrons du feu… Nous sommes en train de chercher un solution globale, pas à savoir lequel d’entre nous sera le plus rusé, car, à ce jeu, je ne suis pas certain que vous gagneriez…
      C’est justement ça le problème : Les petits arrangements entre amis, mais pour combien de temps encore ? L’issue fatale est inéluctable
      Je pense que vous n’avez pas trop bien saisi l’esprit de ce blog, christophe…

  14. @François Leclerc

    Or ce marché est balbutiant et la réaction des investisseurs face à l’énorme demande qui se profile est une inconnue, en particulier en ce qui concerne les taux qui devront être proposés pour que l’offre soit suffisante.

    Euh, ne faudrait-il pas intervertir les deux termes de demande et d’offre ? Il me semble que si les banques demandent certes des investissements des marchés, c’est quand même bien des Cocos qu’elles offrent à ces marchés très sollicités… A moins qu’elles soient à la fois vendeuses et acheteuses de Cocos, mais bon, c’est pas vraiment le but du jeu, à ce qu’il parait.

    1. En l’occurrence, ce sont bien les banques qui vont être demanderesses…quitte à offrir en contrepartie une reconnaissance de dette (une obligation …de rembourser), qui pourra être convertie en actions d’une société mal en point, puisque devant faire jouer cette clause. Ce ne seront pas les banques qui feront le prix, mais l’acheteur du bout de papier.

    2. On est d’accord, c’est les banques qui vont chercher à offrir un rendement suffisant sur leurs cocos afin d’attirer des michetons-investisseurs demandeurs de sécurité comme de rentabilité sur leurs papiers. Il s’agit bien d’une offre supplémentaire sur un marché financier dèja encombré par offres des États et des grandes entreprises.
      Bref, pour les tapineuses bancaires, le trottoir est pas mal surpeuplé et faut améliorer les prestations…
      Ok, je mégotte, je joue peut-être sur les mots, mais merde quoi, qui c’est qui demande du rendement, et le plus juteux possible, si ce n’est l’investisseur, le micheton ?

  15. @François Leclerc et Paul Jorion

    Pourquoi n’entrez vous pas en contact avec certains partis politiques en leur suggérant de faire campagne dès maintenant sur l’insolvabilité des banques ? (L’insolvabilité des acteurs financiers sera d’ailleurs le thème de l’intervention de M. Jorion sur BFM.)
    Je trouve que le travail pédagogique et rédactionnel auquel vous prenez part est extraordinaire et permet d’éclairer nombre de personnes. Mais désormais le temps presse. Comme vous le dites, « derrière les chiffres, il y a des gens ». Et la population commence à souffrir (sans même parler de la montée de l’extrême droite). Je pense que mener campagne présidentielle sur le thème de l’insolvabilité des banques serait très porteur et permettrait de vaincre le sarkozysme sur son terrain : la peur.

    1. Je ne pense pas qu’inscrire une ligne supplémentaire à un programme politique soit véritablement contraignant pour celui qui l’inscrit (on l’a vu à de nombreuses reprises avec M. Sarkozy, notamment en ce qui concerne le Grenelle de l’environnement : la charte de M. Hulot avait bien été signée, mais la taxe carbone a pourtant été abandonnée). Ce qui manque à l’heure actuelle à la gauche, ce ne sont pas des idées (n’en déplaise à Laurent Joffrin), c’est un discours. C’est la raison pour laquelle il faut trouver des arguments de poids capables de marquer les esprits et de faire gagner la gauche. Et le thème de l’insolvabilité en est un. On n’obtiendra pas le vote des classes populaires autrement : la crise étant excessivement complexe pour les gens d’origine modeste, ils ne réagiront pas favorablement si on leur propose un programme comportant « l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ». En revanche, si on leur explique que le système est sur le point de s’écrouler parce que les banques sont insolvables et qu’ils risquent de ne pas revoir leur argent dans le cas d’une crise bancaire comme celle de 2008 (sans parler du chômage qui en découlerait), je pense qu’ils voteront autrement.
      Les gens ne votent pas Sarkozy parce qu’ils sont plus en sécurité, ils sont séduits par le discours sécuritaire. Il faut donc les séduire par un autre discours, tout aussi offensif et efficace.

    2. Les partis qui ne font pas une lutte des places dans le système ont déjà intégré cette dimension,
      effectivement essentielle. Et ne se contentent pas d’annoncer la barbarie à venir.
      Ils proposent une alternative.
      Leurs exigences sont l’expropriation des banques (avec garantie pour petit déposants)
      la création d’un pôle bancaire et financier public,
      ou même la création d’un service bancaire public européen.

      Mais le capital n’a jamais nulle part laissé la place à la démocratie sans être vaincu par la force.

    3. « Mais le capital n’a jamais nulle part laissé la place à la démocratie sans être vaincu par la force. »

      Affirmatif, Charles.
      Mais d’ici que ça créé un boulevard pour l’extrême-droite…

    4. Tout à fait d’accord.
      Comme lors de la crise des années 30, le plus probable est une course
      entre une alternative de révolution de civilisation (ce certains appellent écosocialiste),
      fruit de luttes intenses pour imposer la démocratie à la dictature du capital,
      et la consolidation de cette dictaure par un régime fasciste,
      fruit des campagnes nationalistes et racistes alimentées de l’UMP au FN.
      On voit bien que le capital s’y prépare activement.
      Au camp de la démocratie de s’organiser, de s’unir, pour l’affronter.

    5. JTGio,
      Partis politiques, lesquels ? La bataille se fait entre PS et UMP. blanc bonnet et bonnet blanc… Aucun autre parti ne possède les outils pour lutter contre ces deux géants (et j’affirme d’ailleurs au passage que toutes les conditions sont réunies pour que sarko s’offre un deuxième mandat… Je dis bien deuxième et non second… car seule la mort le séparera du pouvoir)
      Il ne faut plus laisser de chèques en blanc dans le système politique par représentation ; Il y aura toujours un aigrefin pour détourner le concept à son propre avantage et pour son intérêt particulier. L’histoire nous l’a déjà conté tant de fois…
      Depuis l’après guerre, combien de gouvernements se sont-ils succédés pour finalement les voir aggraver un peu plus la situation à la fin de chaque mandat…
      Non, cette fois, il faut aussi réinventer « la politique » au sens étymologique et s’assurer que celui ou celle qui accède à la charge de « l’organisation de la cité » soit encadré, contrôlé et contrôlable, voire, éjectable, au cas où…
      Mais il ne faut plus laisser le pouvoir à une caste de gens dont la seule doctrine est la cupidité…

    6. @ JT Gio

      Poussez votre argument. Ecrivez un billet. Communiquer sur l’insolvabilité généralisée des banques est en effet sans doute capable de créer un changement d’ambiance dans l’opinion. Et ce n’est pas contradictoire avec ce que propose Paul Jorion.

    7. @Philippe MEONI, Marc Peltier, François Leclerc et Paul Jorion

      Philippe Méoni explique « qu’aucun parti ne possède les outils pour lutter contre ces deux géants » que sont le PS et l’UMP. Il donne ensuite plusieurs pistes pour sortir de l’ornière. Je le cite :

      « Il ne faut plus laisser de chèques en blanc dans le système politique par représentation ».

      « Il faut aussi réinventer « la politique » au sens étymologique et s’assurer que celui ou celle qui accède à la charge de « l’organisation de la cité » soit encadré, contrôlé et contrôlable, voire, éjectable, au cas où… »

      « ll ne faut plus laisser le pouvoir à une caste de gens dont la seule doctrine est la cupidité… »

      Excellent programme, surtout lorsque l’on a décrété plus tôt qu’aucun parti ne pourra s’opposer au PS et à l’UMP. Comment faire alors pour que les choses changent ? Faut-il faire la révolution, faut-il espérer un miracle ?
      Vous l’aurez compris, je ne partage pas du tout le pessimisme et la vision aporétique de Philippe Méoni. Marc Peltier me demande alors d’écrire un billet. J’y consens volontiers mais mes arguments tiennent en très peu de mots.
      J’ai souvent constaté que Paul Jorion insistait dans « Le temps qu’il fait » sur le fait qu’il fallait être prêt lorsque le système arrivera en bout de course. Il faut donc se préparer, certes, mais comment ? En continuant à échanger sur ce blog ? C’est certes capital mais pas suffisant. Je pense qu’il faut délaisser les discours pessimistes ou utopiques comme celui que je viens de commenter. Il est nécessaire de trouver véritablement les moyens d’imposer une alternance. Pour cela, il convient d’en terminer avec les « il faut ». Il faut pour cela que les citoyens éprouvent le besoin de se battre (vous remarquerez que je cède moi aussi à la mode du « il faut »).
      Je ne suis qu’un simple citoyen qui n’a pas d’énormes moyens (n’étant affilié a aucun parti), mais j’ai quelques idées pour faire pencher la balance du bon côté.
      Tout d’abord, je souhaiterais inciter Paul Jorion et François Leclerc à militer dans un parti. Je sais que le premier cité me répondra qu’il est belge, mais je pense qu’il faudrait dépasser cet argument. Il dispose d’une crédibilité unique depuis la crise des subprimes et je pense qu’il devrait jouer un rôle plus important dans les mois à venir.
      J’en viens maintenant à mon argument principal : faire campagne sur le thème de l’insolvabilité des banques. La politique et une affaire de rhétorique, d’image et d’idées fortes. Rappelez-vous les Démons de Dostoïevski. Lorsque la société est prête au changement, il ne manque que l’homme qui l’incarnera pour que les choses évoluent. Cet homme est peut-être déjà là mais nous ne le savons pas encore. En attendant qu’il se manifeste, je propose de faire campagne sur l’insolvabilité des banques, ce qui constitue à mon sens un moyen efficace pour gagner la bataille idéologique et par voie de conséquence le vote des électeurs.
      Les classes populaires ne voteront certainement pas pour une nouvelle charte de l’environnement et je doute qu’ils votent en masse pour un texte reprenant les différents points du discours de Toulon. De plus, même si ce texte est approuvé par les grands partis politiques, rien ne dit qu’il sera mis en œuvre. Il faut donc que le pouvoir arrive entre les mains d’un parti prêt à l’appliquer. Et pour arriver au pouvoir, ce parti aura besoin d’imposer ses idées. Le thème de l’insolvabilité bancaire est à mon sens nécessaire car il véhiculera une sainte frousse aux classes populaires qui soutiennent habituellement l’UMP : entre la reconduite à la frontière du petit clandestin et le dernier écran plat, le choix sera à mon sens vite fait.
      De mon côté, je ne resterai pas oisif et je contacterai certains responsables politiques à Marseille pour leur soumettre cette idée. Je suis en effet persuadé qu’avec des idées et la rhétorique pour seules armes, un petit parti veut vaincre les grands. L’histoire de David et Goliath n’incite-t-elle pas à l’optimisme ?

  16. Tous les matins, chaqun ramassait ce qù’il fallait pour sa nourriture; et quand venait la chaleur du
    soleil, cela fondait.
    On pourrait faire une monnai corruptible phisicament, qu’eviterait la thesaurisation.?

    excusé moi.

    1. On pourrait très facilement faire de la monnaie en argent-métal et or, sans valeur faciale, sa valeur d’échange quotidienne variant selon « le marché » du cours du métal. Les pièces ne portent pas d’intérêt et ne « refusent » pas de circuler de main en main comme l’argent électronique.
      Évidemment ça ne marche pas quand on compte en milliards mais pour la plupart des gens a moyen ou faible revenu ce serait rassurant. Comme il n’y a pas de valeur faciale on peut en fabriquer ou en refondre tant qu’on veut.
      La monnaie qui circule représente 5% de la monnaie totale, ce ne serait pas un problème pour les autres 95%, surtout qu’il est facile de la changer de l’un dans l’autre et inversement.
      L’argent-métal a beaucoup grimpé depuis quelques mois, les gens cherchent un moyen simple de stocker de l’argent-monnaie, manifestement, les comptes d’épargne à 2% ou la bourse ne sont plus des endroits de confiance.

    2. @Ruy

      Vous évoquez la monnaie fondante, théorisée par Gesell, et dont Johannes Finckh est, sur ce blog, le zélote infatigable.

      Vous trouverez de nombreuses références en recherchant dans les billets plus anciens.

  17. Dans les médias, on nous serine pourtant que c’est la reprise … même si « rien n’est gagné »

    Et c’est quand-même de notre faute. Il ne fallait pas voter Sarkozy. C’est une absence de vision politique globale de longue date, de très longue date que nous payons aujourd’hui et ce n’est pas injuste. C’est pour ne jamais avoir réfléchit à rien, qu’arrive ce qui arrive. Nous méritons ceci ! Absence de pensée politique partout, sommeil politique, et manque de solidarité. Les cheminots ont été abandonnés au début du mandat de Sarkozy, et donc on en paye les conséquences, chacun son tour ! chacun fait des manifs dans son coin qui ne mènent a rien.

    Personne n’a le courage de dire ce qu’il faut faire non plus. Alors il faut boire le vin jusqu’à la lie !

    Le temps n’est pas mur ni pour la compréhension de la crise, ni pour le changement.

    L’Angleterre championne du capitalisme dur se repli sur un fonctionnement qui poussait les gens à la « starvation » , la mort part famine au 19è s tel que le décrit Mellville à Liverpool.

    1. Lisztfr

      Les cheminots ont été abandonnés au début du mandat de Sarkozy, et donc on en paye les conséquences, chacun son tour ! chacun fait des manifs dans son coin qui ne mènent a rien.

      Personne n’a le courage de dire ce qu’il faut faire non plus. Alors il faut boire le vin jusqu’à la lie !

      C’est le coup de blues devant les tâches de l’année…
      Oui, les cheminots ont été trahis par les bureaucrates syndicaux.
      Et le mouvement de septembre-octobre aussi, par les mêmes,
      appuyés par quelques politiciens de gôche substituant une pétition à la grève générale.
      C’est comme cela qu’on apprend…

    2. Charles A. dit : 3 janvier 2011 à 13:59

      Arrête de dire des stupidités (ça te fais peut être plaisir, mais stupidités quand même)
      La grève générale : ça ne se décrète pas. Et surtout pas lancée par des ‘’Politiques’’ (expérience néfaste) c’était éventuellement aux orga syndicales a le faire, mais auraient elles été suivies ? A mon modeste avis NON, la partie gréviste n’était pas très nombreuse ni aux manif ni dans les boites. Question : Cite moi (a la louche) combien sur ce blog auraient participé durablement a une ‘’grève générale’’ — 10 %

      « politiciens de gôche substituant…. » Rien du tout (mensonge) c’était une ‘’action soumise aux ‘Politiques’ d’exiger du pouvoir de soumettre –au référendum – une décision sur laquelle le dit pouvoir n’avais PAS mandat, et c’était même engagé a ne pas faire. Rien a voir avec ta mauvaise colère. (colère compréhensible – que je peu partager- mais pas avec un mauvais procès. Cordialement tout de même.

  18. En plus de régler le problème de la dette publique qui a explosé grâce aux aides au banques, est-ce que ces plans de rigueur ne sont pas aussi une façon de couper dans le social ? Ce que finalement les conservateurs de tout poil tentaient de faire depuis des années. Aujourd’hui, ils essaient d’avoir l’assentiment de la population qui, à force d’entendre qu’il faut se serrer la ceinture et arrêter de vivre au-dessus de ses moyens, pense que c’est nécessaire et qu’elle est responsable de cette augmentation de la dette.

    1. Olivier M a raison.
      Le battage sur la dette est le prétexte pour chaque bourgeoisie de hausser encore plus le taux d’exploitation, ce que la concurrence capitaliste lui exige de faire, qui plus tard risque aussi de déclencher une troisième guerre mondiale.
      Naomi Klein n’y pensait pas quand elle a écrit son bouquin « La stratégie du choc » qui décrit justement comment les bourgeoisie profitent d’un choc économique, naturel ou politique pour imposer des politiques quand le peuple est KO et déprimé.
      Ce bouquin est à lire, même si il n’offre absolument aucune alternative sérieuse…

  19. Bonsoir Monsieur Leclerc,

    Votre présent article est celui qui me paraît le plus explicite car vous y établissez bien la relation entre plusieurs notions souvent incompréhensibles pour le profane.
    Particulièrement, concernant les difficultés à venir pour les PME et les conséquences induites pour l’ensemble de l’économie réelle.
    Visiblement, les dés sont jetés et les classes dirigeantes ont bel et bien décidé de sacrifier les populations au profit du fric…
    Paradoxalement, une majorité semble totalement inconsciente malgré la profusion d’informations qui circulent depuis quelques mois et il ne faudra certainement pas compter sur cette partie de « la masse » pour tenter quoi que ce soit…
    Rester à attendre, comme je l’ai lu plus haut, très peu pour moi.
    Voilà plusieurs mois que je propose de s’organiser pour inciter les PME, futures perdantes du jeu, à faire pression, avec l’appui de leurs clients, en bloquant le reversement de la TVA ; plus de 190 milliards par an, ça devrait faire bouger nos « élites », non ?
    Et les faire bouger dans le sens où, nationalisant le système bancaire, comptabilisant toutes leurs pertes enregistrées depuis 2007, passer toutes les dettes des états dans le poste comptable des pertes…
    Qui me suit dans cette piste ?
    Bien à vous – Philippe

    1. Bonjour,

      Ca, c’est une idée excellente, il ne reste plus qu’à convaincre… beaucoup de dirigeants de PME/PMI. Sauf que cet argent serait bloqué sur des comptes en banques pendant ce temps, que demande le peuple des banquiers !!! Mais l’idée reste bonne.

    2. Bonjour VB,

      Je suis en train d’étudier un texte qui dirait peu ou prou que, puisque les classes dirigeantes ont détourné le mode de gestion des nations pour en faire de vraies multinationales, les peuple, devenus actionnaires de fait, desquels on exige sans cesse de racapitaliser les pertes, opposent leur veto tant que le PDG n’aura pas amélioré sa gestion…
      Les objectifs d’amélioration sont à déterminer mais il devront comprendre de donner tout pouvoir à la cour des comptes en terme de contrôle du budget et des dépenses, mais aussi que soit donnée au peuple la possibilité, d’opposer son refus à toute nouvelle loi contraire aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité…
      Pour ce qui est du blocage des fonds, il faudrait probablement se tourner vers des organismes non financiers à l’étranger mais là, je manque d’infos quant à la faisabilité… Si quelqu’un a des tuyaux, bienvenu(e)…
      En bref, soit c’est ce genre de méthode, par la pression financière en amont, soit c’est la guerre dans la rue… Ça vaut peut être le coup de s’y pencher ?
      Bien à vous – Philippe

  20. C’est agréable de vous lire à partir du Canada où je vis. Ici, les gens vivent sur une autre planète et sont endettés à 143 % (dette privée). La crise ne fait que quelques lignes dans les journaux et les analyses sont superficielles. Il faut dire que tous nos fonds de pension, etc. font partie de l’économie financiarisée.

  21. AFP :
    WASHINGTON — Un conseiller de Barack Obama a averti dimanche que ne pas relever le plafond de la dette des Etats-Unis serait une « folie » aux conséquences « catastrophiques », telles que le défaut de paiement des obligations américaines, une première dans l’histoire de ce pays.
    « Ce n’est pas un jeu. Il ne faut pas s’amuser avec le plafond de la dette », a dit sur la chaîne ABC Austan Goolsbee, qui dirige la commission des conseillers économiques de la Maison Blanche.
    Il ne reste plus que 400 milliards de dollars aux Etats-Unis avant d’atteindre le plafond actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. Mais l’opposition républicaine au Congrès s’oppose à augmenter cette limite, la jugeant déjà suffisamment élevée.

    […]

  22. ACTU > BELGIQUE >BELGIQUE/ARMÉE
    La Défense réduit ses dépenses de personnel dans le but de se rééquiper
    Le ministère de la Défense a entamé l’année 2011 avec plus de 36.200 personnes, mais avec l’objectif de la terminer avec 34.000 fonctions, conformément au « plan De Crem », qui vise à réduire les dépenses en personnel.

  23. Pour les spécialistes, un article intéressant sur les prévisions pour 2010 des « gros » du marché, un an après. Ou qui a été le meilleur prophète.

    – Predicciones 2010 de RBC.
    – Comstock Partners
    – Predicciones 2010 de Boech Investments.
    – Recomendaciones operativas 2010 SG.
    – Predicciones 2010 Goldman Sachs
    – Deutsche Bank
    – Credit Suisse
    – Morgan Stanley
    – UBS
    – Saxo Bank
    – Northern Trust
    – Bank of America/Merrill Lynch
    – Prudential
    – Pimco

    http://www.capitalbolsa.com/articulo/57989/que-ha-pasado-con-las-predicciones-del-2010-.html

  24. Concernant les Etats européens :

    Le Portugal est en faillite.

    L’Irlande est en faillite.

    L’Italie est en faillite.

    La Grèce est en faillite.

    L’Espagne est en faillite.

    La Chine prête à aider l’Espagne à s’extraire de la crise économique.

    Les discussions de M. Li avec le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero et le ministre des Finances Elena Salgado vont « jouer un rôle-clé » dans la stabilisation financière, a assuré l’ambassadeur de Chine en Espagne, Zhu Bangzao, cité par l’agence Chine nouvelle.

    Les entretiens devraient porter sur l’expansion des relations économiques et commerciales bilatérales et permettre de « restaurer la confiance des marchés », a dit M. Zhu, sans fournir de précision.

    L’économie espagnole, la 5e de l’Union européenne, est tombée dans la récession au second semestre 2008, au moment de la crise financière internationale, et peine à redémarrer.

    Récemment, la Chine, devenue la 2e économie mondiale et assise sur le plus gros matelas de réserves au monde, s’est dite prête à aider les économies européennes les plus exposées à une crise de la dette, après le sauvetage international de la Grèce puis de l’Irlande.

    Fin décembre, se disant « très inquiète » de la capacité des Européens à venir à bout de la crise des dettes souveraines, la Chine a annoncé être prête à « investir ses réserves de change » dans l’Union européenne.

    La Chine s’est engagée à souscrire des d’obligations d’Etat de la Grèce et du Portugal, mais sans préciser la taille de ses investissements.

    Boursorama

    La Chine évitera-t-elle à ces Etats européens le défaut de paiement ?

    Ou alors est-il déjà trop tard ?

    Vous le saurez dans le prochain épisode.

    (Quel suspens ! Mais quel suspens !)

    1. La Chine, prochain épicentre de la crise ?

      http://www.guardian.co.uk/business/2011/jan/03/albert-edwards-socgen-bear?INTCMP=SRCH

      Albert Edwards, SocGen bear, takes a bite out of ChinaAnalyst famous for his Ice Age thesis sees a new economic crisis on the way ….

      Albert Edwards, the best known and longest-standing bear in the City. He has seen nothing to dent his Ice Age thesis – the term he coined as long ago as 1996 to describe the relative decline of equities versus bonds. He thinks there may still be another Japanese-style economic « lost decade » to endure. « Big structural bear markets take 19 years on average and have four recessions, » he says. « We’ve had two. »

      Edwards is thus sticking to two eye-catching predictions. Stock markets will revisit their March 2009 lows (3512 for the FTSE 100). And, despite the hints in recent months of a return of inflation, gilt yields will fall below 2% (from 3.5% today) as deflationary forces reassert themselves. Oh, and for good measure, prepare for the hard landing in China and the crash in commodity prices.

      Ridiculous? Well, remember that Edwards’ Ice Age call in 1996 has proved to be a winner: even if you include the stock market’s dotcom bubble years at the end of the 1990s, equities are still a long way behind bonds since 1996.

  25. En 2011 en Espagne, et sous un gouvernement soi-disant socialiste, les prix de l’électricité (+ 9,8 %), du gaz (entre 3,13 % et 4,4 %), des billets de train (entre 3,1 % et 2,3 %), des bus interurbains (+1,7 %), des péages d’autoroute (+ 1,44%) et du tabac (entre + 35 et 40 centimes le paquet) augmentent.

    En même temps disparaissent l’aide de 426 € aux 800 000 chômeurs de longue durée (à qui ne restera donc que la mendicité, en attendant qu’elle soit interdite), les 2 500 € du « chèque bébé » pour chaque naissance et les aides fiscales pour acheter un appartement si on gagne plus de 24 000 € par an (et elles baissent pour les plus petit revenus – ceux qui gagnent moins de 17 000 par an n’auront que 9 000 € d’aide).

    Ça doit être ça qu’on appelle une relance par la consommation…

    http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/medidas-economicas-enero-231-63153.html

    1. Dommage, Pablo, que je n’ai pas à ma disposition les chiffres des augmentations françaises.

      Mais à vue de nez, c’était bien supérieur.

    2. @ Yvan

      Il faudrait que tu trouves aussi ceux des disparitions des aides aux chômeurs en fin de durée, des allocs pour les nouveaux nés et des baisses des aides pour l’achat d’un appart. Et que tu compares le niveau de vie des Français et des Espagnols 😉

    3. @ Yvan

      Et il ne faut pas oublier qu’en Espagge en 2010 les salaires ont baissé de 5 % chez les fonctionnaires, l’essence a connu une augmentation de 10,73%, l’électricité de 16 %, la TVA de 2 %… (voir plus bas l’IPC réel de l’Espagne)

    4. Bonjour Pablo,
      Le pire c’est que je n’ai entendu aucune voix syndicale d’aucune sorte pour s’indigner de la disparition de l’aide en fin de droit…
      Je m’étais rapproché des antennes UGT, CCOO et CGT de Zaragoza, où je vis, pour apprendre qu’une éventuelle action dépendrait uniquement de leurs centrales à Madrid…
      Et aucune action n’est encore en vue aujourd’hui…
      Maintenant, souligner que c’est un gouvernement socialiste qui prend ces mesures renforce dans l’idée que les classes dirigeantes, tous partis confondus, on ben décidé l’éradication par la misère et la pauvreté.
      Ce qui me déçoit de plus en plus dans l’Espagne, c’est d’avoir pensé que les fiers Ibères seraient assez sanguinaires, au vu de leur barbarie tauromachique, pour empêcher quiconque de les ramener à la dictature… Ben non !!! Même pas !!!
      Passent leur temps a idolâtrer ou arbitrer la rivalité Messi / Ronaldo alors que la moitié d’entre eux crèvent déjà la dalle… Effarant, non ?
      @ +, Pablo – Philippe

    5. @ Philippe MEONI

      Maintenant, souligner que c’est un gouvernement socialiste qui prend ces mesures renforce dans l’idée que les classes dirigeantes, tous partis confondus, on ben décidé l’éradication par la misère et la pauvreté.

      Oui, mais en en croire le PSOE « recortar derechos y ayudas, y ampliar la edad de jubilación « es progresista ».
      http://www.larepublica.es/spip.php?article22690

    6. Oui, argeles, c’est justement ce qui est effrayant, de voir que les socialistes trouvent les idées de droites progressistes !!!
      Tous à foutre dans le même panier, quoi qu’il en soit…
      Bien à vous

    7. @ argeles, de nouveau,

      Dire que les idées de droites seraient toutes les pires n’est même pas exact, à la réflexion :
      Dans le cadre de la nouvelle loi interdisant de fumer dans tous les lieux publics, le PP (Partido Popular, droite) avait quant à lui suggéré une exception concernant les lieux de loisirs, bars, restos etc…
      Eh bien, le PSOE (Partido Socialista Obrero Español, « gauche ») a fait pire, n’autorisant même pas ces exceptions… Amende pour le fumeur surpris en infraction (considérée comme légère) : 30 € la première fois, et de 600 à 100.000 € en cs de récidive. Amende pour le patron de bar en infraction (considérée comme lourde) : 10.000 € par clope allumée dans son établissement… elle est pas belle la vie socialiste en Espagne ???
      Comme quoi, la vocation socialiste de zapatero… a la mierda, comme ils disent chez nous !!

    8. Sauf erreur (et entre autres) :
      En France, les prix du gaz ont bondi de 15 % environ depuis le début de l’année 2010.
      Hausse des tarifs de l’électricité de 3,4 % le 15 août 2010. EDF envisage une hausse des prix de l’ordre de 24 % entre 2010 et 2015 pour financer ses investissements.
      Les tarifs d’assurance vont augmenter en 2011 entre 3,5 % et 8 % pour les habitations, et entre 2,5 % et 4,5 % pour les automobiles.
      Les cotisations mutuelles vont augmenter de 5 à 10 % en 2011. Le gouvernement a fait voter une taxe de 3,5 % sur les contrats « solidaires et responsables », détenus par 95 % des Français..
      Fin des forfaits triple play à 30 € sur les abonnements Internet, après la hausse de la TVA (5,5 % aujourd’hui) à 19,6 % au 1er janvier 2011.

    9. En effet, Pablo.
      Pour avoir fait quelques incursions en Espagne, notamment axe Figueres – Costa Brava, il n’est pas difficile pour un oeil exercé de constater que le niveau de vie n’est pas le même.
      De même que lorsque je fais « découvrir » que la viande est 30% moins chère en Allemagne ou que tous les frontaliers français font leurs courses des produits de base hors France, je me rends compte que peu de gens voyagent.
      Mais d’ici qu’une étude sérieuse soit faite pour comparer des familles types dans les pays européens, on peut toujours rêver…
      Cela « gênerait » les politiques qui préfèrent jouer des différences pour faire passer leurs décisions anti-démocratiques.

      Philippe : juste réaction.
      Mais il faut regarder les choses en face.
      Quelque soit le « bord » politique, soit un pays est DANS le capitalisme et doit faire avec lui, soit il est hors et là, bonjour les dégâts tels qu’en Corée du Nord où les gens crèvent de faim.

      Chose amusante : ils ne seront bientôt plus les seuls à crever de faim.

  26. Rappel : le pétrole (Brent) a pris 42% en 2010, de 67$ à 95$.

    A ce train-là, on retrouvera les insupportables 150$ de mi-2008 au printemps 2012, en plein dans notre campagne présidentielle.

    Un seul programme pour l’heureux élu : se coltiner la rechute de l’économie !

    1. L’or s’est réévalué en 2010 d’un peu plus de 25% par rapport au $. C’est autant qu’il faut enlever à mon avis de la hausse du pétrole. Ceci dit, je ne sais pas si cela change quelque chose pour l’effet sur l’économie américaine d’un prix du pétrole aussi haut.

    2. @Moi

      L’or s’est réévalué en 2010 d’un peu plus de 25% par rapport au $. C’est autant qu’il faut enlever à mon avis de la hausse du pétrole.

      Ah ok ! C’est vrai que tout le monde fait son plein contre 2g d’or, soit 90$ ou 70 euros… Et puis c’est bien connu, l’or c’est juste une valeur de référence, un fringant étalon, pas du tout spéculatif comme camelote…

  27. @ Johannes Finckh etc…

    une bonne nouvelle :

    Déclaration Universelle des Droits Monétaires

    samedi 1er janvier 2011

    Préambule

    Ce sont les peuples, par leur travail, qui produisent tous les biens et services mis sur le marché : sans ces biens et services, la monnaie, signe d’échange, n’aurait aucune raison d’être, donc aucune valeur. Par conséquent, le droit à la création de la monnaie appartient aux peuples puisqu’ils en font son existence et sa valeur………

    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15535

  28. 03.01.2011
    Comment les banques augmentent discrètement leurs tarifs (3)
    Des prestations difficilement comparables

    Si elles peuvent le faire, c’est qu’aucune prestation n’est comparable d’une banque à l’autre. Les frais de «tenue de compte»? Ils sont trimestriels chez BNP Paribas Fortis, annuels chez DEXIA mais progressifs en fonction du chiffre d’affaires des clients. Les «incidents de fonctionnement» ? Quand HSBC facture 7 euros par opération «nécessitant un traitement particulier» à la condition qu’il y en ait moins de trois par jour, Dexia facture un «minimum de 7,40»… à la condition que l’incident s’inscrive «dans le cadre de la signature d’une convention de Trésorerie courante et dans la limite de six opérations par jour».

    Quant à BNP Paribas Fortis, l’orfèvre en la matière, elle a procédé à un découpage subtil et extrêmement fructueux entre les incidents sur «opérations de versements et d’encaissements», ceux sur «opérations de paiements et règlements impayés» en distinguant les chèques, les effets les avis de prélèvement, et les incidents sur compte… Inutile de dire que personne ne peut les comparer entre eux bien qu’ils coûtent fort chers aux entreprises, et ce à leur insu. Tout est fait pour qu’elles ne puissent pas négocier leurs tarifs. L’opération est si fructueuse pour les banques qu’elles mènent un lobbying intense pour que le projet SEPA, censé harmoniser leurs pratiques pour favoriser la concurrence, ne puisse être appliqué.

    à suivre…

    http://www.nouslesgens.be via lalibre.be

  29. Tout d’abord bonjour à tous pour cette nouvelle année 2011 !

    J’ai une question qui me turlupine (si j’ose dire) : pour la Grèçe, le Portugal et maintenant pour l’Espagne, je lis que la Chine serait prête à acheter de la dette. Quels sont les montants de ces achats ? Donnent-ils réellement de l’oxygène (temporairement certes) aux pays concernés ou ne sont-ce que des effets médiatiques dont l’objectif est de calmer les marchés ?

    Merci à ceux qui auraient des éléments de réponses… et bonne rentrée pour ceux qui ont repris les chemins de la fac / la boîte / l’atelier / etc. !

    1. a ma connaissance, il n’y a jamais eu que des promesses de pret de la part de la chine. Par contre, il y a eu en réel des commandes de l’état chinois de bien contre paiement dans les pays ou ils se sont rendus. Beaucoup de confirmation de commandes en fait. Selon le « gentillet » principe des entreprises font les emplois, les emplois font la croissance, qui elle permet de « compenser » la hausse des taux d’intérêt payés par les états sur leur dette.

      Notez bien les guillemets, je ne voudrais pas que l’on croit que je crois ce que je viens d’expliquer.

    2. Les chiffres ne sont pas connus, au moins en ce qui concerne l’Espagne. Aujourd’hui il y a pas mal d’articles sur ce thème dans la presse espagnole et personne donne de chiffres.

    3. Si la Chine achète la dette de certains États européens, elle ne le fera certainement pas par pure sympathie. Ca s’apelle vendre les bijoux de famille.

    1. Il existe un site qui synthétise et confronte les données officielles contre les données officieuses (avec démonstration) ?

    1. Gracias Pabo, mais je ne parle pas l’espingouin.

      Tu pourrais nous faire une chitite synthèse en trois phrases…

  30. C’est bête à dire, mais derrière les chiffres, il y a des gens.

    en effet, et c’est cela le plus important à retenir (foie de vigneron).

  31. Vous dites: »…L’addition cumulée des besoins de tous est chargée et l’on va se bousculer au portillon…. »
    Donc une crise des liquidités ne va -t-elle pas s’ajouter à la crise de solvabilité??

    1. Liquidités, solvabilité…Au fond tout ce que mérite cette europe (sans capital) pourri, c’est bien de s’écraser et ce n’est que justice…Que tout s’écroule dans cette europe d’égoïste étriqué et sans avenir…Qu’on en finisse…Et tous ces prétendants au trône qu’ils crèvent et vite.
      Si mon opinion est top juste, ne le passez pas, effacez le, et ensuite effacez vous vous même. Allez bonne année.

  32. Nous connaissons la dette des états européens
    Question:
    La solution du défaut sélectif est-elle envisageable ?
    ou
    Certains créanciers méritent-ils de ne pas être payés (en tout ou partie), fussent des banques européennes ?
    Les clients de ces banques, victimes collatérales du défaut, mais détenteurs de portefeuilles d’actions restitueraient ainsi les plus-values exhorbitantes et dividendes perçus (cause partielle de la dette)
    .
    Au début du XXème siècle les titulaires d’emprunts Russes n’ont pas été payés. « Spoliés », ils n’en sont pas morts pour autant.

  33. Lundi 3 janvier 2011 :

    La Grèce vient de pulvériser son record.

    Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,521 %.

    Vous avez bien lu : 12,521 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Grèce : les dépôts baissent toujours.

    Les dépôts en banque des entreprises et des ménages grecs ont continué de diminuer en novembre, baissant de 1,04 % par rapport au mois précédent, montrent les chiffres publiés lundi par la banque centrale.

    Les dépôts à vue s’inscrivaient à 208,9 milliards d’euros fin novembre, contre 211,1 milliards d’euros fin octobre.

    Depuis décembre 2009, la baisse est de 12,2 %, ou 29,12 milliards d’euros.

    Cette diminution du montant des dépôts a contribué aux difficultés des banques grecques qui doivent s’en remettre à la Banque centrale européenne pour trouver des liquidités, l’accès aux marchés classiques leur étant quasiment impossible.

    Le Figaro

    1. Par simple curiosité, j’ai voulu voir ce que cela donnait avec des chiffres.
      Emprunter 1 000 000 à 12,521% rembourser mensuellement (même si je me doute que cela ne fonctionne pas comme ça).
      Cela donne 757 985,99 € d’intérêts. A rajouter les 1 million à rembourser.
      C’est effrayant, presque le double du montant sur un emprunt à 10 ans…

  34. Le drame de cette nouvelle année c’est qu’il faut sourire. Alors bonne année à tous, le nouvel an chinois n’est pas très loin… Les dragons paradent en attendant l’hypothétique phœnix européen (MDFaim).

  35. Prenons les neuf Etats européens les plus importants.

    En 2011, ces neuf Etats européens les plus importants vont emprunter 828 milliards d’euros sur les marchés internationaux.

    En 2011, l’Italie va emprunter 220 milliards d’euros.

    L’Allemagne va emprunter 195 milliards d’euros.

    La France va emprunter 184 milliards d’euros.

    L’Espagne va emprunter 94 milliards d’euros.

    Les Pays-Bas vont emprunter 50 milliards d’euros.

    La Belgique va emprunter 34 milliards d’euros.

    Le Portugal va emprunter 19 milliards d’euros.

    L’Autriche va emprunter 17 milliards d’euros.

    La Finlande va emprunter 15 milliards d’euros.

    Comme si ça ne suffisait pas, la Commission Européenne va emprunter 17,6 milliards d’euros.

    Comme si ça ne suffisait pas, le Fonds Européen de Stabilité Financière (EFSF) va emprunter 16,5 milliards d’euros.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201044903928.htm

    Conclusion : en cas de surendettement, nous empruntons encore plus.

    Quand nous sommes surendettés, nous empruntons encore plus.

    C’est magnifique.

  36. Je suis étonné, sur ce blog où je découvre depuis plusieurs mois de nombreuses et solides informations et analyses sur la crise contemporaine, de n’y avoir jamais lu le nom de Serge HALIMI (de son ouvrage « Le Grand Bond en Arrière » par exemple) dont l’ampleur des vues est assez rare pour mériter le qualificatif de remarquable. Il me semble qu’une synthèse va rapidement apparaitre comme indispensable entre les quelques esprits indépendants et pointus ( Jorion, Lordon, Friot, Généreux, Halimi…) qui à ce que je crois comprendre convergent de plus en plus- malgré eux ?- vers des solutions qui seront tout sauf libérales ou néolibérales. A quel niveau cette synthèse ? C’est la question.
    JESSE

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